Chapitre 2
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Commentaires
G. Strelhy
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2.1

विद्वद्भिः सेवितः सद्भिर्नित्यं अद्वेषरागिभिः ।
हृदयेनाभ्यनुज्ञातो यो धर्मस्तं निबोधत । । २.१ । ।


A pprenez cette Loi que suivent les hommes instruits (dans les Védas), que reconnaissent dans leur cœur les gens vertueux, toujours exempts de haine et de passion.

Que reconnaissent dans leur cœur : hrdayenâbhyanujfiâta. Le sens de cette expression est obscur. L : « (devoirs) qui sont gravés dans les cœurs ». B. H. « (loi) qui est reconnue par l'esprit ».


2.2

कामात्मता न प्रशस्ता न चैवेहास्त्यकामता ।
काम्यो हि वेदाधिगमः कर्मयोगश्च वैदिकः । । २.२ । ।


L 'amour de soi n'est point louable, et pourtant le détachement de soi-même n'existe point ici-bas; car l'étude du Véda et l'accomplissement des actes prescrits par le Véda ont pour mobile l'amour de soi.

L'amour de soi : kàmàtmatà est commenté par phalâbhilàshaçîlatvam : « la tendance à désirer une récompense » c'est-à-dire à agir par intérêt. B. H. dans une note fait remarquer justement que dans l'ancienne religion védique l'espoir d'une récompense matérielle, d'un avantage immédiat est le but avoué du sacrifice dont la devise est : « donnant, donnant ».


2.37

ब्रह्मवर्चसकामस्य कार्यो विप्रस्य पञ्चमे ।
राज्ञो बलार्थिनः षष्ठे वैश्यस्येहार्थिनोऽष्टमे । । २.३७ । ।


( L'initiation) d'un Brahmane qui aspire à exceller dans la science sacrée doit se faire dans la cinquième année, celle d'un Kchatriya qui souhaite la puissance dans la sixième, celle d'un Vaisya désireux (de richesses) en ce monde dans la huitième.


2.3

संकल्पमूलः कामो वै यज्ञाः संकल्पसंभवाः ।
व्रतानि यमधर्माश्च सर्वे संकल्पजाः स्मृताः । । २.३ । ।


E n effet le désir (des récompenses) a pour racine l'espoir (d'un avantage) ; les sacrifices ont leur origine dans l'espoir ; les vœux (religieux) et les observances ascétiques, tout cela est reconnu comme provenant de l'espoir (d'un avantage).

Sankalpamûla est une expression difficile : sankalpa signifie « résolution » et l'on pourrait entendre ainsi : « le désir est la racine de la résolution (d'agir) ». Mais le commentaire explique sankalpa par « anena karmanâ idam ishtam phalam sàdhyata iti », etc. : « c'est l'idée qu'on se fait que tel avantage désiré peut être obtenu par telle action ». Sankalpa est donc l'espoir d'un avantage. — Les vœux, par exemple ceux d'un étudiant brahmane. — Yamadharma, mot à mot « règle de répression (des désirs sensuels) ». L. « de l'espérance (d'un avantage) naît l'empressement ». B. H. « l'égoïsme a sa racine dans l'espoir d'une récompense ».


2.4

अकामस्य क्रिया का चिद्दृश्यते नेह कर्हि चित् ।
यद्यद्धि कुरुते किं चित्तत्तत्कामस्य चेष्टितम् । । २.४ । ।


N ulle part ici-bas on ne voit une action quelconque (accomplie) par un homme sans désir : car tout ce qu'on fait a pour mobile le désir.


2.5

तेषु सम्यग्वर्तमानो गच्छत्यमरलोकताम् ।
यथा संकल्पितांश्चेह सर्वान्कामान्समश्नुते । । २.५ । ।


C elui qui accomplit exactement ces (actes prescrits par les livres saints) entre dans l'immortalité, et (même) ici-bas obtient (l'accomplissement) de tous ses désirs tels qu'il les a conçus.

Amaraloka, « l'immortalité » c'est-à-dire « l'absorption en Brahmâ ou la délivrance finale ». (Kull.)


