Chapitre 6
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Commentaires
G. Strelhy
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6.1

एवं गृहाश्रमे स्थित्वा विधिवत्स्नातको द्विजः ।
वने वसेत्तु नियतो यथावद्विजितेन्द्रियः । । ६.१ । ।


L e Dvidja sorti de noviciat, qui a ainsi vécu conformément à la règle dans l'ordre des maîtres de maison, doit (ensuite) aller habiter la forêt, ferme dans sa résolution, et bien maître de ses sens.

Niyata « ferme dans sa résolution », peut signifier aussi « voué à des pratiques pieuses. »


6.2

गृहस्थस्तु यथा पश्येद्वलीपलितं आत्मनः ।
अपत्यस्यैव चापत्यं तदारण्यं समाश्रयेत् । । ६.२ । ।


U n maître de maison qui se voit des rides et des cheveux blancs, et (qui a) un enfant de son enfant, doit se retirer dans les bois.

Kull. restreint le sens de apatya au sexe masculin : « le fils d'un fils ».


6.3

संत्यज्य ग्राम्यं आहारं सर्वं चैव परिच्छदम् ।
पुत्रेषु भार्यां निक्षिप्य वनं गच्छेत्सहैव वा । । ६.३ । ।


R enonçant à tout aliment produit par la culture et à tous ses biens, qu'il aille dans la forêt, après avoir confié sa femme à ses fils, ou accompagné de cette dernière.

Littéralement « aux aliments des villes (ou des villages) ». — « Ses biens » peut-être plus exactement « ses meubles ».


6.4

अग्निहोत्रं समादाय गृह्यं चाग्निपरिच्छदम् ।
ग्रामादरण्यं निःसृत्य निवसेन्नियतेन्द्रियः । । ६.४ । ।


E mportant avec lui le feu sacré et les ustensiles (du culte) du feu domestique et quittant le village pour la forêt, il y vivra maître de ses sens.

Le feu sacré : littéralement l'Agnihotra.


6.5

मुन्यन्नैर्विविधैर्मेध्यैः शाकमूलफलेन वा ।
एतानेव महायज्ञान्निर्वपेद्विधिपूर्वकम् । । ६.५ । ।


I l accomplira suivant la règle les (cinq) grands sacrifices avec toute sortes (d'aliments) purs propres aux ermites (tels que le riz sauvage), ou avec des herbes, racines et fruits.


6.6

वसीत चर्म चीरं वा सायं स्नायात्प्रगे तथा ।
जटाश्च बिभृयान्नित्यं श्मश्रुलोमनखानि च । । ६.६ । ।


Q u'il porte une peau ou un vêtement d'écorce, se baigne soir et matin, ait toujours les cheveux longs, et (laisse croître) sa barbe, ses poils, ses ongles ;

Cheveux longs : la coiffure appelée jatà consistant en tresses ou nattes de cheveux.


6.7

यद्भक्ष्यं स्याद्ततो दद्याद्बलिं भिक्षां च शक्तितः ।
अम्मूलफलभिक्षाभिरर्चयेदाश्रमागतान् । । ६.७ । ।


Q u'il fasse l'offrande bali avec les aliments qu'il a, et donne l'aumône selon ses moyens ; qu'il honore ceux qui se présentent à son ermitage d'une aumône consistant en eau, racines et fruits.

L'offrande bali est l'offrande aux êtres, aux bhûtas.


6.8

स्वाध्याये नित्ययुक्तः स्याद्दान्तो मैत्रः समाहितः ।
दाता नित्यं अनादाता सर्वभूतानुकम्पकः । । ६.८ । ।


Q u'il soit toujours appliqué à la récitation du Véda pour son compte, endurant, bienveillant, recueilli, donnant toujours sans jamais recevoir, compatissant envers tous les êtres.

Dânta « endurant » signifie littéralement « dompté » : il vaudrait peut-être mieux le traduire par « ayant ses sens domptés » ; le commentaire de Kull. dit : « Qui endure les choses allant par paire, telles que le froid et le chaud, etc. »


6.9

वैतानिकं च जुहुयादग्निहोत्रं यथाविधि ।
दर्शं अस्कन्दयन्पर्व पौर्णमासं च योगतः । । ६.९ । ।


Q u'il offre suivant la règle (le sacrifice de) l'Agnihotra avec les trois feux consacrés, sans négliger le sacrifice de la nouvelle lune, et celui de la pleine lune, en temps voulu.


