BERESCHITH
Onelittleangel > > BERESCHITH  >
(90 Verses | Page 1 / 2)
Version Jean de Pauly
A- | A | A+ | T+

Versions
Comparer
(Ⅰ)

[15a]  
[...] Il est écrit (Gen. , I, 1) : « Bereschith » par le commencement. Avant toutes choses, le Roi a permis la transformation du vide en un éther transparent, fluide impondérable, pareil à la lumière provenant des corps phosphorescents. Ensuite, par un mystère des plus secrets de l’Infini, ce fluide se métamorphosa en un gaz dépourvu de toute configuration, aériforme, ni blanc, ni noir, ni rouge, ni vert, ni d’aucune couleur. Ce n’est que quand Dieu. fit prendre à la matière des contours (1), qu’il donna naissance à cette variété de couleurs qui, en réalité, n’existent pas dans la matière, n’étant dues qu’aux modifications que subit la lumière, selon les corps qu’elle éclaire. Dans la lumière il existe une onde qui est la cause efficiente de la variété des couleurs en ce bas monde. Ainsi, par un mystère des plus secrets, l’Infini frappa avec le son du Verbe le vide, bien que les ondes sonores ne soient point transmissibles dans le vide (2). Le son du Verbe constituait donc le commencement de la matérialisation du vide. Mais cette matérialisation serait toujours demeurée à l’état d’impondérabilité, si, au moment de frapper le vide, le son du Verbe n’eût fait jaillir le point étincelant, origine de la lumière, qui constitue le mystère suprême et dont l’essence est inconcevable. C’est pour cette raison que le Verbe est appelé « Commencement », attendu qu’il est l’origine de toute la création (3).
Il est écrit (Dan. , XII, 3) : « Ceux qui auront été savants brilleront comme la lueur du ciel, et ceux qui en auront instruit plusieurs dans la voie de la justice luiront comme des étoiles dans toute l’éternité. » Le mot « lueur » (Zohar) désigne l’étincelle que le Mystérieux fit jaillir au moment de frapper le vide et qui constitue l’origine de l’univers, qui est un palais construit pour la gloire du Mystérieux. Cette étincelle constitue en quelque sorte la semence sacrée du monde. Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Is. , VI, 13) : « Et la semence à laquelle elle doit son existence est sacrée. » Ainsi le mot « lueur » (Zohar) désigne la semence qu’il a jetée pour sa gloire, puisque la création a pour but la glorification de Dieu. Tel un mollusque dont on extrait la pourpre revêtu de sa coquille, la semence divine est entourée de la matière qui lui sert de palais édifié pour la gloire de Dieu et le bien du monde. Ce palais, dont s’est entourée la semence divine, est appelé « Élohim » (Seigneur). Tel est le sens mystique des paroles : « Avec le Commencement il créa Élohim », c’est-à-dire, à l’aide de la « lueur » (Zohar), origine de tous les Verbes (Maamaroth), Dieu créa « Élohim » (Seigneur). Que l’on ne s’étonne pas que l’Écriture ait employé le terme « créa» pour désigner la manifestation d’Élohim, bien que celui-ci soit d’essence divine, attendu que l’Écriture dit également (Gen. , I, 27) : « Et créa Élohim à son image l’homme ». Par le mot « lueur » (Zohar), l’Écriture désigne le Mystérieux appelé « Bereschith» (Commencement), parce qu’il est le commencement de toutes choses. Lorsque Moïse demanda à Dieu quel était son nom, celui-ci lui répondit (Ex. , III, 14) : « Ehïé ascher Ehïé » (hyha rsa hyha = Je suis celui qui suis). Le nom sacré d’ « Ehïé » figure des deux côtés, alors que le nom d’« Élohim » forme la couronne, puisqu’il figure au milieu ; car « Ascher » est synonyme d’« Élohim », attendu que le nom « Ascher » est formé des mêmes lettres qui composent le mot « Rosch (sar) » (tête, couronne). « Ascher », qui est le même que « Élohim », procède de « Bereschith ». Tant que [...]

בְּרֵאשִׁית בְּרֵישׁ (נ''א בראשית בחכמתא דמלכא גליף וכו) הוּרְמְנוּתָא דְמַלְכָּא, גָּלִיף גְּלוּפֵי (נ''א גליפו) בִּטְהִירוּ עִלָּאָה בּוּצִינָא דְּקַרְדִינוּתָא, וְנָפִיק גּוֹ סָתִים דִּסְתִימוּ מֵרִישָׁא (נ''א מרזא) דְּאֵי''ן סוֹ''ף קוּטְרָא (פירוש עשן) בְּגוּלְמָא, נָעִיץ בְּעִזְקָא לָא חִוָּור וְלָא אוּכָם וְלָא סוּמָק וְלָא יָרוֹק ולָא גּוָֹון כְּלָל, כַּד (נ''א הדר) מָדִיד מְשִׁיחָא עָבִיד גּוָֹונִין לְאַנְהָרָא, לְגוֹ בְּגוֹ בּוֹצִינָא נָפִיק (נ''א ונפיק) חַד נְבִיעוּ דְּמִנֵּיהּ אִצְטַבְּעוּ גּוָֹונִין לְתַתָּא. סָתִים גּוֹ סְתִימִין דְרָזָא דְּאֵי''ן סוֹ''ף בָּקַע וְלָא בָּקַע אֲוִירָא דִּילֵיהּ לָא אִתְיְידַע כְּלָל, עַד דְּמִגּוֹ דְּחִיקוּ דִּבְקִיעוּתֵיהּ נָהִיר (כ' א) נְקוּדָה חָדָא סְתִימָא עִלָּאָה, בָּתַר הַהִיא נְקוּדָה לָא אִתְיְידַע כְּלָל, וּבְגִין כָּךְ אִקְרֵי רֵאשִׁית מַאֲמַר קַדְמָאָה דְּכֹלָּא:

השלמה מההשמטות (סימן א)

בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלֹהִים ''אֶת ''הַשָׁמַיִם ''וְאֶת ''הָאָרֶץ רָאשֵׁי תֵיבִין אהו''ה דְבֵּיהּ אִתְבְּרִיאוּ שְׁמַיָא וְאַרְעָ'א א''ה בֵּיה אִתְבְּרִיאוּ שְׁמַיָא וָ''ה בֵּיה אִתְבְּרִיאַת (אתבריאו) אַרְעָא וְכָל מָה דְּאִית בָּהּ וְהוּא יָהִיב תִּיאוּבְתָּא בְכָל אִילָנִין וְעִשְׂבִּין דִּי בְּאַרְעָא וְהוּא מָה שֶׁאָמְרוּ אֵין לְךָ כָּל עֵשֶׂב וְעֵשֶׂב מִלְמַטָּה שֶׁאֵין מְמוּנֶה עָלָיו מִלְמַעְלָה וְשׁוֹמֵר אוֹתוֹ שְׁמָכֶּה אוֹתוֹ וְאוֹמֵר לוֹ גְדָל שֶׁנֶּאֱמַר (איוב ל״ח:ל״ג) הֲיָדַעְתָּ חוּקוֹת שָׁמַיִם אִם תָּשִׂים מִשְׁטָרוֹ בָּאָרֶץ: (עד כאן מההשמטות) :

(דניאל י״ב:ג׳) וְהַמַּשְׂכִּילִים יַזְהִירוּ כְּזֹהַר הָרָקִיעַ וּמַצְדִּיקֵי הָרַבִּים כַּכּוֹכָבִים לְעוֹלָם וָעֶד. זֹהַר סְתִימָא דִסְתִימִין, בָּטַשׁ אֲוִירָא דִילֵיהּ (דמטי ולא מטי) (נ''א ואנהיר) בְּהַאי נְקוּדָה (ס''א נהורא) וּכְדֵין אִתְפַּשַׁט הַאי רֵאשִׁית וְעָבִיד לֵיהּ הֵיכָלָא לִיקָרֵיהּ וּלְתוּשְׁבַּחְתֵּיהּ (יקרא להיכליה ולתושבחתא). (נ''א וליקריה ולהיכליה ולתושבחתיה). תַּמָּן זָרַע זַרְעָא דְקוּדְשָׁא לְאוֹלָדָא לְתוֹעַלְתָּא דְעָלְמָא, וְרָזָא דָא (ישעיהו ו׳:י״ג) זֶרַע קֹדֶשׁ מַצַּבְתָּהּ. זֹהַר דְּזָרַע זַרְעָא לִיקָרֵיהּ, כְּהַאי זַרְעָא דְמֶשִׁי דְאַרְגְּוָון טָב דְּאִתְחֲפֵי לְגוֹ וְעָבִיד לֵיהּ הֵיכָלָא דְאִיהוּ תּוּשְׁבַּחְתָּא דִילֵיהּ וְתוֹעַלְתָּא דְּכֹלָּא. בְּהַאי רֵאשִׁית בְּרָא הַהוּא סְתִימָא דְּלָא אִתְיְידַע לְהֵיכָלָא דָא. הֵיכָלָא דָא אִקְרֵי אֱלהִים, וְרָזָא דָא בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלהִים.

זֹהַר דְּמִנֵּיהּ כֻּלְהוּ מַאֲמָרוֹת אִתְבְּרִיאוּ בְּרָזָא דְאִתְפַּשְׁטוּתָא דִנְקוּדָה דְּזֹהַר סָתִים דָּא. אִי בְּהַאי כְּתִיב בָּרָא, לֵית תְּוָוהָא דִּכְתִיב, (בראשית א׳:כ״ז) וַיִּבְרָא אֱלֹהִים אֶת הָאָדָם בְּצַלְמוֹ, זֹהַר רָזָא דָא בְּרֵאשִׁית קַדְמָאָה דְכֹלָא שְׁמֵיהּ אהיה שְׁמָא קַדִּישָׁא גְלִיפָא בְּסִטְרוֹי (נ''א נהיר ונ''א בגלפא נהיר) אֱלהִים. גְּלִיפָא בְּעִיטְרָא (נ''א בגלופא דעיטרא) אֲשֶׁ''ר הֵיכָלָא טָמִיר וְגָנִיז, שְׁרִיאוּתָא דְרָזָא דְרֵאשִׁית. אֲשֶׁ''ר רֹא''שׁ דְּנָפִיק מֵרֵאשִׁית.

וְכַד

(Ⅰ)

*****

[15b]  
[...] l’étincelle divine était enfermée dans le palais sublime, c’est-à-dire avant de se manifester, elle ne formait aucune particularité propre à être désignée dans l’essence divine par un nom quelconque ; le Tout ne formait qu’Un, sous le nom de « Rosch ». Mais lorsque Dieu créa, à l’aide de la semence sacrée « (Ascher»), le palais de la matière, « Ascher » se dessina dans l’essence divine ; c’est alors seulement qu’« Ascher » prit, dans l’essence divine, la forme d’une tête de couronne (« Rosch »), étant situé au milieu (Ehîé ascher Ehîé). Or, le mot « Bereschith » (tysarb) renferme le mot « Rosch » (sar), synonyme d’« Ascher » ; il forme les mots « Rosch » (sar) et « Baïth » (tyb), c’est-à-dire « Rosch » enfermé dans un palais (« Baïth »). Les paroles : « Bereschith bara Élohim» signifient donc : Lorsque «Rosch», synonyme d’ « Ascher», servit de semence divine au palais de la matière, fut créé « Élohim » ; c’est-à-dire Élohim se dessina dans l’essence de Dieu. De même que celle-ci est l’origine de toute fécondité, de même les savants sont féconds. Et de quelle nature est cette fécondité ? Elle est semblable à un point qui donne naissance à toutes les lettres. Lorsque le point étincelant, qui est la semence du palais de la matière, se dessina, le Tout prit la forme de trois points, représentés par les points voyelles : Holem (.) Schoureq (4) (...) et Hiréq (.), qui se confondent l’un dans l’autre et ne forment qu’un seul mystère. Au moment où le son du Verbe de Dieu retentit, l’essence génératrice, qui embrasse toutes les lettres (de l’Aleph jusqu’au Thav, ainsi qu’il est écrit : « Eth ha-schamaïm », « les cieux», où le mot Eth, composé d’Aleph et de Thav, désigne l’essence génératrice), se manifesta également. De sorte que le Verbe, formant la semence divine, et appelé « Ascher », se trouve au milieu, entre l’essence fécondante, le premier « Ehïé », et l’essence génératrice, le dernier « Ehïé » (« Ehîé ascher Ehïé »). La «lueur » (Zohar) désigne également l’essence génératrice, qui embrasse toutes les lettres.
C’est pourquoi l’Écriture compare les savants à cette lueur, parce que ceux-ci embrassent également toute la doctrine. Telle est également la signification du verset (Deut. , VI, 4) : « Écoute, Israël, Jéhova, Élohénou, Jéhova est un. » ((5)) Ces trois noms divins désignent les trois échelles de l’essence divine exprimées dans le premier verset de la Genèse : « Bereschith bara Élohim eth ha-schamaïm. » « Bereschith » désigne la première hypostase mystérieuse ; « bara » indique le mystère de la création ; « Élohim » désigne la mystérieuse hypostase qui est la base de toute la création ; « eth haschamaïm » désigne l’essence génératrice. L’hypostase « Élohim» forme le trait d’union entre les deux autres, la fécondante et la génératrice, qui ne sont jamais séparées et ne forment qu’un Tout. Élohim est suivi du mot « eth », parce qu’il est le commencement et la fin de toutes choses, semblable au mot « eth » composé de la première et de la dernière lettre de l’alphabet. Si l’on ajoute au mot « eth » la lettre « hé », qui forme l’article du mot suivant « ha-schamaïm », on obtient le mot «Atha » (tu). C’est à l’hypostase appelée « Élohim » ou «Atha» que font allusion les paroles de l’Écriture (Néhémias, IX, 6) : « Tu (Atha) donnes la vie à toutes les créatures. »
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Eth ha-schamaïm v’eth haareç » (les cieux et la terre), afin d’indiquer que l’hypostase désignée par le mot « eth » et servant de trait d’union entre les deux autres hypostases, la fécondante et la génératrice, sert aussi de trait d’union entre les cieux et la terre. « Eth » a de commun avec les cieux qu’il est d’essence divine, et avec la terre qu’il est aussi fécond que celle-ci ; car des trois éléments que l’œil aperçoit, le firmament, la terre et l’eau, la terre seule produit des plantes et des fruits. Ce que l’on vient d’exposer constitue le mystère suprême de la création. Mais, continuons. « Bereschith » est formé des lettres constituant les mots « bara schith » (créa six), pour faire allusion au mystère (6) renfermé dans les paroles de l’Écriture « d’une extrémité du ciel jusqu’à l’autre extrémité du ciel ». Car il y a six directions célestes auxquelles correspondent les six directions d’ici-bas ; toutes convergent vers les trois points représentant l’essence divine, qui à leur tour ne sont qu’un. C’est ce mystère qui est renfermé dans le nom divin de quarante-deux lettres.
Il est écrit (Dan. , XII, 3) : « Les savants brilleront comme la lueur du ciel. » L’Écriture compare les savants aux accents bibliques qui servent au chant des mots. De même que les lettres et les points-voyelles obéissent aux accents servant au chant et se plient aux exigences de la mélodie, telles des armées se réglant sous le commandement de leur roi, les lettres ne formant que le corps des mots et les points-voyelles n’en constituant que la vie, sont nécessairement assujettis aux accents du chant qui en sont l’âme - de même les savants animent, par leur intelligence, les lettres et les points-voyelles. Tel est le sens des paroles de l’Écriture : « Les savants font luire, comme la lueur du ciel », c’est-à-dire, ils font luire, par leur intelligence, les lettres et les points-voyelles, comme la mélodie, appelée « lueur du ciel ».
L’Écriture ajoute : « Et ceux qui instruisent plusieurs dans la voie de la justice luiront comme des étoiles dans toute l’éternité. » Par le mot « étoiles » l’Écriture désigne les signes de ponctuation servant à séparer les membres d’une phrase et qui rendent les mots intelligibles. L’Écriture dit que les savants qui instruisent plusieurs personnes dans la voie de la justice, c’est-à-dire, qui les guident à travers les sentiers secrets de la doctrine ésotérique, jettent sur celle-ci autant de clarté que les signes de ponctuation, appelés « étoiles », en jettent sur le texte. Ainsi, les savants sont, ici-bas, les colonnes du palais céleste ; et c’est grâce à leur intelligence que les profanes peuvent entrevoir les splendeurs du monde céleste. Le mot « savants » ou « intelligents » (maskilim) explique aussi l’idée de « bienfaiteurs », ainsi qu’il est écrit (Ps. , XLI, 1) : « Heureux l’homme qui a de l’intelligence (7) sur les pauvres. » L’Écriture dit que les savants font luire les splendeurs du ciel, car, sans leur enseignement, aucun œil ne saurait en entrevoir les beautés.
L’Écriture ajoute : « Comme la lueur du ciel », c’est-à-dire, comme la lueur du firmament étendu [...]

אִתְתַּקַּן לְבָתַר נְקוּדָה וְהֵיכָלָא (בסדרא) (כסדרא) כְּחֲדָא, כְּדֵין בְּרֵאשִׁית כָּלִיל (ראשית) רֵאשִׁיתָא עִלָּאָה בְּחָכְמְתָא. לְבָתַר אִתְחַלַּף גַּוָּון הַהוּא הֵיכָלָא וְאִקְרֵי בַּיִת. (נ''א ומיניה אתחדש היכלא) נְקוּדָה עִלָּאָה אִקְרֵי רֹא''שׁ. כָּלִיל דָּא בְּדָא בְּרָזָא בְּרֵאשִׁית, כַּד אִיהוּ כֹּלָּא כְּחֲדָא בִּכְלָלָא חָדָא עַד לָא הֲוֵי יִשּׁוּבָא בְּבֵיתָא, כֵּיוָן דְּאִזְדְּרַע לְתִקּוּנָא דְּיִשּׁוּבָא כְּדֵין אִקְרֵי אֱלהִים טְמִירָא סְתִימָא:

זֹהַר סָתִים וְגָנִיז כַּד בְּנִין (ס''א עד דבנין) בְּגַוֵּיהּ לְאוֹלָדָא וּבֵיתָא קַיָּימָא בִּפְשִׁיטוּ דְתִקּוּנָא דְּאִנּוּן זֶרַע קֹדֶשׁ. וְעַד לָא אִתְעֲדִיאַת וְלָא אִתְפַּשַּׁט פְּשִׁיטוּ דְיִשּׁוּבָא לָא אִקְרֵי אֱלהִים, אֶלָּא כֹּלָּא בִּכְלָלָא בְּרֵאשִׁית, לְבָתַר דְּאִתְתַּקַּן בִּשְׁמָא (בלק ר''ב) דְּאֱלהִים אַפִּיק אִנּוּן תּוֹלָדִין מֵהַהוּא זַרְעָא דְאִזְדְּרַע בֵּיהּ. מַאן הַהוּא זַרְעָא, אִנּוּן אַתְוָון גְּלִיפָן רָזָא דְאוֹרַיְיתָא דְּנָפְקוּ מֵהַהִיא נְקוּדָה.

הַהִיא נְקוּדָה זָרַע בְּגוֹ הַהוּא הֵיכָלָא רָזָא (נ''א זרעא) דִתְלַת נְקוּדִין חֹלָ''ם, שׁוּרֻ''ק, חִירִ''ק. וְאִתְכְּלִילוּ דָּא בְּדָא וְאִתְעֲבִידוּ רָזָא חָדָא. קוֹ''ל דְּנָפִיק בְּחִבּוּרָא חָדָא. בְּשַׁעֲתָא דְּנָפַק, נַפְקַת בַּת זוּגֵיהּ בַּהֲדֵיהּ דְּכָלִיל כָּל אַתְוָון. דִּכְתִיב אֶ''ת הַשָּׁמַיִ''ם, קוֹל וּבַת זוּגוֹ. הַאי קוֹל דְּאִיהוּ שָׁמַיִם אִיהוּ אֶהֱיֶ''ה בַּתְרָאָה. זֹהַר דְּכָלִיל כָּל אַתְוָון וּגְוָונִין, כְּגַוְונָא (נ''א זרעא) דָא.

עַד הָכָא יהוה אֱלֹהֵינוּ יהוה, אִלֵּין תְּלָתָא דַרְגִין לָקֳבֵל רָזָא דָא עִלָּאָה בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלהִים. בְּרֵאשִׁית רָזָא קַדְמָאָה. בָּרָא רָזָא סְתִימָא לְאִתְפַּשְׁטָא מִתַּמָּן כֹּלָּא. אֱלהִים רָזָא לְקַיָּימָא כֹּלָּא לְתַתָּא. אֶת הַשָּׁמַיִם, דְּלָא לְאַפְרָשָׁא לוֹן דְּכַר וְנוּקְבָא כְּחֲדָא.

אֶ''ת כַּד נָטִיל אַתְוָון כֻּלְהוֹן כְּלָלָא (פקודי רל''ד) דְּכֻלְהוּ אַתְוָון אִנּוּן רֵישָׁא וְסוֹפָא. לְבָתַר אִתּוֹסַף הֵ''א לְאִתְחַבְּרָא כֻּלְהוּ אַתְוָון בְּהֵ''א וְאִתְקְרֵי אַתָּ''ה. וְעַל דָּא (נחמיה ט׳:ו׳) וְאַתָּ''ה מְחַיֶּה אֶת כֻּלָּם. (כ''ח א) אֶת רָזָא אדני וְהָכִי אִקְרֵי. הַשָּׁמַיִם דָּא יהו''ה רָזָא עִלָּאָה.

וְאֶ''ת תִּקּוּנָא דְּכַר וְנוּקְבָא. וְאֶ''ת רָזָא וְיהו''ה, וְכֹלָּא חַד. הָאָרֶץ דָּא אֱלהִים כְּגַוְונָא עִלָּאָה לְמֶעְבַּד פֵּירִין וְאִיבִּין. שְׁמָא דָא כְּלִילָא בִּתְלַת דּוּכְתֵּי, וּמִתַּמָּן אִתְפְּרַשׁ שְׁמָא דָא לְכַמָּה סִטְרִין. עַד הָכָא רָזָא דְּסִתְרָא דְסִתְרִין דְּגָלֵיד וּבָנֵי וְקִיֵּים בְּאֹרַח סָתִים בְּסִתְרָא דְּחַד קְרָא. מִכָּאן וּלְהָלְאָה

השלמה מההשמטות (סימן ב)

מַתְנִיתִין קְטוּרֵי רָמָאֵי הוֹרְמָנֵי דְבּוּרְיְירֵי קְרִיבוּ שְׁמָעוּ מָאן מִנְּכוֹן דְסָלִיק וְנָחִית מָאן כְּנַשׁ רוּחָא בִּידוֹי יְקוּם וְיִנְדַּע בְּשַׁעְתָּא דְסָלִיק בִּרְעוּתָא דְרֵישָׁא חִיוָרָא לְמֶעְבָּד יְקָרָא לִיקָרֵיהּ סָלִיק חַד טְהִירוּ סְתִימוּ בְּרִישָׁא דְכֹלָא נָשָׁב בָּהּ וְאַפִּיק קוּמְרִין טְהִירִין מִתְחַבְּרָן כַּחֲדָא כֹּלָּא וּסְלִיקוּ וְנַחְתוּ וְאִתְעֲבִיד כֹּלָּא חַד וְהַהוּא טְהִירוּ סְתִימוּ כַּד נָשִׁיב בָּהּ וְאַנְהִיר אִקְרֵי אהי''ה הַהוּא טְהִירוּ סַלְקָא וְנַחְתָא וְזָרִיק זִיקִין נְצִיצִין וְאַנְשִיב בָּהּ (ואפיק בה) וְאַפִּיק חַד חֵילָא טְמִירָא וְאִיקְרֵי שְׁמֵיהּ אֲשֶׁר אהי''ה בִּגְלִיפוּ טָמִיר וְסָתִים אִינוּן קוּמְרִין טְהִירִין דְּאִתְחַבְּרוּ מִגּוֹ חַד טִינָרָא סָתִים נָפְקֵי (נפקו) בְּגִלּוּפָא בְּחֵילָא דְּהַהוּא טְהִירוּ עִלָּאָה וְאִיקְרֵי יהו''ה.

תּוּ נָשִׁיב בָּהּ וְאַפִּיק זִיקִין נְצִיצִין זַרְקִין לְכָל עֵיבָר וְאַפִּיק חַד חֵילָא טְמִירָא נָצִיץ לְכָל סְטָר וְאִיקְרֵי א''ל (חסד). תּוּ הַהוּא טְמִירָא טְהִירוּ סָתִים נָשָׁב בָּהּ וְסַלְקָא וְנַחְתָּא וְסַלִּיק בְּאֶלֶף וּמָאתָן קִיטוּרִין דְנוּרָא וְאַפִּיק חַד חֵילָא טְמִירָא וְאִיקְרֵי אֱלֹהִים וְדָא גְבוּרָה. מֵהַאי מִתְפַּשְּׁטָן חֵילִין טְמִירִין לַהָטִין לְכָל סְטָר מִנְּהוֹן דִּי מִתָקְנָן בְּתִיקוּנֵי יֵאוֹת וּמִנְהוֹן דִּי מִתָקְנָן בְּתִיקוּנֵי אַחֲרָא.

תּוּ נָשִׁיב בָּהּ וְאַפִּיק חַד חֵילָא טְמִירָא דְאִיתְקְרֵי יהו''ה מִדַּת רַחֲמִים וְאִקְרֵי שָׁמַיִם (תפארת), וְקַיְימָא בֵּין תְרֵין חֵילִין דְאִיקְרוּן צבאו''ת מֵהַאי נָפְקַן (נפקו) (נפרקו) כָּל חֵילִין וְכָל מַשִׁירְיָין עִילָאִין כָּל חַד וְחַד לִזְנֵיהּ לְקַיְימָא וּלְהַנְהַגָא עָלְמִין עָלֵיהּ כְּתִיב (תהלים פ''ד) יְיָ צְבָאוֹת אַשְׁרֵי אָדָם בוֹטֵחַ בָּךְ: (עד כאן מההשמטות) בְּרֵאשִׁית, בָּרָא שִׁי''ת, מִקְצֵה הַשָּׁמַיִם וְעַד קְצֵה הַשָּׁמַיִם, שִׁית סִטְרִין דְּמִתְפַּשְׁטָן מֵרָזָא עִלָאָה בְּאִתְפַּשְׁטוּתָא (נ''א משלש נקודות) דְּבָרָא מִגּוֹ נְקוּדָה קַדְמָאָה. בָּרָא אִתְפַּשְׁטוּתָא דְּחַד (נ''א מגו) נְקוּדָה דִלְעֵילָא. וְהָכָא אַגְלִיף רָזָא שְׁמָא דְּאַרְבְּעִין וּתְרֵין אַתְוָון: (דניאל י״ב:ג׳) וְהַמַּשְׂכִּילִים יַזְהִירוּ, כְּגַוְונָא דִתְּנוּעֵי (נ''א דטעמי) דִּמְנַגְנֵי, וּבְנִגּוּנָא דִילְהוֹן אָזְלִין אַבַּתְרַיְיהוּ אַתְוָון וְנִקּוּדֵי, וּמִתְנַעְנְעָן אַבַּתְרַיְיהוּ כְּחַיָּילִין בָּתַר מַלְכֵיהוֹן. (תקונים כ''ד) גּוּפָא אַתְוָון, וְרוּחָא נְקוּדֵי. כֻּלְהוּ נְטָלוּ בְּמַטְלָנֵיהוֹן בָּתַר תְּנוּעֵי (נ''א טעמי) וְקַיְימֵי בְּקִיּוֹמַיְיהוּ. כַּד נִגּוּנָא דְּטַעֲמֵי נָטִיל, נָטְלֵי אַתְוָון וְנִקּוּדֵי אַבַּתְרַיְיהוּ. כַּד אִיהוּ פָּסִיק אִנּוּן לָא נָטְלִין וְקַיְימֵי בְּקִיּוּמַיְיהוּ.

וְהַמַּשְׂכִּילִים יַזְהִירוּ, אַתְוָון וְנִקּוּדֵי. כְּזֹהַר נִגּוּנָא דְּטַעֲמֵי. הָרָקִיעַ אִתְפַּשְׁטוּתָא דְּנִגּוּנָא כְּגוֹן אִנּוּן דְּמִתְפַּשְׁטֵי בִּפְשִׁיטוּ וְאָזְלוּ בְּנִגּוּנָא. וּמַצְדִיקֵי הָרַבִּים אִנּוּן פִּסּוּקֵי דְטַעֲמֵי דְּפַסְקֵי בְּמַטְלָנֵיהוֹן דִּבְגִין כָּךְ אִשְׁתְּמַע מִלָּה. יַזְהִירוּ אַתְוָון וְנִקּוּדֵי וְנַהֲרִין כְּחֲדָא בְּמַטְלָנִין (במטלניהון) בְּרָזָא דִסְתִימוּ בְּמַטְלָנוּתָא (נ''א באנון) כְּאִנּוּן שְׁבִילִין סְתִימִין. מֵהַאי אִתְפַּשַּׁט כֹּלָּא. וְהַמַּשְׂכִּילִים יַזְהִירוּ כְּזֹהַר הָרָקִיעַ אִנּוּן קַיָּימִין וְסַמְכִין דְּהַהוּא אַפִּרְיוֹן. הַמַּשְׂכִּילִים אִנּוּן קַיָּימִין וְסָמְכִין עִלָאִין דְּאִנּוּן מִסְתַּכְּלֵי בְּסֻכְלְתָנוּ בְּכָל מַה דְּאִצְטְרִיךְ הַהוּא (כט א) אַפִּרְיוֹן וְסָמְכִין (נ''א דביה) דִּילֵיהּ. סִתְרָא דָא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (תהילים מ״א:ב׳) אַשְׁרֵי מַשְׂכִּיל אֶל דָּל. יַזְהִירוּ, דְּאִי לָא יַזְהִירוּ וְלָא נַהֲרִין לָא יָכְלִין לְעַיְינָא וּלְאִסְתַּכָּלָא בְּהַהוּא אַפִּרְיוֹן בְּכָל מַה דְּאִצְטְרִיךְ.

כְּזֹהַר הָרָקִיע הַהוּא דְּקַיְימָא
(Ⅰ)

*****

[16a]  
[...] sur ces savants, ainsi qu’il est écrit (Éz. , I , 22) : « Au-dessus des têtes de la Hayâ, on voyait étendu un firmament qui paraissait comme un cristal étincelant et terrible à voir. » La lumière étincelante qu’Ézéchiel a vue dans sa vision sert à éclairer la doctrine ésotérique, et les têtes de la Hayâ éclairées sont les savants que le firmament entrevu par Ezéchiel éclaire toujours sans discontinuer.
Il est écrit (Gen. , I, 2) : « Et la terre était thohou et bohou. » L’Écriture se sert d’un prétérit, « était », pour nous indiquer l’état primitif de la création. A l’état de neige, l’eau est confondue avec l’ordure ; fondue, l’ordure la plus apparente se sépare de l’eau, mais la fonte n’achève pas encore la clarification complète. Ce n’est que sous l’action d’un grand feu que l’ordure se sépare complètement de l’eau. « Thohou » désigne les démons qui constituent l’ordure du monde. « Bohou » désigne la partie pure du monde débarrassée des démons. En disant que la terre était « thohou » et « bohou », l’Écriture nous apprend que, d’abord la matière créée était à l’état de « thohou », c’est-à-dire que l’esprit du démon était tellement confondu avec la matière, qu’ils ne formaient qu’un corps, telle une boule de neige renfermant des ordures. Ce n’est qu’à la suite que la partie pure de la matière fut détachée des démons. Cet état de la matière est désignée sous le nom de « bohou ». Mais sous l’action de quelle puissance cette clarification s’opéra-t-elle ? L’Écriture répond : « Les ténèbres couvraient l’abîme. » Par le mot « ténèbres » l’Écriture désigne le feu sacré qui, bien que d’origine céleste, n’était que nébuleux et obscurci aux temps primitifs de la création.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Les ténèbres couvraient l’abîme » (thehom) ; le mot (thehom) est composé des lettres formant le mot « thohou », plus la lettre «m» ( Mwht = wht + m ou M), pour nous indiquer que le feu sacré, mais nébuleux, qui dominait aux temps primitifs de la création, couvrait les démons, désignés par le mot « thohou », aussi bien que la partie pure de la matière, désignée par la lettre «m». Pour arriver à la clarification complète de la matière, il a fallu que l’Esprit-Saint, qui procède d’Élohim vivant en toute éternité, planât sur la face des eaux. Aussi l’Écriture dit-elle (Gen. , I, 2) : « Et l’Esprit d’Élohim planait sur la face des eaux. » Après que cet esprit eut soufflé sur le monde, l’esprit des démons se sépara de la matière, semblable à l’écume enlevée à la surface des liquides échauffés. Ainsi, l’esprit du démon a passé par plusieurs phases avant d’être définitivement maîtrisé. D’abord, il se manifestait sous la forme d’un vent terrible qui soufflait autour de la sainteté céleste ; car primitivement il était dépourvu de tout corps et de toute couleur (8).
Au moment de la création, il a été confondu avec la matière ; il la dominait complètement et la faisait trembler sous sa domination. Il a fallu ensuite que le feu sacré, mais nébuleux, se manifestât, pour que, sous son action, l’esprit du démon se détachât de la matière. Mais la purification complète de la, matière n’était pas encore faite et l’esprit du démon s’interposait encore entre le ciel et la matière, pour priver l’homme de la vision pure de Dieu. Ce n’est que lorsque l’Esprit-Saint d’Élohim planait sur la face des eaux, que l’esprit du démon fut entièrement maîtrisé. Telle est la signification de la vision d’Elie (IIIe Rois, XIX, 11-12) : « En même temps Jéhova passa, et devant Jéhova souffla un vent violent et impétueux, capable de renverser les montagnes et de briser les rochers ; Jéhova n’était point dans ce vent. » Ce vent violent et impétueux désigne l’esprit du démon avant la création. « Après le vent, il se fit un tremblement ; Jéhova n’était point dans ce tremblement. » Ce tremblement désigne l’esprit du démon après la création, où, confondu avec la matière, il fit trembler celle-ci sous sa domination. Le monde était alors à l’état de « thohou ». -après le tremblement, il s’alluma un feu ; Jéhova n’était point dans ce feu. Ce feu désigne le feu sacré, mais nébuleux, qui sépara l’esprit du démon de la matière, mais qui n’a pas encore purifié celle-ci d’une manière complète. Ce feu sacré, appelé « ténèbres », transforma le monde de l’état de « thohou » en celui de « bohou ». « Après ce feu, on entendit une voix douce et harmonieuse. ÉIie, l’ayant entendue, se couvrit le visage de son manteau. » Cette voix douce et harmonieuse désigne l’Esprit-Saint d’Élohim planant sur la face des eaux. Pourquoi sur la face des eaux ? Parce que, quand le monde était à l’état de « bohou », l’esprit du démon ressemblait à ces rochers à fleur d’eau qui, cachés sous les vagues tant que la mer est agitée, reparaissent au-dessus de la surface des eaux aussitôt la mer calmée.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Et l’esprit d’Élohim planait sur la face des eaux», c’est-à-dire, aussitôt que la voix douce et harmonieuse se fit entendre, l’Esprit-Saint d’Elohim plana sur la face des eaux et mit ainsi les rochers dans l’impossibilité de sortir de l’abîme où il les a relégués. Si l’Écriture désigne le feu sacré, mais nébuleux, qui précédait dans le monde l’Esprit-Saint d’Élohim sous le nom de « ténèbres », c’est parce que parmi les quatre couleurs qu’on distingue dans le feu : le noir, le rouge, le jaune et le blanc, c’est le noir qui domine. L’Écriture désigne ainsi le feu sacré par le mot «ténèbres», d’abord parce que le feu, en raison de la prédominance de sa couleur noire, est l’image des ténèbres ; et ensuite, pour nous indiquer que le feu sacré ne paraissait nébuleux que parce qu’il couvrait à la fois le pur et l’impur. Tel est aussi le sens des paroles de l’Écriture (Gen. , XXVII, 1) : « Isaac étant devenu vieux, ses yeux s’obscurcirent, et il appela Esaü », c’est-à-dire, c’est parce qu’Isaac embrassait de son amour paternel le bien et le mal à la fois - Esaü étant le symbole du mal - que ses yeux s’obscurcirent et ne furent éclairés que d’une lumière nébuleuse, image des ténèbres.
C’est pourquoi également l’Écriture désigne le visage d’un avare par l’expression de « visage ténébreux du méchant ». Par les paroles : « Et l’Esprit d’Elohim planait sur la face des eaux », l’Écriture désigne cette voix douce et harmonieuse entendue par Élie, ainsi qu’il est écrit (Ps. , XXVIII, 3) : « La voix de Jéhovah se fit entendre sur les eaux » ; cette voix, c’est l’Esprit d’Élohim. Tant que le monde était dans l’état de « thohou », Dieu se manifesta sous l’hypostase Schadaï. Il se manifesta sous l’hypostase Çebaoth lorsque le monde se transforme de l’état de « thohou » en celui de « bohou » ; ce n’est que quand les ténèbres disparurent complètement que Dieu se manifesta sous l’hypostase d’Élohim ; et ce n’est que quand la voix douce et harmonieuse se fit entendre que le nom Jéhovah fut complet. C’est pourquoi, dans la vision d’Élie, l’Écriture dit : « Jéhovah n’était point dans le tremblement » ; c’était Schadaï. « Jéhovah n’était point dans le feu » ; c’était Çebaoth. Mais après le feu nébuleux, image des ténèbres, Dieu se manifesta sous l’hypostase Élohim ; et c’est alors seulement que la voix douce et harmonieuse, qui est l’Esprit d’Élohim, se fit entendre, et que le nom Jéhovah fut complet. Le nom Jéhovah est formé de quatre lettres qui sont en quelque sorte pour l’essence divine ce que les membres sont pour le corps humain. Mais, étant donné le nombre de trois hypostases, ces quatre lettres sont douze (9). C’est donc le nom sacré de douze lettres qui a été dévoilé à Élie dans la caverne. [...]

עַל גַּבֵּי אִנּוּן מַשְׂכִּילִים דִּכְתִיב בֵּיהּ (יחזקאל א׳:כ״ב) וּדְמוּת עַל רָאשֵׁי הַחַיָּה רָקִיעַ כְּעֵין הַקֶּרַח הַנּוֹרָא. זֹהַר דְּהַהוּא (דהוא) נָהִיר לְאוֹרַיְיתָא. זֹהַר דְּנָהִיר לְאִנּוּן רָאשֵׁי דְהַהִיא חַיָה, וְאִנּוּן רָאשֵׁי אִנּוּן מַשְׂכִּילִים דְּנָהֲרִין תָּדִיר וּמִסְתַּכְּלָן לְהַהוּא רָקִיעַ לְהַהוּא נְהִירוּ דְּנָפִיק מִתַּמָּן, וְדָא אִיהוּ נְהִירוּ דְאוֹרַיְיתָא דְּנָהִיר תָּדִּיר וְלָא פָּסִיק.

השלמה מההשמטות (סימן ל)

ספר הבהיר

אָמַר רִבִּי בְּרָכְיָה מַאי דִּכְתִיב וְהָאָרֶץ הָיְתָה תֹהוּ, מַאי מַשְׁמַע הָיְתָה, שֶׁכְּבָר הָיְתָה. וּמָאי תֹהוּ, דָבָר הַמָתְּהֵא אֶת בְּנֵי אָדָם. וּמָאי בֹּהוֹ, דָבָר שֶׁיְּשׁ בּוֹ מַמָּשׁ, דִכְתִיב בֹּהוֹ, בּוֹ הוּא. עַל שֵׁם מָאי דִּכְתִיב (קהלת ז׳:י״ד) גַּם אֶת זֶה לְעֻמַּת זֶה עָשָׂה הָאֱלֹהִים. בָּרָא בֹּהוֹ וְשָׂם מְקוֹמוֹ בְּשָׁלוֹם. בָּרָא תֹהוּ וְשָׂם מְקוֹמוֹ בְּרָע. בֹּהוֹ בְּשָׁלוֹם דִכְתִיב (איוב כ״ה:ב׳) עוֹשֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו. מְלַמֵּד שְׁמִכָאֵל שַׂר יְמִינוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, מָיִם וּבָרָד. וְגָבְרִיאֵל שַׂר שְׂמֹאלוֹ, אֵשׁ. וְשָׂר שָׁלוֹם בֵּינֵיהֶם מַכְרִיעֲ וְהַיְינוּ דִכְתִיב עוֹשֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו. וּמְנַלָן דְּבֹּהוֹ שָׁלוֹם, דִכְתִיב (ישעיהו מ״ה:ז׳) עוֹשֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא רָע, הָא כֵּיצָד רָע מִתֹּהוּ וְשָׁלוֹם מִבֹּהוֹ, בָּרָא תֹּהוּ וְשָׂם מְקוֹמוֹ בַּרָע, שֶׁנֶּאֱמַר עוֹשֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא רָע. בָּרָא בֹּהוֹ וְשָׂם מְקוֹמוֹ בְּשָׁלוֹם שֶׁנֶּאֱמַר עוֹשֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו. ע''כ: (עד כאן מההשמטות)

וְהָאָרֶץ הָיְתָה תוֹהוּ וָבֹהוּ וְגו', הָיְתָה (ל''ט ב) דַיְיקָא מִקַּדְמַת דְּנָא, תַּלְגָא גּוֹ מַיָיא. נַפְקָא מִנָּהּ זוּהֲמָא בְּהַהוּא חֵילָא דְּתַלְגָא בְּמַיָּיא, וְאַקִּישׁ בָּהּ אֶשָׁא תַּקִּיפָא וְהֲוָה בָּהּ פְּסוֹלֶת, וְאִתְעֲדִיאַת וְאִתְעֲבִידַת תֹּה''וּ מֵאֲתַר (נ''א מדורא) דְּזוּהֲמָא. קִינָא דִפְסוֹלֶת. וָבֹה''וּ בְּרִירוּ דְּאִתְבְּרִיר מִגּוֹ פְּסוֹלֶת וְאִתְיַישַׁב בָּהּ חשֶׁךְ, רָזָא דְּאֶשָׁא תַּקִּיפָא. וְהַהוּא חשֶׁ''ךְ דְחָפֵי (חפי) עַל גַּבֵּי הַהוּא תֹּה''וּ עַל גַּבֵּי הַהוּא פְּסוֹלֶת וְאִתְתַּקָּנַת מִינֵיהּ.

וְרוּחַ אֱלהִים, רוּחַ קוּדְשָׁא דְּנָפִיק מֵאֱלהִים חַיִּים וְדָא מְרַחֶפֶת עַל פְּנֵי הַמָּיִם. בָּתַר דְּהַאי רוּחַ נָשִׁיב אִבְרִיר דְּקִיקוּ חַד מִגּוֹ הַהוּא פְּסוֹלֶת כְּטִיסָא דְּזוּהֲמָא. כַּד אִבְרִיר וְאַצְנִיף וְאַצְרִיף זִמְנָא וּתְרֵין עַד דְּיִשְׁתָּאַר הַהוּא זוּהֲמָא דְּלֵית בֵּיהּ זוּהֲמָא כְּלָל, כַּד הַאי תֹּהוּ אִבְרִיר וְאַצְרִיף נָפַק מִינֵיהּ (מלכים א י״ט:י״א) רוּחַ גְּדוֹלָה וְחָזָק מְפָרֵק הָרִים וּמְשַׁבֵּר סְלָעִים (צו ל' ע''א) הַהוּא דְּחָמָא אֵלִיָּהוּ. אִבְרִיר בְּהוּ וְאַצְרִיף וְנָפַק מִנֵיהּ רַעַשׁ דִּכְתִיב, (מלכים א י״ט:י״א) וְאַחַר הָרוּחַ רַעַשׁ. וְאִבְרִיר חשֶׁךְ וְאַכְלִיל בְּרָזָא דִילֵיהּ אֵשׁ דִּכְתִיב וְאַחַר הָרַעַשׁ אֵשׁ. אִבְרִיר רוּחַ וְאִתְכְּלִיל בְּרָזָא דִילֵיהּ (יתרו פ''א ב ותיקון ל''ח) קוֹל דְּמָמָה דַקָּה.

תֹּה''וּ אֲתַר דְּלֵית בֵּיהּ גּוָֹון וְלֹא דִּיּוֹקְנָא וְלָא אִתְכְּלִיל בְּרָזָא דְּדִיּוֹקְנָא. הַשְׁתָּא אִיהוּ בְּדִיּוּקְנָא כַּד מִסְתַּכְּלָן בֵּיהּ לֵית לֵיהּ דִּיּוֹקְנָא כְּלָל. לְכֹלָּא אִית לְבוּשָׁא לְאִתְלַבְּשָׁא בַּר הַאי. (דאתחזי ביה וליתיה כלל ולא הוי).

בֹּה''וּ לְהַאי אִית לֵיהּ צִיּוּרָא וְדִיּוּקְנָא אַבְנִין מְשַׁקְעִין גּוֹ גְּלִיפָא (נ''א קליפה) דְּתֹהוּ נַפְקֵי גּוֹ גְלִיפָא דִּמְשַׁקְעָן תַּמָּן. וּמִתַּמָּן מַשְׁכֵי תּוֹעַלְתָּא לְעָלְמָא בְּצִיּוּרָא דִלְבוּשָׁא, מַשְׁכֵי תּוֹעַלְתָּא מֵעֵילָא לְתַתָּא וְסָלְקָא מִתַּתָּא לְעֵילָא. וְעַל דָּא נְקוּבִין וּמְפוּלָמִין, הַנֵּי תַּלְיָין בַּאֲוִירָא. לְזִמְנִין תַּלְיָין בַּאֲוִירָא דְּסָלְקֵי מִתַּמָּן לְעֵילָא. לְזִמְנִין מִטַּמְרִין בְּיוֹמָא דְּעִיבָּא וּמְפִיקֵי מַיִין מִגּוֹ תְּהוֹמָא לְאִתְזְנָא תֹּה''וּ מִתַּמָּן דְּהָא כְּדֵין חֶדְוָה וּשְׁטוּתָא (נ''א ושעתא) דְקָא (נ''א דלא) אִתְפַּשַׁט תֹּהוּ בְּעָלְמָא.

חשֶׁךָ הוּא אֶשָׁא אוּכְמָא תַּקִּיף בְּגוָֹון. אֶשָׁא סוּמְקָא תַּקִּיף בְּחֵיזוּ. אֶשָׁא יְרוּקָא תַּקִּיף בְּצִיּוּר. (פקודי רמ''ג ותרומה קכ''ח) אֶשָׁא חִיוָורָא גּוָֹון דְּכָלִיל כֹּלָּא. חשֶׁךְ תַּקִּיף בְּכָל אֶשִׁין וְדָא אַתְקִיף לְתֹה''וּ. חשֶׁךְ הוּא אֶשָׁא וְלָאו אִיהוּ אֶשָׁא חֲשׁוֹכָא בַּר כַּד אַתְקִיף לְתֹהוּ, וְרָזָא דָא (בראשית כ״ז:א׳) וַתִּכְהֶינָה עֵינָיו מֵרְאוֹת וַיִּקְרָא אֶת עֵשָׂו וְגו'. חשֶׁךְ פְּנֵי רָע דְּאַסְבַּר אַנְפִּין לְרַע, וּכְדֵין אִקְרֵי חשֶׁךְ דְּשָׁרֵי עֲלֵיהּ לְאִתַּקְפָא לֵיהּ. וְרָזָא דָא וְחשֶׁךְ עַל פְּנֵי תְהוֹם.

רוּ''חַ הוּא קוֹל דְּשָׁארֵי עַל בֹּהוּ וְאַתְקִיף לֵיהּ וְאַנְהִיג לֵיהּ בְּכָל מַה דְּאִצְטְרִיךְ. וְרָזָא דָא (תהילים כ״ט:ג׳) קוֹל יְיָ עַל הַמָּיִם. וְכֵן רוּחַ אֱלֹהִים מְרַחֶפֶת עַל פְּנֵי הַמָּיִם. אַבְנִין מְשַׁקְעָן גּוֹ תְּהוֹמֵי דְּנַפְקֵי מַיָּיא מִנְהוֹן. וְעַל דָּא אִקְרוּן פְּנִי הַמָּיִם. רוּחַ אַנְהִיג וְאַתְקִיף לְאִנּוּן פָּנִים פְּנֵי תְהוֹם, דָּא כְּמָה דְּאִצְטְרִיךְ לֵיהּ וְדָא כְּמָה דְּאִצְטְרִיךְ לֵיהּ. תֹּה''וּ עֲלֵיהּ שַׁרְיָא שֵׁם שד''י. בֹּה''וּ עֲלֵיהּ שַׁרְיָא שֵׁם צְבָאוֹ''ת. חשֶׁךְ עֲלֵיהּ שַׁרְיָא שֵׁם אֱלֹהִים. רוּחַ עֲלֵיהּ שַׁרְיָא שֵׁם ידו''ד.

רוּחַ חָזָק מְפָרֵק הָרִים לא בָּרוּחַ יְיָ וְגו' שְׁמָא דָא לָא הֲוֵי בֵּיהּ, דְּהָא שד''י שָׁלְטָא עֲלֵיהּ בְּרָזָא (דסתרא) דְּתֹהוּ.

וְאַחַר הָרוּחַ רַעַשׁ לֹא בָּרַעַשׁ יְיָ דְּהָא שֵׁם צְבָאוֹת שָׁלְטָא בֵּיהּ בְּרָזָא דְּבֹהוּ. וְעַל דָּא אִקְרֵי בֹּהוּ רַעַשׁ דְּלָאו אִיהוּ בְּלָא רַעַשׁ. וְאַחַר הָרַעַשׁ אֵשׁ לֹא בָּאֵשׁ יְיָ דְּהָא שְׁמָא דְּאֱלהִים שָׁלְטָא בֵּיהּ מִסִּטְרָא דְּחשֶׁךְ. וְאַחַר הָאֵשׁ קוֹל דְּמָמָה דַקָּה הָכָא אִשְׁתְּכַח שֵׁם ידו''ד. אַרְבַּע פִּרְקִין הָכָא דְּאִנּוּן פִּרְקֵי גוּפָא וְאֵבְרִין יְדִיעָן דְּאִנּוּן אַרְבָּעָה וְאִנּוּן תְּרִיסַר וְהָכָא שְׁמָא גְלִיפָא

השלמה מההשמטות (סימן כו)

רִבִּי בִנְיָמִן לֵוִי, מַצָאתִי כָּתוּב שֵׁם בֵּן י''ב אוֹתִיּוֹת יְהַ יְהַ וְהַ וְהַ וָה יִה: תֹּה''וּ בְּמִסְפָּר קָטָן עִם ג' אוֹתִיּוֹת גִימַטְרִיָּא ש' ש''ד שד''י. בֹּהוּ בְּמִסְפָּר קָטָן גִימַטְרִיָּא צְבָאוֹת כָּזֶה ב' ב''ה בֹּהוּ. חֹשֶׁךְ בְּמִסְפָּר קָטָן עִם הַכּוֹלֵל גִימַטְרִיָּא אֱלֹהִים. רוּחַ בְּמִסְפָּר קָטָן עִם הַכּוֹלֵל בְּגִימַטְרִיָּא יהו''ה בְּמִסְפָּר קָטָן. רַעַשׁ בְּמִסְפָּר קָטָן עִם הַכּוֹלֵל גִימַטְרִיָּא בֹּהוּ. קוֹל דְּמָמָה דַקָּה בְּמִסְפָּר קַטָן עִם הַכּוֹלֵל יהו''ה וְי''ב יוֹתֵר כְּנֶגֶד שֵׁם י''ב הַנִמְסָר לְאֵלִיָּהוּ בַּמֵעַרָה. וְכֵן דַקָּה בְּמִסְפָּר קָטָן עִם הַשְׁלֹשָׁה אוֹתִיּוֹת גִימַטְרִיָּא יב''ק נלעד''ן: (עד כאן מההשמטות) דִּתְרֵיסַר אַתְוָון דְּאִתְמָסַר לְאֵלִיָּהוּ בַּמְעָרָה (מה שנדפס כאן בדפוס מנטובה קרימונה לובלין וכתיב אפריון וכו' עד סתימין דלא אתגליין, לפנינו הוא לקמן בדף כט ע''א ודף ל' ע''ב')
(Ⅰ)

*****

[16b]  
[...] Il est écrit (Gen. , I, 3) : « Et Élohim dit : Que la lumière soit faite. » A partir de ce verset, l’Écriture expose en détail les mystères de la création, qui n’ont été qu’indiqués d’une manière générale dans les versets précédents. L’Écriture commence par indiquer la création d’une façon générale ; ensuite, elle expose les œuvres de la création en détail ; et, à la fin, elle indique la création d’une manière générale. Cette spécification des œuvres de la création précédée et suivie d’une généralisation a pour but de faire au récit de la création l’application de la règle herméneutique qui veut que, chaque fois que l’on trouve dans l’Écriture une espèce précédée et suivie d’un genre (c’est-à-dire que l’Écriture indique quelque chose de façon générale, qu’elle spécifie après et qu’elle généralise de nouveau à la fin), ce soit l’espèce qui détermine le genre. La création s’opéra par la volonté du mystérieux Infini. Ce n’est que pour la création des œuvres en détail qu’est prononcé le mot « parole » pour la première fois, ainsi qu’il est écrit : « Et Élohim dit : Que la lumière soit. » Donc, le Verbe n’apparaît que pour la création des détails, alors que la création de la matière générale fut opérée avant la manifestation du Verbe. C’est pourquoi on ne trouve pas dans les deux premiers versets de la Genèse, où est exposée la création de la matière en général, le mot «Vayomer» «dit». Bien que les mots « Bereschith bara Élohim » signifient : « Par le Verbe Élohim créa les cieux et la terre», on ne doit point conclure de ce que la matière a été créée par le Verbe que celui-ci se fût déjà manifesté avant la création. Certes, il existe de toute éternité, mais il ne se manifesta pour la première fois que quand la matière eut été créée. Avant, le mystérieux Infini manifestait son omnipotence et son immense bonté à l’aide de la mystérieuse Pensée, même essence que le mystérieux Verbe, mais silencieuse. Le Verbe, manifesté à l’époque de la création de la matière, existait avant sous forme de Pensée ; car, si la parole est capable d’exprimer tout ce qui est matériel, elle est impuissante à manifester l’immatériel.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Et Élohim dit » (va-Yomer Élohim), c’est-à-dire Élohim se manifesta sous la forme du Verbe ; cette sentence divine, par laquelle la création a été opérée, venait de germer, et, en se transformant de Pensée en Verbe, elle fit entendre un bruit qui s’entendit au dehors.
L’Écriture ajoute : « Que la lumière soit » (ïehi or) ; car toute lumière procède du mystère du Verbe. Le mot « ïehi » se compose de trois lettres : un yod au commencement et à la fin et un Hé au milieu (yhy). Ce mot est le symbole du Père et de la Mère célestes, désignés par les lettres Yod et Hé (hy) et de la troisième essence divine qui procède des deux précédentes et qui est désignée par le dernier yod du mot « ïehi», lettre identique à la première, pour nous indiquer que toutes les trois hypostases ne sont qu’une. Le Père, désigné par le premier Yod, est le dispensateur de toutes les lumières célestes. Lorsque la matérialisation du vide fut opérée par le son du Verbe, désigné par le Hé, la lumière céleste se cacha, étant incompatible avec la matière. Le Verbe, par le son duquel la création de la matière eut lieu, n’était pas encore articulé, puisqu’il ne s’est manifesté que pour la création des œuvres diverses énoncées dans l’Écriture. Quand le Verbe se manifesta, il s’unit au Père pour la dispensation de la lumière qui, incompatible avec la matière tant qu’elle procédait du Père seulement, devint accessible à la matière dès qu’elle procéda du Père et du Verbe. Le premier Yod du mot «ïehi » désigne le Père ; le dernier Yod désigne la lumière céleste ; ce yod fut placé après le Hé, parce que pour que la lumière céleste qu’il désigne devint accessible à la matière, il a fallu qu’elle procédât du Père et du Verbe : du premier Yod et du Hé. Comme les trois points-voyelles désignent également les trois hypostases divines : le Holem () désignant le Père, le Soureq (... ou .), le Verbe, et le Hireq () la Lumière céleste, il s’ensuit que cette dernière hypostase procède des deux premières avec lesquelles elle ne forme qu’une.
C’est pourquoi le mot « or » est pourvu du point-voyelle Holem (‘), point suspendu au-dessus de la lettre sans la toucher, afin de nous indiquer que, la lumière procédant du Père symbolisé par le pointvoyelle Holem (‘), ayant été inaccessible à la matière, il a fallu qu’elle procédât du Père et du Verbe. Avant la manifestation du Verbe, la lumière procédant du Père a formé sept lettres ; mais ces lettres étaient inaccessibles à la matière (10). Lorsque le feu sacré, mais nébuleux, parut, pour transformer la matière de l’état de « thohou » en celui de « bohou », sept autres lettres furent formées qui, constituées de lumière pure comme les précédentes, demeuraient, elles aussi, inaccessibles à la matière. Ce n’est que quand le Verbe se manifesta que les huit autres lettres de l’alphabet furent formées. C’est le Verbe qui a rendu les lettres accessibles à la matière en faisant disparaître la barrière qui séparait celle-ci de la lumière céleste.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Et Élohim dit : Que le firmament soit fait, et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux », c’est-à-dire qu’une limite soit faite entre la lumière régnant en haut et celle d’en bas. Car, en rendant la lumière céleste accessible à la matière, le Verbe qui est désigné par le mot Élohim, n’a pas rendu la matière susceptible de toute la lumière céleste ; il lui a assigné certaines limites. Le firmament qu’Élohim forma entre la matière et la lumière céleste sert de limite entre l’une et l’autre : la matière peut y monter et la lumière céleste peut descendre jusque-là. Mais, en même temps que limite, le firmament sert de trait d’union entre l’une et l’autre ; et c’est grâce à ce trait d’union que l’une et l’autre sont unies en Élohim. Comme « El » est devenu « Élohim », il en résulte une transposition pour la lumière céleste et la matière. La première se trouvait d’abord à la droite d’ « El », et la seconde à sa gauche. Mais, dès qu’ « El » est devenu « Élohim », c’est la matière qui est à sa droite et la lumière céleste à sa gauche. Telle est la signification des paroles de l’Écriture : « Et Élohim vit que la lumière était bonne ; et il sépara la lumière d’avec les ténèbres. » L’hypostase qui forme dans l’essence divine la Colonne du milieu est bonne, parce qu’elle sert de trait d’union entre le monde supérieur et le monde d’ici-bas, et rend ainsi le nom de Jéhovah complet. En donnant aux ténèbres de la matière la faculté de se transformer en lumière jusqu’à une certaine limite, et en traçant cette même limite à la lumière céleste, jusqu’à laquelle celle-ci peut descendre, Élohim a formé ainsi le trait d’union entre le ciel et la terre.
Il est écrit (Gen. ,I, 5) : « Et Élohim appela la lumière jour. » Pourquoi l’Écriture se sert-elle du terme « appeler » ? Élohim fit venir, c’est-à-dire fit sortir cette lumière parfaite qui se dégage de l’hypostase du milieu, hypostase qui constitue la base du monde et sur laquelle sont fondés tous les mondes. C’est de cette lumière parfaite émanant de la Colonne du milieu qu’est fait le fondement de Celui qui vit en toute éternité ; cette Lumière constitue le « jour » du côté droit.
L’Écriture ajoute : « Et il appela l’obscurité nuit. » Il fit venir, c’est-à-dire fit sortir du côté de l’obscurité une lumière passive, telle la lumière de la lune visible pendant la nuit ; cette lumière passive est appelée « nuit ». Ce mystère est renfermé dans les mots : « Mon maître, maître de toute la terre. » La lumière de la Colonne du côté droit rentre dans la Colonne parfaite du milieu ; la lumière passive de la Colonne du côté gauche se concentre également dans la Colonne du milieu ; c’est ainsi que la lumière passive du côté gauche vient en contact, dans la Colonne du milieu, avec la lumière émanant du Point suprême ; et, ces deux lumières [...]

