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Dialogue interreligieux : Extases & Grâces
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En savoir + : Extases & Grâces : Définition et Iconographie
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Confucius, un jour qu’il allait visiter le saint taoïste, le trouva complètement " inerte et n’ayant plus l’apparence d’un vivant ". Confucius dut attendre un certain temps avant de pouvoir adresser la parole à son hôte : " Mes yeux m’ont ils trompés dit-il ou bien était-ce réel ? A l’instant, Maître, votre corps (??) ressemblait à un morceau de bois sec, vous paraissiez avoir quitté le monde et les hommes et vous être installé dans une solitude inaccessible "» - Oui, répondit Lao Tan, " je suis allé m’ébattre à l’origine de toutes choses".




Citation n° 2990 : , co-fondateur présumé du Taoïsme, Taoisme
Source : Zhuangzi, chap.21, trad. Kaltermark, 1965, p.81  
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Il n'y a rien au-dessus de la paix en Christ, par laquelle sont détruits les assauts des esprits aériens et terrestres. " Car ce n'est pas contre les adversaires de chair et de sang que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes " (Ep 6, 12). Un homme raisonnable dirige son esprit à l'intérieur et le fait descendre dans son coeur. Alors la grâce de Dieu l'illumine et il se trouve dans un état paisible et suprapaisible : paisible, car sa conscience est en paix ; suprapaisible, car au-dedans de lui il contemple la grâce du Saint-Esprit..




Citation n° 1791 : , (1759 - 1833), Moine, ermite et père spirituel, Christianisme, Orthodoxie
Source : Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.  
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Lorsque nous commençons à comprendre le sage dessein conçu pour nous par notre Dieu et Créateur, notre amour pour lui est stimulé, et quand nous prions, nous ressentons une nouvelle inspiration. La contemplation de la Sagesse divine se reflétant dans la beauté du monde donne à notre esprit un nouvel essor qui nous arrache déjà à tout ce qui est créé. Ce rapt n’est pas une envolée philosophique dans le domaine des idées pures, aussi captivantes qu’elles puissent nous paraître, ni une création artistique dans le domaine de la poésie, mais il est l’envahissement de tout notre être par l’énergie d’une vie jusqu’alors inconnue. La lecture de l’Évangile, dans lequel nous commençons à discerner l’Acte de l’autorévélation de Dieu, élève notre esprit au-dessus de tout ce qui est créé. Cela constitue l’entrée dans la grâce de la théologie, conçue non comme une science humaine mais comme un état de communion à Dieu. Nous ne soumettons pas la parole du Seigneur au jugement de notre entendement limité, mais nous nous jugeons nous-mêmes à la lumière de la connaissance qu’elle nous donne. Il est naturel après cela que nous aspirions à faire de la parole évangélique le contenu de toute notre existence ; cela nous aide à nous libérer de l’emprise des passions, et, avec la force de Dieu-Jésus, nous remportons la victoire sur le mal cosmique tapi dans les profondeurs de notre être. Nous reconnaissons réellement que lui, Jésus, est, au sens propre, l’unique Dieu-Sauveur, et que la prière chrétienne s’accomplit par l’incessante invocation de son Nom : Seigneur, Jésus-Christ, Fils de Dieu et Dieu, aie pitié de nous et de ton monde.




Citation n° 1785 : , (1896 -1994), Moine, ermite et père spirituel, Christianisme, Orthodoxie
Source : Sa vie est la mienne, Éditions du Cerf, 1981.  
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C’est un grand don que de contempler l’éternité dans l’inapprochable Lumière de la Divinité. Ceux qui ont eu l’expérience de cette félicité ne cherchent pas à acquérir de richesses passagères. Cependant cette grâce ne demeure pas invariablement dans l’homme, et la Lumière faiblit dans l’âme. La perte d’un tel Dieu plonge notre être tout entier dans la souffrance. De pareils abandons sont pourtant indispensables à tout un chacun afin que nul ne soit tenté de se reposer sur ses lauriers mais que, au contraire, nous continuions à suivre le Seigneur dans son ascension du Golgotha, de toutes les montagnes la plus élevée du point de vue spirituel. Quelque insuffisante que soit pareille démarche, elle régénère cependant l’homme et lui donne de nouvelles forces pour réaliser sa ressemblance au Christ.




