Patrimoine  Spirituel  de l'Humanité
Marc-Aurèle



Citations spirituelles et philosophiques de Marc-Aurèle
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J ette tout, ne garde que ce peu de chose. Et encore souviens-toi que chacun ne vit que dans l'instant présent, dans le moment. Le reste, c'est le passé ou un obscur avenir.
Petite est donc l'étendue de la vie; petit, le coin de terre où l'on vit; petite, la plus longue renommée dans la postérité; elle dépend de la succession de petits hommes qui vont mourir très vite et qui ne connaissent ni eux-mêmes ni ceux qui sont morts il y a longtemps.





2056 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Pensées pour moi-même  








S onge que notre pensée ne prend aucune part aux émotions douces ou rudes qui tourmentent nos esprits animaux, sitôt qu'il s'est recueilli en lui même et qu'il a bien reconnu son pouvoir propre, et toutes les autres leçons que tu as entendues sur la douleur et la volupté, et auxquelles tu as acquiescé sans résistance.
Serait-ce donc la vanité de la gloire qui viendrait agiter dans tous les sens ? Regarde alors avec quelle rapidité l'oubli enveloppe toutes choses, quel abîme infini de durée tu as devant toi comme derrière toi, combien est vain chose un bruit qui retentit, combien changeants, dénués de jugement, sont ceux qui semblent applaudir, enfin la petitesse du cercle qui délimite ta renommée. Car la terre tout entière n'est qu'un point; et ce que nous en habitons, quelle étroite partie n'en est-ce pas encore ? Et dans ce coin, combien y a-t-il d'hommes, et quels hommes ! Qui célébreront tes louanges ?
Il reste donc que tu te souviennes de te retirer dans ce petit domaine qui est toi-même. Et, avant tout, ne te laisse point emporter çà et là. Point d'opiniâtreté; mais sois libre, et regarde toutes choses d'un œil intrépide, en homme, en citoyen, en être destiné à la mort.
Puis, entre les vérités les plus usuelles, objets de ton attention, place les deux suivantes : l'une, que les choses extérieures ne sont point en contact avec notre âme, mais immobiles en dehors d'elle, et que le trouble naît en nous de la seule opinion que nous nous en sommes formés intérieurement ; l'autre, que tout ce que tu vois va changer dans un moment et ne sera plus. Remets-toi sans cesse en mémoire combien de changements se sont déjà accomplis sous tes yeux. Le monde, c'est transformation ; la vie, c'est opinion.





2055 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Pensées pour moi-même.  








L es hommes se cherchent des retraites, chaumières rustiques, rivages des mers, montagnes : toi aussi, tu te livres d'habitude à un vif désir de pareils biens. Or, c'est là le fait d'un homme ignorant et peu habile, puisqu'il t'est permis, à l'heure que tu veux, de te retirer dans toi-même. Nulle part l'homme n'a de retraite plus tranquille, moins troublée par les affaires, que celle qu'il trouve dans son âme, particulièrement si l'on a en soi-même de ces choses dont la contemplation suffit pour nous faire jouir à l'instant du calme parfait, lequel n'est pas autre, à mon sens, qu'une parfaite ordonnance de notre âme. Donne-toi donc sans cesse cette retraite, et, là, redeviens toi-même. Trouve-toi de ces maximes courtes, fondamentales, qui, au premier abord, suffiront à rendre la sérénité à ton âme et à te renvoyer en état de supporter avec résignation tout ce monde où tu feras retour.




2054 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Pensées pour moi-même  








L e même rapport d'union qu'ont entre eux les membres du corps, les êtres raisonnables, bien que séparés les uns des autres, l'ont aussi entre eux parce qu'ils sont faits pour coopérer ensemble à une même œuvre. Et cette pensée touchera ton âme bien plus vivement encore, si tu te dis souvent à toi-même : "je suis un membre du corps que composent les êtres raisonnables".
Si tu te dis seulement que tu en es une partie, c'est que tu n'aimes pas encore les hommes de tout ton cœur ; c'est que tu ne saisis pas encore la joie de l'acte de générosité, c'est que tu y appréhendes simplement une chose qui convient et que tu ne fais pas du bien aux hommes comme si tu faisais ton bien propre.





2053 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Pensées pour moi-même.  








C orps, âme, intelligence. Au corps, les sensations ; à l'âme, les impulsions ; à l'intelligence, les principes




1670 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Pensées pour moi-même, Livre III, XVI, Traduit par Mario Meunier, éditions Garnier-Flammarion, 2001.  








