The Kitáb-i-Aqdas / Le Très-saint-livre
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191 Verses | Page 2 / 4
(Version éditions bahá’íes)



1. 50  
Veillez à ce que les voiles de gloire ne vous empêchent de prendre votre part des eaux cristallines de cette Fontaine vivante. En cet instant de l’aube, saisissez le calice du salut au nom de celui qui fait se lever le jour, et buvez votre content en louant celui qui est le Très-Glorieux, l’Incomparable.
1. 51  
Nous rendons licite l’écoute de la musique et du chant. Prenez garde, cependant, que cette écoute ne vous fasse dépasser les limites de la convenance et de la dignité. Que votre joie soit cette joie née de mon Plus-Grand-Nom, un nom qui ravit le coeur et remplit d’extase l’esprit de tous ceux qui se sont approchés de Dieu. En vérité, nous avons fait de la musique une échelle pour votre âme, l’instrument pour l’élever jusqu’au royaume d’en haut. N’en faites pas des ailes pour l’égoïsme et la passion. Vraiment, nous répugnons à vous voir comptés au nombre des sots.
1. 52  
Nous décrétons qu’un tiers de toutes les amendes iront au Siège de justice, et nous exhortons ses hommes d’appliquer une pure justice, afin de dépenser ce qui est ainsi accumulé pour les desseins qui leur sont prescrits par celui qui est l’Omniscient, le Très-Sage. Ô vous hommes de justice ! soyez, dans le royaume de Dieu, des bergers pour ses brebis et, comme vous le feriez pour vos propres fils, gardez les des loups féroces dissimulés sous un déguisement. Ainsi vous exhorte le Conseiller, le Loyal.
1. 53  
Si des différends s’élevaient parmi vous, quel qu’en soit le sujet, soumettez-les à Dieu tant que le Soleil brille au-dessus de l’horizon de ce ciel et, lorsqu’il sera couché, référez-vous à ce qu’il a révélé. En vérité, cela suffit aux peuples du monde. Dis : Ô peuple, quand vous sera retirée la gloire de ma présence, quand cessera de s’agiter l’océan de ma parole, que votre coeur ne se trouble point. En ma présence parmi vous il est une sagesse et il en est une autre en mon absence, impénétrables à tout autre qu’à Dieu, l’Incomparable, l’Omniscient. En vérité, nous vous voyons depuis notre royaume de gloire et celui qui se lèvera pour faire triompher notre cause nous l’assisterons des armées de l’Assemblée céleste et d’une milice choisie de nos anges.
1. 54  
Ô peuples de la terre ! Dieu, l’éternelle Vérité, m’est témoin qu’une eau fraîche jaillit du rocher et s’épanche à travers la tendresse des paroles de votre Seigneur, l’Indépendant, et cependant vous restez endormis ! Jetez ce que vous possédez, et sur les ailes du détachement, élancez-vous au-delà de toutes choses créées. Ainsi vous l’ordonne le Seigneur de la création qui, par le mouvement de sa plume, révolutionne l’âme des hommes.
1. 55  
Soupçonnez-vous les hauteurs d’où votre Seigneur, le Très-Glorieux, vous appelle ? Pensez-vous avoir reconnu la plume avec laquelle votre Seigneur, le Seigneur de tous les noms, vous donne ses ordres ? Non, par ma vie ! si vous le saviez, vous renonceriez au monde et vous vous hâteriez de tout votre coeur d’accéder à la présence du Bien-Aimé. Votre esprit serait saisi d’un tel transport par sa parole que le monde d’en haut en serait ébranlé et combien plus votre misérable petit monde ! Ainsi, du ciel de ma tendre bonté, les pluies de mes bienfaits se déversent en gage de ma générosité, afin que vous soyez de ceux qui rendent grâce.
1. 56  
Les peines encourues pour avoir frappé ou blessé quelqu’un, dépendent de la gravité de la blessure ; pour chaque degré, le Seigneur du jugement a prescrit une certaine indemnité. Il est, en vérité, Celui qui ordonne, le Puissant, le Suprême. Si telle est notre volonté, nous indiquerons le juste degré de ces paiements. C’est une promesse de notre part et, en vérité, il tient ses promesses, lui qui sait tout.