2.6

वेदोऽखिलो धर्ममूलं स्मृतिशीले च तद्विदाम् ।
आचारश्चैव साधूनां आत्मनस्तुष्टिरेव च । । २.६ । ।


L a base de la Loi c'est le Véda tout entier, ainsi que la Tradition et la bonne conduite de ceux qui le connaissent, et les coutumes des gens vertueux et le contentement intérieur.

La bonne conduite : çïla suivant Govindarâja, c'est « la suppression de l'affection et de la haine », suivant Kull. treize qualités composent la bonne conduite, telles que « l'amitié pour les Brahmanes, la piété envers les Dieux et les Mânes, la douceur, etc. ». —Àcâra « les coutumes », telles que « porter une couverture ou un vêtement d'écorce ». (Kull.) — Le contentement intérieur, c'est-à-dire la conscience qui guide les actions.


2.7

यः कश्चित्कस्य चिद्धर्मो मनुना परिकीर्तितः ।
स सर्वोऽभिहितो वेदे सर्वज्ञानमयो हि सः । । २.७ । ।


T ous les devoirs qui ont été assignés par Manou à chacun sont exposés dans le Véda : car (Manou) possède l'omniscience.


2.8

सर्वं तु समवेक्ष्येदं निखिलं ज्ञानचक्षुषा ।
श्रुतिप्रामाण्यतो विद्वान्स्वधर्मे निविशेत वै । । २.८ । ।


A près avoir entièrement examiné tout ce (système) avec l'œil de la science, l'homme instruit devra, conformément à l'autorité de la Révélation, s'attacher à son devoir.


2.9

श्रुतिस्मृत्युदितं धर्मं अनुतिष्ठन्हि मानवः ।
इह कीर्तिं अवाप्नोति प्रेत्य चानुत्तमं सुखम् । । २.९ । ।


C ar l'homme qui se conforme à la Loi établie par la Révélation et la Tradition acquiert ici-bas une bonne renommée, et après la mort la félicité suprême.


2.10

श्रुतिस्तु वेदो विज्ञेयो धर्मशास्त्रं तु वै स्मृतिः ।
ते सर्वार्थेष्वमीमांस्ये ताभ्यां धर्मो हि निर्बभौ । । २.१० । ।


P ar Révélation il faut entendre le Véda et par Tradition le Livre des lois ; tous deux doivent être au-dessus de toute discussion sur n'importe quel point, car c'est d'eux que procède le devoir.


2.11

योऽवमन्येत ते मूले हेतुशास्त्राश्रयाद्द्विजः ।
स साधुभिर्बहिष्कार्यो नास्तिको वेदनिन्दकः । । २.११ । ।


T out Dvidja qui s'appuyant sur le rationalisme méprise ces deux sources, doit être chassé par les gens de bien comme athée et contempteur du Véda.

Dvidja « régénéré », signifie un homme des trois premières castes, régénéré par l'investiture du cordon sacré : le Brahmane est souvent désigné par la périphrase « le meilleur des dvidjas ». — Le dogme n'admet aucune discussion, il exige une foi aveugle.


2.12

वेदः स्मृतिः सदाचारः स्वस्य च प्रियं आत्मनः ।
एतच्चतुर्विधं प्राहुः साक्षाद्धर्मस्य लक्षणम् । । २.१२ । ।


L e Véda, la Tradition, la coutume des gens vertueux et le contentement de soi-même, voilà ce qu'on déclare être manifestement le quadruple fondement de la Loi.

Manifestement peut être rapporté à « on déclare ». — Fondement : lakshana signifie proprement « signe distinctif, caractéristique ».


2.13

अर्थकामेष्वसक्तानां धर्मज्ञानं विधीयते ।
धर्मं जिज्ञासमानानां प्रमाणं परमं श्रुतिः । । २.१३ । ।


L a connaissance de la Loi est prescrite pour ceux qui sont détachés des richesses et des plaisirs : pour ceux qui veulent connaître la Loi, la Révélation est l'autorité suprême.

