The Chönyid Bardo [LE BARDO DE L'EXPERIENCE DE LA REALITE ]
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12 Verses | Page 1 / 1 |  
(Version Marguerite La Fuente)


1  
[...] Premier jour [...]

2  
[...] "Ô fils noble, tu es resté évanoui pendant les quatre derniers jours. Dès que tu sortiras de ce néant, tu te demanderas : "Qu'est-il arrivé ?" Agis de telle sorte que tu puisses reconnaître le Bardo. A ce moment le Sangsāra sera en révolution (126), et les phénomènes apparents que tu verras seront des radiations et des déités (127). Les cieux te paraîtront d'un bleu foncé. [...]

3  
[...] Alors du Royaume Central appelé "la force projective de la semence" (128), le Bhagavān Vairochana (129) de couleur blanche, assis sur le trône du Lion, portant dans sa main la roue à huit rayons et enlacé par la Mère de l'Espace du Ciel (130) se manifestera à toi. [...]

4  
[...] Il est l'agrégation de la matière constituée en état primordial qui est la lumière bleue (131). La sagesse du Dharma-Dhātu de couleur bleue brillante, transparente, splendide, éblouissante, jaillira vers toi du cœur de Vairochana, le Père-Mère (132) et te frappera d'une lueur si brillante que tu seras à peine capable d'en soutenir la vue. [...]

5  
[...] Accompagnant cette lumière, brillera une terne lueur blanche venant des dévas qui te frappera au front. [...]

6  
[...] Par la puissance du mauvais karma, la splendide lumière bleue de sagesse du Dharma-Dhātu produira en toi peur et terreur et tu la fuiras. Tu sentiras une préférence pour la terne lumière blanche des dévas. [...]

7  
[...] A ce moment, tu ne dois pas être effrayé par la divine lumière bleue qui apparaîtra brillante, éblouissante, splendide, tu ne dois pas être surpris par elle. Elle est la lumière du Tathagāta (133) appelée la Lumière de la Sagesse du Dharma-Dhātu. [...]

8  
[...] Mets ta foi en elle, crois en elle, prie et pense au plus profond de toi qu'elle est la lumière sortie du cœur de Bhagavān Vairochana venue pour te recevoir dans les passages difficiles du Bardo (134). Cette lumière est la lumière de la grâce de Vairochana. [...]

9  
[...] Ne sois pas attiré par la terne lumière des dévas. Ne sois pas attaché, ne sois pas faible. Si tu y restes attaché, tu erreras dans les demeures des dévas et seras rejeté dans les tourbillons des Six Lokas. Ceci est une interruption pour t'arrêter sur la voie de la Libération. Ne regarde pas cette terne lumière, regarde la brillante lumière bleue, avec une foi profonde, concentre ardemment toute ta pensée sur Vairochana et répète après moi ceci : [...]

10  
[...] "Hélas ! lorsque, errant dans dans le Sangsāra à cause d'une intense stupidité,
Sur le radieux chemin de lumière de sagesse du Dharma-Dhātu,
Puisse me conduire le Bhagavān Vairochana ;
Puisse la Divine Mère de l'Espace infini me suivre ;
Puissé-je être conduit en sûreté à travers les embûches du Bardo.
Puissé-je être placé dans l'état du Tout parfait Bouddha." (135) [...]

11  
[...] Disant cela avec une foi humble et profonde, tu te fondras dans le halo d'arc-en-ciel lumineux du cœur de Vairochana et tu obtiendras l'état de Bouddha dans le Sambhog-Kāya, le royaume central de la Dense Concentration." (136) [...]

12  
[...] Notes [...]