6.10

ऋक्षेष्ट्याग्रयणं चैव चातुर्मास्यानि चाहरेत् ।
तुरायणं च क्रमशो दक्षस्यायनं एव च । । ६.१० । ।


Q u'il accomplisse également le sacrifice aux corps célestes, l'offrande du grain nouveau, les cérémonies qui ont lieu tous les quatre mois, (les sacrifices appelés) Tourâyana et Dakchasyâyana, dans l'ordre voulu.

Le rksheshti, l'âgrayana, les câturmâsyas, le turâyana et le dakshasyâyana. Les deux derniers sont des modifications du sacrifice à la nouvelle lune. Kull. lit uttarâyana au lieu de turâyana « le sacrifice du solstice d'hiver ».


6.11

वासन्तशारदैर्मेध्यैर्मुन्यन्नैः स्वयं आहृतैः ।
पुरोडाशांश्चरूंश्चैव विधिवन्निर्वपेत्पृथक् । । ६.११ । ।


A vec du riz pur de printemps et d'automne, nourriture des ascètes, récolté de ses propres mains, il préparera séparément, suivant les prescriptions, les gâteaux et autres mets du sacrifice.


6.12

देवताभ्यस्तु तद्धुत्वा वन्यं मेध्यतरं हविः ।
शेषं आत्मनि युञ्जीत लवणं च स्वयं कृतम् । । ६.१२ । ।


A yant offert aux divinités cette oblation très pure, produit des forêts, qu'il emploie pour lui le reste (avec) du sel préparé par lui-même.


6.13

स्थलजाउदकशाकानि पुष्पमूलफलानि च ।
मेध्यवृक्षोद्भवान्यद्यात्स्नेहांश्च फलसंभवान् । । ६.१३ । ।


Q u'il mange les végétaux poussant dans l'eau ou sur la terre, les fleurs, racines et fruits, le produit des arbres purs et les huiles extraites des fruits.


6.14

वर्जयेन्मधु मांसं च भौमानि कवकानि च ।
भूस्तृणं शिग्रुकं चैव श्लेश्मातकफलानि च । । ६.१४ । ।


I l doit s'abstenir de miel, de champignons poussés à terre, ainsi que des (herbes appelées) bhoûstrina et sigrouka, et des fruits du slechmâtaka.

Bhùstrna, Andropogon schoenanlhus — çigruka,Moringapterygosperma — çleshmâtaka ou çleshmântaka, Cordia myxa.


6.15

त्यजेदाश्वयुजे मासि मुन्यन्नं पूर्वसंचितम् ।
जीर्णानि चैव वासांसि शाकमूलफलानि च । । ६.१५ । ।


A u mois d'Âsvina, il devra jeter les aliments d'ascète qu'il a récoltés précédemment, ses vêtements usés, et les herbes, racines et fruits (qu'il a en réserve).

Açvina ou àçvayuja = septembre-octobre.


6.16

न फालकृष्टं अश्नीयादुत्सृष्टं अपि केन चित् ।
न ग्रामजातान्यार्तोऽपि मूलाणि च फलानि च । । ६.१६ । ।


Q u'il ne mange aucun produit de la culture, même s'il a été jeté par quelqu'un, ni des racines et des fruits qui ont poussé dans un village, quelque (faim) qui le presse.


6.17

अग्निपक्वाशनो वा स्यात्कालपक्वभुगेव वा ।
अश्मकुट्टो भवेद्वापि दन्तोलूखलिकोऽपि वा । । ६.१७ । ।


I l peut manger ou bien des (aliments sauvages) cuits sur le feu, ou seulement (des fruits) mûris par le temps ; il peut (les écraser avec) un pilon de pierre, ou (n')avoir (que) ses dents pour mortier.


6.18

सद्यः प्रक्षालको वा स्यान्माससंचयिकोऽपि वा ।
षण्मासनिचयो वा स्यात्समानिचय एव वा । । ६.१८ । ।


I l peut ramasser (des aliments) pour un jour seul, ou en ramasser pour un mois, ou pour six mois, ou pour un an.

La traduction de B. pour la première partie du vers est la suivante : « Il peut aussitôt (après son repas quotidien) laver son vase pour recueillir les aliments. » En effet tel est le sens littéral de sadyahprakshâlaka.


