Patrimoine  Mondial  de la pensée

Sagesses & enseignements
de la religion musulmane

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I l n'y a plus entre moi et Dieu d'explication,
ni preuve, ni signes pour me convaincre.
Voici que s'irradie l'apparition de Dieu, flamboyante,
Qui resplendit en son scintillement souverain. […]
Telle est mon existence (2), et mon évidence, et ma conviction,
telle est l'unification (divine) de ma proclamation de son Unité et de ma foi !


Islam / Soufisme Citation
Kitab al - ta' arruf, cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", la connaissance de Dieu, p 129 et suivantes 

(1) cf. Saint Augustin " Personne ne connaît, s'il ne se fait connaître. " (2) " wadj " qui a aussi un sens d' " extase " (3) ma' rifa : les connaissances intuitives et savoureuses concernant Dieu

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L 'intensité de la Manifestation divine varie d'une personne à une autre, sans qu'on puisse à cet égard établir aucune règle, ses modes n'étant pas constants... Dieu se révèle à chacun selon sa capacité de recevoir les manifestations de Sa Très Sainte Beauté.


Islam / Soufisme Citation
Al-Minah al-Quddûsiyah, dans Un Saint soufi du XXe siècle: le Cheikh Ahmad Al-Alawi, traduit par M. Lings, Le Seuil, 1990, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 25-27 

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U n grand soufi a dit [Hallaj] :
Ne le connaît que celui auquel il s'est fait connaître, et ne proclame son unité que celui auquel il l'a découverte ; et ne croit en lui que celui auquel il a donné de croire, et ne le décrit que celui en l'intime duquel il s'est révélé ; et n'est sincère avec lui que celui qu'il attire, et n'est en droit rapport avec lui, que celui qu'il s'est pour lui même choisi.


Islam / Soufisme Citation
Kitab al - ta' arruf, cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", la connaissance de Dieu, p 129 et suivantes ; cf. aussi (Coran 20, 41) : " Et je t'ai assigné à Moi-Même ". 

L'expression " celui auquel il s'est fait connaître " veut dire que c'est Dieu qui s'est fait connaître ainsi. Et " celui auquel il l'a découverte " veut dire que Dieu a montré son unité. En l'âme donnée à lui, c'est Dieu qui est auteur du vrai culte qu'elle lui rend. Ces quelques phrases de Hallaj nous font saisir sur le vif une authentique expérience intérieure, mais qu'il ne faudrait pas durcir par une interprétation conceptuelle trop poussée. Ainsi " la proclamation de l'unité de Dieu, le tawhid, est, par excellence, la profession de foi de l'islam. Or les soufis enseignent volontiers que Dieu seul peut proclamer " validement " son Unité, parce que lui seul est vraiment Un. La créature humaine n'a d'unité que celle que Dieu lui donne. Dès lors, sa profession de foi ne pourra pas ne pas être imparfaite, souillée, involontairement du péché de shikr, l'" association " de la créature au Créateur. Dans le cœur du soufi uni à Dieu, c'est Dieu qui proclame sa propre Unité. A ce prix seul, la profession de foi est réellement valide.

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T u n'auras pas plus besoin de négation que d'affirmation, car Celui dont l'etre est nécessaire est déjà affirmé avant que tu l'affirmes, et ce dont l'être est impossible est déjà néant avant que tu ne le nies.


Islam / Soufisme Citation
Al-Minah al-Quddûsiyah, dans Un Saint soufi du XXe siècle: le Cheikh Ahmad Al-Alawi, traduit par M. Lings, Le Seuil, 1990, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 25-27 

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T andis que l'ascète se plaît à renoncer au monde, et que celui qui se confie à Dieu repose entièrement sur son Seigneur, et tandis que le désirant recherche les chants spirituels et l'enthousiasme annihilant, et que l'adorateur est tout à sa dévotion et à son effort, enfin tandis que le sage connaisseur exerce sa force d'esprit et se concentre sur le but,- ceux qui sont investis de l'Autorité et possèdent la Science restent cachés dans l'invisible et ne les connaît ni "connaisseur", ni "désirant", ni "adorateur", comme ne les perçoit ni "confié à Dieu", ni "ascète"! L'ascète renonce au monde pour en obtenir le prix, le confiant se remet à son Seigneur pour atteindre son dessein, le désirant recherche l'enthousiasme pour abolir le chagrin, l'adorateur fait du zèle dans l'espoir d'accéder à la "proximité", le connaisseur sage vise par sa force d'esprit l'"arrivée", mais la Vérité ne se dévoile qu'à celui qui efface sa propre trace et perd jusqu'à son nom!