Citation n° 1780 : , (1896 -1994), Moine, ermite et père spirituel, Christianisme, Orthodoxie
Source : Sa vie est la mienne, Éditions du Cerf, 1981.  
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La libération véritable commence quand on accepte pleinement et sans douter la Révélation " Je suis Celui qui est " (Ex 3, 14), Je suis l’Alpha et l’Oméga, le Premier et le Dernier (Ap 1, 8). Dieu est Absolu personnel, Trinité consubstantielle et indivisible. C’est sur cette Révélation que s’édifie toute notre vie chrétienne. Ce Dieu nous a appelés du non-être à cette vie. La connaissance du Dieu Vivant et la pénétration dans le mystère des voies de sa création nous libèrent des ténèbres de nos propres idées (venant d’en bas) concernant l’Absolu, et nous sauvent de l’attirance, non consciente certes mais néanmoins fatale, à abandonner toute existence. Nous avons été créés dans le but d’être associés à l’Être divin, à celui qui EST vraiment. Le Christ nous a indiqué la voie : Étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie (Mt 7, 14). Saisissant les profondeurs de la sagesse du Créateur, nous acceptons les souffrances par lesquelles s’acquiert l’éternité divine. Et lorsque sa Lumière nous couvre de son ombre, nous unissons en nous la contemplation des deux extrémités de l’abîme : d’un côté les ténèbres de l’enfer, et de l’autre le triomphe de la victoire. Nous sommes existentiellement introduits dans le domaine de la Vie incréée. L’enfer perd son empire sur nous. Une grâce nous est donnée : vivre l’état du Logos incarné, du Christ descendant en enfer comme Vainqueur. Alors, par la puissance de son amour, nous embrassons la créature tout entière dans notre prière : Jésus, Maître Tout-Puissant et Bon, aie pitié de nous et de ton monde.




Citation n° 1775 : , (1896 -1994), Moine, ermite et père spirituel, Christianisme, Orthodoxie
Source : Sa vie est la mienne, Éditions du Cerf, 1981.  
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Le Seigneur est miséricordieux ; mon âme le sait, mais il n’est pas possible de décrire cela avec des mots... Il est infiniment doux et humble et si l’âme le voit, elle se transforme en lui, devient tout amour pour le prochain, elle devient elle-même douce et humble




Citation n° 1764 : , (1866 - 1938), Moine, ermite et père spirituel, Christianisme, Orthodoxie
Source : Silouane, Écrits spirituels, p.20 , Abbaye de Bellefontaine, 1974.  
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Cette quiétude et ce recueillement sont une chose dont l'âme ressent profondément la paix intime et la satisfaction, jointes à l'immense bonheur et au repos des puissances dans une très suave délectation. Comme elle n'a jamais rien obtenu de plus, il lui semble n'avoir plus rien à désirer, et elle dirait de bon cœur comme saint Pierre qu’elle voudrait fixer là sa demeure. Elle n'ose se déplacer ni bouger. Il lui semble que ces biens vont lui glisser des mains. Elle voudrait même parfois se retenir de respirer. Elle ne comprend pas, la pauvrette, qu'impuissante à s'attirer ces biens, il lui est encore plus impossible de les garder plus longtemps que le Seigneur ne le veut. Dans ce premier recueillement de quiétude, les puissances de l’âme ne sont pas inactives, mais tant que cela dure, même si les deux puissances s'agitent, elle ne perd ni sa quiétude ni sa paix tant que la volonté reste unie à Dieu. Au contraire, peu à peu, elle recueille à nouveau l'entendement et la mémoire. Sans être totalement abîmée en Dieu, l'âme est si bien occupée de lui, sans savoir comment, que pour beaucoup d'efforts que fassent les deux autres puissances, elles ne peuvent l'arracher à son bonheur et à sa joie. Bien plus, sans aucun effort, elle fait le nécessaire pour que cette petite étincelle d'amour de Dieu ne s'éteigne point.




