La Vigilance
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2.21

appamaado amata-padaM pamaado machchuno padaM
appamattaa na miiyanti ye pamattaa yathaa mataa.


La vigilance est le chemin qui mène à l’affranchissement de la mort, la négligence celui qui mène à la mort[1]. Les hommes vigilants ne meurent pas, les négligents sont déjà comme des morts.

« La mort » considérée comme l’affligeant prélude de la renaissance.


2.22

evaM visesato ñatvaa appamaadamhi paNDitaa
appamaade pamodanti ariyaanaM gochare rataa.


Ceux qui savent parfaitement cela, et qui ont appris à être vigilants, — ceux-là se réjouissent de leur vigilance, en marchant avec bonheur sur les traces des Aryas[2].

Arya, le noble, le distingué, le religieux qui est dans la voie du Salut.


2.23

te jhaayino saatatikaa nichchaM daLha-parakkamaa
phusanti dhiiraa nibbaanaM yoga-kkhemaM anuttaraM.


À l’aide de la méditation, de la persévérance et d’une infatigable énergie, les sages atteignent le Nirvâna, la béatitude suprême.


2.24

uTThaanavato satiimato suchi-kammassa nisamma-kaarino
saññatassa dhamma-jiivino appamattassa yaso'bhivaDDhati.


L’homme actif, instruit, se conduisant avec pureté et réflexion, continent, vivant selon la Loi, et vigilant, répand un éclat de plus en plus vif.


2.25

uTThaanen' appamaadena saMyamena damena cha
diipaM kayiraatha medhaavii yaM ogho n'aabhikiirati.


Au moyen du zèle, de la vigilance, de la paix de l’âme et de l’empire sur soi-même, le sage peut se faire une île que les flots n’inondent pas.


2.26

pamaadaM anuyuñjanti baalaa dummedhino janaa
appamaadaM cha medhaavii dhanaM seTThaM va rakkhati.


Les sots, étourdis comme ils le sont, se laissent aller à la négligence. Le sage, au contraire, conserve la vigilance comme le plus précieux des trésors.


2.27

maa pamaadam anuyuñjetha maa kaama-rati-santhavaM
appamatto hi jhaayanto pappoti vipulaM sukhaM.


Ne vous abandonnez point à la négligence, ni à un commerce quelconque avec l’amour et le plaisir. La vigilance et la méditation procurent une grande félicité.


2.28

pamaadaM appamaadena yadaa nudati paNDito
paññaa-paasaadam aaruyha asoko sokiniM pajaM
pabbata-TTho va bhuuma-TThe dhiiro baale avekkhati.


Lorsque, grâce à la vigilance, le savant a cessé d’être négligent, il s’élève alors jusqu’au séjour de la Science ; et, de là, joyeux et sage, du même œil que celui qui est sur une montagne regarde ceux qui sont dans la plaine, il regarde la foule affligée et sotte.


2.29

appamatto pamattesu suttesu bahu-jaagaro
abal'assaM va siigh-asso hitvaa yaati sumedhaso.


Vigilant au milieu des négligents, éveillé au milieu des endormis, l’homme intelligent marche, laissant les autres aussi loin derrière lui qu’un rapide coursier laisse un cheval débile.


2.30

appamaadena maghavaa devaanaM seTThataM gato
appamaadaM pasaMsanti pamaado garahito sadaa.


C’est grâce à la vigilance que Maghavan (Indra[3]) est arrivé au rang suprême parmi les dieux. La vigilance est préconisée, la négligence condamnée éternellement.

Arya, le noble, le distingué, le religieux qui est dans la voie du Salut.


2.31

appamaada-rato bhikkhu pamaade bhaya-dassi vaa
saMyojanaM aNuM thuulaM DahaM aggii va gachchhati.


Le Bhixu, qui se complait dans la vigilance, qui voit le danger de la négligence, s’avance pareil au feu, brûlant ses liens, faibles ou forts.


2.32

appamaada-rato bhikkhu pamaade bhaya-dassi vaa
abhabbo parihaanaaya nibbaanass'eva santike.


Le Bhixu, qui se complait dans la vigilance, qui voit le danger de la négligence, n’est pas capable de manquer jamais à la sainteté, mais est près d’atteindre le Nirvâna.



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