The Chikhai Bardo [LE BARDO DU MOMENT DE LA MORT ]
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Version Marguerite La Fuente




1  
[...] Instruction sur les symptômes de la Mort ou la première partie du Chikhai Bardo : la claire lumière primordiale vue au moment de la mort. Au moment de la première confrontation face à face avec la Claire Lumière, durant l'état intermédiaire des moments de la mort, certains peuvent se trouver qui ont beaucoup écouté les enseignements religieux et cependant ne les reconnaissent pas et d'autres qui les ayant reconnus sont cependant peu familiarisés avec eux. Mais pour toute classe d'individus ceux qui ont reçu l'enseignement pratique des Guides (72) seront, si ceci leur est appliqué, mis face-à-face avec la Claire Lumière fondamentale et sans aucun autre état intermédiaire, ils obtiendront le Dharma-Kāya sans naissance par la Grande Voie Ascendante (73). [...]

2  
[...] Voici le mode d'application : le mieux est d'avoir, si possible, le guru qui donnait au décédé les instructions directives. Mais, si l'on ne peut avoir ce guru, alors il faut appeler un frère de la Foi, ou à défaut, un homme instruit dans cette même foi. Si aucune de ces personnes ne peut venir, alors il faut faire appel à quelqu'un qui puisse lire distinctement le Thödol plusieurs fois. Ainsi cela rappellera au trépassé ce qu'il avait entendu dire de la confrontation et il pourra reconnaître cette Lumière Fondamentale et, sans nul doute, obtenir la Libération. [...]

3  
[...] Voici le temps du mode d'application : [...]

4  
[...] Quand l'expiration a cessé, la force vitale sera tombée dans le centre nerveux du Savoir (74) et "Le Connaisseur" (75) expérimentera la Claire Lumière de la condition naturelle (76). [...]

5  
[...] Alors la force vitale (77) étant rejetée en courant descendant au long des nerfs psychiques droit et gauche (78), l'aube de l'état intermédiaire se lèvera momentanément. [...]

6  
[...] Ces directives doivent être appliquées avant que la force vitale ne se répande dans le nerf gauche après avoir traversé le centre nerveux du nombril. [...]

7  
[...] Le temps usuellement nécessaire à ce mouvement de force vitale dure autant que la respiration existe, ou environ le temps nécessaire pour prendre un repas (79). [...]

8  
[...] Voici le mode d'application : [...]

9  
[...] Quand la respiration est sur le point de cesser, il est préférable que le Transfert ait été déjà fait, mais s'il a été inefficace, alors il faut prononcer ces paroles : [...]

10  
[...] "Ô fils noble (un tel), le temps est venu pour toi de chercher le Sentier. Ton souffle va cesser. Ton guru t'a placé face-à-face avec la Claire Lumière. Et maintenant tu vas la connaître dans sa Réalité, dans l'état du Bardo où toutes choses sont comme le ciel vide et sans nuage, et ou l'intelligence nue et sans tache est comme une vacuité transparente sans circonférence ni centre. A ce moment, connais-toi toi-même et demeure dans cet état. Moi aussi, maintenant, je t'établis dans cette confrontation." [...]

11  
[...] Ayant lu cela, il faut le répéter maintes fois à l'oreille du mourant, avant que la respiration ne cesse pour l'imprimer dans son esprit. [...]

12  
[...] Si la respiration est sur le point de cesser, il faut tourner le mourant sur le côté droit dans la position qu'on appelle la position du lion couché. Le battement des artères (à droite et à gauche du cou) doit être comprimé. [...]

13  
[...] Si le mourant a tendance à dormir, ou si le sommeil vient, il faut l'éviter et pour cela, les artères doivent être pressées doucement, mais avec fermeté (80). Ainsi la force vitale ne pourra retourner dans le nerf médian (81) et s'en ira sûrement par l'ouverture brāhmanique (82). C'est maintenant que la réelle confrontation doit être faite. [...]

14  
[...] A ce moment, la première perception dans le Bardo de la Lumière Claire de la Réalité l'esprit parfait du Dharma-Kāya est senti par tout être animé. [...]

15  
[...] Le temps de l'intervalle de la cessation de l'expiration et de l'inspiration est celui durant lequel la force vitale demeure dans le nerf médian (83). Il est dit communément qu'alors la connaissance (84) s'est évanouie. La durée de cet état est incertaine. Elle dépend de la constitution bonne ou mauvaise, des nerfs et de la force vitale. Même chez ceux qui n'ont eu qu'une très petite expérience pratique de l'état ferme et tranquille du dhyāna et chez ceux qui ont les nerfs calmes, ce moment dure un long temps (85). [...]

