Chapitre 3
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G. Strelhy (Ⅰ)
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3.120
राजा च श्रोत्रियश्चैव यज्ञकर्मण्युपस्थितौ ।
मधुपर्केण संपूज्यौ न त्वयज्ञ इति स्थितिः । । ३.१२०[११०ं] । ।


Un roi et un (Brahmane) instruit qui arrivent au moment de la célébration d'un sacrifice doivent être honorés par une offrande de miel, mais non s'il n'y a point de sacrifice (célébré) ; telle est la règle. (⁎)

Un Brahmane instruit : un Çrotriya. — Kull. ajoute : « mais un gendre et les autres, au bout d'une année, même sans qu'il y ait de sacrifice, doivent être honorés par un madhuparka ». (Ⅰ)

3.121
सायं त्वन्नस्य सिद्धस्य पत्न्यमन्त्रं बलिं हरेत् ।
वैश्वदेवं हि नामैतत्सायं प्रातर्विधीयते । । ३.१२१[१११ं] । ।


L'épouse doit faire le soir avec la nourriture préparée une offrande bali, sans (réciter) aucune formule sacrée ; car (l'oblation) dite à tous les Dieux réunis est prescrite pour le soir et pour le matin. (⁎)

3.122
पितृयज्ञं तु निर्वर्त्य विप्रश्चन्द्रक्षयेऽग्निमान् ।
पिण्डान्वाहार्यकं श्राद्धं कुर्यान्मासानुमासिकम् । । ३.१२२[११२ं] । ।


Après avoir accompli le sacrifice aux Mânes, un Brahmane qui entretient un feu (sacré) doit tous les mois, à la nouvelle lune, offrir le repas funéraire appelé Pindânvâhâryaka. (⁎)

Le repas funéraire : le çrâddha; les cérémonies accomplies en l'honneur des parents décédés ont pour but d'assurer leur félicité dans l'autre monde. — Le repas pindânvâhâryaka, c'est-à-dire le repas funèbre où l'on offre des gâteaux appelés pinda. (Ⅰ)

3.123
पितॄणां मासिकं श्राद्धं अन्वाहार्यं विदुर्बुधाः ।
तच्चामिषेणा कर्तव्यं प्रशस्तेन प्रयत्नतः । । ३.१२३[११३ं] । ।


Les Sages ont appelé Anvâhârya l'offrande funéraire mensuelle aux Mânes ; elle doit être faite soigneusement avec les viandes prescrites. (⁎)

Kull. explique ainsi ce nom : « parce qu'elle a lieu après (l'offrande des) gâteaux ». (Ⅰ)

3.124
तत्र ये भोजनीयाः स्युर्ये च वर्ज्या द्विजोत्तमाः ।
यावन्तश्चैव यैश्चान्नैस्तान्प्रवक्ष्याम्यशेषतः । । ३.१२४[११४ं] । ।


Je vais dire exactement quels Brahmanes on doit inviter en cette (solennité), quels sont ceux qu'on doit exclure, en quel nombre, et avec quels aliments (on doit les traiter). (⁎)

3.125
द्वौ दैवे पितृकार्ये त्रीनेकैकं उभयत्र वा ।
भोजयेत्सुसमृद्धोऽपि न प्रसज्जेत विस्तरे । । ३.१२५[११५ं] । ।


On doit en traiter deux à la cérémonie en l'honneur des Dieux, trois à la cérémonie en l'honneur des Mânes, ou bien un seulement à chacune des deux ; même quand on est riche, on ne doit pas rechercher une nombreuse compagnie. (⁎)

3.45
ऋतुकालाभिगामी स्यात्स्वदारनिरतः सदा ।
पर्ववर्जं व्रजेच्चैनां तद्व्रतो रतिकाम्यया । । ३.४५ । ।


(Un mari) attaché à sa femme doit toujours l'approcher à l'époque favorable, et il peut l'approcher (en tout autre temps) par désir du plaisir sexuel, à l'exception des jours lunaires défendus, en observant cette interdiction. (⁎)