1. 57  
En vérité, nous vous enjoignons d’offrir une fête une fois par mois, même en ne servant que de l’eau, car Dieu a voulu unir les coeurs tant par des moyens terrestres que célestes.
1. 58  
Prenez garde que les désirs charnels et les inclinations corrompues ne créent la discorde entre vous. Soyez comme les doigts d’une main, comme les membres d’un même corps. Ainsi vous conseille la Plume de la révélation, si vous êtes de ceux qui croient.
1. 59  
Considérez la miséricorde de Dieu et ses dons. Il ne vous prescrit que ce qui vous est profitable, car lui, il peut bien se passer de toutes ses créatures. Vos mauvaises actions ne peuvent pas plus nous nuire que ne peuvent nous profiter vos bonnes oeuvres. Et c’est uniquement pour l’amour de Dieu que nous vous adjurons de la sorte. De cela tout homme éclairé portera témoignage.
1. 60  
Si vous devez chasser à l’aide d’animaux ou d’oiseaux de proie, invoquez le nom de Dieu lorsque vous les lancez à la poursuite de leur proie. Ainsi, toute capture vous sera licite, quand bien même la proie serait morte entre-temps. Il est, en vérité, l’Omniscient, l’Informé. Pourtant, prenez garde de chasser à l’excès. Suivez en toute chose la voie de la justice et de l’équité. Ainsi vous commande celui qui est l’Orient de la révélation, si vous pouviez le comprendre.
1. 61  
Dieu vous commande de montrer de la bienveillance envers ma parenté, mais il ne lui donne aucun droit sur la propriété d’autrui. Il est, en vérité, celui qui se suffit à lui-même, au-dessus de tous les besoins de ses créatures.
1. 62  
Si quelqu’un détruit intentionnellement une maison par le feu, qu’il soit lui-même brûlé ! Si quelqu’un ôte délibérément la vie à un autre, qu’il soit lui-même mis à mort ! Attachez-vous de toute votre force et de tout votre pouvoir aux préceptes de Dieu, et abandonnez les voies de l’ignorant. Si vous condamnez l’incendiaire et le meurtrier à un emprisonnement à vie, les dispositions du Livre le permettent. Il a, en vérité, le pouvoir d’ordonner tout ce qui lui plaît.
1. 63  
Dieu vous prescrit le mariage. Prenez garde à ne pas prendre plus de deux épouses. Si un homme se contente d’une seule femme parmi les servantes de Dieu, lui et sa compagne vivront dans la tranquillité. Et celui qui prend une jeune fille à son service peut le faire sans manquer aux convenances. Tel est le commandement qui, avec justice et vérité, est consigné par la Plume de la révélation. Unissez-vous par les liens du mariage, ô peuple, afin de donner naissance à qui me mentionnera parmi mes serviteurs. Ceci est mon commandement à votre intention ; suivez-le, c’est une aide pour vous.
1. 64  
Ô peuple du monde ! ne suivez point les incitations de votre ego qui vous invite avec insistance à la méchanceté et à la convoitise. Suivez plutôt celui qui possède toutes choses créées, qui vous ordonne de faire preuve de piété et de manifester la crainte de Dieu. Il est, en vérité, indépendant de toutes ses créatures. Veillez à ne point fomenter la discorde dans un pays où l’ordre a été établi. Quiconque agit ainsi n’est pas de nous, et nous le rejetons. Tel est le commandement qui, par le pouvoir de la vérité, est manifesté du ciel de la révélation.
1. 65  
Il est ordonné dans le Bayán que le mariage dépende du consentement des deux parties. Désirant établir l’amour, l’unité et l’harmonie parmi nos serviteurs, nous l’avons conditionné, une fois connu le souhait du couple, à la permission de leurs parents, de peur que ne s’élèvent entre eux l’inimitié et la rancoeur. Et, dans ceci, nous avons encore d’autres desseins. Ainsi le prescrit notre commandement.