6.19

नक्तं चान्नं समश्नीयाद्दिवा वाहृत्य शक्तितः ।
चतुर्थकालिको वा स्यात्स्याद्वाप्यष्टमकालिकः । । ६.१९ । ।


S 'étant procuré de son mieux de la nourriture, il peut manger soit la nuit, soit le jour, soit au quatrième repas, soit au huitième.

Soit la nuit, soit le jour, c'est-à-dire « le soir ou le matin. » Comme il y a deux repas réguliers par jour, le quatrième repas signifie celui qui se fait à la fin du deuxième jour, le huitième celui qui se fait à la fin du quatrième.


6.20

चान्द्रायणविधानैर्वा शुक्लकृष्णे च वर्तयेत् ।
पक्षान्तयोर्वाप्यश्नीयाद्यवागूं क्वथितां सकृत् । । ६.२० । ।


O u bien il peut vivre suivant les règles de la pénitence lunaire pendant la quinzaine brillante et pendant la quinzaine obscure, ou bien manger une fois seulement au terme de chacune des deux quinzaines de la bouillie de farine de riz cuite.

La pénitence lunaire Cândrâyana (Cf. XI, 217) consistant à diminuer chaque jour sa ration d'une bouchée pendant la quinzaine brillante. — Une fois seulement, c'est-à-dire « le matin ou le soir ». (Kull.)


6.21

पुष्पमूलफलैर्वापि केवलैर्वर्तयेत्सदा ।
कालपक्वैः स्वयं शीर्णैर्वैखानसमते स्थितः । । ६.२१ । ।


O u bien il peut ne vivre absolument que de fleurs, racines et fruits, mûris par le temps et tombés d'eux-mêmes, en se conformant aux préceptes de Vikhanas.

Vikhanas un Richi auteur supposé de Sùtras contenant des règles relatives à la vie des anachorètes.


6.22

भूमौ विपरिवर्तेत तिष्ठेद्वा प्रपदैर्दिनम् ।
स्थानासनाभ्यां विहरेत्सवनेषूपयन्नपः । । ६.२२ । ।


Q u'il se roule à terre ou se tienne debout tout un jour sur la pointe des pieds; ou bien qu'il passe son temps (tantôt) assis, (tantôt) debout, et aux trois moments principaux de la journée qu'il aille à l'eau (pour se baigner).

Les trois moments, savanas, sont le matin, midi et le soir. — Savaneshu forme un jeu de mots en séparant sa-vaneshu (dans les forêts).


6.23

ग्रीष्मे पञ्चतपास्तु स्याद्वर्षास्वभ्रावकाशिकः ।
आर्द्रवासास्तु हेमन्ते क्रमशो वर्धयंस्तपः । । ६.२३ । ।


E n été qu'il supporte les cinq feux, pendant la saison des pluies qu'il n'ait d'autre abri que les nuages, en hiver qu'il porte des vêtements humides, augmentant par degré ses austérités.

Les cinq feux : « Qu'il se fasse brûler par des feux placés aux quatre points cardinaux, et par l'ardeur du soleil au-dessus de lui. » (Kull.) — Toutes ces austérités exagérées sont encore pratiquées par certains fakirs de l'Inde moderne.


6.24

उपस्पृशंस्त्रिषवणं पितॄन्देवांश्च तर्पयेत् ।
तपश्चरंश्चोग्रतरं शोषयेद्देहं आत्मनः । । ६.२४ । ।


E n se baignant aux trois moments principaux de la journée, qu'il offre des libations aux Mânes et aux Dieux ; pratiquant des austérités (de plus en) plus rudes, qu'il émacie son corps.

Se baignant : je traduis ainsi d'après le commentaire : le texte porte upasprçan qui signifie exactement « se rinçant la bouche ».


6.25

अग्नीनात्मनि वैतानान्समारोप्य यथाविधि ।
अनग्निरनिकेतः स्यान्मुनिर्मूलफलाशनः । । ६.२५ । ।


A yant déposé en lui-même, les (trois) feux sacrés, suivant la règle, il doit vivre sans feu, sans abri, silencieux, se nourrissant déracines et de fruits,

Ayant déposé en lui-même « en avalant des cendres, etc. ». (Kull.)


