Chapitre 6
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(⁎)
(Ⅰ)


6. 51  
न तापसैर्ब्राह्मणैर्वा वयोभिरपि वा श्वभिः ।
आकीर्णं भिक्षुकैर्वान्यैरगारं उपसंव्रजेत् । । ६.५१ । ।
- Qu'il n'entre jamais (pour mendier) dans une maison remplie d'ermites, de Brahmanes, d'oiseaux, de chiens, ou d'autres mendiants. (⁎)
6. 52  
क्ल्प्तकेशनखश्मश्रुः पात्री दण्डी कुसुम्भवान् ।
विचरेन्नियतो नित्यं सर्वभूतान्यपीडयन् । । ६.५२ । ।
- Les cheveux, les ongles, la barbe coupés, muni d'une sébile, d'un bâton, d'un pot à eau, qu'il erre continuellement, recueilli, et ne faisant de mal à aucune créature. (⁎)
6. 53  
अतैजसानि पात्राणि तस्य स्युर्निर्व्रणानि च ।
तेषां अद्भिः स्मृतं शौचं चमसानां इवाध्वरे । । ६.५३ । ।
- Ses ustensiles ne doivent pas être en métal, ni avoir aucune fêlure; il est recommandé de les laver à l'eau, comme les coupes du sacrifice. (⁎)
-
Les coupes, camasas, dont il a été question antérieurement.
(Ⅰ)
6. 54  
अलाबुं दारुपात्रं च मृण्मयं वैदलं तथा ।
एताणि यतिपात्राणि मनुः स्वायंभुवोऽब्रवीत् । । ६.५४ । ।
- Une gourde, une écuelle de bois, un (pot) de terre ou un (panier) en éclats de bambou, tels sont les ustensiles que Manou fils de l'Être existant par lui-même, a déclaré ceux d'un ascète. (⁎)
6. 55  
एककालं चरेद्भैक्षं न प्रसज्जेत विस्तरे ।
भैक्षे प्रसक्तो हि यतिर्विषयेष्वपि सज्जति । । ६.५५ । ।
- Il doit recueillir l'aumône une fois (par jour), et ne pas tenir à la quantité ; car un ascète trop avide d'aumônes s'attache aux objets des sens. (⁎)
6. 56  
विधूमे सन्नमुसले व्यङ्गारे भुक्तवज्जने ।
वृत्ते शरावसंपाते भिक्षां नित्यं यतिश्चरेत् । । ६.५६ । ।
- Quand la fumée (de la cuisine) cesse de s'élever, quand le pilon est en repos, quand les charbons sont éteints, quand les gens ont mangé et que la vaisselle est rangée, (c'est alors que) l'ascète doit toujours aller demander l'aumône. (⁎)
6. 57  
अलाभे न विषदी स्याल्लाभे चैव न हर्षयेत् ।
प्राणयात्रिकमात्रः स्यान्मात्रासङ्गाद्विनिर्गतः । । ६.५७ । ।
- S'il ne reçoit rien, qu'il n'en soit pas attristé ; s'il reçoit, qu'il n'en soit pas réjoui; qu'il se contente de ce qui est nécessaire â la vie, et évite d'attacher de l'importance à ses ustensiles. (⁎)
-
Ses ustensiles, « son bâton, son pot-â-eau, etc. ». (Kull.) — Attacher de l'importance « en disant : Celui-ci est vilain, je n'en veux pas; celui-là est beau, je le prends ». (Kull.)
(Ⅰ)
6. 58  
अभिपूजितलाभांस्तु जुगुप्सेतैव सर्वशः ।
अभिपूजितलाभैश्च यतिर्मुक्तोऽपि बध्यते । । ६.५८ । ।
- Il doit dédaigner absolument d'obtenir l'aumône à force de salutations : (car) un ascète même (sur le point) d'obtenir la délivrance finale, est enchaîné par (les aumônes) obtenues à force de salutations. (⁎)
-
Sur le point : le texte dit simplement « délivré » ; on peut être considéré comme délivré même avant d'être mort, lorsqu'on est dans les conditions requises pour la délivrance finale.