1. 66  
On ne peut contracter mariage sans le paiement d’une dot qui est fixée à dix-neuf mithqál d’or pur pour les citadins, et d’argent pour les villageois. Il est interdit à celui qui souhaiterait augmenter cette somme de dépasser la limite de quatre-vingt-quinze mithqál. Ce commandement est consigné avec majesté et puissance. Cependant, s’il s’en tient au montant le moins élevé selon le Livre, ce sera mieux pour lui. En vérité, Dieu enrichit qui il veut à la fois par des moyens célestes et des moyens terrestres, et il a vraiment le pouvoir sur toutes choses.
1. 67  
Dieu décrète que, si l’un de ses serviteurs a l’intention de voyager, il doit fixer pour son épouse un temps pour son retour au foyer. S’il revient dans le temps promis, il aura obéi à l’ordre de son Seigneur et sera compté par la Plume de son commandement parmi les justes ; autrement, s’il a de bonnes raisons d’être en retard, il doit en informer sa femme et faire l’impossible pour revenir auprès d’elle. Si aucune de ces deux conditions n’est remplie, elle doit attendre neuf mois, après quoi, rien ne l’empêche de prendre un autre mari ; mais si elle attend plus longtemps, Dieu, en vérité, aime ces femmes et ces hommes qui font preuve de patience. Obéissez à mes ordres et ne suivez point les impies, ceux qui sont au nombre des pécheurs dans la sainte Tablette de Dieu. Si pendant sa période d’attente, elle recevait des nouvelles de son mari, elle devrait choisir la voie la plus louable. Vraiment, il désire que ses serviteurs et ses servantes vivent en paix les uns avec les autres ; prenez garde de ne rien faire qui engendre l’intransigeance entre vous. Ainsi est fixé le décret et accomplie la promesse. Cependant, si elle apprend le décès ou le meurtre de son mari, et que cette nouvelle est de notoriété publique ou confirmée par deux témoins dignes de foi, il convient qu’elle reste seule ; puis, à l’expiration du nombre de mois fixé, elle est libre d’adopter la voie de son choix. Tel est l’ordre de celui qui est puissant et fort dans son commandement.
1. 68  
Si ressentiment ou aversion naissait entre un mari et sa femme, il ne pourrait pas divorcer, mais devrait faire preuve de patience pendant une année entière dans l’espoir que le parfum de l’affection se renouvelle entre eux. Si, à la fin de cette période, leur amour n’est pas revenu le divorce peut avoir lieu. En vérité, la sagesse de Dieu embrasse toutes choses. Dans une épître écrite par la Plume de son commandement, le Seigneur a interdit la pratique à laquelle vous aviez précédemment recours lorsque vous divorciez trois fois d’une femme. C’est une faveur de sa part, afin que vous soyez comptés parmi ceux qui sont reconnaissants. Celui qui a divorcé de sa femme peut, chaque mois révolu, choisir de l’épouser à nouveau s’il y a affection mutuelle et consentement, à moins qu’elle ait pris un autre mari. Dans le cas où elle serait remariée, cette autre union confirmerait leur séparation, et l’affaire serait terminée sauf évidemment si les circonstances changeaient pour elle. Ainsi le décret est-il inscrit avec majesté dans cette glorieuse Tablette par celui qui est l’Orient de la beauté.
1. 69  
Si la femme accompagne son mari en voyage, et qu’en chemin des désaccords s’élèvent entre eux, il devra pourvoir à ses dépenses d’une année entière et la renvoyer d’où elle est venue, ou la confier, pourvue du nécessaire au voyage, à une personne sûre pour la raccompagner chez elle. En vérité, ton Seigneur ordonne ce qui lui plaît, en vertu d’une souveraineté qui protège les peuples de la terre.