6.26

अप्रयत्नः सुखार्थेषु ब्रह्मचारी धराशयः ।
शरणेष्वममश्चैव वृक्षमूलनिकेतनः । । ६.२६ । ।


I ndifférent aux plaisirs matériels, chaste, couchant sur la dure, dédaignant tout abri, logeant au pied des arbres.


6.27

तापसेष्वेव विप्रेषु यात्रिकं भैक्षं आहरेत् ।
गृहमेधिषु चान्येषु द्विजेषु वनवासिषु । । ६.२७ । ।


Q u'il accepte les aumônes nécessaires à sa subsistance seulement des Brahmanes ascètes ou des autres Dvidjas maîtres de maison qui habitent dans la forêt.

Ou des autres Dvidjas : le texte porte « et » et non « ou » ; mais le commentaire de Kull. indique qu'il doit s'adresser d'abord aux premiers, et « à leur défaut, aux autres Dvidjas ».


6.28

ग्रामादाहृत्य वाश्नीयादष्टौ ग्रासान्वने वसन् ।
प्रतिगृह्य पुटेनैव पाणिना शकलेन वा । । ६.२८ । ।


O u bien (l'anachorète) habitant la forêt peut rapporter du village (des aliments), après les avoir reçus dans un cornet fait d'une feuille, dans (le creux de) sa main, ou dans un tesson, et en manger huit bouchées.


6.29

एताश्चान्याश्च सेवेत दीक्षा विप्रो वने वसन् ।
विविधाश्चाउपनिषदीरात्मसंसिद्धये श्रुतीः । । ६.२९ । ।


C es pratiques et d'autres devront être observées par le Brahmane retiré dans la forêt, et pour obtenir (l'union de) son âme (avec l'Être suprême, il étudiera) les divers textes sacrés contenus dans les Oupanichads,

Les Upanishads ou doctrine ésotérique sont des traités qui se proposent de découvrir le sens caché du Véda. — Les textes sacrés, littéralement les Çrutis.


6.30

ऋषिभिर्ब्राह्मणैश्चैव गृहस्थैरेव सेविताः ।
विद्यातपोविवृद्ध्यर्थं शरीरस्य च शुद्धये । । ६.३० । ।


Q ui ont été étudiés par les Sages et les Brahmanes maîtres de maison, pour l'accroissement de leur science et de leurs austérités, et pour la purification de leur corps.


6.31

अपराजितां वास्थाय व्रजेद्दिशं अजिह्मगः ।
आ निपाताच्छरीरस्य युक्तो वार्यनिलाशनः । । ६.३१ । ।


O u bien qu'il se dirige vers la région du Nord-Est, marchant droit devant lui, ferme dans sa résolution, vivant d'air et d'eau, jusqu'à ce que son corps tombe en dissolution.

Ou bien « s'il lui survient une maladie incurable, etc. ». (Kull.) — La région Nord-est, littéralement « la région invincible ». — Yukta, ferme dans sa résolution, signifie d'après Kull. « appliqué aux pratiques du Yoga. » Le Yoga est une des écoles philosophiques de l'Inde, dont on attribue la fondation à Patafljali.


6.32

आसां महर्षिचर्याणां त्यक्त्वान्यतमया तनुम् ।
वीतशोकभयो विप्रो ब्रह्मलोके महीयते । । ६.३२ । ।


S 'étant défait de son corps par l'une quelconque de ces pratiques (usitées par) les grands Sages, exempt de soucis et de crainte, le Brahmane est exalté dans le monde de Brahme.

Une de ces pratiques « énoncées plus haut » (Kull.), ou suivant Medh. « l'immersion, l'action de se précipiter d'une montagne, la crémation volontaire, ou la mort par le jeûne. »


6.33

वनेषु च विहृत्यैवं तृतीयं भागं आयुषः ।
चतुर्थं आयुषो भागं त्यक्वा सङ्गान्परिव्रजेत् । । ६.३३ । ।


A près avoir ainsi passé dans les bois la troisième période de son existence, il devra durant la quatrième errer (en ascète mendiant), détaché de toute affection.


6.34

आश्रमादाश्रमं गत्वा हुतहोमो जितेन्द्रियः ।
भिक्षाबलिपरिश्रान्तः प्रव्रजन्प्रेत्य वर्धते । । ६.३४ । ।


C elui qui a passé d'ordre en ordre, offert les sacrifices et vaincu ses sens, et qui fatigué de (faire) des aumônes et des offrandes, se fait moine errant, obtient après sa mort la félicité suprême.