Islam / Soufisme Citation
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 

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C ela étant, ce qui s'impose à nous, c'est de nous attacher fermement à la voie de la foi, d'accomplir les oeuvres prescrites et de suivre l'exemple de celui qui nous a apporté la Loi. Ce qu il a dit, nous le disons aussi, pour nous conformer à son exemple et comme simple interprète de sa parole- car c'est lui qui le dit, et non nous. Et ce qu'il a tu, nous le taisons- tout en appliquant la législation sacrée et les peines légales, et en attendant la mort.


Islam / Soufisme Citation
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 359, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988. 

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U n jour, cette pensée me vint à l'esprit: "Si seulement Allah m'avait dévoilé le monde de l'imagination absolue!" Cette pensée persista pendant deux jours et provoqua en moi un état de resserrement. Tandis que j'invoquais Allah, Il me ravit à moi-même et projeta sur moi Sa parole: "Un Envoyé est venu à vous de vous-même" (ou: "de vos propres âmes", Cor. 9: 139) et je compris que Dieu avait pitié de ce qui m'arrivait. Dans cet état de resserrement, je lui adressai, au cours d'une des prières rituelles, la demande suivante: "Ô mon Dieu, fais-moi réaliser ce qu'ont réalisé les Gens de la Proximité, et conduis-moi par la voie des Gens du ravissement extatique." J'entendis alors en moi-même: "J'ai déjà fait cela!" Je m'éveillai alors de mon inconscience et je sus que ce que je demandais, ou bien le moment de l'obtenir n'était pas encore arrivé, ou bien la Sagesse divine avait décrété que je ne l'obtiendrais pas, et que j'étais donc dans l'erreur en le demandant. J'étais semblable à celui que le roi convoque à sa cour et invite à s'asseoir auprès de lui pour lui tenir compagnie et converser avec lui et qui, malgré cela, souhaite voir les portiers du roi, ses garçons d'écurie et ses serviteurs, ou s'amuser sur les marchés. Je me retournai donc vers Allah et lui demandai de me faire réaliser, en fait de connaissance de Lui et de servitude, cela même en vue de quoi Il m'avait créé.


Islam / Soufisme Citation
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 18, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988. 

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L a lumière est la cause (sabab) de la manifestation des créatures- parmi lesquelles la terre et les cieux- ainsi qu'il en va dans le monde physique, où l'obscurité de la nuit rend les choses comme inexistantes par rapport aux observateurs jusqu'au moment où l'apparition de la lumière entraîne celle des choses et les distingue les unes des autres; et cela au point qu'un des philosophes a dit que les couleurs étaient inexistantes dans l'obscurité et que la clarté était une condition sine qua non de leur existence. […]

La Lumière absolue ne peut pas davantage être perçue que l'Obscurité absolue. La lumière a donc brillé sur l'obscurité, de telle sorte que cette dernière soit perçue par la lumière, et celle-ci par elle. Tel est le sens de cette parole des maîtres: Dieu Se manifeste par les créatures, et les créatures se manifestent par Lui. Le Shaykh al-akbar a dit à ce propos: "N'eût été Lui, n'eût été nous Ce qui est ne serait pas."


Islam / Soufisme Citation
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 103, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988 

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L a douleur psychique (nafsani) et naturelle que les âmes ressentent lorsqu'elles sont ainsi contraintes ne peut être repoussée que si un état spirituel puissant et dominateur s'empare d'elle et leur fait oublier ce qui cause leurs souffrances et ce qui leur aurait donné du plaisir. C'est parce que l'homme ne peut, de lui-même, échapper à cette douleur que les plus grands saints ont pleuré, gémi, soupiré, demandé secours et prié que ces souffrances leur soient épargnées.