(Ⅰ)
6. 59  
अल्पान्नाभ्यवहारेण रहःस्थानासनेन च ।
ह्रियमाणानि विषयैरिन्द्रियाणि निवर्तयेत् । । ६.५९ । ।
- Qu'il réfrène ses organes attirés par les objets des sens, en prenant peu d'aliments, et en se tenant debout et assis dans la solitude. (⁎)
6. 60  
इन्द्रियाणां निरोधेन रागद्वेशक्षयेण च ।
अहिंसया च भूतानां अमृतत्वाय कल्पते । । ६.६० । ।
- En domptant ses sens, en détruisant (en lui) l'amour et la haine, en s'abstenant de faire du mal aux créatures, il devient propre à l'immortalité. (⁎)
6. 61  
अवेक्षेत गतीर्नॄणां कर्मदोषसमुद्भवाः ।
निरये चैव पतनं यातनाश्च यमक्षये । । ६.६१ । ।
- Qu'il réfléchisse aux métempsycoses des hommes, conséquence de leurs péchés, à leur chute en enfer, à leurs tourments dans le monde de Yama, (⁎)
-
Yama, le dieu des Enfers, le Pluton hindou.
(Ⅰ)
6. 62  
विप्रयोगं प्रियैश्चैव संयोगं च तथाप्रियैः ।
जरया चाभिभवनं व्याधिभिश्चोपपीडनम् । । ६.६२ । ।
- A la séparation d'avec ceux qu'on aime, à la réunion avec ceux qu'on hait, à la vieillesse qui triomphe (de vous), â la maladie qui (vous) accable, (⁎)
6. 63  
देहादुत्क्रमणं चाष्मात्पुनर्गर्भे च संभवम् ।
योनिकोटिसहस्रेषु सृतीश्चास्यान्तरात्मनः । । ६.६३ । ।
- A ce corps que l'on quitte, à la renaissance dans un (autre) sein, à la transmigration de cette âme individuelle dans dix mille millions de matrices, (⁎)
6. 64  
अधर्मप्रभवं चैव दुःखयोगं शरीरिणाम् ।
धर्मार्थप्रभवं चैव सुखसंयोगं अक्षयम् । । ६.६४ । ।
- Aux peines qui affligent les êtres corporels, conséquence de leurs péchés, à la félicité éternelle dont ils jouissent en récompense de leur vertu. (⁎)
6. 65  
सूक्ष्मतां चान्ववेक्षेत योगेन परमात्मनः ।
देहेषु च समुत्पत्तिं उत्तमेष्वधमेषु च । । ६.६५ । ।
- Qu'il considère par une méditation concentrée l'essence subtile de l'Ame suprême, et sa présence dans tous les corps (des êtres) les plus élevés comme les plus infimes. (⁎)
-
La méditation concentrée dont il est question ici s'appelle Yoga ; ce nom désigne aussi un système philosophique (Cf. supra note du vers 31). L'Ame suprême paramâtman est opposée à l'âme individuelle.
(Ⅰ)
6. 66  
दूषितोऽपि चरेद्धर्मं यत्र तत्राश्रमे रतः ।
समः सर्वेषु भूतेषु न लिङ्गं धर्मकारणम् । । ६.६६ । ।
- A quelque ordre qu'il appartienne, bien qu'il ait été calomnié (et privé des insignes de son ordre),qu'il accomplisse ses devoirs, égal envers toutes les créatures : car ce ne sont pas les insignes qui constituent la vertu. (⁎)
-
Jolly lit bhûshita « orné (de guirlandes, etc.) », au lieu de dûshita (Kull.) « calomnié ». — Au lieu de vasan « séjournant dans n'importe quel ordre », il y a une autre leçon ratah « satisfait. » — La fin de ce vers rappelle notre proverbe : « L'habit ne fait pas le moine. »
(Ⅰ)
6. 67  
फलं कतकवृक्षस्य यद्यप्यम्बुप्रसादकम् ।
न नामग्रहणादेव तस्य वारि प्रसीदति । । ६.६७ । ।
- Bien que le fruit de la strychnine clarifie l'eau, l'eau ne devient pas claire par le seul fait de mentionner son nom. (⁎)
-
Le Kataka, Strychnos potatorum : lorsqu'on frotte avec les fruits de cette plante le fond d'un vase d'eau trouble, cela fait précipiter les impuretés du liquide. Cette image est le développement de l'idée précédemment exprimée, que les insignes extérieurs ne constituent pas la vertu.
