Dialogue  Inter-  Religieux



Le Détachement > Des sens & du corps

17  citations  | Page 1 / 1




U ne personne convenablement chaussée ne risque rien même à marcher sur des cailloux et des épines: tout lui convient. De même, quiconque trouve toujours sa satisfaction en lui-même ne souffre d'aucune peine; il est heureux partout.




Hindouisme 3771 | 
Srimad Bhagavatam Chant7, Ch.15,verset 17 

   




B ien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs sur la terre, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l'âme.




Christianisme 3521 | 
1 Peter 2.11 

   




L 'insondable faiblesse de l'homme laisse place aux désires commandés par sa propre nature, l'inévitable solution est donc le combat moral aux passions.




Islam / Soufisme 2167 | 
Younouss ibn ismaël ait youb 

   




U ne dose de poison tue un homme, mais les objets des sens agissent comme un poison lent, peu à peu ils vous poussent vers la mort. Aussi longtemps que votre esprit est tourné vers les choses du monde, vous recevez un billet de retour, vous restez lié à la ronde des naissances et des renaissances, et vous répétez la même sorte d'expérience encore et encore.




Hindouisme 1981 | 
Présence de Ma Anandamayi, Editions Les Deux Océans. Traduction de J. Herbert 

   




B ien qu'éprouvant de l'attraction et de la répulsion pour les objets des sens, les êtres incarnés ne doivent se laisser dominer ni par les sens, ni par leurs objets, car ceux-ci constituent un obstacle à la réalisation spirituelle.




Hindouisme 1704 | 
III, 34 

   




T ant que le groupe des sens et du sensible ne meurt pas, l'acte fructifiera. Tant que l'on ne voit pas où l'on est, peut-on résoudre [cette] énigme ?




Hindouisme / Tantrisme 1587 | 
Dohakosa de Saraha, sq. 67, cité et traduit par André Padoux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.327-337 

   




L e controle des sens grace au Karma Yoga ou au Kriya est preferable a l'indefference vis a vis des sens.




Hindouisme / Kriya Yoga 1377 | 
Paramahansa Prajnanananda, En compagnie des maitres du Kriya Yoga, p.57 

   




S i les portes de la perception etaient decrassees, l'homme verrait chaque chose telle qu'elle est : infinie.




Divers Courants / Littérature 1309 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.136 

   




J e fermerai maintenant les yeux, je boucherai mes oreilles, je détournerai tous mes sens, j'effacerai même de ma pensée toutes les images des choses corporelles, ou du moins, parce qu'à peine cela se peut-il faire, je les réputerai comme vaines et comme fausses; et ainsi m'entretenant seulement moi-même, et considérant mon intérieur, je tâcherai de me rendre peu à peu plus connu et plus familier à moi- même.




Philosophie / Cartésianisme 1024 | 
Méditations métaphysiques, 1641 [Méditation 3e, trad. duc de Luynes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 284] 

   




T ant que nous aurons le corps, et qu'un mal de cette sorte restera mêlé à la pâte de notre âme, il est impossible que nous possédions jamais en suffisance ce à quoi nous aspirons; et, nous l'affirmons, ce à quoi nous aspirons, c'est le vrai.




Philosophie / Platonisme 942 | 
Phédon [65b, trad. M. Dixsaut, coll. GF, Flammarion, 1991 

   




L es six perfections quant au corps:
Le rejet du corps, l'abandon du corps, l'indifférence à son égard, telle est la perfection du don [d'un bodhisattva]. […]





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 487 | 
Extrait du Sagaramatisutra, dans le Siksasamuccaya, IX, p. 187, ligne 5 sqq., cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.146 

   




A présent je ne le perçois plus avec les yeux mais l'apprenhende par l'esprit (shen). Là où s'arrête la connaissance sensorielle, c'est le désir de l'esprit qui a libre cours.




Taoisme 202 | 
Zhuangzi, chap.III, traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 4 

   




A l'occasion de la sensation, l'arhat perçoit la sensation, sait qu'il n'y a ni moi ni vision ni objet vu, mais la coopération de trois phénomènes coordonnés, bien que naturellement isolés, à savoir la connaissance, l'œil et la forme sensible. Au moment de la sensation, l'ignorant conçoit un moi face à un objet qu'il désire ou repousse et cette méprise le livre au désir, lequel l'embourbe davantage dans l'erreur. Chez l'arhat, par contre, la sensation ne produit ni désir ni attachement.




