The Chönyid Bardo [LE BARDO DE L'EXPERIENCE DE LA REALITE ]
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(Version Marguerite La Fuente)


1  
[...] Treizième jour [...]

2  
[...] Si cette confrontation n'est pas obtenue, même des personnes qui sont déjà sur le Sentier (226) tomberont ici et erreront dans le Sangsāra. Alors les huit êtres irrités, les Kerimas et les Htamenmas, ayant diverses têtes (d'animaux) sortant du propre cerveau du mort viennent briller. La confrontation se fait en appelant celui-ci par son nom ainsi : [...]

3  
[...] "Ô fils noble, écoute sans distractions. Au treizième jour, du quartier Est de ton cerveau émaneront les huit Kerimas qui viendront briller sur toi. Ne crains pas cela. [...]

4  
[...] De l'Est de ton cerveau, la Kerima Blanche (227), tenant un corps humain comme une massue de la main droite, et de la main gauche un scalp rempli de sang, viendra briller sur toi. Ne crains pas. [...]

5  
[...] Du Sud, la Tseurima Jaune (228), tenant un arc tendu et une flèche prête à tirer ; de l'Ouest, la Pramoha Rouge (229) tenant un makara (230) ; du Nord, la Petali Noire tenant un dorje et un scalp rempli de sang ; du Sud-Est, la Pukkase Rouge tenant des intestins dans la main droite et les portant à sa bouche de la main gauche ; du Sud-Ouest, la Ghasmari VertFoncé, la main gauche tenant un scalp rempli de sang qu'elle remue de la main droite avec un dorje, et buvant ce sang avec un plaisir majestueux ; du Nord-Ouest, la Tsandhalī Blanc-Jaune (231) arrachant la tête d'un corps, la main droite tenant le cœur, la gauche portant à sa bouche le corps qu'elle dévore ; du Nord-Est, la Smasha Bleu-Foncé (232) arrachant la tête d'un corps et la mangeant : toutes celles-ci qui sont les huit Kerimas des Demeures (ou huit Directions) viennent aussi pour briller sur toi en entourant les cinq Pères Buveurs de sang. Pourtant, ne sois pas effrayé. [...]

6  
[...] Ô fils noble, d'un cercle les entourant extérieurement, les huit Htamenmas des (8) régions (du cerveau) viendront briller sur toi : de l'Est, la Brun-Foncé à la tête de lion, les mains croisées sur la poitrine, tenant un corps dans sa bouche et secouant sa crinière ; du Sud, la Rouge à la tête de tigre, les mains croisées vers la terre, découvrant ses crocs dans un rictus et regardant avec des yeux exhorbités ; de l'Ouest, la Noire à la tête de renard, tenant un rasoir de la main droite et de la main gauche des intestins qu'elle mange et dont elle lèche le sang ; du Nord, la Bleu-Foncé à la tête de loup, déchirant un corps de ses deux mains et regardant avec des yeux exhorbités ; du Sud-Est, la Blanche-Jaunâtre à la tête de vautour, portant sur l'épaule un corps géant (d'aspect humain) et tenant un squelette dans la main ; du SudOuest, la Rouge-Foncé à la tête d'oiseau des cimetières, portant un corps géant sur l'épaule ; du Nord-Ouest, la Noire à tête de corbeau, tenant un scalp de la main gauche, une épée de la main droite, mangeant des cœurs et des poumons ; du Nord-Est, la BleuFoncé à tête de hibou, tenant un dorje de la main droite, une épée de la main gauche et mangeant. Ces huit Htamenmas des 8 régions entourant ainsi les Pères Buveurs de sang et sortant de ton cerveau viendront briller sur toi. Ne crains pas cela. Sache les connaître comme les formes pensées de tes propres facultés intellectuelles." [...]

7  
[...] Notes [...]

(226) Ceux qui sont en train de se développer psychiquement.
(227) Kerima, corruption du sanscrit Keyūri, nom d'une déesse indienne des cimetières.
(228) Une forme corrompue du sanscrit dans le texte, autre déesse des cimetières.
(229) Tibétain-sanscrit dans le texte.
(230) Texte : Chu-srin (pron. : Chu-sin), lion d'eau ou léviathan (sans. : Makara), monstre mythologique.
(231) Forme textuelle du sanscrit : Chandālī, apparemment l'esprit d'une femme de basse caste, qui (comme toutes les déesses mentionnées dans cette partie du texte) hante les cimetières et lieux de crémation. Toutes ces déesses apparaissant ici semblent être des symboles voulus, chacun à sa manière, pour imprimer sur le défunt, comme dans un drame initiatique, la nature des sangsāras, son impermanence, son imperfection et la nécessité de la surmonter, la conquérir au moyen du renoncement. Ainsi que le texte l'enseigne dans sa répétition, chaque déesse est produite par la partie du 'mental que l'existence sangsārique du mort lui a léguée.
(232) Au lieu de cette forme tibétaine – sanscrite de notre manuscrit – la version imprimée donne : Smashalī, qui est une forme plus correcte.



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Chapitre 16

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