Chapitre 11
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G. Strelhy
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11.6

धनानि तु यथाशक्ति विप्रेषु प्रतिपादयेत् ।
वेदवित्सु विविक्तेषु प्रेत्य स्वर्गं समश्नुते । । ११.६ । ।


Q ue chacun distribue selon ses moyens des présents aux Brahmanes instruits dans le Véda et détachés (des choses de la terre ; par là) on gagne le ciel après la mort.

Détachés des choses de la terre, ou « qui vivent seuls, qui ont quitté enfants, femme, etc. ». (Kull.)


11.7

यस्य त्रैवार्षिकं भक्तं पर्याप्तं भृत्यवृत्तये ।
अधिकं वापि विद्येत स सोमं पातुं अर्हति । । ११.७[०६ं] । ।


C elui qui possède des aliments en suffisance pour nourrir pendant trois ans et même plus les personnes qui sont à sa charge, est digne de boire le soma.

Boire le soma, « il a le droit d'accomplir le sacrifice du soma, dans le but d'assurer l'accomplissement de ses désirs ». (Kull.)


11.8

अतः स्वल्पीयसि द्रव्ये यः सोमं पिबति द्विजः ।
स पीतसोमपूर्वोऽपि न तस्याप्नोति तत्फलम् । । ११.८[०७ं] । ।


M ais le Dvidja dont l'avoir est inférieur à ce (chiffre) et qui boit le soma, n'en retire aucun fruit, quand même il aurait déjà bu le soma précédemment.

Précédemment, au sacrifice annuel (nitya opposé à kâmya), qui est indiqué au livre IV, 26.


11.9

शक्तः परजने दाता स्वजने दुःखजीविनि ।
मध्वापातो विषास्वादः स धर्मप्रतिरूपकः । । ११.९[०८ं] । ।


U n homme riche qui donne à des étrangers tandis que sa propre famille est dans la gêne, est un hypocrite de vertu ; le miel qu'il aura savouré d'abord se tournera en poison pour lui.

Qui donne « par ostentation ». — Le miel « de la réputation » se tourne pour lui en poison « en enfer ».


11.10

भृत्यानां उपरोधेन यत्करोत्यौर्ध्वदेहिकम् ।
तद्भवत्यसुखोदर्कं जीवतश्च मृतस्य च । । ११.१०[०९ं] । ।


C e qu'un homme fait pour assurer son bonheur futur au détriment des personnes dans sa dépendance, tourne à mal pour lui en cette vie et après la mort.

Aurdhvadehikam : B. H. traduit : « Si quelqu'un accomplit des rites funéraires. »


11.11

यज्ञश्चेत्प्रतिरुद्धः स्यादेकेनाङ्गेन यज्वनः ।
ब्राह्मणस्य विशेषेन धार्मिके सति राजनि । । ११.११[१०ं] । ।


L orsqu'un sacrifice offert (par un Dvidja et) surtout par un Brahmane est interrompu (faute) d'un objet, (dans un lieu où) règne un roi juste,

Faute d'un objet, littér. « faute d'un membre ». — Un roi juste, « car celui-ci ne punira pas une personne qui se conforme aux prescriptions des livres ». (Kull.)


11.12

यो वैश्यः स्याद्बहुपशुर्हीनक्रतुरसोमपः ।
कुटुम्बात्तस्य तद्द्रव्यं आहरेद्यज्ञसिद्धये । । ११.१२[११ं] । ।


P our assurer la réussite du sacrifice, (le sacrificateur) peut prendre cet objet dans la maison d'un Vaisya qui (bien que) riche en troupeaux, ne fait pas de sacrifices et ne boit pas le soma.

Prendre « par force ou par ruse ». (Kull.) — Les sacrifices « le Pâkayajna et autres ». (Kull.) — Ne boit par le soma. Cf., v. 7, 8, note.


11.13

आहरेत्त्रीणि वा द्वे वा कामं शूद्रस्य वेश्मनः ।
न हि शूद्रस्य यज्ञेषु कश्चिदस्ति परिग्रहः । । ११.१३[१२ं] । ।


O u bien, s'il le veut, qu'il prenne deux ou trois (objets nécessaires au sacrifice) dans la maison d'un Soudra ; car un Soudra n'a rien à faire avec le sacrifice.