Pour ceux qui sont détachés, etc., et non pour les autres, parce que, dit Kull., n pour ceux qui par désir des richesses et des plaisirs, et dans le but de gagner des avantages terrestres, obéissent à la loi, les œuvres sont sans fruits ».


2.14

श्रुतिद्वैधं तु यत्र स्यात्तत्र धर्मावुभौ स्मृतौ ।
उभावपि हि तौ धर्मौ सम्यगुक्तौ मनीषिभिः । । २.१४ । ।


M ais en cas de divergence entre deux textes sacrés, tous deux sont reconnus comme Loi : car tous deux ont été déclarés par les Sages avoir force de Loi.


2.15

उदितेऽनुदिते चैव समयाध्युषिते तथा ।
सर्वथा वर्तते यज्ञ इतीयं वैदिकी श्रुतिः । । २.१५ । ।


( Par exemple) le texte védique dit qu'on peut accomplir le sacrifice en tout temps, après le lever (du soleil), avant son lever, ou lorsque ni soleil ni étoiles ne sont visibles.

Le sacrifice : l'Agnihotra ou sacrifice du feu, désigné par ce vers, consiste dans deux séries d'offrandes, dont l'une a lieu le matin, l'autre le soir. — Le moment où « ni le soleil ni les étoiles ne sont visibles » c'est le crépuscule; samayâdhyushite signifie proprement « quand (le soleil) est à moitié levé ». Nous avons suivi la paraphrase de Kull.


2.16

निषेकादिश्मशानान्तो मन्त्रैर्यस्योदितो विधिः ।
तस्य शास्त्रेऽधिकारोऽस्मिञ् ज्ञेयो नान्यस्य कस्य चित् । । २.१६ । ।


P ersonne autre, sachez-le, n'est qualifié pour (l'étude de) ce livre, que celui pour lequel on accomplit les cérémonies, depuis celle de la conception jusqu'à celle des funérailles, avec récitation des formules sacrées.

Les cérémonies auxquelles il est fait ici allusion ne sont pratiquées que pour les hommes des trois premières castes : aussi la lecture de ce livre est interdite aux Soudras.


2.17

सरस्वतीदृशद्वत्योर्देवनद्योर्यदन्तरम् ।
तं देवनिर्मितं देशं ब्रह्मावर्तं प्रचक्षते । । २.१७ । ।


L a région créée par les Dieux, qui s'étend entre les deux rivières divines la Sarasvatî et la Drichadvatî s'appelle Brahmâvarta.

Créée par les dieux : devanirmita est traduit par L. « digne des dieux » et par B. H. « fixée par les dieux ». — La Sarasvatî (aujourd’hui Sarsouti) descend de l'Himalaya et se perd dans les sables du désert. Comme divinité c'est la Minerve de l'Inde, la déesse de l'éloquence et du savoir, l'inventrice du Sanskrit et de l'écriture dite Devanàgarï. La Drichadvatî est probablement le Kâgar avant sa jonction avec la Sarsouti.


2.18

तस्मिन्देशे य आचारः पारम्पर्यक्रमागतः ।
वर्णानां सान्तरालानां स सदाचार उच्यते । । २.१८ । ।


L a coutume qui s'est perpétuée par transmission dans ce pays, parmi les (quatre) castes (principales) et les castes mixtes, est ce qu'on appelle la coutume des gens vertueux.


2.19

कुरुक्षेत्रं च मत्स्याश्च पञ्चालाः शूरसेनकाः ।
एष ब्रह्मर्षिदेशो वै ब्रह्मावर्तादनन्तरः । । २.१९ । ।


L a région des Kourous, (celle) des Matsyas, (celle) des Pantchâlas et (celle) des Soûrasénakas, voilà (ce qui forme) en effet le pays des Brahmarchis, venant immédiatement après le Brahmâvarta.

Les Brahmarchis sont des Sages de caste brahmanique.


2.20

एतद्देशप्रसूतस्य सकाशादग्रजन्मनः ।
स्वं स्वं चरित्रं शिक्षेरन्पृथिव्यां सर्वमानवाः । । २.२० । ।


( C'est de la bouche) d'un Brahmane originaire de ce pays (que) tous les hommes sur terre doivent apprendre leurs us et coutumes respectifs.