, (בראשית א׳:ג׳) וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים יְהִי אוֹר וַיְהִי אוֹר. מֵהָכָא אִיהוּ שֵׁירוּתָא לְאַשְׁכָּחָא גְּנִיזִין הֵיךְ אִתְבְּרֵי עָלְמָא בִּפְרָט. דְּעַד הָכָא הֲוָה בִּכְלָל. וּבָתַר אִתְהַדַּר כְּלַל. לְמֶהוֵי כְּלַל וּפְרַט וּכְלָל. עַד הָכָא הֲוָה כֹּלָּא תַּלְיָיא בַּאֲוִירָא מֵרָזָא דְאֵין סוֹף, כֵּיוָן דְּאִתְפְּשַׁט חֵילָא בְּהֵיכָלָא עִלָּאָה רָזָא דְּאֱלהִים, כְּתִיב בֵּיהּ אֲמִירָה (דכתיב) וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים. דְּהָא לְעֵילָא לָא כְּתִיב בֵּיהּ אֲמִירָה בִּפְרָט. וְאַף עַל גַּב דִּבְרִאשִׁית מַאֲמָר הוּא, אֲבָל לָא כְּתִיב בֵּיהּ וַיֹּאמֶר.

דָּא וַיֹּאמֶר אִיהוּ קַיְּימָא לְמִשְׁאַל וּלְמִנְדַע. וַיֹּאמֶר חֵילָא דְאִתְרָם וְאֲרָמוּתָא בַּחֲשַׁאי (ויחי רל''ד ב) מֵרָזָא דְאֵין סוֹף בְּרָזָא (נ''א ברישא) דְּמַחֲשָׁבָה. וַיֹּאמֶר אֱלהִים הַשְׁתָּא (לעיל ט''ו ע''ב) אוֹלִיד הַהוּא הֵיכָלָא מִמַּה דְּאִתְעֲדִיאַת מִזַּרְעָא דְקֹדֶשׁ, וְאוֹלִיד בַּחֲשַׁאי. וְהַהוּא דְּאִתְיְלַד (דאתייליד) אִשְׁתְּמַע לְבַר. מָאן דְּאוֹלִיד לֵיהּ אוֹלִיד בַּחֲשַׁאי דְּלָא אִשְׁתְּמַע כְּלָל, כֵּיוָן דְּנָפַק מִנֵּיהּ, מָאן דְּנָפַק, אִתְעֲבִיד קוֹל דְּאִשְׁתְּמַע לְבָר.

יְהִי אוֹר. כָּל מַה דְּנָפַק בְּרָזָא דָא נָפַק. (רל''בב) יְהִי עַל רָזָא דְאַבָּא וְאִמָא דְּאִיהוּ י''ה. וּלְבָתַר אִתְהַדַּר לִנְקוּדָה קַדְמָאָה, לְמֶהֱוֵי שֵׁירוּתָא לְאִתְפַּשְּׁטָא לְמִלָּה אָחֳרָא אוֹר. וַיְהִי אוֹר, אוֹר דִּכְבָר הֲוָה. אוֹר דָּא רָזָא סְתִימָא אִתְפַּשְׁטוּתָא דְּאִתְפְּשַׁט וְאִתְבְּקַע מֵרָזָא דְסִתְרָא דְּאֲוִיר עִלָּאָה סְתִימָא. בָּקַע בְּקַדְמִיתָא וְאַפִּיק חַד נְקוּדָה סְתִימָא מֵרָזָא דִילֵיהּ. דְּהָא אֵין סוֹף בָּקַע מֵאֲוִירָא דִילֵיהּ וְגָלֵי הַאי נְקוּדָה י. כֵּיוָן דְּהַאי י אִתְפְּשַׁט, מַה דְּאִשְׁתָּאַר אִשְׁתְּכַח אוֹר מֵהַהוּא רָזָא דְּהַהוּא אֲוִיר סְתִימָאָה.

כַּד אִשְׁתְּכַח מִנֵּיהּ נְקוּדָה קַדְמָאָה י, אִתְגְּלִי לְבָתַר עֲלֵיהּ (נח ס''ה ע''א) מָטֵי וְלָא מָטֵי. כֵּיוָן דְּאִתְפְּשַׁט נָפַק וְאִיהוּ הוּא אוֹר דְּאִשְׁתָּאַר מֵאֲוִיר. וְהַיְנוּ אוֹר דִּכְבָר הֲוָה, וְהָא קַיָּימָא. נָפַק וְאִסְתַּלַּק וְאִתְגְנִיז וְאִשְׁתָּאַר חַד נְקוּדָה מִנֵּיהּ לְמֶהוֵי מָטֵי תָּדִיר בְּאוֹרַח גְּנִיזוּ בְּהַהִיא נְקוּדָה מָטֵי וְלָא מָטֵי. נָהִיר בֵּיהּ בְּאוֹרַח נְקוּדָה קַדְמָאָה דְּנָפַק מִנֵּיהּ. וּבְגִין כָךְ כֹּלָּא אָחִיד דָּא בְּדָא. נָהִיר בְּהַאי וּבְהַאי.

כַּד סָלִיק כֹּלָּא סָלְקִין וְאִתְאַחֲדָן בֵּיהּ וְאִיהוּ מָטֵי וְאִגְנִיז בְּאֲתַר דְּאֵי''ן סוֹ''ף וְכֹלָּא חַד אִתְעֲבִיד. הַהוּא נְקוּדָה דְאוֹר, אוֹר אִיהוּ. וְאִתְפְּשַׁט וּנְהִירוּ בֵּיהּ שֶׁבַע אַתְוָון דְּאַלְפָא בֵּיתָא וְלָא אַקְרִישׁוּ וְלַחִים הֲווּ. נָפַק חשֶׁךְ לְבָתַר וְנָפְקוּ בֵּיהּ שֶׁבַע אַתְוָון אָחֳרָן דְּאַלְפָא בֵּיתָא וְלָא אַקְרִישׁוּ וְקַיְימוּ לַחִים. נָפַק רָקִיעַ דְּאַפְרִישׁ מַחְלוֹקֶת דִּתְרֵין סִטְרִין וְנָפְקוּ בֵּיהּ תְּמַנְיָא אַתְוָון אָחֳרָנִין. כְּדֵין כ''ב. דָּלְגוּ שֶׁבַע אַתְוָון דְּהַאי סִטְרָא וְשֶׁבַע דְּהַאי סִטְרָא, וְאִתְגְּלִיפוּ כֻּלְהוּ בְּהַהוּא רָקִיעַ וְהֲווּ קַיְימֵי לַחִים. אַקְרֵישׁ הַהוּא רָקִיע וְאַקְרִישׁוּ אַתְוָון וְאִגְלִימוּ וְאִתְצַיְירוּ בְּצִיּוּרַיְיהוּ. וְאַגְלִיף תַּמָּן אוֹרַיְיתָא לְאַנְהָרָא לְבַר.

יְהִי אוֹר דְּהוּא אֵל גָּדוֹל רָזָא דְּנָפִיק מֵאֲוִיר קַדְמָאָה. וַיְהִי רָזָא דְּחֹשֶׁךְ דְּאִקְרֵי אֱלהִים אוֹר דְּאִתְכְּלִיל שְׂמָאלָא בְּיָמִינָא. וּכְדֵין מֵרָזָא דְאֵל הֲוֵי אֱלהִים, אִתְכְּלִיל יָמִינָא בִּשְׂמָאלָא (ל''א ע''א) וּשְׂמָאלָא בְּיָמִינָא

וַיַּרְא אֱלהִים אֶת הָאוֹר כִּי טוֹב דָּא עַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא כִּי טוֹב אַנְהִיר עֵילָא וְתַתָּא וּלְכָל שְׁאָר סִטְרִין בְּרָזָא ידו''ד שְׁמָא דְּאָחִיד לְכָל סִטְרִין. וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים וְגו' אַפְרִישׁ מַחְלוֹקֶת לְמֶהֱוֵי כֹּלָּא שְׁלִים.

השלמה מההשמטות (סימן ג)

כְּתִיב (בראשית א׳:ד׳) וַיִּקְרָא אֱלהִים לָאוֹר יוֹם וּכְתִיב וַיַּרְא אֱלהִים אֶת הָאוֹר כִּי טוֹב. תָּא חֲזֵי הַאי אוֹר דִּלְתַתָּא כַּד נָהִיר מֵחֵילָא דְאִתְיְיהִיב לֵיהּ מִטּוֹב דִלְעֵילָא וּבְגִין כַּךְ מִנְיָן יְמוֹת הַחַמָּה שס''ה מ''ט שָבוּעִים, מִנְּהוֹן לָקֳבֵל הַאי דַרְגָּא דְצַדִיק דְאִיקְרֵי טוֹב וְאִיהוּ שְׁבִיעִי, וְיָנִיק מִנֵּיהּ הַאי שִׁמְשָׁא דִּלְתַתָּא. שִׁבְעָה שָׁבוּעִים שִׁבְעָה זִמְנִין לָקֳבֵל שִׁבְעָה שָׁבוּעִין ז' זִמְנִין דְאִיהוּ יָנִיק מֵאִימָא עִלָּאָה דְאִקְּרֵי יוֹבְלָא, וּלְקֳבְּלָה שְׁנֵי יוֹבֵל דִּלְתַתָּא אִשְׁתָּאֲרוּ משס''ה כ''ב יוֹמִין לָקֳבֵל כ''ב אַתְוָון דְאוֹרַיְתָא דְעַלְמָא תַתָּאָה אִתְקָיָּים עָלַיְיהוּ.

דְהָא צַדִּיק דִלְעֵילָא תּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב אִיקְרֵי וְכַד אִשְׁתַּלִּימוּ אִינוּן שס''ה יוֹמִין תַּיְיבִין תִּנְיָינוּת לְקָבְּלָא מֵהַאי דַּרְגָּא דְּטוֹב דְּהָאי דַּרְגָּא וְכָל אִינוּן שֶׁבַע דַרְגִּין עִלָּאִין תַּיְיבִין תִּנְיָינוּת לְקָבְּלָא מֵאִימָא עִילָאָה וְהַאי דַּרְגָּא דְסִיהֲרָא דְשָּׁלְטָא בְּלֵילְיָא יַנְקָא מֵהַאי דַּרְגָּא דְאִקְּרֵי שְׁכִינְתָּא תַתָּאָה דְיַנְקָא מֵהַהוּא צַדִּיק וּבְגִין דְּהַהוּא (צדיק) אִמְלֵי לָהּ מֵהֲנְהוּ תָּפְנוּקִין עִילָאִין וְיָנְקָא מִנֵּיהּ (איקרי) סִיהֲרָא.

דִּכְּמָה דְּהָאי סִיהֲרָא תַתָּאָה לֵית לָהּ נְהוֹרָא מִגַּרְמָהּ אֶלָּא מַאי דְאִתְיְיהִיב לָהּ מִן שִׁמְשָׁא, הֲכִי נָמֵי הַהוּא דַּרְגָּא דִלְעֵילָא וְהַאי דַּרְגָּא אִיקְרֵי יַמָא דְחָכְמְתָא לְעֵילָא וְקַיְימֵי תְרֵיסָר שִׁבְטִין עִלָּאִין קַדִּישִׁין תְלָתָא לִצְפוֹנָא וּתְלָתָא לְדָרוֹמָא וּתְלָתָא לְמַעַרְבָא וּתְלָתָא לְמָדִינְחָא, וְהַאי יַמָּא דְחָכְמְתָא עָלַיְיהוּ.

וְלָקֳבְלֵיהוֹן לְתַתָּא י''ב שִׁבְטִין קַיְימִין סָחְרָנֵי מַדְבְּחָא כְּהַאי גַּוְונָא. וְלָקֳבֵל הַאי דַּרְגָּא עֲבָד שְׁלֹמֹה יַמָּא לְתַתָּא עוֹמֵד עַל שְׁנֵים עֲשָׂר בָּקָר. וְהַאי יַמָּא לְעֵילָא אִיקְרֵי יָ''ם מָאי טַעְמָא אִקְרֵי יָם אֶלָּא בְּגִין הַהוּא דַרְגָּא דְצַדִיק דְאִמְלֵי לְהַאי יָם אִקְרֵי יוֹם דִּכְתִיב (בראשית א׳:ה׳) וַיִּקְרָא אֱלהִים לָאוֹר יוֹם וּכְתִיב (תהילים צ״ז:י״א) אוֹר זָרוּעַ לַצַּדִּיק, וְהַאי נָהִיר בְּרָזָא דִּשְׁמָא קַדִּישָׁא דְבֵּיהּ אִמְלֵי לְהַאי יָם דְאִקְּרֵי הֵ''א תַתָּאָה (בתראה דשמא קדישא). הֲדָא הוּא דִּכְתִיב (קהלת א׳:ז׳) כָּל הַנְּחָלִים הוֹלְכִים אֵל הַיָּם כָּ''ל דָּא דַּרְגָּא דְצַדִיק דְאִיקְרֵי כָּל בְּגִין דְכָל תָּפְנוּקִין נַפְקִין מִנֵּיהּ הַנְּחָלִים אִלֵּין חֲמֵשׁ דַרְגִּין דְּעִמֵּיהּ הוֹלְכִים אֵל הַיָּם לְאִמְלֵי (לממלי) לָהּ וְהַאי דַּרְגָּא אִקְרֵי בַּת שֶׁבַע וְכַד נָהִיר הַאי צַדִּיק לְהַאי דַּרְגָּא בְּרָזָא דְּשִׁבְעָה שָׁבוּעִין שֶׁבַע זִמְנִין שִׁמְשָׁא תַתָּאָה נָהִיר בְּרָזָא דְשֶׁבַע שָׁבוּעִין שֶׁבַע זִמְנִין לְסִיהֲרָא.

בְּגִין כַּךְ שְׁנָת הַלְּבָנָה שנ''ה יוֹמִין, מ''ט שָׁבוּעִין מִנְּהוֹן לָקֳבֵל הַאי דַּרְגָּא שְׁבִיעָאָה יַמָּא עִילָאָה דְנָהַרָא מִצַּדִּיק בְּמ''ט שָׁבוּעִין נְהוֹרִין עִלָּאִין אִשְׁתָּאֲרוּ תְרֵיסָר יוֹמִין לְחוּשְׁבָּן שנ''ה לְקֳבְּלֵי י''ב שִׁבְטִין דְסָחְרָנֵי הַאי יַמָּא לְמִיטַר מַטְּרַת מַשְׁכְּנָא בִּתְרֵיסַר תַרְעִין עִלָּאִין דְּאִית בִּירוּשָׁלַיִם עִילָאָה (ומאורחא) וְאוֹרְחָא דְּאִינּוּן תַרְעִין עִלָּאִין יַנְקִין אִינוּן שִׁבְטִין מֵאִימָא תַתָּאָה כָּל חַד לְסִטְרֵיהּ כְּדְקָא חֲזֵי לֵיהּ הֲדָא הוּא דִּכְתִיב (יחזקאל מ״ח:ל״א) שַׁעַר יְהוּדָה אֶחָד וְעַל דָּא כְּתִיב (ישעיהו מ״ג:ז׳) כָּל הַנִּקְרָא בִּשְׁמִי דָּא דַרְגָּא דְצַדִיק דְּנָהִיר בְּחֵילָא דִּשְׁמִי וְלִכְבוֹדִי בְּרָאתִיו לְאַנְהֲרָא לְהַהוּא אֲתַר דְאִקְּרֵי כְּבוֹדִי בְּרָאתִיו, וְדָא יַמָּא דְחָכְמְתָא דְאִקְּרֵי כְּבוֹד ה' דְאִתְגְּלֵי בְּמַשְׁכְּנָא.

יְּצָרְתִיו דָּא רָזָא דְּיוֹם דִּלְתַתָּא דְּאִיהוּ לָקֳבֵל כָּ''ל דִלְעֵילָא וְעַל דָּא כְּתִיב (ישעיהו מ״ה:ז׳) יוֹצֵר אוֹר וְהַאי צַדִּיק דִּלְעֵילָא לָא כְּתִיב בֵּיהּ יְצִירָה עַד דְּיִתְגַלֵּי עֲבִידְתֵּיהּ לְתַתָּא וְנָהִיר עַלְמָא תַתָּאָה מִנֵּיהּ. אַף עֲשִׂיתִּיו דָּא סִיהֲרָא לְתַתָּא הֲדָא הוּא דִּכְתִיב וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ כַּד אִתְחַבָּרוּ כְּדֵין עוֹשֶׂה שָׁלוֹם שְׁלָמָא לְעַלְמָא, הֲדָא הוּא דִּכְתִיב (בראשית א׳:ה׳) וַיְהִי עֶרֶב וַיְהִי בֹקֶר יוֹם אֶחָד. כְּדֵין יִחוּדָא לְעֵילָא יִחוּדָא לְתַתָּא שְׁלָמָא לְעֵילָא שְׁלָמָא לְתַתָּא.

כְּגווָֹנָא דָּא יוֹסֵף לְתַתָּא דְהָא אֲחִיד בְּצַדִיק דִּלְעֵילָא, וְכַד אִשְׁתְּלִים לְתַתָּא אוֹסִיף שְׁלָמָא בְּכֻלְּהוּ עָלְמִין וּבְכָל יוֹמִין עִלָּאִין. כְּתִיב הָכָא (בראשית ט''ל) וַיְהִי כְּדָבְּרָה אֶל יוֹסֵף יוֹם יוֹם וּכְתִיב הֲתָם (תהילים ס״ח:כ׳) בָּרוּךְ יְיָ יוֹם יוֹם יַעֲמוֹס לָנוּ בְּגִין דְלָא (כד לא) שָׁמַע לָהּ לְאֵשֶׁת פּוֹטִיפַר יוֹם יוֹם, כְּדֵין יוֹמִין עִלָּאִין בִּשְׁלָמָא וּבִרְכָתָא בְּכֻלְּהוּ עָלְמִין. (בראשית א׳:י״ד) וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים יְהִי מְאוֹרוֹת בִּרְקִיעַ הַשָׁמַיִם תַמָּן תָנֵינָן אָמַר רִבִּי יִצְחָק מַאי דִכְתִיב (שיר השירים ד׳:ז׳) כֻּלָּךְ יָפָה רַעֲיָתִי וּמוּם אֵין בָּךְ תָּא חֲזֵי כְּשֶׁבָּרָא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת עוֹלָמוֹ עֲשָׂאוֹ מֵאוֹתוֹ הָאוֹר הַנֶאֱצָל לְמָעְלָה וּבָרָא אֶת הַשָׁמַיִם מֵאוֹתוֹ רָקִיע (האור) הָרִאשׁוֹן שֶׁהֵכִינוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וּבְרָאוֹ בַּתְחִילָה וְאוֹתוֹ הָרָקִיעַ הוֹלִיד כָּל שְׁאָר הַשָׁמַיִם (נ''א הרקיעים) שְׁנִתְהַווּ מִמֶּנּוּ.

וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב אוֹתוֹ הָרָקִיעַ הוֹלִיד כָּל הַמְּאוֹרוֹת מֵאוֹתוֹ הָאוֹר שְׁמְקַבֵּל (מלמעלה) לְמַעְלָה וּכְּשֶׁבָּרָא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אוֹתוֹ רָקִיעַ נָטַל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת הַמְּאוֹרוֹת וְהִנִיחָם בְּאוֹתוֹ רָקִיעַ הַנִּקְרָא רְקִיעַ הַשָׁמַיִם, וְאוֹתוֹ רָקִיעַ נִתְהַוָוה מִן הַשָׁמַיִם דְּאָמַר רִבִּי יְהוּדָה אָמַר רַב הָרָקִיעַ הַעֶלְיוֹן הוֹלִיד אֶת הַשָׁמַיִם אֲשֶׁר תַּחְתָּיו, וְהַשָׁמַיִם הוֹלִידוּ הַאי רָקִיעַ וְנִקְרָא רָקִיעַ הַשָׁמַיִם וְנָטַל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא הֲנֵי מְאוֹרוֹת וּנְתָנָם בּוֹ. הֲדָא הוּא דִכְתִיב (בראשית א׳:י״ז) וַיִּתֵּן אוֹתָם אֱלהִים בִּרְקִיעַ הַשָׁמַיִם.

אָמַר רִבִּי יִצְחָק עָשָׂה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא הֲנֵי מְאוֹרוֹת וְהִנִיחָם בְּיָד (נ''א בזה) הָרָקִיעַ לִהְיוֹת מֶמְשָׁלָה עַל הָאָרֶץ וּלְהִשְׁתָמֵשׁ בָּהֶם הַבְּרִיוֹת וּשְׁנֵיהֶם נָתְנוּ אוֹרָם בְּשָׁוֶה. אָמְרָה הַלְּבָנָה אֵין נָאָה לְהִשְׁתָמֵשׁ וּלְהִתְנָהֵג בִּשְׁנִי כְּתָרִים בְּשָׁוֶה. מָה עָשָׂה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא הִמְעִיט אוֹתָהּ וְהַיְינוּ הַכָּפַּרָה שֶׁל שֵׂעִיר רֹאשׁ חוֹדֶשׁ שֶׁנְּאֱמַר בּוֹ (במדבר כ״ח:ל׳) חַטָּאת לַיְיָ.

אָמַר רִבִּי יַעֲקֹב וּבְכַמָּה אֲתַר תָנֵינָן דָּא וְלָא אִתְיָישְׁבָא בְּלִבָּאי עִנְיָינָא, כַּד אֲתָא רַב נַחְמָן אָתוּ וְשָׁיְילוּהוּ, מִּשִׁמְעָן אָמַר (נ''א כמשמעו). אָמַר רִבִּי יְהוּדָה לְרִבִּי יַעֲקֹב כְּלוּם אַתָּה רוֹצֶה לַעֲבוֹר עַל דִּבְרֵי חַבֵירֶיךָ, אִשְׁתִּיק.

רִבִּי יוֹסֵי בְּרִבִּי שִׁמְעוֹן בֵּן לְקוּנְיָא אֲתָא לְמֵחמֵי לְרִבִּי אֶלְעָזָר חֲתָנֵיהּ (שם ע''ד) נַפְקַת בְּרַתֵּיהּ וְשַׁקְלָת יְדוֹהִי לְנַשְׁקָא לְהוֹן, וְאֲמָר לָה לְכִי וּמַעֲטִי אֶת עֲצְמֵךְ מִקָמֵיהּ בַּעֲלִיךְ דְּאִיהוּ קַדִּישָׁא. שָׁמַע רִבִּי אֶלְעָזָר. אָמַר, כְּעָן יָדַעְנָא אֲנָא מַדְכָּרְנָא מִלָּה חַד דְאִיהִי מַרְגְלָא יַקִּירָא דְאִתְמָר עַל סִיהֲרָא כְּדְתָנֵינָן דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אָמַר לְסִיהֲרָא לְכִי וּמַעֲטִי אֶת עֲצְמֵךְ דְחַשְׁבָה סִיהֲרָא דְלָא אִתְיְיהִיב שׁוּלְטָנָא לָהּ, אָמַר לֵיהּ חַמוֹהִי, אֲנָא כַּךְ שְׁמַעְנָא וְכַךְ הֲוָה מְסוּדָר בְּלִבָּאי וּבְגִין דְלָא אֲעְבָּר עַל דַעֲתוֹהִי דְּחַבְרָאי שָׁתַקְתִי.

פָּתַח רִבִּי אֶלְעָזָר וְאָמַר (דברים ל״ג:כ״ט) אֲשְׁרֶיךָ יִשְׂרָאֵל מִי כָּמוֹךָ עַם נוֹשָׁע בַּיְיָ מָגֵן עֱזְרֵךָ וַאֲשֶׁר חֶרֶב גָאֲוָתֶּךָ, אָמַר רִבִּי אֶלְעָזָר וְכִי גָאֲוַתָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל בַּחֶרֶב הוּא, לָאו הֲכִי, דְהָא חֶרֶב לְעֵשָׂו אִתְיְהִיבַת דִכְתִיב (בראשית כ״ז:ל״ט-מ׳) וְעַל חַרְבְּךָ תִּחְיֶה אֶלָּא הֲכִי שְׁמַעְנָא מֵאַבוֹי דְּאִלֵין תַּלְמִידֵי חֲכָמִים דְּכָד שַׁמְעִין מִלָּה וְלָא אִתְיָישְׁבָא בְּלִבְּהוֹן וְאִינּוּן מַגִּיחֵי קְרָבָא דֵין עִם דֵין כְּאִינּוּן מַגִּיחֵי קְרָבָא בְּחַרְבָּא וּבַּעְיָין לְקַטְלָא דֵין לְדֵין עֲלָהּ. וּמִלָּה דָּא דְּקָא אַמְרֵי חַבְרָנָא כַּךְ הִיא וְכַךְ גָּזָרְנָא בְּרָזָא דְּמַתְנִיתִין דִילָן.

דְּכָד בָּרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְשִׁמְשָׁא וּלְסִיהֲרָא גָּזָר עַל שִׁמְשָׁא לְמֶהֱוֵי שׁוּלְטָנָא דְעֵשָׂו וְעַל סִיהֲרָא לְמֶהוֵי בְּעָלְמָא דֵין שׁוּלְטָנָא דְיַעֲקֹב וּמָנֵי עֲלֵיהוֹן תַּקִּיפִין רַבְרְבִין עַד דְּיֵיתוּן תְרֵין אוּמַיָּיא אִלֵּין וְהַהוּא רַבְרְבָא דְאִתְמֶנִי עַל סִיהֲרָא בְּגִין אוּמָה דְיַעֲקֹב בָּעָא מִן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא דְיִתְיְּיהַב שׁוּלְטָנָא לְסִיהֲרָא בְּעָלְמָא דֵין כְּלוֹמַר אוּמָה דְיַעֲקֹב. אָמַר קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, וְכִי מָה אֲנָא בָּעֵי אוּמָה דְיַעֲקֹב (חסר כאן). אֶלָּא בְּעַלְמָא דְאָתֵי לְשַׁלְטָאָה בְּהוּ עַל כָּל אוּמַיָּיא אֲבָל בְּעָלְמָא דֵין לְכִי וּמַעֲטִי אֶת עֲצְמֶךְ וְהִשְׁתַעְבְּדִי בְּגָלוּתָא לְמִזְכֵּי לָךְ בְּעַלְמָא דְאָתֵי.

וְכַד אָתוּ אוּמָה דְיַעֲקֹב וְאִתְרָעֲמוּ קַמֵּיהּ דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, עַל דְאִתְנְטָל מִנְּהוֹן שׁוּלְטָנָא וְאִתְיְיהִיב לְעֵשָׂו. אָמַר לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, וְכִי מָה אַתּוּן בָעָאן שׁוּלְטָנָא בְּעַלְמָא דֵין דְהָא אֲנָא עֲרַבְנָא לְשַׁלְטָאָה לְכוּ לְעַלְמָא דְאָתֵי עַל כָּל אוּמַיָּיא וּבְגִין כַּךְ הָבִיאוּ כַּפָרָה עֲלַי כְּלוֹמַר עַל אוֹתָהּ הַבְטָחָה שֶׁאֲנִי עָרֶב לְכוּ וְהָבִיאוּ כַּפָרָה וְהִתְעֲסְקוּ בַּתּוֹרָה וְעָלַי לָתֵת לָכֶם שָׂכָר טוֹב וְעָלַי לְהַשְׁלִיט אֶתְכֶם עַל כָּל הָעַמִּים שֶׁעַל מְנָת כֵּן מִיעֲטְתִי אֶת הַיָרֵחַ בָּעוֹלָם אֲתָא רִבִּי יוֹסֵי וּנְשָׁקֵיהּ בְּרֵישֵׁיהּ וְקָרָא לִבְרַתֵּיהּ וְאָמַר לַהּ קוּטְפִיזָא דְּנְהוֹרִיתָא וּבוֹצִינָא דְּאִתְפָּרְשָׁא בְּטַבְוָון אִית גָּבָּךְ, זַכָּאָה אֲנְתְ וְזָכַּאָה חוּלָקֵיךְ וְזַכָּאָה חוּלָקִי דְזָכֵינָא לְמֶחֱמֵי כַּךְ.

רִבִּי יוֹנָתָן אָמַר זָכוּ יִשְׂרָאֵל דְנָהִיר לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וְלֵית אֲנָן צְרִיכִים לְבוֹצִינָא אַחֲרָא דִּכְתִיב (ישעיהו ס׳:י״ט) וְהָיָה לָּךְ יְיָ לְאוֹר עוֹלָם. אָמַר רִבִּי אֲבְהוּ, כֵּיוָן שְׁנִתְחַלֶף לְהוּ שׁוּלְטָנָא אִינוּן מוֹנִין חוּשְׁבָּנָא לְסִיהֲרָא דְבָּהּ מַנְהגֶת נוֹהֵג כְּצֹאן יוֹסֵף וּמוּם אֵין בָּךְ דְלָא אִשְׁתְּכַח בָּהּ גִּרְעוֹנָה בְּגִין מוֹעֲדִין וְזִמְנִין ע''כ: (עד כאן מההשמטות)

וַיִּקְרָא אֱלֹהִים וְגו', מַהוּ וַיִּקְרָא, קְרָא וְזַמִּין לְאַפָּקָא מֵהַאי אוֹר שְׁלִים דְּקַיְימָא בְּאֶמְצָעִיתָא, חַד נְהִירוּ דְּאִיהוּ יְסוֹדָא דְּעָלְמָא דְּעֲלֵיהּ קַיָּמִין עָלְמִין. וּמֵהַהוּא אוֹר שְׁלִים עַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא אִתְפְּשַׁט יְסוֹדָא חַי עָלְמִין דְּאִיהוּ יוֹם מִסִּטְרָא דְּיָמִינָא. וְלַחשֶׁךְ קָרָא לַיְלָה, קְרָא וְזַמִּין וְאַפִּיק מִסִּטְרָא דְחשֶׁךְ חַד נוּקְבָא סִיהֲרָא דְשָׁלְטָא בְּלֵילְיָא וְאִקְרֵי לָיְלָה רָזָא דְּאדנ''י אֲדוֹן כָּל הָאָרֶץ. עָאל יָמִינָא בְּהַהוּא עַמּוּדָא שְׁלִים דְבְּאֶמְצָעִיתָא כָּלִיל בְּרָזָא דִּשְׂמָאלָא, וְסָלִיק לְעֵילָא עַד נְקוּדָה קַדְמָאָה וְנָטִיל
(Ⅰ)

*****

[17a]  
[...] unies, le Verbe en sort. Tel est le mystère symbolisé par les trois points-voyelles : Holem (‘), Soureq (---) et Hireq (.). Le Point du milieu constitue la semence sacrée, sans laquelle la fécondité ne serait pas possible. Ainsi, par l’union de la lumière active du côté droit avec la lumière passive du côté gauche, union qui s’opère dans la Colonne du milieu, apparaît la base du monde, qui est appelée « Tout », parce qu’elle unit toutes les lumières, celles du côté droit avec celles du côté gauche. La lumière du côté gauche est faite de reflets, et c’est de pareille nature qu’est faite la lumière passive de la lune ; cette lumière est appelée obscurité parce qu’elle vient d’un corps obscur. Ainsi les deux lumières de l’essence divine ont ceci de particulier que l’une, la lumière active, est mâle, et l’autre, la lumière passive est femelle. Et lorsque, unie dans la Colonne du milieu, la lumière mâle comble de son excédent d’activité la lacune formée par la passivité de la lumière femelle, l’équilibre s’établit ; et, toutes les fois que l’équilibre s’établit entre activité et passivité, cet équilibre fait les délices et de qui donne son excédent, et de l’être qui le reçoit pour combler son passif ; et de ces délices naît un troisième être. De même l’union des deux lumières célestes a provoqué une joie immense ; et de cette joie immense émana une troisième lumière formant la base des mondes et appelée « Augmentation » (Moussaph).
C’est de cette dernière lumière qu’émanent toutes les puissances inférieures, tous les esprits et toutes les âmes saintes. C’est ce mystère qui est exprimé dans les paroles de l’Écriture :« Jéhovah Çebaoth, Dieu et maître des esprits, maître de toute la terre. » Le jour et la nuit sont l’image des lumières Tant que la lumière domine, l’obscurité qui est passive se tient à l’écart. Mais lorsque, à la fin du jour, la lumière, affaiblie, s’unit à l’obscurité dans le crépuscule l’équilibre étant établi, la nuit prend la place du jour. C’est donc de l’union entre le jour et la nuit, dans le crépuscule qui constitue la semence, qu’est né le lendemain ; sans nuit, il n’y aurait pas de lendemain. La seule différence entre les parties du jour et les lumières célestes est celle-ci : alors que les parties du jour arrivent successivement, le crépuscule succède au jour, et la nuit au crépuscule ; les trois lumières célestes se manifestent simultanément. Mais comme il faut, pour provoquer la fécondité, que la contribution du mâle excède celle de la femelle, Élohim, qui forme la Colonne du milieu, est de la même essence que la lumière active du côté droit et la lumière passive du côté gauche, mais il participe plus de la première que de la seconde.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Et Élohim appela», c’est-à-dire, il fit venir d’un côté la lumière symbolisée par le jour, c’est-à-dire la lumière active du côté droit, et il appela, c’est-à-dire il fit venir de l’autre côté l’obscurité, c’est-à-dire la lumière passive appelée « obscurité », symbolisée par la nuit, c’est-à-dire Élohim forma la Colonne du milieu dans laquelle furent unies la lumière du côté droit avec celle du côté gauche. Mais comme Élohim participe davantage de la lumière du côté droit, l’Écriture emploie le mot « Vaïkra » et il appela pour exprimer l’appel qu’Élohim fit au jour, alors qu’elle se sert d’un mot qui compte deux lettres de moins, c’est-à-dire du mot « Qara », pour exprimer l’appel qu’Élohim fit à la nuit. C’est dans ce mystère que se trouve la raison des soixante-douze lettres sacrées gravées dans la couronne supérieure.
Il est écrit (Gen. , I, 6) : « Et Elohim dit : Que le firmament soit au milieu des eaux, et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux. » Ici, l’Écriture expose la création d’une façon détaillée, pour donner lieu à la règle herméneutique concernant l’espèce précédée et suivie du genre. Le mystère de la séparation des eaux s’explique de cette façon : la discorde venait du côté gauche ; car, tant qu’il n’y avait que le côté droit, la discorde était impossible. Mais aussitôt que, par la mise en relief du milieu, deux côtés furent formés, un droit et un gauche, c’est ce dernier qui donne lieu à la discorde et c’est de lui qu’émane l’enfer (le Gehinom) et qu’il s’y attache. Dans sa sagesse, Moïse a déjà vu cette discorde en étudiant l’œuvre de la création. Dans l’œuvre de la création, il y avait une discorde entre le côté gauche et le côté droit ; et c’est le côté gauche qui l’a provoquée. C’est de cette discorde qu’est né l’enfer. Alors la colonne du milieu, symbolisée par le troisième jour de la création, s’interposa entre le côté droit et le côté gauche, fit disparaître la discorde et unit les deux parties adverses. L’enfer descendit en bas, et le côté gauche se confondit avec le côté droit, et la paix parfaite fut ainsi accomplie. La querelle que, au moment de la création, le côté gauche cherchait au côté droit, a été imitée dans la querelle que Coré chercha à Aaron (Nb. , XVI, 3).
Ayant pénétré le mystère de la création, Moïse se dit : Il me convient de faire disparaître la discorde entre le côté droit et le côté gauche en imitant le procédé observé au moment de la création, c’est-à-dire en s’interposant entre les parties adverses. Mais lorsque, rencontrant une résistance opiniâtre du côté gauche, Moïse n’eut pu y parvenir, il se dit : Il est certain que la querelle que Coré cherchait à Aaron n’est pas de la nature de celle que, au moment de la création, le côté gauche cherchait au côté droit. Aussi, le côté de Coré, destiné à retomber en bas dans l’enfer, lieu de discordes, ne pouvait-il jamais être uni au côté droit. En se refusant à la paix proposée par Moïse, Coré a prouvé que sa querelle n’avait point pour but de contribuer à, la gloire du ciel ; il se révoltait, au contraire, contre l’autorité du ciel, et de cette façon niait la paix qui, au moment de la création, a été faite entre le côté gauche et le côté droit par la Colonne du milieu interposée entre les parties adverses. C’est en voyant que Coré niait ce mystère de la création que Moïse entra en colère, ainsi qu’il est écrit (Nb. , XVI, 15) : « Moïse entra dans une grande colère. » Il entra en colère pour ne pas avoir pu parvenir à apaiser la querelle. mais aussi à cause de la négation du mystère de la création manifestée par Coré.
C’est pourquoi L’Écriture ajoute le mot « grande » pour indiquer que la colère de Moïse avait deux causes. Car Coré a tout nié [...]

וְאָחִיד (ד ף י ז ע '' א) תַּמָּן מִלָּה (נ''א חילא) דִּתְלַת נְקוּדִין חֹלָ''ם שׁוּרֻ''ק חִירִ''ק זֶרַע קֹדֶשׁ. דְּהָא לֵית זַרְעָא דְאִזְדְּרַע בַּר בְּרָזָא דָא, וְאִתְחַבַּר כֹּלָּא בְּעַמּוּדָא דְּאֶמְצָעִיתָא. וְאַפִּיק יְסוֹדָא דְּעַלְמָא, וּבְגִין כָּךְ אִקְרֵי כֹּל דְּאָחִיד לְכֹלָּא בִּנְהִירוּ דְּתִיאוּבְתָּא.

שְׂמָאלָא לָהִיט בְּתוֹקְפָּא וְאָרַח, בְּכוּלְהוֹ דַּרְגִּין אָרַח רֵיחָא. וּמֵהַהוּא לְהִיטוּ דְּאֶשָׁא אַפִּיק הַהִיא נוּקְבָא סִיהֲרָא. וְהַהוּא לְהִיטוּ הֲוָה חשֶׁךְ בְּגִין דְּהֲוָה מֵחֹשֶׁךְ. וּתְרֵין סִטְרִין אִלֵּין אַפִּיקוּ תְּרֵין דַּרְגִּין אִלֵּין חַד דְּכַר וְחַד נוּקְבָא. יְסוֹדָא אָחִיד בְּעַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא מֵהַהוּא תּוֹסֶפֶת נְהוֹרָא דְּהֲוָה בֵּיהּ, דְּכֵיוָן דְּהַהוּא עַמּוּדָא דְּאֶמְצָעִיתָא אִשְׁתְּלִים וְעָבִיד שְׁלָם לְכָל סִטְרִין, כְּדֵין אִתּוֹסַף בֵּיהּ נְהִירוּ מֵעֵילָא וּמִכָּל סִטְרִין בְּחֶדְוָה דְּכֹלָּא בֵּיהּ. וּמֵהַהוּא תּוֹסֶפֶת דְּחֶדְוָה נָפִיק יְסוֹדָא דְעָלְמִין וְאִקְרֵי מוּסָף. מֵהָכָא נָפְקִין כָּל חַיָּילִין לְתַתָּא וְרוּחִין וְנִשְׁמָתִין קַדִּישִׁין בְּרָזָא ידו''ד צְבָאוֹ''ת, אֵל אֱלֹהֵי הָרוּחוֹת.

לַיְלָה אֲדוֹן כָּל הָאָרֶץ, מִסִּטְרָא דִשְׂמָאלָא מֵהַהוּא חשֶׁךְ. וּבְגִין דְּהַהוּא חשֶׁךְ תִּיאוּבְתֵּיהּ לְאִתְכְּלָלָא בְּיָמִינָא וְחָלַשׁ תּוּקְפֵיהּ, אִתְפְּשַׁט מִנֵּיהּ הַאי לַיְלָה. כַּד שָׁארֵי לְהִתְפַּשְׁטָא הַאי לַיְלָה עַד לָא אִסְתַּיָּים, הַהוּא חשֶׁךְ עָאל וְאִתְכְּלִיל בְּיָמִינָא וְיָמִינָא אָחִיד לֵיהּ, וְאִשְׁתָּאַר בִּגְרִיעוּ הַאי לַיְלָה. וּכְמָה דְּחשֶׁךְ תִּיאוּבְתֵּיהּ לְאִתְכְּלָלָא בְּאוֹר הָכִי לַיְלָה תִּיאוּבְתֵּיהּ לְאִתְכְּלָלָא בְּיּוֹם. חשֶׁךְ גָּרַע נְהוֹרֵיהּ, וּבְגִין כָּךְ אַפִּיק דַּרְגָא בִּגְרִיעוּ וְלָא בִּנְהִירוּ. חשֶׁךְ לָא נָהִיר אֶלָּא כַּד אִתְכְּלִיל בְּאוֹר. לַיְלָה דְּנָפַק מִנֵּיהּ לָא נָהִיר אֶלָּא כַּד אִתְכְּלִיל בְּיּוֹם. גְּרִיעוּ דְּלַיְלָה לָא אִשְׁתְּלִים אֶלָּא בְּמוּסַף. מַה דְּאִתּוֹסַף הָכָא גָּרַע הָכָא.

בְּמוּסַף הֲוָה בֵּיהּ רָזָא דִנְקוּדָה עִלָּאָה וְרָזָא דְּעַמּוּדָא דְּאֶמְצָעִיתָא בְּכָל סִטְרִין, וּבְגִין כָּךְ אִתּוֹסַף בֵּיהּ תְּרֵין אַתְוָון. בְּלֵילְיָא גְרִיעוּ בֵּיהּ אִלֵּין תְּרֵין. כְּדֵין קָרָא כְּתִיב וַיִּקְרָא וְגָרַע מִנֵּיהּ (וי''ו) (ו''י) וּכְתִיב קָרָא לַיְלָה. הָכָא רָזָא דִשְׁמָא דְשִׁבְעִין וּתְרֵין אַתְוָון גְּלִיפָא דְכִתְרָא עִלָּאָה:

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים יְהִי רָקִיעַ בְּתוֹךְ הַמָּיִם וְגו', הָכָא בִּפְרַט רָזָא לְאַפְרָשָׁא (בין) (תרומה קמ''ט ע''ב) מַיִין עִלָאִין לְתַתָּאֵי (לתתאין) בְּרָזָא דִשְׂמָאלָא. (נ''א ואתברי) הָכָא מַחְלוֹקֶת בְּרָזָא דִשְׂמָאלָא. דְעַד הָכָא רָזָא דְּיָמִינָא הוּא, וְהָכָא הוּא רָזָא דִשְׂמָאלָא, וּבְגִין כָּךְ אַסְגִיאוּ מַחְלוֹקֶת (נ''א בין) בְּגִין דָּא לְיָמִינָא. יָמִינָא אִיהוּ שְׁלֵימָא דְכֹלָּא, וּבְגִין כָּךְ בְּיָמִינָא כְּתִיב כֹּלָּא דְּהָא בֵּיהּ תַּלְיָיא כָּל שְׁלִימוּ. כַּד אִתְעַר שְׂמָאלָא אִתְעַר מַחְלוֹקֶת. וּבְהַהוּא מַחְלוֹקֶת אִתְתַּקַּף אֶשָׁא דְרוּגְזָא וְנָפִיק מִנֵּיהּ מֵהַהוּא מַחְלוֹקֶת גֵּיהִנֹּם. וְגֵיהִנֹּם בִּשְׂמָאלָא אִתְעַר וְאִתְדָּבַּק.

חָכְמְתָא דְמשֶׁה בְּהָא אִסְתַּכַּל וּבְעוֹבָדָא דִּבְרֵאשִׁית אַשְׁגַּח. בְּעוֹבָדָא דִּבְרִאשִׁית הֲוָה מַחְלוֹקֶת שְׂמָאלָא בְּיָמִינָא, וּבְהַהוּא מַחְלוֹקֶת דְּאִתְעַר בֵּיהּ שְׂמָאלָא נָפַק בֵּיהּ גֵּיהִנֹּם וְאִתְדְּבַק בֵּיהּ. עַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא דְאִיהוּ יוֹם תְּלִיתָאי עָאל בֵּינַיְיהוּ וְאַפְרִישׁ מַחְלוֹקֶת וְאַסְכִּים לִתְרֵין סִטְרִין. וְגֵיהִנֹּם נָחִית לְתַתָּא. וּשְׂמָאלָא אִתְכְּלִיל בְּיָמִינָא וְהֲוָה שְׁלָמָא בְּכֹלָּא.

כְּגַוְונָא דָא מַחְלוֹקֶת קֹרַח בְּאַהֲרֹן שְׂמָאלָא בְּיָמִינָא. אִסְתַּכַּל משֶׁה בְּעוֹבָדָא דִבְרֵאשִׁית. אָמַר לִי אִתְחַזֵּי לְאַפְרָשָׁא מַחְלוֹקֶת בֵּין יָמִינָא לִשְׂמָאלָא. אִשְׁתַּדַּל לְאַסְכָּמָא בֵּינַיְיהוּ. וְלָא בָּעֵי שְׂמָאלָא וְאַתְקַף קֹרַח בְּתוּקְפֵיהּ. אָמַר וַדַּאי גֵּיהִנֹּם בְּתוּקְפָא דְמַחְלוֹקֶת שְׂמָאלָא אִצְטְרִיךְ לְאִתְדַּבְּקָא (ס''א לעילא ולאתכללא בימינא) הוּא לָא בָּעֵי לְאִתְדַבְּקָא לְעֵילָא וּלְאִתְכַּלְּלָא בְּיָמִינָא, וַדַּאי יֵחוֹת לְתַתָּא בְּתוּקְפָא דְרוּגְזָא דִילֵיהּ.

וְעַל דָּא לָא בָּעֵי קֹרַח לְאַסְכָּמָא הַאי מַחְלוֹקֶת בִּידָא דְמשֶׁה בְּגִין דְּלָא הֲוָה (ל''ג ע''א) לְשֵׁם שָׁמַיִם וְלָא חָיִישׁ לִיקָרָא דִלְעֵילָא וְאַכְּחִישׁ עוֹבָדָא דִבְרֵאשִׁית. כֵּיוָן דְּחָמָא משֶׁה דְּהֲוָה מַכְּחִישׁ עוֹבָדָא דִבְרֵאשִׁית וְאִתְדְּחָא אִיהוּ לְבַר, כְּדֵין וַיִּחַר לְמשֶׁה מְאֹד.

וַיִּחַר לְמשֶׁה עַל דְּאַכְּחִישׁוּ לֵיהּ דְּלָא אַסְכִּים הַהוּא מַחְלוֹקֶת. מְאֹד עַל דְּאַכְּחִישׁוּ עוֹבָדָא דִבְרֵאשִׁית. וּבְכֹלָּא אַכְּחִישׁ
(Ⅰ)

*****

[17b]  
[...] et la paix d’en haut et la paix d’en bas, ainsi qu’il est écrit (Nb. , XXVI, 9) : « Lorsqu’ils se révoltèrent contre le Seigneur. » C’est précisément parce que Coré niait et la paix d’en bas et la paix d’en haut qu’il persista dans sa querelle. La querelle de Schammaï et de Hillel avait pour but la gloire du ciel et ressemblait à la querelle que, au moment de la création, le côté gauche cherchait au côté droit. Aussi le Saint, béni soit-il, approuva-t-il leur dispute, ce qui amena la paix entre eux. C’est pourquoi également leurs œuvres leur ont survécu, de même que l’œuvre de la création. Mais Coré se révoltait contre le ciel même en prétendant que la paix entre le côté gauche et le côté droit n’a jamais été faite, et que le côté de l’enfer est aussi puissant que le côté droit ; c’est pourquoi, s’attachant au côté gauche, il tomba dans l’enfer. Le mystère suivant se trouve dans le livre d’Adam : Lorsque la lumière passive du côté gauche, désignée dans l’Écriture par le mot « obscurité », s’unit à la lumière active du côté droit, dans la Colonne du milieu, de nombreuses légions célestes, croyant à un antagonisme entre une lumière et l’autre, se déclarèrent pour la lumière du côté gauche et s’apprêtèrent à se révolter contre la lumière du côté droit. Lorsque la Colonne du milieu rendait manifeste l’unité parfaite de Dieu, les bonnes légions abandonnèrent la lutte et se soumirent.
Mais les mauvaises légions persistèrent dans leur querelle et donnèrent naissance à l’enfer. Comme la querelle existait primitivement, même chez les bonnes légions célestes, la discorde fut introduite dans le monde. Mais comme, d’autre part, la querelle primitive des bonnes légions n’était inspirée par aucun sentiment de révolte, celle qu’elle a introduite dans le monde lui ressemble, en ce sens qu’elle n’a pour but que la gloire du ciel et que, par conséquent, elle finit toujours par disparaître, à l’exemple de celle des légions célestes qui l’a fait naître. Mais il y a dans le monde un autre genre de querelle à laquelle donna naissance la révolte des mauvaises légions célestes, qui persistèrent dans leur querelle malgré l’évidence. Cette querelle ressemble également à celle des légions célestes qui l’a fait naître, en ce sens qu’elle est en révolte contre le ciel et que, par conséquent, elle ne disparaîtra jamais. C’est par ces deux genres de discordes que les justes sont distingués des méchants ; la discorde entre les justes est toujours de la première catégorie, et celle des méchants de la seconde. La querelle de Coré a été inspirée par la colère, et elle finit par le conduire à l’enfer ; alors que la querelle entre Schammaï et Hillel avait pour raison la gloire du ciel, et elle finit par disparaître.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Et Élohim fit le firmament, et il sépara les eaux qui étaient sous le firmament d’avec celles qui étaient au-dessous du firmament», c’est-à-dire, il sépara la discorde à laquelle donnèrent lieu les légions célestes restées en haut, de la discorde qu’ont introduite dans le monde les mauvaises légions célestes rejetées dans l’abîme, ou, en d’autres termes, entre la querelle motivée par l’amour de Dieu, telle que la querelle entre Schammaï et Hillel, et la querelle inspirée par l’orgueil et la colère, telle que la querelle de Coré. Ce dernier genre de querelle émane toujours du côté gauche. Ici, l’Écriture se sert du mot « sépara » « et il sépara les eaux », etc., et pour la querelle de Coré l’Écriture emploie également le mot « séparés » « est-ce peu de chose pour vous que le Dieu d’Israël vous ait séparés de tout le peuple » (Nb. , XVI, 9), et ailleurs l’Écriture dit (Deut. , X, 8) : « A cette époque Dieu sépara la tribu de Lévi. »
L’Écriture nous indique ainsi que la querelle vient toujours du côté gauche, de même que le mot exprimant la « Séparation» n’est mentionné dans la Genèse qu’à propos de la création du second jour, symbole du côté gauche. On pourrait se demander : puisque la séparation est née au deuxième jour de la création, symbole du côté gauche, comment se fait-il que ce soit la tribu de Lévi, qui est la troisième, qui ait provoqué la querelle ? Ce devrait être plutôt la tribu de Siméon qui est la seconde ? Mais la vérité, c’est que la tribu de Lévi, bien qu’en réalité la troisième, n’était aux yeux de Jacob que la deuxième (11). La formule liturgique de la « séparation » (12) qu’on récite à la fin du Sabbat a pour but de séparer l’esprit qui domine pendant les jours ouvrables, de l’esprit qui règne le jour du Sabbat. A la fin du Sabbat, une partie des mauvais esprits quitte l’enfer avec le désir de s’emparer des Israélites. Mais au moment où ces derniers récitent le verset (Ps. , LXXXIX, 17) : « Et que l’œuvre de nos mains soit affermie par toi-même », le mauvais esprit du côté gauche se sépare d’eux ; et lorsque, tenant en main le myrte et la coupe de vin, les Israélites récitent la formule liturgique de « Séparation », le mauvais esprit du côté gauche s’enfuit et retourne au « Scheol » sa demeure, qui est également la demeure de. Coré et de ses complices, ainsi qu’il est écrit (Nb. ,XVI, 33) : « Ils descendirent tout vivants, eux et tous les leurs, dans le Scheol. » De même que la descente de Coré dans le Scheol n’a pas eu lieu avant la séparation des Israélites, ainsi qu’il est écrit (Ibid. , XVI, 21) : « Retirez-vous des tentes de ces hommes impies», de même la descente des anges révoltés contre leur Maître s’opère après que les Israélites ont prononcé à la fin du Sabbat la formule liturgique de la « Séparation » ; car le Scheol supérieur où sont éternellement brûlés les anges révoltés ressemble au Scheol inférieur où descendit Coré ; le Scheol d’en bas étant fait d’après le modèle de celui d’en haut.
L’Écriture dit : « Que le firmament soit fait au milieu des eaux. » Le mot « Élohim » est composé de « El » et « haïam » ce qui signifie « Dieu » et « mer ». Comme le mot « haïam » est constitué des mêmes lettres que le mot « ïamah », l’Écriture nous indique par-là que toute querelle, qui est symbolisée par la mer, vient de Dieu quand elle a pour but la gloire du ciel ; car « El » étant mêlé à « haïam », on obtient « Élohim » ; mais lorsque la gloire de Dieu n’a aucune part à la querelle, « El » se détache d’ « Élohim », et il ne reste que « ïamah » qui désigne le grand océan dont l’abîme cache le Scheol, séjour des mauvais esprits. Lorsque la séparation des eaux a eu lieu, la querelle a cessé ; car, en s’interposant entre elles, Élohim leur sert de trait d’union. Les eaux d’en haut forment la partie mâle ; celles d’en bas la partie femelle. Les premières sont appelées « Élohim » ; les secondes « Adonaï », ; les premières sont symbolisées par la première lettre « Hé» du nom sacré Jéhovah, et les secondes par la seconde lettre « Hé ». Pour que l’union fût faite entre les eaux d’en-haut appelées du nom d’ « Élohim » et celles [...]

קֹרַח בְּעֵילָא וּבְתַתָּא. דִּכְתִיב, (במדבר כו) בְּהַצּוֹתָם עַל יְיָ, הָא תַּתָּא וְעֵילָא. וְעַל דָּא אִתְדָּבָּק כְּמָה (במה) דְאִתְחַזֵּי לֵיהּ.

מַחְלוֹקֶת דְּאִתְתָּקַּן כְּגַוְונָא דִלְעֵילָא וְסָלִיק וְלָא נָחִית וְאִתְקְיַּים בְּאֹרַח מֵישָׁר, דָּא מַחְלוֹקֶת דְּשַּׁמַּאי וְהִלֵּל. וְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אַפְרִישׁ בֵּינַיְיהוּ וְאַסְכִּים לוֹן. וְדָא הֲוָה מַחְלוֹקֶת לְשֵׁם שָׁמַיִם. וְשָׁמַיִם אַפְרִישׁ מַחְלוֹקֶת. וְעַל דָּא אִתְקְיַּים (עלמא). וְדָא הֲוָה כְּגַוְונָא דְּעוֹבָדָא דִבְרֵאשִׁית. וְקֹרַח בְּעוֹבָדָא דִבְרֵאשִׁית אַכְּחִישׁ בְּכֹלָּא. וּפְלוּגְתָּא דְּשָׁמַיִם הֲוָה. וּבְעָא לְאַכְּחָשָׁא מִלֵּי דְאוֹרַיְיתָא. וַדַּאי בְּאִתְדַּבְּקוּתָא דְּגִיהִנֹּם הֲוָה. וְעַל דָּא אִתְדָּבַּק בַּהֲדֵיהּ.

וְרָזָא דָא בְּסִפְרָא דְאָדָם. חשֶׁךְ כַּד אִתְעַר אִתְעַר בְּתוּקְפֵּיהּ וּבְרָא בֵּיהּ גֵּיהִנֹּם וְאִתְדָּבַּק בַּהֲדֵיהּ בְּהַהוּא מַחְלוֹקֶת. כֵּיוָן דְּשָׁכִיךְ רוּגְזָא וְתוּקְפָּא, אִתְעַר מַחְלוֹקֶת כְּגַוְונָא אָחֳרָא, מַחְלוֹקֶת דִּרְחִימוּ. וּתְרֵין מַחְלוֹקֶת הֲווּ. חַד שֵׁירוּתָא וְחַד סִיּוּמָא. וְדָא אִיהוּ אָרְחֵהוֹן דְּצַדִּיקַיָּיא שֵׁירוּתָא דִלְהוֹן בְּקַשְׁיוּ וְסוֹפָא דִלְהוֹן בִּנְיָיחָא. קֹרַח הֲוָה שֵׁירוּתָא דְמַחְלוֹקֶת כְּפוּם רוּגְזָא וְתוּקְפָּא וְאִתְדָּבַּק בַּגֵּיהִנָּם. שַׁמַּאי סוֹפָא דְמַחְלוֹקֶת כַּד רוּגְזָא בִּנְיָיחָא אִצְטְרִיךְ לְאַתְעָרָא מַחְלוֹקֶת דִּרְחִימוּ וּלְאַסְכָּמָא עַל יְדָא דְשָׁמַיִם.

וְרָזָא דָא יְהִי רָקִיעַ בְּתוֹךְ הַמָּיִם וִיהִי מַבְדִּיל, דָּא מַחְלוֹקֶת קַדְמָאָה אִתְעָרוּ דְּרוּגְזָא וְתוּקְפָּא בָּעָא לְאַפְרָשָׁא וְאִתְעַר גֵּיהִנֹּם עַד דְּרוּגְזָא וְתוּקְפָּא אִצְטַנָּן. וּכְדֵין וַיַּעַשׂ אֱלֹהִים אֶת הָרָקִיעַ וְגו' אִתְעַר מַחְלוֹקֶת דִּרְחִימוּ וְחֲבִיבוּ וְקִיּוּמָא דְּעָלְמָא. וּבְרָזָא דָא מַחְלוֹקֶת שַׁמַּאי וְהִלֵּל. דְּתוֹרָה שֶׁבַּעַל פֶּה עָאלַת בִּרְחִימוּ גַּבֵּי תּוֹרָה שֶׁבִּכְתַב וְהֲווּ בְּקִיּוּמָא שְׁלִים.

הַבְדָּלָה אִיהוּ וַדַּאי בִּשְׂמָאלָא. כְּתִיב הָכָא הַבְדָּלָה, וִיהִי מַבְדִּיל וּכְתִיב וַיַּבְדֵּל, וּכְתִיב הָתָם (במדבר טז) הַמְעַט מִכֶּם כִּי הִבְדִיל וְגו', וּכְתִיב (דברים ו) בָּעֵת הַהִיא הִבְדִּיל יְיָ אֶת שֵׁבֶט הַלֵּוִי. דְּהָא וַדַּאי לֵית הַבְדָּלָה אֶלָּא בַּשֵּׁנִי בְּאֲתַר שְׂמָאלָא. וְאִי תֵימָא הַבְדָּלָה בַּשֵּׁנִי אִיהוּ וַדַּאי אַמַּאי הַבְדָּלָה בְּלֵוִי דְּאִיהוּ תְּלִיתָאָה. הַבְדָּלָה בְּשִׁמְעוֹן אִצְטְרִיךְ דְּאִיהוּ שֵׁנִי. אֶלָּא, אַף עַל גַּב דְּלֵוִי אִיהוּ תְּלִיתָאָה. לְדַעְתָּא דְיַעֲקֹב שֵׁנִי הֲוָה. וּלְעוֹלָם בַּשֵּׁנִי הֲוָה, וְכֹלָּא בְּאֹרַח מֵישָׁר בְּאֹרַח שְׁלִים כְּדְקָא יְאוּת.

הַבְדָּלָה בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת בֵּין אִנּוּן דְּשַׁלִּיטִין בְּיוֹמֵי חוֹל לְשַׁבָּת. וְכַד נָפִיק שַׁבָּת סָלְקָא מִגֵּיהִנֹּם חַד סִטְרָא מֵעֵינָא בִּישָׁא (ס''א טסירא ממנא בישא) דְבָעָא לְשַׁלְטָאָה בְּשַׁעֲתָא דְּאָמְרִין יִשְׂרָאֵל (תהילים צ׳:י״ז) וּמַעֲשֵׂה יָדֵינוּ כּוֹנְנָה עָלֵינוּ וְנָפִיק מֵהַהוּא דַרְגָּא דְאִקְרֵי שְׂמָאלָא (נ''א שאולה) וּבָעֵי לְאִתְעַרְבָא בְּזַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל וּלְשַׁלְטָאָה עֲלַיְיהוּ יִשְׂרָאֵל.