1. 70  
Si l’on divorce d’une femme qui a commis un acte d’infidélité prouvé, elle ne recevra aucune pension alimentaire pendant sa période d’attente. Ainsi brille au firmament de la justice le soleil de notre commandement. En vérité, le Seigneur aime l’union et l’harmonie ; il abhorre la séparation et le divorce. Ô gens, vivez l’un avec l’autre dans une joie radieuse. Par ma vie ! tout sur terre passera, seules dureront les bonnes actions ; Dieu lui-même témoigne de la véracité de mes paroles. Réglez vos différends, ô mes serviteurs ; puis suivez les conseils de notre plume de gloire, et ne suivez pas l’arrogant ou l’entêté.
1. 71  
Prenez garde que le monde ne vous séduise comme il séduisit les gens avant vous ! Suivez les lois et les préceptes de votre Seigneur et marchez dans ce chemin qui fut tracé devant vous dans la droiture et la vérité. Ceux qui évitent l’iniquité et l’erreur, qui sont fidèles à la vertu, sont aux yeux du seul vrai Dieu parmi ses créatures favorites. Leurs noms sont célébrés par l’Assemblée des royaumes d’en haut et par ceux qui vivent dans ce Tabernacle élevé au nom de Dieu.
1. 72  
Il vous est interdit de faire commerce d’esclaves, hommes ou femmes. Il n’appartient pas à celui qui est lui-même un serviteur d’acheter un autre serviteur de Dieu, et cela est prohibé dans sa sainte Tablette. Ainsi, dans sa miséricorde, le commandement est-il consigné par la Plume de justice. Qu’aucun homme ne se place au-dessus d’un autre ; tous ne sont que des esclaves devant le Seigneur et tous illustrent la vérité qu’il n’est pas d’autre Dieu que lui. Il est, en vérité, le Très-Sage, dont la sagesse embrasse toutes choses.
1. 73  
Ornez-vous de la parure des bonnes actions. Est assurément du peuple de Bahá, celui dont les actions rencontrent le bon plaisir de Dieu et il est mentionné devant son trône. Aidez le Seigneur de toute la création par des actes vertueux, par la sagesse et la parole aussi. C’est en effet ce que vous a ordonné, dans la plupart de ses épîtres, celui qui est le Très-Miséricordieux. Il sait, en vérité, ce que je dis. Que personne ne se dispute avec un autre et que personne ne mette un autre à mort ; voilà en vérité ce qui vous est interdit dans un Livre caché dans le Tabernacle de gloire. Quoi ! Tueriez-vous celui que Dieu anima et que, d’un souffle, il dota de l’esprit ? Grave serait alors votre offense devant son trône ! Craignez Dieu et ne levez pas la main de l’injustice et de l’oppression pour détruire ce qu’il a lui-même créé ; au contraire, marchez dans le chemin de Dieu, le Vrai. Les armées du vrai savoir étaient à peine apparues, levant haut les étendards de la parole divine, que les peuples des religions furent mis en déroute, à l’exception de ceux qui voulurent boire à la source de la vie éternelle dans un paradis créé par le souffle du Très-Glorieux.
1. 74  
En témoignage de sa miséricorde envers ses créatures, Dieu décrète que le sperme n’est pas impur. Rendez grâce à Dieu avec une joie radieuse, et ne suivez pas ceux qui sont éloignés de l’Orient de sa proximité. En toutes circonstances, levez-vous pour rendre service à la Cause, car Dieu vous soutiendra assurément par la puissance de sa souveraineté qui protège tous les mondes. Tenez-vous fermement à la corde du raffinement avec une ténacité telle qu’aucune trace de souillure ne se voie sur vos vêtements. Telle est l’injonction de celui qui transcende tout raffinement. Qui a de bonnes raisons de manquer à cette règle ne sera pas blâmé. Dieu est, en vérité, Celui qui pardonne, le Miséricordieux. À l’aide d’une eau n’ayant subi d’altération dans aucun des trois aspects, lavez tout ce qui est souillé ; prenez garde de ne pas user d’eau altérée par son exposition à l’air ou à d’autres agents. Soyez l’essence même de la propreté parmi les hommes. C’est vraiment ce que désire pour vous votre Seigneur, l’Incomparable, le Très-Sage.
