PART I [LE MONDE D'APRES LA MORT ]
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(Version Marguerite La Fuente)


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[...] Le corps du Bardo – sa naissance et ses facultés supra-normales [...]

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[...] Ayant rendu hommage à la Trinité, et la prière pour demander l'aide des Bouddhas et Bodhisattvas ayant été récitée, appelez alors le défunt par son nom, trois ou sept fois, et parlez ainsi : [...]

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[...] "Ô fils noble, écoute bien et porte ceci dans ton cœur : que la naissance dans le monde-enfer, dans le monde-déva et dans le corps du Bardo est de la sorte appelé naissance supra-normale (256). [...]

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[...] En vérité, quand tu expérimentais les radiations des Paisibles et des Irritées dans le Chönyid Bardo, étant incapable de les reconnaître, tu t'es évanoui dans la Peur pendant environ trois jours (257) et demi (après ta mort) ; alors, quand tu es revenu de cet évanouissement, "le Connaisseur" s'est levé en toi dans sa condition primordiale et un corps radieux ressemblant à ton corps précédent s'est élancé (258) comme dit le Tantra : [...]

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[...] "Ayant un corps (semblant) sans chair (ressemblant) au précédent et à celui qui sera produit, Doué de toutes les facultés des sens, et du pouvoir du mouvement libre, Possédant les pouvoirs miraculeux karmiques, Visible aux purs yeux célestes (des êtres du Bardo) de semblable nature. Voici alors l'enseignement." [...]

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[...] Ce (corps radieux) dont il est parlé "(ressemblant) au précédent et à celui qui sera produit" indique que l'on aura un corps semblable au précédent corps de chair et de sang, le corps humain des tendances, et sera aussi doté de certains signes et de beautés de perfections telles qu'en possèdent les êtres aux hautes destinées. Ce corps (né) du désir est une hallucination de forme-pensée dans l'état intermédiaire et est appelé le corps du désir. [...]

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[...] A ce moment, si tu dois renaître comme déva, des visions du mondeDéva t'apparaîtront ; de même – où que tu doives renaître – soit comme asura, soit comme être humain, ou brute (259) ou preta, ou être de l'enfer, une vision de ce monde t'apparaîtra. [...]

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[...] En conséquence, le mot "Précédent" (dans la citation) implique que, jusqu'au troisième jour et demi, tu auras cru avoir le même corps que ton corps de chair possédé dans ton existence précédente à cause de tes tendances habituelles (260). Et les mots "qui sera produit" sont employés parce qu'après, tu auras une vision de la future place de ta naissance. D'où l'expression entière "au précédent et à celui qui sera produit" se rapporte à ceux-ci (le corps de chair qui vient d'être quitté, et le corps de chair que l'on assumera à la renaissance). [...]

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[...] A ce moment, ne suis pas les visions qui t'apparaissent. Ne sois pas faible. Si par faiblesse tu sens pour elles de l'affection tu auras à errer parmi les six Lokas et devras souffrir. [...]

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[...] Jusqu'à l'autre jour, tu fus incapable de reconnaître le Chönyid Bardo et tu as dû errer en descendant aussi loin qu'ici. Maintenant si tu veux te tenir fermement à la Vérité Réelle, tu dois laisser ton esprit reposer sans distractions dans la non-action et le non-attachement, dans l'état sans obscurité, primordial, brillant, du vide de ton intelligence : l'état qui te fut enseigné par ton guru (261). (Par cela) tu obtiendras la Libération sans être obligé de repasser la porte des matrices. Mais si tu es incapable de te connaître toi-même, alors quels que soient ta Déité tutélaire et ton guru, médite sur eux en état d'affection intense et d'humble confiance, les plaçant en ombrage au-dessus de ta tête (262). Ceci est de grande importance. Ne te laisse pas distraire." [...]

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[...] (Instructions pour l'Officiant) : Parlez ainsi, et si de la sorte la reconnaissance peut se faire, la Libération sera obtenue sans qu'il soit nécessaire d'errer dans les six Lokas. Si, pourtant, sous l'influence du mauvais karma, la reconnaissance est difficile, dites alors ce qui suit : [...]

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[...] "Ô fils noble, écoute encore. "Doté de toutes les facultés des sens et du pouvoir du mouvement libre" veut dire (que malgré) ce que tu as pu être de ton vivant – aveugle des yeux, ou sourd, ou infirme – dans ce plan d'Après la Mort, ton oeil verra les formes, ton oreille entendra les sons, et tous tes autres sens, organes, seront intacts et d'une acuité complète. Voilà pourquoi il a été dit que le corps du Bardo serait "doté de toutes les facultés des sens". Cette (condition d'existence où tu te trouves actuellement) est l'indication que tu es mort et errant dans le Bardo. Agis de façon à savoir cela. Souviens-toi des enseignements, souviens-toi des enseignements. [...]

