BERESCHITH
Onelittleangel > > BERESCHITH  >
(90 Verses | Page 2 / 2)
Version Jean de Pauly




Versions
Comparer
(Ⅰ)

[40a]  
[...] jugera la terre (Thebel) dans l’équité. »
Rabbi Yossé demanda : Quelle est cette terre qui porte le monde « Çia » ?
Rabbi Siméon lui répondit : C’est la terre sur laquelle se trouve l’enfer, ainsi qu’il est écrit (Jer. , II, 6) « Une terre sèche et aride, image de la mort... » Ce mystère est exprimé dans les mots : « Et les ténèbres couvraient la face de l’abîme. » C’est une allusion à «Çia» où se trouve l’enfer et où séjourne également l’ange de la mort. Cette terre est désignée par le mot « ténèbres » parce que le feu de l’enfer qu’elle abrite noircit les faces de tous les damnés. Le mot «thohou» désigne la terre «Nesia», parce qu’on ne peut jeter l’œil sur cette terre sans oublier tout le passé. Le mot « bohou » désigne la terre « Arqa », parce que l’oubli n’existe pas sur cette terre.
Rabbi Hiyâ dit : Le mot « bohou» désigne la terre « Ghée». Les mots. « Et l’Esprit d’Élohim planait sur les eaux » désignent la terre « Thebel » qui se nourrit de l’esprit d’Élohim ; cet esprit règne également sur notre terre « Éretz ». De même qu’il y a en bas sept compartiments, de même, pour la terre céleste, il y a sept régions situées l’une au-dessus de l’autre, dans lesquelles séjournent les anges supérieurs. Ces sept régions sont unies à notre terre « Éretz » et ne subsistent que par elle. Dans toutes ces régions, les anges chantent des louanges du Saint, béni soit-il. Les degrés de ces anges sont indiqués par les régions qu’ils habitent. La première région, à commencer par celle d’en bas, est une partie de l’espace où il n’y a aucune lumière. Les anges qui l’habitent ressemblent à des ouragans dont on sent la passage mais qu’on ne peut voir ; ils sont invisibles, attendu qu’ils n’ont ni lumière, ni ténèbres, ni aucune couleur, Ils sont inconscients de leur propre existence, attendu que dans leur région il n’existe aucune forme.
Cette région a pour chef un ange du nom de « Tahariel » qui a sous lui soixante-dix sous-chefs. Ce chef et ses sous-chefs parcourent cette région. Les anges de cette région sont anéantis tous les jours par des coups de foudre invisibles et imperceptibles aux autres anges. Ils sont renouvelés tous les matins. Comme ces coups de foudre ne se produisent que dans la nuit et jamais durant le jour, la disparition et la réapparition des anges indiquent dans cette région le jour et la nuit. La deuxième région est une partie de l’espace où il y a un peu plus de lumière que dans la précédente. Elle sert de séjour aux anges supérieurs préposés à veiller sur les œuvres des hommes et à détourner ceux-ci lorsqu’ils suivent la mauvaise voie : Cette région est visible et ne ressemble pas à la précédente. Les anges qui l’habitent font parfois la guerre aux hommes. Ils se nourrissent des odeurs qui montent des bonnes œuvres d’ici-bas. Ils ont pour chef un ange du nom de « Qadomiel ».
Ils commencent à chanter les hymnes à Dieu ; mais, à peine ont-ils commencé, qu’ils arrêtent leur chant et deviennent invisibles, jusqu’au moment où Israël commence ici-bas à chanter les louanges du Seigneur. C’est alors que ces anges redeviennent visibles et répandent plus de lumière qu’auparavant. Ils sanctifient le nom de Dieu trois fois par jour. Et quand Israël se consacre à l’étude de la doctrine, tous les anges prennent leur vol et s’élèvent en haut pour en témoigner ; et le Saint, béni soit-il, leur en tient compte. La troisième région est une partie de l’espace remplie de feu et de flammes. C’est de cette région que sort le fleuve de feu (Nahar dinour), qui se dirige à l’enfer, où il tombe sur la tête des coupables. C’est également dans cette région que séjournent les anges destructeurs qui tourmentent les coupables dans l’enfer. Ces anges sont les accusateurs d’Israël à qui ils portent beaucoup de préjudice, excepté à l’époque où Israël fait pénitence et met ainsi les mauvais anges dans l’impossibilité d’avoir prise sur lui. Ils ont un chef qui est du côté gauche ; d’ailleurs tous sont du côté des ténèbres, ainsi qu’il est écrit : « Et les ténèbres couvraient la face de l’abîme. » Samaël le coupable s’y trouve également. La quatrième région est la partie de l’espace qui est resplendissante de lumière. C’est là que séjournent les anges supérieurs du côté droit. Les anges qui y séjournent commencent les hymnes et les terminent, et, par conséquent, diffèrent des anges susnommés [...]

יִשְׁפּוֹט תֵּבֵל בְּצֶדֶק.

אָמַר רַבִּי יוֹסֵי מָאן הוּא צִיָּה. אָמַר לֵיהּ דָּא הוּא אֲתַר דְּגֵיהִנֹּם כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר צִיָּה וְצַלְמָוֶת. וְרָזָא דָא כְּתִיב, (ד''א דכתיב) (במלת) וְחשֶׁךְ עַל פְּנֵי תְהוֹם. דָּא רָזָא אֲתַר דְּגֵיהִנֹּם. דָּא הוּא צִיָּה אֲתַר דְּמַלְאַךְ הַמָּוֶת כִּדְקָאֲמָרָן דְּאִיהוּ מַחְשִׁיךְ אַנְפַּיְיהוּ דִּבְרִיָּיתָא. וְדָא הוּא אֲתַר דְּחשֶׁךְ עִלָּאָה.

תֹּה''וּ דָּא נְשִׁיָּ''ה דְּלָא אִתְחַזְיָיא בָּהּ חֵיזוּ כְּלָל עַד דְּאִתְנְשֵׁי מִכֹּלָּא. וְעַל דָּא אִתְקְרֵי נְשִׁיָּה. וָבֹהוּ דָּא אַרְקָא אֲתַר דְּלָא אִתְנְשֵׁי. רַבִּי חִיָּיא אָמַר דָּא גֵיא. וְרוּחַ אֱלהִים מְרַחֶפֶת דָּא לָקֳבֵל תֵּבֵל דְּאִתְּזָן מֵרוּחַ אֱלֹהִים, וְכֹלָּא כְּחַד הוּא.

כְּגַוְונָא דָא אִית לְאֶרֶץ עִלָּאָה. שִׁבְעָה מְדוֹרִין אִנּוּן לְעֵילָא דַּרְגָּא עַל דַּרְגָּא וּבְכֻלְהוֹ מְדוֹרִין מַלְאֲכֵי עִלָּאֵי אִלֵּין עַל אִלֵּין. הָכִי נָמֵי לְתַתָּא. וְכֹלָּא אָחִיד דָּא בְּדָא לְמֶהֱוֵי כֹּלָּא חָד. שִׁבְעָה מְדוֹרִין אִנּוּן לְעֵילָא. וְהָא אֶרֶץ עִלָּאָה אֲחִידַת לוֹן וְכֻלְהוּ קָיְימִין בָהּ. וּבְכֻלְהוֹן קָיְימָא תּוּשְׁבַּחְתָּא דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. דַּרְגִּין פְּרִישָׁן דָּא מִן דָּא. וְאַתְרִין פְּרִישָׁן דָּא מִן דָּא:

מָדוֹרָא קַדְמָאָה לְתַתָּא הוּא אֲתַר בֵּי חָשׁוּךְ דְּלָא נָהִיר. וְהוּא מִתְתַּקַּן לְמָדוֹרֵי רוּחֵי וְקַסְטִירֵי וְעִלְעוּלֵי תַּקִּיפִין דְּלָא אִתְחַזְיָין. וְלָא אִית בֵּיהּ נְהוֹרָא וְלָא חֲשׁוֹכָא וְלָא דִיוּקְנָא כְּלַל. וְתַמָּן לָא יָדְעִין בֵּיהּ יְדִיעָא כְּלָל דְּלָאו בֵּיהּ צוּרָה גוֹ כְּלַל כּוּרְסְיָיא (סורטא).

וְעַל הַהוּא אֲתַר מְמַנָּא חַד מַלְאָכָא טַהֲרִיאֵל שְׁמֵיהּ. וְעִמֵּיהּ שִׁבְעִין מְמַנָּן מְעוֹפְפִין. וְאִתְמַחוּן מַזִּיקֵי שְׁבִיבִין (דעלייהו) וְלָא קַיָּימִין וְלָא אִתְחַזּוּן וְלָא מִשְׁתַּכְּחֵי. וְכַד אָתֵי צַפְרָא כֻּלְּהוּ (יט א) מִתְחַדְּשָׁן וְלָא קָיְימֵי. כַּד מָטָאן לְגַבֵּי הַהוּא (דהאי) אֲתַר אָבְדִין וְלָא מִשְׁתַּכְּחִין וְעָאלִין בְּחַד נוּקְבָא דִּתְהוֹמָא וְלָא אִתְחַזּוּן. כַּד אִתְרְמִישׁ לֵילְיָא אִתְמַחוּן מֵאִנּוּן שְׁבִיבִין עַד דְּמָטֵי צַפְרָא:

מָדוֹרָא תִנְיָינָא הוּא אֲתַר דְּנָהִיר יַתִּיר וְאִיהוּ חָשׁוּךְ. אֲבָל לָא חָשׁוּךְ כְּהַהוּא קַדְמָאָה. וְהוּא מִתְתַּקַּן לְמָדוֹרֵי מַלְאָכִין עִלָּאִין דִּי מְמַנָּן עַל עוֹבָדֵיהוֹן דִּבְנִי נְשָׁא וּלְמִסְטֵי (ד''א למסטי) לְהוֹן בְּהַהוּא אֹרַח בִּישָׁא דְּאִנּוּן אָזְלִין. וְהַהוּא אֲתַר אִתְחַזֵּי יַתִּיר מִן קַדְמָאָה. וְאִלֵּין מַלְאָכִין אִית לְהוֹן קְרָבָא (קורבא) עִם בְּנֵי נָשָׁא וּמִתְזְנָן (ומתהנן) מֵרֵיחָא וּבוּסְמָא דִלְתַתָּא לְסַלְקָא בְּתוֹעַלְתָּא וּלְאַנְהָרָא יַתִּיר.

וְעֲלַיְיהוּ חַד מְמַנָּא קדומיאל שְׁמֵיהּ. וְאִלֵּין פָּתְחִין שִׁירָתָא וּמִשְׁתַּכְּכֵי וְאָזְלִין לוֹן. וְלָא אִתְחַזּוּן עַד דְּיִשְׂרָאֵל לְתַתָּא פָּתְחֵי וְאָמְרֵי שִׁירָתָא. כְּדֵין קָיְימָן בְּדוּכְתַּיְיהוּ וְאִתְחַזָּן נְהִירִין יַתִּיר. תְּלַת זִמְנִין בְּיוֹמָא מְקַדְּשֵׁי קְדוּשְׁתָּא. וְכַד יִשְׂרָאֵל עָסְקֵי בְּאוֹרַיְיתָא כֻּלְהוֹן טָאסִין וְסָהֲדֵי (אנון) סָהֲדוּתָא לְעֵילָא. וְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא חַיִּיס עֲלַיְיהוּ:

מָדוֹרָא תְלִיתָאָה הוּא אֲתַר דִּשְׁבִיבִין וְקִטּוֹרִין. וְתַמָּן נְגִידוּ דִּנְהַר דִּינוּר דְּנָגִיד וְנָפִיק דְאִיהוּ בֵּי מוֹקְדָא דְּנַפְשַׁיְיהוּ דְּרַשִּׁיעַיָּא. דְּמִתַּמָּן נָחִית אֶשָׁא עַל רִישַׁיְיהוּ דְּרַשִּׁיעַיָּיא, וְתַמָּן מַלְאֲכֵי חַבָּלָה דְּטָרְדֵי לְהוּ.

וְתַמָּן אִשְׁתַּכַּח דָּלֵטוֹרְיָיא עֲלַיְיהוּ דְיִשְׂרָאֵל לְזִמְנִין וּלְאַסְטָאָה לוֹן. בַּר בְּזִמְנָא דְּנָסְבֵי אַסְוָותָא לְדַחְיָיא לֵיהּ. וְחַד מְמַנָּא עֲלַיְיהוּ מִסִּטְרָא דִשְׂמָאלָא כֻּלְהוּ מִסִּטְרָא דְּחשֶׁךְ כְּמָה דְּאַתְּ אָמֵר וְחשֶׁךְ עַל פְּנֵי תְהוֹם. וסמאל חַיָּיבָא אִשְׁתְּכַח תַּמָּן:

מָדוֹרָא רְבִיעָאָה הוּא אֲתַר דְּנָהִיר. וְתַמָּן הוּא נְהִירוּ לְמַלְאֲכֵי עִלָּאֵי דִּי בִסְטַר יָמִינָא. וּפְתָחוּ שִׁירָתָא וְסַיְּימֵי וְלָא אָזְלִין לְאַעֲבָרָא כַּהֲנֵי קַדְמָאֵי
(Ⅰ)

*****

[40b]  
[...] qui sont brûlés par les foudres avant d’achever leurs hymnes et qui sont renouvelés tous les matins. Les anges de la quatrième région restent toujours immuables ; ce sont les anges de miséricorde qui ne se transforment jamais. C’est de ces anges que l’Écriture dit (Ps. ,CIV, 4) : « Toi qui rends tes anges comme les vents, et tes ministres comme les flammes ardentes... » Ces anges sont chargés de missions sur la terre ; mais ils n’apparaissent aux hommes qu’en songe, ou d’une autre façon, selon le degré d’intelligence de celui à qui ils apparaissent. Ils ont un chef du nom de « Padaël ». Ces anges sont chargés de la garde des clés ouvrant les portes de miséricorde à ceux qui font pénitence et retournent vers leur Maître, c’est-à-dire des clés qui ouvrent les portes par où passent les prières et les veux formulés. La cinquième région est une partie de l’espace où la lumière se manifeste avec plus d’éclat que dans toutes les régions précédentes. Elle est le séjour des anges dont une partie est de feu et l’autre d’eau (69). Ces anges sont des messagers tantôt de miséricorde et tantôt de rigueur. Les premiers séjournent d’un côté de la région, et les autres de l’autre côté.
Tantôt ce sont les premiers qui sont lumineux et les derniers obscurs, tantôt c’est inversement. Ils chantent les louanges de leur Maître au milieu de la nuit. Ils ont un chef dont le nom est « Qadaschiël ». Lorsqu’arrive minuit et que souffle le vent du nord, le Saint, béni soit-il, arrive au Jardin de l’Éden pour s’entretenir avec les justes. Ce vent du nord avertit les anges chargés de chanter les louanges de Dieu, à minuit, que l’heure est arrivée. Tous entonnent alors les hymnes. Et lorsqu’arrive le matin et que l’obscurité du crépuscule se marie avec la clarté du jour, tous les autres anges entonnent des hymnes, et toutes les étoiles du ciel, ainsi que tous les anges d’ici-bas, accompagnent leur chant, ainsi qu’il est écrit (Job, XXXVIII, 7) : « ... Lorsque les astres du matin me louaient tous ensemble et que tous les enfants de Dieu étaient transportés de joie. » Ce chant des anges continue jusqu’au moment où Israël commence à chanter les louanges. La sixième région est celle qui est située le plus près du règne céleste. Cette région est parcourue par des navires qui couvrent les fleuves et les lacs sortant de la mer.
Il y a également des poissons qui parcourent le monde dans tous les sens. Ils ont plusieurs chefs, et le nom du chef suprême est « Oriel », qui est au-dessus de ses sous-chefs. Ces derniers ont des heures et des instants déterminés où commence et où finit leur gouvernement. Quand les navires se dirigent dans la direction du Sud, c’est le chef Michel qui gouverne cette région. Quand c’est dans la direction du Nord que les navires se dirigent, c’est Gabriel qui gouverne, attendu que cet ange se tient au côté gauche du char céleste, alors que Michel se tient au côté droit. Lorsque les navires se dirigent du côté de l’Est, c’est Raphaël qui gouverne cette région, attendu que lui aussi se tient du côté droit du char céleste. Enfin quand les navires se dirigent dans la direction de l’Ouest, c’est Oriel lui-même qui gouverne cette région ; c’est donc lui qui gouverne le dernier. La septième région est la partie de l’espace la plus supérieure de toutes ; là ne pénètrent que les âmes des justes qui jouissent dans cette région de la splendeur céleste et se délectent aux charmes célestes. Dans cette région ne se trouve aucun autre être en dehors des heureux susnommés. C’est là que sont accumulés les trésors de la paix, de la bénédiction et de la grâce. Mais, comme nous avons dit précédemment que le monde d’en bas est formé sur le modèle de celui d’en haut, il s’ensuit que le monde d’en bas est également divisé en sept régions. Toutes les sept terres sont habitées par des hommes ayant des figures semblables à la nôtre. Les habitants de toutes ces terres louent le Saint, béni soit-il, et lui rendent grâce. Mais les habitants d’aucune de ces sept terres ne connaissent aussi bien la gloire du Saint, béni soit-il, que ceux qui habitent la terre supérieure du nom de « Thebel » ; car elle n’est habitée que par des justes aux corps sanctifiés. [...]

דְּפָתְחִין שִׁירָתָא וּמִתּוֹקְדָן וּמִתְעַבְרָן בְּנוּר דָּלִיק וְתָבִין וּמִתְחַדְּשִׁין כְּמִלְקַדְמִין. וְהָנֵי קָיְימִין בְּדוּכְתַּיְיהוּ וְלָא מִתְעַבְרָן. וְהָנִי מַלְאֲכֵי דְרַחֲמֵי דְּלָא מְשַׁנְיָין לְעָלְמִין.

וְעֲלַיְיהוּ כְּתִיב, (תהילים ק״ד:ד׳) עוֹשֶׂה מַלְאָכָיו רוּחוֹת וְגו' וְאִלֵּין עָבְדִין שְׁלִיחוּתַיְיהוּ בְּעָלְמָא וְלָא אִתְחַזּוּן לִבְנֵי נָשָׁא בַּר בְּחֶזְוָוא אוֹ בְּסִטְרָא אָחֳרָא (ל''ד א) בְּסֻכְלְתָנוּ סַגֵּי. וְחַד מַלְאֲכָא מְמַנָּא עֲלַיְיהוּ פדאל שְׁמֵיהּ. וּבֵיהּ פְּתִיחִין מַפְתְּחָן דְּרַחֲמֵי לְאִנּוּן דְּתָיְיבִין לְגַבֵּיהּ דְּמָארֵיהוֹן. וּפָתְחִין תַּרְעִין לְאַעֲבָרָא צְלוֹתְהוֹן וּבָעוּתְהוֹן:

מָדוֹרָא חֲמִישָׁאָה הוּא מָדוֹרָא דְּנָהִיר בִּנְהִירוּ יַתִּיר מִכֻּלְהוּ קַדְמָאֵי. וְאִית בֵּיהּ מַלְאָכִין מִנְהוֹן אֶשָׁא וּמִנְהוֹן מַיָּא. לְזִמְנִין אִשְׁתְּכָחוּ בְּרַחֲמֵי וּלְזִמְנִין אִשְׁתְּכָחוּ בְּדִינָא. אִלֵּין בְּסִטְרָא דָּא וְאִלֵּין בְּסִטְרָא דָּא. לְזִמְנִין נָהֲרִין אִלֵּין וְחָשְׁכִין אִלֵּין. וְאִלֵּין מְמַנָּן לְזַמְּרָא לְמָארֵיהוֹן. אִלֵּין בְּפַלְגּוּת לֵילְיָא. וְאִלֵּין כַּד סָלִיק נְהוֹרָא. וְחַד מְמַנָּא עֲלַיְיהוּ קדשיאל שְׁמֵיהּ.

כַּד אִתְפְּלַג לֵילְיָא וְאִתְעַר רוּחַ צָפוֹן וְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אָתֵי (ס ע''ב) לְאִשְׁתַּעְשְׁעָא עִם צַדִּיקַיָּיא בְּגִנְתָּא דְעֵדֶן. כְּדֵין רוּחַ צָפוֹן אַקִּישׁ וּמָטָא לְאִנּוּן דִּמְמַנָּן בְּפַלְגוּת לֵילְיָא לְזַמְּרָא. וְכֻלְהוּ מְזַמְּרִין וּפָתְחִין שִׁירָתָא. וְכַד אָתֵי צַפְרָא וּמִתְחַבֵּר קַדְרוּתָא דְצַפְרָא בִּנְהוֹרָא. כְּדֵין כֻּלְהוּ אָחֳרָנִין אָמְרִין שִׁירָתָא. וְכָל כֹּכְבֵי רְקִיעָא וְכָל שְׁאָר מַלְאָכִין (דלתתא) מְסַיְיעִין לוֹן כְּמָה דִכְתִיב, (איוב ל״ח:ז׳) בְּרָן יַחַד כֹּכְבֵי בֹקֶר וַיָּרִיעוּ כָּל בְּנִי אֱלהִים. עַד דְּיִשְׂרָאֵל נָטְלֵי שִׁירָתָא וְתוּשְׁבַּחְתָּא אֲבַּתְרַיְיהוּ:

מָדוֹרָא שְׁתִיתָאָה הוּא מָדוֹרָא עִלָּאָה קָרִיב לְמַלְכוּ שְׁמַיָא. וּבֵיהּ אַרְבִין וְנַהֲרִין וְנַחֲלִין דְּמִתְפַּלְּגִין מִן יַמָּא וְכַמָּה נוּנִין אִנּוּן דִּמְרַחֲשָׁן לְאַרְבַּע סִטְרֵי עָלְמָא. וְעֵילָא מִנְהוֹן סָרְכִין מְמַנָּן. וְחַד מְמַנָּא עֲלַיְיהוּ וְאוֹרִיאֵל שְׁמֵיהּ. וְהוּא מְמַנָּא עַל כָּל אִלֵּין תַּתָּאִין.

וְכֻלְהוּ נָטְלֵי בְּשַׁעֲתֵי וְרִגְעֵי כַּד נָטְלֵי אַרְבֵי לְסִטְרָא דָא וּלְסִטְרָא דָא. כַּד נָטְלֵי אַרְבֵי לִסְטַר (דרום) מִזְרָח מְמַנָּא דְקַיְימָא עֲלַיְיהוּ לְהַהוּא סִטְרָא הוּא מִיכָּאֵ''ל דְּאֲתָא מִימִינָא. וְכַד נָטְלֵי אַרְבֵי לִסְטַר צָפוֹן מְמַנָּא דְקַיְימָא עֲלַיְיהוּ לְהַהוּא סִטְרָא הוּא גַּבְרִיאֵל דְּאָתֵי מִסִּטְרָא דִשְׂמָאלָא. וְכַד נָטְלֵי אַרְבֵי לִסְטַר (מזרח) דָרוֹם הָא תַּמָּן אִיהוּ מְמַנָּא דְּקַיְימָא עֲלַיְיהוּ לְהַהוּא סִטְרָא רְפָאֵל (נ''א אוריאל) שְׁמֵיהּ וְהוּא לִימִינָא. וְכַד נָטְלֵי אַרְבֵי לִסְטַר מַעֲרָב מְמַנָּא דְקַיְימָא עֲלַיְיהוּ לְהַהוּא סִטְרָא הוּא אוֹרִיאֵל (נ''א רפאל) וְאִיהוּ לְבַתְרָאָה:

מָדוֹרָא שְׁבִיעָאָה הוּא מָדוֹרָא עִלָּאָה עַל כֹּלָּא. וְתַמָּן לָא אִשְׁתַּכָּחוּ בַּר נִשְׁמַתְהוֹן דְּצַדִּיקַיָיא דְּתַמָּן מִתְעַדְּנִין בְּהַהוּא זִיהֲרָא עִלָּאָה. וּמִתְעַדְּנִין בְּעִדּוּנִין וְתַפְנוּקִין (עלאה) עִלָּאִין. וְתַמָּן לָא אִשְׁתַּכָּחוּ בַּר אִנּוּן זַכָּאִין. וְגִנְזֵי שָׁלוֹם וּבְרָכָה וּנְדָבָה. כֹּלָּא הוּא כְּגַוְונָא עִלָּאָה וְהָא אָמְרוּ חַבְרַיָיא.

כְּדֵין הוּא לָאָרֶץ דִּלְתַתָּא בְּשִׁבְעָה מָדוֹרִין. וְכֻלְהוּ כְּגַוְונָא דִלְעֵילָא. וּבְכֻלְהוֹ אִית זִינִין כְּחֵיזוּ בְּנֵי נְשָׁא. וְכֻלְהוּ מוֹדָן וּמְשַׁבְּחָן לְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. וְלֵית מָאן דְּיָדַע יְקָרֵיהּ כְּאִנּוּן דְּאִנּוּן בְּמָדוֹרָא עִלָּאָה. וְאִלֵּין חָזָאן יְקָרֵיהּ כְּדְקָא יְאוּת לְמִפְלַח לֵיהּ וּלְשַׁבְּחָא לֵיהּ וּלְאִשְׁתְּמוֹדַע יְקָרֵיהּ.

וְעָלְמָא דָא עִלָּאָה דְּאִיהוּ תֵּבֵל לָא קָיְימָא בְּקִיּוּמֵיהּ אֶלָּא בְּגִינֵיהוֹן דְּצַדִּיקַיָּיא דְּאִנּוּן גּוּפִין קַדִּישִׁין.
(Ⅰ)

*****

[41a]  
[...] De même que la septième de ces régions célestes est exclusivement réservée aux âmes des justes, de même la septième terre est exclusivement habitée par les corps des justes, pour que cette région ici-bas corresponde à celle d’en haut.
Rabbi Siméon dit : Outre les sept régions mentionnées, il y a encore sept palais renfermant le mystère de la Foi. Ces sept palais sont situés dans les sept régions susnommées et correspondent aux sept cieux supérieurs. Chaque palais est habité par un esprit supérieur. Le premier palais est habité par l’esprit chargé des âmes des convertis. Son nom est « Rahmiel ». C’est lui qui mène ces âmes pour les mettre en présence de la splendeur de la gloire suprême. Le deuxième palais est habité par un esprit du nom de « Ahinaël ». Il est chargé des âmes des enfants qui n’ont pas eu le bonheur de se consacrer en ce bas-monde à l’étude de la doctrine ésotérique ; c’est lui qui est chargé de les instruire. Le troisième palais est habité par un esprit du nom d’ « Adrahinaël ». Il est chargé des âmes de ceux qui, avant de mourir, avaient pris la décision d’abandonner leur mauvaise conduite et de faire pénitence, mais qui, surpris par la mort, n’avaient pu exécuter leur résolution. Les âmes de tels hommes sont d’abord jetées dans l’enfer ; et, ensuite, l’esprit mentionné les en tire et les prépare à jouir de la splendeur de la gloire de leur Maître. Pourtant la jouissance de ces âmes est inférieure à celle des autres.
Elles sont appelées « enfants de chair » ; c’est à elles que font allusion les paroles de l’Écriture (Is. , LXVI, 23) : « Et à chaque néoménie et à chaque Sabbat (70), toute chair viendra se prosterner devant moi, dit le Seigneur. » Le quatrième palais est habité par l’esprit du nom de « Gadrihaël ». Il est chargé des âmes de ceux qui ont été tués par les peuples païens, à cause de leur foi. Cet esprit fait monter ces âmes dans la pourpre du Roi, où leurs noms sont dessinés, en attendant le jour où le Saint, béni soit-il, les vengera, ainsi qu’il est écrit (Ps. , CX, 6) : Il exercera son jugement contre les païens ; il remplira tout de ruines ; il écrasera sur la terre les têtes d’un grand nombre de personnes. » Le cinquième palais est habité par un esprit du nom d’ « Adiriel ». Il est chargé des âmes des pénitents qui ont persévéré dans leur pénitence jusqu’à la mort (71). Ces âmes sont supérieures à toutes les autres, de même que le palais qui les abrite est supérieur aux autres. Au-dessus de tous ces cinq esprits est placé Michel, le grand chef céleste, sous les ordres duquel sont placés plusieurs milliers et plusieurs centaines de millions d’anges. Michel est chargé de délecter les âmes des zélateurs en leur montrant la lumière céleste qui se dégage du fleuve qui conduit au monde futur (72) ...

Rabbi Siméon dit : Quel est l’homme qui sait formuler ses prières avec autant de justesse que Moïse, qui savait proportionner ses prières à la circonstance ? Tantôt elles étaient longues et tantôt brèves !
Rabbi Siméon dit en outre : J’ai trouvé dans un livre ancien que le mystère de la prière se trouve dans sa composition : Pour que la prière déchire le firmament et pénètre par les portes célestes, il faut qu’elle soit formulée de manière à correspondre à la circonstance ; c’est alors seulement quelle est efficace ; c’est alors seulement qu’elle concilie le Maître de manière convenable, en faisant ressortir l’unité parfaite de l’essence divine. Heureux les justes qui savent se concilier leur Maître, conjurer les fléaux, attirer la Schekhina ici-bas, faire descendre les bénédictions du ciel et obtenir de leur Maître qu’il ne juge point le monde avec trop de rigueur. Rabbi Siméon se leva en s’écriant : Il est écrit (Ps. , CVI, 2) : « Qui racontera les œuvres de la puissance du Seigneur, et qui fera entendre toutes ses louanges ? » Ces paroles désignent Abraham, le zélateur, qui est assis à la droite du Saint, béni soit-il. Ah ! qui ôtera la terre de dessus les yeux d’Abraham, pour que celui-ci nous apprenne les mystères de la prière, lui à qui ont été révélés les palais du Roi suprême Il y a sept autres palais sacrés pourvus de portes par lesquelles [...]

כְּגַוְונָא דִלְעֵילָא לָא קָיְימָא הַהוּא מָדוֹרָא שְׁבִיעָאָה אֶלָּא לְנִשְׁמַתְהוֹן דְּצַדִּיקַיָּיא. הָכִי נָמֵי הַאי מָדוֹרָא שְׁבִיעָאָה לְתַתָּא לָא קָיְימָא אֶלָּא לְגוּפֵיהוֹן דְּצַדִּיקַיָּיא. לְמֶהֱוֵי כֹּלָּא חָד דָּא כְּגַוְונָא דְדָא. (בזהר גדול דפוס מנטובה קרימונה לובלין מתחיל כאן ויאמר אלקים כו' אמרז רבי יצחק שהוא בזהר קטן לקמן בדף מה ע''ב)

תָּא חֲזֵי, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן שִׁבְעָה מָדוֹרִין אִנּוּן דְּקָאֲמָרָן. וּבְגוֹ אִנּוּן אִית ז' הֵיכָלִין מֵאִנּוּן רָזֵי מְהֵימְנוּתָא לָקֳבֵל ז' רְקִיעִין עִלָּאִין. וּבְכָל הֵיכָלָא וְהֵיכָלָא אִית רוּחִין עִלָּאִין. הֵיכָּלָא קַדְמָאָה הָכָא אִית רוּחָא דְּאִתְמַנָא עַל נִשְׁמַתְהוֹן דְּגֵרִין דְּאִתְגַיְירוּ. וְרחמיאל שְׁמֵיהּ. וְאִיהוּ נָטִיל לוֹן וְאִתְהַנּוּן מִזִּיו יְקָרָא דִלְעֵילָא. הֵיכָּלָא תִנְיָינָא אִית רוּחָא חָדָא אהינאל שְׁמֵיהּ. וְדָא קָיְימָא עַל כָּל אִנּוּן נִשְׁמָתִין דְּרַבְיֵי דְּלָא זְכוּ בְּהַאי עָלְמָא לְמִלְעֵי בְּאוֹרַיְיתָא. וְאִיהוּ קָיְימָא עֲלַיְיהוּ וְאוֹלִיף לוֹן. הֵיכָּלָא תְלִיתָאָה בְּהַאי אִית רוּחָא חָדָא אדרהינאל שְׁמֵיהּ. וְאִיהוּ קָיְימָא עַל נִשְׁמַתְהוֹן דְּאִנּוּן דְּאַהַדְּרוּ בִּתְיוּבְתָּא וְלָא אַהַדְּרוּ. כְּגוֹן דְּחֲשִׁיבוּ וְעַד לָא אַהַדְּרוּ בְּהוּ מִיתוּ. אִלֵּין טָרְדִין לוֹן בַּגֵּיהִנָּם. וּלְבָתַר עָאלִין לוֹן לְהַאי רוּחָא מְמַנָּא וְנָטִיל לוֹן. וְחָמְדָן לְאִתְהַנָּאָה מִזִּיו יְקָרָא דְּמָארֵיהוֹן וְלָא אִתְהַנּוּן. וְאִלֵּין אִקְרוּן בְּנֵי בָשָׂר. וְעֲלַיְיהוּ כְּתִיב, (ישעיהו ס״ו:כ״ג) וְהָיָה מִדֵּי חֹדֶשׁ בְּחָדְשׁוֹ וּמִדֵּי שַׁבָּת בְּשַׁבַּתּוֹ יָבֹא כָל בָּשָׂר לְהִשְׁתַּחֲווֹת לְפָנַי אָמַר יְיָ: הֵיכָּלָא רְבִיעָאָה הָכָא קָיְימָא חַד רוּחָא גדריהאל (נ''א גהדה''אל) שְׁמֵיהּ. דָּא קָיְימָא עַל כָּל אִנּוּן נִשְׁמָתִין דְּקָטוֹלֵי דִּשְׁאָר עַמִּין (עובדי כוכבים ומזלות) לְעָאֳלָא לוֹן גּוֹ פּוּרְפִירָא דְמַלְכָּא. וְאִתְרְשִׁימוּ תַּמָּן עַד יוֹמָא דְּיִנְקוֹם לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא דִּכְתִיב, (תהילים ק״י:ו׳) יָדִין בַּגּוֹיִם מָלֵא גְוִיּוֹת מָחַץ רֹאשׁ עַל אֶרֶץ רַבָּה: הֵיכָּלָא חֲמִישָׁאָה הָכָא קָיְימָא חַד רוּחָא דְּאִקְרֵי אדיריאל וְדָא קָיְימָא עַל כָּל אִלֵּין נִשְׁמָתִין (חסר) (היכלא שתיתאה צדקיאל היכלא שביעאה מיכא''ל) (נ''א דחסידי) (דאחידן בתיובתא) דְּאִתְקַיְימוּ בְּהַהוּא סִטְרָא. וְאִלֵּין אִנּוּן לְעֵילָא מִכֻּלְהוּ דִּי בְּמָדוֹרָא דָא עִלָּאָה עַל כֹּלָּא וּמִיכָּאֵ''ל (שמיה) רַב מְמַנָּא (עלייהו) עַל כֻּלְהוּ קָיְימָא (דקיימין) בֵּיהּ. וְכַמָּה אֶלֶף וְרִבְבָן כֻּלְהוּ קָיְימִין תְּחוֹתֵיהּ בְּהַהוּא סִטְרָא. וְתַמָּן מִתְעַדְּנִין אִנּוּן נִשְׁמָתִין דַּחֲסִידֵי בְּהַהוּא נְהוֹרָא עִלָּאָה דְּנַגְדָא מֵעָלְמָא דְּאֲתֵי.

תָּא חֲזֵי (חסר כאן היכל ו' ז): אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן מַאן הוּא דְּיָדַע לְסַדְרָא צְלוֹתָא (קמיה) דְמָרֵיהּ כְּמשֶׁה. בְּשַׁעֲתָא דְאִצְטְרִיךְ לֵיהּ לְסַדְּרָא צְלוֹתֵיהּ בְּאֲרִיכוּת סָדַר. וּבְשַׁעֲתָא דְּאִצְטְרִיךְ לֵיהּ לְקַצְרָא הָכִי נָמֵי.

אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן הָא אַשְׁכַּחְנָא בְּסִפְרֵי קַדְמָאֵי סִדּוּרָא דְרָזֵי דְרָזִין בְּקִשּׁוּרָא חָדָא. זִמְנִין דְּאִצְטְרִיךְ לְסַדְּרָא צְלוֹתֵיהּ כְּדְקָא יָאוּת. וּלְקָשְׁרָא קִשְׁרִין לִבְסוּמֵי לְמָארֵיהּ כְּדְקָא יְאוּת. וּלְמִנְדַע לְיַחֲדָא יִחוּדָא שְׁלֵימָתָא לְמִקְרַע רְקִיעִין וּלְאַפְתָּחָא תַּרְעִין וּפִתְחִין דְּלָא יְהֵא מָאן דְּיִמְחֵי בִּידֵיהּ.

זַכָּאִין אִנּוּן צַדִּיקַיָּא דְּאִנּוּן יָדְעֵי לְמִפְתֵּי לְמָארֵיהוֹן וּלְבִטּוּלֵי גְּזִרִין וּלְאַשְׁרָאָה שְׁכִינְתָּא בְּעָלְמָא וּלְנַחֲתָא בִּרְכָאן וּלְמֶעֱדֵי מָארֵיהוֹן דְּדִינִין דְּלָא יִשְׁלְטוּן בְּעָלְמָא. קָם רַבִּי שִׁמְעוֹן וְאָמַר (תהילים ק״ו:ב׳) מִי יְמַלֵּל גְּבוּרוֹת יְיָ וְגו'. מָאן יְגַלֵּי עַפְרָא מֵעֵינָךְ אַבְרָהָם חֲסִידָא יָמִינָא דְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. דְּגָלֵי לָךְ רָזָא דְּרָזִין. וְשָׁרִיאַת צְלוֹתִין בְּעָלְמָא. וְאִתְגַּלְיָין לָךְ הֵיכָלֵי דְמַלְכָּא עִלָּאָה.

שִׁבְעָה הֵיכָלִין קַדִּישִׁין אִנּוּן. וְאִנּוּן קַיָּימִין בְּתַרְעִין בְּקִיּוּמָא. וּבְכָל חַד וְחַד עָאל
(Ⅰ)

*****

[41b]  
[...] les prières des hommes parviennent auprès du Maître ; la prière de ceux qui savent se concilier leur Maître et faire ressortir l’unité parfaite qui règne en haut. Car c’est de ceux qui savent découvrir l’unité du monde d’en bas avec celui d’en haut et la similitude de l’esprit d’en bas avec celui d’en haut que l’Écriture dit (Is. , XXVI, 16) : « Seigneur, ils vous ont cherché dans leurs maux pressants et vous les avez instruits par l’affliction qui les a obligés de vous adresser leur humble prière. » (73) Le premier palais est celui dont l’Écriture dit (Ex. , XXIV, 10) : « Ils virent le Dieu d’Israël ; sous ses pieds paraissait un ouvrage fait de saphir, qui ressemblait au ciel lorsqu’il est serein. » Ce palais renferme le mystère des mystères. Ici demeure l’esprit appelé « Saphira », duquel émane une lumière pareille à celle du saphir. Sa lumière envoie des rayons dans les deux directions. La lumière réelle est unique et transparente. Mais comme elle est reflétée en haut et en bas et à tous les quatre points cardinaux, elle parait se multiplier. Telle la lumière d’une chandelle ; on voit plusieurs étincelles se dégager de la flamme de la chandelle, qui ne sont pourtant que les parties de la flamme unique ; de même les lumières multiples que l’on remarque dans ce palais ne sont que les reflets de la lumière unique. Mieux encore sera la comparaison de cette lumière avec les réverbérations d’une surface de cuivre étincelante.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Et il sortait d’eux des étincelles comme il en sort de la surface du cuivre luisant. » Cet esprit mentionné se tient à droite du palais. A gauche, se tient un esprit appelé « Lebanah », dont les lumières ne sont que le reflet de celles du premier. Et comme la couleur propre à « Lebanah » est rouge, il s’ensuit que la lumière qu’elle répand est blanche et rouge ; elle est blanche, parce qu’elle est en réalité la même que celle de « Saphira», qui est de couleur blanche ; mais elle est également rouge, parce qu’elle passe par le canal de « Lebanah », qui est rouge. Ceux qui aperçoivent la lumière de « Lebanah » ne se doutent pas que ce soit la lumière de « Saphira », car « Lebanah» absorbe la lumière de «Saphira» de manière imperceptible. On peut en dire la même chose que l’Écriture dit des sept vaches du songe de Pharaon (Gen. , XLI, 20) : « Ces dernières dévorèrent et consumèrent les premières, sans qu’elles parussent en aucune sorte en être rassasiées. » C’est ce mystère qu’on entend par le terme : « Un esprit est dans l’autre et tous les deux ne forment qu’un. » Ce sont les deux lumières, l’une concentrée, en apparence, dans l’autre, mais qui ne sont au fond qu’une seule. Ce palais est pourvu de deux portes qui conduisent aux cieux supérieurs appelés « cieux des cieux ».
Ces deux esprits répandent des étincelles dont sont formés les anges appelés « Ophanim ». Les « Ophanim » sont aussi sacrés que les Hayoth, ainsi qu’il est écrit (Éz., I, 16) : « Et l’aspect des Ophanim et la manière dont ils sont faits ressemblent à l’Eau». Telle est également la signification des paroles de l’Écriture (Éz. , I, 13) : « Et les Hayoth paraissent à la vue comme des charbons de feu brûlants et comme des lampes ardentes. On voit courir au milieu des Hayoth des flammes de feu et des éclairs qui sortent du feu. » Ces paroles désignent l’esprit sacré duquel ils émanent et qui les éclaire, ainsi qu’il est écrit. « Et les Hayoth vont et viennent, comme des éclairs qui brillent. » Lorsqu’un esprit s’unit à l’autre, une grande lumière blanche se répand au-dessus des quatre « Ophanim » dont chacun, ayant la forme d’un lion pourvu d’ailes d’aigle, règne sur mille trois cents fois dix mille « Ophanim » subalternes. Ces quatre « Ophanim » forment les quatre roues du char céleste, qui font marcher le char dans toutes les quatre directions. Mais comme la lumière suprême se manifeste sous trois couleurs différentes, les quatre lumières des quatre « Ophanim » reviennent à douze. Ce sont ces quatre « Ophanim » qui constituent les quatre figures du char de Dieu ; chacune de ces figures est tournée vers un des quatre points cardinaux. Et lorsque les roues du char sont mises en mouvement, toutes les figures des « Ophanim » se trouvent tournées les unes en face des autres, ainsi qu’il est écrit (Ex. , XXXVI, 12) : «... Afin que, les cordons se trouvant vis-à-vis l’un de l’autre, les rideaux fussent joints ensemble. »
Et quand les roues se mettent en mouvement, une voix douce et harmonieuse se fait entendre dans ce bas-monde, qui est l’image de celui d’en haut. Tous les anges, hors et au-dessous de ce palais, tournent leurs yeux vers la lumière qui en émane. Les anges qui se trouvent au-dessous de ce palais en aperçoivent la lumière jusqu’à la hauteur de l’étoile appelée « Sabathaï » ; mais les anges qui séjournent au-dessous de cette étoile n’aperçoivent plus la lumière du palais. Tous ceux qui peuvent apercevoir la lumière de ce palais sont nourris de cette même lumière, ainsi qu’il est écrit (Éz. , I, 20) : « Partout où est l’esprit et où l’esprit s’élève, les roues s’élèvent aussi et le suivent, parce que l’esprit de vie est dans les roues. » Tous ces esprits qui sont à portée de la lumière voient directement la lumière de «Saphira», alors que les autres esprits ne jouissent que de la lumière passée par le canal de « Lebanah », - tel un homme qui voit la lumière du soleil reflétée par l’eau, excepté toutefois l’homme qui, bien que hors de la portée de ce palais, jouit, grâce à la prière, de la vue de cette lumière de « Saphira ». Car, en entrant dans ce palais, la prière de l’homme opère l’union parfaite entre [...]

צְלוֹתָא דְּיִחוּדָא (ד''א ל''ג דמריה) דְּמָאן דְּיָדַע לִבְסוּמֵי לְמָארֵיהּ וּלְיַחֲדָא יִחוּדָא בִּשְׁלִימוּ. דְּיָדַע לְאָעֳלָא בְּכֻלְהוּ וּלְקָשְׁרָא קִשְׁרִין אִלֵּין בְּאִלֵּין רוּחָא בְּרוּחָא. רוּחָא תַּתָּאָה בְּרוּחָא עִלָּאָה כְּתִיב, (ישעיהו כ״ו:ט״ז) יְיָ בַּצַר פְּקָדוּךָ צָקוּן לַחַשׁ מוּסָרְךָ לָמוֹ: (עיין בפרדס בשער היכלות הקדושות והיכלותהתמורות).

הֵיכָלָא קַדְמָאָה כְּתִיב, (שמות כ״ד:י׳) וְתַחַת רַגְלָיו כְּמַעֲשֵׂה לִבְנַת הַסַּפִּיר וּכְעֶצֶם הַשָּׁמַיִם לָטֹהַר. רָזָא דְרָזִין (ד''א אית) רוּחַ דְּאִקְרֵי סַפִּירָא. כְּסַפִּירוּ דְּאֶבֶן טָבָא נָצִיץ לִתְרֵין סִטְרִין. נְהוֹרָא חַד סָלִיק וְנָחִית. וְהַהוּא נְהוֹרָא חִוָּור נָצִיץ לְכָל סְטַר עֵילָא וְתַתָּא וּלְאַרְבַּע סִטְרֵי עָלְמָא. נְהוֹרֵיהּ תַּלְיָין סָתִים וְגַלְיָיא.

מִנְהוֹרָא דָא מִתְפָּרְשִׁין ד' נְהוֹרִין לְד' סִטְרִין. וְכֻלְהוּ נְהוֹרִין חַד נְהוֹרָא. כְּבוּצִינָא דְּשַׁרְגָּא דְּדָלִיק וְנָצִיץ נְהוֹרִין לְחֵיזוּ דְעַיְינִין דִּבְנֵי נְשָׁא. וְאִנּוּן נְהוֹרִין דִּשְׁרַגָּא סָלְקִין וְנַחֲתִין אָזְלִין וְתַיְיבִין מִגּוֹ הַהוּא אֶשָׁא דִנְהוֹרָא דְּשַׁרְגָּא דְּדָלִיק וְכֻלְהוּ חַד נְהוֹרָא. הָכִי נָמֵי אִלֵּין. וּנְצִיצִין כֻּלְהוּ נְהוֹרִין כְּחֵיזוּ דִנְחָשָׁא בְּטִישָׁא בְּסוּמְקָא כְּמָה דְּאִתְּמָר (יחזקאל א׳:ז׳) וְנוֹצְצִים כְּעֵין נְחשֶׁת קָלָל. דָּא הוּא לְיָמִינָא.

לִשְׂמָאלָא אִית רוּחָא דְאִקְרֵי לְבָנָה. וְדָא אִתְכְּלִיל בְּרוּחָא קַדְמָאָה וְעָאל דָּא בְּדָא. נְהוֹרֵיהּ סוּמָק וְחִוַּור כְּחֲדָא. בְּגִין דְּנַפְקָא מֵאִנּוּן נְהוֹרִין קַדְמָאִין. כַּד אָתוּ נְהוֹרִין דְּדָא מָטוּ בִּנְהוֹרִין קַדְמָאִין וְאִתְכְּלִילוּ בֵּיהּ וְאִנּוּן חָד. וְאִתְחַזּוּן נְהוֹרֵי קַדְמָאֵי בִּלְחוֹדַיְיהוּ. וְלָא אִתְגַּלְיָין אִנּוּן אָחֳרָנִין וְלָא אִתְיְדָעוּ דְּעָאלוּ בְּגַוַויְיהוּ וְאִתְטַמְּרוּ בֵּיהּ. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר (בראשית מ״א:כ״א) וְלֹא נוֹדַע כִּי בָּאוּ אֶל קִרְבֶּנָּה וְגו'. וְדָא הוּא רוּחָא בְּרוּחָא דְּאִנּוּן חַד. נְהוֹרִין בִּנְהוֹרִין דְּאִנּוּן חַד. וְהָכָא אִנּוּן תְּרֵין תַּרְעִין (רקיעין) תַּתָּאִין מֵאִנּוּן רְקִיעִין דְּאִקְרוּן (ס''א שמים) שְׁמֵי הַשָּׁמַיִם (רקיע).

מִתְּרֵין רוּחִין אִלֵּין מְנַצְּצָן אִתְבְּרִיאוּ אִנּוּן אוֹפַנִּין דְּאִנּוּן קַדִּישִׁין. דְּדִינַיְיהוּ כְּדִינָא דְחַיּוֹת כְּדִכְתִיב, (יחזקאל א׳:ט״ז) מַרְאֵה הָאוֹפַנִּים וּמַעֲשֵׂיהֶם וְגו'. וְדָא הוּא דִכְתִיב וּדְמוּת הַחַיּוֹת מַרְאֵיהֶן כְּגַחֲלֵי אֵשׁ בּוֹעֲרוֹת כְּמַרְאֵה הַלַּפִּידִים הִיא מִתְהַלֶּכֶת בֵּין הַחַיּוֹת. מָאן הִיא, דָּא רוּחָא קַדִּישָׁא אֲתַר דְּנַפְקוּ מִנֵּיהּ וְאִיהִי נָהִיר לוֹן. דִּכְתִיב וְנוֹגַהּ לָאֵשׁ וּמִן הָאֵשׁ יוֹצֵא בָּרָק.

כַּד אִתְכְּלִיל רוּחָא בְּרוּחָא נָפִיק מִנַּיְיהוּ נְהִירוּ דְּחַד חֵיוָותָא רְמִיז (נ''א רמיא) עַל ד' אוֹפַנִּין. וְהָא דִּיוּקְנָא דִילֵיהּ כְּאַרְיֵה שַׁלִּיט עַל אֶלֶף וּתְלַת מְאָה רִבּוֹא דְּאוֹפַנִּין אָחֳרָנִין. גַּדְפָהָא דְנִשְׁרָא הַאי אִתְמַנָּא עַל (כל) אִנּוּן אוֹפַנִּים. בְּד' גַּלְגַּלִּים נָטְלִין כָּל חַד וְחַד מֵאִנּוּן אַרְבַּע. בְּכָל גַּלְגַּלָּא וְגַלְגַּלָּא תְּלַת סָמְכִין. וְאִנּוּן תְּרֵיסַר סָמְכִין בְּד' גַּלְגַּלִּין. רוּחָא דָא שָׁלָטָא עַל כֹּלָּא. מֵהָכָא נָפְקוּ. וְדָא רוּחָא קַיָּימָא לְכֻלְהוּ. (ד''א והא) מִינָהּ אִתְזָנוּ.

אִלֵּין ד' (ד''א ל''ג אופנים) ד' אַנְפִּין לְכָל חַד וְחַד. וְכָל אִנּוּן אַנְפִּין אִסְתַּכְיָין לְאַרְבַּע סִטְרִין דְּהַהוּא חֵיוָתָא דְקָיְימָא עֲלַיְיהוּ. כַּד נָטְלִין אִלֵּין אַרְבַּע תְּחוֹת הַהוּא חֵיוָתָא. עָאלוּ דָּא בְּדָא וּמְשַׁלְּבָן דָּא בְּדָא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (שמות כז ולו) מַקְבִּילוֹת הַלּוּלָאוֹת אִשָּׁה אֶל אֲחוֹתָהּ. לְאִתְכְּלָלָא חָדָא בְּחָדָא וּלְאָעֳלָא דָּא בְּדָא. כַּד נָטְלִין אִנּוּן גַּלְגַּלִּין אִשְׁתְּמַע קָל נְעִימוּתָא בְּכָל אִנּוּן חֵילִין דִּלְתַתָּא לְזִינַיְיהוּ.

תְּחוֹת הֵיכָלָא דָא מִתְפָּרְשִׂין חֵילִין לְבַר לְכַמָּה סִטְרִין דִּרְקִיעִין דִּלְתַתָּא עַד דְּמָטוּ לְכֹּכְבָא דְּשַׁבְּתָאי. כֻּלְהוּ אִסְתַּכְיָין לְהֵיכָלָא דָא. מִתַּמָּן אִתְזָנוּ. כָּל אִלֵּין דִּי בְּהֵיכָלָא דָא כֻּלְהוּ אִסְתְּכוּ לְהַהוּא רוּחָא דִּכְתִיב, (יחזקאל א׳:י״ב) אֶל אֲשֶׁר יִהְיֶה שָׁמָּה הָרוּחַ לָלֶכֶת יֵלֵכוּ לֹא יִסַּבּוּ בְּלֶכְתָּן. וְדָא הוּא הֵיכָלָא דְאִקְרֵי לִבְנַת הַסַּפִּיר.

רוּחָא דָא דְּכָלִיל רוּחָא אָחֳרָא תִּנְיָינָא סָלְקָא וְנָחֲתָא נְהוֹרֵיהּ דְּלָא שָׁכִיךְ (שבק) לְעָלְמִין כְּנוּרָא דְּשִׁמְשָׁא גּוֹ מַיָא. לֵית מָאן דְּקָאִים עֲלֵיהּ. בַּר רְעוּתֵיהּ דְּבַר נָשׁ זַכָּאָה, בְּהַהוּא צְלוֹתָא דְּעָאלַת בְּהַהוּא הֵיכָלָא וְסַלְקָא לְקָשְׁרָא קִשְׁרִין בִּשְׁלִימוּ בְּשֵׁרוּתָא
(Ⅰ)

*****

[42a]  
[...] l’esprit d’en haut et l’esprit d’en bas. Alors la lumière descend du ciel, entoure l’homme, réjouit son cœur et le conduit à contempler les mystères du second palais. L’union des quatre « Ophanim » s’opère à ce moment, de même que l’union du « Feu » avec l’ « Eau » et celle de l’ « Eau» avec le « Feu» ; celle du « Sud » avec le « Nord » et celle du « Nord» avec le « Sud» ; celle de l’ « Est» avec l’ « Ouest» et celle de l’ « Ouest» avec l’ « Est». Ainsi la prière de l’homme provoque l’union de l’esprit d’en bas avec celui d’en haut et, par-là, l’union de tout. L’esprit qui réside dans ce palais a les yeux tournés en haut vers le deuxième palais. Les « Ophanim » de ce palais ont les yeux tournés vers les « Hayoth » du deuxième palais, et ceux des « Hayoth » sont tournés vers les « Ophanim ». Ils attendent tous le moment où la prière de l’homme provoque l’union de tous les palais. Cette union s’opère à l’aide d’une colonne placée au milieu du palais d’en bas et élevée jusqu’aux cimes du palais suprême. Tous les esprits qui se trouvent dans les régions placées entre le palais suprême et celui d’en bas doivent s’attacher à cette colonne du milieu, et ils seront unis à l’Esprit suprême, ainsi qu’il est écrit (Ecc. , III, 19) : « Et un esprit les anime tous. » Le deuxième palais est celui dont l’Écriture dit (Ex. , XXIV, 10) : «... Semblable au ciel, lorsqu’il est serein. » Il est le séjour d’un esprit du nom de « Zohar ». Il dégage une lumière toujours blanche et jamais mêlée avec d’autres couleurs, comme l’est celle de «Lebanah ».
C’est pourquoi l’Écriture la compare à un ciel serein. La lumière de ce palais est, à celle du premier, ce qu’est la force visuelle de la pupille à la cornée. Pour apercevoir un objet, il ne suffit pas qu’il soit placé en face de l’œil ; mais il faut encore que la pupille soit tournée vers lui. Il en est de même de la lumière du second palais qui, seule, permet de contempler tour à tour le côté droit et le côté gauche, ce qu’on ne saurait pas faire à l’aide de la lumière du premier palais. Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Cant. , VII, 2) : « Les jointures de vos hanches, sont comme des colliers travaillés par la main d’un ouvrier. » Heureux le sort de celui qui sait se servir de cette lumière pour voir dans toutes les directions. A cet esprit est attaché un autre esprit dont la couleur est noire. C’est cet alliage du noir qui rend foncée la blancheur de la lumière du second palais.
C’est pourquoi l’Écriture la compare à un ciel serein. C’est de cette lumière que naissent les « Séraphim », ainsi qu’il est écrit (Is. , VI, 2) : « Les Séraphim étaient autour du trône ; ils avaient chacun six ailes. » Ils sont pourvus de six ailes, parce que c’est la lumière du sixième palais, en commençant par le palais suprême, qui leur donne naissance. Ces anges sont appelés ainsi parce qu’ils ont pour mission de brûler tous ceux qui ne se soucient pas de la gloire de leur Maître. Ce mystère est renfermé dans les paroles de la tradition (74) : « Quiconque profane la Couronne sera consumé. » Quiconque a étudié l’Écriture et les six séries de la Mischna est à même de formuler sa prière et d’opérer par elle l’union de tout avec son Maître. Les « Séraphim » s’attachent également à ceux qui sanctifient tous les jours le nom sacré de leur Maître. Et lorsque, grâce à la prière des hommes, les roues du char de Dieu sont mises en mouvement, les « Séraphim » dégagent une flamme consumant tous les serpents descendus du premier serpent, par la faute duquel la mort est venue au monde, serpents qui s’attachent au talon de l’homme pour en troubler la prière. Les « Séraphim » qui ont la figure de l’aigle ont les yeux tournés vers la figure d’aigle gravée sur le char de Dieu, ainsi qu’il est écrit (Prov. , XXX, 19) : « La trace de l’aigle dans le ciel... » L’esprit qui séjourne dans ce deuxième palais gouverne tous les « Séraphim». Lorsque les roues du char de Dieu se mettent en mouvement, les « Séraphim » s’ébranlent ; et plusieurs légions sont consumées par leur propre feu ; mais ils sont renouvelés, et ils vont se cacher sous l’aile de l’aigle du char de Dieu, l’aigle qui compte parmi les quatre « Hayoth » qui entourent le char de Dieu. [...]

דְּרוּחַ (נ''א דנהורא) דָּא כְּדְקָא חָזֵי. כְּדֵין נְהוֹרָא אִתְעַטַּף בֵּיהּ וְחָדֵי בָּהּ וְסָלְקָא עִמָהּ לְאִתְקַשְּׁרָא בְּקִשּׁוּרָא דְהֵיכָלָא תִּנְיָינָא. לְאִתְכְּלָלָא רוּחָא דְּכָלִיל בְּרוּחָא אָחֳרָא עִלָּאָה דְּעֲלֵיהּ.

וְרוּחָא דָא דְּכָלִיל כָּלִיל בֵּיהּ הַהִיא חֵיוָותָא וְכָל אִנּוּן אוֹפַנִּין וְגַלְגַּלִּין וְאִתְאַחֲדָן בֵּיהּ כְּגַוְונָא דְּאִתְאַחֲדָא אֶשָׁא בְּמַיָא, וּמַיָא בְּאֶשָׁא. דָּרוֹם בְּצָפוֹן, צָפוֹן בְּדָרוֹם. מִזְרָח בְּמַעֲרָב, וּמַעֲרָב בְּמִזְרָח. הָכִי אִתְאַחֲדָן כֻּלְהוּ דָּא בְּדָא וְאִתְקַשְּׁרָן דָּא בְּדָא. הַהוּא רוּחָא סָלְקָא לְאִתְקַשְּׁרָא. וְהַהִיא חֵיוָתָא אִסְתַּכְיָיא לְעֵילָא לְגַבֵּי הֵיכָלָא תִּנְיָינָא וְאִסְתַּכְיָין דָּא בְּדָא.

בְּאֶמְצָעִיתָא דְּהֵיכָלָא דָא נָעִיץ חַד עַמּוּדָא דְּסָלְקָא עַד אֶמְצָעִיתָא דְהֵיכָלָא אָחֳרָא. וְאִיהוּ נָקִיב וְנָעִיץ (נ''א נתיב נעיץ) מִתַּתָּא לְעֵילָא לְאִתְדַּבְּקָא רוּחָא בְּרוּחָא וְכֵן עַד לְעֵילָא מִכֻּלְהוּ. לְמֶהֱוֵי כֻּלְהוּ רוּחָא חָדָא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (קהלת ג׳:י״ט) וְרוּחַ אֶחָד לַכֹּל:

הֵיכָלָא תִנְיָינָא כְּתִיב, (שמות כ״ד:י׳) וּכְעֶצֶם הַשָּׁמַיִם לָטוֹהַר. הָכָא אִיהוּ הַהוּא רוּחָא דְּאִקְרֵי זֹהַר. וְקָיְימָא בְּחִוַּורְתָּא תָּדִיר. דְּלָא אִתְעָרְבוּ גְּוָונָיו בְּאָחֳרָא. וְאִיהוּ עֶצֶם דְּלָא אִשְׁתַּנֵּי לְעָלְמִין. דָּא לָאו אִיהוּ בְּאִתְגַּלְיָא הָכִי לְאִתְנַצְּצָא כְּאָחֳרָא. דָּא קָשֵׁי לְאִתְגַּלְּיָיא. כִּסְתִימוּ דְעֵינָא דְּכַד מִתְגַּלְגְּלָא אִזְדְּהַר וְנָצִיץ בְּגִלְגּוּלָא. וְדָא אוּף הָכִי. בְּגִין דְּכַד הַהוּא רוּחָא קַדְמָאָה סָלְקָא מְגַלְגֵּל בְּגִלְגּוּלָא וְגָלֵי לֵיהּ, וְאִתְקַּשַּׁר בַּהֲדֵיהּ בְּקִשּׁוּרָא דְּחִוַּורְתָּא דְעֵינָא גּוֹ גַּוָון אָחֳרָא דְּאִיהוּ דַּקִּיק מִינֵּיהּ דְּשָׁארֵי עֲלוֹי.

מִתְגַּלְגְּלָא רוּחָא דָא מִגּוֹ רוּחָא דִלְתַתָּא. נְהוֹרָא דִלְתַתָּא אַסְחַר לְגַלְגְּלָא (נ''א וגלגל) נְהוֹרָא דָא וְאִתְנְהִיר. וְלָא יָכִיל לְאִתְנַהֲרָא עַד דְּאֲחִיד תַּתָּאָה בֵּיהּ וְאִתְקַשַּׁר בַּהֲדֵיהּ וּכְדֵין אַנְהִיר. וְאָחִיד בִּנְהוֹרָא דִלְתַתָּא (ד''א ל''ג דהוה נהיר) דְּהוּא כָּלִיל וְלָא אִשְׁתַּנֵּי כְּלָל. אֶלָּא אִתְגַּלְיָא בְּגִינֵיהּ בְּגִלְגּוּלָא דִילֵיהּ. וְכַד נְהוֹרָא דָא מִתְגַּלְגְּלָא נָטִיל נְהוֹרָא אָחֳרָא לִסְטַר שְׂמָאלָא וְאִתְגַּלְגְּלָא בַּהֲדֵיהּ וְאִסְתַּחַר עִמֵּיהּ. וְרָזָא דָא כְּתִיב, (שיר השירים ז׳:ב׳) חַמּוּקֵי יְרֵכַיִךְ כְּמוֹ חֲלָאִים מַעֲשֵׂה יְדֵי אָמָּן. זַכָּאָה אִיהוּ מָאן דְּיָדַע לְגַלָּאָה (נ''א לגלגלא) נְהוֹרִין. רוּחָא אָחֳרָא אִתְכְּלִיל בַּהֲדֵיהּ וְאִסְתַּחַר (ואנהיר) וְנָהִיר סַחֲרָנֵיהּ בְּגַוָון תִּכְלָא וְחִוָּור. הַהוּא חִוָּור אִתְקַשַּׁר בְּחִוָּור דָּא. וְהַהוּא תִּכְלָא אִתְקַשַּׁר בְּסוּמְקָא דִנְהוֹרָא תַּתָּאָה דְּלִסְטַר שְׂמָאלָא. וְאִתְכְּלִילוּ דָא בְּדָא וְהֲווּ חָד. וְאִקְרוּן עֶצֶם הַשָּׁמַיִם. וְכָל מַה דִּלְתַתָּא וְהַהוּא הֵיכָלָא דִלְתַתָּא כֹּלָּא אִתְכְּלִיל הָכָא. וּבְגִין דְּכֹלָּא אִתְכְּלִיל הָכָא אִתְקְרֵי עֶצֶם הַשָּׁמַיִם.

מִכְּלָלָא דִנְהוֹרִין אִלֵּין אִתְבְּרִיאוּ אִנּוּן שְׂרָפִים דְּשִׁית גַּדְפִין כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר (ישעיהו ו׳:ב׳) שְׂרָפִים עוֹמְדִים מִמַּעַל לוֹ שֵׁשׁ כְּנָפַיִם שֵׁשׁ כְּנָפַיִם לָאֶחָד. כֻּלְהוּ בְּשֵׁשׁ. בְּגִין דְּכֻלְהוּ מֵעֶצֶם הַשָּׁמַיִם. אִלֵּין אִנּוּן דְּאוֹקִידוּ לְאִנּוּן דְּלָא חַיְישֵׁי עַל יְקָרָא דְּמָארֵיהוֹן. וְרָזָא דְאִשְׁתַּמֵּשׁ בְּתַגָּא חֲלָף. מָאן דְּקָארֵי וְתָנֵי שִׁית סִדְרֵי מִשְׁנָה דָּא הוּא מָאן דְּיָדַע לְסַדְּרָא וּלְקַשְּׁרָא קִשּׁוּרָא יִחוּדָא דְמָארֵיהּ כְּדְקָא יָאוֹת. אִלֵּין אִנּוּן דִּמְקַדְּשִׁין שְׁמָא קַדִּישָׁא דְמָארֵיהוֹן בְּכָל יוֹמָא תָּדִיר.

כַּד מִתְגַּלְגְּלַן נְהוֹרִין נָפַק מִנַּיְיהוּ נְהִירוּ דְּחַד חֵיוָותָא. דְּאִיהִי קַיָּימָא וְרַמְיָא עַל ד' חֵיוָון שַׁלִּיטִין עַל קַמָּאי דִּכְלִילוּ לוֹן בְּגַוַויְיהוּ. וּבְאִלֵּין כַּד נָטְלִין אִתְכַפְיָין שְׂרָפִים תַּתָּאֵי נְחָשִׁים דְּנָפְקֵי מִגּוֹ הַהוּא נָחָשׁ שָׂרָף דְּגָרִים מוֹתָא לְכָל עָלְמָא.

אִלֵּין חֵיוָון אַנְפֵּי נֶשֶׁר מִסְתַּכְּלָן לְגַבֵּי הַהוּא חֵיוָתָא נִשְׁרָא עִלָּאָה דְּעֲלַיְיהוּ, כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (משלי ל׳:י״ט) דֶּרֶךְ הַנֶּשֶׁר בַּשָׁמָיִם. רוּחָא דָא שָׁלְטָא עַל כֹּלָּא. הַהִיא חֵיוָותָא דְרָמִיז (נ''א דרמיא) עַל כֻּלְהוּ אִסְתַּכְּיָיא לְעֵילָא וְכֻלְהוּ לְגַבֵּיהּ (ד''א לגבה).

כֻּלְהוּ כַּד נָטְלִין מִזְדַּעְזְעִין כַּמָּה חַיָּילִין. מִנְהוֹן נְהִירִין. מִנְהוֹן מִתְתַּבְּרֵי (נ''א מסתכרי מקמיהון) מִקִּיּוּמֵיהוֹן (מימיהון) וְאוֹקִידוּן לוֹן בְּנוּרָא וְאַתְיָין וּמִתְחַדְּשָׁן כְּמִלְקַדְּמִין. כֻּלְהוּ עָאלִין תְּחוֹת הַהוּא חֵיוָתָא מִסְתַּתְּרִין תְּחוֹת גַּדְפָהָא לְאַכְלָלָא לוֹן לְעֵילָא.

אִנּוּן ד' חֵיוָון
(Ⅰ)

*****

[42b]  
[...] Lorsque la lumière se lève au-dessus du char de Dieu, toutes les roues se mettent à tourner. Celle de l’Est se trouve entravée dans sa marche par les trois autres roues qui sont tournées vers d’autres directions ; il en est de même de celle de l’Ouest, de celle du Sud et de celle du Nord. Mais, lorsque le char est soulevé en haut par le milieu, il peut être dirigé dans toutes les directions sans être entravé par les roues. C’est la Colonne du milieu qui soulève le char et fait marcher toutes les figures dans la direction qu’il veut. C’est cette Colonne du milieu qui provoque et qui arrête la marche du char de Dieu, et partant qui ferme et qui ouvre la porte des prières. Aussitôt que la voix de la prière se fait entendre au ciel, les anges de toutes les régions s’ébranlent ; les « Ophanim » des régions inférieures montent dans les régions supérieures ; et tous les anges en général cherchent à s’approcher de l’Esprit suprême qui leur donne vie et mouvement. Heureux l’homme par la volonté de qui pareil rapprochement s’opère ! Aussitôt que la prière de l’homme est parvenue à ce deuxième palais, l’esprit qui y réside le fait monter au troisième palais.
De cette façon, l’union du deuxième et du troisième palais s’opère. C’est l’union du « Feu » et de l’« Eau », de l’« Eau » et du « Feu », de l’« Air » et de la « Terre », de la « Terre » et de l’« Air », de l’« Est » et de l’« Ouest », de l’« Ouest » et de l’« Est », du « Nord » et du « Sud », du « Sud » et du « Nord ». C’est dans ce palais que s’opère la première union entre les éléments. D’ici, la Colonne du milieu fait monter les esprits au troisième palais où l’union apparaît encore plus parfaite que dans le deuxième palais, ainsi qu’il est écrit : « Et tous ont un seul esprit. » C’est au moment de sortir du deuxième palais pour monter au troisième que les esprits se sentent élevés à un degré supérieur de sainteté. Et c’est à cette élévation que correspond la génuflexion qui marque le moment où l’on cherche à s’unir à son Maître. Le troisième palais est celui où réside l’esprit appelé « Nogah », esprit dont la lumière est d’une pureté absolue, dépourvue de toute couleur ; elle n’est ni blanche ni verte, ni noire ni rouge.
C’est pourquoi cette lumière est appelée « pure », parce quelle est exempte de tout alliage. Mais c’est précisément en raison de la pureté de cette lumière que les esprits ne peuvent l’apercevoir qu’à travers les deux lumières qu’ils ont déjà perçues dans les deux palais inférieurs. C’est pour cette raison que la lumière de ce troisième palais paraît présenter trois nuances différentes, alors qu’en réalité la diversité des nuances n’est due qu’aux lumières précédentes à travers lesquelles celle-ci est vue. La lumière de ce palais projette des fusées représentant une gerbe de lumière de vingt-deux couleurs différentes. Mais la lumière du troisième palais ne commence à répandre sa clarté qu’au moment où une faible lumière d’en bas y arrive. C’est la flamme d’un copeau qui met le feu à un bûcher. Cette faible lumière d’en bas est celle de la prière des hommes. Aussitôt cette lueur arrivée, la gerbe s’allume en projetant ses vingt-deux fusées de lumières de couleurs différentes, qui correspondent aux vingt-deux lettres de l’Écriture. Ensuite, toutes ces fusées s’unissent en une seule Colonne de lumière. La lumière de ce palais émane de l’esprit qui y réside et dont la seule aspiration est de s’approcher du quatrième palais et de contribuer ainsi à l’union de tout. Les étincelles qui se dégagent de cette lumière donnent naissance à d’autres « Hayoth » sacrés et puissants, dont les figures sont semblables à celles [...]

סָלְקִין כַּד רוּחָא אִזְדְּהַר בְּגוֹ הַהוּא חֵיוָותָא. אַרְבַּע גַּלְגַּלִּין לְכָל חַד וְחַד. גַּלְגַּלָּא חָדָא אִסְתְּכֵי לִסְטַר מִזְרָח. תְּלַת סָמְכִין נָטְלִין לֵיהּ וְאִסְתַּכְיָין לְאֶמְצָעִיתָא. וְגַלְגַּלָּא חָדָא אִסְתְּכֵי לִסְטַר מַעֲרָב, וּתְלַת סָמְכִין נָטְלִין לֵיהּ וְאִסְתַּכְיָין לְאֶמְצָעִיתָא. וְגַלְגַּלָּא חָדָא אִסְתְּכֵי לִסְטַר דָּרוֹם. וּתְלַת סָמְכִין נָטְלִין לֵיהּ וְאִסְתַּכְיָין לְאֶמְצָעִיתָא. וְגַלְגַּלָּא אָחֳרָא אִסְתְּכֵי לִסְטַר צָפוֹן וּתְלַת סָמְכִין נָטְלִין לֵיהּ וְאִסְתַּכְיָין לְאֶמְצָעִיתָא. וְכֻלְהוּ סָמְכִין תְּרֵיסַר נָטְלִין מִגּוֹ אֶמְצָעִיתָא. וְהַהוּא אֶמְצָעִיתָא סָגִיר וּפְתַח. וְכָל גַלְגַּלָּא וְגַלְגַּלָּא כַּד נָטְלָא קָלָא אִשְׁתְּמַע בְּכֻלְהוּ רְקִיעִין.

אִלֵּין אַרְבַּע חֵיוָון (ד''א דלעילא) כֻּלְהוּ (מתלבשן) (ס''א אשתלבן) דָּא בְּדָא. וְעָאלִין אִנּוּן אוֹפַנִּים דִּלְתַתָּא בְּגוֹ אִלֵּין חֵיוָון דִּלְעֵילָא כְּלִילָן אִלֵּין בְּאִלֵּין, רוּחָא דָא דְּאִתְכְּלִיל בְּאִנּוּן רוּחִין מְלַהֲטָא וְסָלְקָא לְאִתְאַחֲדָא לְעֵילָא וְקָיְימָא לְאִתְאַחֲדָא וּלְאִתְקַשְּׁרָא בִּרְעוּתָא דְבַר נָשׁ זַכָּאָה בְּהַהִיא צְלוֹתָא דְּצַלֵּי. דְּכַד סָלְקָא וְעָאלַת בְּהַהוּא הֵיכָלָא נָטִיל כֹּלָּא וְכֻלְהוּ נַטְלִין בַּהֲדָהּ וְאִתְכְּלִילוּ דָּא בְּדָא עַד דְּאִתְכְּלִילוּ בְּהַהוּא רוּחָא. וְהַהוּא רוּחָא נָטְלָא בִּרְעוּתָא דְּקִשּׁוּרָא דְּיִחוּדָא דִצְלוֹתָא דִּמְיַחֲדָא כֹּלָּא עַד דְּמָטוּ כֻּלְהוּ לְהֵיכָלָא תְּלִיתָאָה כְּלִילָן דָּא בְּדָא כְּדְּקַדְמָאי, אֶשָׁא בְּמַיָא, וּמַיָא בְּאֶשָׁא. רוּחָא בְּעַפְרָא, וְעַפְרָא בְּרוּחָא. מִזְרָח בְּמַעֲרָב, מַעֲרָב בְּמִזְרָח. צָפוֹן בְּדָרוֹם, דָּרוֹם בְּצָפוֹן. וְהָכִי הָנֵי כֻּלְהוּ מִתְקַשְּׁרָן דָּא בְּדָא וּמִתְאַחֲדָן דָּא בְּדָא וּמְשַׁלְּבָן דָּא עִם דָּא. וְכֵן כַּמָּה חַיָּילִין וּמַשִּׁרְיָין דְּאִתְאַחֲדוּ (נ''א דנחתי) לְתַתָּא וְאִתְעָרְבוּ בְּאִנּוּן תַּתָּאֵי עַד דְּמָטוּ לְכֹכָבָא דְּצֶדֶק וְתַמָּן כַּמָּה מְמַנָּן עַל עָלְמָא.

וְכַד רוּחָא דָא דְּאִתְכְּלִיל (ד''א אתכליל) מִכֻּלְהוּ וְכֻלְהוּ כְּלִילָן בֵּיהּ. סָלִיק וְאִתְאַחַד וְעָאל בְּגוֹ הֵיכָלָא תְּלִיתָאָה עַד דְּאִתְאַחַד בְּרוּחָא דְתַמָּן בְּגוֹ הַהוּא עַמּוּדָא דְּקָאִים בְּאֶמְצָעִיתָא. וּכְדֵין כֹּלָּא אִשְׁתְּלִים עַד הָכָא כְּדְקָא יָאוֹת. וְכֻלְהוּ רוּחָא חָדָא כָּלִיל מִכֹּלָּא וּשְׁלִים מִכֹּלָּא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר וְרוּחַ אֶחָד לְהֵנָה. הָכָא הַכְּרָעָה לְאִתְדַּבְּקָא בְּמָארֵיהּ:

הֵיכָלָא תְלִיתָאָה. הֵיכָלָא דָא אִיהוּ הֵיכָלָא דְּהַהוּא רוּחָא דְּאִקְרֵי נֹגַהּ, רוּחָא דָא אִיהוּ דַכְיָיא בָּרִיר מִכֻּלְהוּ. לֵית לֵיהּ גַּוָּון דְּאִתְחַזֵּי בֵּיהּ לָאו חִוַּור וְלָאו יָרוֹק וְלָאו אוּכָם וְלָא סוּמָק. וּבְגִין כָּךְ אִקְרֵי טוֹהַר. דַּכְיָיא בְּרִירָא מִכָּל אִלֵּין תַּתָּאִין. וְאַף עַל גַּב דְּאִיהוּ דַּכְיָיא מִכֹּלָּא, לָא אִתְחַזֵּי עַד דְּאִלֵּין תַּתָּאֵי מִתְגַּלְגְּלָן וְאֲחִידָן (נ''א וכראן) בֵּיהּ וְעָאלִין בְּגַוִּיהּ (נ''א ביה). כֵּיוָן דְּעָאלִין בְּגַוֵּיהּ כְּדֵין אַחֲזֵי נְהוֹרֵיהּ וְלָא גַּוָון חַד מִכֻּלְהוּ.

כַּד אִשְׁתְּלִים הַאי רוּחָא מִכֻּלְהוּ תַּתָּאֵי, אַפִּיק מִנֵּיהּ נְהוֹרָא דְּכָלִיל בִּתְלַת נְהוֹרִין. אִנּוּן תְּרֵין נְהוֹרִין סָלְקִין וְנָחֲתִין וְנָצְצִין. בְּהַהוּא נִצּוֹצָא אִתְחַזּוּן עֶשְׂרִין וּתְרֵין נְהוֹרִין מְשַׁנְיָין דָּא מִן דָּא וְכֻלְהוּ חַד נְהוֹרָא. וְעָאלִין בְּגוֹ הַהוּא חַד נְהוֹרָא. וְהַהוּא נְהוֹרָא כָּלִיל לוֹן.

וְלָא נָהִיר, בַּר בְּזִמְנָא דְּאִלֵּין נְהוֹרִין דִּלְתַתָּא סָלְקִין וְהַהוּא רְעוּתָא דִּצְלוֹתָא נָטִיל לְכֻלְהוּ. כְּדֵין הַהוּא נְהוֹרָא נָפִיק מִגּוֹ הַהוּא רוּחָא. אִתְנְהִיר הַהוּא נְהוֹרָא וְאַפִּיק אִלֵּין תְּרֵין נְהוֹרִין נָצְצִין וְאִתְחַזּוּן כְּחוּשְׁבַּן כ''ב אַתְוָון דְּאוֹרַיְיתָא. לְבָתַר מִתְהַדְּרִין וּכְלִילָן בְּהַהוּא נְהוֹרָא.

כָּל אִנּוּן נְהוֹרִין תַּתָּאֵי (באנון נהורין) כֻּלְהוֹן כְּלִילָן בְּהָנִי נְהוֹרִין (תתאין) וְכֻלְהוּ בִּנְהוֹרָא דָא. הַאי נְהוֹרָא אִיהוּ כָּלִיל בְּגוֹ הַהוּא רוּחָא. וְהַהוּא רוּחָא קַיְימָא בְּהֵיכָלָא תְּלִיתָאָה דָא. וְלָא קָאִים לְאִתְיַשְׁבָא אֶלָּא בְּגוֹ הֵיכָלָא רְבִיעָאָה דְּתִאוּבְתֵּיהּ לְסַלְקָא לְגַוֵּיהּ.

אִלֵּין נְהוֹרִין דְּנָפְקוּ מִגוֹ הַהוּא רוּחָא כַּד מְנַצְצִין מִתְחַבְּרָן כֻּלְהוּ נְהוֹרִין דְּנָצְצָן. בְּשַׁעֲתָא דְּנָפְקֵי מִגּוֹ הַהוּא נְהוֹרָא חָדָא וְדָחֲקִין (נ''א ודחיין) לְאִתְנַצְּצָא. נָפְקֵי מִנַּיְיהוּ חַד חֵיוָתָא קַדִּישָׁא רַבְרְבָא דְּיוֹקְנָהָא כְּחֵיזוּ דְּכָל אִנּוּן
(Ⅰ)

*****

[43a]  
[...] des autres « Hayoth ». Ils unissent en eux la, forme du lion et de l’aigle. Au-dessous de ces « Hayoth » se trouvent les quatre «Ophanim » à la couleur de l’ « Eau» reflétant toutes les autres couleurs. Ils ont sous leurs ordres six cent mille fois dix mille anges subalternes. Chacun de ces « Ophanim » est pourvu de huit ailes. Tous ces « Ophanim » sont nés de la lumière des « Hayoth», qui sont au-dessus d’eux ; et c’est de cette lumière qu’ils se nourrissent. Les quatre chefs des «Ophanim » se tiennent aux quatre points cardinaux du monde. Chacun est pourvu de quatre figures, dont deux sont tournées vers les « Hayoth », et les deux autres couvertes de leur ailes, pour les empêcher de regarder le mouvement du char de Dieu, parce que cette vue les anéantirait. Leur crainte de Dieu donne naissance à d’autres légions et armées d’anges qui louent Dieu et chantent des hymnes à sa gloire, sans interruption. Le nombre de ces armées d’anges est incalculable. Le troisième palais est pourvu de quatre portes correspondant aux quatre points cardinaux. Chacune de ces quatre portes est gardée par dix chefs.
Au moment où les prières, montant des palais inférieurs, parviennent au troisième, toutes les portes s’ouvrent. Et alors la grande fusion s’opère : Les chefs sont confondus avec les autres chefs, les armées avec les autres armées, les «Ophanim » avec les « Hayoth », et les « Hayoth » avec les «Ophanim », les lumières avec les lumières, et les esprits avec les esprits, et tous ensemble avec l’esprit qui réside dans ce palais. Il existe en outre dans ce palais un endroit qui reflète la lumière, telle une plaque d’or luisante. Là sont enfermées d’innombrables légions et armées d’anges, qui ne peuvent monter plus haut avant que l’union n’ait été faite entre ce palais et le quatrième à l’aide de la prière. Ces anges sont les messagers de la justice, que le chef de la justice résidant dans le quatrième palais envoie au monde pour y exécuter les jugements supérieurs.
Or, les anges chargés de porter dans le monde les fléaux et les tourments s’arrêtent au troisième palais, pour attendre les prières d’en bas, susceptibles d’arrêter leur marche en avant. Ces anges sont appelés les « maîtres d’armes », parce qu’ils font la guerre au monde en exécutant les jugements supérieurs. Dans ce palais, sont suspendus, sur soixante murs, six cent mille boucliers d’or sur lesquels les guerriers suspendent leurs armes avant de pénétrer dans le palais. Mais, en sortant du quatrième palais, ils ne s’avancent que jusqu’à la région de l’étoile appelée «Maadim », où leur course est arrêtée, en attendant la prière d’en bas. Aussitôt que la prière y est parvenue, le zèle des anges porteurs des fléaux et des tourments se ralentit et ils finissent par être fusionnés avec les anges messagers porteurs de joie et de décrets favorables ; et tous, alors, s’unissant à la Colonne du milieu, remontent au quatrième palais.
Remarquez que tous ces palais à travers lesquels passent les prières sont indispensables ; chaque palais forme le complément de l’autre. Pour que l’union soit parfaite en haut, il faut que, par la prière d’ici-bas, l’union commence à être faite dans les palais inférieurs. Heureux l’homme qui, sachant faire cette union, s’attache à son Maître, conjure les fléaux et attire les bénédictions célestes sur le monde. Un tel homme est appelé «Juste» et « Colonne du monde » ; la prière d’un tel homme n’est jamais adressée infructueusement au ciel. Un tel homme aura sa récompense dans le monde futur, où il comptera parmi les enfants de la foi.
Remarquez que tous ces palais, tous ces « Hayoth », toutes ces légions d’anges, toutes ces lumières et tous ces esprits, sont indispensables dans l’ordre céleste. Tous sont unis entre eux par des liens indissolubles autant qu’indispensables. De même que les diverses parties de l’œil sont indispensables à la vue, et que la pupille ne saurait fonctionner sans l’aide de la cornée, de même tous ces palais et tous ces anges sont indispensables à l’union parfaite des échelles inférieures et à leur union avec la Colonne du milieu ; c’est par ces gradations que la prière doit passer, afin qu’elle parvienne à constituer une couronne [...]

שְׁאָר חֵיוָתָא דִּיוּקְנָא דְאַרְיֵה וְדִיוּקְנָא דְנְשֶׁר כְּלִילָן כְּחֲדָא וְאִתְעֲבִידוּ בָּהּ חַד דִּיוּקְנָא מִנַּיְיהוּ.

תְּחוֹת הַאי חֵיוָתָא אִית ד' אוֹפַנִּין עִלָּאִין (חיזו דלהון) כְּחֵיזוּ דְתַרְשִׁישׁ מְרַקְמָן בִּכְלִילוּ דְּכָל גְּוָונִין. וְשִׁית מְאָה אֶלֶף רִבּוֹא (רברבן) כֻּלְהוּ בְּגַוַויְהוּ. וְאִלֵּין ד' אוֹפַנִּים בִּתְמַנְיָא גַּדְפִין כֻּלְהוּ. וְכֻלְהוּ נָפְקִין מִגּוֹ נְהִירוּ דְּהַהוּא חֵיוָתָא דְּשָׁלְטָא עֲלַיְיהוּ. בְּשַׁעֲתָא דְּנָצִיץ הַהוּא נְהוֹרָא מַפְקָא חַיָילִין חַיָילִין אִלֵּין.

וְאִלֵּין ד' דִּתְחוֹתָהּ קַיָּימִין בְּד' סִטְרִין דְעָלְמָא בְּד' אַנְפִּין כָּל חַד וְחַד. תְּרֵין אַנְפִּין מִסְתַּכְּלָן לְגַבֵּי הַהוּא חֵיוָתָא. וּתְרֵין אַנְפִּין מְחַפְיָין בְּגַדְפַיְיהוּ מֵאִנּוּן נְהוֹרִין דְּנָצְצָן דְּלָא יָכְלִין לְאִסְתַּכָּלָא.

בְּכָל זִמְנָא דְּנָטְלֵי אִלֵּין בְּד' גַּלְגַּלִּין (ד''א ותריסר) (ותרין) סַמְכִין כְּקַדְמָאֵי אִתְעֲבִיד מֵהַהוּא זֵיעָא דִלְהוֹן כַּמָּה חַיָילִין וּמַשִּׁרְיָין דְכֻלְהוּ מְשַׁבְּחִין וּמְזַמְּרֵי דְּלָא מִשְׁתַּכְּכֵי לְעָלְמִין. וּלְאִלֵּין לֵית לוֹן שִׁעוּרָא.

אַרְבַּע פִּתְחִין אִית לְהֵיכָלָא דָא לְאַרְבַּע סִטְרִין דְּעָלְמָא. עֶשֶׂר מְמַנָּן בְּכָל פִּתְחָא וּפִתְחָא. וּבְזִמְנָא דְּכֻלְהוּ דִּי בְּגוֹ הֵיכָלִין דִּלְתַתָּא. וְאִנּוּן הֵיכָלִין סָלְקִין בִּרְעוּ דִצְלוֹתָא דַכְיָיא. כֻּלְהוּ פָּתְחִין פִּתְחִין. עַד דִּכְלִילָן כֻּלְהוּ אִלֵּין בְּאִלֵּין. וּמְשַׁלְּבִין אִלֵּין בְּאִלֵּין. וְעָאלִין כֻּלְהוּ מְמַנָּן גּוֹ מְמַנָּן. מַשִּׁרְיָין גּוֹ מַשִּׁרְיָין. אוֹפַנִּים בְּחַיּוֹת וְחַיּוֹת בְּאוֹפַנִּים. בְּאִלֵּין אוֹפַנִּים, נְהוֹרִין בִּנְהוֹרִין רוּחָא בְּרוּחָא. עַד דְּעָאלוּ בְּרוּחָא דָא.

בְּהֵיכָלָא דָא אִית דּוּכְתָּא חָדָא כְּחֵיזוּ דְּדַהֲבָא דְּנָצִיץ. וְתַמָּן גְּנִיזִין כַּמָּה חַיָּילִין וּמַשִּׁרְיָין דְּלָא סָלְקִין וְלָא מִתְעַטְּרִין לְעֵילָא אֶלָא בְּשַׁעֲתָא דְּכָל אִלֵּין קָשְׁרִין קְשִׁירָן וְהֵיכָל נָטִיל לְאִתְעַטְּרָא כֻּלְהוֹן נָפְקִין מַלְיָין בְּדִינָא. וְאִקְרוּן מָארֵי תְּרֵיסִין. שְׁלִיחָן בְּעָלְמָא מִגּוֹ מָארֵי דִינִין דִּי בְּהֵיכָלָא רְבִיעָאָה. בְּהַאי דוּכְתָּא תַּלְיָין בְּאַרְבַּע סִטְרִין שִׁית מְאָה אֶלֶף רִבְוָון מְגִינִים דְּדַהֲבָא לְכָל סְטַר וּסְטַר. וְכֵן לְתַתָּא מִנַּיְיהוּ שׁוּרִין מַקְּפָן וְאִנּוּן שִׁתִּין.

וְכָל הָנֵי מְגִינִים כֻּלְהוּ מַגִּיחִין קְרָבִין סְיָיפִין וְרוֹמְחִין לְבַר בְּכָל אִנּוּן שְׁלִיחֵי דִינִין דְּעָלְמָא עַד דְּמָטוּ דַּרְגִּין בְּדַרְגִּין לְכֹכָבָא דְּמַאְדִּים. וּכְדֵין הֵיכָלָא סַלְקָא וְאִתְעַטְּרַת בְּהַהוּא רוּחָא בְּכָל אִנּוּן חַיָילִין וְאִשְׁתָּאַר הַהוּא דוּכְתָּא בְּאַתְרֵיהּ. וְהַהוּא דוּכְתָּא אִקְרֵי תָּא הָרָצִים. אִנּוּן שְׁלִיחִין מְרַהֲטֵי לְאַשְׁלָמָא דִינִין וּפֻרְעָנִין בְּכָל סִטְרֵי עָלְמָא.

כַּד סָלְקָא צְלוֹתָא נָטִיל כָּל הָנֵי נְהוֹרִין וּמַשִּׁרְיָין וְקָשַׁר קְשָׁרִין וְאִתְכְּלִילוּ כֻּלְהוּ כְּחֲדָא. עַד דְּאִתְקְשַׁר רוּחָא בְּרוּחָא וְאִנּוּן חַד. וְעָאלוּ גוֹ הַהוּא עַמּוּדָא לְאִתְכְּלָלָא בְּרוּחָא דְּהֵיכָלָא רְבִיעָאָה. זַכָּאָה חוּלָקֵיהּ מַאן דְּיָדַע רָזָא דְמָארֵיהּ וְאָרִים דִּגְלֵיהּ בְּאֲתַר דְּאִצְטְרִיךְ.

וְתָא חֲזֵי כֹּלָּא אִצְטְרִיךְ דָּא לְדָא וְדָא לְדָא לְאַשְׁלָמָא דָא עִם דָּא וּלְאִתְנְהָרָא דָּא בְּדָא עַד דְּסָלִיק כֹּלָּא לְאֲתַר דְּאִצְטְרִיךְ שְׁלִימוּ. מִתַּתָּא בְּקַדְמִיתָא וּמִלְּעֵילָא לְבָתַר. וּכְדֵין אִיהוּ שְׁלִימוּ בְּכָל סִטְרִין וְאִשְׁתְּלִים כֹּלָּא כְּדְקָא יָאוּת. מָאן דְּיָדַע רָזִין אִלֵּין וְעָבִיד שְׁלִימוּ. דָּא אִיהוּ מִתְדְּבַּק בְּמָארֵיהּ וּבַטִּיל כָּל גְּזֵרִין קָשִׁין. וְאִיהוּ אַעֲטַר לְמָארֵיהּ וּמָשִׁיךְ בִּרְכָאן עַל עָלְמָא. וְדָא אִיהוּ בַּר נָשׁ דְּאִקְרֵי צַדִּיקָא עַמּוּדָא דְעָלְמָא וּצְלוֹתֵיהּ לָא אַהֲדַר רֵיקַנְיָיא וְחוּלָקֵיהּ בְּעָלְמָא דְּאֲתֵי, וְאִיהוּ בְּחוּשְׁבַּן בְּנִי מְהֵימְנוּתָא.

תָּא חֲזֵי כָּל הָנֵי הֵיכָלִין וְכָל הָנֵי חֵיוָתָא וְכָל הָנֵי חַיָלִין וְכָל הָנֵּי נְהוֹרִין וְכָל הָנֵי רוּחִין כֻּלְהוּ אִצְטְרִיכוּ דָא לְדָא. בְּגִין לְאִשְׁתַּלָּמָא מִתַּתָּא. וּלְאִשְׁתַּלָּמָא לְבָתַר מִלְּעֵילָא. אִלֵּין הֵיכָלִין אִנּוּן מִתְדַּבְּקִין דָּא בְּדָא.

