Christianisme-Saint Grégoire de Nysse

Paroles, poèmes & citations de Saint Grégoire de Nysse : 27 citations

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Jusqu'à ce qu'une fois “le dernier Ennemi détruit”, comme dit [66] l'Apôtre (1 Cor. 15,26), et le mal entièrement chassé de tous les êtres, brille sur tous comme l’éclair l’unique beauté divine, à laquelle nous avons été conformés au commencement, c’est-à-dire la lumière, la pureté, l’incorruptibilité, la vie, la vérité et semblables perfections : car il n'est nullement invraisemblable que nous soyons et paraissions “enfants du jour et de la lumière” (1 Thes. 5,5; Éph. 5,8). Et l'on ne trouvera aucun changement de lumière, de pureté et d'incorruptibilité, ni aucune différence entre êtres de genre identique, mais une grâce unique rayonnera en tous, lorsque, devenus “fils de la lumière” (1 Thes. 5,5; Jn 12,36), ils “resplendiront comme le soleil”, selon la Parole véridique du Seigneur (Mat. 13,43). Mais la promesse de la Parole de Dieu que "tous seront rendus parfaits pour que tous soient un" (Jn 17,21-23), c’est en même temps la pensée qu'une seule et unique grâce se manifestera en tous (cf. Tite 2,11), de sorte que chacun rende grâce à son voisin de la même joie, et qu'ainsi chacun se réjouisse en voyant la beauté de l'autre et réjouisse à son tour celui-ci, sans qu'aucun vice n'en altère la forme en lui donnant la moindre empreinte de laideur.




Citation / poème n° 1629 : Saint Grégoire de Nysse, Christianisme
Source : Discours sur les morts, QUATRIEME PARTIE : LA RÉSURRECTION DU CORPS, 65, traduction Guillaume Bady 

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Qu’y a-t-il donc d’atroce dans le départ des personnes qui nous sont chères ? Rien, si ce n’est que l’on trouve triste qu’ils passent à la vie dépourvue de passions et de troubles, cette vie qui n’a à supporter la douleur d’aucun coup, qui ne craint pas la menace du feu, ni les blessures du fer, ni les malheurs des séismes, […] cette vie où nul ne s’enfle de vain orgueil ni n’est écrasé sous l’humiliation, où nul ne devient sauvage à force d’audace, ni n’est paralysé par la lâcheté, où nul ne se gonfle de colère en bouillant sous l’effet du courroux et de la furie, ni n’est pourchassé par la peur lorsqu’il ne peut résister à l’assaut du plus fort; cette vie où l’on ne se soucie plus de savoir quelles sont les mœurs des rois, quelles sont les lois, quelle est l’humeur des magistrats, quel est le contenu des décrets, à combien se monte l’impôt annuel, si une pluie abondante a inondé de façon excessive les terres cultivées, si les espoirs des paysans ont été anéantis par la grêle, ou si la sécheresse dominante a desséché toute la végétation; quant au reste des malheurs de la vie, cette vie-là en est entièrement à l’abri. Car la sombre douleur de l’orphelinat ne vient pas l’attrister; le malheur du veuvage n’y a pas de place; même les mille et unes faiblesses du corps n’y ont aucune influence; la jalousie à l’égard des hommes heureux, le mépris des malchanceux et tous les sentiments de ce genre en ont été bannis; une égalité dans la parole et devant les lois règne dans la paix et en toute liberté sur le peuple des âmes, chacun ayant ce que, de son propre choix, il se sera lui-même préparé; si au bien quelqu’un a par irréflexion préféré quelque mal, la mort n’en sera pas responsable, puisque la volonté a choisi librement ce qui lui semblait bon (1).




Citation / poème n° 1628 : Saint Grégoire de Nysse, Christianisme
Source : Discours sur les morts , PREMIERE PARTIE : RECHERCHE DU VRAI BIEN, 34, traduction Guillaume Bady 
(1) Cf. Platon, République X 617e : “La responsabilité [du mal] incombe à celui qui choisit ; Dieu n’est pas responsable ”.