Ou bien « s'il ne peut les prendre chez un Vaisya ». (Kull.) — Un Soudra n'a rien à faire avec le sacrifice : ou bien comme traduit B. H. « quand on accomplit les sacrifices, un Soudra n'a aucun droit de possession ». — Kull. ajoute : « Comme il est interdit à un Brahmane de demander à un Soudra un objet pour le sacrifice, il doit le lui prendre de force. » Cette interdiction est formulée plus loin au vers 24.


11.1

सान्तानिकं यक्ष्यमाणं अध्वगं सार्ववेदसम् ।
गुर्वर्थं पितृमात्रर्थं स्वाध्यायार्थ्युपतापिनः । । ११.१ । ।


C elui qui désire une postérité, celui qui veut accomplir un sacrifice, celui qui voyage, celui qui a donné tous ses biens, celui qui mendie pour son précepteur, celui qui mendie pour son père et sa mère, celui qui mendie pour faire ses études, celui qui e

Celui qui désire une postérité, c'est-à-dire celui qui veut se marier. — Donné tous ses biens « qui a donné son avoir comme honoraires (dakshinâ) du sacrifice à un sacrifice dit viçvajit (qui conquiert tout) ». (Kull.)


11.2

न वै तान्स्नातकान्विद्याद्ब्राह्मणान्धर्मभिक्षुकान् ।
निःस्वेभ्यो देयं एतेभ्यो दानं विद्याविशेषतः । । ११.२ । ।


C es neuf Brahmanes doivent être considérés comme Snâtakas, mendiant pour (accomplir) la loi sacrée; à ces indigents on doit faire des présents en proportion de leur savoir.

On peut construire aussi : « Ces neuf Brahmanes Snâtakas doivent être considérés comme mendiant par des raisons vertueuses. » — Des dons « tels que des vaches, de l'or, etc. ». (Kull.)


11.3

एतेभ्यो हि द्विजाग्र्येभ्यो देयं अन्नं सदक्षिणम् ।
इतरेभ्यो बहिर्वेदि कृतान्नं देयं उच्यते । । ११.३ । ।


A ces meilleurs d'entre les Dvidjas on doit donner des aliments avec des présents (en dedans de l'enceinte du sacrifice) ; aux autres, il est recommandé de donner des aliments en dehors de l'enceinte du sacrifice.

De l'argent pour se marier, pour couvrir les frais du mariage, pour payer le prix nuptial ; on a vu ailleurs que le mariage est un achat déguisé de la future.


11.4

सर्वरत्नानि राजा तु यथार्हं प्रतिपादयेत् ।
ब्राह्मणान्वेदविदुषो यज्ञार्थं चैव दक्षिणाम् । । ११.४ । ।


M ais un roi doit distribuer comme il convient toutes (sortes) de pierres précieuses et des présents à titre d'honoraires du sacrifice aux Brahmanes instruits dans les Védas.


11.5

कृतदारोऽपरान्दारान्भिक्षित्वा योऽधिगच्छति ।
रतिमात्रं फलं तस्य द्रव्यदातुस्तु संततिः । । ११.५ । ।


Q uand (un homme) déjà marié prend une seconde femme, et qu'il a demandé (de l'argent pour se marier), le seul fruit (qu'il retire de ce mariage) est le plaisir sexuel ; les enfants (appartiennent) à celui qui a donné l'argent.


11.14

योऽनाहिताग्निः शतगुरयज्वा च सहस्रगुः ।
तयोरपि कुटुम्बाभ्यां आहरेदविचारयन् । । ११.१४[१३ं] । ।


( Si un homme) possédant cent vaches n'allume pas le feu (sacré, si un homme) possédant mille vaches n'offre pas le sacrifice (du soma), que le (sacrificateur) n'hésite pas à prendre dans leur maison (les objets nécessaires).


11.15

आदाननित्याच्चादातुराहरेदप्रयच्छतः ।
तथा यशोऽस्य प्रथते धर्मश्चैव प्रवर्धते । । ११.१५[१४ं] । ।


I l peut (aussi) les prendre (à un Brahmane) qui toujours reçoit et jamais ne donne, si ce dernier ne veut pas (les) accorder (de bon gré) ; par là, sa gloire s'étend et ses mérites spirituels croissent.

Les prendre « par force ou par ruse ». (Kull.) — A un Brahmane : quelques commentateurs l'entendent de toutes les castes.


11.16

तथाऐव सप्तमे भक्ते भक्तानि षडनश्नता ।
अश्वस्तनविधानेन हर्तव्यं हीनकर्मणः । । ११.१६[१५ं] । ।


D e même (le Brahmane) dont la règle est de n'avoir pas de provisions pour le lendemain, quand il n'a pas mangé pendant six repas, peut au septième prendre (des aliments) à un (homme) qui néglige ses devoirs.