(Ⅰ)
6. 68  
संरक्षणार्थं जन्तूनां रात्रावहनि वा सदा ।
शरीरस्यात्यये चैव समीक्ष्य वसुधां चरेत् । । ६.६८ । ।
- Pour épargner les êtres animés, il doit jour et nuit, même au détriment de son corps, marcher toujours en examinant le sol. (⁎)
-
Dans certaines sectes de l'Inde, notamment chez les Jaïnistes, le respect des êtres animés va si loin « qu'ils ne boivent que de l'eau filtrée, ne respirent qu'à travers un voile, et s'en vont balayant le sol devant eux, de peur d'avaler ou d'écraser à leur insu quelque animalcule invisible ». — Barth., Les Religions de l'Inde, p. 87.
(Ⅰ)
6. 69  
अह्ना रात्र्या च याञ् जन्तून्हिनस्त्यज्ञानतो यतिः ।
तेषां स्नात्वा विशुद्ध्यर्थं प्राणायामान्षडाचरेत् । । ६.६९ । ।
- Pour expier (la destruction) des êtres qu'il a tués involontairement le jour ou la nuit, l'ascète devra se baigner et faire six suspensions d'haleine. (⁎)
6. 70  
प्राणायामा ब्राह्मणस्य त्रयोऽपि विधिवत्कृताः ।
व्याहृतिप्रणवैर्युक्ता विज्ञेयं परमं तपः । । ६.७० । ।
- Rien que trois suspensions d'haleine accomplies suivant la règle, et accompagnées des trois paroles sacramentelles et de la syllabe OM, doivent être considérées comme (l'acte) le plus parfait d'austérité pour un Brahmane. (⁎)
-
Cf. II, 76. Les Vyàhrtis c'est-à-dire les mots Bhùh, Bhuvah, Svah. Kull. ajoute après OM « la Sâvitrî et le Ciras » : ciras littéralement « tête » désigne le début, la strophe initiale d'un hymne; mais je ne sais à quel hymne il est fait allusion. La Sâvitrî aussi appelée Gâyatri, est un hymne du Rig Véda que tout Brahmane doit répéter mentalement dans ses dévotions du matin et du soir.
(Ⅰ)
6. 71  
दह्यन्ते ध्मायमानानां धातूनां हि यथा मलाः ।
तथेन्द्रियाणां दह्यन्ते दोषाः प्राणस्य निग्रहात् । । ६.७१ । ।
- De même que les scories du minerai sont consumées par la fusion, ainsi les souillures des organes sont détruites par la suspension de l'haleine. (⁎)
6. 72  
प्राणायमैर्दहेद्दोषान्धारणाभिश्च किल्बिषम् ।
प्रत्याहारेण संसर्गान्ध्यानेनानीश्वरान्गुणान् । । ६.७२ । ।
- Qu'il détruise les souillures par la suspension d'haleine, le péché par la concentration mentale, les désirs sensuels par la répression (des organes), et les qualités qui ne sont pas propres à l'Être suprême par la méditation. (⁎)
-
Qu'il détruise: littéralement « qu'il brûle ». — Anîçvarân gunân « les qualités qui ne sont pas propres à l'Etre suprême (ïçvara) » sont suivant Kull. « la colère, la cupidité, l'envie, etc. ». — B. H. entend ce mot tout différemment » sur lesquelles on n'exerce pas de contrôle ».
(Ⅰ)
6. 73  
उच्चावचेषु भूतेषु दुर्ज्ञेयां अकृतात्मभिः ।
ध्यानयोगेन संपश्येद्गतिं अस्यान्तरात्मनः । । ६.७३ । ।
- Par le moyen de la méditation, qu'il observe le passage de l'âme individuelle à travers les (divers) êtres, les plus élevés et les plus infimes, (passage) inintelligible pour ceux dont l'âme n'a pas été régénérée (par l'étude du Véda). (⁎)
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On peut prendre dhyànayoga comme composé copulatif « par la méditation et la concentration ».
(Ⅰ)
6. 74  
सम्यग्दर्शनसंपन्नः कर्मभिर्न निबध्यते ।
दर्शनेन विहीनस्तु संसारं प्रतिपद्यते । । ६.७४ । ।
- Celui qui possède la claire vue n'est pas lié par les actes ; celui qui en est dépourvu est soumis à une série de transmigrations. (⁎)
-
Qui a la claire vue, c'est-à-dire, suivant Kull., « brahmasâkshâtkâravant, qui possède la claire vue de l'Etre suprême ». — N'est pas lié par les actes, c'est-à-dire n'est pas condamné à repasser par d'autres existences, comme conséquence de ses actes en cette vie.