A l'époque favorable : suivant Kull. « cette époque, caractérisée par l'apparition des règles, est propre à la fécondation de la femme ». — Les jours lunaires défendus ou Parvans sont les huitième, quatorzième et quinzième jour de chaque quinzaine. Cf. IV, 128. — Tadvrata signifie, suivant Kull., « désireux de lui plaire ». (Ⅰ)

3.46
ऋतुः स्वाभाविकः स्त्रीणां रात्रयः षोडश स्मृताः ।
चतुर्भिरितरैः सार्धं अहोभिः सद्विगर्हितैः । । ३.४६ । ।


On appelle époque naturelle de la femme seize (jours et seize) nuits (par mois) avec quatre autres jours, désapprouvés par les gens vertueux. (⁎)

Chez les Hindous on compte par nuits : voilà pourquoi dans l'expression seize nuits il faut comprendre les jours. — Ces jours sont comptés à partir de l'apparition des règles, çonitadarçanât prabhrti. (Ⅰ)

3.47
तासां आद्याश्चतस्रस्तु निन्दितैकादशी च या ।
त्रयोदशी च शेषास्तु प्रशस्ता दशरात्रयः । । ३.४७ । ।


Mais parmi ces (seize nuits) les quatre premières ainsi que la onzième et la treizième sont défendues, les autres sont recommandées. (⁎)

Cf. IV, 40, où Manou défend le coït à l'apparition des menstrues. Il y a dans ces prescriptions minutieuses une certaine confusion. (Ⅰ)

3.48
युग्मासु पुत्रा जायन्ते स्त्रियोऽयुग्मासु रात्रिषु ।
तस्माद्युग्मासु पुत्रार्थी संविशेदार्तवे स्त्रियम् । । ३.४८ । ।


Dans les nuits paires on engendre des garçons, dans les nuits impaires des filles ; aussi, quand on désire un fils, doit-on approcher sa femme dans les (nuits) paires à l'époque favorable. (⁎)

3.49
पुमान्पुंसोऽधिके शुक्रे स्त्री भवत्यधिके स्त्रियाः ।
समेऽपुमान्पुं स्त्रियौ वा क्षीणेऽल्पे च विपर्ययः । । ३.४९ । ।


Si la semence de l'homme prédomine, c'est un fils qui naît ; si la semence de la femme prédomine, c'est une fille ; s'il y a égalité (entre les semences) il naît un eunuque, ou une fille et un garçon; s'il y a faiblesse ou insuffisance (dans les deux), au (⁎)

Ce vers contredit le précèdent, puisqu'il attribue le sexe de l'enfant non à l'influence du jour de la procréation, mais à la prédominance de la semence du père ou de celle de la mère ; cette explication n'a du reste pas plus de valeur que l'autre. — Eunuque, ou, suivant B. « hermaphrodite. » (Ⅰ)

3.50
निन्द्यास्वष्टासु चान्यासु स्त्रियो रात्रिषु वर्जयन् ।
ब्रह्मचार्येव भवति यत्र तत्राश्रमे वसन् । । ३.५० । ।


Celui qui s'abstient de femmes pendant les nuits défendues, et pendant huit autres est (l'égal en chasteté d')un novice, en quelque ordre qu'il vive. (⁎)

Ordre, c'est-à-dire qu'il soit maître de maison, ou anachorète, ou mendiant; les novices sont tenus à la chasteté. (Ⅰ)

3.51
न कन्यायाः पिता विद्वान्गृह्णीयाच्छुल्कं अण्वपि ।
गृह्णञ् शुल्कं हि लोभेन स्यान्नरोऽपत्यविक्रयी । । ३.५१ । ।


Un père connaissant (son devoir) ne devra pas accepter la moindre gratification (pour le don) de sa fille ; en acceptant par cupidité une gratification, il serait le marchand de sa fille. (⁎)

3.52
स्त्रीधनानि तु ये मोहादुपजीवन्ति बान्धवाः ।
नारी यानानि वस्त्रं वा ते पापा यान्त्यधोगतिम् । । ३.५२ । ।


