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Hallaj



Citations spirituelles et philosophiques d' Hallaj
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O te tes sandales ! en vérité, tu es dans la vallée sainte du Tuwa " (Coran 20,12)
[Commentaires de Hallaj] : " Or la Réalité est Réalité, et la nature est créée. Rejette donc loin de toi la nature créée, pour que toi tu deviennes lui, et lui toi, dans la Réalité ".





890 |  Islam, Soufisme
Source : Kitab al tawasin, III, 8  








E t maintenant je suis Toi-même, Ton existence c'est la mienne, et c'est aussi mon vouloir.




866 |  Islam, Soufisme
Source : in Louis Massignon, Le Diwan d'al-Hallâj  








O ù donc est Ton essence, hors de moi, pour que j' y voie clair?
Mais déjà mon essence s'élucide, au point qu'elle n'a plus de lieu.





865 |  Islam, Soufisme
Source : in Louis Massignon, Le Diwan d'al-Hallâj  








A h !", est-ce moi, est-ce Toi ? Cela ferait deux dieux. Loin de moi, loin de moi la pensée d'affirmer "deux"!




864 |  Islam, Soufisme
Source : in Louis Massignon, Le Diwan d'al-Hallâj  








J e suis devenu Celui que j'aime, et Celui que j'aime est devenu moi ! Nous sommes deux esprits, infondus en un (seul) corps !




863 |  Islam, Soufisme
Source : in Louis Massignon, Le Diwan d'al-Hallâj  








A ussi, me voir, c'est Le voir, et Le voir, c'est nous voir.




862 |  Islam, Soufisme
Source : in Louis Massignon, Le Diwan d'al-Hallâj  








Q ue l'on Te touche, on me touche; ainsi, Toi, c'est moi, plus de séparation.




861 |  Islam, Soufisme
Source : in Louis Massignon, Le Diwan d'al-Hallâj  








T on Esprit s'est emmêlé à mon esprit, comme l'ambre s'allie au musc odorant.




860 |  Islam, Soufisme
Source : in Louis Massignon, Le Diwan d'al-Hallâj  








L es états d'extase divine, c'est Dieu qui les provoque tout entiers, quoique la sagacité des maîtres défaille à le comprendre. L'extase c'est une incitation, puis un regard [de Dieu] qui croit et flambe dans les consciences. Lorsque Dieu vient l'habiter aussi, la conscience double d'acuité, et trois phases s'offrent alors aux voyants :

Celle où la conscience est encore extérieure à l'essence de l'extase,
Celle où elle devient spectatrice étonnée,
Celle où la ligature du sommet de la conscience s'opère,
elle se tourne alors vers une face dont le regard la ravit à tout autre spectacle.





807 |  Islam, Soufisme
Source : Diwan, p54, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane "  
Remarque : Je pense, avec MM Massignon et Moreno, et au contraire de Nicholson, que le fana' soufi n'est aucunement l'équivalent du nirvana bouddhiste, soit même du Kaivalya indien (cf. L. Massignon, Essai p93 et MM. Moreno, Mystique Musulmane & Mystique Indienne p156-161). […] Le fana', état de ce qui est périssable, s'actualise, si l'on peut dire, dans la réduction au non être, un peu le " néontement " au sens existentialiste moderne. Il est dit dans le Coran que Dieu manifestera sa suprême Toute Puissance en faisant précéder le " jour du Jugement " par le fana' de la créature. Il l'anéantira pour ensuite la rappeler à l'être et la juger. […] Toutefois, tout dépend de la teneur même de l'expérience d'unicité, du tawhid, et ni fana', ni baqa' ne se peuvent traduire par des termes arrêtés une fois pour toutes. Ainsi, dans la ligne de l ' "Unicité du témoignage", le fana' pourra se présenter comme une extase du sujet dans l'objet, le tawhid devenant l'acte du sujet mû par Dieu, et le baqa' la substance du sujet en Dieu, par l'acte même de Dieu. Dans la ligne de " l'Unicité l'Etre) ", il s'agira d'une extase du sujet dans un acte d'abolition de l'objet, le tawhid étant l'acte (second) de suspens de tout acte (second) d'intelligence ou de volonté, dans une subsistance (baqa') ultime et indifférencié, ou une identification se consomme entre un " je " conçu comme divin et le " je " humain aboli en ses sources d'être, en son acte premier d'existence. De ce point de vue, l' " échec " de Bistami n'est échec que parce que sa foi monothéiste exigeante se refusait à transcrire en monisme de l'être, son expérience de suspens ultime. Le soufisme postérieur, influencé par Ibd Sina, et à travers lui, par Plotin, revêtira indûment ce monisme d'une transcription monothéiste.








C e qui compte pour l'extatique,
c'est que l'unique le réduise à l'unité.





768 |  Islam, Soufisme
Source : cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Les états d'esseulement, p 98 et suivantes  
Autre traduction possible: "Le tout, pour l'extatique, c'est l'esseulement de l'Unique, en Soi.", Louis Massignon, "Les Sâlimiya et le récit de Razzâz", in "Le martyre de Hallâj à Bagdad", La Nouvelle NRF, 1er février 1954, n° 14, p. 232.
Remarque : La prise de conscience de cet esseulement par la tradition soufie est liée, croyons-nous, au fait que l'état terminal est souvent désigné comme une expérience d'unicité (tawhid), plutôt que comme une union (ittisal), sorte de transposition sur le plan expérimental de la notion musulmane de transcendance et d'unicité divine. Les grands soufis, et Hallaj le premier, ont compris ce tawhid vécu selon le triple procès : unification de soi en soi, unification de soi en Dieu, unicité de Dieu proclamée et vécue par Dieu même en l'âme. Or il est certain que la première étape au moins évoque la remontée de l'âme vers sa source d'être, vers son acte premier d'existence, qui caractérise la mystique naturelle.








