La Fleur
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4.44

ko imaM pathaviM vichessati yama-lokaM cha imaM sadevakaM
ko dhamma-padaM sudesitaM kusalo puppham iva pachessati.


Qui triomphera de cette terre, du monde de Yama[1], et de celui des dieux ? Qui, par une explication convenable, développera les vers de la Loi, comme on développe adroitement une fleur ?

Yama, dieu des morts, le Pluton védique.


4.45

sekho pathaviM vichessati yama-lokaM cha imaM sadevakaM
sekho dhamma-padaM sudesitaM kusalo puppham iva pachessati.


C’est le disciple qui triomphera de cette terre du monde de Yama, et de celui des dieux. C’est lui qui, par une explication convenable, développera les vers de la Loi, comme on développe adroitement une fleur.


4.46

pheN'uupamaM kaayam imaM viditvaa mariichi-dhammaM abhisambudhaano
chhetvaana maarassa papupphakaani adassanaM machchu-raajassa gachchhe.


Celui qui sait que ce corps est semblable à une écume légère, et qu’il a la consistance d’un rayon lumineux, qui a brisé les flèches à pointes de fleurs de Mâra, — celui-là est capable d’arriver à ne plus voir le royaume de la mort.


4.47

pupphaani h'eva pachinantaM byaasatta-manasaM naraM
suttaM gaamaM mah'ogho va machchu aadaaya gachchhati.


L’homme qui ne fait ici-bas que développer des fleurs, dont l’esprit est uniquement attaché aux objets sensibles, la mort l’entraîne avec elle, comme un torrent impétueux entraînant un village endormi.


4.48

pupphaani h'eva pachinantaM byaasatta-manasaM naraM
atittaññ eva kaamesu antako kurute vasaM.


L’homme qui ne fait ici-bas que développer des fleurs, dont l’esprit est uniquement attaché aux objets sensibles, qui est insatiable de jouissances, la mort le soumet à son empire.


4.49

yathaa pi bhamaro pupphaM vaNNa-gandhaM ahethayaM
paleti rasam aadaaya evaM gaame munii chare.


Telle l’abeille, respectant les couleurs et le parfum des fleurs, emporte seulement leur suc. Tel doit être le muni[2] au milieu du village.

Le muni, l’ascète.


4.50

na paresaM vilomaani na paresaM kat'aakataM
attano va avekkheyya kataani akataani cha.


Ce n’est point sur les transgressions des autres, sur les actions ou les omissions des autres, qu’il doit fixer son attention, mais sur ce qu’il a fait ou omis de faire lui-même.


4.51

yathaa pi ruchiraM pupphaM vaNNa-vantaM agandhakaM
evaM subhaasitaa vaachaa aphalaa hoti akubbato.


Telle une fleur aux couleurs brillantes, mais sans parfum, tel le langage élégant, mais sans profit pour personne, de l’homme qui n’agit point (comme il parle)[3].

Dicunt enim, et non faciunt. (Matt. XXIII, 3.)


4.52

yathaa pi ruchiraM pupphaM vaNNa-vantaM sagandhakaM
evaM subhaasitaa vaachaa saphalaa hoti sakubbato.


Telle une fleur aux couleurs brillantes, et parfumée, tel le langage élégant et profitable à tous de celui qui agit (comme il parle).


4.53

yathaa pi puppha-raasimhaa kaayiraa maalaa-guNe bahuu
evaM jaatena machchena kattabbaM kusalaM bahuM.


De même qu’un monceau de fleurs ferait de nombreuses guirlandes, de même, une fois né, un mortel doit faire beaucoup de bien.


4.54

na puppha-gandho paTivaatam eti na chandanaM tagara-mallikaa vaa
sataM cha gandho paTivaatam eti sabbaa disaa sappuriso pavaayati.


Le parfum des fleurs ne va point contre le vent, ni celui du sandal, ni celui du tagara[4] ou de la mallikâ[5]. Mais il va contre le vent, le parfum de la vertu. L’homme de bien embaume toutes les régions de l’univers.

(4) Tagara, tabernæmontana, Bot. (5) Tagara, tabernæmontana, Bot.


4.55

chandanaM tagaraM vaa pi uppalaM atha vassikii
etesaM gandha-jaataanaM siila-gandho anuttaro.


Que ce soit le sandal, le tagara, le lotus ou l’aloès, le parfum de la vertu surpasse le parfum de ces arbres odorants.


4.56

appa-matto ayaM gandho y'aayaM tagara-chandanii
yo cha siila-vataM gandho vaati devesu attamo.


Peu de chose est ce parfum du sandal et du tagara. Le plus délicieux parfum est celui qu’exhalent les hommes de bien. Il embaume jusqu’aux dieux.


4.57

tesaM sampanna-siilaanaM appamaada-vihaarinaM
sammad-aññaa vimuttaanaM maaro maggaM na vindati.


Ces hommes de bien, dont la vigilance ne se dément pas, et que la Science Parfaite a affranchis, Mâra ne trouve point leur voie.


4.58

yathaa sankaara-dhaanasmiM ujjhitasmiM mahaa-pathe
padumaM tattha jaayetha suchi-gandhaM mano-ramaM.


De même qu’au milieu d’un tas d’immondices jetées sur la grande route peut naître un lotus ravissant, à la pure odeur,


4.59

evaM sankaara-bhuutesu andha-bhuute puthu-jjane
atirochati paññaaya sammaa-sambuddha-saavako.


De même, au milieu des immondices de l’humanité, au milieu de cette tourbe aveuglée, resplendit, grâce à la Science Parfaite, le disciple de Celui qui est complétement éveillé (Buddha).



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