Bouddhisme 201 | 
Samyuttanikaya (the Books of the Kindred Saying), III, 96, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.36 

   




M ais l'âme ne raisonne jamais mieux que quand rien ne la trouble, ni l'ouïe, ni la vue, ni la douleur, ni quelque plaisir, mais qu'au contraire elle s'isole le plus complètement en elle-même, en envoyant promener le corps et qu'elle rompt, autant qu'elle peut, tout commerce et tout contact avec lui pour essayer de saisir le réel.




Philosophie / Platonisme 198 | 
Phédon, 65c (traduction Emile Chambry 1965).  

   




L e sensible est pour l'âme incarnée un appui, dont pourtant elle doit être en mesure de se dégager pour se souvenir de la réalité intelligible à laquelle participe la réalité sensible perçue. La connaissance sensible doit ... se prolonger en une connaissance intelligible, qui ne peut être qu'une réminiscence réactualisant une vision antérieure de l'être-en-soi.




Philosophie / Platonisme 197 | 
Phèdre 249b-d, traduit par Brisson, Phèdre P.47, cité par Anna Kélessidou, L'âme chez Platon et Plotin, P.15, dans Autour de Descartes : L'union de l'âme et du corps, Sous la direction de J.-L. Vieillard-Baron. Vrin, 1991, " Bibliothèque d'Histoire de la Philosophie ". 
"La purification Platonicienne, on le sait, consiste en une série d'abstractions, dans un renoncement progressif au sensible. Cette désorientation, […] est commandée par le principe de l'antériorité de l'intelligible, de la réalité pure sans mélange selon le Phédon (67a) et immortelle à laquelle l'âme s'apparente (76é, 78b-79c). C'est dans une perspective intellectuelle et morale, dans une transposition spiritualiste que consiste selon le Phédon la notion de purification (1). La catharsis est la rencontre des deux puretés (65e sqq., 81a), de l'âme libérée de la démence, de "" mille sornettes humaines "" (66b) et de l'objet qui est absolument pur. D'autre part on sait que cette purification ne se réalise pas comme un acte de violence à l'égard du corps, comme un ostracisme du corps en tant que tel ; ce qui montre que le dualisme Platonicien n'est pas la théorie des deux substances opposées, de l'âme et du corps, du bien et du mal et du rejet dit corps. […] La mortification corporelle, si on peut ainsi parler, consiste dans l'affranchissement (Phédon 66a) de la vérité illusoire (83d), des antinomies phénoménales, des affections ou croyances corporelles qui entravent la connaissance véritable. […] La purification Platonicienne est donc l'acheminement à l'alétheia au sens étymologique du terme, la récupération des normes de la vérité. La mort philosophique étant chasse à l'oubli, le philosophe Platonicien cherche à se préserver des perturbations corporelles afin de vivre le ""bios"" de la théoria, de la concentration mentale. C'est par l'idée de la retraite philosophique, d'une mort active et libératrice (Phédon 83a, 84c-d), conforme à l'impératif socratique du recueillement, que Platon transpose la transe du shaman, la séparation du soi occulte et du corps. Pour le shamanisme (2), le "" puritanisme réside essentiellement dans la séparation de l'âme et du corps et dans l'attribution à l'homme d'un soi occulte d'origine divine "" (E.R. Dodds, o,c. 140-141.) Encore "" faut-il remarquer que ces croyances ne sauraient être mises au propre d'une ""philosophie"" de l'homme, mais qu'elles reposent bien plutôt sur des pratiques comme celles de la ""retraite"" et du ""jeûne"", du ""dédoublement"" de la personnalité et de la ""dissociation mentale"". Ces exercices, à quoi se reconnaissent les traits shamanistiques, débouchent sur toute une idéologie dualistique... Pythagore, Empédocle et ... Socrate sont les étranges produits de cette acclimatation du shamanisme en Grèce "" (cf. H. Jo1y, o.c. 68.) […] On ne doit pas oublier que chez Platon le voyage théorique est converti en ascèse dont l'impératif est la recherche de ce qui est à la fois supérieur et divin ; que la contemplation chez Platon recouvre un champ sémantique à la fois moral, intellectuel et religieux. Dans le Théétète Platon considère la fuite d'ici-bas vers là-haut comme équivalente à la poursuite de la ressemblance avec le divin (176b) et fait consister le volontarisme moral dans la justice et la sainteté accompagné de sagesse. Dans la République, où l'âme est conçue comme tripartite, la purification (3) est la réalisation de la juste proportion (443d), l'harmonieuse organisation de trois parties, dont chacune exerce sa fonction. Le primat de la sagesse exige