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la pensée de Mencius sur l'éducation
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Mencius : la pensée de Mencius sur l'éducation

Mencius La pensée de Mencius sur l'éducation a pris corps et mûri à l'époque des Royaumes combattants (770-221 environ avant l'ère chrétienne). Les périodes dites des Printemps et Automnes et des Royaumes combattants ont été marquées, nul ne l'ignore, par de grandes mutations, le passage de l'esclavagisme au féodalisme. Les mutations économiques et politiques ont eu de profondes répercussions dans le domaine de l'idéologie, de la culture et de l'éducation. La culture cesse d'être l'apanage des propriétaires d'esclaves, le savoir se répand dans d'autres couches de la société, le milieu des lettrés fait son apparition, les écoles privées se multiplient, de nombreux courants de pensée se dessinent: une situation nouvelle se présente, caractérisée par une grande libération des idées. Même si l'on n'établissait pas à l'époque de distinction rigoureuse entre les différents domaines du savoir, c'est de cette époque que date l'apparition, sous une forme embryonnaire, de disciplines telles que la philosophie, l'économie, la science politique, le droit, la littérature, l'esthétique, l'histoire, la géographie, les arts militaires, les sciences de l'éducation, la psychologie, la logique, les mathématiques, l'astronomie, l'agronomie, les arts artisanaux, la physique, la chimie, la biologie, l'hydrologie, les techniques de l'ingénieur et la médecine. Cette époque représente dans l'histoire de l'éducation de la Chine ancienne une période d'essor extraordinaire, durant laquelle le progrès social s'est trouvé vigoureusement stimulé et où les bases de la culture et de l'éducation féodales ont été jetées. On peut dire que le système éducatif de la Chine ancienne est né et s'est forgé tout entier à cette époque. C'est au sein de cette société en pleine mutation que la pensée de Mencius sur l'éducation a pris corps et s'est développée.

Les finalités de l'éducation



Mencius affirmait que l'éducation avait pour objet de former des gens de bien, sachant tenir leur rang dans la société. Il reprit la notion de ren (humanité) chère à Confucius et pensait que l'unification de la Chine exigeait des dirigeants vertueux, à l'image des souverains d'autrefois.

Il recommandait de gouverner avec humanité, de punir le moins possible, de ne pas lever d'impôts trop lourds, de veiller à ce que les gens disposent de cinq mu pour leur habitation et de 100 mu de terres à cultiver, «mangent à satiété les années grasses et ne meurent pas de faim les années maigres». Alors le «souverain» obtiendrait le «mandat du Ciel». Pour régner, il devait avoir l'appui du peuple; pour avoir l'appui du peuple, il devait gagner son coeur, faire son bonheur. Aux yeux de Mencius, gouverner avec humanité (renzheng) et administrer avec vertu (dezhi) allaient de pair, et une bonne administration le cédait encore à une bonne éducation.

Aussi insistait-il sur le fait que, pour gouverner avec humanité, il fallait d'abord dispenser une bonne éducation, l'objectif d'une bonne éducation étant de gagner les coeurs.

Selon Mencius, il faut d'abord faire en sorte que les vieux ne manquent ni de soie pour se vêtir ni de viande pour se nourrir, que le peuple soit à l'abri de la faim et du froid; c'est ensuite seulement qu'on ouvrira les écoles, qu'on éduquera la population. Seule une éducation dispensée dans ces conditions pouvait être tenue pour bonne, et elle devait avoir pour objet d'«enseigner les devoirs du fils envers le père et ceux du cadet envers l'aîné». Il convenait donc de revenir à maintes reprises sur ces grands principes que sont le respect dû au père et à la mère et l'obéissance aux frères aînés et aux supérieurs et de faire de l'explication de ces principes la visée essentielle de l'éducation. Telle était la pièce maîtresse de l'éthique professée par Mencius.

Durant la période des Printemps et Automnes, «la dégénérescence des rites et la décadence de la musique» avaient incité Confucius à tenter de policer les rapports entre les êtres humains, à recommander de «donner à chaque chose le nom qui est le sien, à chaque personne la place qui est la sienne», selon le précepte: «Que le prince se conduise en prince, le ministre en ministre, le père en père, le fils en fils». Mencius continua cette ligne de pensée en la développant.

Si Mencius considérait que, dès lors que le peuple mangeait à sa faim et ne souffrait pas du froid, il fallait ouvrir des écoles et prôner sans relâche la piété filiale et l'amour pour les frères aînés, c'était pour faire triompher les principes éthiques qui devaient régir les relations entre le père et le fils, le prince et le ministre, le mari et la femme, l'aîné et le cadet, les amis entre eux. «Lorsque les gens au pouvoir comprennent les rapports humains, le sens des convenances, les petites gens manifesteront leur attachement» disait-il. Si la classe dirigeante était capable de se conformer à ces principes, les contradictions internes au sein de cette classe s'en trouveraient atténuées et le système patriarcal en serait consolidé. Si les petites gens faisaient de même, «le crime et le désordre» disparaîtraient. En d'autres termes, dès lors que dans les couches supérieures, on se conformerait aux règles de la vie sociale et que les gens du peuple vivraient dans une bonne entente, l'harmonie régnerait tout naturellement sur terre. Par conséquent, les objectifs que Mencius assignait à l'éducation - inculquer la piété filiale et le respect pour les aînés, apprendre à se conduire convenablement envers les autres – devaient servir ses objectifs politiques. Cette conception confucianiste de l'éducation a exercé une
profonde influence sur la société féodale chinoise.