וְיִשְׂרָאֵל עַבְדֵי עוֹבָדָא בְּהֲדַס וּבְיַיִן וְאָמְרֵי הַבְדָּלָה, וְאִתְפְּרַשׁ מִנַּיְיהוּ, וּמָאִיךְ הַהוּא סִטְרָא וְעָאל לְדוּכְתֵּיהּ בַּשְּׁאוֹל אֲתַר דְּקֹרַח וְסִיעֲתֵיהּ תַּמָּן דִּכְתִיב, (במדבר יט) וַיֵּרְדוּ הֵם וְכָל אֲשֶׁר לָהֶם חַיִּים שְׁאוֹלָה. וְאִנּוּן לָא נָחְתֵי תַּמָּן עַד דְּעַבְדֵּי יִשְׂרָאֵל הַבְדָּלָה מִנְהוֹן דִּכְתִיב, (במדבר יט) הִבָּדְלוּ מִתּוֹךְ הָעֵדָה וְגו'.

וּלְעוֹלָם הַבְדָּלָה בַּשֵּׁנִי דְּאִיהוּ שְׂמָאלָא בְּשֵׁירוּתָא וְתוּקְפָּא וְרוּגְזָא דְּאִתְעַר שְׂמָאלָא בְּמַחְלוֹקֶת עַד לָא שָׁכִיךְ בִּנְיָיחָא וְאִתְבְּרֵי בֵּיהּ גֵּיהִנֹּם. (יח ב) כְּדֵין אִתְבְּרִיאוּ כָּל אִנּוּן מַלְאָכִים דְּקַטְרְגֵי לְמָארֵיהוֹן לְעֵילָא וְאָכִיל לוֹן נוּרָא וְאִתּוֹקְדוּ. וְכֵן כָּל שְׁאָר אִנּוּן דְּמִתְבַּטְּלֵי וְלֵית לוֹן קִיּוּמָא וְאִתְאֲכָלוּ בְּנוּרָא. כְּגַוְונָא דָא קֹרַח לְתַתָּא. וְכֹלָא כְּגַוְונָא דָא.

יְהִי רָקִיעַ אִתְפַּשַּׁט פְּשִׁיטוּ דָא מִן דָּא. א''ל קִטְפָא יָמִינָא אֵ''ל גָּדוֹל אִתְפְּשַׁט פְּשִׁיטוּ מִן גּוֹ מַיָיא לְאִשְׁתַּלָּמָא שְׁמָא דָא אֵ''ל וּלְאִתְכַּלָּלָא בְּהַהוּא פְּשִׁיטוּ דָּא בְּדָא, וְאִתְפַּשַּׁט מֵאֵל אֱלֹהִים הי''ם אִלֵּין אִתְפַּשָּׁטוּ וְאִתְהַפָּכוּ לְמֶהוֵי מַיִין תַּתָּאִין ימ''ה הַהוּא פְּשִׁיטוּ דְּאִתְפַּשַּׁט בַּשֵּׁנִי, מַיִין עִלָּאִין הי''ם זֶה הַיָּ''ם גָּדוֹל. הי''ם מַיִין עִלָּאִין, הִפּוּכָא דְּאִלֵּין אַתְוָון ימ''ה מַיִין תַּתָּאִין. כֵּיוָן דְּאִתְתַּקְּנוּ אִתְעֲבִידוּ כֹּלָּא כְּלָלָא חָדָא וְאִתְפַּשַּׁט שְׁמָא דָא בְּכַמָּה דוּכְתֵּי.

מַיִין עִלָּאִין דְּכוּרִין. וּמַיִין תַּתָּאִין נוּקְבֵי. בְּקַדְמִיתָא הֲווּ מַיִם בְּמַיִם, עַד דְּאִתְפְּרָשׁוּ לְאִשְׁתְּמוֹדְעָא מַיִין עִלָּאִין וְתַתָּאִין, דָּא אֱלֹהִים (נ''א מיין עלאין). וְדָא אדנ''י (נ''א מיין תתאין). וְדָא ה' עִילָּאָה וְה' תַּתָּאָה. מַה כְּתִיב וַיַּעַשׂ אֱלהִים אֶת הָרָקִיעַ. אִתְפַּשְׁטוּתָא דָא נָטַל שְׁמָא דָא אֱלהִים מַיִין עִלָּאִין. וּמַיִין
(Ⅰ)

*****

[18a]  
[...] d’en bas appelées du nom d’ « Adonai », Élohim s’interposa entre les eaux mâles et les eaux femelles et s’en constitua le trait d’union. Bien que cette interposition ait eu lieu le deuxième jour de la création, la discorde ne cessa jusqu’au troisième jour. Et c’est parce que la discorde existait encore pendant le deuxième jour de la création, qu’en ce jour l’Écriture ne dit pas : « Et Dieu vit que cela était bon », comme c’est le cas pour tous les autres jours de la création. Comme ce n’était qu’au troisième jour que l’œuvre du deuxième, c’est-à-dire la cessation complète de la discorde, a été achevée, le mot « bon » n’est employé qu’au troisième jour, où, la lettre « Vav » s’étant interposée entre les deux lettres « Hé » du nom sacré de Jéhovah, l’union du nom sacré et gravé est devenue parfaite. Cette interposition d’Élohim entre les eaux d’en haut et celles d’en bas est symbolisée par la séparation de l’eau du Jourdain, dont « les eaux qui venaient d’en haut s’arrêtèrent en un même lieu, alors que celles d’en bas s’écoulèrent dans la mer, pour livrer, au milieu, passage aux Israélites »(Josué, III, 16).
Pour indiquer la séparation des eaux, l’Écriture répète cinq fois le mot « firmament», parce que Celui qui vit en toute éternité les parcourt et les dirige ; car si la Colonne du milieu ne s’était pas interposée entre elles, l’union, et partant la fécondité, des eaux d’en haut et de celles d’en bas n’auraient jamais pu avoir lieu. Or, le temps nécessaire pour rendre cette union féconde est de cinq cents ans, pendant lesquels les eaux d’en haut et celles d’en bas doivent rester attachées à l’arbre de vie qui leur sert de trait d’union. Toutes les eaux de la création ont pris le cours et les directions qui leur ont été tracées par l’arbre de la vie. Avant de procéder au partage des eaux, il a fallu d’abord les unir, puisqu’on ne partage qu’une chose unie ; de même que David réunit d’abord toutes les provisions entre ses mains, et ne procéda au partage qu’ensuite, ainsi qu’il est écrit (IIe Rois, VI, 19) : « Et il partagea parmi toute cette troupe d’Israélites », etc., et ailleurs (Ps. , CIII, 28) : « Lorsque vous la leur donnez, elles la recueillent», et enfin il est écrit (Prov. , XXXI, 15) : « Elle se lève pendant la nuit et partage le butin entre les membres de sa maisonnée. »
Lorsqu’une querelle émanant du côté gauche se produit dans le monde, la rigueur céleste se fait sentir dans le monde ; et, les eaux du côté gauche se transformant en un élément sec, dépourvu de toute humidité, donnent naissance à deux esprits démoniaques, un mâle et une femelle, qui engendrent des légions de démons pour entourer les fauteurs de cette mauvaise querelle. Ces deux démons sont symbolisés par le prépuce qu’il faut retrancher par la circoncision. L’un de ces esprits est appelé « Épheh » (Vipère), l’autre « Nahasch » (Serpent) ; tous les deux ne forment qu’un. Après son union avec Nahasch, Épheh met bas sa descendance au bout de sept (13) ans de gestation. Ici est également le mystère des sept noms que porte l’enfer ainsi que l’Esprit tentateur. Ainsi, tout ce qui émane du côté gauche est un mélange de bien et de mal ; pour que le bien soit pur sans aucun alliage de mal, il faut qu’il émane du côté qui constitue la base du monde, du nom gravé de dix-huit lettres, dont émanent la rosée de la grâce et toutes les bénédictions de ce monde.
Il est écrit (Gen. I, 9) : « Et Élohim dit : Que les eaux qui sont sous le ciel se rassemblent en un seul lieu. » Pour exprimer l’idée de rassemblement, l’Écriture emploie le mot « iqavvou », qui veut également dire : « soient tracées au cordeau ». Par le mot « les eaux » l’Écriture désigne les degrés séphirothiques qui mènent au palais supérieur où réside le Point suprême renfermant en lui le mâle et la femelle. Et qui est-ce ? C’est Celui qui vit en toute éternité. L’Écriture parle des eaux au-dessous du ciel, ce qui désigne les degrés séphirothiques qui émanent de la seconde lettre « Hé » du nom sacré de Jéhovah. Et comme pour arriver jusqu’au Point suprême il faut passer par les degrés séphirothiques émanant de la première lettre « Hé » aussi bien que de la seconde, l’Écriture se sert du mot « iqavvou » qui renferme deux lettres « Vav » pour correspondre aux degrés séphirothiques de la première et de la seconde lettre « Hé». Le sens de l’Écriture est donc celui-ci : Quand les degrés séphirothiques auront été tracés au cordeau, c’est-à-dire, lorsqu’ils auront été suivis dans l’ordre établi, le point suprême caché à tous les regards sera entrevu ; c’est ce que l’Écriture entend par l’expression « à un seul lieu », c’est-à-dire en suivant les degrés séphirothiques on arrive à cet endroit suprême où tout est uni, et partant, où tout n’est qu’Un.
Il est écrit (Zac. , XIV, 9) : « En ce jour-là le Seigneur sera « Un », et son nom sera « Un ». L’Écriture parle de deux unités, l’une en haut et l’autre en bas. En haut, l’uni té de Celui qui vit en toute éternité est manifeste, puisque c’est là qu’est concentré tout ce qui existe en haut et en bas (14). Mais comme l’essence divine n’est visible qu’à travers les degrés séphirothiques, l’esprit peut être égaré par la variété des Séphiroth et croire à une séparation quelconque dans l’essence suprême. Mais cette erreur ne peut se produire qu’autant que le degré suprême des Séphiroth demeure caché ici-bas ; car, aussitôt que ce degré sera dévoilé, l’unité de l’essence divine sera aussi manifeste en bas qu’en haut.
Tel est le sens de l’Écriture : « En ce jour-là le Seigneur sera Un et son nom sera Un », c’est-à-dire l’essence divine sera aussi manifestement Un en bas qu’elle l’est en haut. Tel est également le sens de l’Écriture (Is. , VI, 1) :« et j’ai vu le Seigneur », et ailleurs (Ex. , XXIV, 10) : « et ils voient le Dieu d’Israël », et ailleurs (Nomb. , XIV, 10) : « la gloire du Seigneur parut», et ailleurs (Nomb. , XVII, 7 (texte hébreu)) « la gloire du Seigneur apparut à tous », et encore (Ez. , I, 20) « et comme l’arc-en-ciel dans une nuée en un jour de pluie, telle est la lumière qui brille tout autour de la gloire du Seigneur », c’est-à-dire, de même que la lumière de l’arc-en-ciel n’est qu’en apparence composée de diverses couleurs, de même la lumière des degrés séphirothiques qui entoure le Point suprême est unique. Tel est le mystère des paroles de l’Écriture (Gen. , I, 9) « et que le sol paraisse» ; par le mot le « sol » (Yabascha), on entend Celui qui vit en toute éternité. L’Écriture dit (Gen. , IX, 14) : « J’ai mis mon arc dans les nuées. » Par le terme « arc », l’Écriture désigne le degré séphirothique « Malcouth » (15) (twklm). « J’ai mis mon arc », c’est-à-dire je l’ai mis dès la création du monde. En un jour [...]

תַּתָּאִין אדנ''י. וְעִם כָּל דָּא כֵּיוָן דְּאִשְׁתְּלִּימוּ מַיִין דְּכוּרִין בְּמַיִין נוּקְבִין, שְׁמָא דֵאלהִים אִתְפַּשַּׁט בְּכֹלָּא.

וְאַף עַל גַּב דְּאַפְרִישׁ בֵּין מַיִין עִלָּאִין לְתַתָּאִין, מַחְלוֹקֶת לָא אִתְבַּטַּל עַד יוֹם תְּלִיתָאֵי וְאַסְכִּים מַחְלוֹקֶת וְאִתְיָשָּׁב כֹּלָּא בְּדוּכְתֵּיהּ כְּדְקָא יְאוּת. וּבְגִין מַחְלוֹקֶת דָּא אַף עַל פִּי דְּאִיהוּ קִיּוּמָא דְּעָלְמָא לָא כְּתִיב כִּי טוֹב בַּשֵּׁנִי, דְּלָא אִשְׁתְּלִים עוֹבָדָא. מַיִין עִלָּאִין וּמַיִין תַּתָּאִין הֲווּ כְּחֲדָא וְלָא הֲווּ תּוֹלָדִין בְּעָלְמָא עַד דְּאִתְפְּרָשׁוּ וְאִשְׁתְּמוֹדָעוּ. וּבְגִין כָּךְ עָבְדוּ תּוֹלָדִין.

וְעִם כָּל דָּא אַף עַל גַּב דְּהַבְדָּלָה הֲוֵי בַּשֵּׁנִי וּמַחְלוֹקֶת בֵּיהּ הֲוָה, יוֹם תְּלִיתָאֵי אַסְכִּים בְּכֹלָּא דְּהוּא שְׁמָא דְּאִיגְלַף בִּגְלִיפוֹי (ס''א יהוה) הַוָה לְאִסְתַּכְּמָא מַיִּין עִלָּאִין וּמַיִין תַּתָּאִין ה' עִלָּאָה, ה' תַּתָּאָה, ו' בֵּינַיְיהוּ. לְאַשְׁלָמָא בִּתְרֵין סִטְרִין. וְסִימָנָא דָא מֵי הַיַּרְדֵּן מַיִין עִלָּאִין קָמוּ נֵד אֶחָד. מַיִין תַּתָּאִין נָחֲתוּ לְיַמָּא. וְיִשְׂרָאֵל אָזְלֵי בְּאֶמְצָעִיתָא.

חָמֵשׁ רְקִיעִין כְּתִיבֵי הָכָא וְחַי הָעוֹלָמִים אָזִיל בְּהוּ וְאַנְהִיג בְּהוּ וְכֻלְהוּ כְּלִילָן דָּא בְּדָא. וְאִלְמָלֵא הַאי מַחְלוֹקֶת דְּאִסְתַּכַּם עַל יְדֵי דְּאֶמְצָעִיתָא לָא אִתְכְּלִילוּ וְלָא אִשְׁתַּיְירוּ (נ''א אתיישרו). חֲמֵשׁ מְאָה שְׁנִין אִנּוּן דְּאִילָנָא דְחַיֵּי דָּבִיק בְּהוּ לְמֶעְבַּד אִבִּין וְתוֹלָדִין לְעָלְמָא וְכָל מֵימוֹי דִּבְרֵאשִׁית דְּנָגְדִין וְאִתְמַשְׁכָן מִבְּרִאשִׁית אִתְפַּלְגוּ תְחוֹתוֹי עַל יְדֵיהּ. וְדָוִד מַלְכָּא נָקִיט כֹּלָּא וְאִיהוּ פָּלִיג לְבָתַר דִּכְתִיב, (שמואל ב ו׳:י״ט) וַיְחַלֵּק לְכָל הָעָם לְכָל הֲמוֹן וְגו' וּכְתִיב, (תהילים ק״ד:כ״ח) תִּתֵּן לָהֶם יִלְקוֹטוּן וּכְתִיב, (משלי ל״א:ט״ו) וַתָּקָם בְּעוֹד לַיְלָה וַתִּתֵּן טֶרֶף וְגו'.

בְּשַׁעֲתָא דְּאִתְעַר מַחְלוֹקֶת בְּתוּקְפָּא דִּשְׂמָאלָא, אַסְגֵּי וְאַתְקֵף הוֹרְפִילָא דְּטִיפְסָא וְנָפְקוּ מִתַּמָּן טְסִירִין וְאַקְרִישׁוּ מִיָּד בְּלָא לַחוּתָא כְּלָל וְהֲווּ דְּכַר וְנוּקְבָא. וּמִנְהוֹן אִתְפְּרָשׁוּ זַיְינִין בִּישִׁין לִזְנַיְיהוּ, וְהָכָא תַּקִּיפוּ דְּרוּחַ מְסָאֳבָא בְּכָל אִנּוּן תּוּקְפִין טְסִירִין. וְאִנּוּן רָזָא דְעָרְלָה. אִלֵין אִתָּקְפוּ בְּזַיְינִין תַּקִּיפִין, חַד אֶפְעֶ''ה וְחַד נָחָ''שׁ וְתַרְוַויְיהוּ חַד. אֶפְעֶה אוֹלִיד (ס''א לשבעין) לְשִׁבְעָא שְׁנִין בְּחִבּוּרָא חָדָא, אִתְהַדַּר כֹּלָּא לְשֶׁבַע שְׁנִין דְּנָחָשׁ.

הָכָא אִיהוּ רָזָא דְּגֵיהִנֹּם דְּאִקְרֵי בִּשְׁבַע שְׁמָהָן. יֵצֶר הָרָע בִּשְׁבַע שְׁמָהָן אִקְרֵי. וּבְכַמָּה דַרְגִּין אִתְפַּשַּׁט מְסָאֲבוּ מֵהָכָא לְעָלְמָא וְכֹלָּא מֵרָזָא דִשְׂמָאלָא, טַב וּבִישׁ וְאִיהוּ יִשּׁוּבָא דְעָלְמָא. הָכָא שְׁמָא גְלִיפָא דִּתְמַנֵּי סָרֵי אַתְוָון מְמַנָּא עַל גִּשְׁמֵי רָצוֹן נְדָבָה וּבְרָכָה יִשּׁוּבָא דְעָלְמָא:

(ר''ת יהו''ה) וַ'יֹּאמֶר אֱ'לֹקִים יִ'קָּווּ הַ'מַּיִם וְגו' בְּאֹרַח קַו לְמֶהֱוֵי בְּאֹרַח מֵישָׁר. דְּהָא מֵרָזָא דְהַהִיא נְקוּדָה קַדְמָאָה נָפַק כֹּלָּא בִּסְתִימוּ. עַד דְּמָטֵי וְאִתְכַּנִּישׁ לְהֵיכָלָא עִלָּאָה וּמִתַּמָּן נָפִיק בְּקַו מֵישַׁר לִשְׁאָר דַּרְגִּין. עַד דְּמָטֵי לְהַהוּא אֲתַר חַד דְּכָנִישׁ כֹּלָּא בִּכְלַל דְּכַר וְנוּקְבָא. וּמַאן אִיהוּ חַי עָלְמִין.

הַמַּיִם דְּנַפְקֵי מִלְעֵיל מֵאֵת ה' עִלָּאָה. מִתַּחַת הַשָּׁמַיִם ו' זְעֵירָא. וְעַל דָּא ו''ו חַד שָׁמַיִם וְחַד מִתַּחַת הַשָּׁמַיִם. כְּדֵין וְתֵרָאֶה הַיַּבָּשָׁה דָּא ה' תַּתָּאָה. דָּא אִתְגְּלִי. וְכָל שְׁאָר אִתְכַּסֵּי. וּמִגּוֹ הַאי בַּתְרָאָה אִשְׁתְּמַע בְּסוּכְלְתָנוּ הַהוּא דְּאִתְכַּסֵּי.

אֶל מָקוֹם אֶחָד בְּגִין דְּהָכָא הוּא קִשּׁוּרָא דְיִחוּדָא דְעָלְמָא עִלָּאָה יהו''ה אֶחָד וּשְׁמוֹ אֶחָד (תרומה קלד ע''א) תְּרֵין יִחוּדִין חַד דְּעָלְמָא עִלָּאָה לְאִתְיַחֲדָא בְּדַרְגּוֹי, וְחַד דְּעָלְמָא תַּתָּאָה לְאִתְיַחֲדָא בְּדַרְגּוֹי. קִשּׁוּרָא דְּיִחוּדָא דְּעָלְמָא עִלָּאָה עַד הָכָא אִיהוּ. חַי עָלְמִין תַּמָּן אִתְבְּסִים וְאִתְקַשַּׁר עָלְמָא עִלָּאָה בְּיִחוּדָא דִילֵיהּ. וּבְגִין כָּךְ אִקְרֵי מָקוֹם אֶחָד. כָּל דַּרְגִּין וְכָל שַׁיְיפִין מִתְכַּנְשִׁין תַּמָּן וְהֲווּ כֻּלְהוּ בֵּיהּ חַד בְּלָא פִּירוּדָא כְּלָל. וְלֵית דַּרְגָא דְּאִתְיַחֲדָן תַּמָּן בְּיִחוּדָא חַד אֶלָא הַאי, וּבֵיהּ אִתְכַּסְּיָין כֻּלְהוּ בְּאֹרַח סָתִים בְּתִיאוּבְתָּא חַד. עַד הָכָא בְּדַרְגָּא דָּא אִתְיַיחַד עָלְמָא דְאִתְגַּלְיָיא בְּעָלְמָא דְאִתְכַּסְיָיא.

עָלְמָא דְאִתְגַּלְיָיא אִתְיַיחַד אוּף הָכִי לְתַתָּא, וְעָלְמָא דְאִתְגַלְיָיא אִיהוּ עָלְמָא דְתַתָּאָ''ה. (ישעיה ו) וָאֶרְאֶה אֶת יְיָ (שמות כ״ד:י׳) וַיִּרְאוּ אֶת אֱלהֵי יִשְׂרָאֵל (במדבר י״ד:י׳) וּכְבוֹד יְיָ נִרְאָה (במדבר י״ז:ז׳) וַיֵּרָא כְבוֹד יְיָ (יחזקאל א׳:כ״ח) כְּמַרְאֶה הַקֶּשֶׁת וְגו' כֵּן מַרְאֶה הַנֹּגַהּ סָבִיב הוּא מַרְאֶה דְּמוּת כְּבוֹד יְיָ. וְדָא אִיהוּ רָזָא וְתֵרָאֶה הַיַּבָּשָׁה. (יחזקאל א׳:כ״ח) כְּמַרְאֵה הַקֶּשֶׁת זֶה חַי עָלְמִין. וְזֶהוּ אֶת קַשְׁתִּי נָתַתִּי בֶּעָנָן דָּא מַלְכוּת. נָתַתִּי מִן יוֹמָא דְאִתְבְּרֵי עָלְמָא. בְּיוֹמָא
(Ⅰ)

*****

[18b]  
[...] nuageux où paraît l’arc-en-ciel, le côté gauche s’apprête à la révolte. Alors apparaît la Gloire de Dieu. Mais le côté gauche persistant dans son désir de prééminence, il lui arrive ce que dit l’Écriture (Gen. XXXV, 16) : « Et Rachel eut grande peine à accoucher. » (16). L’ange Michaël se tient d’un côté du degré séphirotique suprême, l’ange Raphaël d’un autre côté et l’ange Gabriel d’un troisième côté. De là viennent les trois couleurs principales qu’on distingue dans l’arc-en-ciel : le blanc, le rouge et le vert. De même que la pupille est entourée de cercles de diverses couleurs, de même l’image de la gloire de Dieu est entourée des dites trois couleurs principales, qui ne sont que le reflet de l’unique Lumière suprême désignée par les mots (Deut. , VI, 4) : « Jéhovah Élohénou Jéhovah, » Ces trois degrés supérieurs de lumière sont cachés et invisibles et ne forment qu’une unité en haut. Les dites trois couleurs principales de l’arc-en-ciel symbolisent, par leur diversité malgré leur unité, l’unité de la Lumière suprême ; le blanc, le rouge et le vert correspondent aux trois degrés mystérieux de la Lumière suprême. L’unité de ces trois degrés en bas est renfermée dans le verset : « Béni-soit le-nom de-son règne glorieux en-toute éternité », alors que l’unité de ces trois degrés en haut est renfermée dans le verset (Deut. , ibid.) : « Écoute, Israël, Jéhovah, Élohénou, Jéhovah est Un. » L’Unité en bas est formulée d’après le modèle d’en haut.
C’est pourquoi l’Écriture se sert du mot « iqqavou » qui dérive du mot « qav », désignant le cordeau, pour indiquer la symétrie qui existe entre l’union en bas et celle en haut. Le verset renfermant l’unité en haut est composé de six mots, et le verset renfermant l’unité en bas est également composé de six mots. C’est là que l’on aperçoit le cordeau de la lumière transparente, ainsi qu’il est écrit (Is. , XI, 12) : « Qui (Mi) a mesuré les eaux dans le creux de sa main. » Tel est le sens des mots : « Que les eaux soient tracées. » (Iqqavou ha-maïm.) Ici est exprimé le mystère du cordeau du Créateur des mondes : « Yod, Hé, Vav, Hé ; Qadosch, Qadosch, Qadosch. » Tel est le sens des mots : « Que les eaux soient tracées », c’est-à-dire, que les noms «Jéhovah » et « Çebaoth » soient unis dans le mystère renfermé dans le nom précité ; alors « toute la terre sera remplie de la gloire de Dieu ». C’est alors également que « le sol apparaîtra », c’est-à-dire le mystère gravé dans le nom exprimant l’unité : « Couzou bemoucsaz couzou. » (17) (wzwk zokwmb wzwk). L’Écriture dit ensuite (Gen. , I, 11) : « Que la terre produise du gazon et de l’herbe, etc. » Après que les eaux célestes furent rassemblées en un seul lieu, une lumière éclatante en jaillit qui donna naissance à de nombreuses légions sacrées qui composent l’armée des enfants fidèles, créés dans le but d’accomplir fidèlement les missions de leur Maître. Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Ps. , CIII, 14) : « Il produit le foin pour les bêtes. » (Behèma.) C’est « Behèma » qui est accroupi sur mille montagnes et à l’intention de qui le foin pousse tous les jours.
Par le mot « foin » (hacir) sont désignés les anges créés le deuxième jour de la création, qui n’ont été créés que pour une mission déterminée et qui sont destinés à la nourriture de ce « Behèma », car le feu consume le feu. Les mots (Ps. , CIII, 14) : « Et l’herbe pour servir à l’ouvrage de l’homme » désignent les anges appelés « Ophanim, Hayoth et Cheroubim », qui ont pour mission de faire parvenir à leur Maître les œuvres des hommes, tels que les sacrifices et les prières, car ce sont ces œuvres que l’Écriture entend par les mots : « L’ouvrage de l’homme. » (18) Ces anges appelés « herbe » ont également pour mission de procurer aux hommes dont les œuvres ont été agréées ce dont ils ont besoin ; car ce sont ces anges qui font parvenir au monde la nourriture et tous les moyens d’existence, ainsi qu’il est écrit (Ibid.) : « Pour faire sortir le pain de la terre. » Tel est le sens des paroles de l’Écriture (Gen. ,I, 11) : « De l’herbe qui porte de la semence. » L’Écriture ne parle pas de « foin » (hacir) qui porte de la semence, parce que les anges appelés « foin » (hacir) ou « gazon » (desché) sont destinés à être consumés par le feu sacré, alors que les anges appelés « herbe » (éseb) sont créés pour l’utilité du monde.
C’est pourquoi l’Écriture dit de l’herbe seule « qu’elle porte de la semence ». Tous ces anges ont reçu mission de leur Maître de donner en abondance aux hommes les moyens d’existence en ce monde, et de faire en sorte qu’ils soient bénis des bénédictions d’en haut. L’Écriture dit (Gen. , ibid.) : « Les arbres fruitiers qui portent du fruit... » La répétition du mot «fruit » indique le mâle et la femelle. De même qu’un arbre fruitier est fécondé par un arbre fruitier, de même la femelle est fécondée par le mâle. Qui sont ces mâles et femelles parmi les anges ? Ce sont les anges appelés « Cheroubim » et « Thimroth ». Que signifie Thimroth ? Ce sont les anges qui montent dans la fumée des sacrifices ; c’est pourquoi ils sont appelés « Thimroth aschan » (colonnes de fumée). Ces anges sont utiles à l’homme. Il n’en est pas de même des anges appelés « foin» (hacir), qui sont destinés à être consumés, ainsi qu’il est écrit (Job. , XI, 15) : « Voici le Behèmoth que j’ai fait avec toi ; il mangera le hacir comme le bœuf. » L’Écriture dit : « Des arbres fruitiers qui portent des fruits », c’est-à-dire des anges aux figures de mâles et de femelles. Bien que les figures des anges ressemblent à celle de l’homme, elles ne sont pas toutes semblables ; ainsi, les anges susnommés ont de grandes figures pourvues de barbes, alors que les « Cheroubim » ont de petites figures d’enfants.
L’Écriture dit (Ez. , I, 10) : « Ils avaient la figure d’un homme », c’est-à-dire la figure d’un homme adulte, qui est la synthèse de toutes les figures, puisqu’elle porte l’empreinte du saint Nom, gravé en quatre lettres correspondant aux quatre points cardinaux du monde. Est, Ouest, Sud et Nord. L’ange Michel se tient au Nord, et toutes les faces des anges sont tournées vers lui. L’Écriture dit (ibid.) que les anges avaient des figures d’homme, des figures de lion, des figures de bœuf et des figures d’aigle. Par le terme « figures d’homme », l’Écriture entend les figures du mâle et de la femelle ensemble ; car, sans cette union, le nom d’ « homme» ne s’applique pas à un individu. C’est également la figure d’homme, composée de mâle et femelle, qui est gravée sur le char de Dieu, environné de plusieurs fois dix mille anges, ainsi qu’il est écrit (Ps. , LXVIII, 18) : « Le char de Dieu est environné de plusieurs fois dix mille anges (schinan). » Par le mot « schinan » l’Écriture désigne les quatre figures des anges : la première lettre du mot forme l’initiale du mot «, schor » (figure de bœuf) ; la seconde lettre forme l’initiale du mot « néscher » (figure d’aigle) ; la troisième lettre forme l’initiale du mot « aryéh » (figure de lion) ; et enfin, la quatrième lettre formée de l’ « N » final (N, Noun) désigne l’homme dont la position du corps est [...]

דְּעִיבָּא דְּאִתְחַזֵּי קֶשֶׁת (דאתער שמאלא לאתתקפא). מַרְאֶה דְמוּת כְּבוֹד ה' אִתְעַר שְׂמָאלָא לְאִתְתַּקְּפָא. נָפְקַת רָחֵל וַתְּקַשׁ בְּלִדְתָּהּ. מִיכָאֵ''ל בְּסִטְרָא דָא, רְפָאֵ''ל בְּסִטְרָא דָא, גַּבְרִיאֵ''ל בְּסִטְרָא דָא. וְאִנּוּן גְּוָונִין דְּאִתְחַזְּיָין בְּהַהוּא דְמוּת חִיוַר וְסוּמָק וְיָרוֹק.

כֵּן מַרְאֶה הַנֹּגַהּ סָבִיב. נְהִירוּ דְאִתְכַּסְיָיא בְּגִלְגּוּלָא דְּחֵיזוּ דְעֵינָא. הוּא מַרְאֶה דְּמוּת כְּבוֹד יְיָ. גְּוָונִין דְּאִתְיַחֲדָא יִחוּדָא תַּתָּאָה לְפוּם יִחוּדָא דְּאִתְיַחַד יִחוּדָא דִלְעֵילָא. יְיָ אֱלהֵינוּ יְיָ. גְּוָונִין סְתִימִין דְּלָא אִתְחַזָן וְאִתְקַשְּׁרָן אֶל מָקוֹם אֶחָד יִחוּדָא חָדָא בְּעִלָּאָה. גְּוָונִין בַּקֶּשֶׁת לְתַתָּא לְאִתְיַחֲדָא בְּהוּ. חִוָּור סוֹמָק וְיָרוֹק כִּגְוָונִין סְתִימִין. וְאִנּוּן יִחוּדָא אָחֳרָא רָזָא וּשְׁמוֹ אֶחָד. בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד יִחוּדָא דִלְתַתָּא. יִחוּדָא עִלָּאָה (דברים ו׳:ד׳) שְׁמַע יִשְׂרָאֵל יהו''ה אֱלֹהֵינוּ יהו''ה אֶחָד. דָּא לָקֳבֵיל דָּא. יִקָּווּ מְדִידוּ דְּקַו וּמִשְׁחָתָא. הָכָא שִׁית תֵּיבִין. וְהָכָא שִׁית תֵּיבִין.

מִשְׁחָתָא בּוֹצִינָא דְקַרְדִינוּתָא דִּכְתִיב, (ישעיהו מ׳:י״ב) מִי מָדַד בְּשָׁעֳלוֹ מָיִם. וְדָא אִיהוּ יִקָּווּ הַמַּיִם. הָכָא שִׁעוּרָא דְיוֹצֵר עָלְמִין (בראשית כג ע''א) יוּ''ד ה''א וא''ו ה''א, קָדוֹ''שׁ קָדוֹ''שׁ קָדוֹ''שׁ דָּא אִיהוּ יִקָּווּ הַמַּיִם. יְיָ צְבָאוֹת. דָּא אִיהוּ אֶל מָקוֹם אֶחָד בְּרָזָא דִשְׁמָא דָא. מְלֹא כָל הָאָרֶץ כְּבוֹדוֹ. דָּא וְתֵרָאֶה הַיַּבָּשָׁה. רָזָא גְלִיפָא שְׁמָא דְיִחוּדָא כוז''ו במוכס''ז כוז''ו.

תַּדְשֵׁא הָאָרֶץ דֶּשֶׁא עֵשֶׂב וְגו' הַשְׁתָּא אַפִּיקַת חֵילָא בְּאִנּוּן מַיִּין דְּאִתְכְּנָשׁוּ לְאֲתַר חָד וְנַגְדִין בְּגַוֵויהּ גּוֹ טְמִירוּ סְתִימָאָה. וְנָפְקִין בְּגַוֵּיהּ טְמִירִין עִלָּאִין וְחַיָּילִין קַדִּישִׁין. דִּי כָּל אִנּוּן בְּנֵי מְהֵימְנוּתָא מְתַקְנָן לוֹן בְּתִקּוּנָא דִּמְהֵימְנוּתָא בְּהַהִיא פּוּלְחָנָא דְמָארֵיהוֹן.

וְרָזָא דָא (תהילים ק״ד:י״ד) מַצְמִיחַ חָצִיר לַבְּהֵמָה וְגו' דָא בְּהֵמָה דִּרְבִיעָאָה עַל אֶלֶף טוּרִין וּמְגַדְּלִין לָהּ בְּכָל יוֹמָא הַהוּא חָצִיר. וְחָצִיר דָּא אִנּוּן מַלְאָכִין שַׁלִּיטִין לְפוּם שַׁעֲתָא דְּאִתְבְּרִיאוּ בַּשֵּׁנִי וְקַיָּימִין לְמֵיכָלָא דְהַאי בְּהֵמָה. בְּגִין דְּאִית אֶשָׁא אֶכְלָא אֶשָׁא.

וְעֵשֶׂב לַעֲבוֹדַת הָאָדָם עֵשֶׂב דָּא אִלֵּין אוֹפַנִּין וְחַיּוֹת וּכְרוּבִים. דְּכֻלְהוּ מְתַקְנָן גּוֹ תִּקּוּנַיְיהוּ וְקַיָּימִין לְאִתְתַּקְנָא בְּשַׁעֲתָא דִּבְנֵי נְשָׁא אַתְיָין לְפוּלְחָנָא דְּמָארֵיהוֹן בְּקָרְבְּנֵיהוֹן וּבִצְלוֹתָא דְּדָא אִיהוּ עֲבוֹדַת הָאָדָם. וְעֵשֶׂב דָּא אִזְדַּמַּן וְאִתְעַתַּד לַעֲבוֹדַת הָאָדָם לְאִתְתַּקְּנָא בְּתִקּוּנֵיהּ כְּדְקָא יְאוּת. וְכַד אִנּוּן מִתְתַּקְנָן בְּהַהִיא עֲבוֹדַת הָאָדָם, לְבָתַר מִנַּיְיהוּ נָפְקֵי מְזוֹנֵי וְטָרְפִּין לְעָלְמָא דִּכְתִיב (תהילים ק״ד:י״ד) לְהוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ. וְדָא אִיהוּ עֵשֶׂב מַזְרִיעַ זֶרַע, דְּהָא חָצִיר לָא מַזְרִיעַ זֶרַע אִיהוּ אֶלָּא אִזְדַּמַּן לְמֵיכְלָא דְאֶשָׁא קַדִּישָׁא. וְעֵשֶׂב לְתִקּוּנָא דְּעָלְמָא.

וְכָל דָּא לְהוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ. כָּל תִּקּוּנִין דִּבְנֵי נְשָׁא דְּקָא מְתַקְּנָא לְהַאי עֵשֶׂב אֶרֶץ. דְּפוּלְחָנָא דִּלְהוֹן לְמָארֵיהוֹן לְסַפְּקָא עַל יְדֵיהוֹן מֵהַהִיא אֶרֶץ טַרְפֵּי וּמְזוֹנִי לְהַאי עָלְמָא וּלְאִתְבָּרְכָא בְּנֵי נְשָׁא מִבִּרְכָן דִּלְעֵיל (דלעילא). עֵץ פְּרִי עוֹשֶׂה פְּרִי. דַּרְגָּא עַל דַּרְגָּא דְּכַר וְנוּקְבָא. (בראשית לג ע''א) כְּמָה דְּעֵץ פְּרִי אַפִּיק חֵילָא דְּעֵץ עוֹשֶׂה פְּרִי, אוּף הָכָא אַפִּיק אִיהוּ. וּמָאן אִיהוּ אִלֵּין אִנּוּן כְּרוּבִים וְתִמְרוֹת. מַאי תִּמְרוֹת. אִלֵּין אִנּוּן דְּסָלְקֵי בִּתְנָנָא דְקָרְבָּנָא, וּמִתְתַּקְּנֵי בַּהֲדֵיהּ וְאַקְמָן (נ''א ואקרון) תִּמְרוֹת עָשָׁן. וְכֻלְהוּ קַיָּימִין בְּתִקּוּנַיְיהוּ לַעֲבוֹדַת הָאָדָם, מַה דְּלָא קַיְימָא כֵּן חָצִיר דְּהָא אִתְעַתַּד לְמֵיכַל דִּכְתִיב, (איוב מ׳:ט״ו) הִנֵּה נָא בְּהֵמוֹת אֲשֶׁר עָשִׂיתִי עִמָּךְ חָצִיר כְּבָקָר יֹאכַל. עֵץ פְּרִי עוֹשֶׂה פְּרִי דִּיוּקְנָא דְּכַר וְנוּקְבָא. וּדְמוּת פְּנֵיהֶם פְּנֵי אָדָם. אִלֵּין לָאו אִנּוּן כְּאִנּוּן כְּרוּבִים. אִלֵּין אַפֵּי רַבְרְבָן בְּדִיקְנָא חֲתִימָא. כְּרוּבִים אַפֵּי זוּטְרֵי כְּרַבְיָין. פְּנִי אָדָם כָּל (דין) דִּיוּקְנִין כְּלִילָן בְּהוּ. בְּגִין דְּאִנּוּן אַפִּין רַבְרְבִין וּמִצְטַיְירִין בְּהוּ צִיּוּרִין גְּלִיפִין כְּגִלּוּפֵי שְׁמָא מְפֹרַשׁ בְּאַרְבַּע סִטְרֵי דְּעָלְמָא מִזְרָ''ח מַעֲרָ''ב צָפוֹ''ן וְדָרוֹ''ם.

מִיכָאֵ''ל רָשִׁים רְשִׁימוּ לְצַד דָּרוֹם. וְכָל אַנְפִּין מִסְתַּכְּלִין לְגַבֵּיהּ. פְּנֵי אָדָ''ם פְּנֵי אַרְיֵ''ה פְּנֵי שׁוֹ''ר פְּנִי נֶשֶׁ''ר. אָדָם אִיהוּ דְּכַר וְנוּקְבָא, וְלָא אִקְרֵי אָדָם בַּר הָנִי וּמִנֵּיהּ אִצְטַיְירָן צִיּוּרִין דְּרֶכֶב אֱלהִים רִבּוֹתַיִם דִּכְתִיב, (תהילים ס״ח:י״ח) רֶכֶב אֱלהִים רִבּוֹתַיִם אַלְפֵי שִׁנְאָן.

שִׁנְאָן כְּלָלָא דְּכֻלְהוּ צִיּוּרִין שׁוֹ''ר נֶשֶׁ''ר אַרְיֵ''ה. ן' דָּא אִיהוּ אָדָם
(Ⅰ)

*****

[19a]  
[...] verticale. Mais par « figure d’homme » on entend toujours celle du mâle et de la femelle ensemble. Tous les milliers d’anges dont parle le Psalmiste tiennent leurs figures du mystère exprimé par le mot « schinan ». Chaque groupe d’anges à figure particulière est placé au côté qui lui est réservé. Malgré la diversité de leurs figures, les anges ont un trait commun, et ce trait leur vient de Michel, qui a la figure d’homme et vers lequel toutes les figures sont tournées ; de cette façon, tous les anges, qu ‘ils aient la figure du bœuf, de l’aigle, du lion ou de l’homme, ont de commun un trait particulier à l’homme et reflètent un des quatre noms mystérieux gravés sur le char de Dieu. Lorsque les anges à figure de bœuf sont tournés vers Michel à figure d’homme, ils reflètent le trait de force, appelé « El » ; ce reflet demeurant ineffaçable, ils conservent en quelque sorte deux figures lorsqu’ils vont se placer derrière le trône de Dieu : d’abord, la figure qui leur est particulière, et ensuite celle qu’ils ont empruntée à l’homme en le regardant. Lorsque les anges à figure d’aigle sont tournés vers Michel à figure d’homme, ils reflètent le trait de grandeur appelé « gaddol » ; ce reflet demeurant ineffaçable, ils conservent en quelque sorte deux figures lorsqu’ils vont se placer derrière le trône de Dieu : d’abord la figure qui leur est particulière, et ensuite celle qu’ils ont empruntée à l’homme en le regardant.
Lorsque les anges à figure de lion sont tournés vers Michel à figure d’homme, ils reflètent le trait de puissance appelé « ghibor » ; ce reflet demeurant ineffaçable, ils conservent en quelque sorte deux figures lorsqu’ils vont se placer derrière le trône de Dieu : d’abord la figure qui leur est particulière, et ensuite celle qu’ils ont empruntée à l’homme en le regardant. Comme Celui qui a figure d’homme les regarde tous, et comme tous le regardent, il s’ensuit que tous reçoivent l’empreinte particulière à l’homme, appelée « nora », parce qu’elle inspire la terreur ; de sorte que toutes les figures sont synthétisées dans celle de l’homme dont elles reflètent les traits, ainsi qu’il est écrit (Ez. , I, 10) « Et leurs figures ressemblent à la figure de l’homme », c’est-à-dire : toutes les figures reflètent celle de l’homme, et celle-ci est la synthèse de toutes. C’est pourquoi le Saint, béni soit-il, est appelé dans l’Écriture (Néh. , IX, 32) : « Le fort, le grand, le puissant et le redoutable» ; car ces quatre noms sont gravés sur le char de Dieu, duquel émane le mystère des quatre figures symbolisées par les quatre lettres du nom «Jéhovah » (19). Lorsque ce char de Dieu marqué des quatre figures sort, il projette une lueur vive ; des fusées en sortent, déployant des gerbes lumineuses qui retombent en un nombre infini d’étincelles. Tel un arbre branchu, charge de fruits, le char de Dieu, marqué des quatre figures, donne naissance à toutes les âmes qui constituent la semence du monde. Tel est le sens des paroles de l’Écriture (Gen. , I, 11) : « De l’herbe qui porte de la graine », c’est-à-dire : les anges appelés « herbe » projettent autour du char de Dieu ces lueurs vives qui donnent naissance aux hommes dont la figure est la synthèse de toutes les autres. Tel est également le sens des paroles suivantes : « ... Des arbres fruitiers qui portent du fruit, chacun selon son espèce, et qui renferment leur semence en eux-mêmes sur la terre. » Ces paroles désignent l’homme qui ne dépense sa semence qu’utilement.
C’est pourquoi l’Écriture dit « Qui renferment leur semence en eux-mêmes sur la terre » ; on en déduit qu’il n’est pas permis à l’homme de dépenser sa semence inutilement. Les anges appelés « foin », qui sont synonymes de ceux appelés « gazon », n’ont pas de semence ; c’est pourquoi ils disparaissent et ne jouissent point de la stabilité des autres anges pourvus de figures gravées sur le char de Dieu. Les anges appelés « foin » n’ont pas de forme déterminée ; et tous les anges qui n’ont pas de traits et de figures déterminés n’ont qu’une durée temporaire ; ils sont consumés par ce feu qui consume le feu ; ils renaissent ensuite et sont de nouveau consumés, et ceci se renouvelle tous les jours. L’homme d’ici-bas, bien que pourvu de traits et d’une figure déterminés, ne jouit pas de la stabilité dont jouissent les anges à figures déterminées, attendu que ces derniers portent la figure sans avoir besoin pour cela d’une enveloppe quelconque, alors que la figure de l’âme humaine a besoin de l’enveloppe du corps, car l’âme ne porte la figure du corps qu’autant qu’elle est attachée à celui-ci (20). C’est pourquoi l’âme humaine, en quittant chaque nuit le corps, monte et est consumée par le feu qui consume le feu. A l’instant du réveil, l’âme renaît, retourne au corps et en prend de nouveau la figure. C’est pourquoi les âmes des hommes n’ont point la stabilité des êtres célestes à figures. Tel, est le sens des paroles de l’Écriture (Lam. ,III, 23) : « Elle est renouvelée tous les matins », c’est-à-dire : l’âme de l’homme est nouvelle chaque matin. [...]

פְּשִׁיטוּ דְּאִתְכְּלִיל כְּחֲדָא (עקב רעד ע''א) בְּרָזָא דְּכַר וְנוּקְבָא, וְכֻלְהוּ אַלְפִין וְרִבְבָן כֻּלְהוּ. נָפְקֵי מֵהַנֵּי רָזָא שִׁנְאָ''ן. וּמֵהָנֵי דִּיוּקְנִין מִתְפָּרְשִׁין כָּל חַד וְחַד בְּסִטְרַיְיהוּ כְּמָה דְּאִתְחַזֵּי לוֹן.

וְאִלֵּין אִנּוּן דְּקָא מְשַׁלְּבָן חַד בְּחַד וְכָלִיל חַד בְּחַד לְמֶהוֵי כָּל חַד וְחַד כְּלִילָן בְּחַבְרֵיהּ, שׁוֹ''ר נֶשֶׁ''ר אַרְיֵ''ה אָדָם אִתְנַהֲגָן (בא מג ע''ב) בְּרָזָא דְּאַרְבַּע שְׁמָהָן גְּלִיפָאן סָלְקִין לְאִתְנַהֲגָא וּלְאִסְתַּכָּלָא.

סָלִיק לְאִתְנַהֲגָא וּלְאִסְתַּכָּלָא שׁוֹר לְאַנְפֵּי אָדָם. סָלִיק שְׁמָא חַד מִתְעַטְּרָא מְחָקְקָא בְּרָזָא דִּתְרֵין גְּוָונִין וְאִיהוּ אֵ''ל. כְּדֵין אִתְהַדַּר לַאֲחוֹרָא וְכוּרְסֵיהּ חָקִיק וְגָלִיף לֵיהּ. וְאִתְרְשִׁים לְאִתְנַהֲגָא בְּרָזָא דִשְׁמָא דָא.

סָלִיק לְאִתְנַהֲגָא וּלְאִסְתַּכָּלָא (יתרו פ ע''ב, תצא רפא ע''ב) נֶשֶׁר לְאַנְפֵּי אָדָם. סָלִיק שְׁמָא אָחֳרָא מִתְעַטְּרָא מְחַקְּקָא בְּרָזָא דִּתְרֵין אַנְפִּין גְּוָונִין לְאִתְנַהֲרָא וּלְאִסְתַּלְקָא בִּסְלִיקוּ בְּעִטּוּרָא דִּלְעֵילָא וְאִיהוּ גָּדוֹל. כְּדֵין אִתְהַדַּר לַאֲחוֹרָא וְכוּרְסֵיהּ חָקִיק וְגָלִיף לֵיהּ וְאִתְרְשִׁים לְאִתְנַהֲגָא בְּרָזָא דִשְׁמָא דָא.

סָלִיק לְאִתְנַהֲגָא וּלְאִסְתַּכָּלָא אַרְיֵה לְאַנְפֵּי אָדָם. סָלִיק שְׁמָא אָחֳרָא מִתְעַטְּרָא מִתְחַקְּקָא בְּרָזָא דִּתְרֵין אַנְפִּין גְּוָונִין לְאִתְתַּקְּפָא וּלְאִתְיַשְּׁרָא בְּתוּקְפָּא וְאִיהוּ גִבּוֹר. כְּדֵין אִתְהַדַּר לַאֲחוֹרָא וְכוּרְסֵיהּ חָקִיק וְגָלִיף לֵיהּ וְאִתְרְשִׁים לְאִתְנַהֲגָא בְּרָזָא דִּשְׁמָא דָא.

אָדָ''ם אִסְתַּכַּל בְּכֻלְהוּ וְכֻלְהוּ סָלְקִין וּמִסְתַּכְּלִין בֵּיהּ. כְּדֵין כֻּלְהוּ אִצְטַיְירוּ בְּגִלוּפַיְיהוּ בְּצִיוּרָא דָא בְּרָזָא דִשְׁמָא חַד דְּאִקְרֵי נוֹרָא. וּכְדֵין כְּתִיב עֲלַיְיהוּ (יחזקאל א) וּדְמוּת פְּנֵיהֶם פְּנֵי אָדָם, כֻּלְהוּ כְּלִילָן בְּהַאי דִּיוּקְנָא. וְהַאי דִּיוּקְנָא כָּלִיל לוֹן.

וְעַל רָזָא דָּא אִקְרֵי קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא (נחמיה ט) הָאֵל הַגָּדוֹל הַגִּבּוֹר וְהַנּוֹרָא. דְּהָא שְׁמָהָן אִלֵּין גְּלִיפִין אִנּוּן לְעֵיל (לעילא) בְּרָזָא דִרְתִיכָא עִלָּאָה, כְּלִילָא בְּאַרְבַּע אַתְוָון ידו''ד דְּאִיהוּ שְׁמָא דְּכָלִיל כֹּלָּא. דִּיוּקְנִין אִלֵּין מְחַקְּקָן גְּלִיפָן בְּכוּרְסַיָיא. וְכוּרְסַיָיא גְלִיפָא מְרַקְמָא בְּהוּ חַד לְיָמִינָא וְחַד לִשְׂמָאלָא וְחַד לְקַמָּא וְחַד לַאֲחוֹרָא רְשִׁימָא בְּאַרְבַּע סִטְרִין דְּעָלְמָא.

כֻּרְסְיָיא כַּד סָלְקָא רְשִׁימָא בְּאַרְבַּע דִּיוּקְנִין אִלֵּין, אִלֵּין אַרְבַּע שְׁמָהָן עִלָּאִין נָטְלִין לְהַאי כֻּרְסְיָיא, וְכֻּרְסְיָיא אִתְכְּלִיל בְּהוּ עַד דְּנָקְטָא וְלָקְטָא נַפְשִׁין וְעִנּוּגִין דְּכִסּוּפִין. כֵּיוָן דְּנָקְטָא וְלָקְטָא אִנּוּן עִנּוּגִין וְכִסּוּפִין, נָחֲתָא מַלְיָיא, כְּאִילָנָא דְּמַלְיָיא עַנְפִּין לְכָל סְטַר וּמָלֵי אָבִין (איבין). כֵּיוָן דְּנָחֲתִי (דנחתא) נָפְקֵי אִלֵּין אַרְבַּע דִּיוּקְנִין מִצְטַיְירִין בְּצִיּוּרַיְיהוּ גְּלִיפָן מְנַהֲרִין נְצִיצִין מְלַהֲטִין. וְאִנּוּן זָרְעִין זַרְעָא עַל עָלְמָא, כְּדֵין אִתְקְרֵי, עֵשֶׂב מַזְרִיעַ זֶרַע, עֵשֶׂב דְּאִנּוּן זָרְעִין זַרְעָא עַל עָלְמָא.

נָפְקָא (כיון) דִּיוּקְנָא דְּאָדָם דְּכָלִיל כָּל דִּיוּקְנִין. כְּדֵין כְּתִיב עֵץ פְּרִי עוֹשֶׂה פְּרִי לְמִינוֹ. אֲשֶׁר זַרְעוֹ בוֹ עַל הָאָרֶץ. לָא אַפִּיק זַרְעָא אֶלָּא לְתוֹעַלְתָּא. עַל הָאָרֶץ אֲשֶׁר זַרְעוֹ בוֹ דַּיְיקָא. מִכָּאן דְּלֵית רְשׁוּ לְבַר נָשׁ לְאַפָּקָא זַרְעָא מִנֵּיהּ לְבַטָּלָא. חָצִּיר (נ''א דשא) (רזא) דְּהָכָא לָאו אִיהוּ מַזְרִיעַ זֶרַע. וּבְגִין כָּךְ אִתְבַּטַּל וְלָא קַיְימָא בְּקִיּוּמָא (י''ט ב', מ''א) כְּהָנֵי אַחֲרָנִין, דְּלֵית לֵיה דִּיוּקְנָא לְאִצְטַיְירָא וּלְאִתְגְּלָפָא בְּדִיּוּקְנָא וְצִיּוּרָא כְּלָל. אֶלָּא אִתְחַזּוּן וְלָא אִתְחַזּוּן. כָּל אִנּוּן דְּלָא אִצְטַיְירוּ בְּצִיּוּרָא וְדִיּוּקְנָא לֵית לוֹן קִיּוּמָא. קַיְימֵי לְפוּם שַׁעֲתָא וְאִתְאֲכִילוּ בְּאֶשָׁא דְּאָכְלָא אֶשָׁא וּמִהַדְּרִין כְּמִדִלְּקַדְּמִין וְכֵן בְּכָל יוֹמָא. (ויחי רט''ו) בַּר נָשׁ לְתַתָּא אִית לֵיהּ דִּיוּקְנָא וְצִיּוּרָא, וְלָא אִיהוּ בְּקִיּוּמָא כְּגַוְונָא דְּהָנֵי דִלְעֵילָא. צִיּוּרָא וְדִיּוּקְנָא דִּלְעֵיל (דלעלא). מִצְטַיְירִין בְּצִיּוּרֵיהוֹן כְּמָה דְּהַוְיָין בְּלָא מַלְבּוּשָׁא אָחֳרָא לְאִצְטַיְירָא. וּבְגִין כָּךְ אִנּוּן בְּקִיּוּמָא תָּדִיר. צִיּוּרָא דְּאָדָם לְתַתָּא מִצְטַיְירִין בְּצִיּוּרַיְיהוּ בְּמַלְבּוּשָׁא וְלָא כְּגַוְונָא (בגוונא) אָחֳרָא, וּבְגִין כָּךְ קָיְּימִין בְּקִיּוּמָא זְמַן וְעִדָּן. וּבְכָל לֵילְיָא וְלֵילְיָא מִתְפַּשַּׁט רוּחָא מֵהַאי מַלְבּוּשָׁא וְסָלְקָא (לעלא). וְהַהוּא אֶשָׁא דְּאָכְלָא אָכִיל לֵיהּ. וּבָתַר אִתְהַדַּר כְּמִלְקַדְּמִין וּמִצְטַיְירִין בִּלְבוּשַׁיְיהוּ. וּבְגִין כָּךְ לֵית לוֹן קִיּוּמָא כְּאִנּוּן דִּיוּקְנִין דִּלְעֵיל. וְעַל דָּא כְּתִיב, (איכה ג) חֲדָשִׁים לַבְּקָרִים. בְּנֵי נְשָׁא דְּאִנּוּן חֲדָשִׁים בְּכָל יוֹמָא וְיוֹמָא.
(Ⅰ)

*****

[19b]  
[...] Et pour expliquer ce qui précède, L’Écriture ajoute : « Grande est ta fidélité. » La fidélité de Dieu est, en effet, grande et proportionnée à sa grandeur même. Dieu, étant grand, pourrait absorber toutes les âmes et tout ce qu’il y a en haut et en bas sans que son immensité en fût pleine ; et pourtant il rend les âmes aux hommes et fait renaître les anges sans figures consumés par son feu. Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Ecc. , I, 7) Tous les fleuves entrent dans la mer, et la mer n’en est pas remplie. Les fleuves retournant au lieu d’où ils étaient sortis, pour couler encore de nouveau. » Ainsi, tous les fleuves vont à la mer, qui les absorbe sans en regorger ; ensuite la mer les rend comme ils étaient auparavant.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Grande est ta fidélité. » Dans l’œuvre de la création de ce troisième jour, l’Écriture emploie deux fois le terme : « Et Dieu vit que cela était bon », parce que, en ce jour, la querelle entre le côté droit et le côté gauche cessa, ce qui a produit l’union des deux côtés. Dieu a donc dit « bon » au côté droit et « bon » au côté gauche, paroles qui constituèrent la paix. C’est également pourquoi, pour ce jour, l’Écriture emploie deux fois le mot « Vayomer » (et il dit). C’est ici qu’est renfermé le mystère du nom de quatre lettres susceptibles de douze transformations (21) et correspondant aux quatre figures gravées sur les quatre côtés du char sacré.
Il est écrit (Gen. , I, 14) : « Et Élohim dit : Que des lumières soient. » Le mot « Meoroth » (lumières) est écrit de façon incomplète (22), parce que la cause de l’affection épileptique chez les enfants a été créée en ce jour. Lorsque la lumière primitive eut été cachée, une pelure se forma autour du cerveau. Cette pelure, s’étant développée, en produisit une seconde. Quand celle-ci sortit, elle arriva jusqu’auprès de la « Petite Figure » ; elle éprouva alors le désir de s’attacher à la « Petite Figure », d’y laisser son empreinte et de ne s’en séparer jamais. Le Saint, béni soit-il, la sépara de la « Petite Figure » et la rejeta en bas. Lorsque Dieu créa l’homme dans le but de préparer l’avènement de la « Petite Figure » en ce monde, la pelure voyant Éve s’attacher à l’homme, dont la belle figure est l’image de celle d’en haut, se ressouvint de la. Figure parfaite qu’elle avait vue autrefois. Elle s’envola de la terre et essaya de nouveau de s’attacher à la « Petite Figure » ; mais les gardiens des portes d’en haut ne la laissèrent pas entrer.
Le Saint, béni soit-il, la repoussa véhémentement et la jeta au fond de l’abîme océanique. Elle y demeura jusqu’au jour où Adam et sa femme péchèrent. En ce jour, le Saint, béni soit-il, la fit sortir du fond de l’abîme océanique et lui donna pouvoir sur les enfants qui, ayant de petites figures, sont punissables par suite des péchés de leurs ascendants. Elle parcourt le monde au vol. Elle s’approche des portes du paradis terrestre et, voyant les « Cheroubim» qui gardent les portes du paradis, elle s’assied à côté de l’épée étincelante, car c’est d’une étincelle de cette épée qu’elle a pris naissance. Lorsqu’elle voit que cette épée se retourne, elle s’enfuit, s’élance au vol dans le monde ; et, y trouvant les enfants punissables, elle les tue. Ceci arrive pendant la période où la lune est en décroissance.
C’est pourquoi le mot « Meoroth » est écrit de façon incomplète. Jusqu’à la naissance de Caïn, la pelure ne pouvait s’approcher d’Adam ; mais après, elle s’approcha de lui et enfanta de mauvais esprits et des démons volants. Durant cent trente ans, Adam eut commerce avec des démons femelles, jusqu’à l’arrivée (23) de « Naàmâ », dont la beauté séduisit les anges « Aza » et « Azaël », que l’Écriture (Gen. ,VI, 2) appelle « enfants de Dieu ». Elle enfanta de leurs œuvres, et c’est ce qui a donné naissance aux mauvais esprits et aux démons qui pullulent dans le monde. « Naàmâ » parcourt le monde (24) durant la nuit ; elle se pare et excite les hommes au point de provoquer chez ceux-ci une perte séminale. Partout où un homme dort seul dans une maison, elle s’attache à lui ; les désirs coupables constituent pour elle la matière fécondante. Elle s’attache également aux hommes pendant la maladie. Tout cela a lieu pendant la période où la lune est en décroissance. Mais, quand la lune est en croissance, le mot « Meoroth » se change en le mot « Imrath » (le Verbe), ainsi qu’il est écrit (Ps. , XVIII, 31) : « Le Verbe de Dieu est pur comme l’or qui a passé par le feu ; il est le protecteur de tous ceux qui espèrent en lui », c’est-à-dire il est le protecteur de tous ceux qui s’unissent dans la foi du Saint, béni soit-il, contre tous ces mauvais esprits et ces démons qui parcourent le monde pendant la décroissance de la lune.
Lorsque le roi Salomon descendit dans le jardin des noyers, ainsi qu’il est écrit (Cant. , VI, 11) : « Je suis descendu dans le jardin des noyers », il prit en main une coquille de noix, qui lui fit découvrir le système d’après lequel les démons forment la coquille de tout ce qui est saint en l’environnant ; il vit en outre que toutes ces coquilles ne sont nées que des plaisirs, car ce n’est qu’à l’aide des plaisirs que ces coquilles cherchent à s’attacher aux hommes et à les souiller, ainsi qu’il est écrit (Ecclés. , II, 8) : « Et les plaisirs des hommes engendrent des démons mâles et femelles », puisque c’est le plaisir que les hommes éprouvent au moment du sommeil qui donne naissance aux démons mâles et femelles. Il était nécessaire que le Saint, béni soit-il, les créât dans le monde et en fit le complément du monde. En tout, le cerveau est au milieu et plusieurs pelures l’entourent. Le monde entier est formé de cette façon, en haut aussi bien qu’en bas. A partir du mystérieux Point suprême jusqu’au plus infime degré de la création, tout [...]