I l n'y a plus entre moi et Dieu d'explication,
ni preuve, ni signes pour me convaincre.
Voici que s'irradie l'apparition de Dieu, flamboyante,
Qui resplendit en son scintillement souverain. […]
Telle est mon existence (2), et mon évidence, et ma conviction,
telle est l'unification (divine) de ma proclamation de son Unité et de ma foi !





665 |  Islam, Soufisme
Source : Kitab al - ta' arruf, cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", la connaissance de Dieu, p 129 et suivantes  
(1) cf. Saint Augustin " Personne ne connaît, s'il ne se fait connaître. " (2) " wadj " qui a aussi un sens d' " extase " (3) ma' rifa : les connaissances intuitives et savoureuses concernant Dieu








U n grand soufi a dit [Hallaj] :
Ne le connaît que celui auquel il s'est fait connaître, et ne proclame son unité que celui auquel il l'a découverte ; et ne croit en lui que celui auquel il a donné de croire, et ne le décrit que celui en l'intime duquel il s'est révélé ; et n'est sincère avec lui que celui qu'il attire, et n'est en droit rapport avec lui, que celui qu'il s'est pour lui même choisi.





663 |  Islam, Soufisme
Source : Kitab al - ta' arruf, cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", la connaissance de Dieu, p 129 et suivantes ; cf. aussi (Coran 20, 41) : " Et je t'ai assigné à Moi-Même ".  
Remarque : L'expression " celui auquel il s'est fait connaître " veut dire que c'est Dieu qui s'est fait connaître ainsi. Et " celui auquel il l'a découverte " veut dire que Dieu a montré son unité. En l'âme donnée à lui, c'est Dieu qui est auteur du vrai culte qu'elle lui rend. Ces quelques phrases de Hallaj nous font saisir sur le vif une authentique expérience intérieure, mais qu'il ne faudrait pas durcir par une interprétation conceptuelle trop poussée. Ainsi " la proclamation de l'unité de Dieu, le tawhid, est, par excellence, la profession de foi de l'islam. Or les soufis enseignent volontiers que Dieu seul peut proclamer " validement " son Unité, parce que lui seul est vraiment Un. La créature humaine n'a d'unité que celle que Dieu lui donne. Dès lors, sa profession de foi ne pourra pas ne pas être imparfaite, souillée, involontairement du péché de shikr, l'" association " de la créature au Créateur. Dans le cœur du soufi uni à Dieu, c'est Dieu qui proclame sa propre Unité. A ce prix seul, la profession de foi est réellement valide.








C 'est Dieu qui interrompt par son irradiation, les élus du paradis dans leur jouissance du paradis. Il les ravit hors d'elle par son irradiation, pour que ce plaisir créé ne dure pas, et que l'ennui ne les prenne pas ; c'est leur retour à eux mêmes, succédant à l'irradiation de Dieu pour eux, qui répand sur eux la jouissance, car en Dieu on ne peut prendre jouissance.




441 |  Islam, Soufisme
Source : cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", chap. " l'amour de Dieu "  
Remarque : Pour la foi musulmane courante, le ciel, le paradis, ce ne sont pas (d'abord) Dieu se communiquant lui-même à l'âme bienheureuse. Le paradis, ce sont des biens créés, récompenses et jouissances (sensibles, imaginatives et intellectuelles précisera Ghazzali) promises aux élus.








E ntre toi et moi, il y a un " c'est moi " qui me tourmente,
Ah ! Enlève par ton " c'est Moi ", mon " c'est moi " hors d'entre nous deux.





239 |  Islam, Soufisme
Source : cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", L'expérience Hallagienne, p 108 - 109  
Remarque : Chez Hallaj, la tentation de solitude close fut brisée, dans la mesure où l'authenticité d'une expérience surnaturelle continua d'entraîner l'âme vers un Autre que soi, lui permit de ne point prendre " l'enivrement " du tajrid ou du tafrid pour une union divine, mais de laisser s'opérer en elle l'infirad, le douloureux Esseulement divin, en qui tout est redonné. Ici donc, en Hallaj, la ligne du vide et d'esseulement reste inachevée en ce sens qu'elle n'est point suivie pour elle-même, et ne cherche point son terme propre, mais aide l'âme à s'isoler du créé pour s'ouvrir à la solitude fulgurante de Dieu.








O n nous a récité ces vers d'un grand soufi [Hallaj] :
Celui qui ayant soif de Dieu, prend sa raison pour guide, elle le mène [paître dans une perplexité où elle le laisse s'agiter]. Ses états de conscience s'y fanent dans l'équivoque, et il se dit perplexe : Existe t'il ?





117 |  Islam, Soufisme
Source : Kitab al - ta' arruf, cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", la connaissance de Dieu, p 129 et suivantes  








L 'un des grands parmi les Shaykh disait [Hallaj] :
L'aspect apparent des êtres créés est connaissable de soi, car l'intelligence a prise sur lui, mais la vérité suprême est trop puissante pour céder à l'emprise des intelligences sur elle, et c'est Dieu même qui nous fait connaître qu'il est notre Seigneur […]
Il se tient éloigné des intelligences, et est infiniment élevé au-dessus de toute atteinte .





114 |  Islam, Soufisme
Source : Kitab al - ta' arruf, cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", la connaissance de Dieu, p 129 et suivantes  






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