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Ghazzali



Citations spirituelles et philosophiques de Ghazzali
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C 'est que le cœur (1) se trouve apte à recevoir l'irradiation de la Réalité suprême (2) qui est en toutes choses.
Rien en effet ne peut s'interposer entre le cœur et les choses si ce n'est l'un des cinq motifs que nous avons indiqués (la défiance du cœur lui même ; la ternissure des péchés et la rouille des passions ; tout ce qui peut distraire de la vérité ; les préjugés ; l'ignorance de l'endroit où se trouve l'objet cherché). Et c'est comme un voile (3) qui s'interpose entre le miroir du cœur et la tablette gardée sur laquelle est gravé tout ce que Dieu a dévoilé jusqu'au jour de la Résurrection. […]
Les réalités des connaissances s'irradient du miroir de la tablette sur le miroir du cœur, comme l'image produite sur un miroir s'imprimerait sur un autre placé devant lui.
Le voile qui est entre les deux miroirs et tantôt écarté par la main, tantôt par les souffles des vents qui l'agitent. Ainsi soufflent parfois les vents des grâces : les voiles alors sont levés de devant les yeux du cœur, et quelques-unes unes des choses tracées sur la tablette s'irradient en lui. Cela se produit de temps à autre dans le sommeil, et l'on sait par ce moyen ce qu'il arrivera dans l'avenir.
Quant au complet enlèvement du voile, ce sera le fait de la mort [en cet instant] où est ôté ce qui cache [la Réalité des choses]. Mais il arrive aussi que le voile soit écarté pendant l'état de veille, au point d'être soulevé par une grâce cachée de Dieu Très Haut, et quelque chose alors des merveilles de la science luit dans les cœurs de derrière le voile du Mystère (mystère de Dieu non révélé, l'incognoscibilité absolue de son essence, secondairement, les choses cachées et invisibles mais non connaissables de soi) : C'est parfois comme l'éclair rapide, d'autre fois une succession, mais limitée, et il est excessivement rare que cet état se prolonge.





892 |  Islam, Soufisme
Source : Ihya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din "  
(1) Le cœur (qualb) signifie selon Ghazzali : 1° organe charnel ; 2e un principe subtil, divin et spirituel, qui est la " réalité de l'homme " […] Le cœur, lui, est la personnalité de l'homme ; c'est le cœur qui sera récompensé, réprimandé ou puni, c'est à lui qu'il sera demandé compte. Et ce qui nous concerne ici, c'est lui qui est " le lieu de la science " du 'ilm, science des choses divines. (2) " Réalité suprême " : (haqiqa al haqq), dans son mot à mot, elle devrait se traduire : " la réalité du réel " ou " Vérité du Vrai (ontologique), c'est à dire ici le Réel unique, Dieu, que l'esprit doit saisir par delà l'être même des choses, mais aussi les réalités de ces choses rapportées à Dieu. (3) Ces images du voile et du miroir sont fréquentes (mystiques sunnites ou imamites, …). L'origine en est coranique. Il est remarquable que pour connaître la Réalité divine, il suffit à l'âme de voir tomber le voile qui l'en sépare.[…]. Selon la tradition soufie la plus habituelle, ce n'est pas Dieu qui est enveloppé du voile, mais plutôt la créature (voile de ces passions et de son orgueil). Quoi qu'il en soit, l'obstacle, reste extrinsèque en quelque sorte et à Dieu et à la créature.








L a science qui présente tout à coup dans le cœur sans industrie, ni étude, ni effort de la part de l'homme est de deux sortes : celle dont l'homme ignore comment elle lui arrive et d'où - et celle qui comporte la connaissance du moyen dont elle provient, c'est à dire la vision de l'ange qui la jette dans le cœur ; [la première s'appelle inspiration et souffle au fond du cœur] la deuxième s'appelle révélation, elle appartient en propre aux prophètes. Quant à la première, elle est le propre des saints et des purs.