6.35

ऋणानि त्रीण्यपाकृत्य मनो मोक्षे निवेशयेत् ।
अनपाकृत्य मोक्षं तु सेवमानो व्रजत्यधः । । ६.३५ । ।


A yant payé les trois dettes, il devra appliquer son esprit à la délivrance finale ; mais celui qui cherche la délivrance finale, sans avoir acquitté (les trois dettes) est précipité (clans l'enfer).

Les trois dettes (Cf. IV, 257) « aux grands Sages, aux Mânes et aux Dieux. » Ou bien encore par « les trois dettes » on peut entendre « les trois premiers degrés de la vie brahmanique, étudiant, maître de maison et anachorète ». C'est seulement après avoir passé par tous ces ordres qu'on peut songer à la délivrance finale.


6.36

अधीत्य विधिवद्वेदान्पुत्रांश्चोत्पाद्य धर्मतः ।
इष्ट्वा च शक्तितो यज्ञैर्मनो मोक्षे निवेशयेत् । । ६.३६ । ।


A yant étudié le Véda suivant la règle, procréé des enfants conformément à la Loi, et offert des sacrifices suivant ses moyens, on peut appliquer son esprit à la délivrance finale.


6.37

अनधीत्य द्विजो वेदाननुत्पाद्य तथा सुतान् ।
अनिष्ट्वा चैव यज्ञैश्च मोक्षं इच्छन्व्रजत्यधः । । ६.३७ । ।


U n Brahmane qui cherche la délivrance finale, sans avoir étudié le Véda, procréé des enfants et offert des sacrifices, est précipité (en enfer).


6.38

प्राजापत्यं निरुप्येष्टिं सर्ववेदसदक्षिणाम् ।
आत्मन्यग्नीन्समारोप्य ब्राह्मणः प्रव्रजेद्गृहात् । । ६.३८ । ।


A près avoir accompli le sacrifice au Seigneur des créatures, dans lequel (il abandonne) tous ses biens en guise d'honoraires, et déposé en lui-même le feu (sacré), un Brahmane peut quitter sa maison (pour se faire ascète).

Sarvavedasadakshinâm : je prends veda au sens de « biens ». Au surplus, il y a peut-être une équivoque voulue, et ce mot peut s'entendre ainsi : « Où l'on donne tout comme honoraires (suivant l'injonction du Yajur-) Veda. » — Honoraires du sacrifice donnés au prêtre. — La fin de ce vers signifie suivant Kull. « qu'il peut entrer dans le quatrième ordre, sans avoir passé par celui des habitants de la forêt (ou anachorètes) ». (Kull.)


6.39

यो दत्त्वा सर्वभूतेभ्यः प्रव्रजत्यभयं गृहात् ।
तस्य तेजोमया लोका भवन्ति ब्रह्मवादिनः । । ६.३९ । ।


D es mondes radieux deviennent (le partage) de celui qui, prédicateur du Véda et assurant la sécurité à tous les êtres animés, quitte sa maison (pour se faire ascète).

On peut traduire plus littéralement « les mondes deviennent resplendissants lorsque, etc. ». — Assurant la sécurité signifie « ne faisant de mal à aucune créature. »


6.40

यस्मादण्वपि भूतानां द्विजान्नोत्पद्यते भयम् ।
तस्य देहाद्विमुक्तस्य भयं नास्ति कुतश्चन । । ६.४० । ।


L e Dvidja qui ne cause pas la moindre crainte aux êtres animés n'aura rien à redouter d'aucune part, une fois délivré de son corps.


6.41

अगारादभिनिष्क्रान्तः पवित्रोपचितो मुनिः ।
समुपोढेषु कामेषु निरपेक्षः परिव्रजेत् । । ६.४१ । ।


Q uittant sa maison, pourvu de moyens de purification, silencieux, insensible aux jouissances qui (lui) sont offertes, il mènera la vie errante (des ascètes).

Les moyens de purification, pavitras, sont « le bâton, le pot-à-eau, etc. ». (Kull.)


6.42

एक एव चरेन्नित्यं सिद्ध्यर्थं असहायवान् ।
सिद्धिं एकस्य संपश्यन्न जहाति न हीयते । । ६.४२ । ।


Q u'il aille toujours seul, sans compagnon, en vue d'obtenir (la félicité suprême), considérant (que l'homme) solitaire atteint son but, (lui qui) ne délaisse point et n'est point délaissé.