Citation n° 1227 : , (Ávila, 1515 — Alba de Tormes, 1582), Religieuse espagnole, réformatrice du Carmel, Christianisme, Catholicisme
Source : Autobiographie, chapitre XV,1  
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Pour en revenir au verset (" Tu as dilaté mon cœur "), s'il peut éclairer, ce me semble, ce que j'écris ici, c'est à propos de cette dilatation, car il apparaît que lorsque cette eau céleste commence à couler de la source dont je parle au plus profond de nous, on dirait que tout notre intérieur se dilate et s'élargit, et on ne saurait exprimer tout le bien qui en résulte. L'âme elle-même ne peut comprendre ce qui lui est donné. Elle respire un parfum, disons-le maintenant, comme s'il y avait dans cette profondeur intérieure un brasero sur lequel on jetterait des parfums embaumés : on ne voit pas la braise, on ne sait où elle est, mais sa chaleur et la fumée odorante pénètrent l'âme tout entière, et même, comme je l'ai dit, le corps en a fort souvent sa part. Attention, comprenez-moi, on ne sent pas de chaleur, on ne respire pas une odeur, c'est chose plus délicate que ces choses-là, mais cela peut vous aider à comprendre, et les personnes qui n'en ont pas l'expérience sauront que cela se produit vraiment ainsi, qu'on le comprend plus clairement que je ne l'exprime. Ce n'est pas un de ces cas où l'on puisse se faire illusion, puisque nos plus grands efforts ne pourraient rien obtenir. Cela même nous prouve que ça n'est pas d'un métal courant, mais l'or infiniment pur de la sagesse divine.




Citation n° 1226 : , (Ávila, 1515 — Alba de Tormes, 1582), Religieuse espagnole, réformatrice du Carmel, Christianisme, Catholicisme
Source : Le château intérieur, quatrièmes Demeures, chapitre II,6  
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Tandis que cette âme se purifie dans cette fournaise comme l'or jeté dans le creuset, selon cette parole du Sage : Dieu les éprouvera comme l'or dans le creuset (Sg, 3, 6), l'indigence et l'anéantissement qu'elle endure au fond même de son être sont quelque chose de si terrible qu'elle semble en devoir mourir. Nous pouvons lui appliquer cette clameur que David adressait à Dieu : Sauve-moi, Seigneur, parce que les eaux sont pénétré jusqu'à mon âme. J'ai enfoncé dans la vase profond, où il n'y a point de substance. Je suis tombé au fond de la mer et la tempête m'a englouti. Dans l'excès de mon tourmant, j'ai poussé des cris de douleur ; ma gorge s'est desséchée, et mes yeux sont tombés dans la langueur, tandis que j'espérais en mon Dieu (Ps 68, 2-4).




Citation n° 1202 : , (Fontiveros, prov. d'Ávila, 1542 — Ubeda, 1591), Mystique espagnol, Christianisme, Catholicisme
Source : Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure"  
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J'atteignis l'esplanade du non-être, et je ne cessai d'y voler dix ans, [ …]
J'atteignis alors le tawhid, dans le distancement de la création d'avec l'initié [Bistami lui-même], et dans le distancement de l'initié d'avec la création.




Citation n° 824 : , philosophe et mystique musulman, Islam, Soufisme
Source : cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Bistami et l'ascèse du vide, p110 et suivantes  
Remarque : Tout est exprimé cette fois en termes négatifs, par une voie négative vécue, ou le non être, et le manque et la privation (séquence coupée), apparaissent comme le moyen formel de l'expérience. Il y a ici, à travers la différence des vocabulaires et des symboles, une hallucinante convergence avec les ultimes nesciences intellectuelles du yoga. Et le dernier mouvement alternatif de " distancement " (les auteurs indiens ne diraient ils pas " discrimination " ?) de la création d'avec l'initié et de l'initié d'avec la création, ne peut qu'évoquer les derniers aphorismes de Patanjali ; où même la " qualité spirituelle " (satva) du sujet s'abolit dans le monde de la nature auquel elle appartient, après que le pur acte d'être, le pure " je " incolore, non qualifié et non qualifiable, en ait été discriminé. Et c'est alors l'ultime et fruitif esseulement final.
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Celui qui s'est montré généreux dans l'octroi de l'extase, d'autant plus libéral sera t'il pour accorder les dons et vertus qui anéantissent l'extase. Lorsqu'il commença à m'envoyer l'extase, je connus avec certitude que celui qui était libéral à mon égard tiendrait jusqu'au bout ses merveilleux engagements.