835 |  Islam, Soufisme
Source : L'Ihya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din "  
Remarque : Le terme d'inspiration ne doit pas se prendre ici au sens précis de la théologie catholique. Par rapport à son objet, l'inspiration (ilham) pourrait se traduire plus exactement par " révélation privée ", par rapport à son mode, doit être prise au sens très large d'inspiration intérieure.








L 'inspiration ne se différencie de la science acquise ni par la nature de la science, ni par son lieu, ni par sa cause, mais seulement sous le rapport de l'écartement du voile : car cela n'est pas au pouvoir de l'homme.
Et la révélation ne se différencie de l'inspiration par rien de ce que l'on vient de dire, mais seulement par la vision de l'ange qui procure la science ; car celle ne parvient dans nos cœurs que par l'intermédiaire des anges. Dieu Très Haut y fait allusion dans cette parole : " Il n'est pas donné à l'homme que Dieu lui parle, si ce n'est par une révélation ou de derrière un voile, ou bien en déléguant un envoyé afin que celui-ci, par la permission de Dieu révèle à l'homme ce que Dieu veut. "





834 |  Islam, Soufisme
Source : L'Ihya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din "  








C eci étant exposé, sache que les soufis ont une préférence pour les sciences reçues par voie d'inspiration, à l'exclusion de celles acquises par l'étude. Ainsi ne désirent-ils ni étudier la science, ni apprendre tout ce que les auteurs ont composé, ni scruter les doctrines et les preuves apportées. Ils disent au contraire : " la voie " consiste à préférer le combat spirituel, à faire disparaître les défauts, à couper tous les liens, et à s'approcher de Dieu Très Haut par une parfaite application spirituelle.
Et chaque fois qu'il en est ainsi, c'est lui, Dieu, qui se tourne vers le cœur de son serviteur, et lui garantit l'illumination par les lumières de la science.





832 |  Islam, Soufisme
Source : Ihya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din "  








A lors, si la volonté [du soufi] est sincère, son effort spirituel pur, et sa persévérance parfaite, s'il n'a pas été entraîné en sens contraire par ses passions, ni préoccupé par l'inquiétude de ces attaches au monde, les lueurs de la vérité brilleront en son cœur. Ce sera au début comme l'éclair rapide qui ne demeure pas, puis qui revient mais tarde parfois. S'il revient, tantôt il demeure, et tantôt il ne fait que passer. S'il demeure tantôt sa présence se prolonge et tantôt elle ne se prolonge pas. Et tantôt des illuminations semblables à la première apparaissent, se succédant les unes les autres ; tantôt tout se réduit à un seul mode. Les demeures (modes divers sous lesquels se présentent les illuminations) des saints sont innombrables, de même que sont innombrables les différences entre leurs naturels et leurs caractères.




805 |  Islam, Soufisme
Source : Ihya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din "  








R enoncer au monde pour mener une vie ascétique, en s'affranchissant de ces liens, en vidant [le] cœur des préoccupations terrestres, et en s'approchant de Dieu Très Haut par la parfaite application spirituelle (1).




706 |  Islam, Soufisme
Source : Ihya' 'ulim al-din, début du " troisième quart ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", l'expérience du Dhikr)  
(1) Himma : intention précise, avec l'idée de solitude et d'effort








L orsque Dieu Très Haut s'est réservé le pouvoir de gouverner par le cœur, la Miséricorde se répand sur ce dernier, la lumière y brille, la poitrine se dilate, le secret du Royaume (Malakut) lui est découvert, le voile qui l'aveuglait se dissipe de devant sa face par la grâce de la Miséricorde, et les réalités divines étincelles en lui. Il est seulement au pouvoir du croyant de s'y préparer par la purification qui dépouille, et de provoquer en soi la solitude de ces choses, ainsi que la volonté sincère, la soif totale et l'observation attentive, dans l'attente constante de ce que Dieu Très Haut lui révèlera de la Miséricorde.




667 |  Islam, Soufisme
Source : Ihya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din "  








I l est en son pouvoir de parvenir à cette limite, et de faire durer cet état en repoussant les tentations, par contre, il n'est pas en son pouvoir d'attirer à lui la Miséricorde de Dieu Très Haut.