Il n'en va pas de même pour la souffrance spirituelle, que l'homme est capable de repousser. Aussi voit-on les saints se réjouir intérieurement, heureux, satisfaits, sûrs que ce qu'Allah a choisi pour eux est ce qu'il y a de meilleur, tranquilles devant la souffrance [spirituelle] qui les atteint. Aucune chose n'est déplaisante et mauvaise par essence, mais seulement par rapport aux "réceptacles" et aux prédispositions des corps physiques.

Si l'on considère à présent les êtres sous le rapport de leurs réalités métaphysiques, tout ce qui leur advient leur convient. Plus encore: rien ne leur advient qui ne soit exigé par leur nature essentielle."


Islam / Soufisme Citation
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 220, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988. 

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L es choses se trouvent cachées dans leurs opposés,
et, sans l'existence des opposés,
Celui qui oppose ne serait pas manifesté.


Islam / Soufisme Citation
Al-Minah al-Quddûsiyah, dans Un Saint soufi du XXe siècle: le Cheikh Ahmad Al-Alawi, traduit par M. Lings, Le Seuil, 1990, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 25-27 

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L 'homme supérieur est celui qui se fuit soi-même pour obtenir la compagnie de son Seigneur.


Islam / Soufisme Citation
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 

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L a solitude procure la "connaissance du Monde".


Islam / Soufisme Citation
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 

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C elui qui s'attache à la solitude découvre le "secret" de l'Unicité divine.


Islam / Soufisme Citation
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 

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C elui dont la langue se tait, même si son cœur ne se tait pas, allège son fardeau; celui dont la langue et le cœur se taisent tous les deux, purifie son "centre secret" (sirr) et son Seigneur s'y révèle; celui dont le cœur se tait, mais dont la bouche parle, prononce les paroles de la Sagesse; mais celui dont ni la langue ni le cœur ne se taisent est objet de Satan et soumis à sa domination. [...]


Islam / Soufisme Citation
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 

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L e silence de la langue est un des traits ordinaires de tous les hommes spirituels et de tous les maîtres de la voie.


Islam / Soufisme Citation
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 

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L e silence produit la "connaissance d'Allah".


Islam / Soufisme Citation
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 

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L a veille confère la connaissance de l'âme.


Islam / Soufisme Citation
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 

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L orsque l'homme s'éloigne des créatures ainsi que de sa propre âme, et fait taire en lui la conscience du moi pour laisser place seulement à la connaissance du Seigneur, aussi lorsqu'il se détache de la nourriture corporelle et se maintient en état de veille pendant que les autres sont plongés dans le sommeil, lorsqu'il réunit donc en lui ces quatre résultats, sa nature humaine est transmuée en nature angélique, sa servitude est changée en seigneurie, son intelligence est convertie en faculté intuitive , sa réalité invisible devient manifeste !


Islam / Soufisme Citation
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 

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N ous avions autrefois à Marchena, en pays andalous, un compagnon d'entre les saints hommes dont l'occupation était d'enseigner le Coran. C'était un excellent juriste, sachant par cœur le Coran et les hadîth, homme de piété et de mérite, toujours au service des fuqarâ': son nom est Abdu-l-Majîd ben Selmah. Il m'a raconté - puisse Allah lui être propice - une chose qui lui est arrivée: "Une nuit, disait-il, pendant que j'étais dans la chambre où je fais d'habitude mes prières, je venais de terminer mon oraison (hizb) et j'avais placé ma tête entre mes genoux pour vaquer à l'invocation (dhikr) d'Allah; alors je constate qu'une personne survient, qui retire l'étoffe sur laquelle je priais et la remplace par une natte grossière. Ensuite cet être me dit: "Fais tes prières sur cette natte"! Or j'avais verrouillé la porte de ma chambre alors que j'étais tout seul. La frayeur s'empara de moi. L'homme me dit: "Celui qui vit dans l'intimité d'Allah ne s'effraye pas"! Et il ajoute: "Mais crains Allah en tout état"! Alors j'eus une inspiration et je lui demandai: "O, Sîdî, par quels moyens les Abdal arrivent-ils à être Abdal"? Il me répondit: "Par les quatre qu'a mentionnés Abû Tâlib (al-Makkî) dans la "Nourriture (des Cœurs)": le silence, la solitude, la faim et la veille". Alors il disparut sans que je sache comment il avait pu entrer ni sortir, car la porte était restée toujours fermée. Cependant la natte qu'il m'avait donnée était sous moi". Cet homme était d'entre les Abdal; son nom est Mu'âdh Ibn Ashras - qu'Allah soit satisfait de lui! Les quatre choses qu'il a mentionnées sont les piliers et les supports de cette noble voie.


