PART I [LE MONDE D'APRES LA MORT ]
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(Version Marguerite La Fuente)


1  
[...] Le Jugement [...]

2  
[...] (Instructions pour l'Officiant) : Il est cependant encore possible que, par l'influence du mauvais karma, on ne reconnaisse même pas ceci. Dans ce cas, appelez le défunt par son nom et parlez ainsi : [...]

3  
[...] "Ô fils noble (un tel) écoute. Si tu souffres ainsi c'est à cause de ton propre karma, cela n'est dû à personne d'autre qu'à ton propre karma. En conséquence prie avec ferveur la Précieuse Trinité, cela te protégera. Si tu ne pries pas, ni ne sais méditer sur le grand Symbole ni sur aucune Déité Tutélaire, le Bon Génie (287) qui naquit simultanément avec toi viendra maintenant et comptera tes bonnes actions (avec) des cailloux blancs, et le Mauvais Génie (288), né simultanément avec toi, viendra compter tes mauvaises actions (avec) des cailloux noirs. Cela te causera une grande peur, horreur, terreur, et tu trembleras ; tu essaieras de mentir en disant : "Je n'ai commis aucune mauvaise action". [...]

4  
[...] Alors le Seigneur de la Mort dira : "Je vais consulter le Miroir du Karma". [...]

5  
[...] Disant cela, il regardera dans le Miroir ou tout acte bon ou mauvais est nettement reflété. Le mensonge ne servira à rien. Alors (un des boureaux-furies) du Seigneur de la Mort enroulera une corde autour de ton cou et te traînera ainsi. Il coupera ta tête, arrachera ton cœur, sortira tes intestins, léchera ton cerveau, boira ton sang, mangera ta chair, rongera tes os (289) ; mais tu seras incapable de mourir. Bien que ton corps soit haché en morceaux, il revivra encore. Ces supplices répétés te causeront une douleur et une torture intenses. Même au moment où les cailloux seront comptés ne sois pas effrayé ni terrifié ; ne mens pas et ne crains pas le Seigneur de la Mort. Ton corps étant un corps-mental est incapable de mourir, même décapité ou dépecé. En réalité, ton corps est de la nature du Vide (290). Tu n'as pas besoin de craindre. Les Seigneurs de la Mort (291) sont tes propres hallucinations. [...]

6  
[...] Ton corps de désir est un corps de tendances et de vide. Le Vide ne peut blesser le Vide ; ce qui est sans qualité ne peut blesser ce qui est sans qualité. [...]

7  
[...] En dehors de ses hallucinations personnelles, en vérité il n'existe nulles choses au dehors de soi-même telles que : Seigneur de la Mort, ou Dieu, ou Démon, ou Esprit de la Mort à tête de Taureau (292). Agis de telle sorte que tu reconnaisses cela. [...]

8  
[...] A ce moment, agis de façon à reconnaître que tu es dans le Bardo. Médite sur le Samādhi du Grand Symbole. Si tu es incapable de méditer, alors simplement analyse avec soin la nature réelle de ce qui t'effraie : en réalité ce n'est formé de rien mais c'est le Vide qui est le Dharma-Kāya (293). [...]

9  
[...] Ce vide n'est pas de la nature du Vide du néant, mais un vide dont la vraie nature t'impressionnera et devant lequel ton intellect brille clairement et plus lucidement : ceci est (l'état) d'esprit du SamboghaKāya. [...]

10  
[...] Dans l'état où tu existes tu expérimentes avec une intensité insupportable : Vide et Clarté inséparables – le Vide clair par nature, et la Clarté par nature vide, et la Clarté inséparable du Vide – un état primordial (ou non modifié) de l'intellect qui est l'Ādi-Kāya (294). Et la force de ceci brillant sans obstacle rayonnera partout : c'est le Nirmāna-Kāya. [...]

11  
[...] Ô fils noble, écoute-moi sans distractions. Par la seule reconnaissance des quatre Kāyas tu es certain d'obtenir l'Émancipation parfaite dans l'un d'eux. Ne sois pas distrait. La ligne de démarcation entre les Bouddhas et les êtres animés passe ici (295). [...]

12  
[...] Ce moment est d'une grande importance : si tu es distrait maintenant il te faudra d'innombrables éons de temps pour sortir du cloaque de la douleur (296)." [...]

13  
[...] Il est une parole dont la vérité peut être appliquée : "En un moment une différenciation marquée est créée. En un moment l'Illumination Parfaite est obtenue". [...]

14  
[...] Jusqu'au moment qui vient de passer tout ce Bardo a lui sur toi et pourtant tu ne l'as pas reconnu, parce que tu t'es laissé distraire. A cause de cela, tu as ressenti la peur et la terreur. Si tu redeviens distrait maintenant, les cordes de la divine compassion de "celui qui a les yeux compatissants" vont se rompre (297) et tu tomberas dans la place où il n'est pas de libération (immédiate). Donc, sois prudent. Bien que tu n'aies pu accomplir jusqu'ici la reconnaissance – en dépit des confrontations – tu peux la réaliser à ce moment et obtenir la Libération." [...]