(Ⅰ)
6. 75  
अहिंसयेन्द्रियासङ्गैर्वैदिकैश्चैव कर्मभिः ।
तपसश्चरणैश्चोग्रैः साधयन्तीह तत्पदम् । । ६.७५ । ।
- Par le respect de la vie (des créatures), par le détachement des (plaisirs) sensuels, par les devoirs pieux prescrits dans le Véda, par les pratiques rigoureuses de l'ascétisme, on atteint ici-bas cet état. (⁎)
-
Cet état, tatpadam, « qui consiste dans l'union étroite avec Brahme ». (Kull.)
(Ⅰ)
6. 76  
अस्थिस्थूणं स्नायुयुतं मांसशोणितलेपनम् ।
चर्मावनद्धं दुर्गन्धि पूर्णं मूत्रपुरीषयोः । । ६.७६ । ।
- On doit quitter ce (corps) séjour des (cinq) éléments, qui a pour piliers les os, pour attaches les tendons, pour ciment la chair et le sang, pour couverture la peau, qui exhale une mauvaise odeur, qui est plein d'urine et d'excréments, (⁎)
-
Séjour des éléments, c'est-à-dire « composé des éléments tels que la terre, etc. ». (Kull.) — Plein de passion, « uni à la qualité de passion (rajas) ». (Kull.) En philosophie on reconnaît trois qualités : bonté, passion, obscurité (sattva, rajas et tamas). — Cf. XII, 24 sqq.
(Ⅰ)
6. 77  
जराशोकसमाविष्टं रोगायतनं आतुरम् ।
रजस्वलं अनित्यं च भूतावासं इमं त्यजेत् । । ६.७७ । ।
- Qui est assailli par la vieillesse et les chagrins, siège des maladies, infirme, plein de passion, caduc. (⁎)
6. 78  
नदीकूलं यथा वृक्षो वृक्षं वा शकुनिर्यथा ।
तथा त्यजन्निमं देहं कृच्छ्राद्ग्राहाद्विमुच्यते । । ६.७८ । ।
- Comme'un arbre se détache du bord de la rivière, ou comme un oiseau (quitte) un arbre, ainsi celui qui abandonne ce corps est délivré d'un monstre dangereux. (⁎)
-
Le commentaire de Kull. établit ici une distinction entre ces deux comparaisons : « L'arbre quitte le bord par nécessité, emporté par le courant ; l'oiseau quitte l'arbre volontairement » ; de même l'homme quitte le corps par nécessité ou de sa propre volonté.
(Ⅰ)
6. 79  
प्रियेषु स्वेषु सुकृतं अप्रियेषु च दुष्कृतम् ।
विसृज्य ध्यानयोगेन ब्रह्माभ्येति सनातनम् । । ६.७९ । ।
- Abandonnant à ses amis ses bonnes actions, à ses ennemis ses mauvaises actions, il s'élève par le moyen de la méditation jusqu'à Brahme l'éternel. (⁎)
6. 80  
यदा भावेन भवति सर्वभावेषु निःस्पृहः ।
तदा सुखं अवाप्नोति प्रेत्य चेह च शाश्वतम् । । ६.८० । ।
- Quand par la condition (de son esprit) il devient indifférent à tous les objets, alors il atteint la félicité ici-bas et après la mort. (⁎)
-
Les objets « des sens. »
(Ⅰ)
6. 81  
अनेन विधिना सर्वांस्त्यक्त्वा सङ्गाञ् शनैः शनैः ।
सर्वद्वन्द्वविनिर्मुक्तो ब्रह्मण्येवावतिष्ठते । । ६.८१ । ।
- S'étant ainsi défait peu à peu de tous les attachements, et délivré de toutes les (affections qui vont) deux par deux, il repose en Brahme seul. (⁎)
-
Deux par deux, telles que faim et satiété, plaisir et peine.
(Ⅰ)
6. 82  
ध्यानिकं सर्वं एवैतद्यदेतदभिशब्दितम् ।
न ह्यनध्यात्मवित्कश्चित्क्रियाफलं उपाश्नुते । । ६.८२ । ।
- Tout ce qui vient d'être déclaré dépend de la méditation; car celui qui ne connaît pas l'Âme suprême n'obtient pas le fruit de ses oeuvres. (⁎)
-
Ce qui vient d'être déclaré, « ce qui a été dit dans le vers précédent » (Kull.) relativement au détachement de toutes choses, etc. — Ses œuvres, c'est-à-dire l'accomplissement des rites prescrits.