וְכֻלְהוּ כְּגוָֹונִין דִּלְּעֵילָא (נ''א דעינא) מִתְדַּבְּקִין דָּא עִם דָּא. כָּל מַה דִּי בְּגַוַויְיהוּ אִנּוּן כְּהַהוּא חֵיזוּ דְּמִתְחַזְּיָא (צז א, סב) בִּסְתִימוּ כַּד מִתְגַּלְגְּלָא עֵינָא וְאִתְחַזֵּי הַהוּא זָהֲרָא נָצִיץ. וְהַהוּא מַה דְּלָא אִתְחַזֵּי (ביה) בְּהַהוּא גִלְגּוּלָא. אִיהוּ הַהוּא רוּחָא דְּשָׁלְטָא עַל כֹּלָּא. וּבְגִין כָּךְ קָיְימָא דָא בְדָא דַּרְגִּין עַל דַּרְגִּין (ודרגין על דרגין) עַד דְּאִתְעַטַּר כֹּלָּא
(Ⅰ)

*****

[43b]  
[...] de manière convenable. Le passage de la prière du troisième au quatrième palais constitue une élévation dans la sainteté, élévation à laquelle correspond l’adoration de l’homme au moment de se concilier son Maître. Le quatrième palais diffère de tous les autres. Il est fait de quatre palais, formés l’un dans l’autre, mais qui pourtant n’en constituent qu’un seul. Ici réside un esprit du nom de « Zecouth » (justification) car en ce lieu on justifie tous les enfants du monde. De ce palais se répandent soixante-dix lumières qui correspondent aux soixante-dix chefs qui entourent ce palais et en gardent les portes. Au-dessus de ces soixante-dix lumières, s’élèvent deux autres lumières, qui complètent le tribunal. Car les soixante-dix lumières forment le sanhédrin devant lequel sont portées toutes les actions des hommes pour y être jugées. Les deux lumières, supérieures sont les témoins.
C’est à ce mystère que font allusion les paroles de l’Écriture (Cant. , VII, 3) : « Ton ventre est comme un monceau de froment, tout environné de lis. » Ces soixante-dix lumières prononcent les sentences, bonnes ou mauvaises, suivant les circonstances ; c’est pourquoi cet endroit est appelé « lieu de justification», parce que c’est là que les actions des hommes doivent être justifiées en présence des soixante-dix juges et appuyées sur les témoignages des deux témoins. L’esprit qui réside dans ce palais est marqué par les trois lettres Yod, Hé et Vav, qui sont attachées l’une à l’autre, telle l’union du mâle et de la femelle, union qui donne naissance à une lumière qui éclaire les quatre points cardinaux. Cette lumière en produit trois autres qui correspondent aux trois juges d’un tribunal ordinaire. C’est devant ce tribunal que paraissent toutes les questions relatives la richesse et à la pauvreté, la maladie et la santé. Les sentences prononcées par ces tribunaux sont inscrites sur des billets et confiées à des millions d’anges qui les portent dans le monde, afin d’y procéder à l’exécution du jugement.
Au-dessus de ce tribunal, sont assis quatre « Séraphim » d’une couleur vive, pareille à celle des sons ; ces « Séraphim » projettent soixante-douze fusées de lumière pour correspondre aux soixante-douze lumières susnommées. Au-dessous d’eux, coule un fleuve de feu qui consume tous les anges qui s’en approchent. C’est également dans ce fleuve de feu que sont punis tous les anges ayant mérité un châtiment. C’est pourquoi ce fleuve ne pénètre pas dans le quatrième palais, parce que l’esprit qui l’habite porte la marque des lettres Yod, Hé et Vav ; et en présence de ces lettres il n’y a point de punition. Tous les arrêts concernant le monde proviennent de ce palais, les bons arrêts aussi bien que les mauvais, excepté les arrêts concernant la fécondité, la vie et les moyens d’existence ; ces trois arrêts ne sont point de la compétence de ce palais ; ils émanent de plus haut. Au milieu [...]

כְּדְקָא יָאוּת.

וְתָא חֲזֵי אִלְמָלֵא כָּל אִנּוּן גְּוָונִין דְּעֵינָא דְּאִתְחַזְיָין, כַּד אַסְתִּים עֵינָא וְאִתְגַּלְגְּלָא בְּגַלְגַּלָּא לָא אִתְחַזּוּן אִנּוּן גְּוָונִין דְּזָהֲרָן. וְאִלְמָלֵא אִנּוּן גְּוָונִין, לָא אִתְדָּבַּק הַהוּא דְּסָתִים דְּשָׁלְטָא עֲלַיְיהוּ. אִשְׁתְּכַח דְּכֹלָּא תַּלְיָיא דָא בְּדָא וְאִתְקַשַּׁר דָּא בְּדָא כַּד אִתְכְּלִיל כֹּלָּא כְּחֲדָא בְּהֵיכָלָא תְּלִיתָאָה. וּרְעוּתָא דִצְלוֹתָא סַלְקָא לְאִתְעַטְּרָא בְּהֵיכָלָא רְבִיעָאָה. כְּדֵין כֹּלָּא חַד. וּרְעוּתָא חָדָא וְקִשּׁוּרָא חָדָא. הָכָא הִשְׁתַחֲוָאָה לְאִתְרַצָּאָה בְּמָארֵיהּ:

הֵיכָלָא רְבִיעָאָה, הֵיכָלָא דָא אִיהוּ מְשַׁנְיָא מִכֻּלְהוּ. אַרְבַּע הֵיכָלִין לְדָא. דָּא לְגוֹ מִן דָּא וְכֻלְהוּ חַד הֵיכָלָא. הָכָא אִיהוּ רוּחָא דְּאִקְרֵי זְכּוּת, בְּאֲתַר דָא מִתְהַפֵּךְ זְכוּת דְּכָל בְּנֵי עָלְמָא. רוּחָא דָא נָטִיל כֹּלָּא. מִנֵּיהּ נָפְקוּ שִׁבְעִין נְהוֹרִין כֻּלְהוּ מְנַצְצָן. וְכֻלְהוּ בְּעִגּוּלָא דְּלָא מִתְפַּשְׁטֵי כְּאִלֵּין אָחֳרָנִין. מִתְדַּבְּקִין דָּא בְּדָא וּנְהִירִין דָּא בְּדָא אֲחִידָן דָּא בְּדָא. כָּל זַכְיָין דְּעָלְמָא קַמֵּי אִלֵּין נְהוֹרִין קַיָּימִין. מִכֻּלְהוּ נָפְקֵי תְּרֵין נְהוֹרִין שְׁקוּלִין כְּחֲדָא דְּקָיְימֵי קַמַּיְיהוּ תְּדִירָא.

לָקֳבֵל אִלֵּין אִנּוּן שִׁבְעִין רַבְרְבָן מְמַנָּן לְבַר דְּסָחֲרִין כָּל (הני) (ד''א אנון) אַרְבַּע הֵיכָלִין. שִׁבְעִין נְהוֹרִין אִלֵּין וּתְרֵי נְהוֹרִין דְּקָיְימִין קָמַיְיהוּ כֻּלְהוּ פְּנִימָאִין גּוֹ לְגוֹ. וְרָזָא דָא דִּכְתִיב, (שיר השירים ז׳:ג׳) בִּטְנִךְ עֲרֵמַת חִטִּים סוּגָה בַּשּׁוֹשַׁנִּים.

לְקַמֵּי נְהוֹרִין אִלֵּין עָאלִין כָּל זְכוּ. וְכָל עוֹבָדִין דְּעָלְמָא לְאִתְדְּנָא. תְּרֵין נְהוֹרִין אִלֵּין אִנּוּן סָהֲדֵי סָהֲדוּתָא. בְּגִין (דאנון) דְּאִית שִׁבְעָה עֵינֵי יְיָ דִּמְשַׁטְּטֵי בְּכָל אַרְעָא (ס''א כן כל) כָּל מַה דְּאִתְעֲבִיד בְּעָלְמָא אִתְרְשִׁים בְּהַהוּא עוֹבָדָא מַמָּשׁ וְהַהוּא זְכוּתָא מַמָּשׁ וְקָיְימֵי בְּקִיּוּמַיְיהוּ. וְאִלֵּין תְּרֵין נְהוֹרִין חָמָאן בְּהוּ וּמִסְתַּכְּלָן וְסָהֲדֵי קַמֵּי אִלֵּין ע' נְהוֹרִין. אִלֵּין ע' גִּזְרֵי גִּזְרִין וְדָיְינֵי דִינִין הֵן לְטַב הֵן לְבִישׁ. וְהָכָא אִיהוּ אֲתַר דִּזְכוּתָא.

רוּחָא דָא בֵּיהּ אִתְרְשִׁימוּ אַתְוָון תְּלַת דְּאִנּוּן (קנט ע''א) יה''ו, דְּכַד אִלֵּין אַתְוָון מִתְדַּבְּקָן בְּהַאי אֲתַר בְּאִתְדַּבְּקוּתָא דִּדְכוּרָא וְנוּקְבָא כְּדֵין אִתְרְשִׁימוּ בֵּיהּ וְלָא אִתְעֲדוּן מִתַּמָּן. לְבָתַר נָפַק חַד נְהוֹרָא נָהִיר לְאַרְבַּע סִטְרִין. הַאי נְהוֹרָא אַפִּיק תְּלַת אָחֳרָנִין דְּאִנּוּן תְּלַת בָּתֵּי דִינָא דְּדָיְינִין דִּינִין אָחֳרָנִין בְּמִלִּין דְּעָלְמָא בְּעוּתְרָא בְּמִסְכְּנוּ בְּמַרְעִין בִּשְׁלִימוּ בְּכָל אִנּוּן שְׁאָר מִלִּין דְּעָלְמָא אִתְדָּן בְּהוּ. חַד הֵיכָלָא לְאִנּוּן ע' קַדְמָאֵי לְגוֹ. תְּלָתָא לְאִלֵּין תְּלָתָא אָחֳרָנִין.

סָלְקָא הַאי רוּחָא וְכָלִיל כָּל אִנּוּן דִּלְתַתָּא. וְאַפִּיק חַד חֵיוָותָא קַדִּישָׁא מִתְלַהֲטָא וְעַיְילִין לָהּ כְּעֵינִי אֵינָשָׁא לְאַשְׁגָּחָא בְּאֶלֶף אַלְפִין וְרִבּוֹא רִבְוָון חַיָילִין מָארֵיהוֹן דְּדִינָא. כֻּלְהוּ נָטְלִין פִּתְקִין וּפָתְחִין וְסָגְרִין בְּעָלְמָא וְאַשְׁלִימוּ דִינָא.

תְּחוֹת הַאי חֵיוָתָא ד' שְׂרָפִים מְלַהֲטָן כֻּלְהוּ כְּחֵזוּר וְשׁוֹשַׁן וּשְׁבִיבֵי דְּאֶשָׁא. סָלְקִין ע''ב גַּלְגַּלִּין לְכָל חַד מְלַהֲטָן בְּאֶשָׁא. כַּד נָטְלִין אִתְעֲבִיד נָהָר חָד דִּי נוּרָא. אֶלֶף אַלְפִין מְשַׁמְשִׁין לְהַהוּא נוּרָא, מִתַּמָּן נָפְקֵי כַּמָּה חַיָּילִין. כַּד גַּלְגַּלִּין נָטְלִין. כַּמָּה אִנּוּן רִבּוֹא רִבְוָון דִּיְקוּמוּן מִנַּיְיהוּ בְּגוֹ הַהוּא נוּרָא. תְּחוֹת הֵיכָלָא תִּנְיָינָא נָפְקֵי חַיָּילִין דִּמְזַמְּרִין וְאַתְיָין לְקָרְבָא הָכָא וְאִתּוֹקְדוּן כֻּלְהוּ.

כָּל אִנּוּן (סט א) מְמַנָּן דְּעָלְמָא דְּאִתְמַנּוּן לְשַׁלְטָאָה מֵהָכָא נָפִיק דִּינְהוֹן לְשַׁלְטָאָה מִגּוֹ הַהוּא רוּחָא דְּאִתְרְשִׁים בִּתְלַת אַתְוָון. וּמֵהָכָא מַעְבְּרִין קִיּוּמַיְיהוּ מֵעָלְמָא וְאִתְדְּנוּ בְּהַאי נוּרָא דְּנָגִיד וְנָפִיק. דְּלָּא אִתְמָסַר בְּהַאי הֵיכָלָא. בְּגִין דְּאִתְרְשִׁימוּ בִּתְלַת (ד''א תלת) אַתְוָון הָכָא הַאי רוּחָא אִתְכְּלִיל בְּהוּ. הַהִיא חֵיוָותָא אַפִּיק חַיָּילִין וּמַשִּׁרְיָין דְּלֵית לְהוֹן חוּשְׁבְּנָא.

כָּל דִּינִין דְּעָלְמָא מֵהַאי הֵיכָלָא נָפְקֵי הֵן לְטַב הֵן לְבִישׁ. בַּר (קפא ע''א) תְּלַת בָּנֵ''י חַיֵּ''י וּמְזוֹנֵ''י. דְּלָא אִתְיְיהַב רְשׁוּ בְּאֲתַר דָּא. דְּהָא בְּהַהוּא נָהָר עִלָּאָה דְּכָל נְהוֹרִין נַגְדִין מִנֵּיהּ קָיְימָא מִלָּה. בְּאֶמְצָעִיתָא
(Ⅰ)

*****

[44a]  
[...] de ce palais se trouve un endroit où sont recueillis les esprits qui y arrivent du troisième palais. Ce palais est en outre pourvu de douze portes. A chacune de ces portes, se tiennent de nombreux chefs qui proclament à leurs subordonnés les arrêts rendus et qui doivent être portés dans le monde, ainsi qu’il est écrit (Dan. , IV, 11) : « Et cria d’une voix forte : Abattez l’arbre par le pied, coupez-en les branches, etc. » Les anges subalternes, munis des arrêts, les portent jusqu’au firmament appelé « Hama » (soleil). Et aussitôt que le soleil se lève, les arrêts sont portés de là à tous les points cardinaux du monde. Une fois parvenus au-dessus du soleil, les arrêts y sont colportés même par les démons, par les diables, et même par les oiseaux. Lorsqu’un homme est malade, c’est dans le quatrième palais qu’on juge s’il doit rester en vie ou s’il doit mourir. - Comment ? Mais on a dit précédemment que la question de vie et de mort n’est pas de la compétence de ce tribunal ? Non, elle n’est pas de sa compétence ; mais la décision d’en haut est toujours conforme au jugement que porte ce tribunal. Heureux l’homme qui, s’attachant à son Maître, voit sa prière pénétrer dans ce palais.
Le degré de ce palais est symbolisé par la prosternation face contre terre au moment de la prière, acte par lequel on cherche à atténuer la rigueur du jugement, ainsi qu’il est écrit (Deut. , XXXII, 4) : « Dieu est fidèle ; il est éloigné de toute iniquité, et il est rempli de justice et de droiture. » Le cinquième palais est celui où réside l’esprit « Beraqa » (foudre). La lumière qui, se dégage de cet esprit projette sur les palais inférieurs une lumière pareille à celle de la foudre. Cette lumière ressemble à la pourpre ; elle renferme en outre plusieurs couleurs : le blanc, le noir, le rouge et le vert. Mais toutes ces couleurs sont tellement mêlées qu’elles semblent n’en former qu’une seule. Elles ressemblent à l’homme qui, bien que composé également de plusieurs éléments, semble n’en former qu’un seul. Au-dessous de cette lumière se tiennent quatre « Ophanim » dont les figures sont tournées vers les quatre points cardinaux. Chacun de ces « Ophanim » a une des couleurs sus-nommées, et c’est à mesure que les « Ophanim » se rapprochent les uns des autres que les couleurs des lumières perdent de leur précision et semblent se fusionner les unes avec les autres. Lorsqu’a lieu l’union des quatre « Ophanim », l’un rentre dans l’autre. Mais comme la lumière particulière à chacun d’eux diffère de celle de l’autre, on voit, même après l’union, un « Ophan », dans l’autre, ainsi qu’il est écrit (Éz. , I, 16) : « Et un Ophan est au milieu d’un autre Ophan. » La diversité des couleurs que l’on remarque dans ce palais, provient de cette épée étincelante dont l’Écriture dit (Gen. , III, 24) : « Il mit des Chéroubim devant le Jardin de l’Éden, lesquels faisaient étinceler une épée de feu. » Cette épée du cinquième palais se trouve ainsi suspendue au-dessus des juges qui tiennent leurs assises au quatrième palais.
C’est pourquoi la tradition dit : « Chaque juge doit se souvenir, au moment de rendre la justice, qu’une épée est suspendue au-dessus de sa tête. » La tradition fait allusion à l’épée de feu suspendue au cinquième palais. L’Écriture dit que l’épée tourne constamment. Car, au moment du rapprochement des quatre « Ophanim », deux étincelles s’en échappent, s’envolent hors du palais et tournent constamment devant la porte. L’essence de ces deux étincelles est insaisissable ; tantôt ces étincelles prennent une forme mâle, et tantôt une forme femelle ; tantôt elles apparaissent sous forme d’esprits, tantôt sous celle d’anges supérieurs. D’où vient cette variété de formes sous lesquelles apparaissent ces étincelles ? Ces étincelles prenant naissance du choc produit par l’union des « Ophanim » sont de deux natures différentes ; l’une, constamment luisante, constitue le mâle ; l’autre, luisante par intervalles, constitue la femelle. L’étincelle mâle éclaire les anges messagers envoyés en mission sur la terre ; comme ces anges ont besoin d’une grande lumière, c’est l’étincelle mâle qui eur est destinée. C’est pourquoi, à ceux-ci, les étincelles apparaissent sous une forme mâle. Par contre, les anges qui, ayant été consumés, viennent de renaître, ont besoin de la lumière de l’étincelle femelle, laquelle, en les éclairant, [...]

דְּהֵיכָלָא דָא הוּא אֲתַר מְתַקְּנָא לָקֳבֵל רוּחָא דִּלְעֵילָא בְּגוֹ רוּחָא דָּא וְדָא סָלְקָא בְּהוּ.

תְּרֵין עֶשֶׂר פָּתְחִין אִנּוּן לְהֵיכָלָא דָא. בְּכָל פִּתְחָא וּפִתְחָא כָּל אִנּוּן סָרְכִין וּמְמַנָּן דְּאִנּוּן מַכְרְזֵי לְאוֹדָעָא לְתַתָּא כָּל אִנּוּן דִּינִין דִּזְמִינִין לְנַחֲתָא לְתַתָּא. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (דניאל ד) קָרֵא בְחַיִל וְכֵן אָמַר גּוֹדוּ אִילָנָא וְגו'.

וּמִגּוֹ כָּרוֹזֵי אִלֵּין נָטְלֵי מִלָּה כָּל מָרֵיהוֹן דְּגַדְּפִין עַד דְּאוֹדְעֵי מִלָּה לָרָקִיעַ (קכה א) דְּחַמָּה. וּמִתַּמָּן כַּד נָפִיק שִׁמְשָׁא נָפִיק מִלָּה וְאִתְשַׁטְיָיא בְּעָלְמָא עַד דְּמָטֵי לְהַהוּא חִיוְיָא דִּרְקִיעָא (קכ''ה א) דְּכָל כֹּכְבֵי דִּרְקִיעָא גְּלִידוּ בֵּיהּ דְּאִיהוּ בְּאֶמְצָעִיתָא דִּרְקִיעָא.

וְשָׁמְעִין מִלָּה וְנַקְטִין לָהּ אִנּוּן סָרְכִין דִּתְחוֹת (שמיא) (ד''א שמשא) וְאִנּוּן דִּמְמַנָּן עַל הַהוּא חִיוְיָא וּמִתַּמָּן אִתְפַּשַּׁט לְעָלְמָא. וְאֲפִילּוּ רוּחִין וְשֵׁדִין וְאֲפִילּוּ עוֹפֵי שְׁמַיָא מוֹדָעֵי לֵיהּ בְּעָלְמָא. כָּרוֹזִין תָּבִין וְסָתְמִין פִּתְחִין. לָא סָלְקָא (לאסתלקא) רוּחָא בְּרוּחָא עַד דְּכֻלְהוּ רוּחִין תַּתָּאֵי כֻּלְהוּ חַד בַּהֲדֵי (רוחא בתר) הַאי רוּחָא וְכֻלְהוּ אִתְכְּלִילָן וְעָאלִין דָּא בְּדָא עַד דְּאִתְעֲבִיד כֹּלָּא חָד.

בַּר נָשׁ כַּד אִיהוּ בְּבֵי מַרְעֵיהּ הָכָא אִתְדָּן הֵן לְחַיִּים הֵן לַמָּוֶת. חַיִּין תַּלְיָיא לְעֵילָא אִי אִתְדַּן הָכָא לְחַיִּים יַהֲבֵי חַיִּין מִלְּעֵילָא וְאִי לָא, לָא יַהֲבִין. זַכָּאָה חוּלָקֵיהּ מַאן דְּאִתְדְּבַק בְּמָארֵיהּ וְיֵעוּל וְנָפִיק. הָכָא קִידָה בְּאַנְפִּין בְּאַרְעָא לְאִתְגַּבָּרָא עַל דִּינָא. עַל הַאי הֵיכָלָא אִתְּמָר (דברים לכ) אֵל אֱמוּנָה וְאֵין עָוֶל וְגו': הֵיכָּלָא חֲמִישָׁאָה. הֵיכָלָא דָא הֵיכָלָא דִּבְרָקָא זְהֵיר. דְּאִיהוּ רוּחָא דְּמַזְהִיר נָהִיר לְאִנּוּן תַתָאֵי. רוּחָא דָא אִיהוּ כָּלִיל וּפָתַח וְסָגִיר נָהִיר וְנָצִיץ לְכָּל סִטְרִין. מִנְּצִיצוֹ דָּא נָהִיר חַד נְהוֹרָא כְּעֵין אַרְגְּוָונָא. נְהוֹרָא דָא כָּלִיל כָּל (ד''א כלל) גְּוָונִין דְּנָהֲרִין. נְהוֹרָא חִוָּור וְאוּכָם סוּמָק וְיָרוֹק. אִתְכְּלִילָן אִלֵּין בְּאִלֵּין. אִתְרְקִים חִוָּור בְּסוּמָק. אוּכָם בְּיָרוֹק. לְבָתַר חִוָּור בְּאוּכָם וְאִתְעֲבִיד חַד חֵיוָותָא מְרֻקָּמָא וְאִתְכְּלִיל בָּהּ יָרוֹק וְסוּמָק. דְּיוֹקְנָהָא כִּדִיוּקְנָא דְּבַר נָשׁ דְּכָלִיל כָּל דִּיוּקְנִין.

מִינָהּ נָפְקוּ ד' סָמְכִין דְּאִנּוּן חֵיוָון רַבְרְבָן עַל אִלֵּין דִּלְתַתָּא. חַד אִקְרֵי אוֹפָן דְּאִיהוּ תְּרֵין. בְּגִין דְּכַד אִתְחַזֵּי הַאי אִתְנְהִיר אָחֳרָא בְּגַוֵויהּ. דָּבִיק דָּא בְּדָא. עָאל דָּא בְּדָא. לְבָתַר עָאל אָחֳרָא דָּא בְּדָא וְאִתְחַזּוּן ד' רֵישִׁין לְד' סִטְרִין דְּעָלְמָא וְכֻלְהוּ חַד גּוּפָא. וְאִלֵּין אִנּוּן דִּכְתִיב בְּהוּ (יחזקאל א) כַּאֲשֶׁר יִהְיֶה הָאוֹפָן בְּתוֹךְ הָאוֹפָן, וְכֻלְהוּ אִלֵּין קְשִׁירִין דָּא בְּדָא. כְּחֵיזוּ (נ''א דחיזון) דְּחֵיוָון עִלָּאִין דְּלָא מִתְפָּרְשָׁן לְעָלְמִין. הַאי חֵיוָתָא דְּאַרְבַּע גְּוָונִין מְרֻקָּמָן אֲחִידָן אִלֵּין בְּאִלֵּין לְד' סִטְרִין. מֵהָכָא כַּד נָטְלָא חֵיוָתָא דָא נָטְלָא לִתְרֵין סִטְרִין.

הַאי רוּחָא דִבְרָקָא אִתְכְּלִיל בִּתְרֵין רוּחִין. רוּחָא דָא דִּבְרָקָא אַפִּיק חַד חֵיוָתָא וְכָל אִנּוּן נְהוֹרִין. רוּחָא אָחֳרָא אִתְנְהִיר מִנֵּיהּ דְּאִקְרֵי רוּחָא מְלַהֲטָא נָהֲרִין מִנֵּיהּ תְּרֵין נְהוֹרִין דְּאִנּוּן אַרְבַּע. וְאִלֵּין נְהוֹרִין מִתְהַפְּכִין בִּגְוָונִין. וְהָכָא אִיהוּ (בראשית ג) לַהַט הַחֶרֶב הַמִּתְהַפֶּכֶת. אִלֵּין אִנּוּן נְהוֹרִין דְּמִתְהַפְּכָן שְׁנָנָא דְחַרְבָּא (ואלין גליף) וְאִלֵין קָיְימֵי עַל הֵיכָלָא דִלְתַתָּא. בְּגִין דְּהַאי לַהַט הַחֶרֶב קָיְימָא עַל אִנּוּן ע' נְהוֹרִין דְּבֵי דִינָא. מֵהָכָא כָּל אִנּוּן דַּיָינִין דְּדָיְינֵי דִּינָא חַרְבָּא תָּלְיָיא עַל רֵישַׁיְיהוּ מִלְּעֵילָא.

הַאי לַהַט הַחֶרֶב דְּאִלֵּין אִנּוּן נְהוֹרִין דְּלִסְטַר שְׂמָאלָא אַפִּיקוּ חַד חֵיוָתָא אָחֳרָא דְּקָיְימָא עַל ד' דְּלָא קָיְמֵי בְּקִיּוּמַיְיהוּ תְּרֵי מִימִינָא וּתְרֵי מִשְּׂמָאלָא. כַּד רוּחָא דְחֵיוָתָא הַאי עָאל בְּאִלֵּין. נָצִיץ מִנַיְיהוּ תְּרֵי נִיצוֹצִין מְלַהֲטָן. וְנָפְקֵי מֵהַאי הֵיכָלָא לְבַר וּמִתְהַפְּכֵי תָּדִיר. אִלֵּין נִיצוֹצִין (נג ב) מְלַהֲטָן לְזִמְנִין נוּקְבֵי לְזִמְנִין גּוּבְרֵי לְזִמְנִין רוּחִין לְזִמְנִין עִירִין קַדִּישִׁין.

מַאי טַעְמָא בְּגִין דְּכַד אִתְכְּלִיל הַאי חֵיוָותָא בְּחֵיוָותָא קַדְמָאָה, מִגּוֹ תְּקִיפוּ דְּאִתְכְּלִילָן דָּא בְּדָא, נָפְקָא חַד נִצּוֹצָא מְלַהֲטָא תָּדִיר דְּלָא אִתְדְעַךְ לְעָלְמִין, וְשָׁאטָא וְאָזְלָא אֲבַּתְרַיְיהוּ דְּאִינוּן תְּרֵין נִיצוֹצִין.

וְהַשְׁתָּא אִינוּן גּוּבְרִין וְעָבְדִין שְׁלִיחוּתָא בְּעָלְמָא, וְעַד לָא מְסַיְימֵי מִתְדָּעֲכֵי (כדין) וְהַהוּא נִיצוֹצָא בָּטַשׁ בְּהוּ
(Ⅰ)

*****

[44b]  
[...] les fait revenir à leur état primitif. C’est pourquoi ces anges aperçoivent les étincelles sous la forme femelle. Comme chaque étincelle est formée par les quatre « Ophanim » unis, elle tient la couleur de chacun. C’est pourquoi elle tourne constamment dans tous les sens par la force attractive de chacun des quatre « Ophanim ». Les esprits préposés aux deux étincelles sont également unis par l’effet de la prière ; un de ces esprits rentre dans l’autre de, façon à ce que tous les deux ne paraissent former qu’un seul, contrairement à ce qui se produit pour les « Ophanim » qui, même après leur union, sont visibles l’un dans l’autre, ainsi que nous l’avons dit précédemment. L’union parfaite de ces deux esprits provient de ce fait qu’elle est faite avec amour. C’est d’une pareille union que l’Écriture dit (Cant. , IV, 5) : «Tes deux mamelles sont comme deux petits jumeaux de la femelle d’un chevreuil, qui paissent parmi les lis. » C’est de pareilles unions qu’est formé le palais « Ahabah » (amour).
Car, après l’union, le cinquième palais change de nom et prend celui d’«Ahabah », au lieu de celui de « Beraqa ». C’est dans ce palais que s’opère l’union de tous les êtres par leur attachement commun au Mystère des mystères ; et c’est de ce palais que l’Écriture dit (Cant. , VII, 13) : « C’est là que je t’offrirai mon amour. » Lorsque les deux lumières s’unissent en une seule, des milliers et des millions d’anges en jaillissent qui portent le nom de « Mandragores », « Raisins » et « Grenades ». Tous ces anges ne se meuvent que dans l’espace compris entre le cinquième palais et l’étoile de « Nogah », car ils ne sont pas autorisés à franchir cette région, ainsi qu’il est écrit (Cant. , VIII, 7) : « Quand un homme donnerait toutes les richesses de sa maison pour l’amour « Ahabah », c’est-à-dire, pour attirer les anges du palais d’Ahabah, ceux-ci le mépriseraient. » C’est à ce palais que correspond la prosternation avec les bras tendus, geste fait par quiconque désire s’unir en amour à son Maître. Le sixième palais est le séjour d’un esprit appelé « Bandelette écarlate ». Le mystère de ce palais est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Cant. , IV, 3) : « Tes lèvres sont comme des bandelettes d’écarlate. » Ce palais est appelé « Palais de la volonté » ; car tous les esprits inférieurs aspirent à être unis à l’esprit de ce palais, à lui être unis dans le « baiser de l’amour » (75). L’esprit de ce palais est en relations et avec les six palais inférieurs et avec les six palais supérieurs dont il a été parlé précédemment.
C’est pourquoi ils répandent douze lumières qui correspondent à l’union des six lumières des palais d’en bas avec les six lumières des palais d’en haut. Ce palais est également appelé « palais de la volonté », parce que quiconque sait faire l’union de ces palais attire la volonté de Dieu de haut en bas, ce qui veut dire qu’il fait en sorte que la volonté de Dieu s’accomplisse en amour ici-bas aussi bien qu’en haut. Dans ce palais se trouve Moïse qui est mort par un baiser d’amour ; aussi ce palais est-il appelé le palais de Moïse. L’esprit qui l’habite est un esprit d’amour, un esprit d’union ; car c’est lui qui opère l’union dans l’amour des six lumières d’en bas avec celles d’en haut. Les étincelles qui jaillissent de ces lumières donnent naissance à quatre « Hayoth » sacrés de bonté et d’amour. Ces « Hayoth » sont appelés les « grands Hayoth » ; ils s’unissent aux « Hayoth » inférieurs et plus petits qu’eux, ainsi qu’il est écrit (Ps. , CIV, 25) : « De grands et de petits animaux... » Leur union se fait dans les quatre directions comme l’intérieur de la coquille de noix. C’est en raison de cela que ce palais est aussi appelé «Jardin des noyers », ainsi qu’il est écrit (Cant. , VI, 11) : « Je suis descendu dans le Jardin des noyers. »
Que signifient les paroles : «Je suis descendu dans le Jardin des noyers» ? - Parce qu’il est le palais d’amour, j’y suis descendu pour unir le mâle et la femelle. Ces quatre « Hayoth» se subdivisent en douze, de sorte que chaque côté du palais en présente trois. Tous les êtres inférieurs dépendent d’eux et subsistent grâce à eux : les esprits d’en bas grâce aux esprits d’en haut, les lumières d’en bas par ceux d’en haut, les uns par les autres de sorte qu’ils ne forment qu’une unité. Ainsi cet esprit, formé de tout, monte en haut pour former une couronne à l’Esprit suprême et s’unir avec lui. Et de cette façon a lieu l’union de tous les esprits avec l’Esprit suprême ; c’est à quoi font allusion les paroles de l’Écriture (Cant. , I, 1) : « Qu’il me donne un baiser de sa bouche. » Ces paroles de l’Écriture expriment la grande, la parfaite et l’éternelle joie qu’éprouveront tous les mondes par leur union avec l’Esprit suprême. Les esprits imparfaits deviendront parfaits par cette union, et les esprits privés de lumière répandront une grande clarté à l’aide de cette union. Et toute cette union ne dépend que de la prière de l’homme. Heureux le sort de celui qui, sachant prier de manière convenable. opère [...]

וְנָהִיר לוֹן וְאִתְחַדְּשׁוּן כְּמִלְּקַדְמִין וְאִינוּן נוּקְבֵי וְאָזְלֵי וְשָׁאטָן וְעַד לָא מְסַיְימֵי מִתְדָּעֲכֵי. וְהַאי נִיצוֹצָא בָּטַשׁ בְּהוּ וְנָהִיר לוֹן וְאִתְהַדְּרָן כְּמִלְּקַדְּמִין, בְּגִין דְּהַהוּא נִיצוֹצָא כָּלִיל מִכֹּלָּא כָּלִיל מִד' גְּוָונִין וּבְגִין דָּא אִינוּן מִתְהַפְּכִין לְכָל הָנֵי גַוְונֵי.

רוּחָא דָא אִתְכְּלִיל בְּרוּחָא אָחֳרָא כִּדְקָאֲמָרָן וְאִתְחַזּוּן תְּרֵין כְּחֲדָא, וְלָא כְּאָחֳרָנִין קַדְמָאִין דְּכַד אִתְכְּלִיל דָּא בְּדָא לָא אִתְחַזֵּי בַּר חָד. וְהָכָא אִתְחַזּוּן תְּרֵין וְקָיְמֵי בַּחֲבִיבוּתָא כְּלִילָן מִכֻּלְהוּ תַּתָּאֵי, וְאַף עַל גַּב דְּאִנּוּן תְּרֵין אִנּוּן חַד. כַּד אִתְפְּשַׁט (נ''א בר דאתפשטו) רוּחָא בְּרוּחָא וְאִתְחַזּוּן בְּחֲבִיבוּתָא כְּלִילָן מִכֻּלְהוּ תַּתָּאֵי, וְדָּא (ד''א דא) הוּא רָזָא דִּכְתִיב, (שיר השירים ד׳:ה׳) שְׁנֵי שָׁדַיִךְ כִּשְׁנֵי עָפָרִים תְּאוֹמֵי צְבִיָה הָרוֹעִים בַּשּׁוֹשַׁנִּים.

וְכַד תְּרֵין רוּחִין מִתְפַּשְׁטָן דָּא בְּדָא בְּחֲבִיבוּתָא כְּדֵין אִתְהַדַּר הַאי הֵיכָלָא וְאִקְרֵי הֵיכַל אַהֲבָה הֵיכָלָא דִּרְחִימוּתָא, הֵיכָלָא דָא קָאִים תָּדִיר בְּקִיּוּמֵיהּ, אִתְגְנִיז בְּרָזָא דְרָזִין לְמַאן דְּאִצְטְרִיךְ לְאִתְדַּבְּקָא בֵּיהּ. וְהָכָא כְּתִיב, (שיר השירים ז׳:י״ג) אֶתֵּן אֶת דּוֹדַי לָךְ. לְבָתַר כַּד נָהֲרִין תְּרֵין רוּחִין דְּאִנּוּן חַד נָפְקֵי כַּמָּה חַיָּילִין לְכַמָּה סִטְרִין אַלְפִין וְרִבְוָון דְּלֵית לוֹן שִׁיעוּרָא, מִנְהוֹן אִקְרוּן דּוּדָאִים. מִנְהוֹן גְּפָנִים. מִנְהוֹן רִמּוֹנִים. עַד דְּמָטוּ כַּמָּה חַיָילִין לְבַר עַד הַהוּא כֹּכָבָא דְאִקְרֵי נֹגַהּ וְכֻלְהוּ בַּחֲבִיבוּ דְּלָא מִתְפָּרְשִׁין לְעָלְמִין, בְּהָכָא כְּתִיב, (שיר השירים ח׳:ז׳) אִם יִתֵּן אִישׁ אֶת כָּל הוֹן בֵּיתוֹ בָּאַהֲבָה בּוֹז יָבוּזוּ לוֹ. הָכָא (ד''א כתיב) הִשְׁתַחֲוָאָה וּפְרִישׂוּ דְיָדִין לְאִתְדַּבְּקָא בִּרְחִימוּ דְמָארֵיהּ:

הֵיכָלָא שְׁתִיתָאָה הָכָא הוּא רוּחָא דְּאִקְרֵי חוּ''ט הַשָּׁנִי, רָזָא דִּכְתִיב, (שיר השירים ד׳:ג׳) כְּחוּט הַשָּׁנִי שִׂפְתוֹתַיִךְ, הַאי הֵיכָלָא (היכלא דאקרי) אִקְרֵי הֵיכַּל הָרָצוֹן, הָכָא רוּחָא דְאִיהוּ רַעֲוָא דְּכָל הָנֵי רוּחִין תַּתָּאִין רָהֲטִין אֲבַתְרֵיהּ לְאִתְדַּבְּקָא בֵּיהּ בִּנְשִׁיקָה בִּרְחִימוּתָא.

הַאי רוּחָא אִתְכְּלִיל בְּשִׁית. וְקָיְימָא בְּשִׁית. אִתְכְּלִיל בְּשִׁית דִּלְתַתָּא בַּהֲדֵיהּ. וְקָיְימָא בְּשִׁית עִלָּאִין. וּבְגִין כָךְ הַאי רוּחָא אַפִּיק תְּרֵיסַר נְהוֹרִין כְּלִילָן כֻּלְהוּ מִתַּתָּא וּמִלְּעֵילָא, הָנֵי תְּרֵיסַר נְהוֹרִין אִנּוּן חָדוּן לְסַלְקָא לְעֵילָא וּלְקַבְּלָא כָּל אִנּוּן דִּלְתַתָּא.

הֵיכָלָא דָא דְּאִיהוּ רָצוֹן רַעֲוָא דְּכֹלָּא, מָאן דְּקָשַׁר קִשְׁרִין, וְסָלִיק לוֹן הָכָא, דָּא הוּא דְּאַפִּיק רָצוֹן מֵיְיָ בַּחֲבִיבוּתָא. בְּגוֹ הֵיכָלָא דָּא אִתְכְּנִישׁ משֶׁה בִּרְחִימוּ דְּנָשִׁיק נְשִׁיקֵי רְחִימוּתָא. הַאי הוּא הֵיכָלָא דְּמשֶׁה. רוּחָא דָא רוּחָא דִרְחִימוּתָא, רוּחָא דְיִחוּדָא דְּאַמְשִׁיךְ רְחִימוּ לְכָל סִטְרִין.

וְאִנּוּן (ד''א אנון) תְּרֵיסַר נְהוֹרִין סָלְקִין וְלָהֲטִין. מִנְּצִיצוּ דִּלְהוֹן נָפְקֵי אַרְבַּע חֵיוָון קַדִּישִׁין רְחִימֵי דְאַהֲבָה, אִלֵּין אִקְרוּן חַיּוֹת גְדוֹלוֹת לְאִתְחַבְּרָא אִנּוּן זוּטֵי לְאִתְכְּלָלָא בְּהוּ, דִּכְתִיב, (תהילים ק״ד:כ״ה) חַיּוֹת קְטַנּוֹת עִם גְּדוֹלוֹת.

אִלֵּין אֲחִידָן דָּא בְּדָא לְד' סִטְרִין, כֶּאֱגוֹזָא דְּמִתְחַבְּרָא לְד' סִטְרִין, וּבְּגִין כָּךְ אִקְרֵי הֵיכָלָא דָא, גִּנַּת אֱגוֹז דִּכְתִיב, (שיר השירים ו׳:י״א) אֶל גִּנַּת אֱגוֹז יָרַדְתִּי, מַאי אֶל גִּנַּת אֱגוֹז, בְּגִינֵיהּ דְּגִנַּת אֱגוֹז יָרַדְתִּי דְּאִיהוּ הֵיכָלָא דִּרְחִימוּ לְאִתְדַּבְּקָא דְּכוּרָא בְּנוּקְבָא.

אִלֵּין אַרְבַּע מִתְפָּרְשָׁן לִתְרֵיסַר, תְּלַת תְּלַת לְכָל סְטַר. כָּל אִנּוּן תַּתָּאֵי כְּלִילָן בְּהוּ. וּבְהוּ קַיָימִין רוּחִין בְּרוּחִין נְהוֹרִין בִּנְהוֹרִין, כֻּלְהוּ אִלֵּין בְּאִלֵּין עַד דְּאִתְעֲבִידוּ חַד. וּכְדֵין הַאי רוּחָא דְּכָלִיל מִכֻּלְהוּ סָלְקָא לְאִתְעַטְּרָא (נ''א לאתערא) בְּרוּחָא דִּלְעֵילָא הַהוּא דְּאִקְרֵי שָׁמַיִ''ם וְזַמִּין לֵיהּ לְאִתְחַבְּרָא בַּהֲדֵיהּ, כֵּיוָן דְּאִתְקְשָׁרוּ כֻּלְהוּ דִלְתַתָּא בַּהֲדֵיהּ אָמַר (שיר השירים א׳:ב׳) יִשָּׁקֵנִי מִנְּשִׁיקוֹת פִּיהוּ, וּכְדֵין אִיהוּ חֶדְוָה לְאִתְקַשְּׁרָא רוּחָא בְּרוּחָא וּלְאִשְׁתַּלָּמָא דָא בְּדָא, כְּדֵין אִיהוּ שְׁלִימוּ בְּחִבּוּרָא חָדָא.

כֵּיוָן דְּהַאי רוּחָא אִתְחַבַּר בַּהֲדֵיהּ וְאִשְׁתְּלִים דָּא בְּדָא וְאִתְנְהִירוּ דָּא בְּדָא בְּכָל שְׁלִימוּ כְּדְקָא חָזֵי בְּהַאי רְעוּתָא דְּצַלֵּי בַּר נָשׁ זַכָּאָה דְּסָלִיק כּוֹלָא כְּדְקָא חָזֵי,
(Ⅰ)

*****

[45a]  
[...] l’union de tous ces palais et de tous ces esprits qui n’attendent que la prière de l’homme leur permettant de s’élever d’échelle en échelle, pour se rapprocher de l’Esprit suprême. Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Gen. , XXIX, 11) : « Et Jacob baisa Rachel » Abraham, qui est à la droite de l’Esprit suprême, préside au palais appelé « Ahabah » (amour). C’est Abraham qui se consacre à l’union de ce palais avec l’Esprit suprême, au point qu’ils n’en forment qu’un. On trouve une allusion au mystère de ce palais dans les paroles de l’Écriture (Gen. , XII, 11) : « Je sais que tu es belle. » Or, la beauté de la femme consiste dans ses seins. Isaac, qui se tient à gauche de l’Esprit suprême, préside au palais destiné à la justice, d’où émanent tous les arrêts. C’est Isaac qui se consacre à l’union de l’esprit appelé « Zecouth » avec l’Esprit suprême au point qu’ils n’en forment qu’un. Les autres prophètes président aux deux palais dont les esprits s’appellent « Nogah » et « Zohar » (76). Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Cant. , VII, 2) : « Les jointures de tes hanches sont comme des colliers. » Joseph le Juste, cette colonne du monde, préside au palais appelé « Saphira ». Ce palais est très glorieux, en dépit des paroles de l’Écriture (Ex. , XXIV, 10) : « Sous ses pieds... »
L’Écriture ne place ce palais sous les pieds de Dieu que pour la gloire du Roi. C’est de ce palais que la Colonne du milieu fait monter tous les esprits au septième palais qui constitue le Mystère des mystères et où aboutissent toutes les échelles, parce que toutes y sont unies au point de n’en former qu’une. C’est de cette union parfaite et finale que parle l’Écriture (II Rois, XVIII, 39) : «Jéhovah est Élohim, Jéhovah est Élohim. » Heureux, ici-bas et dans le monde futur, le sort de celui qui sait faire cette union et qui sait s’approcher de son Maître. C’est à cette union finale que correspondent la génuflexion, l’adoration, la prosternation accompagnée du geste d’étendre les bras et de poser la face contre terre, gestes que font ceux qui désirent attirer sur eux l’esprit de l’Esprit suprême, l’Âme de toutes les âmes, de tous ceux qui désirent que leurs prières montent auprès de l’Etre suprême, l’Infini, duquel émanent toutes les lumières et les bénédictions. Lorsque l’union parfaite du monde d’en bas et de celui d’en haut sera accomplie, tous les arrêts de rigueur seront supprimés et la volonté de Dieu sera faite en haut et en bas.
C’est pourquoi l’Écriture dit (Is. , XLIX, 3) : « Et il m’a dit : Israël, tu es mon serviteur et je me glorifierai en toi » ; et ailleurs il est dit (Ps. , CXLIV, 15) : « Heureux le peuple qui a le Seigneur pour son Dieu. » Le septième palais est dépourvu de toute forme ; il constitue le Mystère des mystères devant lequel est suspendu le voile qui le sépare de tous les autres palais, afin que personne ne puisse voir les deux « Chéroubim » qui se trouvent dans l’intérieur de ce voile. C’est pourquoi ce palais est, appelé le « Saint des saints », parce que lui seul voit l’Esprit des esprits, l’Esprit qui anime tous les autres et les éclaire. C’est au moment de l’union de tous les esprits avec l’Esprit suprême que toutes les lumières du septième palais se déverseront hors du Saint des saints et inonderont tous les mondes. Toute lumière qui descend en bas est comparable à la semence que le mâle communique à la femelle. Or, l’union parfaite ne saurait s’accomplir qu’autant que la semence sera communiquée par le septième palais d’en haut au septième palais d’en bas ; c’est alors seulement que l’union [...]

עַד הַהוּא אֲתַר לְחַבְּרָא רְחִימוּ דָא בְּדָא, כְּדֵין (ד''א שמיא אתחבר ברוחא דא ברחימו בשלימו באנהרותא מתדבקן דא בדא, כדין) כָּל אִנּוּן הֵיכָלִין וְכָל אִנּוּן רוּחִין דְּאִתְכְּלִילוּ בְּהַאי כָּל חַד וְחַד מֵאִנּוּן רוּחִין וְהֵיכָלִין דְּאִנּוּן בִּכְלָלָא דְשָׁמַיִם כָּל חַד וְחַד נָטִיל הַהוּא הֵיכָלָא וְהַהוּא רוּחָא (באתר) דְּאִתְחַזֵּי לֵיהּ לְאִתְחַבְּרָא בַּהֲדֵיהּ וּלְאִשְׁתַּלָּמָא בַּהֲדֵיהּ כְּדְקָא יָאוּת. (ד''א בגין דההוא רוחא שתיתאה דאקרי שמיא רוחא קדישא לעילא נטיל היכלא דא רוחא דא דאקרי רצו''ן סליק לון לגבייהו בההוא יחודא. והכי אתחברן רצון לאתנשקא) (כן צ''ל הרש''ב) (נ''א בגין דההוא רוחא שתיתאה דאקרי רצון סליק לון לגבייהו בההוא יחודא והכי אתחברן שמים דאיהי רוחא קדישא לעילא נטיל היכלא דא רוחא דא דאקרי רצון לאתנשקא) דָּא בְּדָא. לְאִתְחַבְּרָא דָא בְּדָא לְאִשְׁתַּלָּמָא דָּא בְּדָא. וְרָזָא דָא (בראשית כ״ט:י״א) וַיִּשַּׁק יַעֲקֹב לְרָחֵל וְגו'.

אַבְרָהָם דְּאִיהוּ יְמִינָא לְעֵילָא נָטִיל (ד''א ל''ג היכלא דקאמרן) (היכל אהבה) רוּחָא דְאִקְרֵי אַהֲבָ''ה לְאִתְקַשְּׁרָא דָּא בְּדָא לְאִתְחַבְּרָא דָא בְּדָא לְמֶהוֵי חַד וְסִימָנָיךְ (בראשית י״ב:י״א) הִנֵּה נָא יָדַעְתִּי כִּי אִשָּׁה יְפַת מַרְאֶה אָתּ. וְשַׁפִּירוּ דְּאִתְּתָא בְּאִנּוּן שָׁדַיִם.

יִצְחָק דְּאִיהוּ שְׂמָאלָא נָטִיל הַהוּא הֵיכָלָא (פקודי רנ''ו א דבי דינא דכל דינין מתערין מתמן רוחא דאקרי זכותא לאתחברא דא בדא ולאשתלמא דא בדא למהוי כלא חד כדקא יאות. שאר נביאים נטלין תרין היכלין (ד''א דלתתא)), תְּרִין רוּחִין נוֹגַ''הּ וְזֹהַ''ר, בְּרָזָא דִכְתִיב, (שיר השירים ז׳:ב׳) חֲמוּקֵי יְרֵכַיִךְ וְגו' לְאִתְקַשְּׁרָא אִלֵּין בְּאִלֵּין לְמֶהֱוֵי חָד.

יוֹסֵף הַצַּדִּיק עַמּוּדָא דְעָלְמָא (פקודי רנח א) נָטִיל הֵיכָלָא דְסַפִּיר רוּחָא דְאִקְרֵי לִבְנַת הַסַּפִּיר, וְאַף עַל גַּב דִּכְתִיב, (שמות כ״ד:י׳) וְתַחַת רַגְלָיו, בְּגִין יְקָרָא דְמַלְכָּא, וְהָכִי הוּא וַדַּאי. וּלְבָתַר עַמּוּדָא דָא נָטִיל יַתִּיר דְּאִיהוּ רָזָא דְרָזִין בְּאֲתַר דְּהֵיכָלָא שְׁבִיעָאָה. עַד הָכָא מִתְחַבְּרָן דַּרְגִּין וּמִתְחַבְּרָן דָּא בְּדָא לְאִשְׁתַּלָּמָא דָּא עִם דָּא לְמֶהֱוֵי כֻּלְהוּ חַד. כֹּלָּא כְּדְקָא חָזֵי. וּכְדֵין (מלכים א יח) יְיָ הוּא הָאֱלהִים וְגו'. זַכָּאָה חוּלָקֵיהּ בְּעָלְמָא דֵּין וּבְעָלְמָא דְּאֲתֵי מָאן דְּיָדַע לְקָשְׁרָא לוֹן וּלְאִתְדַּבְּקָא בְּמָארֵיהּ. הָכָּא הַכְּרָעָה (ד''א ל''ג בהכרעה הכא ומוסיף הווי''ן) וְהִשְׁתַחֲוָאָה, וְקִידָה, וּפְרִישׂוּ דְּכַּפִּין, וּנְפִילָה דְאַפִּין לְאַמְשָׁכָא רְעוּתָא דְּרוּחָא עִלָּאָה נִשְׁמָתָא דְּכָל נִשְׁמָתִין דְּאִיהוּ תַּלְיָא לְעֵילָא עַד אֵין סוֹף. (ד''א ל''ג סוף) דְּמִנֵּיהּ נָפְקֵי נְהִירוּ וּבִרְכָאן לְאַשְׁלָמָא כֹּלָּא מִלְּעֵילָא כְּדְקָא יָאוּת. וּלְמֶהֱוֵי כֹּלָּא בִּשְׁלִימוּ מִתַּתָּא וּמִלְּעֵילָא וְכָל אַנְפִּין נְהִירִין בְּכָל סִטְרִין כְּדְקָא יָאוּת. כְּדֵין כָּל גִּזְרֵי דִינִין מִתְבַּטְלִין וְכָל רְעוּתָא אִתְעֲבִיד לְעֵילָא וְתַתָּא. וְעַל דָּא כְּתִיב, (ישעיהו מ״ט:ג׳) וַיֹּאמֶר לִי עַבְדִּי אַתָּה יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר בְּךָ אֶתְפָּאֵר. וּכְתִיב, (תהילים קמ״ד:ט״ו) אַשְׁרֵי הָעָם שֶׁכָּכָה לוֹ אַשְׁרֵי הָעָם שֶׁיְיָ אֱלהָיו: הֵיכָּלָא שְׁבִיעָאָה הֵיכָּלָא דָא לָאו בֵּיהּ דִיוּקְנָא מַמָּשׁ, כֹּלָּא אִיהוּ בִּסְתִימוּ וְגו' (ד''א גו) רָזָא דְרָזִין, פָּרוּכְתָּא דִפְרִיסָא (ד''א פריסא) קָיְימִין כֻּלְהוּ הֵיכָלִין דְּלָא לְאִתְחַזָּאָה תְּרִין כְּרוּבִים (ד''א ל''ג דא מן דא קיימין), לְגוֹ מִן דָּא קָיְימָא כַּפּוּרְתָּא דִּיוּקְנָא דְקֹדֶשׁ קוּדְשִׁין, בְּגִין כָּךְ הֵיכָלָא דָא אִקְרֵי קֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים. הַאי קֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים אֲתַר מִתְתַּקְנָא לְהַהוּא נִשְׁמָתָא עִלָּאָה כְּלָלָא דְּכֹלָּא עָלְמָא דְּאֲתֵי לְגַבֵּי הַאי (נ''א עלמא) עִלָּאֵי.

דְּהָא כַּד מִתְחַבְּרָן כֻּלְהוּ רוּחֵי דָא בְּדָא וְאִשְׁתַּלִּימוּ דָּא עִם דָּא כְּדְקָא חָזֵי, כְּדֵין אִתְעַר רוּחָא עִלָּאָה נִשְׁמָתָא דְכֹלָּא לְגַבֵּי עֵילָא סְתִימָא דְּכָל סְתִימִין, לְאַתְעָרָא עַל כֹּלָּא לְאַנְהָרָא לוֹן מֵעֵילָא לְתַתָּא. וּלְאַשְׁלָמָא לוֹן לְאַדְלָקָא בּוֹצִינִין.

וְכַד כֹּלָּא (נ''א איהו) בִּשְׁלִימוּ בִּנְהִירוּ דְּכֹלָּא וְנָחִית נְהִירוּ עִלָּאָה, כְּדֵין הַאי הֵיכָלָא שְׁבִיעָאָה אִיהוּ הֵיכָלָא סְתִימָאָה בִּסְתִימוּ דְּכֹלָּא לְקַבְּלָא הַהוּא קֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים נְהִירוּ דְּנָחִית וּלְאִתְמַלְיָיא מִתַּמָּן כְּנוּקְבָא דְּמִתְעַבְּרָא מִן דְּכוּרָא וְאִתְמַלְיָיא, וְלָא אִתְמַלְיָיא אֶלָּא מֵהַאי הֵיכָלָא דְּמִתְתַּקְנָא לְקַבְּלָא הַהוּא נְהִירוּ עִלָּאָה, וְרָזָא דָּא הֵיכָלָא שְׁבִיעָאָה אִיהוּ אֲתַר דְּחִבּוּרָא דְּזִוּוּגָא, לְאִתְחַבְּרָא שְׁבִיעָאָה בִּשְׁבִיעָאָה לְמֶהֱוֵי
(Ⅰ)

*****

[45b]  
[...] sera parfaite, ainsi qu’il convient. Heureux le sort de celui qui sait opérer cette union ; un tel homme est aimé en haut et aimé en bas. Lorsque le Saint, béni soit-il, décrète des châtiments, un homme tel que nous venons de le dire est capable de conjurer les châtiments. Que l’on n’imagine point qu’en agissant de la sorte, cet homme s’oppose aux résolutions de son Maître ; il n’en est rien. Mais en faisant l’union telle qu’elle a été décrite, tous les arrêts de rigueur sont annulés d’eux-mêmes ; car en présence d’une telle union la rigueur ne saurait avoir lieu. Heureux le sort d’un tel homme, et dans ce monde et dans le monde futur. C’est d’un tel homme durant son séjour en ce bas monde que l’Écriture dit (Prov. , X, 25) : « Et le Juste est la base du monde. » D’un tel homme une voix céleste fait retentir tous les jours les paroles suivantes (Is. , XLI, 16) : « Tu te réjouiras dans le Seigneur ; tu trouveras tes délices dans le saint d’Israël. » De même que la fumée des sacrifices montait au ciel, alors que les pontifes officiaient et que les lévites chantaient des hymnes, de même l’élévation des esprits d’un palais à l’autre s’accomplit au moment où l’homme adresse ses prières à la Lumière suprême, à la Lumière des lumières ; c’est alors que tous les esprits, semblables aux petites lumières, sont absorbés par la grande lumière en pénétrant tous dans le Saint des saints où ils sont inondés des bénédictions qui coulent du Saint des saints, telles que les eaux jaillissant d’une source intarissable.
C’est dans ce septième palais que réside le Mystère des mystères qui est au-dessus de tout entendement et de tout calcul. Là, réside la volonté éternelle, la volonté de l’Infini, la volonté qui régit tous les mondes en haut et en bas, la volonté qui n’est perceptible que par l’acte qui la suit, la volonté qui est destinée à régner en bas autant qu’en haut, afin que l’union de tout avec la volonté soit parfaite. Heureux le sort de l’homme qui sait s’attacher à son Maître au moment de l’union ; un tel homme est heureux en haut et heureux en bas, ainsi qu’il est écrit (Prov. , XXIII, 25) : « Que ton père et ta mère soient dans l’allégresse, et que celle qui t’a mis au monde tressaille de joie. » Remarquez que, lorsque l’union parfaite s’opère, tout est concentré dans la Pensée suprême ; toutes les formes et toutes les images disparaissent pour faire place à la Pensée suprême qui, seule, anime, vivifie et éclaire tout.
Au moment de l’union, disons-nous, toutes les formes et toutes les images qui ne sont faites que pour permettre à l’entendement de concevoir la Pensée suprême qui est au-dessus de tout entendement, parce qu’elle est au-dessus de toute forme et de toute image, disparaissent et laissent la Pensée suprême apparaître dans toute sa pureté. Or, la Volonté suprême réside dans la Pensée ; il s’ensuit donc que, par la prière qui opère l’union, l’homme attire la Volonté suprême ici-bas. C’est de ce Mystère que l’Écriture dit (Ps. , CXLIV, 15) : « Heureux le peuple qui possède tous ces biens ; heureux le peuple qui a le Seigneur pour Dieu. » Quiconque a le bonheur de s’attacher à son Maître d’une telle façon fait participer tout le monde à la miséricorde d’en haut ; la prière d’un tel homme n’est jamais infructueuse ; il porte ses revendications devant son Maître, ainsi qu’un fils porte les siennes devant son père. Dieu exauce les vœux d’un tel homme ; celui-ci inspire de la crainte à toutes les créatures ; il ordonne, et le Saint, béni soit-il, exécute. Enfin, c’est d’un tel homme que l’Écriture dit (Job, XXII, 28) : « Tu formes des desseins et, ils te réussissent ; et la Lumière brille dans les voies par lesquelles vous marchez. »
Il est écrit : « Et Élohim dit : Que la lumière soit faite, et la lumière fut faite. Et Élohim vit que la lumière était bonne, et il sépara la lumière d’avec les ténèbres. »
Rabbi Isaac dit : On peut inférer, de ces paroles de l’Écriture, que le Saint, béni soit-il, avait caché la lumière primitive qui éclairait le monde d’une extrémité à l’autre (1). Par les mots : « Et Élohim vit que la lumière était bonne », l’Écriture veut dire qu’elle était bonne [...]

כֹּלָּא חַד שְׁלִימוּ (ד''א חד) כְּדְקָא חָזִיִ.

וּמָאן דְּיָדַע לְקָשְׁרָא יִחוּדָא דָא זַכָּאָה חוּלָקֵיהּ רָחִים לְעֵילָא רָחִים לְתַתָּא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא (איהו) גָּזִיר וְאִיהוּ מְבַטֵּל. סָלְקָא דַעְתִּין דְּאִיהוּ מְקַטְרְגָא בְּמָארֵיהּ, לָאו הָכִי, אֶלָּא בְּגִין דְּכַד אִיהוּ קָשִׁיר קְשִׁירִין וְיָדַע לְיַחֲדָא יִחוּדָא וְכָל אַנְפִּין נְהִירִין וְכָל שְׁלִימוּ אִשְׁתְּכַח וְכֹלָּא אִתְבָּרְכָא כְּדְקָא יָאוּת, כָּל דִּינִין מִתְעַבְּרִין וּמִתְבַּטְּלִין וְלָא אִשְׁתְּכַח דִּינָא בְּעָלְמָא. זַכָּאָה חוּלָקֵיהּ בְּעָלְמָא דֵין וּבְעָלְמָא דְאֲתֵי. דָּא הוּא לְתַתָּא דִּכְתִיב בֵּיהּ (משלי י) וְצַדִּיק יְסוֹד עוֹלָם דָּא הוּא קִיּוּמָא דְעָלְמָא. בְּכָל יוֹמָא קָארֵי עֲלוֹי כָּרוֹזָא (ישעיה מא) וְאַתָּה תָּגִיל בַּיְיָ בִּקְדוֹשׁ יִשְׂרָאֵל תִּתְהַלָּל.

כְּגַוְונָא דָא קָרְבָּנָא (ד''א ל''ג דא) סָלְקָא תְּנָנָא וּמִסְתַּפְּקִין (ד''א ביה) כָּל חַד וְחַד כִּדְקָחָזֵי לֵיהּ, וְכַהֲנִי בִּרְעוּתָא וְלֵוָאֵי בִּבְסִימוּ דְּשִׁירָתָא. דָּא אִתְכְּלִיל בְּדָא, וְעַיְילֵי הֵיכָלָא בְּהֵיכָלָא רוּחָא בְּרוּחָא עַד דְּמִתְחַבְּרָן בְּדוּכְתַּיְיהוּ כְּדְקָא חָזֵי לֵיהּ שַׁיְיפָא בְּשַׁיְיפָא וְאִשְׁתַּלִּימוּ דָּא בְּדָא וְאִתְיַיחֲדוּ דָּא בְּדָא עַד דְּאִנּוּן חַד (ד''א ל''ג) (ואתנהרין) וְנָהֲרִין דָּא בְּדָא.

כְּדֵין נִשְׁמָתָא עִלָּאָה דְּכֹלָּא אַתְיָא מִלְּעֵילָא וְנָהִיר לוֹן, וְהֲווּ נְהִירִין כֻּלְהוּ בּוֹצִינִין בִּשְׁלִימוּ כְּדְקָא חָזֵי, עַד דְּהַהוּא נְהוֹרָא עִלָּאָה אִתְעַר וְכֹלָּא אָעִיל לְגַבֵּי קֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים, וְאִתְבָּרְכָא וְאִתְמַלְיָיא כְּבֵירָא דְּמַיִין נָבְעִין וְלָא פָּסְקִין, וְכֻלְהוּ. מִתְבָּרְכָאן לְעֵילָא וְתַתָּא.

הָכָא רָזָא דְּרָזִין, הַהוּא דְּלָא אִתְיְידַע וְלָא אָעִיל בְּחוּשְׁבְּנָא. רְעוּתָא דְּלָא אִתְפַּס לְעָלְמִין בְּסִים לְגוֹ לְגוֹ בְּגַוַּויְיהוּ, וְלָא אִתְיְידַע הַהוּא רְעוּתָא וְלָא אִתְפַּס לְמִנְדַע (ד''א ל''ג) (לן) וּכְדֵין כֹּלָּא רְעוּתָא חָדָא עַד אֵין סוֹף וְכֹלָּא אִיהוּ בִּשְׁלִימוּ מִתַּתָּא וּמִלְּעֵילָא וּמִגּוֹ לְגוֹ. עַד דְּאִתְעֲבִיד כֹּלָּא חָד. הַאי רְעוּתָא לָא אָעִיל לְגוֹ אַף עַל גַּב דְּלָא אִתְיְידַע עַד דְּכֹלָּא אִשְׁתְּלִים וְאִתְנְהִיר בְּקַדְמִיתָא בְּכֻלְהוּ סִטְרִין. כְּדֵין בָּסִים הַהוּא רְעוּתָא (ד''א ל''ג) (לכלא) וְלָא (ד''א דלא) אִתְפַּס לְגוֹ בְּגוֹ בִּסְתִימוּ, וּכְדֵין זַכָּאָה חוּלָקֵיהּ מָאן דְּיִתְדַּבַּק בְּמָארֵיהּ בְּהַהִיא שַׁעֲתָא, זַכָּאָה אִיהוּ לְעֵילָא זַכָּאָה אִיהוּ לְתַתָּא עֲלֵיה כְּתִיב, (משלי כג) יִשְׂמַח אָבִיךָ וְאִמֶּךָ וְתָגֵל יוֹלַדְתֶּךָ.

תָּא חֲזֵי, כֵּיוָן דְּכֻלְהוּ אִשְׁתַּלִּימוּ דָא בְּדָא וְאִתְקַּשְּׁרוּ דָּא בְּדָא בְּקִשּׁוּרָא חָדָא וְנִשְׁמָתָא עִלָּאָה נָהִיר לוֹן מִסִּטְרָא דִלְעֵילָא, וְכֻלְּהוּ נְהוֹרִין אִנּוּן בּוֹצִינָא חָדָא בִּשְׁלִימוּ, כְּדֵין רַעֲוָא חָדָא דְּמַחֲשָׁבָה (ד''א במחשבה) אִתְפַּס (ד''א לגו לגו דנהירו דסליק על כלא ובגו לגו בההוא רעותא במחשבה אתפס) נְהִירוּ דְּלָא אִתְפַּס וְלָא אִתְיְידַע בַּר הַהוּא רְעוּ דְּמַחֲשָׁבָה תָּפִיס וְלָא יָדַע מַה תָּפִיס אֶלָּא דְּאִתְנְהִיר וְאִתְבַּסָּם הַהוּא רְעוּ דְּמַחֲשָׁבָה וְאִתְמַלְיָיא כֹּלָּא וְאִשְׁתְּלִים כֹּלָּא וְאִתְנְהִיר וְאִתְבַּסַּם כֹּלָּא כְּדְקָא יָאוּת. וְעַל דָּא כְּתִיב, (תהלים קמד) אַשְׁרֵי הָעָם שֶׁכָּכָה לוֹ וְגו'.

מָאן דְּזָכֵי לְאִתְדַּבְּקָא בְּמָארֵיהּ כְּהַאי גַּוְונָא, יָרִית עָלְמִין כֻּלְהוּ, רְחִימָא לְעֵילָא רְחִימָא לְתַתָּא, צְלוֹתֵיהּ לָא אֲהַדְּרָא רֵיקַנְיָא, דָּא אִתְחַטֵּי קַמֵּי מָארֵיהּ כִּבְרָא קַמֵּי אֲבוֹי וְעָבִיד לֵיהּ רְעוּתָא בְּכָל מַה דְּאִצְטְרִיךְ, וְאֵימְתֵיהּ שַׁלִּיט עַל כָּל בִּרְיָין אִיהוּ גָּזִיר וְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָבִיד. עֲלֵיהּ כְּתִיב, (איוב כב) וְתִגְזַר אֹמֶר וְיָקָם לָךְ וְעַל דְּרָכֶיךָ נָגַהּ אוֹר:

(נדפס בריש זהר חדש) וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים יְהִי אוֹר וַיְהִי אוֹר וְגו'. אָמַר רַבִּי יִצְחָק מִכָּאן דְּעֲקָרָן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְהָנִי נְטִיעָן (ד''א ושתיל לון משמע דכתיב יהי. רבי יהודה אומר אור שכבר היה תנן, משמע דכתיב ויהי אור, והיה לא כתיב אלא ויהי. וכד אסתכל קודשא בריך הוא באנון דרין דרשיעייא. גניז ליה לצדיקייא הדא הוא דכתיב, (תהלים צו) אור זרוע לצדיק ולישרי לב שמחה והא אתמר, ויאמר אלהים יהי אור, הדא הוא דכתיב, (ישעיה מא) מי העיר ממזרח וגו'. וירא אלהים את האור כי טוב. מאי ראה, אמר רבי חייא כדקאמרן חמא בעובדייהו דרשיעייא וגניז ליה. רבי אבא אמר וירא אלהים את האור כי טוב לגנוז אותו. וירא אלהים את האור), (נ''א ושתיל לון דכתיב ויהי אור מאי משמע אור שכבר היה אור. רבי יהודה אומר אור לא נאמר אלא ויהי לומר שכבר היה וכתיב אור זרוע לצדיק וגו' והאי הוא דכתיב מי העיר ממזרח וגו'. וירא אלהים את האור ויבדל אמר רבי יצחק כדאמרן דחמא בעובדייהון דרשיעייא וגניז ליה. רבי אבא אמר חמא) דְּסָלִיק נְהוֹרֵיהּ מִסְיָיפֵי עָלְמָא עַד סְיָיפֵי עָלְמָא, וְכִי טוֹב הוּא
(Ⅰ)

*****

[46a]  
[...] à être cachée, afin que les coupables de ce monde ne pussent en jouir.
Rabbi Siméon dit : Par les mots : « Et Élohim vit que la lumière était bonne », l’Écriture veut dire que, partout où il y a de la lumière, la colère de Dieu ne sévit point ; car ici l’Écriture se sert du terme « était bonne », de même qu’ailleurs il est écrit (Nomb. , XXIV, 1) : « Voyant qu’il était bon aux yeux du Seigneur qu’Israël fût béni... » C’est pourquoi, à la fin du verset, L’Écriture ajoute : « Et il sépara la lumière d’avec les ténèbres. » C’est par cette séparation de la lumière d’avec les ténèbres que la première est à l’abri de tout ce qui est susceptible d’attirer sur le monde la colère de Dieu. Bien que le Saint, béni soit-il, ait associé, la lumière avec les ténèbres, il a tenu à les séparer, dans ce sens que quiconque marche dans la lumière soit préservé de tout acte susceptible d’attirer la colère de Dieu.
Remarquez que toute lumière ici-bas n’est si précieuse que parce qu’elle émane de la lumière céleste ; c’est cette lumière qui réjouit tout. C’est avec elle que la main droite de Dieu grave des couronnes comme nous l’avons déjà expliqué.
Il est écrit (Ps. , XXXI, 20) : « Combien est grande, Seigneur, l’abondance de ta bonté, que tu as cachée et réservée pour ceux qui te craignent ! Tu l’as rendue pleine et parfaite pour ceux qui espèrent en toi à la vue des enfants des hommes. » « L’abondance de ta bonté» désigne la lumière primitive que le Saint, béni soit-il, cacha et réserva aux justes qui craignent le péché, ainsi que cela a été dit (2).
Il est écrit : « Et il fut soir, et il fut matin, ce qui forma un jour. » Le soir provient du côté des ténèbres et le matin du côté de la lumière, et c’est de leur association que le jour est formé.
Rabbi Yehouda dit : Pourquoi l’Écriture dit-elle, à chaque jour de la création : «Et Il fut soir, et il fut matin» ? C’est pour nous indiquer qu’il n’y a point de jour sans nuit, ni de nuit sans jour (3) ; c’est pourquoi l’on ne doit pas les séparer.
Rabbi Yossé dit : La lumière primitive qui éclaira le premier jour de la création est celle qui éclaire tous les jours suivants ; c’est pourquoi le mot « jour » est répété.
Rabbi Éléazar dit : C’est pour cette raison que l’Écriture emploie le mot « matin » à tous les jours de la création, bien que ce mot désigne la lumière primitive.
Rabbi Siméon dit : Le premier jour de la création accompagne tous les autres jours dont il est la synthèse. On peut en conclure qu’il n’y a aucune division entre les fractions du temps qui, toutes, ne sont que les fragments d’une unité.
Il est écrit : « Et Élohim dit : Que la lumière soit faite. » Par cette lumière, l’Écriture entend les anges créés au premier jour de la création, émanations de la lumière d’en haut.
L’Écriture ajoute : «... Et Élohim vit que la lumière (eth-ha-or) était bonne. » Par le mot «eth », l’Écriture nous indique que dans la lumière que Dieu trouva bonne, n’est pas seulement comprise la lumière prophétique sans réverbération, mais aussi celle par réverbération.
Rabbi Éléazar dit : Le mot « eth » indique que, dans la lumière que Dieu trouva bonne, sont compris tous les anges provenant du côté de la lumière ; car, lorsque l’union parfaite aura été opérée, la lumière de ces anges redeviendra aussi éclatante qu’elle l’était primitivement.
Il est écrit : « Que le firmament soit fait au milieu des eaux. »
Rabbi Yehouda dit : Par ce firmament, l’Écriture entend la limite entre les lumières célestes et l’entendement de l’homme ;
C’est pourquoi L’Écriture ajoute : « ... Et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux », c’est-à-dire : qu’il sépare les « eaux » célestes d’avec les « eaux » d’ici-bas. « Et Elohim fit le firmament. » L’Écriture ne dit pas : «Et le firmament fut fait», ainsi que c’est le cas de la lumière pour laquelle l’Écriture emploie le terme : « Et Élohim dit : Que la lumière fut faite, et la lumière fut faite. » Mais, pour le firmament, l’Écriture dit « Que le firmament soit fait », et un peu plus loin : «... Et Élohim fit le firmament. » L’Écriture nous indique que la limite entre les lumières célestes et l’entendement de l’homme est une œuvre si compliquée que Dieu a dû la déterminer de façon toute particulière.
Rabbi Isaac dit : C’est au deuxième jour de la création que l’enfer, destiné aux coupables de ce monde, ainsi que la discorde, sont nés ; c’est également au deuxième jour que l’œuvre commencée n’a pas été achevée. C’est pour cette raison que l’Écriture n’emploie pas le mot « bon » ; ce n’est qu’au troisième jour où l’œuvre de la veille a été achevée que l’Écriture emploie le mot « bon » deux fois : une fois pour le deuxième et une fois pour le troisième jour. C’est le troisième jour qui répara la faute née au deuxième jour ; car c’est lui qui mit un terme à la discorde. Aussi apporta-t-il un soulagement aux coupables de ce monde ; car c’est au troisième jour que le feu de l’enfer fut modéré. C’est pourquoi le deuxième jour est considéré comme un jour incomplet ; il n’est réparé que par le troisième jour.
Rabbi Hiyâ, étant assis devant Rabbi Siméon, dit : Puisque la discorde née au deuxième jour provenait de ce fait que ce jour émanait du côté des ténèbres, alors que le premier jour émanait du côté de la lumière, pourquoi le premier jour ne pouvait-il réparer la faute née au deuxième jour ? En d’autres termes, pourquoi fallait-il que ce fût le troisième jour qui réparât la faute née au deuxième, alors que le premier aurait pu le faire ?
Rabbi Siméon lui répondit : Comme il y avait discorde entre le premier et le deuxième jour, il a fallu que ce fût un troisième qui les pacifiât.
Il est écrit : « Que la terre produise de l’herbe. » C’est par la production des herbes que se manifeste l’union féconde des eaux d’en haut avec celles d’en-bas ; car c’est par la tombée des eaux d’en haut que la fécondité se produit en bas. Ce sont en quelque sorte les eaux d’ici-bas qui appellent celles d’en haut, telle une femelle appelant le mâle ; car les eaux d’en haut sont mâles et celles d’en bas sont femelles.
Rabbi Siméon dit : Tout ce qui est en haut est également en bas. Rabbi Yossé lui dit : Il y a pourtant Elohim qui n’existe qu’en haut et non pas en bas ! Tu me répondras peut-être qu’il y a aussi un Elohim en bas ; à ceci je répondrai : Celui d’en haut est appelé « Élohim vivant », alors que celui d’en bas ne porte que le nom d’ « Elohim » sans épithète. Mais la vérité est que celui d’en bas est désigné sous le nom de « Tholdoth » (produits), [...]

לְאַגְנָזָא לֵיהּ דְּלָא יֶהֱנוּן מִנֵּיהּ חַיָּיבֵי עָלְמָא.

אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת הָאוֹר כִּי טוֹב דְּלָא יִשְׁתְּכַח בֵּיהּ רִתְחָא, כְּתִיב הָכָא כִּי טוֹב וּכְתִיב הָתָם (במדבר כ״ד:א׳) כִּי טוֹב בְּעֵינֵי יְיָ לְבָרֵךְ אֶת יִשְׂרָאֵל, וְסוֹפָא דִקְרָא (ד''א אוכח) וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחשֶׁךְ, וּבְּגִין כָּךְ לָא אִשְׁתְּכַח בֵּיהּ רִתְחָא וְאַף עַל גַּב דְּשִׁיתֵּף לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא כְּחֲדָא.

תָּא חֲזֵי, נְהִירוּ עִלָּאָה לְמֶהוֵי נָהִיר הַאי אוֹר. וּמֵהַהוּא נְהִירוּ חַדוּ לְכֹלָּא בֵּיהּ. וְהוּא יָמִינָא לְאִתְעַטְּרָא גּוּלְפוֹי (נ''א גליפי) גְּלִיפִין בַּהֲדֵיהּ וְהָא אִתְּמָר. כְּתִיב, (תהילים ל״א:כ׳) מָה רַב טוּבְךָ אֲשֶׁר צָפַנְתָּ לִירֵאֶיךָ פָּעַלְתָּ לַחוֹסִים בָּךְ. מָה רַב טוּבְךָ דָּא אוֹר קַדְמָאָה דְּגָנִיז קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, לִירֵאֶיךָ לַצַּדִּיקִים לְאִנּוּן דַּחֲלֵי חַטָּאָה כִּדְקָאֲמָרָן.

השלמה מההשמטות (סימן ל''ז)

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים יְהִי אוֹר, וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן שְׁנֵי אוֹרִים הַגְּדוֹלִים הָיוּ, דִּכְתִיב וַיְהִי אוֹר. וְעָלָיו נֶּאֱמַר כִּי טוֹב. וְלָקַח הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא הָאֶחָד וּגְנָזוֹ לַצַּדִּיקִים לֶעָתִיד לָבֹא דִּכְתִיב מָה רַב טוּבְךָ אֲשֶׁר צָפַנְתָּ לִירֵאֶיךָ פָּעַלְתָּ לַחוֹסִים בָּךְ נֶגֶד בְּנֵי אָדָם. מְלַמֵּד שֶׁאוֹר הָרִאשׁוֹן אֵין כָּל בִּרְיָה יְכוֹלָה לְהִסְתַּכֵּל בּוֹ דִּכְתִיב וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת הָאוֹר כִּי טוֹב וַיַּרְא אֱלהִים אֶת כָּל אֲשֶׁר עָשָׂה וְהִנֵּה טוֹב מְאֹד. רָאָה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת כָּל אֲשֶׁר עָשָׂה, רָאָה טוֹב מְאֹד, מָזְהִיר וּבָּהִיר.

וְלָקַח מֵאוֹרוֹ הַטּוֹב וְכָלַל שְׁלשִׁים וּשְׁתַּיִם נְתִיבוֹת הַחָכְמָה וּנְתָנוֹ לְעוֹלָם הַזֶּה. וְהַיְינוּ דִּכְתִיב (משלי ד׳:ב׳) כִּי לֶקַח טוֹב נָתַתִּי לָכֶם תּוֹרָתִּי אַל תַּעֲזוֹבוּ. הֱוֵי אוֹמֵר אוֹצָרָה שֶׁל תּוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה. וְאָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, אִם יִשְׁמֶרוּ זֹאת הַמִּדָּה בָּעוֹלָם הַזֶּה שֶׁזֹאת הַמִּדָּה נֶחְשֶׁבֶת בִּכְלַל הָעוֹלָם הַזֶּה, וְהִיא תּוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה. יִזְכּוּ לְחַיֵּי הַעוֹלָם הַבָּא שֶׁהוּא הַטּוֹב הַגָּנוּז.

וּמָאי נִיהוּ עוּזוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, דִּכְתִיב (חבקוק ג׳:ד׳) וְנֹגַהּ כָּאוֹר תִּהְיֶה. עָתִיד הַנֹּגַהּ שְׁנִלְקַח מֵהָאוֹר הָרִאשׁוֹן לִהְיוֹת כָּאוֹר, אִם יֵקַיְימוּ בָּנַי הַתּוֹרָה וְהַמִּצְוָה אֲשֶׁר כַּתָּבְתִּי לְהוֹרוֹתָּם. וּכְתִיב (משלי א׳:ח׳) שְׁמַע בְּנִי מוּסַר אָבִיךָ וְאַל תִיטוֹשׁ תּוֹרַת אִמֶּךָ. וּכְתִיב (חבקוק ג׳:ד׳) קַרְנַיִם מִיָּדוֹ לוֹ וְשָׁם חֶבְיוֹן עֻזֹּהּ, וּמָאי חֶבְיוֹן עֻזּוֹ. אֶלָּא אוֹתוֹ הָאוֹר שֶׁגָנַז וְהֵחְבִּיא שֶׁנֶּאֱמַר (תהלים ל''ד) צָפַנְתָּ לִירֵאֶיךָ, וְזֶה שֶׁנִשְׁאַר לָנוּ. (תהלים ל''ד) פָּעַלְתָּ לַחוֹסִים בָּךְ, אוֹתָם שֶׁחוֹסִים בְּצִלְּךָ בָּעוֹלָם הַזֶּה וְשׁוֹמְרִים תּוֹרָתֶּךָ וּמְקַיְימִים מִצְוֹתֶּיךָ וּמְקַדְּשִׁים שִׁמְךָ הַגָּדוֹל וּמְיָּיחַדִּים בַּסֵּתֶר וּבַגָּלוּי, שְׁנֶּאֱמַר, נֶגֶד בְּנֵי אָדָם.

אָמַר רַבִּי רְחוּמָאי, מְלַמֵּד שֶׁהִיא אוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל וְתוֹרָה אוֹרָה. שְׁנֶּאֱמַר, (משלי ו׳:כ״ג) כִּי נֵר מִצְוָה וְתוֹרָה אוֹר, וְאָמַר נֵר זוֹ מִצְוָה. וּמִצְוָה זוֹ תּוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה. אוֹר, זוֹ תּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב. אֶלָּא מִתּוֹךְ שֶׁכְּבָר נִתְקַיָים הָאוֹר קָרֵי לָהּ אוֹר. מָשָׁל לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה לְאָדָם צָנוּעַ בְּסִיפֵי הַבַּיִת אַף עַל פִּי שְׁיוֹם הוּא וְאוֹר גָּדוֹל בָּעוֹלָם, אֵין אָדָם רוֹאֶה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ אֶלָּא אִם כֵּן הִכְנִיס בּוֹ נֵר. נֵר תּוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה, אַף עַל פִּי שֶׁהִיא נֵר, צְרִיכָה לָהּ תּוֹרָה לְפָרֵק קוּשִׁיוֹתֶיהָ וּלְבָאֵר סוֹדוֹתֵּיהָ. וּמָאי נִיהוּ יִרְאַת יְיָ, זֶה הָאוֹר הָרִאשׁוֹן.

דְּאָמַר ר' מֵאִיר מָהוּ דִּכְתִיב וַיֹּאמֶר אֱלהִים יְהִי אוֹר וַיְהִי אוֹר וְלָא אָמַר לֵיהּ וַיְהִי כֵן. מְלַמֵּד שֶׁהָאוֹר הַהוּא גָּדוֹל וְאֵין כָּל בִּרְיָה יְכוֹלָה לְהִסְתַּכֵּל בּוֹ. גְנָזוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לַצַּדִּיקִים לֶעָתִיד לָבֹא וְהִיא מִדַּת כָּל סְחוֹרָה שֶׁבָּעוֹלָם וְהוּא כֹּחַ אֶבֶן יְקָרָה שְׁקוֹרִין סוֹחָרֶת. וְדָר וְעַל מָה הִיא מִדַּת דָר, אֶלָּא מְלַמֵּד שְׁלָקַח הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִזִיוָה אַחַת מֵאֲלְפָּיִם, וּבָנָה מִמֶּנָּה אֶבֶן יְקָרָה נָאָה וּמְקוּשֶׁטֶת וְכָלַל בָּהּ כָּל הַמִּצְוֹת.

בָּא אַבְרָהָם וּבִיקֵשׁ כֹּחוֹ לָתֵת לוֹ, נָתְנוּ לוֹ אֶבֶן יְקָרָה זוֹ וְלא רָצָה אוֹתָהּ, זָכָה וְנָטַל מִדַתּוֹ שְׁנֶּאֱמַר (מיכה ז׳:כ׳) תִתֵּן אֱמֶת ליַעֲקֹב חֶסֶד לְאַבְרָהָם. בָּא יִצְחָק וּבִיקֵשׁ כֹּחוֹ וְנָתְנוּ לוֹ, וְלא רָצָה בָּהּ. זָכָה וְנָטַל מִדַתּוֹ שֶׁהִיא מִדַּת הַגְּבוּרָה דְּהַיְינוּ הַפָּחַ''ד. דִּכְתִיב (בראשית ל״א:נ״ג) וַיִּשָׁבַע יַעֲקֹב בְּפָחַד אָבִיו יִצְחָק.

בָּא יַעֲקֹב וְרָצָה בָּהּ וְלֹא נְתַּנוּהוּ לוֹ, אָמַר לֵיהּ הוֹאִיל ואַבְרָהָם מִלְמַעְלָה וְיִצְחָק לְמַטָּה, אַתָּה תִּהְיֶה בְּאֶמְצַע וְתִכְלוֹל שְׁלָשְׁתַּם דִּכְתִיב תִתֵּן אֱמֶת ליַעֲקֹב. וּמָאי אֱמְצָע, הַיְינוּ שָׁלוֹם. וְהָא כְּתִיב תִתֵּן אֱמֶת לְיַעֲקֹב, אֱמֶת וְשָׁלוֹם חַד הֲוִי. כְּמָה דְאַתְּ אָמֵר (אסתר ט׳:ל׳) דִּבְרֵי שָׁלוֹם וְאֱמֶת (ישעיהט'ל) כִּי שָׁלוֹם וֶאֱמֶת יִהְיֶה בִּימֵי וְהַיְינוּ דִּכְתִיב (ישעיהו נ״ח:י״ד) וְהַאָכַלְתִּיךָ נָחֲלַת יַעֲקֹב אָבִיךָ. דְּהַיְינוּ נָחַלָה גְמוּרָה דְּאִית לֵיהּ הַחֶסֶ''ד וְהַפָּחַד וְהַאֶמֶת וְהַשָׁלוֹם. וּלְפִיכָּךְ אָמַר (תהילים קי״ח:כ״ב) אֶבֶן מָאֲסוּ הַבּוֹנִים הָיְתָה לְרֹאשׁ פִּינָה.

אֶבֶן מָאֲסוּ אַבְרָהָם ויִצְחָק שְׁבָּנוּ אֶת הָעוֹלָם, הָיְתָה עַתָּה לְרֹאשׁ פִּינָה. וְלָמָּה מָאֲסוּ בָּהּ וַהֲלא נֶּאֱמַר (בראשית כ״ו:ה׳) עֵקֶב אֲשֶׁר שָׁמַע אַבְרָהָם בְּקוֹלִי וַיִשְׁמוֹר מִשְׁמָרְתִּי מִצְוֹתָי חֻקוֹתָי וְתוֹרוֹתָי. מָאי מִשְׁמָרְתִּי, אָמַר מִדַּת חֶסֶ''ד. כָּל יְמֵי היוֹת אַבְרָהָם בָּעוֹלָם לא הוּצְרָכְתִּי אֲנִי לַעֲשׂוֹת מֵלַאכְתִּי, שֶׁהֲרֵי אַבְרָהָם עָמָד שָׁם בִּמְקוֹמִי. וַיִשְׁמוֹר מִשְׁמָרְתִּי, בְּמִדָּה זוֹ הָיְתָה מֵלַאכְתִּי שֶׁאֲנִי מֵזָכֵּה אֶת הָעוֹלָם כֻּלּוֹ וְאֲפִילוּ נִתְחַיְיבוּ, אֲנִי מֵזָכֵּה אוֹתָם. וְעוֹד מֵשִׁיבָם וּמֵבִיא בִּלְבַבָם לַעֲשׂוֹת רָצוֹן אֲבִיהֶם. כָּל זֶה עָשָׂה אַבְרָהָם וּכְתִיב (בראשית כ״א:ל״ג) וַיִּטַּע אֶשֶׁל בִּבְאֵר שָׁבַע. סִידֵר לַחְמוֹ וּמֵימָיו לְכָל בָּאֵי עוֹלָם וְהָיָה מֵזָכֵּה וּמְדַבֶּר עַל לִבָּם, לְמִי אַתֶּם עוֹבְדִּים, עִבְדוּ אֶת יְיָ אֱלֹהֵי הַשָׁמַיִם וְהָאָרֶץ. וְהָיָה דוֹרֵשׁ לָהֶם, עַד שֶׁהָיוּ בָּאִים וְשָׁבִים.

וּמְנַלָן שְׁאַף הַחַיָבִים הָיָה מֵזָכֵּה, שְׁנֶּאֱמַר הַמְכַסֶּה אֲנִי מְאַבְרָהָם וְאַבְרָהָם הָיֹה יִהְיֶה וְגוֹ'. אֶלָּא אֲזָכֶּהוּ שְׁיְבַקֵּשּׂ עֲלֵיהֶם רַחֲמִים וְיִזְכֶּה. וְכִי אֶפְשָׁר לוֹמַר שֶׁלּא יָדַע הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא שֶׁלּא יָכְלוּ לְהִנָצֵל. אֶלָּא זְכוּתוֹ קָאָמַר. מִכָּאן אֲמְרוּ בָּא לִיטָהֵר מֵסָיְיעִין אוֹתוֹ. בָּא לִיטָמֵא פּוֹתְחִין לוֹ מָאי פּוֹתְחִין לוֹ, אוֹתָן הַפְּתוּחִים תָּמִיד. מִצְוֹתָי חֻקוֹתָי וְתוֹרוֹתָי, אָמַר, הוֹאִיל וְלֹא חֲפָצְתִי בָּהּ אֱשְׁמוֹר מִצְוֹתֶיהָ. מָאי תוֹרוֹתָי, אֶלָּא אֲפִילוּ הוֹרָאוֹת וּפִּלְפּוּלִים שְׁמּוּרִים לְמָעְלָה, הוּא יְדָעֲם וּפִלְפֵּל וְקִיְימָם.

וּמָאי מִשָׁם רוֹעֶה אֶבֶן יִשְׂרָאֵל, הֱוֵי אוֹמֶר צֶדֶק הַעֶלְיוֹן. וּמָאי הָאוֹר הַגָּדוֹל הַצָּפוּן, הַיְינוּ סוֹחָרֶת. וְהָאֶבֶן שְׁדָרָה לְמַטָּה הֵימֵּנָה נִקְרֵאת דָר, וּמָאי הוּא מִיָדוֹ לוֹ, הַיְינוּ חֲמֵשׁ אֶצְבָּעוֹת שֶׁל יָד יָמִין: (עד כאן מההשמטות)

וַיְהִי עֶרֶב וַיְהִי בֹקֶר יוֹם אֶחָד. וַיְהִי עֶרֶב מִסִּטְרָא דְחשֶׁךְ, וַיְהִי בֹקֶר מִסִּטְרָא דְאוֹר, וּמִגּוֹ דְּאִנּוּן מִשְׁתַּתְּפֵי כְּחֲדָא כְּתִיב יוֹם אֶחָד. רַבִּי יְהוּדָה אָמַר מַאי טַעֲמָא בְּכָל יוֹמָא וְיוֹמָא כְּתִיב וַיְהִי עֶרֶב וַיְהִי בֹקֶר. לְמִנְדַע דְּהָא לֵית יוֹם בְּלָא לַיְלָה וְלֵית לַיְלָה בְּלָא יוֹם וְלָא אִבְעוּן לְאִתְפְּרָשָׁא.

אָמַר רַבִּי יוֹסֵי הַהוּא יוֹם דְּנָפַק אוֹר קַדְמָאָה אִתְפְּשַׁט בְּכֻלְהוּ יוֹמֵי, דִּכְתִיב בְּכֻלְהוּ יוֹם. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר מַשְׁמַע דִּכְתִיב בְּכֻלְהוּ בֹּקֶר, וְלָאו בֹּקֶר אֶלָא מִסִּטְרָא דְאוֹר קַדְמָאָה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אָמַר יוֹמָא קַדְמָאָה אָזִיל עִם כֻּלְהוּ וְכֻלְהוּ בֵּיהּ, בְּגִין לְאַחֲזָאָה דְּלָאו בְּהוּ פִּירוּדָא וְכֹלָּא חַד.

וַיֹּאמֶר אֱלהִים יְהִי אוֹר, יְהִי (ד''א ל''גאור) אִתְפַּשְׁטוּתָא דְהַאי אוֹר לְתַתָּא, וְאִלֵּין אִנּוּן מַלְאָכִין דְּאִתְבְּרִיאוּ בְּיוֹמָא קַדְמָאָה אִית לוֹן קִיּוּמָא לְאִתְקַיְימָא לִסְטַר יָמִינָא. וַיַּרְא אֱלהִים אֶת הָאוֹר כִּי טוֹב. אֶת לְאִתְכְּלָלָא אִסְפַּקְלַרְיָאָה דְּלָא נָהֲרָא עִם אִסְפַּקְלַרְיָאָה דְּנָהֲרָא דְּאִתְּמָר (ד''א ביה) כִּי טוֹב. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אֶת לְאִתְכְּלָלָא (ד''א לאכללא) וּלְאַסְגָּאָה כֻּלְהוּ מַלְאָכִין דְּאַתְיָין מִסִּטְרָא דְּאוֹר דָּא, וְכֻלְהוֹן נָהֲרִין כְּקַדְמִיתָא בְּקִיּוּמָא שְׁלִים:

יְהִי רָקִיעַ בְּתוֹךְ הַמָּיִם, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה בְּהַאי אִתְפְּרָשׁוּ (בראשית לב ב, יז ב) מַיִּין עִלָּאִין מִמַּיִין תַּתָּאִין. רָקִיעַ פְּשִׁיטוּתָא דְּמַיִּין וְהָא אִתְּמָר. וִיהִי מַבְדִיל בֵּין מַיִּין עִלָּאִין לְתַתָּאִין:

וַיַּעַשׂ אֱלֹהִים אֶת הָרָקִיעַ. בִּסְגִיאוּ עִלָּאָה. וַיְהִי רָקִיעַ לָא כְּתִיב, אֶלָּא וַיַּעַשׂ, דְּאַסְגֵּי לֵיהּ בִּרְבוּ סַגְיָא. אָמַר רַבִּי יִצְחָק בַּשֵּׁנִי אִתְבְּרֵי גֵּיהִנֹּם לְחַיָּיבֵי עָלְמָא, בַּשֵּׁנִי אִתְבְּרֵי מַחְלוֹקֶת. בַּשֵּׁנִי לָא אִשְׁתְּלִים בֵּיהּ עֲבִידְתָּא, וּבְּגִין כָּךְ לָא כְּתִיב בֵּיהּ כִּי טוֹב, עַד דְּאֲתָא יוֹם תְּלִיתָאָה וְאִשְׁתְּלִים בֵּיהּ עֲבִידְתָּא, בְּגִין כָּךְ כִּי טוֹב תְּרֵי זִמְנֵי, חַד עַל אַשְׁלָמוּת עֲבִידְתָּא דְּיוֹם שֵׁנִי, וְחַד לְגַרְמֵיהּ. בְּיוֹם תְּלִיתָאֵי אִתְתַּקַּן יוֹם שֵׁנִי וְאִתְפְּרַשׁ בֵּיהּ מַחְלוֹקֶת. וּבֵיהּ אִשְׁתְּלִימוּ רַחֲמֵי עַל חַיָּיבֵי גֵּיהִנֹּם. בְּיוֹמָא תְּלִיתָאָה מִשְׁתַּכְּכִין שְׁבִיבִין דְּגֵיהִנֹּם. בְּגִינֵי כָּךְ אִתְכְּלִיל בֵּיהּ יוֹם שֵׁנִי וְאִשְׁתְּלִים בֵּיהּ.