מַאי טַעְמָא, רַבָּה אֱמוּנָתֶךָ, רַבָּה אִיהוּ וְלָא זְעֵירָא.

רַבָּה אֱמוּנָתֶךָ וַדַּאי רַבָּה דְּיָכְלָא לְנַטְלָא כָּל בְּנֵי עַלְמָא וּלְאַכְלָלָא לוֹן בְּגַוָּוהּ עִלָּאָה וְתַתָּאָה. אֲתַר רַב וְסַגֵּי אִיהוּ דְּכָלִיל כֹּלָּא וְלֹא אִתְמַלְיָיא יַתִּיר. וְרָזָא דָא (קהלת א׳:ז׳) כָּל הַנְּחָלִים הוֹלְכִים אֶל הַיָּם וְהַיָּם אֵינֶנּוּ מָלֵא וְגו' אָזְלֵי לְגַבֵּי יַמָּא וְיַמָּא נָטִיל לוֹן וְאָכִיל לוֹן בְּגַוֵּיהּ וְלָא אִתְמַלְיָיא. וּבָתַר אַפִּיק לוֹן כְּמִלְקַדְּמִין וְאָזְלֵי. וּבְגִין דָּא רַבָּה אֱמוּנָתֶךָ.

בְּיוֹמָא דָא כְּתִיב כִּי טוֹב כִּי טוֹב תְּרֵי זִמְנֵי. בְּגִין דְּיוֹמָא דָא אָחִיד לִתְּרֵין סִטְרִין וְאַפְרִישׁ מַחְלוֹקֶת. אָמַר לְהַאי סִטְרָא כִּי טוֹב וּלְהַאי סִטְרָא כִּי טוֹב וְאַסְכִּים בֵּינַיְיהוּ. וּבְגִין כָּךְ אִית בֵּיהּ תְּרֵין זִמְנִין וַיֹּאמֶר וַיֹּאמֶר. הָכָא רָזָא דִשְׁמָא דְּאַרְבַּע אַתְוָון גְּלִיפָא מְחַקְּקָא סָלִיק לִתְרֵיסַר אַתְוָון בְּאַרְבַּע דִּיוּקְנִין בְּאַרְבַּע סִטְרִין רָשִׁים עַל כּוּרְסְיָיא קַדִּישָׁא:

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים יְהִי מְאוֹרוֹת וְכוּ'. מְאֹרֹת חָסֵר. דְּאִתְבְּרֵי אַסְכְּרָה לְרַבְיֵי. דְּבָתַר דְּאִתְגְּנִיז נְהִירוּ אוֹר קַדְמָאָה. אִתְבְּרֵי קְלִיפָּה לְמוֹחָא, וְהַהִיא קְלִיפָּה אִתְפַּשַּׁט וְאַפִּיק קְלִיפָּה אָחֳרָא. כֵּיוָן דְּנַפְקַת סַלְקָא וְנַחֲתָא מָטַת לְגַבֵּי אַנְפֵּי זוּטְרֵי, בָּעאַת לְאִתְדַּבְּקָא בְּהוּ וּלְאִצְטַיְירָא בְּגַוַויְיהוּ וְלָא בָּעאַת לְאַפְרְשָׁא מִנַּיְיהוּ, אַפְרַשׁ לָהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא מִתַּמָּן וְנָחִית לָהּ לְתַתָּא, כַּד בְּרָא אָדָם בְּגִין לְאַתְקָנָא הַאי בְּהַאי עָלְמָא.

כֵּיוָן דְּחָמַת לְחַוָּה דְּקָא מִתְדַּבְּקָא בְּסִטְרוֹי דְּאָדָם דְּשַׁפִּירוּ דִּלְעֵילָא וְחָמַאת דִּיוּקְנָא שְׁלִים, פָּרְחָא מִתַּמָּן, וּבָעאַת כְּמִלְקַדְמִין לְאִתְדַּבְּקָא בְּאַנְפּוֹי זוּטְרֵי. אִנּוּן נָטְרֵי תַּרְעִין דִּלְעֵיל לָא שַׁבְקוּ לָהּ. נָזַף קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בָּהּ וְאַטִּיל לָהּ בְּשִׁפּוּלֵי יַמָּא. וְיָתְבַת תַּמָּן עַד דְּחָטָא אָדָם וְאִנְתְּתֵיהּ. כְּדֵין אַפִּיק לָהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא מִשִּׁפּוּלֵי יַמָּא, וְשָׁלְטָא עַל כָּל אִנּוּן רַבְיֵי אַפֵּי זוּטְרָא דִּבְנֵי נְשָׁא דְּאִתְחֲזוּן לְאַעֲנָשָׁא בְּחוֹבֵי דְּאֲבוּהוֹן. וְאִיהִי אָזְלָא מְשַׁטְּטָא בְּעָלְמָא. קְרֵיבַת לְתַרְעֵי גַּן עֵדֶן דְּאַרְעָא וְחָמַת כְּרוּבִים נָטְרֵי תַּרְעֵי דְּגַּן עֵדֶן וְיָתְבָא תַּמָּן לְגַבֵּי הַהוּא לַהַט הַחֶרֶב בְּגִין דְּהִיא נָפְקַת מִסִּטְרָא דְּהַהוּא לַהַט.

בְּשַׁעֲתָא דְּהַהוּא לַהַט אִתְהַפַּךְ עָרְקַת וּמְשֹׁטֶטֶת בְּעָלְמָא וְאִשְׁתַּכְּחַת רַבְיֵי דְּאִתְחֲזוּן לְאִתְעֲנָשָׁא וְחַיְיכַת בְּהוּ וּקְטֵילַת לוֹן. וְדָא אִיהוּ (פקודי רמח ע''ב) בִּגְרִיעוּ דְסִיהֲרָא דְּאַזְעִירַת נְהוֹרָא וְדָא מְאֹרֹת כַּד אִתְיְלִיד קַיִן לֹא יָכְלָא לְאִתְדַּבְּקָא בֵּיהּ. לְבָתַר אִתְקְרִיבַת בַּהֲדֵיהּ וְאוֹלִידַת רוּחִין וְטִיסִין.

אָדָם מֵאָה וּתְלָתִין שְׁנִין שִׁמֵּשׁ בְּרוּחִין נוּקְבִין, עַד דְּאֲתַת נַעֲמָה וּמִגּוֹ שַׁפִּירוּ דִילָהּ טָעוּ בְּנִי הָאֱלֹהִים בַּתְרָהּ עַזָ''א וַעֲזָאֵ''ל וְאוֹלִידַת מִנַּיְיהוּ. וּמִנָּהּ אִתְפַּשְׁטוּ רוּחִין בִּישִׁין וְשֵׁדִין בְּעָלְמָא, דְּאִיהִי אָזְלַת וּמְשׁוֹטֶטֶת בְּלֵילְיָא (נ''א בלילית) וְאָזְלָת בְּעָלְמָא וְחָיְיכַת (נ''א וחייכן) בִּבְנִי נְשָׁא וְעַבְדֵי לוֹן דְּאוֹשְׁדוּן קֶרִי. וּבְכָל אֲתַר דְּאַשְׁכְּחָן בְּנִי נְשָׁא נַיְימִין יְחִידָאִין בְּבֵיתָא שָׁרָן עֲלַיְיהוּ וְאֲחִידָן לוֹן וּמִתְדַּבְּקָן בְּהוּ וְנָטְלֵי מִנַּיְיהוּ תֵּאוּבְתָּא וְאוֹלִידָן מִנַּיְיהוּ. וְתוּ (יא ע''א) פָּגְעִין בֵּיהּ בְּמַרְעִין וְלָא יָדַע. וְכָל דָּא בִּגְרִיעוּ דְסִיהֲרָא.

מְאֹרֹת כַּד אִתְתַּקָּנַת סִהֲרָא, אִתְהַפְּכָן אַתְוָון (תהילים י״ח:ל״א) אִמְרַת יְיָ צְרוּפָה. מָגֵן הוּא לְכָל הַחוֹסִים בּוֹ. מָגֵן הוּא עַל כָּל אִנּוּן רוּחִין בִּישִׁין וְקַסְטִירִין דִּמְשׁוֹטְטֵי בְּעָלְמָא בִּגְרִיעוּ דִילָהּ לְכָל אִנּוּן דְּאֲחִידָן בֵּיהּ בְּהֵימְנוּתֵיהּ דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא.

שְׁלמֹה מַלְכָּה כַּד נָחִית לְעָמְקָא דֶאֱגוֹזָא דִּכְתִיב, (שיר השירים ו׳:י״א) אֶל גִּנַּת אגוֹז יָרַדְתִּי, נָטַל קְלִיפָּה דֶאֱגוֹזָא וְאִסְתַּכַּל בְּכָל אִנּוּן קְלִיפִּין וְיָדַע (נ''א ואסתכל דכל אנון לא נבראו אלא מעינוגא) דְּכָל אִנּוּן עִנּוּגִין דְּהַנְהוּ רוּחִין קְלִיפִּין דֶּאֱגוֹזָא לָאו אִיהוּ אֶלָּא לְאִתְדַבְּקָא בִּבְנֵי נְשָׁא (נ''א ולאסטאה) וּלְאִסְתָּאַב לוֹן דִּכְתִיב, (קהלת ב׳:ח׳) וְתַעֲנוּגוֹת בְּנֵי אָדָם שִׁדָּה וְשִׁדּוֹת.

תּוּ תַּעֲנוּגֵי בְּנִי אָדָם דְּמִתְעַנְּגֵי בְּשֵׁינְתָא דְלֵילְיָא, נַפְקָא מִנַּיְיהוּ שִׁדָּה וְשִׁדּוֹת. וְכֹלָּא אִצְטְרִיךְ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְמִבְרֵי בְּעָלְמָא וּלְאַתְקָנָא עָלְמָא בְּהוּ. וְכֹלָּא מֹחָא לְגוֹ וְכַמָּה קְלִיפִּין חַפְיָא לְמוֹחָא. וְכָל עָלְמָא כְּהַאי גַּוְונָא עֵילָא וְתַתָּא מֵרֵישׁ רָזָא דִנְקוּדָה עִלָּאָה עַד סוֹפָא דְכָל דַרְגִּין. כֻּלְהוּ
(Ⅰ)

*****

[20a]  
[...] sert de vêtement à quelque autre chose, et cette autre chose sert de vêtement à une chose supérieure (25), et ainsi de suite. De sorte que le cerveau entouré d’une pelure sert lui-même de pelure à un cerveau supérieur ; tout est donc cerveau à ce qui lui est inférieur et pelure à ce qui lui est supérieur. Le Point suprême projetait une lumière immense d’une telle limpidité, d’une telle transparence et d’une telle subtilité qu’elle pénétra partout. De cette façon se forma autour de ce Point un palais lui servant de vêtement. La lumière du Point suprême étant d’une subtilité inconcevable, celle du palais qui lui est inférieure forme ainsi un cercle foncé autour de lui.
Mais la lumière du premier palais, bien qu’inférieure à celle du Point suprême, étant cependant d’une splendeur immense, a fini par former autour de ce palais un autre qui lui sert en quelque sorte de vêtement, et ainsi de suite ; ainsi, à partir du Point suprême, toutes les échelles de la création ne sont que des pelures les unes aux autres ; la pelure de l’échelle supérieure forme le cerveau de l’échelle intérieure. Cet ordre d’en haut a été également constitué ici-bas, ainsi qu’il est écrit : « Et Élohim créa l’homme à son image » ; car l’homme est composé de cerveau et de méninges, d’esprit et de corps ; tout cela est nécessaire à l’ordre du monde. Tant que la lune fut égale au soleil, elle brilla de sa propre lumière ; mais dès qu’elle se sépara du soleil et fut assignée à sa fonction, elle se diminua et sa lumière diminua ; ainsi se formèrent pelures sur pelures qui cachent le cerveau. Comme toutes les pelures sont formées dans l’intérêt du cerveau, celles autour de la lune sont également formées dans l’intérêt de la terre.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Que les lumières soient » ; le mot « Meoroth », étant écrit de façon incomplète, désigne les pelures ; et elle ajoute : « Pour éclairer la terre », c’est-à-dire ces pelures sont utiles à la terre.
Il est écrit (Gen. , I,16) : « Élohim fit les deux grandes lumières. » Le mot : « Et il fit » (Vayaas) exprime quelque chose de général, une création totale. Primitivement, les deux lumières, intimement unies, répandaient une égale clarté. Les noms mystérieux « Jéhovah » et « Élohim » étaient alors d’une parfaite égalité (26), bien que l’un de ces deux noms, c’est-à-dire celui d’ « Élohim », ne se fût encore manifesté que d’une façon mystérieuse.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Les grandes lumières » au pluriel avec l’article, parce que toutes les deux portaient des noms absolument identiques, c’est-à-dire que le nom d’une lumière désignait également celui de l’autre. Ces noms étaient « Maçpaç Maçpaç » (27) (Upum Upum), qui forment parmi les treize attributs de miséricorde (V. Exode, XXXIV, 6, 7) les deux degrés suprêmes, parce que tout émane du mystère qu’ils désignent et parce qu’ils constituent la base des mondes. De même les deux lumières luisaient primitivement simultanément et occupaient un rang égal. Mais lorsque la lune ne pouvait pas dominer simultanément avec le soleil, lorsqu’une lumière était gênée (28) par l’autre, lorsque la lune disait (Cant. , I, 7) « Où paîtras-tu» et que le soleil lui répondait : « Où t’accroupiras-tu à midi », la lumière de la lune fut diminuée pour permettre au soleil de luire seul à midi. L’Écriture ajoute (ibid. ) : « Pour que je ne m’égare pas en suivant les troupeaux. » Gênée d’être au même rang que le soleil, la lune s’humilia en diminuant sa lumière et renonça à occuper son rang supérieur ici-bas ; c’est pourquoi l’Écriture dit : « Suis les traces des troupeaux., »
Le Saint, béni soit-il, dit à la lune : «Va et abaisse-toi toi-même ; tu n’auras d’autre lumière que celle que tu recevras du soleil. » Ainsi la lune était primitivement au même rang que le soleil ; et ce n’est qu’à la suite qu’elle se plaça au dernier degré, bien que sa lumière réelle soit supérieure à celle qu’elle répand ; car la femme ne peut jamais briller, si ce n’est dans l’union avec le mari. Les mots : « La grande lumière ». désignent « Jéhovah », et les mots : « La petite lumière» désignent « Élohim », qui est la fin de tous les degrés, puisque, Verbe, il est la fin de la pensée. Primitivement, Élohim était marqué en haut par les lettres du nom sacré, qui sont au nombre de quatre ; ce n’est qu’après qu’il s’amoindrit en prenant le nom d’Élohim. Cependant la puissance d’Élohim se manifeste dans toutes les directions ; la lettre « Hé», qui unit les deux premières lettres du nom sacré d’Élohim avec les deux dernières lettres, participe et d’un côté et de l’autre, c’est-à-dire : comme « El » (la) signifie Dieu, et « ï (a) m » (My , la mer) symbolise la matière, il en résulte que la lettre Hé du mot « Élohim », placée entre « El » et « ï (a)m », participe de l’un et de l’autre. Les degrés formés en haut (29) sont appelés « ceux qui président au jour » et les degrés formés en bas sont appelés « ceux qui président à la nuit ».
L’Écriture ajoute : « Et il fit aussi les étoiles. » Ces paroles désignent les autres légions et armées célestes sans nombre qui, toutes, sont suspendues au firmament du ciel, c’est-à-dire à Celui qui vit en toute éternité, ainsi qu’il est écrit (Gen. , I, 17) : « Et Élohim les mit dans le firmament du ciel pour luire sur la terre», c’est-à-dire : il fit descendre ici-bas ce mystère qui constitue le « sol (30) (Ereç) d’en haut ». Celui qui vit en toute éternité a procédé d’une façon semblable, ainsi que l’Écriture dit : « Pour luire sur la terre », c’est-à-dire pour que la terre ici-bas fût éclairée d’une lumière semblable à celle d’en haut ; en ce jour le Royaume de David était établi, le quatrième pied du trône céleste était achevé et les lettres du nom sacré étaient disposées dans l’ordre qui leur convient. Malgré tout, le trône n’était pas encore achevé entièrement jusqu’au sixième jour, où la figure de l’homme fut formée ; c’est alors seulement que furent établis le trône d’en haut et le trône d’en bas, que les mondes ont été mis à leurs places et que toutes les lettres ont été disposées [...]

אִיהוּ דָּא לְבוּשָׁא לְדָא, וְדָא לְדָא. דָּא מוֹחָא לְגוֹ מוֹחָא וּקְלִיפָה (ס''א מוחא) רוּחָא. דָּא לְגוֹ מִן דָּא. וְדָא לְגוֹ מִן דָּא. עַד דְּאִשְׁתְּכַח דְּהַאי קְלִיפָּה לְהַאי וְהַאי לְהַאי.

נְקוּדָה קַדְמָאָה הֲוָה נְהִירוּ פְּנִימָאָה דְּלֵית לֵיהּ שִׁעוּרָא לְמִנְדַע זְכִיכוּ וְדַקִּיקוּ וְנַקְיוּ דִילֵיהּ. עַד דְּאִתְפְּשַׁט פְּשִׁיטוּ. וְהַהוּא פְּשִׁיטוּ דְּהַהִיא נְקוּדָה אִתְעֲבִיד חַד הֵיכָלָא לְאִתְלַבְּשָׁא הַהִיא נְקוּדָה נְהִירוּ דְּלָא יְדִיעַ לִסְגִיאוּ זִכּוּכָא דִילֵּיהּ.

הֵיכָלָא דְּאִיהוּ לְבוּשָׁא לְהַהוּא נְקוּדָה סְתִימָא אִיהִי נְהִירוּ דְּלֵית לֵיהּ שִׁעוּרָא. וְעִם כָּל דָּא לָאו דַּקִּיק וְזָכִיךְ אִיהוּ כְּהַהִיא נְקוּדָה קַדְמָאָה טָמִיר וְגָנִיז. הַהוּא הֵיכָלָא אִתְפַּשַּׁט פְּשִׁיטוּ אוֹר קַדְמָאָה. וְהַהוּא פְּשִׁיטוּ אִיהוּ לְבוּשָׁא לְהַהוּא הֵיכָלָא דַּקִּיק וְזָכִיךְ פְּנִימָאָה יַתִּיר.

מִכָּאן וּלְהָלְאָה אִתְפַּשַּׁט דָּא בְּדָא וְאִתְלַבַּשׁ דָּא בְּדָא. עַד דְּאִשְׁתְּכַח דָּא לְבוּשָׁא לְדָא וְדָא לְדָא. דָּא מוֹחָא וְדָא קְלִיפָּה. וְאַף עַל גַּב דְּדָא לְבוּשָׁא. אִתְעֲבִיד אִיהוּ מוֹחָא לְדַרְגָא אָחֳרָא. וְכֹלָּא כְּגַוְונָא דָּא אִתְעֲבִיד הָכִי לְתַתָּא. עַד כִּי בְּצֶלֶם דָּא אִיהוּ בַּר נָשׁ בְּהַאי עָלְמָא מוֹחָא וּקְלִיפָּה רוּחָא וְגוּפָא. וְכֹלָּא אִיהוּ תִּקּוּנָא דְּעָלְמָא.

כַּד הֲוַת סִיהֲרָא בְּשִׁמְשָׁא בִּדְבֵקוּתָא חָדָא, הֲוַת סִיהֲרָא בִּנְהִירוּ. כֵּיוָן דְּאִתְפָּרְשָׁא מִן שִׁמְשָׁא וְאִתְפַּקְדַּת עַל (כל) חֵילָהָא, אַזְעִירַת גַּרְמָהּ, אַזְעִירַת נְהוֹרָא. וְאִתְבְּרוּן קְלִיפִּין עַל קְלִיפִּין לִגְנִיזוּ דְמוֹחָא. וְכֹלָּא תִּקּוּנָא דְמוֹחָא. וְעַל דָּא יְהִי מְאֹרֹת חָסֵר (כתיב). וְכָל דָּא לְתִקּוּנָא דְעָלְמָא. וְדָא הוּא דִכְתִיב לְהָאִיר עַל הָאָרֶץ:

וַיַּעַשׂ אֱלֹהִים אֶת שְׁנֵי הַמְאוֹרוֹת הַגְּדוֹלִים וַיַּעַשׂ רִבּוּיָא וְתִקּוּנָא דְּכֹלָּא כְּדְקָא יְאוּת. אֶת שְׁנֵי הַמְאוֹרוֹת הַגְּדוֹלִים בְּקַדְמִיתָא בְּחִבּוּרָא חָדָא. רָזָא דָּא שְׁמָא שְׁלִים כְּחֲדָא יהו''ה אֱלהִים אַף עַל גַּב דְּלָא אִיהוּ בְּאִתְגַּלְּיָא אֶלָּא בְּאֹרַח סָתִים. הַגְּדוֹלִים דְּאִתְבְּרִיאוּ (נ''א דאתרביאו) בִּשְׁמָא דָא כְּדָא לְאִתְקְרֵי בְּהוּ שְׁמָא דְכֹלָּא. מצפץ מצפץ אִלֵּין שְׁמָהָן עִלָּאִין דִּתְלֵיסַר מְכִּילָן דְּרַחֲמֵי. הַגְּדוֹלִים, אִלֵּין אִתְרַבִּיאוּ וְסָלְקִין לְעֵילָא. בְּגִין דְּאִנּוּן עִלָּאִין מֵרָזָא עִלָּאָה וְסָלְקִין לְתוֹעַלְתָא דְּעָלְמָא דְאִתְקַיְימָא בְּהוֹן עָלְמִין. כְּגַוְונָא דָא שְׁנֵי הַמְאוֹרוֹת תַרְוַויְיהוּ כְּחֲדָא סְלִיקוּ בִּרְבוּתָא חָדָא.

לָא אִתְיְישָׁב סִיהֲרָא לְגַבֵּי שִׁמְשָׁא. דָּא אַכְסִיף מִקַּמֵּי דָּא. סִיהֲרָא אָמְרָה (שיר השירים א׳:ז׳) אֵיכָה תִרְעֶה. שִׁמְשָׁא אָמְרָה (שם) אֵיכָה תַרְבִּיץ בַּצָּהֳרָיִם. שְׁרַגָא זְעֵירָא אֵיכְדֵין צָהִיר בַּצָּהֳרָיִם. (שם) שַׁלָּמָה אֶהיֶה כְּעוֹטְיָה אֵיכְדֵּין בְּכִסּוּפָא. כְּדֵין אַזְעִירַת גַרְמָהּ לְמֶהוֵי רֵישָׁא לְתַתָּאי. דִּכְתִיב צְאִי לָךְ בְּעִקְבֵי הַצֹּאן. אָמַר לָהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, זִילִי וְאַזְעִירִי גַרְמָךְ.

וּמִתַּמָּן לֵית לָהּ נְהוֹרָא בַּר מִשִּׁמְשָׁא. דִּבְקַדְמִיתָא הֲווּ יַתְבֵי כְּחֲדָא בְּשִׁקּוּלָא. לְבָתַר אַזְעִירַת גַּרְמָהּ בְּכָל אִנּוּן דַּרְגִּין דִּילָהּ, אַף עַל גַּב דְּאִיהִי רֵישָׁא עָלַיְיהוּ. דְּהָא לֵית אִתְּתָא בְּרִבּוּיָא בַּר בְּבַעֲלָהּ כְּחֲדָא. אֶת הַמָּאוֹר הַגָּדוֹל יהו''ה. וְאֶת הַמָּאוֹר הַקָּטָן אֱלֹהִי''ם סוֹף כָּל דַּרְגִּין סוֹפָא דְּמַחֲשָׁבָה. בְּקַדְמִיתָא אִתְרְשִׁים אִיהוּ לְעֵילָא בְּאַתְוָון דִּשְׁמָא קַדִּישָׁא, אָת רְבִיעָאָה דִילֵיהּ. וּלְבָתַר אַזְעִירַת גַּרְמָהּ לְאִתְקְרֵי בִּשְׁמָא דְּאֱלהִים.

וְעִם כָּל דָּא סַלְקָא לְכָל סִטְרִין לְעֵיל בְּאָת ה' בְּחִבּוּרָא דְּאַתְוָון דִּשְׁמָא קַדִּישָׁא. לְבָתַר אִתְפַּשְׁטוּ דַרְגִין מִסִּטְרָא דָא וּמִסִּטְרָא דָא. דַּרְגִּין דְּאִתְפַּשְׁטוּ מִסִּטְרָא דִּלְעֵיל (דלעלא) אִקְרוּן מֶמְשֶׁלֶת הַיּוֹם. דַּרְגִּין דְּאִתְפַּשְׁטוּן מִסִּטְרָא דְתַתָּא (דלתתא) אִקְרוּן מֶמְשֶׁלֶת הַלַּיְלָה. וְאֵת הַכּוֹכָבִים שְׁאָר חֵילִין (חיילין) וּמַשִּׁירְיָין דְּלֵית לוֹן חוּשְׁבְּנָא דְּכֻלְהוּ תַּלְיָין בְּהַהוּא רְקִיעַ הַשָּׁמָיִם חַי הָעוֹלָמִים. דִּכְתִיב וַיִּתֵּן אוֹתָם אֱלֹהִים בִּרְקִיעַ הַשָּׁמַיִם. לְהָאִיר עַל הָאָרֶץ. דָּא אֶרֶץ עִלָּאָה לְתַתָּא כְּדוּגְמָא דָא חַי הָעוֹלָמִים. וְדָא לְהָאִיר עַל הָאָרֶץ דָּא אֶרֶץ תַּתָּאָה כְּדוּגְמָא דִלְעֵיל.

מַלְכוּתָא דְּדָוִד. אִתְתַּקַּן בְּיוֹמָא דָא (ודא הוא) רִגְלָא וְסַמְכָא רְבִיעָאָה דְכוּרְסְיָיא, אִתְתַּקָּנוּ אַתְוָון וְאִתְיַישְׁרוּ עַל דּוּכְתַּיְיהוּ. וְעִם כָּל דָּא, עַד יוֹם שְׁתִיתָאָה דְּאִתְתַּקַּן דִּיוּקְנָא דְּאָדָם תִּקּוּנָא כְּדְקָא יְאוּת לָא אִתְיְישַׁב בְּדוּכְתֵּיהּ. וּכְדֵין אִתְתַּקַּן כּוּרְסְיָיא עִלָּאָה וְכוּרְסְיָיא תַּתָּאָה. וְעָלְמִין כֻּלְהוּ אִתְיַישְׁבוּ בְּדוּכְתַּיְיהוּ. וְאַתְוָון כֻּלְהוּ אִתְתַּקְּנָן
(Ⅰ)

*****

[20b]  
[...] dans l’ordre qu’il leur convenait d’occuper dans le cercle formé par le gaz aériforme qui constituait le premier état de la création. Le quatrième jour est appelé dans l’Écriture « le jour rejeté par ceux qui bâtissaient », ainsi qu’il est écrit (Ps. , CXVII, 22) : « La pierre que ceux qui bâtissaient avaient rejetée » ; et ailleurs (Cant. , I, 6) : « Les enfants de ma mère se sont élevés contre moi. » Car la lumière de la lune ayant été diminuée en ce jour, les pelures ont pris naissance. Toutes les lumières qui luisent sont suspendues au firmament du ciel pour affermir le trône de David. Toutes ces lumières produisent en bas des figures semblables à celles dont elles émanent toutes, et toutes ces figures sont contenues dans la figure intérieure qui est celle de l’homme ; car cette figure du milieu est appelée Homme ; et ‘c’est à cause de cela que tous ceux dont la figure ressemble à celle du milieu sont appelés hommes.
C’est pourquoi il est écrit (Éz, XXXIV, 31) : « Vous êtes des hommes », ce qui veut dire : Vous êtes appelés du nom d’homme, mais non pas les autres peuples païens. Tout esprit est appelé homme ; car il émane de l’esprit du côté saint, alors que le corps dont il est entouré n’est que l’habit.
C’est pourquoi il est écrit (Job. , X, 11) : « Vous m’avez revêtu de peau et de chair» ; ceci prouve que la chair de l’homme n’est que l’habit. Partout l’Écriture emploie le terme «la chair de l’homme » ; donc la chair ne constitue pas l’homme ; l’homme est à l’intérieur et la chair en forme l’habit. Les âmes qui, ici-bas, transmigrent dans des corps d’animaux, prennent la figure du vêtement qui les entoure, la figure des animaux purs énumérés dans l’Écriture (Deut. , XIV, 4) : un bœuf, une brebis, un chevreau, un cerf, une chèvre sauvage, un buffle, un chèvre-cerf, un chevreuil, un oryx ou une girafe. Ainsi, les esprits créés pour être entourés d’un corps humain, dès qu’ils sont revêtus du corps d’un animal, prennent le nom de celui-ci. Aussi on dit : la viande du bœuf, parce que l’esprit qui réside à l’intérieur du bœuf a la figure et le nom de bœuf. Le bœuf est l’esprit qui réside à l’intérieur de ce corps, alors que la chair n’est que l’habit de cet esprit ; il en est de même de tous les autres animaux.
C’est pourquoi les esprits des autres peuples païens, qui émanent du côté qui n’est pas saint, n’ont pas le nom d’homme. C’est pourquoi également ces esprits impurs n’ont rien de commun avec celui du milieu qui porte le nom d’homme. Les corps des païens, qui forment l’habit de leurs esprits, sont appelés chair impure, attendu que l’esprit impur qui réside dans l’intérieur souille le corps qui l’entoure. C’est pourquoi le corps du païen n’est impur qu’autant que l’esprit y réside encore ; mais dès que l’esprit s’en est séparé, il n’est plus impur, et, n’étant qu’habit, il ne porte plus le nom de l’esprit qu’il a entouré (31). Les esprits des païens qui transmigrent ici-bas prennent les figures des animaux impurs énumérés dans l’Écriture (Lévit. , XI, 7 et Deut. , XIV, 8), dans le chapitre des animaux impurs, tels que des pourceaux. Les oiseaux et les animaux impurs, qui portent dans leur intérieur les esprits du mauvais côté, n’étant que l’habit, il s’ensuit que le pourceau, ce n’est pas la chair, mais l’esprit qui est dedans ; le vêtement est tenu de prendre le nom de l’esprit qu’il entoure.
C’est pourquoi ces deux côtés sont séparés : les uns, c’est-à-dire les esprits émanant d’un côté, sont synthétisés dans le mystère appelé Homme, alors que les autres sont synthétisés dans le mystère appelé Impur ; chaque esprit a les tendances de celui dont il émane et vers lequel il retournera. Les lumières célestes suspendues au firmament du ciel pour luire sur la terre ont pour but d’empreindre ici-bas des figures comme il convient, ainsi qu’il est écrit (Gen. , I, 17) : « Et Élohim les mit au firmament du ciel pour luire sur la terre, pour présider au jour et à la nuit. » Par « lumière qui préside au jour », aussi bien que par « lumière qui préside à la nuit », l’Écriture entend des figures comme il convient. Par « grande lumière qui préside au jour », l’Écriture entend les mâles qui président au jour en ce sens qu ‘ils sont chargés de pourvoir aux besoins de la maison. Mais dès que la nuit arrive, c’est la domination de la femme qui commence ; car c’est à la femme qu’ont été exclusivement réservées les affaires du ménage, ainsi qu’il est écrit (Prov. , XXXI, 15) : « Elle se lève pendant la nuit et elle partage le butin aux membres de sa maisonnée. » L’Écriture dit « elle » et non pas « il ». Ainsi «la lumière qui préside au jour » désigne l‘être mâle, et « la lumière qui préside à la nuit » désigne l’être femelle.
L’Écriture ajoute : « Et les étoiles. » Dès que la femme quitte pendant la nuit les affaires de la maison pour s’entretenir avec son mari, la direction de la maison est exclusivement réservée aux jeunes filles, qui restent à la maison pour s’occuper du ménage. Mais aussitôt le jour venu, c’est le mari qui reprend la direction de tout.
Il est écrit (Gen. I, 16) : « Et Élohim fit les deux lumières. » Car il y a deux lumières : Celle qui monte en haut est appelée « flambeau de lumière », et celle qui descend en bas est appelée « flambeau de feu ». Car cette dernière lumière exerce son empire durant tous les jours ouvrables ; c’est pourquoi à la fin du Sabbat on récite une formule (32) sur lumière ; dans cette formule liturgique se trouvent les mots : « Sois béni, Seigneur, qui a créé le flambeau de feu », parce qu’à partir de ce moment le flambeau de feu est autorisé à exercer son empire. Les doigts de l’homme sont formés de manière à symboliser les degrés du mystère céleste. Les doigts sont formés d’un intérieur et d’un extérieur ; la partie extérieure est pourvue d’ongles ; c’est pourquoi il est [...]

עַל גַּלְגַּלּוֹי בִּפְשִׁיטוּ דְּטוּפְסִירָא דְּקוּטְרָא.

וְיוֹמָא רְבִיעָאָה אִיהוּ יוֹמָא מָאִיס מִבּוֹנִים כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר (תהלים קיח) אֶבֶן מָאֲסוּ הַבּוֹנִים. הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (שיר השירים א) בְּנֵי אִמִּי נִחֲרוּ בִי. דְּהָא נְהוֹרָא דָא אַזְעִירַת גַּרְמָהּ וּנְהִירוּ דִילָהּ. וּקְלִיפִּין אִתְקְנוּ עַל דּוּכְתַּיְיהוּ. כָּל אִנּוּן נְהוֹרִין דְּנָהֲרָן כֻּלְהוּ תַּלְיָין בְּהַאי רְקִיעַ הַשָּׁמָיִם לְאַתְקָנָא בְּהוּ כּוּרְסְיָיא דְדָוִד.

אִלֵּין נְהוֹרִין מְצַיְירָן צִיּוּרָא דִלְתַתָּא לְאַתְקָנָא צִיּוּרָא דְּכֻלְהוּ דְּאִנּוּן בִּכְלָלָא דְאָדָם צִיּוּרָא פְּנִימָאָה. דְּכָל צִיּוּרָא פְּנִימָאָה אִקְרֵי הָכִי. וּמֵהָכָא כָּל צִיּוּרָא דְּאִתְכְּלִיל בְּאִתְפַּשְׁטוּ דָא אִקְרֵי אָדָם. הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (יחזקאל לה) אָדָם אַתֶּם. אַתֶּם קְרוּיִן אָדָם וְלא שְׁאָר עַמִּין עוֹבְדֵי עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת.

וְכָל רוּחָא אִקְרֵי אָדָם. רוּחָא דִסְטַר קַדִּישָׁא גּוּפָא דִילֵיהּ לְבוּשָׁא (דאדם) אִיהוּ. וְעַל דָּא כְּתִיב, (איוב י) (יתרו סוף עה, וריש עו) עוֹר וּבָשָׂר תַּלְבִּישֵׁנִי וְגו' בִּשְׂרָא דְאָדָם לְבוּשָׁא אִיהוּ. וּבְכָל אֲתַר כְּתִיב בְּשַׂר אָדָם, אָדָם לְגוֹ. בָּשָׂר לְבוּשָׁא דְּאָדָם גּוּפָא דִילֵיהּ. טְסִירִין דִּלְתַתָּא דְּאִתְהַתָּךְ בְּהִתּוּכָא דְרוּחָא דָא. אִצְטַיְירוּ מִנֵּיהּ צִיּוּרִין דְּאִתְלַבְּשָׁן בִּלְבוּשָׁא אָחֳרָא. כְּגוֹן צִיּוּרָא דִּבְעִירֵי דַכְיָין (דברים יד) שׁוֹר שֵׂה כְשָׂבִים וְשֵׂה עִזִּים אַיָּל וּצְבִי וְיַחְמוּר וְגו' אִנּוּן דְּבָעְיָין לְאִתְכְּלָלָא בִּלְבוּשָׁא דְאָדָם הַהוּא רוּחָא פְּנִימָאָה דְּאִנּוּן סִטְרִין (ס''א ציורין), סָלִיק בְּהַהוּא שְׁמָא דְאִתְקְרֵי בָהּ גּוּפָא דִילֵיהּ לְבוּשָׁא דְהַהוּא שְׁמָא בְּשַׂר שׁוֹר. שׁוֹר אִיהוּ פְּנִימָאָה דְהַהוּא גוּפָא. בָּשָׂר דִּילֵיהּ לְבוּשָׁא. וְכֵן כֻּלְהוּ.

כְּגַוְונָא דָא בְּסִטְרָא אָחֳרָא מְסָאֳבָא, רוּחָא דְאִתְפַּשַּׁט בִּשְׁאָר עַמִּין עוֹבְדֵי עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת נַפְקָא מִסִּטְרָא דִּמְסָאֲבוּ לָאו אִיהוּ אָדָם. וּבְגִין כָּךְ לָא סָלִיק בִּשְׁמָא דָא. שְׁמָא דְהַהוּא רוּחָא טָמֵא לָא סָלִיק בִּשְׁמָא דְאָדָם וְלֵית בֵּיהּ חוּלָקָא. גּוּפָא דִילֵיהּ לְבוּשָׁא דְהַהוּא טָמֵא בָּשָׂר טָמֵא יִטְמָא לְגוֹ בְּשַׂר לְבוּשָׁא דִילֵיהּ, בְּגִין כַּךְ בְּעוֹד דְּשָׁרֵי הַהוּא רוּחָא בְּהַהוּא גוּפָא אִתְקְרֵי טָמֵא. נָפַק רוּחָא מֵהַהוּא לְבוּשָׁא לָאו אִקְרֵי טָמֵא וְלָא סָלִיק הַהוּא לְבוּשָׁא בִּשְׁמָא.

טְסִירִין לְתַתָּא דְּאִתְהַתָּךְ בְּהִתּוּכָא דְרוּחָא דָא. אִצְטַיְירָן מִנֵּיהּ צִיּוּרִין דְּאִתְלַבְּשָׁן בִּלְבוּשָׁא אָחֳרָא כְּגוֹן צִיּוּרֵי בְּעִירֵי מְסָאֲבֵי. וְאוֹרַיְיתָא פָּתַח בְּהוּ (ויקרא יא) וְזֶה לָכֶם הַטָּמֵא. כְּגוֹן חֲזִיר וְעוֹפֵי וּבְעִירֵי דְהַהוּא סִטְרָא רוּחָא סָלִיק בְּהַהוּא שְׁמָא גּוּפָא לְבוּשָׁא דִילֵיהּ. וְגוּפָא בְּשַׂר חֲזִיר אִקְרֵי. חֲזִיר לְגוֹ בִּשְׂרָא לְבוּשָׁא דִילֵיהּ. וּבְגִין כַּךְ אִלֵּין תְּרֵין סִטְרִין מִתְפָּרְשָׁן. אִלֵּין אִתְכְּלִילוּ בְּרָזָא דְאָדָם. וְאִלֵּין אִתְכְּלִילוּ בְּרָזָא דְטָמֵא. כָּל זִינָא אָזִיל לְזִינֵיהּ וְאִתְהַדַּר לְזִינֵיהּ.

נְהוֹרִין עִלָּאִין דְּקָא מְנַהֲרִין נַהֲרִין בְּהַהוּא רְקִיעַ הַשָּׁמָיִם וְכוּ' לְאִצְטַיְירָא לְתַתָּא צִיּוּרִין כְּדְקָא חָזֵי. דִּכְתִיב וַיִּתֵּן אוֹתָם אֱלֹהִים בִּרְקִיעַ הַשָּׁמָיִם וְגו'. וְלִמְשׁוֹל בַּיּוֹם וּבַלַּיְלָה. שָׁלְטָנוּ דִּתְרֵין נְהוֹרִין דָּא אִיהוּ שָׁלְטָנוּ כְּדְקָא חָזֵי.

מָאוֹר גָּדוֹל שָׁלְטָנוֹ בִּימָמָא. מָאוֹר קָטָן שָׁלְטָנוֹ בְּלֵילְיָא. וְרָזָא דָא מֵהָכָא שָׁלְטָנוּתָא דִדְכוּרָא בִּימָמָא לְמָנָאָה (נ''א למלאה) בֵיתֵיהּ דְּאִצְטְרִיךְ וּלְאָעֳלָא בֵּיהּ טַרְפָּא וּמְזוֹנָא. כֵּיוָן דְּעָאל לֵילְיָא וְנוּקְבָא נָקִיט כֹּלָּא לֵית שׁוּלְטָנוּ דְבֵיתָא בַּר בְּנוּקְבָא, דְּהָא כְּדֵין שָׁלְטָנוּ דִילָהּ (ולא דדכורא) דִּכְתִיב, (משלי לא) וַתָּקָם בְּעוֹד לַיְלָה וַתִּתֵּן טֶרֶף לְבֵיתָהּ. הִיא וְלֹא הוּא. מֶמְשֶׁלֶת הַיּוֹם דִּדְכוּרָא. מֶמְשֶׁלֶת הַלַּיְלָה דְּנוּקְבָא. (מאור גדול דא הוא שמשא ואית ביה תרין עשר פתחין. אית ביה תרי עשר שעתי. ושמשא שליט על יומא. מאור קטן אית ביה תרי עשר פתחין ודא סיהרא ושלטא על ליליא. וליליא אית ביה תריסר שעתי. ועל דא ביום ההוא יהיה יי אחד ושמו אחד. שמשא ותריסר פתחין אתעבידן י''ג מכילן דרחמי. ליל סיהרא ותריסר פתחין ואתעבידו י''ג ואתעבידו שמשא וסיהרא חד. ויום ולילה אחד. הדא הוא דכתיב ויהי ערב ויהי בקר יום אחד ורזא דא לעילא). וְאֵת הַכּוֹכָבִים. כֵּיוָן דְּנוּקְבָא פְּקִידַת בֵּיתָא וְאִתְכְּנִיסַת לְבַעֲלָהּ לֵית שׁוּלְטָנוּ לְבֵיתָא אֶלָּא לְעוּלֵמְתָּן דְּאִשְׁתָּאֲרָן בְּבֵיתָא לְאַתְקָנָא כָּל תִּקּוּנֵי בֵּיתָא. וּבָתַר אִתְהַדַּר בֵּיתָא לְשָׁלְטָנוּ דִדְכוּרָא בִּימָמָא כֹּלָּא כְּדְקָא חָזֵי:

וַיַּעַשׂ אֱלֹהִים אֶת שְׁנֵי הַמְאוֹרוֹת. דָּא מָאוֹר וְדָא מָאוֹר. בְּגִין כָּךְ אִנּוּן נְהוֹרִין דְּסָלְקֵי לְעֵילָא אִקְרוּן מְאוֹרֵי אוֹר. וְאִנּוּן נְהוֹרִין דְּנָחֲתוּ לְתַתָּא אִקְרוּן מְאוֹרֵי אֵשׁ דְּאִנּוּן דַּרְגִּין לְתַתָּא וְשָׁלְטֵי כָּל יוֹמוֹי דְחוֹל. וְעַל דָּא כַּד נָפִיק שַׁבַּתָּא מְבָרְכִין עַל שְׁרַגָא דְּהָא אִתְיְהִיב לוֹן רְשׁוּ לְשַׁלְטָאָה. אֶצְבְּעָן דְּבַר נָשׁ אִנּוּן סִתְרָא דְּדַרְגִּין וְרָזִין דִּלְעֵילָא, וְאִית בְּהוּ פְּנִימָאִין וַאֲחוֹרַיִם. אֲחוֹרַיִם אִנּוּן לְבַר וְאִנּוּן רֶמֶז לְטוֹפְרִין דְּאֶצְבְּעָן. וּבְגִין כָּךְ אִית
(Ⅰ)

*****

[21a]  
[...] permis de contempler ses ongles à la fin du Sabbat. Car la lumière provenant du feu, lumière dont la domination commence à ce moment, n’est digne que de servir à la contemplation de la partie extérieure des doigts, alors qu’il n’est pas permis de contempler à la lueur de cette lumière l’intérieur des doigts. Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Ex. , XXXIII, 23) : « Tu ne me verras que par derrière, mais tu ne pourras voir mon visage » C’est pour cette raison que l’homme ne doit pas contempler l’intérieur de ses doigts à la fin du Sabbat lorsqu’il récite la formule liturgique qui, finit par les mots « qui as créé le flambeau du feu ». Par les mots « tu ne me verras que par derrière », l’Écriture désigne la partie extérieure des doigts pourvue d’ongles ; et par les mots « mais tu ne pourras voir mon visage », l’Écriture désigne la partie intérieure des doigts. La lumière à laquelle on doit contempler la partie intérieure des doigts ne domine qu’au jour du Sabbat ; et celle à la lueur de laquelle on doit contempler les ongles domine pendant les jours profanes. Durant le jour du Sabbat, le Saint, béni soit-il, domine seul l’intérieur du trône suprême ; il synthétise tout en lui, et il prend la direction de tout. C’est pourquoi, en ce jour, un repos est accordé à tous les mondes. Le saint peuple, appelé le peuple unique sur la terre, a hérité de ce « flambeau de lumière » émanant du côté droit ; cette lumière luisait primitivement et a été réservée plus tard au jour du Sabbat. C’est de ce « flambeau de lumière » qu’émanent toutes les lumières de la terre. Mais aussitôt que le Sabbat est fini, le flambeau de lumière se cache et devient invisible ; ce sont alors les flambeaux de feu qui commencent à exercer leur domination. Pendant combien de temps exercent- ils leur domination ? Dès la fin du Sabbat jusqu’au commencement du Sabbat prochain. C’est pour cette raison qu’à la fin du Sabbat il faut contempler les ongles à la lueur d’une lumière.
Il est écrit (Éz. , I, 14) : « Et les Hayoth allaient et revenaient comme des éclairs qui brillent. » Aucun œil ne peut contempler ces anges, attendu qu’ils vont et viennent (33). Les « Hayoth » entrevus par le prophète Ézéchiel étaient de ceux parmi lesquels se trouve la « roue » (Ophan). Que signifie la « roue » ? C’est Métatron, qui est le plus puissant et le plus élevé de tous les anges. Au-dessus de Métatron, à une distance de cinq cents lieues, se trouvent les « Hayoth » (34), cachés sous les deux lettres suprêmes Yod et Hé ; car ces deux lettres sont au-dessus des lettres Vav et Hé. Ces « Hayoth » sont invisibles. Et le mystère le plus secret, l’Inconcevable, domine tout et plane au-dessus des « Hayoth ». Les « Hayoth » visibles sont au-dessous des premiers qui sont cachés ; les « Hayoth » inférieurs reçoivent leur lumière de ceux d’en haut. Ainsi, les « Hayoth » sont tous placés dans la région appelée le « firmament du ciel ». C’est d’eux que parle l’Écriture (Gen. ,I, 14) : « Que les lumières soient dans le firmament du ciel», c’est-à-dire les Hayoth» qui se trouvent dans la région appelée « firmament du ciel ». Car, au-dessus des « Hayoth », il y a un autre ciel, ainsi qu’il est écrit (Ez. , I, 22) : « Au-dessus de la tête des « Hayoth » on voyait un firmament qui paraissait comme un cristal étincelant et terrible à voir » ; c’est le firmament supérieur au-dessus duquel nul ne peut voir, parce que tout y est au-dessus de l’entendement.
Pourquoi ? Parce que tout y est enfermé dans la Pensée ; et la Pensée du Saint, béni soit-il, est cachée, secrète et trop élevée pour que l’entendement d’un homme puisse l’atteindre et la concevoir. Puis, si les choses suspendues à la Pensée suprême sont inaccessibles, à plus forte raison la Pensée elle-même. A l’intérieur de la Pensée, il n’y a personne qui puisse concevoir quoi que ce soit ; à plus forte raison il est impossible de connaître l’Infini (Aÿn-Soph) qui est impalpable ; toute question, et toute méditation resteraient vaines pour saisir l’essence de la Pensée suprême, centre du tout, secret de tous les secrets, sans commencement et sans fin, infini, dont on ne voit qu’une petite parcelle de lumière, telle que la pointe d’une aiguille ; et encore cette parcelle n’est-elle visible que grâce à la forme matérielle qu’elle a prise ; car le Verbe a pris la forme des signes de l’alphabet qui émanent tous du Point suprême (35). La lettre Aleph (a) est le symbole du commencement et de la fin ; toutes les échelles de la création y sont synthétisées. Bien que l’Aleph présente plusieurs parties, il ne forme qu’une seule lettre. C’est la lettre dont dépendent les mondes supérieurs et inférieurs. La barre supérieure de l’Aleph est le symbole du mystère de la Pensée suprême ; au-dessous de cette barre se trouvé un trait symbolisant le firmament supérieur. Au-dessus de ce firmament réside la Pensée inconcevable ; le trait formant séparation entre la barre supérieure et la barre inférieure représente la lettre Vav, dont la valeur numérique est de six, pour symboliser les six de degrés qui existent entre la Pensée suprême et le firmament qui se trouve au-dessus des « Hayoth » cachés (36).
La lumière émanant de la Pensée suprême a été cachée ; cette lumière est exprimée dans le mot «Bereschith». Comme le mot « bara » dit mot « Bereschith » est composé des mêmes lettres que le commencement du nom d’Abraham, l’Écriture y fait allusion, ainsi qu’il est écrit (Gen. , XVIII, 1) : « Le Seigneur apparut à Abraham en la vallée de Mambré, lorsqu’il était assis à la porte de sa tente dans la plus grande chaleur du jour. » Ces paroles signifient que, lorsqu’Abraham se plaça à la porte de sa tente, c’est-à-dire à la porte qui se trouve entre le monde supérieur et le monde inférieur (St Jean, X, 9), porte symbolisée par le trait de la lettre Aleph, il éprouva la forte chaleur du jour, c’est-à-dire qu’il fut éclairé par la Lumière céleste. Ainsi, Abraham a entrevu la première lumière des trois hypostases (37). La seconde lumière, a été entrevue par Isaac à l’heure où le jour déclinait et où le soir approchait. C’est alors qu’Isaac fit sa prière pour l’avènement de cette lumière, ainsi qu’il est écrit (Gen. , XXIV, 63) : « Il était alors sorti dans le champ pour méditer, le jour étant sur son déclin. » C’est au moment où le jour était à son déclin qu’Isaac a prévu la défaite de Jacob dans sa lutte avec l’ange d’Esaü (Gen. , XXXII,24) (38). La troisième lumière qui procède des deux premières [...]

רְשׁוּ לְאִסְתַּכָּלָא בְּטּוֹפְרִין בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת דְּהָא נָהֲרִין מֵהַהוּא שְׁרַגָּא וְנָהֲרִין מֵהַהוּא אֵשׁ לְשַׁלְטָאָה.

אִלֵּין אִתְחַזְיָין, אֶצְבְּעָן לְגוֹ לָא אִית רְשׁוּ לְאִתְחַזְיָיא בְּהַהוּא שְׁרַגָּא דְּהָא מִלְּעֵילָא נָהֲרִין וְאִקְרוּן פָּנִים פְּנִימָאִין. וְרָזָא דָא וְרָאִיתָ אֶת אֲחוֹרָי וּפָנַי לֹא יֵרָאוּ. דְּלָא יִסְתַּכַּל בַּר נָשׁ בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת בְּאֶצְבְּעָן לְגוֹ בְּשַׁעֲתָא דְּאָמַר בּוֹרֵא מְאוֹרֵי הָאֵשׁ. (שבת ל''ג) וְרָאִיתָ אֶת אֲחוֹרָי אִלֵּין פָּנִים דִּלְבַר דְּאִתְרְמִיזוּ בְּטוּפְרֵי. (שם) וּפָנַי לֹא יֵרָאוּ אִלֵּין אֶצְבְּעָן לְגוֹ. אִלֵּין שָׁלְטֵי בְּשַׁבַּתָּא וְאִלֵּין שָׁלְטֵי בַּחוֹל.

וּבְיוֹמָא דְשַׁבַּתָּא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא שַׁלִּיט בִּלְחוֹדוֹי בְּאִנּוּן פָּנִים פְּנִימָאִין עַל כּוּרְסֵי (ה) יְקָרֵיהּ וְכֻלְהוּ אִתְכְּלִילָן בֵּיהּ וְשָׁלְטָנוּתָא דִילֵיהּ אִיהוּ. וּבְגִין כָּךְ אַחְסִין נַיְיחָא לְכָל עָלְמִין. וְיַרְתִין יְרוּתָא דְיוֹמָא דָא עַמָּא קַדִּישָׁא דְּאִקְרוּן עַמָּא חַד בְּאַרְעָא. מְאוֹרֵי אוֹר מִסִּטְרָא דְּיָמִינָא דְּאִיהוּ אוֹר קַדְמָאָה דְּהֲוָה בְּיוֹמָא קַדְמָאָה. דְּבְיוֹמָא דְשַׁבַּתָּא נָהֲרִין אִנּוּן מְאוֹרֵי אוֹר בִּלְחוֹדַיְיהוּ וְשָׁלְטִין. וּמִנַּיְיהוּ נָהֲרִין כֻּלְהוּ לְתַתָּא.

וְכַד נָפִיק שַׁבַּתָּא גְּנִיזִין (אנון) מְאוֹרֵי אוֹר דְּלָא אִתְגַּלְיָין. וּמְאוֹרֵי הָאֵשׁ שָׁלְטִין כָּל חַד וְחַד עַל דּוּכְתַּיְיהוּ. אֵימָתַי שָׁלְטִין בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת עַד מַעֲלֵי יוֹמָא דְּשַׁבַּתָּא. וְעַל דָּא אִצְטְרִיכוּ לְאִתְנַהֲרָא מֵהַהוּא שְׁרַגָּא בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת.

וְהַחַיּוֹת רָצוֹא וָשׁוֹב. דְּלָא יָכִיל עֵינָא לְמִשְׁלַט בְּהוּ בְּגִין דְּאִנּוּן רָצוֹא וָשׁוֹב. חַיּוֹת דְּאִתְגַּלְּיָין אִנּוּן דְּהַהוּא אוֹפָן קָאִים בְּגַוַּויְיהוּ, וּמָאן אִיהוּ דָּא מטטרון דְּאִיהוּ רַב וְיַקִּיר מִשְׁאָר אִלֵּין (נ''א חיילין), וְעִלָּאָה חֲמֵשׁ מְאָה פַּרְסֵי. חַיּוֹת דְּמִטַּמְרָן אִנּוּן (רביעאן) תְּחוֹת תְּרֵין אַתְוָון עִלָּאִין דְּאִתְכַּסְיָין. י''ה אַתְוָון שַׁלִּיטִין עַל ו''ה. אִלֵּין רְתִיכָא לְאִלֵּין. וְהַהוּא טְמִירָא לְכָל טְמִירִין דְּלָא אִתְיְדע כְּלָל שַׁלִּיט עַל כֹּלָּא וְרָכִיב עַל כֹּלָּא. חַיּוֹת דְּאִתְגַּלְּיָין אִנּוּן לְתַתָּא תְּחוֹת אִלֵּין עִלָּאִין דְּמִטַּמְרָן, וְאִתְנַהֲרָן מִנַּיְיהוּ, וְנָטְלִין בְּגִינַיְיהוּ.

חַיּוֹת עִלָּאִין כֻּלְהוּ כְּלִילָן (בראשית לג ע''ב) בִּרְקִיעַ הַשָּׁמָיִם. וְעֲלַיְיהוּ כְּתִיב יְהִי מְאֹרֹת בִּרְקִיעַ הַשָּׁמָיִם וְהָיוּ לִמְאוֹרוֹת בִּרְקִיעַ הַשָּׁמָיִם. כֻּלְהוּ תַּלְיָין בְּהַהוּא רְקִיעַ הַשָּׁמָיִם. רָקִיעַ שֶׁעַל גַּבֵּי הַחַיּוֹת דָּא הַהוּא דִכְתִיב, (יחזקאל א׳:כ״ב) וּדְמוּת עַל רָאשֵׁי הַחַיָּה רָקִיעַ כְּעֵין הַקֶּרַח דָּא הַהוּא קַדְמוֹן (נ''א ה' קדמאה).

דְּהָא מִתַּמָּן וּלְהָלְאָה לֵית מָאן דְּיָכִיל לְאִסְתַּכָּלָא וּלְמִנְדַע. מַאי טַעְמָא מִשּׁוּם דְּאִיהוּ סָתִים בְּמַחֲשָׁבָה. וּמַחֲשָׁבָה דְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא טְמִירָא סְתִימָא עִלָּאָה. מַחֲשָׁבָה דְּבַר נָשׁ בְּכָל עָלְמָא (ס''א לא יכיל) לְאִתְדַּבְּקָא וּלְמִנְדַע לָהּ. מִלִּין דְּתַלְיָין בְּמַחֲשָׁבָה עִלָּאָה לֵית מָאן דְּיָכִיל לְאִתְדַּבְּקָא לוֹן. מַחֲשָׁבָה (עלאה) מַמָּשׁ עַל אַחַת כַּמָּה וְכַּמָּה. לְגוֹ מִן מַחֲשָׁבָה מַאן אִיהוּ דְּעֲבִיד רַעֲיוֹנֵי. דְּהָא לֵית סוּכְלְתָנוּ לְמִשְׁאַל כָּל שֶׁכֵּן לְמִנְדַע.

אֵי''ן סוֹ''ף לֵית בֵּיהּ רִשּׁוּמָא כְּלָל וְלָא תַּלְיָא שְׁאֵלְתָּא בֵּיהּ וְלָא רַעֲיוֹנָא לְאִסְתַּכְּלוּתָא דְּמַחֲשָׁבָה כְּלָל. מִגּוֹ סְתִימָא דִסְתִימָא, מֵרִישׁ נְחִיתוּ דְּאֵין סוֹף, נְהִיר נְהִירוּ דַּקִּיק וְלָא יְדִיעַ. סָתִים בִּסְתִּימוּ (נ''א ברשימו) כְּחִדּוּדָא דְמַחֲטָא. רָזָא סְתִימָא דְּמַחֲשָׁבָה לָא יְדִיעַ עַד דְּאִתְפְּשַׁט נְהִירוּ מִנֵּיהּ. בְּאֲתַר דְּאִית בֵּיהּ רְשִׁימִין דְּאַתְוָון כֻּלְהוּ. מִתַּמָּן נַפְקָן.