Les parents qui dans leur folie vivent sur le bien d'une femme (et s'approprient) les voitures ou les vêtements d'une femme (sont) coupables (et) vont en enfer. (⁎)

3.53
आर्षे गोमिथुनं शुल्कं के चिदाहुर्मृषैव तत् ।
अल्पोऽप्येवं महान्वापि विक्रयस्तावदेव सः । । ३.५३ । ।


Quelques-uns ont dit que (le présent) d'un taureau et d'une vache (fait) à un (mariage) suivant le rite des Saints était une gratification, (mais) à tort ; (car) grande ou petite, toute gratification (acceptée par le père) serait un marché. (⁎)

3.54
यासां नाददते शुल्कं ज्ञातयो न स विक्रयः ।
अर्हणं तत्कुमारीणां आनृशंस्यं च केवलम् । । ३.५४ । ।


Quand les parents ne prennent pas (pour eux) le cadeau (fait à la jeune fille), ce n'est pas un marché ; il n'y a là qu'une marque d'honneur et d'affection envers la jeune épouse. (⁎)

3.55
पितृभिर्भ्रातृभिश्चैताः पतिभिर्देवरैस्तथा ।
पूज्या भूषयितव्याश्च बहुकल्याणं ईप्सुभिः । । ३.५५ । ।


Les femmes doivent être honorées et parées par leurs pères, frères, maris et beaux-frères, s'ils désirent une grande prospérité. (⁎)

3.56
यत्र नार्यस्तु पूज्यन्ते रमन्ते तत्र देवताः ।
यत्रैतास्तु न पूज्यन्ते सर्वास्तत्राफलाः क्रियाः । । ३.५६ । ।


Là où les femmes sont honorées, les dieux sont contents ; là où elles ne le sont pas, tous les sacrifices sont stériles. (⁎)

3.57
शोचन्ति जामयो यत्र विनश्यत्याशु तत्कुलम् ।
न शोचन्ति तु यत्रैता वर्धते तद्धि सर्वदा । । ३.५७ । ।


Une famille où les femmes sont malheureuses dépérit très rapidement ; celle où elles ne le sont pas, prospère toujours. (⁎)

3.58
जामयो यानि गेहानि शपन्त्यप्रतिपूजिताः ।
तानि कृत्याहतानीव विनश्यन्ति समन्ततः । । ३.५८ । ।


Les maisons maudites par les femmes qui n'ont pas été honorées (comme il faut) périssent de fond en comble, comme détruites par enchantement. (⁎)

3.59
तस्मादेताः सदा पूज्या भूषणाच्छादनाशनैः ।
भूतिकामैर्नरैर्नित्यं सत्करेषूत्सवेषु च । । ३.५९ । ।


C'est pourquoi les hommes soucieux de leur prospérité doivent toujours honorer les femmes aux jours de fête et dans les cérémonies, (en leur offrant) des parures, des vêtements et des friandises. (⁎)

3.60
संतुष्टो भार्यया भर्ता भर्त्रा भार्या तथैव च ।
यस्मिन्नेव कुले नित्यं कल्याणं तत्र वै ध्रुवम् । । ३.६० । ।


Dans une famille où le mari se complaît avec sa femme et la femme avec son mari, la prospérité ne peut manquer d'être durable. (⁎)

3.61
यदि हि स्त्री न रोचेत पुमांसं न प्रमोदयेत् ।
अप्रमोदात्पुनः पुंसः प्रजनं न प्रवर्तते । । ३.६१ । ।


Car si la femme ne brille pas (par sa parure), elle ne peut charmer son époux, et d'autre part si le mari n'éprouve aucun charme, il ne naît point de postérité. (⁎)

Par sa parure : « vastrâbharanâdinâ, par les vêtements, les parures, etc. ». (Kull.) B. traduit : « Si la femme n'est pas radieuse de beauté », et B. H. : « Si la femme ne se complaît pas avec son époux »; rocate a aussi le sens de « se complaire. » (Ⅰ)