רַבִּי חִיָּיא הֲוָה יָתִיב קַמֵּיהּ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, אָמַר לֵיהּ הַאי אוֹר בְּיוֹם רִאשׁוֹן וְחשֶׁךְ בְּיוֹם שֵׁנִי וְאִתְפְּרָשׁוּ מַיָא וּמַחְלוֹקֶת הֲוָה בֵּיהּ, אַמַּאי לָא אִשְׁתְּלִים בְּיוֹם רִאשׁוֹן דְּהַאי יָמִינָא כָּלִיל לִשְׂמָאלָא, אָמַר לֵיהּ עַל דָּא הֲוָה מַחְלוֹקֶת, וּתְלִיתָאָה בָּעֵי לְמֵיעַל בֵּינַיְיהוּ לְאַכְרָעָא וּלְאַסְגָּאָה בְּהוּ שְׁלָם:

תַּדְשֵׁא הָאָרֶץ דֶּשֶׁא, אִתְחַבְּרוּתָא דְּמַיִּין עִלָּאִין בְּתַתָּאִין לְמֶעְבַּד פֵּירִין. מַיִין עִלָּאִין (ד''א פרין ורבין) וְעַבְדֵי אִיבִּין, וְתַתָּאֵי קָרָאן לוֹן לְעִלָּאִין כְּנוּקְבָא לְגַבֵּי דְכוּרָא, בְּגִין דְּמַיִין עִלָּאִין דְּכוּרִין וְתַתָּאֵי נוּקְבִין.

רַבִּי שִׁמְעוֹן אָמַר כָּל דָּא הוּא לְעֵילָא וְהוּא לְתַתָּא. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי אִי הָכִי אֱלהִים דְּקָא אֲמָרָן (ד''א אמר) מַאן אֱלהִים, (ד''א ל''ג אלא אלהים סתם) אֱלֹהִים חַיִּים לְעֵילָא, וְאִי תֵימָא לְתַתָּא אֱלֹהִים סְתָם. אֶלָּא לְתַתָּא אִיהוּ תּוֹלְדוֹת,
(Ⅰ)

*****

[46b]  
[...] ainsi qu’il est écrit (Gen. , II, 4) : « Voici les produits (Éléh tholdoth) des cieux et de la terre qui furent créés (behibaram) ». Or, une tradition nous apprend que, le mot « behibaram » doit être lu séparé : behi baram ; cela signifie que Dieu créa (les cieux et la terre) par le Hé. Et Celui qui est en haut est le Père de tout ; c’est lui qui a tout créé ; c’est lui qui a fécondé la terre, qui est devenue grosse et a donné naissance à des « produits » (tholdoth). Elle fut fécondée comme une, femelle est fécondée par un mâle.
Rabbi Éléazar dit : Toutes les forces étaient en puissance dans l’intérieur de la terre, dès que celle-ci fut créée ; mais elle ne les manifesta par ses produits qu’au sixième jour de la création, ainsi qu’il est écrit (Gen. , I, 24) : « Et Élohim dit : Que la terre produise des êtres vivants. » On nous objectera peut-être les paroles de l’Écriture (Gen. , I, 12) : « Et la terre produisit de l’herbe. » A ceci nous répondrons : La terre était bien pourvue des facultés génératrices dès le troisième jour de la création ; mais ces facultés demeurèrent cachées et ne se manifestèrent qu’à l’heure voulue. Car, au commencement, la terre était aride et stérile, ainsi que le Thargoum traduit les mots « thohou » et « bohou » ; plus tard, elle fut pourvue de facultés génératrices, propres à produire des herbes, des plantes et des arbres ; et ce n’est qu’au sixième jour que ces facultés entrèrent en fonction. Il en est de même des lumières créées au premier jour de la création, qui n’entrèrent en fonction qu’à l’heure voulue.
Il est écrit : « Que les lumières soient faites au firmament du ciel. » Le mot « Meoroth » est écrit de façon incomplète, pour indiquer que c’est toujours le mauvais serpent, dont la souillure a formé la division entre tous ceux qui devaient être unis, qui était également cause que le soleil était empêché de cohabiter avec la lune. Le mot « Meoroth » désigne la malédiction dont la terre fut chargée par la faute du serpent, ainsi qu’il est écrit (Gen. , III, 17) : « Que la terre soit maudite à cause de ce que vous avez fait. » C’est pourquoi l’Écriture emploie le mot « Meoroth », qui est la forme du singulier, pour nous indiquer que la lune désignée par les mots « Que la lumière (Meoroth) soit faite », et le soleil désigné par les mots : « Au firmament du ciel » avaient été créés primitivement dans le but de cohabiter ensemble et d’éclairer la terre simultanément ; mais c’est par la faute du serpent que les lumières de ces deux astres furent séparées. De ce que l’Écriture dit : « Qu’elles luisent dans le firmament du ciel et quelles éclairent le dessus de la terre», au lieu de dire : «Et quelles éclairent la terre», on peut conclure qu’au ciel, aussi bien que sur la terre, le temps est calculé d’après la course de la lune.
Rabbi Siméon dit : Les notaricons (4), les calculs de la division du temps, les solstices et les jours intercalaires sont faits d’après la course de la lune. Or, ces calculs n’ont de raison d’être qu’ici-bas, mais non pas en haut. Rabbi Eléazar objecta à Rabbi Siméon : Nos collègues ne parlent-ils pas souvent des fractions du temps au ciel ?
Rabbi Siméon lui répondit : Les fractions du temps au ciel n’ont pas besoin d’être mesurées d’après la course de la lune ; celle-ci ne sert qu’aux habitants de la terre pour leur indiquer les fractions de temps observées au ciel. Rabbi Éléazar objecta de nouveau : Il est pourtant écrit : « Et qu’elles servent de signes pour marquer les temps. » Or, de ce que l’Écriture dit « signes », au pluriel, on devrait conclure que la course de la lune sert également de signe en haut comme en bas.
Rabbi Siméon lui répondit : Le mot« Othoth » (signes, au pluriel) est écrit de façon incomplète, afin de nous indiquer que la course de la lune ne sert de signe que pour la division du temps ici-bas, mais non pas en haut. Rabbi Éléazar demanda en outre à Rabbi Siméon : Pourquoi l’Écriture dit-elle : « Et qu’elles servent de signes... », comme si c’étaient la lumière du soleil et de la lune ensemble qui servaient de signes, alors qu’il ne s’agit que de la lumière de la lune ?
Rabbi Siméon lui répondit : La lune est désignée par un mot au pluriel, parce qu’elle ressemble à un trésor où sont accumulés plusieurs objets précieux. Or, de même que le trésor est parfois désigné par un mot au pluriel en raison de la diversité des objets qu’il renferme, de même la lune est désignée par un pluriel.
Remarquez qu’il y a un point hors duquel commence tout calcul, mais dont l’intérieur échappe à toute estimation et à toute supputation. Ce point, c’est le Point suprême où cesse tout calcul et tout compte, parce qu’il est au-dessus du temps et de l’espace. Or, de même qu’en haut il y a un point hors duquel commence le calcul, de même ici-bas il y a un point qui sert de base à tous les calculs ; et ce point c’est la lune qui indique les solstices, les notaricons, les mois intercalaires, les fêtes et les Sabbats. Ainsi la lune est ici-bas le symbole du point suprême d’en haut à partir duquel commence le calcul. C’est pourquoi Israël, qui est attaché au Saint, béni soit-il, compte ses divisions du temps d’après les phases de lune, divisions conformes à celles d’en haut, ainsi qu’il est écrit (Deut. , IV, 4) : « Vous êtes attachés au Seigneur votre Dieu. » Il est écrit (Gen. , I, 20) : « Et Élohim dit : Que les eaux produisent des êtres vivants. »
Rabbi Éléazar dit : Ces paroles de l’Écriture ont été expliquées de cette façon : Les eaux d’en bas désignent les lumières d’ici-bas qui, de même que celles d’en haut, sont fécondes.
L’Écriture ajoute : «... Et l’oiseau volant sur la terre. » Pourquoi l’Écriture dit-elle « volant » au lieu de « qui vole » ?
Rabbi Siméon dit : Par le mot « oiseau », l’Écriture désigne l’ange Michel, ainsi qu’il est écrit (Is. , VI, 6) : « Et un des Séraphins vola vers moi. » Le mot « volant » désigne l’ange Gabriel, ainsi qu’il est écrit (Dan. , IX, 21) :« Et l’homme Gabriel, que j’avais vu au commencement dans une vision, vola tout d’un coup à moi. » Le mot « sur la terre » désigne le prophète Elie qui arrive au monde en quatre vols (5), ainsi qu’il est écrit (III Rois, XVIII, 12) : « L’esprit du Seigneur vous transportera en quelque lieu qui me sera inconnu. » « L’esprit du Seigneur » indique le premier vol ; « vous transportera » indique le deuxième vol ; « en quelque lieu » en indique le troisième ; « qui me sera inconnu » indique enfin le quatrième.
L’Écriture ajoute : «... Sous la surface du firmament du ciel. » Ces paroles désignent l’ange de la mort, qui est tantôt sur la terre et tantôt au ciel, ainsi que la tradition nous apprend : L’ange de la mort est le même que l’esprit tentateur ; il descend tantôt sur la terre pour y séduire les hommes, et tantôt il remonte au ciel pour se faire l’accusateur de ses victimes.
Rabbi Abba objecta : L’ange de la mort avait été créé au deuxième jour, alors que le verset dont nous interprétons les paroles est placé au cinquième jour de la création. Mais la vérité est que les mots « sur la terre » désignent l’ange Raphaël qui a pour mission de guérir la terre de ses maux, ainsi que les hommes de leurs maladies. Les mots « sous la surface du firmament du ciel » désignent l’ange Oriel, ainsi que cela se voit par les paroles mêmes de l’Écriture. L’Écriture ajoute ensuite : «... Et Élohim créa les grands poissons. »
Rabbi Éléazar dit : Ces poissons désignent les soixante-dix grands chefs préposés à la direction des soixante-dix peuples de la terre. C’est ce que l’Écriture entend par les « grands poissons ».
L’Écriture ajoute : « ... Et tous les êtres vivants qui se meuvent (nephesch hayâ). » Ces paroles désignent les Israélites dont [...]

כְּמָה דְאַתְּ אָמֵר אֵלֶּה תּוֹלְדוֹת הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ בְּהִבָּרְאָם וְאַמְרִינָן בְּה' בְּרָאָם, וְהַהוּא (ס''א דלעילא) לְעֵילָא אֲבָהָן דְּכֹלָּא הוּא אִיהִי עֲבִידְתָּא, וְעַל דָּא אַרְעָא עַבְדַת תּוֹלְדוֹת, דְּהָא הִיא מִתְעַבְּרָא כְּנוּקְבָא מִן דְּכוּרָא.

רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר כָּל חֵילִין הֲווּ בְּאַרְעָא וְלָא אַפִּיקַת חֵילָהָא וְאִנּוּן תּוֹלְדוֹתֶיהָ עַד יוֹם (חמישי) הַשִּׁשִּׁי דִּכְתִיב תּוֹצֵא הָאָרֶץ נֶפֶשׁ חַיָּה, וְאִי תֵימָא וְהָא כְּתִיב וַתּוֹצֵא הָאָרֶץ דֶּשֶׁא. אֶלָּא אֲפִיקַת תִּקּוּן חֵילָהָא לְאִתְיַישְׁבָא כְּדְקָא יָאוּת וְכֹלָּא הֲוָה גָּנִיז בֵּהּ עַד דְּאִצְטְרִיךְ. דְּהָא בְּקַדְמִיתָא כְּתִיב צַדְיָיא וְרֵיקַנְיָא כְּתַרְגּוּמוֹ, וּלְבָתַר אִתְתַּקָּנַת וְאִתְיַישְׁבַת וְקַבִּילַת זַרְעָא וּדְשָׁאִין וְעִשְׂבִין וְאִילָנִין כְּדְקָא יָאוּת, וְאַפִּיקַת לוֹן לְבָתָר. וּמְאוֹרוֹת הָכִי נָמֵי לָא שִׁמְשׁוּ נְהוֹרָא דִּלְהוֹן עַד דְּאִצְטְרִיךְ:

יְהִי מְאֹרֹת בִּרְקִיעַ הַשָּׁמָיִם (ד''א מארת כתיב חסר), לְאַכְלָלָא חִוְיָא בִישָׁא דְּאַטִּיל זוּהֲמָא וְעֲבַד פִּירוּדָא דְּלָא מְשַׁמֵּשׁ שִׁמְשָׁא בְּסִיהֲרָא. מְאֹרֹת לְוָוטִין, וְעַל דָּא גָּרִים דְּאִתְלַטְיָיא אַרְעָא דִּכְתִיב אֲרוּרָה הָאֲדָמָה, וּבְגִין כָּךְ מְאֹרֹת כְּתִיב, (חד), יְהִי מְאֹרֹת דָּא סִיהֲרָא. רְקִיעַ הַשָּׁמָיִם דָּא שִׁמְשָׁא, וְתַרְוַויְיהוּ בִּכְלָלָא חָדָא לְאִזְדַּוְוגָא לְאַנְהָרָא עָלְמִין לְעֵילָא וְתַתָּא. מַשְׁמַע דִּכְתִיב עַל הָאָרֶץ וְלָא כְּתִיב בָּאָרֶץ דְּמַשְׁמַע לְעֵילָא וְתַתָּא, חוּשְׁבַּן דְּכֹלָּא בְּסִיהֲרָא הוּא.

רַבִּי שִׁמְעוֹן אָמַר גִּימַטְרִיָּאוֹת וְחֶשְׁבּוֹן תְּקוּפוֹת וְעִבּוּרִין כֹּלָּא הוּא בְּסִיהֲרָא, דְּהָא לְעֵילָא לָאו אִיהוּ. אָמַר לֵיהּ רַבִּי אֶלְעָזָר וְלָא וְהָא כַּמָּה חוּשְׁבְּנִין וְשִׁיעוּרִין קָעָבְדֵי חַבְרַיָיא. אָמַר לֵיהּ לָאו הָכִי, אֶלָּא חוּשְׁבָּנָא קָיְימָא בְּסִיהֲרָא וּמִתַּמָּן יֵעוּל בַּר נָשׁ לְמִנְדַע לְעֵילָא. אָמַר לֵיהּ וְהָא כְּתִיב וְהָיוּ לְאוֹתוֹת וּלְמוֹעֲדִים. אָמַר לֵיהּ לְאֹתֹת כְּתִיב חָסֵר. אָמַר לֵיהּ הָא כְּתִיב וְהָיוּ, אָמַר לֵיהּ הַוְיָין כֻּלְהוֹן דִּיהָווֹן בֵּיהּ, כְּאִסְפּוּקָא דָּא דְּאִתְמַלְיָיא מִכֹּלָּא, אֲבָל חוּשְׁבְּנָא דְּכֹלָּא בְּסִיהֲרָא הוּא.

תָּא חֲזֵי, נְקוּדָה חַד אִית וּמִתַּמָּן שֵׁירוּתָא לְמִמְנֵי, דְּהָא מַה דִּלְגוֹ דְּהַהִיא נְקוּדָה לָא אִתְיְדַע וְלָא אִתְיְיהַב לְמִמְנֵי, וְאִית נְקוּדָה לְעֵילָא סָתִים דְּלָא אִתְגַּלְיָא כְּלַל וְלָא אִתְיְדַע וּמִתַּמָּן שֵׁרוּתָא לְמִמְנִי כָּל סָתִים וְעוּמְקָא. הָכִי נָמֵי אִית נְקוּדָה לְתַתָּא דְּאִתְגַּלְיָא, וּמִתַּמָּן הוּא שֵׁירוּתָא לְכָל חוּשְׁבְּנָא וּלְכָל מִנְיָן, וְעַל דָּא הָכָא הוּא אֲתַר לְכָל תְּקוּפוֹת וְגִימַטְרִיָּאוֹת וְעִבּוּרִין וְזִמְנִין וְחַגֵּי וְשַׁבַּתֵּי. וְיִשְׂרָאֵל דְּדָבְקֵי בְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָבְדֵי חוּשְׁבַּן לְסִיהֲרָא וְאִנּוּן דָּבְקִין בֵּיהּ וְסָלְקִין לֵיהּ לְעֵילָא, דִּכְתִיב, (דברים ד׳:ד׳) וְאַתֶּם הַדְּבֵקִים בַּיְיָ אֱלקֵיכֶם וְגו':

יִשְׁרְצוּ הַמַּיִם שֶׁרֶץ נֶפֶשׁ חַיָה, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר הָא אוּקְמוּהָ דְּאִנּוּן מַיִין רְחִישׁוּ וְאוֹלִידוּ כְּגַוְונָא דִּלְעֵילָא וְהָא אִתְּמָר. וְעוֹף יְעוֹפֵף עַל הָאָרֶץ. יָעוּף מִבָּעֵי לֵיהּ, מַהוּ יְעוֹפֵף.

אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן רָזָא הוּא. וְעוֹף דָּא מִיכָאֵ''ל דִּכְתִיב, (ישעיהו ו׳:ו׳) וַיָּעָף אֵלַי אֶחָד מִן הַשְּׂרָפִים. יְעוֹפֵף (ד''א ל''ג יעוף מבעי ליה אלא) דָּא גַּבְרִיאֵ''ל דִּכְתִיב, (דניאל ט׳:כ״א) וְהָאִישׁ גַּבְרִיאֵל אֲשֶׁר רָאִיתִי בֶחָזוֹן בַּתְּחִלָּה מוּעָף בִּיעָף. (ד''א ל''ג ודא הוא יעופף), עַל הָאָרֶץ (נ''א דא אליהו דאשתכח תדיר בארעא ולא מסטרא דאבא ואמא אשתכח דאיהו (ס''א ואיהו טאס עלמא) בד' טאסין דכתיב, (מלכים א י״ח:י״ב) ורוח ה' ישאך על אשר לא אדע. ורוח ה' חד. ישאך תרין. על אשר תלת, לא אדע ארבע. על פני דא מלאך המות) דְּהוּא (אית דלא גרסי) (חשוך ארעא. על פני) (נ''א אחשיך פני עלמא וכתיב ביה וחשך על פני תהום), רְקִיעַ הַשָּׁמָיִם. כִּדְאֲמָרָן עוֹלֶה וּמַסְטִין וְכוּ'.

אָמַר רַבִּי אַבָּא וְהָא מַלְאַךְ הַמָּוֶת בַּשֵּׁנִי אִתְבְּרֵי. אֶלָּא עַל הָאָרֶץ דָּא רְפָאֵ''ל דְּאִיהוּ מְמַנָּא לְאַסְוָותָא דְאַרְעָא דִּבְגִינֵיהּ אִתְרַפִּיאַת אַרְעָא וְקַיָּים בַּר נָשׁ עֲלָהּ וְרָפֵי לְכָל חֵילֵיהּ. עַל פְּנִי רְקִיעַ הַשָּׁמָיִם דָּא אוֹרִיאֵ''ל, וְכֹלָּא הוּא בַּקְּרָא.

וּבְגִין כָּךְ כְּתִיב בַּתְרֵיהּ וַיִּבְרָא אֱלהִים אֶת הַתַּנִּינִים הַגְּדוֹלִים. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר (ד''א הא אוקימנא אלין לויתן ובת זוגו.) אִלֵּין אִנּוּן שִׁבְעִין מְמַנָּן רַבְרְבָן עַל שִׁבְעִין עַמִּין, וּבְגִין כָּךְ אִתְבְּרִיאוּ כֻּלְהוּ לְמֶהֱוֵי שַׁלִּיטָאן עַל אַרְעָא. וְאֵת כָּל נֶפֶשׁ הַחַיָּה הָרוֹמֶשֶׂת אִלֵּין אִנּוּן יִשְׂרָאֵל דְּאִנּוּן
(Ⅰ)

*****

[47a]  
[...] les âmes (nephesch) proviennent de « Hayâ », en raison de quoi Israël est appelé dans l’Écriture « peuple unique ». L’Écriture ajoute en outre : « Que les eaux produisent... », désignant ainsi les hommes qui se consacrent à l’étude de la doctrine. «... Et les oiseaux selon leur espèce » désignent les justes parmi Israël, grâce auxquels Israël est appelé « nephesch hayâ ». Selon une autre version, les paroles : « ... Et tous les oiseaux selon leur espèce» désignent les anges messagers chargés de missions sur la terre, ainsi que cela a été déjà dit précédemment.
Rabbi Abba dit : « Nephesch hayâ » désignent les Israélites qui sont les enfants du Saint, béni soit-il, et dont les âmes émanent de celui-ci. Mais les âmes des autres peuples païens n’émanent pas de Dieu. D’où émanent-elles ?
Rabbi Éléazar dit : Les âmes des autres peuples émanent du côté gauche, source de l’impureté ; c’est pourquoi tous les autres peuples sont impurs et souillent tous ceux qui les approchent.
Il est écrit : « Et Élohim dit : que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, et des animaux, des reptiles et des bêtes sauvages de la terre selon leurs espèces. » Pourquoi l’Écriture répète-t-elle, dans ce verset, deux fois le mot « lemina », selon leurs espèces ?
Rabbi Éléazar dit : Ceci confirme l’interprétation que nous avons donnée précédemment : « Des êtres vivants » désignent les Israélites dont les âmes sont saintes parce qu’elles émanent d’en haut ; alors que : « ... Des animaux, des reptiles et des bêtes sauvages de la terre » désignent les autres peuples païens qui ne sont point des « êtres vivants » (nephesch hayà), mais qui constituent le prépuce du genre humain, qu’il faut retrancher (6).
Il est écrit : « Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance. »
L’Écriture veut dire : l’homme également composé des six directions, qui sont le haut, le bas et les quatre points cardinaux ; et c’est grâce au mystère de la « Sagesse » (Hocmâ), que l’homme sera perfectionné avec l’aide d’en haut. « Faisons l’homme», c’est le mystère du mâle et de la femelle ; tout est fait par la « Sagesse sainte et suprême. » « A notre image et à notre ressemblance » signifie que l’un ressemble à l’autre ; l’homme aussi est seul de son espèce et gouverne tout.
Il est écrit (Gen. , I, 31) : « Et Élohim vit tout ce qu’il avait fait ; et cela était très bon. » Ici, l’Écriture supplée par le superlatif à la lacune du deuxième jour, où le mot « bon » ne figure pas, parce qu’en ce jour-là la mort avait été créée. L’Écriture emploie ici le terme « très bon », qui corrobore l’affirmation des collègues d’après laquelle les mots « très bon » désignent la mort (7). Pourquoi l’Écriture dit-elle « Et Elohim vit, tout ce qu’il avait fait ; et cela était très bon. Est-ce que Dieu ne l’a pas vu avant? Fallait-il qu’il vît tout ce qu’il avait fait pour savoir que c’était « très bon» ? Mais la vérité est que le Saint, béni soit-il, a tout prévu avant ; il a prévu toutes les générations qui se succéderont, ainsi que tout ce qui arrivera au monde, dans le courant des siècles ; Dieu a tout prévu avant la création du monde. C’est précisément le sens des paroles de l’Écriture : « Et Élohim vit tout ce qu’il avait fait », ce qui veut dire : Élohim prévit avant la création tout ce qu’il avait fait ensuite ; et L’Écriture ajoute : «... Et tout cela était très bon», parce que tout ce que Dieu a prévu ne peut être que « très bon ».
L’Écriture ajoute : « Et il fut soir, et il fut matin qui formèrent ensemble le sixième jour. » Pourquoi à tous les autres jours de la création l’Écriture n’emploie -t-elle pas le Hé, comme préfixe déterminatif, ainsi qu’elle le fait pour le sixième jour, qui est désigné par le mot « ha-schischi » (le sixième)? C’est parce que, quand la création du monde fut achevée, le mâle s’est uni à la femelle dans l’union du Hé pour former un tout. C’est pourquoi également L’Écriture ajoute : « Le ciel et la terre furent achevés avec tous leurs ornements » ; c’est-à-dire : ils ont formé de tout une unité complète et harmonieuse.
Il est écrit : « Le ciel et la terre furent achevés avec tous leurs ornements. »
Rabbi Éléazar a ouvert une de ses conférences par l’exorde suivant : Il est écrit (Ps. , XXXI, 20) : « Combien est grande l’abondance de la bonté que tu as cachée et réservée pour ceux qui te craignent ! » Remarquez que le Saint, béni soit-il, a créé l’homme en ce monde et l’a pourvu de telles qualités qu’il lui fut possible de mériter la Lumière céleste que le Saint, béni soit-il, a cachée et réservée pour les Justes, ainsi qu’il est écrit (Is. , LXIV, 3) : « Aucun œil n’a vu, hors toi seul, ô Seigneur, ce que tu as réservé à ceux qui espèrent en toi. » (8) Et à l’aide de quelle œuvre l’homme méritera-t-il de jouir de la Lumière céleste ? Par l’étude de la doctrine ésotérique ; car quiconque se consacre tous les jours à l’étude de la doctrine ésotérique aura le bonheur de participer au monde futur et aura autant de mérite que s’il avait créé le monde, attendu que c’est par la doctrine que le monde a été créé, et que c’est par elle qu’il subsiste, ainsi qu’il est écrit (Prov. , III, 18) : « Le Seigneur a fondé la terre par la Sagesse et a établi les cieux par l’Intelligence. » Et ailleurs il est écrit (Prov. , VIII, 30) : « J’étais avec lui et je réglais toutes choses ; j’étais chaque jour dans les délices, et jouant sans cesse devant lui. » Ces paroles de l’Écriture signifient que quiconque se consacre chaque jour à l’étude de la doctrine affermit le monde, puisqu’il contribue à faire subsister les mondes.
Remarquez que c’est par l’Esprit que le Saint, béni soit-il, a créé le monde, et que c’est aussi par l’Esprit que le monde subsiste : par l’esprit de ceux qui se consacrent à l’étude la doctrine, et surtout par l’esprit des enfants qui vont à l’école.
Les paroles de l’Écriture : « Combien est grande l’abondance de ta bonté... » désignent cette bonté que Dieu à réservée à ceux qui craignent le péché.
L’Écriture ajoute : «.... Tu l’as créé pour ceux qui espèrent en toi en face des enfants des hommes. » Que signifient les mots « tu l’as créé » ? Ces mots désignent l’œuvre de la création.
Rabbi Abba dit : Ils désignent le paradis ; car c’est par l’Espérance que le Saint, béni soit-il, créa la terre. Aussi, les Justes, qui pratiquent l’Espérance, seront placés dans ce paradis qui est situé en face du paradis supérieur, [...]

נֶפֶשׁ וַדַּאי דְּהַהוּא חַיָּה וְאִקְרוּן גּוֹי אֶחָד בָּאָרֶץ. אֲשֶׁר שָׁרְצוּ הַמַּיִם לְמִינֵיהֶם דְּאִנּוּן מִשְׁתַּדְּלִין בְּאוֹרַיְיתָא. וְאֵת כָּל עוֹף כָּנָף לְמִינֵהוּ אִלֵּין צַדִּיקַיָּיא דִּבְהוֹן וּבְגִין כָּךְ אִנּוּן נְפֶשׁ חַיָּה. דָּבָר אַחֵר וְאֵת כָּל עוֹף כָּנָף כְּדְקָא אִתְּמָר אִלֵּין אִנּוּן (לעיל לד א) שְׁלוּחֵי עָלְמָא.

אָמַר רַבִּי אַבָּא נֶפֶשׁ חַיָּה דְאִנּוּן (ד''א אנון) יִשְׂרָאֵל, בְּגִין דְּאִנּוּן בְּנֵי דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא (ד''א בנין לקודשא בריך הוא) וְנִשְׁמַתְהוֹן קַדִּישִׁין מִנֵּיהּ אַתְיָין. נַפְשָׁאן דִּשְׁאָר עַמִּין עוֹבְדֵי עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת מְאָן אֲתַר הוּא. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר מֵאִנּוּן סִטְרֵי שְׂמָאלָא דִּמְסָאֲבֵי לוֹן אִית לוֹן נִשְׁמָתִין. וּבְגִין כָּךְ כֻּלְהוּ מְסָאֲבִין, וּמְסָאֲבִין לְמָאן דְּקָרַב בַּהֲדַיְיהוּ:

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים תּוֹצֵא הָאָרֶץ נֶפֶשׁ חַיָּה וְגו' כֻּלְהוֹן שְׁאָר חֵיוָון אָחֳרָנִין כָּל חַד וְחַד כְּפוּם זִינֵיהּ, וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר הַאי מְסַיֵּיעַ לְמַה דְּאֲמָרָן נֶפֶשׁ חַיָּה אִלֵּין יִשְׂרָאֵל דְּאִנּוּן נֶפֶשׁ חַיָּה קַדִּישָׁא עִלָּאָה. בְּהֵמָה וָרֶמֶשׂ וְחַיְתוֹ אֶרֶץ אִלֵּין שְׁאָר עַמִין עוֹבְדֵי עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת דְּלָאו אִנּוּן נֶפֶשׁ חַיָּה אֶלָּא (ד''א ערלה) כִּדְקָאֲמָרָן:

השלמה מההשמטות (סימן כה)

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים הִנֵּה נָתַתִּי לָכֶם אֶת כָּל עֵשֶׂב זוֹרֵעַ זֶרַע לְקֳבֵל דַּרְגָא דְבִּינָ''ה דְּאִקְרֵי אֱלֹהִים דְּכֵיוָן דְּאִימָא עִלָּאָה חָמָאת לוֹן שְׁלֵמִין יָהִיב לוֹן תָּפְנוּקִין מִלְּעֵילָא לְאִתְקַיְימָא בְּעַלְמָא. תָּא חֲזֵי, אָדָם קַדְמָאָה קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא יָהַב לֵיהּ כָּל עֵשֶׂב זוֹרֵעַ זֶרַע וְלָא יָהַב לֵיהּ רֵשׁוּ לְמֵיכָל בְּעִירֵי וְעוֹפֵי שְׁמַיָא, בְּגִין דְגַלֵּי קַמֵּיהּ דְהוּא זַמִּין לְאִתְפַּתָאַה בְּהַהוּא נָחָשׁ דְּאִיהוּ עֲרוּם מִכָּל חַיַּת הַשָּׂדֶה אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֲרְחֵקִינֶיהּ מִנֵּיהּ וְלָא יְהֵא לֵיהּ עֵסֶק בֵּיהּ וְלָא בִּבְעִירֵי וְלָא בְּעוֹפֵי בְּגִין דְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אָרִים לֵיהּ לְבַּר נָשׁ מִכְשׁוֹל מִקָמֵיהּ, מְאִים יִתְקַיַּים בְּעַלְמָא.

אֲבָל כַּד אֲתָא נֹחַ דְּאִקְרֵי צַדִּיק מָה כְּתִיב בֵּיהּ (בראשית ח׳:כ׳) וַיִּבֶן נֹחַ מִזְבֵּחַ לַיְיָ וְהָא אוּקִימְנָא הַהוּא מִזְבֵּחַ דְאַקְרִיב בֵּיהּ אָדָם הָרִאשׁוֹן. ומַאי טַעְמָא וַיִּבֶן בְּגִין דְחַיָיבֵי עַלְמָא עַבְדֵי בָּהּ פְּגִימוּ. אֲתָא נֹחַ וְקָרִיב הַהוּא מִזְבֵּחַ בְּבַעְלָהּ הֲדָא הוּא דִכְתִיב וַיָּעַל עֹלֹת בַּמִזְבֵּחַ חָסֵר, כַּד חָמָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא דְאִתְקְרִיב הַהוּא מִזְבֵּחַ וְקָרִיב הַנְהוּ בְּעִירֵי דַכְיֵי יָהַב לֵיהּ רֵשׁוּ לְמֵיכָל כֻּלְּהוּ בְּעִירֵי. מַאי טַעְמָא, בְּגִין דְאַתְקִיף בְּהַהוּא בְּרִית עֵץ הַחַיִּים, וְקָרִיב לֵיהּ בְּעֵץ הַדַּעַת וְעָבַד יִחוּדָא בְּקַדְמִיתָא אֶלָּא דִּלְבָתַר אִתְפָּתָא דְּבָעָא לְמִבְדַּק בְּהַהוּא חוֹבָה וְלָא לְאִתְדַבַּק בֵּיהּ וַאֲפִילּוּ הֲכִי לָא אִשְׁתֵּזִיב מִנֵּיהּ וְנָצִיב הַהוּא כַּרְמָא.

תָּא חֲזֵי, אָדָם דְּזַמִּין לְאִתְפַּתָאַה בְּאִילָנֵי לָא יָהַב לֵיהּ אִילָנֵי וְאַרְחֶקִינְהוּ מִנֵּיהּ דְּהָא לָא אִדְכָּר לוֹן אֶלָּא דְּאִיהוּ עָבַד גַּרְמֵיהּ חוֹל וְנָצִיב הַהוּא כַּרְמָא דְּאִקְרֵי בֵּית יִשְׂרָאֵל. בְּקַדְמִיתָא אִשְׁתְּלִים בֵּיהּ וְחַפְיָא עָלֵיהּ (ואשתזיב) אִשְׁתֵּזִיב בָּהּ. וּמַאן אִיהִי בֵּית יִשְׂרָאֵל דָא תֵּיבָה דְּאִקְרֵי אֲרוֹן הַבְּרִית. וְהַשְׁתָּא כַּד בָּעָא לְמִבְדַּק, מָה כְּתִיב (בראשית ט׳:כ״א) וַיֵּשְׁתְ מִן הַיָּיִן, כְּמָה דְאַתְּ אָמֵר, וַתִּקַּח מִפִּרְיוֹ. לְבָתָר וַיִתְגָּל בְּתוֹךְ אֲהֹלֹה. גָלֵי הַהוּא פִּרְצָה בְּקַדְמִיתָא בְּגוֹ מַשְׁכְּנֵיהּ בְּגוֹ לְגוֹ. וְאִי לָאו הַהוּא מַדְבְּחָא דְאַגִינָת עָלֵיהּ מִשׁוּם דְאִתְדַבָּק בָּהּ בְּקַדְמִיתָא הֲוָה נִתְפָּס מִיָד. וְעִם כָּל דָּא כַּד לָא עֲבַד לֵיהּ אֶלָּא לְמִבְדַּק, כָּסֵי עָלֵיהּ אוֹרַיְיתָא וְלָא פַרְסְמֵיה כְּמָה דְפִרְסֵם לְאָדָם. וְהַהוּא מַדְבְּחָא הוּא כַּפָּרָה עָלֵיהּ.

תָּא חֲזֵי, מִזְבַּח שֶׁל בֵּית עוֹלָמִים הוּא תְּלָתִין וּתְרֵין עַל תְּלָתִין וּתְרֵין אָמָה (והיא) הִיא רְמִיזָא בִּתְרֵין וּתְלָתִין נְתִיבוֹת פְּלִיאוֹת חָכְמָה. דְּהָא חָכְמָה תַּתָּאָה אִקְרֵי, עָלָהּ אָמָה וְכָּנָס אָמָה, זְהוּ יְסוֹ''ד לְקֳבֵל (צדיק) צֶדֶ''ק דִּלְעֵילָא דְּהָא כְּגווָֹנָא דְּכוּלְהוּ דַּרְגִּין אִית בָּהּ וְכֻלְּהוּ אִתְחַזְיָין בָּהּ דְּהָא מַרְאָה אִקְרֵי.

עֲלָהּ חֲמֵשׁ וְכָּנָס אָמָה, זְהוּ סוֹבֵב לְקֳבֵל הַהוּא דַּרְגָא דְאִתְדַבָּק בָּהּ דְּאִיהוּ סוֹבֵב לְהַהוּא מִזְבֵּחַ הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (שיר השירים ב׳:ו׳) וִימִינוֹ תְּחַבְּקֵנִי דְּהָא מִיְסוֹ''ד עַד הַהוּא דַּרְגָא חֲמִשָׁה דַּרְגִּין אִינוּן.

עָלָהּ שָׁלשׁ וְכָּנָס אָמָה, אֵלּוּ קְרָנוֹת לְקֳבֵל אִינוּן תְלָתָא דַּרְגִּין דְאַתְיָין לָה מִנַּיְיהוּ תְּקִיפוּ עִלָּאָה וְשֶׁפַע. וּבְגִין כָּךְ דָוִד שְׁנִמְשָׁח בְּקֶרֶן נִמְשְׁכָה מַלְכוּתוֹ בְּגִין דְּאִיהוּ בְּאִינוּן קְרָנוֹת הַמִּזְבֵּחַ תְּקִיפוּ דְמַדְבְּחָא עִלָּאָה.

תָּא חֲזֵי, אַרְבַּע קְרָנוֹת, אָמָה עַל אָמָה אִית בֵּיהּ בַּמִזְבֵּחַ, בְּגִין דְּאִיהוּ כִּסֵּא דָוִד יוֹם רְבִיעָאִי לָתֵת לָה שֶׁפַע מֵאִינוּן שְׁלֹשׁ אַמּוֹת לְאִינוּן אַרְבַּע קְרָנוֹת. וְכַד הֲווּ מַקְרִיבִין כְּהָנֵי מִסִּטְרָא דְחֶסֶ''ד עֹלַת הַתָּמִיד לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ הֲווּ מַקְרִיבִין לֵיהּ הַהוּא אַתְרָא דְּאִקְרֵי מִזְבֵּחַ. וְכַד הֲווּ עַבְדִין מָתָנוֹת מִדָּמָא דְעוֹלָה הֲווּ סָלְקִין וַהֲווּ אַזְלִין בְּהַהוּא סוֹבֵב דְּאִיהוּ דַּרְגָא דִידְהוּ וְחוּלָקֵיהּ דַאֲבוּהוֹן דְיַהֲבִין שְׁתֵּי מָתָנוֹת שְׁהֵן אַרְבַּע לְקֳבֵל הַהוּא אַתְרָא דְּאִקְרֵי עוֹלָה.

וְלָקֳבֵל שְׁתֵּי מָתָּנוֹת דְּהַהוּא בוּכְרָא דְנָטִיל תְּרֵין חוּלָקִין הֲדָא הוּא דִכְתִיב (בראשית כ״ה:כ״ז) וְיַעֲקֹב אִישׁ תָּם יוֹשֵׁב אֹהָלִים רַחֲמֵי וְדִינָא וְנָסִיב הַהוּא צַדִּיק תְּרֵין חוּלָקִין דִּידֵיהּ הֲדָא הוּא דִכְתִיב (דברי הימים א ה׳:א׳) נִתָּנָה בְּכֹרָתוֹ לְיוֹסֵף וּתְרֵין חוּלָקִין דְאָבוֹי וְנָסִיב כֹּלָּא הַאי כָּ''ל וְאַמְלֵי לְהַהוּא אַתְרָא דְאִקְּרֵי יַם. הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (קהלת א׳:ז׳) כָּל הַנְּחָלִים הוֹלְכִים אֶל הַיָּם.

הַאי מִזְבַּח הָעוֹלָה הֲוָה גַּבֵּיהּ, הַא (האי) ט' אַמּוֹת לְקֳבֵל ט' דַּרְגִּין דְאִיכָּא עַד צַדִּיק תְשִׁיעָאָה דְכוֹלָא טוֹ''ב וַדַּאי. וְאִיהוּ כְבִּנְיַן אוֹצָר רְחַבָה מִלְמַטָּה וּקְצָרָה מִלְמַעְלָה הֲדָא הוּא דִכְתִיב וַיִּבֶן יְיָ אֱלהִים אֶת הַצֵּלָע אֲשֶׁר לָקַח מִן הַאָדָם לְאִשָׁה. וְהַאי מִזְבֵּחַ עִלָּאָה הִיא אִשְׁתּוֹ דְּאָדָם דִּלְעֵילָא וּבְגִין כָּךְ אִקְרֵי מִזְבֵּחַ עוֹלָה כְּמָה דְאַתְּ אָמֵר (יהושע ג׳:ו׳) אֲרוֹן הַבְּרִית וְדָא כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל וְאִקְרֵי מִזְבֵּחַ מַאי טַעְמָא אִקְרֵי הֲכִי בְּגִין דְּכַד בְּנֵי עַלְמָא לָא מַכְשְׁרָן עוֹבַדָיְיהוּ אִיהִי דַבְחָא לוֹן הֲדָא הוּא דִכְתִיב (ויקרא כ״ו:כ״ח) וְהִכְּתִי אֶתְכֶם אַף אֲנִי. דְּהָא כָּל מָאנֵי קְרָבָא דְמַלְכָּא בִּידֵיהּ אִתְמְסָרוּ הֲדָא הוּא דִכְתִיב (שיר השירים ג׳:ז׳) הִנֵּה מִטָּתוֹ שֶׁלִּשְׁלֹמֹה שִׁשִּׁים גִּבּוֹרִים סָבִיב לָה. וּבְגִין כָּךְ אוֹרַיְיתָא שְׁלֵימָתָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא יַהֲבָה לוֹן לְיִשְׂרָאֵל לְמִזְכֵּי בָּהּ לְחַיֵּי עַלְמָא לְאִשְׁתֵּזָבָא מִדִינוֹי דְּהַהוּא מִזְבֵּחַ. מָה דְּלֵית רֵשׁוּ לְגַבְרָא אַחֲרָא לְקָרְבָא לְגַבָּהּ.

וְכִי תֵימָא הָא חֲמֵינָא מֹשֶׁה קָרִיב לְגַבָּהּ שִׁבְעָה יוֹמִין בְּקַדְמִיתָא, תָּא חֲזֵי כְּתִיב (שיר השירים ב׳:ו׳) שְׂמֹאלוֹ תַּחַת לְרֹאשִׁי וִימִינוֹ תְּחַבְּקֵנִי. הַאי קְרָא עַל (רנ''ח ע''ב) כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל אִתְּמָר כַּד אִיהִי שַׁרְיָיא בְּאַרְעָא בְּכָל אִינוּן שִׁבְעָה יוֹמִין כֻּלְּהוּ בִשְׁלִימוּ הֲדָא הוּא דִכְתִיב (ויקרא ח׳:ל״ג) שִׁבְעַת יָמִים יְמָּלֵא אֶת יֵדְּכֶם וּבְגִין כָּךְ אִקְרוּן שִׁבְעַת יְמֵי הַמִלוּאִים דַּיְיקָא.

וּמֹשֶׁה דְּאִיהוּ לֵוִי מִסִּטְרָא דָא קָרִיב בְּקַדְמִיתָא לְגַבֵּי הַאי מִזְבֵּחַ. הֲדָא הוּא דִכְתִיב שְׂמֹאלוֹ תַּחַת לְרֹאשִׁי מַאי רֹאשִׁי אֶלָּא בְּרֵישָׁא כַּד אִתְדַבְּקַת הַאי מִזְבֵּחַ בְּהַהוּא עוֹלָה שְׂמֹאלוֹ אִתְקְרֵי בְּקַדְמִיתָא, וְעִם כָּל דָּא אִתְעָרוּ חַבְרַיָּיא בְּחַלוּק לָבָן שֶׁאֵין בּוֹ אִימְרָא שִׁימֶּשׁ. הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (בראשית ל') מָחְשׂוֹף הַלָּבָן אֲשֶׁר עַל הַמָקְלוֹת. בְּגִין דְּאַף עַל גַּב דְּאִיהוּ מִסִּטְרָא דְדִינָא אִתְלַבַּשׁ בְּחֶסֶ''ד וְקָרִיב לְגַבָּהּ וְאִתְעַר חֶסֶ''ד עִלָּאָה בְּעַלְמָא.

וּמַאי קָרִיב פָּר בְּרֵישָׁא תָמִיד שֶׁל שָׁחַר עוֹלָה וַדַּאי. וּלְבָתָר קָרִיב פָּר חַטָּאת לְמֵיהַב שְׁלָמָא בֵּין הַהוּא פָּר חַטָּאת וְאַהֲרֹן דְּחָב לְגַבָּהּ כַּד עֲבָד עֶגְלָא (ס''א עולה) וְדָא כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל וְהַחֲטָאת לְקֳבְּלָה אִיהוּ. וְדָא פָּר כֹּהֵן מָשִׁיחַ כַּד אִיהוּ חָב לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ מָה דְלָא אִית בְּגֶבֶר אַחֲרָא אֶלָּא נוּקְבְתָא לְחַטָּאת וּלְבָתָר קָרִיב עוֹלָה לְגַבָּהּ. כֵּיוָן דְאִתְקְרִיב עוֹלָה לְגַבֵּי הַאי מִזְבֵּחַ כְּדֵין מִלוּאִים הוּא. מִלוּאִים לְעֵילָא מִלוּאִים לְתַתָּא וְכֻלְהוּ עָלְמִין בְּחֶדְוָה, דְּהָא מַטְרוֹנִיתָא אִתְחַבְּרַת בְּבַעְלָהּ וּכְדֵין קָרִיב לְגַבֵּי הַהוּא מִזְבֵּחַ אֵיל הַמִלוּאִים.

וְיָהִיב מֵהַהוּא דָּמָא עַל תַנוֹךְ אוּדְנָא דְאֲהַרֹן בְּגִין דְּתְהוֵי רְכִיכָא לְמִשְׁמָע בִּרְכִיכוּ וְלָא בְּקַשְׁיוּ. וִיְקַבֵּל מִלֵּי דְּאוֹרַיְיתָא דְלָא לְאַפְרָדָא תּוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה מִתּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב וּלְאַשְׁלָמָא עָלְמִין כֻּלְּהוּ וְכֵן לִבְנוֹי. וּפַקִּיד לוֹן דְּיָתְבוּן בְּהַהוּא תַרְעָא דְּהַהוּא אֹהֶל לְמִיטַר הַהוּא אַתְרָא דְלָא יִתְקְרַב עָרֵל וְטָמֵא וְיִשְׁתַּלְּמוּן (כלהו) כֻּלְּהוֹן שִׁבְעָה יוֹמִין עִלָּאִין וְיִסְתָלְקוּן בְּהַהוּא דַּרְגָא דְחֶסֶ''ד דְּאִיהוּ מִתַּתָּא לְעֵילָא שְׁבִיעָאָה דְּהָא אִינוּן בְּקַדְמִיתָא אִתְדַבְּקוּ בְּהַהוּא פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד וּלְבָתָר אִסְתַּלְקוּ לְעֵילָא. וּלְבָתָר מָה כְּתִיב וִימִינוֹ תְּחַבְּקֵנִי הֲדָא הוּא דִכְתִיב (ויקרא ט') וַיְהִי בְּיוֹם הַשְׁמִינִי קָרָא מֹשֶׁה לְאַהֲרֹן וּפַקִּיד לֵיהּ לְמִיסַב הַהוּא עֵגֶל דְּחָב בֵּיהּ וִיקַרְבִינֶיה לְגַבֵּיהּ הַהוּא מִזְבֵּחַ וְאִיהוּ הֲוָה כַּסִיף לְקָרְבָא לְגַבֵּיהּ דְדָחִיל מִשָׁלְהוֹבוֹי.

אָמַר לֵיהּ מֹשֶׁה (שם) קְרָב אֶל הַמִּזְבֵּחַ וַעֲשֵׂה אֶת חֲטָאתְךָ בְּקַדְמִיתָא וְהַב מֵהַהוּא דָּמָא בְּאִינוּן קְרָנוֹת בְּגִין דְחָב בְּקַדְמִיתָא לְגַבַּיְיהוּ וּמָנַע מִנְּהוֹן בִּרְכָאָן וּלְבָתָר (שם) וְאֶת הַדָּם יַצָק אֶל יְסוֹד הַמִּזְבֵּחַ לְאַצְקָא בָּהּ הַהוּא יְסוֹד. מַאי יַצָק כְּמָה דְאַתְּ אָמֵר (מלכים א ז׳:כ״ג) וַיַעֲשׂ אֶת הַיָּם מוּצָק.

וּלְבָתָר קָרִיב לְהַהוּא מִזְבֵּחַ הַהוּא עוֹלָה וַעֲבַד בְּקַדְמִיתָא רֹאשׁ וּלְבָתָר רֶגֶל. וּלְבָתָר עַל יִשְׂרָאֵל קָרִיב שֵׂעִיר עִזִים דְּהָא מֵהַהוּא סִטְרָא דְיֶצֶר הַרָע אִתְדַבְּקוּ בַּעֲבוֹדָה זָרָה וּלְבָתָר עֵגֶל וְכֶבֶשׂ לְעוֹלָה. תָּא חֲזֵי בְּקַדְמִיתָא עֵגֶל לְחַטָּאת כֵּיוָן דְקָרִיב לֵיהּ בִשְׁלִימוּ לְגַבֵּיהּ אִמֵּיהּ לְבָתָר קָרִיב לֵיהּ לְגַבֵּי אֲבוֹי. הֲדָא הוּא דִכְתִיב לְעוֹלָה, וּלְבָתָר שׁוֹר וַאֲיִל לִשְׁלָמִים דְּהָא שְׁלָמָא בְכֻלְּהוּ עָלְמִין וְהַאי שׁוֹר דְּסִטְרָא דִשְׂמָאלָא.

וְאֵילוֹ דְיִצְחָק לָא עַבְדִין דִּינָא אֶלָּא לִשְׁלָמִים שְׁלָמָא לְעֵילָא שְׁלָמָא לְתַתָּא וּכְדֵין קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא פָּתַח עָלַיְיהוּ (תהילים קל״ג:א׳) הִנֵּה מָה טוֹב וּמָה נָעִים שֶׁבֶת אַחִים גַּם יַחַד. שֶׁבֶתשֶׁבֶת אַחִים יְמִינָא וּשְׂמָאלָא מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן. גַּם לְאַכְלָלָא לִכְּנְסֶת יִשְׂרָאֵל יַחַד. צַדִּי''ק כֹּלָּא בְּיִחוּדָא (שלימא) שְׁלֵימָתָא כְּדֵין מָה כְּתִיב כַּשֶׁמֶן הַטּוֹב עַל הָרֹאשׁ יוֹרֵד עַל הַזָּקָן כֵּיוָן דְּאִתְחַבְּרוּ דְכָר וְנוּקְבָא שְׁלִים בְּגִין כָּךְ כַּשֶׁמֶן הַטּוֹב עַל הָרֹאשׁ בְּקַדְמִיתָא עַתִּיקָא דְכוֹלָא רֵישָׁא דְכָל רֵישִׁין.

יוֹרֵד עַל הַזָּקָן דָא חֶסֶ''ד וּגְבוּרָ''ה וְתִפְאֶרֶת דְּכוּלְהוּ אִקְרוּן זָקֵן. (בראשית כ״ד:א׳) וְאַבְרָהָם זָקֵן. (שם כ''ז) וַיְהִי כִּי זָקֵן יִצְחָק. (שם מ''ח) וְעֵינֵי יִשְׂרָאֵל כַּבְדוּ מִזֹקֵן. עַל פִּי מִדוֹתָיו. דָא צַדִּיק וְאִיהִי פִּי מִדוֹתָיו. וּלְבָתָר כְּטָל חֶרְמוֹן שֶׁיוֹרֶד עַל הֲרְרֵי צִיּוֹן. אִלֵּין שֶׁבַע הָרִים דְאִקְּרוּן הֲרְרֵי צִיּוֹן. כִּי שָׁם צִוָּה יְיָ אֶת הַבְּרָכָה. כֵּיוָן דְּאִתְחַבְּרוּ. חַיִּים עַד הָעוֹלָם דָא עֵץ חַיִּים בְּהַהוּא עוֹלָם. וְכָל דָא בְּגִין הַנְהוּ קָרְבָּנִין דְּמִתְעָרִין טִיבוּ לְעֵילָא וְתַתָּא.

וּלְבָתָר הֲכִי כְּהָנֵי דְמִסִטְרָא דְחֶסֶ''ד קְרֵבִין לְגַבֵּיהּ דְּהַהוּא מִזְבֵּחַ מָה דְּלֵית רֵשׁוּ לִגְבַר אַחֲרָא לְקָרְבָא. וְנַכְסִין נִכְסָת קוּדְשִׁין בִּצְפוֹנָא דְמִזְבֵּחַ, בְּגִין דְבִּסְטָר צְפוֹנָא דְּאִית בָּהּ, כַּד קָרִיב גְבוּרָה לְגַבָּהּ עַבְדָּא אִינוּן נוּקְמִין, בְּגִין כָּךְ עַבְדִין כְּהָנֵי שְׁלָמָא בְּעַלְמָא דְלָא יִתוֹקַד עַלְמָא בְּשַׁלְהוֹבוֹי דְמִזְבֵּחַ. וּכְדֵין חַיִּים נַחְתִּין לְעָלְמָא הֲדָא הוּא דִכְתִיב (מלאכי ב׳:ה׳) בְּרִיתִי הָיְתָה אִתּוֹ הַחַיִּים וְהַשָׁלוֹם. מַאי טַעְמָא חַיִּים בְּגִין דְהוּא עֲבָד שָׁלוֹם.

וְכַהֲנֵי עַבְדִין שָׁלוֹם בְּקָרְבָּנָא מַאי קָרְבָּנָא לָבָן וְאָדוֹם. חֵלֶב וְדָם. חֵלֶב לְקֳבֵל הַהוּא דַּרְגָא שׁוּפְרָא דְכוֹלָא. חֵלֶב הָאָרֶץ מְתַרְגֶּמִינָן שׁוּפְרָא דְאַרְעָא. דָּם לְקֳבֵל הַהוּא דַּרְגָא דְּאִקְרֵי נֶפֶשׁ דִכְתִיב (ירמיהו נ״א:י״ד) נִשְׁבַּע יְיָ צְבָאוֹת בְּנַפְשׁוֹ (עמוס ו' נשבע יי בנפשו). וּבַר נָשׁ כַּד קָרִיב הַאי דָּמָא כְּאִילוּ מַקְרִיב נַפְשֵׁיהּ הֲדָא הוּא דִכְתִיב (ויקרא י״ז:י״א') כִּי הַדָּם הוּא בַּנֶפֶשׁ יְכַפֵּר.

וּבְגִין כָּךְ אַזְהַר לוֹן אוֹרַיְיתָא, מַאן דְיֵיכוּל מֵהַהוּא חֵלֶב וְדָם דִּמְקָרְבִין מִנֵּיהּ לְמַדְבְּחָא יִשְׁתְצֵי מֵהַהוּא מַדְבְּחָא, הַאי דִכְתִיב וְנִכְרְתָה הַנֶּפֶשׁ הַהִיא מְעַמֵיהָ. מַאי טַעְמָא בְּגִין דַהֲוָה לֵיהּ לְמִקְרֶבֵיהּ לְהַהוּא חֵלֶב עַל מַדְבְּחָא וְהַהוּא דָּם בַּיְסוֹד לְאַכְלָלָא מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה וּמִדָּת לַיְלָה בְּיוֹם.

וּבְעוֹלָת הַתָּמִיד דְאִיהִי כְּלָלָא דְכוֹלָא לְכַפָּרָא עַל כָּל יִשְׂרָאֵל עַל עֲשֵׂה וְעַל לֹא תַעֲשֶׂה הַנִיתָּק לַעֲשֵׂה. מַאי טַעְמָא בְּגִין דְּהָא אֲרְבָּא (ס''ת אתרא) דַּרְגָא דְעוֹלָה עֲשֵׂה אִיהוּ. וְעַבְדִין לֵיהּ מָתָּנוֹת לְאַכְלָלָא לְהַהוּא אַתְרָא דְּאִקְרֵי כָּ''ל וּלְיִשְׂרָאֵל.

וּלְאָן אַתְרָא יַהֲבִין אִינוּן מָתָּנוֹת. חֲדָא בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית לְאַתְעָרָא מִזְרָח דְּאִיהוּ רַחֲמֵי וּלְאִתְעָרָא צָפוֹן בְּחֶדְוָה לְגַבֵּיהּ דְּהַהוּא מִזְבֵּחַ. וּלְבָתָר בְּקֶרֶן מָעֲרָבִית דְּרוֹמִית לְאַכְלָלָא הַהוּא מִזְבֵּחַ דְּאִקְרֵי מַעֲרָב בַּדָּרוֹם דְּאִיהוּ חֶסֶ''ד. וּבְגִין כָּךְ כֹּלָּא חֲדָא מַתָּנָה הֲדָא הוּא דִכְתִיב שְׂמֹאלוֹ תַּחַת לְרֹאשִׁי וִימִינוֹ תְּחַבְּקֵנִי. שְׂמֹאלוֹ דְּמִזְרָח דְּאִיהוּ צָפוֹן תַּחַת לְרֹאשִׁי בְּקַדְמִיתָא. וְהָדָר וִימִינוֹ תְּחַבְּקֵנִי דְּאִיהוּ חֶסֶ''ד.

דָבָר אַחֵר מַאי טַעְמָא דְלָא יַהֲבִין מַתָּנָה בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מִזְרָחִית, צְפוֹנִית מַעֲרָבִית. דְּהָא הַהוּא קֶרֶן דְּרוֹמִית מִזְרָחִית אִיהוּ בְּקַדְמִיתָא כַּד סָלְקִין כַּהֲנַיָּא בְּהַהוּא כֶּבֶשׁ דְבַדָּרוֹם סִטְרָא וְחוּלָקָא דִידְהוּ דְּאִיהוּ חֶסֶ''ד. וְאַמְרִין כָּל פְּנִיוֹת שְׁאַתָּה פוֹנֶה אִיהוּ אֶלָּא דֶּרֶךְ יָמִין לַמִּזְבֵּחַ בְּגִין לְחַבְּרָן סִטְרָא דְּמִזְרָח בְּהַהוּא מִזְבֵּחַ וַהֲוָה לֵיהּ לְכַהֲנָא לְמֵיהַב מַתָּנָה בְּקַדְמִיתָא בְּהַהוּא קֶרֶן דְּרוֹמִית מִזְרָחִית דְּהַאי אִיהוּ קַדְמָאָה לְאִינוּן דַּרְגִּין וְלֹא עוֹד אֶלָּא דְּאִתְעָר לְגַבָּהּ חֶסֶ''ד בְּקַדְמִיתָא. הָא אִתְעָרוּ חַבְרַיָּיא וְאַמְרִין בְּגִין דִכְתִיב (ויקרא ד׳:ז׳) אֶל יְסוֹד מִזְבַּח הָעוֹלָה מִן יְסוֹד לַמִּזְבֵּחַ שֶׁל עוֹלָם (ס''א עולה) כְּלוֹמַר קָרֵב יְסוֹד דְּאִיהוּ צַדִּיק לְגַבָּהּ, וְקֶרֶן דְּרוֹמִית מִזְרָחִית לא הָיָה לָה יְסוֹד.

תָּא חֲזֵי, כְּתִיב בֵּיהּ בִּיהוּדָה (בראשית ל״ז:כ״ז) לְכוּ וְנִמְכְּרֵנוּ לַיִשְׁמְעֱאלִים. וּבְגִין דְּאִיהוּ חָב לְגַבֵּי הַהוּא יְסוֹד וְאַפְרֵשֶׁיה מֵהַהוּא אֶרֶץ עִלָּאָה וְיָהַב עֵצָה לְמִזְבַּן יָתֵיהּ. בְּגִין כָּךְ בְּהַהוּא חוּלָקָא דִּידֵיהּ לָא הֲוָה לֵיהּ יְסוֹד. וְהָכִי תָנֵינָן מָה הֲוָה חוּלָקֵיהּ דִיהוּדָה הַר הַבַּיִת וּלְשָׁכָיו בַּעֲזָרוֹת. וּמָה הָיָה חוּלָקֵיהּ דְבִנְיָמִן דְּאִיהוּ צַדִּיק לְתַתָּא אוּלָם וְהֵיכָל וּבֵית קֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים וּרְצוּעָה נַפְקָא מֵחוּלָקֵיהּ דִיהוּדָה דְאִיהִי כְּלַפֵי מִזְרָח דְּהָא דְּגָלוּ נָמֵי מִמִּזְרָח הֲוָה וְנִכְנֵסָה בְּחוּלָקֵיהּ דְבִנְיָמִן. וְעֲלָה אִתְבְּנֵי מַדְבְּחָא דְּהָא מַדְבְּחָא חוּלָקֵיהּ דִיהוּדָה הֲוָה כְּדְּאוֹקִימְנָא (בראשית ל') וַתָעֲמֹד מִלֵדֶּת דְקַיְימָא כוֹרְסַיָּיא עַל סָמְכוֹהִי וַהֲוָא סַמְכָא רְבִיעָאָה לְקֳבֵל כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל דְאִיהִי רְבִיעָאָה וּכְתִיב בָּהּ (תהילים קי״ח:כ״ב) אֶבֶן מָאֲסוּ הַבּוֹנִים הָיְתָה לְרֹאשׁ פִּנָּה.

וְדָוִד בְּרֵיהּ אֲחִיד בֵּיהּ בְּהַהוּא מִזְבֵּחַ כְּדְּאוֹקִימְנָא בְּרָזָא דִמְהֵימְנוּתָא וּבִנְיָמִן הַצַּדִּיק מִצְטָעֵר עָלֵיהּ לְקָרְבָא יָתֵהּ לְגַבֵּיהּ, הֲדָא הוּא דִכְתִיב (דברים ל״ג:י״ב) חוֹפֵף עַלָּיו כָּל הַיּוֹם. בְּגִין כָּךְ זָכָה בִנְיָמִן הַצַּדִּיק לְתַתָּא וְנַעֲשָׂה אוּשְׁפִּיזָא לִגְבוּרָ''ה הֲדָא הוּא דִכְתִיב (דברים ל״ג:י״ב) וּבֵין כְּתֵפָיו שָׁכֵן דְּאִיהוּ חוּלָקֵיהּ בַּמָעֲרָב וְהַשְׁתָּא שְׁכִינְתָּא בֵּין תְּרֵין צַדִּיקִים. צַדִּיק לְעֵילָא יוֹסֵף הַצַּדִּיק. לְתַתָּא בִנְיָמִן. הַאי בַּעְלָהּ דְמַטְרוֹנִיתָא וְהַאי אוּשְׁפִּיזָא. בְּגִין כָּךְ כְּתִיב (תהילים קי״ג:ט׳) מוֹשִׁיבִי עֲקֶרֶת הַבַּיִת דָא עַלְמָא דְאִתְכָּלְיָא (ס''א דאתגלייא) דָא שְׁכִינְתָּא תַּתָּאָה דְאִיהִי עֲקֶרֶת הַבַּיִת. עִיקָרָא דְּהַאי עַלְמָא רָחֵל בֵּין תְּרֵין צַדִּיקִים לְעֵילָא וְתַתָּא.

בְּגִין כָּךְ אִתְקְרֵי בֵּי מַקְדְּשָׁא בֵּית עוֹלָמִים. מִזְבֵּחַ שֶׁל בֵּית עוֹלָמִים הֲוָה בְּאַחֲסָנָתֵּיה דְבִנְיָמִן. אֲבָל כַּד שַׁרְיָיא שְׁכִינְתָּא בְּאַחֲסָנָתֵּיה דְיוֹסֵף בְּשִׁילֹה לֹא קָארֵי לָה בֵּית עוֹלָמִים דְּהָא עוֹלָם הוֹ''ד לְעֵילָא וְתַתָּא אֵם הַבָּנִים שֶׂמְחָה דָא שְׁכִינְתָּא בְּגִין כָּךְ הַלְלוּיָהּ.

תָּא חֲזֵי כַּד אִזְדַּבָּן הַהוּא צַדִּיק לְמִצְרָיִם בִנְיָמִן אֲחוּהִי הֲוָה צַדִּיק לְתַתָּא וְנָטַל אַתְרֵיהּ דְלָא לְאִתְפָּגְמָא וּלְאִינוּן עֲשָׂרָה בְּנִין דַהֲווּ לֵיהּ קָרָא לוֹן עַל שְׁמֵיהּ דְּהַהוּא צַדִּיק כְּדְאוּקְמוּהַ חַבְרַיָּיא בֶּלַע עַל שֵׁם שְׁנִבְלָע בֵּין הָאוּמוֹת בְּגִין כָּךְ תָנֵינָן הַיְסוֹד הָיָה מְהַלֵּךְ עַל פְּנֵי כָּל הַמָעֲרָב וְעַל פְּנֵי כָּל הַצָּפוֹן אוֹכֵל בַּמִזְרָח חֲצִי אָמָה וּבַדָרוֹם חֲצִי אָמָה בְּגִין דְּחוּלָקֵיהּ דְבִנְיָמִן הֲוָה מַעֲרָב בְּגִין כָּךְ אִית לֵיהּ יְסוֹד דְּהָא הוּא שָׁלִיט הֲוָה לְגַבֵּי הַהוּא צַדִּיק יְסוֹד עוֹלָם אֲבָל בְּחוּלָקֵיהּ דִיהוּדָה דְּאִיהוּ מִזְרָח לָא הֲוָה לֵיהּ יְסוֹ''ד דְּהָא אִיהוּ אֲרְחִיקֵיה מִנֵּיהּ דִּיהַב עֵצָה לְמִזְבְּנֵיה לְמִצְרָיִם.

תָּא חֲזֵי סִדְרָא דְּדְגָלִּים הֲרֵי הוּא סָחְרָנֵי הַהוּא מַדְבְּחָא דְעוֹלָה דְּאִקְרֵי מַשְׁכְּנָא. יְהוּדָה וְדִּסְמִיכִין לֵיהּ בַּמִזְרָח. וּמַאן סְמִיכִין יִשָׂשׂכָר דְּאַגִין עָלֵיהּ בְּחֵילָא דְּאוֹרַיְיתָא. וּלְבָתָר זְבֻלוּן דְסָמִיךְ לְיִשָׂשׂכָר דִּיהַב לוֹן מְלָאי וְחֵילָא לְאִתְעַסְקָא בְּאוֹרַיְיתָא. אֶפְרָיִם וּמְנַשֶׁה וּבִנְיָמִן לְמַעֲרָב. רְאוּבֵן וְדִּסְמִיכִין לֵיהּ בַּדָרוֹם דָן וְדִּסְמִיכִין לֵיהּ בַּצָּפוֹן.

וְתָּא חֲזֵי כְּתִיב בֵּיהּ בְּהַהוּא צַדִּיק (בראשית ל״ז:ב׳) וְהוּא נַעַר אֶת בְּנֵי בִּלְהָה וּכְתִיב בִּבְנִי לֵאָה (שם) וַיִשְׂנֵאוּ אוֹתוֹ בְּגִין כָּךְ תָנֵינָן הַאי יְסוֹ''ד הָיָה מְהַלֵּךְ עַל פְּנִי כָּל הַמָעֲרָב דְּהָא חוּלָקֵיהּ דְּאַחוֹי דְּנָטַר הַהוּא אַתְרָא וְדִבְנוֹי הֲוָה. וְעַל פְּנִי כָּל הַצָּפוֹן בְּגִין דְהַנְהוּ דַהֲווּ שָׁרָאָן בַּצָּפוֹן לָא הֲווּ שָׂנְאִין לֵיהּ. אוֹכֵל בַּמִזְרָח חֲצִי אָמָה. בְּגִין דְּעָבַד יְהוּדָה פַּלְגוּ הַצָלָה וְאָמַר מָה בֶּצַע וְלֹא שָׁבָק (לון) לְמִקְטְלֵיהּ. וּבַדָרוֹם חֲצִי אָמָה בְּגִין דִרְאוּבֵן אָמַר (בראשית ל״ז:כ״ב) לְהַצִיל אוֹתוֹ מִיַדָּם וְגָד נָמֵי דַהֲוָה שָׁרֵי תַמָּן לָא הֲוָה סָנֵי לֵיהּ.

תָּא חֲזֵי כַּמָה עֲקִימִין אִינוּן בְּנֵי נָשָׁא דְלָא בָעָאן לְאִשְׁתָּדְלֵי בְּאָרְחָא דְחַיֵי דְאוֹרִית לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לִבְנוֹי וְאַזְהָר לוֹן עֲלָהּ וְאָמַר (יהושע א׳:ח׳) וְהָגִיתָ בּוֹ יוֹמָם וָלַיְלָה דְּלֵית לָךְ רֵשׁוּ לְאַפְרָשָׁא יוֹם מִּלַּיְלָה. וּבְגִין כָּךְ יְהוּדָה אַף עַל גַּב דְּחוּלָקֵיהּ וְעַדְבֵיהּ הֲוָה מַעֲרָב דְּאִיהוּ לַיְלָה כַּד הֲוָה שָׁארֵי סַחֲרָנֵיהּ הַהוּא מַשְׁכְּנָא אִתְדַבַּק בַּמִזְרָח דְּאִיהוּ יוֹם וְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא רָמַז לֵיהּ וְאָמַר לֵיהּ (דברים ל׳:י״ט) וּבָחַרְתָּ בַּחַיִּים דְלָא לְאַפְרָשָׁא יוֹם מִּלַּיְלָה וּמַאן דְפַרִישׁ לוֹן גָרִים מוֹתָא. וּבְהַהוּא חוֹבָה מִיתוּ בְּנוֹי בְּגִין דְחַבִילוּ אוֹרְחֵיהוֹן וְלָא דַבִּיּקוּ יוֹם בַּלַּיְלָה בְּגִין דְלָא אִשְׁתָדְלוּ כְּדְקָא חָזֵי לְחַבְּרָא חִוְורָא בְסֻמָּקָא בְּגִין לְכַפָּרָא הַהוּא חוֹבָה דִילֵיהּ דְאַפְרִישׁ לוֹן בְּקַדְמִיתָא.

כַּד זַבִּין לְהַהוּא צַדִּיק דְּאִקְרֵי יוֹם דְאַפְרֵשֶׁיה מכְּנְסֶת יִשְׂרָאֵל דְּאִקְרֵי לַיְלָה. וְרָמַז לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְקָרְבָא מִזְרָח בַּמָעֲרָב וְאָמַר לֵיהּ (במדבר ב׳:ב׳-ג׳) וְהַחוֹנִים קְדְמָה מִזְרָחָה דֶגֶל מַחֲנֶה יְהוּדָה לְקָרְבָא מִזְרָח לְמַעֲרָב לְמֵיהַב לֵיהּ שֶׁפַע בִּרְכָאָן מִלְּעֵילָא.

וּבְנֵי יוֹסֵף וּבִנְיָמִן אַף עַל גַּב דְבִנְיָמִן הֲוָה מִתְדַּבָּק בַּמִזְרָח, רָמַז לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְמִשְׁרֵי בַּמָעֲרָב לְקָרְבָא כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל לְגַבֵּי צַדִּיק כֹּלָּא בְּאֹרַח מֵישַׁר הֲדָא הוּא דִכְתִיב (הושע י״ד:י׳) כִּי יְשָׁרִים דַּרְכֵי יְיָ וְצַדִּיקִים יֵלְכוּ בָּם. וּרְאוּבֵן דְאִתְדַבָּק בְּסִטְרָא דְחֶסֶ''ד יִשְׁרֵי בִּדְרוֹמָא. וְדָן בְּגִין לְכַפָּרָא הַהוּא חוֹבָא דְעֶגְלָא דִיקַבְּלוּן בְּנוֹי וְאִיהוּ מִסִּטְרָא דִּצְפוֹנָא יִשְׁרֵי לִצְפוֹנָא לְכַפָּרָא הַהוּא חוֹבָה.

בְּגִין כָּךְ כְּתִיב בַּיָם שֶׁעָשָׂה שְׁלֹמֹה עֲשָׂרָה עַל עֲשָׂרָה (מלכים א ז׳:כ״ג) וְקַו שְׁלֹשִׁים בַּאָמָה יִסוֹב. כֻלָּא בְּרָזָא דְחָכְמְתָא. כְּתִיב בֵּיהּ עוֹמֵד עַל שְׁנֵים עֲשָׂר בָּקָר שְׁלשָׁה פּוֹנִים צָפוֹנָה וּשְׁלשָׁה פּוֹנִים יָמָּה וּשְׁלשָׁה פּוֹנִים נֶגְבָּה וּשְׁלשָׁה פּוֹנִים מִזְרָחָה וְהַיָּם עֲלֵיהֶם מִלְמַעְלָה הַהוּא יַמָּא דְחָכְמְתָא אִתְתְּקַן בְּהוּ.

תָּא חֲזֵי כַּד הֲווּ עַבְדִין כַּהֲנַיָּא הַהוּא חַטָּאת לְכַפָּרָה חוֹבִין דְלא תַעֲשֶׂה הֲוָה דְּאִית בְּהוּ כָּרֵת. וְעוֹלֶה לְכַפָּרָה עַל מַאן דְלָא עֲבִיד מִצְוֹת עֲשֵׂה אָתֵי וּמֵהַהוּא סִטְרָא אָתֵי עוֹלָה דְּאִיהוּ זָכָר. וּכְתִיב (שמות כ׳:ח׳) זָכוֹר אֶת יוֹם הַשַׁבָּת מִצְוַת עֲשֵׂה וּבְגִין כָּךְ אָנוּ מַקְרִיבִין בְּשַׁבָּת תְּרֵין אִמְרִין דְּמוּסָף עוֹלָה בְּגִין דְּבְהַהוּא דִיְמִינָא אִתּוֹסַף לְהַהוּא צַדִּיק נְהִירוּ דְעַתִּיקָא קַדִּישָׁא.

כַּד אִתְדַבַּק בִּכְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל דְּאִיהִי שָׁמוֹר לֹא תַעֲשֶׂה בְּגִין כָּךְ אִית בֵּיהּ בְּשַׁבָּת עֲשֵׂה וְלֹא תַעֲשֶׂה דְּאִית בֵּיהּ כָּרֵת דְּהָא מַאן דְּעָבַד פְּגִימוּ בְּהַהוּא אַתְרָא דְּאִקְרֵי לא תַעֲשֶׂה וְאַפְרֵישׁ זִווּגָא דִילְהוֹן אִשְׁתָצֵי מִתַּמָּן נַפְשָׁא דִילֵיהּ. וּמַאן אִיהוּ, מַאן דְּעָבִיד עוֹבָדִין דְּחוֹל בְשַׁבְּתָא בַּקֹּדֶשׁ דְאִתְדַבָּק בְּשַׁבָּת בְּשַׁבָּתוֹן וְכֻלְּהוּ עָלְמִין בְּחֶדְוָה בִּנְהִירוּ אֲבָל מַאן דְלָא עֲבִיד אֶלָּא בִּשְׁגָגָה מַקְרִיב חַטָּאת לְקֳבֵל הַהוּא דַּרְגָא דְמִזְבֵּחַ.

וּבְרֹאשׁ חוֹדֶשׁ דְּאִיהוּ חַדְּתוּתָא דְסִיהֲרָא אֲנָן מַקְרִיבִין (במדבר כ״ח:י״א) פָּרִים בְּנֵי בָּקָר שְׁנַיִם דְּהָא מִסִּטְרָא דְפָרָה אֲדוּמָה תְמִימָה אָתוּ וְאִינוּן לְעֵילָא לְאַשְׁלָמָא פְּגִימוּ דִּילָה וּלְמֵיהַב לָהּ שֶׁפַע עַל חַד תְרֵין מֵהַהוּא אֲתַר דְּאִקְרֵי עוֹלָה וְאִתוֹסָף בְּהַהוּא זִמְנָא נְהִירוּ לְסִיהֲרָא אַיִל אֶחָד לְקָרְבָא לָהּ אֵילוֹ דְּיִצְחָק (שיר השירים ב׳:ו׳) שְׂמֹאלוֹ תַּחַת לְרֹאשִׁי כְּבָשִׂים בְּנֵי שָׁנָה שִׁבְעָה לְחַבְּקָא לָהּ יְמִינָא וְשַׁבְעָא דַּכְרִין אִתְקַרְבִין בָּהּ תְמִימִים שְׁלֵמִין בְּכוֹלָא וַאֲנָן מְקָרְבִין שֵׂעִיר עִזִים אֶחָד לְחַטָּאת דְּהַאי חַטָּאת מֵהָאי סִטְרָא דְפָּר חַטָּאת אָתֵי דִכְתִיב שָׁמוֹר. וְשָׁמוֹר לֹא תַעֲשֶׂה אִיהוּ וַאֲנָן מְקָרְבִין שֵׂעִיר חַטָּאת דְאָתֵי עַל לֹא תַעֲשֶׂה.

בְּמוּסָף דִּידָהּ בְּרֹאשׁ חוֹדֶשׁ דְאָתֵי לְכַפָּרָה עַל טוּמְאַת מִקְדָּשׁ וְקֹדָשָׁיו דִכְתִיב (יחזקאלמ''ג) וְלָא יְטָמְאוּ עוֹד בֵּית יִשְׂרָאֵל שֵׁם קָדְשִׁי דְלָא יִתְקַרָב בִּכְנֶסֶת יִשְׂרָאֵל עָרֵל וְטָמֵא. אֲבָל מוּסָף דְּשַׁבָּת לֵיכָּא לְקָרְבָא בְּגִין דְּהָא אִתְגְּלֵי עַתִּיקָא קַדִּישָׁא וְנָהִיר בְּהַהוּא רָצוֹן לְכֻלְּהוּ עָלְמִין וְכֹלָּא אִשְׁתְּכַח בִּנְהִירוּ, דְּהָא שַׁבָּת בְלָא דִינָא כְּלָל אִיהוּ וְלָא שָׁלִיט חִוְיָּיא עֲקִימָא וְכַהֲנֵי מִסִּטְרָא דְחֶסֶ''ד נַכְסִין יָתֵיהּ בִּצְפוֹנָא דְמִזְבֵּחַ וְאֲפִילּוּ יִשְׂרָאֵל יַכְלִין לְמֶעְבָּד, בָּר דְּלֵית לוֹן רֵשׁוּ לְמִקְרַב לְהַהוּא לַמִּזְבֵּחַ לְקָרְבָא אֲבָל לְמֵיכַס שָׁרֵי.

וּבִצְפוֹנָא אִיהוּ אַתְרֵיהּ דְּהַהוּא שָׂעִיר דְּהָא שָׂעִיר מִצְפוֹנָא יָנִיק וַאֲנָן מְקָרְבִין דָּמָא לְמַדְבְּחָא וְעַבְדִּין ד' מָתָּנוֹת עַל ד' קְרָנוֹת בְּגִין לְאַקַפָא לָהּ מִכָּל סִטְרִין דְלָא יִתְקַרָב מַאן דְלָא חֲזֵי לְקָרְבָא לְקֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים וְהַאי חַטָּאת דְעֲבְדִינָן מִנֵּיהּ קֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים, אִיהוּ דְלָא יִתְעֲר סִטְרָא דִמְסָאֲבָא מִנֵּיהּ בְּעַלְמָא.

וְתָּא חֲזֵי בְּעוֹלָה ב' מָתָּנוֹת שְׁהֵן אַרְבַּע רָזָא דְּיִחוּדָא דְּמִתְיַחֵד עוֹלָה בַּמִזְבֵּחַ. אֲבָל חַטָּאת אַרְבַּע מָתָּנוֹת דְלָאו אִינוּן אֶלָּא לְנַטְרָא וּלְאַקַפָא אִינוּן גִבּוֹרִין דְּאִינוּן מִסִּטְרָא דִגְבוּרָה לְהַהוּא מִטָּה כּוּרְסַיָּיא קַדִּישָׁא וּלְאַשְׁלָמָא הַהוּא פְּגִימוּ דְּעָבְדוּ בָּהּ. וּמַאן דְּגָרִים לוֹן לִבְנִי נָשָׁא לְמֶעְבָּד הַהוּא חוֹבָה מִסִּטְרָא דְּשָׂעִיר אָתֵי, בְּגִין כָּךְ חַטָּאת יָחִיד שְׂעִירָה וְחַטָאת נָשִׂיא שָׂעִיר, וְחַטָאת כֹּהֵן מָשִׁיחַ פָּר, כּוּלְהוּ מִסִּטְרָא דִשְׂמָאלָא.

וּלְזִמְנִין קַרִיב יָחִיד כִּשְׂבָּה לְקֳבֵל כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל וְכֻלְהוּ שְׁאָר מִצְוֹת. אֶלָּא בַּעֲבוֹדָה זָרָה דְּצִבּוּר מְקָרְבִין פָּר לְעוֹלָה וְשָׂעִיר לְחַטָּאת וְהַהוּא חַטָּאת חֲסֵר אִיהוּ בְלֹא אַלֶף. בְּגִין דְּאִיהוּ גְרִיעוּת סַגִּיאָה דְּהָא חַטָּאת לִישָׁנָא דִגְרִיעָא הוּא דִכְתִיב (מלכים א א׳:כ״א) וְהֲיִיתִּי אֲנִי וּבְנִי שְׁלֹמֹה חַטָּאִים. וְכָל חַד עֵז בַּת שְׁנָתוֹ מִסִּטְרָא דִשְׂמָאלָא. וְהַהוּא פָּר דוֹרוֹן לְעֵילָא אִיהוּ לְצַדִּיק דְּאַפְרִידוּ הַהוּא אֲרוֹן מֵהַהוּא בְּרִית. וְשָׂעִיר לְחַטָּאת לְקֳבֵל כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל דְּמָנְעוּ מִינָהּ בִּרְכָאָן. וְעִם כָּל דָּא יָחִיד כַּד חָב בְּכֻלְּהוּ מִצְוֹת לא תַעֲשֶׂה דְּאִית בְּהוּ כָּרֵת. שְׂעִירָת עִזִים בָּעֵי לְקָרְבָא לְכַתְּחִלָּה, אֶלָּא כַּד לֵית לֵיהּ דְּיַקְרִיב כִּשְׂבָּה.

וְתָּא חֲזֵי כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל רְבִיעִית הִיא לְיוֹמֵי וּבְגִין כָּךְ ד' מָתָּנוֹת בַּעְיָא, וְסַלִּיק הַהוּא רֵיחַ נִיחֹחַ מֵאִינוּן אִמְרִין. וּכְדֵין נְיָיחָא לכְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל וְלָא עֲבְדַת נוּקְמִין דְּהָא בְּשׁוֹגֵּג הֲוָה. (במדבר כ''ח) וּבַחוֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן דְּאִיהוּ אַרְבָּעָה עַל עֲשַׂר עַבְדִינָן פֶּסַח בְּגִין דְּיֶהוֶי דְכִיר לָן לְעֲלָם הוּא פֶּסַח דְּעָבַד קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְיִשְׂרָאֵל, דְּקָטַל הַהוּא טָלֶה וְאַפִּיק שְׁכִינְתָּא וְיִשְׂרָאֵל מֵאַתְרָא מְסָאָבָא וְאִתְחַבָּר אַרְבָּעָה בְּעֲשוֹר כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל אִתְחַבְּרָא בְּעֲשוֹר דְּאִיהוּ צַדִּיק וְרָמִיז אַתְרֵיהּ בְּעֶשֶׂר. וּכְדֵין פֶּסַח לַיְיָ,

וּבְגִין כָּךְ מַאן דְּאִיהוּ טָהוֹר וְיִסְתַּלַּק מִנֵּיהּ הַהוּא עָרְלָה וְיִתְחָזֵי רְשִׁימָא קַדִּישָׁא דְצָדִי''ק דְּאִיהוּ י' בֵּיהּ וְלָא קָרִיב פֶּסַח לַיְיָ (דאיהו) כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל לְצַדִּיק דְהוּא חֲזֵי לְקָרְבָא לְמַקְדְּשָׁא וְלֹא עָרֵל וְטָמֵא, דְּאִי לָא קַרִיב אִית בֵּיהּ כָּרֵת. וּמַאי טַעְמָא דְּהָא כָּל אוֹרַיְיתָא לָא אִית בָּהּ כָּרֵת אֶלָּא עַל מִצְוֹת לא תַעֲשֶׂה. מַאי (ומאי) טַעְמָא בְּפֶּסַח וּמִילָּה דְּאִינוּן מִצְוֹת עֲשֵׂה כָּרֵת. אֶלָּא בְּגִין דְדַרְגָא קַא גָרִים דְּאִיהִי כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל, דְּאִיהִי פֶּסַח, וְאִקְרֵי (אקרי) מִצְוֹת לא תַעֲשֶׂה, בַּעְיָא לְאִתְחַבְּרָא בַּעֲשֵׂה וּלְאִתְכַּלְלָא בֵּיהּ מִדַּת לַיְלָה בְּיוֹם.

וּמַאן אִיהוּ דָא צַדִּי''ק, דְּאִיהוּ מִילָה וּמִצְוֹת עֲשֵׂה וְאִתְכְּלִיל בְּמִצְוֹת לא תַעֲשֶׂה מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה. וְאִי לָא אִתְגְּזַר בָּר נָשׁ לָא אִתְחֲזֵי לְקָרְבָא לוֹן, בְּגִין כָּךְ קַיָימָא מִצְוַת לֹא תַעֲשֶׂה עָלֵיהּ וְדַיְינָת לֵיהּ בְּכָּרֵת, דְּלָא יֵיעוּל נַפְשֵׁיהּ לְמַקְדְּשָׁא. וְכֵן בְּפֶּסַח בַּעְיָא כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל לְאִתְחַבְּרָא בְּבַעְלָהּ וְאִי לָא עֲבִיד בָּר נָשׁ וְלָא קַרִיב פֶּסַח לַיְיָ, קַיָימָא עָלֵיהּ וְדַיְינָת לֵיהּ וְלָא אַפִּיקַת יָתֵיהּ מִתְּחוֹת יְדָא דְפַרְעֹה וְאִשְׁתַּצִיאַת נַפְשֵׁיהּ מֵאַתְרָא קַדִּישָׁא, וְאִשְׁתָּאַרַת בְּאַתְרָא מְסָאָבָא בְּמִצְרָיִם. דְּהָא יִשְׂרָאֵל אִי לָא עֲבִידוּ הֲנֵי תְּרֵין פִּקּוּדִין לָא נַפְקוּ מִתַּמָּן.

וּבְגִין כָּךְ כְּתִיב (דבהם י''ז) שָׁמוֹר אֶת חֹדֶשׁ הָאָבִיב וְעָשִׂיתָ פֶּסַח לַיְיָ אֱלֹהֶיךָ. שָׁמוֹר, כְּלָלָא דְנוּקְבָא לא תַעֲשֶׂה. אֶת, כְּלָלָא דְכוֹלָא. חֹדֶשׁ הָאָבִיב דְּהָא בְּהַהוּא שַׁעְתָּא שְׂעוֹרָה אֲבִיב וּמְקָרְבִין מִנֵּיהּ עוֹמֶר עֲשִׂירִית הָאֵיפָה מִמָחֳרָת הַשַּׁבָּת אִיהוּ, וְסַפְרִין שֶׁבַע שְׁבוּעִין שְׁלֵמִין לְאִסְתַּלְקָא לְעֵילָא וּלְקַבְּלָא מֵאִינוּן חַמְשִׁין יוֹמִין עִלָּאִין דְּאִימָא עִלָּאָה אוֹרַיְיתָא. דְּאִקְרֵי לֶחֶם דִכְתִיב (משלי ט׳:ה׳) לְכוּ לַחֲמוּ בְּלַחְמִי.

וַאֲנָן מְקָרְבִין בְּיוֹמָא דְּחַמְשִׁין דְאִתְיְיהִיב בֵּיהּ אוֹרַיְיתָא שְׁתֵּי הַלֶּחֶם, תּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב וְתוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה. וְנָחִית טִיבוּ דְּעַתִּיקָא קַדִּישָׁא דְּאִימָא עִלָּאָה בְּאִינוּן שֶׁבַע שְׁבוּעִין שְׁלִימָן בְּכוֹלָא. וְכָל חַד מֵאִינוּן שֶׁבַע דַּרְגִּין כַּלִיל בְּשִׁבְעָה כְּדְּאוֹקִימְנָא בְּרָזָא דִמְהֵימְנוּתָא. בְּגִין כָּךְ (דברים ט״ז:א׳) שָׁמוֹר אֶת חֹדֶשׁ הָאָבִיב וְעָשִׂיתָ פֶּסַח לַיְיָ, קַרִיב לוֹן בְּיִחוּדָא. דְּהָא בֵּיהּ אֲפְּקַךְ מִמִּצְרָיִם לַיְלָה, וְתַשְׁלִים לְהַאי דַּרְגָא דְּאִקְרֵי לֵיל שִׁמּוּרִים, וְתַּקְרִיב דְכוּרָא לְגַבָּהּ וְתִתְקְרֵי לַיְלָה שְׁלֵימָא.

וְתָּא חֲזֵי נַעֲרָה בְּתוּלָה עַד לָא אִתְקַרִיב דְכוּרָא לְגַבָּהּ אִקְרֵי נַעַר, לְבָתָר אִקְרֵי נַעֲרָה. הֲדָא הוּא דִכְתִיב (דברים כ״ב:י״ט) וְנָתְנוּ לַאֲבִי הַנַּעֲרָה, שְׁלֵימָא דַּיְיקָא. וְדָא אִיהוּ כַּד אִשְׁתַּכְּחַת שְׁלֵימָא וְלָא אִתְקַרִיב מַאן (ס''א למאן) דְלָא אִתְחֲזֵי. אוּף הָכָא בְּקַדְמִיתָא לֵיל שִׁמּוּרִים לְבָתָר, הַלַּיְלָה הַזֶּה לַיְיָ, כַּד אִתְקַרִיב זֶה לְזֹאת. בְּגִין כָּךְ לָא אִתְחֲזֵי לְאִתְקָרְבָא בְּהַהוּא פֶּסַח עָרֵל וְטָמֵא.

וְדָמָהּ טָעוּן מַתָּנָה אַחַת דַּיְיקָא, כְּמָה דָּא אָמֵר (שיר השירים ו׳:ט׳) אַחַת הִיא יוֹנָתִי תַמָּתִי אַחַת הִיא לְאִמָּהּ. הִיא נָטְרָת בְּנָהָא דְלָא יִסְתַּאֲבוּן בְּנִמוּסָיְיהוּ יִשְׂרָאֵל, בְּגִין כָּךְ שִׁבְטֵי יָהּ נַפְקוּ מִתַּמָּן וְאִתְחַבְּרַת יוֹ''ד בָּה''א וְלָא בַּאֲתַר אַחֲרָא כְּמָה דְּעָבְדוּ אִינוּן. אֲבָל כַּד נַפְקוּ מִבָּבֵל דְּאִסְתָאֲבוּ תַמָּן, סָאִיבוּ מַקְדְּשָׁא. בְּגִין כָּךְ חִוְיָּיא שָׁלִיט בְּהוּ וְלָא אִשְׁתְּכַח שׁוּלְטָנוּתָא לְיִשְׂרָאֵל בְּהַהוּא זִמְנָא, בְּגִין דְּסָאִיבוּ מַקְדְּשָׁא בַּנָּשִׁים נָכְרִיּוֹת. מִכָּאן מַאן דִּמְסָאֵב גַּרְמֵיהּ לְתַתָּא, מְסָאֵב לְעֵילָא. וּמַאן דְּקַדִּישׁ גַּרְמֵיהּ לְתַתָּא מְקַדֵּשׁ לְעֵילָא. וְעַל דָא רְאוּיִּין הֲווּ דְּיִתָעֲבַד לְהוּ נִיסָא בְּהַהִיא שַׁעְתָּא דְּנַפְקוּ מִבָּבֶל כְּשָׁעְתָּא דְּנַפְקוּ מִמִּצְרָיִם. אֶלָּא דְּגָרִים חוֹבָא.

וּבַחֲמִשָׁה עֲשָׂר לְיָרְחַא קַדְמָאָה חוּלָקָא דְאַבְרָהָם דְּאִיהוּ קַדְמָאָה וְאַחִיד בְּדַרְגָּא דְחֶסֶ''ד. אֲנָן מַקְרִיבִין לְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא תְּרֵין פָּרִים לְאוֹסָפָא תְּרֵין חוּלָקִין לְדַרְגָּא דְחֶסֶד מֵעַתִּיקָא קַדִּישָׁא. אַיִל אֶחָד לְקֳבֵל דַּרְגָא דְיִצְחָק וּבָעֵינָן אַיִל לִישָׁנָא דְּתַקִיפוּ, בְּגִין דְּחוּלָקַא דִּידֵיהּ תַּקִּיפוּ מַיָא. וּבָעֵינָן דְּיִסְתָּכַּם הַהוּא דַּרְגָא דִּגְבוּרָ''ה בְּחֶסֶד עִלָּאָה לְמֶעְבַּד טִיבוּ עִם כָּל יִשְׂרָאֵל. וּלְאִתְפָּרְעָא מֵאִינוּן דְּעֲאקִין לוֹן וּלְאַסְחֲרָא לֵיהּ סִטְרָא דְּמַיִּין, הַאי דִכְתִיב (בראשית ל') מָחְשׂוֹף הַלָּבָן.