16  
[...] Pour établir la confrontation, la répétition des paroles adressées plus haut au mourant doit être faite jusqu'à ce qu'un liquide jaunâtre commence d'apparaître aux diverses ouvertures du corps. Chez ceux qui ont mené une vie mauvaise, ou ceux qui ont des nerfs mal équilibrés, l'état dont il a été parlé ne dure pas plus que le temps d'un claquement de doigts. [...]

17  
[...] Chez d'autres, il peut durer le temps de prendre un repas. [...]

18  
[...] Dans divers Tantras il est dit que cet état d'évanouissement dure environ trois jours et demi. Beaucoup d'autres traités religieux disent quatre jours, durant lesquels cette mise face-à-face avec la Claire Lumière doit être continuée. [...]

19  
[...] Voici le mode d'application : [...]

20  
[...] Si le mourant est capable par soi-même de reconnaître les symptômes de la mort, il a dû se servir auparavant de cette connaissance (86). S'il en est incapable, un guru, un shishya ou un frère de la Foi avec qui le mourant était très uni devrait alors rester près de lui et imprimer dans son esprit les symptômes de la mort apparaissant dans leur ordre en répétant (87) : "Maintenant vient le moment où la terre sombre dans l'eau" (88). [...]

21  
[...] Quand tous les symptômes de la mort sont sur le point d'être terminés, alors dites cette injonction à voix basse à l'oreille du mourant : [...]

22  
[...] "Ô fils noble (ou si c'est un prêtre : Ô Vénérable Seigneur), ne laisse pas ton esprit se distraire". [...]

23  
[...] Si c'est un frère de la Foi ou quelque autre personne, appelez-le par son nom et dites : [...]

24  
[...] "Ô fils noble, ce que l'on appelle la mort étant venu pour toi, maintenant prends cette cette résolution : ceci est l'heure de ma mort. En prenant avantage de cette mort, j'agirai pour le bien de tous les êtres conscients qui peuplent les immensités illimitées des cieux afin d'obtenir l'état parfait de Bouddha par l'amour et la compassion que j'enverrai vers eux en dirigeant mon effort concentré vers la seule Perfection". [...]

25  
[...] Dites encore : [...]

26  
[...] "Dirigeant ainsi tes pensées – particulièrement au moment où le Dharma-Kāya de la Claire Lumière, dans l'état d'après la mort peut être réalisé pour le bien de tous êtres conscients – sache reconnaître que tu es dans cet état et prends la résolution d'obtenir le plus grand bien de cet État du Grand Symbole (89) dans lequel tu es, en pensant : "Même si je ne puis le réaliser, je reconnaîtrai ce Bardo et me rendant maître du Grand Corps d'Union en Bardo, j'apparaîtrai en quelque (forme) que ce soit pour le bénéfice de tout être existant (90). Je servirai les êtres sensibles infinis dans leur nombre comme les limites du ciel". Te tenant lié à cette résolution, tu devras essayer de te rappeler celles des pratiques de dévotion dont tu avais l'habitude pendant ta vie" (91). [...]

27  
[...] Le lecteur dira cela avec ses lèvres, près de l'oreille du mourant et le répétera distinctement pour l'imprimer nettement en lui, empêchant son esprit d'errer même un moment. Quand l'expiration a cessé complètement, presser fermement le nerf du sommeil et si c'est un Lāma, une personne plus élevée ou mieux instruite que vous, il faut dire avec force ces mots : "Révérend Seigneur, tu entres maintenant dans la Claire Lumière Fondamentale. Tâche de demeurer dans l'état que tu expérimentes en ce moment." [...]

28  
[...] Pour d'autres personnes, le lecteur fera la confrontation ainsi : [...]

29  
[...] "Ô fils noble (un tel) écoute. Maintenant tu subis la radiation de la Claire Lumière de Pure Réalité. Reconnais-la. Ô fils noble, ta présente connaissance (92) en réalité vide, sans caractéristique et sans couleur, vide en nature, est la Vraie Réalité, l'Universelle Bonté (93). [...]

30  
[...] "Ton intelligence, qui de sa propre nature, est le vide, qui ne doit pas être regardé comme le vide du néant mais comme l'intelligence ellemême non entravée, brillante, universelle et heureuse, c'est la conscience (94) même : le Bouddha universellement bon (95). [...]