Islam / Soufisme Citation
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 

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L es feux du Dhikr ne s'éteignent pas, et ses lumières ne s'enfuient pas […] Tu vois toujours des lumières montantes et d'autres descendantes ; les feux autour de toi sont clairs, très chauds, et ils flambent.


Islam / Soufisme Citation
Miftah al falah, p 6, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Dhikr de l'intime, p226 et suivantes 

Pour les soufis, la lumière effusante qui accompagne le " Dhikr de l'intime ", et qui ne s'éteint plus, est bien une lumière divine. Le mécanisme du Dhikr, orienté par l'intention du cœur, a libéré la part divine de l'esprit humain, continuellement émanée de Dieu, par Son Commandement, dans le cœur de l'homme. Nous serions assez proche ici de la " trace de l'UN " plotinienne, si bien que l'apparition de la lumière, obligée par le soufi qui a atteint le Dhikr de l'intime, devient comme le signe d'une mise en communication directe avec les mondes supra-terrestres. En elle est ciselée la figure de la Malakut (" Royaume ") et s'irradie en elle la sainteté de la Lahut (monde des essences divines).

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I l est en son pouvoir de parvenir à cette limite, et de faire durer cet état en repoussant les tentations, par contre, il n'est pas en son pouvoir d'attirer à lui la Miséricorde de Dieu Très Haut.


Islam / Soufisme Citation
Ihya' 'ulim al-din, III, p16-17, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", l'expérience du Dhikr 

Les ultimes effets de la technique du fait de la passivité du sujet peuvent se présenter psychologiquement comme un don reçu. Les auteurs musulmans conceptualiseront aussitôt cet état comme la venue de la lumière divine. Mais nous savons bien que les maîtres du Yoga présentent, eux aussi, le stade ultime du samadhi comme une irruption soudaine, que l'âme reçoit (de même la grâce du Bouddha dans le Nembutsu). Faut il y voir un témoignage expérimental d'une grâce gratuitement donnée ? Ce serait je crois, extrapoler. Ce qui caractérise la grâce divine c'est qu'elle n'est aucunement à la portée de l'homme. L'homme peut s'y préparer, mais inefficacement. La tentation de la technique, est de faire croire au contraire qu'elle prépare efficacement à un don, qui ne peut ne pas être donné, quant l'expérience se poursuit assez loin, quand elle " réussit". Le sentiment psychologique d'un don est normal, dès lors que l'homme s'avance de ses propres forces, bien qu'à contre pente de sa nature, dans une voie de la spiritualité naturelle, et donc, en fait, vers les profondeurs de son propre " Soi " (mais non vers les profondeurs d'un Autre, transcendant). Pour un croyant monothéiste, on comprend, qu'une telle expérience en vienne à être conceptualisé en fonction même des propositions de sa foi. Cette irruption soudaine de l'expérience ineffable du " Soi " pourra être dite Allah en climat musulman, et " déification participée " en climat chrétien. " Ce qui constitue le cœur même de la prière, c'est ce que l'on nomme la prière de Jésus […] le nom de Jésus, présent dans le cœur humain, lui communique la force de déification que le Rédempteur nous a accordée … " (S. Boulgakov, Orthodoxie, cité par " un moine de l'Eglise d'Orient ", la prière de Jésus, p86-87) […] Dans le " Dhikr de l'intime ", la dualité d'être semble s'abolir. Non par fusion, il est vrai, comme en climat indien, car la conceptualisation de la transcendance divine demeure, mais dans une ligne ressentie comme une " disparition " du sujet en son être même. […] L'état alors atteint est désigné par le terme fana', " annihilation, " abolition ", c'est à dire : " L'homme disparaît de lui-même, il ne sait rien des apparences extérieures de ses membres, ni du monde extérieur, ni de ce qui se passe en lui, il disparaît de tout cela, et tout cela disparaît de lui, fuyant vers Dieu d'abord, en Dieu ensuite " (Ibn Ata Allah)

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P uis il en vient au point d'effacer la trace du mot sur la langue, et il trouve son cœur continuellement appliqué au Dhikr (la pratique soufi).
Il persévère assidûment jusqu'à ce qu'il en arrive à effacer de son cœur l'image de la locution, des lettres et de la forme du mot, et que les sens du mot demeure seul en son cœur, présent en lui, comme joint à lui, et ne le quittant pas.