שִׁבְעָה כְּבָשִׂים תְמִימִים. לְקֳבֵל כֻּלְּהוּ דַּרְגִּין דְּיִשְׁתַּלְּמוּן בֵּיהּ. וְכֵן בְּכָל יוֹמָא וְיוֹמָא שִׁבְעָה אִמְרִין בְּיוֹמָא קַדְמָאָה דְּכוּלְהוּ שִׁבְעָה יוֹמִין עִלָּאִין כָּל חַד אִשְׁתְּלִים בְּרָזָא דְשֶׁבַע וִיהוֹן שֶׁבַע שַׁבָּתוֹת תְּמִימוֹת לְקֳבְּלָא נְהִירוּ עִלָּאָה דְּאוֹרַיְיתָא. שֵׂעִיר חַטָּאת לְכַפָּרָה עַל סָאִיבוּ דְּמָקְדְּשָׁא וְלָא יְהֵא לֵיהּ רֵשׁוּ לְהַהוּא שָׂעִיר לְעֲרְבְּבָא וְלָא לְאַסְטָנָא עַל יִשְׂרָאֵל. (במדבר כ''ח) וּבְיוֹם הַבִּכּוּרִים בְּהַקְרִיבְכֶם מִנְחָה חֲדָשָׁה. לְקֳבֵל דַּרְגָא דְיַעֲקֹב דְּהָא כְּדֵין אִשְׁתְּלִים עַלְמָא וְאִתְחַדַּשׁ. וַאֲנָן מָנִינָן שֶׁבַע שְׁבוּעִין בְּגִין לְחַבְּרָא כֹּלָּא בְּיוֹבְלָא עִלָּאָה דְּיַהֲבָא לְהַאי בְּרָא בּוּכְרָא עֲטָרָה דְּאוֹרַיְיתָא דְּאִתְכַּלִילָת בְּמ''ט אַנְפִּין וְנַפְקָא מֵחָכְמָה עִלָּאָה בְּאִינוּן חַמְשִׁין שַׁעֲרֵי בִּינָה. וְאִתְיְּיהִיבַת לְהַאי בְּרָא בּוּכְרָא עַל יְדֵי דְמֹשֶׁה דְאֲחִיד נָמֵי בְּהַאי דַּרְגָא הֲדָא הוּא דִכְתִיב (שיר השירים ג') צְאֵינָה וּרְאֵינָה בְּנוֹת צִיּוֹן בַּמֶלֶךְ שְׁלֹמֹה, בְּמַלְכָּא דִּשְׁלָמָא כֹּלָּא דִילֵיהּ. (והא) דְּהָא אוֹקִימְנָא דְּהַאי דַּרְגָא שְׁלִים מִכָּל סִטְרִין וּשְׁלִים אִקְרֵי בְּרָזָא דִמְהֵימְנוּתָא דִכְתִיב (בראשית כ''ה) וְיַעֲקֹב אִישׁ תָּם. בְּיוֹם חֲתוּנָתוֹ. דָא כַּד אִתְיְיהִיבַת (אורייתא). וּבְיוֹם שִׂמְחַת לִבּוֹ. כַּד אִתְבַּנֵי בֵּי מַקְדְּשָׁא:

תָּא חֲזֵי כְּתִיב בַּחֹדֶשׁ הַשְׁלִישִׁי דְאִתְחַבַּר הַאי דַּרְגָא דְּאִקְרֵי שְׁלִישִׁי בַּחֹדֶשׁ וְהִיא חֲתוּנָתוֹ, עַל דָא כְּתִיב (שמות י״ט:ב׳) וַיִּחַן שָׁם יִשְׂרָאֵל נֶגֶד הָהָר. הַאי דַּרְגָא בְּרָא בּוּכְרָא. נֶגֶד הָהָר לְקֳבֵל הַהוּא הַר דְּאִתְיָּידַע דְּאִיהוּ זְעֵיר מִכָּל טוּרַיָּא דִּלְעֵילָא דְּאִיהוּ רָם וְנָשָׂא כַּד אִתְחַבָּר לְעֵילָא וְאִקְרֵי הַר סִינַי דְּהָא ז' טוּרִין וְז' יוֹמִין וְז' אַרְצוֹת בָּרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּעַלְמָא דְּאִינוּן לְקֳבֵל שִׁבְעָה יוֹמִין עִלָּאִין וְלָא בָּחָר מִכֻּלְּהוּ לְמֵיהַב אוֹרַיְיתָא אֶלָּא בְּהַר סִינַי דְּאִיהוּ רָזָא דְּכְּנְסֶת יִשְׂרָאֵל, וּבְיָם כִּנֶרֶת נָמֵי דְאָתֵי מִתַּמָּן תְּכֵלֶת דְּדָמֵי לְכִּסֵא הַכָּבוֹד. כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל. כִּנֶרֶת דָא צַדִּי''ק וְהַאי יָם דְּכִּנֶרֶת הוּא כְּדְאוּקְמוּהַ חַבְרַיָּיא.

כִּנּוֹר הָיָה תָּלוּי לְמָעְלָה מִמִּטָתוֹ שֶׁל דָוִד, וּבְשָׁעָה שְׁרוּחַ צְפוֹנִית מְנַשֶׁבֶת בּוֹ מְנַגֵּן מֵאֵלָיו. וְדָוִד קָם לְמִלְעֵי בְּאוֹרַיְיתָא חֲצוֹת לַיְלָה לְאִתְחַבְּרָא בְּכְּנְסֶת יִשְׂרָאֵל. וּבְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל שְׁבִיעָאָה דְכוֹלָא נְקוּדָה אֶמְצָעִיתָּא דְּאַרְעָא תַּתָּאָה, בָּחַר קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא דְּאִיהִי לְקֳבֵל נְקוּדָה עִלָּאָה.

מָאי טַעְמָא בֵּיהּ בְּהַר סִינַי דִּלְעֵילָא לְמֵיהַב בֵּיהּ אוֹרַיְיתָא שֶׁבִּכְתָב וְסִימָנִיךְ בְּהַאי אֲרוֹן לְמֵיהַב בֵּיהּ בְּרִית, בְּגִין
(Ⅰ)

*****

[47b]  
[...] ainsi qu’il est écrit : « Tu l’as créé pour ceux qui espèrent en toi en face des enfants des hommes. » « En face des enfants des hommes », car il y a un autre paradis qui est en face des anges.
Rabbi Siméon dit : L’Écriture parle du paradis supérieur ; quant au terme « en face des enfants des hommes », il indique que ce paradis sera le séjour des Justes qui font la volonté de leur Maître. L’Écriture dit : « Le ciel et la terre furent achevés. » Ces paroles indiquent que l’œuvre de la création a été achevée en haut aussi bien qu’en bas ; c’est le haut et le bas qui sont désignés par les mots « ciel et terre ».
Rabbi Siméon dit : Ces paroles désignent le culte et la foi de la loi écrite et le culte et la foi de la loi traditionnelle. «... Et leurs constellations» désignent les détails de la loi, les commentaires qui sont au nombre de soixante-dix. Le mot « va-ïcoulou » (et furent achevés) exprime l’étroite union existant entre ces deux lois dont l’une est le complément de l’autre. En disant : «... Le ciel et la terre », et ensuite en ajoutant : «... Avec toutes leurs constellations », l’Écriture fait succéder le genre à l’espèce, ce qui nous permet d’appliquer ici la règle herméneutique aux termes de laquelle on doit, en pareil cas, généraliser l’espèce également. Aussi les mots... : « Avec toutes leurs constellations » désignent-ils les diverses interprétations de la loi, les choses permises et les choses défendues (9).
Il est écrit : « Et Élohim termina au septième jour l’ouvrage qu’il avait fait. » Ces paroles signifient la loi traditionnelle qui est désignée sous le nom de « septième jour ». L’Écriture veut donc dire que Dieu termina son ouvrage dans la doctrine traditionnelle, qui est la base du monde. L’Écriture dit : «... L’ouvrage qu’il avait fait » ; mais elle ne dit pas : « ... Tout son ouvrage », attendu que la loi écrite n’y est pas comprise, cette loi qui émane de la Sagesse (Hocmâ). L’Écriture répète trois fois le terme « septième jour ». D’abord. « Dieu termina au septième jour » ; ensuite : « Il se reposa le septième jour » ; et enfin : « Il bénit le septième jour. » Le premier terme désigne la loi traditionnelle qui renferme les mystères formant la base du monde, ainsi que nous venons de le dire. Le deuxième terme : « Il se reposa le septième jour » désigne la base du monde. Dans le livre de Rab Yeba, le Vieillard, il est dit que ce terme désigne le Jubilé.
C’est pourquoi l’Écriture dit, à la suite du deuxième terme : « ... De tout son ouvrage » ; car tout est issu de ce jour. Le troisième terme : « Et Élohim bénit le septième jour » désigne le grand pontife qui bénit tout le monde et qui a la prééminence sur tous les autres hommes. En effet, la tradition nous apprend qu’au moment du partage des offrandes c’est le grand pontife qui procède le premier au prélèvement de sa part. Et, comme la bénédiction du peuple est réservée au grand pontife, celui-ci est désigné par le nom de « septième ». Rabbi Yessa, le Vieillard, dit : Ces deux termes de l’Écriture « le septième jour », désignent deux choses : la base du monde et la Colonne du milieu. «... Et il le sanctifia» indique l’endroit où furent élevés les murs du temple, ainsi qu’il est écrit (II Rois, XV, 25) : « Il m’a fait voir lui et son sanctuaire. » C’est dans cet emplacement que résident tous les saints d’en haut ; c’est de là que sort le pain embaumé qui fait les délices de la « Communauté d’Israël », ainsi qu’il est écrit (Gen. , XLIX, 20) : « Le pain d’Ascher sera excellent ; et les rois y trouveront leurs délices. » L’Écriture veut dire que c’est d’ « Ascher » que viendra l’Alliance de la Paix. Le pain des pauvres deviendra le « pain embaumé » (10) qui fera les délices des rois. Que signifie le terme de « rois » ? Il désigne le « Synode d’Israël ». C’est de cet endroit qu’émanent tous les délices des mondes ; et toutes les saintetés célestes sortent de là.
C’est pourquoi l’Écriture dit : «... Et il le sanctifia » (vaïqadesch otho) ; le mot « otho » désigne l’alliance (oth).
L’Écriture ajoute : «... Parce qu’il s’était reposé en ce jour » ; ce jour-là, tout ce qui existe en haut et en bas se repose Il est écrit (Gen. , II, 3) : «... Qu’Elohim créa pour qu’il fût fait (ascher bara Elohim laasoth). » Nous savons que « souvenez-vous » (Ex. , XX, 8) mène à «pratiquez» (Deut. , V, 10) (11), pour perfectionner l’œuvre du monde. Les mots : «... Qu’Elohim créa pour qu’il fût fait » signifient qu’ « Elohim créa l’instrument de travail pour tous, c’est-à-dire la Loi. Rabbi Siméon explique ce verset d’une autre façon encore.
Il est écrit (Deut. , VII, 9) : « Qui garde son Alliance et sa miséricorde jusqu’à mille générations.... » Le terme « qui garde » désigne le Synode d’Israël ; l’«Alliance» désigne la base du monde ; « la miséricorde » désigne Abraham. Car c’est le « Synode d’Israël » qui garde l’ « Alliance » et la « miséricorde » ; c’est pourquoi il est appelé le «gardien d’Israël », attendu qu’il garde la porte où sont suspendues (12) toutes les œuvres du monde. Telle est, en vérité, la signification des mots : «... Qu’Élohim a créé pour qu’il fût fait. » Ainsi sont faites les œuvres de Dieu ; leur ensemble procure au monde tout ce qui lui est utile et salutaire ; c’est ainsi que furent produits les esprits et les âmes, les démons et les diables. Mais, dira-t-on peut-être, les démons et les diables ne sont point utiles au monde. A ceci nous répondrons qu’il n’en est rien, parce que ceux-ci également sont utiles au monde, en ce sens qu’ils servent au châtiment des coupables ; car les démons vont au-devant du coupable pour le punir. Quiconque marche sur la voie conduisant au côté gauche y rencontre des esprits émanant du même côté. C’est pourquoi les démons et les diables aussi sont utiles au monde.
Remarquez ce que l’Écriture dit de Salomon (II Rois, VII, 14) : « Et s’il commet quelque chose d’injuste, je le châtierai avec la verge dont on châtie les hommes, et je le punirai des plaies des enfants des hommes. » Que signifient « les plaies des enfants des hommes » ? Ce sont les démons.
Remarquez qu’au moment de la création de ces êtres, le jour de Sabbat vient interrompre l’œuvre divine ; de là vient qu’ils sont restés êtres spirituels dépourvus de corps (13). [...]

הֲדָא הוּא דִכְתִיב (תהילים ל״א:כ׳) פָּעַלְתָּ לַחוֹסִים בָּךְ, נֶגֶד בְּנֵי אָדָם, דְּהָא הוּא נֶגֶד (בני) אָדָם. וְאַחֲרָא נֶגֶד עִלָּאִין קַדִּישִׁין. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן גַּן עֵדֶן לְעֵילָא וְנֶגֶד בְּנֵי אָדָם הֲוֵי (ואפילו אחרא נגד בני אדם הוי) לְאִתְכַּנְשָׁא בֵּיהּ צַדִּיקַיָּיא דְּעָבְדֵי רְעוּתָא דְּמָארֵיהוֹן.

וַיְכֻלּוּ, דְּכָלוּ עוֹבָדִין דִּלְעֵילָא וְעוֹבָדִין דִּלְתַתָּא. הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ לְעֵילָא וְתַתָּא. רַבִּי שִׁמְעוֹן אָמַר עוֹבָדָא וְאוּמָנוּתָא דְּאוֹרַיְיתָא שֶׁבִּכְתָב וְעוֹבָדָא וְאוּמָנוּתָא דְּתוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה. וְכָל צְבָאָם אִלֵּין פְּרָטֵי דְאוֹרַיְיתָא אַפִּין דְּאוֹרַיְיתָא שִׁבְעִים פָּנִים לַתּוֹרָה. וַיְכֻלּוּ, דְּאִתְקַיְּימוּ וְאִשְׁתַּכְלְלוּ דָּא בְּדָא. שָׁמַיִם וָאָרֶץ פְּרַט וּכְלַל. וְכָל צְבָאָם, רָזֵי דְאוֹרַיְיתָא דַּכְיָאן דְּאוֹרַיְיתָא מְסָאֲבָן דְּאוֹרַיְיתָא.

השלמה מההשמטות (סימן מ')

שְׁמִינִי מָאי הֲוֵי, יֶשׁ לוֹ להַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא צַדִּיק אֶחָד בָּעוֹלָם וְחֲבִיב לוֹ מִפְּנֵי שְׁמְקַיֵּים כָּל הָעוֹלָם כֻּלּוֹ וְהוּא יְסוֹדוֹ וְהוּא מְכַלְכְּלוֹ וּמַצְמִיחוֹ וּמְגַּדְּלוֹ וּמְשָׂמְחוֹ. אֲהוּב וְחֲבִיב לְמַעְלָה, נוֹרָא וְאַדִּיר לְמַטָּה. מְתוּקַן וּמְקוּבָּל לְמַעְלָה, מְתוּקַן וּמְקוּבָּל לְמַטָּה. וְהוּא יְסוֹד הַנְפָשׁוֹת כֻּלָּם.

אֲמַרְתָּ שְׁמִינִי וְאָמַרְתָּ יְסוֹד הַנְפָשׁוֹת כֻּלָּם, וְהָא כְּתִיב וּבְיוֹם הַשְׁבִיעִי שַׁבָּת וַיִּנָּפַשׁ. אִין שְׁבִיעִי הֲוִי, אֶלָּא מִשׁוּם דְּמַכְרִיעַ בֵּינַיְיהוּ, וְיֵשׁ אִינוּן תְלָת לְרָע וּתְלָת לְעֵיל, וְהוּא דְּאַכְרָע בֵּינַיְיהוּ. וּמָאי טַעְמָא אִקְרֵי שְׁבִיעִי, וְכִי הוּא בַּשְׁבִיעִי, לֹא. אֶלָּא מִפְּנֵי שהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא שַׁבָת בְּשַׁבָּת בְּאוֹתָה הַמִּדָּה. דִּכְתִיב (שמות ל״א:י״ז) כִּי שֵׁשֶׁת יָמִים עָשָׂה יְיָ אֶת הַשָׁמַיִם וְאֶת הָאָרֶץ וּבַיוֹם הַשְׁבִיעִי שַׁבָּת וַיִּנָּפַשׁ. מְלַמֵּד שֶׁכָּל יוֹם וָיוֹם יֶשׁ לוֹ מַאֲמָר אֶחָד שֶׁהוּא אֲדוֹן לוֹ, לא מִפְּנֵי שֶׁהוּא נִבְרָא בּוֹ, אֶלָּא מִפְּנִי שֶׁהוּא פּוֹעֵל בָּעוֹלָם פְּעוּלָה הַמְסוּרָה לוֹ בְּיָדוֹ.

פָּעַלוּ כֻּלָּם פְּעוּלָתָם וְקִיֵּימוּ מַעֲשֵׂיהֶם לְבָד, בָּא יוֹם הַשְׁבִיעִי וּפָעָל פְּעוּלָתוֹ. שָׂמְחוּ כֻּלָּם וְאַף הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא. וְלֹא עוֹד אֶלָּא שְׁגַּדְלָה נִשְׁמָתוֹ, דִּכְתִיב וּבְיוֹם הַשְׁבִיעִי שַׁבָּת וַיִּנָּפַשׁ. וּמָאי הֲוֵי שְׁבִיתָה זוֹ דְּלָא הֲוֵי בָּהּ מְלָאכָה, וַהֲוֵי הַנָחַה. דִּכְתִיב שַׁבָּת. מָשָׁל לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה, לְמֶלֶךְ שֶׁהָיוּ לוֹ שִׁבְעָה גָּנוֹת, וּבַגָּן הָאֶמְצָעִי מַעְיָן נָאֶה נוֹבֵעַ מִמָקוֹר מַיִם חַיִּים, ג' מִימִינוֹ וג' מִשְׂמֹאלוֹ. וּמִיָּד שׁפּוֹעֶל בָּעוֹלָם, אָז מִתְמָלֵא וְשְׂמֵחִים כֻּלָּם. וְאוֹמְרִים לְצֹרְכֵנוּ הוּא מִתְמָלֵא וְהוּא מָשְׁקֵה אוֹתָם וּמֵגַּדְלָם וְהֵם מָמְתִינִין וְשׁוֹבְתִין וְהוּא מָשְׁקֵה אֶת הַשִׁבְעָה. וְהָא כְּתִיב (ישעיה מ''ג) מִמִּזְרָח אֲבִיא זַרְעֲךָ וַהֲוֵי חַד מִנְהוֹן וּמָשְׁקֵה לֵיהּ. אֶלָּא אֵימָא הוּא מָשְׁקֵה אֶת הַלֵּב וְהַלֵּב מָשְׁקֵה אַחַר כֵּן כֻּלָּם. וּמָאי נִיהוּ מִדָּה שְׁבִיעִית הוֵי אוֹמֶר זוֹ מִדַּת טוּבוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא.

מָאי טַעְמָא אָמַר אֶת שַׁבְּתוֹתַי, וְלֹא אָמַר אֶת שַבָּתַי. מָשָׁל לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה, לְמֶלֶךְ שֶׁהָיָה לוֹ כַלָּה נָאָה וְכָל שָׁבוּעַ וְשָׁבוּעַ מָזְמִינָה יוֹם אֶחָד לִהְיוֹת עִמּוֹ. וְהַמֶּלֶךְ יֶשׁ לוֹ בָּנִים נָאִים וְאַהוּבִים אָמַר לָהֶם הוֹאִיל וְכֵן שִׂמְחוּ אַתֶּם גַם כֵּן בְּיוֹם שִׂמְחַתִי כִּי אֲנִי בְּשְׁלָכֶם אֲנִי מִשְׁתַּדֵּל וְאַתֶּם גַּם כֵּן הֲדְרוּ אוֹתוֹ. וּמָאי זָכוֹר וְשָׁמוֹר זָכוֹר לַזָּכָר וְשָׁמוֹר לַנְּקֵבָה. מָאי טַעְמָא (ויקרא י״ט:ל׳) וּמִקְדָשִׁי תִּירָאוּ. שִׁמְרוּ עַצְמְכֶם מֵהִרְהוּר, כִּי מִקְדָשִׁי קָדוֹשׁ הוּא לָמָה (ויקרא כ׳:ח׳) כִּי אֲנִי יְיָ מֵקַדִשְׁכֶם, אֲנִי בְּכָל צָד. ע''כ: (עד כאן מההשמטות)

וַיְכַל אֱלהִים בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי דָּא תּוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה דְּאִיהוּ יוֹם שְׁבִיעִי, וּבֵיהּ אִשְׁתַּכְלַל עָלְמָא דְּאִיהוּ קִיּוּמָא דְּכֹלָּא. מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה וְלֹא כָּל מְלַאכְתּוֹ, דְּהָא תּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב אַפִּיק כֹּלָּא בְּתוּקְפָא דִּכְתַב דְּנָפִיק מֵחָכְמְתָא. תְּלַת זִמְנִין הָכָא בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי. וַיְכַל אֱלהִים בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי. וַיִּשְׁבּוֹת בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי. וַיְבָרֶךְ אֱלֹהִים אֶת יוֹם הַשְּׁבִיעִי. הָא תְּלַת. וַיְכַל אֱלהִים בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, דָּא תּוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה, דְּעִם יוֹם הַשְּׁבִיעִי דָא אִשְׁתַּכְלַל עָלְמָא כְּדְקָא אֲמָרָן.

וַיִּשְׁבּוֹת בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, דָּא יְסוֹדָא דְעָלְמָא. בְּסִפְרָא דְּרַב יֵיבָא סָבָא דָּא יוֹבְלָא וְעַל כָּךְ כְּתִיב הָכָא מִכָּ''ל מְלַאכְתּוֹ דְּכֹלָּא נָפִיק מִנֵּיהּ. וְאֲנַן דָּא יְסוֹדָא כִּדְקָאֲמָרָן דְּהָא נַיְיחָא בֵּיהּ הֲוָה יַתִּיר מִכֹּלָּא.

וַיְבָרֶךָ אֱלֹהִים אֶת יוֹם הַשְּׁבִיעִי. דָּא כֹּהֵן גָּדוֹל דִּמְבָרֵךְ לְכֹלָּא וְהוּא נָטִיל בְּרֵישָׁא דִּתְנַן כֹּהֵן נוֹטֵל בָּרֹאשׁ, וּבִרְכָאן בֵּיהּ שַׁרְיָין לְבָרְכָא וְאִקְרֵי שְׁבִיעִי. רַבִּי יֵיסָא סָבָא אָמַר הָנִי תְּרֵי חַד בִּיסוֹדָא דְּעָלְמָא אִיהוּ, וְחַד בְּעַמּוּדָא דְּאֶמְצָעִיתָא. (ד''א ל''ג) (אבל הני תלת חד במעלי שבתא דליליא וחד דיומא וחד דעלמא דאתי דאיהו שבת הגדול).

וְכֵן (ד''א ל''ג ויקדש) אוֹתוֹ, לְמָאן, לְהַהוּא אֲתַר דְּאָת קַיָּימָא בֵּיהּ שַׁרְיָא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (שמואל ב טו) וְהִרְאַנִי אוֹתוֹ וְאֶת נָוִהוּ. וּבְהַאי אֲתַר שַׁרְיָין כָּל קִדוּשִׁין לְעֵילָא (ד''א דלעילא), וְנָפְקֵי מִנֵּיהּ לִכְנְסֶת יִשְׂרָאֵל לְמֵיהַב לָהּ תַּפְנוּקָא לֶחֶם פַּנָּג, וְאָזְלָא הָא כְּמָה דִכְתִיב, (בראשית מט) מֵאָשֵׁר שְׁמֵנָה לַחְמוֹ וְהוּא יִתֵּן מַעֲדַנֵּי מֶלֶךְ, מֵאָשֵׁר דָּא קְיָים שְׁלִים דְּהֲוָה (ד''א ל''ג) (ליה) לֶחֶם עוֹנִי אִתְהַדַּר לְמֶהוֵי לֶחֶם פַּנָּג. וְהוּא יִתֵּן מַעֲדַנֵּי מֶלֶךְ. מַאן מֶלֶךְ, דָּא כְּנְסֶת יִשְׂרָאֵל. הוּא יָהִיב (ד''א לה) כָּל תַּפְנוּקִין דְּעָלְמִין, וְכָל קִדּוּשִׁין דְּנָפְקִין מִלְּעֵילָא מֵהַאי אֲתַר נָפְקִין. וְעַל דָּא וַיְקַדֵּשׁ אוֹתוֹ, הַהוּא אָת קַיָּימָא.

כִּי בוֹ שָׁבַת. בֵּיהּ נַיְיחָא דְכֹלָּא, (ד''א ביה נייחא) דְּעִלָּאִין וְתַתָּאִין. בֵּיהּ שַׁבַּתָּא (ד''א אתייא) לְנַיְיחָא. אֲשֶׁר בָּרָא אֱלֹהִים מִכְּלָלָא דְּזָכוּר נַפְקָא שָׁמוֹר לְאַתְקָנָא עֲבִידְתָּא דְעָלְמָא. לַעֲשׂוֹת דָּא אוֹמָנָא דְעָלְמָא. לְמֶעְבַּד עֲבִידְתָּא דְּכֹלָּא. (ס''א אשר ברא אומנא אצטריך לעלמא וכל עבידתא דכלא).

תּוּ פָּרִישׁ רַבִּי שִׁמְעוֹן מִלָּה וְאָמַר, כְּתִיב, (דברים ז׳:ט׳) שׁוֹמֵר הַבְּרִית וְהַחֶסֶד. שׁוֹמֵר דָּא כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל. הַבְּרִית דָּא יְסוֹדָא דְעָלְמָא. וְהַחֶסֶד דָּא אַבְרָהָם, דִּכְנֶסֶת יִשְׂרָאֵל הִיא שׁוֹמֵר הַבְּרִית וְהַחֶסֶד, וְאִקְרֵי שׁוֹמֵר יִשְׂרָאֵל, דָּא הוּא נָטִיר פִּתְחָא דְכֹלָּא, בֵּיהּ תַּלְיָין כָּל עֲבִידָן דְּעָלְמָא וַדַּאי, אֲשֶׁר בָּרָא אֱלהִים לַעֲשׂוֹת, לְשַׁכְלְלָא לְאַתְקָנָא כֹּלָּא כָּל יוֹמָא וְיוֹמָא וּלְאַפָּקָא רוּחִין וְנִשְׁמָתִין (קדישין לעלמא), וְאֲפִילּוּ רוּחִין וְשֵׁדִין.

וְאִי תֵימָא דְּלָאו אִנּוּן תִּקּוּנָא דְעָלְמָא. לָאו הָכִי. דְּהָא אִנּוּן לְתִקּוּנָא דְּעָלְמָא הֲווּ וּלְאַלְקָאָה בְּהוּ לְחַיָּיבֵי עָלְמָא דְּאִנּוּן אָזְלִין לְקִבְלַיְיהוּ לְאוֹכָחָא לְהוּ. וּמַאי דְּאֲזִיל לִשְׂמָאלָא אִתְאַחִיד בְּסִטְרָא שְׂמָאלָא לְקִבְלַיְיהוּ (ס''א לקי בהו) בְּגִינֵי כָךְ לְתִקּוּנָא הֲווּ.

תָּא חֲזֵי, מַה כְּתִיב בִּשְׁלֹמֹה (שמואל ב ז) וְהוֹכַחְתִּיו בְּשֵׁבֶט אֲנָשִׁים וּבְנִגְעֵי בְּנֵי אָדָם. מַאן (קסט ע''ב) נִגְעֵי בְּנִי אָדָם. אִלֵּין אִנּוּן מַזִּיקִין. תָּא חֲזֵי, בִּשְׁעָתָא דְּאִתְבְּרִיאָן אִתְקַדַּשׁ יוֹמָא וְאִשְׁתָּאֲרוּ רוּחָא בְּלָא גוּפָא. וְאִלֵּין אִנּוּן בָּרְיָין דְּלָא
(Ⅰ)

*****

[48a]  
[...] Ces êtres n’ont rien de commun avec les choses saintes, attendu qu’ils émanent du côté gauche. Ils forment la partie vile des pépites dont l’or a été extrait. Et c’est précisément à cause de cela qu’ils n’ont rien de commun avec la sainteté et qu’ils sont incomplets ; : le nom sacré n’est point attaché à eux, et ils tremblent devant le nom sacré. Le nom sacré n’est attaché à rien d’incomplet. Remarquez, en outre, que le nom sacré ne demeure jamais attaché à un homme incomplet qui meurt sans laisser de fils ; un tel homme ne pénètre pas après sa mort dans le vestibule du Paradis, parce qu’il est incomplet ; un tel arbre, déraciné, a besoin d’être planté de nouveau, afin que le nom sacré soit complété dans toutes les directions ; or, ce nom ne s’attache jamais à ce qui est incomplet.
Remarquez que ces êtres incomplets, tiennent à la fois de «l’en haut » et de «l’en bas » ; c’est pourquoi ils ne peuvent s’accorder ni avec ceux d’en haut, ni avec ceux d’en bas. C’est d’eux que l’Écriture dit : «... L’ouvrage qu’Élohim a créé pour qu’il fût fait » ; car ces êtres, sont incomplets en haut aussi bien qu’en bas. On demandera peut-être pourquoi ces êtres sont incomplets en haut, alors qu’il sont de purs esprits ? A ceci nous répondrons : Ils sont incomplets en haut parce qu’ils le sont en bas. Tous ces êtres arrivent du côté gauche ; ils sont invisibles à l’œil de l’homme, bien qu’ils l’environnent constamment dans le but de lui nuire. Ils ont trois choses de communes avec les anges et trois autres avec les hommes ; ceci a été déjà exposé. Après la création de ces esprits, ils sont restés cachés sous l’abîme du grand Océan la nuit et le jour du Sabbat. Lorsque la sainteté du jour eût pris fin sans que ces esprits fussent complets, ils s’envolèrent de l’abîme et vinrent au monde qu’ils parcourent encore dans tous les sens. Aussi le monde doit-il être gardé pour être à l’abri de leurs atteintes. C’est ainsi que tout ce qui émane du côté gauche se réveilla, que le feu de l’enfer fut allumé, et que tous les esprits du côté gauche parcoururent le monde. Ces esprits ont voulu se pourvoir de corps ; mais ils ne purent pas y parvenir. Aussi devons-nous nous mettre en garde contre eux ; et c’est pourquoi il a été établi une formule liturgique contre les fléaux, que l’on récite chaque fois que ces êtres malfaisants sévissent dans le monde.
Remarquez que la « tente de la Paix » a été étendue sur le monde au moment où, lors de la création, la sainteté du Sabbat commençait. Que signifie la « tente de la Paix » ? C’est le Sabbat durant lequel tous les esprits, tous les démons et tous les diables, ainsi que tous les esprits qui souillent (14), vont se cacher au-dessous de l’abîme du grand Océan ; car, au moment où la sainteté se réveille dans le monde, l’esprit impur ne peut pas coexister avec elle ; celui-ci prend la fuite devant celle-là. Aussi, en ce jour, le monde est gardé par le ciel même, de sorte que nous n’avons plus besoin de réciter la formule liturgique pour notre garde, formule finissant par les mots : « Béni sois-tu, Seigneur, Maître de l’univers, qui gardes ton peuple d’Israël. Amen », attendu que cette formule n’a été rédigée que pour être récitée durant les jours de la semaine, pendant lesquels le monde a besoin d’être gardé, alors qu’au jour du Sabbat la « tente de la Paix » est étendue sur le monde qui se trouve ainsi gardé de tous les côtés. Même les coupables subissant leur peine dans l’enfer sont gardés en ce jour ; et tous les êtres d’en haut, aussi bien que ceux d’en bas, sont en paix durant ce jour.
C’est pourquoi nous récitons, pour constater la sainteté de ce jour, la bénédiction dont voici la teneur : « Béni soit le Seigneur qui étend la tente de la Paix sur nous, sur tout son peuple d’Israël et sur Jérusalem. » Pourquoi « sur Jérusalem » ? Parce que c’est là qu’est l’emplacement de cette « tente ». Nous devons donc demander à cette « tente » de s’étendre également sur nous pour nous protéger, telle une mère qui protège ses enfants ; de cette façon nous ne craindrons rien d’aucun côté ; c’est pourquoi nous disons : «... Qui étend la tente de la Paix sur nous. »
Remarquez qu’à l’heure où Israël, en prononçant cette bénédiction, invite la « tente de la Paix » à venir le visiter comme une hôtesse sacrée, la sainteté céleste descend et, étendant ses ailes au-dessus d’Israël, le couvre comme une mère couvre ses enfants. Tous les mauvais esprits disparaissent donc du monde, et Israël demeure alors placé sous la sainteté de son Maître. C’est alors que la « tente de la Paix » accorde à chacun de ses enfants une âme nouvelle. Pourquoi ? Parce que les âmes reposent en elle et émanent d’elle. Aussi, au moment où elle étend ses ailes au-dessus de ses enfants, elle fait descendre une âme nouvelle pour chacun de ses enfants.
Rabbi Siméon dit en outre : C’est en raison de ce que nous venons de dire que la tradition nous apprend que le Sabbat est l’image du monde futur ; car, en effet, c’est ainsi ; l’un est l’image de l’autre de même que l’année sabbatique est l’image de l’année jubilaire. L’âme supplémentaire, accordée à chacun durant le jour de Sabbat, provient du mystère exprimé dans le mot « zacor » (souvenez-vous) ; c’est de là que ces âmes supplémentaires arrivent à cette « tente de la Paix » ; celle-ci les prend [...]

אִשְׁתַּכְלָלוּ (ד''א ל''ג) (ולא אתייסדו) וּמִסְטַר שְׂמָאלָא אִנּוּן זוּהֲמָא דְּדַהֲבָא, וְעַל דָּא בְּגִין דְּלָא אִשְׁתַּכְלְלוּ וְאִנּוּן פְּגִימִין, שְׁמָא קַדִּישָׁא לָא שַׁרְיָא בְּהוּ וְלָא אִתְדַּבְּקוּ בֵּיהּ, וּדְחִילוּ דִּלְהוֹן מִשְׁמָא קַדִּישָׁא אִיהוּ וְזָעִין וְדַחֲלִין מִנֵּיהּ, וּשְׁמָא קַדִּישָׁא לָא שַׁרְיָא בְּאֲתַר פָּגִים.

וְתָא חֲזֵי הַאי בַּר נָשׁ דְּאִתְפְּגִים דְּלָא שָׁבַק בַּר בְּהַאי עָלְמָא, כַּד נָפַק מִנֵּיהּ לָא אִתְדַּבָּק בִּשְׁמָא קַדִּישָׁא (לעיל יג א) וְלָא עָאלִין לֵיהּ בְּפַרְגּוֹדָא, בְּגִין דְּאִיהוּ פָּגִים וְלָא אִשְׁתְּלִים, וְאִילָנָא דְּאִתְעַקֵּר בָּעְיָא נְטִיעָא זִמְנָא אָחֳרָא, בְּגִין דִּשְׁמָא קַדִּישָׁא אִשְׁתְּלִים בְּכָל סִטְרִין. וּפְגִימוֹ לָא אִתְדַּבָּק בֵּיהּ לְעָלְמִין.

וְתָּא חֲזֵי הָנֵי בָּרְיָין פְּגִימִין אִנּוּן מֵעֵילָא וּמִתַּתָּא, וּבְגִינִי כָךְ לָא מִתְדַּבְּקָן לְעֵילָא וְלָא מִתְדַּבְּקָן לְתַתָּא. וְאִלֵּין דִּכְתִיב בְּהוּ אֲשֶׁר בָּרָא אֱלֹהִים לַעֲשׂוֹת דְּלָא אִשְׁתַּלִּימוּ עֵילָא וְתַתָּא. וְאִי תֵימָא הָא רוּחִין אִנּוּן אַמַּאי לָאו (ד''א אשתלימו) לְעֵילָא, אֶלָּא כֵּיוָן דְּלָא אִשְׁתְּלִימוּ לְתַתָּא בְּאַרְעָא לָא אִשְׁתְּלִימוּ לְעֵילָא. וְכֻלְהוּ מִסְּטַר שְׂמָאלָא קָא אַתְיָין וּמִתְכַּסְיָין מֵעֵינָא דִּבְנֵי נְשָׁא וְקָיְימֵי לְקִבְלַיְיהוּ לְאַבְאָשָׁא לוֹן. תְּלַת לוֹן כְּמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת. וּתְלַת לוֹן כִּבְנֵי נְשָׁא. (לעיל כה א) וְהָא אוּקְמוּהָ.

בָּתַר דְּאִתְבְּרִיאוּ רוּחִין (ד''א ל''ג אטמרו) אִשְׁתָּאֲרוּ אִנּוּן רוּחִין בָּתַר רֵחַיָּיא דְנוּקְבָא דִתְהוֹמָא רַבָּא לֵילְיָא דְשַׁבַּתָּא וְיוֹמָא דְשַׁבַּתָּא, כֵּיוָן דְּנָפַק קְדוּשָׁתָא דְיוֹמָא וְלָא אִשְׁתַּלִּימוּ, נָפְקוּ לְעָלְמָא וְשָׁטָאן לְכָל סִטְרִין, וּבָעְיָא עָלְמָא לְאִתְנַטְּרָא מִנַּיְיהוּ. דְּהָא כְּדֵין כָּל סְטַר שְׂמָאלָא אִתְעָר, וְאֶשָּׁא דְּגֵיהִנֹּם מְלַהֲטָא, וְכָל אִנּוּן דְּבִסְטַר שְׂמָאלָא אָזְלִין וְשָׁטָאן בְּעָלְמָא. וּבָעָאן לְאִתְלַבְּשָׁא בְּגוּפָא וְלָא יָכְלִין. כְּדֵין בָּעֵינָא לְאִסְתַּמְּרָא מִנַּיְיהוּ, וְאַתְקִינוּ שִׁיר דִּפְגָעִים בְּכָל שַׁעֲתָא דִּדְחִילוּ דִלְהוֹן שַׁרְיָא בְּעָלְמָא.

תָּא חֲזֵי, כַּד אִתְקַדַּשׁ יוֹמָא בְּמַעֲלֵי שַׁבַּתָּא סוּכַּת שָׁלוֹם שַׁרְיָא וְאִתְפְּרִיסַת בְּעָלְמָא. מָאן סוּכַּת שָׁלוֹם, דָּא שַׁבַּתָּא, וְכָל רוּחִין וְעִלְעוּלִין וְשֵׁדִין וְכָל סִטְרָא דִּמְסָאֲבֵי כֻּלְהוּ טְמִירִין וְעָאלִין בְּעֵינָא דְּרֵיחַיָּיא דְנוּקְבָא דִתְהוֹמָא רַבָּא. דְּהָא כֵּיוָן דְּאִתְעַר קְדוּשָׁתָא עַל עָלְמָא, רוּחַ מְסָאֲבָא לָא אִתְעַר בַּהֲדֵיהּ. וְדָא עָרִיק מִקַּמֵּיהּ דְּדָא.

וּכְדֵין עָלְמָא בִּנְטִירוּ עִלָּאָה וְלָא בָּעֵינָן לְצַלָּאָה עַל נְטִירוּ כְּגוֹן שׁוֹמֵר אֶת עַמּוֹ יִשְׂרָאֵל לָעַד אָמֵן. דְּהָא דָּא בְּיוֹמָא דְחוֹל אִתְתַּקַּן דְּעָלְמָא בָּעְיָא נְטִירוּ. אֲבָל בְּשַׁבָּת סוּכַּת שָׁלוֹם אִתְפְּרִיסָא עַל עָלְמָא וְאִתְנְטִיר בְּכָל סִטְרִין. וְאֲפִילּוּ חַיָּיבֵי גֵּיהִנֹּם נְטִירִין אִנּוּן, וְכֹלָּא בִּשְׁלָמָא אִשְׁתַּכְּחָא עִלָּאִין וְתַתָּאִין, וּבְּגִין כָּךְ בְּקִדּוּשָׁא דְיוֹמָא מְבָרְכִינָן הַפּוֹרֵס סֻכַּת שָׁלוֹם עָלֵינוּ וְעַל כָּל עַמוֹ יִשְׂרָאֵל וְעַל יְרוּשָׁלָם. אַמַּאי עַל יְרוּשָׁלָם, אֶלָּא דָא הִיא מְדוֹרָא דְהַהִיא סֻכָּה. וּבָעֵינָא לְזַמְּנָא לְהַהִיא סֻכָּה דְּאִתְפְּרָסַת עֲלָנָא וּלְמֵשְׁרָא עִמָּנָא וּלְמֶהֱוֵי (ד''א מגינא) עֲלָנָא כְּאִמָּא דְּשַׁרְיָיא עַל בְּנִין, וּבְגִין דָא לָא דָּחֲלִין מִכָּל סִטְרִין, וְעַל דָּא הַפּוֹרֵס סוּכַּת שָׁלוֹם עָלֵינוּ.

תָּא חֲזֵי, בְּשַׁעֲתָא דְיִשְׂרָאֵל מְבָרְכִין וּמְזַמְּנִין לְהַאי סֻכַּת שָׁלוֹם אוּשְׁפִּיזָא קַדִישָׁא וְאָמְרֵי הַפּוֹרֵס סֻכַּת שָׁלוֹם, כְּדֵין קְדוּשָׁתָא עִלָאָה נָחֲתָא וּפְרִיסַת גַּדְפָהָא עֲלַיְיהוּ דְיִשְׂרָאֵל וּמְכַסְיָא לוֹן כְּאִמָּא עַל בְּנִין, וְכָל זִינִין בִּישִׁין אִתְכַּנִּישׁוּ מֵעָלְמָא, וְיַתְבֵי יִשְׂרָאֵל תְּחוֹת קְדוּשָׁתָא דְמָארֵיהוֹן, וּכְדֵין דָּא סֻכַּת שָׁלוֹם יָהִיב נִשְׁמָתִין חַדְתִּין לִבְנָהָא, מַאי טַעֲמָא בְּגִין דְבֵּיהּ נִשְׁמָתִין שַׁרְיָין (ס''א דכדין זמן זווגא ונטלת נשמתין ובה שריין) וּמִנֵּיהּ נָפְקִין. וְכֵיוָן דְּשַׁרְיָא וּפְרִיסַת גַּדְפָהָא עַל בְּנָהָא. אֲרִיקַת נִשְׁמָתִין חַדְתִּין לְכָל חַד וְחַד.

תּוּ אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן עַל דָּא תָּנֵינָן שַׁבָּת דּוּגְמָא דְּעָלְמָא דְאָתֵי אִיהוּ, הָכִי הוּא וַדַּאי, וְעַל דָּא שְׁמִיטָה וְיוֹבֵל דּוּגְמָא דָּא בְּדָא. וְשַׁבָּת וְעָלְמָא דְּאָתֵי הָכִי הוּא. וְהַהוּא תּוֹסֶפֶת דְּנִשְׁמְתָא מֵרָזָא דְּזָכוּר קָא אַתְיָא עַל הַאי סֻכַּת שָׁלוֹם דְּנָטִיל
(Ⅰ)

*****

[48b]  
[...] au monde futur et les accorde comme supplément au monde sanctifié. Par ce supplément, la joie se répand dans le monde. Et tout ce qui est profane, toutes les douleurs et tous les tourments disparaissent du monde, ainsi qu’il est écrit (Is. , XIV, 3) : « En ce jour-là, le Seigneur mettra un terme à vos tristesses, à vos peines et à la dure servitude à laquelle vous soupiriez auparavant. » C’est pourquoi l’homme doit goûter, pendant la nuit du Sabbat, de tous les mets préparés (15), pour symboliser ainsi l’universalité de la « tente de la Paix » qui embrasse toutes les âmes, pourvu toutefois qu’on n’entame pas un mets destiné au repas du lendemain. Selon une autre leçon, Rabbi Siméon se serait exprimé de cette façon : Pourvu toutefois qu’on n’entame aucun des mets destinés aux deux repas du jour suivant. Cette dernière leçon est la meilleure. A plus forte raison peut-on goûter de tous les mets lorsqu’il en reste pour le lendemain plus qu’il n’en faut pour les deux repas réglementaires ; le minimum de mets, prescrits pour chacun des repas du Sabbat, est de deux, ainsi que cela a été fixé par les collègues. La charge d’allumer les chandelles du Sabbat incombe aux femmes du peuple saint ; les collègues en ont donné cette raison : parce que c’est la femme qui, par son péché, a éteint la lumière du monde et apporté ainsi les ténèbres.
Cette explication est bonne ; mais la raison spirituelle de cette charge de la femme est la suivante : La « tente de la Paix » désigne la « Matrona » du monde ; et les âmes qui sont des lumières célestes résident dans celles-ci. C’est pourquoi la charge d’allumer les chandelles du Sabbat incombe aux matrones, c’est-à-dire aux femmes, car ce sont les matrones qui doivent servir la « Matrona ». Il faut que la femme allume les chandelles du Sabbat avec joie ; car c’est une gloire pour elle d’avoir mérité du ciel cette faveur ; cet acte lui vaudra de grandes récompenses ; elle sera favorisée d’une sainte postérité ; ses enfants seront les lumières du monde en raison de leur connaissance de la doctrine et de leur crainte de Dieu, et ils augmenteront la paix sur la terre. Par cet acte, la femme obtiendra également la longévité de son mari. C’est pour toutes ces raisons que la femme doit être très empressée à accomplir cette charge.
Remarquez que le Sabbat est composé d’une nuit et d’un jour. « Souvenez-vous » et « pratiquez » vont ensemble ; c’est pourquoi l’Écriture emploie une fois le terme de (Ex. , XX, 8) : « Souvenez-vous du jour de Sabbat pour le sanctifier » ; et une autre fois elle dit (Deut. , V, 12) : « Pratiquez le jour du Sabbat et sanctifiez-le. » Le mot « souvenez-vous » (zacor) désigne le mâle (16) (zacar) ; et le mot « pratiquez » (schamor) désigne la femelle, qui ne forment ensemble qu’un. Heureux le sort d’Israël dont le Saint, béni soit-il, daigne accepter l’hospitalité ; c’est de ceux qui hébergent Dieu que le Psalmiste a dit (Ps. , CXLIV, 15) : « Heureux le peuple qui possède tous ces biens ! Heureux le peuple qui a le Seigneur pour son Dieu ! » (17) Il est écrit (Gen. , II, 22) : « Et Jéhovah Élohim transforma en femme la côte qu’il avait tirée de l’homme et l’amena à l’homme. »
Rabbi Siméon a dit : Il est écrit (Job, XXVIII, 23) : « Élohim comprend (hébin) sa voie ; il sait le lieu où elle habite. » Ce verset est susceptible de plusieurs interprétations. Que signifie : « Élohim comprend sa voie » ? Ces paroles ont la même signification que celles du verset. « Et Jéhovah Élohim transforma en femme la côte», c’est-à-dire la loi traditionnelle, laquelle est désignée par le mot «voie », ainsi qu’il est écrit (Is. , XLIII, 16) : « Voici ce que dit le Seigneur qui a ouvert une voie au milieu de la mer... » Les paroles : «... Il sait le lieu où elle habite» désignent la loi écrite, qui est désignée par le mot «savoir» (daath). L’Écriture emploie les noms de « Jéhovah Élohim », afin de nous indiquer que la tradition complète la loi écrite. C’est pourquoi la doctrine est tantôt appelée «Sagesse» (Hocmà) et tantôt «Intelligence» (Binah), parce qu’elle a été formée par le nom complet de « Jéhovah Élohim ». La « côte » désigne la lumière sans éclat, ainsi qu’il est écrit (Ps. , XXXV, 15) :« Ils se sont réjouis au sujet de ma côte et ils se sont assemblés contre moi. » Les paroles « qu’il avait tirée de l’homme » signifient que la tradition est sortie de la doctrine écrite ; quand une doctrine s’unit à l’autre, elles forment ensemble la flamme qui émane du côté gauche ; car la loi émane du côté de la rigueur. L’Écriture dit : «... En femme (leischah) », ce mot signifie que Dieu a uni le « feu » (esch) et le Hé.
L’Écriture ajoute : « ... Et l’amena à l’homme », parce que la loi traditionnelle ne doit pas rester isolée ; elle ne peut exister qu’unie à la loi écrite ; quand elle est unie à celle-ci c’est elle qui la nourrit et lui accorde ce dont elle a besoin ; car c’est la loi écrite qui symbolise le ciel et la tradition la terre. Or, la terre ne peut exister sans le secours du ciel, ainsi que nous avons expliqué le mot de l’Écriture « et la terre ». De ce qui précède, nous inférons que le père et la mère sont obligés de pourvoir aux besoins de leur fille, tant que celle-ci n’a pas pris mari mais aussitôt que la fille est unie à son mari, c’est à celui-ci de la nourrir et de lui accorder tout ce dont elle a besoin.
Remarquez que l’Écriture commence d’abord par dire : « Et Jéhovah Élohim transforma en femme la côte », ce qui veut dire que le père et la mère l’ont ornée (la loi) ; et c’est ensuite que L’Écriture ajoute : « ... Et l’amena à l’homme», afin qu’ils soient attachés l’un à l’autre et unis ensemble. Aussi, à partir de ce moment, c’est à l’homme de la pourvoir de tout ce dont elle a besoin. Selon une autre version, les paroles de l’Écriture : « Elohim comprend sa voie » ont la signification suivante : Tant qu’une fille demeure chez sa mère, celle-ci se préoccupe chaque jour des besoins de sa fille ; c’est ce que dit l’Écriture : « Élohim comprend sa voie. » Mais, aussitôt que la fille est unie à son époux, c’est à lui de s’occuper de tous les besoins de son épouse ;
C’est pourquoi L’Écriture ajoute : «... Et il sait le lieu où elle habite. » Il est écrit : « Et Jéhovah Élohim forma l’homme. » [...]

מֵעָלְמָא דְאָתֵי וְדָא תּוֹסֶפֶת יַהֲבַת לְעַלְמָּא קַדִּישָׁא. וּבְהַהוּא תּוֹסֶפֶת חָדָאן וְיִתְנְשֵׁי מִנַּיְיהוּ כָּל מִלִּין דְּחוֹל וְכָל צַעֲרִין וְכָל עָאקִין כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר (ישעיהו י״ד:ג׳) בְּיוֹם הָנִיחַ יְיָ לְךָ מֵעָצְבְּךָ וּמֵרָגְזֶךָ וּמִן הָעֲבֹדָה הַקָּשָׁה וְגו'.

וּבְלֵילְיָא דְשַׁבַּתָּא בָּעֵי בַּר נָשׁ לְאַטְעָמָא מִכֹּלָּא, בְּגִין לְאַחֲזָאָה דְּהַאי סֻכַּת שָׁלוֹם מִכֹּלָּא אִתְכְּלִילַת, וּבִלְבָד דְּלָא יַפְגִּים מֵיכְלָא חָדָא לְיוֹמָא, וְאִית דְּאָמְרֵי תְּרֵין, לִתְרֵין סְעוּדָתֵי אָחֳרָנִין דְּיוֹמָא, וְשַׁפִּיר. וְכָל שֶׁכֵּן אִי סָלִיק יַתִּיר לְיוֹמָא וְיָכִיל לְמִטְעַם מִמֵּיכְלִין אָחֳרָנִין וְלִזְעִירֵי בִּתְרֵי תַּבְשִׁילִין סַגְיָא, וְאוּקְמוּהָ חַבְרַיָא.

נֵר שֶׁל שַׁבָּת לִנְשֵׁי עַמָּא קַדִּישָׁא אִתְיְיהִיבַת לְאַדְלָקָא, וְחַבְרַיָיא הָא אָמְרוּ דְּאִיהִי כִּבְּתָה בּוֹצִינָא דְעָלְמָא וְאַחֲשִׁיכַת לֵיהּ כו' וְשַׁפִּיר. אֲבָל רָזָא דְמִלָּה. הַאי סֻכַּת שָׁלוֹם מַטְרוֹנִיתָא דְּעָלְמָא הִיא וְנִשְׁמָתִין דְּאִנּוּן בּוֹצִינָא עִלָּאָה בָּהּ שַׁרְיָין. וְעַל דָּא מַטְרוֹנִיתָא בַּעֲיָא לְאַדְלָקָא, דְּהָא בְּדוּכְתָּהָא אִתְאַחְדַת וַעֲבָדַת עוֹבָדָא.

וְאִתְּתָא בַּעֲיָא בְּחֶדְוָה דְלִבָּא וּרְעוּתָא לְאַדְלָקָא בּוֹצִינָא דְשַׁבָּת, דְּהָא יְקָרָא עִלָּאָה הִיא לָהּ וּזְכוּ רַב לְגַרְמָהּ לְמִזְכֵּי לִבְנִין קַדִּישִׁין דִּיהוֹן בּוֹצִינָא דְעָלְמָא בְּאוֹרַיְיתָא וּבְדַחַלְתָּא, וְיִסְגוֹן שְׁלָמָא בְּאַרְעָא, וִיהֵיבַת לְבַעֲלָהּ אוֹרְכָּא דְחַיִּין, בְּגִין כָּךְ בַּעֲיָא לְאִזְדַּהֲרָא בָּהּ.

תָּא חֲזֵי, שַׁבָּת לֵילְיָא וְיוֹמָא זָכוֹר וְשָׁמוֹר אִיהוּ כְּחֲדָא, וְעַל דָּא כְּתִיב זָכוֹר אֶת יוֹם הַשַּׁבָּת לְקַדְשׁוֹ וּכְתִיב שָׁמוֹר אֶת יוֹם הַשַּׁבָּת, זָכוֹר לִדְכוּרָא שָׁמוֹר לְנוּקְבָא וְכֹלָּא חַד. זַכָּאִין אִנּוּן יִשְׂרָאֵל חוּלָקֵיהּ דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עַדְבֵיהּ וְאַחֲסַנְתֵּיהּ עֲלַיְיהוּ כְּתִיב, (תהלים קמד) אַשְׁרֵי הָעָם שֶׁכָּכָה לוֹ אַשְׁרֵי הָעָם שֶׁיְיָ אֱלקָיו.

השלמה מההשמטות (סימן מ''ב)

רַבִּי חֲנִינָא פָּרִישׁ כָּל חַד עַל קִיוּמָא. שָׂשׂוֹן חַד. שִׂמְחָה תְרֵין. חָתָן תְלָת. כַלָּה אַרְבַּע. גִּילָה דִּיצָה אַהֲבָה אַחְוָה שָׁלוֹם וְרֵיעוּת י' כְּנֶגֶד עֲשָׂרָה מַאֲמָרוֹת שְׁבָּהֵן נִבְרָא הָעוֹלָם. ע''כ: (עד כאן מההשמטות)

וַיִּבֶן יְיָ אֱלהִים אֶת הַצֵּלָע אֲשֶׁר לָקַח מִן הָאָדָם וְגו'. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן כְּתִיב, (איוב כח) אֱלֹהִים הֵבִין דַּרְכָּהּ וְהוּא יָדַע אֶת מְקוֹמָהּ. הַאי קְרָא גְוָונִין סַגִּיאִין אִית בֵּיהּ. אֶלָּא מַהוּ אֱלֹהִים הֵבִין דַּרְכָּהּ. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר וַיִּבֶן יְיָ אֱלהִים אֶת הַצֵּלָע דָּא תּוֹרָה שֶׁבַּעַל פֶּה דְּאִית בָּהּ דֶּרֶךְ, כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (ישעיה מג) הַנּוֹתֵן בַּיָּם דֶּרֶךְ, בְּגִינֵי כָּךְ אֱלֹהִים הֵבִין דַּרְכָּהּ.

וְהוּא יָדַע אֶת מְקוֹמָהּ. מָאן מְקוֹמָהּ, דָּא תּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב דְּאִית בָּהּ דַּעַת. (דעת ותבונה כחד אזלו) יְיָ אֱלֹהִים שֵׁם מָלֵא לְאַתְקָנָא לָהּ בְּכֹלָּא. וְעַל דָּא אִתְקְרִיאַת חָכְמָה וְאִתְקְרִיאַת בִּינָה. בְּגִין דְּהֲוָה בְּשֵׁם מָלֵא יְיָ אֱלהִים בְּכֹלָּא בִּשְׁלִימוּ בִּתְרֵי שְׁמָהָן.

אֶת הַצֵּלָע דָּא אַסְפַּקְלַרְיָאה דְּלָא נָהֲרָא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (תהלים לה) וּבְצַלְעִי שָׂמְחוּ וְנֶאֱסָפוּ. אֲשֶׁר לָקַח מִן הָאָדָם, בְּגִין דְּהָא מִתּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב נָפְקַת. לְאִשָּׁה, לְאִתְקַשְּׁרָא בְּשַׁלְהוֹבָא דִּסְטַר שְׂמָאלָא, דְּהָא אוֹרַיְיתָא מִסִּטְרָא דִגְבוּרָה אִתְיְהִיבַת. לְאִשָּׁה, לְמֶהֱוֵי (נח ע' א) אֵשׁ ה' קָטִיר כְּחֲדָא.

וַיְבִאֶהָ אֶל הָאָדָם. בְּגִין דְּלָא בַּעֲיָא לְאִשְׁתַּכָּחָא בִּלְחוּדָהָא אֶלָּא לְאִתְכְּלָלָא וּלְאִתְחַבְּרָא בַּתּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב. כֵּיוָן דְּאִתְחַבְּרַת בַּהֲדֵיהּ הוּא יָזוּן לָהּ וִיתַקֵּן לָהּ וְיִתֵּן לָהּ מַה דְּאִצְטְרִיךְ הַיְינוּ דִכְתִיב וְאֶת הָאָרֶץ וְהָא אוֹקִימְנָא. מִכָּאן אוֹלִיפְנָא מָאן דְּאַנְסִיב בְּרַתֵּיהּ עַד לָא תֵיעוּל לְבַעֲלָהּ, אֲבוּהָ וְאִמָּהּ מְתַקְּנִין לָהּ וְיָהֲבִין לָהּ כָּל מַה דְּאִצְטְרִיךְ, כֵּיוָן דְּאִתְחַבְּרַת בְּבַעֲלָהּ הוּא יָזוּן לָהּ וְהוּא יִתֵּן לָהּ מַה דְּבָעְיָא.

תָּא חֲזֵי, בְּקַדְמִיתָא כְּתִיב וַיִּבֶן יְיָ אֱלהִים אֶת הַצֵּלָע. דְּאַבָּא וְאִמָּא אַתְקִינוּ לָהּ (בכ''ד קשוטין. ויבאה בגי' כ''ד) וּלְבָתַר וַיְבִיאֶהָ אֶל הָאָדָם (ועאלא ליה בחמש קלין (ירמיהו כ״ה:י׳) קול ששון וקול שמחה קול חתן וקול כלה קול מצהלות חתנים) לְאִתְקַשְּׁרָא כֹּלָּא כְּחֲדָא וּלְאִתְחַבְּרָא חַד בְּחַד. וְהוּא יָהִיב (ליה) מַה דְּאִצְטְרִיךְ.

דָּבָר אַחֵר אֱלֹהִים הֵבִין דַּרְכָּהּ, כַּד בְּרַתָּא בְּבֵי אִמָּא, הִיא אִסְתַּכְּלָא בְּכָל יוֹמָא בְּכָל מַה דְּבַעֲיָא בְּרַתָּהּ דִּכְתִיב, (איוב כח) אֱלֹהִים הֵבִין דַּרְכָּהּ, כֵּיוָן דְּחַבְרַת לָהּ בְּבַעֲלָהּ הוּא יָהִיב לָהּ כָּל מַה דְּבַעֲיָא וִיתַקֵּן עוֹבָדָהָא, הֲדָא הוּא דִכְתִיב וְהוּא יָדַע אֶת מְקוֹמָהּ (והאי קרא ברזין עלאין אתקשר)
(Ⅰ)

*****

[49a]  
[...] Ici se trouve exprimé le mystère concernant la composition de l’homme du côté droit et du côté gauche. Ainsi que cela a été déjà expliqué, c’est pour faire valoir l’esprit du Bien que Jéhovah Élohim forma l’homme composé d’un esprit du Bien et d’un esprit du Mal (18). Pourquoi ? Parce que l’esprit du Mal est utile à l’esprit du Bien ; parce qu’il le fait valoir. L’Esprit du Mal réveille le principe femelle. C’est pourquoi Une tradition nous apprend que le Nord (19), c’est-à-dire l’esprit du Mal, s’empresse toujours autour de la femelle et s’attache à elle, et que c’est pour cette raison qu’elle est appelée « ischah » femme (20).
Remarquez que l’esprit du Bien et l’esprit du Mal ne peuvent rester en harmonie qu’autant que la femelle est entre eux, ce qui veut dire qu’elle participe de l’un et de l’autre ; c’est alors seulement que l’esprit du Bien, qui constitue la joie véritable, attire la femelle de son côté et prend ainsi la prépondérance sur l’esprit du Mal. Nous avons déjà expliqué le mot « homme », qui désigne le mâle et la femelle, primitivement créés unis, et séparés ensuite, afin que leur union ait lieu face à face. Que signifie la suite du verset : «... Du limon de la terre » ? Nous allons l’expliquer : Remarquez que, lorsque la femme s’unit à son mari, elle prend le nom de celui-ci : lui s’appelle « isch » et elle « ischah », lui « çadiq » et elle « çedeq», lui « opher» et elle «aphar», lui « çebi » et elle «çebiah » (21), ainsi qu’il est écrit (Éz. , XX, 15) : « Il est le premier (çabi) de tous les pays. » Il est écrit (Deut. , XVI, 21) : « Tu ne planteras pas de bois auprès de l’autel du Seigneur ton Dieu. » Pourquoi l’Écriture dit-elle : « ... Auprès de l’autel » ? Est-il donc permis de planter des bois consacrés à l’idolâtrie loin de l’autel de Dieu ? Mais ceci a été expliqué de la façon suivante : « Ascher » désigne l’époux ; et c’est pour cette raison que l’épouse est appelée du nom de son mari « Ascherah ».
C’est pourquoi l’Écriture dit (IV Rois, XXIII, 4) : « De jeter hors du temple du Seigneur tous les objets qui servent au culte de Baal (22) et le bois consacré à « Ascherah ».
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Tu ne planteras pas de bois auprès de l’autel du Seigneur ton Dieu » ; « l’autel » étant l’épouse de Dieu, l’Écriture nous défend d’élever un autre autel et de donner ainsi, en quelque sorte, une autre épouse à Dieu à côté de la sienne.
Remarquez que tous les adorateurs du soleil sont désignés par le nom d’«adorateurs de Baal », et que tous les adorateurs de la lune sont désignés par le nom d’ « adorateurs d’Ascherah » (23).
C’est pourquoi l’Écriture dit : « De jeter hors du temple du Seigneur tous les objets qui servent au culte de Baal et d’Ascherah. » L’épouse est appelée «Ascherah» en raison du nom «Ascher» que porte son époux (24). Mais, s’il en est ainsi, pourquoi ce nom a-t-il disparu ? En d’autres termes, pourquoi ne se sert-on du nom « Ascher » pour désigner l’époux céleste et du nom « Ascherah » pour désigner l’épouse céleste ? Parce que « Ascherah » dérive également du mot « Ascher » dans le sens des paroles de l’Écriture (Gen. , XXX, 13) : « Et Lia dit : C’est pour ma louange, et les femmes me loueront. » C’est pourquoi elle le nomma « Ascher». Or, l’autel de Dieu sur la terre n’est pas loué par les autres peuples païens ; mais il y a plus ; l’Écriture dit (Lam. , I, 8) : « Tous ceux qui l’honoraient l’ont méprisé. » C’est pourquoi les noms d’ « Ascher » et d’ « Ascherah » ne désignent plus l’époux et l’épouse célestes. Tel est le sens des paroles de l’Écriture : « Vous ne planterez pas d’ « Ascherah » auprès de l’Autel », c’est-à-dire : vous ne donnerez à Dieu une autre épouse à côté de la sienne qui est l’autel d’ « Adamah » (qui signifie «terre»), ainsi qu’il est écrit (Ex. , XX, 24) : « Vous me dresserez un autel de terre (Adamah). » C’est pourquoi l’Écriture dit : « Et Jéhovah Élohim forma l’homme du limon de la terre (Adamah). »
L’Écriture ajoute : « Il lui inspira l’âme vivante », ce qui veut dire : l’âme vivante fut introduite dans cette terre qui en fut fécondée, telle une femelle fécondée par le mâle ; car la terre est animée par les âmes et les esprits. L’Écriture ajoute enfin : «.,. Et l’homme devint vivant et animé. » Cela veut dire que l’homme a été formé de telle façon qu’il pût accorder la nourriture à l’âme qui l’anime (25).
Il est écrit : « Et Jéhovah Élohim transforma en femme la côte qu’il avait tirée de l’homme. » Ici également l’Écriture se sert du nom complet, c’est-à-dire de Jéhovah Elohim ; car c’est le père et la mère qui l’ont parée avant qu’elle ne vint auprès de son mari. Le mot « la côte » désigne le mystère exprimé dans les paroles de l’Écriture (Cant. , I, 5) : « Je suis noire comme les tentes de Cedar et belle comme les pavillons de Salomon » ; car, avant l’union à l’homme, l’épouse ressemblait à une lumière sans éclat ; mais le père et la mère l’ont parée pour qu’elle s’unisse à son époux ;
C’est pourquoi L’Écriture ajoute : « ... Et l’amena à l’homme. » Nous inférons de ces paroles que le devoir incombe au père et à la mère de la fiancée de remettre celle-ci sous la tutelle du fiancé, ainsi qu’il est écrit (Deut. , XXII, 16) : « J’ai remis ma fille à cet homme. » A partir de ce moment, l’époux vient auprès de son épouse ; car c’est à celle-ci, désormais, que la maison appartient, ainsi qu’il est écrit : « Et il vint auprès d’elle. » C’est pourquoi l’Écriture dit (Gen. , XXIX, 23) : « ... Et l’amena à l’homme » ; car, jusqu’à ce moment, c’était au père et à la mère de se charger de leur fille ; mais aussitôt que celle-ci est unie à son mari, c’est ce dernier qui doit venir auprès d’elle ; car la maison est à elle, et il doit la consulter pour tout ce qui concerne les affaires de la maison.
C’est pourquoi l’Écriture dit (Gen. , XXVIII, 11) : « Et étant venu en un certain lieu, il y passa la nuit ; car le soleil était déjà couché. » L’Écriture veut dire que Jacob prit la permission. Nous en inférons que quiconque s’unit [...]

(ד''א האי קרא על חכמתא עלאה אתמר ואתקשר ברזין עלאין, דהא נקודה קדמאה לית מאן דידע בה כלל, אבל אלהים הבין דרכה דא עלמא דאתי, והו''א דא טמירא דכל טמירין סתימא דאקרי הו''א ולא ידיע בשמא).

כְּתִיב וַיִּיצֶר יְיָ אֱלהִים אֶת הָאָדָם. הָכָא אִשְׁתַּכְלַל בְּכֹלָּא בְּיָמִינָא וּבִשְׂמָאלָא, וְהָא אוֹקִימְנָא דְּאִתְכְּלִיל בְּיֵצֶר הַטּוֹב, אֲבָל וַיִּיצֶר יְיָ אֱלהִים בְּיֵצֶר טוֹב וּבְיֵצֶר רָע.

השלמה מההשמטות (סימן מ''ג)

ס''א יֵצֶר טוֹב וְיֵצֶר רָע דְּאִיהוּ חֶדְוָה וְאַיְיתֵי לָהּ לְגַבֵּיהּ, וּלְעֵילָא סִטְרָא דְּצָפוֹן מַמָּשׁ דְּאִיהוּ חֶדְוָה בְּלֹא זוֹהֲמָא דְיֶצֶר הַרָע אֲחִיד בֵּיה (נ''א בה). בְּקַדְמִיתָא דִּכְתִיב שְׂמֹאלוֹ תַּחַת לְרֹאשִׁי וּלְבָתָר וִימִינוֹ תְּחַבְּקֵנִי וְאִתְיְּיהִיבַת בֵּין יְמִינָא לִשְׂמָאלָא (נ''א ושמאלא) (לאתזנא) וְעַל דָא וַיּיִצֶר (יי אלהים שם מלא לגבי תרין סטרין אלין. את האדם וכו') (עד כאן מההשמטות)

אַמַּאי, אֶלָּא יֵצֶר טוֹב לֵיהּ לְגַרְמֵיהּ. יֵצֶר הָרָע לְאַתְעָרָא לְגַבֵּי נוּקְבֵיה. (ס''א ומסטר שמאלא אתער תדיר לגבי נוקבא), רָזָא דְמִלָּה מִכָּאן אוֹלִיפְנָא דְּצָפוֹן אִתְעַר תָּדִיר לְגַבֵּי נוּקְבָא וְאִתְקַשַּׁר בַּהֲדָהּ וּבְגִין כָּךְ אִתְקְרִיאַת אִשָּׁה.

וְתָּא חֲזֵי, יֵצֶר טוֹב וְיֵצֶר הָרָע בְּגִין דְּאִתְיַיהֲבַת נוּקְבָא בֵּינַיְיהוּ (נ''א דנוקבא אתכלילת בהו) וְאִתְקַשְּׁרָא בַּהֲדַיְיהוּ, וְלָא מִתְקַשְּׁרָא עַד דְּיֵצֶר הָרָע אִתְעַר לְגַבָּהּ וּמִתְקַשְּׁרָן דָּא בְּדָא. וְכֵיוָן דְּמִתְקַשְּׁרָן דָּא בְּדָא, כְּדֵין אִתְעַר יֵצֶר טוֹב דְּאִיהוּ חֶדְוָה וְאַיְיתֵי לָהּ לְגַבֵּיהּ (וכדין אתייהבת בינייהו לאתקנא, ועל דא וייצר יי אלהים שם מלא לגביה יצר טוב ויצר רע) (ד''א ולעילא סטרא דצפון ממש דאיהי חדוה בלא זוהמא דיצר הרע אחיד בה בקדמיתא, דכתיב, (שיר השירים ב׳:ו׳) שמאלו תחת לראשי ולבתר וימינו תחבקני, ואתייהיבת בין ימינא ושמאלא לאתזנא, ועל דא וייצר יי אלהים שם מלא לגבי תרין סטרין אלין).

אֶת הָאָדָם הָא אוֹקִימְנָא. אֲבָל דְּכַר וְנוּקְבָא כְּחֲדָא (ד''א ולא הוו) מִתְפָּרְשָׁן לְמֶהוֵי אַפִּין בְּאַפִּין. מַה כְּתִיב עָפָר מִן הָאֲדָמָה הַשְׁתָּא קָיְימָא לְאַתְקָנָא. תָּא חֲזֵי אִתְּתָא כַּד אִתְחַבְּרַת בְּבַעֲלָהּ, אִתְקְרִיאַת עַל שֵׁם בַּעֲלָהּ, אִישׁ אִשָּׁה, צַדִּי''ק צֶדֶ''ק, אִיהוּ עוֹפֶר וְאִיהִי עָפָר. (ד''א ל''ג) (וכדין) אִיהוּ צְבִי וְאִיהִי צְבִיָה (ד''א כמא דאת אמר) (יחזקאל כ׳:ו׳) צְבִי הִיא לְכָל הָאֲרָצוֹת.

כְּתִיב, (דברים ט״ז:כ״א) לֹא תִטַּע לְךָ אֲשֵׁרָה כָּל עֵץ אֵצֶל מִזְבַּח יְיָ אֱלֹהֶיךָ אֲשֶׁר תַּעֲשֶׂה לָּךְ. אֵצֶל מִזְבַּח, וְכִי לְעֵילָא מִנֵּיהּ אוֹ בְּאֲתַר אָחֳרָא מָאן שַׁרְיָיה. אֶלָּא הָא אוֹקִימְנָא (קפ''ב ע''ב) אֲשֶׁר דָּא בַּעֲלָהּ דְּאִתְּתָא (ד''א ה''א) אִתְקְרִיאַת עַל שׁוּם בַּעֲלָהּ אֲשֵׁרָה. (נ''א הה הם אשר ה''א) וְעַל דָּא כְּתִיב, (מלכים ב כ״ג:ד׳) לַבַּעַל וְלָאֲשֵׁרָה. בְּגִין כָּךְ כְּתִיב לא תִטַּע לְךָ אֲשֵׁרָה כָּל עֵץ אֵצֶל מִזְבַּח יְיָ אֱלקֶיךָ. לָקֳבֵל (נ''א אשרה) אֲתַר דְּהַהוּא מִזְבַּח יְיָ, דְּהָא מִזְבַּח יְיָ אִיהוּ קָיְימָא עַל דָּא, וְעַל דָּא לָקֳבְלָה לֹא תִטַּע לְךָ אֲשֵׁרָה אָחֳרָא.

תָּא חֲזֵי, בְּכָל אֲתַר כָּל אִנּוּן פָּלְחֵי שִׁמְשָׁא אִקְרוּן עוֹבְדִין לַבַּעַל, וְאִנּוּן דְּפָלְחִין לְסִיהֲרָא אִיקְרוּן עוֹבְדֵי אֲשֵׁרָה, וְעַל דָּא לַבַּעַל וְלָאֲשֵׁרָה, וַאֲשֵׁרָה אִתְקְרֵי עַל שׁוּם בַּעֲלָהּ אָשֵׁ''ר. אִי הָכִי אַמַּאי אִתְעֲבַר שְׁמָא דָא. אֶלָּא אֲשֵׁרָה עַל שׁוּם דִּכְתִיב (בראשית ל׳:י״ג) בְּאָשְׁרִי כִּי אִשְׁרוּנִי בָנוֹת וְהוּא (ד''א הא) דְּלָא אַשְׁרוּהָ שְׁאָר עַמִּין וְקָיְימָא אָחֳרָא תְּחוֹתָהּ, וְלָא עוֹד אֶלָּא דִכְתִיב (איכה א׳:ח׳) כָּל מְכַבְּדֶיהָ הִזִּילוּהָ, וּבְּגִין כָּךְ (נ''א אתעביד) אִתְעֲבַר שְׁמָא דָא, וּבְגִין דְּלָא יִתְתַּקְּפוּן אִנּוּן דְּעָבְדֵי שְׁאָר עַמִין עוֹבְדֵי עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת, וְקָרֵינָן מִזְבֵּחַ דְּאִיהוּ מֵאֲדָמָה, דִּכְתִיב, (שמות כ׳:כ״א) מִזְבַּח אֲדָמָה וְגו' בְּגִינֵי כָּךְ עָפָר מִן הָאֲדָמָה.

וַיִּפַּח בְּאַפָּיו נִשְׁמַת חַיִּים. (מלה אתכליל אבל ויפח באפיו) אִתְכְּלִיל נִשְׁמַת חַיִּים בְּהַהוּא עָפָר, כְּנוּקְבָא דְּמִתְעַבְּרָא מִן דְּכוּרָא דְּהָא מִתְחַבְּרָן וְאִתְמַלְיָיא הַאי עָפָר מִכֹּלָּא, וּמַאי אִיהוּ, רוּחִין וְנִשְׁמָתִין. וַיְהִי הָאָדָם לְנֶפֶשׁ חַיָּה, הַשְׁתָּא אִתְתַּקַּן וְקַיָּים אָדָם לְאַתְקָנָא וּלְמֵיזַן לְנֶפֶשׁ חַיָּה.

השלמה מההשמטות (סימן מ''ד)

אָמַר לֵיהּ (שיר השירים ז׳:י״ב) לְכָה דּוֹדִי נֵצֶא הַשָּׂדֶה לְכוּ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְטָיֵּיל וְאַל אֶשֵׁב תָּמִיד בְּמָקוֹם אֶחָד וּמָאי ל''ב אָמַר לֵיהּ, אִם כֵּן בֵּן זוֹמָא מִבַּחוּץ וְאַתָּה עִמּוֹ ל''ב הוּא (והוא) שְׁלשִׁים וּשְׁתַּיִם וְהָיוּ סְתוּמִים וּבָהֵם נִבְרָא הָעוֹלָם. וּמָאי שְׁלשִׁים וּשְׁתַּיִם אָמַר לֵיהּ לֵ''ב נְתִיבוֹת מָשָׁל לְמֶלֶךְ שֶׁהָיָה יוֹשֵׁב בְּחַדְרֵי חֲדָרִים וּמִנְיָן הַחֲדָרִים לֵ''ב. וּלְכָל אֶחָד מִן הַחֲדָרִים יֶשׁ נָתִיב נָאֶה לְמֶלֶךְ זֶה לְהִכָּנֵס (הכל) בְּחֲדְּרוֹ עַל דֶּרֶךְ נְתִיבוֹת. אָמַר, לֹא נָאֶה לוֹ שֶׁלּא לְגַלּוֹת פְּנִינָיו וּמִשְׁכְּנוֹתָיו וּגְנָזָיו וְחֲמוּדוֹתָיו. אֲמַרְתָּ לא. מָה עָשָׂה, נָגַע בְּבַת וְכָּלַל בָּהּ כָּל הַנְתִיבוֹת וּמַלְבּוּשֵׁיהָ וְהַרוֹצֶה לְהִכָּנֵס (ס''א להסתכל בעיניה) בִּפְנִים, יִסְתַּכֵּל הֵנָּה. וּנְשָׂאָה לַמֶּלֶךְ.

גַּם נִתָּנָה לוֹ בְּמַתָּנָה. וְלִפְעֲמִים קוֹרֵא אוֹתָהּ בְּאַהֲבָתוֹ, (בת) אֲחוֹתִי כִּי מִמָקוֹם אֶחָד הָיוּ וְלִפְעֲמִים קוֹרֵא אוֹתָהּ בִּתִּי, כִּי בִּתּוֹ הִיא. וְלִפְעֲמִים קוֹרֵא אוֹתָהּ אִמִּי. וְעוֹד כִּי אֵין דִּין אִם אֵין חָכְמָה, שֶׁהֲרֵי נֶּאֱמַר (מלכים א ה׳:כ״ו) ויְיָ נָתַן חָכְמָה לִשׁלֹמֹה. וְאַחַר כָּךְ דָן אֶת הַדִּין עַל מַתְכּוּנְתּוֹ דִּכְתִיב (מלכים ג') וַיִּשְׁמְעוּ כָּל יִשְׂרָאֵל אֶת הַמִּשְׁפָּט וְגוֹ' כִּי רָאוּ כִּי חָכְמָה אֱלהִים בְקִרְבּוֹ וְגוֹ'.

וּמָה חָכְמָה נָתַן הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לִשְׁלֹמֹה. שְׁלֹמֹה נָשָׂא שְׁמוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא כְּדְּאַמְרִינָן, כָּל שְׁלֹמֹה שְׁבְּשִׁיר הַשִׁירִים קֹדֶשׁ, לְבָד מֵאֶחָד. אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא הוֹאִיל וְשִׁמְךָ כִּשְׁמִי, אֲשִׂיא לְךָ בִּתִּי. וְהָא נְשׁוֹּאָה הִיא, אָמַר לֵיהּ, בְּמַתָּנָה נְתָּנָה לוֹ הַשֵׁם. וַיְיָ נָתַן חָכְמָה לִשְׁלֹמֹה וְלָא פֵּירַשׁ. וְהֵיכָן פֵּירַשׁ, לְהַלָן. כִּי רָאוּ כִּי חָכְמַת אֱלהִים בְקִרְבּוֹ לַעֲשׂוֹת מִשְׁפָּט (נ''א ומאי משפט אלא כל זמן שאדם עושה משפט חכמת אלחים בקרבו) וּמָאי לַעֲשׂוֹת מִשְׁפָּט, הֱוִי אוֹמֶר שְׁאוֹתָה חָכְמָה שְׁנְתָנָה אֱלהִים וְשְׁהִיא עִמּוֹ בְּחֲדְּרוֹ, הִיא בְקִרְבּוֹ. זֹאת עוֹזְרָתוֹ וּמְקַרְבָתוֹ וְאִם לָאו מַרְחֲקַתוֹ וְלֹא עוֹד אֶלָּא מֵיָסְרָתוֹ דִּכְתִיב (ויקרא כ״ו:כ״ח) וְיִסַּרְתִּי אֶתְכֶם אַף אֲנִי: (עד כאן מההשמטות)

וַיִּבֶן יְיָ אֱלֹהִים, אוּף הָכִי נָמֵי בְּשֵׁם מָלֵא, דְּהָא אַבָּא וְאִמָּא אַתְקִינוּ לָהּ עַד לָא אָתַת לְבַעֲלָהּ. אֶת הַצֵּלָע כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (שיר השירים א׳:ה׳) שְׁחוֹרָה אֲנִי וְנָאוָה בְּנוֹת יְרוּשָׁלָם, אַסְפַּקְלָרְיָאה דְּלָא נָהֲרָא, אֲבָל אַבָּא וְאִמָּא אַתְקִינוּ לָהּ לְאִתְפַּיָיסָא בַּעֲלָהּ בַּהֲדָהּ.

וַיְבִאֶהָ אֶל הָאָדָם. מֵהָכָא אוֹלִיפְנָא דְּבָעָאן אַבָּא וְאִמָּא דְכַלָּה לְאָעֳלָה בִּרְשׁוּתֵיהּ דְּחָתָן. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (דברים כ״ב:ט״ז) אֶת בִּתִּי נָתַתִּי לָאִישׁ הַזֶּה וְגו'. מִכָּאן וָאֵילָךְ בַּעֲלָהּ יֵיתֵי לְגַבָּהּ, דְּהָא בֵּיתָא דִילָהּ הוּא דִּכְתִיב, (בראשית כ״ט:ל׳) וַיָּבֹא אֵלֶיהָ. וַיָּבֹא גַּם אֶל רָחֵל, בְּקַדְמִיתָא וַיְבִאֶהָ אֶל הָאָדָם דְּעַד הָכָא אִית לְאַבָּא וּלְאִמָּא לְמֶעֱבַד, לְבָתַר אִיהוּ יֵיתֵי לְגַבָּהּ וְכָל בֵּיתָא דִילָהּ הוּא, וְיִטּוֹל רְשׁוּת מִינָהּ.

וְעַל דָּא אִתְעַרְנָא דִּכְתִיב, (בראשית כ״ח:י״א) וַיִּפְגַּע בַּמָּקוֹם וַיָּלֶן שָׁם, דְּנָטִיל רְשׁוּ בְּקַדְמִיתָא. מִכָּאן אוֹלִיפְנָא דְּמָאן דְּמִתְחַבֵּר
(Ⅰ)

*****

[49b]  
[...] à son épouse doit préalablement en obtenir le consentement, à l’aide de paroles d’amitié et de tendresse ; s’il n’obtient pas ce consentement, il ne doit pas passer outre ; car l’union des époux doit être volontaire et sans contrainte (26). L’Écriture dit en outre : «... Et il y passa la nuit ; car le soleil était » Ces paroles nous apprennent que les relations conjugales sont interdites durant le jour. Enfin L’Écriture ajoute : « Il prit une des pierres de l’endroit et la mit sous sa tête. » De cela nous concluons qu’alors même que le roi posséderait des lits d’or et des vêtements précieux pour son habillement, il préférerait le lit préparé par la « matrone » (27), ce lit fût-il une simple pierre, ainsi qu’il est écrit : « Et il coucha dans ce même lieu. » Remarquez les paroles de l’Écriture : « Et Adam dit : voilà l’os de mes os et la chair de ma chair. » Adam s’est servi de ces tendres paroles pour attirer Ève à lui et la disposer en faveur de leur union. Voyez en effet combien sont douces ces paroles : «... L’os de mes os et la chair de ma chair. » Il voulait lui montrer par-là que tous les deux ils ne forment qu’un, et qu’il n’y a aucune division entre eux. Ensuite, il commença à faire son éloge ; c’est pourquoi il dit : « Celle-ci s’appellera une femme ». Il voulait dire par-là : celle-ci, seule, mérite ce nom ; mais elle n’a pas sa pareille ; elle fait les délices de la maison, et toutes les autres femmes sont en comparaison d’elle ce que le singe est à l’homme.
C’est pourquoi il dit « Celle-ci s’appellera femme », pour nous indiquer que c’est elle seulement qui mérite ce nom, parce qu’elle dépasse en perfection toutes les autres. L’éloge qui la place au-dessus des autres est agréable à la femme, ainsi qu’il est écrit (Prov. , XXXI, 29) : « Beaucoup de filles ont amassé des richesses ; mais tu les a toutes surpassées. » Il est écrit : «... C’est pourquoi l’homme quittera son père et mère et s’attachera à sa femme ; et ils seront une seule chair. » L’Écriture veut dire que l’homme tirera la femme à lui par des paroles de tendresse. Mais aussitôt qu’Adam disposa Ève en faveur de leur union à l’aide de son discours disert et tendre, qu’ajoute l’Écriture ? - « Et le serpent était le plus fin de tous les animaux que le Seigneur Dieu avait formés sur la terre. » L’esprit du Mal se réveilla en ce moment et se joignit à Adam et Ève, afin que l’union de ceux-ci ne fût pas seulement l’effet d’une amitié et d’une tendresse pures, mais que le plaisir charnel s’y joignît, plaisir dont l’esprit du Mal profite.
Aussi, que dit l’Écriture à la suite ? - « Et la femme vit que l’arbre était bon à manger, qu’il était beau et agréable à la vue ; elle en prit et en mangea. » Ces paroles désignent la première union d’Adam et d’Ève. D’abord Ève consentit à l’union uniquement à la suite de ses réflexions sur l’utilité de la cohabitation conjugale et aussi en raison de l’amitié et de la tendresse pures qui l’unissaient à Adam. Mais, dès que le serpent s’y fut mêlé, l’Écriture dit : «... Et en donna à son mari », ce qui veut dire que leurs relations conjugales n’étaient plus inspirées par une tendresse pure, mais qu’Ève elle-même en donna à son mari ; en d’autres termes : qu’elle lui inspira des désirs charnels. Dès ce moment, c’est de la femme que vient le premier désir ; c’est elle qui commence par inspirer des désirs à l’homme et le détermine aux relations conjugales. De cette façon, l’action des hommes ressemble à celle d’en haut.
Rabbi Éléazar dit à Rabbi Siméon : Que signifient les paroles prononcées d’après lesquelles l’immixtion du serpent avait rendu les actions des hommes semblables à celles d’en haut ? Quoi ! le serpent se serait-il également attaché au principe femelle d’en haut ?
Rabbi Siméon lui répondit : Comme l’esprit du Mal s’efforce toujours d’imiter la façon de procéder de l’esprit du Bien, l’esprit du Mal a provoqué ici-bas, en mal, ce que l’esprit du Bien a provoqué dans le monde supérieur, en bien. Car l’esprit du Bien est du côté droit et l’esprit du Mal du côté gauche. Or, le côté gauche d’en haut s’unit à la femelle pour ne former qu’un corps, ainsi qu’il est écrit (Cant. II, 6) : « Il met sa gauche sous ma tête et il m’embrasse de sa droite. » Jusqu’ici nous avons parlé du mystère sublime qui n’est pas à portée de tous les hommes. A partir d’ici, nous dirons des choses accessibles même à l’intelligence des enfants. Les collègues de Rabbi Siméon étaient donc impatients d’apprendre les choses annoncées par le Maître. Or, Rabbi Siméon se rendait un jour à Tibériade accompagné de Rabbi Yossé, de Rabbi Yehouda et de Rabbi Hiyâ. Chemin faisant, ils aperçurent Rabbi Pinhas se dirigeant de leur côté. Lorsque celui-ci les eut rejoints, ils descendirent tous de leurs montures et s’assirent au pied d’un grand arbre.
Prenant le premier la parole, Rabbi Pinhas dit à Rabbi Siméon : Puisque je suis assis à côté de toi, je voudrais que tu nous fisses entendre de ces bonnes paroles que tu as coutume de dire chaque jour. Rabbi Siméon a alors ouvert sa conférence de la manière suivante : Il est écrit (Gen. , XIII, 3) : «Et il entreprit ses voyages du Midi à Bethel, jusqu’au lieu où il avait auparavant dressé sa tente, entre Bethel et Aï. » L’Écriture dit : « Il entreprit ses voyages... » Elle aurait dû dire « son voyage » ; pourquoi dit-elle « ses voyages» ? Mais elle parle de deux voyages : de son propre voyage et du voyage de la Schekhina, qui ne se sépara jamais de lui. Que l’on ne pense pas que dès que l’homme part en voyage et se trouve ainsi séparé de sa femme, la Schekhina se sépare de lui. Il n’en est rien. Car, bien qu’il ait été dit que le mâle doit toujours rester attaché à la femelle, pour que la Schekhina ne s’en sépare jamais, il est possible à l’homme de partir en voyage, seul, sans être séparé de la Schekhina.
Remarquez que quiconque part en voyage doit adresser sa prière au Saint, béni soit-il, afin de s’attirer la Schekhina du Maître avant de se mettre en route ; de cette façon, le mâle sera toujours uni à la femelle. Après que l’homme a adressé sa prière au ciel, la Schekhina s’attache à lui, et il peut alors partir ; car, durant son voyage, il sera uni avec la Schekhina. En agissant de cette façon, l’homme arrive à unir le mâle et la femelle pendant qu’il reste à la maison aussi bien que pendant son voyage, ainsi qu’il est écrit : (Ps. LXXXV, 14) : « Le Juste (28) marchera devant lui, et il se mettra en route », c’est-à-dire : quand la Schekhina accompagne l’homme, celui-ci peut se mettre en route.
Remarquez que, chaque [...]

בְּאִנְתְּתֵיהּ בָּעֵי לְמִפְגַע לָהּ וּלְבַסְמָא לָהּ בְּמִלִּין, וְאִי לָאו לָא (קמח ב) יָבִית לְגַבָּהּ. בְּגִין דִּיהֵא רְעוּתָא דִלְהוֹן כְּחֲדָא בִּדְלָא אֲנִיסוּ.

וַיָּלֶן שָׁם כִּי בָא הַשֶּׁמֶשׁ, לְאַחֲזָאָה דְּאֲסִיר לֵיהּ לְבַר נָשׁ לְשַׁמְשָׁא עַרְסֵיהּ בִּימָמָא. וַיִּקַּח מֵאַבְנֵי הַמָּקוֹם וַיָּשֶׂם מֵרַאֲשׁוֹתָיו, הָכָא אוֹלִיפְנָא דַּאֲפִילוּ יְהוֹן לְמַלְכָּא עַרְסֵי דְדַהֲבָא וּלְבוּשֵׁי יְקָר לְמֵיבַת בְּהוּ וּמַטְרוֹנִיתָא תַּתְקֵין לֵיהּ עַרְסָא מִתְתַּקַּן בְּאַבְנִין, יִשְׁבּוֹק דִּילֵיהּ וְיָבֵית בַּמֶּה דְּאִיהִי תַּתְקִין דִּכְתִיב וַיִּשְׁכַּב בַּמָּקוֹם הַהוּא.

תָּא חֲזֵי, מַה כְּתִיב הָכָא וַיֹּאמֶר הָאָדָם זֹאת הַפַּעַם וְגו'. הָא בְּסִימוּ דְּמִלִּין לְאַמְשְׁכָא עִמָּהּ חֲבִיבוּתָא, וּלְאַמְשָׁכָא לָהּ (עמה) לִרְעוּתֵיהּ לְאַתְעָרָא עִמָּהּ רְחִימוּתָא. חָמֵי כַּמָּה בְּסִימִין אִנּוּן מִלִּין, כַּמָּה מִלֵּי דִרְחִימוּתָא אִנּוּן, עֶצֶם מֵעֲצָמַי וּבָשָׂר מִבְּשָׂרִי, בְּגִין לְאַחֲזָאָה לָהּ דְּאִנּוּן חַד וְלָא אִית פִּירוּדָא בֵּינַיְיהוּ בְּכֹלָּא.

הַשְׁתָּא שָׁרֵי לְשַׁבָּחָא לָהּ. לְזֹאת יִקָּרֵא אִשָּׁה דָּא הִיא דְּלָא יִשְׁתַּכַּח כַּוָּותָהּ. דָּא הִיא יְקָרָא דְּבֵיתָא כֻּלְּהוֹן נָשִׁין גַּבָּהּ כְּקוֹפָא בִּפְנֵי בְּנִי נָשָׁא. אֲבָל לְזֹאת יִקָּרֵא אִשָּׁה שְׁלִימוּ דְּכֹלָּא לְזֹאת וְלָא לְאַחֲרָא. כֹּלָּא הוּא מָלֵי רְחִימוּתָא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (משלי ל״א:כ״ט) רַבּוֹת בָּנוֹת עָשׂוּ חָיִל וְאַתְּ עָלִית עַל כֻּלָּנָה: עַל כֵּן יַעֲזָב אִישׁ אֶת אָבִיו וְאֶת אִמּוֹ וְדָבַק בְּאִשְׁתּוֹ וְהָיוּ לְבָשָׂר אֶחָד, כֹּלָּא לְאַמְשָׁכָא לָהּ בִּרְחִימוּ וּלְאִתְדַּבְּקָא בַּהֲדָהּ, כֵּיוָן דְּאִתְעַר לְגַבָּהּ כָּל מִלִּין אִלֵּין, מַה כְּתִיב וְהַנָּחָשׁ הָיָה עָרוּם וְגו'. הָא אִתְעַר יֵצֶר הָרָע לְאַחֲדָא בָּהּ בְּגִין לְקָשְׁרָא לָהּ בְּתִיאוּבְתָּא דְגוּפָא וּלְאַתְעָרָא לְגַבָּהּ מִלִּין אָחֳרָנִין דְּיֵצֶר הָרָע אִתְעַנַּג בְּהוּ.

עַד לְבָתַר מַה כְּתִיב וַתֵרֶא הָאִשָּׁה כִּי טוֹב הָעֵץ לְמַאֲכָל וְכִי תַאֲוָה הוּא לָעֵינַיִם וַתִּקַּח מִפִּרְיוֹ וַתֹּאכַל, קְבֵילַת לֵיהּ בִּרְעוּתָא וַתִּתֵּן גַּם לְאִישָׁהּ עִמָּהּ (ויאכל) הָא כְּדֵין הִיא אִתְעֲרָא לְגַבֵּיהּ בְּתִיאוּבְתָּא (נ''א בתאובתא) לְאַתְעָרָא (נ''א למיהב) לֵיהּ רְעוּתָא וּרְחִימוּ, דָּא מִלָּה לְאַחֲזָאָה עוֹבָדָא לִבְנֵי נָשָׁא כְּגַוְונָא דִלְעֵילָא.

אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אִי הָכִי בְּמַאי נוֹקִים לֵיהּ לְעֵילָא יֵצֶר הָרָע דְּאָחִיד בָּהּ בְּנוּקְבָא, אָמַר לֵיהּ, הָא אִתְעֲרָא אִלֵּין לְעֵילָא וְאִלֵּין לְתַתָּא יֵצֶר טוֹב וְיֵצֶר רָע. יֵצֶר טוֹב מִיָּמִינָא וְיֵצֶר רָע מִשְׂמָאלָא, וּשְׂמָאלָא לְעֵילָא אָחִיד בְּנוּקְבָא לְקַשְׁרָא לָהּ כְּחֲדָא (נ''א לאתקשרא ביה) בְּגוּפָא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (שיר השירים ב׳:ו׳) שְׂמֹאלוֹ תַּחַת לְרֹאשִׁי וְגו', וְעַל דָּא מִלִּין אִתְפַּרְשָׁן לְעֵילָא וְתַתָּא עַד הָכָא, מִכָּאן וּלְהָלְאָה מִלִּין בְּזוּטְרָא (נ''א בזוטא) דְּזִיפְתָא לִזְעִירֵיהּ דְּטִינְקִין לְפָרְשָׁא מִלָּה, וְהָא אִתְעָרוּ בֵּיהּ חַבְרַיָּיא.

רַבִּי שִׁמְעוֹן הֲוָה אָזִיל לִטְבֶרְיָה, וְהֲווּ עִמֵּיהּ רַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי חִיָּיא. אַדְּהָכִי חָמוּ לֵיהּ לְרַבִּי פִּנְחָס דְּהֲוָה אָתֵי. כֵּיוָן דְּאִתְחַבָּרוּ כְּחֲדָא, נַחֲתוּ וְיָתְבוּ תְּחוֹת אִילָנָא חַד מֵאִילָנֵי טוּרָא. אָמַר רַבִּי פִּנְחָס הָא יָתִיבְנָא, מֵאִלֵּין מִלֵּי מַעַלְיָיתָא דְּאַתְּ אָמֵר בְּכָל יוֹמָא בְּעֵינָא לְמִשְׁמַע.

פָּתַח רַבִּי שִׁמְעוֹן וְאָמַר (בראשית יג) וַיֵּלֶךְ לְמַסָּעָיו מִנֶּגֶב וְעַד בֵּית אֵל עַד הַמָּקוֹם אֲשֶׁר הָיָה שָׁם אָהֳלֹה בַּתְּחִלָּה בֵּין בֵּית אֵל וּבֵין הָעָי. וַיֵּלֶךְ לְמַסָּעָיו, לְמַסָּעוֹ מִבָּעֵי לֵיהּ. מַאי לְמַסָּעָיו. אֶלָּא תְּרֵין מַטְלָנִין אִנּוּן. חַד דִּידֵיהּ וְחַד דִּשְׁכִינְתָּא. דְּהָא כָּל בַּר נָשׁ בָּעֵי לְאִשְׁתַּכְּחָא דְּכַר וְנוּקְבָא בְּגִין לְאַתְקָפָא מְהֵימְנוּתָא. וּכְדֵין שְׁכִינְתָּא לָא אִתְפָּרְשָׁא מִנֵּיהּ לְעָלְמִין.

וְאִי תֵימָא מָאן דְּנָפִיק לְאוֹרְחָא דְּלָא אִשְׁתְּכַח דְּכַר וְנוּקְבָא, שְׁכִינְתָּא אִתְפָּרְשָׁא מִנִּיהּ. תָּא חֲזֵי, הַאי מַאן דְּנָפִיק לְאָרְחָא (קסח א) יְסַדֵּר צְלוֹתָא קַמֵּי קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. בְּגִין לְאַמְשָׁכָא עֲלֵיהּ שְׁכִינְתָּא דְּמָרֵיהּ עַד לָא יִפּוּק לְאָרְחָא בְּזִמְנָא דְּאִשְׁתְּכַח דְּכַר וְנוּקְבָא. כֵּיוָן דְּסַדַּר צְלוֹתֵיהּ וְשִׁבְחֵיהּ וּשְׁכִינְתָּא שָׁרְיָיא עֲלֵיהּ יִפּוּק. דְּהָא שְׁכִינְתָּא אִזְדַּוְוגַת בַּהֲדֵיהּ. בְּגִין דְּיִשְׁתְּכַח דְּכַר וְנוּקְבָא. דְּכַר וְנוּקְבָא בְּמָתָא. דְּכַר וְנוּקְבָא בְּחַקְלָא. הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (תהילים פ״ה:י״ד) צֶדֶק לְפָנָיו יְהַלֵּךְ וְיָשֵׂם לְדֶרֶךְ פְּעָמָיו.

תָּא חֲזֵי, כָּל
(Ⅰ)

*****

[50a]  
[...] fois que l’homme est en voyage, il doit veiller à ses actions, afin que sa compagne d’en haut ne se sépare de lui et ne le rende ainsi un être incomplet par suite du manque d’union entre le mâle et la femelle. L’homme doit veiller à ce que cette union reste intacte durant son séjour à la maison ; à plus forte raison doit-il veiller à la continuité de son union avec la compagne d’en haut. Mais il y a plus : sa compagne d’en haut le protège pendant son voyage et ne se sépare de lui jusqu’à son retour à la maison. Lorsque l’homme revient à la maison, il doit procurer du plaisir à sa femme, attendu que c’est elle qui lui a valu l’union avec la compagne d’en haut. Quand l’homme revient auprès de son épouse, il doit lui procurer du plaisir pour deux raisons : d’abord, parce que le plaisir des relations conjugales au retour d’un voyage est une bonne œuvre ; et tout plaisir résultant d’une bonne œuvre est partagé par la Schekhina.
Nous disons que ce plaisir constitue une bonne œuvre, parce que ce plaisir contribue à la paix de la maison, ainsi qu’il est écrit (Job, V, 24) : « Tu verras la paix régner dans ta maison : tu en auras soin et tu ne pêcheras point. » Comment ! l’homme pèche-t-il donc s’il s’abstient des relations conjugales ? Oui, en vérité, il commet un péché, parce qu’il déprécie la valeur de la compagne d’en haut, qui ne s’attache à, lui que grâce à son union avec sa femme. Et ensuite, parce que si la femme devient enceinte, à la suite de l’union après le voyage, la compagne céleste pourvoit le nouveau-né d’une âme sainte ; car la compagne d’en haut confère les âmes aux nouveaux-nés, attendu que c’est elle l’Alliance appelée l’ « Alliance du Saint, béni soit-il ». C’est pourquoi il convient d’observer l’ordonnance concernant les relations conjugales au retour d’un voyage avec le même empressement que les sages observent l’ordonnance relative aux relations conjugales au jour du Sabbat. Tel est le sens des paroles de l’Écriture : «Tu verras la paix régner dans ta maison » ; car l’homme qui observe cette ordonnance verra, en effet, la paix dans sa maison, attendu que la Schekhina demeure avec lui.
C’est pourquoi L’Écriture ajoute : « Tu en auras soin et tu ne pécheras point» ; car, quand l’homme a en vue la Schekhina au moment de ses relations conjugales, le plaisir qu’il en éprouve est une œuvre méritoire. De même, les docteurs de la loi, séparés de leurs femmes durant un grand nombre de jours de Sabbat, par suite de leur absence de chez eux, - car ils s’en vont chez les maîtres pour s’y consacrer à l’étude, - sont toujours attachés à la compagne céleste qui ne les quitte jamais, afin que l’union du mâle et de la femelle subsiste, même durant leur absence de chez eux. Lorsqu’arrive le Sabbat, les docteurs de la loi sont tenus de procurer ce plaisir à leurs épouses pour glorifier ainsi la compagne céleste ; mais l’homme aussi bien que la femme doivent s’inspirer de cette seule pensée d’accomplir par-là la volonté de leur Maître, ainsi que cela a été déjà dit. En agissant de la sorte, tous ceux qui sont séparés de leurs femmes durant l’époque des menstrues, sont unis à la compagne céleste, pour que, durant cette séparation, il n’y ait aucune solution de continuité dans l’union du mâle et de la femelle. Et lorsque la femme s’est purifiée, il faut lui procurer ce plaisir qui constitue une œuvre méritoire, plaisir céleste. Les deux motifs que nous avons donnés à l’ordonnance relative aux relations conjugales au moment du retour du voyage, s’appliquent également à ce dernier cas. Le mystère de ce que nous venons de dire consiste en cela que les hommes de foi doivent diriger leur âme et leurs pensées vers la compagne céleste au moment de leur union avec celle d’en bas, celle-ci étant l’image de celle-là.
Mais alors, dira-t-on, l’homme a plus d’avantages d’être en voyage qu’à la maison, attendu qu’en voyage il se trouve uni à la compagne céleste, alors qu’à la maison il n’est uni qu’à celle d’en bas. Il n’en est rien ; car remarquez que, tant que l’homme reste à la maison, c’est l’épouse qui constitue la base de la maison ; mais la Schekhina y réside également ; car la Schekhina ne quitte pas la maison en raison de la présence de la femme, ainsi qu’il est écrit (Gen. , XXIV, 67) : « Et Isaac l’amena dans la tente de sa mère Sara. » Or, une tradition nous apprend qu’au moment d’introduire Rébécca dans la tente de Sara, une chandelle y fut allumée miraculeusement. Pourquoi cette chandelle s’alluma-t-elle toute seule ? Parce que la Schekhina vint à la maison en même temps que Rébécca. Le mystère de cette chose est celui-ci : La Mère d’en haut ne demeure auprès du mâle que lorsque celui-ci s’est constitué une maison en s’attachant à une femelle ; c’est alors seulement que la Mère d’en haut répand sur ce couple ses bénédictions.
De même, la Mère d’en bas ne demeure auprès du mâle que lorsqu’il s’est constitué une maison en s’attachant à une femelle ; c’est alors seulement que la Mère d’en bas épand ses bénédictions sur ce couple. Ainsi, le mâle ici-bas est environné de deux femelles, à l’exemple de celui d’en haut. Tel est le mystère des paroles de l’Écriture (Gen. , XLIX, 26) : « Elles dureront jusqu’à(ad) ce que le désir des collines éternelles soit accompli. » Le mot « ad» désigne le désir qu’éprouvent les hommes de s’unir à la Mère d’en haut aussi bien qu’à la Mère d’en bas ; à celle d’en haut, pour arriver par elle à la perfection et pour être bénis a cause d’elle ; et à celle d’en bas, pour s’attacher à, elle et en tirer sa nourriture. De même, lorsque, ici-bas, l’homme se marie, il se trouve environné de deux femelles, de la compagne d’en haut et de celle d’en bas, c’est-à-dire sa femme. La première est là pour y répandre ses bénédictions, et la seconde, pour tirer sa nourriture du mari et pour s’attacher à lui. Ainsi, l’homme, durant son séjour à la maison, se trouve entouré des désirs des « collines éternelles », dont il est entouré. Mais aussitôt qu’il part en voyage, il n’en est plus de même ; la Mère d’en haut s’attache à lui, mais celle d’en bas reste à la maison. Aussi, lorsque l’homme revient à la maison, doit-il s’entourer de nouveau des deux femelles, ainsi que cela a été dit précédemment. S’adressant à Rabbi Siméon,
Rabbi Pinhas dit : Même les anges supérieurs n’oseraient pas ouvrir la bouche [...]

זִמְנָא דְּבַר נָשׁ אִתְעַכַּב בְּאוֹרְחָא (בכל חיליה) בָּעֵי לְנַטְרָא עוֹבָדוֹי. בְּגִין דְּזִוּוּגָא עִלָּאָה לָא יִתְפְּרַשׁ מִנֵּיהּ וְיִשְׁתְּכַח פָּגִים בְּלָא דְּכַר וְנוּקְבָא. בְּמָתָא אִצְטְרִיךְ כַּד נוּקְבֵיהּ עִמֵּיהּ, כָּל שְׁכֵּן הָכָא דְּזִוּוּגָא עִלָּאָה אִתְקַשְּׁרַת בֵּיהּ. וְלָא עוֹד אֶלָּא דְּהָא זִוּוּגָא עִלָּאָה נָטִיר לֵיהּ בְּאָרְחָא וְלָא מִתְפָּרְשָׁא מִנֵּיהּ עַד דְּיִתוֹב לְבֵיתֵיהּ.

בְּשַׁעֲתָא דְּעָאל לְבֵיתֵיהּ בָּעָא לְחַדְתָּא דְּבִיתְהוּ (ביתיה). בְּגִין דִּדְבִיתְהוּ גָּרְמָא לֵיהּ הַהוּא זִוּוּגָא עִלָּאָה. כֵּיוָן דְּאָתָא לְגַבָּהּ בָּעֵי לְחַדְתָּא לָהּ בְּגִין תְּרֵין גַּוְונֵי. חַד בְּגִין חֶדְוָתָא דְּהַהִיא זִוּוגָא חֶדְוָותָא דְמִצְוָה הִיא וְחֶדְוָותָא דְּמִצְוָה חֶדְוָותָא דִשְׁכִינְתָּא אִיהוּ.

וְלָא עוֹד אֶלָּא דְאַסְגֵי שָׁלוֹם סְתָם (לתתא) (נ''א לאתתא) הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (איוב ה׳:כ״ד) וְיָדַעְתָּ כִּי שָׁלוֹם אָהֳלֶךָ, וּפָקַדְתָּ נָוֶךָ וְלֹא תֶחטָא. וְכִי אִי לָא פָּקִיד לְאִתְּתֵיהּ חֵטְא אִיהוּ. הָכִי הוּא וַדַּאי. בְּגִין דְּגָרַע יְקַר זִוּוּגָא עִלָּאָה דְּאִזְדַּוְוגַת בֵּיהּ וּדְבִיתְהוּ גָּרְמָא לֵיהּ. וְחַד דְּאִי מִתְעַבְּרָא אִתְּתֵיהּ זִוּוּגָא עִלָּאָה אֲרִיקַת בָּהּ נִשְׁמָתָא קַדִּישָׁא דְּהַאי בְּרִית אִקְרֵי בְּרִית דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. וְעַל דָּא בָּעֵי לְכַוְונָא בְּחֶדְוָותָא דָא כְּמָה דְבָעֵי בְּחֶדְוָותָא דְשַׁבָּת (דאנון חכימין) דְּאִיהוּ זִוּוּגָא דְחֲכִּימִין. וְעַל דָּא וְיָדַעְתָּ כִּי שָׁלוֹם אָהֳלֶךָ דְּהָא שְׁכִינְתָּא אַתְיָא עִמָּךְ וְשָׁרְיָא בְּבֵיתָךְ. וְעַל דָּא (איוב ה׳:כ״ד) וּפָקַדְתָּ נָוֶךָ וְלֹא תֶחטָא. מַאי וְלֹא תֶחטָא. לְשַׁמָּשָׁא קַמֵּי שְׁכִינְתָּא חֶדְוָותָא דְמִצְוָה.

כְּגַוְונָא דָא תַּלְמִידֵי חֲכָמִים דְּמִתְפָּרְשָׁן מִנְּשַׁיְיהוּ כָּל אִנּוּן יוֹמִין דְּשַׁבַּתָּא בְּגִין לְאִתְעַסְּקָא בְּאוֹרַיְיתָא. זִוּוּגָא עִלָּאָה אִזְדַּוַּוג בְּהוּ וְלָא מִתְפָּרְשָׁא מִנַּיְיהוּ בְּגִין דְּיִשְׁתְּכַח דְּכַר וְנוּקְבָא. כֵּיוָן דְּעָאל שַׁבָּת בָּעְיָין תַּלְמִידֵי חֲכָמִים לְחַדְתָּא לִדְבִיתְהוּ בְּגִין יְקַר זִוּוּגָא עִלָּאָה. וּלְכַוְּונָא לִבַּיְיהוּ בִּרְעוּתָא דְּמָארֵיהוֹן כְּמָה דְּאִתְּמָר.

כְּגַוְונָא דָא, הַאי מַאן דְּאִתְּתֵיהּ בְּיוֹמֵי מְסָאֲבוּ דִילָהּ וְנָטִיר לָהּ כְּדְקָא יְאוּת. כָּל אִנּוּן יוֹמִין זִוּוּגָא עִלָּאָה אִזְדַּוַּוג בַּהֲדֵיהּ דְּיִשְׁתְּכַח דְּכַר וְנוּקְבָא. כֵּיוָן דְּאִתְדְּכִיאַת אִתְּתֵיהּ בָּעֵי לְחַדְתָּא לָהּ חֶדְוָה דְמִצְוָה חֶדְוָה עִלָּאָה. וְכֻלְהוּ טַעֲמֵי דְּקָא אֲמָרָן בְּחַד דַּרְגָא סָלְקִין. סְתָמָא דְמִלָּה כָּל אִנּוּן בְּנִי מְהֵימְנוּתָא בָּעֳיָין לְכַוְּונָא לִבָּא וּרְעוּתָא בְּהַאי.

וְאִי תֵימָא אִי הָכִי שְׁבָחָא הוּא דְּבַר נָשׁ כַּד נָפִיק לְאָרְחָא יַתִּיר מִן בֵּיתֵיהּ בְּגִין זִוּוּגָא עִלָּאָה דְאִזְדַּוְוגַת בַּהֲדֵיהּ. תָּא חֲזֵי, בְּזִמְנָא דְבַר נָשׁ הוּא בְּבֵיתֵיהּ, עִקְּרָא דְּבֵיתָא דְּבִיתְהוּ. בְּגִין דִּשְׁכִינְתָא לָא אִתְעַדֵּי מִן בֵּיתָא בְּגִין דְּבִיתְהוּ. כְּמָה דְּתָנִינָן דִּכְתִיב, (בראשית כד) וַיְבִיאֶהָ יִצְחָק הָאֹהלָה שָׂרָה אִמּוֹ, דִּשְׁרַגָּא אִתְדְּלָקַת, מַאי טַעְמָא בְּגִין דִּשְׁכִינְתָא אָתַת לְבֵיתָא.

רָזָא דְּמִלָּה אִמָּא עִלָּאָה לָא אִשְׁתַּכְּחַת גַּבֵּי דְכוּרָא אֶלָּא בְּזִמְנָא דְּאִתְתַּקְנַת בֵּיתָא וְאִתְחַבְּרוּ דְּכַר וְנוּקְבָא, כְּדֵין אִמָּא עִלָּאָה אֲרִיקַת בִּרְכָאן לִבָרוּכֵּי לוֹן. כְּגַוְונָא דָא אִמָּא תַּתָּאָה לָא אִשְׁתַּכְּחַת לְגַבֵּי דְכוּרָא אֶלָּא בְּזִמְנָא דְּאִתְתַּקְנַת בֵּיתָא וְאָתֵי דְכַר לְגַבָּהּ דְּנוּקְבֵיהּ וְאִתְחַבָּרוּ כְּחֲדָא כְּדֵין אִמָּא תַּתָּאָה אֲרִיקַת בִּרְכָאן לְבָרְכָא לוֹן.

וְעַל דָּא בִּתְרֵי נוּקְבִין אִתְעַטַּר דְּכוּרָא בְּבֵיתֵיהּ כְּגַוְונָא דִּלְעֵילָא. וְהַיְינוּ רָזָא דִכְתִיב, (בראשית מ״ט:כ״ו) עַד תַּאֲוַת גִּבְעוֹת עוֹלָם. הַאי ע''ד תִּיאוּבְתָּא דְּגִבְעוֹת עוֹלָם בֵּיהּ. נוּקְבָא עִלָּאָה לְאַתְקָנָא לֵיהּ וּלְאַעַטְּרָא לֵיהּ וּלְבָרְכָא לֵיהּ. נוּקְבָא תַּתָּאָה לְאִתְחַבְּרָא בֵּיהּ וּלְאִתְזְנָא מִנֵּיהּ.

וּכְגַוְונָא דָא לְתַתָּא כַּד דְּכוּרָא אִינְסִיב, תַּאֲוַת גִּבְעוֹת עוֹלָם לְגַבֵּיהּ וְאִתְעַטַּר בִּתְרֵי נוּקְבֵי חַד עִלָּאָה וְחַד תַּתָּאָה. עִלָּאָה לְאַרְקָא עֲלֵיהּ בִּרְכָאן. תַּתָּאָה לְאִתְזְנָא מִנֵּיהּ וּלְאִתְחַבְּרָא בַּהֲדֵיהּ. וּבַּר נָשׁ בְּבֵיתֵיהּ תַּאֲוַת גִּבְעוֹת עוֹלָם לְגַבֵּיהּ וְאִתְעַטַּר בְּהוּ.

כַּד נָפִיק בְּאָרְחָא לָאו הָכִי. אִימָּא עִלָּאָה אִתְחַבְּרַת בַּהֲדֵיהּ וְתַתָּאָה אִשְׁתְּאָרַת. כַּד תָּב לְבֵיתֵיהּ בָּעֵי לְאִתְעַטְּרָא בִּתְרֵי נוּקְבֵי כִּדְקָאֲמָרָן. אָמַר רַבִּי פִּנְחָס אֲפִילּוּ בִּקְלִיפֵּי סַנְפּוֹרֵי קִטְרָא לָא פַּתְחֵי
(Ⅰ)

*****

[50b]  
[...] en ta présence, tant est profonde ton érudition. Reprenant le fil de son discours, Rabbi Siméon dit (29) : La doctrine également se trouve placée entre deux « maisons » (baith), ainsi qu’il est écrit (Is. , VIII, 14) : « Pour les deux maisons d’Israël... » L’une de ces deux « maisons » est un mystère suprême ; l’autre nous est plus accessible. La première qui constitue le mystère suprême est la «grande voix », ainsi qu’il est écrit (Deut. , V, 22) : « La grande voix qui ne cesse pas... » C’est une voix intérieure, imperceptible au dehors. En sortant de la bouche, cette voix produit le Hé, mais de manière silencieuse ; cette voix continue sans cesse, sans interruption. Bien qu’elle porte le nom de « grande voix », elle est intérieure et d’une telle finesse qu’elle n’est jamais entendue. C’est d’elle qu’émane la doctrine ésotérique appelée « voix de Jacob » ; cette dernière est bien entendue ; et ainsi, de la voix imperceptible, sort une voix perceptible. Ensuite, le Verbe, uni à cette voix, retentit avec force. Ainsi, la « voix de Jacob », qui est la doctrine ésotérique, se trouve également placée entre deux femelles, entre la voix intérieure qui est imperceptible, et le Verbe, qui se fait entendre.
Ainsi, on se trouve en présence de deux choses imperceptibles et de deux choses perceptibles. Les deux choses imperceptibles sont d’abord la « Sagesse éternelle » (Hocmâ ilaah) qui est cachée dans la Pensée éternelle et n’est jamais dévoilée ni perçue, et ensuite cette « voix » très fine et imperceptible qui est appelée la « grande voix ». Les deux choses perceptibles sont celles qui émanent des deux premières, à savoir la « voix de Jacob » et le Verbe qui s’unit à elle. La « grande voix », qui est si fine qu’elle demeure imperceptible, constitue la « maison » (baïth) de la « Sagesse éternelle» (Hocmâ ilaah) ; car la femelle est toujours désignée par le nom de « maison». Le verbe, à son tour, constitue la « maison » de la « Voix de Jacob » qui est la doctrine ésotérique. C’est pourquoi la tradition nous apprend que la doctrine, à son tour, forme une «maison». Ceci est exprimé dans le mot « Bereschith » qui est expliqué par «baïth reschith», c’est-à-dire que la doctrine appelée « commencement » (reschith) constitue aussi une « maison » (baïth).
Rabbi Siméon ouvrit ensuite sa conférence de la manière suivante : Les paroles de l’Écriture : « Bereschith bara Elohim», renferment le même mystère que les paroles : «Et Jéhovah Élohim transforma en femme la côte. » Les paroles « eth haschamaïm » désignent le même mystère que les paroles « et l’amena à l’homme » ; enfin les paroles «veeth haaretz» ont la même signification que celle des paroles « l’os de mes os ». Toutes ces paroles désignent en vérité « la terre de la vie » (30).
Rabbi Siméon continua ainsi : Il est écrit (Ps. , CX, 1) : «Jéhovah dit à Adoni : Assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que je réduise tes ennemis à te servir de marchepieds ». Le terme : « Jéhovah dit à Adoni » signifie que le premier degré dit au deuxième degré : « Assieds-toi à ma droite », pour que l’Ouest soit uni au Sud (31), la gauche à la droite ; ainsi sera brisée la force des autres peuples païens. Le terme : « Jéhovah dit à Adoni » veut dire : « Jacob dit au Maître », lequel est indiqué dans ces paroles de l’Écriture (Jos. , III, 11) : « L’arche de l’Alliance, le Maître de toute la terre... ». Selon une autre version, le terme : «Jéhovah dit à Adoni» signifie que la Sainteté appelée «année Jubilaire» dit à celle appelée « année sabbatique » (dont l’Écriture dit (Ex. , XXI, 5) : « J’aime mon Maître ») : « Assieds-toi à ma droite. » En effet, la Sainteté appelée « année jubilaire » se trouve à droite ; c’est pourquoi elle invite la Sainteté appelée « année sabbatique » à s’asseoir à sa « droite ».
Remarquez que la Sainteté appelée « année sabbatique», depuis son existence, n’a pas encore été unie à la Séphira suprême par la droite et par la gauche ; car, lorsque la Séphira suprême voulut se l’attacher, elle étendit son bras gauche pour l’accueillir et créa ainsi le monde. C’est en raison de ce que notre monde n’est uni à la Séphira suprême que par la gauche, qu’il n’aura de durée que jusqu’au septième millénaire ; c’est alors seulement que, uni à la Séphira suprême par la droite et par la gauche, la solidité du monde deviendra parfaite, ainsi qu’il est écrit (Is. , LXVI, 22) : « Car, comme les cieux nouveaux et la terre nouvelle que je vais créer subsisteront toujours devant moi, dit le Seigneur... » Car, après l’union parfaite du monde avec la Séphira suprême, le monde ne disparaîtra jamais. Mais, d’après cette interprétation, quel est le sens des paroles : « Assieds-toi à ma droite » ? Jéhovah dit à Adoni : Assieds-toi à ma droite provisoirement jusqu’à ce que j’aie rendu tes ennemis à ton service ; mais aussitôt que cet événement aura eu lieu, ta place à ma droite ne sera plus provisoire mais permanente, ainsi qu’il est écrit (Is. , LIV, 3) : « Tu t’étendras à droite et à gauche » ; l’Écriture veut dire, qu’à ce moment-là, tout ce qui est du côté gauche sera fusionné avec ce qui est du côté droit.
Remarquez que les mots « eth haschamaïm » (les cieux) désignent la Schekhina d’en haut, et les mots «veeth haaretz » (et la terre) désignent la Schekhina d’en bas, dont l’union sera, en ce jour-là, aussi parfaite que celle du mâle et de la femelle. Pendant que Rabbi Siméon parlait ainsi, les collègues s’apprêtèrent à partir. Rabbi Siméon se leva et leur dit : J’ai encore un mot à vous communiquer.
Rabbi Siméon commença alors à parler de la manière suivante : Nous avons deux versets qui semblent se contredire.
Il est écrit (Deut. , IV, 24) : «... Car le Seigneur ton Dieu est un feu dévorant. » Et un peu plus haut il est dit (Deut. , IV, 4) : « Vous vous fêtes attachés au Seigneur, votre Dieu, et vous avez tous été conservés en vie jusqu’aujourd’hui. » Or, puisque Dieu est qualifié de «feu dévorant », comment Israël peut-il s’attacher à lui ? Nous avons déjà expliqué aux collègues ces versets (32).
Remarquez que les paroles : «... Car le Seigneur ton Dieu est un feu dévorant » ont été déjà interprétées par les collègues, de cette façon, que Dieu est un feu qui consume l’autre feu ; car il y a des feux qui sont plus intenses que les autres. Mais remarquez ce que je veux ajouter à cette interprétation. Que celui qui désire pénétrer le mystère de l’union sacrée contemple la flamme qui s’élève, soit d’un charbon, soit d’une chandelle allumée ; car la flamme ne sort jamais que [...]

עִטְּרָא קַמָּךְ.

אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן כְּגַוְונָא דָא אוֹרַיְיתָא קָאִים בֵּין תְּרֵי בָּתִּים, כְּמָה דִכְתִיב, (ישעיהו ח׳:י״ד) לִשְׁנֵי בָּתֵּי יִשְׂרָאֵל וְגו'. חַד סְתִימָא עִלָּאָה. וְחַד אִתְגַּלְיָא יַתִּיר. (סתימא) עִלָּאָה (דא) קוֹל גָּדוֹל דִּכְתִיב, (דברים ה׳:י״ט) קוֹל גָדוֹל וְלא יָסָף. וְהַאי קוֹל פְּנִימָאָה אִיהוּ דְּלָא אִשְׁתְּמַע וְלָא אִתְגַּלְּיָא. וְדָא הוּא כַּד נְבִיעַ בֵּי גָרוֹן אַפִּיק (ביה) ה' בְּחֲשַׁאי וּנְבִיעַ תָּדִיר וְלָא פָּסַק. וְאִיהוּ דַּקָּה פְּנִימָאָה דְּלָא אִשְׁתְּמַע לְעָלְמִין.

וּמֵהָכָא נָפְקָא אוֹרַיְיתָא דְּאִיהוּ קוֹל יַעֲקֹב. וְהַאי אִשְׁתְּמַע (ד''א דאשתמע) דְּנָפְקָא (ד''א נפקא) מֵהַהִיא דְּלָא אִשְׁתְּמַע. וּלְבָתַר אִתְאַחִיד דִּבּוּר בַּהֲדֵיהּ וְנָפַק לְבַר מֵחֵילֵיהּ וּמִתָּקְפֵּיהּ. וְקוֹל דְּיַעֲקֹב דְּאִיהוּ אוֹרַיְיתָא אָחִיד בֵּין תְּרֵי נִקְבֵי. אָחִיד בְּהַאי פְּנִימָאָה דְּלָא אִשְׁתְּמַע. וְאָחִיד בְּהַאי דִלְבַר דְּאִשְׁתְּמַע.

תְּרֵין אִנּוּן דְּלָא אִשְׁתָּמְעוּ וּתְרֵין אִנּוּן דְּאִשְׁתָּמְעוּ. תְּרֵין דְּלָא אִשְׁתָּמְעוּ, דָּא הוּא חָכְמָה עִלָּאָה סְתִימָאָה דְּקָיְימָא בְּמַחֲשָׁבָה דְּלָא אִתְגַּלְיָא וְלָא אִשְׁתְּמַע. לְבָתַר נָפְקָא וְאִתְגַּלְּיָא זְעֵיר בַּחֲשַׁאי דְּלָא אִשְׁתְּמַע הַהוּא דְּאִקְרֵי קוֹל גָּדוֹל דְּהוּא דַּק וְנָפִיק בַּחֲשַׁאי.

תְּרֵין אִנּוּן דְּאִשְׁתָּמְעוּ, אִנּוּן דְּנָפְקֵי מֵהָכָא קוֹל דְּיַעֲקֹב וְדִבּוּר דְּאִתְאֲחִיד בַּהֲדֵיהּ. הַאי קוֹל גָּדוֹל דְּאִיהוּ בַּחֲשַׁאי וְלָא אִשְׁתְּמַע. אִיהִי בַּיִ''ת לַחָכְמָה עִלָּאָה. וְכָל נוּקְבָא בַּיִ''ת אִקְרֵי. וְהַאי דִּבּוּר בַּתְרָאָה אִיהוּ בַּיִת לַקּוֹל דְּיַעֲקֹב דְּאִיהוּ אוֹרַיְיתָא. וְעַל דָּא אוֹרַיְיתָא שַׁרְיָא בְּבֵי''ת. בֵּי''ת רֵאשִׁית.

פַּתַח וְאָמַר בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלֹהִים, הַיְינוּ דִכְתִיב וַיִּבֶן יְיָ אֱלֹהִים אֶת הַצֵּלָע. אֶת הַשָּׁמַיִם הַיְינוּ דִכְתִיב וַיְבִיאֶהָ אֶל הָאָדָם. וְאֶת הָאָרֶץ כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר וְעֶצֶם מֵעֲצָמַי. וַדַּאי הַאי אִיהִי אֶרֶץ הַחַיִּים.

תּוּ פָּתַח רַבִּי שִׁמְעוֹן וְאָמַר (תהלים ק) נְאֻם יְיָ לַאדוֹנִי שֵׁב לִימִינִי עַד אָשִׁית אוֹיְבֶיךָ הֲדוֹם לְרַגְלֶיךָ. נְאֻם יְיָ לַאדוֹנִי, דַּרְגָּא עִלָּאָה לְדַרְגָּא תַּתָּאָה קָאָמַר שֵׁב לִימִינִי, לְאִתְקַשְּׁרָא מַעֲרָבִית בִּדְרוֹמִית שְׂמָאלָא בְּיָמִינָא. בְּגִין לְתַבְּרָא חֵילֵיהוֹן דִּשְׁאָר עַמִין עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת. נְאֻם יְיָ לַאדוֹנִי, נְאֻם יְיָ דָּא יַעֲקֹב. לַאֲדוֹנִי דָּא (יהושע ג׳:י״א) אֲרוֹן הַבְּרִית אֲדוֹן כָּל הָאָרֶץ. דָּבָר אַחֵר נְאֻם יְיָ דָּא יוֹבְלָא. לַאֲדוֹנִי דָּא שְׁמִיטָה. דִּכְתִיב בָּהּ (שמות כ״א:ה׳) אָהַבְתִּי אֶת אֲדוֹנִי. שֵׁב לִימִינִי דְּהָא יְמִינָא בְּיוֹבְלָא שָׁרְיָא. וּשְׁמִיטָה בָּעֵי לְאִתְקַשְּׁרָא בְּיָמִינָא.

תָּא חֲזֵי, שְׁמִיטָה דָא לָא אִתְקְשַׁר בְּקִיּוּמָא שְׁלִים בְּיָמִינָא ובִשְׂמָאלָא מִיּוֹמָא דְּאִשְׁתַּכְּחַת, כַּד בָּעְיָא לְאִתְקַשְּׁרָא אוֹשִׁיט דְּרוֹעָא שְׂמָאלָא לְקֳבְלָהּ וּבָרָא עָלְמָא דֵין. וּבְגִין דְּהוּא מִסִּטְרָא דִּשְׂמָאלָא לֵית בֵּיהּ קִיּוּמָא עַד זִמְנָא דְּאֶלֶף שְׁבִיעָאָה. דִּבְהַהוּא יוֹמָא לְחוּד אִתְקַשַּׁר כְּדֵין בְּיָמִינָא. וּכְדֵין תֶּהוֵי בֵּין יָמִינָא וּשְׂמָאלָא בְּקִיּוּמָא שְׁלִים וְיִשְׁתַּכְּחוּן שָׁמַיִם חֲדָשִׁים וְאֶרֶץ חֲדָשָׁה וּכְדֵין לָא תַעֲדֵי מִתַּמָּן לְעָלְמִין.

אִי הָכִי בְּמַאי נוֹקִים שֵׁב לִימִינִי. אֶלָּא עַד זִמְנָא יְדִיעָא דִּכְתִיב עַד אָשִׁית אוֹיְבֶיךָ הֲדוֹם לְרַגְלֶיךָ וְלָא תָדִיר. אֲבָל בְּהַהוּא זִמְנָא לָא תַעֲדֵי מִתַּמָּן לְעָלְמִין דִּכְתִיב, (ישעיהו נ״ד:ג׳) כִּי יָמִין וּשְׂמֹאל תִּפְרוֹצִי לְמֶהוֵי כֹּלָּא חַד.

תָּא חֲזֵי, אֶת הַשָּׁמַיִם דָּא שְׁכִינְתָּא עִלָּאָה. וְאֶת הָאָרֶץ דָּא שְׁכִינְתָּא דִּלְתַתָּא בְּאִתְחַבְּרוּתָא דִּדְכַר וְנוּקְבָא כְּחֲדָא. וְהָא אִתְּמָר כְּמָה דְּאִתְעָרוּ בֵּיהּ חַבְרַיָיא עַד כְּעָן.

בָּעוּ (ד''א בעא) לְמֵיזַל. קָמוּ. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן מִלָּה הָכָא גַּבָּן. פָּתַח רַבִּי שִׁמְעוֹן וְאָמַר, תְּרֵי קְרָאֵי כְּתִיבֵי, (דברים ד׳:כ״ד) כִּי יְיָ אֱלֹהֶיךָ אֵשׁ אוֹכְלָה הוּא. וּכְתִיב הָתָם (דברים ד׳:ד׳) וְאַתֶּם הַדְּבֵקִים בַּיְיָ אֱלֹהֵיכֶם חַיִּים כֻּלְּכֶם הַיּוֹם. הָנֵי קְרָאֵי אוֹקִימְנָא לְהוּ בְּכַמָּה אֲתַר וְאִתְעָרוּ בְּהוּ חַבְרַיָיא. תָּא חֲזֵי, כִּי יְיָ אֱלהֶיךָ אֵשׁ אוֹכְלָה הוּא, הָא אִתְּמָר מִלָּה דָא בְּגוֹ חַבְרַיָיא דְּאִית אֶשָׁא אָכְלָא אֶשָׁא (ואיתאשא) וְאָכִיל לָהּ וְשָׁצֵי לָהּ. בְּגִין דְּאִית אֶשָׁא תַּקִּיפָא מֵאֶשָׁא וְאוּקְמוּהָ.

אֲבָל תָּא חֲזֵי, מָאן דְּבָעֵי לְמִנְדַע חָכְמְתָא דְּיִחוּדָא קַדִּישָׁא. יִסְתַּכַּל בְּשַׁלְהוֹבָא דְּסָלְקָא מִגּוֹ גַּחֶלְתָּא. אוֹ מִגּוֹ בּוֹצִינָא דְּדָלִיק. דְּהָא שַׁלְהוֹבָא לָא סָלְקָא אֶלָּא
(Ⅰ)

*****

[51a]  
[...] de certains corps.
Remarquez que, dans la flamme qui s’élève, on constate deux lumières : l’une est blanche et l’autre noire, ou plutôt bleue. La lumière blanche est en haut, où elle s’élève en ligne droite, et la lumière noire, ou de couleur bleue, sert, en quelque sorte, de piédestal à la lumière blanche. Bien qu’unies ensemble, la lumière blanche est distincte de l’autre. La lumière noire, ou de couleur bleue, se trouve au-dessous de la première à laquelle elle forme, en quelque sorte, un piédestal ; ceci prouve que la lumière qui est au-dessus d’elle est plus précieuse. Tel est le mystère de l’ordonnance biblique concernant les franges de la couleur bleue appelée « thekheleth » (Nomb. , XV, 38) (33). Cette lumière, que nous désignons par le nom de piédestal, est unie, d’une part, à la lumière blanche, et, d’autre part, au corps d’où elle s’élève, c’est-à-dire au charbon où à la chandelle. La lumière de couleur bleue devient parfois rouge, alors que la lumière blanche ne change jamais et reste toujours invariable.
Ainsi que nous venons de le dire, la lumière de couleur bleue est unie, à sa partie supérieure, à la lumière blanche, et, à sa partie inférieure, au corps d’où elle s’élève. Elle consume le corps qui est au-dessous d’elle, parce que tout ce qui est au-dessous d’elle se consume nécessairement à mesure qu’elle continue à s’élever, alors que la lumière blanche, qui est au-dessus de celle-ci, ne consume rien, ni ne s’altère jamais. C’est pourquoi Moïse a dit : «... Car le Seigneur ton Dieu est un feu dévorant », ce qui veut dire : c’est le feu de couleur bleue qui consume le corps qui est au-dessous d’elle. C’est pour cette raison que Moïse a dit : «... Le Seigneur ton Dieu », mais non pas : « Le Seigneur notre Dieu » (34) ; car Moïse a été dans cette lumière blanche qui est au-dessus de l’autre et qui ne consume rien.
Remarquez qu’il n’y a rien qui unisse la lumière de couleur bleue avec celle de couleur blanche, si ce n’est Israël qui se trouve au-dessous de la lumière de couleur bleue.
Remarquez en outre, qu’en dépit de la loi qui veut que cette lumière consume le corps qui est au-dessous d’elle, Israël reste constamment attaché à elle sans être consumé.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Vous vous attachez au Seigneur votre Dieu, et vous restez toujours en vie jusqu’aujourd’hui », ce qui veut dire : bien que le Dieu que vous connaissez soit la flamme de couleur bleue qui consume tout ce qui est au-dessous d’elle, vous êtes quand même conservés en vie jusqu’aujourd’hui. Au-dessus de la lumière blanche, il y a une lumière transparente et presque imperceptible, qui correspond au mystère suprême. Ainsi, vous voyez que dans la flamme se trouve l’image des mystères suprêmes. Rabbi Pinhas, s’approchant de Rabbi Siméon et l’embrassant, s’écria : Béni soit Dieu qui a dirigé mes pas vers toi, parce que ceci m’a valu d’entendre ces bonnes paroles. Rabbi Siméon et les collègues accompagnèrent Rabbi Pinhas sur un parcours de trois lieues et revinrent ensuite sur leurs pas.
Rabbi Siméon dit alors aux collègues : Ce que je viens de vous dire constitue le mystère de la « Sagesse éternelle» unie avec l’essence divine. Ainsi, le dernier Hé du nom sacré de Jéhovah constitue la lumière de couleur bleue qui, à son tour, est unie aux trois lettres précédentes, Yod, Hé et Vav, qui constituent la lumière blanche.
Remarquez que tantôt la lumière de couleur bleue est désignée par la lettre Daleth et tantôt par la lettre Hé. Lorsqu’Israël ne s’attache point ici-bas à, cette lumière, elle est désignée par la lettre Daleth ; mais quand elle est unie à la lumière blanche. elle est désignée par la lettre Hé, ainsi qu’il est écrit (Deut. , XXII, 23) : « Si une fille fiancée à un homme... » Le mot « naarah» est écrit, en cet endroit, sans le Hé final (35), ce qui est contre la règle de la langue hébraïque, où « naar» signifie «fils » et « naarah» « fille». Pourquoi ? Parce qu’elle ne s’est point attachée au mâle ; et partout où il n’y a pas d’union entre le mâle et la femelle, il n’y a point de Hé non plus ; aussi, en pareil cas, la lumière de couleur bleue est-elle désignée par la lettre Daleth. Mais quand elle s’unit à la lumière blanche, elle est désignée par le Hé, ; car alors l’union est parfaite, en ce sens qu’elle est attachée à la lumière blanche qui est au-dessus d’elle ; et, Israël qui est au-dessous d’elle, est attaché à elle. Tel est également le mystère de la fumée qui s’élève de l’autel où sont offerts les sacrifices ; cette fumée provoque la flamme de couleur bleue qui est au-dessus d’elle ; et, quand cette flamme est reproduite, elle s’unit [...]

כַּד אִתְאַחִיד בְּמִלָּה גַּסָּה (נ''א אחרא).

תָּא חֲזֵי, בְּשַׁלְהוֹבָא דְּסָלְקָא אִית תְּרֵין נְהוֹרִין. חַד נְהוֹרָא חִוְורָא דְּנָהִיר. וְחַד נְהוֹרָא דְּאִתְאַחִיד בָּהּ אוּכְמָא אוֹ תִּכְלָא. הַהוּא נְהוֹרָא חִוְורָא אִיהוּ לְעֵילָא וְסָלְקָא בְאוֹרַח מִישׁוֹר. וּתְחוֹתֵיהּ הַהוּא נְהוֹרָא תִּכְלָא אוֹ אוּכְמָא דְּאִיהוּ כָּרְסַיָא לְהַהוּא חִוְורָא.

וְהַהוּא נְהוֹרָא חִוְורָא שָׁארֵי עִלָוֵּיהּ וְאִתְאֲחִידוּ דָא בְּדָא לְמֶהוֵי כֹּלָּא חַד. וְהַהוּא נְהוֹרָא אוּכְמָא אוֹ גַּוָון תִּכְלָא דְּאִיהוּ לְתַתָּא הוּא כָּרְסַיָא דִיקָר לְהַהוּא חִוָּורָא. וְעַל דָּא רָזָא דִּתְכֶלְתָּא. וְהַאי כָּרְסַיָא תִּכְלָא (או) אוּכְמָא אִתְאֲחַד בְּמִלָּה אָחֳרָא לְאִתְדַּלְּקָא דְּהוּא מִתַּתָּא וְהַהוּא אִתְעַר לֵיהּ לְאִתְאַחֲדָא בִּנְהוֹרָא חִוְּורָא (ס''א עלאה).

וְדָא תִּכְלָא אוּכְמָא לְזִמְנִין אִתְהֲדַר סוּמְקָא. וְהַהוּא נְהוֹרָא חִוְּורָא דְּעֲלֵיהּ לָא אִשְׁתַּנֵּי לְעָלְמִין דְּהָא חִוְּורָא הוּא תָּדִיר. אֲבָל הַאי תִּכְלָא אִשְׁתַּנֵּי לִגְוָונִין אִלֵּין. לְזִמְנִין תִּכְלָא אוֹ אוּכְמָא. וּלְזִמְנִין סוּמְקָא. וְהַאי אִתְאֲחִיד לִתְרִין סִטְרִין. אִתְאֲחִיד לְעֵילָא בְּהַהוּא נְהוֹרָא (ס''א עילאה) חִוְּורָא. אִתְאֲחִיד לְתַתָּא בְּהַהוּא מִלָּה דִּתְחוֹתוֹי דִּמְתַקְנָא בֵּיהּ לְאַנְהָרָא (מלין דשויין ליה לאדלקא) וּלְאִתְאַחֲדָא בֵּיהּ.

וְדָא אָכְלָא תָּדִיר וְשָׁצֵי לְהַהוּא מִלָּה דְּשַׁוְיָין לֵיהּ. דְּהָא בְּכָל מַה דְּאִתְדָּבַּק בֵּיהּ לְתַתָּא וְשַׁרְיָא עֲלוֹי הַהוּא נְהוֹרָא תִּכְלָא שָׁצֵי לֵיהּ וְאָכִיל לֵיהּ. בְּגִין דְּאוֹרְחוֹי הוּא לְשֵׁיצָאָה וּלְמֶהֱוֵי אָכִיל. דְּהָא בֵּיהּ תַּלְיָא שֵׁצוּ דְּכֹלָּא מוֹתָא דְכֹלָּא. וּבְגִינֵי כָךְ אִיהִי אָכִיל כָּל מַה דְּאִתְדָּבַּק בֵּיהּ לְתַתָּא.

וְהַהוּא נְהוֹרָא חִוְּורָא דְּשַׁרְיָא עֲלוֹי לָא אָכִיל וְלָא שָׁצֵי לְעָלְמִין וְלָא אִשְׁתַּנֵּי נְהוֹרֵיהּ. וְעַל דָּא אָמַר משֶׁה כִּי יְיָ אֱלֹהֶיךָ אֵשׁ אוֹכְלָה הוּא. אוֹכְלָה וַדַּאי. אָכִיל וְשָׁצֵי כָּל מַה דְּשַׁרְיָא תְּחוֹתוֹי. וְעַל דָּא אָמַר יְיָ אֱלֹהֶיךָ וְלֹא אֱלהֵינוּ. בְּגִין דְּמשֶׁה בְּהַהוּא נְהוֹרָא חִוְּורָא דִלְעֵילָא הֲוָה דְּלָא שָׁצֵי וְלָא אָכִיל.

תָּא חֲזֵי, לֵית לֵיהּ אִתְעֲרוּתָא לְאִתְדַּלְּקָא הַאי נְהוֹרָא תִּכְלָא לְאִתְאַחֲדָא בִּנְהוֹרָא חִוְּורָא, אֶלָּא עַל יְדֵי יִשְׂרָאֵל דְּאִנּוּן מִתְדַּבְּקָן בֵּיהּ תְּחוֹתוֹי.

וְתָּא חֲזֵי, אַף עַל גַּב דְּאָרְחֵיהּ דְּהַאי נְהוֹרָא תִּכְלָא אוּכְמָא לְשֵׁיצָאָה כָּל מַה דְּאִתְדָּבַּק בֵּיהּ תְּחוֹתוֹי. יִשְׂרָאֵל מִתְדַּבְּקָן בֵּיהּ תְּחוֹתוֹי וְקָיְימָן בְּקִיּוּמָא הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (דברים ד׳:ד׳) וְאַתֶּם הַדְּבֵקִים בַּיְיָ אֱלהֵיכֶם חַיִּים. בַּיְיָ אֱלהֵיכֶם וְלָא אֱלהֵינוּ (אלא ביי אלהיכם). בְּהַהוּא נְהוֹרָא תִּכְלָא אוּכְמָא דְּאָכִיל וְשָׁצֵי כָּל מַה דְּאִתְדָּבַּק בֵּיהּ תְּחוֹתֵיהּ. וְאַתּוּן מִתְדַּבְּקָן בֵּיהּ וְקָיְימֵי. דִּכְתִיב חַיִּים כֻּלְּכֶם הַיּוֹם.

וְעַל נְהוֹרָא חִוְּורָא, שַׁרְיָיא לְעֵילָא נְהוֹרָא סְתִימָא דְּאַקִּיף לֵיהּ. וְרָזָא עִלָּאָה הָכָא. וְכֹלָּא תִשְׁכַּח בְּשַׁלְהוֹבָא דְּסָלִיק וְחָכְמְתִין דְּעֶלְיוֹנִין בֵּיהּ. אֲתָא רַבִּי פִּנְחָס וּנְשָׁקֵיהּ. אָמַר בְּרִיךְ רַחֲמָנָא דְּאִיעַרְעָנָא הָכָא. אֲזְלוּ עִמֵּיהּ דְּרַבִּי פִּנְחָס תְּלַת מִילִין.

אֲהַדְּרוּ רַבִּי שִׁמְעוֹן וְחַבְרַיָיא. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן הָא דְּאֲמָרָן רָזָא דְחָכְמְתָא אִיהוּ בְּיִחוּדָא קַדִּישָׁא. דִּבְגִין כָּךְ ה''א בַּתְרָאָה דִּשְׁמָא קַדִּישָׁא אִיהוּ נְהוֹרָא תִּכְלָא אוּכְמָא דְּאִתְאֲחִיד בְּיה''ו דְּהוּא נְהוֹרָא חִוְּורָא דְּנָהִיר.

תָּא חֲזֵי, לְזִמְנִין הַאי נְהוֹרָא תִּכְלָא ד'. וּלְזִמְנִין ה'. אֶלָּא בְּזִמְנָא דְּלָא מִתְדַּבְּקָן בֵּיהּ יִשְׂרָאֵל לְתַתָּא לְאַדְלָקָא לֵיהּ לְאִתְאַחֲדָא בִּנְהוֹרָא חִוְּורָא, אִיהוּ ד'. וּלְזִמְנָא דְּמִתְעָרֵי לֵיהּ לְאִתְחַבְּרָא עִם נְהוֹרָא חִוְּורָא כְּדֵין אִקְרֵי ה'. מְנָלָן דִּכְתִיב, (דברים כ״ב:כ״ג) כִּי יִהְיֶה נַעֲרָה בְּתוּלָה, נַעַר כְּתִיב בְּלָא ה'. מַאי טַעְמָא בְּגִין דְּלָא אִתְחַבְּרַת בִּדְכוּרָא. וּבְכָל אֲתַר דְּלָא אִשְׁתַּכְּחוּ דְּכַר וְנוּקְבָא, ה''א לָא אִשְׁתְּכַח וְסָלְקָא מִתַּמָּן וְאִשְׁתָּאַר ד'.

דְּהָא אִיהִי כָּל זִמְנָא דְּאִתְחַבַּר בִּנְהוֹרָא חִוְּורָא דְּנָהִיר אִקְרֵי ה'. דְּהָא כְּדֵין כֹּלָּא אִתְחַבַּר כְּחֲדָא. אִיהִי אִתְדַּבְּקַת בִּנְהוֹרָא חִוְּורָא, וְיִשְׂרָאֵל מִתְדַּבְּקָן בָּהּ (ד''א ל''ג לתתא) וְקַיְימָא תְּחוֹתָהּ לְאַדְלָקָא לָהּ. וּכְדֵין כֹּלָּא חַד. וְדָא הוּא רָזָא דְקָרְבָּנָא. דִּתְנָנָא דְּסָלִיק אַתְעַר לֵיהּ לְהַאי נְהוֹרָא תִּכְלָא לְאַדְלָקָא. וְכַד אִתְדְּלַק אִתְחַבַּר
(Ⅰ)

*****

[51b]  
[...] à la lumière blanche qui est au-dessus d’elle, de sorte que la chandelle brille alors avec une parfaite unité. Et comme c’est dans la nature de cette lumière de couleur bleue de consumer le corps qui est au-dessous d’elle, elle descend également pour consumer le sacrifice déposé sur l’autel, ainsi qu’il est écrit (III Rois, XVIII, 38) : « Et le feu du Seigneur tomba et consuma l’offrande. » C’est alors que l’on sait que la lumière brille dans une parfaite union ; car, du moment qu’elle consume au-dessous d’elle la graisse des sacrifices et des holocaustes, il est certain qu’elle est unie, à. sa partie supérieure, à la lumière blanche, attendu qu’elle ne consume rien Au-dessous d’elle qu’autant qu’elle est unie à la lumière qui est au-dessus d’elle. Après que cette flamme a consumé les holocaustes, les cohanites, les lévites et les laïcs s’unissent à elle dans le chant des hymnes, dans la méditation et dans la prière, et, l’union du monde d’en haut et de celui d’en bas ainsi obtenue, l’en-haut et l’en-bas sont bénis.
Tel est le sens des paroles de l’Écriture : « Et vous vous attachez au Seigneur votre Dieu, et vous êtes conservés en vie jusqu’aujourd’hui. » Pourquoi l’Écriture dit-elle «et vous» (veathem), au lieu de dire « vous » (athem) ? C’est pour accentuer par-là, l’antithèse qui est formée par Israël ; les holocaustes sont consumés dès que la flamme de couleur bleue les touche, alors qu’Israël est attaché à cette même flamme ; et pourtant il est conservé en vie jusqu’aujourd’hui. Toutes les couleurs vues en songe, sont d’un bon présage, excepté la couleur bleue, parce que, ainsi que nous venons de le dire, elle consume le corps qui est au-dessous d’elle. C’est l’arbre de la mort qui couvre le monde ; et c’est précisément parce que le monde est situé au-dessous de cet arbre que tout y est consumé. Mais, dira-t-on peut-être, il y a pourtant en haut également des êtres célestes qui sont au-dessous de cette flamme de couleur bleue et qui pourtant ne sont pas consumés ? A ceci nous répondrons ce qui suit : Remarquez que les êtres d’en haut sont tous compris dans cette lumière même, étant d’une essence céleste, alors que les êtres d’en bas sont d’une essence différente ; ils sont à cette flamme ce que la chandelle est à la lumière.
Remarquez (36) que tout l’espace est divisé en quarante-cinq parties, dont chacune présente une couleur différente. Ces sept couleurs différentes sont celles qui, frappant de leurs rayons les pierres des sept abîmes, en font ressortir l’eau ; car c’est l’air de couleur blanche qui se métamorphose en eau. La lumière et les ténèbres sont les seules qui forment l’air et l’eau ; la matière constitutive unie avec la lumière forme l’air ; unie avec les ténèbres, elle forme l’eau. En quittant sa source, la lumière se dirige par soixante-quinze canaux vers le monde matériel. A l’entrée de la lumière à chacun de ces canaux, une voix retentit qui fait trembler l’abîme ; cette voix fait entendre ces paroles : « Partage-toi, matière, pour que la lumière pénètre en toi », ainsi qu’il est écrit (Ps. , XLI, 8) : « Un abîme appelle l’autre abîme au bruit des canaux (37). » Au-dessous de ces canaux, il y a trois cent soixante-cinq rigoles, dont une, partie est de couleur blanche, une autre de couleur noire et une troisième de couleur rouge. Ces rigoles sont divisées en dix-sept classes, dont chacune présente la forme d’un réseau. Deux de ces réseaux ont l’aspect du fer, et deux autres celui du cuivre. Aux deux extrémités de l’espace, se trouvent deux trônes qui sont constamment en communication entre eux à l’aide des canaux et des rigoles qui vont de l’un à l’autre. Chacun de ces trônes forme un ciel dont l’un est situé du côté droit et l’autre du côté gauche ; celui du côté droit est de couleur noire et celui du côté gauche est multicolore. [...]

בִּנְהוֹרָא חִוְּורָא וּשְׁרַגָּא דָּלִיק בְּיִחוּדָא חַד.

וּבְגִין דְּאָרְחֵיהּ דְּהַאי נְהוֹרָא תִּכְלָא לְשֵׁיצָאָה וּלְמֶהוֵי אָכִיל כָּל מַה דְּאִתְדָּבַּק בֵּיהּ תְּחוֹתֵיהּ. כַּד רַעֲוָא אִשְׁתַּכַּח וּשְׁרַגָּא דָּלִיק בְּחִבּוּרָא חַד כְּדֵין כְּתִיב, (מלכים א י״ח:ל״ח) וַתִּפּוֹל אֵשׁ ה' וַתֹּאכַל אֶת הָעוֹלָה וְגו'. וּכְדֵין אִתְיְידַע דְּהַהִיא שְׁרַגָּא דָּלִיק בְּחִבּוּרָא חַד וְקִשּׁוּרָא חַד. נְהוֹרָא תִּכְלָא אִתְדַּבָּק בִּנְהוֹרָא חִוְּורָא וְאִיהוּ חַד. אָכִיל תְּחוֹתֵיהּ תַּרְבִּין וְעִלַּוָּון. דְּמַשְׁמַע דְּהָא לָא אָכִיל (נ''א ואיהו ועלוון דהא לא אכיל) תְּחוֹתֵיהּ, אֶלָּא בְּזִמְנָא דְאִיהוּ סָלִיק (נ''א דליק) וְכֹלָּא אִתְקַשַּׁר וְאִתְחַבַּר בִּנְהוֹרָא חִוְּורָא. וּכְדֵין שְׁלָמָא דְּעָלְמִין כֻּלְהוּ, וְכוֹלָּא אִתְקַשַּׁר בְּיִחוּדָא חַד.

וּלְבָתַר דְּסִיֵּים לְשֵׁיצָאָה תְּחוֹתֵיהּ הַאי נְהוֹרָא תִּכְלָא, מִתְדַּבְּקָן בֵּיהּ תְּחוֹתֵיהּ כַּהֲנֵי וְלֵיוָאֵי וְיִשְׂרָאֵל. אִלֵּין בְּחֶדְוָה דְשִׁיר. וְאִלֵּין בִּרְעוּתָא דְלִבָּא וְאִלֵּין בִּצְלוֹתָא. וְשָׁרְגָּא דָּלִיק עֲלַיְיהוּ. וְאִתְדַּבְּקוּ נְהוֹרִין כְּחַד וּנְהִירִין עָלְמִין וּמִתְבָּרְכִין עִלָּאִין וְתַתָּאִין.

וּכְדֵין וְאַתֶּם הַדְּבֵקִים בַּיְיָ אֱלהֵיכֶם חַיִּים כֻּלְּכֶם הַיּוֹם. וְאַתֶּם, אַתֶּם מִבָּעֵי לֵיהּ. אֶלָּא ו' לְאוֹסָפָא עַל תַּרְבִּין וְעִלַּוָּון דְּאִנּוּן מִתְדַּבְּקִין בֵּיהּ וְאָכְלִין וְשָׁצָאן. וְאַתּוּן מִתְדַּבְּקָן בֵּיהּ בְּהַהוּא נְהוֹרָא תִּכְלָא אוּכְמָא דְאָכְלָא וְאַתּוּן קַיָּמִין הֲדָא הוּא דִכְתִיב חַיִּים כֻּלְּכֶם הַיּוֹם. (ס''א ותכלת וארגמן), כָּל גְּוָונִין טָבִין לְחֶלְמָא, בַּר מִתִּכְלָא דְּאִיהוּ אָכִיל וְשָׁצֵי תָּדִיר. וְאִיהוּ אִילָנָא דְּבֵיהּ מוֹתָא וְשַׁרְיָא עַל עָלְמָא תַּתָּאָה. וּבְגִין דְכֹלָּא שָׁרְיָא תְּחוֹתֵיהּ אִיהוּ אָכִיל וְשָׁצֵי.

וְאִי תֵימָא הָכִי נָמֵי שָׁרְיָא בִּשְׁמַיָא לְעֵילָא וְכַמָּה חַיָּלִין אִנּוּן לְעֵילָא וְכֻלְהוּ (שצי ואכיל) קָיְימֵי. תָּא חֲזֵי, כָּל אִנּוּן דִּלְעֵילָא בְּהַהוּא נְהוֹרָא תִּכְלָא אִתְכַּלְּלָן. אֲבָל תַּתָּאֵי לָאו הָכִי דְּאִנּוּן מִלָּה גַּסָּה עָלְמָא (נ''א אחרא לתתא על מה) דְּקָיְימָא וְשָׁרְיָא עֲלֵיהּ. וּבְגִין כָּךְ אָכִיל וְשָׁצֵי לוֹן. וְלֵית לָהּ מִלָּה אָחֳרָא לְתַתָּא בְּעָלְמָא דְּלָא אִשְׁתְּצֵי. בְּגִין דִּנְהוֹרָא תִּכְלָא שָׁצֵי לְכָל מַה דְּקָיְימָא עֲלֵיהּ.

בְּאַרְבְּעִין וְחָמֵשׁ גַּוְונֵי זִינֵי נְהוֹרִין אִתְפְּלִיג עָלְמָא. שִׁבְעָה מִתְפַּלְּגִין לְשִׁבְעָה תְּהוֹמִין. כָּל חַד בָּטַשׁ בִּתְהוֹמָא דִילֵיהּ וְאֲבָנִין מִתְגַּלְגְּלִין בְּגוֹ תְּהוֹמָא. וְעָיִיל הַהוּא נְהוֹרָא בְּאִנּוּן אֲבָנִין וּנְקַב לוֹן. וּמַיָא נָפְקוּ בְּהוּ וְשָׁקְעִין כָּל חַד וְחַד עַל תְּהוֹמָא וְחַפְיָיא לִתְרֵין סִטְרִין.

נָפְקוּ מַיָא בְּאִנּוּן נוּקְבִין וְעָאל נְהוֹרָא וּבָטַשׁ לְאַרְבַּע סִטְרֵי תְהוֹמָא. מִתְגַּלְגְּלָא נְהוֹרָא בַּחֲבֶרְתָּהּ וְאִעָרְעוּ בְּחַד וּפַלְגִין מַיִין וְאֲחִידָן כָּל אִנּוּן שִׁבְעָה בְּשִׁבְעָה תְּהוֹמֵי. וְכָרָאן (ס''א שראן) בַּחֲשׁוֹכֵי תְהוֹמָא. וְחֲשׁוּכֵי אִנּוּן אִתְעָרְבֵי בְּהוֹן. וְסָלְקִין מַיָא וְנָחֲתִין וּמִתְגַלְגְּלִין בְּאִנּוּן נְהוֹרִין. וְאִתְעָרְבוּ כְּחֲדָא נְהוֹרִין וַחֲשׁוֹכִין וּמַיִין וְאִתְעֲבִידוּ מִנַּיְיהוּ נְהוֹרִין דְּלָא אִתְחַזָּאן חֲשׁוֹכָאן.

בָּטַשׁ כָּל חַד בְּחַבְרֵיהּ. וּמִתְפַּלְּגִין לְשִׁבְעִין וְחָמֵשׁ צִנוֹרֵי תְּהוֹמָא וּבְהוּ נָגְדָן מַיָא. כָּל צִנּוֹרָא וְצִנּוֹרָא סָלִיק בְּקָלֵיהּ (ואתזעזען) וְאִזְדַּעְזְעָן תְּהוֹמִין. וְכַד הַהוּא קָלָא אִשְׁתְּמַע, כָּל תְּהוֹמָא קָרֵי לְחַבְרֵיהּ וְאָמַר פַּלִּיג מֵימָךְ וְאֵעוּל בָּךְ. הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (תהילים מ״ב:ח׳) תְּהוֹם אֶל תְּהוֹם קוֹרֵא לְקוֹל צִנּוֹרֶיךָ.

תְּחוֹת אִלֵּין תְּלַת מְאָה (נ''א ושתין) וּתְמָנִין (וחמשה) גִּידִין. מִנְהוֹן חִוְּורִין מִנְהוֹן אוּכְמִין מִנְהוֹן סוּמְקִין. אִתְכְּלִילוּ דָּא בְּדָא וְאִתְעֲבִידוּ גַּוָּון חָד. אִנּוּן גִּידִין אִתְרְקִימוּ בִּשְׁבַע עֶשְׂרֵה רְשָׁתוֹת. וְכָל חַד רֶשֶׁת גִּידִין אִקְרֵי (אתקיימו) אִתְרְקִימוּ דָּא בְּדָא וְנַחֲתִין בְּשִׁפּוּלֵי תְּהוֹמֵי. תְּחוֹת אִלֵּין. תְּרֵין רִשְׁתִּין קָיְימִין כְּחֵיזוּ דְּפַרְזְלָא. וּתְרֵין רִשְׁתִּין אָחֳרָנִין כְּחֵיזוּ דִּנְחָשָׁא.

תְּרֵין כָּרְסְוָון קָיְימֵי עֲלַיְיהוּ חַד מִיָּמִינָא וְחַד מִשְּׂמָאלָא. כָּל אִנּוּן רִשְׁתִין מִתְחַבְּרָן כְּחֲדָא וּמַיִין נָחֲתִין מֵאִנּוּן צִנּוֹרִין וְעָאלִין בְּאִלֵּין רִשְׁתִּין. אִנּוּן תְּרֵי כָּרְסְוָון חַד כֻּרְסְיָיא דִרְקִיעָא אוּכְמָא, וְחַד כֻּרְסְיָיא דִּרְקִיעָא סַסְגוֹנָא. אִלֵּין תְּרֵין כָּרְסְוָון כַּד אִנּוּן סָלְקִין סָלְקִין (בחד) בְּהַהוּא כֻּרְסְיָיא דִּרְקִיעָא אוּכְמָא. וְכַד נָחֲתִין נָחֲתִין בְּהַהוּא כֻּרְסְיָיא דִּרְקִיעָא סַסְגוֹנָא.

אִלֵּין תְּרֵין כָּרְסְוָון חַד מִיָּמִינָא וְחַד מִשְּׂמָאלָא. וְהַהוּא כֻּרְסְיָיא דִּרְקִיעָא אוּכְמָא מִיָּמִינָא. וְהַהוּא כֻּרְסְיָיא דִּרְקִיעָא סַסְגוֹנָא מִשְּׂמָאלָא.
(Ⅰ)

*****

[52a]  
[...] Comme la lumière va d’un trône à l’autre, il s’ensuit, que chaque fois que la lumière d’un trône est parvenue à l’autre, par la voie d’un des canaux mentionnés, elle retourne auprès du premier trône pour y puiser une nouvelle force. Ainsi, la lumière va, par certains canaux, du trône droit au trône gauche, et retourne, par certains autres canaux, du trône gauche au trône droit : tel le sang des veines du corps humain. Le sang monte au cœur par certaines veines et en ressort par d’autres. Telle est l’image de cette région de l’espace formant sept couleurs différentes ; ces sept couleurs constituent le mystère suprême. Sept autres lumières sont divisées en sept mers qui, toutes, aboutissent à une seule grande mer. Cette dernière est la mer suprême où sont concentrées les sept autres. Les sept lumières dont il était parlé, tombent dans cette grande mer et se séparent ensuite en sept, pour correspondre au nombre des sept mers qui forment autant de branches de la grande, ainsi qu’il est écrit (Is. , XI, 15) : « Il le frappera dans ses sept branches. » (38)
Chacune des sept branches se subdivise en sept étangs, chaque étang en sept rivières (39), et chaque rivière en sept ruisseaux. Il résulte de ce qui précède que les eaux de la grande mer, de ses branches, des sept étangs, des sept rivières et des sept ruisseaux sont en contact. Un grand poisson (40), émanant du côté gauche, parcourt toutes ces voies d’eau. Ses écailles sont aussi solides que le fer ; une flamme s’échappe de sa bouche qui consume tous ceux qu’il rencontre sur sa route ; et sa langue est effilée comme une épée. Tous ses efforts tendent à pénétrer dans le sanctuaire, qui est la grande mer, pour y souiller la sainteté, y éteindre les lumières et faire en sorte que les eaux de la grande mer, une fois gelées, ne puissent plus se déverser dans ses embranchements. Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Gen. , III, 1) : « Et le serpent était le plus fin des animaux que Jéhovah Élohim avait formés sur la terre. » Le mauvais serpent voulait arriver à son but, à souiller la sainteté d’en haut en commençant à souiller l’homme ici-bas. Connaissant la ramification de toutes les voies d’eau, il comprit qu’en rendant amère l’eau du ruisseau ce fait se répercuterait jusqu’aux eaux de la grande mer.
C’est pourquoi il allait séduire l’homme ici-bas, afin de couper les ramifications des voies inférieures avec les voies supérieures. Ce serpent a amené la mort au monde ; il émane du côté gauche ; il sut s’introduire furtivement dans l’intérieur (41) de l’homme. Mais il y a un autre serpent qui émane du côté droit. Tous les deux serpents accompagnent l’homme durant sa vie. L’Écriture dit : «... De tous les animaux que Jéhovah Élohim avait formés sur la terre. » Car tous les animaux de la terre ne sont pas doués de tant de ruse pour arriver à nuire à l’homme, ainsi que l’a fait le serpent, parce qu’il constitue la gangue de l’or. Malheur à celui qui se laisse entraîner par le serpent, car il causera sa perte ainsi que celle de ses successeurs, ainsi que cela est arrivé.
Adam s’est laissé entraîner par le serpent, parce qu’il voulait connaître tous les secrets d’ici-bas (42). Le serpent, en lui montrant tous les plaisirs du monde, s’est attaché à lui et a causé la mort pour lui et pour toutes les générations qui lui succéderont. Jusqu’au jour où Israël était placé au pied du mont Sinaï, la souillure du serpent n’a pas disparu du monde. Que dit l’Écriture lorsqu’Adam et Ève ont péché en s’attachant à l’arbre de la mort. L’Écriture (Gen. , III, 8) dit : « Et ils entendirent la voix de Jéhovah Élohim qui fut promené dans le Jardin. » L’Écriture ne dit pas « qui se promenait» (mehalekh), mais « qui fut promené » (mithkalekh).
Remarquez que, tant qu’Adam n’avait pêché, il était placé sur le degré de la « Sagesse éternelle » (Hocmâ), qui constitue la lumière suprême. Il ne fut jamais détaché de l’arbre de la vie ; mais aussitôt qu’il a été séduit par le plaisir de connaître tous les secrets d’ici-bas, il s’était tellement abaissé qu’il s’est détaché de « l’arbre de la vie» ; il est parvenu à connaître le Mal, mais il a abandonné le Bien.
C’est pourquoi l’Écriture dit (Ps. , V, 5) : « Tu n’es pas un Dieu qui approuve l’iniquité ; le Malin ne demeurera point [...]

כַּד סָלְקִין בְּכֻּרְסְיָיא דִרְקִיעָא אוּכְמָא, מָאִיךְ כֻּרְסְיָיא דִּרְקִיעָא שְׂמָאלָא וְנָחֲתִין בֵּיהּ.

מִתְגַּלְגְּלִין כָּרְסְוָון חַד בְּחַד (ס''א נחתי ונקטין) נָקְטִין כָּל אִנּוּן רִשְׁתִּין בְּגַוַויְיהוּ וְעָאלִין לוֹן בְּשִׁפּוֹלָא דִּתְהוֹמָא תַּתָּאָה. קָאִים חַד כֻּרְסְיָיא וְסָלִיק לְעֵילָא מִכָּל אִנּוּן תְּהוֹמֵי. וְקָאִים כֻּרְסְיָיא אָחֳרָא לְתַתָּא דְּכָל תְּהוֹמֵי. בֵּין תְּרֵין כָּרְסְוָון אִלֵּין מִתְגַּלְגְּלִין כָּל אִנּוּן תְּהוֹמֵי. וְכָל אִנּוּן צִנּוֹרִין אִתְנְעָצוּ בֵּין תְּרֵין כָּרְסְוָון אִלֵּין.

שִׁבְעִין וְחָמֵשׁ (ד''א ל''ג נהורין) צִנּוֹרִין אִנּוּן. שִׁבְעָה אִנּוּן עִלָּאֵי דְּכֹלָּא. וְכָל אִנּוּן אָחֳרָנִין אֲחִידָן בְּהוּ. וְכֻלְהוּ נְעִיצֵי בְּגַלְגְּלוֹי דְּהַאי כֻּרְסְיָיא בְּסִטְרָא דָא. וּנְעִיצִין בְּגַלְגְּלוֹי דְהַאי כֻּרְסְיָיא בְּסִטְרָא דָא.

בְּהוֹן מַיִין (נ''א בתהומיא) סָלְקִין וְנַחֲתִין. אִנּוּן דְּנַחֲתִין כָּרָאן בִּתְהוֹמֵי וּבָקְעֵי לוֹן. אִנּוּן דְּסָלְקִין עִלָּאִין בְּאִנּוּן נוּקְבֵי אַבְנִין וְסָלְקִין וּמַלְיָין לִשְׁבַע יַמִּין. עַד כָּאן שִׁבְעָה גְּוָונֵי נְהוֹרִין בְּרָזָא עִלָּאָה.

שִׁבְעָה נְהוֹרִין אָחֳרָנִין מִתְפַּלְּגִין לְשִׁבְעָה יַמִּים. וְיַמָּא חַד כָּלִיל לוֹן. הַהוּא יַמָּא חָד, אִיהוּ יַמָּא עִלָּאָה דְּכֻלְהוּ שְׁבַע יַמִין כְּלִילָן בֵּיהּ. שִׁבְעָה נְהוֹרִין אִלֵּין עָאלִין לְגוֹ הַהוּא יַמָּא וּמָחָאן לֵיהּ לְיַמָּא (לשבעין) לְשִׁבְעָה סִטְרִין. וְכָל סִטְרָא וְסִטְרָא אִתְפְּלַג לְשִׁבְעָה נַחֲלִין. כְּדִכְתִיב, (ישעיהו י״א:ט״ו) וְהִכָּהוּ (שמות רמב ב) לְשִׁבְעָה נְחָלִים וְגו' וְכָל נַחֲלָא וְנַחֲלָא אִתְפְּלַג לְשִׁבְעָה נְהָרִין. וְכָל נַהֲרָא וְנַהֲרָא אִתְפְּלַג לְשִׁבְעָה אָרְחִין. וְכָל אוֹרְחָא וְאוֹרְחָא אִתְפְּלַג לְשִׁבְעָה שְׁבִילִין. וְכָל מֵימוֹי דְיַמָּא כֻּלְהוֹן עָאלִין לְגַוַּויְהוּ.

שִׁבְעָה נְהוֹרִין סָלְקִין וְנָחֲתִין לְשִׁבְעָה סִטְרִין. שִׁבְעָה נְהוֹרִין עִלָּאִין עָאלִין לְגוֹ יַמָּא. שִׁתָּא אִנּוּן וּמֵחַד עִלָּאָה נָפְקֵי. כְּמָה דְּנָטִיל יַמָא הָכִי פָּלִיג מֵימוֹי לְכָל אִנּוּן יַמִּין. לְכָל אִנּוּן נְהָרִין. חַד תַּנִינָא לְתַתָּא בִּסְטַר שְׂמָאלָא שָׁאַט בְּכָל אִנּוּן נְהָרִין אָתֵי בִּסְטַר קַשְׂקְשׂוֹי כֻּלְהוֹן תַּקִּיפִין כְּפַרְזְלָא וּמָטֵי לְשָׁאֲבָא וְשָׁאִיב אַתְרָהּ. וְכָל אִנּוּן נְהוֹרִין אִתְחַשְׁכָן קַמֵּיהּ. פּוּמֵיהּ וְלִישְׁנֵיהּ מְלַהֲטָא אֶשָׁא (חדוד דלישניה) חָדוּד לִישְׁנִיהּ כְּחַרְבָּא תַּקִּיפָא.

עַד דְּמָטֵי לְמֵיעַל לְמַקְדְּשָׁא גּוֹ יַמָּא וּכְדֵין סָאִיב מַקְדְּשָׁא וְאִתְחַשְּׁכָן נְהוֹרִין. וּנְהוֹרִין עִלָּאִין סָלְקִין מִן יַמָא. כְּדֵין יַמָּא מִתְפַּלְגִין מֵימוֹי בִּסְטַר שְׂמָאלָא וְיַמָּא קָאפֵי וְלָא נָגְדִין מֵימוֹי. וְעַל דָּא רָזָא דְמִלָּה כְּמָה דִכְתִיב וְהַנָּחָשׁ הָיָה עָרוּם מִכָּל חַיַּת הַשָּׂדֶה אֲשֶׁר עָשָׂה יְיָ אֱלהִים. רָזָא דְחִוְיָא בִישָׁא נָחִית מֵתַתָּא לְעֵילָא (ס''י מעילא לתתא) וְהוּא שָׁאַט עַל אַפֵּי מַיִין מְרִירָן. וְנָחִית לְאַפְתֵּי לְתַתָּא עַד דְּיִפְּלוּן גּוֹ רִשְׁתּוֹי.

הַאי חִוְיָא הִיא מוֹתָא דְעָלְמָא. וְהוּא עָאל בְּמֵעוֹי דְּסָתִים דְּבַר נָשׁ, הוּא לִסְטַר שְׂמָאלָא. וְאִית חִוְיָא אַתְרָא דְחַיֵּי בִּסְטַר יָמִינָא. תַּרְוַויְיהוּ אָזְלֵי עִמֵּיהּ דְּבַר נָשׁ. כְּמָה דְּאוּקְמוּהָ.

מִכָּל חַיַּת הַשָּׂדֶה דְּהָא כָּל שְׁאָר חֵיוָן דְּחַקְלָא לֵית בְּהוּ חַכִּים לְאַבְאָשָׁא כְּהַאי. בְּגִין דְּאִיהוּ זוּהֲמָא דְדַהֲבָא. וַוי לְמַאן דְּאִתְמְשִׁיךְ אֲבַתְרֵיהּ. דְּאִיהוּ גָרִים לֵיהּ מוֹתָא וּלְכָל דְּאַתְיָין אֲבַתְרֵיהּ. וְהָא אוּקְמוּהָ. אָדָם אִמְשִׁיךְ אֲבַתְרֵיהּ לְתַתָּא וְנָחִית לְמִנְדַע בְּכָל מַה דִּלְתַתָּא. כְּמָה דְּנָחִית, הָכִי אִתְמְשִׁיךְ רְעוּתֵיהּ וְאָרְחוֹי אֲבַּתְרַיְיהוּ עַד דְּמָטִין לְהַאי חִוְיָא וְחָמוּ תֵּיאוּבְתֵּיהּ דְּעָלְמָא וְשָׁטוּ אָרְחוֹי בְּאֲתַר דָּא. כְּדֵין קָם וְאִתְמְשִׁיךְ אִיהוּ אֲבַּתְרַיְיהוּ דְּאָדָם וְאִתְּתֵיהּ וְאִתְדָּבַּק בְּהוּ וְגָרִים לְהוּ מוֹתָא וּבְכָל דָּרֵי דְּאָתוּ אֲבַתְרֵיהּ. עַד דְּמָטוּ יִשְׂרָאֵל לְטוּרָא דְסִינַי לָא פָּסַק זוּהֲמָא דִילֵיהּ מֵעָלְמָא. וְהָא אִתְּמָר. כֵּיוָן דְּחָטוּ וְאִתְדַּבְּקוּ בְּאִילָנָא דְּשָׁרְיָא בֵּיהּ מוֹתָא לְתַתָּא. מַה כְּתִיב וַיִּשְׁמְעוּ אֶת קוֹל יְיָ אֱלהִים מִתְהַלֵּךְ בַּגָּן. מְהַלֵּךְ אֵין כְּתִיב כָּאן. אֶלָּא מִתְהַלֵּךְ.

תָּא חֲזֵי, עַד לָא חָטָא אָדָם, הֲוָה סָלִיק וְקָאִים בְּחָכְמָה דִנְהִירוּ עִלָּאָה. וְלָא הֲוָה מִתְפָּרֵשׁ מֵאִילָנָא דְחַיֵּי. כֵּיוָן דְּאַסְגֵי תִּיאוּבְתָּא לְמִנְדַע וּלְנַחֲתָא לְתַתָּא, אִתְמְשַׁךְ אֲבַּתְרַיְיהוּ, עַד דְּאִתְפְּרַשׁ מֵאִילָנָא דְחַיֵּי. וְיָדַע רָע וְשָׁבַק טוֹב. וְעַל דָּא כְּתִיב (תהילים ה׳:ה׳) כִּי לא אֵל חָפֵץ רֶשַׁע אַתָּה לא יְגוּרְךָ
(Ⅰ)

*****

[52b]  
[...] près de toi. » L’Écriture veut dire que, quiconque se laisse entraîner par le Malin, ne peut pas cohabiter avec «l’arbre de la vie». Tant (43) qu’Adam et Ève n’avaient point péché, ils entendaient la voix céleste, ils connaissaient le mystère suprême de la « Sagesse éternelle », ils étaient entourés de la splendeur d’en haut et n’avaient aucune crainte (44). Mais aussitôt qu’ils ont péché, ils devinrent capables d’entendre même la voix d’ici-bas. De même, avant qu’Israël n’ait péché, il était épuré de l’infection du serpent dès le moment où il était placé au pied du mont Sinaï (45) ; car, dès ce jour, l’esprit tentateur disparut du monde. A cette époque, Israël s’était uni de nouveau à l’ « arbre de la vie » ; il monta toujours en haut et ne descendit jamais en bas ; il vit les splendeurs célestes, et il jouit de leurs lumières ; il éprouva cette joie qui remplit le cœur de tous ceux qui désirent connaître et entendre les mystères suprêmes.
Le Saint, béni soit-il, l’entoura d’une cuirasse formée des lettres de son nom sacré, afin que le serpent ne puisse plus s’attacher à lui et le souiller, comme il l’avait fait auparavant. Mais dès qu’Israël a péché en adorant le veau d’or, il fut rejeté de l’échelle sur laquelle il s’était trouvé et privé de la cuirasse formée des lettres du nom sacré. Aussitôt le mauvais serpent s’attacha à lui comme avant, et amena de nouveau la mort dans le monde. Et, après le chapitre du péché, L’Écriture ajoute (Ex. , XXXIV, 30) : « Et Aaron et tous les enfants d’Israël voyaient que le visage de Moïse jetait des rayons, et ils craignirent de s’approcher de lui. » Avant, l’Écriture (Ex. , XIV, 31) disait : « Et Israël vit la main puissante du Seigneur », ce qui veut dire qu’Israël a pu contempler la splendeur céleste et jouir de la vue des lumières suprêmes, ainsi qu’il est écrit (Ex. , XX, 18) : « Et tout le peuple entendit les tonnerres et le son de la trompette et voyait les lampes ardentes (46). » M
ais aussitôt. qu’Israël a péché, il devint incapable de contempler même le visage de l’intermédiaire, ainsi qu’il est écrit (Ex. , XXXIV, 20) : « Et ils craignirent de s’approcher de lui. » Remarquez ce que l’Écriture dit d’Israël lorsqu’il a péché (Ex. , XXXIII, 6) : « Les enfants d’Israël quittèrent leurs ornements de la montagne d’Horeb. » Par « la montagne d’Horeb » l’Écriture entend « le mont Sinaï » ; et l’Écriture veut dire qu’au moment du péché, Israël fut dépouillé de cette cuirasse qui était son ornement et dont Dieu l’avait pourvu au mont Sinaï, afin qu’il fût à l’abri des attaques du mauvais serpent. Que dit l’Écriture après qu’Israël a été dépouillé de cette cuirasse ? L’Écriture (Ex. , XXXIII, 7) dit : « Et Moïse prit le tabernacle, le dressa bien loin hors du camp, et l’appela le tabernacle de l’alliance (moëd). » Rabbi Éléazar demanda : Quel rapport y a-t-il entre ce verset et la cuirasse dont Israël fut dépouillé ? Voici le rapport entre ces deux faits : Aussitôt que Moïse s’aperçut qu’Israël était dépouillé de la cuirasse dont le ciel l’avait pourvu pour le mettre à l’abri des atteintes du mauvais serpent, il se dit : il est certain que le mauvais serpent élira désormais domicile parmi Israël ; et si le tabernacle restait aussi dans le camp, le serpent le souillerait.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Et Moïse prit le tabernacle, le dressa bien loin hors du camp, et l’appela le tabernacle de l’alliance (moëd). » Le tabernacle ne portait-il donc ce nom même avant d’être déplacé hors du camp ? Non ; avant il ne portait que le nom de tabernacle ; et ce n’est qu’après avoir été transféré hors du camp, qu’il prit le nom de « tabernacle de moëd» (alliance). Que signifie « moëd» ? Les opinions de Rabbi Éléazar et de Rabbi Abba sont divergentes au sujet de l’interprétation de ce mot. Selon Rabbi Éléazar, ce mot signifie quelque chose de bien, à savoir « la fête» ; car, de même que la fête désignée par le mot «moëd » (47) a lieu le jour de pleine lune, c’est-à-dire, le jour où cet astre apparaît à nos yeux pleine sans aucune échancrure, de même le tabernacle prit alors le nom de «moëd», parce qu’il était plein, c’est-à-dire parce que le serpent n’a pas pu parvenir désormais à le souiller et à y produire ainsi une échancrure.
C’est pour cette raison que Moïse lui donna le nom de « tabernacle de moëd». Selon Rabbi Abba, au contraire, ce mot désigne quelque chose de mal ; car, précédemment, le sanctuaire portait simplement le nom de « tabernacle», ainsi qu’il est écrit (Is. , XXXIII, 20) : «Tes yeux verront Jérusalem comme une demeure comblée de richesses, comme une tente qui ne sera point transportée ailleurs, et dont les pieux qui l’affermissent en terre ne s’arracheront jamais. ». Ainsi, le tabernacle a été primitivement établi pour durer toujours et pour accorder au monde ce dont il a besoin, c’est-à-dire pour procurer aux hommes la vie éternelle, en enchaînant la mort pour toujours. Mais, après le péché d’Israël, le tabernacle a pris le nom de « moëd », mot qui signifie « époque déterminée», ainsi qu’il est écrit (Job, XXX, 23) : « Je sais que tu me livreras à la mort où est marqué (moëd) la maison de tous ceux qui vivent. » Car, à partir de ce moment, le tabernacle n’était plus à même de procurer la vie éternelle ; il ne pouvait que procurer une vie temporaire. Avant, le tabernacle, pareil à là lune quand elle est pleine, ne présentait à l’œil aucune échancrure. Mais, après le péché d’Israël, le tabernacle ressemblait à, la lune au moment où elle présente des échancrures ; et c’est pourquoi Moïse lui donna le nom de «tabernacle de moëd», nom qui signifie « tabernacle temporaire ». Rabbi Siméon consacra une fois une nuit entière à l’étude de la doctrine ésotérique. Rabbi Yehouda, Rabbi Isaac et Rabbi Yossé étaient assis à côté de lui. Prenant le premier la parole,
Rabbi Yehouda dit : La tradition donne au verset (Ex. , XXXIII, 6) : « Les enfants d’Israël quittèrent leurs ornements, dès là, montagne d’Horeb », l’interprétation suivante : Israël fut dépouillé, après son péché, de la cuirasse dont Dieu l’avait pourvu au mont Sinaï, pour le mettre à l’abri des atteintes du mauvais serpent. C’est, ajoute la tradition, depuis ce moment que la mort, ôtée du monde, pendant un court espace de temps, réapparut de nouveau. Or, voici la remarque que je tiens à faire : Cette interprétation s’applique fort bien à Israël ; mais je demande si la cuirasse, dont Dieu pourvut les Israélites au mont Sinaï, fut également enlevée à Josué qui n’a point péché, ou bien si elle lui a été laissée ? [...]

רָע. מַאן דְּאִתְמְשַׁךְ בָּתַר רָע, לֵית לֵיהּ דִּירָה עִם אִילָנָא דְחַיֵּי.

וְעַד לָא חָטְאוּ הֲווּ שָׁמְעִין קָלָא מִלְּעֵילָא וְהֲווּ יָדְעֵי חָכְמְתָא עִלָּאָה וְקָיְימֵי בְּקִיּוּמָא דְזִיהֲרָא עִלָּאָה וְלָא דָחֲלֵי. כֵּיוָן דְּחָטְאוּ אֲפִילּוּ קָלָא דִּלְתַתָּא לָא הֲוֵי יָכְלִין לְמֵיקַם בֵּיהּ. כְּגַוְונָא דָא עַד לָא חָבוּ יִשְׂרָאֵל בְּשַׁעֲתָא דְּקָיְימוּ יִשְׂרָאֵל עַל טוּרָא דְסִינַי אִתְעֲבַר מִנַּיְיהוּ זוּהֲמָא דְּהַאי חִיוְיָא. דְּהָא כְּדֵין בִּטּוּל יֵצֶר הָרָע הֲוָה מֵעָלְמָא וְדָחוּ לֵיהּ מִנַּיְיהוּ. וּכְדֵין אִתְאֲחִידוּ בְּאִילָנָא דְחַיֵּי וְסָלְקוּ לְעֵילָא וְלָא נָחֲתוּ לְתַתָּא.

כְּדֵין הֲווּ יָדְעִין וְחָמָאן אִסְפַּקְלַרְיָאן עִלָּאִין וְאִתְנָהֲרִין עֵינַיְיהוּ וְחָדָאן לְמִנְדַע וּלְמִשְׁמַע. וּכְדֵין חָגַר לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא חֲגוֹרִין דְאַתְוָון דִּשְׁמֵיהּ קַדִּישָׁא דְּלָא יֵיכוּל לְשַׁלְטָאָה עֲלַיְיהוּ הַאי חִוְיָא וְלָא יְסָאַב לוֹן כְּקַדְמִיתָא. כֵּיוָן דְּחָטְאוּ בָּעֵגֶל אִתְעֲבַר מִנַּיְיהוּ כָּל אִנּוּן דַּרְגִּין וּנְהוֹרִין עִלָּאִין. וְאִתְעַבְּרוּ מִנַּיְיהוּ אִנּוּן חֲגִירוּ מְזַיְינִין דְּאִתְעַטְּרוּ מִשְׁמָא עִלָּאָה קַדִּישָׁא. וְאַמְשִׁיכוּ עֲלַיְיהוּ חִוְיָא בִישָׁא כְּמִלְקַדְּמִין וְגָרְמוּ מוֹתָא לְכָל עַלְמָא. וּלְבָתַר מַה כְּתִיב (שמות לג) וַיַּרְא אַהֲרֹן וְכָל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת משֶׁה וְהִנֵּה קָרַן עוֹר פָּנָיו וַיִּירְאוּ מִגֶּשֶׁת אֵלָיו.

תָּא חֲזֵי, מַה כְּתִיב בְּקַדְמִיתָא (שמות י״ד:ל״א) וַיַּרְא יִשְׂרָאֵל אֶת הַיָּד הַגְּדוֹלָה וְכֻלְהוּ חָמָאן זָהֲרִין עִלָּאִין וּמִתְנַהֲרִין בְּאִסְפַּקְלַרְיָא דְּנָהֲרָא דִּכְתִיב, (שמות כ׳:ט״ו) וְכָל הָעָם רוֹאִים אֶת הַקּוֹלוֹת. וְעַל יַמָּא הֲווּ חָמָאן וְלָא דָחֲלִין דִּכְתִיב, (שמות ט״ו:ב׳) זֶה אֵלִי וְאַנְוֵהוּ. לְבָתַר דְּחָטוּ, פְּנֵי הַסַּרְסוּר לָא הֲווּ יָכְלִין לְמֶחֱמֵי דִּכְתִיב (שמות לה) וַיִּירְאוּ מִגֶּשֶׁת אֵלָיו.

תָּא חֲזֵי, מַה כְּתִיב בְּהוּ (שמות ל״ג:ו׳) וַיִּתְנַצְּלוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת עֶדְיָם מֵהַר חוֹרֵב. דְּאִתְעֲבַר מִנַּיְיהוּ אִנּוּן מְזַיְינָן (דאתחברו בהו ד''א דאתחגרו בהון) בְּטוּרָא דְסִינַי בְּגִין דְּלָא יִשְׁלוֹט בְּהוּ הַהוּא חִוְיָא בִישָׁא. כֵּיוָן דְּאִתְעֲבַר מִנַּיְיהוּ מַה כְּתִיב, (שמות ל״ג:ז׳) וּמשֶׁה יִקַּח אֶת הָאֹהֶל וְנָטָה לוֹ מִחוּץ לַמַּחֲנֶה הַרְחֵק מִן הַמַּחֲנֶה.

אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר מַאי הַאי קְרָא לְגַבֵּי הַאי. אֶלָּא כֵּיוָן דְּיָדַע משֶׁה דְּאִתְעֲבָרוּ מִנַּיְיהוּ דְיִשְׂרָאֵל אִנּוּן זַיְינִין עִלָּאִין, אָמַר הָא וַדַּאי מִכָּאן וּלְהָלְאָה חִוְיָא בִישָׁא יֵיתֵי לְדַיְירָא בֵּינַיְיהוּ, וְאִי יָקוּם מַקְדְּשָׁא הָכָא בֵּינַיְיהוּ, יִסְתָּאַב. מִיָּד וּמשֶׁה יִקַּח אֶת הָאֹהֶל וְנָטָה לוֹ מִחוּץ לַמַּחֲנֶה הַרְחֵק מִן הַמַּחֲנֶה. בְּגִין דְּחָמָא משֶׁה דְּהָא כְּדֵין יִשְׁלוֹט חִוְיָא בִישָׁא מַה דְּלָא הֲוָה מִקַּדְמַת דְּנָא.

וְקָרָא לוֹ אֹהֶל מוֹעֵד, וְכִי לָא הֲוָה בְּקַדְמִיתָא אֹהֶל מוֹעֵד. אֶלָּא בְּקַדְמִיתָא אֹהֶל סְתָם, הַשְׁתָּא אֹהֶל מוֹעֵד. מַאי מוֹעֵד. רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר לְטַב. וְרַבִּי אַבָּא אָמַר לְבִישׁ. רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר לְטַב מַה מּוֹעֵד דְּאִיהוּ יוֹם חֶדְוָה דְּסִיהֲרָא דְּאִתּוֹסְפָא בֵּיהּ קְדוּשָׁה (מה מועד) לָא שָׁלְטָא בֵּיהּ פְּגִימוּתָא. אוּף הָכָא קָרָא לָהּ בִּשְׁמָא דָא לְאַחֲזָאָה דְּהָא אִתְרַחֵיק (חויא) אֹהֶל מִבֵּינַיְיהוּ וְלָא אִתְפְּגִים וְעַל דָּא וְקָרָא לוֹ אֹהֶל מוֹעֵד כְּתִיב.