1. 75  
De même Dieu, en signe de la grâce émanant de sa présence, abolit le concept d’« impureté », par lequel certaines choses et certaines personnes étaient tenues pour impures. Il est assurément Celui qui toujours pardonne, le Très-Généreux. En vérité, toutes les choses créées furent immergées dans la mer de la purification lorsque, en ce premier jour du Ridván, nous avons répandu sur la création entière les splendeurs de nos noms les plus excellents et de nos attributs les plus exaltés. C’est, en vérité, un témoignage de mon affectueuse providence qui embrasse tous les mondes. Dès lors, fréquentez les disciples de toutes les religions et proclamez la cause de votre Seigneur, le Très-Compatissant ; cet acte est la couronne même de tous les actes, si vous êtes de ceux qui comprennent.
1. 76  
Dieu vous enjoint d’observer la plus grande propreté, jusqu’à laver ce que la poussière a sali, sans parler de boue durcie et autres saletés. Craignez-le et soyez de ceux qui sont purs. Que le vêtement de quelqu’un soit visiblement souillé, ses prières ne monteront point vers Dieu, et l’Assemblée céleste se détournera de lui. Utilisez l’eau de rose et des parfums purs ; en vérité, c’est ce que Dieu aime depuis le commencement qui n’a pas de commencement afin que de vous s’exhale ce que désire votre Seigneur, l’Incomparable, le Très-Sage.
1. 77  
Dieu vous relève de l’ordonnance qui fut révélée dans le Bayán quant à la destruction des livres. Nous vous permettons d’étudier les sciences qui vous sont profitables, et non celles qui finissent en vaines discussions ; voilà ce qui est mieux pour vous, si vous êtes de ceux qui comprennent.
1. 78  
Ô rois de la terre ! celui qui est le souverain Seigneur de tous est venu. Le royaume est à Dieu, le Protecteur omnipotent, l’Absolu. N’adorez que Dieu et, d’un coeur radieux, tournez votre visage vers votre Seigneur, le Seigneur de tous les noms. Rien de ce que vous possédez ne pourra jamais se comparer à cette révélation, puissiez-vous le savoir.
1. 79  
Nous vous voyons vous réjouir de ce que vous avez amassé pour d’autres et vous exclure des mondes que seule ma Tablette préservée peut dénombrer. Les trésors que vous entassez vous entraînent fort loin de votre objectif ultime. Cela ne vous convient pas, puissiez-vous le comprendre. Purifiez vos coeurs de toute souillure terrestre et hâtez-vous d’entrer dans le royaume de votre Seigneur, le créateur de la terre et du ciel, qui fait trembler le monde et gémir tous ses peuples, à l’exception de ceux qui renoncent à toutes choses et s’attachent à ce qu’ordonne la Tablette cachée.
1. 80  
Voici le jour où celui qui conversait avec Dieu parvient à la lumière de l’Ancien des jours, et boit à longs traits les eaux pures de la réunion dans cette Coupe qui fait s’enfler les mers. Dis : Par le seul vrai Dieu ! le Sinaï gravite autour de l’Aurore de la révélation, pendant que des hauteurs du royaume se fait entendre la voix de l’Esprit de Dieu qui proclame : « Levez-vous, ô superbes de la terre, et hâtez-vous vers lui ! » En ce jour, le Carmel dans l’ardeur de son adoration s’empresse de rejoindre sa cour, tandis que du coeur de Sion jaillit ce cri : « La promesse est accomplie ! Ce qui avait été annoncé dans les saintes Écritures de Dieu, le Suprême, le Tout-Puissant, le Bien-Aimé, est rendu manifeste. »
1. 81  
Ô rois de la terre ! en cet endroit d’une transcendante splendeur, est révélée la Très-Grande-Loi. Toute chose cachée est mise en lumière par la volonté de l’Ordonnateur suprême, celui qui annonce la dernière heure, par qui la lune est fendue et tout irrévocable décret exposé.