3.62
स्त्रियां तु रोचमानायां सर्वं तद्रोचते कुलम् ।
तस्यां त्वरोचमानायां सर्वं एव न रोचते । । ३.६२ । ।


Quand la femme brille (par sa parure), toute la famille resplendit ; mais si elle ne brille pas, tout est sans éclat. (⁎)

3.63
कुविवाहैः क्रियालोपैर्वेदानध्ययनेन च ।
कुलान्यकुलतां यान्ति ब्राह्मणातिक्रमेण च । । ३.६३ । ।


Contracter des mésalliances, négliger les rites, ne pas étudier le Véda, outrager les Brahmanes, (voilà ce qui fait) déchoir les familles. (⁎)

3.64
शिल्पेन व्यवहारेण शूद्रापत्यैश्च केवलैः ।
गोभिरश्वैश्च यानैश्च कृष्या राजोपसेवया । । ३.६४ । ।


Les métiers, le négoce, (la procréation) d'enfants rien qu'avec des femmes Soudrâs, le (trafic) des chevaux, du bétail et des voitures, l'agriculture et le service du roi, (⁎)

Les métiers « tels que la peinture, etc. ». — Le négoce « tel que l'usure ». (Kull.) (Ⅰ)

3.65
अयाज्ययाजनैश्चैव नास्तिक्येन च कर्मणाम् ।
कुलान्याशु विनश्यन्ति यानि हीनानि मन्त्रतः । । ३.६५ । ।


Les sacrifices (offerts) pour des personnes indignes, l'incrédulité (en ce qui concerne les récompenses futures) des bonnes oeuvres, (voilà ce qui) détruit rapidement les familles où l'étude du Véda est négligée. (⁎)

3.66
मन्त्रतस्तु समृद्धानि कुलान्यल्पधनान्यपि ।
कुलसंख्यां च गच्छन्ति कर्षन्ति च महद्यशः । । ३.६६ । ।


Mais les familles riches de la connaissance du Véda, quoique pauvres de biens, sont comptées parmi les familles honorables et acquièrent une bonne réjDutation. (⁎)

3.67
वैवाहिकेऽग्नौ कुर्वीत गृह्यं कर्म यथाविधि ।
पञ्चयज्ञविधानं च पक्तिं चान्वाहिकीं गृही । । ३.६७[५७ं] । ।


Avec le feu sacré nuptial le maître de maison devra suivant la règle accomplir les rites domestiques, les cinq (grands) sacrifices et la cuisson quotidienne (des aliments). (⁎)

Les rites domestiques : « les offrandes du soir et du matin prescrites par les grhyasùtras (sûtras relatifs au culte domestique) ». (Kull.) (Ⅰ)

3.68
पञ्च सूना गृहस्थस्य चुल्ली पेषण्युपस्करः ।
कण्डनी चोदकुम्भश्च बध्यते यास्तु वाहयन् । । ३.६८[५८ं] । ।


Le maître de maison a cinq instruments de destruction (des êtres animés), le foyer, la meule, le balai, le mortier, le pot à eau, par l'emploi desquels il est lié (au péché). (⁎)

Sûna signifie littéralement abattoir ; les créatures détruites par ces instruments sont naturellement les petits insectes. (Ⅰ)

3.69
तासां क्रमेण सर्वासां निष्कृत्यर्थं महर्षिभिः ।
पञ्च क्ल्प्ता महायज्ञाः प्रत्यहं गृहमेधिनाम् । । ३.६९[५९ं] । ।


Pour expier dans l'ordre (les péchés encourus par l'emploi de) tous ces (cinq instruments), les grands Sages ontprescritau maître de maison les cinq grands sacrifices quotidiens. (⁎)

3.70
अध्यापनं ब्रह्मयज्ञः पितृयज्ञस्तु तर्पणम् ।
होमो दैवो बलिर्भौतो नृयज्ञोऽतिथिपूजनम् । । ३.७०[६०ं] । ।