וְרַבִּי אַבָּא אָמַר לְבִישׁ דְּהָא בְּקַדְמִיתָא הֲוָה אֹהֶל סְתָם כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (ישעיהו ל״ג:כ׳) אֹהֶל בַּל יִצְעָן בַּל יִסַּע יְתֵדוֹתָיו לָנֶצַח. וְהַשְׁתָּא אֹהֶל מוֹעֵד. בְּקַדְמִיתָא לְמֵיהַב חַיִּין אֲרוּכִּין לְעָלְמִין דְּלָא יִשְׁלוֹט בְּהוּ מוֹתָא. מִכָּאן וּלְהָלְאָה אֹהֶל מוֹעֵד כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (איוב ל׳:כ״ג) וּבֵית מוֹעֵד לְכָל חָי. הַשְׁתָּא אִתְיְיהִיב בֵּיהּ זִמְנָא וְחַיִּין קְצוּבִין לְעָלְמָא. בְּקַדְמִיתָא לָא אִתְפְּגִים, וְהַשְׁתָּא אִתְפְּגִים. בְּקַדְמִיתָא חַבְרוּתָא וְזִוּוּגָא דְסִיהֲרָא בְּשִׁמְשָׁא דְלָא יַעֲדוּן. הַשְׁתָּא אוֹהֶל מוֹעֵד זִוּוּגָא דִלְהוֹן מִזְמַן לִזְמַן. וּבְגִינֵי כָךְ וְקָרָא לוֹ אֹהֶל מוֹעֵד מַה דְּלָא הֲוָה קוֹדֶם.

השלמה מההשמטות (בין סימן מד - מה)

תּוֹסַפְתָּא

תּוֹסַפְתָּא אָמַר לֵיהּ רבי אלעאי השייך לדף נ''ב ע''ב שורה ל''ב דרבי שמעון הוה יתיב תמצא בחלק השלישי דף קס''ב ע''ב

וְהָאָדָם יָדַע וכו' וְכִי לָא אִשְׁתְּמוֹדָע עַד מאמר וַתּוֹסֶף לָלֶדֶת השייך לדף נ''ד ע''א קודם מאמר והאדם ידע וכו' תמצא בתקונים תקון ס''ט מהף קי''ד ע''א עד קי''ז ע''ב.

מן ותוסף ללדת עם המאמרים הנמשכים אחריו עד מאמר ותוסף וכו' תא חזי הבל איהו הלב בתקון הנזכר לעיל מדף ק''ג ע''א עד קי''ד ע''ב.

מן ותוסף וכו' תא חזי הבל הנזכר לעיל עם מאמרים אחרים עד זה ספר תולדות אדם שם מדף קי''ז ע''א עד קי''ח ע''ב.

מן זה ספר הנזכר לעיל עד תיבות בשערא בגוונין דשערא וכו' סוף תקון ע' בהגהה דף קל''ו ע''ב (עד כאן מההשמטות)

רַבִּי שִׁמְעוֹן הֲוָה יָתִיב לֵילְיָא חַד וְלָעֵי בְּאוֹרַיְיתָא. וְהֲווּ יַתְבֵי קַמֵּיהּ רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי יִצְחָק וְרַבִּי יוֹסֵי. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה הָא כְּתִיב, (שמות ל״ג:ו׳) וַיִּתְנַצְּלוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת עֶדְיָם מֵהַר חוֹרֵב, וְקָאַמְרִינָן דְּגָרְמוּ מוֹתָא עֲלַיְיהוּ מֵהַהוּא זִמְנָא וּלְעֵילָא, וְשַׁלִּיט בְּהוּ הַהוּא חִוְיָא בִישָׁא דְּאַעָדוּ לֵיהּ מִנַּיְיהוּ בְּקַדְמִיתָא. יִשְׂרָאֵל תֵּינַח. יְהוֹשֻׁעַ דְּלָא חָטָא, אַעֲדֵי (ד''א אתעדי) מִנֵּיהּ הַהוּא זַיְינָא עִלָּאָה דְּקַבִּיל עִמְּהוֹן בְּטוּרָא דְסִינַי אוֹ לָא.
(Ⅰ)

*****

[53a]  
[...] Si cette cuirasse n’a pas été enlevée à Josué, comment se fait-il qu’il soit mort comme tous les autres Israélites ? Si, au contraire, Josué en fut dépouillé également, comment se fait-il que lui, qui n’a point péché, puisqu’il était avec Moïse au moment où Israël fit le veau d’or, ait subi la même peine que les autres Israélites ? On répondra, peut-être, que Josué n’a pas été pourvu au mont Sinaï de cette cuirasse dont Dieu munit les autres Israélites. Mais pourquoi en aurait-il été privé ?
Rabbi Siméon commença de la manière suivante : Il est écrit (Ps. , XI, 7) : «... Car le Seigneur est juste ; il aime la justice ; son visage est appliqué à regarder l’équité. » Ce verset a été déjà expliqué par les collègues (48). Mais la signification véritable de ce verset est la suivante : Le Seigneur est juste parce que son nom est le Juste ; et cet attribut de Dieu est d’autant plus visible au monde qu’aucun de ses autres attributs n’est plus manifeste ici-bas que celui de la justice, attendu que tout est réglé avec équité.
Remarquez que lorsque le Saint, béni soit-il, juge le monde, il ne procède autrement que d’après les actes de la plupart des hommes. Remarquez, en outre, que lorsqu’Adam commit le péché en mangeant de l’arbre du Bien et du Mal, il causa la mort à tout le genre humain, provoqua la séparation de la femme de l’homme et donna naissance à l’échancrure de la lune. Lorsqu’Israël fut placé au pied du mont Sinaï, l’échancrure de la lune disparut et la lumière de cet astre redevint permanente. Mais aussitôt qu’Israël eut péché en adorant le veau d’or, il remit le monde dans le mauvais état primitif, dans lequel Adam l’avait plongé ; la lune présenta de nouveau une échancrure et le mauvais serpent, reprenant sa force, se rattacha au monde. Lorsque Moïse vit qu’Israël était dépouillé de la cuirasse dont il fut entouré au mont Sinaï, il comprit que le règne du mauvais serpent allait recommencer, et il s’empressa de transférer le tabernacle hors du camp d’Israël.
Mais puisque l’échancrure a été déjà provoquée, le monde est retombé dans le même mal dans lequel Adam l’avait plongé. Or, si le péché d’Adam a suffi pour causer la mort à, tout le genre humain, à plus forte raison le péché de tout Israël a-t-il suffi pour causer la mort de Josué, bien que celui-ci fût encore pourvu de la cuirasse dont il avait été entouré au mont Sinaï. Du moment que la mort est revenue au monde, celui-ci se trouva remis dans l’état où le péché d’Adam l’avait plongé ; aussi personne ne pouvait plus se soustraire aux flèches du mauvais serpent, excepté Moïse qui domina la mort. Car la mort de Moïse était de l’autre côté : c’est-à-dire : elle n’était pas causée par le péché d’Adam, mais elle était opérée par un mystère suprême. C’est pourquoi la tradition nous apprend que Josué n’est pas mort à cause de ses péchés, mais à la suite du mauvais conseil que le serpent avait donné à Ève. Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Ex. , XXXIII, 11) : « Le jeune Josué, fils de Nun, qui le servait, ne s’éloignait point du tabernacle. » L’Écriture veut dire que, bien que Josué paraisse ici-bas jeune (naar), puisqu’il est mort comme les autres Israélites, il ne s’éloignait point du tabernacle d’en haut ; puisqu’il ne commit jamais de péchés.
Remarquez que ce qui est arrivé à Israël, après le péché, est également arrivé à Adam. Dès qu’Adam et Ève eurent péché, le Saint, béni soit-il, leur ôta la cuirasse formée de la lumière des lettres sacrées dont il les avait entourés. C’est alors qu’ils furent saisis d’effroi,. car ils s’aperçurent qu’ils étaient dépouillés de leur cuirasse, ainsi qu’il est écrit (Gen. , III, 7) : « Ils reconnurent qu’ils étaient nus. » Auparavant, ils étaient entourés de cette glorieuse cuirasse qui les rendait libres en les mettant à l’abri de toute atteinte. Mais, dès qu’ils eurent péché, ils s’aperçurent qu’ils en étaient dépouillés ; ils constatèrent la perte de leur liberté qui causa la mort pour eux et pour tout le monde. [...]

אִי תֵימָא דְּלָא אַעֲדֵי (ד''א אתעדי) מִנֵּיהּ, אִי הָכִי אַמַּאי מִית כִּשְׁאָר בְּנֵי נָשָׁא. אִי תֵימָא דְּאִתְעַדֵּי מִנֵּיהּ, אַמַּאי. וְהָא לָא חָטָא. דְּהָא אִיהוּ עִם משֶׁה הֲוָה בְּשַׁעֲתָא דְּחָבוּ יִשְׂרָאֵל. וְאִי תֵימָא (ד''א ל''ג דהא) דְּלָא קַבִּיל הַהוּא עִטְרָא בְּטוּרָא דְסִינַי כְּמָה דְּקַבִּילוּ יִשְׂרָאֵל, אַמַּאי.

פָּתַח וְאָמַר, (תהילים י״א:ז׳) כִּי צַדִּיק יְיָ צְדָקוֹת אָהֵב יָשָׁר יֶחזוּ פָנֵימוֹ. הַאי קְרָא אָמְרוּ בֵּיהּ חַבְרַיָיא מַאי דְּקָאֲמְרוּ. אֲבָל כִּי צַדִּיק יְיָ, צַדִּיק הוּא וּשְׁמֵיהּ צַדִּיק, וּבְגִינֵי כָךְ צְדָקוֹת אָהֵב. יָשָׁר, אִיהוּ יָשָׁר. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר צַדִּיק וְיָשָׁר. וְעַל דָּא יֶחזוּ פָנֵימוֹ כָּל בְּנֵי עָלְמָא וִיתַקְנוּ אָרְחַיְיהוּ לְמֵיהַךְ בְּאֹרַח מֵישָׁר כְּדְקָא יָאוּת. תָּא חֲזֵי, כַּד דָּאִין קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָלְמָא לָא דָן לֵיהּ אֶלָּא לְפוּם רוּבָּן דִּבְנֵי נָשָׁא.

וְתָּא חֲזֵי, כַּד חָב אָדָם בְּאִילָנָא דְּאֲכַל מִנֵּיהּ, גְּרַם לְהַהוּא אִילָנָא דְּשָׁרֵי בֵּיהּ מוֹתָא לְכָל עָלְמָא. וְגָרִים פְּגִימוּ לְאַפְרָשָׁא אִתְּתָא מִבַּעֲלָהּ. וְקָאִים חוֹבָה דִּפְגִימוּ דָא בְּסִיהֲרָא עַד דְּקָיְימוּ יִשְׂרָאֵל בְּטוּרָא דְסִינַי. כֵּיוָן דְּקָיְימוּ יִשְׂרָאֵל בְּטוּרָא דְסִינַי אִתְעֲבַר הַהוּא פְּגִימוּ דְּסִיהֲרָא וְקָיְימָא לְאַנְהָרָא תָּדִיר.

כֵּיוָן דְּחָבוּ יִשְׂרָאֵל בָּעֶגְלָא, תָּבַת כְּמִלְקַדְּמִין סִיהֲרָא לְאִתְפָּגְמָא. וְשָׁלְטָא חִוְיָא בִישָׁא וְאָחִיד בָּהּ וּמָשִׁיךְ לָהּ לְגַבֵּיהּ. וְכַד יָדַע משֶׁה דְּחָבוּ יִשְׂרָאֵל וְאִתְעֲבַר מִנַיְיהוּ אִנּוּן זַיְינִין קַדִּישִׁין עִלָּאִין, יָדַע וַדַּאי דְּהָא חִוְיָא אָחִיד בֵּיהּ בְּסִיהֲרָא לְאַמְשָׁכָא לָהּ לְגַבֵּיהּ וְאִתְפְּגִימַת. כְּדֵין אַפִּיק לָהּ לְבַר.

וְכֵיוָן דְּקָיְימָא לְאִתְפָּגְמָא אַף עַל גַּב דִּיהוֹשֻׁעַ קָאִים בְּעִטְרָא דְזַיְינִין דִּילֵיהּ, כֵּיוָן דִפְּגִימֵי שַׁרְיָא בָּהּ וְאִתְהַדְּרַת כְּמָה דְּאִתְפְּגִימַת בְּחוֹבָא דְאָדָם, לָא יָכִיל בַּר נָשׁ לְאִתְקָיְימָא. בַּר משֶׁה דְּהֲוָה שַׁלִּיט בָּהּ וּמוֹתֵיהּ הֲוָה בְּסִטְרָא אָחֳרָא עִלָּאָה. וְעַל דָּא לָא הֲוָה רְשׁוּ בָהּ לְקָיְימָא לִיהוֹשֻׁעַ תָּדִיר וְלָא לְאָחֳרָא. וְעַל כָּךְ אֹהֶל מוֹעֵד קָרֵי לֵיהּ. אֹהֶל דְּהָא שַׁרְיָא בֵּיהּ זְמַן קָצִיב לְכָל עָלְמָא.

וְעַל דָּא רָזָא דְמִלָה, אִית יָמִינָא לְעֵילָא וְאִית יָמִינָא לְתַתָּא. אִית שְׂמָאלָא לְעֵילָא וְאִית שְׂמָאלָא לְתַתָּא. אִית יָמִינָא לְעֵילָא בִּקְדֻשָּׁה עִלָּאָה. וְאִית יָמִינָא לְתַתָּא דְּאִיהוּ בְּסִטְרָא אָחֳרָא. אִית שְׂמָאלָא לְעֵילָא בִּקְדֻשָּׁה עִלָּאָה לְאַתְעָרָא רְחִימוּתָא לְאִתְקַשְּׁרָא סִיהֲרָא בְּאֲתַר קַדִּישָׁא לְעֵילָא לְאִתְנַהֲרָא. וְאִית שְׂמָאלָא לְתַתָּא דְּאַפְרִישׁ רְחִימוּתָא דִלְעֵילָא וְאַפְרִישׁ לָהּ מִלְּאַנְהָרָא בְּשִׁמְשָׁא וּלְאִתְקְרָבָא בַּהֲדֵיהּ. וְדָא הוּא סִטְרָא דְחִוְיָא בִישָׁא.

דְּכַד שְׂמָאלָא דָא דִלְתַתָּא אִתְעָרַת כְּדֵין מָשִׁיךְ לָהּ לְסִיהֲרָא וְאַפְרִישׁ לָהּ מִלְּעֵילָא וְאִתְחַשְׁכַת נְהוֹרָאָה וְאִתְדַּבְּקַת בְּחִוְיָא בִישָׁא. וּכְדֵין שְׁאִיבַת מוֹתָא לְתַתָּא לְכֹלָּא וְאִתְדַּבְּקַת בְּחִוְיָא וְאִתְרַחְקַת מֵאִילָנָא דְּחַיָּיא.

וְעַל דָּא גָּרִים מוֹתָא לְכָל עָלְמָא. וְדָא הוּא דִּכְדֵין אִסְתְּאָבַת מַקְדְּשָׁא עַד זְמַן קָצִיב דְּאַתְקָנַת סִיהֲרָא וְתָבַת לְאַנְהָרָא וְדָא הוּא אֹהֶל מוֹעֵד. וְעַל דָּא יְהוֹשֻׁעַ לָא מִית אֶלָּא בְּעִיטָא שֶׁל נָחָשׁ דָּא דְּקָרִיב וּפְגִים מַשְׁכְּנָא כִּדְקַדְמִיתָא. וְדָא הוּא רָזָא דִּכְתִיב, (שמות ל״ג:י״א) וִיהוֹשֻׁע בִּן נוּן נַעַר לא יָמִישׁ מִתּוֹךְ הָאֹהֶל. דְּאַף עַל גַּב דְּאִיהוּ נַעַר לְתַתָּא לְקַבְּלָא נְהוֹרָא, לֹא יָמִישׁ מִתּוֹךְ הָאֹהֶל. כְּמָה דְּאִתְפְּגִים דָּא הָכִי נָמֵי אִתְפְּגִים דָּא. אַף עַל גַּב דְּזַיְינָא קַדִּישָׁא הֲוָה לֵיהּ. כֵּיוָן דְּאִתְפְּגִים סִיהֲרָא הָכִי הוּא וַדַּאי לָא אִשְׁתְּזִיב בִּלְחוֹדוֹי מִנֵּיהּ מֵהַהוּא גַּוְונָא מַמָּשׁ.

תָּא חֲזֵי, כְּגַוְונָא דָא כֵּיוָן דְּחָב אָדָם נָטַל קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא מִנֵּיהּ אִנּוּן זַיְינֵי אַתְוָון נְהִירִין קַדִּישִׁין דְּאַעְטַר לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. וּכְדֵין דָּחֲלוּ וְיָדְעוּ דְּהָא אִתְפַּשְׁטוּ מִנַּיְיהוּ הֲדָא הוּא דִכְתִיב וַיֵּדְעוּ כֵּי עֵרוּמִים הֵם. בְּקַדְמִיתָא הֲווּ מִתְלַבְּשָׁן בְּאִנּוּן כִּתְרֵי יְקָר מְזַיְינִין דְּאִנּוּן חֵירוּ מִכֹּלָּא. כֵּיוָן דְּחָבוּ אִתְפַּשְׁטוּ מִנַּיְיהוּ. וּכְדֵין יָדַע דְּהָא מוֹתָא קָרֵי לוֹן. וְיָדְעוּ דְּאִתְפְּשִׁיטוּ מֵחֵירוּ דְּכֹלָּא. וְגָרְמוּ מוֹתָא לוֹן וּלְכָל עָלְמָא
(Ⅰ)

*****

[53b]  
[...] Il est écrit (Gen. , III, 24) : « Et ils entrelacèrent des feuilles de figuier et s’en firent des ceintures. » Ce verset a été déjà expliqué précédemment (49) ; l’Écriture veut dire qu’Adam et Ève s’attachèrent aux plaisirs de ce bas monde ; et c’est pourquoi ils se couvrirent de feuilles de l’arbre du Bien et du Mal. Car, par le mot «feuilles », l’Écriture désigne les légions de démons et de mauvais esprits qui naissent des plaisirs de ce bas monde, ainsi que cela a été déjà dit. En ce moment, la taille d’Adam fut diminuée de cent aunes. Après le péché, la séparation de l’homme, de la Sainteté céleste, se produisit ; l’homme fut placé sous la Séphirâ de la rigueur, et la terre fut maudite, ainsi que cela est dit dans l’Écriture.
Il est écrit (Gen. , III, 24) : « Et chassa Il (eth) l’homme. »
Rabbi Éléazar dit : Nous ne savons pas qui était celui qui chassa, ni qui était celui qui était chassé ; était-ce le Saint, béni soit-il, qui chassa l’homme, ou bien était-ce inversement ? En vérité, c’était inversement, ainsi qu’il est écrit : «Va-ïgaresch eth » (et chassa «eth»). Qui chassa « eth »? L’Écriture répond : « Ha-adam » (l’homme). C’est à la suite du péché que l’homme chassa d’ici-bas celui qui est appelé « eth ».
C’est pourquoi l’Écriture dit précédemment (Gen. , III, 23) : « Et Jéhovah Élohim le chassa du jardin de l’Éden. » Et c’est pour donner la raison de ce renvoi de l’homme du jardin de l’Éden que l’Écriture ajoute, dans le verset suivant : «Va-ïgaresch eth ha-adam » : c’était parce que l’homme avait chassé le «eth » d’ici-bas.
L’Écriture ajoute : « Il mit des Cherubim devant le jardin de l’Éden, et l’épée étincelante qui évolue constamment pour garder le chemin qui conduit à l’arbre de vie. » Dieu mit Adam et Ève hors du jardin de l’Éden et barra le chemin qui y conduit, afin qu’ils n’y retournassent et n’aggravassent le mal qu’ils avaient déjà causé au monde. Par le mot « l’épée étincelante qui évolue constamment », l’Écriture entend les anges préposés au châtiment des hommes en ce monde. Comme ces anges apparaissent sous plusieurs formes variées, ils sont appelés « épée étincelante », car leur forme réelle est aussi insaisissable que celle d’une épée étincelante au moment où l’on s’en sert pour faire le moulinet. Ces chefs apparaissent tantôt sous la forme d’hommes, tantôt sous celle de femmes et tantôt sous celle de flamme ; d’autres fois encore, ils apparaissent sous la forme d’esprits, de sorte que leur forme véritable est insaisissable (50). Et pourquoi Dieu les a-t-il placés devant le jardin de l’Éden ?
Pour que l’homme n’y causât plus d’autres ravages que ceux qu’il avait déjà, causés. Par l’ « épée étincelante », l’Écriture désigne les anges chargés de jeter le feu sur la tête des coupables qui subissent leur châtiment dans l’enfer. Ces anges prennent des formes variées, suivant le degré de culpabilité de ceux qu’ils sont chargés de châtier. Ce sont ces anges que l’Écriture désigne par le terme d’ « épée étincelante » (lahat), ainsi qu’il est écrit (Malachie, III, 19) : « Car il viendra un jour de feu semblable à une fournaise ardente ; tous les superbes et tous ceux qui commettent l’impiété seront alors comme de la paille, et ce jour qui doit venir les embrasera (lihat). » Ainsi qu’on le voit, le mot « lahat» s’applique à l’enfer. Le mot «épée» désigne également l’épée de Dieu destinée au châtiment des coupables, ainsi qu’il est écrit (Is. , XXXIV, 6) : « L’épée du Seigneur est pleine de sang. »
Rabbi Yehouda dit : Par le mot « épée étincelante », l’Écriture désigne les esprits tentateurs qui, ici-bas, apparaissent à nos yeux, sous les images les plus riantes et les plus alléchantes, pour nous faire dévier de la bonne voie, et qui, remontés au ciel, s’y constituent nos accusateurs, pour faire perdre nos âmes.
Remarquez que, lorsque l’homme se laisse entraîner par l’esprit tentateur, c’est lui qui court après cet esprit et ses nombreuses légions. Mais, dès que l’homme a fini par être corrompu, c’est l’esprit tentateur et ses nombreuses légions qui courent après l’homme ; celui-ci les craint et voudrait s’échapper, mais il lui est désormais impossible de se soustraire à leur pouvoir.
Remarquez que Salomon avait pénétré le mystère de la «Sagesse» (Hocmâ) ; le Saint, béni soit-il, lui a posé sur la tête la couronne de la royauté. Aussi inspira-t-il de la crainte à tout le monde. Mais, dès qu’il s’est laissé entraîner par l’esprit tentateur et ses nombreuses légions, il devint sujet à la crainte ; et, en dépit de sa sagesse et de la couronne royale, il tremblait devant des êtres que l’homme le plus humble est capable de mettre en déroute, pourvu qu’il marche dans la voie du Seigneur.
Remarquez que, lorsqu’Adam eut péché, le mauvais serpent s’attacha à lui et le souilla, ainsi que toutes les générations futures ; et c’est le mauvais serpent qui est souillé et qui souille le monde. Mais, tant que l’âme réside dans le corps, le mauvais esprit n’est autorisé de s’y approcher, à moins que l’homme ne l’attire par le péché. Mais aussitôt que l’homme rend l’âme, le mauvais esprit souille la dépouille, ainsi que tous ceux qui s’en approchent, ainsi qu’il est écrit (Nomb. , XIX, 13) : « Quiconque touche le corps mort d’un homme, sans recevoir l’aspersion de cette eau ainsi mêlée, souillera le tabernacle du Seigneur, et il périra au milieu d’Israël. » Parce que, dès que l’âme s’envole du corps, celui-ci retombe au pouvoir du mauvais serpent, le corps étant déjà souillé par lui.
Remarquez que tous les hommes ont, d’après la tradition, l’avant-goût de la mort lorsqu’ils dorment dans le lit et lorsque la nuit étend ses ailes sur les enfants du monde. C’est cet avant-goût de la mort qui excite l’esprit impur qui parcourt le monde en le souillant, de s’attacher aux mains de l’homme (51) et de les souiller (52). Aussi, lorsque, au retour de l’âme, l’homme se réveille, il souille tout ce qu’il touche de ses mains, avant de les avoir lavées, parce que l’esprit impur s’y était attaché pendant la nuit. C’est pour la même raison qu’il est défendu de se faire donner, le matin, ses habits par quelqu’un qui n’a pas encore lavé ses mains ; parce que, les habits étant souillés par les mains de celui qui les a touchés, ils attireront l’impureté sur celui qui les porte ; car le mauvais esprit est autorisé à s’attacher à tout ce qui contient ne fut-ce qu’un atome d’impureté. C’est pourquoi il est défendu (53) également de se faire verser l’eau sur les mains par quelqu’un qui n’a pas encore lavé les siennes ; parce que le mauvais esprit a, ainsi que nous venons de le dire, l’autorisation de s’attacher [...]

, וַיִתְפְּרוּ עֲלֵה תְאֵנָה הָא (לו ב) אוֹקִימְנָא דְּאוֹלִיפוּ כָּל זַיְינִי חָרְשִׁין וְקוֹסְמִין וַאֲחִידוּ בְּהַאי דִלְתַתָּא כְּמָה דְּאִתְּמָר. וְהַהִיא שַׁעֲתָא אִתְגְּרַע זְקִיפוּ וְקוֹמָה דְאָדָם מֵאָה אַמִּין. וּכְדֵין אִתְעֲבִיד פִּרוּדָא וְקָאִים אָדָם בְּדִינָא וְאִתְלַטְיָא אַרְעָא וְהָא אוֹקִימְנָא:

וַיְגָרֶשׁ אֶת הָאָדָם. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר לָא יְדַעְנָא מָאן עָבִיד תֵּרוּכִין לְמָאן. אִי קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָבַד תֵּרוּכִין לְאָדָם אִי לָא. אֲבָל מִלָּה אִתְהַפִּיךְ וַיְגָרֶשׁ אֶת, אֶ''ת דַּיְיקָא. וּמָאן גֵּרַשׁ אֶת, הָאָדָם. הָאָדָם וַדַּאי גֵּרַשׁ אֶת. וּבְגִין דָּא כְּתִיב וַיְשַׁלְּחֵהוּ יְיָ אֱלהִים מִגַּן עֵדֶן. אַמַּאי וַיְשַׁלְּחֵהוּ, בְּגִין דְּגֵרַשׁ אָדָם אֶת כִּדְקָאֲמָרָן. וַיַּשְׁכֵּן, אִיהוּ אַשְׁרֵי לוֹן בְּאֲתַר דָּא דְּאִיהוּ גָּרִים וְסָתִים אוֹרְחִין וּשְׁבִילִין וְאַשְׁרֵי דִּינִין עַל עָלְמָא וְאַמְשִׁיךְ לְוָוטִין מֵהַהוּא יוֹמָא וּלְעֵילָא.

וְאֶת לַהַט הַחֶרֶב הַמִּתְהַפֶּכֶת, כָּל אִנּוּן דְּשָׁרְיָין בְּקוֹזְפֵי דִינִין עַל עָלְמָא, דְּמִתְהַפְּכִין לִגְוָונִין סַגִּיאִין בְּגִין לְאִתְפְּרָעָא מֵעָלְמָא. לְזִמְנִין גּוּבְרִין לְזִמְנִין נָשִׁין לְזִמְנִין אֶשָׁא מְלַהֲטָא וּלְזִמְנִין רוּחִין דְּלֵית מָאן דְּקָאִים בְּהוּ. וְכָל דָּא לִשְׁמוֹר אֶת דֶּרֶךְ עֵץ הַחַיִּים דְּלָא יוֹסִיפוּן לְאַבְאָשָׁא כְּקַדְמִיתָא. לַהַט הַחֶרֶב, אִנּוּן דִּמְלַהֲטָאן אֶשָׁא וְקוֹסְטִירִי עַל רָאשֵׁיהוֹן דְּרַשִּׁיעַיָא וְחַיָּיבַיָא. וּמִתְהַפְּכִין גְּוָונִין לְכַמָּה זַיְינִין לְפוּם אָרְחַיְיהוּ דִּבְנִי נָשָׁא. וְעַל דָּא לַהַט כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר (מלאכי ג) וְלִהֵט אוֹתָם הַיּוֹם הַבָּא וְגו' וְהָא אִתְּמָר. הַחֶרֶב דָּא חֶרֶב לַה' כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (ישעיה לה) חֶרֶב לַה' מְלֵאָה דָּם וְגו'.

אָמַר רַבִּי יְהוּדָה לַהַט הַחֶרֶב (אפילו) כָּל אִנּוּן קַסְטְרִין דִּלְתַתָּא דְּמִתְהַפְּכִין מִדְּיוֹקְנָא לִדְיוֹקָנָא כֻּלְהוֹן מְמַנָּן עַל עָלְמָא לְאַבְאָשָׁא וּלְאַסְטָאָה לוֹן לְחַיָּיבֵי עָלְמָא דְּעָבְרִין עַל פִּקּוּדֵי דְּמָארֵיהוֹן.

תָּא חֲזֵי, כֵּיוָן דְּחָב אָדָם אַמְשִׁיךְ עֲלֵיהּ כַּמָּה זַיְינִין בִּישִׁין וְכַמָּה גַּרְדִינִי נִמּוּסִין וְדָחִיל מִכֻּלְהוּ וְלָא יָכִיל לְקָיְימָא עֲלַיְיהוּ. שְׁלמֹה יָדַע חָכְמְתָא עִלָּאָה וְשַׁוֵּי לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עִטְרָא דְמַלְכוּתָא וְהֲווּ דָּחֲלוּ מִנֵּיהּ כָּל עָלְמָא. כֵּיוָן דְּחָב אַמְשִׁיךְ עֲלֵיהּ כַּמָּה זַיְינִין בִּישִׁין וְכַמָּה גַרְדִינֵי נִמּוּסִין וְדָחִיל מִכֻּלְהוּ וּכְדֵין יָכִילוּ לְאַבְאָשָׁא לֵיהּ וּמַה דְּהֲוָה בִּידֵיהּ נְטָלוּ מִנֵּיהּ.

וְעַל דָּא בְּמָּה דְאָזִיל בַּר נָשׁ וּבְהַהוּא אָרְחָא דְּאִתְדָּבַּק בֵּיהּ, הָכִי מָשִׁיךְ עֲלֵיהּ חֵילָא מְמַנָּא דְּאָזִיל לְקֳבְלֵיהּ. כָּךְ אָדָם הֲוָה מָשִׁיךְ עֲלֵיהּ חֵילָא אָחֳרָא מְסָאַב. דְּסָאִיב לֵיהּ וּלְכָל בְּנֵי עָלְמָא.

תָּא חֲזֵי, כַּד חָב אָדָם מָשִׁיךְ עֲלֵיהּ חֵילָא מְסָאֲבָא וְסָאִיב לֵיהּ וּלְכָל בְּנֵי עָלְמָא. וְהַאי הוּא חִוְיָא בִישָׁא דְּאִיהוּ מְסָאָב וְסָאִיב עָלְמָא. דְּתָנִינָן כַּד אַפִּיק נִשְׁמָתִין מִבְּנִי נְשָׁא, אִשְׁתָּאַר מִנֵּיהּ גּוּפָא מְסָאָב וְסָאִיב בֵּיתָא. וְסָאִיב לְכָל אִנּוּן דִּמְקָרְבִין בֵּיהּ. הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (במדבר יט) הַנּוֹגֵעַ בְּמֵת וְגו'. וְעַל דָּא כֵּיוָן דְּאִיהוּ נָטִיל נִשְׁמְתָא וְסָאִיב גּוּפָא כְּדֵין אִתְיְיהִיב רְשׁוּ לְכָל אִנּוּן סִטְרֵי מְסָאֲבָן לְשָׁרְיָא עֲלוֹי. דְּהָא הַהוּא גּוּפָא אִסְתָּאַב מִסִּטְרָא דְּהַהוּא חִוְיָא בִישָׁא דְּשַׁרְיָא עֲלוֹי. וְעַל דָּא בְּכָל אֲתַר דְּהַהוּא חִוְיָא בִישָׁא שָׁארֵי מְסָאַב לֵיהּ וְאִסְתָּאַב.

וְתָּא חֲזֵי, כָּל בְּנֵי עָלְמָא בְּשַׁעֲתָא דְּנַיְימֵי עַל עַרְסַיְיהוּ בְּלֵילְיָא, וְלֵילְיָא פָּרִישׂ גַּדְפָהָא עַל כָּל בְּנֵי עָלְמָא טָעֲמֵי טַעֲמָא דְמוֹתָא. וּמִגּוֹ דְּטָעֲמֵי טַעֲמָא דְמוֹתָא הַאי רוּחָא מְסָאֲבָא שַׁטְיָא עַל עָלְמָא וְסָאִיב (על) עָלְמָא (ד''א ל''ג בגו קפטרא דיליה) וְשַׁרְיָא עַל יְדוֹי דְּבַר נָשׁ וְאִסְתָּאַב.

וְכַד אִתְעַר וְאִתְהַדַּר לֵיהּ נִשְׁמָתֵיהּ, בְּכָל מַה דְּיִקְרַב בִּידוֹי כֻּלְהוּ מְסָאֲבֵי, בְּגִין דְּשָׁרְיָא עֲלַיְיהוּ רוּחַ מְסָאֳבָא. וְעַל דָּא לָא יִסַּב בַּר נָשׁ מָנוֹי לְאַלְבָּשָׁא מִמָּאן דְּלָא נָטִיל יְדוֹי. דְּהָא אַמְשִׁיךְ עֲלֵיהּ הַהוּא רוּחַ מְסָאֲבָא וְאִסְתָּאַב. וְאִית לֵיהּ רְשׁוּ לְהַאי רוּחַ מְסָאֲבָא לְשָׁרְיָא בְּכָל אֲתַר דְּאִשְׁתְּכַח רְשִׁימוּ מִסִּטְרֵיהּ.

וְעַל דָּא לָא יִטּוֹל יְדוֹי בַּר נָשׁ מִמָּאן דְּלָא נָטִיל יְדוֹי בְּגִין דְּאַמְשִׁיךְ עֲלֵיהּ הַהוּא רוּחַ מְסָאֳבָא וְקַבִּיל לֵיהּ הַאי דְּנָטַל מַיָא מִנֵּיהּ וְאִית לֵיהּ רְשׁוּ לְשַׁרְיָא עֲלוֹי
(Ⅰ)

*****

[54a]  
[...] à l’homme souillé, ne fût-ce que d’une impureté légère. Il convient donc que l’homme s’observe constamment, se garde de toute impureté et se mette à l’abri des atteintes du mauvais serpent. Mais un jour viendra où le Saint, béni soit-il, fera disparaître le mauvais esprit de ce monde, ainsi qu’il est écrit (Zac. , XIII, 2) : « J’exterminerai de la terre l’esprit impur », et ailleurs (Is. XXV, 8) : « Il précipitera la mort pour jamais. » Il est écrit (Gen. , IV, 1) : « Et Adam connut Ève, et elle conçut et enfanta Caïn. » Rabbi Abba a ouvert une de ses conférences par l’exorde suivant : Il est écrit (Ecc. , III, 21) : «Qui connaît l’âme des enfants des hommes qui monte en haut, et l’âme des bêtes qui descend en bas... » Ce verset a déjà été expliqué de diverses façons (54) ; et toutes les explications sont bonnes. Il en est ainsi de l’interprétation de l’Écriture ; celle-ci est susceptible de soixante-dix interprétations qui sont toutes vraies.
Remarquez que, lorsque l’homme marche dans la voie de la vérité, il se trouve du côté droit, où un esprit saint des régions supérieures s’attache à, lui et l’unit ainsi à la Sainteté d’en haut, dont il n’est jamais séparé, tant que cet esprit est attaché à lui. Mais quand l’homme marche dans la mauvaise voie, il s’attire un esprit impur du côté gauche qui le souille, ainsi qu’il est écrit (Lévit. , XI, 43) : « Prenez garde de ne pas souiller vos âmes et ne touchez aucune de ces choses, de peur que vous ne soyez impurs. » Ces paroles signifient : Quiconque s’attire l’esprit impur est souillé.
Remarquez, en outre, que lorsque l’homme marche dans la voie de la vérité il attire sur lui l’Esprit Saint des régions supérieures et s’attache à, lui. Le fils qu’il engendre est également du côté droit ; et, comme l’Esprit Saint repose sur l’enfant dès sa naissance, il vivra dans la sainteté de son Maître, ainsi qu’il est écrit (Lévit. , XI, 44, et XX, 7) : « Soyez saints parce que je suis Saint. » Mais quand l’homme marche dans la mauvaise voie et reste attaché à l’esprit impur qui émane du côté gauche, le fils qu’il engendre est également dominé par l’esprit impur et finira par souiller tous ceux qui l’approcheront. Tel est le sens des paroles de l’Écriture (Ecc. , III, 21) : « Qui connaît l’âme des enfants des hommes qui monte en haut, et l’âme des bêtes qui descend en bas... »
L’Écriture veut dire : « Qui » (Mi) seul connaît les âmes qui descendent dans les corps ; lui seul sait distinguer entre les âmes qui vont animer les corps engendrés dans la pureté, et celles qui vont animer les corps engendrés dans l’impureté. Les âmes de la première catégorie progressent par le fait qu’elles animent un corps ici-bas ; celles de la seconde catégorie, au contraire, rétrogradent par ce même fait. Comme Adam a été souillé par l’esprit impur avant son union avec Ève, il était nécessaire que le fils engendré dans cet état d’impureté fût du côté gauche ; et c’est ainsi que naquit Caïn. Mais après avoir fait pénitence, Adam engendra un autre fils à l’état de pureté. De là vient que l’un des fils d’Adam était du côté impur et l’autre du côté pur.
Rabbi Éléazar dit : La raison de la différence entre les deux fils d’ Adam est la suivante : Au moment où le serpent injecta sa souillure à Ève, celle-ci conçut ; et lorsqu’Adam s’unit à elle, elle conçut de nouveau ; et c’est ainsi qu’elle mit au monde deux fils : l’un des œuvres du serpent et l’autre des œuvres d’Adam. De là vient que l’un des fils d’Ève était du côté pur et l’autre du côté impur. Abel avait l’image d’en haut et Caïn celle d’en bas. De là vient également la différence de leur conduite. Comme Caïn était issu du côté de l’ange de la mort, il était nécessaire qu’il tuât son frère qui était du côté opposé. C’est de Caïn que descendent tous les êtres malfaisants, tous les démons, tous les diables et tous les mauvais esprits qui pullulent dans le monde.
Rabbi Yossé dit : Le nom de « Caïn» (Qaïn) dérive du mot « Qina » (nid), afin de nous indiquer que Caïn constituait le nid de tous les êtres malfaisants qui arrivent dans le monde du côté impur ; et il est devenu le nid des êtres impurs après qu’il eut offert son offrande. Car chacun des fils d’Adam a offert l’offrande à sa façon ; l’un l’a offerte au côté dont il émane, et l’autre l’a offerte au côté opposé dont il émane, ainsi qu’il est écrit (Gen. , IV, 3) : « Il arriva longtemps que Caïn offrit au Seigneur des fruits de la terre ; et Abel offrit aussi des premiers-nés de son troupeau et de ceux qu’il avait de plus gras. »
Rabbi Siméon dit : Que signifient les paroles : « Il arriva longtemps après... » (miqeç iamim) ? Ces paroles désignent celui qui est appelé « la fin. (qeç) de toute chair » (Gen. , VI, 13) ; c’est l’ange de la mort (55). C’est à celui-ci que Caïn a sacrifié ; c’est pourquoi l’Écriture dit « miqeç iamim », au lieu de « miqeç iemin », ce qui signifierait : le côté droit.
C’est pourquoi l’Écriture dit, dans Daniel (Dan, XII, 13) : « Mais pour toi, va jusqu’au temps qui a été marqué, et tu seras en repos, et tu demeureras dans l’état où tu es jusqu’à la fin de tes jours. » Lorsque Daniel entendit le mot « jusqu’au temps qui a été marqué (leqeç) », il demanda : est-ce « qeç ha-iamin », ou bien « qeç iemin » ? La voix céleste lui répondit : c’est « qeç iemin » que j’entends. [...]

דְּבַר נָשׁ. בְּגִין כָּךְ בָּעֵי בַּר נָשׁ לְאִסְתַּמְּרָא בְּכָל סִטְרוֹי מִסִּטְרָא דְהַאי חִוְיָא בִישָׁא דְּלָא יִשְׁלוֹט עֲלוֹי. וְזַמִּין קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְעָלְמָא דְאָתֵי לְאַעֲבָרָא לֵיהּ מֵעָלְמָא. הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (זכריה י״ג:ב׳) וְאֶת רוּחַ הַטּוּמְאָה אַעֲבִיר מִן הָאָרֶץ (וכדין) (ד''א וכתיב) (ישעיה כב) בִּלַע הַמָּוֶת לָנֶצַח וְגו':

וְהָאָדָם יָדַע אֶת חַוָּה אִשְׁתּוֹ וְגו'. רַבִּי אַבָּא פָּתַח (ואמר) (קהלת ג׳:כ״א) מִי יוֹדֵעַ רוּחַ בְּנִי הָאָדָם הָעוֹלָה הִיא לְמַעְלָה וְרוּחַ הַבְּהֵמָה הַיּוֹרֶדֶת הִיא לְמַטָּה לָאָרֶץ. הַאי קְרָא כַּמָּה גְוָונִין אִית בֵּיהּ. וְהָכִי הוּא כָּל מִלּוֹי דְאוֹרַיְיתָא כַּמָּה גְוָונִין בְּכָל חַד וְחַד וְכֻלְהוּ יָאוּת וְהָכִי אִנּוּן. וְכָל אוֹרַיְיתָא מִתְפָּרְשָׁא בְּשִׁבְעִין אַנְפִּין. לָקֳבֵיל שִׁבְעִין סִטְרִין וְשִׁבְעִין עַנְפִּין. וְהָכִי הוּא בְּכָל מִלָּה וּמִלָּה דְאוֹרַיְיתָא. וְכָל מַאי דְּנָפִיק מִכָּל מִלָּה וּמִלָּה כַּמָּה גְוָונִין אִתְפַּרְשָׁן מִנֵּיהּ לְכָל סִטְרִין.

תָּא חֲזֵי, כַּד בַּר נָשׁ אָזִיל בְּאֹרַח קְשׁוֹט, הוּא אָזִיל לִימִינָא, וְאַמְשִׁיךְ עֲלֵיהּ רוּחָא קַדִּישָׁא עִלָּאָה מֵעֵילָא. וְהַאי רוּחַ סָלִיק בִּרְעוּתָא קַדִּישָׁא לְאִתְאַחֲדָא לְעֵילָא וּלְאִתְדַבְּקָא בִּקְדוּשָׁה עִלָּאָה דְּלָא אִתְעַדֵּי מִנֵּיהּ. וְכַד בַּר נָשׁ אָזִיל בְּאוֹרַח בִּישׁ וְסָטֵי אָרְחוֹי, הוּא אַמְשִׁיךְ עֲלֵיהּ רוּחַ מְסָאֳבָא דְּלִסְטַר שְׂמָאלָא, וְסָאִיב לֵיהּ וְאִסְתָּאַב בֵּיהּ. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (ויקרא י״א:מ״ג) וְלֹא תִטַּמְאוּ בָּהֶם וְנִטְמֵתֶם בָּם. אֲתָא לְאִסְתָּאֲבָא מְסָאֲבִין לֵיהּ.

וְתָּא חֲזֵי, בְּשַׁעֲתָא דְּבַר נָשׁ אָזִיל בְּאֹרַח קְשׁוֹט וְאַמְשִׁיךְ עֲלֵיהּ רוּחָא קַדִּישָׁא עִלָּאָה וְאִתְדַבִּיק בֵּיהּ, בְּרָא דְיוֹלִיד וְיִפּוּק מִנֵּיהּ לְעָלְמָא, הוּא מָשִׁיךְ עֲלֵיהּ קְדוּשָׁה עִלָּאָה, וִיהֵא קַדִּישׁ בִּקְדוּשָׁה דְמָארֵיהּ. כְּמָה דִכְתִיב, (ויקרא כ׳:ז׳) וְהִתְקַדִּשְׁתֶּם וִהְיִיתֶם קְדוֹשִׁים וְגו'. וְכַד אִיהוּ אָזִיל בִּסְטַר שְׂמָאלָא, וְאַמְשִׁיךְ עֲלֵיהּ רוּחַ מְסָאֲבָא וְאִתְדְּבַק בֵּיהּ, בְּרָא דְּיִפּוּק מִנֵּיהּ לְעָלְמָא הוּא אַמְשִׁיךְ עֲלֵיהּ רוּחַ מְסָאֲבוּ וְיִסְתָּאַב בִּמְסָאֲבוּ דְּהַהוּא סִטְרָא.

וְעַל דָּא כְּתִיב מִי יוֹדֵעַ רוּחַ בְּנִי הָאָדָם הָעוֹלָה הִיא לְמַעְלָה. כַּד אִיהוּ בְּאִתְדַּבְּקוּת יָמִינָא סָלְקָא הִיא לְעֵילָא. וְכַד אִיהוּ בְּאִתְדַּבְּקוּת שְׂמָאלָא הַהוּא סְטַר שְׂמָאלָא דְּאִיהוּ רוּחַ מְסָאֲבוּ נָחִית מֵעֵילָא לְתַתָּא וְשַׁוֵּי דִיּוּרֵיהּ בְּבַר נָשׁ וְלָא אַעֲדֵי מִנֵּיהּ. וּבְרָא (ומה) דְאוֹלִיד בְּהַהוּא (רוח) מְסָאֲבוּ אִיהוּ הֲוֵי בְּרֵיהּ מֵהַהוּא רוּחַ מְסָאַב אִיהוּ הַהוּא בְּרָא.

אָדָם אִתְדָּבַּק בְּהַהוּא רוּחַ מְסָאַב וְאִתְּתֵיהּ אִתְדַּבְּקָא בֵּיהּ בְּקַדְמִיתָא וְנַטְלַת וְקַבִּילַת הַהוּא זוּהֲמָא מִנֵּיהּ אוֹלִיד בַּר. הַאי בְּרָא בְּרָא דְרוּחַ מְסָאֲבָא אִיהוּ. וְעַל דָּא תְּרֵין בְּנִין הֲווּ. חַד מֵהַהוּא רוּחַ מְסָאָב וְחַד כַּד תָּב אָדָם בִּתְיוּבְתָּא. וּבְגִינֵי כָךְ הַאי מִסִּטְרָא מְסָאֳבָא. (ודא ד''א והאי) מִסִּטְרָא דַכְיָיא.

רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר בְּשַׁעֲתָא דְּאַטִּיל נָחָשׁ הַהוּא זוּהֲמָא בָּהּ בְּחַוָּה קַבִּילַת לֵיהּ. וְכַד אִשְׁתַּמַּשׁ עִמָּהּ אָדָם אוֹלִידַת תְּרֵין בְּנִין. חַד מֵהַהוּא סִטְרָא מְסָאֳבָא וְחַד מִסִּטְרָא דְּאָדָם. וְהֲוֵי דָּמֵי הֶבֶל בְּדִיוּקְנָא דִלְעֵילָא וְקַיִּן בְּדִיוּקְנָא דִלְתַתָּא. וּבְגִין כָּךְ אִתְפְּרָשׁוּ אָרְחַיְיהוּ דָּא מִן דָּא. וַדַּאי קַיִן בְּרָא דְרוּחַ מְסָאֳבָא הֲוָה דְּאִיהוּ חִוְיָא בִישָׁא. (והבל ברא דאדם) הֲוָה. וּבְגִין דְּקַיִן אֲתָא מִסִּטְרָא דְמַלְאַךְ הַמָּוֶת קָטִיל לֵיהּ לְאֲחוּי. וְהוּא בְּסִטְרָא דִילֵיהּ. וּמִנֵּיהּ כָּל מְדוֹרִין בִּישִׁין וּמַזִיקִין וְשֵׁדִין וְרוּחִין אַתְיָין לְעָלְמָא.

אָמַר רַבִּי יוֹסֵי, קַיִן, קִינָא דִּמְדוֹרִין בִּישִׁין דְּאָתוּ מִסִּטְרָא דִּמְסָאֳבָא לְעָלְמָא. וּלְבָתַר אַיְיתִיאוּ קָרְבָּנָא. דָּא אַקְרִיב מִסִּטְרָא דִילֵיהּ וְדָא אַקְרִיב מִסִּטְרָא דִילֵיהּ. הֲדָא הוּא דִכְתִיב וַיְהִי מִקֵּץ יָמִים וַיָּבֵא קַיִן מִפְּרִי הָאֲדָמָה וְגו'. רַבִּי שִׁמְעוֹן אָמַר וַיְהִי מִקֵּץ יָמִים, מַאי מִקֵּץ יָמִים, דָּא הוּא קֵץ כָּל בָּשָׂר. וּמָאן אִיהוּ דָּא מַלְאַךְ הַמָּוֶת. וְקַיִן מֵהַהוּא קֵץ יָמִים אַיְיתֵי קָרְבָּנָא. דַּיְיקָא דְּקָאָמַר מִקֵּץ יָמִים וְלָא אָמַר מִקֵּץ יָמִין. וּבְגִין כָּךְ כָּתוּב בְּדָנִיֵּאל (דניאל י״ב:י״ג) וְאַתָּה לֵךְ לַקֵּץ וְתָנוּחַ וְתַעֲמוֹד לְגוֹרָלְךָ. אָמַר לֵיהּ לְקֵץ הַיָּמִים אוֹ לְקֵץ הַיָּמִין. אָמַר לֵיהּ לְקֵץ הַיָּמִין. וְקַיִן מִקֵּץ הַיָּמִים אַיְיתֵי,
(Ⅰ)

*****

[54b]  
[...] Par contre, Caïn étant issu de « qeç iamim », c’est à ce côté qu’il sacrifia. L’Écriture ajoute (Gen. , IV, 3) : «... Et Caïn offrit au Seigneur des fruits de la terre. » L’Écriture, veut nous indiquer, par le mot « fruits» (peri), que l’offrande de Caïn avait pour cause déterminante les fruits (peri) de l’arbre du Bien et du Mal dont Adam et Ève avaient mangé malgré la défense de Dieu.
Rabbi Éléazar dit : L’Écriture nous rapporte que Caïn avait offert des fruits de la terre, pour nous indiquer que chacun des fils d’Adam a offert ce qui était le plus adéquat à sa nature, ainsi qu’il est écrit (Is. , III, 10 et 11) : « Dites au Juste qu’il est bon, car il mangera le fruit (peri) de ses œuvres. Malheur à l’impie qui est mauvais, car il sera puni selon l’œuvre de ses mains. » C’est pourquoi Caïn offrit quelque chose de la terre, alors qu’Abel offrit les premiers-nés qui sont consacrés au côté saint. C’est pour cette raison que L’Écriture ajoute : «... Et le Seigneur regarda Abel et ses offrandes ; mais il ne regarda pas Caïn, ni ce qu’il lui avait offert. » C’est pourquoi Caïn entra dans une très grande colère ; et son visage en fut tout abattu. Par le mot « son visage », l’Écriture désigne le côté gauche dont Caïn était issu ; Caïn entra précisément en colère parce qu’il avait vu que le côté d’Abel l’emportait sur le sien. Et L’Écriture ajoute : «... Lorsqu’ils furent dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua. » Le mot « les champs » désigne la femme, ainsi qu’il est écrit(Deut. , XXII, 27) : « Elle était seule dans un champ ». Caïn était jaloux de la sœur jumelle née avec Abel, ainsi qu’il est écrit (Gen. , IV, 2) : « Et elle enfanta de nouveau avec son frère Abel. » Et la tradition nous apprend qu’Abel était mis au monde avec une sœur jumelle.
Il est écrit : « Si tu fais bien, tu es récompensé (s’eth). » Ce verset a déjà été expliqué. Mais le mot « s’eth » est expliqué. par Rabbi Abba encore d’une autre façon. Dieu dit à Caïn : Si tu fais bien, ton âme s’élèvera en haut et ne redescendra jamais plus en bas (s’eth).
Rabbi Yossé dit : L’interprétation qui vient d’être donnée du mot «s’eth » est bonne ; mais j’ai entendu une autre explication de ce mot. Dieu dit à Caïn : Si tu fais bien, l’esprit impur te quittera et ne s’attachera plus à toi (s’eth).
L’Écriture ajoute : « Et si tu ne fais pas le bien, le péché guette à la porte. » Par le mot « porte », l’Écriture désigne la rigueur céleste ; car le Tribunal suprême est appelé « porte », ainsi qu’il est écrit (Ps. , CXVIII, 19) : « Ouvrez-moi les portes de la justice. »Par les mots « le péché guette », l’Écriture désigne l’esprit impur. Dieu dit à Caïn : Si tu ne fais pas bien, l’esprit impur, que tu t’es attaché par tes actes, guette ton âme devant la justice éternelle pour la perdre. Car, ainsi que nous l’avons déjà dit, c’est l’esprit tentateur lui-même qui se fait, plus tard, l’accusateur de ses victimes ; il cause la perte de ceux qu’il a séduits.
Rabbi Isaac dit : Lorsque Caïn se jeta sur Abel pour le tuer, il ne savait comment s’y prendre pour séparer l’âme du corps d’Abel. Il le mordit alors à la façon du serpent. En ce moment, le Saint, béni soit-il, le maudit. Il erra dans tous les coins du monde ; mais aucune région de la terre ne voulait lui accorder l’hospitalité. Les voyages de Caïn durèrent jusqu’au jour où, se repentant de ses actes, il se réconcilia avec son Maître ; c’est alors seulement que la terre inférieure lui accorda l’hospitalité.
Rabbi Yossé dit : Ce n’est pas la terre inférieure, mais notre propre terre qui lui accorda l’hospitalité après sa pénitence, ainsi qu’il est écrit : « Et le Seigneur mit un signe sur Caïn. » Rabbi Isaac répliqua : Cette version est inexacte ; car, en réalité, c’est la terre inférieure qui lui accorda l’hospitalité. Quant aux paroles de l’Écriture citées : « Et le Seigneur mit un signe sur Caïn », elles se rapportent précisément à la terre inférieure ; c’est pour cette terre que Dieu le marqua d’un signe, pour qu’il pût y subsister, ainsi qu’il est écrit : « Tu me chasses aujourd’hui de dessus la terre (Adamah)... » Ainsi, Dieu ne le chassa que de dessus notre terre appelée « Adamah », mais non pas de la terre inférieure. Après la pénitence de Caïn, c’était la terre appelée « Arqa» qui lui accorda l’hospitalité. C’est de tous les habitants d’ « Arqa » (56) que l’Écriture (Jer. , X, 11) dit : « Ils seront exterminés de la terre et périront sous les cieux. » C’est sur cette terre que Caïn élit désormais domicile ; c’est pourquoi l’Écriture (Gen. , IV, 16) dit : « Et il s’établit au pays de Nod, situé à l’orient de l’Éden. »
Rabbi Isaac dit en outre : A partir du moment où Caïn tua Abel, Adam se sépara, de sa femme. Dès ce moment, Adam recevait la visite de deux démons femelles, avec lesquelles il eut des relations ; il engendra ensuite ces mauvais esprits et ces diables qui pullulent dans le monde. Que cette chose (c’est-à-dire qu’Adam ait pu avoir des relations avec des démons) n’étonne personne ; car tout homme voit parfois en songe des démons femelles qui lui sourient ; et, si elles parviennent à exciter en lui la concupiscence, elles engendrent des démons. Ce sont ces démons engendrés par l’homme pendant son sommeil qui sont désignés sous le nom de « plaies des enfants des hommes ». Ces démons n’apparaissent sous aucune autre forme que sous celle de l’homme ; mais ils n’ont pas de cheveux sur la tête. C’est d’eux que l’Écriture dit au sujet de Salomon : « Je le châtierai avec la verge dont on châtie les hommes, et je le punirai des plaies des enfants des hommes. » De même qu’aux hommes, des démons mâles apparaissent en songe aux femmes, avec lesquelles ils ont des relations. Les femmes deviennent enceintes des œuvres des démons et engendrent d’autres démons sous la forme d’hommes. Ceux-ci sont également désignés sous le nom de « plaies des enfants des hommes». Après cent trente ans, Adam éprouva, pour la première fois, le désir de retourner cohabiter [...]

וַיָּבֵא קַיִן מִפְּרִי הָאֲדָמָה. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר וּמִפְּרִי הָעֵץ. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר מִפְּרִי הָאֲדָמָה כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (ישעיהו ג׳:י״א) אוֹי לָרָשָׁע רָע כִּי גְמוּל יָדָיו וְגו'. (כי פרי מעלליהם יאכלו. פרי מעלליהם יאכלו דא מלאך המות יאכלו) (נ''א גמול ידיו דא מלאך המות. יעשה לו דאתמשך) עֲלַיְיהוּ וְיִתְדַּבַּק בְּהוּ לְקָטְלָא לוֹן וּלְסָאֳבָא לוֹן. וְעַל דָּא קַיִן אַקְרִיב מִסִּטְרָא דִילֵיהּ.

וְהֶבֶל הֵבִיא גַּם הוּא מִבְּכוֹרוֹת לְאַסְגָּאָה סִטְרָא עִלָּאָה דְּאַתְיָא מִסְּטַר קְדוּשָׁתָא (ד''א מסטרא קדישא). וּבְגִינֵי כָךְ וַיִּשַּׁע יְיָ אֶל הֶבֶל וְאֶל מִנְחָתוֹ וְאֶל קַיִן וְאֶל מִנְחָתוֹ לא שָׁעָה. לָא קַבִּיל (לון) (ד''א ליה) קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. וְעַל דָּא וַיִּחַר לְקַיִן מְאֹד. וַיִּפְּלוּ פָנָיו דְּהָא לָא אִתְקַבִּילוּ אַנְפּוֹי, אִנּוּן אַנְפִּין דְּסִטְרוֹי וְקַבִּיל לֵיהּ לְהֶבֶל. וּבְגִינֵי כָךְ כָּתוּב וַיְהִי בִּהְיוֹתָם בַּשָּׂדֶה. בַּשָּׂדֶה דָּא אִתְּתָא. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר (דברים כ״ב:כ״ז) כִּי בַּשָּׂדֶה מְצָאָהּ, וְקַיִן קָנֵי עַל נוּקְבָא יְתֵירָה דְּאִתְיְלִידַת עִם הֶבֶל דִּכְתִיב וַתּוֹסֶף לָלֶדֶת וְהָא אִתְּמָר:

הֲלֹא אִם תֵּיטִיב שְׂאֵת כְּמָה דְאִתְּמָר. אֲבָל שְׂאֵת כְּדְאֲמַר רַבִּי אַבָּא שְׂאֵת תִּסְתַּלַּק לְעֵילָא וְלָא תֵיחוֹת לְתַתָּא. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי הַאי מִלָּה הַשְׁתָּא אִתְּמָר וְיָאוּת הוּא. אֲבָל הָכִי שְׁמַעְנָא שְׂאֵת יְסַלַּק מִינָךְ וְיִשְׁבּוֹק לָךְ אִתְדַּבְּקוּתָא דָא דְּרוּחַ מְסָאֲבָא.

וְאִי לָא לַפֶּתַח חַטָּאת רוֹבֵץ. מַאי לַפֶּתַח דָּא דִינָא עִלָּאָה דְּאִיהוּ פִּתְחָא דְכֹלָּא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר (תהילים קי״ח:י״ט) פִּתְחוּ לִי שַׁעֲרֵי צֶדֶק. חַטָּאת רוֹבֵץ הַהוּא סִטְרָא דְּאִתְדַּבְּקַת בֵּיהּ וְאִתְמַשְׁכַת עֲלָךְ יְהֵא נָטִיר לָךְ לְאִתְפְּרָעָא מִנָּךְ כְּתַרְגּוּמָא.

אָמַר רַבִּי יִצְחָק, תָּא חֲזֵי, בְּשַׁעֲתָא דְּקָטִיל קַיִן לְהֶבֶל, לָא הֲוָה יָדַע הֵיךְ (נפיק) (ד''א יפיק) נִשְׁמָתֵיהּ מִנֵּיהּ. וְהֲוָה נָשִׁיךְ לֵיהּ בְּשִׁינֵיהּ כְּחִוְיָא. וְהָא אוּקְמוּהָ חַבְרַיָא. בֵּיהּ שַׁעֲתָא לַיְיט לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. וְהֲוָה אָזִיל לְכָל סִטְרֵי עָלְמָא, וְלָא הֲוָה אֲתַר דִּמְקַבֵּל לֵיהּ. עַד דְאַטְפַח עַל רֵישֵׁיהּ וְתָב קַמֵּי מָארֵיהּ. וְקַבִּילַת לֵיהּ אַרְעָא בְּמָדוֹרָא לְתַתָּא.

רַבִּי יוֹסֵי אָמַר אַרְעָא קַבִּילַת לֵיהּ לְמֵיהַךְ בָּהּ דִּכְתִיב וַיָּשֶׂם יְיָ לְקַיִן אוֹת. רַבִּי יִצְחָק אָמַר לָאו הָכִי. אֶלָּא לְתַתָּא קַבִּילַת לֵיהּ אַרְעָא בְּמָדוֹרָא חָדָא דִתְחוֹתָהּ דִּכְתִיב הֵן גֵּרַשְׁתָּ אוֹתִי הַיּוֹם מֵעַל פְּנֵי הָאֲדָמָה. מֵעַל פְּנֵי הָאֲדָמָה גּוֹרָשׁ. אֲבָל לְתַתָּא לָא גוֹרָשׁ. וּבְאָן אֲתַר קַבִּילַת לֵיהּ אַרְעָא, בְּאַרְקָא. וְכָל אִנּוּן דְּדָיְירֵי תַּמָּן עֲלֵיהוֹן כְּתִיב (ירמיהו י׳:י״א) יֵאבַדוּ מֵאַרְעָא וּמִתְּחוֹת שְׁמַיָא אֵלֶּה. וְתַמָּן שַׁוֵּי מְדוֹרֵיהּ. וְהַיְינוּ דִּכְתִיב וַיֵּשֶׁב בְּאֶרֶץ נוֹד קִדְמַת עֵדֶן.

תּוֹסֶפְתָּא

כֵּיוָן דְּאָמַר קַיִן גָּדוֹל עֲוֹנִי מִנְשׂא, מָחַל לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךָ הוּא פַּלְגוּ מֵעוֹנְשֵׁיהּ. בְּגִין דְּגָזַר עֲלֵיהּ בְּקַדְמִיתָּא ואָמַר לֵיהּ נָע וָנָד תִּהְיֶה בָאָרֶץ וְהַשְׁתָּא אִשְׁתָּאַר בְּנוֹד בִּלְחוֹדוֹי. הֲדָא הוּא דִכְתִּיב ויֵּצֵּא קַיִן מִלִּפְּנֵי ה, וגו; כְּלוֹמַר דְּכַד נָפַּק מִן קָדָם ה''הֲוָה בְּגִין לְמֶהֱוִי נָד בְּאַרְעָא ולָא נָע.

ועוֹד אָמְרוּ כַּד נָפַּק קַיִן מִן קָדָם ה''אָמַר לוֹ אָדָם בְּרִי מָה אִתְּעֲבִיד על דִּינָךָ. אָמַר לוֹ קַיִן אַבָּא כְּבָר אִתְּבַּשְׂרִיתּ דִּמְחַל לִי קוּדְשָׁא בְּרִיךָ הוּא בְּנוֹד בִּלְחוֹדוֹי. אָמַר לוֹ הֵיאַךָ הוּא. אָמַר לוֹ בְּגִין דְּתָּבִיתּ וְאוֹדִיתּ קַמֵּיהּ. אָמַר אָדָם וכִי דֵּין הוּא רַב וְתַּקִּיף חֵילָא דִתְּשׁוּבָה וְאֲנָא לָא יָדִיעַתּ. שְׁרָא לְשַׁבְּחָא לְמָרֵיהּ וּלְאוֹדָאָה לֵיהּ פָּתַּח ואָמַר, (תהילים צ״ב:א׳-ב׳) מִזְמוֹר שִׁיר לְיוֹם הַשַׁבָּתּ טוֹב לְהוֹדוֹתּ לַה; כְּלוֹמַר טוֹב לְשַׁבָּחָא ולְאֲתָּבָא וּלְאוֹדָאָה קַמֵּיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךָ הוּא. (עד כאן תוספתא)

וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק מֵהַהִיא שַׁעֲתָא דְּקָטִיל קַיִן לְהֶבֶל, דְאִתְפְּרַשׁ (ד''א אתפרש) אָדָם מֵאִתְּתֵיהּ. תְּרֵין רוּחִין נוּקְבִין הֲווּ אַתְיָין וּמִזְדָּוְגָן עִמֵּיהּ, וְאוֹלִיד רוּחִין וְשֵׁדִין דְּשָׁאטָן בְּעָלְמָא. וְלָא תִּקְשֵׁי לָךְ הַאי. דְּהָא בַּר נָשׁ כַּד אִיהוּ בְּחֶלְמֵיהּ אַתְיָין רוּחִין נוּקְבִין וְחַיְיכָן עִמֵּיהּ וּמִתְחַמְּמָן מִנֵּיהּ וְאוֹלִידִין לְבָתַר. וְאִלֵּין אִקְרוּן נִגְעֵי בְּנֵי אָדָם. וְלָא מִתְהַפְּכָן אֶלָּא לִדְיוֹקְנֵי בְּנֵי נָשָׁא. וְלֵית לוֹן שַׂעֲרִין בְּרֵישָׁא. וְעַל דָּא כְּתִיב בִּשְׁלֹמֹה (שמואל ב ז׳:י״ד) וְהוֹכַחְתִּיו בְּשֵׁבֶט אֲנָשִׁים וּבְנִגְעֵי בְּנֵי אָדָם. וְאֲפִילּוּ כְּהַאי גַוְונָא רוּחִין דְּכוּרִין אַתְיָין לִנְשֵׁי עָלְמָא וּמִתְעַבְּרָן מִנַּיְיהוּ וְאוֹלִידָן רוּחִין. וְכֻלְהוֹן נִגְעֵי בְּנֵי אָדָם אִקְרוּן.

בָּתַר מְאָה וּתְלָתִין שְׁנִין אִתְלַבַּשׁ אָדָם
(Ⅰ)

*****

[55a]  
[...] avec Ève. Il s’unit à sa femme et engendra un fils qu’il appela du nom de Seth. Il l’appela de ce nom pour indiquer que la naissance de ce fils constitua la fin d’une situation, de même que les lettres Schin et Thav, dont ce nom est composé, sont les dernières lettres de l’alphabet.
Rabbi Yehouda dit : Adam appela son fils du nom de Seth, parce que c’était l’âme d’Abel qui, revenue sur la terre, anima Seth, ainsi qu’il est écrit (Gen. , IV, 25) : « Le Seigneur m’a donné un autre fils à la place d’Abel que Caïn a tué. »
Rabbi Yehouda dit en outre : L’Écriture (Gen. , V, 3) dit : « Et il engendra un fils à son image et à sa ressemblance ; et il le nomma Seth. » Nous en inférons que les autres fils d’Adam n’avaient aucune ressemblance avec leur père, ni au physique, ni an moral, ainsi que Rabbi Siméon l’a dit au nom de Rabbi Yeba, le Vieillard : Tous les autres enfants d’Ève étaient engendrés par l’union de celle-ci avec Samaël monté sur le dos du serpent ; c’est pourquoi tous ces enfants n’avaient point la figure humaine.
Mais, objectera-t-on peut-être, il a été pourtant dit qu ‘Abel n’était point issu du même côté que Caïn ; pourquoi donc celui-ci n’avait-il pas la figure humaine? Cela est vrai ; mais Caïn et Abel, cependant, n’ont pas eu de figure humaine, parce que l’enfantement d’Abel aussi n’a pas eu lieu à l’état de pureté absolue.
Rabbi Yossé ajouta : C’est pourquoi, en parlant de la naissance de Caïn, l’Écriture s’exprime ainsi : « Et Adam connut Ève, sa femme, et elle conçut et enfanta Caïn. » Mais l’Écriture ne dit pas : «... Et il engendra Caïn. » De même, pour annoncer la naissance d’Abel, l’Écriture s’exprime ainsi : « Elle enfanta de nouveau son frère Abel. » Voilà pourquoi ni l’un ni l’autre de ces deux fils n’avaient la figure d’Adam. Mais lorsqu’il s’agit de la naissance de Seth, l’Écriture dit : « Et il engendra un fils à son image et à sa ressemblance »
Rabbi Siméon dit : Adam fut séparé de sa femme pendant cent trente ans ; et, pendant le temps qu’il vécut séparé d’elle, il engendra des démons et des diables qui pullulent dans le monde. Tant qu’Adam était souillé par l’infection de l’esprit impur, il n’éprouvait aucun désir pour s’unir à sa femme ; ce n’est que lorsqu’il se purifia de cette infection qu’il éprouva le désir de cohabiter avec sa femme ; et c’est alors qu’il engendra un fils, ainsi qu’il est écrit : « Et il engendra un fils à son image et à sa ressemblance. » Remarquez que, tant que l’homme marche sur la voie qui conduit au côté gauche, il reste tellement souillé qu’il n’éprouve de désir que pour ce qui est impur ; tout ce qui est pur et saint n’a ni charme, ni attrait à ses yeux. Aussi, tant que l’homme marche dans cette voie, il est formellement possédé de l’esprit impur. Heureux les justes qui marchent sur la voie droite ; car ils marchent dans la voie de la vérité ; et leurs enfants seront dignes d’eux. C’est de ces justes qui marchent sur la voie droite que l’Écriture (Prov. , II, 21) a dit : « Car ceux qui ont le cœur droit habiteront sur la terre. » Rabbi Hiyâ demanda : Que signifient les paroles de l’Écriture (Gen. , IV, 22) : « Et la sœur de Tubal-Caïn était Noêma (douceur) » ? Pourquoi l’Écriture nous apprend-elle que la sœur de Tubal-Caïn avait le nom de Noëma ? Pour nous indiquer qu’elle a séduit des hommes, et même des esprits (57).
Rabbi Isaac dit : Elle a séduit Aza et Azaël que l’Écriture désigne sous le nom « d’enfants de Dieu ».
Rabbi Siméon dit : Elle était la mère de tous les démons, car elle était issue du côté de Caïn ; c’est elle, en compagnie de Lilith, qui cause aux enfants l’épilepsie.
Rabbi Abba dit à Rabbi Siméon : Maître, vous avez pourtant dit qu’elle s’efforce à éveiller la concupiscence de l’homme ; donc elle a une autre occupation que celle de frapper les enfants d’épilepsie ?
Rabbi Siméon lui répondit : En effet, elle s’évertue à exciter les désirs de l’homme, et parfois elle enfante, de leurs œuvres, des démons ; mais cela ne l’empêche pas de frapper en même temps les enfants d’épilepsie (58). Noëma continue jusqu’à nos jours d’exciter les désirs de l’homme. Rabbi Abba demanda à Rabbi Siméon : Les démons meurent cependant comme tous les hommes ; pourquoi donc Noëma reste-t-elle en vie jusqu’aujourd’hui ?
Rabbi Siméon lui répondit : En effet, les démons meurent comme tous les hommes ; mais Lilith et Noëma, ainsi qu’Aghereth, fille de Mahlath, qui descend des deux premières, restent en vie jusqu’au jour où le Saint, béni soit-il, épurera le monde de l’esprit impur, ainsi qu’il est écrit (Zac. , XIII, 2) : « Et je ferai disparaître l’esprit d’impureté de dessus la terre. »
Rabbi Siméon dit : Malheur aux hommes ignares et aveugles qui ne s’aperçoivent pas de la multitude des êtres malfaisants qui pullulent dans le monde ; s’il était permis à l’œil de les voir, on serait étonné que le monde puisse exister.
Remarquez que Noëma était la mère des démons et que c’est de son côté qu’émanent tous les démons qui, éveillant la concupiscence des hommes, provoquent chez ceux-ci la perte séminale. C’est pourquoi tous ceux qui ont été souillés par la perte séminale sont obligés de se purifier. Ce n’est pas la perte séminale elle-même qui souille, mais la cause qui l’a déterminée, ainsi que cela a été expliqué par les collègues.
Il est écrit (Gen. , V, 1) : « Voici le livre de la Genèse d’Adam : Au jour où Dieu créa l’homme, Dieu le fit à sa ressemblance. » Il résulte de ce verset, que le livre d’Adam dont parle l’Écriture avait rapport à l’image de l’homme.
Rabbi Isaac dit : Le Saint, béni soit-il, montra à Adam les visages des hommes de toutes les génération qui se succéderont au monde ; il lui montra aussi les visages de tous les sages futurs, ainsi que de tous les rois futurs qui régneront sur Israël (59). Lorsqu’il arriva à David, roi d’Israël, il lui annonça, en lui montrant son visage, que celui-ci naîtrait et mourrait à peu d’intervalle ; car telle était la destinée de David. Adam dit alors au Saint, béni soit-il (60) : Je veux accorder à David un espace de soixante-dix ans de la durée de ma vie. Le Saint, béni soit-il, préleva soixante-dix ans de la vie d’Adam, qui devait être de mille ans, et les accorda à David. C’est pourquoi David loua le Seigneur en disant (Ps. , XCII, 5) : « Car vous m’avez rempli de joie, [...]

בְּקִינוּיָא וְאִתְחַבַּר בְּאִתְּתֵיהּ וְאוֹלִיד בַּר וּקְרָא שְׁמֵיהּ שֵׁ''ת. רָזָא דְּסוֹפָא דְּאַתְוָון בְּקִיטְרֵי גְלִיפָן. רַבִּי יְהוּדָה אָמַר רָזָא דְרוּחָא דְּאִתְאֲבִיד דְּאִתְלַבַּשׁ בְּגוּפָא (דארעא) אָחֳרָא בְּעָלְמָא הֲדָא הוּא דִכְתִיב כִּי שָׁת לִי אֱלהִים זֶרַע אַחֵר תַּחַת הֶבֶל.

וְאָמַר רַבִּי יְהוּדָה כְּתִיב וַיּוֹלֶד בִּדְמוּתוֹ (עי' בסי' ט) כְּצַלְמוֹ מַשְׁמַע דִּבְנִין אָחֳרָנִין לָא הֲווּ (בדמותו כצלמו ומלה דא הוא) בְּדִיוּקְנָא דִילֵיהּ. וְדָא בִּדְמוּתוֹ כְּצַלְמוֹ בְּתִיקוּנָא דְגוּפָא וּבְתִיקוּנָא דְּנַפְשָׁא בְּאֹרַח מֵישָׁר. (נ''א ומלה דא הוא כמה דאתמר. ואמר רבי אבא משמיה דרבי ייסא) כְּמָה דְּאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן מִשְׁמֵיהּ דְּרַב יֵיבָא סָבָא בְּנִין אָחֳרָנִין בְּאִתְדַבְּקוּתָא דְּזוּהֲמָא דְּנָחָשׁ וְהַהוּא דְּרָכִיב בֵּיהּ דְּאִיהוּ סמאל הֲווּ. וּבְגִינֵי כָךְ לָא הֲוָה בְּדִיוּקְנָא דְּאָדָם. וְאִי תֵימָא הָא אֲמַרְתְּ דְּהֶבֶל מִסִּטְרָא אָחֳרָא הֲוָה. הָכִי הוּא. אֲבָל תַּרְוַויְיהוּ לָא הֲווּ בְּדִיוּקְנָא דִּלְתַתָּא.

אָמַר (ד''א ליה) רַבִּי יוֹסֵי וְהָא כְּתִיב וְהָאָדָם יָדַע אֶת חַוָּה אִשְׁתּוֹ וַתַּהַר וַתֵּלֶד אֶת קַיִן. וְלָא (ד''א אמר ליה הכי הוא. אבל תרוויהו לא הוו בדיוקניה. דלא) כְּתִיב וַיּוֹלֶד אֶת קַיִן. וְאֲפִילּוּ בְּהֶבֶל לָא כְּתִיב וַיּוֹלֶד אֶלָּא וַתּוֹסֶף לָלֶדֶת אֶת אָחִיו אֶת הָבֶל. וְדָא הוּא רָזָא דְמִלָּה. אֲבָל בְּהַאי מַה כְּתִיב, וַיּוֹלֶד בִּדְמוּתוֹ כְּצַלְמוֹ.

רַבִּי שִׁמְעוֹן אָמַר מְאָה וּתְלָתִין שְׁנִין אִתְפְּרַשׁ אָדָם מֵאִתְּתֵיהּ. וְכָל אִנּוּן מְאָה וּתְלָתִין שְׁנִין הֲוָה אוֹלִיד רוּחִין וְשֵׁדִין בְּעָלְמָא. בְּגִין הַהוּא חֵילָא דְזוּהֲמָא דְּהֲוָה שָׁאִיב בֵּיהּ. כֵּיוָן דְּחֲסִיל מִנֵּיהּ הַהוּא זוּהֲמָא, תָּב וְקַנִּי (דאעדי) לְאִנְתְּתֵיהּ וְאוֹלִיד בַּר. כְּדֵין כְּתִיב וַיּוֹלֶד בִּדְמוּתוֹ כְּצַלְמוֹ.

תָּא חֲזֵי, כָּל בַּר נָשׁ דְּאֲזִיל לִסְטַר שְׂמָאלָא וְסָאִיב אָרְחוֹי, כָּל רוּחֵי מְסָאֲבֵי מָשִׁיךְ עַל גַּרְמֵיהּ וְרוּחַ מְסָאָב אִתְדָּבַּק בֵּיהּ וְלָא אַעֲדֵי מִנֵּיהּ. וְאִתְדַּבְּקוּתָא (דיליה) דְּהַהוּא רוּחָא מְסָאָב הֲוֵי בְהַאי בַּר נָשׁ וְלָא בְּאָחֳרָא. וּבְגִינֵי כָךְ אִתְדַּבְּקוּתָא דִּלְהוֹן לָאו אִיהוּ אֶלָּא בְּאִנּוּן דְּמִתְדַּבְּקִין בְּהוּ. זַכָּאִין אִנּוּן צַדִּיקַיָא דְּאָזְלֵי בְּאֹרַח מֵישָׁר וְאִנּוּן זַכָּאֵי קְשׁוֹט וּבְנֵיהוֹן זַכָּאִין בְּעָלְמָא וְעֲלַיְיהוּ כְּתִיב, (משלי ב) כִּי יְשָׁרִים יִשְׁכְּנוּ אָרֶץ.

אָמַר רַבִּי חִיָּיא מַאי דִכְתִיב וַאֲחוֹת תּוּבַל קַיִן נַעֲמָה. מַאי אִירְיָא הָכָא דְּקָאֲמַר קְרָא דִּשְׁמָהּ נַעֲמָה. אֶלָא בְּגִין דְּטָעֲיָין בְּנֵי נָשָׁא אֲבַתְרָהּ וְאֲפִילּוּ רוּחִין וְשֵׁדִין. רַבִּי יִצְחָק אָמַר אִנּוּן בְּנֵי הָאֱלהִים עַזָּא וַעֲזָאֵל טָעוּ בַּתְרָהּ.

רַבִּי שִׁמְעוֹן אָמַר אִמָּן שֶׁל שֵׁדִים הֲוַת. דְּמִסִּטְרָא דְקַיִן נָפְקַת. וְהִיא אִתְמַנַּת עַל לֵילְיָא (עם לילית) בְּאַסְכְּרָה דְּרַבְיֵי. אָמַר לֵיהּ רַבִּי אַבָּא וְהָא אָמַר מַר דְּהִיא אִתְמַנַּת לְחַיְיכָא בִּבְנִי נָשָׁא. אָמַר לֵיהּ הָכִי הוּא וַדַּאי דְּהָא אִיהִי אַתְיַית וְחַיְיכַאת בְּהוּ בִּבְנֵי נָשָׁא, וּלְזִמְנִין דְּאוֹלִידַת רוּחִין בְּעָלְמָא מִנַּיְיהוּ וְעַד כָּאן אִיהִי קָיְימַת לְחַיְיכָא בְּהוּ בִּבְנִי נָשָׁא.

אָמַר לֵיהּ רַבִּי אַבָּא וְהָא אִנּוּן מֵתִין (קל א) כִּבְנֵי נָשָׁא, מַאי טַעְמָא אִיהִי קָיְימַת עַד הַשְׁתָּא. אָמַר לֵיהּ הָכִי הוּא. אֲבָל לִילִית וְנַעֲמָה וְאָגְרַת בַּת מָחֲלַת דְּנָפְקַת מִסִּטְרָא דִלְהוֹן כֻּלְהוּ קַיָּימוֹת עַד דִּיבַעֵר קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, רוּחַ מְסָאֳבָא מֵעָלְמָא דִּכְתִיב (זכריה יג) וְאֶת רוּחַ הַטֻּמְאָה אַעֲבִיר מִן הָאָרֶץ.

אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן וַוי לוֹן לִבְנֵי נָשָׁא אִנּוּן דְּלָא יָדְעִין וְלָא מַשְׁגִּיחִין וְלָא מִסְתַּכְּלִין וְכֻלְהוּ אֲטִימִין דְּלָא יָדְעִין כַּמָּה מַלְיָיא עָלְמָא מִבִּרְיָין מְשַׁנְיָין דְּלָא אִתְחֲזוּן וּמִמִלִין סְתִימִין. דְּאִלְמָלֵא (יהיב) אִתְיְיהַב רְשׁוּ לְעֵינָא לְמֶחֱזֵי, יִתְמְהוּן בְּנֵי נְשָׁא הֵיךְ יָכְלִין לְאִתְקָיְימָא בְּעָלְמָא.

תָּא חֲזֵי, הַאי נַעֲמָה אִמָּא דְשֵׁדִין הֲוַת. וּמִסִּטְרָהּ אַתְיָין כָּל אִנּוּן שֵׁדִין דְּמִתְחַמְּמָן מִבְּנִי נָשָׁא וְנָטְלֵי רוּחַ תִּיאוּבְתָּא מִנַּיְיהוּ וְחָיְיכַת בְּהוֹן דְּעָבְדֵי לוֹן בַּעֲלֵי קֶרְיָין. וּבְגִין דְּבַעַל קֶרִי אָתֵי מִסִּטְרָא דְרוּחַ מְסָאֳבָא, בָּעֵי לְאַסְחָאָה גַרְמֵיהּ לְאִתְדַּכָּאָה מִנֵּיהּ. וְהָא אוּקְמוּהָ חַבְרַיָא:

זֶה סֵפֶר תּוֹלְדוֹת אָדָם לִדְיוֹקְנִי. אָמַר רַבִּי יִצְחָק אַחְמֵי קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְאָדָם דְּיוֹקְנֵי דְּכָל אִנּוּן דָּרִין דְּיֵיתוּן לְעָלְמָא. וְכָל חַכִּימֵי עָלְמָא וּמַלְכֵי עָלְמָא דִּזְמִינִין לְקָיְימָא עֲלַיְיהוּ דְיִשְׂרָאֵל. (כד) מָטָא לְמֶחֱמֵי דָּוִד מַלְכָּא דְיִשְׂרָאֵל דְּאִתְיְילִיד וּמִית. אָמַר לֵיהּ (ד''א ל''ג אמר וכו) (קמ א, קסח א) מִשְּׁנִין דִּילִי (אוסיף) אוֹזִיף לֵיהּ ע' שְׁנִין. וְגָרְעוּ מֵאָדָם ע' שְׁנִין וְסָלִיק לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְדָוִד.

וְעַל דָּא שַׁבַּח דָּוִד וְאָמַר (תהלים צב) כִּי שִׂמַּחְתַּנִי
(Ⅰ)

*****

[55b]  
[...] ô Seigneur, par vos ouvrages ; et je tressaillerai d’allégresse en considérant les œuvres de vos mains. » David dit à Dieu : Qui est-ce qui m’a rempli de joie en m’accordant la vie sur la terre, ? Et il répondit lui-même : Ce sont vos ouvrages, ce qui veut dire : c’est Adam, le premier homme, qui est l’ouvrage du Saint, béni soit-il, et non pas celui d’un homme de chair et de sang. C’est pour la raison que nous venons d’indiquer que le Saint, béni soit-il, défalqua soixante-dix ans des mille qui lui ont été primitivement fixés. Le Saint, béni soit-il, continua à lui montrer les sages de toutes les générations futures. Lorsqu’il arriva à Rabbi Aqiba, Adam se réjouissait à la vue de la grande érudition de ce maître ; mais il s’attrista en en voyant le martyre. C’est alors qu’Adam s’écria (Ps. , CXXXIX, 16 et 17) : « Tes yeux m’ont vu lorsque j’étais encore informe, et tout est écrit dans ton livre : les jours ont chacun leur événement, et nul d’eux ne manque à y être inscrit. Mais je vois que tu as honoré tes amis d’une façon toute particulière, et leur empire s’est affermi extraordinairement. »
L’Écriture dit : « Voici le livre de la Genèse d’Adam. » Ces paroles doivent être prises à la lettre ; car c’est un livre proprement dit qu’Adam avait en sa possession, ainsi que cela a été déjà dit ci-dessus (61). Car lorsqu’Adam se trouva dans le jardin de l’Éden, le Saint, béni soit-il, lui fit descendre un livre par l’intermédiaire de l’ange Raziël, ange des régions sacrées et chef des Mystères suprêmes. Dans ce livre était gravé le saint mystère de la « Sagesse» (Hocmâ). Le nom sacré de soixante-douze lettres y était expliqué à l’aide des six cent soixante-dix mystères qu’il renferme. Au milieu du livre était gravé le mystère de la « Sagesse éternelle», à l’aide duquel on découvre les mille cinq cents clefs qui ne sont confiées à aucun être céleste. Ce mystère est resté caché à tous les êtres célestes jusqu’au jour où ce livre est parvenu entre les mains d’Adam. Les Anges s’assemblèrent alors autour d’Adam pour entendre la lecture de ce livre et pour arriver ainsi à connaître le mystère de la « Sagesse ». Les Anges s’écrièrent (Ps. , LVII, 6) : « Ô Seigneur, élève-toi au-dessus des cieux, et que ta gloire éclate sur toute la terre. »
En ce moment, l’ange sacré du nom d’Hadraniel fit mander auprès d’Adam un de ses subordonnés, qui lui dit : « Adam, Adam! Sois jaloux du don glorieux dont ton Maître t’a jugé digne, et ne le montre à personne ; car aucun des êtres célestes n’est autorisé à connaître le mystère du Maître ; tu es le seul qui en possèdes le secret. » Adam cacha alors ce livre qu’il conserva en sa possession jusqu’au jour où il quitta le jardin de l’Éden. Tant qu’il le possédait, il ne fit que l’étudier avec recueillement, et il y découvrit des mystères ignorés même des anges supérieurs, appelés «les soleils célestes. » Mais lorsqu’il pécha en transgressant le commandement de son Maître, ce livre s’envola. Adam se frappa alors sur la tête, pleura et s’enfonça jusqu’au cou dans les eaux du fleuve Ghion, de sorte que tout son corps se couvrit de rides au point de le rendre méconnaissable. Le Saint, béni soit-il, fit alors signe à l’ange Raphaël, qui lui rapporta le livre. Adam se remit à l’étudier et le légua à son fils Seth qui, à son tour, le fit passer à sa postérité. C’est ainsi que ce livre parvint à Abraham qui, grâce aux mystères contenus dans ce livre, a su pénétrer la gloire de son Maître, ainsi que cela a été dit. Henoch aussi possédait ce livre, grâce auquel il sut pénétrer la gloire de son Maître (62).
Il est écrit (Gen. , V, 2) : « Il les créa mâle et femelle. »
Rabbi Siméon dit : « Ces deux versets du commencement du cinquième chapitre de la Genèse renferment de grands mystères. Dans les mots : « Il les créa mâle et femelle », est exprimé le mystère suprême qui constitue la gloire de Dieu, qui est inaccessible à l’intelligence humaine et qui fait l’objet de la Foi. C’est par ce mystère que l’homme a été créé.
Remarquez que l’homme a été créé par le même mystère que le ciel et la terre ; car, pour la création du ciel et de la terre, l’Écriture se sert du terme (Gen. , I, 4) : « Voici la Genèse du ciel et de la terre », et, pour la création de l’homme, elle emploie un terme semblable (Gen. , V, 1) : « Voici le livre de la Genèse de l’homme. » En outre, pour la création du ciel et de la terre, l’Écriture se sert du terme (Gen. , I, 4) : « be hibaram » (lorsqu’ils furent créés), et, pour la création de l’homme, l’Écriture se sert d’un terme analogue, « be iom hibaram » (au jour qu’ils furent créés). L’Écriture dit : « Il les créa mâle et femelle. » Nous en inférons que toute figure qui ne représente pas le mâle et la femelle ne ressemble pas à la figure céleste. Ce mystère a déjà été expliqué.
Remarquez que le Saint, béni soit-il, n’élit pas domicile là où le mâle et la femelle ne sont point unis ; il ne comble de ses bénédictions que le lieu où le mâle et la femelle sont unis.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Il les bénit et leur donna le nom d’Adam. » Ainsi, l’Écriture ne dit pas : « Il le bénit et lui donna le nom d’Adam », parce que Dieu ne bénit que lorsque le mâle et la femelle sont unis. Le mâle seul ne mérite pas même le nom d’ « homme », tant qu’il n’est pas uni à la femelle ; c’est pourquoi l’Écriture dit : « Et il leur donna le nom d’homme. »
Rabbi Yehouda dit : Depuis le jour de la destruction du temple, les bénédictions célestes n’atteignent plus Israël, et ainsi toutes les bénédictions que le Saint, béni soit-il, répand chaque jour sur le monde sont perdues pour Israël, ainsi qu’il est écrit (Is. , LVII, 1) :« Le juste est perdu, et personne ne le prend à cœur. » Que signifient les paroles : « Le juste est perdu» ? L’Écriture veut dire que les bénédictions célestes qui reposent sur lui sont perdues, ainsi qu’il est écrit : « Les bénédictions sont sur la tête du juste » ; et ainsi qu’il est écrit (Jér. , VII, 28) : « Voici le peuple qui n’a point écouté la voix du Seigneur son Dieu, et qui n’a point voulu recevoir ses instructions ; il a perdu la Foi ; elle est bannie de sa bouche. » C’est pourquoi l’Écriture (Gen. , V, 2) dit : « Et il les bénit. » Et pour spécifier celui dont émanent les bénédictions, elle ajoute ailleurs (Gen. , I, 28) : « Et Élohim les bénit. » C’est de Seth que sont issus toutes les générations et tous les justes du monde.
Rabbi Yossé dit : Après qu’Adam eut transgressé le commandement de Dieu, il n’avait plus aucun droit d’employer les lettres de l’alphabet qui servirent d’instruments au même commandement. Mais comme Adam avait encore quelque chose de bon, les deux dernières lettres de l’alphabet lui furent encore accessibles. Aussi, s’en servit-il pour le nom de son fils Seth [...]

ה' בְּפָעֳלֶךָ בְּמַעֲשֵׂי יָדֶיךָ אֲרַנֵּן. מָאן גָּרַם לִי חֶדְוָה (בהאי) בְּעָלְמָא, פָּעֳלֶךָ דָּא הוּא אָדָם קַדְמָאָה דְּאִיהוּ פָּעֳלוֹ דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, וְלָא פָּעֳלוֹ דְּבָשָׂר וָדָם. מַעֲשֵׂה יָדָיו דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וְלָא מִבְּנֵי נָשָׁא. וְעַל דָּא גָּרְעִי אִנּוּן שִׁבְעִין שְׁנִין מֵאָדָם, מֵאֶלֶף שְׁנִין דְּהֲוָה לֵיהּ לְאִתְקָיְימָא בְּהוּ. וְאַחְמֵי לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא כָּל חַכִּימֵי דָרָא וְדָרָא. עַד דְּמָטָא לְדָרֵיהּ דְּרַבִּי עֲקִיבָא. וְחָמֵי אוֹרַיְיתָא דִידֵיהּ וְחָדֵי. חָמֵי מִיתָתֵיהּ וְעֲצִיב. פָּתַח וְאָמַר (תהילים קל״ט:י״ז) וְלִי מַה יָּקְרוּ רֵעֶיךָ אֵל מֶה עָצְמוּ רָאשֵׁיהֶם:

זֶה סֵפֶר, סֵפֶר וַדַּאי. וְהָא (לעיל לז ב) אוֹקִימְנָא דְּכַד הֲוָה אָדָם בְּגִנְתָּא דְעֵדֶן נָחִית לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא סִפְרָא עַל יְדָא דְרָזִיאֵל מַלְאָכָא קַדִּישָׁא מְמַנָּא עַל רָזֵי עִלָּאִין קַדִּישִׁין וּבֵיהּ גְּלִיפִין גִּלּוּפֵי עִלָּאִין וְחָכְמָה קַדִּישָׁא. וְשִׁבְעִין וּתְרֵין זִינֵי דְחָכְמְתָא הֲווּ מִתְפָּרְשָׁן מִנֵּיהּ לְשִׁית מְאָה וְשִׁבְעִין גְּלִיפִין דְּרָזֵי עִלָּאֵי.

בְּאֶמְצָעִיתָא דְּסַפְרָא גְּלִיפָא דְּחָכְמְתָא לְמִנְדַע אֶלֶף וְחֲמֵשׁ מְאָה מַפְתְּחָן דְּלָא אִתְמַסְּרָן לְעִלָּאֵי קַדִּישֵׁי. וְכֻלְהוּ אִסְתִּימוּ בֵּיהּ בְּסַפְרָא עַד דְּמָטָא (ד''א ליה לאדם, כיון דמטא) לְגַבֵּי דְאָדָם, (מניה) הֲווּ מִתְכַּנְּשֵׁי מַלְאֲכֵי עִלָּאֵי לְמִנְדַע וּלְמִשְׁמַע. וְהֲווּ אָמְרֵי (תהילים נ״ז:ו׳) רוּמָה עַל הַשָּׁמַיִם אֱלהִים עַל כָּל הָאָרֶץ כְּבוֹדֶךָ.