2.21

हिमवद्विन्ध्ययोर्मध्यं यत्प्राग्विनशनादपि ।
प्रत्यगेव प्रयागाच्च मध्यदेशः प्रकीर्तितः । । २.२१ । ।


L e pays situé entre l'Himavat et le Vindhya, à l'est de Vinasana et à l'ouest de Prayàga s'appelle Madhyadesa.

Himavat = Himalaya. Le Vindhya est une chaîne qui sépare l'Inde centrale du Dekhan. Vinasana signifie « disparition, perte (de la Sarasvatî) ». Cette région est située au N. O. de Delhi. — Prayâga, aujourd'hui Allahâbad, au confluent de la Djemna et du Gange. Madhyadesa, signifie « pays du milieu ».


2.22

आ समुद्रात्तु वै पूर्वादा समुद्राच्च पश्चिमात् ।
तयोरेवान्तरं गिर्योरार्यावर्तं विदुर्बुधाः । । २.२२ । ।


D e la mer Orientale à la mer Occidentale, entre ces deux montagnes (s'étend la région que) les Sages appellent Àryâvarta.

Àryâvarta signifie « contrée des Aryens. »


2.23

कृष्णसारस्तु चरति मृगो यत्र स्वभावतः ।
स ज्ञेयो यज्ञियो देशो म्लेच्छदेशस्त्वतः परः । । २.२३ । ।


L e pays où erre naturellement l'antilope à taches noires doit être considéré comme propre à l'accomplissement du sacrifice : (le pays) au delà est la région des Mletchchas.

La région des Mletchchas : « qui n'est pas propre au sacrifice », ajoute Kull. Ce mot désigne les étrangers, les barbares, mot à mot : « ceux qui baragouinent ». Cf. pour le sens le grec βάρβαρος= lat. balbus et le russe niemetz « allemand, étranger », tiré de l'adjectif niemoï, muet.


2.24

एताण् द्विजातयो देशान्संश्रयेरन्प्रयत्नतः ।
शूद्रस्तु यस्मिन्कस्मिन्वा निवसेद्वृत्तिकर्शितः । । २.२४ । ।


Q ue les Dvidjas résident de préférence dans ces pays ; quant au Soudra, pressé par les besoins de la vie, il peut habiter n'importe où.


2.25

एषा धर्मस्य वो योनिः समासेन प्रकीर्तिता ।
संभवश्चास्य सर्वस्य वर्णधर्मान्निबोधत । । २.२५ । ।


O n vous a exposé succinctement l'origine de la Loi et la naissance de tout cet (univers) : apprenez (maintenant) les devoirs des castes.


2.26

वैदिकैः कर्मभिः पुण्यैर्निषेकादिर्द्विजन्मनाम् ।
कार्यः शरीरसंस्कारः पावनः प्रेत्य चेह च । । २.२६ । ।


P our les Dvidjas, (c'est) avec les saints rites prescrits par le Véda (que) doivent être accomplies (les cérémonies telles que celle de) la conception et autres sacrements, qui sanctifient le corps et le purifient dans ce monde et dans l'autre.


2.27

गार्भैर्होमैर्जातकर्म चौडमौञ्जीनिबन्धनैः ।
बैजिकं गार्भिकं चैनो द्विजानां अपमृज्यते । । २.२७ । ।


P ar les offrandes au feu pendant la grossesse, par la cérémonie qui suit la naissance, par (celle de) la tonsure, par (celle de) l'investiture du cordon sacré d'herbe moundja, est effacé chez les Dvidjas le péché (originel contracté) dans la semence (du p


2.28

स्वाध्यायेन व्रतैर्होमैस्त्रैविद्येनेज्यया सुतैः ।
महायज्ञैश्च यज्ञैश्च ब्राह्मीयं क्रियते तनुः । । २.२८ । ।


P ar l'étude (du Véda), par les vœux, par les offrandes au feu, par (le vœu d'étudier) les trois Védas, par les offrandes (aux Dieux, aux Sages et aux Mânes), par (la procréation) des enfants, par les (cinq) grands sacrifices et par les (autres) rites, le

Les vœux : « les pratiques ascétiques telles que l'abstention de miel, de viande, etc. ». (Kull.)