6.43

अनग्निरनिकेतः स्याद्ग्रामं अन्नार्थं आश्रयेत् ।
उपेक्षकोऽसंकुसुको मुनिर्भावसमाहितः । । ६.४३ । ।


Q u'il n'ait ni feu, ni abri, et qu'il aille au village (demander) des aliments, indifférent (à tout), ferme dans sa résolution, silencieux, concentrant sa pensée sur l'Être suprême.

Bhâvasarnâhita signifie littéralement « concentré dans sa pensée. » Mais Kull. explique bhâva par brahman.


6.44

कपालं वृक्षमूलानि कुचेलं असहायता ।
समता चैव सर्वस्मिन्नेतन्मुक्तस्य लक्षणम् । । ६.४४ । ।


U n tesson, les racines d'un arbre (pour gîte), des haillons, la solitude et l'indifférence à tout, sont les marques de celui qui est près de la délivrance finale.


6.45

नाभिनन्देत मरणं नाभिनन्देत जीवितम् ।
कालं एव प्रतीक्षेत निर्वेशं भृतको यथा । । ६.४५ । ।


I l ne doit pas désirer la mort, il ne doit pas désirer la vie, il doit attendre son heure, comme un serviteur (attend) ses gages.

Ses gages nirveça ; il y a une autre leçon, nirdeça un ordre.


6.46

दृष्टिपूतं न्यसेत्पादं वस्त्रपूतं जलं पिबेत् ।
सत्यपूतां वदेद्वाचं मनःपूतं समाचरेत् । । ६.४६ । ।


Q u'il (ne) pose son pied (sur un lieu qu'après s'être assuré par) la vue (qu'il est) pur; qu'il boive de l'eau purifiée (en la filtrant) avec un linge, qu'il dise des paroles purifiées par la vérité, qu'il conserve son cœur (toujours) pur.

Littéralement « qu'il pose un pied purifié par la vue ». « Pour éviter (de marcher) sur un cheveu, un os, etc. ». (Kull.) — Avec un linge « pour éviter (de détruire) les petits insectes, etc. ». (Kull.)


6.47

अतिवादांस्तितिक्षेत नावमन्येत कं चन ।
न चेमं देहं आश्रित्य वैरं कुर्वीत केन चित् । । ६.४७ । ।


Q u'il supporte les injures, ne méprise personne, n'ait d'inimitié avec personne, au sujet de ce corps.

De ce corps : Kull. ajoute « faible et sujet aux maladies ».


6.48

क्रुद्ध्यन्तं न प्रतिक्रुध्येदाक्रुष्टः कुशलं वदेत् ।
सप्तद्वारावकीर्णां च न वाचं अनृतां वदेत् । । ६.४८ । ।


I l ne doit pas rendre colère pour colère ; à une injure il doit répondre par une bonne parole ; il ne doit proférer aucune parole fausse répandue par les sept portes.

Cette expression « les sept portes » est bizarre, et les commentaires ne sont pas d'accord sur son véritable sens. Suivant Kull. elle désignerait « l'esprit, l'intelligence et les cinq sens »; l'idée est qu'il ne faut proférer aucun mensonge ayant rapport à des objets soumis aux perceptions des sens et de l'esprit.


6.49

अध्यात्मरतिरासीनो निरपेक्षो निरामिषः ।
आत्मनैव सहायेन सुखार्थी विचरेदिह । । ६.४९ । ।


M ettant ses délices dans l'Âme suprême, assis, indifférent (à tout), inaccessible aux désirs de la chair, n'ayant d'autre compagnon que lui-même, il doit vivre ici-bas dans l'attente du bonheur (éternel).

N'ayant d'autre compagnon que lui-même : Atman peut signifier aussi « le moi, ou l'âme ». Kull. entend ainsi « ayant son corps pour seul compagnon ».


6.50

न चोत्पातनिमित्ताभ्यां न नक्षत्राङ्गविद्यया ।
नानुशासनवादाभ्यां भिक्षां लिप्सेत कर्हि चित् । । ६.५० । ।


Q u'en aucun cas il ne cherche à obtenir l'aumône par (l'interprétation) des prodiges et des présages, ni par l'astrologie et la chiromancie, ni (en donnant) des avis ou en expliquant (le sens des traités).



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