1. 82  
Vous n’êtes que des vassaux, ô rois de la terre ! Le Roi des rois est apparu revêtu de sa gloire la plus merveilleuse, il vous appelle à lui, le Secours, l’Absolu. Prenez garde que l’orgueil ne vous empêche de reconnaître la Source de la révélation et que les choses de ce monde ne vous voilent celui qui est le Créateur du ciel. Levez-vous et servez celui qui est le Désir de toutes les nations, celui qui vous a créés d’un mot et vous a désignés pour être en tout temps les emblèmes de sa souveraineté.
1. 83  
Par la justice de Dieu ! nous n’avons pas l’intention de mettre la main sur vos royaumes. Nous avons pour mission de conquérir le coeur des hommes. Sur eux est fixé le regard de Bahá. De ceci, le Royaume des noms porte témoignage, puissiez-vous le comprendre. Qui suit son Seigneur renoncera au monde et à tout ce qu’il contient ; et bien plus grand encore doit être le détachement de celui qui occupe un rang si majestueux ! Abandonnez vos palais et hâtez-vous d’obtenir l’accès à son royaume. Ceci, en vérité, vous sera profitable à la fois dans ce monde et dans l’autre. Le Seigneur du royaume des cieux en témoigne, si seulement vous pouviez le savoir.
1. 84  
Grande est la félicité réservée au roi qui se lèvera pour servir ma cause en mon royaume et se détachera de tout autre que moi ! Un tel roi sera compté parmi les compagnons de cette arche vermeille, l’arche que Dieu a préparée pour le peuple de Bahá. Tous doivent glorifier son Nom, vénérer son rang et l’aider à ouvrir les portes des cités avec les clés de mon nom, l’omnipotent Protecteur de tous les habitants des royaumes visibles et invisibles. Un tel roi est comme la prunelle de l’humanité, la parure lumineuse ornant le front de la création, la source des bénédictions pour le monde entier. Ô peuple de Bahá, faites l’offrande de vos biens, que dis-je ! de vos vies mêmes, pour le soutenir.
1. 85  
Ô empereur d’Autriche ! celui qui est l’Aurore de la lumière de Dieu se trouvait dans la prison d’Acre lorsque tu te mis en route pour visiter la mosquée El-Aqsá. Tu passas près de lui sans t’enquérir de celui qui exalte toute demeure et ouvre toute porte majestueuse. En vérité, nous en avons fait un lieu vers lequel le monde devrait se tourner afin de pouvoir se souvenir de moi. Et, pourtant, tu repoussas celui qui est l’objet de ce souvenir quand il parut avec le royaume de Dieu, ton Seigneur et le Seigneur des mondes. Nous avons été avec toi à tout instant et nous t’avons vu accroché à la branche mais peu soucieux de la racine. Ton Seigneur est vraiment témoin de ce que je dis. Nous avons été peiné de te voir tourner autour de notre nom tout en ignorant notre présence, et pourtant nous étions devant toi. Ouvre les yeux afin de contempler cette glorieuse vision, de reconnaître celui que tu invoques jour et nuit et de fixer ton regard sur la lumière qui brille au-dessus de cet horizon resplendissant.
1. 86  
Dis : Ô roi de Berlin ! prête l’oreille à la voix qui, de ce Temple manifeste, proclame : « En vérité, il n’est d’autre Dieu que moi, l’Éternel, l’Incomparable, l’Ancien des jours. » Prends garde que l’orgueil ne te prive de reconnaître l’Aube de la révélation divine et que les désirs terrestres ne te séparent, comme par un voile, du Seigneur du trône du ciel et de la terre. Ainsi te conseille la Plume du TrèsHaut. Il est, en vérité, le Très-Miséricordieux, le Très-Généreux. Te souviens-tu de celui [nota : Napoléon III] dont la puissance dépassait ta puissance et dont le rang surpassait ton rang ? Où est-il ? Que sont devenus ses biens ? Tiens compte de cet avertissement et ne sois pas de ceux qui sont profondément endormis. C’est lui qui rejeta l’Épître de Dieu lorsque nous lui fîmes savoir ce que les armées de la tyrannie nous avaient fait subir. Alors la disgrâce le frappa de toutes parts et il s’écroula dans la poussière, après avoir tout perdu. Ô roi, pense sérieusement à lui et à ceux qui, comme toi, ont conquis des villes et régné sur les hommes. De leurs palais, le Très-Miséricordieux les fit descendre dans leur tombe. Sois averti, sois de ceux qui réfléchissent.