473 |  Islam, Soufisme
Source : Ihya' 'ulim al-din, III, p16-17, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", l'expérience du Dhikr  
Remarque : Les ultimes effets de la technique du fait de la passivité du sujet peuvent se présenter psychologiquement comme un don reçu. Les auteurs musulmans conceptualiseront aussitôt cet état comme la venue de la lumière divine. Mais nous savons bien que les maîtres du Yoga présentent, eux aussi, le stade ultime du samadhi comme une irruption soudaine, que l'âme reçoit (de même la grâce du Bouddha dans le Nembutsu). Faut il y voir un témoignage expérimental d'une grâce gratuitement donnée ? Ce serait je crois, extrapoler. Ce qui caractérise la grâce divine c'est qu'elle n'est aucunement à la portée de l'homme. L'homme peut s'y préparer, mais inefficacement. La tentation de la technique, est de faire croire au contraire qu'elle prépare efficacement à un don, qui ne peut ne pas être donné, quant l'expérience se poursuit assez loin, quand elle " réussit". Le sentiment psychologique d'un don est normal, dès lors que l'homme s'avance de ses propres forces, bien qu'à contre pente de sa nature, dans une voie de la spiritualité naturelle, et donc, en fait, vers les profondeurs de son propre " Soi " (mais non vers les profondeurs d'un Autre, transcendant). Pour un croyant monothéiste, on comprend, qu'une telle expérience en vienne à être conceptualisé en fonction même des propositions de sa foi. Cette irruption soudaine de l'expérience ineffable du " Soi " pourra être dite Allah en climat musulman, et " déification participée " en climat chrétien. " Ce qui constitue le cœur même de la prière, c'est ce que l'on nomme la prière de Jésus […] le nom de Jésus, présent dans le cœur humain, lui communique la force de déification que le Rédempteur nous a accordée … " (S. Boulgakov, Orthodoxie, cité par " un moine de l'Eglise d'Orient ", la prière de Jésus, p86-87) […] Dans le " Dhikr de l'intime ", la dualité d'être semble s'abolir. Non par fusion, il est vrai, comme en climat indien, car la conceptualisation de la transcendance divine demeure, mais dans une ligne ressentie comme une " disparition " du sujet en son être même. […] L'état alors atteint est désigné par le terme fana', " annihilation, " abolition ", c'est à dire : " L'homme disparaît de lui-même, il ne sait rien des apparences extérieures de ses membres, ni du monde extérieur, ni de ce qui se passe en lui, il disparaît de tout cela, et tout cela disparaît de lui, fuyant vers Dieu d'abord, en Dieu ensuite " (Ibn Ata Allah)








P uis il en vient au point d'effacer la trace du mot sur la langue, et il trouve son cœur continuellement appliqué au Dhikr (la pratique soufi).
Il persévère assidûment jusqu'à ce qu'il en arrive à effacer de son cœur l'image de la locution, des lettres et de la forme du mot, et que les sens du mot demeure seul en son cœur, présent en lui, comme joint à lui, et ne le quittant pas.