2.29

प्राङ्नाभिवर्धनात्पुंसो जातकर्म विधीयते ।
मन्त्रवत्प्राशनं चास्य हिरण्यमधुसर्पिषाम् । । २.२९ । ।


A vant de couper le cordon ombilical, on doit accomplir le rite de la naissance pour un (enfant) mâle ; on doit lui faire goûter (dans une cuiller d') or du miel et du beurre clarifié, tout en récitant les formules sacrées.

Le rite de la naissance ou jâtakarman. — Le texte dit qu'on doit faire goûter à l'enfant « de l'or, du miel et du beurre ». Il est évident qu'il faut entendre par là que le miel et le beurre ont été mis en contact avec un objet en or, par exemple une cuiller, une pièce de monnaie, un anneau, etc.


2.30

नामधेयं दशम्यां तु द्वादश्यां वास्य कारयेत् ।
पुण्ये तिथौ मुहूर्ते वा नक्षत्रे वा गुणान्विते । । २.३० । ।


Q ue le père (accomplisse, ou s'il est absent) fasse accomplir la cérémonie de l'imposition du nom, le dixième ou le douzième (jour après la naissance), ou en un jour lunaire propice, à un moment favorable, sous une heureuse constellation.

Le texte dit simplement « qu'il fasse accomplir » kârayet : nous avons suppléé comme en maint autre endroit le commentaire entre parenthèses. — L'imposition du nom, en sanskrit nâmadheya.


2.31

मङ्गल्यं ब्राह्मणस्य स्यात्क्षत्रियस्य बलान्वितम् ।
वैश्यस्य धनसंयुक्तं शूद्रस्य तु जुगुप्सितम् । । २.३१ । ।


Q ue (la première partie du) nom exprime, pour un Brahmane une idée de faveur propice, pour un Kchatriya une idée de force ; pour un Vaisya une idée de richesse; pour un Soudra une idée d'abaissement.

« Nomen omen » dit un proverbe latin. — La première partie : les noms hindous sont presque toujours des composés.


2.32

शर्मवद्ब्राह्मणस्य स्याद्राज्ञो रक्षासमन्वितम् ।
वैश्यस्य पुष्टिसंयुक्तं शूद्रस्य प्रेष्यसंयुतम् । । २.३२ । ।


Q ue (la deuxième partie du nom) exprime, pour un Brahmane une idée de félicité; pour un Kchatriya une idée de protection; pour un Vaisya une idée de prospérité ; pour un Soudra une idée de servitude.

L. traduit pushti, prospérité, par « libéralité » (?) — Cette règle pour le choix des éléments composants du nom, comme le remarque B. H., a fini par tomber en désuétude.


2.33

स्त्रीणां सुखोद्यं अक्रूरं विस्पष्टार्थं मनोहरम् ।
मङ्गल्यं दीर्घवर्णान्तं आशीर्वादाभिधानवत् । । २.३३ । ।


Q ue (le nom) d'une femme soit facile à prononcer, (n'exprime) rien de dur, ait un sens clair, soit agréable, propice, terminé par une voyelle longue, renfermant une parole de bénédiction.


2.34

चतुर्थे मासि कर्तव्यं शिशोर्निष्क्रमणं गृहात् ।
षष्ठेऽन्नप्राशनं मासि यद्वेष्टं मङ्गलं कुले । । २.३४ । ।


A u quatrième mois il faut accomplir pour l'enfant la (cérémonie de la première) sortie de la maison, au sixième (mois, celle de la première) alimentation avec du riz, ou tout autre rite propice exigé par (les traditions de) la famille.

La première de ces deux cérémonies s'appelle nishkramana, la seconde annapràçana : anna signifie en général « aliment » et en particulier « riz ».