בְּרֵישׁ כֹּלָּא. א רֵישָׁא וְסוֹפָא דְּכָל דַּרְגִּין. רְשִׁימוּ דְּאִתְרְשִׁים בֵּיהּ דַּרְגִּין כֻּלְהוּ. וְלָא אִקְרֵי אֶלָּא אֶחָד. לְאַחֲזָאָה דְּאַף עַל גַּב דְּאִית בֵּיהּ דִּיוּקְנִין סַגִּיאִין לָאו אִיהוּ אֶלָא חַד. וַדַּאי אִיהוּ אָת דְּעִלָּאִין וְתַתָּאִין תַּלְיָין בֵּיהּ. רֵאשִׁיתָא דְּאָלֶ''ף טְמִירוּ דְּרָזָא דְּמַחֲשָׁבָה עִלָּאָה. וְהַהוּא אִתְפַּשְׁטוּ דְּהַהוּא רָקִיעַ עִלָּאָה כֹּלָּא סָתִים בְּהַהוּא רֵישָׁא. בְּגִין דְּכַד נָפִיק א' מֵהַאי רָקִיעַ בְּדִיּוּקְנָא דְּרָזָא דְּרִישָׁא דְּמַחֲשָׁבָה נַפְקָא. בְּהַהוּא אֶמְצָעִיתָא דְּאָלֶ''ף שִׁית דַּרְגִּין כְּלִילָן בֵּיהּ רָזָא דְּכֻלְהוּ חַיּוֹת טְמִירִין עִלָּאִין (ס''א דסליקן) (ס''א דתליין) מִגּוֹ מַחֲשָׁבָה.

חַד נְהִירוּ דְּנָהִיר וְאִתְגְּנִיז. דְהָא נְהִירוּ דְּאָת (ט) דִבְרֵאשִׁית (ס''א ב' דבראשית). חוֹם הַיּוֹם דְּהֲוָה אַבְרָהָם יָתִיב פֶּתַח הָאֹהֶל דְּאִיהִי פִּתְחָא מִתַּתָּא לְעֵילָא. וְחוֹם הַיּוֹם נָהִיר עַל הַהוּא פִּתְחָא וְנָהֲרָא מִתַּמָּן.

תִּנְיָנָא נְהִירוּ דְּאֲזִיל לְאִתְחַשְׁכָא לְעֵת פְּנוֹת עֶרֶב. רָזָא דִצְלוֹתָא דְיִצְחָק לְאַתְקָנָא הַאי דַרְגָא דִּכְתִיב, (בראשית כ״ד:ס״ג) וַיֵּצֵא יִצְחָק לָשׂוּחַ בַּשָּׂדֶה לִפְנוֹת עֶרֶב. אִסְתַּכְּלוּתָא דְּעֶרֶב וַחֲשׁוֹכָן כֻּלְהוּ לְגַבֵּיהּ. בְּהַאי פְּנוֹת עֶרֶב וְאִסְתַּכַּל נ''א אִסְתְּחָן יַעֲקֹב בְּהַהוּא מְמַנָּא דְעֵשָׂו.

תְּלִיתָאָה נְהִירוּ דְּכָלִיל תְּרֵין
(Ⅰ)

*****

[21b]  
[...] était apparue à Jacob, ainsi qu’il est écrit (Gen. XXXII, 31) : « Aussitôt qu’il eut passé « Penïel », il vit le soleil qui se levait, mais il se trouva boiteux d’une jambe. » A ce déclin du jour, Jacob a contemplé de trop près la lumière désignée par la Séphirâ « Néçah »(39) d’Israël ; à partir de ce moment il boita d’une jambe, attendu que cette Séphirâ constitue la cuisse droite, de l’arbre séphirotique.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Jacob fut touché à une cuisse » ; ainsi, il ne fut pas touché aux deux cuisses, mais à une seule, parce qu’il n’avait contemplé que la lumière de la Séphirâ « Néçah », qui forme la cuisse droite de l’arbre séphirothique. Cette lumière constitue le quatrième degré ; c’est pourquoi, à partir de Jacob, aucun homme n’a plus été doué du don de la prophétie, jusqu’à l’arrivée de Samuel. C’est alors seulement que l’Écriture dit (I Rois, XV, 29) : « Celui qui triomphe dans Israël. » Ce n’est qu’à cette époque que la cuisse de l’arbre séphirothique s’était remise de la faiblesse dont elle fut atteinte dès le jour où Jacob fut mis en danger par l’ange d’Esaü.
Il est écrit (Gen. , XXXII, 25) : « Et il toucha le nerf de la cuisse. » Lorsque l’ange d’Esaü vint lutter contre Jacob, il s’aperçut que celui-ci tenait sa force et du premier degré séphirotique et du second, c’est-à-dire et de la Lumière suprême qui forme la première hypostase, et de la lumière appelée « Homme », qui forme la seconde Séphirà, ainsi que la seconde hypostase.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Cet homme, voyant qu’il ne pouvait le surmonter, lui toucha le nerf de la cuisse. » Lorsque l’ange s’était aperçu qu’il ne pouvait exercer d’empire sur le tronc de Jacob, parce qu’il représentait la Lumière suprême symbolisée par la tête appelée « Couronne», et la seconde lumière appelée « Homme », il le toucha au nerf qui constitue la force, symbole de la Séphirâ « Néçah », qui exprime la rigueur. C’est pourquoi à partir de ce moment aucun homme n’a prophétisé jusqu’à l’arrivée de Samuel.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Celui qui triomphe dans Israël », et un peu plus loin : « Car il n’est point un homme », c’est-à-dire le don de la prophétie ne vient pas du degré séphirothique appelé « Homme », mais de celui appelé « Néçah ». Josué a bien prophétisé, mais ce n’était que le reflet de la prophétie de Moïse, ainsi qu’il est écrit (Nomb., XXVII, 20) : « Donnez-lui un reflet de votre gloire. » Cette prophétie n’émanait que du cinquième degré, ce qui plaçait la Séphirâ « Néçah » à la cuisse gauche. Ce n’est qu’à l’arrivée de David qu’elle a repris sa place à droite, ainsi qu’il est écrit (Ps. XVI, 11) : « Les délices de « Néçah » sont à ta droite. » L’Écriture ne dit pas : « Sont dans ta main droite », mais « à ta droite », c’est-à-dire « Néçah » est remis au côté droit dont il avait été déplacé à la suite de la lutte de Jacob avec l’ange d’Esaü. Pourquoi la cuisse de Jacob a-t-elle été affaiblie ? Parce que le côté impur s’y était attaché et lui enleva la force que confère le côté pur. Cette faiblesse a duré jusqu’à l’époque de Samuel. C’est pourquoi celui-ci est venu rappeler aux Israélites que « Néçah » constitue la cuisse d’Israël, ainsi qu’il est écrit : « Celui qui triomphe dans Israël. » C’est pourquoi dès le commencement des prophéties de Samuel jusqu’à la fin, toutes les paroles étaient des paroles de rigueur. En outre, le Saint, béni soit-il, doua Samuel, plus tard, de la Séphirâ appelée « Hod ». Quand ? Après qu’il eut oint des rois.
C’est pourquoi Samuel vaut à lui seul autant que Moïse et Aaron ensemble ; car, de même qu’au ciel, Moïse et Aaron jouissent chacun d’une des deux Séphiroth « Néçah » et « Hod », de même Samuel jouissait des deux mêmes Séphiroth ici-bas. Toutes les Séphiroth sont enchaînées les unes dans les autres, ainsi qu’il est écrit (Ps. , XCIX, 6) : « Moïse et Aaron étaient ses prêtres, et Samuel était au nombre de ceux qui invoquaient son nom. » Les six côtés de l’arbre séphirothique sont tous liés entre eux ; et, de même qu’ils ont uni Moïse et Aaron, de même ils ont uni Jacob, Moïse et Joseph. D’abord Jacob était le Maître de la maison ; ensuite Moïse en est devenu le Maître après la mort de Jacob, car Joseph n’en jouit durant sa vie que par Jacob. Moïse pouvait s’emparer de la maison aussitôt après la mort de Jacob, sans en accorder à Joseph la jouissance durant sa vie. Mais Moïse était un juste et il laissa la maison à Joseph durant sa vie. Ainsi, au lieu de transmettre sa maison à Moïse, Jacob la légua d’abord à Joseph, ainsi qu’il est écrit (Gen. , XXXVII, 2) : « Voici les enfants de Jacob : Joseph. » Jacob ayant légué la maison à Joseph, Moïse, n’en prit possession qu’après la, mort de Joseph. Lorsque la Schekhina sortit de la captivité d’Égypte, elle ne put s’unir qu’à Joseph, ainsi qu’il est écrit (Ex. , XIII, 19) : « Et Moïse emporta les os de Joseph avec lui. » Pourquoi l’Écriture dit-elle : « Avec lui » ?
Parce que l’homme ne peut s’unir à la femme que par une alliance. Aussi Moïse avaitil besoin des os de Joseph pour pouvoir s’unir à la Schekhina. Celle-ci avait en quelque sorte trois maris : Jacob d’abord, Joseph ensuite, et enfin Moïse. Or, Jacob ayant été enterré en Palestine, son corps appartenait déjà aux êtres célestes ; mais Joseph ayant été enterré hors de Palestine, comptait encore pour un être terrestre. Aussi la Schekhina qui, après la mort de Jacob, s’était unie à Joseph, ne pouvait-elle s’unir à Moïse tant que les os de Joseph reposaient hors de Palestine. C’est pourquoi Moïse emporta avec lui les os de Joseph ; alors seulement la Schekhina considéra son second époux, Joseph, comme n’appartenant plus à ce monde. Seuls les os de Joseph ont été enterrés en Palestine, et non pas sa chair, parce que les os sont le symbole des légions célestes qui émanent toutes du Juste appelé Çebaoth. Pourquoi est-il appelé Cebaoth ? Parce que toutes les légions et les armées célestes émanent de lui. C’est pourquoi seuls les os de Joseph, image de Çebaoth, sont entrés en Palestine. Moïse n’ayant pas eu la faveur d’entrer en Palestine, ni même d’y avoir ses os transportés, la Schekhina entra après la mort de Moïse en Palestine et retourna à son premier époux, qui était Jacob. Nous en déduisons qu’une femme qui se marie deux fois ici-bas va, après sa mort, cohabiter au ciel avec son premier mari. Durant sa vie, Moïse a joui d’une faveur plus grande que celle de Jacob. Jacob n’a cohabité avec la Schekhina qu’au ciel, alors que Moïse cohabitait avec elle ici-bas. Pour que l’on ne puisse pas penser que la cohabitation avec la Schekhina, ici-bas, ainsi que c’était le cas de Moïse, est une faveur moindre que celle de cohabiter avec elle au ciel, nous ferons remarquer qu’à la sortie d’Égypte les Israélites appartenaient au côté de « Jobel » (40), de sorte que tous les six cent mille sortis d’Égypte appartenaient au monde supérieur. [...]

אִלֵין. נְהִירוּ דְּנָהִיר בְּאַסְוָותָא. רָזָא דִּכְתִיב בְּיַעֲקֹב (בראשית לכ) וַיִּזְרַח לוֹ הַשֶּׁמֶשׁ וְגו'. וַדַּאי כַּד אִתְכְּלִיל בְּהַהוּא פְּנוֹת עֶרֶב. מִכָּאן וּלְהָלְאָה וְהוּא צוֹלֵעַ עַל יְרֵכוֹ. דָּא אִיהוּ נְצַח יִשְׂרָאֵל. עַל יְרֵכוֹ יְרֵכוֹ כְּתִיב וְלא יְרֵכָיו, דָּא דַרְגָא רְבִיעָאָה. דְּלָא (קעא א) אִתְנַבֵּי בַּר נָשׁ מִתַּמָּן עַד דְּאֲתָא שְׁמוּאֵל, וְעֲלֵיהּ כְּתִיב, (שמואל א ט״ו:כ״ז) וְגַם נֵצַח יִשְׂרָאֵל וְגו', כְּדֵין אִתְקַן דְּהֲוָה חָלְשָׁא מִכַּד אִסְתַּכֵּן יַעֲקֹב אָבִינוּ בִּמְמַנָּא דְעֵשָׂו. (תקונים כ''ה) וַיִּגַּע בְּכַף יְרֵכוֹ כַּד אֲתָא לְגַבֵּי דְיַעֲקֹב נְטַל תּוּקְפָא מֵהַהוּא פְּנוֹת עֶרֶב בְּדִינָא תַּקִּיפָא. וְיַעֲקֹב הֲוָה אִתְכְּלִיל בֵּיהּ וְלָא יָכִיל לֵיהּ. וַיַּרְא כִּי לא יָכוֹל לוֹ וַיִּגַּע בְּכַף יְרֵכוֹ. נָטַל תּוּקְפָא דְדִינָא מִתַּמָּן. בְּגִין (קמו א, קסו א, קעא א) דְּיַרְכָא אִיהוּ לְבַר מִגּוּפָא. דְּיַעֲקֹב גּוּפָא הֲוָה, וְגוּפֵּיהּ הֲוָה כָּלִיל בְּרָזָא דִתְרֵין דַּרְגִּין בְּרָזָא דְאִקְרֵי אָדָם. כֵּיוָן דְּנָטַל תּוּקְפָא לְבַר מִגּוּפָא, מִיָּד וַתֵּקַע כַּף יֶרֶךְ יַעֲקֹב.

וְלָא אִתְנַבֵּי בַּר נָשׁ מִתַּמָּן עַד דְּאֲתָא שְׁמוּאֵל. וְעַל דָּא נֶצַח יִשְׂרָאֵל כְּתִיב בֵּיהּ כִּי לא אָדָם הוּא. יְהוֹשֻׁעַ אִתְנַבֵּי מֵהוֹדוֹ שֶׁל משֶׁה דִּכְתִיב (במדבר כ״ז:כ׳) וְנָתַתָּ מֵהוֹדְךָ עָלָיו. הוֹד. וְדָא דַרְגָא חֲמִישָׁאָה. נְצַח יַרְכָא שְׂמָאלָא דְּיַעֲקֹב. וּבְגִין כַּךְ אֲתָא דָוִד וְכָלִיל לֵיהּ בְּיָמִינָא דִּכְתִיב, (תהילים ט״ז:י״א) נְעִימוֹת בִּימִינְךָ נְצַח. יְמִינְךָ לָא כְּתִיב אֶלָּא בִּימִינְךָ. מַאי טַעְמָא אִתְחַלַּשׁ יַרְכָא דְּיַעֲקֹב, בְּגִין דְּאִתְקָרַב בֵּיהּ סְטַר מְסָאָבָא וְנָקִיט תּוּקְפָא מִנֵּיהּ וְאִתְעַכֵּב עַד שְׁמוּאֵל, וְעַל דָּא (שמות קיא ע''א) אֲתָא לְאַדְכָּרָא דְּדָא אִיהוּ יַרְכָא דְּיִשְׂרָאֵל דִּכְתִיב וְגַם נֶצַח יִשְׂרָאֵל. וְעַל דָּא כָּל מִילוֹי הֲווּ בְּדִינָא בְּשֵׁירוּתָא וּבְסוֹפָא.

וְתוּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא כָּלִיל לֵיהּ לְבָתַר בְּהוֹד. אֵימָתַי לְבָתַר דְּמָשַׁח מַלְכִין. וְעַל דָּא שָׁקִיל אִיהוּ (תרומה קמח ע''א) כְּמשֶׁה וְאַהֲרֹן. מַה מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן בִּתְרֵין סִטְרִין דִּלְעֵילָא, אַף הוּא לְתַתָּא כְּגַוְונָא דְּאִנּוּן תְּרֵין סִטְרֵי. וּמָאן אִנּוּן. נֶצַח וְהוֹד. כְּגַוְונָא דְמשֶׁה וְאַהֲרֹן דִּלְעֵילָא. וְכֻלְהוּ דַּרְגִין אֲחִידָן דָּא בְּדָא דִּכְתִיב, (תהילים צ״ט:ו׳) משֶׁה וְאַהֲרֹן בְּכֹהֲנָיו וּשְׁמוּאֵל בְּקוֹרְאֵי שְׁמוֹ. דְּהָא שִׁית סִטְרִין אִתְכְּלִילוּ וְאֲחִידָן דָּא בְּדָא.

כְּמָה דְּאִלֵּין אֲחִידָן משֶׁה וְאַהֲרֹן וּשְׁמוּאֵל, אוּף הָכִי אֲחִידָן (ס''א דא בדא) יַעֲקֹב משֶׁה וְיוֹסֵף. יַעֲקֹב מָארֵיהּ דְּבֵיתָא. מִית יַעֲקֹב נְטַל משֶׁה בֵּיתָא וּמַנֵּי לָהּ בְּחַיָּיו. יוֹסֵף עַל יְדֵי דְּיַעֲקֹב וּמשֶׁה הֲוָה צַדִּיק. (ותרווייהו לא שמשו ביתא אלא ביוסף בגין דהוה צהק).

יַעֲקֹב בְּיוֹסֵף נָטַל בֵּיתָא דִּכְתִיב, (בראשית ל״ז:ב׳) אֵלֶּה תּוֹלְדוֹת יַעֲקֹב יוֹסֵף. משֶׁה לָא שִׁמֵּשׁ בָּהּ עַד דְּנָטַל לֵיהּ לְיוֹסֵף. כַּד נָפְקַת שְׁכִינְתָּא מִן גָּלוּתָא לָא יָכִיל לְאִזְדַּוְוגָא בָּהּ אֶלָּא בְּיוֹסֵף דִּכְתִיב, (שמות י״ג:י״ט) וַיִּקַּח משֶׁה אֶת עַצְמוֹת יוֹסֵף עִמּוֹ. אַמַּאי כְּתִיב עִמּוֹ. אֶלָא גּוּפָא לָא אִזְדַּוַוג בְּנוּקְבָא עַד דְּאִזְדַּוַּוג בַּהֲדֵי בְּרִית. וְעַל דָּא משֶׁה נָטַל לֵיהּ לְיוֹסֵף עִמֵּיהּ. כֵּיוָן דְּהֲוָה עִמֵּיהּ שִׁמֵּשׁ בְּנוּקְבָא כְּדְקָא יְאוּת. וּבְגִין כָּךְ יַעֲקֹב משֶׁה וְיוֹסֵף כְּחֲדָא אָזְלֵי.

יַעֲקֹב מִית וְגוּפֵיהּ אָעֳלוּ לֵיהּ בְּאַרְעָא קַדִּישָׁא. יוֹסֵף מִית גּוּפֵיהּ לָא אִתְקַּבַּר בְּאַרְעָא קַדִּישָׁא אֶלָא גַרְמוֹי. משֶׁה (מית) לָא הַאי וְלָא הַאי. אַמַּאי. אֶלָּא יַעֲקֹב בַּעֲלָהּ קַדְמָאָה דְּמַטְרוֹנִיתָא הֲוָה. מִית יַעֲקֹב אִזְדַּוְוגָא בֵּיהּ בְּמשֶׁה. וּבְעוֹד דְּהֲוָה משֶׁה בְּהַאי עָלְמָא מָנֵי לָהּ כְּדְקָא יְאוּת וְאִיהוּ הֲוָה בַּעֲלָהּ תִּנְיָינָא. יַעֲקֹב אָעִילוּ לֵיהּ לְאַרְעָא קַדִּישָׁא גּוּפֵיהּ שְׁלִים בְּגִין דְּאִיהוּ גוּפָא. יוֹסֵף גַּרְמוֹי וְלָא גּוּפֵיהּ בְּגִין דְּגָרְמִין אִנּוּן חַיָּילִין וּמַשִּׁרְיָין דִּלְעֵילָא וְכֻלְהוּ נַפְקֵי מֵהַהוּא צַדִּיק. וְצַדִּיק צְבָאוֹת אִקְרֵי. מַאי טַעְמָא, בְּגִין דְּכָל צְבָאוֹת וּמַשִּׁרְיָין עִלָּאִין מִנֵּיהּ נָפְקִין. וְעַל דָּא גַּרְמוֹי דְּאִנּוּן צְבָאוֹת אָעֳלוּ בְּאַרְעָא.

משֶׁה הֲוָה לְבַר וְלָא עָאל תַּמָּן לָא גוּפֵיהּ וְלָא גַרְמוֹי אֶלָּא אָעֳלַת שְׁכִינְתָּא בְּאַרְעָא. בָּתַר דְּמִית משֶׁה וְאִתְהַדְּרַת לְבַעֲלָהּ קַדְמָאָה וַדַּאי אִיהוּ יַעֲקֹב. מִכָּאן נוּקְבָא דְּאִתְנְסֵיבַת בִּתְרֵין, בְּהַהוּא עָלְמָא אֲהַדְּרַת לְקַדְמָאָה. משֶׁה הֲוָה לְבַר כֵּיוָן דְּבַעֲלָהּ קַדְמָאָה הֲוָה בְּאַרְעָא.

משֶׁה זָכָה בְּחַיָּיו מַה דְּלָא זָכָה בֵּיהּ יַעֲקֹב. יַעֲקֹב שִׁמֵּשׁ בָּהּ בְּהַהוּא עָלְמָא, משֶׁה בְּהַאי עָלְמָא. וְאִי תֵימָא דִּגְרִיעוּ דְּמשֶׁה הֲוָה. לָאו הָכִי. אֶלָא כַּד נַפְקֵי יִשְׂרָאֵל מִמִּצְרַיִם מִסִּטְרָא דְיוֹבְלָא הֲוָה. וְכָל אִנּוּן שִׁתִּין רַבְרְבָן מֵעָלְמָא עִלָּאָה הֲווּ.
(Ⅰ)

*****

[22a]  
[...] Aucun d’eux n’a quitté le désert pour entrer en Palestine, parce que les hommes appartenant à l’image «Jobel » ne devaient pas entrer en Terre Sainte. Leurs enfants ont eu cette faveur. Moïse cohabita avec la Schekhina qui est symbolisée par la lune, alors même que son esprit habitait son corps, et il l’asservit à ses désirs. Lorsqu’il quitta ce monde, il s’éleva dans la montée suprême de l’Esprit-Saint et monta par l’Esprit vers le degré du Jubilé suprême (Jobel). Là se sont aussi attachés les six cent mille Israélites sortis d’Égypte qui lui appartenaient. Jacob n’a pas atteint ce degré ; il s’éleva par l’Esprit vers le degré de l’année sabbatique (Schemita) seulement. Jacob ne partagea pas ce bonheur de cohabiter avec la Schekhina pendant sa vie, parce qu’il avait gardé une autre maison (41). La Terre Sainte ne peut s’obtenir que par la force d’en haut. C’est pourquoi ceux qui sont du monde supérieur peuvent seuls s’y attacher, étant tout en esprit, tandis que ceux du monde inférieur se tiennent à part, étant tout en corps. Et ils ne peuvent résider ensemble dans la lune ; mais les uns, ceux du monde supérieur y résident ; les autres se tiennent en dehors d’elle. Les uns sont éclairés par les autres, et ceux qui sont entrés en Terre Sainte sont la figure de leurs ancêtres, c’est-à-dire de la génération morte dans le désert, mais ne sont pas aussi élevés en degré qu’eux pour ne pas former une génération.
Il n’y avait pas de génération à qui ait apparu l’éclat et la splendeur de leur Maître face à face comme à eux. Jacob continuait à cohabiter avec son corps, avec ses femmes, après que son esprit se fut attaché à l’Esprit. Moïse s’est détaché de sa femme, et quoique en corps, il cohabita avec l’Esprit Saint. Après sa mort, son esprit s’attacha à l’Esprit suprême mystérieux d’en haut. Et tous les degrés s’attachèrent ensemble pour former un tout. L’âme de Moïse appartient au degré de « Jobel », son corps à celui de « Schemita » ; l’âme de Jacob s’attache à « Schemita », son corps demeura durant sa vie attaché à ses femmes. Toutes ces lumières célestes sont la figure de celles qui sont sur terre. Et toutes ces lumières sont suspendues au firmament. L’Écriture emploie ici deux synonymes pour désigner le ciel ; c’est pour nous indiquer le mystère des deux noms unis entre eux et achevés en trois ; ils ne forment qu’un, chacun répondant à l’autre. C’est le Nom gravé qui les contient tous dans le mystère de la Foi.
Il est écrit (Gen. , I, 26) : Et Élohim dit : « Faisons l’homme. » Et ailleurs il est écrit (Ps. , XXV, 14) : « Le Seigneur fait connaître ses secrets à ceux qui le craignent. » Le Vieillard des Vieillards fit entendre sa parole « Siméon, Siméon, dit-il, que signifie ce verset ? Qui est-ce qui dit à Elohim : Faisons l’homme ! Que signifie en cet endroit le mot Élohim ? » A peine le Vieillard des Vieillards eut-il achevé de parler qu’il disparut, et Rabbi Siméon ne le vit plus. Comme Rabbi Siméon avait entendu que la voix l’avait appelé. « Siméon, Siméon », et non pas : « Rabbi Siméon », il dit à ses collègues : « Il est évident que celui qui vient d’appeler est le Saint, béni soit-il, dont l’Écriture dit (Dan. , VII, 9) : « Et l’Ancien des temps s’assit. » Donc c’est le moment d’examiner le mystère renfermé dans le verset de la Genèse, qui ne devait certainement pas être divulgué jusqu’à aujourd’hui. Mais maintenant nous avons reçu l’autorisation de le divulguer ».
Rabbi Siméon ouvrit sa conférence par la parabole suivante : « Il y avait un roi qui se proposait de construire plusieurs édifices. Ce roi avait un architecte, lequel ne faisait rien sans l’autorisation de son roi, ainsi qu’il est écrit (Prov. , VIII, 30) : « J’étais son architecte. » Le roi, c’est la « Sagesse » supérieure d’en haut. Le roi d’en bas est la Colonne du milieu. Élohim est l’architecte céleste appelé « la Mère d’en haut ». Élohim est également l’architecte d’en bas ; et c’est lui qui est désigné par le nom de Schekhina d’en bas ». Comme une femme n’est pas autorisée à faire quoi que ce soit sans l’autorisation du mari, tous les édifices ont été créés par voie « d’émanation ».
Le Père adressa le Verbe à la Mère : Qu’il soit fait telle et telle chose, et aussitôt la chose fut faite, ainsi qu’il est écrit (Gen. , I, 3) : « Et Élohim dit : Que la lumière soit, et la lumière fut », c’est-à-dire, le Verbe dit à Élohim : « Que la lumière soit » ; le maître du palais ordonne et l’architecte obéit aussitôt. De même tous les édifices furent créés par voie d’émanation, ainsi qu’il est écrit : « Que le firmament soit », et plus loin : « Que des corps lumineux soient », et tout fut fait aussitôt. Lorsqu’on arriva au « monde de séparation », c’est-à-dire à cet état du monde où les choses semblent séparées les unes des autres, l’architecte dit au Maître des édifices : « Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance. » Le Maître des édifices lui répondit : « Certes, il est bon de le faire, mais il finira par pécher contre toi, car il est insensé, et il est écrit (Prov. , X, 1) : « Le fils qui est sage est la joie de son père, et le fils insensé est la tristesse de sa mère. » La Mère répondit : «Puisque la faute de l’homme attristera la Mère et non pas le Père, je veux le créer à mon image. » C’est pourquoi l’Écriture dit : « Et Élohim créa l’homme à son image », le Père ne voulant pas s’y associer. Lorsque l’homme a péché, qu’en dit l’Écriture ? - L’Écriture dit (Is. L, 1) : [...]

וּבְהַהוּא דִיוּקְנָא אָזְלוּ בְּמַדְבְּרָא וְחַד מִנְהוֹן לָא עָאלוּ בְאַרְעָא. אֶלָּא בְּנֵיהוֹן תּוֹלָדִין דִּלְהוֹן כְּדְקָא חָזֵי דְּאִנּוּן תִּקּוּנָא דְסִיהֲרָא. וְכָל עוֹבָדֵי אַרְעָא תִּקּוּנָא דְסִיהֲרָא הֲוָה.

משֶׁה שִׁמֵּשׁ בְּסִיהֲרָא בְּעוֹד דְּאִיהוּ בְּגוּפָא וּמַנֵּי לָהּ לִרְעוּתֵיהּ. כַּד אִתְפַּטַּר מֵהַאי עָלְמָא סָלִיק בִּסְלִיקוּ עִלָּאָה בְּרוּחָא קַדִּישָׁא וְאִתְהַדַּר בְּרוּחָא לְיוֹבְלָא עִלָאָה וְתַמָּן אִתְדַּבְּקוּ בְּאִנּוּן שִׁיתִּין רִבּוֹא דְּהֲווּ דִּילֵיהּ. מַה דְּלָא הֲוָה כֵּן לְיַעֲקֹב דְּהוּא אִתְהַדַּר בְּרוּחָא לְגוֹ שְׁמִטָּה מַה דְּלָא הֲוָה כֵּן בְּחַיָּיו (בגין) כֵּיוָן דְּבֵיתָא אָחֳרָא הֲוָה לֵיהּ.

וְאַרְעָא קַדִּישָׁא בְּתִקּוּנָא (דעלמא נ''א דלתתא) אִתְתַּקָּנַת בְּחֵילָא דִּלְעֵילָא. וְעַל דָּא לָא אִתְחֲזוּן לְמֶהוֵי כֻּלְהוּ כְּחֲדָא. אִנּוּן דְּעָלְמָא עִלָּאָה הֲווּ בִּלְחוֹדַיְיהוּ כֻּלְהוּ בְּרוּחָא. וְאִנּוּן דְּעָלְמָא תַּתָּאָה הֲווּ בִּלְחוֹדַיְיהוּ כֻּלְהוּ בְּגוּפָא. וְלָא אִתְחֲזוּן לְמֶהֱוֵי אִלֵּין וְאִלֵּין גּוֹ סִיהֲרָא. אֶלָא אִלֵּין גּוֹ סִיהֲרָא. וְאִלֵּין לְבַר. לְנַהֲרָא אִלֵּין מִגּוֹ אִלֵּין. וְכֻלְהוּ דְּעָאלוּ בְּאַרְעָא דִּיוּקְנָא דְקַדְמָאֵי הֲווּ. וְלָא הֲווּ בִּסְלִיקוּ עִלָּאָה כַּוָּותַיְיהוּ. בְּגִין דְּלָא יְהֵא דָרָא וְלָא הֲוָה מִקַּדְמַת דְּנָא כְּאִנּוּן קַדְמָאֵי דְּאִתְחַזְּיָא לְהוֹן זִיו יְקָרָא דְמָארֵיהוֹן אַפִּין בְּאַפִּין.

יַעֲקֹב שִׁמֵּשׁ בִּנְשׁוֹי בְּגוּפָא. לְבָתַר אִתְדָּבַּק רוּחָא בְּרוּחָא. משֶׁה אִתְפְּרַשׁ מֵאִתְּתֵיהּ וְשִׁמֵּשׁ כַּד אִיהוּ בְּגוּפָא בְּהַהוּא רוּחָא קַדִּישָׁא. לְבָתַר אִתְדָּבַּק רוּחָא בְּרוּחָא עִלָּאָה טְמִירָא דִלְעֵילָא. וְכָל דַּרְגִּין הֲווּ מִתְדַּבְּקָן כֻּלְהוּ כְּחֲדָא. רוּחָא דְמשֶׁה דְּיוֹבְלָא אִיהוּ גּוּפֵיהּ דִּשְׁמִטָּה. רוּחָא דְיַעֲקֹב לְאִתְדַּבְּקָא בִּשְׁמִטָּה, גּוּפֵיהּ דִּנְשׁוֹי הֲוָה בְּהַאי עָלְמָא. כָּל אִנּוּן נְהוֹרִין עִלָּאִין בְּדִיוּקְנָא דִּלְהוֹן לְתַתָּא בְּאַרְעָא (נ''א בדיוקנא דלהון לתתא מנהון בדיוקנא דלהון לתתא בארעא) וְכֻלְהוּ תַּלְיָין בִּרְקִיעַ הַשָּׁמָיִם. הָכָא רָזָא דִתְרֵין שְׁמָהָן כְּלִילָן כְּחֲדָא וְשִׁכְלוּלָא דִּלְהוֹן תְּלָתָא וְאִתְהַדְּרָן לְחַד דָּא לָקֳבֵל דָּא. וְאִיהוּ שְׁמָא גְלִיפָא מְחַקְּקָא כְּלִילָן בְּהַאי בְּרָזָא דִמְהֵימְנוּתָא:

וַיֹּאמֶר אֱלהִים נַעֲשֶׂה אָדָם (תהילים כ״ה:י״ד) סוֹד יְיָ לִירֵאָיו וְגו' פָּתַח הַהוּא סָבָא דְסָבִין וְאָמַר, שִׁמְעוֹן שִׁמְעוֹן מָאן הוּא דְּאָמַר וַיֹּאמֶר אֱלהִים נַעֲשֶׂה אָדָם. (ויאמר אלהים) מַאי נִיהוּ הָכָא הַאי אֱלֹהִים. אַדְהָכִי פָּרַח הַהוּא סָבָא דְסָבִין וְלָא חָמָא לֵיהּ. וּכְמָה דִשְׁמַע רִבִּי שִׁמְעוֹן דְּהֲוָה קָרֵי לֵיהּ שִׁמְעוֹן וְלָא רִבִּי שִׁמְעוֹן, אָמַר לְחַבְרוֹי וַדַּאי הַאי הוּא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא דְּאִתְּמַר בֵּיהּ (דניאל ז׳:ט׳) וְעַתִּיק יוֹמִין יָתִיב. הָא כְּעַן אִיהוּ שַׁעֲתָא לְמִפְתַּח בְּהַאי רָזָא. דְּוַדַּאי הָכָא אִית רָזָא דְּלָא אִתְיְהִיב רְשׁוּ לְאִתְגַּלְיָא. וּכְעָן מַשְׁמַע דִּרְשׁוּתָא אִתְיְהִיב לְאִתְגַּלְּיָא.

פָּתַח וְאָמַר לְמַלְכָּא דְּהֲוָה לֵיהּ כַּמָּה בִּנְיָינִין לְמִבְנֵי. וְהֲוָה לֵיהּ אוּמָנָא. וְהַהוּא אוּמָנָא לָא הֲוָה עֲבַד מִדָּעַם אֶלָּא מֵרְשׁוּ דְמַלְכָּא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (משלי ח׳:ל׳) וָאֶהְיֶה אֶצְלוֹ אָמוֹן. מַלְכָּא וַדַּאי אִיהוּ חָכְמָה עִלָּאָה לְעֵילָא. וְעַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא (איהו) מַלְכָּא לְתַתָּא. אֱלֹהִים אוּמָנָא לְעֵילָא וְדָא אִימָא עִלָּאָה. אֱלהִים אוּמָנָא לְתַתָּא וְדָא שְׁכִינְתָּא (תקונים ע''ב דף צ''ז א) דִלְתַתָּא.

וְאִתְּתָא לֵית לָהּ רְשׁוּ לְמֶעְבַּד מִדָּעַם בְּלָא רְשׁוּת בַּעֲלָהּ. וְכָל בִּנְיָינִין דְּהֲווּ בְּאֹרַח אֲצִילוּתָא הֲוָה אָמַר אַבָּ''א בְּאֲמִירָה לְגַבֵּי אִמָּ''א יְהֵא כְּדֵין וּכְדֵין, וּמִיָּד הֲוָה. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר וַיֹּאמֶר אֱלהִים יְהִי אוֹר וַיְהִי אוֹר. וַיֹּאמֶר הֲוָה אָמַר לֵאלהִים, יְהִי אוֹר. מָארֵי דְבִנְיָינָא אִיהוּ אוֹמֵר וְאוּמָנָא עָבִיד מִיָּד. וְהָכִי כָּל בִּנְיָינִין בְּאֹרַח אֲצִילוּתָא הֲוָה אָמַר יְהִי רָקִיעַ, יְהִי מְאֹרֹת, וְכֹלָּא אִתְעֲבִיד מִיָּד. כַּד מָטָא לְעָלְמָא דְּפִּרוּדָא דְּאִיהוּ עוֹלָם הַנִּבְדָּלִים, אָמַר אוּמָנָא לְמָארֵי בִּנְיָינָא נַעֲשֶׂה אָדָם בְּצַלְמֵנוּ כִּדְמוּתֵנוּ. אָמַר מָארֵי בִּנְיָינָא וַדַּאי טַב הוּא לְמֶעְבַּד לֵיהּ. אֲבָל עָתִיד הוּא לְמֶחֱטֵי קַמָּךְ בְּגִין דְּאִיהוּ כְּסִיל הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (משלי י׳:א׳) בֵּן חָכָם יְשַׂמַּח אָב וּבֵן כְּסִיל תּוּגַת אִמּוֹ.

אִיהִי אָמְרָה בָּתַר דְּחוֹבֵיהּ תַּלְיָא בְּאִמָּ''א וְלָא בְּאַבָּ''א אֲנָא בָּעִינָא לְמִבְרֵי לֵיהּ בְּדִיּוּקְנָא דִילִי. הֲדָא הוּא דִכְתִיב וַיִּבְרָא אֱלֹהִים אֶת הָאָדָם בְּצַלְמוֹ וְלָא בָּעָא לְאִשְׁתַּתָּפָא בֵּיהּ אַבָּ''א. בְּזִמְנָא דְּחָב מַה כְּתִיב
(Ⅰ)

*****

[22b]  
[...] « Je vous déclare que c’est à cause de vos péchés que votre Mère a été renvoyée. » Le Roi dit à la Mère : « Ne t’avais-je pas dit que l’homme finirait par pécher ? » A ce moment l’homme fut chassé et la Mère fut chassée avec lui.
C’est pourquoi il est écrit : « Le fils qui est sage est la joie de son père, et le fils insensé est la tristesse de sa mère. » Par les mots « le fils qui est sage », l’Écriture désigne l’homme en voie d’ « émanation », et par les mots « le fils insensé», l’Écriture désigne l’homme en voie de « création ». A ces paroles, tous les collègues de Rabbi Siméon se levèrent en s’écriant : Rabbi, Rabbi, y a-t-il donc une division entre le Père et la Mère, pour que l’homme soit dans la voie d’émanation du côté du Père et en Création du côté de la Mère ? Rabbi Siméon leur répondit : Amis, amis, telle n’est pas mon intention, puisque l’homme « d’émanation » est composé d’un mâle et d’une femelle, qui émanent du Père et de la Mère, ainsi qu’il est écrit : « Et Élohim dit : Que la lumière soit, et la lumière fut. » Par les mots « que la lumière soit », l’Écriture désigne la partie de l’homme qui émane du Père, c’est-à-dire le mâle, et par ces mots « et la lumière fut », l’Écriture désigne la partie de l’homme qui émane de la Mère, c’est-à-dire la femelle. C’est pourquoi l’homme a été créé avec deux visages.
Mais l’homme « d’émanation » est dépourvu d’image et de ressemblance ; et c’est la Mère céleste qui voulait pourvoir l’homme du «monde de création » d’une image et d’une ressemblance. Or, les deux lumières célestes émanant du Père et de la Mère étant appelées dans l’Écriture « lumière » et « ténèbres », l’image, c’est-à-dire le corps de l’homme, devait également être composée de la lumière active émanant du Père et de la lumière passive, appelée « ténèbres », émanant de la Mère. Mais comme le Père avait dit à la Mère que l’homme finirait par pécher dans le « monde de création », il refusa de s’associer à la Mère pour la création de l’habit, c’est-à-dire du corps de l’homme. C’est pourquoi la lumière créée au premier jour de la Création a été cachée par le Saint, béni soit-il, pour les justes, et les ténèbres créées au premier jour de la Création ont été cachées pour les impies, ainsi qu’il est écrit (I Sam. , II, 9) : « Et les impies seront réduits au silence dans leurs ténèbres. » Et comme c’est à cause des ténèbres que l’homme devait finir par pécher contre la « lumière », le Père ne voulait pas s’associer à la création de l’homme d’en bas.
C’est pourquoi la Mère dit au Père : « Faisons l’homme à notre image», c’est-à-dire de « lumière », et « à notre ressemblance », c’est-à-dire de lumière passive, appelée « ténèbres », qui sert de vêtement à la lumière active, de même que le corps sert de vêtement à l’âme, ainsi qu’il est écrit (Job, X, 11) : « Tu m’as revêtu de peau et de chair. » Tous les collègues de Rabbi Siméon éprouvèrent une grande joie et s’écrièrent : Heureux notre sort, heureux d’avoir été jugés dignes d’entendre ces paroles que personne, jusqu’aujourd’hui, n’a encore entendues. Rabbi Siméon de nouveau commença à parler de cette façon : Il est écrit (Deut. , XXXII, 39) : « Voyez que moi je suis moi et qu’Élohim n’est point avec moi. » Rabbi Siméon s’écria : Collègues ! écoutez les paroles d’une haute antiquité, que je vais vous dévoiler, maintenant que j’ai l’autorisation du Ciel de parler. Qui est-ce qui dit : « Voyez que moi je suis moi ? » C’est le Suprême de toutes les choses suprêmes, c’est Celui qui est appelé la « Cause de toutes les causes », c’est Celui qui fait naître toutes les causes suivies d’effets, et sans lequel rien ne se fait et rien n’existe, c’est Celui sans l’autorisation duquel rien n’est fait au ciel, ainsi que nous l’avons déjà indiqué à l’interprétation des mots : « Faisons l’homme à notre image. » Ces paroles indiquent en vérité que dans l’essence divine il y a deux hypostases qui se parlaient l’une à l’autre à ce moment.
La seconde dit à la première « Faisons », parce qu’elle ne doit rien faire sans l’autorisation et la parole de la première ; de même la première ne fait rien sans consulter la seconde (Cf. St Jean, V, 19-20). Mais Celui qui est appelé « la Cause de toutes les causes », Celui qui n’a son semblable ni en haut ni en bas, ainsi qu’il est écrit (Is. XL, 25) : « A qui (mi) me faites-vous ressembler ? A qui (mi) m’égalez-vous ? dit le Saint ». Celui-ci, disons-nous, a dit : « Voyez que moi je suis moi et qu’Élohim n’est point avec moi», c’est-à-dire : « Voyez qu’il n’y a pas d’Élohim que j’aie consulté, ainsi qu’a fait Élohim pour la création de l’homme. » Tous les collègues de Rabbi Siméon se levèrent et dirent à celui-ci : Maître, autorise-nous à t’interrompre à cet endroit. N’as-tu pas dit que la « Cause des causes » a dit à la première hypostase appelée Kether « Faisons l’homme » ? Rabbi Siméon leur répondit : Que vos oreilles entendent ce que votre bouche prononce. Je ne vous ai pas dit que Celui qui est appelé la « Cause de toutes les causes » soit le même qu’Élohim, et je ne vous ai pas dit non plus que Celui qui est appelé la « Cause de toutes les causes » soit un autre qu’Élohim. Dans l’essence divine, il n’y a ni association ni nombre : tout y est Un. L’association qui existe dans l’essence divine est comparable à celle existant entre le mâle et la femelle, qui ne sont appelés qu’un, ainsi qu’il est écrit (Is. , II, 2) : « Car je les ai appelés un. » Mais, en réalité, l’essence divine est une ; il n’y a ni association ni nombre.
C’est pourquoi Dieu a dit : « Voyez que moi je suis moi et qu’Élohim n’est point avec moi. » C’est-à-dire : Élohim n’est point « avec moi », mais moi je suis Élohim, et Élohim, c’est moi. Tous les collègues de Rabbi Siméon, se levèrent, se prosternèrent devant le Maître et s’écrièrent : Heureux l’homme à qui le Seigneur a permis de dévoiler des mystères qui n’ont pas été dévoilés même aux Anges. Rabbi Siméon leur dit : Nous devons terminer l’interprétation de ce verset, car il renferme encore beaucoup de mystères.
Il est écrit (Deut. , XXXII, 39) : « C’est moi qui fais mourir et c’est moi qui fais vivre ; c’est moi qui blesse et c’est moi qui guéris ; et nul ne peut rien soustraire à ma main. » Par les mots : « C’est moi qui fais mourir et c’est moi qui fait vivre », l’Écriture entend que les Séphiroth qui font vivre se trouvent au côté droit de l’arbre séphirothique, et les Séphiroth qui font mourir se trouvent au côté gauche. Si ces deux côtés n’étaient pas unis à l’aide de la Colonne du milieu, il n’y aurait pas de justice céleste, attendu que tout tribunal se compose de trois juges réunis. [...]

(ישעיהו נ׳:א׳) וּבְפִשְׁעֵכֶם שֻׁלְחָה אִמְּכֶם. אָמַר מַלְכָּא לְאִמָּ''א וְלָא אֲמָרִית לָךְ דְּעֲתִיד הוּא לְמֶחטֵי. בְּהַהוּא זִמְנָא תָּרִיךְ לֵיהּ וְתָרִיךְ אִמָּא עִמֵּיהּ. וּבְגִין דָּא כְּתִיב, (משלי י׳:א׳) בֵּן חָכָם יְשַׂמַּח אָב וּבֵן כְּסִיל תּוּגַת אִמּוֹ. בֵּן חָכָם, דָּא אָדָם דְּאִיהוּ בְּאֹרַח אֲצִילוּת. וּבֵן כְּסִיל, דָּא אָדָם דִּבְרִיאָה.

קָמוּ כֻּלְהוּ חַבְרַיָיא וְאָמְרוּ רִבִּי רִבִּי, וְכִי אִית פִּירוּדָא בֵּין אַבָּ''א וְאִמָּ''א דְּמִסִּטְרָא דְּאַבָּ''א אִיהוּ בְּאֹרַח אֲצִילוּת וּמִסִּטְרָא דְּאִימָּ''א בַּבְּרִיאָה. אָמַר לוֹן חַבְרַיָּיא חַבְרַיָּיא לָאו הָכִי הוּא, דְּהָא אָדָם דְּאֲצִילוּתָא דְּכַר וְנוּקְבָא הֲוָה מִסִּטְרָא דְּאַבָּא וְאִמָּ''א. וְדָא אִיהוּ וַיֹּאמֶר אֱלהִים יְהִי אוֹר וַיְהִי אוֹר. יְהִי אוֹר מִסִּטְרָא דְאַבָּא, וַיְהִי אוֹר מִסִּטְרָא דְאִמָּ''א. וְדָא אִיהוּ אָדָם דוּ פַּרְצוּפִין.

אֲבָל לְהַאי לֵית בֵּיהּ צֶלֶם וּדְמוּת. אֶלָּא אִמָּא עִלָּאָה הֲוָה לֵיהּ חַד כִּנּוּ''י דְּסָלִיק לְחוּשְׁבַּן אֱלֹהִים. וְהַהוּא כִּנּוּי אִיהוּ אוֹר וְחשֶׁךְ. וּבְגִין הַהוּא חשֶׁךְ דְּהֲוָה בְּהַהוּא כִּנּוּי, אָמַר אַבָּא דְּעֲתִיד לְמֶחטֵי לְאָדָם דְאֲצִילוּת (נ''א דבריאה) דְּאִיהוּ אוֹר לְבוּשׁ עִלָּאָ''ה (נ''א עליון).

וְהַאי אִיהוּ אוֹר דְּבָּרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּיוֹם רִאשׁוֹן דִּגְנָזוֹ לְצַדִּיקַיָּיא. וְהַהוּא חשֶׁךְ דְּאִתְבְּרֵי בְּיוֹמָא קַדְמָאָה לְרַשִּׁיעַיָּיא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (שמואל א ב׳:ט׳) וּרְשָׁעִים בַּחשֶׁךְ יִדַּמּוּ, וּבְגִין הַהוּא חשֶׁךְ דְּהֲוָה עָתִיד לְמֶחטֵי לְהַהוּא אוֹר, לָא בָּעָא אַבָּא לְאִשְׁתַּתָּפָא בֵּיהּ. וּבְגִין דָּא אָמַר נַעֲשֶׂה אָדָם בְּצַלְמֵנוּ הַהוּא אוֹר. כִּדְמוּתֵנוּ הַהוּא חשֶׁךְ דְּאִיהוּ לְבוּשָׁא לָאוֹר. כְּגַוְונָא דְגוּפָא דְּאִיהוּ לְבוּשָׁא לְנִשְׁמְתָא הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (איוב י׳:י״א) עוֹר וּבָשָׂר תַּלְבִּישֵׁנִי. חָדוּ כֻּלְהוּ וְאָמְרוּ זַכָּאָה חוּלְקָנָא דְּזָכִינָא לְמִשְׁמַע מִלִּין דְּלָא אִשְׁתְּמָעוּ עַד כְּעָן.

פָּתַח עוֹד רִבִּי שִׁמְעוֹן וְאָמַר (דברים ל״ב:ל״ט) רְאוּ עַתָּה כִּי אֲנִי אֲנִי הוּא וְאֵין אֱלֹהִים עִמָּדִי וְגו'. אָמַר חַבְרַיָּיא שִׁמְעוּ מִלִּין עַתִּיקִין דְּבָּעֵינָא לְגַלָּאָה בָּתַר דְּאִתְיְהִיב רְשׁוּ עִלָּאָה לְמֵימַר. מַאי נִיהוּ דְּאָמַר רְאוּ עַתָּה כִּי אֲנִי אֲנִי הוּא. אֶלָּא דָּא הוּא עִילַּת עַל כָּל עִלָּאִין. הַהוּא דְּאִתְקְרֵי עִלַּת הָעִלּוֹת עִלַּת מֵאִלֵּין עִלּוֹת. דְּלָא יַעֲבִיד חַד מֵאִלֵּין עִלּוֹת שׁוּם עוֹבָדָא עַד דְּנָטִיל רְשׁוּת מֵהַהוּא דְּעֲלֵיהּ. כְּמָה דְאוֹקִימְנָא לְעֵילָא בְּנַעֲשֶׂה אָדָם.

נַעֲשֶׂה וַדַּאי. עַל תְּרֵין אִתְּמָר. דְּאָמַר דָּא לְהַהוּא דִלְעֵילָא מִינֵּיהּ נַעֲשֶׂה. וְלָא עָבִיד מִדָּעַם אֶלָא בִּרְשׁוּ וַאֲמִירָה מֵהַהוּא דִלְעֵילָא מִינֵּיהּ. וְהַהוּא דִּלְעֵילָא מִנֵּיהּ לָא עָבִיד מִדָּעַם עַד דְּנָטִיל עֵצָה מֵחַבְרֵיהּ. אֲבָל הַהוּא דְאִתְקְרֵי עִלַּת עַל כָּל עִלּוֹת דְּלֵית לְעֵילָא מִנֵּיהּ וְלָא לְתַתָּא שָׁוְה לֵיהּ. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (ישעיהו מ׳:כ״ה) וְאֶל מִי תְדַמְיוּנִי וְאֶשְׁוֶה יֹאמַר קָדוֹשׁ. אָמַר רְאוּ עַתָּה כִּי אֲנִי אֲנִי הוּא וְאֵין אֱלֹהִים עִמָּדִי, דְּנָטִיל עֵצָה מִנֵּיהּ. כְּגַוְונָא דְהַהוּא דְּאָמַר וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים נַעֲשֶׂה אָדָם.

קָמוּ כֻּלְהוּ חַבְרַיָּיא וְאָמְרוּ רִבִּי הַב לָנָא רְשׁוּ לְמַלָּלָא בְּהַאי אֲתַר. אָמְרוּ וְהָא לָא אוֹקְמַת לְעֵילָא דְּעִלוֹת הָעִלּוֹת אָמַר לְכת''ר נַעֲשֶׂה אָדָם. אָמַר לוֹן הֲווּ שְׁמָעִין אוּדְנַיְיכוּ מַה דְּפוּמְכוֹן מְמַלְּלָן. וְהָא לָא אֲמָרִית לְכוּ הַשְׁתָּא דְּאִית דְּאִתְקְרֵי עִלַּת הָעִלּוֹת וְלָאו אִיהוּ הַהוּא דְאִתְקְרֵי עִלַּת עַל כָּל עִלּוֹת. דְּלְעִלַּת עַל כָּל עִלּוֹת לֵית לֵיהּ תִּנְיָינָא דְּנָטִיל עֵצָה מִנֵּיהּ דְּאִיהוּ יָחִיד קֳדָם כֹּלָּא וְלֵית לֵיהּ שׁוּתָּפָא.

וּבְגִין דָּא אָמַר רְאוּ עַתָּה כִּי אֲנִי אֲנִי הוּא וְאֵין אֱלֹהִים עִמָּדִי דְּנָטִיל עֵצָה מִנֵּיהּ, דְּלָא אִית לֵיהּ תִּנְיָינָא וְלָא שׁוּתָּפָא וְלָאו חוּשְׁבְּנָא. דְּאִית אֶחָד בְּשִׁתּוּף כְּגוֹן דְּכַר וְנוּקְבָא וְאִתְּמָר בְּהוֹן (ישעיה נא) כִּי אֶחָד קְרָאתִיו אֲבָל אִיהוּ חַד בְּלָא חוּשְׁבָּן וְלָא שִׁתּוּף. וּבְגִין דָּא אָמַר וְאֵין אֱלֹהִים עִמָּדִי. קָמוּ כֻּלְהוּ וְאִשְׁתַּטָּחוּ קַמֵּיהּ וְאָמְרוּ זַכָּאָה בַּר נָשׁ דְּמָארֵיהּ אִסְּתְּכַּם עִמֵּיהּ לְגַלָּאָה רָזִין טְמִירִין דְּלָא הֲווּ מִתְגַּלְּיָין לְמַלְאָכַיָּיא קַדִּישַׁיָּיא.

אָמַר לוֹן חַבְרַיָּיא, אִית לָן לְאַשְׁלָמָא קְרָא, דְּכַמָּה רָזִין טְמִירִין אִית בְּהַאי קְרָא. (דברים ל״ב:ל״ט) אֲנִי אָמִית וַאֲחַיֶּה וְגו' אֲנִי אָמִית וַאֲחַיֶּה בִּסְפִירָן. אֲחַיֶּה מִסִּטְרָא דְּיָמִינָא חַיֵּי. וּמִסִּטְרָא דִּשְׂמָאלָא מוֹתָא. וְאִי לָא אִסְתַּכְּמָן תַּרְוַיְיהוּ בְּעַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא לָא אִתְקְיַּים דִּינָא. דְּאִנּוּן בְּמוֹתַב תְּלָתָא כְּחֲדָא. וּלְזִמְנִין
(Ⅰ)

*****

[23a]  
[...] Lorsque les trois hypostases se constituent en tribunal, la main droite est tendue pour accueillir les pénitents. Cette main est appelée, dans l’arbre séphirothique, « Jéhovah » ; c’est la Schekhina qui est la main droite de Dieu ; elle se trouve du côté de la Séphirâ appelée « Hésed ». La main gauche se trouve du côté de la Séphirâ appelée « Gueboura ». La main, appelée dans l’arbre séphirothique Jéhovah, appartient à la Colonne du milieu. Quand un homme est repentant, cette main lui est tendue pour le sauver de la rigueur du tribunal. Mais quand c’est « la Cause de toutes les causes » qui juge seule, alors l’Écriture dit : « Et nul ne peut rien soustraire à ma main. » En outre, ce verset renferme trois fois le mot « ani » (yna) (moi, ou je) ; donc, trois fois la lettre Aleph et trois fois la lettre Yod, lettres contenues dans le nom Jéhovah écrit en pleines lettres. Ce verset renferme en outre trois fois la lettre Vav : « Va-ahayeh, va-ani, v’en », qui sont également contenues dans le nom Jéhovah. Les collègues ont interprété le mot Élohim de ce verset dans le sens d’ « Élohim aherim », c’est-à-dire les faux-dieux.
D’après cette interprétation, la signification du verset est celle-ci : « Voyez que moi je suis moi », c’est-à-dire que moi, le Saint, béni soit-il, je suis la Schekhina dont il est dit « ani vaho », et Élohim n’est point avec moi, c’est-à-dire les démons appelés Samaël et Nahasch ne sont point avec moi ; « c’est moi qui fais mourir, et c’est moi qui fais vivre », c’est-à-dire : c’est par la Schekhina que je fais mourir les coupables, et c’est par elle que je fais vivre les justes ; « et nul ne peut rien soustraire à ma main », c’est-à-dire : aucune puissance ne peut rien soustraire aux trois hypostases dont les noms se composent de quatorze lettres (42): Jéhovah, Élohénou, Jéhovah, lettres qui se transforment en : Couzou, Bemoucsaz, Couzou. Telle est la vérité ; et ce que nous avons expliqué plus haut au sujet de l’Être suprême, «Cause de toutes les causes», est un mystère qui n’avait pas encore été dévoilé à aucun sage ni à aucun prophète.
Remarquez combien les degrés de l’essence divine sont mystérieux ; ils sont enveloppés dans les Séphiroth, et les Séphiroth leur servent de chars ; mais l’essence même de ces degrés est inaccessible à l’entendement de l’homme ; c’est d’eux que dit l’Écriture (Ecclés. , V, 7) : « Car celui qui est élevé a un autre au-dessus de lui, et il y en a d’autres qui sont élevés au-dessus d’eux » ; ce sont des lumières éclatantes superposées les unes sur les autres, et celles des Séphiroth qui reçoivent leur lumière des Séphiroth supérieures paraissent obscures en comparaison de celles-ci. Mais « la Cause de toutes les causes » n’a point de lumière qui puisse luire en sa présence, tant son éclat est immense, et toutes les lumières paraissent obscures en sa présence (43). Selon une autre explication, émise par les savants, ce verset de la Genèse s’applique aux anges-messagers. Ceux-ci, connaissant le passé et l’avenir et, partant, prévoyant que l’homme finirait par pécher, s’opposèrent à, la création de l’homme.
Mais il y a plus ; au moment où la Schekhina dit au Saint, béni soit-il : « Faisons l’homme », les démons Aza et Azaël requérirent contre l’homme en disant : « Pourquoi créer l’homme, puisque tu sais qu’il finira par pécher contre toi avec sa femme, qui émane du côté de la lumière passive appelée «ténèbres» ? Car le mâle émane du côté de la lumière active, alors que la femelle émane du côté gauche où, dans le « monde de création», règnent les ténèbres. Alors la Schekhina leur répondit : Vous requérez contre l’homme en lui reprochant la femme, c’est une femme qui sera cause de votre chute, ainsi qu’il est écrit (Gen. , VI, 3) : « Les enfants de Dieu, voyant que les filles des hommes étaient belles, prirent pour leurs femmes celles d’entre elles qui leur plurent. » Lorsque ces anges éprouvèrent des désirs pour les femmes et se laissèrent séduire, la Schekhina les rejeta en les privant de leur sainteté. Les collègues répliquèrent à Rabbi Siméon : Maître, les démons Aza et Azaël n’ont cependant pas menti en disant que l’homme finirait par pécher avec une femme ?
Rabbi Siméon leur répondit : C’est précisément à cause de cela que la Schekhina dit à ces démons : Pour que vous puissiez requérir contre les hommes, il faudrait que vous fussiez plus chastes qu’eux. Or, l’homme finira par pécher avec une seule femme, alors que vous finirez par pécher avec plusieurs femmes (44), ainsi qu’il est écrit : « Les enfants de Dieu voyant que les filles des hommes étaient belles » ; l’Écriture ne parle pas d’une seule fille, mais de plusieurs. En outre, disait la Schekhina, l’homme fera pénitence après son péché, alors que vous ne le ferez point. Les collègues dirent à Rabbi Siméon : Puisque les désirs sexuels sont cause de tous les maux, pourquoi existent-ils ? Rabbi Siméon répondit à ses collègues : Si le Saint, béni soit-il, n’avait pas créé l’Esprit du bien et l’Esprit du mal, dont l’un émane du côté de la lumière et l’autre du côté des ténèbres, l’homme n’aurait jamais pu ni mériter ni démériter, c’est pourquoi Dieu l’a créé composé de deux esprits.
Or, les désirs sexuels sont bons ou mauvais, selon l’esprit qui les inspire ; c’est pourquoi l’Écriture dit (Deut. , XXX, 15) : « Voyez, j’ai posé devant vos yeux d’un côté la Vie et le Bien, de l’autre la Mort et le Mal. » Les collègues répliquèrent : Pourquoi fallait-il que l’homme méritât et déméritât ? N’aurait-il pas mieux valu que l’homme fût pourvu de l’esprit du bien seul et n’eût aucun mérite ? Ainsi créé, il n’aurait jamais causé tant de ravages dans les régions célestes ! Rabbi Siméon leur répondit : L’homme devait, de droit, être composé des deux esprits mentionnés, attendu que la loi a été créée à son intention ; or, la loi veut que les méchants soient châtiés et que les justes soient récompensés. Pour que les justes puissent être récompensés, il faut nécessairement que les méchants soient châtiés ; or, Dieu voulut que le bien fût répandu dans le monde, ainsi qu’il est écrit (Is. XLV, 18) : « Dieu n’a pas créé la terre en vain, mais l’a formée afin qu’elle fût habitée. » Les collègues répliquèrent à Rabbi Siméon : Nous venons d’entendre une chose que nous n’avons jamais entendue ; car il est évident que le Saint, béni -soit-il, n’a rien créé qui fût inutile. Mais il y a plus. La loi créée [...]