31  
[...] "Ta propre conscience non formée en quoi que ce soit, en vérité vide et l'intelligence brillante et joyeuse sont inséparables toutes deux. Leur union est le Dharma-Kāya : l'état de parfaite illumination (96). [...]

32  
[...] "Ta propre conscience, brillante, vide et inséparable du Grand Corps de Splendeur, n'a ni naissance ni mort et est l'immuable Lumière Amitābha Bouddha (97). [...]

33  
[...] "Cette Connaissance suffit. Reconnaître le vide de ta propre intelligence comme l'état de Bouddha et le considérer comme ta propre conscience, c'est te garder datas l'esprit divin (98) de Bouddha" (99). [...]

34  
[...] Répéter ceci distinctement et clairement, trois ou même sept fois. Ceci rappellera à l'esprit du mourant l'enseignement de la confrontation donné durant sa vie par son guru. En second lieu, cela fera reconnaître la conscience dépouillée comme étant la Claire Lumière. Et troisièmement, reconnaissant sa propre essence, le mourant s'unit de façon permanente au Dharma-Kāya et la Libération sera certaine (100). [...]

35  
[...] Notes [...]

(72) Voir note 60).
(73) Texte : Yar-gyi-zang-thal-chen-po : "Le grand chemin droit vers en haut". Une des doctrines particulières au Bouddhisme du Nord est que l'émancipation spirituelle et même l'état de Bouddha peuvent être atteints instantanément sans entrer dans le plan du Bardo et souffrir les longs âges d'évolution normale au travers des existences sangsāriques. Cette doctrine soutient tout le Bardo Thödol. La foi est le premier pas dans la Voie Secrète, puis l'illumination, la certitude, et, le but atteint, l'émancipation. Mais ici encore le succès implique un entraînement en yoga aussi bien que beaucoup de mérites et de bon karma accumulés. Si le disciple peut saisir la Vérité dès que son guru la lui révèle, s'il a le pouvoir de mourir consciemment, de reconnaitre la Claire Lumière qui l'illumine et de s'unir à elle, alors, les liens sangsāriques d'illusions sont rompus et le rêveur s'éveille à la réalité en un puissant achèvement au moment même de cette reconnaissance.
(74) Ici, comme ailleurs dans le texte : "centre nerveux" se rapporte au centre nerveux psychique. Le centre nerveux psychique de la Sagesse est dans le coeur.
(75) Texte : Shespa (pron. : Shepa). L'esprit dans sa fonction de connaisseur.
(76) Texte : Sprosbral (pron. : Todal) : Vide d'activité de formation. L'esprit dans son étal naturel primitif. L'esprit en état non naturel est celui qui est incarné dans un corps humain, à cause de la force dérivante des cinq sens qui le mettent constamment en fomentation de pensée. Son état naturel, ou état désincarné, est une quiétude comparable à la condition obtenue dans le plus haut Dhyāna (méditation profonde) lorsqu'il est pourtant encore uni au corps humain. La consciente renaissance de la Claire Lumière comporte une condition extatique de conscience que les saints et mystiques de l'Ouest ont appelé illumination.
(77) Texte : Rlung (pron. : lung). Air vital, force vitale ou force psychique.
(78) Texte : Rtsa-gyas-gyon (pron. : tsa-yay-yön). Nerfs psychiques, droit et gauche. sans. : Pingālanādi, nerf psychique droit ; idā nadi. nerf psychique gauche.
(79) Le temps d'un repas, expression primitive que l'on trouve comme mesure de temps approximative dans les livres anciens tibétains. C'est une période qui correspond à une durée de 20 à 30 minutes.
(80) Le mourant doit rester éveillé et pleinement conscient de l'avance de la mort. C'est la raison de la pression des artères.
(81) Texte sans. : Dhutih (pron. : duti). Nerf médian, littéralement "trijonction". V. S. Apte, dans le Dictionnaire sanscrit-anglais, donne comme signification à dhuti "agiter", ou "remuer" ce qui, appliqué à notre texte, peut indiquer la motion vibratoire des forces psychiques traversant le nerf médian (Lama K. D. S.). Duti peut aussi signifier "rejeter" ou sortie de la conscience dans la mort. Sj. Atal Bihari Gosh.
(82) Si elle est consciente et n'est pas distraite, la personne mourante réalisera par la force obtenue de la lecture du Thödol l'importance de retenir la force vitale dans le nerf médian jusqu'à ce qu'elle parte par l'ouverture Brāhmanique.