2.35

चूडाकर्म द्विजातीनां सर्वेषां एव धर्मतः ।
प्रथमेऽब्दे तृतीये वा कर्तव्यं श्रुतिचोदनात् । । २.३५ । ।


L a cérémonie de la tonsure pour tous les Dvidjas doit se faire, conformément à la loi, dans la première ou la troisième année, d'après les prescriptions de la Révélation.

La cérémonie de la tonsure, cûdàkarman, consiste à raser le crâne en laissant une touffe de cheveux.


2.36

गर्भाष्टमेऽब्दे कुर्वीत ब्राह्मणस्योपनायनम् ।
गर्भादेकादशे राज्ञो गर्भात्तु द्वादशे विशः । । २.३६ । ।


L a huitième année après la conception doit avoir lieu l'initiation d'un Brahmane, la onzième (celle) d'un Kchatriya, la douzième (celle) d'un Vaisya.

L'initiation, upanâyana ; cette cérémonie est marquée par l'investiture


2.38

आ षोदशाद्ब्राह्मणस्य सावित्री नातिवर्तते ।
आ द्वाविंशात्क्षत्रबन्धोरा चतुर्विंशतेर्विशः । । २.३८ । ।


J usqu'à la seizième année pour un Brahmane, la vingt-deuxième pour un Kchatriya, la vingt-quatrième pour un Vaisya, (l'époque de la communication de) la Sâvitrî n'est point passée.

La seizième année « après la conception ».


2.39

अत ऊर्ध्वं त्रयोऽप्येते यथाकालं असंस्कृताः ।
सावित्रीपतिता व्रात्या भवन्त्यार्यविगर्हिताः । । २.३९ । ।


( Mais) ce terme expiré, les (hommes des) trois (castes) qui n'ont pas été initiés en temps voulu deviennent des excommuniés, exclus de la Sâvitrî et méprisés des Âryas.

Excommuniés, vrâtyas. — Des âryas : c'est-à-dire « des honnêtes gens ».


2.71

ब्रह्मारम्भेऽवसाने च पादौ ग्राह्यौ गुरोः सदा ।
संहत्य हस्तावध्येयं स हि ब्रह्माञ्जलिः स्मृतः । । २.७१ । ।


A u commencement et à la fin (de la lecture) du Véda, il ne manquera pas de toucher les pieds de son précepteur, et il étudiera en joignant les mains : car c'est là ce qu'on appelle l'hommage au Véda.

L'hommage au Véda Brahmânjali; Brahman est synonyme de Véda.


2.72

व्यत्यस्तपाणिना कार्यं उपसंग्रहणं गुरोः ।
सव्येन सव्यः स्प्रष्टव्यो दक्षिणेन च दक्षिणः । । २.७२ । ।


A vec les mains croisées, qu'il prenne les pieds de son précepteur (de manière à) toucher de la (main) gauche le (pied) gauche, et de la (main) droite le (pied) droit.


2.73

अध्येष्यमाणं तु गुरुर्नित्यकालं अतन्द्रितः ।
अधीष्व भो इति ब्रूयाद्विरामोऽस्त्विति चारमेत् । । २.७३ । ।


S ur le point de commencer la récitation, le précepteur, toujours infatigable, lui dira : « Oh! récite. » (Quand le précepteur dira) : « Repose-toi », (le disciple) s'arrêtera.


2.74

ब्रह्मनः प्रणवं कुर्यादादावन्ते च सर्वदा ।
स्रवत्यनोंकृतं पूर्वं परस्ताच्च विशीर्यति । । २.७४ । ।


Q u'il prononce toujours la syllabe OM au commencement et à la fin (de la récitation) du Véda ; car (la leçon) qui n'est pas précédée de la syllabe OM s'efface ; si elle n'en est pas suivie, elle ne laisse pas de traces.

La syllabe OM ou mieux AUM (O = A+ U) est un monosyllabe sacré qui précède toutes les invocations : les trois lettres qui la composent symbolisent les trois Védas. Plus tard elle a figuré la Trimoûrti ou Trinité hindoue : A = Vichnou, U = Çiva, M = Brahmâ.