Citation n° 815 : , (mort en 995), philosophe et mystique musulman, Islam, Soufisme
Source : Kitab al - ta' arruf, chap. 53 p 82/83  
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Celui qui contemple la vacuité
Est nommé extatique.




Citation n° 814 : , (né dans l'Inde du Sud, IIe s. apr. J.-C.)., fondateur de l'école Madhyamaka, Bouddhisme, Mahayana, Madhyamaka
Source : Mahaprajnaparamitasastra, p.1220, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.98  
Remarque : C'est dans l'expérience des absorptions et des ravissements (samapatti) que se découvre le secret de la véritable vacuité. Loin d'être forgée par la pensée ou l'effort, loin de correspondre à une perte ou à une privation elle se révèle, delle-même, conscience vivante et apaisée. Vidée de tout le relatif grâce à l'absorption, la conscience a un contact réel avec l'apaisement Profond du domaine indifférencié. A la place du vide qu'elle imaginait elle trouve une vaste ouverture à une vie tout à fait nouvelle qui va sans cesse s'élargissant vers l'infini, car dans l'expérience mystique vide et plénitude alternent et se confondent.
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Un soufi a dit :
l'extase (wadj) est comme le message de la Vérité suprême, annonçant cette bonne nouvelle : la montée vers la station de la vision de Dieu.




Citation n° 813 : , (mort en 995), philosophe et mystique musulman, Islam, Soufisme
Source : Kitab al - ta' arruf, chap. 53 p 82/83 ; rem : le wadj ici n'est pas un effet de la présence de Dieu il en est l'effet annonciateur.  
Remarque : La notion du " wadj " soufi sera susceptible de s'engager selon l'une ou l'autre des deux lignes suivantes (ou nous retrouvons le dilemme du tafrid ou de l'infirad hallagien): Ou bien l'accent sera mis sur l'introversion sentie, et la rétorsion de l'âme qui laisse s'actualiser en elle la " rencontre ", le sentiment joyeux - douloureux dont elle est visitée. Dès lors, le wadj accueille une " équivoque ", et, face à ce retour sur soi, Dieu, annoncé mais non possédé reste l'inaccessible. Ou bien l'accent sera mis sur ce choc mental qui tire l'âme hors d'elle-même, et hors de la durée psychologique, pour se " retrouver " (perdue) en une présence suprême, qui est présence d'un Autre. Il est facile de prévoir les concordances possibles entre cette deuxième acceptation du wadj, et la notion technique d' " extase " devenue classique en mystique chrétienne. Il est facile de prévoir aussi que la première acceptation en divergera. Il serait intéressant de nous reporter ici à la notion "d'extase" chez Plotin, et d'étudier la notion d'extase dans l'histoire de la théologie spirituelle chrétienne. Je rappellerai seulement qu'en son sens technique actuel, l'extase est pour le mystique chrétien, un effet de la présence de Dieu, si des visions ou révélations sont alors communiquées à l'âme, il reste que l'essentiel est bien l'unité divine seule. Et c'est à mesure que croîtra sa capacité d'amour, et que se fera plus totale et plus stable l'emprise de Dieu, que l'âme pourra surmonter ce que Hildegarde appelait la " faiblesse de l'extase ".
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La Grâce, qui est considérée par l'homme naturel comme un don qui lui vient d'un Divin extérieur, est pour l'homme initiatique l'accès à la conscience du Dieu intérieur, de son être propre.




Citation n° 812 : , (1896 - 1988), mystique et philosophe allemand , Divers Courants / New Age
Source : L'Expérience de la transcendance, trad. M. P. Schlembach, Le Cerf, 1987 / Albin Michel, 1994, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 80-82  
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Quand il pénètre dans l'arrêt de la perception et du sentiment grâce à sa sapience, ses flux impurs sont complètement taris. Ce sont là des états plus élevés et plus parfaits que connaissance et vision. Il a découvert la sève de l'arbre puissant et stable [ ... ], il sait que c'est là la sève, il connaît l'inébranlable liberté du cœur; tel est le but, la sève, le point culminant.