472 |  Islam, Soufisme
Source : Ihya' 'ulim al-din, III, p16-17, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", l'expérience du Dhikr  
Remarque : En outre, c'est au stade du Dhikr du cœur qu'il conviendrait de référer principalement mais non exclusivement, à l'apparition de phénomènes visuels : phénomènes lumineux, colorés et à ce stade là, intermittents. En climat chrétien à partir du XIVème siècle, et dans les églises séparées, ces expériences de luminosité se trouveront comme prise en charge par la théorie des " énergies divines incréées " (considérées comme réellement distinctes de l'essence divine), et de la lumière incréée du " Thabor ". Nous avons affaire ici à un effort spéculatif à base de réflexion théologique qui entend elle-même fonder sa garantie sur des textes venus des Pères. Depuis la systématisation de Grégoire le Thessalonique, ces phénomènes lumineux, quant ils deviennent objectifs et visibles par un observateur préparé, sont pris volontiers comme la manifestation de l'état de grâce, entendons ici, essentiellement, l'état adamique recouvré. Le corps du Saint participe alors de la lumière incréée que revêtait le corps du Christ et se manifesta au Thabor. (corps astral) (Cf. Vladimir Lossky, Essai sur la théologie mystique de l'église d'orient). Dans la pensée des auteurs musulmans, ces apparitions lumineuses ne seront plus considérées comme la manifestation d'un état de grâce, don gratuit de Dieu, mais très souvent comme l'irradiation de la nature la plus intime de l'esprit, du ruh, qui vient en l'homme, du Commandement incréé du Seigneur. (cf. p30) Par exemple : l'âme ou l'esprit sera considéré comme entouré par sept enveloppes lumineuses, successivement visibles à l'œil intérieur du disciple qui pratique le Dhikr (cf. Ala - al Dawla Simnani, mort en 1336). Les enveloppes sont : qualibiyya (corporelle : couleur fumée grise), nafriyya (âme charnelle : bleue), qualbiyya (cœur : carminée), sirriyya (conscience [intime] : blanche), ruhiyya (esprit : jaune), khafiyya (mystère : noire), haqqiyya (réel : verte). […] (l'homme) L'apparition des phénomènes lumineux est mise ainsi en relation avec une saisie progressive du Soi, comme directement émané de la source créatrice. Nous avons donc cette dualité : une transcendance divine totale, maintenue au moins dans la formulation générale de la foi ; [et] une communication avec cette transcendance garantie par une technique. […] Et ainsi, la diversité même de ces conceptualisations nous incite, à distinguer nettement : 1) les visions lumineuses elles-mêmes, qui semblent liée à l'expérience. 2) l'explication qui en est proposée, variables selon les climats religieux, et selon les diverses écoles en chaque climat. [De même, on peut se demander] si l'apparition des lumières est : 1) due à la pratique exclusivement (auteurs musulmans en général) 2) ou biens aidée par la pratique mais non produit par elle, tel un don de Dieu (auteurs chrétiens en général et Ghazzali)








A près s'être assis dans la solitude, il [le soufi] ne cesse de dire de bouche Dieu [Allah], continuellement, et avec la présence du cœur.
Cela, jusqu'à ce qu'il parvienne à un état où il abandonne le mouvement de la langue, et voie le mot comme coulant sur celle ci.





471 |  Islam, Soufisme
Source : Ihya' 'ulim al-din, III, p16-17, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", l'expérience du Dhikr  
Remarque : En lui réponds, comme un écho, l'enseignement d'autres mystiques. En Extrême Orient, nous avons le japa yoga, brahamiste ou bouddhiste dont l'épanouissement semble avoir été la pratique shomyo du bouddhisme japonais, et l'inlassable répétition du Nembutsu (" pensée au Bouddha "), tout spécialement pratiquée et prêchée par le saint à l'attachante figure que fut Honen Shonin (1133 - 1212). Si nous passons en climat monothéiste, nous trouvons dans la première période de la mystique Juive (antérieur à l'Islam), la trace d'une expérience décrivant la " descente dans la Merkabah* ", et " aidée sinon provoquée, par une méthode corporelle de concentration et de répétition de formules, dont la vertu ne réside pas tant dans le sens que dans la monotonie et le pouvoir de fixation ". (G. Vajda, T.P. Revue des Etudes Juives, TCVH (bibliographie), p12) (* la Merkabah est le char de la vision du prophète Ezéchiel, cf. aussi Gershan G. Scholem, Major Trends in Jewish Mysticism, chap. II, pages 40 et suivantes) En Proche Orient Chrétien, déjà vers les Ve - VIIe siècles, dans la continuité des Pères du Désert, puis surtout dans les églises séparées grecques et russes, nous avons la " prière de Jésus " et la pratique dite de l'hésychasme.[…] Ces quelques rappels nous soulignent l'étonnante corrélation des méthodes du Nembutsu, de la " descente dans la Merkabah ", du Dhikr, de la " prière de Jésus ", et leurs phénomènes concomitants. Commentaires de GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", l'expérience du Dhikr, p190 à 193) Ici cependant, il nous faut bien faire intervenir une distinction que n'apportent pas les auteurs musulmans. Ce qui est le " fruit " direct de technique du Dhikr, c'est la main mise monoïdéique de Mentionné sur le mentionnant. Et si cette mainmise prend figure de transcendance quasi expérimentée, c'est que, par ailleurs, la foi musulmane informe et conceptualise l'expérience. Sur ce point, l'expérience par elle-même serait muette : ainsi en témoigne le Japa Yoga et le Nembutsu, qui, eux, n'aboutissent point, au contraire, à une saisie de la pure transcendance divine. C'est qu'ils sont informés par le " Toi, tu est Cela " indien, ou par l'entrée dans la " Terre pure " bouddhiste, de même que le Dhikr est informé par le Dieu unique de l'Islam.