אִסְתְּכָּמוּ תְּלָתָא לְמֶעְבַּד דִּינָא, וְיֵיתֵי יַ''ד (ימינא) דְּאִיהִי פְּשׁוּטָה לְקַבֵּל שָׁבִים דְּאִיהוּ ידו''ד יו''ד ה''א וא''ו ה''א. וְדָא שְׁכִינְתָּא אִתְקְרֵי יַד יָמִין מִסִּטְרָא דְּחֶסֶ''ד. יַד שְׂמֹאל מִסִּטְרָא דִגְבוּרָה. יַד ידו''ד מִסִּטְרָא דְעַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא. כַּד בַּר נָשׁ תָּב בִּתְיוּבְתָּא הַאי יַד שֵׁזִיב לֵיהּ מִן דִּינָא. אֲבָל כַּד דָּן עִלַּת עַל כָּל הָעִלּוֹת אִתְּמָר בֵּיהּ וְאֵין מִיָּדִי מַצִּיל.

וְעוֹד תְּלַת זִמְנִין אִתְּמָר בְּהַאי קְרָא אֲנִי אֲנִי אֲנִי. דְּאִית בְּהוֹן א' א' א' י' י' י'. דְּאִתְרְמִיזוּ בְּיו''ד ה''י וא''ו ה''י, יו''ד ה''א וא''ו ה''א. וְאִית בְּהוֹן ג' ווין ו' ו' ו' וַ'אֲחַיֶּה וַ'אֲנִי וְ'אֵין דְּאִתְרְמִיזוּ בְּאִלֵּין שְׁמָהָן. וְעִם כָּל דָּא דְּהַאי קְרָא הָא אוּקְמוּהָ חַבְרַיָּיא לְגַבֵּי אֱלֹהִים אֲחֵרִים. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר רְאוּ עַתָּה כִּי אֲנִי אֲנִי הוּא, דָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וּשְׁכִינְתֵּיהּ דְּאִתְּמָר בְּהוּ אֲנִי וָה''וֹ. וְאֵין אֱלֹהִים עִמָּדִי דָּא סמא''ל וְנָחָ''שׁ. אֲנִי אָמִית וַאֲחַיֶּה, אֲנִי אָמִית בִּשְׁכִינְתִּי לְמַאן דְּאִיהוּ חַיָּיב. וַאֲנִי אֲחַיֶּה בָּהּ לְמַאן דְּאִיהוּ זַכַּאי. וְאֵין מִיָּדִי מַצִיל דָּא יַ''ד ידו''ד דְּאִיהוּ יהו''ה, יו''ד ה''א וא''ו ה''א וְאִיהוּ כוז''ו במוכס''ז כוז''ו וְכֹלָּא קְשׁוֹט. אֲבָל מַה דְּאִתְּמָר לְעֵילָא עִלַּת עִלָּאָה דְּאִיהוּ עִלַּת עַל כָּל הָעִלּוֹת. וְהַאי רָזָא לָא אִתְמָסַר לְכָל חַכִּימָא וּנְבִיאָה (נ''א אבל מה דאתמר לעילא על עלאה דאיהו על העלות האי רזא לא אתמסר אלא לכל חכימא ונביאה).

תָּא חֲזֵי כַּמָּה עִלּוֹת אִנּוּן סְתִימִין דְּאִנּוּן מִתְלַבְּשִׁין וְאִנּוּן מוּרְכָּבִין בִּסְפִירָן, וּסְפִירָן מֶרְכָּבָה לְגַבַּיְיהוּ, דְּאִנּוּן טְמִירִין מִמַּחֲשַׁבְתָּא דִּבְנֵי נְשָׁא, וְעֲלַיְיהוּ אִתְּמָר (קהלת ה׳:ז׳) כִּי גָּבוֹהַּ מֵעַל גָּבוֹהַּ שׁוֹמֵר וְגו'. נְהוֹרִין מְצוּחְצָחִין אִלֵּין עַל אִלֵּין. וְאִלֵּין דִּמְקַבְּלִין אִנּוּן חֲשׁוֹכִין מֵאָחֳרָנִין דְּעֲלַיְיהוּ דִּמְקַבְּלִין מִנַּיְיהוּ. וְעִלַּת (על כל) הָעִלּוֹת לֵית נְהוֹרָא קַיָּימָא קַמֵּיהּ דְּכָל נְהוֹרִין מִתְחַשְׁכָן קַמֵּיהּ.

השלמה מההשמטות (סימן ל''ג)

זי''ן מַאי עֲבִידְתֵּיהּ, כְּמִנְיָן יְמֵי הַשָׁבוּעַ. לְלַמֶּדְךָ שֶׁכָּל יוֹם יֶשׁ לוֹ כֹּחַ. וּמָאי עֲבִידְתֵּיהּ הַכָא לְלַמֶּדְךָ שְׁכְּשֵׁם שֶׁיֶּשׁ חָכְמָה גְּדוֹלָה בַּאוֹזֶן לְאֵין תַּכְלִית, כָּךְ יֶשׁ הַכֹּחַ הַהוּא בְּכָל הַאֵבָרִים, וּמָאי אֵבָרִים, שֶׁבַע שֶׁיֶּשׁ בָּאָדָם. דִכְתִיב כִּי בְּצֶלֶם אֱלֹהִים עָשָׂה אֶת הָאָדָם. ע''כ: (עד כאן מההשמטות)

רַעֲיָא מְהֵימְנָא

השלמה מההשמטות (סימן ד) אָמַר לֵיהּ בּוֹצִּינָא קַדִּישָׁא בָּתָר דְּאָמַר (בראשית א׳:כ״ז) נַעֲשֶׂה אָדָם בְּצַּלְמֵנוּ כִּדְמוּתֵנוּ מַאי נִיהוּ דְּאָמַר לְבָתַר וַיִּבְרָא אֱלֹהִים אֶת הַאָדָם בְּצַּלְמוֹ, אָמַר לֵיהּ מָה דְּאוּקְמוּהַ עַל דָּא מָארֵי מַתְנִיתִין דְּמִנְהוֹן אָמְרוּ (הוא) נִבְרָא וּמִנְּהוֹן (אמרו) לָא נִבְרָא וְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בָּרָא לֵיהּ, דִּכְתִיב (בראשית א׳:כ״ז) וַיִּבְרָא אֱלהִים אֶת הַאָדָם בְּצַּלְמוֹ.

אָמַר לֵיהּ אִי הֲכִי אִיהוּ לָא יָהִיב חֳלָקָא בְּיָד חַד מִנַּיְיהוּ וְלָא אִתְעֲבִיד בְּדִיּוּקְנָא דִילְהוֹן אֶלָּא בְּאִיקוּנִין דְּמַלְכָּא בְּצַּלְמוֹ כִּדְמוּתוֹ דְּאִיהוּ צֶּלֶם וּדְמוּת תַבְנִיתוֹ. אָמַר הֲכִי אִשְׁתְּמוֹדָע. אָמַר חַס וְשָׁלוֹם. אֶלָּא אֲנָא אִימָא דְּאִתְּבְּרֵי בְּכֹלָּא וְאַשְׁלִיטֵיהּ עַל כֹּלָּא. דְּאִי הֲוָה יָהִיב כָּל חַד חוּלָקֵיהּ בְּזִמְנָא דְהֲוָה כַּעֲסֵיהּ עָלֵיהּ כָּל חַד הֲוָה נָטִיל חוּלָקֵיהּ מִנֵּיהּ, כִּי בְּמַה נְחֶשָׁב הוּא.

אֶלָּא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בָּרָא לֵיהּ כָּל חַד בְדִיּוּקְנֵיהּ, דָּא מַלְכוּת קַדִּישָׁא דְאִיהִי תְמוּנַת כָּל, דְבָּהּ אִסְתָּכָּל קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וּבָרָא עַלְמָא וְכָל בִּרְיָין דְּבָּרָא בְּעָלְמָא וְכָלַל בָּהּ עִלָּאִין וְתַתָּאִין בְּלָא פִירוּדָא כְּלָל וְכָלַל בָּהּ עֶשֶׂר סְפִירָן וְכָל שְׁמָהָן וּכִנוּיִּין וְהֲוַיָּין וְעִלַּת כָּל כֹּלָּא דְאִיהוּ אֲדוֹן עַל כֹּלָּא וְלֵית אֱלָהָא בָּר מִנֵּיהּ ולָא אִשְׁתְּכַח בְכָל עִלָּאִין וְתַתָּאִין פָּחוֹת מִינֵיהּ. בְּגִין דְּאִיהוּ קֶשֶׁר דְכֻלְּהוּ שְׁלִימוּ דְכֻלְּהוּ לְקַיְימָא בֵּיה וּמַלְכוּתוֹ בַּכָּל מָשָׁלָה. וּבְגִין דְלָא אִשְׁתְּכַח עִלַת עַל כֹּלָּא בְּעִלָּאִין וְתַתָּאִין פָּחוֹת מִינֵיהּ אֲפִילוּ בְּחַד מִנַּיְיהוּ (אתקריאת) אִתְקְרִיבַת אֱמוּנַת יִשְׂרָאֵל. וּמִסִּטְרָא דְּעִלַּת עַל כֹּלָּא אִתְמָר בָּהּ (דברים ד׳:ט״ו) כִּי לא רְאִיתֶם כָּל תְמוּנָה. אֲבָל מִסִּטְרָא דִּשְׁאַר עַמִּין אִתְמָר בְּהוּ (בה) (במדבר י״ב:ח׳) וּתְמוּנַת יְיָ יַבִּיט.

אֲתָא בּוֹצִּינָא קַדִּישָׁא וּשְׁאָר חַבְרַיָּיא ואִשְׁתַּטְחוּ קַמֵּיהּ וְאָמְרוּ כְּעָן לֵית מָאן דְּיָכִיל לְמֵיטַל מִינֵיהּ חוּלָקֵיהּ דְלָא יָהִיב לֵיהּ חַד מֵעָלְמָא אֶלָּא בּוֹרֵא עָלְמִין עִלַת עַל כֹּלָּא, וּבֵיהּ תַלְיָּיא עוֹנְשֵׁיהּ אוֹ אַגְרֵיהּ ולָא בְּמַלְאַךְ וְשָׂרָף וְלָא בְּשׁוּם בִּרְיָה דְעַלְמָא וּבְגִין דָּא אוּקְמוּהָ רָבַּנָן דְּמַתְנִיתִין הַמְשָׁתֵף שֵׁם שָׁמַיִם וּדְבַר אַחֵר נִעֶקַר מִן הָעוֹלָם. ע''כ: (עד כאן מההשמטות)

דָּבָר אַחֵר נַעֲשֶׂה אָדָם בְּצַלְמֵנוּ כִּדְמוּתֵנוּ, הָא אוּקְמוּהָ חַבְרַיָּיא עַל מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת דְּאִנּוּן אָמְרִי הַאי קְרָא. אָמַר לְהוּ בָּתַר דְּהֲווּ יָדְעִין מַה דְּהֲוָה וּמַה דְּעֲתִיד לְמֶהֱוֵי וְאִנּוּן הֲווּ יָדְעִין דְּעֲתִיד לְמֶחֱטֵי אַמַּאי בָּעוּ לְמֶעְבַּד לֵיהּ. וְלָא עוֹד אֶלָּא דְּעַזָּא וַעֲזָאֵל הֲווּ מְקַטְרְגֵי עֲלֵיהּ בְּזִמְנָא דְּאָמַר שְׁכִינְתָּא לְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא נַעֲשֶׂה אָדָם, אָמְרוּ מָה אָדָם וַתֵּדָעֵהוּ. מָה אַתְּ בָּעֵי לְמִבְרֵי אָדָם, וַתֵּדָעֵהוּ דְּעֲתִיד לְמֶחֱטֵי קַמָּךְ בְּאִתְּתָא דִילֵיהּ דְּאִיהִי חשֶׁךְ. דְּאוֹר (מ''י דף כ''ח) אִיהוּ דְּכוּרָא וְחשֶׁךְ נוּקְבָא שְׂמָאלָא חשֶׁךְ דִּבְרִיאָה. בְּהַהוּא זִמְנָא שְׁכִינְתָּא אֲמָרַת לוֹן בְּהַאי דְּאַתּוּן מְקַטְרְגִין אַתּוּן עֲתִידִים לְמִנְפַּל. כְּדִכְתִיב וַיִּרְאוּ בְּנֵי הָאֱלהִים אֶת בְּנוֹת הָאָדָם כִּי טוֹבוֹת הֵנָּה וְגו' (חשקו בהון) וְטָעוּ בְהוֹן וְאַפִּיל לוֹן שְׁכִינְתָּא מִקְּדוּשָׁה דִּלְהוֹן. אָמְרוּ חַבְרַיָּיא רִבִּי רִבִּי, אַדְּהָכִי (נ''א אי הכי) עַזָּא וַעֲזָאֵל לָא הֲווּ מְשַׁקְרִין בְּמִלּוּלַיְיהוּ. דְּוַדַּאי בְּנוּקְבָא עֲתִיד אָדָם לְמֶחֱטֵי. אָמַר לְהוּ הָכִי אָמְרָה שְׁכִינְתָּא אַתּוּן אִזְדַּמַּנְתּוּן לְקַטְרְגָא קֳדָמַי יַתִּיר מֵחֵילָא דִּמְרוֹמָא, אִי אַתּוּן הֲוֵיתוּן שַׁפִּירִין מֵאָדָם בְּעוֹבָדַיְיכוּ יָאוֹת לְכוּ לְקַטְרְגָא עֲלֵיהּ. אֲבָל אִיהוּ עֲתִיד לְמֶחֱטֵי בְּאִתְּתָא חָדָא, אַתּוּן בִּנְשִׁין סַגִּיאִין. חִבָּתֵיכוֹן יַתִּיר מִבְּנֵי נְשָׁא כְּמָה דִּכְתִיב וַיִּרְאוּ בְּנֵי הָאֱלהִים אֶת בְּנוֹת הָאָדָם וְגו', אֶת בַּת הָאָדָם לא נֶאֱמַר, אֶלָּא אֶת בְּנוֹת הָאָדָם. וְלא עוֹד אֶלָּא אִם אָדָם חָב הָא אַקְדִּים לֵיהּ תְּשׁוּבָה לְאַהֲדָרָא לְמָארֵיהּ לְאַתְקָנָא בַּמֶּה דְּחָב. אָמְרוּ לֵיהּ חַבְרַיָּיא (רבי רבי) אִי הָכִי אַמַּאי כּוּלֵי הַאי. אָמַר רִבִּי שִׁמְעוֹן לְחַבְרַיָּיא אִי לָא דְּהֲוָה הָכִי דְּבָרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא יִצְרָא טָבָא וּבִישָׁא דְּאִנּוּן אוֹר וְחשֶׁךְ לָא הֲוָה זְכוּ וְחוֹבָה לְאָדָם דִּבְרִיאָה. אֶלָּא (בגין) דְּאִתְבְּרִי מִתַּרְוַויְיהוּ, וּבְגִין דָּא (דברים ל׳:ט״ו) רְאֵה נָתַתִּי לְפָנְיךָ הַיּוֹם אֶת הַחַיִּים וְגו'. אָמְרוּ לֵיהּ כּוּלֵי הַאי אַמַּאי. וְלָא הֲוָה שַׁפִּיר דְּלָא אִתְבְּרֵי דְּלָא לְמֵיחַב וּלְגַרְמָא כָּל מַה דְּגָרִים לְעֵילָא וְלָא הֲוָה לֵיהּ לָא עוֹנֶשׁ וְלָא שָׂכָר.

אָמַר לוֹן מִן הַדִּין הֲוָה לֵיהּ לְמִבְרְיֵיהּ כָּךְ. בְּגִין דְּאוֹרַיְיתָא בְּגִינֵיהּ אִתְבְּרִיאַת דִּכְתִיב בַּהּ עוֹנָשָׁא לְרַשִּׁיעַיָּיא וְאַגְרָא לְצַדִּיקַיָּיא וְלָא הֲוָה אַגְרָא לְצַדִּיקַיָּיא וְעוֹנָשָׁא לְרַשִּׁיעַיָּיא אֶלָּא בְּגִין אָדָם דִּבְרִיאָה (ישעיהו מ״ה:י״ח) לא תֹּהוּ בְּרָאָהּ לְשֶׁבֶת יְצָרָהּ. אָמְרוּ וַדַּאי כְּעָן שְׁמַעְנָא מַה דְּלָא שְׁמַעְנָא עַד הַשְׁתָּא, דְּוַדַּאי לָא בְרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא מִלְּתָא דְּלָאו אִיהוּ צָרִיךְ. וְלֹא עוֹד אֶלָּא אוֹרַיְיתָא דִּבְרִיאָה
(Ⅰ)

*****

[23b]  
[...] constitue l’habit de la Schekhina. Si l’homme n’avait pas été créé de façon à avoir la faculté de pécher, la Schekhina serait demeurée sans habit, à l’exemple d’un pauvre. C’est pourquoi quiconque commet des péchés est comme s’il dépouillait la Schekhina de ses habits, et c’est ce qui vaut à l’homme les châtiments ; et quiconque observe les commandements de l’Écriture a autant de mérite que s’il habillait la Schekhina de ses habits. C’est pourquoi on s’enveloppe avec un manteau à franges (Çiçith) et c’est pourquoi l’Écriture dit (Ex. , XXII, 27) : « Car c’est le seul habit qu’il a pour se vêtir, c’est celui dont il se sert pour couvrir son corps, et il n’en a point d’autres pour mettre sur lui quand il dort. », l’Écriture entend la Schekhina ; et par les mots « quand il dort » l’Écriture entend : Quand la Schekhina est dans la captivité.
Remarquez que les ténèbres sont symbolisées par la partie noire de l’écriture formée par les traits des lettres, et la lumière est symbolisée par la partie blanche de l’écriture, c’est-à-dire le blanc existant dans l’intérieur et autour des lettres. Lorsqu’un homme adresse au ciel une prière qui n’est pas sincère, plusieurs anges de destruction se mettent à la poursuite de cette prière, ainsi qu’il est écrit (Lam. , I, 3) : « Tous ses persécuteurs se sont saisis d’elle. » C’est pourquoi on dit dans la prière (Ps. LXXVIII, 38) : « Mais lui, il use de miséricorde ; il pardonne les péchés et ne détruit pas entièrement. » Le mot « Péché » désigne Samaël, qui est le serpent ; « ne détruit pas » désigne l’ange destructeur ; « sa colère » (Apo), désigne le démon appelé «Aph» (colère) ; «son courroux» (hamoto), désigne le démon « Hema ». L’Écriture veut dire que Dieu n’a pas permis que les démons s’emparassent de leurs prières. Les anges destructeurs qui cherchent à s’emparer des prières des hommes obéissent à sept chefs ; chacun de ces chefs a soixante-dix sous-chefs sous ses ordres ; ces anges requièrent dans tous les cieux contre les prières des hommes ; ils sont suspendus aux lèvres de quiconque fait une prière et leur nombre total est de cent millions.
Mais lorsque la prière de l’homme monte au ciel d’une manière parfaite, c’est-à-dire lorsque l’homme revêtu de son habit légal (45) et des phylactères de la tête et du bras fait sa prière, alors l’Écriture dit (Deut. , XXVIII) : « Et tous les peuples de la terre verront que vous portez le nom de Jéhovah, et ils vous craindront. » Ainsi que nous l’avons exposé précédemment (46), le nom de Jéhovah, c’est le phylactère de la tête ; aussi, dès que les anges destructeurs aperçoivent le nom de Jéhovah sur la tête de celui qui fait sa prière, ils prennent la fuite, ainsi qu’il est écrit (Ps. , XCL, 7) : « Mille tomberont à ton côté gauche et dix mille à ta droite. » Comme Jacob avait prévu, grâce à l’Esprit-Saint, la dureté de la dernière captivité qui aura lieu à la fin des jours, il s’en effraya, ainsi qu’il est écrit (Gen. , XXX, 8) : « Jacob eut une grande peur et il fut saisi de frayeur. » C’est pourquoi il partagea le saint peuple en trois parties, ainsi qu’il est écrit (Gen. , XXXIII, 2) : « Il mit à la tête les deux servantes avec leurs enfants, Lia et ses enfants au second rang, Rachel et Joseph au dernier. » Ce partage de la suite de Jacob en trois rangs préfigure les trois captivités. Le rang composé des servantes et de leurs enfants est l’image de la captivité d’Edom (47).
L’Écriture ajoute : « Lia et ses enfants au second rang, Rachel et Joseph au dernier » ; ces mots désignent les autres captivités. C’est pour avoir prévu la pauvreté et les autres tourments, qui attendaient ses descendants dans les diverses captivités, que Jacob a dit (Gen. , XXVIII, 20) : « Si Dieu demeure avec moi, s’il me protège dans le chemin par lequel je marche et me donne du pain pour me nourrir et des vêtements pour me vêtir, et si je retourne heureusement à la maison de mon père, le Seigneur sera mon Dieu. » En disant (II Rois, XVII, 29) : «... Parce qu’on crut que le peuple venant de passer par le désert était abattu de soif et de lassitude », David faisait allusion à la captivité de la Schekhina ; prévoyant les souffrances de celle-ci, il éprouva de la compassion. Mais quand il prévit le retour d’Israël, il composa, pour manifester sa joie, dix genres de cantiques, dont le dernier (Ps. , CI, 1) commence par les mots : « Oraison du pauvre, lorsqu’il est dans l’affliction et qu’il répand sa prière en la présence du Seigneur. » La prière du pauvre arrive devant Dieu avant les prières de tous les autres hommes ; c’est pourquoi David mit à la tête de sa prière son titre de pauvre (48). Quelle (49) est la prière du pauvre ? C’est celle du soir qui, étant facultative, se fait sans l’époux ; et c’est pourquoi elle est en quelque sorte pauvre. Le Juste pauvre, c’est la descendance de Jacob qui, elle aussi, est sous la domination des autres peuples et ressemble à la prière du soir, en ce sens qu’elle aussi se trouve dans la nuit de la captivité. La prière du jour du Sabbat est une charité faite aux pauvres.
C’est pourquoi, pendant la prière qui doit être faite debout (50), l’homme doit prendre une attitude d’humilité pareille à celle du pauvre devant la porte du roi. Cette attitude pendant la prière doit être prise durant les six jours ouvrables, et cela à cause de la Schekhina ; c’est-à-dire qu’on doit prendre l’attitude d’un pauvre pour imiter la Schekhina qui l’est également. C’est pourquoi on l’entoure de l’habit légal pourvu de franges, à l’exemple d’un pauvre. Et quand l’homme porte les phylactères, il doit également garder l’attitude d’un pauvre devant la porte d’un roi ; car, pendant la prière, l’homme se trouve également devant la porte du palais de Celui qui est appelé « Adonaï » ; la valeur numérique de ce nom étant équivalente à celle du mot « Hecal » (lkyh , Palais). C’est pourquoi on prononce avant la prière le verset (Ps. , LI, 17) : « Adonaï, ouvre mes lèvres (51), pour que ma bouche prononce tes louanges. » Durant les jours ouvrables, aussitôt que l’on commence la prière du soir, un aigle descend du ciel pour recevoir entre ses ailes la prière du soir et la porter devant Dieu. Cet ange qui paraît sous la forme d’un aigle est tantôt appelé « Ouriël », lorsque la prière est adressée du côté de la Séphirâ appelée « Hésed » ; tantôt « Nouriël » (52), lorsque la prière est adressée du côté de la Séphirâ appelée « Gueboura» ; car cette dernière Séphirâ ressemble à un grand feu, ainsi qu’il est écrit (Dan. , VII, 10) : « Un fleuve de feu et très rapide sortait de devant sa face. »
Pendant la prière du matin, c’est un lion qui descend du ciel pour recevoir cette prière entre ses bras ailés ; car chaque ange de la légion des Hayoth, sous les ordres de Michel, est pourvu de quatre ailes. Pendant la prière des vêpres, c’est un bœuf qui descend du ciel pour recevoir cette prière entre ses cornes et ses ailes. Ces anges, qui apparaissent sous la forme d’un bœuf, sont sous les ordres de Gabriel. Mais, au jour du Sabbat, où la Schekhina descend sur la terre, le Saint, béni soit-il, descend du ciel, accompagné des trois Patriarches, pour accueillir sa fille unique. Tel est le mystère renfermé dans le mot « Schabath », c’est-à-dire « Sché-bath », mot qui signifie « car c’est la fille unique » (53). A ce moment, les êtres célestes d’un ordre supérieur, qui sont appelés du nom du Seigneur (54), entonnent le verset suivant (Ps. , XXIV, 9) : « Levez vos portes, ô princes ; et vous, portes éternelles, levez-vous et ouvrez-vous afin de laisser entrer le Roi de gloire. » Aussitôt les portes de sept palais s’ouvrent. Le premier palais, c’est le palais de l’amour (55) ; le second, c’est le palais de la crainte ; le troisième, c’est le palais de la miséricorde ; le quatrième, c’est le palais de la prophétie par réverbération (56) [...]

אִיהוּ לְבוּשָׁא דִּשְׁכִינְתָּא. וְאִי אָדָם לָא הֲוָה עֲתִיד לְמִבְרֵי (למחטי) הֲוַת שְׁכִינְתָּא בְּלָא כִסּוּיָיא כְּגַוְונָא דְעָנִי. וּבְגִין דָּא כָּל מָאן דְּחָב כְּאִלּוּ אַפְשִׁיט לִשְׁכִינְתָּא מַלְבּוּשָׁהָא. וְהַאי אִיהוּ עוֹנָשָׁא דְּאָדָם.

וְכָל מָאן דִּמְקַיֵּים פִּקּוּדִין דְּאוֹרַיְיתָא כְּאִלּוּ הוּא לָבִישׁ לִשְׁכִינְתָּא בִּלְבוּשָׁהָא. וּבְגִין דָּא אוּקְמוּהָ בְּכִסּוּיָא דְצִיצִית (ותפלין) (שמות כ״ב:כ״ו) כִּי הִיא כְסוּתוֹ לְבַדָּהּ הִיא שִׂמְלָתוֹ לְעוֹרוֹ בַּמֶּה יִשְׁכָּב בְּגָלוּתָא וְהָא אוּקְמוּהָ. תָּא חֲזֵי, חשֶׁךְ אִיהוּ אוּכְמוּ דְאוֹרַיְיתָא אוֹר חֵיוְרוּ דְאוֹרַיְיתָא.

השלמה מההשמטות (סימן ה)

חִוָורוּ דְאוֹרַיְיתָא וְכַד אִיהוּ אוֹר מִתְלַבֵּשׁ בַּחֹשֶׁךְ אִתְמַר בְּאוֹרַיְיתָא (שיר השירים א׳:ה׳) שְׁחוֹרָה אֲנִי וְנָאוָה וְכַד אִסְתְּלַק מִתַּמָּן אוֹר דְאִיהוּ חִוָורוּ אָמְרָה אַל תִּרְאוּנִי שֶׁאֲנִי שְׁחַרְחוֹרֶת וְאוֹרַיְיתָא כְּגווָֹנָא דְּבַת עֵינָא דְאִיהִי אוּכָמָא וְשַׁפִּירָא בְּאוֹר דְּנָהִיר בָּהּ וּבְגִין דָּא בַּת עֵינָא וְאוֹר דְּנָהִיר בָּהּ אָמְרָה (תהילים כ״ז:א׳) יְיָ אוֹרִי וְיִשְׁעִי מִמִּי אִירָא אוֹרִי אוֹר י' דְאִיהִי בַּת עַיִן וּתְרֵין גַוְנִין אִית לֵיהּ אוֹר מִלְגַאו וְחֹשֶׁךְ מִלְּבַר לְמֶהֱוֵי שָׁלְטָאַה בְּהוּ עַל כָּל קִלוּסִין (קליפין) הֲדָא הוּא דִּכְתִיב (תהילים ק״ג:י״ט) וּמַלְכוּתוֹ בַּכָּל מָשָׁלָה. בִּלְבוּשָׁא דְּאוֹר אִיהִי שַׁלִּיטַת עַל כָּל אִינוּן דְאִתְמָר בְּהוֹן (שמות י׳:כ״ג) וּלְכָל בְּנִי יִשְׂרָאֵל הָיָה אוֹר בְּמוֹשְׁבוֹתָם וּבִלְבוּשָׁא אוּכָמָא שַׁלִּיטַת עַל חַיָּיבַיָּא דְאִתְמָר בְּהוֹן (שמואל א ב׳:ט׳) וּרְשָׁעִים בַּחֹשֶׁךְ יִּדָמוּ.

וְעוֹד אוֹר אִיהוּ מִסִּטְרָא דִיְמִינָא דְּאִיהוּ אוֹר יוֹם קַדְמָאָה דְאִתְמָר בֵּיהּ (בראשית א׳:ה׳) יְהִי אוֹר דָּא אַבְרָהָם וַיִּקְרָא אֱלהִים לָאוֹר יוֹם. חֹשֶׁךְ מִסִּטְרָא דִשְׂמָאלָא דְאִתְמָר בֵּיהּ בְּיִצְחָק (בראשית כ״ז:א׳) וַתִּכְהֶיןָ עֵינָיו מֵרְאוֹת וְלַחֹשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה יַעֲקֹב דְאִתְלַבַּשׁ מִתַּרְוַיְהוּ בְּאוֹר דִיְמִינָא וּבַחֹשֶׁךְ דִשְׂמָאלָא וּבְתַּרְוַיְהוּ עַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא אִיהוּ עַמּוּד. (שמות י״ג:כ״ב) עַמּוּד הֶעָנָן יוֹמָם וְעַמּוּד הָאֵשׁ לָיְלָה לִפְנֵי הֲעָם. עָנָן מִסִּטְרָא דִילֵיהּ מַיָא, חֹשֶׁךְ מִסִּטְרָא דִילֵיהּ אֶשָׁא עַמּוּד אִיהוּ שָׁלוֹם בֵּינַיְיהוּ. הֲדָא הוּא דִּכְתִיב (איוב כ״ה:ב׳) עוֹשֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו וְכַד אִיהוּ בְּאֶמְצָעִיתָא (שמות י״ד:כ׳) וְלָא קָרָב זֶה אֶל זֶה כָּל הַלַּיְלָה, לָא קָרִיב מַיָא לְאֶשָּׁא וְלָא אֶשָׁא לְמַיָּא דְאִיהוּ אַפְרִישׁ בֵּינַיְיהוּ. וְדָא אִיהוּ מַחֲלוֹקֶת בֵּית הִלֵּל וּבֵית שַׁמַּאי שֶׁהִיא לְשֵׁם שָׁמַיִם וּלְקָבְלַיְיהוּ תְרֵין אֱמוֹרָאֵי דִּרְקִיעָא מִיכָאֵל וְגָבְרִיאֵל וְשָׂר שָׁלוֹם מַכְרִיעֲ בֵּינֵיהֶם דְאִיהוּ נוּרִיאֵ''ל, אוּרִיאֵל אִתְקְרֵי מִסִּטְרָא דִיְמִינָא נוּרִיאֵל מִסִּטְרָא דִשְׂמָאלָא וְאִיהוּ אָדָם דִלְתַתָּא מטטרו''ן שְׁמֵיהּ שָׁלִיט עַל כָּל מָארֵי מַתְנִיתִין הֲדָא הוּא דִּכְתִיב (בראשית א׳:כ״ו) וְיֵּרְדוּ בִּדְגַת הַיָּם אִלֵּין תַּלְמִידֵי חֲכָמִים דְּמִתְרַבִּין בְּיַמָּא דְאוֹרַיְיתָא דְיָרְתֵי מִתַּמָּן נֶפֶשׁ חַיָּה.

וּבְעוֹף הַשָׁמַיִם אִלֵּין מָארֵי דְזַכְוָון דְּבִזְכוּתְהוֹן פַּרְחִין לְעֵילָא וְיַרְתִין מִתַּמָּן רוּחָא דְאִיהוּ עוֹף יְעוֹפֵף בְגַדְפִין בְּפִקּוּדִין דַּעֲשֶׂה. וּבַבְּהֵמָה אִלֵּין עַמֵּי הָאָרֶץ דְאִתְמָר בְּהוֹן (במדבר י״ד:ט׳) אַל תִּירְאוּ אֶת עַם הָאָרֶץ כִּי לַחְמֵנוּ הֵם. (עד כאן מההשמטות) (ואי צלותא לאו איהי שלימא כמה מלאכי חבלה רדפין אבתרה כמא דאת אמרז, (איכה א׳:ג׳) כל רודפיה השיגוה וגו'. ובגין דא מצלין (תהילים ע״ח:ל״ח) והוא רחום יכפר עון דא סמאל דאיהו נחש. ולא ישחית דא משחית. והרבה להשיב אפו דא אף. ולא יעיר כל חמתו דא חמה. בגין דלא ירדפון בתר צלותא. וכמה מלאכי חבלה תליין מנייהו. שבעה ממנן אנון ותליין מנייהו שבעין. ובכל רקיעא ורקיעא אנון מקטרגין ותליין מנייהו עשרה אלף רבוא. ואי צלותא סלקא שלימא בעטופא דמצוה ותפלין על רישא ודרועא' אתמר בהו (דברים כ״ח:י׳-י״א) וראו כל עמי הארץ כי שם ידו''ד נקרא עליך ויראו ממך. שם יי אוקמוה דאיהי תפילין דרישא. ומאן דחזי שם ידו''ד על רישא' בצלותא דאיהי (ידו''ד) אדנ''י' מיד כלהון ברחין. הדא הוא דכתיב' (תהילים צ״א:ז׳) יפול מצדך אלף וגו).

השלמה מההשמטות (המשךָּ)

כך נְהוֹרָא אִיהוּ (תהילים ל״ג:א׳) רַנְנוּ צַדִּיקִים בַּיְיָ וְדָא דַרְגָּא דְצַדִיק חַי עָלְמִין וּמִתַּמָן רִנָּה וּבֵיהּ פּוּרְקָנָא הֲדָא הוּא דִּכְתִיב (ירמיהו כ״ג:ה׳) צְמָח צַדִּיק וַדָאי דְאִיהוּ עֲשִׂירָאָה וְצַדִּיק נָטִיל מִשְּׂמָאלָא וְעַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא מִימִינָא הֲדָא הוּא דִּכְתִיב (דברים ל״ג:ב׳) מִימִינוֹ אֵשׁ דָּת לָמוֹ.

תָּא חֲזֵי כָּל אַתְוָון אִינוּן מִסִּטְרָא דְּאַתְוָון דְאוֹרַיְיתָא דִכְלִילָן בִּשְׁכִינְתָּא וְצַדִּיק אִיהוּ נָטִיל לִשְׂמָאלָא קֵץ חַי דְאִיהוּ יִצְחָק בְּהִפּוּךְ חַי עָלְמִין קָשִׁיר בִשְׂמָאלָא וּשְׁכִינְתָּא תַתָּאָה מִסִּטְרָא דִשְׂמָאלָא אִתְמָר בָּהּ וְהָאָרֶץ הָיְתָה מִסִּטְרָא דִיְמִינָא תוֹהוּ וָבֹהוּ בּוֹ הוּא מִסִּטְרָא דְעֲמוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא וְחֹשֶׁךְ עַל פְּנִי תְּהוֹם דָּא שְׁכִינְתָּא תַתָּאָה וּמָאן גָּרִים לֵיהּ (לה) הַאי אֶלָּא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא קוֹדֶם דְּבָּרָא עַלְמָא הֲוָה סָתִים יהו''ה לְבָתַר אִתְפַּשְׁטַת ה' לְתַתָּא וְאִתְּמַר בָּהּ וְהָאָרֶץ הָיְתָה תוֹהוּ וָבֹהוּ וְרָזָא דְמִלָה אֵלֶה ''תּוֹלְדוֹת ''הַשָּׁמַיִם ''וְהָאָרֶץ בְּהִבָּרְאָם בה' בְּרָאָם הֲרֵי לְךָ דַהֲוָה לְבוּשָׁהָא תוֹהוּ.

וּבְגִין דָּא כִּי לֹא הִמְטִיר יְיָ אֱלֹהִים עַד לָא הֲוָה נָחִית נְבִיעוּ עֲלָהּ בְּגִין דְּאָדָם אַיִן דַהֲוָה בַּעְלָהּ לְעֵילָא סָתִים בְּאַיִן עַד דְאִתְפְּשַׁט ה' מִן יה''ו דְאִיהוּ בִּינָה דְאִיהוּ מְקוֹרָא דִנְבִיעוּ דְאִיהִי נְקוּדָה סְתִימָא וּמִתַּמָן וְהִשְׁקָה אֶת כָּל פְּנֵי הָאֲדָמָה וְקוֹדֶם דְּנַחְתַת הֲוָה קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בוֹנֵה עוֹלָמוֹת וּמַחֲרִיבָן, בְּגִין דָּא הֲוָה נְבִיעוּ נָחִית בְּהַהוּא זִמְנָא הוּא שֵׁירוּתָא מֵחֶסֶד הֲדָא הוּא דִּכְתִיב (תהלים פ''ט) אָמַרְתִּי עוֹלָם חֶסֶד יִבָּנֶה וּבְגִין דָּא לא תוֹהוּ בְּרָאָהּ לָשֶׁבֶת יְצָרָהּ וְאִתְּמַר בָּהּ לא טוֹב היוֹת הַאָדָם לְבַדּוֹ דְלָא תוֹהוּ בְּרָאָהּ.

וּבְזִמְנָא דַהֲוָה תוֹהוּ אָמַר אֱלֹהִים לְנֹחַ קֵץ כָּל בָּשָׂר בָּא לְפָנַי וְגוֹ' קֵץ דְּיִצְחָק דְאִתְמָר בֵּיה כִּי אוֹתְךָ רָאִיתִי צַדִּיק לְפָנַי דְּאִי אֲנְתְ הֲוִית בָּעֵי רַחֲמֵי עָלַיְיהוּ לָא אִתְחֲרָבוּ וְאִיהוּ הֲוָה אָמַר לֵיהּ בְּרֶמֶז בְּגִין דְיִבְעֵי רַחֲמֵי עָלַיְיהוּ וְלֹא יְמוּת מָשִׁיחַ דְאִיהוּ מִסִּטְרָא דִשְׂמָאלָא.

אָמַר לֵיהּ וְהָא בּוֹנֶה עוֹלָמוֹת וּמַחֲרִיבָן קוֹדֶם דְּאִתְבַּרֵי עַלְמָא הֲוָה אֶלָּא מַגִּיד מֵרֵאשִׁית אַחֲרִית דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא הֲוָה בְּמַחְשַׁבְתֵּיהּ כָּל דָרִין דַהֲוָה בּוֹנֶה וְאִתְחַרִיבוּ קוֹדֶם דְאִתְבְּרִיאוּ חֲזָא דַהֲווּ עָבְדִין עוֹבָדִין דְיִתְחַרִיבוּ וְכֵיוָן דְּבָּרָא חַשָׁב כְּאִילוּ חַרִיב לוֹן וְדָא מְמַלֵּל עַד סוֹף יוֹמִין דְאִלֵּין תּוֹלָדִין בִּישִׁין וַהֲווּ גַרְמִין דְנָהָר יֶחרַב וְיָבֵשׁ יֶחרַב בְּבַיִת רִאשׁוֹן וְיָבֵשׁ בְּבַיִת שֵׁנִי נְבִיעוּ דִילֵיהּ בִּתְרֵין עָלְמִין שְׁכִינְתָּא עִלָּאָה וּשְׁכִינְתָּא תַתָּאָה וּלְנֹחַ אִתְגַלְיָיא מָה דַהֲוָה וּמָה דְעָתִיד לְמֶהֱוֵי וְלָא בָּעָא רַחֲמֵי עָלַיְיהוּ עַד דְּאָתָא מֹשֶׁה וּבָעָא רַחֲמֵי דְּעֲתִידִין הֲווּ יִשְׂרָאֵל דְלָא יִפְקוּן אֶלָּא חַד מֵעִיר וּשְׁנַיִם מִמִּשְׁפָּחָה מִסִּטְרָא דִגְבוּרָה דַּהֲוֵי דַּיְינִין וְיִתְחַזַּר עַלְמָא לְתֹהוּ.

וּבְגִין דְּבָעָא מֹשֶׁה רַחֲמִין עָלַיְיהוּ שְׂמֹאל דּוֹחֶה וְלָא יִפְקוּן בֵּיה יִשְׂרָאֵל וְיָמִין מְקְּרָבָא דְאִיהִי יַמִּינָא מָטֵי כְּלַפֵּי חֶסֶד וּמֹשֶׁה בְּגִין דְּיָהַב גַּרְמֵיהּ עָלַיְיהוּ יָהַב תוּקְפָא לְדַרְגֵּיהּ דְאִיהוּ עַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא דְאִיהִי אוֹרַיְיתָא דְאִתְיְיהִיבַת בִּימִינָא הֲדָא הוּא דִּכְתִיב (דברים ל''ג) מִימִינוֹ אֵשׁ דָּת לָמוֹ וּבְגִין דָּא פּוּרְקָנָא בֵּיה תַלְיָּיא הֲדָא הוּא דִּכְתִיב (בראשית מ״ט:י׳) לָא יָסוּר שֵׁבֶט מִיְהוּדָה עַד כִּי יָבֹא שִׁילֹה דְאִיהוּ מֹשֶׁה בְּחוּשְׁבָּנָא.

יְסוֹד צַדִּיק בֵּיה סוֹ''ד תְּהֵא שְׂמֹאל דּוֹחָה אַף עַל גַּב דְּאוֹקִימְנָא בֵּיה (בראשית מ״ו:כ״ו) כָּל הַנֶּפֶשׁ הַבָּאָה לְיַעֲקֹב מִצְרַיְמָה שִׁשִּׁים וָשֵׁשׁ בְּגִין דְאִתְקַשַׁר בִּשְׂמָאלָא וְיָמִין מֵקַרֶבֶת בְּגִין דְּתַלְיָא מִנֵּיהּ עַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא דס''ו אִינוּן שִׁשִּׁים מַסֶּכְתּוֹת וְשִׁיתָּא סִדְרֵי מִשְׁנָה דְּאִתְיְיהִיבוּ מִגְּבוּרָה דְאִיהִי שְׂמָאלָא שִׁשִּׁים גִּבּוֹרִים אִתְקְרִיאוּ דְנַטְלָן מִגְּבוּרָה דְּתַמָּן אוֹרַיְיתָא דְבְּעַל פֶּה דְאִיהִי שְׁכִינְתָּא תַתָּאָה כְּלָלָא דס' מַסֶּכְתּוֹת וְשִׁיתָּא סִדְרֵי מִשְׁנָה דְתוֹרָה שֶׁבִּכְתָב לְפוּמָא לָא גָלֵי בְּגִין דַּעֲתִידָה שְׂמֹאל דְאִיהִי פּוּמָא לְאַדְחַיָּיא.

וּבְגִין כַּךְ אִיהוּ סָתִים הֲכִי פּוּרְקָנָא בְּלִבָּא וּפוּמָא דְאִיהוּ גַּלְּיָיא לָא אִתְגְּלֵי פּוּרְקָנָא וּבְגִין דְכֹלָא תַלְיָּיא בִּימִינָא אָמַר הַנָּבִיא (ישעיהו נ״ג:א׳-ב׳) וּזְרוֹעַ יְיָ עַל מִי נִגְלָתָה עַל מִי וַדָאי דְאִתְמָר בֵּיה (איכה ב׳:י״ג) מִי יִרְפָּא לָךְ הֲדָא הוּא דִּכְתִיב (איכה ב׳:י״ג) מָ''ה אֲעִידֶךְ מָ''ה אֲדַמֶה לָךְ (שמות ג׳:י״ג) וְאָמְרוּ לִי מָה שְׁמוֹ בְּמָ''ה יֵיתֵי זִמְנָא וּבְמָ''ה אַסְוָותָא הֲדָא הוּא דִּכְתִיב (איכה ב׳:י״ג) מָה אַשְוֶה לָךְ וַאֲנַחָמֶךְ וְגוֹ' מִי יִרְפָּא לָךְ, דְמֹשֶׁה אִיהוּ מָה שְׁמוֹ וּבֵיהּ תְּהֵא נָחַמָתֶךְ וּבְגִין דָּא כָּפָל קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא שְׁמֵיהּ מֹשֶׁה מֹשֶׁה חַד עַל פּוּרְקָנָא קַדְמָאָה וְחַד עַל בַּתְרַיְיתָא וּבְגִין דָּא (שמות יד) אָז יָשִׁיר מֹשֶׁה אָז שָׁר לא נֶאֱמַר אֶלָּא אָז יָשִׁיר.

עֲשִׂירָאָה בִּתְפִלָּה וְדָא שְׁכִינְתָּא עֲלָהּ אִתְמַר (תהילים י״ז:א׳) תְפִלָּה לְדָוִד שִׁמְעָה יְיָ צֶדֶק וְדָוִד בְּרוּחַ קוּדְשָׁא אָמַר בְּאַחֲרִית יוֹמִין דְגַלוּתָא, אָמַר עַל יִשְׂרָאֵל (תהילים י״ז:ג׳) בַּחָנְתָּ לִבִּי פַּקַדְתָּ לָיְלָה. וְלֵית לָיְלָה אֶלָּא גָּלוּת וְאִיוֹב מָה דְּאָמַר כוּלָא הוּא מָשָׁל עַל יִשְׂרָאֵל דְּאָמַר (איוב ז׳:ט׳) כַלָּה עָנָן וַיֵּלַךְ, וְשָׂטָן בָּעָא לְקַטְרְגָא לֵיהּ וְאָמַר קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא (איוב לה) אִיוֹב לא בְּדַעַת יְדַבֵּר אוּף בְּיַעֲקֹב בְּגִין דְּחָזָא בְּרוּחָא דְּקוּדְשָׁא דוֹחֲקָא דְגַלוּתָא (עד כאן מההשמטות)

וְיַעֲקֹב בְּגִין דְּחָמָא בְּרוּחָא דְקוּדְשָׁא דּוֹחֲקָא דְגָלוּתָא בַּתְרָאָה בְּסוֹף יוֹמַיָּיא (אמר (בראשית כ״ח:י״א) ויפגע במקום וילן שם כי בא השמש ובא ליליא דגלותא ואמר) (בראשית ל״ב:ח׳) וַיִּירָא יַעֲקֹב מְאֹד וַיֵּצֶר לוֹ. וּפָלִיג עַמָּא קַדִּישָׁא בְּגָלוּתָא לְג' סִטְרִין. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (בראשית ל״ג:ב׳) וַיָּשֶׂם אֶת הַשְּׁפָחוֹת וְאֶת יַלְדֵיהֶן רִאשׁוֹנָה בְּרֵישָׁא בְּגָלוּתָא דֶאֱדוֹם, וְאֶת לֵאָה וִילָדֶיהָ אַחֲרוֹנִים. וְאֶת רָחֵל וְאֶת יוֹסֵף אַחְרוֹנִים. וּבְגִין דְּחָמָא בָּתַר כֵּן עֲנִיּוּתָא וְצַעֲרָא דִלְהוֹן אָמַר (בראשית כ״ח:כ״א) וְשַׁבְתִּי בְּשָׁלוֹם אֶל בֵּית אָבִי וְאָמַר וְנָתַן לִי לֶחֶם לֶאֱכוֹל וּבֶגֶד לִלְבּוֹשׁ.

וְדָוִד בְּגִין גָּלוּתָא אָמַר (שמואל ב ז) רָעֵב וְעָיֵף וְצָמֵא בַּמִּדְבָּר, בְּגִין דְּחָמָא שְׁכִינְתָּא חָרְבָה יָבְשָׁה הֲוָה נָטִיל צַעֲרָא בְּגִינָהָא. לְבָתַר דְּחָמָא דְּהַדְּרִין יִשְׂרָאֵל (בתשובה) בְּחֶדְוָה, תַּקִּין עֶשֶׂר מִינֵי נִגּוּנִין. וּבְסוֹף כֻּלְהוּ אָמַר (תהילים ק״ב:א׳) תְּפִלָּה לֶעָנִי כִי יַעֲטוֹף (נ''א תקין י' מיני תילים, ובסוף כלהו תפלה לדוד הטה יי אזנך ענני. חדא דכלהו צלותין דבגינייהו מתעטפין קדם מלכא. ולא הוו עאלין עד דייעול צלותא דעני אמר תפלה לעני כי יעטוף) וְהִיא צְלוֹתָא דְּעֲטִיף כָּל צְלוֹתִין קַדְמָהָא עַד דְּיֵיעוּל צְלוֹתָא דִילֵיהּ. בְּגִין דָּא אַקְדִים עָנִי לְכֻלְהוּ.

מָאן צְלוֹתָא דְּעָנִי. דָּא צְלוֹתָא דְעַרְבִית דְּאִיהִי רְשׁוּת בִּפְנִי עַצְמָהּ בְּלָא בַּעֲלָהּ. וּבְגִין דְּאִיהִי בְּלָא בַּעֲלָהּ אִיהִי עֲנִיָּיה יְבֵשָׁה (ברשות כל אינש) וְצַדִּיק עָנִי יָבֵשׁ דָּא זַרְעָא דְיַעֲקֹב דְּאִיהוּ בִּרְשׁוּת כָּל אוּמִין דְּעָלְמָא וְדַמְיָא לִצְלוֹתָא דְעַרְבִית דְּאִיהִי לֵילְיָא דְגָלוּתָא.

וּצְלוֹתָא דְּשַׁבָּת אִיהִי צְדָקָה לֶעָנִי כְּמָה דְאוּקְמוּהָ מָארֵי מַתְנִיתִין שֶׁמֶשׁ בְּשַׁבָּת צְדָקָה לָעֲנִיִּים (דעניים מתנחמי בארח דשמשא (בשבתא) דשבתא). וּבְגִין דָּא צָרִיךְ בַּר נָשׁ לְמֶהוֵי אִיהוּ כְּעָנִי לְתַרְעָא דְמַלְכָּא בִּצְלוֹתָא דְּעֲמִידָה בְּכָל שִׁית יוֹמִין דְּחוֹל בְּגִין שְׁכִינְתָּא. וּמִתְעַטֵּף לָהּ בְּעִטּוּפָא דְמִצְוָה דְצִיצִית כְּעָנִי. וִיהֵא בִּתְפִילִין כְּאֶבְיוֹן לְגַבֵּי תַּרְעָא דְּאִיהוּ אדנ''י. דְּהָכִי סָלִיק לְחוּשְׁבַּ''ן הֵיכָ''ל. וְדָא אִיהוּ אֲדֹנָ''י שְׂפָתַי תִּפְתָּח.

וְכַד אַפְתַּח פּוּמֵיהּ בִּצְלוֹתָא דְעַרְבִית נִשְׁרָא קָא נָחִית בְּיוֹמִין דְּחוֹלָא לְקַבְּלָא בְּגַדְפָהָא צְלוֹתָא דְלֵילְיָא. וְדָא נוֹרִיאֵ''ל אִתְקְרֵי אוֹרִיאֵ''ל מִסִּטְרָא דְּחֶסֶ''ד, וְנוֹרִיאֵ''ל מִסִּטְרָא דִגְבוּרָה דְּאִיהוּ נוּר דָּלִיק, דְּאִתְמָּר בֵּיהּ (דניאל ז) נְהַר דִּינוּר וְגו'.

וּבִצְלוֹתָא דְשַׁחֲרִית אַרְיֵה נָחִית לְקַבְּלָא צְלוֹתָא בִּדְרוֹעוֹי וְגַדְפוֹי דְּאַרְבַּע גַּדְפִין (ס''א אית) לְכָל חַיָּה דָּא מִיכָאֵל. וּבִצְלוֹתָא דְמִנְחָה שׁוֹר נָחִית לְקַבְּלָא (נ''א צלותא) בְּקַרְנוֹי וְגַדְפוֹי וְדָא גַּבְרִיאֵל. וּבְשַׁבָּת נָחִית קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּג' אֲבָהָן לְקַבְּלָא בַּת יְחִידָא דִילֵיהּ בְּהוֹן. וְדָא רָזָא דְשַׁבָּת ש' בַּ''ת יְחִידָא דִילֵיהּ. בְּהַהוּא זִמְנָא חֵיוָון עִלָּאִין דְּאִתְקְרִיאוּ בִּשְׁמָא דְּיְיָ פָּתְחִין וְאָמְרִין (תהלים כד) שְׂאוּ שְׁעָרִים רָאשֵׁיכֶם וְהִנָּשְׂאוּ פִּתְחֵי עוֹלָם.

בְּהַהוּא זִמְנָא מִתְפַּתְּחִין שִׁבְעָה הֵיכָלִין. הֵיכַל קַדְמָאָה הֵיכָלָא דְאַהֲבָה. תִּנְיָינָא הֵיכָלָא דְיִרְאָה. תְּלִיתָאָה הֵיכָלָא דְרַחֲמֵי. (תקונים כב). רְבִיעָאָה הֵיכָלָא דִנְבוּאָה דְּאַסְפַּקְלַרְיָאָה דְנַהֲרָא.
(Ⅰ)

*****

[24a]  
[...] le cinquième, c’est le palais de la prophétie sans réverbération ; le sixième, c’est le palais de la justice ; le septième, c’est le palais des punitions. C’est à ces sept palais que font allusion les paroles de l’Écriture : « Bereschith bara Élohim. » Le mot Berescitith, séparé en deux, constitue Bara schith, ce qui veut dire « il créa six », c’est-à-dire six palais. Élohim constitue le septième palais. Ainsi furent créés ici-bas sept palais, pour correspondre aux sept palais d’en haut. C’est également à ces palais que font allusion les sept voix répétées dans le Psaume (Ps. , XXIX) qui commence par les mots : «Apportez au Seigneur... » Dans ce même Psaume, le mot Jéhovah est répété dix-huit fois, pour correspondre aux dix-huit mondes que parcourt le Saint, béni soit-il, ainsi qu’il est écrit (Ibid. , LXVIII, 18) : « Le char de Dieu est environné de dix mille fois mille » ; ce char sert à Dieu pour parcourir les dix-huit grands mondes. Les portes des palais où montent les prières sont gardées par de nombreux gardiens ; aucune prière n’y pénètre qu’après avoir été mesurée et pesée . Mais la porte du palais de la Schekhina n’est gardée par aucun gardien ; et c’est des prières adressées à ce palais que le Psalmiste a dit (Ps. , CXXVII, 1) : « Elles ne seront point confondues par les ennemis qui se tiennent à la porte. »
Car la porte de la Schekhina s’ouvre directement à toutes les prières, attendu que la prière émane du Saint, béni soit-il ; or, tout ce qui émane du Saint, béni soit-il, doit parvenir à la Schekhina sans intermédiaire. Nous disons que la prière émane du Saint, béni soit-il, parce que toute l’Écriture, ainsi que tous les commandements, positifs aussi bien que négatifs (57) émanent du nom de Jéhovah, ainsi que nous avons expliqué le mystère renfermé dans les paroles de Dieu (Ex. , III, 15) : « Ceci est mon nom en toute éternité, et ceci me fera connaître dans tous les siècles. » Or, le mot « Schemi» (mon nom), augmenté des deux premières lettres du nom de Jéhovah, du Yod et du Hé, représente la valeur numérique de trois cent soixante-cinq, nombre équivalent aux commandements négatifs ; et le mot « Zicri » (me fera connaître), augmenté des deux dernières lettres du nom de Jéhovah, du Vav et du Hé, représente la valeur numérique de deux cent quarante-huit, nombre équivalent aux commandements positifs. C’est également pour cette raison que la liturgie du Schéma est composée de deux cent quarante-huit mots (58). C’est aussi pour cette raison qu’avant la récitation du Schéma on prononce la bénédiction : « Sois béni, Seigneur, qui as choisi ton peuple d’Israël dans l’amour. »
Or, tous les Israélites sont synthétisés par Abraham, dont Dieu a dit : « La descendance d’Abraham, mon ami », paroles qui désignent Israël (59). Car Israël est contenu dans le nom de Jéhovah, écrit en pleines lettres (ah waw ah dwy), dont la valeur numérique est de quarante-cinq, valeur numérique égale à celle du mot « Adam » (Mda, Homme). Or, quand le verset dit : « Il créa l’homme à Son image », il fait allusion à Israël qui était dans la Pensée de Dieu avant la création du monde. Le mot « Mahschaba » (Pensée) est composé de « Haschab Mâ » (60). Dieu pense à « Mâ », c’est-à-dire à Adam. Donc, quand l’Écriture dit qu’il créa l’homme (Adam) à son image, elle fait allusion à Israël. Ainsi la création d’Israël était déjà dans la Pensée ; c’est pourquoi Jacob prit le nom d’Israël, et c’est pourquoi également l’Écriture dit (Gen. , I, 27) : « Et Élohim créa l’homme à son image », c’est-à-dire : il le créa à l’image que son Maître avait dans la Pensée. Les enfants, la vie et les moyens d’existence proviennent de la Colonne du milieu, qui est « mon fils aîné, Israël » (Ex. , IV, 22). C’est lui qui est l’arbre de la Vie ; c’est lui qui est l’arbre qui nourrit tout le monde. C’est pourquoi la nourriture d’Israël, ce sont ses prières, qui tiennent lieu des sacrifices depuis la destruction du temple. Et c’est de l’époque de l’exil que l’Écriture (Gen. , XXX, 1) dit : « Donne-moi des fils, sinon je mourrai. » Car la Schekhina est le sacrifice que Dieu a placé à sa droite, à sa gauche et autour de lui. Et lorsqu’elle monte vers lui, il faut qu’elle fasse monter avec elle toutes les dix Séphiroth, attendu que tout acte sacré ne doit être accompli par une réunion inférieure à dix, et la moitié de la Schekhina constitue un acte sacré.
C’est pourquoi, quand l’homme veut que prière parvienne au ciel avec toute la suavité de la mélodie, ou quand il désire, secouer le joug du premier serpent qui cherche constamment à troubler les prières, il doit préalablement s’unir à la Schekhina et s’en servir comme d’une fronde contre le serpent. Ce mystère est renfermé dans les dénominations des accents servant au chant des mots : « Zarqa, Maqeph, Schophar, Holekh, Segoltha. » Rabbi Siméon ouvrit sa conférence de cette manière : Écoutez, anges d’en haut ; accourez en masse pour m’entendre, vous, habitants d’ici-bas. C’est à vous que je m’adresse, Maîtres des écoles célestes et des écoles ici-bas. Et toi, Élie, je te conjure de prendre une permission pour descendre et accourir ici ; car je me propose de faire entendre le mystère qui a bouleversé le monde à la suite de la grande bataille que le Bien a livré au Mal. Et toi aussi, ô Hénoch, chef céleste, descends ici avec tous les chefs de l’école céleste qui sont sous tes ordres ; car ce n’est pas pour ma gloire que je fais cette demande, mais pour la gloire de la Schekhina.
Rabbi Siméon reprit alors la suite de son discours précédent : O Zarqa ! en vérité, c’est grâce à toi que nos prières peuvent parvenir à ce lieu déterminé auquel nous les adressons. De même que la pierre de la fronde est lancée contre un point déterminé, de même, l’on doit, pendant la prière, diriger sa pensée vers cette pierre fondamentale et entourée de couronnes, qui est symbolisée par le point-voyelle appelé Zarqa. C’est pourquoi la tradition nous apprend : Toutes les inclinations exécutées pendant la prière doivent être faites avant la prononciation du nom divin. En prononçant le nom sacré on doit se relever pour faire monter la prière en haut. Et, parce qu’à ce moment la Schekhina monte vers son époux céleste, l’homme ne doit pas interrompre sa prière, alors même qu’un serpent s’enroulerait autour de son talon, bien que Dieu eût accordé au premier serpent le pouvoir de mordre le talon, ainsi qu’il est écrit (Gen. , III, 15) : « Elle te brisera la tête et tu la mordras au talon ». Quand la pensée de l’homme est dirigée vers cette pierre qui est symbolisée par le yod du nom de Jacob, ainsi qu’il est écrit (Ibid. , XLIX, 24) : « Il a mis son arc et sa confiance dans le Dieu tout-puissant, et les chaînes de ses mains ont été rompues par la main du tout-puissant Dieu de Jacob ; il est sorti de là pour être la pierre fondamentale d’Israël », quand, disons-nous, la pensée de l’homme est tournée vers cette pierre, le serpent est impuissant à s’attaquer à l’homme, ne fût-ce qu’au talon ; c’est pourquoi l’on ne doit pas interrompre sa prière, alors même que le serpent cherche à mordre au talon.
Il faut faire monter la prière vers l’Infini (en se redressant lorsqu’on prononce le nom sacré,) et la faire descendre jusqu’à Celui qui est sans borne, comme la tradition nous dit : Toutes les génuflexions doivent être faites à la prononciation du mot : « Sois béni. Seigneur. » (61). L’homme ne doit jamais se séparer de la Schekhina, ni en haut, ni en bas. L’union de la Schekhina avec son époux céleste s’opère, tantôt en passant par les six degrés du côté des deux cuisses (62) de l’arbre séphirothique ; c’est pourquoi, pendant la prière, on fait des génuflexions, pour que les six articulations de la jambe servent d’emblème aux six degrés séphirothiques par lesquels la Schekhina passe pour s’unir à son époux céleste. Tantôt la Schekhina s’unit à son époux céleste, en passant par les six degrés des bras séphirothiques. Mais parfois aussi elle s’élève et monte entre le Père et la Mère, entre le Yod et le Hé. Il faut faire monter le Hé (la Schekhina ou la Mère) en haut, et lorsqu’il arrive en haut, il prend quelquefois la forme d’un « Vav » oblique qui, en s’unissant avec deux Yod (le Père), forme la lettre Aleph (a), symbole de l’unité. Il faut la faire monter auprès de Celui dont l’Écriture dit (Ps. , CXVIII, 22) : « La pierre que ceux qui bâtissaient avaient rejetée a été placée à la tête de l’angle. » Lorsque la Schekhina monte en haut, elle va se placer à la hauteur la plus élevée ; et c’est pourquoi les anges se demandent : [...]