L e temps de la vie de l'homme, un instant ; sa substance, fluente ; ses sensations, indistinctes ; l'assemblage de tout son corps, une facile décomposition ; son âme, un tourbillon ; son destin, difficilement conjecturable ; sa renommée, une vague opinion. Pour le dire en un mot, tout ce qui est de son corps est eau courante ; tout ce qui est de son âme, songe et fumée. Sa vie est une guerre, un séjour sur une terre étrangère ; sa renommée posthume, un oubli. Qu'est-ce donc qui peut nous guider ? Une seule et unique chose : la philosophie. Et la philosophie consiste en ceci: à veiller à ce que le génie qui est en nous reste sans outrage et sans peines ; à ce qu'il ne fasse rien au hasard, ni par mensonge ni par faux-semblant ; à ce qu'il ne s'attache point à ce que le autres font ou ne font pas. Et, en outre, à accepter ce qui arrive et ce qui lui est dévolu, comme venant de là même d'où lui-même est venu. Et surtout, à attendre la mort avec une âme sereine sans y voir autre chose que la dissolution des éléments dont est composé chaque être vivant. Si donc pour ces éléments eux-mêmes, il n'y a rien de redoutable à ce que chacun se transforme continuellement en un autre, pourquoi craindrait-on la transformation de leur ensemble et sa dissolution ? C'est selon la nature ; et rien n'est mal de ce qui se fait selon la nature.




1669 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Pensées pour moi-même, Livre II, XVII, Traduit par Mario Meunier, éditions Garnier-Flammarion, 2001.  








O r, la mort et la vie, la gloire et l'obscurité, la douleur et le plaisir, la richesse et la pauvreté, toutes ces choses échoient également aux bons et aux méchants, sans être par elles-mêmes ni belles ni laides. Elles ne sont donc ni des biens ni des maux.




1668 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Pensées pour moi-même, Livre II, XI, Traduit par Mario Meunier, éditions Garnier-Flammarion, 2001.  








R appelle-toi depuis combien de temps tu remets à plus tard et combien de fois, ayant reçu des Dieux des occasions de t'acquitter, tu ne les as pas mises à profit. Mais il faut enfin, dès maintenant, que tu sentes de quel monde tu fais partie, et de quel être régisseur du monde, tu es une émanation, et qu'un temps limité te circonscrit. Si tu n'en profites pas pour accéder à la sérénité, ce moment passera ; tu passeras aussi, et jamais plus il ne reviendra.




1667 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Pensées pour moi-même, Livre II, IV, Traduit par Mario Meunier, éditions Garnier-Flammarion, 2001.  








T out ce que je suis, c'est une chair, avec un souffle et un principe directeur. […]. Examine aussi ce qu'est le souffle : du vent qui n'est pas toujours le même, car à tout moment tu le rends pour en avaler d'autre




1666 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Pensées pour moi-même, Livre II, II, Traduit par Mario Meunier, éditions Garnier-Flammarion, 2001.  








D ès l'aurore, dis-toi par avance : «Je rencontrerai un indiscret, un ingrat, un insolent, un fourbe, un envieux, un insociable. Tous ces défauts sont arrivés à ces hommes par leur ignorance du bien et des maux. Pour moi, ayant jugé que la nature du bien est le beau, que celle du mal est le laid, et que la nature du coupable lui-même est d'être mon parent, non par la communauté du sang ou d'une même semence, mais par celle de l'intelligence et d'une même parcelle de la divinité, je ne puis éprouver du dommage de la part d'aucun d'eux, car aucun d'eux ne peut me couvrir de laideur.»




1665 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Pensées pour moi-même, Livre II ,I, Traduit par Mario Meunier, éditions Garnier-Flammarion, 2001.  








O n se cherche des retraites a la campagne, sur les plages, dans, les montagnes. Et toi-meme, tu as coutume de desirer ardemment ces lieux d'isolement.
Mais tout cela est de la plus vulgaire opinion, puisque tu peux, a l'heure que tu veux, te retirer en toi-meme.
Nulle part, en effet, l'homme ne trouve de plus tranquille et de plus calme retraite que dans son ame, surtout s'il possede, en son for interieur, ces notions sur lesquelles il suffit de se pencher pour acquerir aussitot une quietude absolue, et par quietude je n'entends rien d'autre qu'un ordre parfait.





1302 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.166  








U ne est la lumiere du soleil, bien qu'elle se laisse separer par des murs, des montagnes et mille autres obstacles.
Une est la substance universelle, bien qu'elle se separe en combien de milliers de corps particuliers.
Un est le souffle vital, bien qu'il se separe en des milliers de natures et de particulieres delimitations. Une est l'ame intelligente, bien qu'elle paraisse se partager.