Six repas « trois jours ». — Au septième « le matin du quatrième jour ». — Qui néglige ses devoirs : « tels que la libéralité et autres ». (Kull.) Hïnakarman signifie littér. « qui néglige les cérémonies, les œuvres ». — On peut encore entendre ce vers différemment : au lieu de « dont la règle est de n'avoir pas de provisions pour le lendemain », on peut traduire « il peut prendre des aliments...., mais sans toutefois faire une provision pour le lendemain ».


11.52

एवं कर्मविशेषेण जायन्ते सद्विगर्हिताः ।
जडमूकान्धबधिरा विकृताकृतयस्तथा । । ११.५२[५१ं] । ।


L e voleur d'une lampe devient aveugle, celui qui l'éteint (méchamment) devient borgne ; le mal (fait aux créatures est puni de) maladie générale, (tandis qu'en) ne leur faisant aucun mal on est exempt de maladies.

Ce vers est rejeté par certains commentateurs. — La fin du vers est lue différemment par Kull. sphîto'nyastryabhimarshakah, « l'adultère a de l'œdème ».


11.53

चरितव्यं अतो नित्यं प्रायश्चित्तं विशुद्धये ।
निन्द्यैर्हि लक्षणैर्युक्ता जायन्तेऽनिष्कृतैनसः । । ११.५३[५२ं] । ।


A insi, suivant la différence de leurs actions, naissent des (êtres) méprisés par les (gens) vertueux (tels que) crétins, muets, aveugles, sourds, estropiés.

De leurs actions « dans une existence antérieure ». (Kull.)


11.54

ब्रह्महत्या सुरापानं स्तेयं गुर्वङ्गनागमः ।
महान्ति पातकान्याहुः संसर्गश्चापि तैः सह । । ११.५४[५३ं] । ।


C 'est pourquoi il convient d'accomplir toujours les pénitences en vue de la purification ; car ceux dont les fautes n'ont pas été expiées, renaissent avec des marques déshonorantes.


11.55

अनृतं च समुत्कर्षे राजगामि च पैशुनम् ।
गुरोश्चालीकनिर्बन्धः समानि ब्रह्महत्यया । । ११.५५[५४ं] । ।


L e meurtre d'un Brahmane, l'usage des liqueurs fortes, le vol, l'adultère avec la femme d'un gourou, ainsi que la fréquentation de ceux (qui commettent ces actes) sont déclarés des péchés mortels.

Répétition du v. 235, IX. — Le vol « de l'or d'un Brahmane ». (Kull.). Ce dernier restreint l'expression suràpânam en disant « les liqueurs défendues ». — Guru ici est pris dans le sens le plus large.


11.56

ब्रह्मोज्झता वेदनिन्दा कौटसाक्ष्यं सुहृद्वधः ।
गर्हितानाद्ययोर्जग्धिः सुरापानसमानि षट् । । ११.५६[५५ं] । ।


S 'attribuer faussement un haut rang, porter une calomnie devant le roi, accuser faussement un maître spirituel, (est un péché) équivalent au meurtre d'un Brahmane.


11.57

निक्षेपस्यापहरणं नराश्वरजतस्य च ।
भूमिवज्रमणीनां च रुक्मस्तेयसमं स्मृतम् । । ११.५७[५६ं] । ।


L 'oubli du Véda, l'outrage au Véda, le faux témoignage, le meurtre d'un ami, l'usage des aliments défendus ou (de mets) impropres à être mangés, ces six (actes) sont équivalents à l'usage des liqueurs fortes.

Impropres à être mangés « de l'ordure, etc. ». (Kull.)


11.58

रेतःसेकः स्वयोनीषु कुमारीष्वन्त्यजासु च ।
सख्युः पुत्रस्य च स्त्रीषु गुरुतल्पसमं विदुः । । ११.५८[५७ं] । ।


L e vol d'un dépôt, d'une personne, d'un cheval, d'argent, de terrain, de diamants et de perles est déclaré équivalent à un vol d'or.


11.59

गोवधोऽयाज्यसंयाज्यं पारदार्यात्मविक्रयः ।
गुरुमातृपितृत्यागः स्वाध्यायाग्न्योः सुतस्य च । । ११.५९[५८ं] । ।


L a fornication avec des soeurs utérines, avec des jeunes filles ou des femmes de la plus basse (caste), avec l'épouse d'un ami ou celle d'un fils est considérée comme équivalente à la souillure du lit d'un gourou.


