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Sainte Thérèse d'Avila



L'eau (de la contemplation) naît de la source même, qui est Dieu. Donc, comme Sa Majesté le veut quand sa volonté est d'accorder une faveur surnaturelle, elle émane avec une quiétude immense et paisible du plus intime de nous-même. Je ne sais où, ni comment il se fait que ce contentement et cette délectation ne se ressentent pas dans le cœur comme les joies d'ici-bas, du moins au début, car ils finissent par tout inonder. Cette eau se répand dans toutes les Demeures et toutes les puissances et atteint enfin le corps. C'est pourquoi j'ai dit qu'elle commence en Dieu et finit en nous, car vraiment, comme le verra quiconque l'éprouvera, l'homme extérieur tout entier jouit de ce plaisir et de cette douceur. Tout en écrivant, je considérais tout à l'heure le verset que j'ai cité : " Tu as dilaté mon cœur " (Ps.118,32). Il ne me semble pourtant pas que cela prenne naissance dans le cœur, mais en un point encore plus intérieur, comme en quelque chose de très profond. Je pense que ce doit être le centre de l'âme, comme je l'ai compris depuis et le dirai pour finir, car vrai, je vois en nous des mystères qui m'émerveillent souvent. Combien doit-il y en avoir d'autres ! Ô mon Seigneur et mon Dieu, que vos grandeurs sont grandes ! Nous nous conduisons ici-bas comme de naïfs petits bergers, nous croyons saisir quelque chose de vous, et ce doit être moins que rien, puisqu'il y a déjà en nous-même de grands mystères que nous ne comprenons pas.

Citation n° 1225: Sainte Thérèse d'Avila, (Ávila, 1515 — Alba de Tormes, 1582) Christianisme, Catholicisme, Le château intérieur, quatrièmes Demeures, chapitre II,4-5




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