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[...] Ô fils noble, "le mouvement libre" veut dire que ton corps actuel est un corps de désir – ton intellect ayant été séparé de son siège (263) – et non un corps de matière grossière, de telle sorte que tu as maintenant le pouvoir de passer au travers des masses rocheuses, collines, caillou, terre, maisons et du Mont Méru lui-même, sans être arrêté (264). Excepté Bouddha Gayā et le sein d'une mère (265), tout, même la montagne royale le Mont Méru peut être traversé par toi, en avant, en arrière, sans empêchements. Ceci aussi est pour toi l'indication que tu erres dans le Sidpa Bardo. Souviens-toi des enseignements de ton guru et prie le Seigneur de Compassion. [...]

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[...] Ô fils noble, tu es doté actuellement du pouvoir de l'action miraculeuse (266) qui n'est pourtant pas le fruit d'un Samādhi, mais un pouvoir venu à toi naturellement et par là de nature karmique (267). Tu es capable de traverser en un instant les quatre continents qui entourent le Mont Méru (268) ou instantanément être dans la place que tu désires ; tu as le pouvoir de t'y rendre dans le temps qu'un homme mettrait à plier ou étendre sa main. Ces pouvoirs divers d'illusion, de changements de formes, ne les désire pas, ne les désire pas (269). [...]

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[...] Aucun de (ces pouvoirs) que tu peux désirer ne t'est impossible maintenant. La possibilité de les exercer sans entraves est en toi. Connais cela et prie le guru. [...]

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[...] Ô fils noble, "Visible aux purs yeux célestes de semblable nature" signifie que ces (êtres de même nature étant de même constitution (ou niveau de connaissance) dans l'État intermédiaire, se verront mutuellement (270). Par exemple les êtres qui sont destinés à renaître parmi les dévas se verront les uns les autres (et ainsi de suite). Ne t'attache pas à ceux (que tu verras) mais médite sur le Compatissant." [...]

18  
[...] "Visible aux purs yeux célestes" signifie aussi que les dévas étant nés (purs) par la vertu du mérite, sont visibles aux purs yeux célestes de ceux qui pratiquent les dhyānas. Ceux-ci ne les verront pas tout le temps, lorsqu'ils seront en concentration mentale ils les verront, aux autres moments ils ne les verront pas. Parfois même pendant la pratique de dhyāna, s'ils se laissent distraire (ils ne les verront pas) (271). [...]

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[...] Notes [...]