(Ⅰ)
6. 83  
अधियज्ञं ब्रह्म जपेदाधिदैविकं एव च ।
आध्यात्मिकं च सततं वेदान्ताभिहितं च यत् । । ६.८३ । ।
- Qu'il récite constamment (les parties du) Véda relatives au sacrifice, et (celles) qui se rapportent aux divinités, et (celles) qui traitent de l'Âme suprême, et tout ce qui est exposé dans le Védânta. (⁎)
-
Le Vedânta (fin du Véda), ou les Upanishads et le système théologico-philosophique qui repose sur eux. B. réunit les deux derniers termes « celles qui traitent de l'Âme et sont contenues dans le Vedânta. »
(Ⅰ)
6. 84  
इदं शरणं अज्ञानां इदं एव विजानताम् ।
इदं अन्विच्छतां स्वर्गं इदं आनन्त्यं इच्छताम् । । ६.८४ । ।
- (Le Véda) est le refuge (même) de ceux qui (en) ignorent (le véritable sens) et de ceux qui le comprennent, et de ceux qui désirent le ciel, et de ceux qui aspirent à l'éternité. (⁎)
6. 85  
अनेन क्रमयोगेन परिव्रजति यो द्विजः ।
स विधूयेह पाप्मानं परं ब्रह्माधिगच्छति । । ६.८५ । ।
- Le Brahmane qui mène la vie ascétique en se conformant aux règles (qui viennent d'être énoncées) dans l'ordre, ayant secoué ici-bas le péché, s'élève jusqu'au Brahme suprême. (⁎)
-
Ici comme dans les passages précédents, brahman est au neutre, et désigne la divinité impersonnelle, l'Absolu, tandis que Brahmâ, masculin, est un Dieu personnel, le créateur du monde, la plus haute des divinités du Panthéon indien. J'ai traduit anena kramayogena (littéralement « d'après cette règle successive ») en me conformant à l'interprétation de Kull. B. traduit : « Après l'accomplissement successif des actes mentionnés plus haut. »
(Ⅰ)
6. 86  
एष धर्मोऽनुशिष्टो वो यतीनां नियतात्मनाम् ।
वेदसंन्यासिकानां तु कर्मयोगं निबोधत । । ६.८६ । ।
- On vous a ainsi exposé la loi relative aux ascètes maîtres d'eux-mêmes ; écoutez maintenant la règle de conduite des (ascètes) qui renoncent (aux pratiques prescrites par) le Véda. (⁎)
-
Les ascètes, yatis. Kull. en reconnaît quatre variétés : « les Kutîcaras, les Bahûdakas, les Hamsas et les Paramahamsas : les premiers parmi ces yatis. les Kutîcaras négligent les rites prescrits par le Véda, tels que l'Agnihotra, etc. », et se bornent à la prière et à la méditation.
(Ⅰ)
6. 87  
ब्रह्मचारी गृहस्थश्च वानप्रस्थो यतिस्तथा ।
एते गृहस्थप्रभवाश्चत्वारः पृथगाश्रमाः । । ६.८७ । ।
- L'étudiant, le maître de maison, l'anachorète, l'ascète, ces quatre ordres distincts proviennent (tous) du maître de maison. (⁎)
6. 88  
सर्वेऽपि क्रमशस्त्वेते यथाशास्त्रं निषेविताः ।
यथोक्तकारिणं विप्रं नयन्ति परमां गतिम् । । ६.८८ । ।
- Et tous ces (ordres) successivement embrassés conformément au traité (des lois) conduisent à la condition suprême le Brahmane qui fait ce qui a été prescrit. (⁎)
-
La condition suprême n'est autre chose que « la délivrance finale ». (Kull.)