15  
[...] (Instructions pour l'Officiant): Si vous vous adressez à un pauvre illettré qui ne sait pas comment méditer, dites ceci : [...]

16  
[...] "Ô fils noble, si tu ne sais comment méditer, agis en te rappelant le Compatissant et le Sangha, le Dharma et le Bouddha et prie. Pense que toutes ces peurs et ces apparitions terrifiantes sont ta Déité Tutélaire ou la manifestation du Compatissant (298). [...]

17  
[...] Rappelle-toi le nom mystique qui t'a été donné au moment de ton initiation sacrée lorsque tu étais un être humain et le nom de ton guru, dis ces noms au Juste roi des Seigneurs de la Mort (299). [...]

18  
[...] Même si tu tombais dans des précipices, tu n'aurais aucun mal. Évite l'horreur et la terreur." [...]

19  
[...] Notes [...]

(287) Texte : Lhan-chig-skyes-pahi-lha (pron. : Lhan-chig-kye-paf-lha) : Dieu né simultanément (bon esprit ou génie), personnification de la nature la plus élevée ou divine d'un être connu populairement au pays de Sikkim comme Lha-karchung : le petit dieu blanc.
(288) Texte : Lhan-chig-skyes-pahi-hdre (pron. : Lhan-chig-kye pai-de). Démon né simultanément (mauvais esprit ou génie), personnification de la nature inférieure charnelle d'un être. Connu populairement au Sikkim comme : Bdud-nag-chung (pron. : Dud-nag-chung), petit mārā noir (ou démon).
(289) Ces tortures symbolisent les affres de la conscience, car le jugement décrit ici symbolise le bon génie se dressant contre le mauvais ; le juge étant la conscience elle-même dans son aspect rigoureux d'impartialité et d'amour de la justice. Le miroir est la mémoire. Un élément (purement humain) du contenu de la conscience du mort s'avance et, offrant de pauvres excuses, cherche des atténuations en disant : "Pour telle et telle circonstance j'ai dû agir ainsi et ainsi". Un autre élément du contenu conscient s'avance et répond : "Vous étiez guidé par tel et tel motif, votre action est noire". Alors quelque élément plus favorable intervient et proteste : "Mais il y avait telle ou telle justification, le mort n'est pas coupable pour cela". Et ainsi, disent les Lāmas, se continue le jugement. (Voir section IX, Introduction.)
(290) Signifiant que le corps de désir, ou astral, est incapable d'être atteint par les maux physiques ordinaires. "Ainsi qu'au travers d'un nuage on peut plonger un sabre au travers du corps du Bardo sans le blesser," disent les Lāmas, il est semblable aux formes matérialisées dans des séances de spiritisme ou de nécromancie.
(291) Ces Seigneurs de la Mort sont Yama-Rāja et sa cour d'associés, y compris les furies exécutrices. Ces dernières, comme furies tourmenteuses, sont comparables aux Euménides du drame d'Eschyle et sont les éléments du contenu conscient. Suivant l'Abhidhamma du Bouddhisme du Sud, il y a l'esprit (sans. : Chit, tib. : Sems, pron. : Sem) et les impulsions de l'esprit (sans. : Chittavritti, tib. : Sems-hbyung, pron. : Sem-jung) ; les impulsions de l'esprit sont les furies. (Voir p. (126.)
(292) Texte : Ragsha-glang-mgo (pron. : Ragsha-lang-go) : "L'esprit de la mort à tête de taureau" dépeint ordinairement avec une tête de buffle. La principale déité tutélaire de la secte Gelugpa ou des bonnets jaunes appelée : Jampal-Shinjeshed (Hjam-dpal-gshin-rje-gshed), sans. : Mañjusrhī, le destructeur des Seigneurs de la Mort (sans. : Yamāntaka), est souvent représenté comme un dieu bleu à tête de buffle.
(293) Voir section V, Introduction.
(294) Texte : Gowo-nyidku (sans. : Ādi-Kāya), (1er corps qui est synonyme de Dharma-Kāya.
(295) En raison de leur connaissance de la vraie nature de l'existence sangsārique (tous phénomènes sont irréels), les Bouddhas ou Parfaitement Illuminés sont des êtres tout à fait à part des êtres animés non illuminés.
(296) Litt. "Il n'y aura pas de temps où tu pourras en sortir".
(297) Ceci est rendu littéralement, signifiant que les rayons de la grâce ou compassion de Chenrazee cesseront de briller.
(298) L'idée que l'on a voulu exprimer est que les jugements et tribulations, bien que karmiques, agissent comme des épreuves divines et ainsi, étant pour le bien du défunt, doivent être vus par lui comme sa déité tutélaire ou comme Chenrazee.
(299) Cette révélation du nom initiatique a pour but d'établir une connexion occulte – entre le défunt et le roi de la mort – entre le divin et l'humain dans l'homme – d'une manière semblable à celle du franc-maçon se faisant reconnaitre par un autre au moyen du mot de reconnaissance secret.



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Chapitre 4

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