La fonction de l'éducation



Mencius pensait que l'éducation jouait un rôle important dans le développement social. Sa fonction principale était de former l'esprit, de fortifier les vertus cardinales - humanité, intégrité, respect des rites et sagesse. Il affirmait que l'être humain était naturellement bon, que les vertus étaient innées en lui et que le tout était de les cultiver. Qui les cultivait devenait un homme de bien, un sage, voire un saint. Qui s'avilissait, ne cultivait pas ses vertus ou les perdaient ne pouvait que devenir un scélérat, un sauvage, ou même une créature que rien ne distinguait plus des animaux. Les vertus originelles ne pouvaient être développées que si elles étaient renforcées par les acquis de l'éducation. Cependant, l'éducation, telle que la concevait Mencius était avant tout un retour sur soi-même, un perfectionnement personnel. Il fallait d'abord s'efforcer de conserver son bon coeur, cultiver ses bonnes dispositions, se connaître soi-même, et si l'on perdait sa bonté naturelle, chercher à la retrouver. L'humanité (ren) était une vertu naturelle de l'être humain, l'équité (yi) la voie qu'il devait suivre. Il était bien à plaindre celui qui se détournait de cette voie et cessait de progresser, celui qui, dépossédé de sa bonté originelle, ne savait la regagner. Qui perd ses poules ou son chien sait partir à leur recherche, pourquoi ne ferait-il pas de même lorsqu'il perd le sens du bien ? L'étude n'a d'autre but que de faire retrouver les qualités perdues. Aux yeux de Mencius, l'éducation avait donc pour fonction de préserver et de développer les bonnes dispositions, de les restituer à ceux qui les avaient perdues, de fortifier les vertus naturelles.

Mencius recommandait de s'efforcer de s'améliorer, de «chercher en soi-même», de faire retour sur soi. Mais, conscient des obstacles bien réels qui risquent de compromettre la quête du savoir et de la sagesse il ne niait pas l'influence de facteurs extérieurs. Il reconnaissait les effets directs des récoltes, bonnes ou mauvaises, sur la moralité de la population. Et il était conscient du rôle important du milieu ambiant dans les études. Il affirmait que toutes les choses qui nous entourent, tout ce qui constitue notre environnement, influent de façon considérable sur notre caractère, sur nos qualités morales, sur notre volonté, mais que cette influence, pour grande qu'elle soit, n'est pas déterminante. Tout en insistant sur le perfectionnement personnel, Mencius attachait beaucoup de prix à l'enseignement dispensé par un maître. Non seulement il trouvait un plaisir extrême à «transmettre les talents reçus du Ciel» et eut tout au long de sa vie de nombreux élèves, mais encore il insista maintes fois sur l'utilité d'une éducation objective et consacra de nombreux commentaires à l'enseignement et à l'éducation morale. La vertu commandait selon lui aux pères et aux fils aînés de veiller à l'éducation de leurs fils ou de leurs cadets. Lorsque ces derniers se conduisaient mal, il fallait leur montrer le droit chemin, lorsqu'ils étaient dépourvus de talents, les former. C'était là un devoir auquel un bon père ne pouvait se dérober.

Le fondement théorique de la «bonté naturelle»



Mencius appartient au courant de l'idéalisme subjectif. Le coeur humain, la nature humaine et le «Ciel» sont à ses yeux trois éléments indissociables. Sa pensée sur l'éducation découle donc de sa «doctrine de la bonté naturelle» (Xingshanlun). Durant la période des Royaumes combattants, le développement socio-économique et le jeu des antagonismes croissants entre les classes favorisèrent l'essor des courants de pensée les plus divers, et amenèrent les philosophes à s'interroger sur la nature humaine, et sur les rapports entre cette nature et le monde extérieur, pour tenter de résoudre les problèmes sociaux de leur temps. La question de la nature de l'être humain fut donc l'un des principaux thèmes du débat qui opposait les différentes écoles de pensée. Les uns étaient d'avis que l'être humain n'est par nature ni bon ni mauvais, d'autres que certains sont foncièrement mauvais ou que leur nature les dispose tout autant au bien qu'au mal; d'autres pensaient que l'être humain est naturellement mauvais, et d'autres encore qu'il est naturellement bon. Pour Mencius, l'homme est prédisposé au bien, et si certains s'écartent de la voie du bien et font le mal, c'est que des influences extérieures ont «perverti leur coeur». Cette théorie de la bonté naturelle de l'être humain s'appuie sur les sentiments, le savoir et les rites, qui sont en réalité acquis et non innés. Mencius présentait donc les valeurs de la société féodale comme des données préalables à toute expérience. Il affirmait sur cette base: «le saint est de la même espèce que moi»; comme tout un chacun, il se plaît à goûter des mets savoureux, écouter de belles mélodies, contempler de belles couleurs.

Mencius pensait que le cadre de vie du souverain légendaire Shun ne différait guère de celui du sauvage des montagnes. Si le premier était devenu un parangon de vertu, c'est parce qu'il était animé par la volonté de s'élever. Si le sauvage était tel, c'est parce qu'il vivait dans un environnement pernicieux et ne cherchait pas à s'améliorer, de sorte que sa bonté naturelle était restée atrophiée. Ceux qui, vivant dans un environnement défavorable, «ne se respectent pas et doutent d'eux-mêmes», dont «les paroles sont irrespectueuses et injustes», qui laissent leur bonté naturelle (shanduan) dépérir et s'engagent sur une voie «contraire au bien», enfreignent les bonnes moeurs, troublent l'ordre établi par les dirigeants féodaux, ceux-là «ne sont pas des êtres humains», ils ont perdu leur humanité et sont devenus des animaux. Telle était en substance la «doctrine de la bonté naturelle» de Mencius, fondement théorique de sa conception de l'éducation.


  
  
  
  
  





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