La lecture du Véda est le sacrifice à Brahme, l'offrande de gâteaux et d'eau est le sacrifice aux Mânes, l'offrande au feu est (le sacrifice) aux Dieux, l'offrande de nourriture (est le sacrifice) aux Êtres, l'accomplissement des devoirs d'hospitalité est (⁎)

La lecture du Véda, la récitation et l'enseignement du Véda. — Le sacrifice à Brahme, ou peut-être aussi « le sacrifice au Véda » : brahman = Véda. — L'offrande de gâteau et d'eau, appelée tarpana est destinée à contenter les Mânes : elle correspond aux inferise des Latins. — L'offrande au feu, homa, consiste à répandre dans le feu le beurre clarifié. — L'offrande de nourriture dite bali consiste à jeter les restes du repas du matin et du soir à la porte de la maison avec quelques formules adressées aux dieux inférieurs. —Les Êtres ou Esprits, bhùtas. (Ⅰ)

3.71
पञ्चैतान्यो महाअयज्ञान्न हापयति शक्तितः ।
स गृहेऽपि वसन्नित्यं सूनादोषैर्न लिप्यते । । ३.७१[६१ं] । ।


Celui qui dans la mesure de ses moyens ne néglige pas ces cinq grands sacrifices, n'est pas souillé par les péchés (commis en employant) les cinq instruments de destruction, quoique demeurant toujours dans sa maison. (⁎)

3.72
देवतातिथिभृत्यानां पितॄणां आत्मनश्च यः ।
न निर्वपति पञ्चानां उच्छ्वसन्न स जीवति । । ३.७२[६२ं] । ।


Celui qui ne nourrit pas ces cinq (sortes de personnes), les Dieux, les hôtes, les gens sous sa dépendance, les Mânes et lui-même, bien qu'il respire, ne vit pas. (⁎)

3.73
अहुतं च हुतं चैव तथा प्रहुतं एव च ।
ब्राह्म्यं हुतं प्राशितं च पञ्चयज्ञान्प्रचक्षते । । ३.७३[६३ं] । ।


On appelle encore ces cinq sacrifices : Ahouta, Houta, Prahouta, Brâhmya-Houta et Prâsita. (⁎)

3.74
जपोऽहुतो हुतो होमः प्रहुतो भौतिको बलिः ।
ब्राह्म्यं हुतं द्विजाग्र्यार्चा प्राशितं पितृतर्पणम् । । ३.७४[६४ं] । ।


L'Ahouta est la prière murmurée, le Houta est l'offrande au feu, le Prahouta est l'offrande de nourriture aux Êtres, le Brâhmya-Houta est le respect envers les Brahmanes et le Prâsita est l'offrande aux Mânes. (⁎)

Huta désigne d'une façon générale une offrande; ahuta signifie nonoblation, c'est-à-dire adoration sans offrande. L'explication de brâhmyahuta repose sur une équivoque, bràhmya signifiant à la fois relatif à Brahman et relatif aux Brahmanes. Prâçita signifie littéralement chose mangée. (Ⅰ)

3.75
स्वाध्याये नित्ययुक्तः स्याद्दैवे चैवेह कर्मणि ।
दैवकर्मणि युक्तो हि बिभर्तीदं चराचरम् । । ३.७५[६५ं] । ।


(Le maître de maison) doit être constamment appliqué à la lecture du Véda et à (l'accomplissement) des sacrifices aux Dieux ; car celui qui est exact (à offrir) des sacrifices aux Dieux soutient (tout) ce (monde) animé et inanimé. (⁎)

Le vers suivant explique en quoi celui qui offre le sacrifice « soutient le monde animé et inanimé » : les animaux se nourrissent des végétaux, les végétaux sont engendrés par la pluie, la pluie par le soleil, et le soleil luimême subsiste des oblations faites dans le feu. (Ⅰ)

3.76
अग्नौ प्रास्ताहुतिः सम्यगादित्यं उपतिष्ठते ।
आदित्याज्जायते वृष्टिर्वृष्टेरन्नं ततः प्रजाः । । ३.७६[६६ं] । ।