בָּה שַׁעֲתָא אִתְרְמִיז לְגַבֵּיהּ הדרניאל מַלְאָכָא קַדִּישָׁא וְאָמַר לֵיהּ, אָדָם, אָדָם, הוֵי גָנִיז יְקָרָא דְּמָארָךְ דְּלָא אִתְיְיהִיב רְשׁוּתָא לְעִלָּאֵי לְמִנְדַע בִּיקָרָא דְמָרָךְ בַּר אַנְתְּ. וְהֲוָה עִמֵּיהּ טָמִיר וְגָנִיז הַהוּא סִפְרָא עַד דְּנָפַק אָדָם מִגִּנְתָּא דְעֵדֶן. דְּהָא בְּקַדְמִיתָא הֲוָה מְעַיֵּין בֵּיהּ וּמִשְׁתַּמֵשׁ כָּל יוֹמָא בְּגִינְזַיָא דְּמָרֵיהּ וְאִתְגַּלְיָין לֵיהּ רָזִין עִלָּאִין מַה דְּלָא יָדְעוּ שַׁמָּשֵׁי עִלָּאִין. כֵּיוָן דְּחָטָא וְעֲבַר עַל פִּקּוּדָא דְּמָארֵיהּ פָּרַח הַהוּא סִפְרָא מִנִּיהּ. וְהֲוָה אָדָם טֹפֵחַ עַל רֵישׁוֹי וּבָכֵי וְעָאל בְּמֵי גִיחוֹן עַד קָדְלֵיהּ וּמַיָא עָבְדִין גּוּפֵיהּ חֲלָדִין חֲלָדִין וְאִשְׁתַּנֵּי זִיִוִיהּ.

בְּשַׁעֲתָא הַהִיא רָמַז קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לִרְפָאֵל וְאָתִיב לֵיהּ הַהוּא סִפְרָא וּבֵיהּ הֲוָה מִשְׁתַּדֵּל אָדָם וְאֲנַח לֵיהּ לְשֵׁת בְּרֵיהּ וְכֵן לְכָל אִנּוּן תּוֹלְדוֹת עַד דְּמָטָא לְאַבְרָהָם וּבֵיהּ הֲוָה יָדַע לְאִסְתַּכָּלָא בִּיקָרָא דְמָארֵיהּ וְהָא אִתְּמָר. וְכֵן לְחֲנוֹךְ אִתְיְיהַב לֵיהּ סִפְרָא וְאִסְתַּכַּל מִנֵּיהּ בִּיקָרָא עִלָּאָה:

סִתְרֵי תּוֹרָה

השלמה מההשמטות (סימן ט) וַיוֹלֶד בִּדְמוּתּוֹ כְּצַּלְמוֹ וַיִּקְרָא אֶתּ שְׁמוֹ שֵׁתּ אוֹלִיפְּנָא מֵהָכָא דְאֲחַרִינָן לָא הֲווּ בְּדִיּוּקְנָא דִילֵיהּ וְדָא בִּדְמוּתּוֹ כְּצַּלְמוֹ אִתְּעֲבִיד בְּתִּיקוּנא דְּגוּפֵּיהּ וּבְתִּיקוּנָא דְּנַפְּשָׁא בְּאוֹרַח מֵישַׁר כְּדְקָא יִאוֹתּ.

תּא חֲזֵי נָחָשׁ אַטִיל זוֹהֲמָא בְּחַוָּה וְהַהוּא זוֹהֲמָא הֲוָה מֵכַּשְׁכֵּשָׁא בִּמְעָהָא וְלָא יָכִיל לְאִצְּטַיְירָא בְּגִין דְּעַד לָא חַטָא אָדָם הֲווּ אַתְּוָון בְּאַלְפָּא בֵּיתָּא מִתְּתַּקְנֵי בֵּיה וְאִתְּצַּיְּירָן בֵּיה בְּהַאי עַלְמָא עַד דְמַטָתּ לְאָתּ כ''ף אִתְּתְּקָנוּ דְכָר וְנוּקְבָא בְּחַבִיבוּ בְּגִנְתָּא וּמַלְאֲכֵי עִלָּאֵי קַמַּיְיהוּ מִיָד אֲבְאִישׁ לְסמ''אל בִּרְקִיעָא וְנָחַתּ וְרָכָב עַל נָחָשׁ תַּקִיף וְאַחְזִי קַמֵּיהּ מַיָא אִתְּעֲרְבוּ אַתְּוָון כְּדֵין אִתְּחַבָּר סמ''אל בְּהַהוּא נָחָשׁ וְאִתְּעֲבִידוּ חַד, וְנָטְלוּ אַתְּוָון וְעָבִידוּ מִתַּמָּן וַהֲלְאָה אוּמָנוּתָּא בִּישָׁא בְּאַתְּוון צּ''ד צּי''ד וְהַיְינוּ צּ''ץ וְצָּדוּ לְהוּ בְּפִּתּוּיָא בִּישָׁא וַעֲבְדוּ אוּמָנוּתָּא יַתִּיר בְּאַתְּוון ק''ר אוּמָנוּתּ דְשִׁקְרָא בְּגִין דְאִתְּהֲדָרוּ לְאַפְּכָא (להפכא) אַתְּוָון בְּאוּמָנוּתָּא בִּישָׁא. קו''ף דְלָא יָכִיל לְקַיְימָא דְּלֵיתּ לָהּ רַגְלִין קוֹפָּא קַמֵּיהּ בְּנֵי נָשָׁא לֵיתּ לֵיהּ קִיוּמָא.

רי''ש רָע, אִלֵּין אִתְּהֲפָּכוּ בְּאוּמָנוּתָּא בִּישָׁא עַל דְנַפְּלוּ אָדָם וְאִתְּתֵּיהּ וּבְאִלֵּין אַתְּוָון ק''ר אוֹלִידוּ בְּנִין ולא הֲווּ בְּקִיּוּמָא בְּדִיל זוֹהֲמָא דְנָחָשׁ דְאִשְׁתָּאִיב בְּחַוָּה מֵהַהוּא זוֹהֲמָא מַמָּשׁ אִתְּיְלִיד קַיִן וּבְגִין דָּא אִשְׁתְּכַח קָטוֹלָא בְּגִין דְנָחָשׁ אוּמָנוּתָּא דִּילֵיהּ קָטוֹלָא הוּא וְאִתְּעֲכְּבוּ אַתְּוָון עַד הָכָא.

בְּשעׁתָּא דְּתָּב אָדָם בְּתִּיּוּבְתָּא וְאַהֲדַר כְּמִלְקַדְמִין לְשָׁמְשָׁא בְּנוּקְבֵיהּ מָה כְּתִּיב וַיוֹלֶד בּדמוּתּוֹ כְּצַּלְמוֹ דָּא הֲוָה מֵתִּיקוּנָא דְרוּחָא וְגוּפָּא כְּדְקָא יֵאוֹתּ וּכְדֵין כְּתִּיב (קהלת ה') יְשִׁ הֶבֶל אֲשֶׁר נַעֲשָׂה על הָאָרֶץ ואֲהַדְרוּ אַתְּוָון בְּשֵׁירוּתָּא דשי''ן ותּי''ו דִּכְתִּיב (בראשית ד') כִּי שָׁתּ לִי אֱלהִים זְרַע אַחֵר תַּחַתּ הֶבֶל שֵׁתּ הוּא בְּצֶּלֶם וּדְמוּתּ דְקַדְמָאֵי לָאו הֲכִי וּמֵהָכָא אִתְּבְּנֵי עַלְמָא בְּגווָֹנָא אַחָרָא דְאַלְפָּא בֵּיתָּא, קֵינָן וּמַהֲלַלְאֵל יֶרֶד, אִתּוֹסַף לְאַתְּקְנָא סִידוּרָא דְעַלְמָא בְּשֶׁבַע קִטְרִין סְגָלְגֶלָן.

שֶׁבַע אַרְצּוֹתּ אִינוּן דּא לְעֵילָא מִן דָּא כְּמָה דְּאִינּוּן שִׁבְעָה רְקִיעִין דָּא לְעֵילָא מִן דָּא וְאִינּוּן אֶרֶץ אֲדָמָה אַרְקָא גֵיא נְשִׁיָּה צִּיָּה תֵּבֵל. תֵּבֵל לְעֵילָא מִכֻּלְּהוּ, דִכְתִּיב (תהלים ט') והוּא יִשְׁפּוֹט בְּצֶּדֶק כַּד נָפַּק אָדָם מִגִּנְתָּא דְעֵדֶן וְאִתְּתַּרַךָ מִתַּמָּן אִתְּרַמֵי לְהַהוּא דְאִיקְרֵי אֶרֶץ ואִיהוּ אֲתַּר חשוּךְּ דְּלֵיתּ תַּמָּן נְהִירוּ כְּלָל וְלָא מְשַׁמֵּשׁ כְּלוּם וְכֵיוָן דְּאָדָם עָאל תַּמָּן דָחִיל דְּחִילוּ סַגִּי ולהַט הַחֶרֶב הַמִּתְּהַפֶּכֶתּ הֲוָה מֵלָהַטָא בְּכָל סִטְרִין גּוֹ אֶרֶץ.

כֵּיוָן דְּנָפַּק שַׁבָּתּ וְהִרְהֵר תְּשׁוּבָה אַפִּיק קוּדְשָׁא בְּרִיךָ הוּא לֵיהּ לְהַהוּא אֲתַּר דְאִקְּרֵי אֲדָמָה דִּכְתִּיב (בראשית ג') לַעֲבוֹד אֶתּ הָאֲדָמָה, בְּהַאי אִיתּ נְהִירוּ דְנָהִיר וְדִיּוּקְנִין דְכֹכְבַיָּא וּמַזָּל, וְתַּמָּן יוֹמָא וְצִּיּוּרִין דִּבְנֵי נַשָׁא עִלָּאִין גַבְרִין דְּנַפְּקוּ מֵאָדָם בְּמֵאָה וּתְּלָתִּין שְׁנִין דְּקָא הֲוָה משמּש בְּרוּחֵי נוּקְבֵי ואִינּוּן עֲצִּיבִין תָּדִיר, תַּלְיָא בְּהוּ חֶדְוָה ואִלֵּין מֵשָׁטְטֵי וְנָפְּקֵי לְעַלְמָא דָּא וּמִתְּהַפְּכָן לְסִטְרָא בִּישָׁא וּמִתְּהַדְרָן תַּמָּן וְצָּלַאן צְּלוֹתָּא וּמִתְּיָישְׁבָן בְּדוּכְתָּיְיהוּ תַּמָּן, וְזַרְעִין זַרְעִין בְּרֵיחִין, ואַכְלֵי. וְחִטִין לֵיתּ תַּמָּן וְלָא חַד מִז' מִינֵי תְּבוּאָה.

בְּהַאי אֲתַּר אִתְּיְלִיד קַיִן וְהֶבֶל, כֵּיוָן דְחָטָא קַיִן אָחִיתּ לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךָ הוּא מֵהַהוּא אֲתַּר דְאִקְּרֵי אֲדָמָה כְּתִּיב (בראשית ד') הֵן גֵרַשְׁתָּ אוֹתִּי הַיּוֹם מֵעַל פְּנֵי הָאֲדָמָה מֵהַהוּא אֲתַּר דְאִקְרֵי אֲדָמָה והֲיִיתִּי נָע ונָד בָּאָרֶץ בְּגִין דְּתַּמָּן אִתְּדַחָא וְאִתְּתַּרַךָ.

וְהָיָה כָּל מוֹצְּאִי יַהֲרְגֵנִי בְּהַהוּא לַהַט הַחֶרֶב הַמִּתְּהַפֶּכֶתּ וַהֲוָה דָחִיל וְהִרְהֵר תְּשׁוּבָה וְסָלִיק לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךָ הוּא לְאַרְקָא וַהֲוָה תַּמָּן וְאוֹלִיד בְּנִין בְּאַרְקָא וּבְאַרְקָא אִיתּ נְהִירוּ דְנָהִיר מִגּוֹ שִׁמְשָׁא, וְזַרְעִין זַרְעִין וְנָטְעִין אִילָנִין וְלֵיתּ תַּמָּן חִטִין ולא מֵאִינוּן שֶׁבַע זִינֵי תְּבוּאָה. כָּל אִינוּן דְּתַּמָּן אִינוּן מִתּוֹלָדִין דְּקַיִן וְאִינּוּן בִּתְּרֵין רֵישִׁין מִנְּהוֹן גַבְרִין עִלָּאִין וּמִנְהוֹן גַבְרִין זְעִירִין וְלֵיתּ בְּהוּ דַּעְתָּא שְׁלִים כִּשְׁאָר בְּנֵי נַשָׁא דְהָכָא, לְזִמְנִין אִינוּן זַכָּאִין ואִתְּהֲדְרָן לְסִטְרָא טָבָא וּלְזִמְנִין אִתְּהֲדְרָן לְסִטְרָא בִּישָׁא וּמוֹלִידִין וּמֵתִּין כִּשְׁאַר בְּנֵי נָשָׁא.

אָדָם הֲוה בְּאֲדָמָה (וארקא) עַד דְּאוֹלִיד שֵׁתּ וּמִתַּמָן סָלִיק לְעֵילָא ד' דַרְגִּין וְסָלִיק לְהַאי אֲתַּר דְאִקְּרֵי תֵּבֵל וְדָא תֵּבֵל אִיהוּ עִלָּאָה דְכֻלְּהוּ דַרְגִּין. כֵּיוָן דְסָלִיק סָלִיק לַאֲתָּר בֵּיתּ מַקְדְּשָׁא דְאִקְּרֵי בְּאִינוּן שְׁמָהָן דַהֲוָה דִּיוֹרֵיהּ בָּהּ אֶרֶץ אֲדָמָה דְהַכִי אִקְרֵי דָּלִיג אָדָם תְּלָתּ דוּכְתֵּי גֵיא, נְשִׁיָּה, צִּיָּה, גֵיא אִיהוּ אֲתַּר וְדּוּכְתָּא סַגִּי כְּהַאי פּוּתְּיָא וְאַרְכָּא דִּגֵיהִנָּם בַּגַּיא וּנְשִׁיָּה וְצִּיָּה אִתְּבַּדָּרוּ דְבָּנוּ מַגְדְּלָא ואוֹלִידוּ תַּמָּן על דְאַרְגִיזוּ לְמַלְכָּא עִלָּאָה בְּגִין דָּא קָרִיב לְנוּרָא דְּדָלִיק.

וְאִיתּ בְּנֵי נָשָׁא יְקִירֵי בְּכָל עוּתְּרָא וְעֲפְּרוֹתּ זָהָב וְאַבְנִין יְקִירִין מָאן דְּעָאל תַּמָּן וַהֲוָה מִתֵּבֵל בְּחַמִידוּ דְּהַהוּא עוּתְּרָא יָהֲבִין לֵיהּ וְסָלִיק לְזִמְנִין לְדּוּכְתָּא דְאִקְּרֵי נְשִׁיָּה כְּגוֹן דְּאִתְּנָשׁוּ תַּמָּן ונָחִיתּ לְהַאי גֵיא וְלָא יָדַע אֲתַּר דַּהֲוָה מִתַּמָּן. גֵיא דָּא הוּא בְּאֶמְצָּעוּתָּא דְּעֵילָּא וְתַּתָּא וְדָא אִיקְּרֵי גֵיא בֵּן הִנוֹם. וּרְצּוּעָה חֲדָא נָפְּקָא מִתַּמָּן לְעֵילָא לְהַאי תֵּבֵל וְאִיקְּרֵי אוּף הֲכִי גֵיא בֵּן הִנוֹם וְתַּמָּן פִּתְּחָא דְּגֵיהִנָּם.

אִינוּן בְּנֵי נָשָׁא דְּתַּמָּן כּוּלְהוּ יָדְעֵי חַרְשִׁין וחַכָּמָאן יְקִירִין וְתַּמָּן זַרְעֵי ונַטְעֵי אִילָנִין ולֵיתּ תַּמָּן חִטִין וְלָא חַד מִשִׁבְעַתּ הַמִינִים. בִּנְשִׁיָה אִיתּ בְּנֵי נָשָׁא כּוּלְהוּ קְטִיעִין זְעִירִין וְלֵיתּ לְהוֹן חוֹטְמִין בָּר תְּרֵין נוּקְבִין דְנָפִּיק בְּהוּ רוּחָא וְכָל מָה דְּעַבְדֵי מִיָד מִשִׁתַּכְּחֵי וְעַל דָּא אִיקְרֵי נְשִׁיָּה וזַרְעֵי ונַטְעֵי אִילָנִין ולֵיתּ תַּמָּן חִטִין ולֹא מִשִׁבְעַתּ הַמִינִים.

צִּיָ''ה אִיהוּ אֲתַּר כִּשְׁמֵיהּ בֵּיה יְבֵשׁוּתָּא בְּכוֹלָא וְתַּמָּן בְּנֵי נָשָׁא שַׁפִּירָן בְּחֵיזוּ וּמִגוֹ דְאִיהוּ צִּיָּה כַּד יַדְעֵי אֲתַּר דִּמְקוֹרָא דְּמַיִין נָבְעִין עָאלִין תַּמָּן וּלְזִמְנִין דְּסָלְקִין מִגּוֹ אֲתַּר דְמַיָּא וְסָלְקִין לְהַאי תֵּבֵל וְאִינּוּן בְּנֵי מְהֵימְנוּתָּא יַתִּיר מִבְּנֵי נָשָׁא אָחֳרָנִין וּבֵינַיְיהוּ דִיוּרִין טָבִין וְעוּתְּרָא סַגִּי וְזַרְעֵי מִגּוֹ יְבֵשׁוּתָּא דְּהָתָּם וְנַטְעֵי אִילָנִין ולא מַצְּלִיחִין וְתִּיאוּבְתָּא דִילְהוֹן לִבְנֵי נָשָׁא דְהָכָא. וּמִכֻּלְּהוּ לֵיתּ דְאַכְלֵי נַהֲמָא כַּד (ס''א בר) אִלֵּין דְהָכָא דְבְּתֶּבֶל הַכָא לְעֵילָא מִכָּל אִלֵּין תֵּבֵל וּכְתִּיב (תהילים ט׳:ט׳) והוּא ישְׁפּוֹט תֵּבֵל בְּצֶּדֶק.

כְגַוְונָא דְכָל אִלֵּין אַרְעָאן אִיתּ בְּהַאי תֵּבֵל וְכָל אִלֵּין שְׁמָהָן אִיתּ לָהּ אוּף הֲכִי בְּגִין דְאִיהִי שְׁבִיעָאָה אִיתּ הָכָא כְּגווֹנָא דְּאִינּוּן דוּכְתֵּי תְּחוּמִין וְדוּכְתֵּי הָכָא וְאִיקְּרֵי כּל חַד וְחַד כְּגווָֹנָא דְּהַהוּא דּוּכְתָּא דִלְתַּתָּא. וְכָל אִלֵּין בְּדִיוּרִין דִבְנֵי נָשָׁא מְשַׁנְיָין אִלֵּין מֵאִלֵּין (תהלים ק''ד) מָה רָבּוּ מַעֲשֶׂיךָ יְיָ כֻּלָּם בְּחָכְמָה עָשִׂיתָּ מָלְאָה הָאָרֶץ קִנְיָנְךָ ע''כ: (עד כאן מההשמטות)

זָכָר וּנְקֵבָה בְּרָאָם. רַבִּי שִׁמְעוֹן אָמַר רָזִין עִלָּאִין אִתְגַּלְּיָין בְּהָנִי תְּרֵי קְרָאֵי. זָכָר וּנְקֵבָה בְּרָאָם, לְמִנְדַע יְקָרָא עִלָּאָה רָזָא דִּמְהֵימָנוּתָא דְּמִגּוֹ רָזָא דְּנָא אִתְבְּרֵי אָדָם. תָּא חֲזֵי בְּרָזָא דְאִתְבְּרִיאוּ שָׁמַיִם וָאָרֶץ אִתְבְּרֵי אָדָם. בְּהוּ כְּתִיב אֵלֶּה תּוֹלְדוֹת הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ (בהבראם). בְּאָדָם כְּתִיב זֶה סֵפֶר תּוֹלְדוֹת אָדָם. בְּהוּ כְּתִיב בְּהִבָּרְאָם. בְּאָדָם כְּתִיב בְּיוֹם הִבָּרְאָם. זָכָר וּנְקֵבָה בְּרָאָם. מֵהָכָא (אוליפנא) כָּל דִּיוּקְנָא דְּלָא אִשְׁתְּכַח בֵּיהּ דְּכַר וְנוּקְבָא לָאו אִיהוּ דִּיוּקְנָא עִלָּאָה כְּדְקָא חָזֵי. וּבְרָזָא דְמַתְנִיתִין אוֹקִימְנָא.

תָּא חֲזֵי, בְּכָל אֲתַר דְּלָא אִשְׁתַּכְּחוּ דְּכַר וְנוּקְבָא כְּחֲדָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לָא שָׁוִי מְדוֹרֵיהּ בְּהַהוּא אֲתַר. וּבִרְכָאן לָא אִשְׁתַּכָּחוּ אֶלָּא בְּאֲתַר דְּאִשְׁתְּכַח דְּכַר וְנוּקְבָא. דִּכְתִיב וַיְבָרֶךְ אוֹתָם וַיִּקְרָא אֶת שְׁמָם אָדָם בְּיוֹם הִבָּרְאָם. וְלָא כְּתִיב וַיְבָרֶךְ אוֹתוֹ וַיִּקְרָא אֶת שְׁמוֹ אָדָם. דְּאֲפִילּוּ אָדָם לָא אִקְרֵי אֶלָּא דְּכַר וְנוּקְבָא כְּחֲדָא.

רַבִּי יְהוּדָה אָמַר מִיּוֹמָא דְּאִתְחָרַב בֵּי מַקְדְּשָׁא בִּרְכָאן לָא אִשְׁתַּכְּחוּ בְּעָלְמָא וְאִתְאֲבִידוּ בְּכָל יוֹמָא. דִּכְתִיב, (ישעיהו נ״ז:א׳) הַצַּדִּיק אָבַד. מַאי אָבַד, אָבַד בִּרְכָאן דְּהֲווּ שָׁרְיָין בֵּיהּ כְּמָה דִכְתִיב, (משלי י׳:ו׳) בְּרָכוֹת לְרֹאשׁ צַדִּיק. וּכְתִיב, (ירמיהו ז׳:כ״ח) אָבְדָה הָאֱמוּנָה. כְּגַוְונָא דָא כְּתִיב וַיְבָרֶךְ אוֹתָם וּכְתִיב וַיְבָרֶךְ אוֹתָם אֱלֹהִים. מִשֵּׁ''ת אִתְיַיחֲסוּ כָּל דָּרֵי עָלְמָא וְכָל אִנּוּן צַדִּיקֵי קְשׁוֹט דְּהֲווּ בְּעָלְמָא.

אָמַר רַבִּי יוֹסֵי אִלֵּין אַתְוָון בַּתְרָאִין דְּהֲווּ בְּאוֹרַיְיתָא (לאשתכחא) אִשְׁתַּכָּחוּ בָּתַר דַּעֲבָר אָדָם עַל אַתְוָון דְּאוֹרַיְיתָא כֻּלְהוּ (בסדר תשר''ק. ובגין כך קרא לההוא ברא דאיהו כדמותו
(Ⅰ)

*****

[56a]  
[...] Lorsqu’il fit pénitence et se réconcilia avec son Maître, les lettres recommencèrent progressivement à lui devenir accessibles ; mais elles le devinrent dans le sens inverse : d’abord, le Thav, ensuite le Schin, après le Resch, le Couph, et ainsi de suite. Voici la raison pour laquelle Adam appela son fils Seth, nom composé du Schin et du Thav. A partir de ce moment, les lettres demeurèrent disposées dans le sens inverse, jusqu’au jour où Israël fut placé au pied du mont Sinaï ; c’est alors seulement que les lettres furent disposées de nouveau dans l’ordre normal qu’elles avaient au jour de la création des cieux et de la terre. Cette remise dans l’ordre des lettres de l’alphabet contribua à embaumer le monde et à le solidifier.
Rabbi Abba dit : Le jour où Adam transgressa le commandement de son Maître, les cieux et la terre éprouvèrent le désir de disparaître. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont fondés que sur l’alliance de Dieu avec l’homme, ainsi qu’il est écrit (Jér. , XXXIII, 25) : « Si l’Alliance du jour et de la nuit n’existait pas, je n’aurais pas fait les lois qui régissent les cieux et la terre. » Or, Adam a rompu l’Alliance, ainsi qu’il est écrit (Osée, VI, 7) : « Ils ont rompu, comme Adam, l’Alliance qu’ils avaient faite avec moi. » Si le Saint, béni soit-il, n’avait prévu qu’Israël serait placé un jour au pied du mont Sinaï, pour accepter l’Alliance, le monde n’aurait pas subsisté.
Rabbi Hizqiya dit : Le Saint, béni soit-il, fait la rémission des péchés à quiconque les confesse.
Remarquez qu’en même temps que le Saint, béni soit-il, créa le monde, il fit l’Alliance sur laquelle le monde est basé. Comment savons-nous qu’il en était ainsi ? Nous le savons par le terme de l’Écriture : « Bereschith », qui doit être interprété de cette façon : «Bara schith», c’est-à-dire : «Il créa le fondement » (63)d’où émanent les bénédictions du ciel et sur lequel le monde est basé. C’est cette Alliance qu’Adam avait rompue, et c’est pourquoi il a été chassé de l’endroit qu’il occupait. L’Alliance est ici symbolisée par la lettre Yod du mot « schith » ; quelque petite que soit cette lettre, elle symbolise la base du monde. Lorsqu’Adam eut un fils, il confessa ses péchés et Dieu lui en fit la rémission.
C’est pourquoi il appela son fils du nom de Seth, nom formé des mêmes lettres que le mot « schith », à l’exception de la lettre Yod qui manque dans ce nom, parce que cette lettre désigne l’Alliance qu’Adam avait rompue. C’est pourquoi le Saint, béni soit-il, affermit le monde et fit descendre de Seth toutes les générations des justes. Remarquez, en outre, que lorsqu’Israël fut placé au pied du mont Sinaï, l’Alliance fut placée entre ces deux lettres, c’est-à-dire entre le Schin et le Thav ; car l’Alliance est ici symbolisée par la lettre Beth. Ainsi, l’Alliance, symbolisée par la lettre Beth et placée entre les lettres Schin et Thav, forme le mot « sabbat » (schabath), ainsi qu’il est écrit : « Que les enfants d’Israël observent le sabbat. et qu’ils le célèbrent de génération en génération ; car c’est l’Alliance éternelle entre moi et les enfants d’Israël, et une marque qui durera toujours. »
Rabbi Yossé dit : Les deux lettres Schin et Thav furent ainsi unies à la lettre Beth, ce qui prouve qu’au moment d’être placé au pied du mont Sinaï, Israël pouvait déjà, se servir de toutes les lettres de l’alphabet, bien qu’à l’époque de la naissance de Seth, seules les deux lettres composant son nom eussent été accessibles aux hommes.
Rabbi Yehouda dit : Depuis la naissance de Seth jusqu’à l’événement du mont Sinaï, les lettres devenaient progressivement accessibles aux hommes ; mais ce n’est qu’au mont Sinaï que les lettres paraissent et complètes et disposées dans l’ordre normal.
Rabbi Éléazar dit : A l’époque d’Énos, les hommes étaient très versés dans la science occulte, dans l’art magique et dans toutes les sciences propres à mettre en mouvement les forces surnaturelles. Depuis Adam qui, après avoir été chassé de l’Éden, s’attacha également à l’étude des « feuilles de l’arbre du Bien et du Mal », personne ne connut les sciences occultes aussi bien qu’Énos. Celui-ci les enseigna à ses contemporains, et c’est ainsi qu’elles furent transmises à la génération du Déluge, qui, sachant se servir de cet arcane, brava Noé, en lui affirmant qu’elle était à même, grâce à sa connaissance de l’art magique, de détourner les châtiments dont Dieu la menaça. Comme ce n’est qu’à partir d’Enos que les hommes commencèrent à faire usage de l’art magique, l’Écriture dit (Gen. , IV, 26) : « Il naquit aussi à Seth un fils qu’il appela Énos. Celui-ci commença à invoquer le nom de Jéhovah. »
Rabbi Isaac dit : Tous les justes qui vécurent après Énos s’efforcèrent de faire abandonner par leurs contemporains l’usage de l’art magique. Ainsi, Jared, Mathusala et Henoch firent des tentatives dans le même sens ; mais ils ne purent y parvenir. L’usage de cette science finit par prendre de telles proportions que les coupables pensèrent déjà à se révolter contre leur Maître, en s’écriant (Job, XXI, 15) : « Qui est le Tout-Puissant (Schadaï) pour nous obliger à le servir ? et quel bien nous en reviendra-t-il si nous le prions ? » Certes, ils n’étaient pas si insensés de croire que le Tout-Puissant ne pût les obliger à le servir ; mais, versés dans la science occulte, ils espéraient pouvoir s’en servir pour détourner d’eux les châtiments dont ils furent menacés d’être accablés. C’est alors que le Saint, béni soit-il, remit le monde dans son état [...]

בצלמו ש''ת דאנון קיומא דאתוון). וּבִתְיוּבְתֵּיהּ (ס''א ובתיאובתיה) לְקַמֵּי מָארֵיהּ אָחִיד בְּאִלֵּין תְּרֵין. וּמִכְּדֵין אִתְהַדְּרוּ אַתְוָון לְמַפְרֵעַ בְּסֵדֶר תשר''ק.

וּבְגִין דָא קָרָא לְהַהוּא בְּרָא דְּאִתְיְלִיד לֵיהּ דְּאִיהוּ בִּדְמוּתוֹ כְּצַלְמוֹ שֵׁ''ת דְּאִנּוּן סִיּוּמָא דְּאַתְוָון. וְלָא אִתְתַּקָּנוּ אַתְוָון עַד דְּקָיְימוּ יִשְׂרָאֵל עַל טוּרָא דְסִינַי. וּכְדֵין אַהַדְּרוּ אַתְוָון עַל תִּקּוּנַיְיהוּ כְּיוֹמָא דְּאִתְבְּרִיאוּ שָׁמַיִם וָאָרֶץ. וְאִתְבַּסַּם עָלְמָא וְקָיְמָא עַל קִיּוּמֵיהּ.

רַבִּי אַבָּא אָמַר יוֹמָא דְּעֲבַר אָדָם עַל פִּקּוּדָא דְּמָארֵיהּ, בָּעְיָין שָׁמַיִם וָאָרֶץ (לאתגפא) לְאִתְעַקָּרָא מֵאַתְרַיְיהוּ. מַאי טַעְמָא בְּגִין דְּאִנּוּן לָא קָיְימוּ אֶלָּא עַל בְּרִית דִּכְתִיב (ירמיהו ל״ג:כ״ה) אִם לֹא בְרִיתִי יוֹמָם וָלַיְלָה חֻקּוֹת שָׁמַיִם וָאָרֶץ לא שָׂמְתִּי. וְאָדָם עָבַר בְּרִית שֶׁנֶּאֱמַר (הושע ו׳:ז׳) וְהֵמָּה כְאָדָם עָבְרוּ בְּרִית. וְאִלְמָלֵא דְּגָלֵי קַמֵּי קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא דִּזְמִינִין יִשְׂרָאֵל לְקָיְימָא עַל טוּרָא דְּסִינַי לְקַיְימָא הַאי בְּרִית, לָא אִתְקְיַּים עָלְמָא (דין). רַבִּי חִזְקִיָּה אָמַר כָּל מָאן דְּאוֹדֵי עַל חֶטְאֵיהּ, קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא שָׁבִיק לֵיהּ וּמָחִיל עַל חוֹבֵיהּ.

תָּא חֲזֵי, כַּד בָּרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָלְמָא, עֲבַד הַאי בְּרִית וְקָיְימָא עֲלֵיהּ עָלְמָא. מְנָלָן דִּכְתִיב (בראשית) בָּרָא שִׁית, דָּא בְּרִית דְּעָלְמָא קָיְמָא עֲלֵיהּ. שִׁית דְּמִנֵּיהּ נְגִידִין וְנָפְקָא בִּרְכָאן לְעָלְמָא וְעֲלֵיהּ אִתְבְּרֵי עָלְמָא. וְאָדָם עֲבַר עַל הַאי בְּרִית וְאַעֲבַר לֵיהּ מֵאַתְרֵיהּ (ס''א מעמיה).

הַאי בְּרִית אִתְרְמִיזַת בְּאָת יו''ד אָת זְעֵירָא עִקְּרָא וִיסוֹדָא דְּעָלְמָא. כַּד אוֹלִיד בַּר, אוֹדֵי עַל חֶטְאוֹ וְקָרָא שְׁמֵיהּ ש''ת. וְלָא אַדְכַּר בֵּיהּ יו''ד לְמֶהֱוֵי שִׁית, בְּגִין דְּעֲבַר עֲלֵיהּ. וּבְגִין כָּךְ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא (מהכא) מִינֵּיהּ אִשְׁתִּיל עָלְמָא וְאִתְיַיחֲסוּ כָּל דָּרֵי זַכָּאָה דְּעָלְמָא (משת).

וְתָּא חֲזֵי, כַּד קָיְימוּ יִשְׂרָאֵל עַל טוּרָא דְסִינַי, עָאל בֵּין תְּרֵין אַתְוָון אִלֵּין רָזָא דִּבְרִית. וּמָאן אִיהוּ בֵי''ת. וְעָאל בֵּין תְּרֵין אַתְוָון דְּאִשְׁתְּאָרוּ וְיָהִיב לֵיהּ לְיִשְׂרָאֵל. וְכַד עָאל בי''ת רָזָא דִּבְרִית בֵּין תְּרֵין אַתְוָון אִלֵּין דְּאִנּוּן שי''ן תי''ו (עאלו) וְאִתְעֲבִידוּ שַׁבָּ''ת. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (שמות ל״א:ט״ז) וְשָׁמְרוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַשַּׁבָּת לַעֲשׂוֹת אֶת הַשַּׁבָּת לְדוֹרוֹתָם בְּרִית עוֹלָם. כְּמָא דְּהֲוָה שֵׁירוּתָא דְּעָלְמָא לְאִתְיַיחֲסוּ בְּהוּ כָּל דָּרֵי עָלְמָא מֵאִלֵּין תְּרֵין אַתְוָון ש''ת הֲווּ תַּלְיָין עַד דְּאִשְׁתַּכְלַל עָלְמָא כְּדְקָא יָאוּת וְעָאל בֵּינַיְיהוּ בְּרִית קַדִּישָׁא וְאִשְׁתַּכְלַל בִּשְׁלִימוּ וְאִתְעֲבִידוּ שַׁבָּ''ת.

אָמַר רַבִּי יוֹסֵי אִלֵּין תְּרֵין אַתְוָון אִשְׁתַּכְלְלוּ בְּאָת בֵּי''ת וְכַד (אתהדר אתוון למפרע מן יומא דאתייליד שת אהדרו אתוון בכל דרא ודרא עד דמטי ישראל לטורא דסיני ואתתקנו.)

אָמַר רַבִּי יְהוּדָה לְתַתָּא אִתְהַדְּרוּ. וּבְכָל דָּרָא וְדָרָא הֲוָה גָּפִיף עָלְמָא בְּאַתְוָון וְלָא מִתְיַשְׁבִין בְּדוּכְתַּיְיהוּ. כַּד אִתְיַיהֲבַת אוֹרַיְיתָא לְיִשְׂרָאֵל אִתְתַּקַּן כֹּלָּא (נ''א אתוון כלהו אתתקנו) (כאן שייך מאמר בסתרי אותיות בזוהר חדש דף י, ובדפוס ויניציאה דף יג ב' ויחי אדם כו' ע''ש) רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר בְּיוֹמֵי אֱנוֹשׁ הֲווּ חַכִּימִין בְּנִי נָשָׁא בְּחָכְמָה דְּחַרְשִׁין וְקוֹסְמִין וּבְחָכְמָתָא לְמֶעֱצַר לְחֵילֵי דִשְׁמַיָא. וְלָא הֲוָה בַּר נָשׁ מִיּוֹמָא דְּנָפַק אָדָם מִגִּנְתָּא דְעֵדֶן וְאַפִּיק עִמֵיהּ חָכְמְתָא דְּטַרְפֵּי אִילָנָא דְּאִשְׁתַּדַּל בָּהּ. דְּהָא אָדָם וְאִתְּתֵיהּ וְאִנּוּן דְּנָפְקוּ מִנֵּיהּ עַד דְּאָתָא אֱנוֹשׁ, שְׁבִיקוּ לָהּ.

כַּד אֲתָא אֱנוֹשׁ חָמָא לוֹן וְחָמָא חָכְמַתְהוֹן מְשַׁנְיָין (ס''א משטיין) עִלָּאִין. וְאִשְׁתַּדְּלוּ בְּהוֹן וְעָבְדִין (בה) עֲבִידְתִּין וְחַרְשִׁין וְקוֹסְמִין וְאוֹלִיפוּ מִנְהוֹן עַד דְּאִתְפַּשְׁטַת הַהִיא חָכְמְתָא בְּדָרָא דְּמַבּוּל. וְכֻלְהוּ הֲווּ עַבְדֵי עֲבִידְתַּיְיהוּ לְאַבְאָשָׁא.

וְהֲווּ מִתְתַּקְפֵי לְגַבֵּי נֹחַ בְּאִנּוּן חָכְמְתָן. וְאָמְרֵי דְּלָא יָכִיל דִּינָא דְעָלְמָא לְאַשְׁרָאָה עֲלַיְיהוּ, דְּהָא אִנּוּן עָבְדֵי חָכְמְתָא לְדַחְיָיא לְכָל אִנּוּן מָארֵי דְדִינָא. וּמֵאֱנוֹשׁ שָׁרִיאוּ כֻּלְהוּ לְאִשְׁתַּדְּלוּ בְּאִלֵּין חָכְמְתָן הֲדָא הוּא דִכְתִיב אָז הוּחַל לִקְרֹא בְּשֵׁם יְיָ.

רַבִּי יִצְחָק אָמַר כָּל אִנּוּן זַכָּאִין דְּהֲווּ בְּהוּ לְבָתַר בְּהַהוּא דָרָא, כֻּלְהוּ הֲווּ מִשְׁתַּדְּלֵי לְמָחָאָה בְּהוּ (נ''אבגין דלא אתענשו עליהו) כְּמוֹ יֶרֶד מְתוּשֶׁלַח וְחֲנוֹךְ. וְלָא יָכִילוּ. עַד דְּאִתְפַּשְׁטוּ חַיָּיבִין מָרְדֵי בְּמָארֵיהוֹן וְאָמְרֵי (איוב כ״א:ט״ו) מַה שַּׁדַּי כִּי נַעַבְדֶנּוּ.

וְכִי הַאי טִפְּשׁוּתָא הֲווּ קָא אָמְרֵי. אֶלָּא בְּגִין דְּהֲווּ יָדְעֵי כָּל אִנּוּן חָכְמְתָן וְכֻלְהוּ מְמַנָּן דְּעָלְמָא דְּאִתְפַּקְּדָן עֲלַיְיהוּ וְהֲווּ מְרַחֲצָן בְּהוּ. עַד דְּאָתִיב קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָלְמָא כְּדְקָא הֲוָה. דְּהָא
(Ⅰ)

*****

[56b]  
[...] primitif ; car, primitivement, la terre était toute couverte d’eau, et, au moment du Déluge, il en était de même. Mais après le Déluge, Dieu rendit la terre aux hommes avec la promesse que le monde ne serait plus détruit, car il les regarda avec miséricorde.
C’est pourquoi l’Écriture (Ps. , XXIX, 10) dit : « Jéhovah fit demeurer un déluge sur la terre. » L’Écriture dit : «Jéhovah » ; mais elle ne dit pas « Élohim » ; car « Jéhovah » est la miséricorde ; « Élohim » est la rigueur. A l’époque d’Énos, les enfants (64) mêmes ont connu les Mystères suprêmes et étaient à même de les pénétrer. Rabbi Yessa objecta : S’il en était ainsi, ces hommes étaient alors de grands insensés, puisque, en dépit de leur connaissance des mystères, ils ne pouvaient prévoir que le Saint, béni soit-il, s’apprêtait à les accabler du Déluge qui serait leur perte ! Rabbi Isaac répondit : Ils l’ont bien prévu ; mais, dans leur aveuglement, ils ont fait le raisonnement suivant : Nous connaissons l’ange préposé au feu, et nous connaissons également l’ange préposé à l’eau. Nous possédons, en outre, le pouvoir d’entraver les actes du premier de ces anges, et de mettre obstacle à ceux du second. Si nous étions jamais menacés du feu ou de l’eau, nous arrêterions la main de l’ange préposé à ces fléaux.
Mais ils ne savaient pas que c’est le Saint, béni soit-il, lui-même, qui accable le monde des châtiments qu’il décrète, et que les anges préposés ne sont que les exécuteurs de ces ordres. Ils ne s’aperçurent de cette vérité qu’au jour où le Déluge détruisit le monde. Avant le Déluge, l’Esprit Saint fit retentir dans le monde, chaque jour, les paroles suivantes (Ps. , CIV, 31) : «Que les pécheurs et les injustes soient effacés de dessus la terre, en sorte qu’ils ne soient plus. » Le Saint, béni soit-il, prolongea sa longanimité tant que les pieux Jared, Mathusala et Henoch étaient de ce monde. Mais, aussitôt que ces justes disparurent du monde, le Saint, béni soit-il, accabla les hommes des châtiments dont il les menaça, et ils furent exterminés, ainsi qu’il est écrit (Gen. , VII, 23) : « Tout périt de dessus la terre. » Il est écrit (Gen. , V, 24) : « Et Henoch marcha avec Élohim, et il ne parut plus, parce qu’Élohim l’enleva. »
Rabbi Yossé a ouvert une de ses conférence par l’exorde suivant : Il est écrit (Cant. , I, 11) : « Pendant que le la roi se trouve dans son conseil (bimsibo), le nard, qui me parfumait, a répandu sa bonne odeur. » Ce verset a déjà été interprété ; mais voici une autre interprétation : Remarquez le procédé du Saint, béni soit-il. Tant que l’homme reste attaché à Dieu, celui-ci élit domicile dans cet homme. Mais si Dieu prévoit qu’un juste finira par dégénérer, il s’empresse de l’enlever de ce monde pendant que l’odeur qui s’échappe de cet homme est encore bonne. Tel est le sens du verset précité. « Pendant que le Roi... » désigne le Saint, béni soit-il, « Se trouve dans son conseil »désigne l’homme attaché à Dieu et marchant dans la bonne voie, homme dans lequel Dieu fixe sa résidence. « Le nard qui me parfumait a répandu sa bonne odeur » désigne les bonnes œuvres de l’homme, en raison desquelles Dieu enlève maint juste prématurément de ce monde, afin que les bonnes œuvres ne perdent leur bonne odeur à cause des mauvaises actions dont elles seraient suivies, si l’homme restait en vie.
C’est pourquoi le roi Salomon a dit (Ecc. , VIII, 14) : « Il y a des justes à qui les malheurs arrivent, comme s’ils avaient fait les actions des méchants ; et il y a des méchants qui vivent dans l’assurance, comme s’ils avaient fait les œuvres des justes. » Car, en effet, il y a des justes qui sont enlevés prématurément de ce monde, comme s’ils avaient fait les actions des méchants, parce que le Saint, béni soit-il, prévoit que s’ils vivent, ils finiront par commettre des mauvaises actions. Le Saint, béni soit-il, enlève ces justes de ce monde, avant le jour fixé, pour les préserver de la peine qu’ils encourraient s’ils restaient en vie. Mais il y a aussi des méchants qui jouissent d’une longévité, comme s’ils avaient fait les œuvres des justes ; ce sont les méchants à qui le Saint, béni soit-il, accorde la longévité, afin de leur permettre de revenir à résipiscence et de se convertir. Ainsi, les justes meurent parfois prématurément, afin qu’ils ne détruisent par leur conduite ultérieure les bonnes œuvres déjà faites ; et les méchants jouissent parfois d’une longévité, afin qu’ils réparent, par leur conduite ultérieure, les mauvaises actions commises, on encore pour qu’ils engendrent des enfants vertueux.
Remarquez qu’Henoch était juste ; mais, le Saint, béni, soit-il, prévit qu’il finirait par pécher ; aussi l’enleva-t-il de ce monde avant l’heure fixée.
C’est pourquoi l’Écriture (Cant. , VI, 2) dit : «... Pour y cueillir des lis. »
L’Écriture veut dire : le Saint, béni soit-il, enlève les justes de ce monde tant qu’ils répandent la bonne odeur, et avant que celle-ci ne soit altérée. L’Écriture (Gen. , V, 24) ajoute : «... Et il ne parut plus, parce qu’Élohim l’enleva. » Par « il ne parut plus », l’Écriture veut dire qu’il mourut avant l’âge des autres hommes de sa génération. Pourquoi ? Parce que le Saint, béni soit-il, l’enleva prématurément.
Rabbi Éléazar dit : Le Saint, béni soit-il, enleva Henoch de ce monde, l’éleva dans les cieux supérieurs et lui confia tous les trésors célestes, ainsi que les, quarante-cinq clefs des combinaisons des lettres gravées, dont les anges supérieurs font usage ainsi que cela a été déjà dit.
Il est écrit (Gen. , VI, 5) : « Et Dieu vit que la malice des hommes qui vivaient sur la terre était grande et que toutes les pensées de leur cœur étaient en tout temps appliquées au mal. »
Rabbi Yehouda a ouvert une de ses conférences par l’exorde suivant : L’Écriture (Ps. , V, 5) dit : « Tu n’es pas un Dieu qui approuve l’iniquité ; l’esprit malin ne demeurera point auprès de toi. » Ce verset a déjà été expliqué ; mais remarquez, en outre, qu’il résulte de ce verset que quiconque s’attache à l’esprit tentateur et se laisse guider par lui, tombe dans une telle impureté qu’il souille tous ceux qu’il approche, ainsi que cela a été déjà dit. L’Écriture dit : « La malice des hommes était grande. » Dieu a exercé sa longanimité et n’a point voulu accabler de maux les hommes de cette génération, en dépit de leurs mauvaises actions, jusqu’à ce qu’ils aient inutilement répandu du sang sur la terre, c’est-à-dire : qu’ils aient pratiqué l’onanisme qui est assimilé au meurtre. Et qui était-ce qui les avait incités à pratiquer l’onanisme? L’Écriture répond : « ... Et que les pensées de leur cœur étaient de tout temps appliquées au mal (râ). » En cet endroit, l’Écriture se sert du mot « mal » (râ). [...]

בְּקַדְמִיתָא הֲוָה מַיִם בְּמַיִם. וּלְבָתַר אָתִיב לֵיהּ לְעָלְמָא כִּדְקַדְמִיתָא. וְלָא אִתְחָרִיב מִכֹּלָא. דְּהָא בְּרַחֲמִין אַשְׁגַּח עֲלַיְיהוּ. דִּכְתִיב, (תהילים כ״ט:י׳) יְיָ לַמַּבּוּל יָשָׁב. וְלָא כְּתִיב אֱלהִים.

בְּיוֹמוֹי דֶּאֱנוֹשׁ אֲפִלּוּ יְנוּקֵי דְּהַהוּא (יומא) דָרָא כֻּלְהוּ הֲווּ מַשְׁגְּחָן בְּחָכְמָתָאן עִלָּאִין וְהֲוֵי מִסְתַּכְּלָן בְּהוּ. אָמַר רַבִּי יֵיסָא אִי הָכִי טִפְּשִׁין הֲווּ דְּלָא הֲווּ יָדְעִין דְּזַמִּין קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְאַיְיתָאָה עֲלַיְיהוּ מֵי טוֹפָנָא וִימוּתוּן בְּהוּ.

אָמַר רַבִּי יִצְחָק מִנְדַע יָדְעֵי. אֲבָל אֲחִידוּ טִפְּשׁוּתָא בְּלִבַּיְיהוּ. דְּאִנּוּן הֲווּ יָדְעֵי הַהוּא מַלְאָכָא דִּמְמַנָּא עַל אֶשָׁא וְהַהוּא דִּמְמַנָּא עַל מַיָא וְהֲווּ יָדְעִין לְמֶעֱצַר לוֹן דְּלָא יָכְלִין לְמֶעְבַּד דִּינָא עֲלַיְיהוּ. וְאִנּוּן לָא הֲווּ יָדְעֵי דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא שָׁלִיט עַל אַרְעָא וּמִנֵּיהּ יֵיתֵי דִינָא עַל עָלְמָא.

אֶלָא הֲווּ חָמָאן דְּעָלְמָא אִתְפַּקַּד בִּידָא דְּאִנּוּן מְמַנָּן וּבְהוּ כָּל מִלֵּי עָלְמָא. וּבְגִינֵי כָּךְ לָא הֲווּ מִסְתַּכְּלָן בֵּיהּ בְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וְלָא מַשְׁגִּיחִין בְּעֲבִידְתֵּיהּ. עַד דְּאַרְעָא אִתְחַבָּלַת. וְרוּחַ קוּדְשָׁא אַכְרִיז בְּכָל יוֹמָא וְאָמַר (תהילים ק״ד:ל״ה) יִתַּמּוּ חַטָּאִים מִן הָאָרֶץ וּרְשָׁעִים עוֹד אֵינָם. וְאוֹרִיךְ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לוֹן כָּל הַהוּא זִמְנָא דְּאִנּוּן זַכָּאִין יֶרֶד וּמְתוּשֶׁלַח וְחֲנוֹךְ קָיְימִין בְּעָלְמָא. כֵּיוָן דְּאִסְתַּלָּקוּ מֵעָלְמָא, וּכְדֵין אַנְחִית קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא דִּינָא עֲלַיְיהוּ וְאִתְאֲבִידוּ כְּמָא דְּאַתְּ אָמֵר, (בראשית ז׳:כ״ג) וַיִּמָּחוּ מִן הָאָרֶץ (כאן שייך מאמר בז''ח דף ס''ו ובדפוס וניציאה מ''ב א' ע''ש):

וַיִּתְהַלֵּךָ חֲנוֹךְ אֶת הָאֱלֹהִים וְאֵינֶנּוּ כִּי לָקַח אוֹתוֹ אֱלֹהִים. רַבִּי יוֹסֵי פָּתַח (שיר השירים א׳:י״ב) עַד שֶׁהַמֶּלֶךְ בִּמְסִבּוֹ נִרְדִּי נָתַן רֵיחוֹ. הַאי קְרָא אִתְּמָר. אֲבָלתָּא חֲזֵי, כָּךְ אָרְחוֹי דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. בְּשַׁעְתָּא דְּבַר נָשׁ אִתְדָּבַּק בֵּיהּ וְהוּא אַשְׁרֵי דִּיּוּרֵיהּ עֲלֵיהּ. וְיָדַע דִּלְבָתַר יוֹמִין יִסְרַח. אַקְדִים וְלָקִיט רֵיחֵיהּ טַב מִנֵּיהּ וְסָלִיק לֵיהּ מֵעָלְמָא.

הֲדָא הוּא דִכְתִיב עַד שֶׁהַמֶּלֶךְ בִּמְסִבּוֹ נִרְדִּי נָתַן רֵיחוֹ. עַד שֶׁהַמֶּלֶךְ דָּא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. בִּמְסִבּוֹ דָּא הַהוּא בַּר נָשׁ דְּאִתְדָּבַּק בֵּיהּ וְאָזִיל בְּאָרְחוֹי. נִרְדִּי נָתַן רֵיחוֹ, אִנּוּן עוֹבָדִין טָבִין דְּבֵיהּ דִּבְגִינְהוֹן יִסְתַּלַּק מֵעָלְמָא עַד דְּלָא מָטָא זִמְנֵיהּ.

וְעַל דָּא הֲוָה שְׁלמֹה מַלְכָּא אָמַר (קהלת ח׳:י״ד) יֵשׁ הֶבֶל אֲשֶׁר נַעֲשָׂה עַל הָאָרֶץ אֲשֶׁר יֵשׁ צַדִּיקִים וְגו'. יֵשׁ צַדִּיקִים אֲשֶׁר מַגִּיעַ אֲלֵיהֶם כְּמַעֲשֵׂה הָרְשָׁעִים, כְּמָה דְאוֹקִימְנָא דִּבְגִין דְּעוֹבָדֵיהוֹן טָבִין קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא סָלִיק לוֹן מֵעָלְמָא (בגין דלא יסרחו (יחיו). ומגו רחימותא בהו מסלק להון) עַד לָא מָטָא זִמְנַיְיהוּ. וְעָבִיד בְּהוֹן דִּינִין. וְיֵשׁ רְשָׁעִים אֲשֶׁר מַגִּיעַ אֲלֵיהֶם כְּמַעֲשֵׂה הַצַּדִּיקִים דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אוֹרִיךְ לוֹן יוֹמִין וְאוֹרִיךְ רוּגְזֵיהּ בְּהוּ. וְכָל דָּא כְּמָה דְּאִתְּמָר. אִלֵּין בְּגִין דְּלָא יִסְרְחוּן. וְאִלֵּין בְּגִין דְּלִהַדְּרוּ לְגַבֵּיהּ. אוֹ בְּגִין דְּיִפּוּק מִנַּיְיהוּ בְּנִין דְּמַעֲלֵי.

תָּא חֲזֵי חֲנוֹךְ זַּכָּאָה הֲוָה. וְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא חָמָא לֵיהּ דְּיִסְרַח לְבָתַר. וְלָקִיט לֵיהּ עַד לָא יִסְרַח. הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (שיר השירים ו׳:ב׳) וְלִלְקוֹט שׁוֹשַׁנִּים. בְּגִין דְּיַהֲבֵי רֵיחָא טַב לָקִיט לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עַד לָא יִסְרְחוּ. וְאֵינְנּוּ כִּי לָקַח אוֹתוֹ אֱלֹהִים. וְאֵינֶנּוּ, לְאָרְכָא יוֹמִין כִּשְׁאָר בְּנִי נָשָׁא דְּהֲווּ אוֹרְכֵי יוֹמִין. מַאי טַעְמָא בְּגִין דְּלָקַח לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עַד לָא מָטֵי זִמְנֵיהּ.

רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר חֲנוֹךְ נָטִיל לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא מֵאַרְעָא וְאַסְקֵיהּ לִשְׁמֵי מְרוֹמִים וְאַמְסַר בִּידֵיהּ כָּל גִּנְזֵי עִלָּאִין (לעיל לז ב) וּמ''ה מַפְתְּחָן סָתְרֵי גְלִיפִין דְּבְּהוּ מִשְׁתַּמְּשֵׁי מַלְאֲכֵי עִלָּאֵי וְכֻלְהוּ אִתְמְסָרוּ בִּידֵיהּ. וְהָא אוֹקִימְנָא: וַיַּרְא יְיָ כִּי רַבָּה רָעַת הָאָדָם בָּאָרֶץ וְכָל יֵצֶר מַחְשְׁבוֹת לִבּוֹ. רַבִּי יְהוּדָה פָּתַח (תהילים ה׳:ה׳) כִּי לא אֵל חָפֵץ רֶשַׁע אָתָּה לֹא יְגוּרְךָ רָע. הַאי קְרָא אִתְּמָר וְאוּקְמוּהָ. אֲבָלתָּא חֲזֵי, מַאן דְּאִתְדָּבַּק בְּיֵצֶר הָרָע וְאִתְמָשִׁיךְ אֲבַתְרֵיהּ וְיִסְתָּאַב הוּא וִיסָאֲבוּן לֵיהּ כְּמָה דְּאִתְּמָר.

כִּי רַבָּה רָעַת הָאָדָם, כָּל בִּישִׁין הֲווּ עָבְדֵי, וְלָא אִשְׁתְּלִים חוֹבַיְיהוּ עַד דְּהֲווּ אוֹשְׁדִין דָּמִין לְמַגָּנָא עַל אַרְעָא. וּמָאן אִנּוּן דְּהֲווּ מְחַבְּלִין אָרְחַיְיהוּ עַל אַרְעָא. הֲדָא הוּא דִכְתִיב רַק רַע כָּל הַיּוֹם. כְּתִיב הָכָא רַק רַע
(Ⅰ)

*****

[57a]  
[...] Et ailleurs il est dit (Gen. , XXXVIII, 7)« Et Er, fils ainé de Juda, agit mal (râ) devant Dieu » Or, on sait que le crime d’Er consistait dans la pratique de l’onanisme (65).
Rabbi Yossé demanda : «Râ» n’est-il donc synonyme de «rascha»(méchant) ?
Rabbi Yehouda lui répondit : Non ; ces deux qualificatifs ne sont pas synonymes. On est qualifié de «rascha» (méchant) pour le seul fait d’avoir levé la main contre son prochain, alors même qu’on ne lui a fait aucun mal, ainsi qu’il est écrit (Ex. , II, 13) : « Et il dit à celui qui frappait l’autre : Méchant (rascha), pourquoi frappes-tu ton frère ? » L’Écriture ne dit pas : « Pourquoi as-tu frappé ton frère ? » Car si l’ Écriture s’était exprimée ainsi, on aurait pu supposer que l’acte a été accompli, c’est-à-dire qu’il avait réellement frappé son prochain ; mais elle dit : « Pourquoi frappes-tu ton frère ? » ce qui prouve que l’acte n’a pas encore été consommé, mais qu’il s’apprêtait seulement à frapper et néanmoins l’Écriture le qualifie de « rascha ». Par contre, le nom de « rà » n’est appliqué qu’à celui qui pratique l’onanisme et se souille ainsi soi-même, ainsi que tout le monde, en prodiguant sa force à l’esprit impur appelé du nom de « Râ ». Tel est le sens des paroles de l’Écriture : «... Et que toutes les pensées de leur cœur étaient appliquées au « Râ » (mal). » L’homme entaché de cette souillure ne pénétrera jamais dans le Palais céleste et ne verra jamais visage de la Schekhina qu’il a éloignée de ce monde par suite de son péché. D’où savons-nous qu’on éloigne la Schekhina de ce monde par la pratique de l’onanisme ?
Nous le savons de Jacob. Car, lorsque la Schekhina s’éloigna de Jacob, celui-ci appréhenda qu’il n’y ait quelque tache parmi ses enfants, c’est-à-dire qu’à la suite d’une perte séminale il n’ait engendré un fils du côté du démon. Il craignait que ce ne fût ce péché qui eût donné accès dans le monde à l’esprit impur et qui ait diminué la lumière de la lune en lui prêtant sa forme échancrée. Or, si Jacob craignait que l’éloignement de la Schekhina eût pour cause une simple perte séminale, à quelle plus forte raison la Schekhina ne s’éloignerait-elle du monde à la suite de la pratique de l’onanisme, qui souille l’homme qui s’y adonne et contribue à fortifier l’esprit d’impureté. C’est pourquoi celui qui pratique l’onanisme est appelé « Râ ».
Remarquez que chaque homme s’adonnant à ce vice n’est jamais visité par le Saint, béni soit-il ; mais en revanche il est visité chaque jour par le démon appelé « Râ », ainsi qu’il est écrit (Prov. , XIX, 23) : « La crainte du Seigneur conduit à la vie ; elle procure des nuits paisibles en préservant de la visite du mal (66) (Râ). » L’Écriture veut dire que quiconque marche dans la voie du bien n’est pas visité par le démon dénommé « Râ ». Tel est le sens des paroles de l’Écriture : «... Et que toutes les pensées de leur cœur étaient en tout temps appliquées au mal (Râ). » Tel est également le sens des paroles de l’Écriture (Ps. , V, 5) : « L’esprit malin (Râ) ne demeurera point près de toi. » Le démon, dont sont possédés ceux qui pratiquent l’onanisme, est appelé « Rà », et non pas « Rascha». Ce qui précède explique enfin les paroles de l’Écriture (Ps. , XXIII, 4) : « Quand même je marcherais au milieu de l’ombre de la, mort, je ne craindrais pas le mal (Râ), parce que tu es avec moi. » Il est écrit (Gen. , VI, 6) : « Et Dieu se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre ; et il fut pénétré de tristesse jusqu’au fond de son cœur »
Rabbi Yossé a ouvert une de ses conférences par l’exorde suivant : L’Écriture (Is. , V, 18) dit : « Malheur à vous, qui traînez après vous le mensonge par des cordelettes, et qui tirez après vous le péché par des traits emportant le chariot. » Les paroles : «... Qui traînez après vous le mensonge par des cordelettes » désignent ces sortes d’hommes qui se rendent chaque jour coupables devant leur Maître, et aux yeux desquels les péchés qu’ils commettent paraissent être de fort peu d’importance ; c’est pourquoi l’Écriture parle de cordelettes, parce que le mensonge paraît a ces gens un péché aussi minime qu’une cordelette. Le Saint, béni soit-il, exerce sa longanimité avec ces sortes de gens et ne les frappe que lorsqu’ils se rendent coupables de méfaits dont la gravité ne peut échapper même à leurs propres yeux. C’est de ce degré d’impiété que l’Écriture dit : « ... Et qui tirez après vous le péché par des traits emportant le chariot. » Remarquez que, lorsque le Saint, béni soit-il, juge les coupables de ce monde, il ne peut se décider à les exterminer, bien qu’ils pèchent contre lui et le mettent tous les jours en colère ; car, lorsqu’il les regarde, il se repent de la sentence prononcée contre eux, parce qu’ils sont l’œuvre de ses mains. Et alors même que le châtiment des coupables devient indispensable, le Saint, béni soit-il, s’apitoie sur leur sort et, - s’il est permis de s’exprimer ainsi,- il est «pénétré de tristesse jusqu’au fond de son cœur. » Il est pénétré de tristesse, parce qu’il s’agit de l’œuvre de ses mains, ainsi qu’il est écrit (Dan. , VI, 19) : « Le Roi, étant entré dans sa maison, se mit au lit sans avoir mangé : aucun mets ne fut servi à sa table, et il fut privé du sommeil durant la nuit. » Et ailleurs il est dit (Ps. , XCVI, 6) : « Il voit devant lui gloire et louanges ; la sainteté et la magnificence éclatent dans son saint lieu. »
Rabbi Yossé dit : Remarquez que l’Écriture dit « ... Et il fut pénétré de tristesse jusqu’au fond de son cœur. » Il n’est donc question dans ce verset, que de l’essence divine appelée « cœur », mais non pas de l’autre, car l’autre essence divine est appelée «esprit », ainsi qu’il est écrit (I Rois, II, 35) : « Et je me susciterai un prêtre fidèle qui agira selon mon cœur et mon esprit. »
Rabbi Isaac dit : Les paroles : « Et Dieu se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre » ont la même signification (67) que les paroles (Ex. , XXXII, 14) : « Et Dieu se repentit du mal qu’il avait prononcé contre son peuple. » D’après Rabbi Yessa, l’interprétation de Rabbi Isaac est favorable aux hommes ; suivant Rabbi Hizqiya, au contraire, elle est défavorable. Selon Rabbi Yessa, Rabbi Isaac veut dire que les paroles de l’Écriture signifient que Dieu se repentit des châtiments décrétés contre les hommes qui sont l’œuvre de ses mains. D’après Rabbi Hizqiya, au contraire, Rabbi Isaac veut dire que le Saint, béni soit-il, se consola de la perte de l’homme, bien qu’il soit l’œuvre de sa main, tel un homme qui se console de la perte d’un membre de sa famille ; en d’autres termes, le Saint, béni soit-il, a pris la décision de faire disparaître les coupables de ce monde.
Remarquez que, chaque fois qu’un châtiment est décrété contre un coupable, le Saint, béni soit-il, a besoin de se consoler avant d’accabler de maux son propre enfant. La pénitence peut détourner le châtiment décrété, tant que le Saint, béni soit-il, ne s’est pas encore consolé ; mais si c’est déjà fait, la pénitence est impuissante à détourner le châtiment décrété.
C’est pourquoi l’Écriture dit d’abord : « Et Dieu se consola » ; et elle ajoute ensuite : « Et il fut pénétré de tristesse jusqu’au fond du cœur ». Ainsi, il ne s’attrista qu’après qu’il se fût consolé, car ce n’est qu’alors que le mal est devenu inéluctable et que la pénitence même ne pouvait plus le détourner.
Rabbi Hiyâ dit : Les paroles du verset précité signifient que le Saint, béni soit-il, se consola de la perte de l’homme. Lorsque le Saint, béni soit-il, créa l’homme sur la terre, il le forma à l’image de la figure céleste ; et, à la vue de la figure de l’homme qui avait tant de ressemblance avec celle d’en haut, tous les anges supérieurs louèrent le Saint, béni soit-il, en s’écriant (Ps. , VIII, 6) : [...]

וּכְתִיב הָתָם (לא יגורך רע, וכתיב) (בראשית לח) וַיְהִי עֵר בְּכוֹר יְהוּדָה רַע בְּעֵינִי יְיָ.

אָמַר רַבִּי יוֹסֵי וְכִי רָע לָאו אִיהוּ רָשָׁע. אָמַר לֵיהּ, לָא. רָשָׁע אֲפִלּוּ אָרִים יְדֵיהּ לְגַבֵּי חַבְרֵיהּ, אַף עַל גַּב דְּלָא עָבִיד לֵיהּ מִידִי אִקְרֵי רָשָׁע. כְּמָה דִכְתִיב, (שמות ב) וַיֹּאמֶר לָרָשָׁע לָמָּה תַכֶּה רֵעֶךָ. הִכִּיתָ לָא כְּתִיב אֶלָּא תַכֶּה.

אֲבָל רַע לא אִקְרֵי אֶלָּא מַאן דִּמְחַבֵּל אָרְחֵיהּ וְסָאִיב גַּרְמֵיהּ וְסָאִיב אַרְעָא וְיָהִיב חֵילָא וְתוּקְפָּא לְרוּחַ מְסָאֳבָא דְּאִקְרֵי רָע דִּכְתִיב רַק רַע כָּל הַיּוֹם. וְלָא עָאל (סט א) בְּפַלְטְרִין וְלָא חָמֵי אַפֵּי שְׁכִינְתָּא. בְּגִין דִּבְהַאי אִסְתַּלַּק שְׁכִינְתָּא מֵעָלְמָא.

מְנָלָן מִיַּעֲקֹב. דְּכַד אִסְתַּלַּק שְׁכִינְתָּא מִנֵּיהּ חָשִׁיב דְּבִבְנוֹהִי הֲוָה פִּיסוּל דִּבְגִינַיְיהוּ אִתְתַּקַּף בְּעָלְמָא רוּחָא מְסָאֳבָא וְגָרַע נְהוֹרָא מִן סִיהֲרָא וּפָגִים לָהּ. וְאִי תֵימָא אַמַּאי. בְּגִין דְּדָא סָאִיב מַקְדְּשָׁא וְאִסְתַּלְּקָא שְׁכִינְתָּא מֵעֲלוֹי דְּיַעֲקֹב. כָּל שֶׁכֵּן הַהוּא דִּמְסָאָב אָרְחֵיהּ וְסָאִיב גַּרְמֵיהּ דְּהוּא אַתְקִיף לֵיהּ לְרוּחָא מְסָאֳבָא. וּבְגִין כָּךְ כַּד אִסְתָּאָב אִקְרֵי רָע.

תָּא חֲזֵי, כַּד בַּר נָשׁ אִסְתָּאָב לָא יִתְפַּקַּד מֵעִם קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְטַב. וּבְכָל זִמְנָא אִתְפַּקִּיד מֵהַהוּא דְּאִתְקְרֵי רָע לְבִישׁ. הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (משלי יט) וְשָׂבֵעַ יָלִין בַּל יִפָּקֶד רָע, כַּד אָזִיל בְּאֹרַח מֵישָׁר, כְּדֵין בַּל יִפָּקֶד רָע. וְעַל דָּא כְּתִיב רַק רַע כָּל הַיּוֹם. וּכְתִיב לֹא יְגוּרְךָ רָע. וְדָא אִקְרֵי רָע וְלָא אִקְרֵי רָשָׁע. וּכְתִיב (תהלים כג) גַּם כִּי אֵלֵךְ בְּגֵיא צַלְמָוֶת לא אִירָא רָע כִּי אַתָּה עִמָּדִי:

וַיִּנָחֶם יְיָ כִּי עָשָׂה אֶת הָאָדָם בָּאָרֶץ וַיִּתְעַצֵּב אֶל לִבּוֹ. רַבִּי יוֹסֵי פָּתַח (ישעיה ה) הוֹי מוֹשְׁכֵי הֶעָוֹן בְּחַבְלֵי הַשָּׁוְא וְכַעֲבוֹת הָעֲגָלָה חַטָּאָה. הוֹי מוֹשְׁכֵי הֶעָוֹן אִלֵּין בְּנִי נָשָׁא דְּחָטָאן קַמֵי מָארֵיהוֹן בְּכָל יוֹמָא, וְאִתְדַּמָּן בְּעֵינַיְיהוּ אִנּוּן חוֹבִין דְּאִנּוּן כְּחַבְלֵי הַשְּׁוָא. וְחָשְׁבִין דְּהַהוּא עוֹבָדָא דְּעָבְדִין וְהַהוּא חוֹבָא דְּעָבְדִין דְּלָאו אִיהוּ כְלוּם וְלָא אַשְׁגַּח בְּהוּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. עַד דְּעָבְדִין לְהַהוּא חוֹבָא תַּקִּיף וְרָבֵי כַּעֲבוֹת הָעֲגָלָה דְּאִיהוּ תַּקִּיף דְּלָא יָכִיל לְאִשְׁתֵּצָאָה.

וְתָא חֲזֵי כַּד עָבִיד קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא דִּינָא בְּחַיָּיבֵי עָלְמָא, אַף עַל גַּב דְּאִנּוּן חָטָאן קַמֵּי קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וְאַרְגְּזִין לֵיהּ כָּל יוֹמָא. לָא בָּעֵי לְאוֹבָדָא לְהוּ מֵעָלְמָא. וְכַד אַשְׁגַּח בְּעוֹבָדֵיהוֹן אִתְנְחַם עֲלַיְיהוּ עַל דְּאִנּוּן עוֹבְדֵי יְדוֹי וְאוֹרִיךְ לוֹן בְּעָלְמָא.

וּבְגִין דְּאִנּוּן עוֹבָדֵי יְדוֹי נָטִיל נְחָמָה וְאִתְנְחָם עֲלַיְיהוּ וְחַיִיס עֲלַיְיהוּ. וְכַד בָּעֵי לְמֶעְבַּד בְּהוּ דִּינָא כִּבְיָכוֹל עָצִיב (ד''א ל''ג חדוון לא תיעול קדמוהי) דְּכֵיוָן דְּעוֹבָדֵי יְדוֹי אִנּוּן, עָצִיב עֲלַיְיהוּ. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (דניאל ו׳:י״ט) וְדַחֲוָון לָא הַנְעֵל קָדָמוֹהִי.

כְּתִיב, (ס''א והא כתיב) (תהלים צו) הוֹד וְהָדָר לְפָנָיו עוֹז וְחֶדְוָה בִּמְקוֹמוֹ. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי תָּא חֲזֵי, וַיִּתְעַצֵּב אֶל לִבּוֹ כְּתִיב. אֶל לִבּוֹ עָצִיב וְלָא לְאֲתַר אָחֳרָא. לִבּוֹ כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (שמואל א ב) כַּאֲשֶׁר בִּלְבָבִי וּבְנַפְשִׁי יַעֲשֶׂה. רַבִּי יִצְחָק אָמַר וַיִּנָּחֶם יְיָ כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר (שמות לב) וַיִנָּחֶם יְיָ עַל הָרָעָה אֲשֶׁר דִּבֶּר לַעֲשׂוֹת לְעַמּוֹ. רַבִּי יֵיסָא אָמַר לְטַב. רַבִּי חִזְקִיָּה אָמַר לְבִישׁ. רַבִּי יֵיסָא אָמַר לְטַב, כְּמָה דְּאִתְּמָר דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא נָחִים עַל דְּאִנּוּן עוֹבָדֵי יְדוֹי וְחַיִיס עֲלַיְיהוּ. וַיִּתְעַצֵּב בְּגִין דְּאִנּוּן חָטָאן קַמֵּיהּ.

וְרַבִּי חִזְקִיָּה אָמַר לְבִישׁ דְּכַד קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בָּעֵי לְאוֹבָדָא לְחַיָּיבֵי עָלְמָא נָטִיל נִיחוּמִין עֲלַיְיהוּ וְקַבִּיל נִיחוּמִין. כִּבְיָכוֹל כְּמַאן דִּמְקַבֵּל נִיחוּמִין עַל מַה דְּאֲבִיד. כֵּיוָן דְּקַבֵּל נִיחוּמִין וַדַּאי דִּינָא אִתְעֲבַד וְלָא תַלְיָא מִלְּתָא בִּתְשׁוּבָה.

אֵימָתַי תַּלְיָא בִּתְשׁוּבָה, עַד לָא קַבִּיל תַּנְחוּמִין עֲלַיְיהוּ. הָא קַבִּיל תַּנְחוּמִין עֲלַיְיהוּ לָא תַלְיָיא מִלְּתָא בִּתְשׁוּבָה כְּלַל וְדִינָא אִתְעֲבִיד. וּכְדֵין אוֹסִיף דִּינָא עַל דִּינָא, וְאַתְקִיף (לקמן ע ב) לְהַהוּא אֲתַר דְּדִינָא, לְמֶעְבַּד דִּינָא וְאוֹבִיד לוֹן לְחַיָּיבַיָא מִן עָלְמָא. וְכֹלָּא בַּקְּרָא דִּכְתִיב וַיִּנָּחֶם יְיָ. קִבֵּל תַּנְחוּמִין. וּלְבָתַר וַיִּתְעַצֵּב אֶל לִבּוֹ. יָהַב תּוּקְפָּא לְדִינָא לְמֶעְבַּד דִּינָא.

רַבִּי חִיָּיא אָמַר וַיִּנָּחֶם יְיָ כִּי עָשָׂה אֶת הָאָדָם בָּאָרֶץ. נָטַל תַּנְחוּמִין וְחֶדְוָה, כַּד עֲבַד קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לָאָדָם בְּאַרְעָא דְּאִיהוּ כְּגַוְונָא עִלָּאָה וְכָל מַלְאֲכֵי עִלָּאֵי מְשַׁבְּחָן לֵיהּ לְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא כַּד חָמוּ לֵיהּ בְּדִיוּקְנָא עִלָּאָה וְאָמָרוּ
(Ⅰ)

*****

[57b]  
[...] « Tu ne l’as que peu abaissé au-dessous d’Élohim ; tu l’as couronné de gloire et d’honneur. » Mais lorsque l’homme eut péché, le Saint, béni soit-il, s’attrista, parce que ce péché fournit aux anges l’occasion de renouveler la récrimination qu’ils avaient déjà formulée avant la création de l’homme. Car lorsque Dieu voulut créer l’homme, les anges s’écrièrent (Ps. , VIII, 5) : « Qu’est-ce que l’homme pour mériter que tu te souviennes de lui ? Qu’est-ce que l’homme pour être digne que vous le visitiez ? »
Rabbi Yehouda dit : Dieu s’était attristé parce qu’il devait sévir contre les hommes, ainsi qu’il est écrit (II Paralip. , XX, 21) : Ils marchaient devant l’armée, et tous ne faisaient qu’un choeur, ils chantaient ce cantique : Louez le Seigneur, parce que sa miséricorde est éternelle. » Or, Rabbi Isaac demanda : Pourquoi ce cantique n’était-il formulé comme les cantiques analogues aux Psaumes qui commencent par les mots : « Louez le Seigneur, parce qu’il est bon » ? Mais la vérité est que l’on ne devait pas se servir du mot « bon » en une circonstance où Israël extermina tant d’hommes qui sont l’œuvre de Dieu. De même, lorsqu’Israël passa la mer Rouge, les anges supérieurs vinrent chanter un cantique devant le Saint, béni soit-il. Celui-ci leur dit : Comment ! l’œuvre de ma main se noie dans la mer et vous vous apprêtez à chanter un cantique (68) ! C’est pourquoi l’Écriture dit : « En sorte que les deux armées ne purent s’approcher dans tout le temps de la nuit. » Il en est de même chaque fois qu’un coupable est exterminé en ce monde ; le Saint, béni soit-il, s’en attriste.
Rabbi Abba dit : Le Saint, béni soit-il, ne s’attriste pas au moment où le coupable est exterminé, mais au moment où il pèche et transgresse le commandement de son Maître. Lorsqu’Adam pécha, le Saint, béni soit-il, lui dit : Malheur à toi qui as affaibli la force d’en haut et as éteint la lumière céleste ! Et aussitôt il le chassa du jardin de l’Éden. Le Saint, béni soit-il, dit en outre à Adam : Je t’avais fait monter dans le jardin de l’Éden pour que tu y offrisses des sacrifices, alors que tu profanas l’autel ; c’est pourquoi je décrète que dorénavant tu sois réduit à labourer la terre. Ensuite, le Saint, béni soit-il, décréta la mort de l’homme. Pourtant, avant la mort d Adam, le Saint, béni soit-il, a eu pitié de lui et lui a permis d’être enseveli à proximité du jardin de l’Éden ; car Adam fit une caverne à proximité du jardin de l’Éden et s’y cacha avec sa femme, jusqu’au jour de leur mort. Comment Adam pouvait-il savoir que cette caverne se trouvait à proximité du jardin de l’Éden ? Il vit un rayon de lumière sortir du voisinage et pénétrer dans sa caverne, et il reconnut tout de suite que cette lumière émanait de l’Éden dont il venait d’être chassé.
Remarquez que nul homme ne quitte ce monde sans voir, immédiatement après sa mort, Adam le premier homme. Celui-ci lui demande quelle est la cause de sa mort et dans quel état moral il a quitté le monde. L’homme qui vient de mourir dit alors à Adam : Malheur à toi, car tu as été la cause de ma mort ! Mais Adam lui répond : Je n’ai transgressé qu’un seul commandement et j’ai subi une telle peine ; songe donc quel doit être ton châtiment à toi qui as transgressé tant de commandements et qui t’es rendu coupable de tant de méfaits !
Rabbi Hiyâ dit : Adam voit tous les jours, et à deux reprises différentes, les patriarches ; il leur confesse son péché et leur montre l’endroit où il jouissait autrefois de la gloire céleste. Adam y voit aussi tous les justes et tous les zélés qui sont issus de lui et qui ont reçu cette récompense de jouir de la gloire céleste dans le jardin de l’Éden. Tous les patriarches louent alors Dieu en s’écriant(Ps. , XXXVI, 8) : « Combien est grande ta grâce, ô Seigneur, qui mets à couvert les enfants d’Adam sous tes ailes. »
Rabbi Yessa dit : Au moment de quitter le monde, tous les hommes voient Adam, afin que chacun soit obligé de convenir que c’est pour son propre péché qu’il est mort, et non pas seulement à cause du péché d’Adam. Ce qui précède est conforme à la tradition qui nous apprend que nul ne meurt sans péché, sauf trois hommes (69) dont la mort ne fut due qu’au mauvais conseil du premier serpent ; ces trois hommes sont : Amram, Lévi et Benjamin ; selon d’aucuns, il faut y ajouter Jessé : ces hommes n’ont commis aucun péché pour mériter la mort, et ils n’ont quitté ce monde qu’à la suite du conseil du mauvais serpent, ainsi que nous l’avons dit.
Remarquez que toutes les générations de l’époque de Noé ont commis leurs péchés à la face de tout le monde. Rabbi Siméon, se promenant un jour à la porte (70) de la ville de Tibériade, vit des hommes lancer des frondes contre des vases en terre, c’est-à-dire pratiquer l’onanisme. Rabbi Siméon s’écria : Comment ! ces criminels osent irriter leur Maître publiquement Il jeta un regard sur les coupables, et ceux-ci furent précipités dans la mer et y périrent.
Remarquez que tout péché commis publiquement éloigne la Schekhina de la terre et est cause que la Schekhina quitte sa résidence de ce monde. La génération de l’époque de Noé péchait effrontément et commettait des crimes à la vue de tout le monde ; aussi a-t-elle éloigné la Schekhina du monde, ce qui a eu comme conséquence que le Saint, béni soit-il, la repoussa et l’éloigna de lui ; c’est pourquoi l’Écriture (Prov. , XXV, 4 et 5) dit : « Ote la rouille de l’argent, et il s’en formera un vase très pur. Ote l’impiété de devant le Roi, et son trône s’affermira par la justice. » Il est écrit (Gen. , VI, 3) : « Et Elohim dit : Mon esprit ne demeurera pas pour toujours avec l’homme, parce qu’il est chair. »
Rabbi Éléazar dit : Remarquez que, lorsque le Saint, béni soit-il, créa le monde, il le forma de telle façon qu’il fût desservi [...]

(תהילים ח׳:ו׳) וַתְּחַסְּרֵהוּ מְעַט מֵאֱלֹהִים וְכָבוֹד וְהָדָר תְּעַטְּרֵהוּ. לְבָתַר כַּד חָטָא אָדָם אִתְעַצֵּב קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עַל דְּחָטָא. דְּיָהַב פִּתְחוֹן פֶּה לְמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת דְּאָמְרוּ קַמֵּיהּ בְּקַדְמִיתָא כַּד בָּעָא לְמִבְרֵי לֵיהּ, מָה אֱנוֹשׁ כִּי תִזְכְּרֶנּוּ וּבֶן אָדָם כִּי תִפְקְדֶנּוּ.

אָמַר רַבִּי יְהוּדָה וַיִּתְעַצֵּב אֶל לִבּוֹ בְּגִין דְּבָעֵי לְמֶעְבַּד בְּהוּ דִּינָא שֶׁנֶּאֱמַר (דברי הימים ב ב) בְּצֵאת לִפְנֵי הֶחָלוּץ וְאוֹמְרִים הוֹדוּ לַיְיָ כִּי לְעוֹלָם חַסְדּוֹ. וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק אַמַּאי לָא כְּתִיב הָכָא כִּי טוֹב. אֶלָּא בְּגִין דְּאוֹבִיד עוֹבְדֵי יְדוֹי קַמַּיְיהוּ דְּיִשְׂרָאֵל. כְּגַוְונָא דָא כַּד הֲווּ יִשְׂרָאֵל עָבְרִין יַמָּא. אָתוּ מַלְאֲכֵי עִלָּאֵי לְמֵימַר שִׁירָה קַמֵּיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּהַהוּא לֵילְיָא. אָמַר לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וּמַה עוֹבָדֵי יַדָי טָבְעִין בְּיַמָּא וְאַתּוּן אָמְרִין שִׁירָה. כְּדֵין (שמות י״ד:כ׳) וְלֹא קָרַב זֶה אֶל זֶה כָּל הַלָּיְלָה. אוּף הָכָא בְּכָל זִמְנִין דְּאִיבּוּד רַשִּׁיעַיָא אִיהוּ מֵעָלְמָא כְּדֵין עֲצִיבוּ אִשְׁתְּכַח עֲלַיְיהוּ.

רַבִּי אַבָּא אָמַר בְּשַׁעֲתָא דְּחָב קַמֵּי קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אָדָם וְעָבַר עַל פִּקּוּדוֹי, כְּדֵין אִשְׁתְּכַח עֲצִיבוּ קַמֵּיהּ. אָמַר לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אָדָם וַוי דְּחָלְשַׁת חֵילָא עִלָּאָה. בְּהַאי שַׁעֲתָא אִתְחַשְׁכַת נְהוֹרָא חַד. מִיָּד תָּרִיךְ לֵיהּ מִגִּנְתָּא דְעֵדֶן.

אָמַר לֵיהּ אֲנָא אַעֲלִית לָךְ לְגִנְתָּא דְעֵדֶן לְקָרְבָא קָרְבָּנָא. וְאַתְּ פְּגִימַת מַדְבְּחָא דְּלָא אִתְקְרַב קָרְבָּנָא. מִכָּאן וּלְהָלְאָה לַעֲבוֹד אֶת הָאֲדָמָה. וְגָזַר עֲלֵיהּ מִיתָה. וְחָס עֲלֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וְגָנִיז לֵיהּ בְּשַׁעֲתָא דְמִית סָמִיךְ לְגִנְתָּא.

מַה עֲבַד אָדָם עֲבַד מְעַרְתָּא חָדָא וְאִתְטַמַּר בָּהּ הוּא וְאִתְּתֵיהּ. מְנָא יָדַע. אֶלָּא חָמָא חַד נְהוֹרָא דַּקִּיק עָיִיל בְּהַהוּא אֲתַר דְּנָפִיק מִגִּנְתָּא דְעֵדֶן וְתָאַב תֵּיאוּבְתֵּיהּ לְקִבְרֵיהּ. וְתַמָּן הוּא אֲתַר סָמוּךְ לִתְרַע דְּגִנְתָּא דְּעֵדֶן.

תָּא חֲזֵי, לָא אִסְתַּלַּק בַּר נָשׁ מֵעָלְמָא עַד דְּחָמֵי לֵיהּ לְאָדָם הָרִאשׁוֹן. שָׁאִיל לֵיהּ עַל מָה אָזִיל מֵעָלְמָא וְהֵיךְ נָפִיק. הוּא אָמַר לֵיהּ וַוי דִּבְגִינָךְ נְפַקְנָא מֵעָלְמָא. וְהוּא אָתִיב לֵיהּ בְּרִי אֲנָא עֲבָרִית עַל פִּקּוּדָא חָדָא וְאִתְעֲנָּשִׁית בְּגִינָהּ. חָמֵי אַתְּ כַּמָּה חוֹבִין וְכַמָּה פִּקּוּדִין דְּמָארָךְ עֲבַרְתְּ.

אָמַר רַבִּי חִיָּיא עַד כְּדוֹ יוֹמָא קָאִים אָדָם הָרִאשׁוֹן וְחָזֵי בַּאֲבָהָן תְּרֵין זִמְנִין בְּיוֹמָא וְאוֹדֵי עַל חוֹבוֹי. וְאַחְמֵי לוֹן הַהוּא אֲתַר דְּהֲוָה בֵּיהּ בִּיקָרָא עִלָּאָה. וְאָזִיל וְחָמֵי כָּל אִנּוּן צַדִּיקַיָּיא וְחֲסִידֵי דְּנָפְקוּ מִנִּיהּ וְיָרְתוּ לְהַהוּא יְקָרָא עִלָּאָה דִּבְגִנְתָּא דְעֵדֶן. וְאֲבָהָן כֻּלְהוֹן אוֹדָן וְאָמְרִין (תהילים ל״ו:ח׳) מַה יָּקָר חַסְדְּךָ אֱלֹהִים וּבְנֵי אָדָם בְּצֵל כְּנָפֶיךָ יֶחסָיוּן.

רַבִּי יֵיסָא אָמַר כֻּלְהוּ בְּנֵי עָלְמָא חָמָאן לֵיהּ לְאָדָם הָרִאשׁוֹן בְּשַׁעֲתָא דְּמִסְתַּלְּקֵי מִן עָלְמָא, לְאַחֲזָאָה סַהֲדוּתָא דִּבְגִין חוֹבוֹי דְּבַר נָשׁ אִיהוּ אִסְתַּלַּק מֵעָלְמָא וְלָא בְגִינֵיהּ דְּאָדָם. כְּמָה דִּתְנִינָן אֵין מִיתָה בְּלא חֵטְא. בַּר אִנּוּן תְּלָתָא דְּאִסְתַּלָּקוּ בְּגִין הַהוּא עֵיטָא דְּנָחָשׁ הַקַּדְמוֹנִי. וְאִלֵּין אִנּוּן, עַמְרָם לֵוִי וּבִנְיָמִין. וְאִית דְּאָמְרֵי אוּף נָמֵי יִשַּׁי. דְּלָא חָבוּ וְלָא אִשְׁתְּכַח עֲלַיְיהוּ חוֹבָא דִּימוּתוּן בֵּיהּ, בַּר דְּאַדְכַּר עֲלַיְיהוּ הַהוּא עֵיטָא דְּנָחָשׁ כִּדְאֲמָרָן.

תָּא חֲזֵי, כֻּלְהוֹן דָּרִין דְּהֲווּ בְּיוֹמוֹי דְּנֹחַ כֻּלְהוּ אַפְשִׁיטוּ חוֹבִין עַל עָלְמָא בְּאִתְגַּלְיָא לְעֵינֵיהוֹן דְּכֹלָּא. רַבִּי שִׁמְעוֹן הֲוָה אָזִיל יוֹמָא חַד בְּפִילֵי דִטְבֶרְיָה, חָמָא בְּנִי נְשָׁא דְּהֲוֵי מְקַטְרֵי בְּקִיטְרָא דְקַשְׁתָּא בְּקוּלְפָא דְּקַנְסִיר. אָמַר וּמַה חוֹבָא דָא בְּאִתְגַּלְיָא לְאַרְגָּזָא לְמָרֵיהוֹן. יָהִיב עֵינוֹי בְּהוּ וְאִתְרְמִיּוּ לְגוֹ יַמָּא וּמִיתוּ.

תָּא חֲזֵי, כָּל חוֹבָא דְּאִתְעֲבִיד בְּאִתְגַּלְיָא דָּחֵי לָהּ לִשְׁכִינְתָּא מֵאַרְעָא וּסְלִיקַת דִּיּוּרָהּ מֵעָלְמָא. אִלֵּין הֲווּ אָזְלִין בְּרִישָׁא זָקִיף וְעַבְדֵי חוֹבַיְיהוּ בְּאִתְגַלְיָיא וְדָחוּ לָהּ לִשְׁכִינְתָּא מֵעָלְמָא. עַד דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא דָּחָא לוֹן וְאַעֲבִיר לוֹן מִנֵּיהּ. וְעַל דָּא כְּתִיב (משלי כ״ה:ה׳) הָגוֹ רָשָׁע לִפְנִי מֶלֶךְ וְגו' הָגוֹ סִגִּים מִכֶּסֶף וְגו':

וַיֹּאמֶר יְיָ לֹא יָדוֹן רוּחִי בָּאָדָם לְעוֹלָם בְּשַׁגָּם הוּא בָּשָׂר וְגו'. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר תָּא חֲזֵי, כַּד בְּרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָלְמָא עֲבַד לְהַאי עָלְמָא לְאִשְׁתַּמָּשָׁא
(Ⅰ)

*****

[58a]  
[...] à l’exemple du monde d’en haut. Aussi, lorsque les enfants de ce monde ont du mérite en marchant dans la voie droite, le Saint, béni soit-il, fait descendre l’Esprit de vie d’en haut jusqu’à la région où réside Jacob ; de là cet Esprit de vie descend dans le monde où réside David, et de là, enfin, les bénédictions célestes sont répandues sur toutes les régions inférieures. Ainsi l’Esprit de vie d’en haut, descendant d’étape en étape, arrive jusqu’à notre monde.
C’est pourquoi il est écrit : « Louez le Seigneur, car il est bon, et sa grâce s’étend jusqu’au monde (olam). » Ce mot « monde » désigne le monde du roi David ; et c’est pourquoi le mot «olam» est écrit, en cet endroit, sans Vav, attendu que, lorsque l’Esprit de vie d’en haut arrive dans ce monde, c’est-à-dire dans le monde du roi David, les bénédictions en sortent pour se répandre sur toutes les régions inférieures qu’elles fortifient. En d’autres termes, le mot « olam » est écrit en cet endroit sans Vav, pour nous indiquer que l’Esprit de vie n’arrive pas directement d’en-haut jusqu’à notre monde, attendu qu’il faut d’abord que cet Esprit arrive dans le monde du roi David ; et ce n’est qu’alors que les bénédictions de ce monde descendent dans le monde d’ici-bas. Mais comme les hommes ont péché, cet Esprit de vie a été entièrement ôté des régions inférieures, afin qu’il ne parvienne jusqu’aux êtres d’ici-bas et ne les fortifie.
Les paroles de l’Écriture : « ... Car il est (beschagam) chair » signifient que l’Esprit de vie ne descendra plus dans ce monde, afin que le serpent qui se trouve au bas de l’échelle n’en soit fortifié, et afin que l’Esprit Saint ne vienne en contact avec l’esprit impur. Les mots : « car il est chair » désignent le premier serpent qui, si l’Esprit de vie et, par lui, les bénédictions descendaient ici-bas, serait également béni. L’Écriture l’appelle « chair », ainsi qu’il est écrit (Gen. , VI, 13) : « J’ai résolu la fin de toute chair » ; or, Rabbi Siméon traduit le mot « chair » par « ange de la mort». L’Écriture ajoute (Gen. , VI, 3) : «Et les jours de l’homme seront de cent vingt ans », ce qui veut dire que le lieu qui unit le corps avec l’âme sera relâché au bout de cent vingt ans d’union.
Il est écrit (Gen. , VI, 4) : « Les Tombés ( Nephilim ) étaient sur la terre. »
Rabbi Yossé dit : Par le mot « les Tombés », l’Écriture désigne Aza et Azaël, ainsi que cela a été déjà dit. Le Saint, béni soit-il, les a précipités de la hauteur où ils étaient placés. Mais, dira-t-on, comment ces anges ont-ils pu exister dans ce bas monde ? Rabbi Hiyâ répond : Ceux-ci appartiennent à cette catégorie d’anges dont l’Écriture dit (Gen. , I, 20) : « ... Et des oiseaux qui volent sur la terre. » Or, nous avons appris que les paroles de l’Écriture désignent ces sortes d’anges qui apparaissent aux hommes sous la forme d’hommes. Mais, demandera-t-on, comment ces anges peuvent-ils se transformer ? A ceci nous répondrons ce qui suit : Nous avons appris que ces anges peuvent se transformer de diverses manières, et qu’au moment de descendre ici-bas ils sont matérialisés en prenant des corps, et apparaissent ainsi aux hommes. Aza et Azaël, qui se sont révoltés contre le ciel, furent précipités en bas par le Saint, béni soit-il ; ils prirent des corps sur la terre et ne purent plus s’en dépouiller. Ensuite, ils furent séduits par les femmes d’ici-bas, et ils vivent encore jusqu’à ce jour et enseignent aux hommes la magie. Ils engendrent des fils qui sont appelés «géants» (anaqim), «puissants» (ghiborim). Tel est le sens du mot « les Tombés », lesquels sont également appelés «enfants de Dieu ». Nous avons appris (71)...
Il est écrit (Gen. , VI, 7) : « Et Dieu dit : J’exterminerai de dessus la terre l’homme que j’ai créé. »
Rabbi Yossé a ouvert une de ses conférences par l’exorde suivant : Il est écrit (Is. , LV, 8) : «... Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes voies ne sont pas vos voies, dit le Seigneur. » Remarquez que, lorsqu’un homme veut se venger d’un autre, il garde le silence et ne dit rien, de crainte que l’autre n’apprenne son projet et ne le déjoue en se tenant sur ses gardes. Mais le Saint, béni soit-il, n’agit point de la sorte. Il n’accable jamais le monde sans l’avoir au préalable proclamé deux ou trois fois ; car Dieu ne craint pas que ceux qu’il veut châtier déjouent son projet, puisque personne ne peut se cacher devant lui, ni s’opposer à ses décisions.
Remarquez que, par les paroles : « Et Dieu dit : J’exterminerai de dessus la terre l’homme que j’ai créé », l’Écriture nous apprend que Dieu fit connaître à cette génération, par l’intermédiaire de Noé, la décision qu’il avait prise ; il avertit les hommes deux ou trois fois du châtiment qui les menaçait : mais ils ne voulurent pas l’entendre. En présence de leur persistance à ne rien entendre, Dieu les châtia en les exterminant de dessus la terre.
Remarquez ce que l’Écriture (Gen. , V, 29) dit de Noé : « Et il le nomma Noé en disant : Celui-ci nous soulagera parmi nos œuvres et les œuvres de nos mains, et nous consolera dans la terre que le Seigneur a maudite. » Comment le père de Noé savait-il que Noé le consolerait dans la terre que le Seigneur a maudite ? La vérité est qu’au moment où le Saint, béni soit-il, a maudit le monde, ainsi qu’il est écrit (Gen. , III, 17) : « Que la terre soit maudite à cause de toi », Adam dit au Saint, [...]