(83) Après la dernière expiration on croit que la force vitale demeure dans le nerf médian jusqu'au dernier battement du coeur.
(84) Texte : Rnam-shes (pron. : nam-she), sans. : vijñāna ou de préférence : chaitanya. Principe conscient ou principe de connaissance objective.
(85) Cet état peut durer parfois sept jours mais plus couramment quatre ou cinq jours. Le principe conscient, sauf dans certaines conditions de transes comme en Yoga, ne réside pas forcément dans le corps tout le temps. Normalement, il quitte le corps au moment appelé mort, ne gardant avec lui qu'une subtile relation magnétique durant le temps indiqué par le texte. Seuls les adeptes en Yoga peuvent éviter l'état d'évanouissement indiqué. Le processus de la mort est l'inverse du processus de la naissance. La naissance est l'incarnation, la mort est la désincarnation du principe conscient. Et de même qu'un enfant doit expérimenter le monde, une personne, en mourant, s'éveille au monde du Bardo et doit l'expérimenter. Le corps du Bardo formé de nature invisible et éthérée est une sorte de duplicata du corps humain dont la mort le sépare. Dans le corps du Bardo demeurent le principe conscient et les centres psychiques, contre-partie du système nerveux physique humain.
(86) Le sens de cette phrase est que la personne mourante doit non seulement reconnaître les symptômes de la mort quand ils viennent, mais aussi être capable de reconnaître la Claire Lumière sans être mise face à face avec elle par une autre personne.
(87) Voir Ars Moriendi, XVème siècle, éd. Comper, p. (93). "Quand une personne doit mourir, il est nécessaire d'avoir près d'elle un ami cher pour l'aider et prier pour le bien de son âme."
(88) Les trois principaux symptômes de la mort, dont le texte n'indique que le premier, tenant pour certain que le lecteur officiant connaît les autres et les nommera quand ils se produiront avec leurs dénominations symboliques, sont : (1° : une sensation physique de pression, "la terre sombrant dans l'eau" ; (2° : une sensation physique de froid comme si le corps était plongé dans l'eau, qui se change graduellement en une chaleur fiévreuse, "l'eau sombrant dans le feu" ; (3° : la sensation d'explosion des atomes du corps, "le feu sombrant dans l'air". Chaque symptôme est accompagné par un changement extérieur et visible du corps : la perte du contrôle des muscles faciaux, la perte de l'ouïe, la perte de la vue, la respiration devenant spasmodique avant la perte de conscience. C'est pourquoi les Lāmas entraînés à la science de la mort reconnaissent un par un les phénomènes psychiques interdépendants qui se terminent par la délivrance dans le Bardo du corps dépouillé de son enveloppe du plan humain. Le traducteur considérait que la science de la mort exposée dans ce traité avait été établie par l'expérience des Lāmas instruits qui en mourant expliquaient à leurs élèves ces symptômes en les analysant en détail.
(89) Dans cet état, la réalisation de l'Ultime Vérité est possible si le mourant était assez avancé sur le Sentier durant sa vie. Sans quoi il ne peut en bénéficier dès maintenant et doit errer dans les régions de plus en plus basses du Bardo suivant son karma et jusqu'à sa renaissance.
(90) Le texte tibétain est ici particulièrement concis. Littéralement : "apparaîtra en quoi que ce soit qui soumettra quiconque" (pour des fins bénéfiques). Soumettre en ce sens un être sensible du plan humain implique invoquer une forme qui impressionne religieusement cet être. Ainsi un Shivaïte fera appel à la forme de Shiva, un Bouddhiste à celle de Sakya Muni, un Chrétien à celle de Jésus un Musulman à celle de son Prophète et ainsi pour chaque religion, et pour toutes les conditions d'êtres une forme appropriée suivant les occasions apparaîtra : pour les enfants la forme de parents ou vice versa, pour les shishyas, les gurus, pour les sujets, les rois, pour les rois, les ministres.
(91) Voir Book of the Craft of Dying, éd. Comper, p. (35). "Si celui qui meurt a un temps de lucidité suffisante ceux qui l'entourent peuvent lire de saints livres ou les prières qui le réjouissaient pendant sa vie".