Islam / Soufisme Citation
Ihya' 'ulim al-din, III, p16-17, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", l'expérience du Dhikr 

En outre, c'est au stade du Dhikr du cœur qu'il conviendrait de référer principalement mais non exclusivement, à l'apparition de phénomènes visuels : phénomènes lumineux, colorés et à ce stade là, intermittents. En climat chrétien à partir du XIVème siècle, et dans les églises séparées, ces expériences de luminosité se trouveront comme prise en charge par la théorie des " énergies divines incréées " (considérées comme réellement distinctes de l'essence divine), et de la lumière incréée du " Thabor ". Nous avons affaire ici à un effort spéculatif à base de réflexion théologique qui entend elle-même fonder sa garantie sur des textes venus des Pères. Depuis la systématisation de Grégoire le Thessalonique, ces phénomènes lumineux, quant ils deviennent objectifs et visibles par un observateur préparé, sont pris volontiers comme la manifestation de l'état de grâce, entendons ici, essentiellement, l'état adamique recouvré. Le corps du Saint participe alors de la lumière incréée que revêtait le corps du Christ et se manifesta au Thabor. (corps astral) (Cf. Vladimir Lossky, Essai sur la théologie mystique de l'église d'orient). Dans la pensée des auteurs musulmans, ces apparitions lumineuses ne seront plus considérées comme la manifestation d'un état de grâce, don gratuit de Dieu, mais très souvent comme l'irradiation de la nature la plus intime de l'esprit, du ruh, qui vient en l'homme, du Commandement incréé du Seigneur. (cf. p30) Par exemple : l'âme ou l'esprit sera considéré comme entouré par sept enveloppes lumineuses, successivement visibles à l'œil intérieur du disciple qui pratique le Dhikr (cf. Ala - al Dawla Simnani, mort en 1336). Les enveloppes sont : qualibiyya (corporelle : couleur fumée grise), nafriyya (âme charnelle : bleue), qualbiyya (cœur : carminée), sirriyya (conscience [intime] : blanche), ruhiyya (esprit : jaune), khafiyya (mystère : noire), haqqiyya (réel : verte). […] (l'homme) L'apparition des phénomènes lumineux est mise ainsi en relation avec une saisie progressive du Soi, comme directement émané de la source créatrice. Nous avons donc cette dualité : une transcendance divine totale, maintenue au moins dans la formulation générale de la foi ; [et] une communication avec cette transcendance garantie par une technique. […] Et ainsi, la diversité même de ces conceptualisations nous incite, à distinguer nettement : 1) les visions lumineuses elles-mêmes, qui semblent liée à l'expérience. 2) l'explication qui en est proposée, variables selon les climats religieux, et selon les diverses écoles en chaque climat. [De même, on peut se demander] si l'apparition des lumières est : 1) due à la pratique exclusivement (auteurs musulmans en général) 2) ou biens aidée par la pratique mais non produit par elle, tel un don de Dieu (auteurs chrétiens en général et Ghazzali)

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A près s'être assis dans la solitude, il [le soufi] ne cesse de dire de bouche Dieu [Allah], continuellement, et avec la présence du cœur.
Cela, jusqu'à ce qu'il parvienne à un état où il abandonne le mouvement de la langue, et voie le mot comme coulant sur celle ci.