11.60

परिवित्तितानुजेऽनूढे परिवेदनं एव च ।
तयोर्दानं च कन्यायास्तयोरेव च याजनम् । । ११.६०[५९ं] । ।


T uer une vache, sacrifier pour (des personnes) indignes du sacrifice, entretenir des relations adultères, se vendre soi-même (comme esclave), abandonner son précepteur, son père, sa mère, son fils, délaisser l'étude (du Véda) et (l'entretien du) feu sacré


11.61

कन्याया दूषणं चैव वार्धुष्यं व्रतलोपनम् ।
तडागारामदाराणां अपत्यस्य च विक्रयः । । ११.६१[६०ं] । ।


L aisser son plus jeune frère se marier le premier, se marier avant un frère aîné, donner sa fille (à une personne qui est dans) l'un de ces deux (cas), ou sacrifier pour cette (personne),

Dans l'un de ces deux cas, c'est-à-dire soit au frère aîné qui laisse son plus jeune frère se marier avant lui, soit au frère cadet qui se marie avant son aîné.


11.62

व्रात्यता बान्धवत्यागो भृत्याध्यापनं एव च ।
भृत्या चाध्ययनादानं अपण्यानां च विक्रयः । । ११.६२[६१ं] । ।


D éshonorer une vierge, (faire) l'usure, enfreindre un vœu, vendre un étang, un jardin de plaisance, sa femme ou son enfant,

Un vœu, « le vœu de chasteté du novice ». (Kull.)


11.17

खलात्क्षेत्रादगाराद्वा यतो वाप्युपलभ्यते ।
आख्यातव्यं तु तत्तस्मै पृच्छते यदि पृच्छति । । ११.१७[१६ं] । ।


Q u'il les prenne soit dans la grange, soit dans le champ, soit dans la maison, n'importe où ; mais qu'il confesse la chose au (propriétaire) si celui-ci l'interroge.


11.18

ब्राह्मणस्वं न हर्तव्यं क्षत्रियेण कदा चन ।
दस्युनिष्क्रिययोस्तु स्वं अजीवन्हर्तुं अर्हति । । ११.१८[१७ं] । ।


U n Kchatriya ne doit en aucun cas prendre ce qui appartient à un Brahmane ; mais s'il est dans le besoin, il a le droit d'enlever ce qui appartient à un Dasyou, ou à quel. qu'un qui néglige les sacrifices.

« De même un Vaisya ou un Soudra ne doivent pas prendre ce qui est à un Kchatriya, qui est leur supérieur par la caste. » (Kull.)


11.19

योऽसाधुभ्योऽर्थं आदाय साधुभ्यः संप्रयच्छति ।
स कृत्वा प्लवं आत्मानं संतारयति तावुभौ । । ११.१९[१८ं] । ।


C elui qui prend les biens des méchants pour les donner aux gens vertueux, fait de lui-même un bateau et transporte les uns et les autres.

Les uns et les autres « celui auquel il ôte en le délivrant du péché (d'avarice), et celui auquel il donne en le tirant du dénuement ». (Kull.)


11.20

यद्धनं यज्ञशीलानां देवस्वं तद्विदुर्बुधाः ।
अयज्वनां तु यद्वित्तं आसुरस्वं तदुच्यते । । ११.२०[१९ं] । ।


L e bien de ceux qui sont zélés pour les sacrifices est appelé par les sages le patrimoine des dieux ; mais la richesse de ceux qui ne sacrifient point est dite le patrimoine des démons.


11.21

न तस्मिन्धारयेद्दण्डं धार्मिकः पृथिवीपतिः ।
क्षत्रियस्य हि बालिश्याद्ब्राह्मणः सीदति क्षुधा । । ११.२१[२०ं] । ।


U n prince juste ne doit point infliger de châtiment à celui (qui-, par force ou par ruse, prend ce dont il a besoin pour les besoins précédemment énoncés) ; car c'est par la folie du Kchatriya que le Brahmane souffre la faim.

Du Kchatriya, c'est-à-dire du roi : le roi ne devrait pas laisser les Brahmanes dans le besoin.


11.22

तस्य भृत्यजनं ज्ञात्वा स्वकुटुम्बान्महीपतिः ।
श्रुतशीले च विज्ञाय वृत्तिं धर्म्यां प्रकल्पयेत् । । ११.२२[२१ं] । ।


A près s'être enquis des charges de famille de celui-ci et avoir examiné sa science et sa conduite, que le souverain lui assigne des moyens d'existence conformes à la loi (prélevés) sur son propre train de maison.