Ainsi, à partir du premier dhyana, le moine va d'étape en étape jusqu'à ce qu'il atteigne la cime de la conscience et, parvenu à la cime, il lui vient à l'esprit : orienter sa pensée est un état inférieur, mieux serait ne pas le faire; si je continue à le faire, ces idées, ces états de conscience atteints par moi s'évanouiront et d'autres plus grossiers pourront surgir. Ainsi je n'orienterai plus ma pensée ni n'imaginerai [...]. C'est ainsi, Potthapada, qu'on atteint la cessation degré par degré des perceptions. As-tu jamais entendu parler auparavant de ce ravissement bien éveillé dans la cessation de toute perception que l'on obtient par degrés (1) ?

Maintenant (2), Ananda, quand un moine s'immerge dans ces états libérateurs selon cet ordre puis dans l'ordre opposé, et des deux manières successivement, il y plonge et en émerge à sa guise, au moment et à l'endroit qu'il désire, aussi longtemps qu'il le veut, alors, sitôt que cesse tout flux impur, il accède à la liberté du cœur et à celle de sapience après les avoir reconnues et réalisées par lui-même ici-bas. Alors, Ananda, ce moine est libéré d'une double manière [par le cœur et par la sapience], et il n'y a pas de plus haute ni de plus noble libération.




Citation n° 811 : , (-560 -480), Fondateur du bouddhisme., Bouddhisme
Source : Majjhimanikaya (les Moyens Discours), I, 204-205, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.55  
(1) Cf. Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules), IX, p. 184. (2) Cf. Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules), XV, § 36.
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Le dhyana dit de discernement, ô Mahamati, appartient à ceux qui, procédant dans les terres de bodhisattva, transcendent l'absence de soi et les idées de moi et d'autrui, et comprennent en outre ce que signifie l'insubstantialité des choses.




Citation n° 810 :  Lankavatara Sutra , (milieu Ve siècle), Bouddhisme, Mahayana
Source : p. 97-98, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.97  
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PREMIER RAVISSEMENT.
- "A nouveau le moine, dépassant entièrement la perception des formes, mettant fin à la perception des réactions [sensorielles], sans activité mentale (1) s'écrie : " Infini est l'espace !" Il pénètre et demeure dans la sphère de l'infinité spatiale. A ce moment, la conscience des formes qu'il avait précédemment s'évanouit, et surgit en lui la bienheureuse conscience subtile de son être que concerne seulement l'infinité spatiale.

DEUXIÈME RAVISSEMENT.
- " A nouveau, Potthapada, le moine, dépassant entièrement la conscience de l'infinité spatiale, s'écrie : "Infinie est la conscience !" Il pénètre et demeure dans la sphère où l'esprit ne s'intéresse qu'à l'infinité de la conscience. […] Alors l'infinité spatiale disparaît, et surgit la conscience subtile que tout repose dans le domaine de l'infinité de la conscience.


TROISIÈME RAVISSEMENT.
- "Dépassant entièrement l'infinité de la conscience le moine s'écrie : "Vraiment, il n'y a rien ! " et il atteint la sphère de la non-existence de quoi que soit, où la pensée n'a d'égard qu'à l'irréalité des choses. Le sentiment de chose qui se trouve dans la sphère de la conscience infinie qu'il vient d'avoir s'évanouit, et il a la conscience subtile de la non-réalité de l'objet de sa pensée. "

QUATRIÈME RAVISSEMENT.
- " Et à nouveau, dépassant entièrement la sphère du rien, il pénètre et demeure dans la sphère qui n'est ni perception ni non-perception, il entre et demeure dans le nirodha, ravissement d'arrêt où cessent perception et sentiment.(2)"




Citation n° 809 : , (-560 -480), Fondateur du bouddhisme., Bouddhisme
Source : Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), I, IX, p. 183-184, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, pp.54-55; voir aussi Potthapadasutta, I, 71, et XV,36  
(1) Il n'accomplit aucun acte portant sur la perception de la diversité Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules), XV, 36 (2) Cf. aussi Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules), XV, 36 et II, 72
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PREMIER DHYANA.
- "Alors détaché des désirs, détaché des mauvaises dispositions, il pénètre et demeure dans la joie, absorption, munie d'attention et d'analyse, née du détachement, faite de joie et de bonheur. Et de ce bonheur accompagné de joie, né du détachement, il inonde complètement, il remplit, il imprègne son être, et il n'est aucun point de son être qui n'en soit touché, […] "