1296 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.143  








C raint-on la transformation ? Mais sans transformation que peut il se produire? Qu'y a-t-il de plus cher et de plus familier a la nature universelle?
Toi-meme, peux-tu prendre un bain chaud, si le bois ne subi aucune transformation? Peux-tu te nourrir, si les aliments ne subissent aucune transformation? Et quelle est celle des autre choses utiles qui peut s'accomplir sans transformation ? Ne vois-tu donc pas que ta propre transformation est un fait pareillement necessaire a la nature universelle ?





1291 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.131  








C rois-tu qu'en te rendant philosophe tu pourras semblablement manger, pareillement boire, avoir les memes desirs, les memes aversions? Il faut veiller, peiner, se separer des siens, souffrir le mepris d'un jeune esclave, etre raille par les premiers venus, avoir en tout le dessous, dans les honneurs, dans les charges publiques, devant les juges; et dans la moindre affaire.
Pose tout cela, si tu veux recevoir en echange l'impassibilite, la liberte, le calme. Sinon, n'approche pas, de peur que, comme les enfants, tu ne sois maintenant philosophe, plus tard percepteur, ensuite rheteur, puis procurateur de Cesar. Tout cela ne s'accorde pas. Il faut que tu sois un seul homme, ou bon ou mauvais. Il faut cultiver, ou le gouvemement de toi-meme ou les choses du dehors, t'appliquer aux choses interieures ou aux choses exterieures, c'est-a-dire tenir le role de philosophe ou de particulier.





1278 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.95  








C onduite et caractere de l'homme vulgaire : ll n'attend jamais de lui-meme profit ou dommage, mais des choses exterieures. Conduite et caractere du philosophe: il n'attend tout profit et tout dommage que de lui-meme.




1277 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.93  








L a philosophie consiste en ceci : a veiller a ce que le genie qui est en nous reste sans outrage et sans dommage, et soit au-dessus des plaisirs et des peines; a ce qu'il ne fasse rien au hasard, ni par mensonge ni par faux-semblant; a ce qu'il ne s'attache point a ce que les autres font ou ne font pas. Et, en outre, a accepter ce qui arrive et ce qui lui est devolu, comme venant de la meme d'ou lui-meme est venu.




1276 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.92  








S i l'un des Dieux te disait:« Tu mourras demain ou, en tout cas, après-demain », tu n'attacherais plus une grande importance à ce que ce soit dans deux jours plutôt que demain, à moins d'être le dernier des rustres, car qu'est-ce que ce délai. De même, ne crois pas que mourir dans beaucoup d'années plutôt que demain, soit de grande importance.




1089 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Livre IV,47, Edition Garnier-Flammarion.1964 Traduction de Mario Meunier.  








N 'agis point comme si tu devais vivre des milliers d'années. L'inévitable est sur toi suspendu. Tant que tu vis, tant que cela t'est possible, deviens homme de bien.




1088 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Livre IV,17, Edition Garnier-Flammarion.1964 Traduction de Mario Meunier.  








C reuse au-dedans de toi. Au-dedans de toi est la source du bien, et une source qui peut toujours jaillir, si tu creuses toujours.




1087 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Livre VII,49, Edition Garnier-Flammarion.1964 Traduction de Mario Meunier.  








Q uand tu devrais vivre trois fois mille ans, et même autant de fois dix mille ans, souviens-toi pourtant que nul ne perd une vie autre que celle qu'il vit, et qu'il ne vit pas une vie autre que celle qu'il perd. Par là, la vie la plus longue revient à la vie la plus courte...




1086 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Livre II,14, Edition Garnier-Flammarion.1964 Traduction de Mario Meunier.  








L a perte de la vie n'est pas autre chose qu'une transformation.




1085 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Livre IX,35, Edition Garnier-Flammarion.1964 Traduction de Mario Meunier.  








C e n'est pas dans ce qu'il éprouve mais dans ce qu'il accomplit que se trouvent le bien et le mal d'un être raisonnable et social, tout comme la vertu et le vice ne sont pas pour lui dans ce qu'il subit mais dans ce qu'il accomplit.




1084 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Livre VIII,56, Edition Garnier-Flammarion.1964 Traduction de Mario Meunier.  








L a perfection morale consiste et ceci: à passer chaque jour comme si c'était le dernier, à éviter l'agitation, la torpeur, la dissimulation.




1083 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Livre VII,68, Edition Garnier-Flammarion.1964 Traduction de Mario Meunier.  








T u peux, à l'heure que tu veux, te retirer en toi-même.




1082 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Livre IV,3, Edition Garnier-Flammarion.1964 Traduction de Mario Meunier.  








N e jamais embrouiller ni abasourdir par une foule d'images le génie intérieur qui réside au fonde de sa poitrine,...




1081 |  Philosophie, Stoïcisme
Source : Livre III,16, Edition Garnier-Flammarion.1964 Traduction de Mario Meunier.  






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