(126) Les phénomènes ou expériences phénoménales du monde humain seront perçues d'une manière toute différente dans le monde du Bardo. De sorte que pour celui qui vient de mourir tout semble en révolution ou confusion. De là cet avertissement au mort qui doit s'accoutumer à l'état d'après la mort comme l'enfant s'habitue au monde après sa naissance.
(127) Dans cette partie où sont décrites les visions merveilleuses du Bardo, l'étudiant qui veut les rendre rationnelles doit toujours garder présent à l'esprit que ce traité est essentiellement ésotérique, et que, spécialement dans cette partie, et jusqu'à la fin il traduit en symboles ou allégories les expériences physiques de l'état d'après la mort.
(128) Texte : Thiglé-Brdalva (pron. : Thigle-Dalwa) : Litt. "répandant au loin la graine (de toutes choses)". Esotériquement : le Dhārma-Dhātu.
(129) Texte : Rnam-par Snang-mzad (pron. Nam-par-Nāng-Zad), sans. : Vairochana, Le Dhyani Bouddha du Centre, Vairochana, veut dire littéralement "en formes rendant visibles". Il est le Nouménal manifestant le Phénoménal. La roue qu'il tient symbolise le pouvoir souverain. Son titre Bhagavān (appliqué à beaucoup d'autres déités qui vont suivre) veut dire le "possesseur du domaine" (ou des six pouvoirs) "le victorieux" et le qualifie ainsi comme un Bouddha : "Celui qui a conquis le pouvoir sur l'existence du monde ou l'existence sangsārique". En tant que Dhyani Bouddha Central, Vairochana est le plus haut Sentier de l'école ésotérique. Ainsi qu'un soleil central entouré des quatre Dhyāni Bouddhas des quatre points cardinaux, qui paraissent les quatre jours suivants, il symbolise l'Unique Vérité entourée des quatre constituants ou éléments. Personnifiant la source de toute vie organique, toutes choses visibles ou invisibles ont en lui leur consommation et absorption. Références aux déités du Bardo Thödol, The Buddhism of Tibet or Lamaism, par Waddell, Londres, (1895), et The Gods of Northern Buddhism, par A. Getty, Oxford, (1914).
(130) Texte: Nam-mkh-ah-dvyings-kyi-dvang-phyung ma (pron.: Nam-kha-ingkya-wang-chug-ma), sans. : Akāsa Dhatu Īshvarī.. La Mère est le principe féminin de l'univers, le Père la semence de tout ce qui est.
(131) Dans la copie imprimée : l'agrégat de conscience (Rnam-par-Shes pahi, – pron. : Nam-par ShePay, sans. : Vijñāna Skandha) résolu dans son état primordial de lumière bleue. Mais dans notre ms. l'agrégat de conscience luit comme une lumière blanche de Vajra-Sattva le deuxième jour.
(132) Ici comme dans les passages suivants, la déité personnifie en elle le principe mâle et le principe femelle de la nature, ce qui est caractérisé sur le manuscrit par des couleurs symboliques appropriées, sur l'enluminure représentant le Père et la Mère unis. L'union divine.
(133) Texte : De-bzhing-shegs-pa (pron. : De-shing-sheg-pa) : "Celui qui est allé par ce même chemin". Le Bouddha. sans. : Tathagata.
(134) Texte : Hphrang (pron. : htang) : Passage étroit, embuscade.
(135) Voir : The Craft to Know Well to Die, éd. Comper, chap. IV, p. (78). "Il doit faire appel aux anges saints, disant : Esprits célestes, Anges glorieux, je vous prie d'être présents, d'assister à mon départ et de me délivrer de mes adversaires et de vouloir me recevoir dans votre compagnie. Et vous ange, guide que le Seigneur a désigné comme mon gardien, je vous prie et requiers votre aide et votre soutien."
(136) Texte : Stug-po-bkod-pahi zhing-khams (pron. : Tug po-kod-pal shing-kham) Où toutes semences de forces universelles et de toutes choses sont réunies en formation dense. Les Tibétains l'appellent aussi "le royaume où il n'y a pas de chute", l'état conduisant au Nirvāna. C'est spécialement le royaume des Bouddhas.



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Chapitre 3

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