DEUXIÈME DHYANA.
- " Ensuite, ô Roi, éliminant attention et analyse, le moine pénètre et demeure dans la seconde absorption, parfaite quiétude intérieure, plein bond du cœur, car non associée à l'attention et à l'analyse, faite de joie et de bonheur puisque née du samadhi. Et de ce bonheur accompagné de joie, né du samadhi, le moine inonde alors tout son être [ ... ] "

TROISIÈME DHYANA.
- " Ensuite, ô grand Roi, se détournant de la joie, le moine devient impassible ; alors, vigilant, attentif, il éprouve en tout son être ce bonheur auquel font allusion les mystiques quand ils s'écrient : " Impassible, vigilant, il séjourne dans le bonheur ". Ainsi pénètre-t-il et demeure-t-il dans la troisième absorption. Il inonde, remplit tout son être de ce bonheur dépouillé de la joie […] "

QUATRIÈME DHYANA
- " Ensuite, ô grand Roi, après avoir éliminé bonheur et douleur, aboli aise et malaise qu'il éprouvait précédemment, le moine pénètre et demeure dans la quatrième absorption, pureté totale, vigilance et impassibilité où il n'éprouve ni douleur ni bonheur. Il s'installe en cet état, et d'un cœur très pur, immaculé, il imprègne son être, et il n'en est aucun point qui ne soit touché par ce cœur bien purifié, immaculé."




Citation n° 808 : , (-560 -480), Fondateur du bouddhisme., Bouddhisme
Source : Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), III, p71-76, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.51  
Remarque : A la cime de tous les ravissements, la nirodhasamapatti (1) est la cessation totale des perceptions et des sensations; en ce ravissement lucide, on " touche " le nirvana de tout son être (kaya), seule demeure la conscience ineffable (2) en sa suprême nudité. [...] Les dhyana, pour les bouddhistes, couvrent toute la carrière du bodhisattva et ne constituent pas uniquement le palier du samadhi comme ils le feront dans les Yogasutra de Patanjali. Ils ont lieu à même l'univers sensible et l'on peut demeurer en état d'absorption tout en vaquant à des occupations ordinaires. Le dhyana est l'état de conscience de fond sur lequel peuvent se détacher ravissements et samadhi. C'est cet état dont se souvient Gotama quand, insatisfait de la pratique de ses premiers maîtres, il retrouve l'expérience qu'il avait faite spontanément sous l'arbre du jardin de son père. Parmi les degrés de dhyana, le dernier, le quatrième, a toujours été considéré comme le meilleur des états mystiques. En lui, Gotama réside quand il devient un Éveillé - car point d'Éveil sans équanimité; à partir de lui aussi, au moment de mourir, il entre en parinirvana. Les ravissements (samapatti) sont nettement distincts des absorptions et des samadhi. Sortes d'échappées hors du temps, ils correspondent aux extases des mystiques occidentaux. De durée nettement déterminée mais variable (on peut y demeurer un jour entier), ils plongent dans un bonheur où selon Buddhaghosa ne subsiste que la fine pointe de la conscience (ekaggacitta). L'arhat pour qui ont cessé impressions et notions peut être ravi une semaine entière dans le ravissement d'arrêt où il demeure inconscient du monde externe, sans intention (acitta), tout à sa félicité intérieure. (1) Mais comme des tendances inconscientes (samskara) peuvent encore demeurer assoupies dans ce samadhi d'arrêt, il ne faut pas le confondre avec le nirvana qui n'en comporte pas. (2) Cf. la conscience indifférenciée des Vijnanavadin.
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Les états d'extase divine, c'est Dieu qui les provoque tout entiers, quoique la sagacité des maîtres défaille à le comprendre. L'extase c'est une incitation, puis un regard [de Dieu] qui croit et flambe dans les consciences. Lorsque Dieu vient l'habiter aussi, la conscience double d'acuité, et trois phases s'offrent alors aux voyants :

Celle où la conscience est encore extérieure à l'essence de l'extase,
Celle où elle devient spectatrice étonnée,
Celle où la ligature du sommet de la conscience s'opère,
elle se tourne alors vers une face dont le regard la ravit à tout autre spectacle.