Conformes à la loi ou simplement « convenables, réguliers ».


11.23

कल्पयित्वास्य वृत्तिं च रक्षेदेनं समन्ततः ।
राजा हि धर्मषड्भागं तस्मात्प्राप्नोति रक्षितात् । । ११.२३[२२ं] । ।


L ui ayant assigné des moyens d'existence, qu'il le protège envers et contre tous; car il obtient la sixième partie des mérites de celui qu'il protège ainsi.


11.24

न यज्ञार्थं धनं शूद्राद्विप्रो भिक्षेत कर्हि चित् ।
यजमानो हि भिक्षित्वा चण्डालः प्रेत्य जायते । । ११.२४[२३ं] । ।


U n Brahmane ne doit jamais demander à un Soudra un objet en vue du sacrifice; car le sacrificateur qui fait une telle demande (à un Soudra) renaît après la mort comme Tchândâla.


11.25

याज्ञार्थं अर्थं भिक्षित्वा यो न सर्वं प्रयच्छति ।
स याति भासतां विप्रः काकतां वा शतं समाः । । ११.२५[२४ं] । ।


U n Brahmane qui a demandé un objet en vue du sacrifice, et qui ne l'emploie pas tout (à ce pieux usage), devient pour cent ans (après sa mort) un oiseau de proie ou une corneille.

Un oiseau de proie, un bhàsa, peut-être un vautour.


11.26

देवस्वं ब्राह्मणस्वं वा लोभेनोपहिनस्ति यः ।
स पापात्मा परे लोके गृध्रोच्छिष्टेन जीवति । । ११.२६[२५ं] । ।


L e pervers qui par cupidité attente à la propriété des dieux et des Brahmanes vivra dans l'autre monde des restes des vautours.

Dans l'autre monde, c'est-à-dire « dans une autre naissance ». (Kull.) Je ne vois pas bien quel est l'animal désigné ici comme vivant des restes des vautours.


11.27

इष्टिं वैश्वानरीं नित्यं निर्वपेदब्दपर्यये ।
क्ल्प्तानां पशुसोमानां निष्कृत्यर्थं असंभवे । । ११.२७[२६ं] । ।


A u bout de l'an on doit toujours offrir le sacrifice Vaisvânarî, à titre d'expiation pour l'omission des (sacrifices) prescrits d'animaux et des cérémonies du soma.

Il s'agit ici d'omission involontaire.


11.28

आपत्कल्पेन यो धर्मं कुरुतेऽनापदि द्विजः ।
स नाप्नोति फलं तस्य परत्रेति विचारितम् । । ११.२८[२७ं] । ।


M ais un Dvidja qui sans (être en) détresse accomplit les devoirs religieux suivant les règles. (prescrites pour les temps) de détresse, n'en tire aucun profit dans l'autre monde : telle est la décision.


11.29

विश्वैश्च देवैः साध्यैश्च ब्राह्मणैश्च महर्षिभिः ।
आपत्सु मरणाद्भीतैर्विधेः प्रतिनिधिः कृतः । । ११.२९[२८ं] । ।


L es Visve-Devas, les Sâdhyas et les grands Sages (de la caste) brahmanique, craignant pour leur vie dans des (temps) de détresse, créèrent une règle substituée à la place de la règle (primitive).


11.30

प्रभुः प्रथमकल्पस्य योऽनुकल्पेन वर्तते ।
न सांपरायिकं तस्य दुर्मतेर्विद्यते फलम् । । ११.३०[२९ं] । ।


A ucune récompense dans l'autre monde n'est réservée au pervers qui pouvant (se conformer) à la règle primitive, agit d'après la règle secondaire.


11.31

न ब्राह्मणो वेदयेत किं चिद्राजनि धर्मवित् ।
स्ववीर्येणैव ताञ् शिष्यान्मानवानपकारिणः । । ११.३१[३०ं] । ।


U n Brahmane instruit de la loi ne doit porter devant le roi aucune (plainte) ; son propre pouvoir lui suffit pour châtier ceux qui lui font du mal.


11.32

स्ववीर्याद्राजवीर्याच्च स्ववीर्यं बलवत्तरम् ।
तस्मात्स्वेनैव वीर्येण निगृह्णीयादरीन्द्विजः । । ११.३२[३१ं] । ।


S on propre pouvoir est supérieur au pouvoir du roi ; donc le Brahmane doit (se servir) de son seul pouvoir pour punir ses ennemis.