L'offrande convenablement jetée dans le feu parvient au soleil ; le soleil engendre la pluie ; la pluie engendre la nourriture par laquelle (subsistent) les créatures animées. (⁎)

3.77
यथा वायुं समाश्रित्य वर्तन्ते सर्वजन्तवः ।
तथा गृहस्थं आश्रित्य वर्तन्ते सर्व आश्रमाः । । ३.७७[६७ं] । ।


De même que toutes les créatures subsistent par l'air, ainsi tous les (autres) ordres vivent par le secours du maître de maison. (⁎)

3.78
यस्मात्त्रयोऽप्याश्रमिणो ज्ञानेनान्नेन चान्वहम् ।
गृहस्थेनैव धार्यन्ते तस्माज्ज्येष्ठाश्रमो गृही । । ३.७८[६८ं] । ।


Parce que les individus (appartenant) aux trois (autres) ordres reçoivent quotidiennement du maître de maison des secours en instruction religieuse et en nourriture, (l'ordre du) maître de maison est le plus éminent de tous. (⁎)

3.79
स संधार्यः प्रयत्नेन स्वर्गं अक्षयं इच्छता ।
सुखं चेहेच्छतात्यन्तं योऽधार्यो दुर्बलेन्द्रियैः । । ३.७९[६९ं] । ।


Quiconque désire une (félicité) impérissable (au) ciel et un bonheur constant ici-bas doit soutenir avec zèle (les devoirs de) cet (ordre) que ne peuvent soutenir les gens sans empire sur leurs organes. (⁎)

Durbalendriyaih signifie littéralement dont les organes sont faibles ; mais Kull. commente durbala par asamyata « non refréné ». (Ⅰ)

3.80
ऋषयः पितरो देवा भूतान्यतिथयस्तथा ।
आशासते कुटुम्बिभ्यस्तेभ्यः कार्यं विजानता । । ३.८०[७०ं] । ।


Les Saints, les Mânes, les Dieux,les Êtres et les hôtes réclament du maître de maison (les offrandes ; c'est pourquoi) celui qui connaît (son devoir) doit faire pour eux (ce qu'ils demandent). (⁎)

3.81
स्वाध्यायेनार्चयेत र्षीन्होमैर्देवान्यथाविधि ।
पितॄञ् श्राद्धैश्च नॄनन्नैर्भूतानि बलिकर्मणा । । ३.८१[७१ं] । ।


Qu'il honore suivant la règle les Saints par la récitation du Véda, les Dieux par les oblations au feu, les Mânes par les offrandes funéraires, les humains par des aliments et les Êtres par l'offrande (dite) bali. (⁎)

3.82
कुर्यादहरहः श्राद्धं अन्नाद्येनोदकेन वा ।
पयोमूलफलैर्वापि पितृभ्यः प्रीतिं आवहन् । । ३.८२[७२ं] । ।


Il doit chaque jour faire une offrande funéraire avec du riz ou autre (aliment), ou avec de l'eau, ou bien avec du lait, des racines et des fruits, pour contenter les Mânes. (⁎)

L'offrande funéraire s'appelle Çrâddha. (Ⅰ)

3.83
एकं अप्याशयेद्विप्रं पित्रर्थे पाञ्चयज्ञिके ।
न चैवात्राशयेत्किं चिद्वैश्वदेवं प्रति द्विजम् । । ३.८३[७३ं] । ।


Qu'il nourrisse au moins un Brahmane (dans la cérémonie) en l'honneur des Mânes qui fait partie des cinq grands sacrifices ; mais qu'à cette occasion il n'en nourrisse aucun au (sacrifice) adressé à tous les Dieux réunis. (⁎)

A cette occasion atra, litt. : là. « L'objet de la seconde partie de ce vers, comme le remarque B., est de défendre que deux séries de Brahmanes soient nourries au Çrâddha quotidien, comme cela se fait au Pârvana Çrâddha, cf. v. 125 ». (Ⅰ)

