LE BIEN EST EN DIEU SEUL
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1.1

LE BIEN EST EN DIEU SEUL ET NULLE PART AILLEURS


1.2

Le bien, ô Asclèpios, n'est nulle part ailleurs qu'en Dieu seul, ou plutôt, le bien est toujours Dieu lui-même. C'est donc une essence immuable, incréée, présente partout, ayant en elle-même une activité stable, parfaite, complète et inépuisable. L'unité est le principe de tout, le bien est la source de tout. Quand je dis le bien, j'entends ce qui est entièrement et toujours bon.[12] Or, ce bien parfait ne se trouve qu'en Dieu seul, car il n'est rien qui lui manque et dont le désir puisse le rendre mauvais, il n'est rien qu'il puisse perdre et dont la perte puisse l'affliger; la tristesse est une forme du mal. Il n'est rien de plus fort que lui et qui puisse le vaincre, il n'est rien d'égal à lui et qui puisse lui nuire ou lui inspirer un désir. Il n'est rien qui puisse, en lui désobéissant, exciter sa colère, ni rien de plus sage qu'il puisse envier.


1.3

Tout cela étant étranger à son essence, il ne lui reste que le bien, et comme dans cette essence il n'y a rien de mauvais, le bien ne peut se trouver dans aucun autre. La diversité existe dans tous les êtres particuliers petits ou grands, et même dans le plus grand et le plus fort de tous les êtres vivants. Tout être créé est passible, la naissance même étant une passion Or, où il y a passion, le bien n'existe pas; et là où est le bien il n'y a pas de passion, de même que le jour n'est pas la nuit et que la nuit n'est pas le jour. Le bien ne peut donc exister dans la création, mais seulement dans l'incréé. La matière de toutes choses participe du bien comme de l'existence, c'est en ce sens que le monde est bon, puisqu'il produit toutes choses ; il est boa en tant qu'il crée, en tout le reste il n'est pas bon,-puisqu'il est passible, mobile, et qu'il produit des êtres passibles.


1.4

Dans l'homme, lorsqu'il s'agit du bien, c'est par comparaison avec le mal; ici-bas tout ce qui n'est pas trop mauvais est bon, et le bien n'est que le moindre mal. Mais le bien ne peut être entièrement pur de mal ici-bas; il s'altère par le mélange du mal, et alors il cesse d'être le bien et devient le mal.


1.5

Le bien n'existe donc qu'en Dieu seul, ou Dieu est le bien. Parmi les hommes, ô Asclèpios, le bien n'existe que de nom, nullement de fait. Le bien est incompatible avec un corps matériel, enveloppé de tous côtés par les maux, par les douleurs, par les désirs, par les colères, par les erreurs, par les opinions fausses. Mais le pire de tout, ô Asclèpios, c'est qu'on regarde ici-bas comme des biens chacun des maux qu'il faudrait éviter, les excès du ventre, l'erreur qui entraîne tous les maux et qui nous éloigne du bien.


1.6

our moi, je rends grâces à Dieu, qui a mis dans mon intelligence la connaissance du bien, puisque le bien lui-même ne peut exister dans le monde; car le monde est la plénitude du mal, Dieu est la plénitude du bien, ou le bien la plénitude de Dieu. Le beau rayonne autour de l'essence, c'est même là peut-être qu'elle apparaît sous sa forme la plus transparente et la plus pure. Ne craignons pas de le dire, ô Asclèpios, l'essence de Dieu, si toutefois Dieu a une essence, c'est la beauté. Le beau et le bien ne peuvent se trouver dans le monde ; tous les objets visibles ne sont que des images et comme des silhouettes. C'est au delà de ce qui tombe sous les sens qu'il faut chercher le beau et le bien, et l'œil ne peut les voir parce qu'il ne peut voir Dieu ; ils en sont les parties intégrantes, les caractères propres, inséparables et très désirables, qu'il aime ou dont il est aimé.


1.7

Si tu peux comprendre Dieu, tu comprendras le beau et le bien, le pur rayonnement de Dieu, l'incomparable beauté, le bien sans égal, comme Dieu lui-même. Autant tu comprends Dieu, autant tu comprends le beau et le bien ; ils ne peuvent être communiqués aux autres êtres, parce qu'ils ne peuvent être séparés de Dieu. Quand tu cherches Dieu, tu cherches la beauté. La seule route qui y conduise est la piété unie à la Gnose. Les ignorants, ceux qui ne marchent pas dans la voie de la piété, osent appeler l'homme beau et bon, lui qui n'a pas vu, même en rêve, ce que c'est que le bien, lui que le mal enveloppe de toutes parts, qui regarde le mal comme un bien, s'en nourrit sans se rassasier, en redoute la perte et s'efforce non seulement de le conserver, mais de l'augmenter. Ces choses que les hommes trouvent bonnes et belles, ô Asclèpios, nous ne pouvons ni les éviter, ni les haïr, car ce qu'il y a de plus dur, c'est que nous en avons besoin et que nous ne pouvons vivre sans elles.



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