Islam / Soufisme Citation
Ihya' 'ulim al-din, III, p16-17, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", l'expérience du Dhikr 

En lui réponds, comme un écho, l'enseignement d'autres mystiques. En Extrême Orient, nous avons le japa yoga, brahamiste ou bouddhiste dont l'épanouissement semble avoir été la pratique shomyo du bouddhisme japonais, et l'inlassable répétition du Nembutsu (" pensée au Bouddha "), tout spécialement pratiquée et prêchée par le saint à l'attachante figure que fut Honen Shonin (1133 - 1212). Si nous passons en climat monothéiste, nous trouvons dans la première période de la mystique Juive (antérieur à l'Islam), la trace d'une expérience décrivant la " descente dans la Merkabah* ", et " aidée sinon provoquée, par une méthode corporelle de concentration et de répétition de formules, dont la vertu ne réside pas tant dans le sens que dans la monotonie et le pouvoir de fixation ". (G. Vajda, T.P. Revue des Etudes Juives, TCVH (bibliographie), p12) (* la Merkabah est le char de la vision du prophète Ezéchiel, cf. aussi Gershan G. Scholem, Major Trends in Jewish Mysticism, chap. II, pages 40 et suivantes) En Proche Orient Chrétien, déjà vers les Ve - VIIe siècles, dans la continuité des Pères du Désert, puis surtout dans les églises séparées grecques et russes, nous avons la " prière de Jésus " et la pratique dite de l'hésychasme.[…] Ces quelques rappels nous soulignent l'étonnante corrélation des méthodes du Nembutsu, de la " descente dans la Merkabah ", du Dhikr, de la " prière de Jésus ", et leurs phénomènes concomitants. Commentaires de GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", l'expérience du Dhikr, p190 à 193) Ici cependant, il nous faut bien faire intervenir une distinction que n'apportent pas les auteurs musulmans. Ce qui est le " fruit " direct de technique du Dhikr, c'est la main mise monoïdéique de Mentionné sur le mentionnant. Et si cette mainmise prend figure de transcendance quasi expérimentée, c'est que, par ailleurs, la foi musulmane informe et conceptualise l'expérience. Sur ce point, l'expérience par elle-même serait muette : ainsi en témoigne le Japa Yoga et le Nembutsu, qui, eux, n'aboutissent point, au contraire, à une saisie de la pure transcendance divine. C'est qu'ils sont informés par le " Toi, tu est Cela " indien, ou par l'entrée dans la " Terre pure " bouddhiste, de même que le Dhikr est informé par le Dieu unique de l'Islam.

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C 'est Dieu qui interrompt par son irradiation, les élus du paradis dans leur jouissance du paradis. Il les ravit hors d'elle par son irradiation, pour que ce plaisir créé ne dure pas, et que l'ennui ne les prenne pas ; c'est leur retour à eux mêmes, succédant à l'irradiation de Dieu pour eux, qui répand sur eux la jouissance, car en Dieu on ne peut prendre jouissance.


Islam / Soufisme Citation
cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", chap. " l'amour de Dieu " 

Pour la foi musulmane courante, le ciel, le paradis, ce ne sont pas (d'abord) Dieu se communiquant lui-même à l'âme bienheureuse. Le paradis, ce sont des biens créés, récompenses et jouissances (sensibles, imaginatives et intellectuelles précisera Ghazzali) promises aux élus.

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N 'est-ce pas à Allah que toute chose retournera ? (Cor. 42: 53)
C'est à Lui que tout reviendra (Cor. 11: 123)
Et vous serez ramenés à Lui (Cor. 10: 56)
C'est à Lui que vous reviendrez (Cor. 6: 60)

Sache que le devenir de toute chose la reconduit à Dieu et que c'est à Lui qu'elle retourne. Ce retour à Lui des créatures se produit après la Résurrection, et cette dernière fait suite à l'anéantissement des créatures. Mais, comme l'a dit le Prophète - sur lui la Grâce et la Paix !- "Celui qui meurt, pour lui le jour de la Résurrection s'est déjà levé."

[...] . Le "retour" des choses-considérées sous le rapport de [la diversité de] leurs formes - à Allah, au terme de leur devenir, n'exprime qu'un changement de statut cognitif et non point une modification de la réalité. Celui qui meurt et pour qui s'accomplit la résurrection, pour celui-la, le multiple est Un, en raison de son unité essentielle; et l'Un est multiple en raison de la multiplicité en Lui des relations et des aspects.

Les essences - que certains appellent aussi les substances - ne disparaissent jamais. La "création nouvelle", qui est permanente en ce monde et dans l'autre, concerne seulement les formes, qui ne sont que des accidents. Et tout ce qui n'est pas l'Être absolu - qui appartient à Dieu- est accident."


Islam / Soufisme Citation
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 221, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988 

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