1. 87  
Nous n’attendons rien de vous. En vérité, c’est pour l’amour de Dieu que nous vous exhortons et nous serons patients comme nous l’avons été dans tout ce que nous avons enduré entre vos mains, ô assemblée de rois !
1. 88  
Ô dirigeants de l’Amérique et présidents de ses républiques ! écoutez ce que chante la Colombe sur la branche d’éternité : « Il n’est d’autre Dieu que moi, l’Immuable, le Clément, le Très-Généreux. » Parez de la justice et de la crainte de Dieu le temple de l’autorité et couronnez son dôme du souvenir de votre Seigneur, le Créateur des cieux. C’est ce que vous conseille celui qui est l’Aurore des noms, selon l’ordre donné par l’Omniscient, le Très-Sage. Le Promis est apparu dans ce rang glorieux, et toutes les créatures visibles et invisibles s’en réjouissent. Profitez du Jour de Dieu. En vérité, la rencontre du Promis vaut mieux pour vous que tout ce qu’éclaire le soleil, si seulement vous le saviez. Ô assemblée de dirigeants ! prêtez l’oreille à ce que fait entendre la Source de grandeur : « En vérité, il n’est pas d’autre Dieu que moi, le Seigneur de la parole, l’Omniscient. » Des mains de la justice soignez les êtres brisés, et du sceptre des commandements de votre Seigneur, l’Ordonnateur, le Très-Sage, écrasez l’oppresseur prospère.
1. 89  
Las ! ô peuple de Constantinople, nous entendons parmi vous le hululement funeste du hibou. L’ivresse de la passion vous a-t-elle saisis ou êtes-vous plongés dans l’insouciance ? Ô ville située sur les rivages des deux mers ! sur toi, en vérité, fut établi le trône de la tyrannie et en ton sein fut allumée la flamme de la haine au point que l’Assemblée céleste et ceux qui gravitent autour du trône suprême gémissent et se lamentent. En toi nous voyons l’insensé régner sur le sage et l’obscurité se glorifier devant la lumière. Tu es remplie d’un orgueil manifeste. Ton apparente splendeur t’aurait-elle rendue vaine ? Elle périra bientôt, par celui qui est le Seigneur de l’humanité, et tes filles et tes veuves et toutes les familles qui habitent en tes murs se lamenteront. Ainsi t’en informe l’Omniscient, le Très-Sage.
1. 90  
Ô rives du Rhin ! Nous vous avons vues couvertes de sang, car les épées du châtiment ont été tirées contre vous. Et cela se reproduira. Et nous entendons les lamentations de Berlin, bien qu’aujourd’hui sa gloire soit évidente.
1. 91  
Que rien ne t’attriste, ô terre de Ṭá [nota : Téhéran], car Dieu t’a choisie pour être la source de joie de toute l’humanité. Si telle est sa volonté, il bénira ton trône en la personne de celui qui gouvernera avec justice et rassemblera le troupeau de Dieu dispersé par les loups. Un tel souverain se tournera dans la joie et l’allégresse vers le peuple de Bahá, et il étendra sur lui ses faveurs. En vérité, il est, aux yeux de Dieu, comme un joyau parmi les hommes. Sur lui reposent à jamais la gloire de Dieu et la gloire de tous ceux qui demeurent dans le royaume de sa révélation.
1. 92  
Que la joie t’inonde car Dieu, en faisant naître en tes murs la Manifestation de sa gloire, a fait de toi « l’aube de sa lumière ». Sois heureuse de ce nom qui t’est conféré, un nom par lequel le Soleil de grâce répand sa splendeur, par lequel la terre et le ciel sont illuminés.