חֲמִישָׁאָה הֵיכָלָא דִנְבוּאָה דְּאַסְפַּקְלַרְיָאָה דְּלָא נָהֲרָא. שְׁתִיתָאָה הֵיכָלָא דְצֶדֶק. שְׁבִיעָאָה הֵיכָלָא דְדִי''ן.

וְעֲלַיְיהוּ אִתְּמָר בְּרֵאשִׁית בָּרָא שִׁי''ת. אֱלהִים הֵיכָלָא שְׁבִיעָאָה. וְהָכִי אִנּוּן ז' הֵיכָלִין לְתַתָּא וּלְקֳבְלַיְיהוּ שִׁבְעָה קָלִין דְּהָבוּ לְיְיָ'. וְי''ח אַזְכָּרוֹת דְּבֵיהּ, דִּבְהוֹן שָׁט קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּי''ח עָלְמִין (תהילים ס״ח:י״ח) בְּרֶכֶב אֱלהִים רִבּוֹתַיִם אַלְפֵי שִׁנְאָן דְּאִנּוּן י''ח רִבְוָון עָלְמִין וְכַמָּה נְטוּרֵי תַּרְעִין אִית לְהֵיכָלִין דִּמְקַבְּלִין צְלוֹתִין, וְכָל צְלוֹתָא לָא תֵיעוּל אֶלָא בְּמִדָּה בְּמִשְׁקָל. וְלֵית מָאן דְּקָאִים קַמֵּי תַּרְעָא דִצְלוֹתָא. וְעֲלֵיהּ אִתְּמָר (תהילים קכ״ז:ה׳) לא יֵבוֹשׁוּ כִּי יְדַבְּרוּ אֶת אוֹיְבִים בַּשָּׁעַר. דְּאִיהִי תַּרְעָא דְמַלְכָּא. בְּגִין דִּצְלוֹתָא אִיהִי מִצְוָה וְדָא שְׁכִינְתָּא. וְאוֹרַיְיתָא דָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. לָא צָרִיךְ הַפְסָקָה בֵּינַיְיהוּ. וְצָרִיךְ לְסַלְקָא תּוֹרָה וּמִצְוָה בִּרְחִימוּ וּדְחִילוּ.

דְּכָל פִּקּוּדִין דְּעֲשֵׂה וְלֹא תַעֲשֶׂה כֻּלְהוּ תַּלְיָין מִן שֵׁם ידו''ד. כְּמָה דְאוֹקִימְנָא רָזָא דָא שְׁמִי עִם י''ה שס''ה מִצְוֹת לֹא תַעֲשֶׂה. וְזֶה זִכְרִי עִם ו''ה רמ''ח מִצְוֹת עֲשֵׂה. וְהָא הָכָא שס''ה וְרמ''ח. וְאִנּוּן רמ''ח תֵּיבִין בִּקְרִיאַת שְׁמַע וְאִתְיְהִיבוּ מֵרְחִימוּ (דאת י) וּדְחִילוּ דְּאָת ה'. וּבְגִין דָּא תְּקִינוּ הַבּוֹחֵר בְּעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בְּאַהֲבָה וְאִנּוּן כְּלִילָן בְּאַבְרָהָם דְּאִתְּמָר בֵּיהּ זֶרַע אַבְרָהָם אוֹהֲבִי.

השלמה מההשמטות (סימן ו)

זְרַע אַבְרָהָם אוֹהֲבִי. לֵית מָאן דְּקָאִים קָמֵיהּ תַרְעָא דִצְלוֹתָא וְעָלֵיהּ אִתְמַר (תהילים קכ״ז:ה׳) לא יֵבוֹשׁוֹ כִּי יְדַבְּרוּ אֶת אוֹיְבִים בַּשָׁעַר דְאִיהוּ תַרְעָא דְמַלְכָּא בְּגִין דִצְלוֹתָא אִיהִי מִצְוָה וְדָא שְׁכִינְתָּא וְאוֹרַיְיתָא דָּא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וְלָא צָרִיךְ הַפְסָקָה בֵּינַיְיהוּ וְצָרִיךְ לְסַלְקָא תּוֹרָה וּמִצְוָה בִּדְחִילוּ וּרְחִימוּ דְכָל פִקּוּדִין דַּעֲשֵׂה וְלָא תַעֲשֶׂה כֻּלְּהוּ תַלְיָין מִן שֵׁם יהו''ה כְּמָה דְאוֹקִימְנָא רָזָא דָּא שְׁמִ''י עִם י''ה שס''ה מִצְוֹת לֹא תַעֲשֶׂה וְזֶּה זִכְ''רִי עִם וָ''ה רְמַ''ח מִצְוֹת עֲשֵׂה וְהָא הָכָא רמ''ח ושס''ה וְאִינּוּן רמ''ח תֵיבִין בְּקִרְיַת שֵׁמַע וְאִתְיַיהִיבוּ מִרְחִימוּ וּדְחִילוּ דְאוֹת ה' וּבְגִין דָּא תַקִּינוּ הַבּוֹחֵר בְּעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בְּאַהֲבָה וְאִינּוּן כְּלִילָן בְּאַבְרָהָם דְאִתְמָר בֵּיהּ (ישעיהו מ״א:ח׳) זְרַע אַבְרָהָם אוֹהֲבִי.

תְּפִילִין אִינוּן עוֹז דְּאִתְיְיהִיבוּ מֵיִרְאָה דְאִיהוּ לִשְׂמָאלָא וְדָא פַּחַד יִצְחָק דְּתַמָּן כָּל מְקַטְרְגִין סָלְקִין לְמִתְבַּע כָּל דִינִין וּבְגִין דָּא (ישעיהו ס״ב:ח׳) וּבִזְרוֹעַ עוּזוֹ, דָּא תְּפִילִין י''ה בְּיִרְאָה וָ''ה בְּאַהֲבָה הֲדָא הוּא דִּכְתִיב (תהילים ל״א:כ״ד) אֵהֶבוּ אֶת יְיָ כָּל חַסִידָיו תָּא חֲזֵי (ס''א ת''ת) יהו''ה כָלִיל כֹּלָּא וּבְגִין דָּא אִתְמָר בְּיַעֲקֹב (בראשית כט) וְהִנֵּה יהו''ה נִצָב עָלָיו דְאִיהוּ עַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא לְבָתָר דְאִתְקַם. (כתוב בדפוס עד בדיוקנא דמאהה ודאי) דְּכַד צְלוֹתָא דִילֵיהּ סַלְקָא לְעֵילָא כָּרוֹזָא נָפִיק מִרְקִיעִין וְיֵימָא הָבוּ יְקָרָא לְדִיּוּקְנָא דְמַלְכָּא וְלֵית תַרְעָא דְּקָאֵים קָמֵיהּ הַאי צְלוֹתָא, (תהילים נ״א:י״ז) אֲדֹנָי שְׂפָתַי תִּפְתָּח לְאַפָּקָא מְזוֹנָא לִבְנִין קַדִּישִׁין דִּבְּהָאי הֵיכָלָא תַמָּן מְזוֹנָא.

בְּנֵי חַיֵּי וּמְזוֹנֵי מִסִּטְרָא דְעֲמוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא דְאִיהוּ (שמות ה) בְּנִי בְכוֹרִי יִשְׂרָאֵל וְאִיהוּ עֵץ הַחַיִּים דְנָפִיק מֵחַיִּים דִלְעֵילָא וְאִיהוּ אִילָנָא דְמָזוֹן לְכוֹלָא בֵּיה וּבְנִין דִשְׁכִינָה אִינוּן יִשְׂרָאֵל לְתַתָּא, חַיִּים דִּילָהּ אוֹרַיְיתָא, מְזוֹנָא דִּילָה צְלוּתָא דְּחַשִׁיבָא לְקָרְבָּנָא. וּבְגָלוּתָא אִתְמַר לְגַבֵּי יִשְׂרָאֵל (בראשית לכ) הָבָה לִי בָּנִים וּשְׁכִינְתָּא אִיהִי קָרְבָּנָא לְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא דִמְקַבֵּל לָהּ בִּימִינָא וּשְׂמָאלָא וְגוּפָא וְיִחוּדָא דִּילֵיהּ עִמָּהּ בְּצַדִיק דְאִיהוּ אוֹת תְּפִילִין וְשַׁבָּת וְיָמִים טוֹבִים.

וְאִית לְמִשְׁאַל לָמָה מְצַלְאָן לְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּכַמָּה דַרְגִּין, זִמְנִין מַצְלִין לֵיהּ בִּסְפִירָה יְדִיעָא וּבְמִדָּה יְדִּיעָא לְזִמְנִין צְלוֹתָא לִימִינָא הֲדָא הוּא דְאִתְמָר הָרוֹצֶה לְהַחְכִּים יַדְרִים. לְזִמְנִין לִשְׂמָאלָא, הֲדָא הוּא דְאִתְמָר הָרוֹצֶה לְהַעֲשִׁיר יַצְפִּין, לְזִמְנִין דְּאַבָּא וְאִימָא לִימִינָא וְלִשְׂמָאלָא אִינוּן לְזִמְנִין לְעַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא לְזִמְנִין לְצַדִּיק כָּל צְלוֹתָא סַלְקָא לְדַרְגָּא יְדִיעָא אֶלָּא וַדָאי יהו''ה אִיהוּ בְּכָל סְפִירָה וּסְפִירָה וּצְלוֹתָא אִיהִי שְׁכִינְתָּא.

בְּזִמְנָא דְּבָּעֵי לְרַחֲמָא עַל עַלְמָא סְלִיקַת בִּימִינָא וּבְזִמְנָא דְּבָעֵי לְמֶעְבָּד דִּינָא בְּעַלְמָא סְלִיקַת בִּשְׂמָאלָא וְכוֹלָא לְגַבֵּי יהו''ה דְאִיהוּ בְּכָל אֲתַר וּבְגִין דָּא זֹאת תּוֹרַת הָעוֹלָה עוֹלָה לַיְיָ וְדָא צְלוֹתָא דְּאִיהִי שְׁכִינְתָּא קָרְבָּן לַיְיָ וְדָא צְלוֹתָא דְּאִיהִי קָרְבָּנָא דִּילֵיהּ וְכַד סַלְקָא לְגַבֵּיהּ צָרִיךְ לְאַכְלָלָא עִמָּהּ כָּל סְפִירָן דְּלֵית קְדוּשָׁה פָּחוֹת מֵעֲשָׂרָה. (עד כאן מההשמטות)

יִשְׂרָאֵל דְּסָלִיק בְּיו''ד ה''א וא''ו ה''א. וְרָזָא דְמִלָּה יִשְׂרָאֵל עָלָה בְּמַחֲשָׁבָה לְהִבָּרְאוֹת. מַחֲשָׁבָה חָשַׁ''ב מָ''ה, וּבֵיהּ תִּשְׁכַּח שְׁמָא קַדִּישָׁא. וּבְגִין יַעֲקֹב דְּאִיהוּ יִשְׂרָאֵל אִתְּמָר וַיִּבְרָא אֱלֹהִים אֶת הָאָדָם בְּצַלְמוֹ בְּדִיּוּקְנָא דְמָארֵיהּ.

בָּנֵי חַיֵי וּמְזוֹנֵי מִסִּטְרָא דְּעַמּוּדָא דְּאֶמְצָעִיתָא. דְּאִיהוּ בְּנִ''י בְּכוֹרִי יִשְׂרָאֵל. וְאִיהוּ עֵץ הַחַיִּי''ם, וְאִיהוּ אִילָנָא דְּמָזוֹ''ן לְכֹלָּא בֵּיהּ. וּבְגִין דָּא אִנּוּן יִשְׂרָאֵל מְזוֹנָא דִילֵיהּ צְלוֹתָא דְּחֲשִׁיבָא לְקָרְבָּנָא. וּבְגָלוּתָא אִתְּמָר (בראשית ל) הָבָה לִי בָנִים וְאִם אַיִן מֵתָה אָנֹכִי. וּשְׁכִינְתָּא אִיהִי קָרְבָּנָא דְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא מִינֵּיהּ בְּיָמִינָא וּשְׂמָאלָא וְגוּפָא. וְכַד סַלְקָא לְגַבֵּיהּ צָרִיךְ לְאַכְלָלָא עִמֵּיהּ כָּל עֶשֶׂר סְפִירָן. דְּלֵית קְדוּשָׁה פָּחוֹת מֵעֲשָׂרָה דְּאִיהוּ קְדוּשָׁה דִילֵיהּ. וּבְגִין דָּא כַּד בַּר נָשׁ בָּעֵי לְסַלָּקָא צְלוֹתֵיהּ בְּכָל תְּנוּעֵיהּ. (או) (אי) חִיוְיָא בָּעֵי לְקַטְרְגָא לִצְלוֹתָא, צָרִיךְ לְמֶעְבַּד לֵיהּ קִירְטָא, וְרָזָא דְמִלָּה זַרְקָא מַקַּף שׁוֹפָר הוֹלֵךְ סְגוֹלְתָּא:

פָּתַח רִבִּי שִׁמְעוֹן וְאָמַר עִלָּאִין שְׁמָעוּ. תַּתָּאִין אִתְכְּנָשׁוּ. אִלֵּין מָארֵי מְתִיבְתָּא דִּלְעֵילָא וְתַתָּא. אֵלִיָּהוּ בְּאוֹמָאָה עֲלָךְ טוֹל רְשׁוּ וּנְחִית הָכָא, דְּהָא קְרָבָא סַגִּיאָה אִזְדַּמַּן. חֲנוֹ''ךְ מְמַנָּא נָחִית הָכָא, אַנְתְּ וְכָל מָארֵי מְתִיבְתָּא דִתְחוֹת יְדָךְ. דְּלָא לִיקָרָא דִילִי עֲבִידְנָא, אֶלָּא לִיקָרָא דִשְׁכִינְתָּא.

פָּתַח כְּמִלְקַדְּמִין וְאָמַר. זַרְקָא וַדַּאי בְּמֵיתָךְ לְסַלְּקָא צְלוֹתָא לְהַהוּא אֲתַר יְדִיעַ, כְּמָה דְּהַהִיא אַבְנָא דְקִירְטָא דְּאִזְדְּרִיקַת לְאֲתַר יְדִיעַ, הָכִי צָרִיךְ לְסַלְקָא מַחֲשַׁבְתֵּיהּ בִּצְלוֹתֵיהּ בְּהַהִיא תַּגָּא אֶבֶן מוּכְלֶלֶת וּמְעוּטֶרֶת. דְּאִתְּמָר בָּהּ כָּל הַזּוֹקֵף זוֹקֵף בַּשֵּׁם דְּצָרִיךְ לְסַלְקָא לָהּ תַּמָּן.

וּבְהַהוּא (אתר דסליק) לָהּ לְגַבֵּי בַּעְלָהּ אֲפִילוּ נָחָשׁ כָּרוּךְ עַל עֲקֵבוֹ לֹא יַפְסִיק. אַף עַל גַּב דְּאִתְּמָר בֵּיהּ וְאַתָּה תְּשׁוּפֶנּוּ עָקֵב. הַהִיא אֶבֶן דְּאִיהִי י' דְּיַעֲקֹב דְּאִתְּמָר בָּהּ (בראשית מט) מִשָּׁם רוֹעֶה אֶבֶן יִשְׂרָאֵל לא יַפְסִיק. וְצָרִיךְ לְסַלְקָא (נ''א לה) עַד אֵין סוֹף. וְכַד נָחִית לָהּ אִתְּמָר בֵּיהּ כָּל הַכּוֹרֵעַ כּוֹרֵעַ בְּבָרוּךְ, דְּצָרִיךְ לְנַחֲתָא (נ''א לה) עַד אֵין תַּכְלִית, וְלָא יַפְסִיק (נ''א לה) מִנֵּיהּ לָא לְעֵילָא לָא לְתַתָּא.

לְזִמְנִין אִיהוּ בַּעֲלָהּ ו' בְּצַדִּיק בְּשִׁית פִּרְקִין דִּתְרֵין שׁוֹקִין נָחַת לְגַבָּהּ בִּתְרֵין שׁוֹקִין. לְזִמְנָא אִיהוּ בַּעֲלָהּ ו' בִּתְרִין (נ''א דרועין) שִׁית פִּרְקִין דִּסְלִיקַת לְגַבָּהּ בִּתְרֵין דְּרוֹעִין. לְזִמְנִין אִיהוּ בֵּן אַבָּא וְאִמָּא בֵּן י''ה צָרִיךְ לְסַלְקָא. (ס''א לה לעילא וכד) לְעֵילָא לְה'. וְכַד סָלְקַת תַּמָּן לְזִמְנִין אִיהִי בְּהִפּוּכָא ו' וּבֵין י' י' כְּגַוְונָא דָא א צָרִיךְ לְסַלְקָא לְגַבֵּיה דְּאִתְּמָר בָּהּ (תהלים קיח) אֶבֶן מָאֲסוּ הַבּוֹנִים הָיְתָה לְרֹאשׁ פִּנָּה.

וְכַד אִיהִי סְלִיקַת לְעֵילָא, בְּרֵישָׁא דְּכָל רֵישִׁין סַלְקָא. וּבְגִינָהּ מַלְאָכַיָּיא אָמְרִין
(Ⅰ)

*****

[24b]  
[...] « Où est le lieu de sa gloire ? » Lorsqu’elle monte au-dessus de l’Aleph, elle forme une Couronne (Taga) sur la tête de l’Aleph, comme ceci a ((avec un tiret au-dessus)). Cette couronne est appelée « Kether ». Et lorsque la Schekhina descend en bas, elle prend la forme d’une voyelle sous l’Aleph, comme ceci a ((avec point-voyelle ‘a’)), voyelle appelée « Nekoudah », de même que la couronne qui surmonte l’Aleph est appelée « Taga » dans le mystère des accents (63).Lorsqu’il s’unit à la Schekhina, il forme la lettre Zaïn (z), symbole de l’alliance qui constitue la septième Séphirâ ; car sûrement cette pierre est la pierre fondamentale de tous les mondes.
C’est pourquoi l’Écriture dit (Deut. , XXV, 15) : « Tu auras une pierre parfaite et juste. » Ce verset parle de la justesse des poids et des mesures, car il s’applique à la mesure de la distance qui sépare une Séphirâ de l’autre. Il n’y a point d’accent qui n’ait son équivalent dans les pointsvoyelles (64). Ainsi, à l’accent Segoltha ( ((trois points)) ) correspond le point-voyelle Segol ( ((trois points inversés)) ) ; à l’accent Zaqeph ( ((deux points, un au-dessus de l’autre)) ) correspond le point-voyelle voyelle Scheva ( ((id. en bas)) ). Ceux qui connaissent les mystères renfermés dans les accents, trouveront les correspondants, pour tous les autres accents : Zarqa, Maqeph, Schophar, Holekh, Segoltha.
Il est écrit (Gen. , II, 4) : « Ceux-là (Éléh) sont les enfants des cieux et de la terre. » Il a été enseigné que, partout où l’Écriture emploie le terme Éléh, le passage qui suit n’a aucun rapport avec celui qui précède. Aussi, en disant « Les enfants des cieux et de la terre », l’Écriture ne se rapporte pas à ce qui précède, mais au thohou mentionné au deuxième verset du premier chapitre de la Genèse : « Et la terre était thohou et bohou. » L’Écriture veut donc dire que les enfants des cieux et de la terre sont les démons appelés « thohou ». Ceci explique la tradition suivante : « Le Saint, béni soit-il, crée des mondes et les détruit. » C’est pourquoi l’Écriture dit : « Et la terre était thohou et bohou » ; or, l’état de thohou et bohou était avant la création de la terre ; mais cela s’explique de cette façon : Que par le mot « terre » l’Écriture désigne la terre préexistante que Dieu a détruite. Comment comprendre que le Saint, béni soit-il, crée des mondes pour les détruire ensuite ?
Mieux aurait valu qu’il ne les eût point créés ! En vérité cette tradition renferme un mystère ; car comment expliquer autrement les mots : «... Et les détruit » ? D’abord le Saint, béni soit-il, ne détruit jamais l’œuvre de ses mains ; et ce qui plus est, l’Écriture (Is. , LI, 6) dit des cieux : « Car les cieux disparaîtront comme la fumée, et la terre s’en ira en poudre comme un vêtement usé ; et ceux qui l’habitent périront avec elle. » De ce verset, il résulterait que, non seulement Dieu détruit les mondes déjà créés à la suite de la colère ressentie contre les êtres qui les habitent, mais encore que le Saint, béni soit-il, crée et détruit systématiquement ! La vérité est que le Saint, béni soit-il, a créé le monde en y joignant la doctrine ésotérique exprimée dans le mot Bereschith, ainsi qu’il est écrit (Prov. , VIII, 22) : « Le Seigneur m’a possédé au commencement de ses voies ; avant qu’il créât aucune chose, j’étais dès lors. » C’est par ce Commencement que Dieu créa le ciel et la terre, qui sont basés sur l’Alliance (Berith) dont les lettres se retrouvent dans le mot Bereschith ( « Berith » de «Ber (esch) ith ») (65). C’est de cette Alliance que l’Écriture dit (Jer. , XXXIII, 25) : « Si l’Alliance que j’ai faite n’existait pas, il n’y aurait ni jour ni nuit, ni ciel ni terre. » C’est également à cause de cette Alliance que l’Écriture dit (Ps. CXV, 16) : « Les cieux sont pour le Seigneur ; et il a donné. la terre aux enfants de l’homme. » Par le mot « terre», le Psalmiste désigne notre terre, qui est comprise dans les sept terres dont le roi David a dit (IPs. , CXVI, 9) : « Je marcherai devant le Seigneur dans les terres de la vie. » Ainsi, Dieu créa le ciel et la terre [...]

אַיֵּ''ה מְקוֹם כְּבוֹדוֹ. וְכַד סְלִיקַת לְא' (לעילא) כְּגַוְונָא דָא א, אִיהִי תַּגָּא בְּרֵישָׁא דְּא' עֲטָרָה עַל רֵישֵׁיהּ כֶּתֶ''ר. וְכַד נַחֲתָא נְקוּדָא לְתַתָּא וְאִתְעַטְּרַת נְחִיתַת בֵּיהּ כְּגַוְונָא דָא (נ''א קמץ). וְכַד סְלִיקַת אִתְקְרֵי תַּגָּא בְּרָזָא דְטַעֲמֵי. וְכַד נְחִיתַת אִתְקְרִיאַת נְקוּדָה. וְכַד מִתְיַחֵד עִמָּהּ אִיהִי (אתקריאת אות) ז' כְּלִילָא מִנֵּיהּ אוֹת בְּרִי''ת דְּאִיהוּ שְׁבִיעָאָה דְּכֹלָּא.

וּבְוַדַּאי הַאי אַבְנָא הִיא בְּנָיָיא דְכָל עָלְמִין. וּבְגִין דָּא (דברים כ״ה:ט״ו) אֶבֶן שְׁלֵימָה וָצֶדֶק יִהְיֶה לָךְ. אִיהִי מִדָּה בֵּין כָּל סְפִירָה. וּסְפִירָה דְּכָל סְפִירָה. (נ''א וכל ספירה) בָּהּ סְלִיקַת לְעֶשֶׂר. שִׁיעוּר דִּילָהּ וּבָהּ (נ''א ו' בה) אִתְעֲבִידַת אַמָּה עֶשֶׂר אַמּוֹת אוֹרֶךְ בֵּין כָּל סְפִירָה וּסְפִירָה. וְרָזָא דְמִלָּה עֶשֶׂר אַמּוֹת אוֹרֶךְ הַקֶּרֶשׁ וּבֵין כֹּלָּא מֵאָה. אִיהוּ י' בֵּין פֶּרֶק וּפֶרֶק עֶשֶׂר זִמְנִין סַלְּקָא לְמִּדָּה. (מארי) דְמֵאָה אַמָּה.

כָּל מִדָּה וּמִדָּה אִתְקְרֵי עוֹלָם. וְאִנּוּן י''ו שִׁיעוּר וּמִדָּה. ו' שֶׁקֶל י' מִדָּה דִילֵיהּ. וְשִׁעוּרָא דְמִדָּה חָמֵשׁ אַמּוֹת אוֹרֶךְ וְחָמֵשׁ אַמּוֹת רֹחַב. וְאִנּוּן לָקֳבֵל שִׁעוּרָא דְכָל רָקִיעַ דְּמַהֲלַךְ ת''ק אוּרְכֵּיהּ וְת''ק פּוּתְיֵיהּ. וְאִנּוּן ה''ה. הֲרֵי לְךָ שִׁעוּר קוֹמָה בְּאַתְוָון ידו''ד. דְּאָת ו' אִיהוּ רְקִיעַ הַשָּׁמָיִם. חָמֵשׁ רְקִיעִין דִּילֵיהּ ה' אִלֵּין אִתְקְרִיאוּ ה' שָׁמָיִם ה' חָמֵשׁ רְקִיעִין דִּכְלִילָן בַּשָּׁמָיִם. חָמֵשׁ עִלָּאִין שְׁמֵי הַשָּׁמַיִם. וְאִנּוּן ה''ה חָמֵשׁ בְּחָמֵשׁ. ו' רָקִיעַ שְׁתִיתָאָה לוֹן. י' שְׁבִיעָאָה לוֹן י' שִׁבְעָה בְּשִׁבְעָה וְסָלְקִין י''ד. וְהָכִי אִנּוּן אַרְעִין שִׁבְעָה עַל גַּבֵּי שִׁבְעָה כְּגִלְדֵי בְּצָלִים. וְכֻלְהוּ רְמִיזָן בִּתְרֵין עַיְינִין. י' אִתְקְרֵי עוֹלָם קָטָן. ו' עוֹלָם אֲרִיךְ, וְכָל מָאן דְּבָעֵי לְמִשְׁאַל שְׁאֵלְתִּין לְגַבֵּי עוֹלָם אֲרִיךְ צָרִיךְ לְאַרְכָּא בֵּיהּ. וְכָל מָאן דְּשָׁאִיל בְּעוֹלָם קָצָר צָרִיךְ לְקַצְרָא. וְעַל דָּא אוּקְמוּהָ בְּמָקוֹם שֶׁאָמְרוּ לְקַצֵּר אֵין אָדָם רַשַּׁאי לְהַאֲרִיךְ.

לְקַצֵּר בִּצְלוֹתִין (במדבר י״ב:י״ג) אֵל נָא רְפָא נָא לָהּ. בִּנְקוּדָה דְּי'. לְהַאֲרִיךְ (מסטרא דאות ו). וּלְהִתְנַפֵּל (דברים ט׳:י״ח) (באת פ' וכולא פ''ו). וָאֶתְנַפַּל לִפְנִי יְיָ כָּרִאשׁוֹנָה מ' יוֹם וּמ' לָיְלָה כֹּלָּא (חד). מ''ם י' נְקוּדָה בָּאֶמְצַע אִתְעֲבִיד מַיִ''ם מִסִּטְרָא דְחֶסֶ''ד צָרִיךְ לְאַרְכָּא בִּצְלוֹתָא וּבִשְׁמָא קַדִּישָׁא וְסָלִיק ידו''ד בִּרְבִיעַ (וצריך) לְאַרְכָּא בִּתְנוּעָה דָא דְּאִיהוּ רָזָא דִּתְקִיעָה. לְקַצֵּר מִסִּטְרָא דִשְׁבָרִים בֵּינוֹנִי, לָא בְּקְצִירוּ וְלָא בְּאֲרִיכוּ. בִּתְרוּעָה דְּעַמּוּדָא דְּאֶמְצָעִיתָא דְאִיהִי שַׁלְשֶׁלֶת דְּתַרְוַויְיהוּ שֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ.

לָקֳבֵיל רְבִיעַ דְּסָלִיק אִיהוּ חוֹלָם, שְׁבָרִים לָקֳבֵיל שְׁבָא. דָּא בָּעָא לְסַלְּקָא קָלָא וְדָא בָּעָא לְנַחֲתָא לָהּ. וּבְגִין דָּא אִנּוּן שְׁבָרִים בַּחֲשַׁאי שְׁכִינְתָּא תַּתָּאָה וְקָלָא לָא יִשְׁתְּמַע כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (שמואל א א׳:י״ג) וְקוֹלָהּ לֹא יִשָׁמַע. תְּרוּעָה דָא שַׁלְשֶׁלֶת אָחִיד בְּתַרְוַויְיהוּ. וְאִית כְּגַוְונָא דְּרָקִיעַ הַמַּאֲרִיךְ בֵּיהּ תֵּיבָה וְאִיהִי נְקוּדָה חִירִיק כְּגַוְונָא דְּחֹלָם. לֵית נְקוּדָה דְּלֵית כְּגַוְונָא דִילָהּ בְּטַעֲמֵי. סֶגוֹל לְגַבֵּי סְגוֹלְתָּא. שְׁבָא לְגַבֵּי זָקֵף גָּדוֹל. כֻּלְהוּ תִּשְׁכַּח לוֹן נְקוּדֵי לְגַבֵּי טַעֲמֵי לְמָאן דְּיָדַע רָזִין טְמִירִין. פָּתַח וְאָמַר זַרְקָא מַקַּף שׁוֹפָר הוֹלֵךְ סְגוֹלְתָּא. (פתח נקודת ימין יי מלך. נקודת סגול שמאלא יי מלך. באמצעיתא יי ימלוך לתתא. רבי אחא אמר יי מלך דא עלמא עלאה. יי מלך דא תפארת. יי ימלוך דא ארון הברית):

השלמה מההשמטות (סימן מא)

תָּאנָא עַמּוּד אֶחָד מִן הָאָרֶץ עַד לָרָקִיעַ וְצַדִּיק שְׁמוֹ עַל שֵׁם הַצַּדִּיקִים וּכְּשְׁיִשְׂרָאֵל צַדִּיקִים מִתְגַבֵּר וְאִם לָאו מִתְחַלֵשׁ וְהוּא סוֹבֵל כָּל הָעוֹלָם דִּכְתִיב (משלי י׳:כ״ה) וְצַדִּיק יְסוֹד עוֹלָם. וְאִם חָלַשׁ לֹא יוּכַל לְהִתְקַיֵּים הָעוֹלָם. עד כאן: (עד כאן מההשמטות)

השלמה מההשמטות (סימן ז)

מִדְרָשׁ רוּת: הַצַּדִּיק אֲבַד כָּל זְמָן שֶׁלֹּא יָבֹא הַשֶׁפַע אֲבַד וְעָלָיו נֶאֱמַר (ישעיהו י״ט:ה׳) וְנָהָר יֶחרַב וְיָבֵשׁ וּבְעֵת הַבְּרָכָה נְאֶמָר (תהילים ה׳:י״ג) כִּי אַתָּה תְּבָרֵךְ צַדִּיק בְּרָכוֹת לְרֹאשׁ צַדִּיק:

השלמה מההשמטות (סימן ח)

סֵפֶר הַבָּהִיר: תָּנָא עַמּוּד אֶחָד מִן הָאָרֶץ עַד לָרָקִיעַ וְצַדִּיק שְׁמוֹ עַל שֵׁם הַצַּדִּיקִים וּכְשְׁיֶשׁ צַדִּיקִים מִתְגַבֵּר וְאִם לָאו מִתְחַלֵשׁ וְהוּא סוֹבֵל כָּל הָעוֹלָם דִּכְתִיב (משלי י׳:כ״ה) וְצַדִּיק יְסוֹד עוֹלָם וְאִם חָלַשׁ לא יוּכַל לְהִתְקַיֵּים הָעוֹלָם ע''כ: (עד כאן מההשמטות)

אֵלֶּה תּ'וֹלְדוֹת הַ'שָּׁמַיִם וְ'הָאָרֶץ (ר''ת תה''ו) הָא אוּקְמוּהָ כָּל אֲתַר דִּכְתִיב אֵלֶּה פָּסַל אֶת הָרִאשׁוֹנִים וְאִלֵּין תּוֹלָדִין דְּתֹהוּ דְּאִתְרְמִיזוּ בַּקְּרָא תִּנְיָינָא וְהָאָרֶץ הָיְתָה תֹהוּ. וְאִלֵּין אִנּוּן דְּאִתְּמָר דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּרָא עָלְמִין וּמַחְרִיבָן. וּבְגִין דָּא אַרְעָא הֲוָה תּוֹהָה וּבוֹהָה. אֵיךְ בְּרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָלְמִין לְחָרְבָא לוֹן. שַׁפִּיר הֲוָה דְּלָא לִבְרֵי לוֹן. אֶלָּא וַדַּאי הָכָא אִיכָּא רָזָא. מַאי אִיהוּ וּמַחֲרִיבָן. דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לָא יְשֵׁצֵי עוֹבְדֵי יְדוֹי. וְלֹא עוֹד אֶלָּא דָּא שְׁמַיָיא אִתְּמָר בְּהוּ (ישעיהו נ״א:ו׳) כִּי שָׁמַיִם כְּעָשָׁן נִמְלָחוּ וְגו'. אִם כֵּן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָבִיד וּמָחֵי.

אֶלָּא רָזָא דְמִלָּה כְּדֵין הוּא דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּרָא עָלְמָא וּבְרָיֵיהּ בְּאוֹרַיְיתָא כְּמָה דְּאוּקְמוּהָ בְּרִאשִׁית, דְּאִתְּמָר בָּהּ (משלי ח׳:כ״ב) יְיָ קָנָנִי רֵאשִׁית דַּרְכּוֹ. וּבְהַאי רֵאשִׁית בְּרָא יָת שְׁמַיָא וְיָת אַרְעָא וְאִיהִי סָמִיךְ לוֹן בֵּיהּ. בְּגִין דִּבְרִית כְּתִיב בֵּיהּ בִּבְ'רֵ'א'שִׁ'י'ת. וְאִתְּמָר בֵּיהּ (ירמיהו ל״ג:כ״ה) אִם לא בְרִיתִי יוֹמָם וְלַיְלָה וְגו'. וְאִלֵּין אִנּוּן דְּאִתְּמָר בְּהוֹן (תהילים קט״ו:ט״ז) הַשָּׁמַיִם שָׁמַיִם לַיְיָ וְגו'. וְאִיהִי אֶרֶץ הַחַיִּים כְּלִילָא מִשְּׁבַע אַרְעִין דְּעֲלַיְיהוּ אָמַר דָּוִד מַלְכָּא (תהילים קט״ז:ט׳) אֶתְהַלֵּךְ לִפְנֵי יְיָ בְּאַרְצוֹת הַחַיִּים.

וּבְרָא שְׁמַיָא וְאַרְעָא
(Ⅰ)

*****

[25a]  
[...] après avoir détruit les mondes préexistants et les avoir réduits à un état de thohou, parce que l’Alliance, qui seule soutient les mondes, n’était pas encore faite. C’est à cause de cela, pour que le monde actuel ne subisse pas le sort des mondes préexistants, que le Saint, béni soit-il, voulait confier la doctrine aux peuples païens également, en leur proposant d’abord l’alliance de la circoncision. Mais ceux-ci n’ayant pas voulu l’accepter, la terre est demeurée stérile et aride. Telle est la signification des paroles de l’Écriture (Gen. , I, 9) : « Que les eaux se rassemblent en un seul lieu, et que l’élément aride paraisse. » Par les mots « que les eaux se rassemblent », l’Écriture désigne la doctrine ésotérique ; « en un seul lieu » désigne Israël dont les âmes dépendent de cet endroit que l’Écriture désigne par les mots (Ez. , III, 12) : « Bénie soit la gloire du Seigneur en son lieu » « La gloire du Seigneur », désigne la Schekhina d’en bas ; « en son lieu » désigne la Schekhina d’en haut (66). Et, comme les âmes d’Israël sont attachées à la Schekhina, il s’ensuit que la Schekhina demeure parmi Israël et que, par conséquent, le nom de Jéhovah repose sur Israël, ainsi qu’il est écrit (Deut. , XXXII, 9) : « Et la part du Seigneur, c’est son peuple. »
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Que les eaux se rassemblent en un seul lieu », c’est-à-dire : que le salut soit réservé exclusivement à Israël ; « et que l’élément aride paraisse », c’est-à-dire : que les païens, qui n’ont pas voulu accepter le salut, demeurent arides et stériles. C’est ce qu’entend la tradition par les mots : « Le Saint, béni soit-il, crée des mondes et les détruit» ; c’est parce que les êtres qui les habitent n’acceptent pas les commandements de la doctrine. Ce n’est pas que Dieu détruise ses œuvres, ainsi que les hommes se l’imaginent ; mais ce sont les œuvres elles-mêmes qui se détruisent en refusant le salut. Pour quelle raison, en effet, Dieu détruirait-il ses enfants que, selon la tradition, il a créés par la seconde hypostase appelée Hé, ainsi qu’il est écrit : « Behibaram » (qu’il a créés), mot qui, d’après la tradition, doit être séparé en deux : « Behe baram », ce qui signifie : Dieu les a créés par le Hé (67) ? C’est grâce à cela que s’opère la conversion des peuples païens qui avaient refusé le salut au cinquième millénaire (68) après la création, époque aride et stérile, pendant laquelle eut lieu la destruction du premier et du second temple.
C’est pourquoi la lettre Hé du mot « behibaram », anagramme du mot Abraham, est écrite dans le Pentateuque plus petite (69) que les autres lettres. C’est pour avoir voulu convertir les païens et les amener sous les ailes de la Schekhina que Moïse, qui avait cru que ces peuples sont de ceux qui furent créés par le Hé, a déchu et s’est attiré l’apostrophe de Dieu (Ex. , XXXII, 7) : « Va, descends, car ton peuple a péché. » C’est parce que les Israélites n’ont pas accepté la lettre Hé avec la crainte due à Yod et l’amour dû à Hé, qu’ils ont déchu de leur état qui était celui de Vav, lettre qui procède du Yod et du Hé. C’est afin qu’aucun être humain ne fût perdu, que le Vav descendit en même temps que le Hé. Les âmes des hommes qui peuplaient les mondes préexistants transmigrèrent au moment de la captivité d’Israël. Les âmes des Intrus (Ereb-Rab) étaient du côté de ceux dont l’Écriture dit (Is. , LI, 6) : « Car le ciel disparaîtra comme la fumée ; la terre s’en ira en poudre comme un vêtement usé ; et ceux qui l’habitent périront avec elle. » Lorsqu’il s’agissait de la punition d’êtres semblables, Noé n’a pas voulu intercéder auprès de Dieu en leur faveur, ainsi qu’il est écrit, : « Tous périrent de dessus la terre. » Car les hommes exterminés par le déluge, avaient les mêmes âmes que ceux dont l’Écriture dit (Deut. , XXV, 19) : « Vous exterminerez de dessous le ciel le souvenir d’Amalec. » Sans méfiance aucune, Moïse fit tomber du ciel le Hé parmi ces hommes. C’est pourquoi Moïse a été condamné à ne pas entrer dans la Terre-Sainte jusqu’à ce que le Hé fût revenu à sa place.
C’est pourquoi, lorsque le Hé est descendu du ciel sur la terre, le Vav descendit également. Qui relèvera le Hé ? C’est le Vav qui manque à Moïse (hsm s’écrit sans Vav,). C’est pourquoi la lettre Hé du mot « behibaram »(Gen. , II, 4), anagramme du mot Abraham, est plus petite que les autres lettres du Pentateuque. C’est à quoi fait allusion le verset : « Il les a fait sortir d’Égypte », grâce au Vav qui a entraîné le Hé avec lui. Aussitôt Yod et Hé s‘y ajoutèrent et le serment divin s’accomplit, ainsi qu’il est écrit (Ex. , XVII, 16) : « La main du Seigneur s’élèvera de son trône contre Amalec, et le Seigneur lui fera la guerre de génération en génération. » (Iad al kes iak milhamah la Jéhovah beamaleq.) Que signifient donc les paroles « et le Seigneur lui fera la guerre de génération en génération », puisqu’après la descente du Yod et du Hé la guerre cessera ? Les mots « de génération en génération » désignent l’époque de Moïse, dont l’Écriture dit (Ecclés. , I, 4) : « Une génération passe et une autre lui succède. » La tradition nous a appris que le mot « génération » ne désigne jamais un nombre inférieur à soixante fois dix mille ; or, une tradition nous apprend également qu’à l’époque de Moïse une seule femme portait dans son sein soixante fois dix mille enfants. Les Intrus sont composés de cinq catégories d’êtres : Des Nephilim (Gen. , VI, 4, Nomb. ,XIII, 34) (les Tombés), Ghiborim (Gen. ,VI, 4 (70)) (les Puissants), Anaqim (Deut. , II, 10 et 11) (les Hauts), Rephaïm (Gen. , XIV, 5 ; Deut. , II, 10, 11, 21 ; Is. , XXVI, 14)(les Géants), Amalequim (Ex. , XVIII, 8-16 ; Deut. , XX, 17-19) (les Amalécites).
C’est à cause de ceux-ci que le Hé est tombé de sa place. Balaam et Balac sont du côté d’Amalec. Quand on retranche les lettres « Ain » et « Mem» du mot « Balaam» et les lettres « Lamed» et «Qoph» du mot « Balaq », les lettres retranchées forment le mot « Amaleq », et les lettres qui restent forment le mot « Babel ». C’est d’eux que dit l’Écriture (Gen. , XI, 9) : « Parce que c’est là que fut confondu (balal) le langage de toute la terre. » Ce sont eux qui ont survécu au cataclysme du déluge, ainsi qu’il est écrit (Ibid. , VII, 23) : « Il a anéanti tout ce qui existait. » Les âmes de ces cinq catégories ont survécu jusqu’à la quatrième captivité d’Israël. Ce sont ceux qui sont a la tête des ennemis d’Israël, appelés « les instruments d’iniquité » (Gen. , XLIX, 5). C’est de ces puissants qu’il est écrit (Ibid. ,VI, 11) : « Or, la terre était corrompue devant Dieu et remplie d’iniquité. » Ce sont les âmes de la catégorie des Amalécites. Les Nephilim sont ceux dont l’Écriture dit (ibid. , 2) : « Et les enfants de Dieu voyant que les filles des Hommes étaient belles... » Ceux-ci forment la seconde catégorie des âmes rejetées du ciel.
Lorsque le Saint, béni soit-il, voulait créer l’homme, ainsi qu’il est dit : « Faisons l’homme à notre image, etc. », il se proposa de placer l’homme au-dessus de toutes les légions célestes, de sorte que tous les êtres célestes fussent commandés par l’homme, de même que Joseph commandait sur toute l’Égypte, il ainsi qu’il est écrit (Ibid. ,XLI, 34) : «... Afin qu’il établisse des commandants sur tout le pays. » Mais les anges révoltés vinrent requérir contre l’homme en disant (Ps. , VIII, 5) : « Qu’est-ce que l’homme, pour mériter que vous vous souveniez de lui ? Qu’est ce que l’homme, pour mériter le commandement. Il est certain, dirent ces anges que l’homme finira par pécher contre vous. » Le Saint, béni soit-il, leur répondit : « Si vous étiez en bas, à sa place, vous seriez plus coupable que lui. » Aussitôt après cette réponse divine, il arriva ce que dit l’Écriture (Gen. , VI, 2): « Et les enfants de Dieu voyant que les filles des hommes étaient belles... »Aussitôt que ces anges eurent ces désirs coupables, le Saint, béni soit-il, les rejeta enchaînés en bas. Ces anges sont [...]

בַּתְרֵיהּ עַל תֹּה''וּ, וְלֵית תַּמָּן יְסוֹדָא דְּאִיהוּ בְּרִי''ת דְּסָמִיךְ לוֹן. בְּגִין דָּא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בָּעָא לְמִיתַּן אוֹרַיְיתָא לְאוּמִין דְּעַלְמָא עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת דְּאִיהוּ בְּרִית מִילָה מַמָּשׁ, וְלָא בָּעוּ לְקַבְּלָא לֵיהּ, וְאִשְׁתְּאָרַת אַרְעָא חֲרֵבָה וִיבֵשָׁה.

וְדָא אִיהוּ יִקָּווּ הַמַּיִם מִתַּחַת הַשָּׁמַיִם אֶל מָקוֹם אֶחָד וְתֵרָאֶה הַיַּבָּשָׁה. יִקָּווּ הַמַּיִם דָּא אוֹרַיְיתָא. אֶל מָקוֹם אֶחָד אִלֵּין יִשְׂרָאֵל. בְּגִין דְּנִשְׁמָתַיְיהוּ תַּלְיָין מֵהַהוּא אֲתַר דְּאִתְּמָר בֵּיהּ בָּרוּךְ כְּבוֹד יְיָ מִמְקוֹמוֹ. כְּבוֹד יְיָ שְׁכִינְתָּא תַּתָּאָה. מִמְקוֹמוֹ שְׁכִינְתָּא עִלָּאָה. וְכֵיוָן דְּאִנּוּן נִשְׁמָתַיְיהוּ מִתַּמָּן, שַׁרְיָא עֲלַיְיהוּ וַדַּאי ידו''ד וְאִתְּמָר בְּהוֹן (דברים ל״ב:ט׳) כִּי חֵלֶק יְיָ עַמּוֹ. וְדָא אִיהוּ יִקָּווּ הַמַּיִם אֶל מָקוֹם אֶחָד.

וְאוֹרַיְיתָא אִיהִי יִשּׁוּבָא דְּעָלְמָא. וְאוּמִין דְּעָלְמָא עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת דְּלָא קַבִּילוּ לָהּ אִשְׁתָּאֲרוּ חֲרִבִין וִיבֵשִׁין. וְדָא אִיהוּ דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּרָא עָלְמִין וּמַחֲרִיבָן אִלֵּין דְּלָא נָטְרֵי פִּקּוּדֵי אוֹרַיְיתָא, לָא דִּישֵׁצֵי אִיהוּ עוֹבָדוֹי כְּמָה דְּחָשְׁבִין בְּנֵי נְשָׁא. וְלָמָּה יְשֵׁצֵי לוֹן לִבְנוֹי דְּאִתְּמָר בְּהוֹן בְּהִבָּרְאָם בְּה' בְּרָאָם. וְאִלֵּין אִנּוּן דְּמִתְגַיְירִין מֵאוּמִין דְּעָלְמָא. בְּגִינַיְיהוּ נָפְלַת ה' זְעֵירָא דְאַבְרָהָם בְּאֶלֶף חֲמִישָׁאָה דְּהוּא ה'. דְּאִיהוּ חָרֵב וְיָבֵשׁ. חָרֵב בְּבֵית רִאשׁוֹן וְיָבֵשׁ בְּבַיִת שֵׁנִי.

וּמשֶׁה בְּגִין דְּבָעָא לְאָעֳלָא גִּיּוֹרִין תְּחוֹת גַּדְפוֹי דִּשְׁכִינְתָּא וְחָשִׁיב דְּהֲווּ מֵאִלֵּין דְּאִתְבְּרִיאוּ בְּה' וְהַב בְּהוֹן אָת ה' דְּאַבְרָהָם, גָּרְמוּ לֵיהּ יְרִידָה כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (שמות ל״ב:ז׳) לֵךְ רֵד כִּי שִׁחֵת עַמְּךָ. בְּגִין דְּלָא קַבִילוּ לְאָת ה' בִּדְחִילוּ דְּיו''ד וּבִרְחִימוּ דְּה'. נָחִית אִיהִי מִדַּרְגֵיהּ דְּאִיהוּ ו'.

וְאָת ו' נָחְתַת עִמֵּיהּ בְּגִין דְּלָא יִתְאֲבִיד בֵּינַיְיהוּ דְּעֲתִיד אִיהוּ בְּרָזָא דְגִלְגּוּלָא לְאִתְעַרְבָא בֵּינַיְיהוּ בְּגָלוּתָא בֵּין עֵרֶב רַב דְּאִנּוּן נִשְׁמָתַיְיהוּ מִסִּטְרָא דְּאִלֵּין דְּאִתְּמָר בְּהוֹן (ישעיהו נ״א:ו׳) כִּי שָׁמַיִם כְּעָשָׁן נִמְלָחוּ וְגו'. וְאִלֵּין אִנּוּן דְּלָא בָּעָא נֹחַ רַחֲמֵי עֲלַיְיהוּ. וְאִתְּמָר בְּהוֹן וַיִּמָּחוּ מִן הָאָרֶץ בְּגִין דְּהֲווּ מֵאִלֵּין דְּאִתְּמָר בְּהוֹן (דברים כ״ה:י״ט) תִּמְחֶה אֶת זֵכֶר עֲמָלֵק. וּמשֶׁה לָא אִסְתְּמַר מִנַּיְיהוּ וְאַפִּיל ה' בֵּינַיְיהוּ. וּבְגִין דָּא אִיהוּ לָא יֵעוּל לְאַרְעָא דְּיִשְׂרָאֵל עַד דִּיתוֹב ה' לְאַתְרָהּ. וּבְגִין דָּא נָחַת אִיהוּ מִדַּרְגֵיהּ, וְנָחִית בֵּיהּ ו'. וּבְגִין דָּא ה' נָפְלַת, ו' יוֹקִים לָהּ, ו' דְּמשֶׁה.

וּבְגִין דְּה''א זְעֵירָא ה' דְאַבְרָהָם דְּאִיהִי דְּהִבָּרְאָם אִתְעַזָּר אִיהוּ בְּגִינָהּ, וְאִתְּמָר בֵּיהּ (ישעיהו ס״ג:י״ב) מוֹלִיךְ לִימִין משֶׁה וְגו' וְאַפִּיק לָהּ מִתַּמָּן בְּחֵילָא דְּו' וְאַיְיתֵי לָהּ עִמֵּיהּ. מִיָּד שַׁרְיָא עֲלֵיהּ י''ה וְאִשְׁתְּלִים אוֹמָאָה (דאתמר) (שמות י״ז:ט״ז) כִּי יָד עַל כֵּס יָה מִלְחָמָה לַיְיָ וְגו'. מַאי מִדֹּר דֹּר. דָּא משֶׁה דְּאִתְמָּר בֵּיהּ (קהלת א׳:ד׳) דּוֹר הוֹלֵךְ וְדוֹר בָּא. וְהָא אוּקְמוּהָ דְּלֵית דּוֹר פָּחוּת מִס' רִבּוֹא. וְדָא משֶׁה דְּאִתְּמָר בֵּיהּ דְּאִנְתְּתָא חָדָא יָלְדָה ס' רִבּוֹא בְּכֶרֶס אַחַת. (במדבר קנ''ט) וְחָמֵשׁ מִינִין אִנּוּן בְּעֵרֶב רַב וְאִנּוּן (סי' נג''ע ר''ע) נְ'פִילִים גִּ'בּוֹרִים עֲ'נָקִים רְ'פָאִים עֲ'מָלֵקִים. וּבְגִינַיְיהוּ נָפְלַת ה' זְעֵירָא מֵאַתְרָהָא. בִּלְעָם וּבָלָק מִסִּטְרָא דְעֲמָלֵק הֲווּ. טוֹל ע''ם מִן בִּלְעָם ל''ק מִן בָּלָק אִשְׁתָּאַר בָּבֶל (בראשית י״א:ט׳) כִּי שָׁם בָּלַל ה' שְׂפַת כָּל הָאָרֶץ. וְאִלֵּין אִנּוּן דְּאִשְׁתָּאֲרוּ מֵאִלֵּין דְּאִתְּמָר בְּהוֹן (בראשית ז׳:כ״ג) וַיִּמַּח אֶת כָּל הַיְקוּם, וּמֵאִלֵּין דְּאִשְׁתָּאֲרוּ מִנְּהוֹן בְּגָלוּתָא רְבִיעָאָה אִנּוּן רֵישִׁין בְּקִיּוּמָא סַגִי. וְאִנּוּן קַיָּימִין עַל יִשְׂרָאֵל כְּלֵי חָמָס. וְעֲלַיְיהוּ אִתְּמָר (בראשית ו׳:י״ג) כִּי מָלְאָה הָאָרֶץ חָמָס מִפְּנֵיהֶם, אִלֵּין אִנּוּן עֲמָלֵקִים.

נְפִילִים עֲלַיְיהוּ אִתְּמָר (בראשית ו׳:ב׳) וַיִּרְאוּ בְּנֵי הָאֱלֹהִים אֶת בְּנוֹת הָאָדָם כִּי טוֹבוֹת הֵנָּה. וְאִלֵּין אִנּוּן מִינָא תִּנְיָינָא מֵאִלֵּין נְפִילִים מִלְּעֵילָא. דְּכַד בָּעָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְמֶעְבַּד אָדָם דְּאָמַר נַעֲשֶׂה אָדָם בְּצַלְמֵנוּ וְגו'. בָּעָא לְמֶעְבַּד לֵיהּ רֵישָׁא עַל עִלָּאִין לְמֶהֱוֵי אִיהוּ פָּקִיד עַל כֻּלְהוּ. וּלְמֶהֱוֵי אִנּוּן פְּקִידִין עַל יְדוֹי. כְּגַוְונָא דְּיוֹסֵף דְּאִתְּמָר בֵּיהּ (בראשית מ״א:ל״ד) וְיַפְקֵד פְּקִידִים עַל הָאָרֶץ. אִנּוּן (לעיל כ''ג א) בָּעוּ לְקַטְרְגָא לֵיהּ וְאָמְרוּ (תהלים ה) מָה אֱנוֹשׁ כִּי תִזְכְּרֶנּוּ וְגו' דְּעֲתִיד לְמֶחְטֵי קַמָּךְ. אָמַר לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אִי אַתּוּן הֲוִיתוּן לְתַתָּא כַּוָּותֵיהּ, יַתִּיר הֲוִיתוּן חָבִין מִנֵּיהּ. מִיָּד וַיִּרְאוּ בְּנִי הָאֱלהִים אֶת בְּנוֹת הָאָדָם וְגו' חָשְׁקוּ בְּהוֹן וְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אַפִּיל לוֹן לְתַתָּא בְּשַׁלְשְׁלָאן.

וְאִנּוּן
(Ⅰ)

*****

[25b]  
[...] Aza et Azaël, dont émanent les âmes des Intrus qui sont appelés « les Tombés », parce qu’ils se sont abaissés eux-mêmes en se servant des femmes, pour satisfaire leur penchant à la luxure. C’est pourquoi le Saint, béni soit-il, les rejeta hors du monde, céleste, les priva de toute part à la béatitude éternelle et leur accorda la récompense, en ce bas monde, ainsi qu’il est écrit (Deut. , VII, 10) : « ... Et qui récompense promptement ceux qui le haïssent, pour les perdre ensuite. » Les Ghiborim sont les âmes de la troisième catégorie dont l’Écriture dit (Gen. , VI, 4) : « Il en sortit des enfants qui furent des Ghiborim (des Puissants) et d’une grande célébrité. » Ces âmes sont du même côté que celles dont l’Écriture dit (Gen., XI, 4) : « Venez, faisons-nous une ville et une tour qui soit élevée jusqu’au ciel, et rendons notre nom célèbre. » Ces âmes animent les corps de ceux qui bâtissent des synagogues et des écoles, qui font faire des Pentateuques et des ornements pour ces mêmes Pentateuques, sous prétexte d’arriver au ciel, mais en réalité pour se faire une célébrité. C’est à eux que fait allusion le verset : «... Et rendons notre nom célèbre. » C’est l’esprit du démon qui s’empare d’Israël et le fait agir ainsi. Israël est comparable à la terre du sol au moment du déluge, dont l’Écriture dit (Gen. , VII, 19) : « Les eaux crurent et grossirent prodigieusement au-dessus de la terre » ; car le démon s’empare des œuvres d’Israël et les emporte toutes. Les Rephaïm sont les âmes de la quatrième catégorie.
Les hommes animés de ces âmes ont ceci de caractéristique que, toutes les fois qu’ils voient Israël en détresse, ils l’abandonnent, bien qu’ils aient le pouvoir de le secourir ; ils abandonnent également la doctrine ainsi que ceux qui la cultivent ; ils font en outre du bien aux païens. C’est d’eux que l’Écriture dit (Is. , XXVI, 14) : « Les Géants (Rephaïm) ne ressusciteront plus. » Et lorsque l’heure de la délivrance (Rédemption) aura sonné pour Israël, alors arrivera ce que L’Écriture ajoute : « Leur mémoire sera à jamais effacée. » Les Anaqim sont les âmes de la cinquième catégorie ; les hommes animés de ces âmes vilipendent ceux (71) dont l’Écriture dit (Prov. , I, 9) : « Et elles seront un ornement à votre tête, et comme des riches colliers (Anaqim) à votre cou. » C’est d’eux que l’Écriture dit (Deut. , II, 11) : « Les Rephaïm sont semblables aux Anaqim », c’est-à-dire : les uns valent les autres. C’est à cause de ceux-ci que le monde est retourné à l’état de thohou et de bohou. Le mystère de ces cinq catégories d’âmes qui ont causé la destruction du temple, est exprimé dans les paroles de l’Écriture : « Et la terre était thohou et bohou. » Mais aussitôt après que la, racine et la base du monde apparaîtront, racine désignée dans l’Écriture par le terme « lumière », parce que cette racine est de l’essence même du Saint, béni soit-il, toutes ces âmes seront effacées de dessus la terre et exterminées.
Mais la délivrance (Rédemption) ne dépend que de l’extermination des âmes de la catégorie d’Amalec afin que soit accompli le serment de Dieu, ainsi que nous l’avons dit précédemment. Selon une autre explication, les paroles de l’Écriture (Gen. , II, 4) : « Voici (Eléh) les enfants du ciel et de la terre » désignent ceux dont l’Écriture dit (Ex. , XXXII, 4) : « Aaron les ayant pris, les jeta en fonte, et il en forma un veau. Alors les Israélites dirent : Voici (Éléh) ton Dieu, Ô Israël. » Le jour où les âmes de ces hommes seront exterminées sera aussi solennel que le jour où le Saint, béni soit-il, créa le ciel et la terre, ainsi qu’il est écrit : « Au jour ou Dieu créa la terre et le ciel... » A cette époque, le Saint, béni soit-il, s’unira à la Schekhina et le monde sera renouvelé, ainsi qu’il est écrit (Is. , LXVI, 22) : « Car comme les cieux nouveaux et la terre nouvelle que je vais créer subsisteront toujours devant moi, dit le Seigneur... » Telle est la signification des paroles : « Au jour où Dieu créa... »(72). A cette époque, dit l’Écriture (Gen. , II, 9) : « Élohim avait produit de la terre toutes sortes d’arbres beaux à la vue et portant des fruits agréables au goût. »
Mais, avant l’extermination de ces cinq catégories d’âmes qui se sont introduites parmi les Israélites, la pluie de la doctrine ésotérique ne tombera pas sur Israël, et Israël qui est comparé aux plantes et aux arbres ne poussera pas. Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Gen. , II, 5) : « Le ciel et la terre furent créés avant que toutes les plantes des champs fussent sorties de la terre et que toutes les herbes de la campagne eussent poussé ; car le Seigneur Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait point d’homme pour labourer », c’est-à-dire : Israël n’était pas encore là pour offrir des sacrifices (73). Selon une autre version, les mots « avant que toutes les plantes des champs fussent sorties de la terre » désignent le premier Messie, et les mots « et que toutes les herbes de la campagne fussent poussées » désignent le second Messie. Et pourquoi ? Parce que Moïse ne sera plus parmi les Israélites pour (dévoiler) intercéder en leur faveur auprès de la Schekhina ; c’est ce que l’Écriture dit : « Il n’y a point d’homme pour labourer la terre. » Ce mystère est également exprimé dans le verset (Gen. , XLIX, 10) : « Le sceptre ne sera point ôté de Juda, ni le prince de sa postérité, jusqu’à ce que soit venu Schiloh. » Les mots « le sceptre de Juda » désignent le Messie, fils de David (74) ; les mots «le prince de sa postérité » désignent le Messie, fils de Joseph ; et les mots « jusqu’à ce que soit venu Schiloh » (75), désignent MOÏSE (76) ; car la valeur numérique des deux noms, Schiloh et Moscheh (ou Moïse) est identique. Les mots « velo iqhath » (et c’est lui qui sert l’attente des nations), sont composés des mêmes lettres que les mots « velevi qehath », c’est-à-dire les ancêtres de Moïse, Lévi et Caath.
Selon une autre explication, les mots « toutes les plantes des champs » désignent les justes dont les âmes émanent de Celui qui est appelé « le Juste vivant en toute éternité ». Le mot « siah » (plantes) est composé de la lettre Schin et du mot « hai » (xys) ; or, la lettre Sin (s) symbolise par ses trois branches les trois patriarches, et le mot « hai » (vie) indique Celui qui vit en toute éternité. Selon une autre explication encore, les mots « et toutes les herbes » (Eseb), signifient que l’union des branches de l’arbre céleste, qui sont au nombre de soixante-douze (77), ne seront unies dans la Schekhina qu’à la venue (78) de l’Homme (Adam), dont le nom, Adam, représente une valeur numérique égale à celle du nom de « Jéhovah ». Le mot « Eseb » (bse) est composé de Aïn et Beth, qui numériquement ont la valeur de soixante-douze, nombre équivalent à celui des mots «Jéhovah » et « Adonaï », et de Schin (s), formé de trois branches, symbole des trois patriarches. Par les mots : « Avant que toutes les herbes de la campagne eussent poussé », l’Écriture désigne le Juste (79) (Çadiq). C’est de lui qu’il est écrit (Ps. , LXXXV, 12) : « La Vérité sortira de la terre » ; et ailleurs (Dan. , VIII, 12) il est dit : « Et la Vérité sera jetée sur la terre. » Les docteurs de la loi, qui sont comparés aux herbes, ne pousseront plus, dans la captivité, jusqu’à ce que se soient accomplies les paroles de l’Écriture : « La Vérité sortira de la terre. » Et qui accomplira cette prophétie ? C’est Moïse, dont l’Écriture dit (Malachie, II, 6)) : « La loi de la Vérité a été dans sa bouche » ; car personne ne saurait aussi bien dévoiler à Israël les mystères de la Schekhina que Moïse.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Il n’y a point d’homme pour labourer la terre. » Mais aussitôt que Moïse (re)viendra : « Un nuage (ed) s’élèvera de [...]