(92) Texte : Shes-rig (pron. : She-rig) : l'intellect, le savoir ou la faculté de connaissance.
(93) Texte : Chös-nyid Kün-tu-bzang-po (pron. : Chönyid Kuntu-sang-po), sans. : Dharma-Dhātu Samanta-Bhadra. La forme du Dharma-Kāya premier état de Bouddha. Suivant les manuscrits, "le Père universellement bon" (Kuntu-Zang-Po) ou "la Mère universellement bonne" (Kuntu-Zang-Mo). Selon l'école du grand perfectionnement, le Père est ce qui apparaît, le phénomène ; la Mère est ce qui est conscient du phénomène. Le Père est le bonheur, la radiation ; la Mère, le vide qui perçoit ce bonheur, cette radiation. Le Père est l'Intelligence ; la Mère le Vide. La répétition du mot "vide" veut souligner l'importance qu'il y a à comprendre que l'intellect est de la nature du vide, du non-né, du non-créé, du non-formé primordial.
(94) Rig-Pa, la conscience distincte de la faculté de savoir par laquelle elle se connaît elle-même. Ordinairement rig-pa et shes-rig sont synonymes, mais dans un traité de philosophie aussi abstrait que celui-ci, rig-pa se rapporte à la conscience dans son aspect le plus pur et supra-terrestre et shesrig à la conscience dans son aspect moins purement spirituel lorsqu'existe la connaissance du phénomène. Dans cette partie du Bardo où l'analyse psychologique des états de conscience est particulièrement abstraite, le mot rig-pa est rendu par conscience, et shes-rig par intelligence.
(95) Texte : Kun-tu-bzang-po (sans. : Samanta. Tout universel ou complet. Bhadra, le Bon, le Bienfaisant). Dans cet état l'expérience et la chose expérimentée sont inséparablement unies, comme l'or et la couleur jaune de l'or ; le sel et la saveur salée. Pour l'intelligence humaine normale, cet état transcendantal est au delà de la compréhension.
(96) Des deux états d'esprit ou concience : rig-pa et shes-rig symbolisés par le Père et la Mère universellement bons, est né l'état de Dharma-Kāya (corps de vérité), l'état du Bouddha parfaitement illuminé. Le Dharma-Kāya symbolise la plus haute et pure spiritualité un état de super-conscience dénué de toutes limitalion mentale ou obscurcissement résultant du contact de la conscience primordiale avec la matière.
(97) De même que le stage du Bouddha Samanta-Bhadra est celui de l'universelle bonté, le stage du Bouddha Amitābha est celui de la Lumière sans entrave et le texte implique, qu'en dernière analyse ils sont tous deux le même état vu de deux points différents. Le 1er exalte l'esprit de toute bonté, le 2ème le pouvoir d'illumination de la Bodhi représenté par Bouddha Amitābha, personnification de la faculté du savoir, source de vie et lumière.
(98) Texte : dgongs-pa (pron. : gong-pa) : Pensées ou esprit sous la forme honorifique "esprit divin".
(99) Réalisation du non-sangsārique, qui est vide, non-devenu, non-né, non-fait, non-formé, la parfaite illumination, l'état d'esprit divin du Boudda. Voir : The Diamond Sutra, with its Chinese Commentary, trad. W. Gemmel, Londres, (1912), p.17 et 18. "Toute forme ou qualité des phénomènes est impermanente et illusoire. Quand l'esprit perçoit que les phénomènes de la vie sont irréels le Seigneur Bouddha peut être clairement perçu." Le Bouddha spirituel doit être réalisé dans l'esprit même.
(100) Si par suite d'un entraînement spirituel le mourant a acquis la possibilité de l'état de Bouddha, à ce moment la roue des renaissances s'arrête et la libération est achevée. Mais une telle perfection est rare, et, en conditions normales, l'esprit du mourant ne peut demeurer dans cet état où luit la Claire Lumière. Il descend donc dans le Bardo de plus en plus bas jusqu'à sa prochaine renaissance. Ainsi qu'une aiguille en équilibre sur un fil (image employée par les Lamas), il reste un moment en équilibre parfait dans la Claire Lumière. Mais cet état extatique de non ego et de sublime conscience est trop peu familier au principe conscient humain qui ne peut y demeurer, et comme l'aiguille tombe du fil, les tendances karmiques, les pensées personnelles, l'individualisme, la force du "moi" empêchent la réalisation du Nirvāna, qui est l'extinction de la flamme des désirs égoïstes et alors la Roue de la Vie continue de tourner.



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