Asclepius
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Version Louis Ménard
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3. 1  
C'est donc, ô Asclèpios, une grande merveille que l'homme, un animal digne de respect et d'adoration. Car il passe dans la nature divine comme si lui-même était Dieu, il connaît la race des démons, et, sachant qu'il se rattache à la même origine, il méprise la partie humaine de son être pour ne s'attacher qu'à l'élément divin. Que la nature humaine est heureusement constituée et voisine des Dieux! En s'unissant au divin, l'homme dédaigne ce qu'il y a en lui de terrestre, il se rattache par un lien de charité à tous les autres êtres, et par là il se sent nécessaire à l'ordre universel. Il contemple le ciel, et dans cet heureux milieu où il est placé il aime ce qui est au-dessous de lui, il est aimé de ce qui est au-dessus. Il cultive la terre, il emprunte la rapidité des éléments ; sa pensée pénétrante descend dans les profondeurs de la mer. Tout est clair pour lui; le ciel ne lui semble plus trop haut, car la science l’en rapproche ; la lucidité de son esprit n'est pas offusquée par les épais brouillards de l'air, la pesanteur de la terre n'est pas un obstacle à son travail, la hauteur des eaux profondes ne trouble pas sa vue; il embrasse tout et reste partout le même.

3. 2  
Tous les êtres appartenant à la classe animée ont des (membres qui sont comme des) racines allant de haut en bas; chez les êtres inanimés au contraire, une seule racine allant de bas en haut supporte toute une forêt de branches. Certains êtres se nourrissent de deux éléments, d'autres d'un seul. Il y a deux sortes d'aliments pour les deux parties de l'animal, pour l'âme et pour le corps. L'âme du monde se nourrit par une agitation perpétuelle. Les corps se développent au moyen de l'eau et de la terre, aliments du monde inférieur. Le souffle qui remplit tout, se mêle à tout et vivifie tout, ajoute le sentiment à l'intelligence que, par un privilège unique, l'homme emprunte au cinquième élément, à l'éther. Dans l'homme le sentiment est élevé jusqu'à la connaissance de l'ordre divin.

3. 3  
Puisque je suis amené à parler du sentiment, je vous en exposerai tout à l'heure la fonction, grande et sainte comme dans la divinité elle-même. Mais terminons d'abord l'explication commencée. Je parlais de cette union avec les Dieux, privilège qu'ils n'ont accordé qu'à l'humanité. Quelques hommes seulement ont le bonheur de s'élever jusqu'à cette perception du divin qui n'existe qu'en Dieu et dans l'intelligence humaine.

3. 4  
ASCLÈPIOS : Les hommes ne sentent donc pas tous de la même manière, ô Trismégiste?

3. 5  
HERMÈS : Tous n'ont pas, ô Asclèpios, la vraie intelligence. Ils sont trompés lorsqu'ils se laissent entraîner à la suite de l'image sans chercher la véritable raison des choses. C'est ainsi que le mal se produit dans l'homme et que le premier de tous les êtres descend presque à la condition des brutes. Mais je vous parlerai du sentiment et de tout ce qui s'y rattache quand je m'expliquerai sur l'esprit. Car l'homme seul est un animal double. L'une des deux parties qui le composent est simple et, comme disent les Grecs, essentielle, c'est-à-dire formée à la ressemblance divine. La partie que les Grecs appellent cosmique, c'est-à-dire appartenant au monde, est quadruple et constitue le corps, qui, dans l'homme, sert d'enveloppe à l'élément divin. Cet élément divin et ce qui s'y rattache, les sens de l’intelligence pure, s'abritent derrière le rempart du corps.  



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Chapitre 3

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