Citation n° 807 : , (Tûr, près d'al-Bayda, dans le Sud de l'Iran, 858 — Bagdad, 922), philosophe et mystique irannien, Islam, Soufisme
Source : Diwan, p54, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane "  
Remarque : Je pense, avec MM Massignon et Moreno, et au contraire de Nicholson, que le fana' soufi n'est aucunement l'équivalent du nirvana bouddhiste, soit même du Kaivalya indien (cf. L. Massignon, Essai p93 et MM. Moreno, Mystique Musulmane & Mystique Indienne p156-161). […] Le fana', état de ce qui est périssable, s'actualise, si l'on peut dire, dans la réduction au non être, un peu le " néontement " au sens existentialiste moderne. Il est dit dans le Coran que Dieu manifestera sa suprême Toute Puissance en faisant précéder le " jour du Jugement " par le fana' de la créature. Il l'anéantira pour ensuite la rappeler à l'être et la juger. […] Toutefois, tout dépend de la teneur même de l'expérience d'unicité, du tawhid, et ni fana', ni baqa' ne se peuvent traduire par des termes arrêtés une fois pour toutes. Ainsi, dans la ligne de l ' "Unicité du témoignage", le fana' pourra se présenter comme une extase du sujet dans l'objet, le tawhid devenant l'acte du sujet mû par Dieu, et le baqa' la substance du sujet en Dieu, par l'acte même de Dieu. Dans la ligne de " l'Unicité l'Etre) ", il s'agira d'une extase du sujet dans un acte d'abolition de l'objet, le tawhid étant l'acte (second) de suspens de tout acte (second) d'intelligence ou de volonté, dans une subsistance (baqa') ultime et indifférencié, ou une identification se consomme entre un " je " conçu comme divin et le " je " humain aboli en ses sources d'être, en son acte premier d'existence. De ce point de vue, l' " échec " de Bistami n'est échec que parce que sa foi monothéiste exigeante se refusait à transcrire en monisme de l'être, son expérience de suspens ultime. Le soufisme postérieur, influencé par Ibd Sina, et à travers lui, par Plotin, revêtira indûment ce monisme d'une transcription monothéiste.
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Le tajrid (1), c'est ne posséder rien
Le tafrid (2), c'est n'être possédé par rien.