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Pour te retirer des abîmes du péché et te conduire sur la montagne de la royauté (24, 3), si tu utilises ton état vertueux comme un char pour cette montée. Car on ne saurait accéder à cette montagne sans être accompagné des vertus




Citation / poème n° 1549 : Saint Grégoire de Nysse, Christianisme
Source : Sermon sur l'ascension, Traduction de Ch. Bouchet remaniée par Luc Fritz 

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Le commencement de la cosmogonie nous donne donc à penser que Dieu a placé globalement, en un instant, les principes, les causes et les puissances de toutes choses, et que dans la première impulsion de sa volonté, la substance de chacun des êtres s'est constituée : ciel, éther, astres, feu, air, terre, êtres vivants, plantes. Tous ces êtres, le regard divin les contemplait, révélés par une parole de puissance, de par (ainsi que le dit la prophétie) la connaissance qu'il avait de tous avant leur création [1], et, de l'utilisation conjointe de sa puissance et de sa sagesse s'est ensuivi un enchaînement nécessaire, suivant un certain ordre, dans l'achèvement de chacune des parties du monde : c'est ainsi que tel être s'est présenté et révélé avant les autres êtres observables dans le tout, et après lui, de la même façon, celui qui suivait nécessairement le premier, puis un troisième, suivant ce qu'a ordonné la nature industrieuse, puis un quatrième, puis un cinquième, et ainsi de suite, suivant un enchaînement successif, non qu'ils se manifestent ainsi par quelque rencontre automatique, selon quelque impulsion sans ordre et liée au hasard, mais parce que l'ordre nécessaire de la nature recherche un enchaînement dans les faits…




Citation / poème n° 1548 : Saint Grégoire de Nysse, Christianisme
Source : Les six jours de la Création, [71C], Traduction de Timothée LECAUDEY complétée par la traduction de Jean ROUSSELET 
[1] Dn 13, 42

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C'est pourquoi le Serpent met en avant le fruit mauvais du péché, mais sans mettre au grand jour le mal tel qu'il est par nature : l'homme ne serait pas trompé par le mal, s'il éclatait à ses yeux ; mais le démon, faisant briller la grâce extérieure des apparences et, comme un charlatan, charmant notre goût par quelque plaisir des sens, apparaît à la femme digne de confiance, ainsi que dit l'Écriture : « Et la femme vit que le fruit était bon à manger et agréable à voir et agréable à contempler. Ayant pris du fruit, elle en mangea » [7]. Cette nourriture est pour les hommes la mère de la mort. Et cela est précisément le mélange des fruits que porte l'arbre, l'Écriture voulant indiquer clairement le sens selon lequel elle déclare ce bois capable de faire connaître le bien et le mal : il a la malice de ces poisons qui sont préparés avec du miel : selon qu'ils flattent le sens, ils paraissent bons ; selon qu'ils font périr celui qui les prend, ils sont le dernier des maux. Lors donc que ce poison funeste eut produit ses effets sur la vie humaine, alors l'homme, dont la création et le nom sont pleins de grandeur, cette image de la nature divine, devint semblable, comme dit le Prophète [8], aux créatures frivoles. Et ainsi l'image ne réside plus que dans les parties les plus sublimes de notre être ; les tristesses et les misères de la vie présente n'ont rien à voir avec notre ressemblance divine.




Citation / poème n° 1547 : Saint Grégoire de Nysse, Christianisme
Source : La création de l'homme - chapitre 20, traduction Jean Laplace (Sources chrétiennes 6, 1943, (c) Le Cerf 
1. Gen. III, 6. 2. ps. CXLIII, 4.

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Ni un mal absolu, puisque la bonté fleurit tout autour, ni un bien sans mélange, puisque le mal s'y cache, mais un mélange des deux, tel est le fruit de l'arbre défendu, selon l'Écriture qui n'a d'autre but que de répéter cette vérité que le bien réel est par nature sans composition, que sa forme est simple et qu'il est étranger à toute duplicité et à toute union avec son contraire, tandis que le mal est bigarré et se présente de telle sorte qu'on le tient pour une chose et qu'à l'expérience il se révèle tout autre : sa connaissance, c'est-à-dire la prise de contact avec lui dans l'expérience, est le commencement et le fondement de la mort et de la corruption.




Citation / poème n° 1546 : Saint Grégoire de Nysse, Christianisme
Source : La création de l'homme - chapitre 20, traduction Jean Laplace (Sources chrétiennes 6, 1943, (c) Le Cerf 

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Peut-être la raison en est-elle que le mal ne se présente jamais dans sa nudité, tel qu'il est réellement. Le vice serait sans efficacité, s'il ne se colorait de quelque beauté excitant le désir chez celui qui se laisse tromper. En tout cas, à nous, le mal se présente toujours sous forme de mélange : dans ses profondeurs, il tient la mort comme un piège caché ; mais par une apparence trompeuse, il fait paraître une image du bien : la belle couleur de l'argent semble un bien pour les avares, ce qui n'empêche pas l'avarice d'être la racine de tous les maux. Glisserait-on vers le bourbier infect de la licence, si le plaisir n'était un bien désirable pour celui qui par cet appât se laisse entraîner vers les passions [1] ? Ainsi des autres fautes : leur action corruptrice est cachée. Dès l'abord elles semblent désirables et sont recherchées comme un bien à la suite d'une tromperie par ceux qui n'y regardent pas de près.