O te tes sandales ! en vérité, tu es dans la vallée sainte du Tuwa "
(Coran 20,12)

" Je pense que Moise entendit le commandement ôte tes sandales, comme la renonciation aux deux mondes ; il obéit littéralement et se déchaussa, il obéit spirituellement, et rejeta les deux mondes "





286 |  Islam, Soufisme
Source : Mishkat al anwar, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", chap. " le thème du buisson Ardent "  
Remarque : La vallée sainte dit le texte ghazzalien est la première étape de l'entrée des prophètes dans le monde de la Sainte transcendance, loin des troubles des sens et de l'imagination. Il leur est demandé de tourner la " face de leur âme " vers l'Unique Réalité, et donc de renoncer " aux deux mondes ", monde d'ici-bas, monde (créé) de l'Au-delà, qui sont corrélatifs, qui sont tous deux des accidents de la substance - lumière des hommes. C'est pour cela qu'il est dit à Moise : " ôte tes deux sandales ", commandement que Moise exécuta à double titre. Ansari avait déjà interprété ce même commandement comme un appel au dépouillement ascétique (tajrid). Au delà de toute attache créée, même en vie future (référence à l'enseignement habituel de l'Islam sur la jouissance de biens créés, sensibles et (ou) intelligibles, promis aux élus dans la vie future) - vers le seul Réel.








C eci étant exposé, sache que les soufis ont une préférence pour les sciences reçues par voie d'inspiration, à l'exclusion de celles acquises par l'étude. Ainsi ne désirent-ils ni étudier la science, ni apprendre tout ce que les auteurs ont composé, ni scruter les doctrines et les preuves apportées. Ils disent au contraire : " la voie " consiste à préférer le combat spirituel, à faire disparaître les défauts, à couper tous les liens, et à s'approcher de Dieu Très Haut par une parfaite application spirituelle. Et chaque fois qu'il en est ainsi, c'est lui, Dieu, qui se tourne vers le cœur de son serviteur, et lui garantit l'illumination par les lumières de la science. "




145 |  Islam, Soufisme
Source : lhya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din "  








Q uant aux prophètes et aux saints, cet objet ne leur fut découvert, et la lumière ne se répandit dans leur poitrine, ni par l'étude, ni par le travail intellectuel, ni par le faîte d'écrire dans les livres ; mais [ils y parvinrent] en renonçant au monde en menant une vie ascétique, en s'affranchissant de ses liens, et vidant leur cœur des préoccupations terrestres, et en s'approchant de Dieu Très Haut par la parfaite application spirituelle. Et celui qui est à Dieu, Dieu est à lui.




115 |  Islam, Soufisme
Source : Ihya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din "  








I l n'est pas donné à l'homme que Dieu lui parle, si ce n'est par une révélation ou de derrière un voile, ou bien en déléguant un envoyé afin que celui-ci, par la permission de Dieu révèle à l'homme ce que Dieu veut.




5 |  Islam, Soufisme
Source : Ihya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din "  






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