(256) Texte : Rdzüs-Skyes (pron. : Zü-kye), signifiant "être né déguisé", rdzus, déguiser et skyes, être né. Ou naître d'une manière supra-normale "naissance supra-normale". Ainsi que le texte l'expliquera, le processus de naissance dans les états d'après la mort est absolument différent de ceux qui sont connus sur la terre.
(257) Par erreur du scribe sans doute, le texte porte ici quatre au lieu de trois.
(258) Cet élan en avant ou naissance du corps du Bardo a lieu environ trois jours et demi après la mort, à l'expiration des trois jours et demi ou quatre jours (comparables à l'état pré-natal passénormalement dans le sommeil, le rêve ou l'inconscience dans le plan humain) mentionnés p. 79; il est dit se produire instantanément. "Comme une truite sortant hors de l'eau" est la formule d'explication employée par les gurus tibétains. C'est le processus de la naissance dans l'État intermédiaire parallèle à la naissance dans notre monde.
(259) Ce qui veut dire ésotériquement un être humain semblable à la brute. Voir p.39.
(260) Ce qui veut dire : les prédilections habituelles ou karmiques pour l'existence sangsārique, s'élevant de la soif d'existence et du désir de naître, sont la seule cause de la possession d'un corps humain ou autre. Le but que doit atteindra le disciple est "le non-devenu, non-né, non-fait, nonformé, le Nirvāna".
(261) Ici il est présumé que le défunt a reçu dans le monde humain quelque instruction élémentaire sur la concentration mentale ou le contrôle du processus de la pensée suffisant pour réaliser l'état de non-formation de pensée désigné comme la condition du "non-fait et non-tenu" de l'esprit nonmodifié primordial. Cet état de Yoga est celui décrit par Patanjali (Yoga Aphorisms, 1 et 2 comme "la supression des transformations du principe pensant". Le même passage est aussi rendu : "Yoga est la restriction des modifications mentales (Rama Prasad, Patanjali's Yoga Sūtras, dans : Sacred Books of the Hindus, Allahabad, (1912), IV, 5.
(262) Ou directement au-dessus, litt. "Comme étant la couronne de ta tête". Ici le sens est occulte. L'ouverture Brāhmanique au travers de laquelle le principe conscient quitte, normalement, le corps humain, soit temporairement pendant les transes yogiques, soit définitivement à la mort, se trouve sur le haut de la tête. Si l'on fixe la vision directement au-dessus de cette ouverture, celui qui a cette "visualisation" en a un accroissement bénéfique spirituel ou psychique défini.
(263) Ce siège (support) est le corps humain laissé en arrière.
(264) Ce pouvoir supranormal dans le monde humain, est normal dans l'état de (4ème dimension de l'après-mort. Dans le monde humain, ces pouvoirs innés en toute personne peuvent être développés et exercés en yoga. Le Bouddha en décrit quelques-uns ainsi : "Dans ce cas, supposez qu'un être jouisse de la possession de divers pouvoirs mystiques : de la forme une il devient multiple, et de multiple il devient un ; de visible il devient invisible, il passe sans empêchement au travers d'un mur de rempart ou d'une montagne comme au travers de l'air ; il marche sur l'eau sans la diviser, comme sur la terre solide, il se déplace dans l'air les jambes croisées comme les oiseaux avec leur ailes." (Brāhmana Vagga, Angut tara Nikāya.)
(265) A moins qu'il ne soit doué auparavant d'un très haut degré d'illumination spirituelle, le défunt ne peut consciemment aller dans ces deux places par sa volonté. Car de Bouddha-Gayā (grand centre psychique) et du sein de la mère (destiné à être la voie de la renaissance) rayonnent de telles radiations psychiquement aveuglantes, que la mentalité ordinaire en ressentirait la même peur que des radiations brillant dans le Bardo et les fuirait de même. (Voir stance 6), p. 180.
(266) Texte : Rdzu-hphrul (pron. : Zu-tül). Rdzu : pouvoir de changer sa forme ; Hphrul : pouvoir de changer sa taille et son nombre. En apparaissant ou disparaissant à volonté comme un, ou plusieurs, grand ou petit. Si on les développe dans le plan terrestre par le moyen des pratiques yogiques, de tels pouvoirs miraculeux deviennent un don permanent et peuvent être employés dans le corps ou hors de lui (comme dans le Bardo).
(267) Le texte implique que le défunt possède ce pouvoir miraculeux comme le résultat de son passage (oeuvre du karma) dans l'état intermédiaire où ce pouvoir est naturel et non à cause du mérite acquis par la pratique de yoga dans le corps humain.
(268) Voir p. (53), Cosmographie.
(269) Les plus avancés parmi les Lāmas enseignent aux disciples à ne pas s'efforcer d'obtenir les pouvoirs psychiques de cet ordre pour eux-mêmes. Car, jusqu'à ce que le disciple soit moralement apte à les utiliser sagement, ils sont une sérieuse entrave à son plus haut développement spirituel. Tant que la nature inférieure et passionnelle de l'homme n'est pas complètement maîtrisée, il est dangereux pour lui de les employer.
(270) En addition à la vue normale humaine et sa vision limitée, les Lāmas disent qu'il est cinq sortes de vues : vue de l'instinct (ou vue de la chair) comme celle des oiseaux ou bêtes de proie qui, en bien des cas, possèdent une vision plus étendue que celle des, hommes ; vue céleste comme celle des dévas capables de voir le monde humain aussi bien que le leur ainsi que les naissances passées et futures des êtres des deux mondes pendant plusieurs existences ; vue de vérité comme celle des Bodhisattvas et Arhants capables de voir en entier des centaines de périodes de mondes (Kalpas) passées et futures ; vue divine des Bodhisattvas les plus hautement doués, capables de voir pendant des millions de périodes de mondes ce qui a été et ce qui sera ; vue de sagesse des Bouddhas capables de voir de la même façon l'éternité toute entière.
(271) Ordinairement les dévas ne sont vus que lorsque la clairvoyance est amenée par Dhyāna ou chez certains êtres doués naturellement de clairvoyance et si celle-ci est projetée vers le monde déva. Parfois cependant les dévas apparaissent d'une manière inattendue. Dans le Tri-Pitaka comme dans la littérature canonique du Bouddhisme du Nord sont rapportées des visions ou apparitions inattendus de devas, ainsi qu'il est parlé des anges dans la littérature sacrée chrétienne et musulmane.



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