(Ⅰ)
6. 89  
सर्वेषां अपि चैतेषां वेदस्मृतिविधानतः ।
गृहस्थ उच्यते श्रेष्ठः स त्रीनेतान्बिभर्ति हि । । ६.८९ । ।
- Et d'après les préceptes du texte sacré du Véda, le maître de maison est déclaré supérieur (aux trois autres ordres), car il les supporte tous les trois. (⁎)
-
Une variante porte « le Véda et la Smrti » au lieu de « la Çruti du Véda ». — L. entend différemment : « le maître de maison qui observe les préceptes de la Çruti et de la Smrti. »
(Ⅰ)
6. 90  
यथा नदीनदाः सर्वे सागरे यान्ति संस्थितिम् ।
तथैवाश्रमिणः सर्वे गृहस्थे यान्ति संस्थितिम् । । ६.९० । ।
- De même que toutes les rivières et tous les fleuves aboutissent à leur lieu de repos dans l'Océan, ainsi les hommes des divers ordres vont (se réfugier) sous la protection du maître de maison. (⁎)
6. 91  
चतुर्भिरपि चैवैतैर्नित्यं आश्रमिभिर्द्विजैः ।
दशलक्षणको धर्मः सेवितव्यः प्रयत्नतः । । ६.९१ । ।
- Les Dvidjas appartenant à ces quatre ordres doivent toujours soigneusement observer la décuple loi. (⁎)
6. 92  
धृतिः क्षमा दमोऽस्तेयं शौचं इन्द्रियनिग्रहः ।
धीर्विद्या सत्यं अक्रोधो दशकं धर्मलक्षणम् । । ६.९२ । ।
- Contentement, patience, empire sur soi-même, probité, pureté, répression des sens, science, connaissance (du Véda) vérité, douceur, tels sont les dix préceptes de (cette) loi. (⁎)
-
La science dhï, est suivant Kull. « la connaissance des Castras et autres ». — La connaissance du Véda ou suivant Kull. « connaissance de l'Âme suprême ».
(Ⅰ)
6. 93  
दश लक्षणानि धर्मस्य ये विप्राः समधीयते ।
अधीत्य चानुवर्तन्ते ते यान्ति परमां गतिम् । । ६.९३ । ।
- Les Brahmanes qui étudient les dix préceptes de la loi, et qui après les avoir étudiés, les suivent, atteignent la condition suprême. (⁎)
6. 94  
दशलक्षणकं धर्मं अनुतिष्ठन्समाहितः ।
वेदान्तं विधिवच्छ्रुत्वा संन्यसेदनृणो द्विजः । । ६.९४ । ।
- Un Dvidja qui, recueilli, pratique la décuple loi, qui a écouté suivant la règle (l'interprétation) du Vedânta, et qui a payé ses (trois) dettes, peut embrasser la vie ascétique. (⁎)
-
Les trois dettes, cf. la note du vers 35.
(Ⅰ)
6. 95  
संन्यस्य सर्वकर्माणि कर्मदोषानपानुदन् ।
नियतो वेदं अभ्यस्य पुत्रैश्वर्ये सुखं वसेत् । । ६.९५ । ।
- Ayant renoncé à toutes les pratiques religieuses, s'étant déchargé de (tous) les péchés de ses actions, maître de ses organes, ayant étudié le Véda, il peut vivre à son aise sous la protection de ses fils. (⁎)
-
Ayant renoncé : le nom de Sannyâsin signifie « celui qui a renoncé ». — Abhyasyan, leçon adoptée par Jolly au lieu de abhyasya, signifie « étudiant », plus exactement que « ayant étudié ».
(Ⅰ)
6. 96  
एवं संन्यस्य कर्माणि स्वकार्यपरमोऽस्पृहः ।
संन्यासेनापहत्यैनः प्राप्नोति परमं गतिम् । । ६.९६ । ।
- Ayant ainsi renoncé aux pratiques religieuses, uniquement occupé de son objet, exempt de désirs, ayant tué le péché par la renonciation, il parvient à la félicité suprême. (⁎)
-
Son objet « la contemplation de l'Etre suprême » (Kull.), ou tout simplement la délivrance finale. — La renonciation au monde, le fait d'avoir embrassé la vie ascétique, pravrajya.
(Ⅰ)
6. 97  
एष वोऽभिहितो धर्मो ब्राह्मणस्य चतुर्विधः ।
पुण्योऽक्षयफलः प्रेत्य राज्ञां धर्मं निबोधत । । ६.९७ । ।
- Ainsi vous a été exposée la quadruple loi des Brahmanes, (loi) sainte, produisant après la mort des fruits impérissables; écoutez maintenant les devoirs des rois. (⁎)
-
Quadruple, c'est-à-dire concernant le novice, le maître de maison, l'anachorète et l'ascète.
(Ⅰ)


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