3.84
वैश्वदेवस्य सिद्धस्य गृह्येऽग्नौ विधिपूर्वकम् ।
आभ्यः कुर्याद्देवताभ्यो ब्राह्मणो होमं अन्वहम् । । ३.८४[७४ं] । ।


Chaque jour un Brahmane doit faire, dans le feu domestique, suivant la règle, avec la nourriture préparée à l'intention de tous les Dieux réunis, une oblation aux divinités suivantes : (⁎)

Un Brahmane : suivant une remarque de Kull. cette prescription s'applique aux trois castes supérieures. — On peut aussi faire dépendre le génitif vaiçvadevasya de grhye gnau « dans le feu domestique (employé) pour préparer la nourriture à tous les dieux ». (Ⅰ)

3.85
अग्नेः सोमस्य चैवादौ तयोश्चैव समस्तयोः ।
विश्वेभ्यश्चैव देवेभ्यो धन्वन्तरय एव च । । ३.८५[७५ं] । ।


D'abord au Feu et à la Lune (séparément) et à tous deux conjointement, puis à tous les Dieux réunis, ensuite à Dhanvantari, (⁎)

Le feu Agni ; la lune Soma (soma désigne aussi le nectar des dieux). — Viçve devâh, tous les Dieux réunis, désigne des divinités d'ordre inférieur, au nombre de dix dont voici les noms : Vasu, Satya, Kratu, Daksha, Kâla, Kâma, Dhjti, Kuru, Purû-Ravas, Mâdravas. — Dhanvantari est le médecin des dieux, produit au barattement de l'Océan, le père de la médecine, l'auteur supposé de l'Àyur Véda, ouvrage médical considéré parfois comme un supplément de l'Atharva Véda. (Ⅰ)

3.86
कुह्वै चैवानुमत्यै च प्रजापतय एव च ।
सह द्यावापृथिव्योश्च तथा स्विष्टकृतेऽन्ततः । । ३.८६[७६ं] । ।


A Kouhoû, à Anoumati, au Seigneur des créatures, au Ciel et à la Terre conjointement, enfin au Feu du bon sacrifice. (⁎)

Kuhû est la déesse de la nouvelle lune. — Anumati déesse de l'amour et de la génération ; c'est aussi une des phases de la lune. — Agni Svishtakrt est le Feu considéré comme le dieu qui accomplit heureusement le sacrifice. (Ⅰ)

3.87
एवं सम्यग्घविर्हुत्वा सर्वदिक्षु प्रदक्षिणम् ।
इन्द्रान्तकाप्पतीन्दुभ्यः सानुगेभ्यो बलिं हरेत् । । ३.८७[७७ं] । ।


Après avoir ainsi offert exactement l'oblation (dans le feu), qu'il (aille) vers chacun des points cardinaux, (de l'Est) vers le Sud, et adresse (l'offrande) bali à Indra, à Yama, à Varouna, et à Soma ainsi qu'à leurs suivants. (⁎)

Indra, chef des dieux et roi du ciel, le Jupiter indien ; son arme est le tonnerre. — Yama, le Pluton ou le Minos indien. —Varuna (Ouranos) personnification du ciel qui embrasse tout. — Soma ou Indu sont des noms de la lune, divinité du genre masculin chez les Indous. — Kull. fait remarquer qu'il doit se tourner « à l'Est pour Indra, au Sud pour Yama, à l'Ouest pour Varuna, et au Nord pour Soma ». (Ⅰ)

3.88
मरुद्भ्य इति तु द्वारि क्षिपेदप्स्वद्भ्य इत्यपि ।
वनस्पतिभ्य इत्येवं मुसलोलूखले हरेत् । । ३.८८[७८ं] । ।


En disant : « (Adoration) aux vents », il répandra (l'offrande) près de la porte ; en disant : « (Adoration) aux eaux », il la répandra dans l'eau; en disant : « (Adoration) aux arbres », il la jettera sur le pilon et le mortier. (⁎)


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