Citation n° 806 : , (mort en 995), philosophe et mystique musulman, Islam, Soufisme
Source : Manuel de Khalabadhi, cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Les états d'esseulement, p 98 et suivantes.  
(1) & (2) il s'agit de deux etats spirituels.
Remarque : On explique souvent le tajrid comme un dépouillement, un détachement des apparences, des accidents, le tafrid devenant l'esseulement proprement dit, par abolition de toute " forme " y compris la sienne propre, une sorte d'au-delà des " états spirituels ". (en prenant ici " forme " (sura), non pas au sens technique aristotélicien que donnèrent à sura les philosophes hellénistes de l'Islam (falasifa), mais au sens primitif de " figure " : Dieu façonna l'homme " selon telle forme qu'il voulut " dit le Coran (82,8). Un peu la " forme propre " indienne (svarupa) ou l'essence sensible manifeste l'essence cachée de la chose (Cf. O. Lacombe " L'absolu selon le Védânta ". Le tajrid apparaît bien, chez un Hallaj ou chez un Bistami, ainsi qu'une voie de négation conceptuelle expérimentée, qui laisse l'homme seul avec lui-même face à une essence divine inaccessible. Il s'agit dans l'ensemble et plus profondément, d'une expérience de dégagement de toute saisie conceptuelle, dégagement de toute intelligibilité dans l'ordre de l'essence, l'homme, selon l'expression de Bistami " se démasquant de son moi comme le serpent de sa peau ". (Bistami) [...] Au-delà du tajrid, le tafrid (du moins dans le langage Hallagien), se présente comme " l'esseulement plénier " qui enferme en quelque sorte en soi même le fonds de l'âme. Mais il est à remarqué qu'ils soient présentés à lui comme des états non seulement qu'il fallait dépasser, mais auxquels il fallait renoncer : " le premier pas vers l'unification (tawhid) est la totale suppression du tafrid " (cité par Hujwiri, " Kashf al mahjub ", trad. Nicholson, p 281) [...] Il s'agit bien d'un esseulement expérimenté, esseulement du moi dans l'acte même de connaissance à l'égard de toute donnée objective (tajrid), ou esseulement du moi à l'égard de tout acte du moi (tafrid). Nous n'avons pas là un témoignage fort clair du mouvement de rétorsion propre à la mystique naturelle ? C'est avec raison me semble t'il, que M. Louis Massignon a pu mettre le tajrid en concordance avec l'entrée en samadhi ou " extase " encore différenciée, et le tafrid en concordance avec un approfondissement du samadhi. Par rapport à l'état terminal, tafrid se présente comme statique, et infirad comme dynamique. Ce tafrid, ce sera l'état d'esseulement obtenu, et l'infirad, l'état de l'âme mise en esseulement (par Dieu). […] Pour Hallaj donc, le tafrid (et à un degré moindre le tajrid) sera avant tout l'esseulement ascétique de la créature spirituelle repliée en son soi ineffable ; l'infirad désignera aussi bien l'esseulement de l'âme par Dieu et en Dieu, que l'esseulement de Dieu même dans le mystère de ses attributs ; l'ifrad enfin sera réservé à Dieu seul, pour signifier son inaccessible isolement, dans le mystère de son essence : et qui reste tel, alors même que l'âme énamourée de lui, en lui s'isole (ifarada). (ifrad exprimera en ce cas l'isolement parfait opéré par Dieu dans l'âme de l'extatique
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Alors, si la volonté [du soufi] est sincère, son effort spirituel pur, et sa persévérance parfaite, s'il n'a pas été entraîné en sens contraire par ses passions, ni préoccupé par l'inquiétude de ces attaches au monde, les lueurs de la vérité brilleront en son cœur. Ce sera au début comme l'éclair rapide qui ne demeure pas, puis qui revient mais tarde parfois. S'il revient, tantôt il demeure, et tantôt il ne fait que passer. S'il demeure tantôt sa présence se prolonge et tantôt elle ne se prolonge pas. Et tantôt des illuminations semblables à la première apparaissent, se succédant les unes les autres ; tantôt tout se réduit à un seul mode. Les demeures (modes divers sous lesquels se présentent les illuminations) des saints sont innombrables, de même que sont innombrables les différences entre leurs naturels et leurs caractères.




Citation n° 805 : , philosophe et mystique musulman, Islam, Soufisme
Source : Ihya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din "  
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Les feux du Dhikr ne s'éteignent pas, et ses lumières ne s'enfuient pas […] Tu vois toujours des lumières montantes et d'autres descendantes ; les feux autour de toi sont clairs, très chauds, et ils flambent.




Citation n° 476 : , mort en 1309, philosophe et mystique musulman, Islam, Soufisme
Source : Miftah al falah, p 6, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Dhikr de l'intime, p226 et suivantes  
Remarque : Pour les soufis, la lumière effusante qui accompagne le " Dhikr de l'intime ", et qui ne s'éteint plus, est bien une lumière divine. Le mécanisme du Dhikr, orienté par l'intention du cœur, a libéré la part divine de l'esprit humain, continuellement émanée de Dieu, par Son Commandement, dans le cœur de l'homme. Nous serions assez proche ici de la " trace de l'UN " plotinienne, si bien que l'apparition de la lumière, obligée par le soufi qui a atteint le Dhikr de l'intime, devient comme le signe d'une mise en communication directe avec les mondes supra-terrestres. En elle est ciselée la figure de la Malakut (" Royaume ") et s'irradie en elle la sainteté de la Lahut (monde des essences divines).
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Ziqi de Nanguo, accoudé sur un guéridon,
En extase, comme privé de son compagnon,
Soupirait doucement vers le ciel.
Yancheng Ziyou, debout à ses côtés :
"Que se passe t-il ?
Peux tu faire de ton corps un bois sec
Et de ton esprit (xin) une cendre morte ?
Cet homme accoudé n'est point celui d'hier ! "
Ziqi répondit :
" A l'instant, le sais-tu, j'ai perdu mon moi.
De l'homme tu entends le chant,
Mais de la terre rien encore.
Et, si de la terre tu entends la rumeur,
Au Ciel, ô combien sourd tu demeures ! "




Citation n° 245 : , co-fondateur présumé du Taoïsme, Taoisme
Source : Zhuangzi, chap.II, traduction par Isabelle Robinet  
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