1. 93  
Avant longtemps, l’état de tes affaires changera et les rênes du pouvoir passeront aux mains du peuple. En vérité, ton Seigneur est l’Omniscient. Son autorité embrasse toutes choses. Sois assurée de la bienveillante faveur de ton Seigneur. L’oeil de sa tendre bonté est, pour l’éternité, fixé sur toi. Le jour approche où ton agitation se transformera en paix et en tranquillité. Ainsi en est-il décrété dans le Livre merveilleux.
1. 94  
Ô terre de Khá ! [nota : Khurásán] nous entendons s’élever de chez toi la voix des héros qui glorifient ton Seigneur, Celui qui possède tout, le Suprême. Béni est le jour où les étendards des noms divins seront dressés en mon nom, le Très-Glorieux, dans le royaume de la création. Ce jour-là, les fidèles se réjouiront de la victoire de Dieu et les incroyants se lamenteront.
1. 95  
Que nul ne lutte contre ceux qui détiennent l’autorité sur le peuple. Laissez-leur ce qui leur appartient et dirigez votre attention vers le coeur des hommes.
1. 96  
Ô très puissant Océan ! répands sur les nations ce dont t’a chargé celui qui est le Souverain de l’éternité, et orne les temples de tous les habitants de la terre du vêtement de ses lois qui réjouiront tous les coeurs et feront briller tous les regards.
1. 97  
Si quelqu’un acquiert cent mithqál d’or, dix-neuf appartiennent à Dieu et doivent lui être remis, à lui le Façonneur de la terre et du ciel. Ô peuple ! veillez à ne pas vous priver d’une si grande bonté. Nous vous l’ordonnons bien que nous soyons tout à fait capable de nous passer de vous et de tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre ; en cela il y a des bienfaits et une sagesse qui dépassent l’intelligence de tous sauf de Dieu, le Très-Informé, l’Omniscient. Dites : Par ce moyen, il désire purifier ce que vous possédez et vous rendre capables de vous approcher de ces rangs que nul ne peut comprendre sauf ceux que Dieu a choisis. Il est, en vérité, le Bienfaisant, le Clément, le Généreux. Ô peuple ! ne traitez pas le droit de Dieu déloyalement, et n’en disposez pas sans sa permission. Ainsi fut établi son commandement dans les saintes Tablettes et dans ce Livre exalté. Celui qui agit déloyalement envers Dieu connaîtra, en toute justice, lui aussi la déloyauté ; mais celui qui agit en accord avec les ordres de Dieu recevra une bénédiction du ciel de la générosité de son Seigneur, le Clément, Celui qui donne, le Généreux, l’Ancien des jours. En vérité, il veut pour vous ce qui est encore au-delà de votre entendement, mais que vous connaîtrez lorsque, après cette vie fugitive, vos âmes prendront leur essor vers le ciel et que les atours de vos joies terrestres seront repliés. Ainsi vous avertit celui qui possède la Tablette préservée.
1. 98  
De nombreuses requêtes de croyants relatives aux lois de Dieu, le Seigneur du visible et de l’invisible, le Seigneur de tous les mondes, sont parvenues jusqu’à notre trône. En conséquence, nous avons révélé cette sainte Tablette et l’avons revêtue du manteau de sa loi dans l’espoir que le peuple observe les commandements de son Seigneur. Nous avons reçu de telles demandes depuis plusieurs années déjà, mais dans notre sagesse, nous avons retenu notre plume jusqu’à ce que, récemment, des lettres nous parviennent d’un certain nombre d’amis. Nous y répondons par le pouvoir de la vérité et avec ce qui ranimera le coeur des hommes.
1. 99  
Dis : Ô chefs religieux, ne pesez pas le Livre de Dieu selon les normes et les connaissances qui ont cours parmi vous, car le Livre est lui-même la balance infaillible établie parmi les hommes. Cette balance parfaite doit peser ce que possèdent tous les peuples et les gens de la terre, tandis que son poids devrait être jaugé d’après son propre étalon, puissiez-vous le savoir.


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