כְּגַוְונָא דִלְעֵילָא. וְכַד בְּנֵי עָלְמָא אִנּוּן זַכָּאִין דְּאָזְלֵי בְּאֹרַח מֵישָׁר, קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אַתְעַר רוּחָא דְחַיֵּי דִּלְעֵילָא עַד דְּמָטוּ אִנּוּן חַיִּין לְאֲתַר דְּיַעֲקֹב שַׁרְיָא בֵּיהּ.

וּמִתַּמָּן נָגְדֵי אִנּוּן חַיִּין עַד דְּאִתְמְשִׁיךְ הַהוּא רוּחָא לְהַאי עוֹלָם דְּדָוִד מַלְכָּא שָׁרְיָא בֵּיהּ. וּמִתַּמָּן נָגְדֵי בִּרְכָאן לְכֻלְהוּ אִנּוּן תַּתָּאֵי. וְהַהוּא רוּחָא עִלָּאָה אִתְנְגִיד וְאִתְמְשִׁיךְ לְתַתָּא וְיָכְלִין לְאִתְקַיְימָא בְּעָלְמָא. וּבְגִינֵי כָּךְ לְעוֹלָם חַסְדּוֹ דָּא הוּא עוֹלָם דְּדָוִד מַלְכָּא. וּבְגִין כָּךְ כְּתִיב לְעֹלָם בְּלָא וָא''ו. דְּהָא כַּד (איהו) הַהוּא רוּחָא אִתְנְגִיד לְהַהוּא עוֹלָם, מִתַּמָּן נָפְקֵי בִּרְכָאן וְחַיִּין לְכֹלָא לְאִתְקָיְימָא. הַשְׁתָּא דְּחָבוּ בְּנֵי נָשָׁא אִסְתַּלַּק כֹּלָּא. בְּגִין דְּלָא יִמְטֵי הַהוּא רוּחָא דְחַיֵּי לְהַאי עוֹלָם לְאִתְהַנָּאָה מִנֵּיהּ תַּתָּאֵי וּלְאִתְקָיְימָא בֵּיהּ. בְּשַׁגָּם הוּא בָּשָׂר בְּגִין דְּלָא יִתְרַק הַאי רוּחָא לְהַאי עוֹלָם. מַאי טַעְמָא דְּלָא לְאַסְגָּאָה נָחָשׁ תַּתָּאָה. דְּדַרְגִין דְּיִתְתַּקַּף בֵּיהּ (ד''א ל''ג ובעינן) רוּחָא דִּקְדוּשָׁא דְּלָא יִתְעָרַב בְּרוּחַ מְסָאָב.

בְּשַׁגָּם הוּא בָּשָׂר דָּא נָחָשׁ קַדְמָאָה דְּיִתְבָּרַךְ בְגִין כָּךְ הוּא בָּשָׂר כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (בראשית ו) קֵץ כָּל בָּשָׂר בָּא לְפָנַי וְאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן דָּא מַלְאַךְ הַמָּוֶת. וְהָיוּ יָמָיו מֵאָה וְעֶשְׂרִים שָׁנָה אוֹרִיכוּ דְקוּסְטִירָא דְּקִיטְרָא:

הַנְּפִילִים הָיוּ בָּאָרֶץ. תָּנֵי רַבִּי יוֹסֵי אִלֵּין עַזָּ''א וַעֲזָאֵ''ל. כְּמָה דְּאִתְּמָר דְּאַפִּיק (ד''א דאפיל) לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא מִקְדוּשָׁתָא דִּלְעֵילָא. וְאִי תֵימָא וְהֵיךְ יָכְלוּ לְאִתְקַיְימָא בְּהַאי עָלְמָא. אָמַר רַבִּי חִיָּיא אִלֵּין הֲווּ מֵאִנּוּן דִּכְתִיב וְעוֹף יְעוֹפֵף עַל הָאָרֶץ. וְהָא אִתְּמָר דְּאִלֵּין אִתְחֲזוּ לִבְנֵי נָשָׁא כְּחֵזוּ דִּלְהוֹן. וְאִי תֵימָא הֵיךְ יָכְלִין לְאִתְהַפָּכָא. הָא אִתְּמָר דְּאִתְהַפְּכָן לְכַמָּה גְוָונִין וּבְשַׁעֲתָא דְּנָחְתֵי אַגְלִימוּ בַּאֲוִירָא דְעָלְמָא וְאִתְחַזּוּן כִּבְנֵי נָשָׁא.

וְהָנֵי עַזָּ''א וַעֲזָאֵ''ל דְּמָרְדוּ לְעֵילָא וְאַפִּיל לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וְאַגְלִימוּ בְּאַרְעָא וְאִתְקָיְימוּ בֵּיהּ וְלָא יָכִילוּ לְאִתְפַּשְׁטָא מִנֵּיהּ. וּלְבָתַר טָעוּ בָּתַר נְשֵׁי עָלְמָא. וְעַד כְּעָן יוֹמָא דָא אִנּוּן קָיְימֵי וְאוֹלְפֵי חָרְשִׁין לִבְנֵי נָשָׁא וְאוֹלִידוּ בְּנִין וְקָרוּ לְהוּ עֲנָקִים גִּבָּרִין. וְאִנּוּן נְפִילִים אִקְרוּן בְּנֵי אֱלהִים. וְהָא אִתְּמָר.

השלמה מההשמטות (סימן מ''ו)

אָמַר רַבִּי רְחוּמָאי כָּבוֹד וְלֵב הֲרֵי הֵן אֶחָד אֶלָּא שְׁכָּבוֹד נִקְרָא עַל שֵׁם מַעְלָה וְלֵב אִתְקְרֵי עַל שֵׁם פְּעוּלַת מַטָּה. וְהַיְינוּ כְּבוֹד הַשֵׁם וְהַיְינוּ לֵב הַשָׁמַיִם. מָאי נִיהוּ (ישעיה ו') מְלֹא כָּל הָאָרֶץ כְּבוֹדוֹ אֶלָּא כָּל אוֹתָהּ אֶרֶץ שְׁנִבְרֵאת בְּיוֹם רִאשׁוֹן שֶׁהוּא לְמָעְלָה כְּנֶגֶד אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל מְלֵאָה מִכְּבוֹד הַשֵׁם וּמָאי נִינְהוּ חֲכָמִים דִּכְתִיב (משלי ג') כָּבוֹד חֲכָמִים יִנְחָלוּ וּכְתִיב (יחזקאל ג') בָּרוּךְ כְּבוֹד יְיָ מִמְּקוֹמוֹ.

וּמָאי הֲוֵי כָּבוֹד זֶה. מָשָׁל לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה לְמֶלֶךְ שֶׁהָיָה לוֹ מַטְרוֹנִיתָא בְּחַדְרוֹ שֶׁכָּל חַיָּילָיו מִשְׁתַעֲשְׁעִין בָּהּ וְהָיוּ לָהּ בָּנִים וּבָאִים כָּל הַיּוֹם לִרְאוֹת פְּנֵי הַמֶּלֶךְ וּמְבָרְכִין אוֹתוֹ אֲמְרוּ לוֹ אָנָה אִמֵנוּ אָמַר לָהֶם לא תּוּכְלוּ לִרְאוֹתָהּ עַתָּה. אֲמְרוּ בְּרוּכָה תְּהֵא בְּכָל מָקוֹם שֶׁהִיא. וּמָאי דִּכְתִיב מִמְּקוֹמוֹ מִכְּלַל דְּלִיכָּא דְּיָדַע אֶת מְקוֹמוֹ מָשָׁל לְמַטְרוֹנִיתָא שְׁבָּאָה מִמָקוֹם רָחוֹק וְלֹא יָדְעוּ מֵאַיִן בָּאָה עַד שְׁרָאוּ שֶׁהִיא אֵשֶׁת חַיִל נָאָה וְהַגּוּנָה בְּכָל מַעֲשֶׂיהָ, אֲמְרוּ זֹאת וַדָּאי מִן הָאוֹר נִלְקְחָה כַּךְ בְּמַעֲשֶׂיהָ הֵאִירָה אֶת הָעוֹלָם. שָׁאֲלוּ אוֹתָהּ מֵאַיִן אַתְּ אָמְרָה לָהֶם מִמְקוֹמִי אֲמְרוּ אִם כֵּן גְּדוֹלִים אַנְשֵׁי מְקוֹמֶךְ בְּרוּכָה תִּהְיִּי וּמְבוֹרָךְ מְקוֹמֶךְ.

וְכִי אֵין כְּבוֹד יְיָ אֶחָד מִצִבְאוֹתָיו לא גָּרַע אַמָּאי מְבָרְכִין לֵיהּ. אֶלָּא מָשָׁל לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה, לְאִישׁ שֶׁהָיָה לוֹ גָן נָאָה וְחוּץ לְגַן בְּקַרוֹב מִמֶּנּוּ חַתִּיכַת שָׂדֶה. וְאִם הִשְׁקָה הַגָּן בִּתְּחִלַּת שָׁקְיוּתוֹ הָלְכוּ לָהֶם הַמָּיִם עַל כָּל הַגָּן. אַךְ אוֹתָהּ חַתִּיכָה שֶׁל שָׂדֶה שֶׁהִיא אֵינָה דְבוּקָה, אַף עַל פִּי שְׁהַכֹּל אֶחָד הוּא לְפִיכָךְ פָּתַח לָהּ מָקוֹם וְהִשְׁקָה לָהּ לְבַדָּהּ. (עד כאן מההשמטות)

וַיֹּאמֶר יְיָ אֶמְחֶה אֶת הָאָדָם אֲשֶׁר בָּרָאתִי מֵעַל פְּנִי הָאֲדָמָה. רַבִּי יוֹסֵי פָּתַח (ישעיה נה) כִּי לא מַחְשְׁבוֹתַי מַחְשְׁבוֹתֵיכֶם.

תָּא חֲזֵי, כַּד בַּר נָשׁ בָּעֵי לְנָקְמָא מֵאַחֲרָא שָׁתִיק וְלָא אָמַר מִידִי. דְּאִילוּ אוֹדְעֵיהּ יִסְתַּמַּר וְלָא יָכִיל לֵיהּ. אֲבָל קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לָאו הָכִי עָבִיד. לָא עָבִיד דִּינָא בְּעָלְמָא עַד דְּאַכְרִיז וְאוֹדַע לְהוּ זִמְנָא תְּרֵין וּתְלָתָא. בְּגִין דְּלָא אִיתָאי דְּיִמְחֵי בִּידֵיהּ דְּיֵימָא לֵיהּ מָה עֲבָדַת וְלָא יִסְתַּמַּר מִנֵּיהּ וְלָא יָכִיל לְקָיְימָא קַמֵּיהּ.

תָּא חֲזֵי, וַיֹּאמֶר יְיָ אֶמְחֶה אֶת הָאָדָם אֲשֶׁר בָּרָאתִי מֵעַל פְּנֵי הָאֲדָמָה. אוֹדַע לוֹן עַל יְדָא דְנֹחַ וְאַתְרֵי בְּהוֹן כַּמָּה זִמְנִין וְלָא שָׁמְעֵי. בָּתַר דְּלָא שְׁמָעוּ, אַיְיתֵי עֲלֵיהוֹן דִּינָא וְאוֹבִיד לוֹן מֵעַל אַפֵּי אַרְעָא.

תָּא חֲזֵי מַה כְּתִיב בֵּיהּ בְּנֹחַ וַיִּקְרָא אֶת שְׁמוֹ (ס' א) נֹחַ לֵאמֹר זֶה יְנַחֲמֵנוּ מִמַּעֲשֵׂנוּ. (זה מקומו בדף ס' ובתוס' בהגהת האר''י) (ס''א אמאי הכא לאמר. ואמאי זה. אלא לאמר דא אתתא. זה דא צדיק. רמז דקודשא בריך הוא קרא ליה לנח נייחא דארעא. לאמר. מאי לאמר. אלא אתר דא קרי ליה נח ומאן איהו ארעא קדישא. לאמר זה ינחמנו עבד ליה קודשא בריך הוא לתתא כגוונא עילאה. כתיב הכא זה ינחמנו וכתיב התם (ישעיה כה) זה יי קוינו לו. זכאין אנון צדיקייא דרשימין ברשימו דגושפנקא דמלכא עילאה למהוי בשמיה רשימין. ואיהו שוי שמהן בארעא כדקא יאות. כתיב ויקרא את שמו נח, וכתיב, (בראשית כ״ה:כ״ו) ויקרא שמו יעקב. אמאי לא כתיב את. אלא התם דרגא (חדא) והכא דרגא אחרא. כמא דאת אמר (ישעיה ו) ואראה את ה'. ואראה יי לא כתיב אלא את יי. אוף הכא ויקרא שמו יעקב דרגא דיליה קודשא בריך הוא ממש קרי ליה יעקב. אבל הכא א''ת, לאכללא שכינתא).

מְנָא הֲוָה יָדַע. אֶלָּא בְּשַׁעֲתָא דְּלַיְיט קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָלְמָא דִּכְתִיב אֲרוּרָה הָאֲדָמָה בַּעֲבוּרְךָ. אָמַר אָדָם קַמֵּי
(Ⅰ)

*****

[58b]  
[...] béni soit-il : Maître de l’Univers, jusqu’à quelle époque le monde restera-t-il chargé de cette malédiction ? Dieu lui répondit : Jusqu’à l’époque où naîtra un enfant circoncis, semblable à toi. A partir de ce moment, les hommes attendaient toujours la naissance de cet enfant. Et lorsque Noé vint au monde, son père s’aperçut (72) qu’il était circoncis et marqué ainsi du signe sacré, il vit aussi que la Schekhina était attachée à l’enfant ; c’est pourquoi il l’appela du nom qui exprime les événements qui arriveront durant sa vie. Avant la naissance de Noé, les hommes ne savaient ni semer, ni traîner la charrue, ni herser ; ils faisaient tous les travaux de la terre avec la main. Mais lorsque Noé vint au monde, il apprit à ses contemporains l’art de labourer la terre et leur montra tous les ustensiles (73) nécessaires pour tirer les fruits de la terre. C’est pourquoi le père de Noé dit : « Celui-ci nous soulagera parmi nos travaux et les œuvres de nos mains. » L’Écriture ajoute : «... De la terre », ce qui veut dire que Noé devait ôter la malédiction dont la terre était chargée jusque-là, à tel point que l’on semait des blés et qu’on récoltait des épines.
C’est pourquoi l’Écriture (Gen. , IX, 20) appelle Noé « laboureur de la terre ».
Rabbi Yehouda dit : L’Écriture appelle Noé le « laboureur de la terre » (isch ha-adamah»), pour la même raison quelle appelle Élimélech (Ruth, I, 3) « mari de Noëmi (isch na-ami) ». Car Noé est appelé le Juste qui, grâce au sacrifice qu’il a offert, a déchargé la terre de la malédiction qui pesait sur elle, ainsi qu’il est écrit (Gen. , VIII, 21) : « Le Seigneur reçut ce sacrifice qui avait une odeur agréable, et il dit : Je ne répandrai plus ma malédiction sur la terre à cause de l’homme. » C’est pourquoi Noé est appelé « isch ha--adamah ». C’est pourquoi aussi il reçoit un nom qui exprime l’événement qui se produira durant sa vie.
Rabbi Yehouda a ouvert une conférence par l’exorde suivant : Il est écrit (Ps. , XLVI, 9) : « Venez et voyez les œuvres du Seigneur, qui fait des prodiges (schamoth) sur la terre. » Ce verset a déjà été expliqué. Mais voici ce que nous voulons y ajouter : Que signifie : « Venez, et voyez » (hazou) ? Ce mot a la même signification que celui du verset (Is. , XXI, 2) : « Dieu m’a révélé une épouvantable prophétie (hazouth) » ; car c’est par l’œuvre du Saint, béni soit-il, que la prophétie d’en haut est révélée aux hommes. Quant aux paroles de l’Écriture : « Qui fait des prodiges (schamoth) sur la terre », ce n’est pas « prodiges » (schamoth), mais c’est « noms » (schemoth), qu’il faut lire. L’Écriture veut dire que c’est Dieu qui inspire le nom des hommes ; car le nom influe sur toute la vie de l’homme. Selon une autre interprétation (74), le mot « schamoth » du verset précité signifie « destruction » ; car, si le monde avait été l’œuvre de l’essence divine appelée Jéhovah, tout dans ce monde aurait été indestructible ; mais comme le monde est l’œuvre de l’essence divine appelée Elohim, tout est sujet à la destruction ; et c’est pourquoi l’Écriture (Ps. , XLVI, 9) dit : « Venez, et voyez les œuvres d’Élohim (75) qui sont sujettes à la destruction (schamoth) sur la terre. »
Rabbi Hiyâ dit à Rabbi Yehouda : Je ne suis pas de l’avis de ces derniers interprètes, attendu que le nom de Jéhovah aussi bien que celui d’Élohim sont également sacrés ; donc il est inadmissible d’admettre que le monde ne soit périssable que parce qu’il est l’œuvre d’Elohim, mais qu’il ne l’aurait pas été s’il eût été l’œuvre de Jéhovah. C’est pourquoi je partage l’opinion des collègues qui prêtent au mot « schamoth » le sens de « noms sacrés » ; car c’est grâce à la combinaison des noms sacrés de Dieu qu’on opère des merveilles dans ce monde. Le sens du verset précité est donc celui-ci : « Venez, et voyez les œuvres d’Elohim qu’on opère sur la terre grâce à la combinaison des noms divins. »
Rabbi Isaac dit : Toutes les interprétations sont bonnes ; et même celle de Rabbi Yehouda est admissible ; car, si le monde avait été créé par le nom de miséricorde, c’est-à-dire par le nom de Jéhovah, tout dans le monde serait resté indestructible ; mais comme le monde a été créé, par le nom de rigueur, c’est-à-dire par le nom d’Élohim, tout est périssable dans ce monde. Quant à l’objection de Rabbi Hiyâ, elle est mal fondée, attendu que l’instabilité des choses est indispensable au monde, de même que la rigueur est indispensable pour le châtiment des coupables, sans quoi le monde ne saurait exister.
Remarquez que, lorsque Noé naquit, il fut appelé d’un nom qui exprime la consolation : consolation pour lui et consolation pour le monde, consolation pour les ascendants et consolation pour les descendants, consolation pour le monde d’en haut et consolation pour le monde d’en bas, consolation dans ce monde et consolation dans le monde futur. Bien que le nom de Noé ait été un présage de son avenir de consolateur, il n’avait pas la même signification en ce qui concerne ses rapports avec Dieu ; car le nom de « Noah » lu inversement forme le mot « hen » (grâce), ainsi qu’il est écrit (Gen. , VI, 8) : « Et Noah trouva grâce (hen) devant le Seigneur. »
Rabbi Yossé dit : « Hen » est formé des mêmes lettres que « Noah » ; ainsi, les noms des justes sont toujours l’anagramme d’un mot exprimant le bien, alors que les noms des coupables se prêtent toujours à un anagramme exprimant quelque chose de mauvais. Ainsi, chez Noé, l’Écriture dit : « Et Noah trouva grâce (hen) devant le Seigneur. » « Noah » est donc l’anagramme de « hen » (grâce). Alors que chez « Er », le fils aîné de Juda, l’Écriture (Gen. , XXXVIII, 7) dit : « Et Er, le fils aîné de Juda, était mal (râ) devant le Seigneur. » Ainsi « Er» forme l’anagramme « râ».
Remarquez que lorsque Noé vint au monde et qu’il vit la perversité des hommes qui péchaient contre le Saint, béni soit-il, il se retira dans la solitude et se consacra au service de son Maître, afin d’éviter ainsi la contagion. Mais, dira-t-on, à quelle étude se consacra-t-il dans la solitude ? Il se consacra à l’étude du livre révélé à Adam et à Henoch ; il l’étudia pour savoir comment servir son Maître. Remarquez, en effet, que les choses ne pouvaient pas se passer autrement ; car comment Noé aurait-il su sans cela qu’il fallait offrir un sacrifice à son Maître ? Mais, d’après ce que nous venons de dire, la chose s’explique : Noé ayant trouvé, dans le livre révélé à Adam, que c’est sur la « Sagesse éternelle » (Hocmâ) que le monde a été fondé, il a compris que c’était grâce au sacrifice que le monde subsistait et que, sans le sacrifice, ni les êtres d’en haut, ni les êtres d’en bas ne sauraient exister. Rabbi Siméon fit un jour un voyage en compagnie de Rabbi Éléazar son fils, de Rabbi Yossé et de Rabbi Hiyâ. Chemin faisant, Rabbi Éléazar dit à son père : Puisque nous désirons faire un bon voyage, il nous faut faire entendre des paroles touchant la doctrine.
Rabbi Siméon ouvrit alors sa conférence de la manière suivante : Il est écrit (Ecc. , X, 3) : «Même sur le chemin où l’insensé marche, le cœur lui manque, et il dit à tout le monde : c’est insensé. » Si l’homme veut que son voyage soit agréable au Saint, béni soit-il, il doit, avant de se mettre en route, consulter Dieu et lui adresser la prière des voyages, ainsi que la tradition (76) le déduit des paroles de l’Écriture (Ps. , LXXXV, 14) : « Le Juste marchera devant lui, et il le suivra dans le chemin » ; ce qui veut dire que la Schekhina ne se détachera jamais de celui qui la consulte avant de se mettre en route. Mais celui qui ne se confie (77) pas à son Maître est compris dans les paroles de l’Écriture « Même [...]

קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם עַד מָתַי יְהֵא עָלְמָא בְּלַטְיוּתָא. אָמַר לֵיהּ עַד דְּיִתְיְלִיד לָךְ בֵּן מָהוּל כְּגַוְונָא דִילָךְ. וְהֲווּ מְחַכָּאן עַד שַׁעֲתָא דְּאִתְיַלִּיד נֹחַ. וְכֵיוָן דְּאִתְיַילִיד (נח נט ב) חָמָא לֵיהּ גָּזִיר רָשִׁים בְּאָת קַדִּישָׁא. וְחָמָא שְׁכִינְתָא מִתְדַּבְּקָא בַּהֲדֵיהּ. כְּדֵין קָרָא שְׁמֵיהּ עַל מָה דְּעָבִיד לְבָתָר.

בְּקַדְמִיתָא לָא הֲווּ יָדְעֵי לְמִזְרַע וּלְמֶחֱצָד וּלְמֶחֱרַשׁ וְהֲווּ עָבְדֵי פּוּלְחָנָא דְאַרְעָא בִּידַיְיהוּ. כֵּיוָן דְּאָתָא נֹחַ אַתְקִין אוּמְנוּתָא לְהוּ וְכָל מָאנִין (צו ב) דִּצְרִיכִין לְתַקְנָא אַרְעָא לְמֶעְבַּד פֵּירִין. הֲדָא הוּא דִכְתִיב זֶה יְנַחֲמֵנוּ מִמַּעֲשֵׂנוּ וּמֵעִצְבוֹן יָדֵינוּ, מִן הָאֲדָמָה. דְּאִיהוּ אַפִּיק אַרְעָא מִמַּה דְּאִתְלַטְיָיא. דְּהֲווּ זָרְעִין חִטִּין וְקָצְרִין גּוֹבִין וְדַרְדַּרִין. וּבְגִינֵי כָךְ כְּתִיב אִישׁ הָאֲדָמָה.

רַבִּי יְהוּדָה אָמַר אִישׁ הָאֲדָמָה כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (רות א׳:ג׳) אִישׁ נָעֳמִי. בְּגִין דְּאִקְרֵי צַדִּיק וְאַפִּיק לָהּ לְאַרְעָא בְּקָרְבָּנָא דְּעֲבַד מִמַּה דְּאִתְלַטְיָיא דִּכְתִיב לא אוֹסִיף לְקַלֵּל עוֹד אֶת הָאֲדָמָה בַּעֲבוּר הָאָדָם. וּבְגִין דָּא אִקְרֵי אִישׁ הָאֲדָמָה. וְעַל דָּא קְרָא לֵיהּ שְׁמָא עַל מַה דְּיֵיתֵי.

רַבִּי יְהוּדָה פָּתַח (תהילים מ״ו:ט׳) לְכוּ חֲזוּ מִפְעֲלוֹת אֱלֹהִים אֲשֶׁר שָׂם שַׁמּוֹת בָּאָרֶץ. הַאי קְרָא אוּקְמוּהָ וְאִתְּמָר. אֲבָל לְכוּ חֲזוּ וְגו'. (מאי חזו כמא דאת אמר, (ישעיהו כ״א:ב׳) חזות קשה הוגד לי. בעובדוי דקודשא בריך הוא אתגלי נבואה עלאה לבני נשא. אשר שם שמות בארץ. שמות ודאי דהא שמא גרים לכלא) (והוא לשון שממון) דְּאִלּוּ הֲווּ מִפְעֲלוֹת יוד הא ואו הא שָׂם קִיּוּם בָּאָרֶץ, אֲבָל בְּגִין דְּהֲווּ מִפְעֲלוֹת שְׁמָא דֵאלהִים שָׂם שַׁמּוֹת בָּאָרֶץ.

אָמַר לֵיהּ רַבִּי חִיָּיא הַשְׁתָּא אִתְעָרַת לְהַאי. לָאו, אֲנָא הָכִי אֲמִינָא לֵיהּ. בְּגִין דְּבֵין שְׁמָא דָא וּבֵין שְׁמָא דָא כֹּלָּא הוּא שְׁבַחָא. אֲבָל אֲנָא אֲמִינָא לֵיהּ כְּמָה דְּאִתְעָרוּ חַבְרַיָא דְּשָׁוֵי שְׁמָהָן. שַׁמּוֹת בָּאָרֶץ שֵׁמוֹת מַמָּשׁ (שם בארץ ואמאי בגין לאשתמשא בהו עלמא ולמהוי קיומא בעלמא).

רַבִּי יִצְחָק אָמַר כֹּלָּא הוּא. וְאֲפִילּוּ מַה דְאָמַר רַבִּי יְהוּדָה שַׁפִּיר קָאֲמַר. דְּאִלּוּ יְהֵא עָלְמָא בִּשְׁמָא דְרַחֲמֵי יִתְקַיָּים עָלְמָא, אֲבָל בְּגִין דְּאִתְבְּרֵי עָלְמָא עַל דִּינָא וְקָיְימָא עַל דִּינָא שָׂם שַׁמּוֹת בָּאָרֶץ וְשַׁפִּיר הוּא דְּאִלְמָלֵא כָּךְ לָא יָכִיל עָלְמָא לְאִתְקָיְימָא מִקַּמֵּי חוֹבֵיהוֹן דִּבְנֵי נָשָׁא.

תָּא חֲזֵי, נֹחַ כַּד אִתְיְילִיד קָרוּן לֵיהּ עַל שְׁמָא דִּנְחָמָה (נח, נייחאליה, נייחא לעלמא, נייחא לאבהן, נייחא לבנין, נייחא לעלאין, נייחא לתתאין, נייחא לעלמא דין, נייחא לעלמא דאתי) וְלֶהֱוֵי (ד''א ולמהוי) שְׁמָא גָרִים. אֲבָל (נ''א לגבי) קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לָאו הָכִי. נֹחַ בְּהִפּוּךְ אָתְוָון חֵן כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר וְנֹחַ מָצָא חֵן.

אָמַר רַבִּי יוֹסֵי חֵן הַיְינוּ נֹחַ. בְּצַדִּיקַיָיא שְׁמֵיהוֹן גָּרִים לְטַב. בְּחַיָּיבַיָא שְׁמֵיהוֹן גָּרִים לְבִישׁ. בְּנֹחַ כְּתִיב וְנֹחַ מָצָא חֵן בְּעֵינֵי יְיָ. בְּעֵר בְּכוֹר יְהוּדָה אִתְהַפָּכוּ אָתְווֹי לְבִישׁ. עֵ''ר רָ''ע. רַע בְּעֵינֵי יְיָ.

תָּא חֲזֵי, כֵּיוָן דְּאִתְיְילִיד נֹחַ חָמָא עוֹבָדֵיהוֹן דִּבְנֵי נָשָׁא דְּאִנּוּן חָטָאן קַמֵּי קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, וְהֲוָה גָּנִיז גַּרְמֵיהּ וְאִשְׁתְּדָּל בְּפוּלְחָנָא דְּמָארֵיהּ. בְּגִין דְּלֹא לְמֵהַךְ בְּאוֹרְחַיְיהוּ. וְכִי תֹּאמַר בַּמָּה אִשְׁתַּדַּל. בְּהַהוּא (ל''ז ב) סִפְרָא דְאָדָם וְסִפְרָא דְּחֲנוֹךְ וְהֲוָה אִשְׁתַּדַּל בְּהוּ לְמִפְלַח לְמָרֵיהּ.

תָּא חֲזֵי, דְּהָכִי הוּא דְּהָא נֹחַ מְנָא הֲוָה יָדַע לִקְרַב קָרְבָּנָא לְמָרֵיהּ. אֶלָּא בְּגִין דְּאַשְׁכַּח חָכְמְתָא עַל מַה מִּתְקַיֵּים עָלְמָא וְיָדַע דְּעַל קָרְבָּנָא מִתְקַיֵּים. וְאִלְמָלֵא קָרְבָּנָא לָא הֲווּ קָיְימֵי עִלָּאֵי וְתַתָּאֵי.

רַבִּי שִׁמְעוֹן הֲוָה אָזִיל בְּאָרְחָא וְהֲווּ עִמֵּיהּ רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרֵיהּ וְרַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי חִיָּיא. עַד דְּהֲווּ אָזְלֵי, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר לְאֲבוּהִי אָרְחָא מְתַקְנָא קַמָּן בָּעִינָן לְמִשְׁמַע מִלֵּי דְאוֹרַיְיתָא. פָּתַח רַבִּי שִׁמְעוֹן וְאָמַר (קהלת י׳:ג׳) גַּם בַּדֶּרֶךְ כְּשֶׁהַסָּכָל הוֹלֵךְ לִבּוֹ חָסֵר וְגו'. כַּד בַּר נָשׁ בָּעֵי לְאַתְקָנָא אָרְחֵיהּ קַמֵּי קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. עַד לָא יִפּוּק לְאָרְחָא בָּעֵי לְאַמְלָכָא בֵּיהּ וּלְצַלֵּי קַמֵּיהּ עַל אָרְחֵיהּ. כְּמָה דְּתָנִינָן דִּכְתִיב, (תהלים פה) צֶדֶק לְפָנָיו יְהַלֵּךְ וְיָשֵׂם לְדֶרֶךְ פְּעָמָיו. דְּהָא שְׁכִינְתָּא לָא אִתְפָּרְשָׁא מִנֵּיהּ.

וּמָאן דְּאִיהוּ לָא מְהֵימְנָא בְּמָרֵיהּ, מַה כְּתִיב
(Ⅰ)

*****

[59a]  
[...] sur le chemin où l’insensé marche, le cœur lui manque. » Que signifie le « cœur » ? Ce mot désigne le Saint, béni soit-il, qui n’accompagne jamais l’insensé dans son voyage et qui ne lui accorde aucun aide ; car l’homme qui ne consulte pas son Maître avant de se mettre en route manifeste ainsi son opinion de pouvoir se passer du secours de Dieu durant le voyage. L’insensé s’abstient même pendant son voyage de parler des choses relatives à la doctrine ; c’est pourquoi l’Écriture dit de lui que «le cœur lui manque » ; ce qui veut dire qu’il se prive par-là du secours de Dieu.
L’Écriture ajoute : «... Et il dit à tout le monde : c’est insensé » ; ce qui veut dire que, lorsque l’insensé entend les autres parler des choses relatives à la Foi, il s’écrie : C’est insensé de parler de ces sortes de choses. Chose pareille est arrivée une fois à un homme qui, ayant médité sur la marque sacrée empreinte dans la chair de tout Israélite, émit l’avis que cette pratique ne constitue pas un article de foi. Lorsque Rabbi Yebba, le Vieillard, entendit cette hérésie, il leva les yeux sur l’hérétique, et celui-ci fut transformé en un tas d’os. Mais comme nous souhaitons l’aide du Saint, béni soit-il, durant ce voyage, nous devons dire quelques mots touchant la doctrine.
Rabbi Siméon commença alors de la manière suivante : Il est écrit (Ps. , LXXXVI, 11) : « Montre-moi, Éternel, ta voie, que j’entre dans ta vérité ; unis à toi mon cœur, que je craigne ton nom. » Ce verset offre une certaine difficulté, attendu que la tradition nous apprend que toute chose est au pouvoir du Saint, béni soit-il, excepté la bonne ou mauvaise conduite de l’homme. Or, comment David pouvait-il demander au Saint, béni soit-il, ce qu’il a demandé? Mais David parla ainsi à Dieu : «Montre-moi ta voie qui est la voie droite», en d’autres termes : dessille mes yeux pour que je puisse pénétrer tes mystères ; car alors je suis certain que je marcherai sur la voie de la vérité, sans dévier ni à droite ni à gauche. David ajouta : « Unis à toi mon cœur. » Que signifient les mots « mon cœur »? Ces mots désignent celui dont le Psalmiste dit : « O Dieu, qui êtes le Dieu de mon cœur et mon partage pour toute l’éternité... » David disait donc à Dieu : Fais que je demeure toujours uni à toi et, dans ce cas, je serai toujours pénétré de la crainte de ton nom.
Remarquez que, tout homme qui craint le Saint, béni soit-il, est pénétré de la foi comme il convient ; un tel homme est considéré comme parfait dans ses rapports avec son Maître. Mais celui qui ne craint pas son Maître n’a pas la foi et n’est pas digne d’avoir une part du monde futur.
Rabbi Siméon commença en outre de la manière suivante : Il est écrit (Prov. , IV, 18) : « Le sentier des justes est comme une lumière brillante qui s’avance et qui croît jusqu’au jour parfait. » Heureux le sort des justes dans ce monde et dans le monde futur, car le Saint, béni soit-il, désire leur glorification.
Remarquez les paroles de l’Écriture : « Le sentier des justes est comme une lumière brillante... » Que signifient les paroles « lumière brillante » ((hgn rwa)) ? Ces paroles désignent la lumière brillante que le Saint, béni soit-il, a créée au moment de la création du monde et qu’il a réservée aux justes dans le monde futur.
L’Écriture ajoute : «... Qui s’avance et qui croit jusqu’au jour parfait » ; car cette lumière réservée aux justes va toujours en augmentant, mais ne décroît jamais. Mais que dit l’Écriture des coupables ? L’Écriture dit (Prov. , IV, 19) : « La voie des méchants est pleine de ténèbres ; ils ne savent où ils tombent. » Pourquoi l’Écriture dit-elle : «... ils ne savent où ils tombent» ? Est-ce que les méchants ne connaissent pas la cause de leur chute ? L’Écriture veut dire que les méchants, qui marchent sur la voie tortueuse, ne réfléchissent jamais ni ne pensent jamais que le Saint, béni soit-il, les jugera dans le monde futur et leur fera subir le châtiment de l’enfer où ils vont se lamenter chaque jour : « Malheur à nous, malheur à nous, qui n’avons jamais voulu prêter nos oreilles, ni ouvrir notre cœur à la voix de la vérité, tant que nous étions encore sur la terre, où la réparation était encore possible ; malheur à nous, malheur à nous. » Telle est la lamentation que poussent chaque jour les coupables dans l’enfer.
Remarquez que le Saint, béni soit-il, accordera aux justes dans le monde futur beaucoup de lumière et leur donnera la récompense de leurs œuvres dans une région que jamais œil n’a aperçu, ainsi qu’il est écrit (Is. , LXIV, 3) : « L’œil n’a point vu, hors toi seul, ô Dieu, ce que tu as préparé à celui qui espère en toi » ; et ailleurs il est dit (Is. , LXVI, 24) : « Ils sortiront pour voir les corps morts de ceux qui ont péché contre moi » ; et encore ailleurs (Mal. , III, 21) : « Vous foulerez aux pieds les impies qui deviendront comme de la cendre sous la plante de vos pieds. » Heureux le sort des justes dans ce monde et dans le monde futur. C’est d’eux que l’Écriture (Is. , LX, 21) dit : « Ils posséderont la terre pour toujours » ; et ailleurs (Ps. CXL, 12) : « Mais les justes loueront ton nom, et ceux qui ont le cœur droit habiteront en ta présence. » (Ps. , CXL, 12) ; « Béni soit le Seigneur, éternellement ; que cela soit ainsi ; que cela soit ainsi (78). » [...]

בֵּיהּ וְגַם בַּדֶּרֶךְ כְּשֶׁהַסָּכָל הוֹלֵךְ לִבּוֹ חָסֵר. מַאן לִבּוֹ. דָּא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא דְּלָא יְהַךְ עִמֵּיהּ בְּאָרְחָא וְגָרַע מִן סִיַּיעְתֵּיהּ בְּאָרְחֵיהּ. בְּגִין דְּהַהוּא בַּר נָשׁ דְּלָא מְהֵימָן בֵּיהּ בְּמָארֵיהּ עַד לָא יִפּוּק בְּאָרְחָא לָא בָּעֵי סִיַּעְתָּא דְמָארֵיהּ.

וְאֲפִילּוּ בְּאָרְחָא כַּד אִיהוּ אָזִיל לָא אִשְׁתַּדַּל בְּמִלֵּי דְאוֹרַיְיתָא. וּבְגִינֵי כָךְ לִבּוֹ חָסֵר דְּלָא אָזִיל בַּהֲדֵיהּ דְּמָרֵיהּ וְלָא אִשְׁתְּכַח בְּאָרְחֵיהּ. וְאֹמֵר לַכֹּל סָכָל הוּא, אֲפִלּוּ כַּד שְׁמַע מִלָּה דִמְהֵימְנוּתָא דְמָארֵיהּ, הוּא אָמַר דְּטִפְּשׁוּתָא הוּא לְאִשְׁתַּדָּלָא בֵּיהּ. כְּהַאי דְּשָׁאִילוּ לְבַר נָשׁ (חד) עַל אָת קְיָימָא דִּרְשִׁימוּ בְּבִשְׂרֵיהּ דְּבַר נָשׁ. וְאָמַר לָאו אִיהוּ מְהֵימְנוּתָא. שָׁמַע רַב יֵיבָא סָבָא וְאִסְתַּכַּל בֵּיהּ וְאִתְעֲבִיד תִּלָּא דְּגַרְמֵי. וְאֲנַן בְּהַאי אוֹרְחָא בְּסִיַּיעְתָּא דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בָּעִינָן לְמֵימַר מִלֵּי דְאוֹרַיְיתָא.

פָּתַח וְאָמַר (תהלים פו) הוֹרֵנִי יְיָ דַּרְכֶּךָ אֲהַלֵּךְ בַּאֲמִתֶּךָ יַחֵד לְבָבִי לְיִרְאָה שְׁמֶךָ. הַאי קְרָא קַשְׁיָא. דְּהָא תָּנִינָן כֹּלָא הִיא בִּידָא דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, בַּר לְמֶהֱוֵי זַכָּאָה אוֹ חַיָּיבָא. וְדָוִד הֵיךְ תָּבַע דָּא מֵעִם קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. אֶלָּא דָּוִד הָכִי קָאֲמַר. הוֹרֵנִי יְיָ דַּרְכֶּךָ. הַהוּא אֹרַח מִישׁוֹר וּמְתַקְנָא לְגַלָּאָה עֵינַי וּלְמִנְדַע לֵיהּ, וּלְבָתַר אֲהַלֵּךְ בַּאֲמִתֶּךָ אֵיהַךְ בְּאֹרַח קְשׁוֹט וְלָא אַסְטֵי לְיָמִינָא וְלִשְׂמָאלָא. יַחֵד לְבָבִי מַאן לְבָבִי. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר (תהילים ע״ג:כ״ו) צוּר לְבָבִי וְחֶלְקִי. וְכָל דָּא אֲנָא תָּבַע לְיִרְאָה אֶת שְׁמֶךָ. לְאִתְדַּבְּקָא בְּדַחַלְתָּךְ, לְאִסְתַּמָּרָא אוֹרְחֵי כְּדְקָא יָאוֹת. לְיִרְאָה שְׁמֶךָ אֲתַר חוּלְקִי דְּבֵיהּ שַׁרְיָא דַחַלְתָּא לְמִדְחַל.

תָּא חֲזֵי, כָּל בַּר נָשׁ דְּדָחִיל לֵיהּ לְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא שַׁרְיָא עִמֵּיהּ מְהֵימְנוּתָא כְּדְקָא יְאוּת דְּהָא הַהוּא בַּר נָשׁ שְׁלִים בְּפוּלְחָנָא דְמָרֵיהּ. וּמָאן דְּלָא שָׁרְיָא בֵּיהּ דַּחֲלָא דְמָרֵיהּ לָא שָׁרְיָיא עִמֵּיהּ מְהֵימְנוּתָא וְלָאו אִיהוּ כְּדַאי לְמֶהֱוֵי לֵיהּ חוּלָקָא בְּעָלְמָא דְאָתֵי.

תּוּ פָּתַח וְאָמַר, (משלי ד׳:י״ח) וְאֹרַח צַדִּיקִים כְּאוֹר נוֹגַהּ הוֹלֵךְ וְאוֹר עַד נְכוֹן הַיּוֹם. זַכָּאִין אִנּוּן צַדִּיקַיָא בְּעָלְמָא דֵין וּבְעָלְמָא דְאָתֵי דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בָּעֵי בִּיקָרֵיהוֹן.

תָּא חֲזֵי, מַה כְּתִיב וְאֹרַח צַדִּיקִים כְּאוֹר נוֹגַהּ. מַאי כְּאוֹר נוֹגַהּ. כְּהַהוּא נְהוֹרָא דְּנָהִיר דְּבָרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּעוֹבָדָא דִבְרֵאשִׁית, דָּא הוּא דְּגָנִיז לוֹן לְצַדִּיקַיָא לְעָלְמָא דְאָתֵי. הוֹלֵךְ וְאוֹר דְּאִיהוּ סָלִיק בִּנְהוֹרֵיהּ תָּדִיר וְלָא גָרַע מִנֵּיהּ. אֲבָל בְּחַיָּיבַיָא מַה כְּתִיב, (משלי ד׳:י״ט) דֶּרֶךְ רְשָׁעִים כָּאֲפֵלָה, לֹא יָדְעוּ בַּמֶּה יִכָּשֵׁלוּ. לא יָדְעוּ, וְכִי לָא יָדְעִין. אֶלָּא חַיָּיבַיָא אָזְלֵי בְּעֲקִימוּ דְּאָרְחָא בְּהַאי עָלְמָא. וְלָא בָּעָאן לְאִסְתַּכְּלָא דְּזַמִּין (ד''א ל''ג לון) קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְמֵידַן לְהוּ בְּהַהוּא עָלְמָא וּלְאַעָלָאָה לוֹן בְּדִינָא דְּגֵיהִנֹּם. וְאִנּוּן צָווחִין וְאָמְרִין וַוי לָן דְּלָא אוֹרִיכְנָא אוּדְנִין וְלָא אֲצִיתְנָא בְּהַהוּא עָלְמָא. וּבְכָל יוֹמָא אָמְרֵי ווי דָא (רלז ב).

תָּא חֲזֵי, זַמִּין קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְאַנְהָרָא לוֹן לְצַדִּיקַיָּא לְעָלְמָא דְאָתֵי, וּלְמֵיהַב לוֹן אֲגַר חוּלַקְהוֹן אֲתַר דְּעֵינָא לָא שָׁלְטָא לְמֵיקַם עֲלֵיהּ כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (ישעיה סד) עַיִן לֹא רָאָתָה אֱלֹהִים זוּלָתֶךָ יַעֲשֶׂה לִמְחַכֵּה לוֹ. וּכְתִיב, (ישעיה סו) וְיָצְאוּ וְרָאוּ בְּפִגְרֵי הָאֲנָשִׁים הַפּוֹשְׁעִים בִּי. וּכְתִיב, (מלאכי ג) וְעַסּוֹתֶם רְשָׁעִים כִּי יִהְיוּ אֵפֶר תַּחַת כַּפּוֹת רַגְלֵיכֶם. זַכָּאִין אִנּוּן צַדִּיקַיָא בְּעָלְמָא דֵין וּבְעָלְמָא דְאָתֵי. עֲלַיְיהוּ כְּתִיב (ישעיה ס) צַדִּיקִים לְעוֹלָם יִירְשׁוּ אָרֶץ. וּכְתִיב, (תהלים קמ) אַךְ צַדִּיקִים יוֹדוּ לִשְׁמֶךָ יֵשְׁבוּ יְשָׁרִים אֶת פָּנֶיךָ. בָּרוּךְ יְיָ לְעוֹלָם אָמֵן וְאָמֵן (חסר):
(Ⅰ)

*****

  
[...] Notes [...]

*1 Mot à mot : « Quand il traça un cordeau » (axysm dydm).

*2 C’est ce que le Z. entend par l’expression eqb alw eqb, « frappa sans rien frapper», c’est-à-dire, rien n’existait qui pût être frappé. On retrouve cette expression au fol. 16b. Le Z. enseigne donc ici une création « ex nihilo ».

*3 On retrouvera à l’appendice, à la fin de la première partie du ZOHAR, fol. 251a, n° 2, le passage qui, selon certains commentateurs, doit former la suite du premier passage du fol. 15a.

*4 Par qrws, dit le Minhath Yehouda, fol. 136a, le Z. n’entend pas le point voyelle que les grammairiens désignent aujourd’hui sous ce nom (.), mais le signe qu’on appelle de nos jours « Qiboutz» (). Nous partageons cet avis, la dénomination de Qiboutz ne datant que du XIe siècle. Or, on sait que primitivement ces trois points n’étaient point disposés en biais ( ) mais en droite ligne (...),V. Tel Talpïoth, ch. XXXII.

*5 Les 6 premières feuilles portent Jéhova pour Jéhovah.

*6 V. fol. 1b

*7 Le Z. prête au mot lyksm le sens de bonté, miséricorde, compassion ; donc «heureux l’homme qui a de la compassion pour les pauvres».

*8 Mot à mot : «il n’y avait rien à toucher, ni rien à voir ».

*9 Cf. ZOHAR, II, 201a, et III, 172b.

*10 Mot à mot : « Ne gelant pas, elles demeurèrent liquides» ..., en d’autres termes : n’ayant pas pris corps, elles demeurèrent inaccessibles.

*11 Parce que, disent les commentateurs, Ruben ne comptait pas pour le fils aîné de Lia, attendu que Jacob, ayant pris Lia pour Rachel (Genèse, XXIX, 24), croyait Ruben fils de Rachel. V. Reschith Hocmâ, ch. LVI.

*12 V. fol. 14b.

*13 Une variante donnée dans toutes les éditions, entre parenthèses, a Nyebs « soixante-dix », au lieu de hebs « sept ».

*14 Il est évident que par cette expression « unité en haut et unité en bas», le Z. entend l’unité de l’essence divine à travers les quatre mondes : twlyua « monde d’émanation », hayrb « monde de création », hryuy « monde de formation», et hyse « monde d’action ». V., plus loin, l’explication de la figure de l’arbre séphirothique.

*15 Le ZOHAR, et d’après lui tous les cabalistes, représentent les dix attributs de Dieu sous la forme d’un arbre, appelé « arbre séphirothique » (chaque attribut portant le nom de Séphirà). La pensée dominante est celle-ci : de même qu’un objet prend ou plutôt semble prendre des formes variées, selon la distance qui nous sépare de lui, et suivant les corps plus ou moins transparents à travers lesquels nous l’apercevons, de même l’essence de Dieu apparaît variée, suivant le monde d’où on la contemple. Car on distingue quatre mondes. Le monde d’émanation est le plus sublime ; aucune intelligence ne peut le concevoir ; et Métatron lui-même, le chef de toutes les légions célestes, ne peut y parvenir. Dans ce monde, l’essence de Dieu apparaît telle qu’elle est en réalité. Au-dessous de celui-ci est le « monde de création ». Métatron seul peut y parvenir. Audessous de celui-ci se trouve le « monde de formation». A la limite qui sépare ce nom du précédent, se tiennent les Hayoth. Au-dessous des Hayoth, est le séjour des légions célestes et des Justes. Enfin, le monde matériel, ou le monde inférieur, est désigné par le « monde d’action ». Voici comment le Kanphé Yona, ch. XVIII, s’exprime au -sujet de l’«arbre séphirothique » : «Que l’on s’imagine un homme se tenant au bord de la mer et regardant l’horizon. Il aperçoit d’abord une coquille de noix, au bout d’un certain temps il croit voir un oiseau, quelques heures après il lui semble voir un tonneau ballotté par les vagues de la mer. Ce n’est que quand le navire se trouve à portée de la vue que le spectateur le voit sous sa forme réelle. Il en est de même de l’essence divine, à cela près que pour celle-ci les divers aspects sous lesquels nous l’apercevons, suivant le degré sur lequel nous nous trouvons, sont tous réels, alors que les diverses formes que, selon sa distance, le navire prend aux yeux du spectateur, ne sont qu’apparentes.

*16 Pour l’intelligence de ce passage, v. ZOHAR, au commencement de la SECTION Hayé Sara.

*17 Dans le système d’Ath-Basch, wzwk zokwmb wzwk est l’équivalent de dxa hwhy wnyhla hwhy.

*18 Le mot aboda, signifie à la fois ouvrage et culte.

*19 C., S., A., P. et V. ont cette variante : « Ces quatre figures sont gravées sur le char de Dieu de la manière suivante : la figure de l’homme est gravée au côté droit ; celle de l’aigle, au côté gauche ; celle du lion, sur le côté du devant, et celle du bœuf, sur le côté du derrière. » Le commentateur Mikdasch Mélekh n’a pas connu cette variante.

*20 C. a une variante : «... Attendu que les anges peuvent modifier leurs figures à volonté, alors que l’âme humaine conserve la figure du corps, non seulement durant le temps quelle y est attachée, mais aussi après, excepté dans le cas de transmigration, où elle prend successivement les figures des corps dont elle est revêtue. » V. à ce sujet Sepher Yetzira, ch. XXII.

*21 Par le mot Nwwta, le Z. entend ici les diverses combinaisons auxquelles se prêter le nom de Jéhovah. On sait que ce nom est susceptible de douze transformations obtenues par la transposition des lettres.

*22 C’est-à-dire que, dans le Pentateuque, ce mot est écrit sans Vav, lettre qui constitue la voyelle O. Pareils retranchements de voyelles sont désignés dans le langage rabbinique par le terme rox.

*23 Il est fort probable que par l’expression « jusqu’à l’arrivée » (htad de), le Z. veut dire « jusqu’à la naissance de Naàmâ » ; car il résulte de plusieurs passages du Z. que la naissance de Naàmâ est également attribuée à Adam.

*24 D’après une variante qui figure entre parenthèses dans toutes les éditions, il faut lire tylylb au lieu de aylylb ; d’après cette leçon, ce n’est pas «durant la nuit» qu’il faut lire, mais « en compagnie de Lilith», autre chef des démons. V. fol. 14b.

*25 S. a : « Les cerveaux et les pelures ne sont que relatifs ; ce qui est cerveau, en comparaison de ce qui lui est inférieur, est pelure s’il est comparé à ce qui lui est supérieur. » En admettant cette leçon, on se trouvera en présence d’un pléonasme.

*26 Le soleil étant le symbole de la première hypostase (Jéhovah), et la lune de la seconde (Élohim), il s’ensuit que, les noms Jéhovah et Élohim étaient d’une parfaite égalité, puisque les lumières qui les symbolisaient l’étaient également. V. Mikdasch Mélekh, a. 1.

*27 D’après le système d’Ath-Basch (sb ta) Maçpaç Maçpaç. correspond à Jéhovah Jéhovah, (Upum, Upum = hwhy hwhy)

*28 mot à mot : « Lorsqu’une lumière avait honte en présence de l’autre... » V. Talmud, traité Houllin, 60b.

*29 Par « degrés formés en haut », on entend les premières Séphiroth, de Kéther (rtk) jusqu’à Thiphéreth (trapt), et par « degrés formés en bas » les Séphiroth à partir de cette dernière jusqu’à Malcouth (twklm).V. Etz ha-Hayim, ch. LXI.

*30 Par le terme « sol d’en haut »les cabalistes désignent le « monde de formation», le dernier des trois mondes célestes. V. la note au fol. 18b. Le Z. explique les paroles de l’Écriture de cette façon, que Dieu fit descendre la lumière du troisième monde céleste en ce quatrième monde matériel.

*31 On sait que, d’après la loi mosaïque (Lévit., XXI-XXII), le corps d’un israélite mort rend impur tous ceux qui le touchent. Or, d’après une tradition rabbinique, cette loi ne s’applique qu’au corps d’un israélite, alors que le corps d’un païen, au contraire, ne rend impur ceux qui le touchent qu’autant qu’il est vivant ; mais le corps mort d’un païen ne répand aucune impureté.

*32 V. fol. 14b.

*33 Le Z. veut apparemment dire que les Hayoth, ayant la faculté de monter dans les régions supérieures, sont nécessairement d’une essence si subtile qu’aucun œil ne peut les apercevoir. Ou bien : leurs mouvements sont si rapides qu’aucun œil ne peut distinguer leur forme exacte.

*34 V. la note à la fin du fol. 18a.

*35 C’est-à-dire : de la première Séphirà appelée rtk.V. Z., fol. 16b.

*36 . L’idée dominante est celle-ci : La lettre a représente le ciel et la terre (c’est ce que le Z. appelle « le commencement et la fin »). Le trait du milieu forme les six degrés qui séparent l’Infini du monde inférieur (ce trait ayant la forme d’un w = 6).

*37 V. St Jean, VIII, 56 : « Abraham, votre père exulta à la pensée qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu et fut dans la joie. »

*38 On sait que, d’après le Z. , tout homme a son Ange gardien.

*39 V. ZOHAR, I, 26b ; II, 168b.

*40 D’après le Z., les années sabbatiques (renouvelées tous les sept ans) et les années du Jobel, ou jubilaires (renouvelées tous les quarante-neuf ans), sont les symboles des cinquante portes de l’Esprit-Saint hnyb yres Mysymx. L’année sabbatique, appelée Schemita, est le symbole des sept degrés inférieurs de ces cinquante portes, et l’année de « Jobel» symbolise la Première de ces cinquante portes, c’est-à-dire l’Esprit-Saint lui-même. V. à ce sujet la longue dissertation du Mikdasch Mélekh.

*41 Comme on le verra plus loin, le Z. veut dire que, tandis que Moïse quitta sa femme pour s’attacher à la Schekhina, Jacob continua à demeurer avec ses femmes.

*42 Le mot « iod», qui signifie «main », représente la valeur numérique de quatorze ; l’Écriture veut donc dire qu’aucune puissance ne peut rien ravir aux trois hypostases dont les noms sont composés de quatorze lettres.

*43 V. à la fin de la première partie, dans l’appendice, fol. 252b, § 4, où se trouve inséré le passage, qui, d’après l’avis des commentateurs, doit être placé en cet endroit.

*44 B., V. et P. ont, entre parenthèses, cette variante : « L’homme finira par pécher avec la femme ; mais c’est aussi avec elle qu’il pourra réparer la faute commise ; alors que vous pécherez avec des femmes, et vous serez privés des moyens de réparer la faute. »

*45 On sait que, d’après la loi Mosaïque, tout habit carré doit être pourvu de franges (Çiçith), auxquelles sont ajoutées des bandes de couleur de hyacinthe (V. Nombres, XV, 38). Pour faire la prière, les Israélites mettent une espèce de châle (Talith) qui, étant carré, porte les quatre franges légales.

*46 V. fol 13b et 14a.

*47 S. a Myrum « captivité d’Égypte».

*48 Commentant le même verset des Psaumes, le Midrasch Rabba, SECTION Schemoth, s’exprime ainsi : «Comme ce sont ceux qui souffrent qui savent le mieux compatir aux maux des autres, David dit au Messie : « Pauvre et monté sur un âne» (rwmx le bkwrw yne) ; « moi aussi, je suis pauvre, je vais compatir à tes maux ; compatis aux miens».

*49 Ce passage inséré entre parenthèses dans A. , V. et F. ne figure pas dans les autres éditions. C’est une note du Mikdasch Mélekh, qu’on retrouve dans son commentaire, fol. 164a.

*50 C’est-à-dire la prière dite « des dix-huit bénédictions » (hrse hnwms).

*51 C’est la Schekhina qui sert de palais aux prières ; et ce n’est qu’en adressant les prières à la Schekhina qu’elles parviennent à leur destination. V. plus loin, fol. 253 a.

*52 Feu Dieu.

*53 Cette étymologie du mot Sabbat se trouve également dans Bereschith Rabba. Dans le Talmud, traité Sabbath, fol. 10 b, on lit : « Le Saint, béni soit-il dit à Moïse : J’ai dans mon trésor un joyau précieux appelé Sabbat ; je veux en faire don à Israël ; va l’en prévenir. »

*54 Le nom des anges, dit le Tiqouné ZOHAR, X, fol. 149a, se modifie selon leur élévation dans la hiérarchie angélique ; les plus élevés portent le nom du Seigneur.

*55 On trouvera d’amples renseignements an sujet des sept palais au Z., II, 244b, 269a. On appelle dans la cabale, prophétie par réverbération, les visions en quelque sorte indirectes, alors que, dans la Prophétie sans réverbération, on voit les événements de façon directe.

*56 On appelle dans la cabale, prophétie par réverbération, les visions en quelque sorte indirectes, alors que, dans la Prophétie sans réverbération, on voit les événements de façon directe.

*57 Le nombre des préceptes positifs, c’est-à-dire des ordonnances, est en effet de 248, alors que le nombre des préceptes négatifs, c’est-à-dire des lois prohibitives, est de 365 (hset al h’’osw hse x’’mr ). C’est, dit le Talmud à plusieurs endroits, pour correspondre aux 248 os et aux 365 veines qui composent le corps humain.

*58 Deutér., VI, du verset 4, jusques et y compris le verset 9, forment la première SECTION de la liturgie, dite Schéma ; Deutér., XI du verset 13, jusques et y compris le verset 21, en forme la seconde SECTION ; la troisième se compose des cinq versets derniers des Nombres, XV.

*59 V. le fol. 233a, § 6, où se trouve le passage qui d’après les commentateurs, appartient à cet endroit.

*60 « Mâ » représente également une valeur numérique de 45.

*61 On trouvera les explications de cette tradition au Z., II, 100a, et III, 164a. V. également à ce sujet le Tiqouné ZOHAR, fol. 123b.

*62 V. la note fol. 18a.

*63 On appelle Tagin, pluriel de Taga, les traits qui surmontent les lettres ; les voyelles se mettent en général au-dessous des lettres.

*64 Dans S. et A., se trouve à cet endroit intercalé un passage du Tiqounim, XVIII. Pour ce qui est de l’interprétation de Klm hwhy , Klm hwhy, etc., on la trouve plus loin, fol. 34a.

*65 Voici l’idée du Z. : Les mondes qui précédaient le nôtre ont été détruits parce qu’ils étaient privés de l’Alliance (Berith). Et c’est pour que le monde actuel ne subisse le sort des autres mondes préexistants que Dieu l’a créé par l’Alliance « Berith », dont les lettres se retrouvent dans le mot « Ber (esch) ith ». Le premier verset de la Genèse signifie donc : « Par l’Alliance, Élohim créa les cieux et la terre. »

*66 Par « Schekhina d’en bas» et « Schekhina d’en haut», dit le commentateur Nitzoutzé Oroth, a. 1., le Z. entend « quand la Schekhina est au ciel» et «quand la Schekhina est sur la terre».

*67 C’est par erreur que le commentateur Derekh Emeth, a. I., interprète le Hé dans le sens du nombre « cinq», pour désigner les cinq peuples dont il est question plus bas.

*68 Le Talmud, tr. Sanhedrin, fol. 97a, dit : «Le monde a été créé pour la durée de six mille ans : Les deux premiers mille ans, forment l’état de thohou, les seconds deux mille constituent l’époque de la loi (Mosaïque), et les derniers deux mille ans formeront l’ère messianique. »

*69 V. ZOHAR, II, 9b.

*70 Selon le Z. , ce sont les mêmes de Gen. , XI, 4)

*71 C’est-à-dire : ceux qui observent les instructions et les lois divines ; car ce sont elles qui serviront, à ceux qui les observent, d’ornement et de colliers. Il y a ici un ici un jeu de mots : « Colliers » en hébreu est également désigné par le mot « Anaquim » (Myqne).

*72 C’est-à-dire : au jour de la Rédemption (délivrance) où Dieu renouvellera les cieux et la terre.

*73 Le verbe abad signifie labourer et rendre un culte.

*74 Le Talmud, tr. Souccah, fol. 25a et 53a, admet l’avènement successif de deux Messies ; après la mort violente du Messie, fils de Joseph, viendrait le Messie, fils de David. V. aussi : Talmud, tr. Yebamoth, 62a ; tr. Sanhedrin, 97a et tr. Abodah Zarah, 5a.

*75 V. Talmud, tr Sanhédrin, 98b.

*76 Qui reviendra sur la terre pour dévoiler la Schekhina à Israël.

*77 V. Minhath Yehouda, fol, 119b.

*78 De Celui qui est appelé Homme.

*79 Celui qui doit pousser.

*80 Qui désigne l’Homme.

*81 (Et alors Celui qui, est appelé Homme deviendra le maître (Adon) de toute la terre.)

*82 Les Rabbins admettant soixante-dix interprétations de chaque mot de l’Écriture qui, bien que divergentes, sont toutes vraies (hrwtl Mynp ‘e). Il n’est question, bien entendu, que du sens anagogique des mots. V. Talmud.

*83 Au moment de la Rédemption d’Israël.

*84 C’est la figure de la Colonne, etc.

*85 V. fol. 28a.

*86 V. St Matth., XXVI, 26 ; St Jean, VI, 50-52.

*87 V. ZOHAR, III, 210b et Derekh Emeth, a. 1.

*88 V. fol. 21b.

*89 odrp (Pardès) est l’abrégé de dwo, srd, zmr, jsp, les quatre manières d’exégèse.

*90 Pour l’intelligence de ce passage, nous devons faire remarquer que, d’après le Z. (II, 141a), les démons entourent tout ce qui est saint, et aussi les sépultures. Il s’ensuit que même les régions des anges sont environnées de démons. Cependant, à partir de la région où séjourne Gabriel, les démons ne peuvent plus arriver, attendu que le serpent, leur chef, dont l’Écriture dit : Nwxg le Klwh lk, est enseveli, c’est-à-dire anéanti dans la région de Gabriel. C’est pourquoi cet ange porte le nom de Gheberel (Homme-Dieu), parce qu’il est le dieu, ou le dompteur, ou chef des démons, qui est appelé « homme ». C’est ainsi que la paraphrase chaldaïque du verset du Deutéronome traduit sya par rbg, c’est-à-dire que le chef des démons n’a pas connu le tombeau de Moïse.

*91 Le Minhath Yehouda, fol. 49b, 53b et 157a, donne à ce passage un sens qui constitue, une contradiction avec ce que dit le Z, III, à la fin de la SECTION Ki-Téçé.

*92 S. et A. ont Niemd Nyrt Nwhbd au lieu de Nwhmd le sens est pourtant le même dans les deux leçons.

*93 Cf. Z. , II, 18a.

*94 Symbole de la troisième Séphirâ ou hypostase ; Binah : Esprit suprême.

*95 Après le péché d’Israël.

*96 .... Qui émanent de la seconde hypostase appelée «Hocmâ d’en haut » et « Hocmâ d’en bas», symbolisées par les deux Yod du mot « vaïiçer » ; ne comparez pas, leur dit Rabbi Aqiba, ces pierres aux autres pierres, etc.

*97 Qui émane de la Hocmâ.

*98 Pour l’intelligence de ce passage, comparer Z., fol. 56b.

*99 Tossefta Haguiga, II, 3.

*100 Cf. Z. , II, 142a et Minhath Yehouda, 53b.

*101 V. Z. , II, 210b.

*102 Cf. Z. , III, à la fin de la SECTION Ki-Thêçê, et Tiqouné ZOHAR, XXV, fol. 74b.

*103 F. a arjom au lieu de arjob ; d’après cette leçon, il faut traduire : « Car il vient alors du bon côté »

*104 V. Z. , III, 243a, et Tiqounim, V et XXV.

*105 Car c’est de l’idolâtrie que se nourrissent les faux dieux. On trouvera plus loin l’explication de cette nourriture. Z., III, 231b- 234a.

*106 C’est par la colère que l’homme finit par tomber dans l’idolâtrie.

*107 Dieu mit ainsi l’homme en garde contre la morosité, qui mène au meurtre.

*108 Les souffrances que les damnés endureront dans l’enfer seront localisées au viscère respectif qui aura été cause du crime commis.

*109 Cf. ZOHAR, III, 74b.

*110 Bien que abl Nymyja corresponde à l’hébreu bl dbk « cœur endurci », le Talmud, le Midrasch et le Z. emploient ce terme dans le sens d’«ignare». Tel est également l’avis du commentateur Derek Emeth, a. I.

*111 V. a, entre parenthèses, atwlnb avant atnyksl et après. C’est évidemment une faute d’impression ; car dans quel but doubler le mot «en captivité» ? Il se peut que l’éditeur ait voulu indiquer une variante où le mot atwlgb était placé avant atnyksl : mais, dans ce cas, le second atwlgb devient superflu.

*112 On trouvera d’amples renseignements sur les «vierges de la Matrona», dans le Z., II, SECTIONs Vä-yaqhel et Péqoudé.

*113 Le mot Mgsb représente une valeur numérique égale à celle du nom « Moscheh». Aussi le Z. traduit-il : rsb awh Mgsb «Moïse est chair ».

*114 V. Z. , I, 31b.

*115 V. Z. , III, 280b.

*116 Joël, III, 1 (texte de la Vulgate, II, 28).

*117 V. Z. , I. Fol. 119a. 5666, c. -à-d. 1908.

*118 V. note au fol. 28a.

*119 Comme le mot hms signifie «là» aussi bien que « désolé», le Z. l’applique à la désolation de la dernière captivité d’Israël. Cf. Z., I, 205a, et III, 273a, dans le Raaïah Mehemnah. (Pasteur fidèle.)

*120 Le Z. distingue deux genres de mauvais esprits ; d’abord, il y a les esprits malfaisants, appelés Nyqyzm, parce qu’ils s’efforcent constamment de léser l’homme, soit corporellement ou pécuniairement. Il y a ensuite les esprits diaboliques qui, au lieu de s’attaquer à la santé ou a la fortune de l’homme, n’en veulent qu’à sa vertu ; ceux-ci sont appelés twxwrw Nyds.

I. - 29 a (suite)

*1 V. Z. , II, 84a et 127b ; III, 10b

*2 wls Mwlshs Klm ( le Roi à qui appartient la Paix) désigne, d’après le Midrasch Talpiyoth, n° 311, le Messie « qui amènera la paix éternelle dans le cœur de l’homme».

*3 Cf. Z., III, 291a.

*4 Ainsi qu’on a pu le constater en plusieurs endroits, le Z. entend par «inaccessible aux lettre » : inaccessible à la matière. V. Derekh Emeth, a. 1., et Tiqouné Z., VII, XIX et XXI.

*5 L. et B. ont ymq Nyxtpxy.

*6 Celui d’en haut et celui d’en bas.

*7 Cf. ZOHAR, I, 85b.

*8 Par l’expression « fondre la glace», dit le commentateur Etz ha-Hayim, Ch. LXXI, le Z. entend l’épuration du monde des mauvais esprits ; car, de même que les glaces empêchent les eaux de suivre leurs cours, « de même les esprits diaboliques retiennent l’âme dans la matière et l’empêchent de s’élever vers Dieu ». Le Scheloh (hls ) fol. 38b, explique ce passage du Z. de la même façon.

*9 F. et LL. ont : awh yadw (en vérité, c’est lui qui attire, etc.)

*10 V. fol. 16b.

*11 Ainsi que cela résulte du contexte, le Z. désigne l’âme humaine par « ciel » et le corps par « terre ». Or, la Rédemption ayant pour but de sanctifier le corps et de l’élever, pour nous servir de l’expression du Zohar« jusqu’au niveau de l’âme » (v. Z., III, 282a), il est fort naturel qu’après la transformation de taw en twa le ciel et la terre se présentent ensemble devant Dieu, c’est-à-dire, soient élevés au même degré de sainteté. V. Mikdasch Mélekh, fol. 146b.

*12 V. fol. 17b.

*13 Il s’agit, ainsi que l’expliquent les commentateurs, de la création du monde visible, soit matériel, et du monde invisible. V. Mikdash Mélekh, a. I.

*14 V. Z. II, 132b et 251a.

*15 C’est une allusion à l’ordre des lettres du mot tma (Vérité) qui, d’après la tradition, est « gravé » sur le sceau de Dieu, L’ordre de ces lettres est renversé en ce sens que le « Thav » représente une valeur numérique plus grande que le « Mem », et celui-ci que l’ « Aleph ». De là la sentence talmudique hljml Mynwtxtw hjml Mynwyle ytyar, V. St Matth. , XIX, 30, et XX, 16.

*16 Pour comprendre ce passage, nous ferons remarquer que la lettre «T» désigne le monde supérieur, en raison des neuf Séphiroth qui précédent « Malcouth», alors que la lettre « B» désigne la terre, attendu que c’est par cette lettre que Dieu créa les mondes V. Z., I, fol. 3a et Mikdasch Mélekh., ch. XLII.

*17 Ce passage, jusque ‘b arhnta, est un extrait du commentateur Etz ha-Hayim, ch. LXXXVI, qui a été, pour la première fois, intercalé dans l’édition du S. Les commentateurs rabbiniques sans indiquer la provenance de ce passage, lui contestent l’authenticité.

*18 « Après Kether » sans doute.

*19 Un passage du Bahir, qui a été, à tort, supprimé ici se trouve au fol. 262b, dans l’appendice, § 27.

*20 Cf. Talmud, tr. Teroumah, VI, 3 ; Rom.,VIII, 23 ; Ier Corinth., XV, 20 ; Apoc., I, 5 ; Thessal, II, 12 ; St Jérôme, sur Ézéchiel, ch. XLV ; St Chrysost. , in Epist. ad Rom. , IX, et le même, homil., LXXX, in Matth, XXV.

*21 V. fol. 16b et 17a.

*22 C. et LL. ont xtp « commença le premier », au lieu de Umq.

*23 Cette hypothèse est également mentionnée dans Platon, De legibus, liv. X, et Aristote, De Coelo, liv. III. Cf Boèce, De consolat. philos. , liv. V.

*24 Confondant le mot anbswxb avec ayrjmgb, le Mikdasch Mélekh s’efforce de trouver une analogie entre ces deux Séphiroth. Or, par anbswxb, le Z. entend « dans l’énumération ». Nous ne pouvons passer sous silence la remarque très significative du commentateur Derekh Emeth, a. I., que ces passages du Z. ont visiblement embarassé. « Ces passages, dit-il textuellement, sont très obscurs et ont déjà induit en erreur beaucoup de personnes, en leur faisant supposer des choses que nous n’osons même pas écrire.

*25 V. Pardès, sect. III.

*26 V. fol. 135a.

*27 C’est-à-dire : à discerner la lumière parmi les ténèbres.

*28 C’est à partir de ce passage que le Z. semble changer d’avis, au sujet de l’interprétation du verset en question, ainsi que nous venons de l’indiquer ci-dessus. Aussi est-il étonnant que le texte n’ait point employé, suivant son habitude, le terme de ad, ou an.

*29 Rabbi Isaac, se reportant à ce qui a été dit précédemment (à savoir que c’est par les ténèbres qu’on parvient à découvrir la lumière) se demande pourquoi l’Écriture dit que Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres, alors que celles-ci sont indispensables à celle-là.

*30 Le Z. donne au mot oyuuxm le sens du Uux rabbinique, c’est-à-dire « Médiateur ». Cf. Talmud, traité Baba Bathra, fol. 133b.

*31 On sait que la circoncision consiste en deux opérations différentes : l’ablation du prépuce hlym et la dilatation de l’épiderme au-dessous de la SECTION, afin de la faire reculer pour mettre à nu le gland heyrp. Or, d’après le Z-, la première de ces opérations est le symbole de l’amour de Dieu par la loi, et la seconde, de l’amour de Dieu dans l’esprit. V. ZOHAR, II, 57b, et III, 91a. V. également à la fin de la première partie, dans l’appendice, le passage s’y rapportant.

*32 Pour la compréhension de ce passage, v. Z., fol. 29b.

*33 V. Z., fol. 17a.

*34 Cf. Z. 17b.

*35 ynwe est yrq , c’est-à-dire, la façon de prononcer, et yne est le bytk, c’est-à-dire, la façon d’écrire.

*36 Dans ces trois mots bibliques, la lettre a , est tantôt appariée avec le K, dans Ka, tantôt avec la lettre l, dans la. Et tantôt c’est la lettre b qui est appariée avec le K, dans Kb. V. Z. , II, 132b.

*37 Dans l’arbre séphirothique, la dixième Séphirâ appelée « Malcouth », désigne le bas monde. Or, d’après le Z., notre globe terrestre étant inférieur aux six autres, il s’ensuit que le firmament, vu d’ici-bas, est le firmament inférieur.

*38 C’est-à-dire : de même que qdu est souvent pris dans le sens de qydu, de même Nwda et ynwda sont souvent pris l’un pour l’autre.

*39 V. la suite de ce passage, plus loin, fol. 1621, 1681, et 1961,. Par ryty wbrb whlk, le Z. peut ne pas désigner d’une façon certaine la marée, ou le flux et le reflux. Le texte semblerait même plutôt parler d’une « surabondance de lumière ».

*40 ysnrj ybdm désignent les démons, ainsi que l’explique le commentateur Derekh Emeth., a. I.

*41 On sait que, d’après la légende du Talmud, l’homme a été formé de la terre sur laquelle le Temple fut édifié plus tard, et cela en raison de sa situation ; car, toujours d’après le Talmud, la terre sur laquelle fut bâti le Temple forme le centre du globe. V. Etz ha-Hayim, ch. XXXIX.

*42 Les commentateurs, le Etz ha-Hayim, ch. XXII, entre autres, interprètent le mot «transplantés» (Nrqe) par « modifiés ». D’après cette interprétation, Dieu aurait modifié la nature ou la construction d’Adam.

*43 Dans le Talmud, traité Sanh. , 38b, hlreb Kswm est pris à la lettre, c’est-à-dire « il s’adonna à l’onanisme ». Cf. Minhath Yehouda, fol. 119b.

*44 Parce que ajoutent les commentateurs, sans les lumières célestes rien ne peut exister, pas même le mal.

*45 Par cette expression imagée, le Z. veut dire qu’avant le péché, la cohabitation d’Adam et d’Éve était exempte de toute sensualité tout désir charnel.

*46 Le Z. veut dire que Samaël tira sa puissance de la sainteté de « Hocmâ » ; car ainsi qu’on l’a dit précédemment, le Mal ne peut exister s’il ne tire quelque nourriture du Bien. C’est ce que les cabalistes appellent « le vol des étrangers » (Mynwuxh lzg). Ainsi s’explique la suite de ce passage où il est dit que « le Verbe était suspendu sur Samaël », c’est-à-dire : « Samaël en tirait sa nourriture. »

*47 V. la suite de ce passage à la fin de la première partie, dans l’appendice, fol. 26b, § 34.

*48 Jeu de mots fondé sur ce fait qu’au lieu de dire Mxh, le serpent dit Pa.

*49 Les commentateurs ne sont pas d’accord sur le sens de hymrgm hl Pyowa (il ajouta ces paroles de sa propre intention) ; selon la plupart des interprètes, ces paroles s’appliquent au serpent ; c’est lui, d’après le Z., qui avait inventé l’interdiction de toucher l’arbre. Suivant d’autres interprètes, c’est d’Adam que parle le Z. ; ce serait donc Adam qui l’aurait inventée. Cependant, d’après le Talmud, tr. Sanhedrin, fol. 29a, c’est le serpent qui était l’auteur de cette exagération, dans le but d’arriver plus facilement à convaincre Éve de l’innocuité de l’arbre. Cf. Talmud, traité Aboth, de R. Nathan.

*50 V. la suite de ce passage à la fin de la première partie, dans l’appendice, fol. 264a, § 35.

*51 Ainsi qu’il résulte du Bahir, dans l’appendice, l. c. , le Z. veut dire que c’était par l’ivresse qu’a été provoquée la chute du premier homme. C’est pourquoi, ajoute le Bahir, le vin a été introduit dans la cérémonie, afin qu’il répare le dommage qu’il a causé au genre humain.

*52 D’après le Tiqouné Z. , XI, le démon qui s’attache à l’homme pendant son sommeil, est le même qui s’attache aux hommes ivres de vin.

*53 ylyd anyynbm équivaut à ylyd ydbwem ; v. Z. , III, 161a.

*54 V. la suite de ce passage à la fin de la première partie, dans l’appendice, fol. 264a, § 36.

*55 V. dans l’appendice, l. c.

*56 Le mystère de ce verset est, d’après les cabbalistes, le même que le mystère des Douze noms. Les lettres de ce verset sont réparties, ainsi qu’il suit, dans un carré de Douze noms où se retrouve le verset de Prov. , XVIII, 10. uym yze sbm duy hyw grg yyh wdz bud qnw hys hql

*57 ynbl ytarq Myrummw whbhaw larsy ren yk.

*58 V. plus loin, fol. 56b.

*59 On sait que, d’après le Talmud, tout Israélite est obligé de prononcer chaque jour cent bénédicités.

*60 En cet endroit, il y a une lacune dans le texte, indiquée dans toutes les éditions par le mot rox (il manque).

*61 V. plus loin, fol. 55b.

*62 Dans A., P. etV. , il y a atmkxw, entre parenthèses, ce qui veut probablement dire « la science stratégique ».

*63 Dans S. et les éditions suivantes, on lit en cet endroit la phrase suivante, probablement intercalée par quelque commentateur : .... ce qui veut dire : « Jusqu’ici nous avons donné une interprétation littérale (!) ; à partir d’ici nous allons donner une interprétation anagogique. »

*64 V. Z. , II, 202b, et Tiqouné Z. , XXI, fol. 52b.

*65 On sait que la liturgie portant le nom de sydq est récitée par l’officiant, en partie, et complétée en partie par les fidèles qui répondent : « Amen! que son grand nom soit, etc. »

*66 Le Z. fait une distinction entre « souffrances physiques » (Nyerm), dont les victimes sont placées au deuxième palais, et les « graves maladies » (ryty Nybakw Nyerm) dont les victimes séjournent au troisième palais.

*67 Dans S., les mots abyqe r Nwgk etc., ne figurent pas, et dans V., ces mots sont enfermés entre parenthèses. D’après cette leçon, on ne saurait donc dire exactement de quels Maîtres d’Israël il est question.

*68 D’un passage du Talmud, tr. Pessahim, fol. 117a, il résulte, au contraire, que tous les psaumes, dans lesquels le mot « cantique » précède le nom de David, ne lui ont pas été inspirés par la Schekhina. D’après le ‘Talmud, ce sont plutôt les psaumes où le mot « David » précède le mot cantique qui lui ont été inspirés.

*69 ... Cette expression peut signifier que chacun de ces anges est un composé de feu et d’eau. Elle peut aussi signifier qu’une partie de ces anges est formée de feu, et une autre d’eau.

*70 V. plus loin, fol. 62b.

*71 S., A., P. et V. ont entre parenthèses ydyoxw, c’est-à-dire : «ainsi que les zélateurs».

*72 En cet endroit il y a une lacune dans le texte qui nous prive de la description du sixième et du septième palais. Cette lacune est indiquée dans toutes les éditions par le mot rox (il manque).

*73 Tout ce passage relatif aux sept palais, jusqu’au fol. 45b, n’est pas du Zohar. Il ne figure dans aucune édition antérieure à celle de F. et était complètement inconnu aux commentateurs du XVIIe siècle. Le Minhath Yehouda, fol. 137a, affirme que ces pages avaient été découvertes par Rabbi Hayim Vital, dans un manuscrit fort ancien, et que c’est le même rabbin qui les avaient intercalées dans son exemplaire du Zohar.

*74 Allusion aux paroles du Taltnud, tr. Megilah, 28b, et tr. Aboth, I : Plx antb smtsadw, ce qui veut dire : «Quiconque se sert de la couronne sera exterminé», expression imagée signifiant qu’il faut respecter les docteurs de la loi et ne jamais se faire servir par eux.

*75 Dans le Talmud, tr. Moed Katon, fol. 28a et tr. Bathra, fol. 17a, il est déjà question du « baiserd’amour». il y est dit que six personnes ne sont pas mortes à la suite du « conseil du serpent », sxn ls wyjeb (c’est-à-dire du péché originel), mais par le « baiser » : hqysnb.Le commentateur Raschi, au Talmud, l. c., explique le mot « baiser, » par « bouche de la Schekhina». Le commentateur Mikdasch Mélekh, a. 1., dit que les âmes élevées s’envolent vers la Schekhina comme une petite flamme est absorbée par une plus grande.

*76 Ce passage est contraire à ce que dit le ZOHAR, II, fol. 256a, et 258a.

I. 45b (suite)

*1 Le passage, enfermé entre parenthèses dans A. et F. , appartient au fol. 31b, où nous l’avons traduit.

*2 V. à la fin de la première partie, dans l’appendice, fol. 264a, § 37.

*3 Cf. fol. 31a, et Tiqouné Z. , XXI.

*4 S. et A. ont ayrjmg Le mot «géométrie» était employé chez les anciens ; tantôt pour désigner la science que Platon (De Leg., VII) définit par [...], tantôt pour indiquer toutes sortes de supputations. V. Platon, au commencement du dialogue de Theoetetos, II.

*5 V. plus haut, fol. 13 a, et Talmud, tr. Berakhoth, fol. 4b.

*6 V. la suite de ce passage à la fin de la première partie, dans l’appendice, §§ 25 et 38.

*7 Cf. Midrasch Rabba, sur Genèse, ch. IX §5 ; ch. XCIV, § 10.

*8 V. la suite de ce passage, à la fin de la première partie, dans le Bahir, fol. 265a, § 39.

*9 La suite de ce passage se trouve à la fin de la première partie, dans le Bahir, fol. 265 a, § 40.

*10 gnp « Pannag », qui ne se trouve qu’une seule fois dans la Bible, Ez. , XXVII, 17, signifie « baume ».

*11 Le commandement du Sabbat est répété deux fois dans le Pentateuque, mais en termes différents. Dans l’Exode, XX, 8, l’Écriture se sert de l’expression : « Souvenez-vous de sanctifier le jour du Sabbat », alors que, dans le Deuteron., V, 12, elle dit : « Observez, ou plutôt pratiquez le jour du Sabbat en le sanctifiant. » Le Talmud et le Midrasch se demandent d’où vient cette différence dans les termes concernant le même commandement. La réponse est que l’Écriture exige d’abord que l’on ait le souvenir du Sabbat constamment présent à l’esprit ; c’est pourquoi elle dit : « souvenez-vous, etc. » ; et, à force de se le remémorer toujours, on finit par le pratiquer. Cette maxime rabbinique, que le souvenir constant d’une chose amène à la pratique est employée dans la littérature rabbinique comme locution dans le sens de : « L’idée, ou la pensée, devient réalité. » Tel est le sens des paroles du Z. ...

*12 Nyylt, «suspendues», peut aussi avoir le sens de « dépendre ».

*13 Voy. Z., I, 14a.

*14 Mot à mot : « Tous les côtés qui souillent» ... ; mais il est certain que le Z. veut dire : .... Après l’énumération qui précède, esprits, démons et diables, les « esprits qui souillent» ne peuvent désigner que les âmes des grands pêcheurs qui, suivant la cabale, avant de subir la peine de l’enfer, errent sur la terre, et dont le contact souille. V. Sepher Yetzira, ch. IX.

*15 Goûter de plusieurs mets est, d’après le Talmud, une image de paix. Cf. Z. II, 89b et 205a.

*16 rwkz(Zacor = souvenir) et rkz (Zacar = mâle).

*17 Voir la suite de ce passage à la fin de la première partie, dans l’appendice, fol. 265a, § 42.

*18 V. la suite de ce passage à la fin de la première partie, dans l’appendice, fol. 265, § 43.

*19 Allusion aux paroles de l’Écriture (Jer. , I, 14) : « C’est du Nord que le mal vient. »

*20 Le Z. veut dire que le mot hsa est composé de sa et de h, pour indiquer que l’esprit du Mal, appelé sa (esch) s’attache à h (hé) principe femelle.

*21 Pour l’intelligence de ces dénominations, v. Z., I, 163a, 182a et 182b ; II, 134b et 147a ; III, 9b.

*22 C’est un jeu de mots : leb ayant la double signification de «Baal » et d’ « Époux ».

*23 Les premiers étant les adorateurs de l’époux (le soleil) et les seconds de l’épouse (la lune).

*24 On voit que le Z. admet un Ascher et une Ascherah (époux et épouse) du côté du Mal, pareils à ceux qui existent du côté du Bien. C’est pourquoi il se demande ensuite pour quelle raison ces deux noms ont disparu de l’usage pour désigner l’époux et l’épouse célestes.

*25 V. la suite de ce passage, à la fin de la première partie, dans les appendices, fol. 265b, § 44,

*26 Cf. fol. 148b.

*27 Ici, le mot atynwrjmdésigne simplement l’épouse, mais non pas la « Matrona ».

*28 Le Z. lit qdu (pour qydu) au lieu de qdu .V. fol. 58b, 76a et 240b.

*29 Comme on avait dit précédemment que l’homme reste ici-bas entouré de deux compagnes, de la compagne céleste et de l’épouse, Rabbi Siméon ajoute : Il en est de mérite de la doctrine qui, elle aussi, est placée entre deux « maisons ». Ainsi qu’on le verra plus bas, il entend par « maisons » les deux « voix » renfermant les deux mystères suprêmes. Comme une de ces voix précéda et l’autre suivie la révélation de la doctrine, il s’ensuit que celle-ci est placée au milieu de Mytb yrt.

*30 Pour l’intelligence de ce passage, v. fol. 28b et 49a, et Z. II, 43b, 226b et 262b.

*31 V. fol. 86 a et Mikdasch Mélekh, ch. LXXXIII.

*32 V. Z., II, 227b.

*33 On sait que la loi mosaïque (Nombres, XV, 38) prescrit de pourvoir chaque vêtement formant quatre coins de franges de couleur tlkt, ou bleue. Les opinions des rabbins sont partagées sur la signification du mot biblique «thekheleth ». La plupart des rabbins inclinent pour l’interprétation du mot « thekheleth » par « bleue ». Cf. Tossafoth, ou Talmud, à la fin dut traité Minahoth et au traité Rosch Haschanah.

*34 V. Z. , I, 75a, et III, 168a et 284a.

*35 V. Z., II, 38b.

*36 Ce passage, à partir de xt, jusqu’à hmqwad hmk, est du Nahar Schalom, dans son commentaire au Sepher Yetzira, ch. IV....

*37 Il traduit le mot twrwnu par «canaux », d’après le mot rabbinique rwnu.

*38 Cf. Z., II, 242b.

*39 On comprend aisément qu’en parlant des voies d’eau, le texte ne peut désigner par axrwa que les rivières, et par Nylybs que les ruisseaux.

*40 Le Z., II, 27b, désigne, en effet, l’ange accusateur du monde sous le nom de «grand poisson». C’est de ce passage du Z. que l’auteur de cette interpolation a extrait la description de ce poisson aux écailles de fer, à la bouche jetant des flammes et à la langue effilée.

*41 ywemb lae est un terme rabbinique, qui signifie proprement « entrer dans l’intestin », et par extension « pénétrer dans l’intérieur ».

*42 LL. a : « parce qu’il voulait goûter de tous les plaisirs d’ici-bas »

*43 Tout ce passage. à partir de ajx al de xt, jusqu’à smm anwg awhhm, est répété dans le Z., II, 193b et 194a.

*44 V. fol. 71a, et Minhath Yehouda, fol. 181.

*45 Cf. Z. , II, 192b

*46 A. et F. ont encore cette phrase : ...de même au passage de la mer Rouge, ils purent sans crainte contempler la gloire de Dieu, ainsi qu’il est écrit (Exode, XV, 2) : « C’est mon Dieu, et je publierai sa gloire. » D’après cette leçon, Israël est tombé, après le péché, dans un état inférieur à celui où il était même avant le mont Sinaï, attendu que le passage de la mer Rouge avait eu lieu avant la Révélation au mont Sinaï.

*47 C’est-à-dire, la fête des Tabernacles qui est célébrée le quinze du mois de Tisri, donc, au moment de la pleine lune.

*48 V. Z., III, 15a.

*49 Fol. 36b.

*50 V. fol. 44a.

*51 V. fol. 10b, 169b et 184b.

*52 Dans S., V. et B. on lit, entre parenthèses : xylyd aryjpq wgb, «dans sa tente», expression imagée pour dire que, durant la nuit, le mauvais esprit pénètre dans le corps de l’homme. V. Derekh Emeth, a. 1.

*53 V. fol. 198b.

*54 V. Z. au commencement de la SECTION Miqueç, et Tiqouné Z. XI.

*55 V. Z., I, fol 193a et 210b.

*56 Voir fol. 9b.

*57 V. fol. 9b et 25a.

*58 V. Z., III, 48b et 76b.

*59 Le glossateur Derekh Emeth, a. I., affirme avoir trouvé dans un manuscrit ancien du Zohar l’adjonction suivante : « L’âme d’Adam transmigre dans chaque roi d’Israël, et elle continuera à transmigrer ainsi de roi en roi jusqu’au jour où elle animera le roi Messie. » Cette variante est conforme à la sentence du Sepher ha-Peliah citée par le même glossateur.

*60 Voir fol. 140a, et 168a.

*61 V. fol. 37b.

*62 V. la suite de ce passage à la fin de la première partie, dans l’appendice, fol. 253b.

*63 Le Z. donne au mot tys le sens de Nytys (schitin) dont il était déjà question précédemment.

*64 Dans V. et P., il y a, entre parenthèses, amwy awhhd aqwny (même les enfants âgés d’un seul jour).

*65 Le Tiqouné ha-Z. , affirme que le crime d’Er était de même nature que celui d’Onan son frère.

*66 Le Z. donne aux mots Nyly ebsw la signification de « dormir paisiblement». Prêtant au mot ebs le sens de «sept», le Talmud, traité Berakhoth, fol. 14a et 55b, explique ce verset de cette façon : « Quiconque passe sept nuits consécutives sans rêver est appelé un méchant (Râ). »

*67 Le mot Mxn a un double sens ; il signifie aussi bien «se repentir» que « se consoler ».

*68 Tous ces passages du Z. se retrouvent dans le Talmud, traité Meguilla, fol. 10b, et Sanhedrin, fol. 59b.

*69 V. fol. 53a, et Z., III, 205 b, et Talmud, traité Sabbath, fol. 53 jusqu’à 56, et traité Baba Bathra, fol. 17a.

*70 ylyp est le grec .

*71 La suite de ce passage a été perdue, et la lacune est indiquée dans toutes les éditions, par le mot rox.

*72 V. fol. 59b et Tiqouné Z., XXII.

*73 V. fol. 96b.

*74 Rabbi Yehouda donne deux interprétations du mot twms ; d’après la première, ce mot dérive de Ms et, d’après la seconde, hms.

*75 Le commentateur Derekh Emeth, a. I., exprime son étonnement de voir le Z. insister sur le nom d’ « Élohim », alors que, dans tous les manuscrits connus ainsi que dans toutes les éditions des Psaumes, c’est le nom de «Jéhovah», et non pas celui d’ « Élohim », qui figure dans le verset précité. Le commentateur Nitzoutzé Oroth, a. I., affirme, d’après l’auteur du Minhath Schaï, que la leçon de Jéhovah, qui figure dans toutes nos éditions de la Bible, est, en réalité, inexacte, et que c’est en effet Myhla twlepm qu’il faut lire.

*76 V. fol. 48b et 240b.

*77 La récitation de la prière des voyages est désignée dans le Talmud par le terme de «se confier à son maître». Quant à la formule de cette prière, V. Talmud, tr. Berakhoth, fol. 29b.

*78 Ce verset du Psaume, par lequel le Z. aime, d’ailleurs, à terminer toutes les SECTIONs, ne figure ici que dans le but de clore la SECTION par un « beau verset », comme disent les rabbins. Cf. Raschi, au Talmud, tr. Aboth, VI, 15.



Page: << 2





Home | ♥ Notre Projet ♥ ⇄ ♥ Votre projet ♥