2.75

प्राक्कूलान्पर्युपासीनः पवित्रैश्चैव पावितः ।
प्राणायामैस्त्रिभिः पूतस्तत ओंकारं अर्हति । । २.७५ । ।


A ssis sur (des brins d'herbe kousa) dont les pointes sont tournées à l'Est, purifié par des brins d'herbe kousa (tenus dans ses deux mains) et purgé par trois suspensions d'haleine, il est digne de prononcer la syllabe OM.

Pavitraih kuçaih karadvayastbaih pavitrikrtah « s'étant purifié par des moyens de purification (qui sont) des brins d'herbe kousa tenus dans les deux mains ». Kull. — La suspension d'haleine, prânâyâma est une pratique d'ascétisme usitée dans l'Inde.


2.76

अकारं चाप्युकारं च मकारं च प्रजापतिः ।
वेदत्रयान्निरदुहद्भूर्भुवः स्वरितीति च । । २.७६ । ।


L es sons A, U, M, le Seigneur des créatures les a exprimés des trois Védas, ainsi que les mots Bhoûh, Bhouvah et Svah.

Ces trois mots signifient terre, atmosphère, ciel : on les appelle viâbrtis.


2.77

त्रिभ्य एव तु वेदेभ्यः पादं पादं अदूदुहत् ।
तदित्यृचोऽस्याः सावित्र्याः परमेष्ठी प्रजापतिः । । २.७७ । ।


D es trois Védas aussi le Seigneur des créatures qui habite au plus haut des cieux a trait, stance par s tance, cet hymne qui commence par « tad » (appelé) la Sâvitrî.

A trait : métaphore consacrée. — Qui habite au plus haut des cieux : parameshthin. — Hymne, va, d'où le nom de Rig Véda. — Tad : pronom démonstratif neutre qui commence l'invocation (Rig Véda, III. 62, 10). La Sâvitrî est aussi appelée Gâyatrî : C'est une invocation au soleil considéré comme Savitar, vivificateur. — Stance par stance. B. traduit « un pied (pâda) de chaque (Véda) », il y a en effet trois pâdas.


2.78

एतदक्षरं एतां च जपन्व्याहृतिपूर्विकाम् ।
संध्ययोर्वेदविद्विप्रो वेदपुण्येन युज्यते । । २.७८ । ।


U n Brahmane instruit dans les Védas, qui aux deux crépuscules, murmure cette syllabe (OM) et cet (hymne de la Sâvitrî), précédé des (trois) mots (Bhoûh Bhouvahet Svah), acquiert (tous) les mérites spirituels que procure (la récitation des trois) Védas.


2.79

सहस्रकृत्वस्त्वभ्यस्य बहिरेतत्त्रिकं द्विजः ।
महतोऽप्येनसो मासात्त्वचेवाहिर्विमुच्यते । । २.७९ । ।


U n Dvidja qui récite mille fois (par jour) dans un lieu écarté cette triple (invocation) est absous au bout d'un mois même d'une grande faute, comme le serpent (est délivré) de sa dépouille.

Dans un lieu écarté : mot à mot « en dehors du village ».


2.80

एतया र्चा विसंयुक्तः काले च क्रियया स्वया ।
ब्रह्मक्षत्रियविश्योनिर्गर्हणां याति साधुषु । । २.८० । ।


L e Brahmane, le Kchatriya et le Vaisya qui négligent cette invocation et (l'accomplissement) en temps voulu des rites qui leur sont propres, encourent le blâme des gens vertueux.


2.81

ओंकारपूर्विकास्तिस्रो महाव्याहृतयोऽव्ययाः ।
त्रिपदा चैव सावित्री विज्ञेयं ब्रह्मणो मुखम् । । २.८१ । ।


S achez que les trois grandes paroles impérissables, précédées de la syllabe OM et (suivies) de la Sâvitrî à trois stances, sont la bouche (même) du Véda.

Bouche du Véda : brahmano mukham, c'est-à-dire le moyen le plus sûr d'arriver à la félicité suprême. L. : « la partie principale du Véda ». B. « le portail du Véda et la grille conduisant à l'union avec Brahman ».



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