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Victor Hugo
Retour et nouveaux exils
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Victor Hugo : Retour et nouveaux exils

Victor Hugo Après le désastre de Sedan, le 1er septembre 1870, la république est proclamée le 4, et, dès le 5, Victor Hugo est à Paris, qui fête en lui le retour de la liberté. Son nom ou son effigie est partout: médailles, ballons, voire canons. Dans Paris assiégée, on chante les Châtiments. La famille se retrouve, agrandie de l'épouse et des deux enfants de Charles, Georges et Jeanne. Victor Hugo supporte gaiement les privations du siège – «nous mangeons de l'inconnu». Ses fils ont lancé un journal républicain de résistance, le Rappel.

La paix «hideuse» est signée le 1er mars 1871. Élu député de la gauche républicaine, Hugo, épouvanté par l'Assemblée de Bordeaux, monarchiste et provocatrice, démissionne le 10; le 13, la mort de Charles l'écarte de la vie politique au moment même où commence la Commune de Paris. Il en voit l'aventurisme, s'en désolidarise malgré sa sympathie et reste à Bruxelles, où il règle les affaires familiales. Mais la semaine sanglante et ses massacres le déterminent à offrir publiquement l'asile, chez lui, aux communards en fuite. Ce qui lui vaut une esquisse de lynchage et une expulsion de plus. Après un été au Luxembourg, où l'art d'être grand-père calme son amertume, Victor Hugo rentre à Paris pour défendre les victimes du nettoyage politique, fusillés et déportés en masse. À cette république en mal de monarchie, répressive, il préfère de nouveau l'exil de Guernesey, où, en 1872-1873, il écrit d'un trait Quatrevingt-Treize: la Révolution et la Commune s'y répondent.

La mort le rappelle à Paris; François Victor meurt à la Noël 1873. Seule lui reste sa fille Adèle, morte-vivante en sa folie. Victor Hugo, à soixante-dix ans, n'est plus le père tyrannique de personne. Il se découvre «aïeul sans frein», grand-père jusqu'à l'anarchie. Une dernière vie commence. Pour Georges et Jeanne, il est «papapa»; pour Juliette, qui le sait facilement amoureux, une «horrible canaille». Pour les habitués de son salon, les Goncourt, Gambetta, Flaubert, il est «l'immense vieux», impossible et indispensable. Sénateur en 1876, il demande en vain l'amnistie des communards; à la tête d'une union de la gauche et des libéraux, il contribue efficacement, en 1877, à sauver la république.

L'apothéose du père Hugo


Les hommages pleuvent sur Victor Hugo. De la communale à la Sorbonne, toute l'École, enfin laïque, récite ses vers. Le 26 février 1881, près de 600 000 Parisiens, ouvriers, écoliers, orphéons et fanfares, déferlent en un océan de foule et de fleurs sous ses fenêtres de l'avenue d'Eylau, bientôt rebaptisée de son nom, gloire sans précédent pour un poète vivant. La république bourgeoise enterre sous les honneurs le vieil anarchiste railleur.

Au terme de sa vie et du siècle inventeur des poètes maudits, Hugo a tout: consécration officielle et populaire, autorité morale et politique, fortune. De là sans doute un agacement qu'exprime une réputation de pingrerie, fort imméritée par un homme souvent généreux envers les pauvres et dont le travail a toujours entretenu toute une tribu dépensière et oisive. En 1883, son testament prévoit: «Je donne cinquante mille francs [2,5 millions actuels] aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l'oraison de toutes les Églises. Je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu

Victor Hugo meurt peu après Juliette, le 22 mai 1885. Le corbillard des pauvres emporte le cercueil vers des funérailles nationales, de l'Arc de triomphe au Panthéon, rendu à cette occasion par la république à sa vocation révolutionnaire: recevoir les grands hommes de la patrie. Bravant la force de la mort, 2 millions d'hommes et de femmes crient «Vive Victor Hugo!».

Un écrivain prolixe


Parlant toutes les langues, Victor Hugo sait être mage de la pensée, rêveur visionnaire, tribun du peuple, Homère des pauvres. «Enfant sublime», père acharné, amant multiplié, grand-père enfant, Hugo vit chacun de ses âges comme une invention et un absolu, à la démesure de son œuvre et de son temps.

Son originalité et son écrasante royauté sur la littérature de son temps tiennent d'abord à l'immensité d'une œuvre irréductible à un genre (comme Balzac), à un style (comme Flaubert), à un projet (comme Zola), à une aventure (comme Rimbaud). Où classer un écrivain qui a non seulement pratiqué toutes les formes littéraires, mais cultivé en chacune une diversité calculée?


  
  
  
  
  





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