Citation / poème n° 1545 : Saint Grégoire de Nysse, Christianisme
Source : La création de l'homme - chapitre 20, traduction Jean Laplace (Sources chrétiennes 6, 1943, (c) Le Cerf 
(1) Le péché représenté comme une erreur, l'image du bourbier pour figurer le vice sont les platoniciens (Phaedr., 246 A).

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Dieu est encore Amour et source d'amour. Jean le Sublime dit que : « L'amour vient de Dieu » et « Dieu est amour » [1]. Le modeleur de notre nature a mis aussi en nous ce caractère : « En ceci, dit-il, en effet, tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres [2]»




Citation / poème n° 1544 : Saint Grégoire de Nysse, Christianisme
Source : La création de l'homme - chapitre 5, traduction Jean Laplace (Sources chrétiennes 6, 1943, (c) Le Cerf 
1. 1 Jn. IV, 7, 8. 2. Jn. XIII, 35.

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Pour la formation de l'homme, au contraire, une délibération précède et, selon la description de l'Écriture, un plan est d'abord établi par le Créateur pour déterminer l'être à venir, sa nature, l'archétype dont il portera la ressemblance, sa fin, son genre d'activité et l'exercice de son pouvoir. […] Il n'y a que pour la création de l'homme que l'auteur de l'univers s'avance avec circonspection : il prépare d'abord la matière dont il le composera, il le conforme à la beauté d'un archétype, puis, selon la fin pour laquelle il le fait, il, lui compose une nature accordée à lui-même et en rapport avec les activités humaines, selon le plan qu'il s'est proposé [1].




Citation / poème n° 1543 : Saint Grégoire de Nysse, Christianisme
Source : La création de l'homme - chapitre 3, traduction Jean Laplace (Sources chrétiennes 6, 1943, (c) Le Cerf 
1. Grégoire ne tarit pas d'éloges quand il décrit la beauté de la nature humaine. Elle est sans prix (XLIV, 665 A), parce qu'elle est image de Dieu. C'est au nom de cette dignité éminente de la personne humaine qu'il condamne l'esclavage (XLIV, 664 B) et qu'il exhorte à soulager les misères (XLVI, 480 D).

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Une fois la nature passée à une condition plus divine, l'homme prend la forme que lui donnent ses traits moraux [1], sans que son essence soit différente de son apparence, mais il est connu tel qu'il est : tempérant, juste, doux, pur, aimant, pieux (cf. 2 Tim. 3,4) ou encore, dans ces vertus, doté de tous les biens, ou paré d'un seul, ou bien de la plupart, ou inférieur en celui-ci, mais supérieur en tel autre. C’est selon les propriétés de ce genre, qui manifestent la supériorité morale ou son contraire, que les individus sont répartis en diverses formes qui les distinguent les uns des autres.




Citation / poème n° 1542 : Saint Grégoire de Nysse, Christianisme
Source : Discours sur les morts, QUATRIEME PARTIE : LA RÉSURRECTION DU CORPS, 65, traduction Guillaume Bady 
[1] Cf. Plotin, Enn. IV 4,5. La forme, ou plutôt l'aspect du corps ressuscité changera : cette fois-ci, Grégoire reprend les arguments origéniens sur l'absence d'identité extérieure du corps, de même que l'idée d'une "forme" constante, principe d'existence et de personnalisation du corps, permettant de le reconnaître malgré les changements dus au temps, à la maladie ou à la résurrection. Après celle-ci néanmoins, cette forme, et c'est là ce par quoi le texte est unique dans l'œuvre du Nyssène comme dans celles de l'ensemble des Pères de l'Église, ne sera plus déterminée par les éléments du corps, mais c'est ceux-ci qui seront déterminés par les qualités morales de l'âme, mauvaises ou bonnes; il ne s'agit pas, bien sûr, de l'information aristotélicienne du corps par l'âme, car l'âme n'est pas ici une pure forme, mais une réalité substantielle indépendante du corps; l'important, c'est que l'apparence corporelle, tout comme un visage expressif, soit entièrement conformée à l'essence spirituelle.

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