« Son pouvoir ne dépend que de lui, le pouvoir du roi dépend des autres. » (Kull.)


11.33

श्रुतीरथर्वाङ्गिरसीः कुर्यादित्यविचारयन् ।
वाक्शस्त्रं वै ब्राह्मणस्य तेन हन्यादरीन्द्विजः । । ११.३३[३२ं] । ।


Q u'il n'hésite pas à employer les textes de l'AtharvaVéda et ceux d'Anguiras ; car la parole est l'arme du Brahmane, avec laquelle il peut anéantir ses ennemis.

Les textes, c'est-à-dire les prières magiques, les charmes, les incantations. — Je traduis Atharva-Véda à cause du commentaire ; mais comme le quatrième Véda n'est nommé nulle part dans Manou, il faut peut-être prendre Atharvan comme le nom du sage : Atharvan est le fils aîné de Brahmâ et l'auteur présumé du recueil qui porte son nom. Angiras est un autre sage auquel on attribue plusieurs hymnes védiques.


11.34

क्षत्रियो बाहुवीर्येण तरेदापदं आत्मनः ।
धनेन वैश्यशूद्रौ तु जपहोमैर्द्विजोत्तमः । । ११.३४[३३ं] । ।


U n Kchatriya doit triompher du malheur par la force de son bras, un Vaisya et un Soudra au moyen de leurs richesses, un Brahmane par des prières et des oblations au feu.

Un Brahmane, littér. le meilleur des Dvidjas.


11.35

विधाता शासिता वक्ता मैत्रो ब्राह्मण उच्यते ।
तस्मै नाकुशलं ब्रूयान्न शुष्कां गिरं ईरयेत् । । ११.३५[३४ं] । ।


L e Brahmane est appelé le créateur, le punisseur, le précepteur, le bienfaiteur ; on ne doit rien lui dire qui soit de mauvais augure, ni employer (à son égard) de termes grossiers.

Kull. construit autrement : « celui qui..., etc., est appelé à bon droit un Brahmane ». — Par vidhâtar, créateur, il entend « celui qui accomplit les rites sacrés ». — Le punisseur « celui qui punit à propos son fils ou son élève ». — Bienfaiteur « de toutes les créatures ». (Kull.)


11.36

न वै कन्या न युवतिर्नाल्पविद्यो न बालिशः ।
होता स्यादग्निहोत्रस्य नार्तो नासंस्कृतस्तथा । । ११.३६[३५ं] । ।


N i une jeune fille, ni une jeune femme, ni un (homme) de peu de science, ni un insensé ne peuvent offrir le (sacrifice) Agnihotra, non plus qu'un malade ou une (personne) non initiée.

Une jeune femme « mariée ou non mariée ». — Offrir le sacrifice : littér. être le hotar.


11.37

नरके हि पतन्त्येते जुह्वन्तः स च यस्य तत् ।
तस्माद्वैतानकुशलो होता स्याद्वेदपारगः । । ११.३७[३६ं] । ।


C ar lorsque de telles (personnes) offrent l'oblation, elles tombent en enfer, ainsi que celui pour qui (elle est offerte) ; c'est pourquoi le prêtre du sacrifice doit être (un homme) versé dans les (rites) relatifs à la disposition des trois feux sacrés,

Les rites Vaitâna.


11.38

प्राजापत्यं अदत्त्वाश्वं अग्न्याधेयस्य दक्षिणाम् ।
अनाहिताग्निर्भवति ब्राह्मणो विभवे सति । । ११.३८[३७ं] । ।


U n Brahmane riche qui n'offre pas comme honoraires à (la cérémonie de) l'Agnyâdhéya un cheval consacré à Pradjâpati, devient (l'égal) de celui qui n'a pas allumé le feu sacré.

L'Agnyâdhéya, littér. l'action d'allumer le feu sacré.


11.39

पुण्यान्यन्यानि कुर्वीत श्रद्दधानो जितेन्द्रियः ।
न त्वल्पदक्षिणैर्यज्ञैर्यजेतेह कथं चन । । ११.३९[३८ं] । ।


U n homme qui a la foi, et dont les sens sont domptés, doit accomplir d'autres (actes) pieux; mais il ne doit en aucun cas offrir des sacrifices où les honoraires du prêtre sont insuffisants.



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