la transmutation de la vie nue en vie de l'intellect. D'où toute l'importance que Platon accorde à l'éducation de l'âme (4). L'éducation consiste à aider quelqu'un à se détacher des attaches dans la caverne (515c) et à suivre la voie de la sagesse (621c). Enfin, dans les Lois Platon reprend le thème de la dévalorisation des occupations humaines par rapport à l'importance qu'on doit accorder au divin et revient à l'antique principe de similitude pour le faire assortir au divin (715c-d). L'âme est "" le démon intérieur qui nous sollicite naturellement vers le ciel "" (A. Diès, Platon, Les Lois XXXVI.) La vertu de l'esprit est par conséquent une vertu divine. Mais, ce qui est encore plus significatif est que l'idée Platonicienne de la purification par la spiritualité ne refuse pas le bonheur terrestre. Le triomphe des meilleurs éléments de l'âme assure à l'homme ici-bas une vie ordonnée et la félicité, comme à la fin de la vie, il rend à l'âme ses ailes. "" Supposons pour l'instant "", nous dit le Phèdre (256b), ""-que ce soit, en conséquence, à une vie d'ordre et à l'amour de la sagesse que conduit le triomphe de ce qu'il y a de meilleur dans l'esprit : bienheureuse et pleine d'harmonie est l'existence qu'ils passent ici-bas, puisqu'ils ont la maîtrise d'eux-mêmes et le souci de la mesure ; puisqu'ils ont réduit à l'esclavage ce qui faisait naître le vice et l'âme et donné, au contraire, la liberté à ce qui y produisait la vertu "" (Tr. L. Robin, Platon, Phèdre 256b (54)) D'autre part, Platon, ayant conscience qu'il s'adresse à des hommes et non à des dieux - selon la leçon des Lois 732e - sait éviter la division de l'homme contre lui-même ; et il va jusqu'à accepter les plaisirs, à condition qu'ils soient soumis à la juste mesure (636c), et les biens corporels - la santé, la beauté, la richesse, la vigueur -, à condition qu'ils soient orientés "" vers les biens divins et tous les biens divins vers l'intelligence, qui est souveraine "" (631d). (1) Cf. A.J, Festugière, Contemplation et vie contemplative chez Platon, Paris, Vrin (1936), 1950, 123 sqq., R. Bordet, Religion et mysticisme, Paris, P.U.F, 1959, 13 (2) Sur le rapport de Socrate avec le shamanisme v. L. Gernet, Anthropologie de la Grèce antique, Paris, Maspero, 1969, 415-430, E. R. Dodds, Les Grecs et l'irrationnel, tr. Gibson, Paris, Aubier 1965, 135-174, J.P. Vernant, Mythe et pensée chez les Grecs, Paris, Maspero, 1965, 65-68, H. Joly, Le Renversement plafonicien. Logos, Epistémé, Polis, Vrin 1981, 67. (3) Cf. L. Robin, Phèdre CXIX : "" Le point de vue (du Phédon) ne semble pas abandonné dans la République, en dépit du soin évident avec lequel la tripartition a été établie au livre IV. Celle-ci en effet est présentée dans le livre X (61 1b-612a) comme une conséquence de l'union avec le corps. En cela d'ailleurs l'accord est complet avec le Phédon, où les désirs et les émotions connexes de crainte, de plaisir, de peine sont la cause de l'asservissement de l'âme au corps... sa nature est gâtée du fait de son association avec un corps : ce qui amène la comparaison bien connue avec Glaucus, le dieu marin "". (4) Cf. L. Robin, o.c. CXXXIV : "" Le ton change avec le Phèdre, car il demande à l'âme de recouvrer l'usage de ses ailes ; il s'agirait donc pour elle, non point de mourir à tout corps, mais de se préparer à reprendre une autre sorte de corps... celle qui originairement lui est propre. C'est ce que déjà le Banquet (212a) et plus tard le Timée (90bc) appellent s'immortaliser aussi pleinement que cela est possible à la nature humaine. Or cela se fait moins par l'ascétisme que par le savoir et par l'amour, solidaires l'un de l'autre ""."

   




T ant que nous serons en vie, le meilleur moyen, semble-t-il, d'approcher de la connaissance, c'est de n'avoir, autant que possible, aucun commerce ni communion avec le corps, sauf en cas d'absolue nécessité, de ne point nous laisser contaminer de sa nature, et de rester purs de ses souillures, jusqu'à ce que Dieu mous en délivre.




Philosophie / Platonisme 196 | 
Phédon, 67a (traduction Emile Chambry 1965) 

   




L a neutralité en face des contacts imparfaits du plaisir et des contacts pervers de la douleur est le premier résultat direct et naturel de la discipline de l'âme.




Hindouisme 195 | 
La Vie divine, vol. I, trad. C. Rao, S. Forgues, J. Herbert, P. Coat, 1955/ 1959/1992, Éditions Albin Michel, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 34-36 

   


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