עַזָּ''א וַעֲזָאֵ''ל דְּמִנַּיְיהוּ נִשְׁמַתְהוֹן דְּעֶרֶב רַב דְּאִנּוּן נְפִילִים דְּאַפִּילוּ גַּרְמַיְיהוּ לִזְנוֹת בָּתַר נְשַׁיָא דְּאִנּוּן טָבָאן. וּבְגִין דָּא אַפִּיל לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא מֵעָלְמָא דְּאֲתֵי דְּלָא יְהֵא לוֹן חוּלָקָא תַּמָּן וְיָהִיב לוֹן אַגְרַיְיהוּ בְּהַאי עָלְמָא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (דברים ז׳:י׳) וּמְשַׁלֵּם לְשׂוֹנְאָיו אֶל פָּנָיו לְהַאֲבִידוֹ וְגו'.

גִּבּוֹרִים מִינָא תְּלִיתָאָה עֲלַיְיהוּ אִתְּמָר הֵמָּה הַגִּבּוֹרִים וְגו' אַנְשֵׁי הַשֵּׁם. וְאִנּוּן מִסִּטְרָא דְּאִלֵּין דְּאִתְּמָר בְּהוֹן (בראשית י״א:ד׳) הָבָה נִבְנָה לָנוּ עִיר וְנַעֲשֶׂה לָנוּ שֵׁם. וּבָנִין בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּמִדְרָשׁוֹת וְשַׁוְיָין בְּהוֹן סֵפֶר תּוֹרָה וְעֲטָרָה עַל רֵישׁוֹי, וְלָא לִשְׁמָא דְיְיָ, אֶלָּא לְמֶעְבַּד לוֹן שֵׁם. הֲדָא הוּא דִכְתִיב וְנַעֲשֶׂה לָנוּ שֵׁם, וְסִּטְרָא אָחֳרָא מִתְגַּבְּרִין עַל יִשְׂרָאֵל דְּאִנּוּן כְּעַפְרָא דְאַרְעָא. וְגָזְלִין לוֹן וְאִתְבָּרַת עֲבִידְתָּא וְעֲלַיְיהוּ אִתְּמָר (בראשית ז׳:י״ח-י״ט) וְהַמַּיִם גָּבְרוּ מְאֹד מְאֹד עַל הָאָרֶץ.

רְפָאִים מִינָא רְבִיעָאָה. אִם יֶחזוּן לְיִשְׂרָאֵל בְּדוֹחֲקָא מִתְרַפִּין מִנַּיְיהוּ. וְאִית לוֹן רְשׁוּ לְשֵׁזָבָא לוֹן וְלָא בָּעָאן. וּמִתְרַפִּין מֵאוֹרַיְיתָא וּמֵאִלֵּין דְּמִשְׁתַּדְּלִין בָּהּ לְמֶעְבַּד טַב עִם עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת. עֲלַיְיהוּ אִתְּמָר (ישעיהו כ״ו:י״ד) רְפָאִים בַּל יָקוּמוּ, בְּזִמְנָא דְּיֵיתֵי פְּקִידָה לְיִשְׂרָאֵל אִתְּמָר בְּהוֹן (ישעיהו כ״ו:י״ד) וַתְּאַבֵּד כָּל זֵכֶר לָמוֹ.

עֲנָקִים מִינָא חֲמִישָׁאָה דְּאִנּוּן מְזַלְזְלִין לְאִלֵּין דְּאִתְּמָר בְּהוֹן (משלי א׳:ט׳) וַעֲנָקִים לְגַרְגְּרוֹתֶיךָ. וְעֲלַיְיהוּ אִתְּמָר (דברים ב׳:י״א) רְפָאִים יֵחָשְׁבוּ אַף הֵם כַּעֲנָקִים שְׁקִילִין דָּא לְדָא. אִלֵּין אִנּוּן דְּאַהַדְּרוּ עָלְמָא לְתֹהוּ וָבֹהוּ. וְרָזָא דְמִלָּה (דבגינייהו) חָרַב בֵּי מַקְדְּשָׁא וְהָאָרֶץ הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ דְּאִיהִי עִקְּרָא וְיִשּׁוּבָא דְּעָלְמָא. מִיָּד דְּיֵיתֵי אוֹר דְּאִיהוּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא יִתְמָחוּן מִן עָלְמָא וְיִתְאַבְּדוּן. אֲבָל פּוּרְקָנָא לָאו אִיהִי תַּלְיָא אֶלָּא בַּעֲמָלֵק עַד דְּיִתְמְחֵי דְּבֵיהּ אוֹמָאָה וְהָא אוּקְמוּהָ.

דָּבָר אַחֵר אֵלֶּה תּוֹלְדוֹת הַשָּׁמַיִם וְגו' אִלֵּין אִנּוּן דְּאִתְּמָר בְּהוֹן (שמות ל״ב:ד׳) אֵלֶּה אֱלֹהֶיךָ יִשְׂרָאֵל. בְּיוֹמָא דְּיִתְמְחִין אִלֵּין כְּאִלּוּ הַהוּא יוֹמָא עֲבִיד קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא שְׁמַיָא וְאַרְעָא הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (בראשית ב׳:ד׳) בְּיוֹם עֲשׂוֹת יְיָ אֱלֹהִים אֶרֶץ וְשָׁמָיִם. בְּהַהוּא זִמְנָא יְהֵא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עִם שְׁכִינְתֵּיהּ וְיִתְחַדֵּשׁ עַלְמָא הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (ישעיהו ס״ו:כ״ב) כִּי כַּאֲשֶׁר הַשָּׁמַיִם הַחֲדָשִׁים וְהָאָרֶץ הַחֲדָשָׁה וְגו' דָּא אִיהוּ בְּיוֹם עֲשׂוֹת.

בְּהַהוּא זִמְנָא וַיַּצְמַח יְיָ אֱלֹהִים מִן הָאֲדָמָה כָּל עֵץ נְחְמָד וְגו'. אֲבָל בְּקַדְמִיתָא עַד דְּיִתְמָחוּן אִלֵּין לָא נָחִית מִטְרָא דְאוֹרַיְיתָא. וְיִשְׂרָאֵל דְּדַמְיָין לַעֲשָׂבִים וּלְאִילָנִין לָא יִצְמְחוּן. וְרָזָא דְמִלָּה וְכֹל שִׂיחַ הַשָּׂדֶה טֶרֶם יִהְיֶה בָּאָרֶץ וְכָל עֵשֶׂב הַשָּׂדֶה וְגו', בְּגִין דְּאָדָם אַיִן דְּאִנּוּן יִשְׂרָאֵל בְּבֵי מַקְדְּשָׁא לַעֲבוֹד אֶת הָאֲדָמָה בְּקָרְבָּנִין.

דָּבָר אַחֵר וְכֹל שִׂיחַ הַשָּׂדֶה, דָּא מָשִׁיחַ רִאשׁוֹן טֶרֶם יִהְיֶה בְּאַרְעָא. וְכָל עֵשֶׂב הַשָּׂדֶה טֶרֶם יִצְמָח דָּא מָשִׁיחַ שֵׁנִי. וְלָמָּה בְּגִין דְּלֵית תַּמָּן משֶׁה לְמִפְלַח לִשְׁכִינְתָּא דְּעֲלֵיהּ אִתְּמָר וְאָדָם אַיִן לַעֲבוֹד אֶת הָאֲדָמָה. וְרָזָא דְמִלָּה (בראשית מ״ט:י׳) לא יָסוּר שֵׁבֶט מִיהוּדָה דָּא מָשִׁיחַ בֶּן דָּוִד. וּמְחוֹקֵק מִבֵּין רַגְלָיו דָּא מָשִׁיחַ בֶּן יוֹסֵף. עַד כִּי יָבוֹא שִׁיל''ה דָּא משֶׁה חֻשְׁבַּן דָּא כְּדָא. וְל''וֹ יִקְהַ''ת עַמִּים, אַתְוָון וְלֵוִ''י קְהָ''ת.

דָּבָר אַחֵר וְכֹל שִׂיחַ הַשָּׂדֶה אִלֵּין צַדִּיקַיָּיא דְּאִנּוּן מִסִּטְרָא דְּצַדִּיק חַ''י עָלְמִין. שִׂיחַ ש' חַי. ש תְּלַת עַנְפִּין דְּאִילָנָא וְאִנּוּן ג' אֲבָהָן וּמִן ח''י עָלְמִין. לָשׁוֹן אַחֵר וְכָל עֵשֶׂב הַשָּׂדֶה ע''ב שי''ן. תְּלַת עָלִין דְּאִנּוּן ש יאהדונה''י. וְאִנּוּן ע''ב עַנְפִּין דְּתַלְיָין בְּהוֹן בְּחוּשְׁבַּן ע''ב. כֻּלְהוּ לָא אִתְאַחֲדִין בְּאַתְרָא דְּאִיהִי שְׁכִינְתָּא עַד דְּיֵיתֵי הַהוּא דְּאִקְרֵי אָדָ''ם דְּאִיהוּ יו''ד ה''א וא''ו ה''א. וְדָא אִיהוּ וְאָדָ''ם אַיִן לַעֲבוֹד אֶת הָאֲדָמָה.

וּבְגִין דָּא אִתְּמָר בֵּיהּ וְכָל עֵשֶׂב הַשָּׂדֶה טֶרֶם יִצְמָח עַד דְּיִצְמַח צַדִּי''ק. וּמִנֵּיהּ (תהלים פה) אֱמֶת מֵאֶרֶץ תִּצְמָח דְּאִתְּמָר בֵּיהּ (דניאל ח׳:י״ב) וַתַּשְׁלֵךְ אֱמֶת אַרְצָה. וְתַלְמִידֵי חֲכָמִים דְּאִנּוּן דְּשָׁאִין לָא צָמְחִין בְּגָלוּתָא עַד דֶּאֱמֶת מֵאֶרֶץ תִּצְמָח, וְדָא משֶׁה דְּאִתְּמָר בֵּיהּ (מלאכי ב׳:ו׳) תּוֹרַת אֱמֶת הָיְתָה בְּפִיהוּ דְּלָא יְהֵא מָאן דְּדָרִישׁ לִשְׁכִינְתָּא כַּוָּתֵיהּ. וּבְגִין דָּא וְאָדָם אַיִן לַעֲבוֹד. וּמִיָּד דְּאִיהוּ יֵיתֵי, מִיָּד וְאֵ''ד יַעֲלֶה מִן
(Ⅰ)

*****

[26a]  
[...] la terre pour en arroser la surface». L’Écriture veut dire que «ed» (da nuage) sera ôté de « Adonaï » (ynda) ; il y sera joint le Vav ainsi que le Noun (80), et ainsi on aura le mot « Adon », Maître de toute la terre (81). C’est ce qu’ajoute l’Ecriture : « Qui en arrosera toute la surface », Israël puisera aussitôt après la doctrine ésotérique à l’aide des soixante-dix interprétations (82). Selon une autre interprétation, le mot « ed », que le Thargoum traduit par « nuée », désigne Celui dont l’Ecriture dit (Ex. , XL, 38) : « Car la nuée du Seigneur se reposait sur le tabernacle » ; c’est à cette source que puiseront les docteurs de la loi à ce moment (83).
Il est écrit (Gen. , II, 7) : « Et Jéhovah Élohim forma l’homme », c’est-à-dire il forma Israël. Le mot « vaïiçer » (il forma) est écrit avec deux Yod, alors que grammaticalement il n’en demande qu’un seul ; c’est pour nous indiquer qu’à ce moment, le Saint, béni soit-il, forma l’homme, et avec la figure de ce bas monde et avec celle du monde futur. Le mot « vaïiçer » indique qu’à ce moment le Saint, béni soit-il, a gravé son nom sur la figure de l’homme en lui donnant la forme de deux Yod et d’un Vav au milieu ; ce sont les deux yeux qui représentent les deux Yod et le nez du milieu qui a la forme du Vav. Or, la valeur numérique des deux Yod et du Vav égale celle du nom de Jéhovah.
C’est pourquoi l’Écriture dit (Nomb. , XIII, 9) : « Je le vois du sommet des rochers » ; or le mot « çourim » (rochers) signifie également «figures » ; Balaam disait qu’en regardant la figure d’Israël, il y voyait le nom de Jéhovah. Une autre ressemblance d’Israël avec le nom divin se trouve dans les deux tables de la loi qui représentent les deux Yod, alors que le Vav est symbolisé par l’Écriture gravée sur les tables. Dieu a, en outre, formé l’homme de façon qu’il représente l’époux et l’épouse céleste, qui sont symbolisés par les lettres Yod et Hé, et unis par le Vav. Dieu forma l’homme avec cette figure céleste qui est appelée Israël, Colonne du milieu (84), qui embrasse la Schekhina d’en haut et celle d’en bas ; la Schekhina d’en haut et celle d’en bas sont symbolisées par la récitation de la liturgie Schéma du soir et du matin. C’est à ces deux Schekhina que font allusion les paroles de l’Écriture : « L’os de mes os, la chair de ma chair. » Aussitôt après, Dieu planta Israël dans le jardin de l’Éden sacré, ainsi qu’il est écrit : « Et Jéhovah Élohim planta dès le commencement un jardin dans l’Éden, et y plaça l’homme qu’il avait formé. » « Jéhovah Élohim» désignent le Père et la Mère célestes (85) ; « un jardin » désigne la Schekhina d’en bas ; « dans l’Éden » désigne la Mère céleste ; « et y plaça l’homme » désigne la Colonne du milieu ; il en fit son épouse, qui ne doit jamais être séparée de l’époux, dont elle fait les délices.
A ce moment, le Saint, béni soit-il, planta Israël, qui constitue les rejetons sacrés de ce monde, ainsi qu’il est écrit (Is. , LX, 21) : « Ils sont les rejetons que j’ai plantés, les ouvrages que ma main a faits pour me rendre gloire. » Il est écrit (Gen. , II, 9) : « Et Jéhovah Élohim fit pousser de la terre tout arbre agréable à la vue et portant des fruits bons à manger. » «Jéhovah Élohim» désignent le Père et la Mère célestes ; « tout arbre agréable à la vue » désignent le Juste « et portant des fruits bons à manger » désignent la Colonne du milieu, par laquelle seront nourris tous les êtres de la terre ; car c’est elle qui tient tout en son pouvoir ; le juste n’aura d’autre nourriture que celle que lui accordera la Schekhina. La Schekhina n’aura plus besoin des êtres d’ici-bas pour se nourrir ; mais, au contraire, tous ici-bas seront nourris par elle. Durant la captivité d’Israël, la Schekhina et Celui qui vit en toute éternité n’ont eu d’autre nourriture que les dix-huit bénédictions de la prière. Mais au moment de la délivrance (Rédemption), c’est la Schekhina qui constituera la nourriture de tout le monde (86).
C’est alors que l’arbre de la vie sera planté dans le jardin, ainsi qu’il est écrit (Gen. , III, 22) : «Qu’il porte sa main à l’arbre de Vie, et qu’il prenne aussi de son fruit, pour qu’en en mangeant il vive éternellement. » Car les esprits de l’autre côté, qui émanent de l’arbre du Bien et du Mal, esprits désignés par le nom, d’Intrus (Ereb Rab), n’ont aucune prise sur la Schekhina, qui est au-dessus de toute impureté, ainsi qu’il est écrit (Deut. , XXXII, 12) : «Jéhovah a été seul son conducteur, et il n’y avait point avec lui de dieu étranger. » C’est pourquoi on n’accueille pas de prosélytes à l’époque messianique ; car la Schekhina sera alors comme la vigne sur laquelle on ne peut greffer aucune espèce étrangère. A cette époque, Israël sera un « arbre agréable à la vue ». C’est par la Schekhina qu’Israël reconquerra sa beauté, ainsi qu’il est écrit (Lam. , II, 1) : Il a fait tomber du ciel sur la terre celle qui rendra à Israël sa beauté. » L’arbre du Bien et du Mal fut écarté d’Israël, avec lequel il ne doit avoir aucune accointance, car c’es t à Israël que Dieu adressa le précepte (Gen. , II, 16) : « Ne mange point de l’arbre du Bien et du Mal ; car au moment où tu en mangeras, tu mourras, tu mourras. » L’arbre du Bien et du Mal signifie les Intrus ; c’est pour s’être mêlé aux Intrus qu’Israël est mort deux fois ; une fois par la destruction du premier temple, et une deuxième fois par la destruction du second temple. Israël est mort pour la Schekhina d’en haut par la destruction du premier temple ; et il est mort une seconde fois pour la Schekhina d’en bas par la destruction du second temple.
C’est à ces deux morts d’Israël que font allusion les paroles de l’Ecriture (Is. , XIX,5) : « Et le fleuve deviendra sec et aride », c’est-à-dire le fleuve de lumière auquel donne naissance le Hé d’en bas et qui remonte au Yod, symbole de l’Infini, deviendra sec et aride pour Israël. Mais au moment de la délivrance d’Israël, seul peuple saint, de l’exil, le fleuve qui avait été sec et aride jusque-là « sortira de l’Éden pour arroser le jardin ». « Le fleuve » désigne la Colonne du milieu qui sortira de l’Éden, qui est la Mère d’en haut ; « pour arroser le jardin », c’est la Schekhina d’en bas (87). C’est de cette époque que dit l’Écriture (Is. , LVIII, 14), au sujet de Moïse et d’Israël : « Alors vous trouverez vos délices dans le Seigneur. » Le mot « anag » (délices) est composé des lettres initiales des mots : « Eden », « Nahar » (fleuve), « Gan » (jardin). C’est alors que s’accompliront les paroles de l’Écriture (Ex. , XV, 1) : « Alors Moïse et les enfants d’Israël chanteront ce cantique au Seigneur » ; [...]

הָאָרֶץ א''ד מִן אדנ''י סָלִיק לֵיהּ ו' וְאִתְעֲבִיד בַּהּ אֲדוֹן כָּל הָאָרֶץ. מִיָּד וְהִשְׁקָה אֶת כָּל פְּנִי הָאֲדָמָה מִנֵּיהּ אִתְשַׁקְּיָין יִשְׂרָאֵל לְתַתָּא בְּע' אַנְפִּין דְּאוֹרַיְיתָא. דָּבָר אַחֵר וְאֵד יַעֲלֶה מִן הָאָרֶץ תַּרְגּוּמוֹ וְעֲנָנָא יִסְתַּלַּק מִן אַרְעָא. הַהִיא דְּאִתְּמָר בַּהּ (שמות מ׳:ל״ח) כִּי עֲנַן יְיָ עַל הַמִּשְׁכָּן וְגו' וּבֵיהּ מִתְשַׁקְּיָין תַּלְמִידֵי חֲכָמִים בְּאַרְעָא בְּהַהוּא זִמְנָא:

וַיִּיצֶר יְיָ אֱלֹהִים אֶת הָאָדָם אִלֵּין יִשְׂרָאֵל. בְּהַהוּא זִמְנָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא צַיַּיר לוֹן בְּצִיּוּרִין דְּעָלְמָא דֵּין וְעָלְמָא דְּאֲתֵי. וַיִּיצֶר בְּהַהוּא זִמְנָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עַיֵיל לוֹן בִּשְׁמֵיהּ בְּצִיּוּרָא דְּב' יוּדִי''ן י' י' ו' בֵּינַיְיהוּ דְּאִנּוּן סָלְקִין לְחֶשְׁבּוֹן יהו''ה. וִיהוֹן מְצוּיָירִין בְּאַנְפּוֹי בְּאַנְפִּין דִּילְהוֹן בִּתְרֵין יוּדִי''ן בְּחוֹטְמָא דִּילְהוֹן בְּאָת ו'. וּבְגִין דָּא אָמַר קְרָא (במדבר כ״ג:ט׳) כִּי מֵרֹאשׁ צוּרִים אֶרְאֶנּוּ. אִלֵּין אִנּוּן צִיּוּרִין דִּשְׁמָא קַדִּישָׁא. וִיהוֹן מְצוּיָירִין בְּאַנְפַּיְיהוּ בִּתְרֵין לוּחִין יַקִּירִין דְּאִנּוּן י' י' דְּאִיהוּ ו' חָרוּת עָלַיְיהוּ. וְעוֹד צִיֵּיר לוֹן לְכָל דּוֹר בְּבַת זוּגֵיהּ עִלָאָה דָּא י''ה וְאִנּוּן ו' יִחוּדָא דְּתַרְוַויְיהוּ. וְצַיֵּיר לוֹן בְּאִנּוּן דְּצִיּוּרָא דִּלְעֵילָא דְּאִיהוּ יִשְׂרָאֵל עַמּוּדָא דְּאֶמְצָעִיתָא כָּלִיל שְׁכִינְתָּא עִלָּאָה וְתַתָּאָה דְּאִנּוּן קְרִיאַת שְׁמַע עַרְבִית וּקְרִיאַת שְׁמַע שַׁחֲרִית וְעֲלַיְיהוּ אִתְּמָר עֶצֶם מֵעֲצָמַי וּבָשָׂר מִבְּשָׂרִי.

וּמִיָּד בְּהַהוּא זִמְנָא נָטַע לוֹן לְיִשְׂרָאֵל בְּגִנְתָּא דְעֵדֶן קַדִּישָׁא הֲדָא הוּא דִכְתִיב וַיִּטַּע יְיָ (כ''ח א) אֱלהִים אַבָּ''א וְאִמָּ''א. גַּ''ן דָּא שְׁכִינְתָּא תַּתָּאָה. עֵדֶ''ן דָּא אִמָּא עִלָּאָה. אֶת הָאָדָם דָּא עַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא. אִיהִי תְּהֵא נֶטַע דִּילֵיהּ, בַּת זוּגֵיהּ וְלָא תָזוּז מִנֵּיהּ לְעָלַם. וּתְהֵא עִדּוּנָא דִילֵיהּ. וְיִשְׂרָאֵל קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא נָטַע לוֹן בְּהַהִיא זִמְנָא נִטְעָא קַדִּישָׁא בְּעָלְמָא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (ישעיהו ס׳:כ״א) נֵצֶר מַטָּעַי מַעֲשֵׂי יָדַי לְהִתְפָּאֵר:

וַיַּצְמַח יהו''ה אֱלֹהִים. אַבָּא וְאִמָּא. כָּל עֵץ נְחְמָד דָּא צַדִּי''ק. וְטוֹב לְמַאֲכָל דָּא עַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא דְּבֵיהּ הוּא זַמִּין (נ''א זמינא) מָזוֹן לְכֹלָא דְּכֹלָּא בֵּיהּ. וְלָא אִתְפַּרְנֵס צַדִּיק אֶלָּא מִנֵּיהּ וּשְׁכִינְתָּא מִנֵּיהּ, וְלָא צְרִיכִין לְתַתָּאִין (דילהון). אֶלָּא כּוּלְהוּ נִזּוֹנִין לְתַתָּא עַל יָדֵיהּ. דִּבְגָלוּתָא לָא הֲוָה לִשְׁכִינְתָּא וּלְח''י עָלְמִין מְזוֹנָא אֶלָּא בְּח''י בִּרְכָאן דִּצְלוֹתָא. אֲבָל בְּהַהוּא זִמְנָא אִיהוּ יְהֵא מְזוֹנָא לְכֹלָּא.

וְעֵץ הַחַיִּים דְּהוּא אִילָנָא דְחַיֵּי יְהֵא נְטִיעַ בְּגוֹ גִנְתָּא דְּאִתְּמָר בֵּיהּ (בראשית ג׳:כ״ב) וְלָקַח גַּם מֵעֵץ הַחַיִּים וְאָכַל וָחַי לְעוֹלָם. וּשְׁכִינְתָּא לָא שָׁלְטָא עֲלָהּ אִילָנָא דְסִטְרָא אָחֳרָא דְּאִנּוּן עֵרֶב רַב דְּאִנּוּן (סוף תצא) עֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע. וְלֹא תְקַבֵּל בָּהּ עוֹד טָמֵא הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (דברים ל״ב:י״ב) יְיָ בָּדָד יַנְחֶנּוּ וְאֵין עִמּוֹ אֵל נֵכָר. וּבְגִין דָּא לָא מְקַבְּלִין גֵּרִים לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ. וּתְהֵא שְׁכִינְתָּא כְּגַפְנָא דְּלָא מְקַבְּלָא נִטְעָא מִמִּינָא אָחֳרָא.

וְיִשְׂרָאֵל יְהוֹן כָּל עֵץ נְחְמָד לְמַרְאֶה. וְיִתְחַזַּר עֲלַיְיהוּ שׁוּפְרָא דְּאִתְּמָר בֵּיהּ (איכה ב׳:א׳) הִשְׁלִיךְ מִשָּׁמַיִם אֶרֶץ תִּפְאֶרֶת יִשְׂרָאֵל. וְעֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע אִדַחְיָין מִנַּיְיהוּ וְלָא מִתְדַּבְּקִין וְלָא מִתְעָרְבִין בְּהוֹן. דְּהָא אִתְּמָר בְּיִשְׂרָאֵל וּמֵעֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע לֹא תֹאכַל מִמֶּנּוּ דְּאִנּוּן עֵרֶב רַב. וְגָלֵי לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא דְּבְיוֹם אָכְלוֹ מִמֶּנּוּ גָּרְמוּ דְּאָבְדוּ ב' אָבְדִין דְּאִנּוּן בַּיִת רִאשׁוֹן וּבַיִת שֵׁנִי. דָּא אִיהוּ כִּי בְיוֹם אֲכָלְךָ מִמֶּנּוּ מוֹת תָּמוּת ב' פְּעָמִים. וְאִנּוּן גְּרִימוּ דְּצַדִּיק יֶחֳרָב וְיָבֵשׁ בְּבַיִת רִאשׁוֹן דְּאִיהִי שְׁכִינְתָּא עִלָּאָה, וּבְבַיִת שֵׁנִי דְּאִיהִי שְׁכִינְתָּא תַּתָּאָה. דָּא אִיהוּ (ישעיהו י״ט:ה׳) וְנָהָר יֶחרָב וְיָבֵשׁ. וְנָהָר דָּא (נ''א ו) יְחרָב בְּה' תַּתָּאָה בְּגִין דְּאִסְתַּלַּק מִנֵּיהּ נְבִיעוּ דְי' לְאֵין סוֹף.

וּמִיָּד דְּיִפְקוּן יִשְׂרָאֵל מִן גָּלוּתָא עַמָּא קַדִּישָׁא לְחוּד, מִיָּד נָהָר דְּהֲוָה חָרֵב וְיָבֵשׁ אִתְּמָר בֵּיהּ וְנָהָר יוֹצֵא מֵעֵדֶן דָּא ו' לְהַשְׁקוֹת אֶת הַגָּן. וְנָהָר דָּא עַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא. יוֹצֵא מֵעֵדֶן דָּא אִמָּא עִלָּאָה, לְהַשְׁקוֹת אֶת הַגָּן דָּא שְׁכִינְתָּא תַּתָּאָה. דִּבְהַהוּא זִמְנָא אִתְּמָר בְּמשֶׁה וּבְיִשְׂרָאֵל (ישעיהו נ״ח:י״ד) אָז תִתְעַנָּג עַל יְיָ בְּעֹנְג דְּאִיהוּ ע' עֵדֶן נ' נָהָר ג' גַּן. וְאִתְקְיַּים קְרָא (שמות ט״ו:א׳) אָז יָשִׁיר משֶׁה וְגו'
(Ⅰ)

*****

[26b]  
[...] l’Écriture ne dit pas « chantèrent », mais « chanteront », parce que Moïse et Israël ne chanteront ce cantique que lorsque le mot « anag » aura été transformé en « nega » (fléau) pour les « Intrus » et les autres peuples païens du monde qui, à l’instar de Pharaon et des Égyptiens, seront accablés de fléaux, alors qu’Israël aura «anag» (délices). Telle est la signification des paroles de l’Écriture : « Et un fleuve sortira de l’Éden pour arroser le jardin. » L’Écriture ajoute (Gen. , II, 10) : « Et de là, le fleuve se divise en quatre canaux. » Ces quatre canaux sont : La Séphirâ « Hésed », symbolisée par le bras droit de l’arbre séphirotique ; c’est pourquoi la tradition dit : Quiconque veut acquérir de la sagesse doit tourner le visage vers le Sud. A ce canal s’abreuvent Michel et ses légions, et avec celles-ci la tribu de Juda, et encore deux autres tribus. Le second canal est la Séphirâ « Gueboura», symbolisée par le bras gauche de l’arbre séphirothique ; c’est pourquoi la tradition dit : Quiconque veut s’enrichir, doit tourner le visage vers le Nord. A ce canal s’abreuvent les légions de Gabriel, et avec celles-ci la tribu de Dan, et encore deux autres tribus. Le troisième canal est la Séphirâ « Nèçah », symbolisée par la cuisse droite de l’arbre séphirothique. A ce canal s’abreuvent les légions de Nouriël, et avec celles-ci la tribu de Ruben, et encore deux autres tribus.
Le quatrième canal est la Séphirâ « Hod», symbolisée par la cuisse gauche de l’arbre séphirothique ; c’est de cette Séphirâ que parle l’Écriture au sujet de Jacob : « Il se trouva boiteux d’une jambe. » (88) A ce canal s’abreuvent les légions de Raphaël, dont la mission est de guérir les maux de la captivité ; et avec celles-ci la tribu d’Éphraïm, et encore deux autres tribus. Selon une autre interprétation, les mots : « Et de là ce fleuve se divise en quatre canaux », préfigurent les quatre hommes qui ont pénétré dans le jardin mystérieux « Pardès »(89). Le premier est arrivé jusqu’au canal « Pischon », qui veut dire « Pi schonè halakhoth » (la bouche qui enseigne la loi). Le second a pénétré dans le canal « Ghiohon », ce qui veut dire l’endroit où est enseveli celui dont l’Écriture dit (90) : « Tout ce qui marche sur la poitrine, » (Ghiohon). A ce canal s’abreuve Gabriel, dont le nom est composé de Gheber-el (l’homme-dieu) ; c’est à quoi font allusion les paroles de l’Écriture (Job, III, 23) : « L’homme (gheber) qui marche dans une route inconnue et que Dieu a recouvert de son voile» ; et ailleurs (Deut. , XXXIV, 6) : « Et nul homme jusqu’aujourd’hui n’a connu le lieu où il a été enseveli » ; ce verset est traduit par le Thargoum de cette façon : « Et l’homme (gheber) n’a connu son sépulcre », jusqu’au jour où il se révélera. Ce canal renferme le second degré de la doctrine appelée « Remez » (allusion) ; et, en effet, une allusion est suffisante pour un sage. Le troisième est parvenu jusqu’au canal appelé « Hideqel », qui veut dire : « Had qal » (la parole facile). C’est le troisième degré de la doctrine appelé « Darasch» (homélie).
Le quatrième a atteint le quatrième canal appelé « Perath », qui constitue le cerveau de l’arbre séphirothique et d’où émane la matière fécondante. Ben Zoma et Ben Azaï, qui ont pénétré dans la pelure de la doctrine, ont été lésés par la pelure ; mais Rabbi Aqiba, qui est parvenu jusqu’au cerveau de l’arbre séphirothique, y est, selon la tradition, entré en paix et en est sorti en paix.
Rabbi Éléazar dit à son père : Père, je me trouvai un jour à l’école où les collègues discutaient sur le sens des paroles de Rabbi Aqiba, qui dit à ses disciples : Lorsque vous arriverez auprès des pierres transparentes et éclatantes de lumière, ne vous écriez pas : Eaux ! eaux ! car vous pourriez vous exposer à un grand danger, ainsi qu’il est écrit (Ps. , CI, 7) : « Celui qui profère des mensonges n’est point agréable à mes yeux. » Pendant que les collègues discutaient sur le sens de ces paroles, le Vieillard des vieillards vint à descendre ; et, s’adressant aux collègues, il leur dit : Maîtres, quel est le sujet de votre discussion ? Ils lui répondirent : C’est le sens de l’exhortation adressée par Rabbi Aqiba à ses disciples, relative aux pierres transparentes et éclatantes de lumière.
Le Vieillard des vieillards leur dit : En vérité, les paroles de Rabbi Aqiba cachent le mystère suprême qui a été exposé à l’école céleste. C’est afin que vous ne fussiez pas induits en erreur que je suis descendu ici pour vous révéler ce mystère suprême caché aux hommes de la présente génération. En vérité, les pierres transparentes et éclatantes de lumière donnent naissance à des eaux cristallines symbolisées par la lettre Aleph, qui représente le commencement et la fin. Le trait ayant la forme d’un Vav, qui sépare le Yod d’en haut de celui d’en bas, est le symbole de l’arbre de la vie ; quiconque en mangera aura la vie éternelle. Les (91) deux Yod de la lettre Aleph ont la même signification que les deux Yod du mot « vaïiçer » (et il créa) ; ils sont le symbole de deux formations, de celle d’en haut et de celle d’en bas, c’est-à-dire de la seconde Séphirà ou hypostase appelée « Hocmâ ».
Les deux Yod symbolisent la « Hocmâ », qui est le commencement et la fin de toute chose ; ils représentent les mystères de la « Hocmâ» d’en haut qui, dans l’arbre séphirothique, est située au-dessous de la première Séphirà appelée « Kether». Ces deux Yod correspondent également aux deux yeux séphirothiques, d’où coulèrent deux larmes (92)qui tombèrent dans le grand océan (93). Et pourquoi sont-elles tombées dans l’océan ? En raison des tables de la loi que Moïse fit descendre du ciel, et dont Israël n’a pas été jugé digne de profiter. C’est pourquoi elle furent brisées et jetées. C’est ce qui occasionna la destruction du premier et du second temples. Et pourquoi les premières tables furent-elles jetées, alors que Moïse pouvait s’en servir pour les rendre aux Israélites ? C’est parce que le Vav (94) s’en est envolé (95). C’est ce même symbole qui est indiqué par le Vav du mot « vaïicer » (et il créa). C’est pourquoi Moïse donna à Israël d’autres tables de la loi, qui étaient du côté de l’arbre du Bien et du Mal. C’est pour cette raison que la Loi est formée de préceptes négatifs et de commandements : « Ceci est permis, cela est défendu » ; c’est parce que la Loi émane de l’arbre du Bien et du Mal. Le côté droit, c’est la vie ; le côté gauche, c’est la mort. C’est pourquoi
Rabbi Aqiba dit à ses disciples : Lorsque vous arriverez auprès des pierres transparentes et éclatantes de lumière, ne vous écriez pas : Eaux ! eaux ! c’est-à-dire ne comparez pas les pierres éclatantes et transparentes de lumière (96) aux autres pierres des tables de la loi, renfermant la Vie et la Mort, ainsi qu’il est écrit (Eccl. , X, 2) : « Le cœur du sage est à droite et le cœur de l’insensé est à gauche. » Mais il y a plus, en agissant ainsi, vous vous exposerez à un grand danger ; car la loi émane de l’arbre du Bien et du Mal ; c’est pourquoi il y a division, alors que les pierres transparentes et éclatantes de lumière forment l’unité où il n’y a aucune division. Mais si vous pensez que les premières tables de la loi que Moïse avaient jetées et qui émanaient de l’arbre de la Vie, n’existant plus, il y a division même auprès des pierres transparentes et éclatantes de lumière (97) , vous vous exposerez au danger de ressembler à ceux dont l’Écriture dit (Ps. , CI, 7) : « Celui qui profère des mensonges n’est point agréable à mes yeux » ; car auprès de ces pierres, il n’y a point de division, attendu quelles sont les mêmes que celles qui ont été brisées par Moïse. Lorsque le Vieillard des vieillards eut cessé de parler, les collègues accoururent pour l’embrasser ; [...]

שָׁר לֹא נֶאֱמַר אֶלָּא יָשִׁיר. וְאִתְהַפַּךְ לְעֵרַב רַב עֹנֶ''ג לְנֶגַ''ע וּלְאוּמִין דְּעָלְמָא עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת כְּגַוְונָא דְפַרְעֹה וּמִצְרָאֵי דְּפָרַח בְּהוֹן שְׁחִין אֲבַעְבּוּעוֹת. אֲבָל לְיִשְׂרָאֵל יְהֵא עֹנֶ''ג.

וְדָא אִיהוּ וְנָהָר יוֹצֵא מֵעֵדֶן לְהַשְׁקוֹת אֶת הַגָּן. וּמִשָּׁם יִפָּרֵד וְהָיָה לְאַרְבָּעָה רָאשִׁים. דְּאִנּוּן חֶסֶ''ד דְּרוֹעָא יָמִינָא. וּבְהַהוּא זִמְנָא הָרוֹצֶה לְהַחְכִּים יַדְרִים. וּמַחֲנֶה מִיכָאֵ''ל אִתְשַׁקְיָין מִנֵּיהּ וְעִמֵּיהּ מַטֵּה יְהוּדָה וּתְרֵין שִׁבְטִין. גְּבוּרָ''ה דְּרוֹעָא שְׂמָאלָא. וּבְהַהוּא זִמְנָא הָרוֹצֶה לְהַעֲשִׁיר יַצְפִּין. וּמַחֲנֶה גַּבְרִיאֵ''ל אִתְשַׁקְיָין מִנֵּיהּ וְעִמֵּיהּ מַטֵּה דָן וּתְרֵין שִׁבְטִין. נְצַ''ח שׁוֹקָא יָמִינָא וּמִנָּהּ אִתְשַׁקְיָין מַשִּׁרְיָיא דְּנוּרִיאֵ''ל וְעִמֵּיהּ מַטֵּה רְאוּבֵן וּתְרֵין שִׁבְטִין עִמֵּיהּ. הוֹ''ד שׁוֹקָא שְׂמָאלָא דְּעֲלָהּ אִתְּמָר לְיַעֲקֹב (בראשית ל״ב:ל״ב) וְהוּא צוֹלֵעַ עַל יְרֵכוֹ וּמִנֵּיהּ אִתְשַׁקְיָין מַשִּׁרְיָיא דִּרְפָאֵל דְּאִיהוּ מְמַנָּא עַל אַסְוָותָא דְגָלוּתָא וְעִמֵּיהּ מַטֵּה אֶפְרָיִם וּב' שִׁבְטִין.

דָּבָר אַחֵר וּמִשָּׁם יִפָּרֵד וְהָיָה לְאַרְבָּעָה רָאשִׁים אִלֵּין אִנּוּן אַרְבָּעָה דְּנִכְנְסוּ לַפַּרְדֵּס. חַד עָאל בְּפִישׁוֹ''ן דְּאִיהוּ פִּי שׁוֹנֶה הֲלָכוֹת. תִּנְיָינָא עָאל בְּגִיחוֹ''ן. וְתַמָּן הוּא קָבוּר הַהוּא דְּאִתְּמָר בֵּיהּ (ויקרא י״א:מ״א-מ״ב) כָּל הוֹלֵךְ עַל גָּחוֹן, גַּבְרִיאֵ''ל גָּבַר אֵל עֲלֵיהּ אִתְּמָר (איוב ג׳:כ״ג) לְגֶבֶר אֲשֶׁר דַּרְכּוֹ נִסְתָּרָה וַיָּסֶךְ אֱלוֹהַּ בַּעֲדוֹ. וְלֹא יָדַע גְּבַר יַת קְבוּרְתֵּיהּ עַד יוֹמָא הָדֵין דְּאִתְגַּלְיָיא תַּמָּן. וְדָא אִיהוּ רֶמֶז וּלְחַכִּימָא בִּרְמִיזָא. תְּלִיתָאָה עָאל בַּחִדֶּקֶ''ל חַד קַל וְדָא לִישְׁנָא חֲדִידָא קַלָּא לִדְרָשָׁא. רְבִיעָאָה עָאל בַּפְּרָ''ת דְּאִיהוּ מוֹחָא דְּבֵיהּ פְּרִיָּה וּרְבִיָּה. בֶּן זוֹמָא וּבֶן עֲזַאי דְּעָאלוּ בִּקְלִיפִין דְּאוֹרַיְיתָא הֲווּ לָקָאן בְּהוֹן. רִבִּי עֲקִיבָא (פקודי רנ''ד ע''א) דְּעָאל בְּמוֹחָא אִתְּמָר בֵּיהּ דְּעָאל בִּשְׁלָם וְנָפַק בִּשְׁלָם.

(אמר רבי אלעזר, אבא, יומא חד הוינא בבי מדרשא, ושאילו חברייא מאי ניהו דאמר רבי עקיבא לתלמידוי כשתגיעו לאבני שיש טהור אל תאמרו מים מים שמא תסתכנון גרמייכו דכתיב, (תהילים ק״א:ז׳) דובר שקרים לא יכון לנגד עיני. אדהכי הא סבא דסבין קא נחית אמר לון רבנן, במאי קא תשתדלון. אמרו ליה ודאי בהא דאמר רבי עקיבא לתלמידוי כשתגיעו לאבני שיש וכו'. אמר לון ודאי רזא עלאה אית הכא. והא אוקמוה במתיבתא עלאה. ובגין דלא תטעון נחיתנא לכו ובגין (דאתגליא) רזא דא בינייכו דאיהי רזא עלאה טמירא מבני דרא.

בודאי אבני שיש טהור אנון דמנהון מיין דכיין נפקין. ואנון רמיזין באת א רישא וסופא. ו' דאיהו נטוי בינייהו איהו עץ החיים. מאן דאכיל מניה וחי לעלם. ואלין ב' יודי''ן אנון רמיזין בוייצר. ואנון תרין יצירות. יצירה דעלאין ויצירה דתתאין. ואנון חכמה בראש וחכמה בסוף. תעלומות חכמה. ודאי אנון תעלומות מחכמה עלאה דתחות כתר עלאה.

ואנון לקבל ב' עיינין דבהון (שמות יח א) תרין דמעין נחתו בימא רבא. ואמאי נחתו. בגין דאורייתא מתרין לוחין אלין הוה משה נחית לישראל. ולא זכו בהון ואתברו ונפלו. ודא גרים אבודא דבית ראשון ושני. ואמאי נפלו בגין דפרח ו' מנייהו דאיהו ו' דוייצר. ויהיב לון אחרנין מסטרא דעץ הדעת טוב ורע דמתמן אתייהיבת אורייתא באסור והתר מימינא חיי ומשמאלא מותא.

ובגין דא אמר רבי עקיבא לתלמידוי כשתגיעו לאבני שיש טהור אל תאמרו מים מים. לא תהוו שקילין אבני שיש טהור (נ''א דאנון ב' יודין דוייצר חכמה עלאה וחכמה תתאה) לאבנין אחרנין דאנון חיי ומותא דמתמן (קהלת י׳:ב׳) לב חכם לימינו. ולב כסיל לשמאלו. ולא עוד אלא אתון תסתכנון גרמייכו. בגין דאלין דעץ הדעת טוב ורע אנון בפרודא. ואבני שיש טהור אנון ביחודא בלא פירודא כלל. ואי תימרון דהא אסתלק עץ החיים מנייהו ונפלו ואית פירודא בינייהו. דובר שקרים לא יכון לנגד עיני דהא לית תמן פירודא לעילא. דאלין דאתברו מאנון הוו. אתו לנשקא
(Ⅰ)

*****

[27a]  
[...] mais il s’envola et disparut. Selon une autre interprétation, les paroles (Gen. , II, 10) : « Il sortait un fleuve d’Éden » signifient qu’en haut l’arbre de la Vie n’est pas entouré de pelures étrangères à son essence, ainsi qu’il est écrit (Ps. , V, 5) : « Le malin ne demeure point près de toi » ; mais l’arbre d’en bas est entouré de pelures étrangères à son essence. Le fleuve sortant de l’Éden désigne Hénoch, appelé également Métatron, qui sort de l’Éden de la « Petite Figure » ; car le jardin d’Éden supérieur du Saint, béni soit-il, n’est point infesté par les démons, pour avoir besoin d’un gardien (98).
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Il sortait un fleuve d’Éden » ; ceci équivaut à dire : Métatron sortait de son propre Éden ; « pour arroser le jardin », son propre jardin appelé « Pardès », où ont pénétré Ben Azaï, Ben Zoma et Élisée (99). Ce jardin est entouré de pelures ; aussi est-il bon d’un côté et mauvais de l’autre, parce que la Loi émane de l’arbre du Bien et du Mal ; c’est pourquoi elle est formée de préceptes de ce genre : « Ceci est défendu à manger, cela est permis ; cet acte est licite, cet autre ne l’est pas ; ceci est impur, cela est pur. » Un vieillard se leva alors en s’écriant : Rabbi, Rabbi, tes paroles sont exactes, mais cet arbre d’en bas n’est pas l’ « arbre de la Vie ». Mais voici le mystère des deux Yod du mot « vaïiçer» (et il créa) ; ils indiquent deux créations, celle du Bien et celle du Mal, symbolisées par l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal. « L’arbre » indique le « Petit homme » ; « le Bien et le Mal » indiquent le côté de la Vie et le côté de la Mort.
Il y a en effet deux créations qui sont symbolisées par les choses défendues et les choses permises. C’est à quoi fait allusion le verset : « Il a créé l’homme, poussière de la terre, il a soufflé dans son âme le souffle de la vie», c’est la Schekhina d’en haut. L’ « Eden » c’est la pénitence. C’est aussi à quoi fait allusion le verset : « Et l’arbre de la Vie était dans le jardin » ; « l’arbre de la Vie », c’est la Colonne du milieu ; « le jardin » indique la Schekhina d’en bas. L’homme est composé de trois choses (100) : La vie (nephesch), l’esprit (rouah ou haïâ) et l’âme (neschamah). C’est par eux que l’homme devint un « esprit vivant », esprit qui provient de la bouche même de la Schekhina qui est appelée « âme vivante ». Aussitôt que le Vieillard eut prononcé ces paroles, il monta au ciel. Rabbi Siméon s’écria : Collègues, c’est assurément un ange, celui qui vient de nous apparaître ; car, en effet, ses paroles sont corroborées par plusieurs passages bibliques.
Rabbi Siméon commença alors l’interprétation du verset suivant (Gen. , II, 15) : « Et Jéhovah Élohim prit l’homme et le mit dans le jardin de l’Éden, afin qu’il le cultivât et le gardât. » « Prit l’homme » : d’où le prit-il ? Il l’a pris des quatre éléments dont il est dit : « De là ce fleuve se divise en quatre canaux. » L’Écriture veut dire que Dieu détacha l’homme de ces quatre éléments et le plaça dans le jardin de l’Éden ; c’est ainsi que le Saint, béni soit-il, agit avec les hommes, formés de quatre éléments ; quand ces hommes font pénitence et se consacrent à l’étude de la loi, le Saint, béni soit-il, les détache des éléments dont ils furent formés. C’est de ces hommes que l’Écriture dit : « Et de là ce fleuve se divise en quatre canaux », c’est-à-dire : Dieu détache leurs âmes des éléments matériels ; en d’autres termes, il les préserve de tous désirs coupables et les place dans son jardin, qui est la Schekhina (101) « Afin qu’il le cultivât et le gardât » : le mot « cultivât » désigne les commandements ; « le gardât » désigne les préceptes négatifs. Lorsque l’homme a observé la loi, c’est lui qui dominera les quatre éléments qui se transforment en un fleuve dont il sera abreuvé, et non pas des eaux amères, ; ce fleuve témoignera que l’homme a su maîtriser les éléments dont il fut formé.
Mais si l’homme a transgressé la loi, il sera abreuvé des eaux amères qui émanent de l’arbre du Mal, c’est-à-dire de l’Esprit tentateur. De tous ceux qui sont dominés par les quatre éléments, l’Écriture dit (Ex. , I, 14) : « Et il leur rendait la vie amère. » Alors que, de ceux qui sanctifient leurs membres et leurs corps, en les plaçant du côté du Bon et en les plaçant au-dessus des quatre éléments, l’Écriture dit (Ex. , XV, 23) : « Ils arrivèrent à Mara, et ils ne pouvaient boire les eaux de Mara, parce qu’elles étaient amères. » La tradition explique ainsi le verset précédent. « Et il leur rendait la vie amère par des travaux pénibles » désignent les difficultés que présente la loi ; le mot « behomer » (de mortier) désigne la règle herméneutique concernant la comparaison entre une loi modérée et une autre aggravée (homer) ; « ou-bilbenim » (et de briques) désigne l’éclaircissement (libon) de la loi ; enfin les mots : « Toute sorte d’ouvrages des champs » désignent la Boraïtha ; « tous leurs travaux » désignent la Mischnah. Tels sont les travaux pénibles dont Israël est chargé pendant l’époque de la loi.
Mais lorsque Israël fera pénitence, les paroles de l’Écriture s’accompliront (Ex. , XV, 25) : « Dieu lui montra un bois qu’il jeta dans les eaux : et les eaux, d’amères qu’elles étaient, devinrent douces. » Le bois dont parle l’Écriture est l’arbre de la Vie ; c’est par lui que les eaux deviendront douces ; et c’est Moïse qui procurera à Israël cet arbre qui désigne le Messie ; car c’est de Moïse que l’Écriture dit (Ex. , XVII, 9) : « Et la verge de Dieu était entre ses mains. » Le mot « Matê » (verge) désigne Métatron (102) ; de son côté viennent et la Vie et la Mort. Quand il se transforme en verge, il est favorable aux hommes, car il se trouve alors du bon côté (103) ; mais quand il se transforme en un serpent, il est contre l’homme (104). C’est pourquoi, lorsqu’il se transforma en serpent, Moïse eut peur, ainsi qu’il est écrit (Ex. , IV, 3) : « Et Moïse s’enfuit de devant le serpent. » Le Saint, béni soit-il, l’a remis au pouvoir de Moïse ; ainsi fut formée la loi traditionnelle composée de préceptes relatifs aux aliments défendus et permis. Mais aussitôt que Moïse a frappé la pierre de sa verge, le Saint, béni soit-il, la lui a reprise, ainsi qu’il est écrit (II Rois, XXIII, 21) : « L’Égyptien parut, la verge à la main, et Banaïas la lui arracha. » La verge de Moïse c’est l’esprit tentateur, c’est le serpent, cause de la captivité d’Israël.
Les paroles de l’Écriture : « De là ce fleuve se divise en quatre canaux », peuvent encore s’expliquer d’une autre façon. Heureux l’homme qui se consacre à l’étude de la loi ; car, au moment où le Saint, béni soit-il, ôtera l’âme du corps d’un tel homme, l’âme quittera le corps composé de quatre éléments et montera au ciel pour y être placée à la tête de quatre [...]

ליה פרח ואסתלק מנייהו).

דָּבָר אַחֵר וְנָהָר יוֹצֵא מֵעֵדֶן. בְּוַדַּאי לְעֵילָא בְּעֵץ חַיִּים תַּמָּן לֵית קְלִיפִּין נוּכְרָאִין הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (תהילים ה׳:ה׳) לא יְגוּרְךָ רָע. אֲבָל בְּעֵץ דִּלְתַתָּא אִית קְלִיפִּין נוּכְרָאִין וַדַּאי. וְאִיהוּ נָטוּעַ בְּגִנְתָא דְעֵדֶן דִּזְעֵיר אַפִּין. דְּאִיהוּ חֲנוֹךְ מטטרון דְּגַּן עֵדֶן דִּלְעֵילָא. דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לֵית תַּמָּן עַרְטוּמָא, לְמֶיהֱוֵי תַּמָּן נִפְתָּל וְעִקֵּשׁ. וּבְגִין דָּא וְנָהָר יוֹצֵא וְגו' וְיָכִילְנָא לְמֵימַר בְּמטטרון יוֹצֵא מֵעֵדֶן מֵעִדּוּן דִּילֵיהּ. לְהַשְׁקוֹת אֶת הַגָּן גַּן דִּילֵיהּ פַּרְדֵּס (תיקון כ''ד) דִּילֵיהּ דְּתַמָּן עָאלוּ בֶּן עֲזַאי וּבֶן זוֹמָא וְאֱלִישָׁע. וּקְלִיפִּין דִּילֵיהּ מִסִּטְרָא דָא טוֹ''ב וּמִסִּטְרָא דָא רַע. וְדָא אִסּוּר וְהֶתֵּר כָּשֵׁר וּפָסוּל טוּמְאָה וְטָהֳרָה.

קָם חַד סָבָא וְאָמַר רִבִּי רִבִּי הָכִי הוּא וַדַּאי. אֲבָל עֵץ חַיִּים לָא אִתְקְרֵי אִיהוּ. אֶלָּא הָכִי הוּא רָזָא דְּמִלָּה וַיִּיצֶר חַד יְצִירָה דְּטוֹב וְחַד יְצִירָה דְּרָע. דָּא אִיהוּ עֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע. עֵץ דָּא אָדָם זְעֵירָא מִסִּטְרָא דְּחַיִּים מִנֵּיהּ וּמִסִּטְרָא דְמוֹתָא מִנֵּיהּ. תַּמָּן ב' יְצִירוֹת דִּילֵיהּ דְּאִנּוּן אִסּוּר וְהֶתֵּר, וְעֲלֵיהּ אִתְּמָר וַיִּיצֶר יְיָ אֱלֹהִים אֶת הָאָדָם עָפָר מִן הָאֲדָמָה.

וַיִּפַּח בְּאַפָּיו נִשְׁמַת חַיִּים. דָּא שְׁכִינְתָּא עִלָּאָה. עֵדֶן תְּיוּבְתָּא. וְעֲלָהּ אִתְּמָר וְעֵץ הַחַיִּים בְּתוֹךְ הַגָּן דָּא עַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא. הַגַּ''ן שְׁכִינְתָּא תַּתָּאָה. תְּלַת קְטִירִין אִנּוּן נִשְׁמָתָא רוּחָא נַפְשָׁא לְגַבֵּיהּ. וּבְהוֹן וַיְהִי הָאָדָם לְנֶפֶשׁ חַיָּה. דְּאִיהוּ מִפִּיו מַמָּשׁ אִתְקְרֵי לִשְׁכִינְתָּא דְּאִיהִי נִשְׁמַת חַיִּים. מִיָּד דְּאָמַר מִלִּין אִלֵּין סָלִיק לְעֵילָא. אָמַר רִבִּי שִׁמְעוֹן חַבְרַיָיא בְּוַדַּאי מַלְאֲכָא הֲוָה. וּבְוַדַּאי סָמִיךְ אִית לָנָא מִכָּל אֲתַר.

פָּתַח קְרָא אֲבַתְרֵיהּ: וַיִּקַּח יְיָ אֱלהִים אֶת הָאָדָם וַיַּנִּיחֵהוּ בְּגַן עֵדֶן וְגו'. וַיִּקַּח מֵאָן נָטִיל לֵיהּ. אֶלָּא נָטִיל לֵיהּ מֵד' יְסוֹדִין דְּאִתְּמָר בְּהוֹן וּמִשָּׁם יִפָּרֵד וְהָיָה לְאַרְבָּעָה רָאשִׁים. אַפְרִישׁ לֵיהּ מִנְּהוֹן וְשַׁוֵּי לֵיהּ בְּגִנְתָּא דְעֵדֶן.

כְּגַוְונָא דָא יַעֲבֵד קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְבַּר נָשׁ דְּאִתְבְּרֵי מֵד' יְסוֹדִין. בְּזִמְנָא דְתָב בִּתְיוּבְתָּא וּמִתְעַסֵּק בְּאוֹרַיְיתָא. קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא נָטִיל לֵיהּ מִתַּמָּן. וְעֲלַיְיהוּ אִתְּמָר וּמִשָּׁם יִפָּרֵד. אַפְרִישׁ נַפְשֵׁיהּ מִתַּאֲוָה דִּילְהוֹן וְשַׁוֵּי לֵיהּ בְּגִנְתָּא דִילֵיהּ דְּאִיהִי שְׁכִינְתָּא. לְעָבְדָהּ בְּפִקּוּדִין דְּעֲשֵׂה. וּלְשָׁמְרָהּ בְּפִקּוּדִין דְּלֹא תַעֲשֶׂה. אִי זָכָה לְנַטְרָא לָהּ אִיהוּ יְהֵא רֵישָׁא עַל ד' יְסוֹדִין. וְאִתְעֲבִיד נָהָר דְּאִתְשַׁקְיָין עַל יָדֵיהּ וְלָא עַל יְדָא אַחֲרָא וְאִשְׁתְּמוֹדְעִין בֵּיהּ דְּאִיהוּ רִבּוֹן וְשַׁלִּיט עֲלַיְיהוּ.

וְאִי עָבַר עַל אוֹרַיְיתָא אִתְשַׁקְיָין מִמְּרִירוּ דְאִילָנָא דְּרַע דְּאִיהוּ יֵצֶר הָרָע. וְכָל אֵבָרִין דְּאִנּוּן מֵד' יְסוֹדִין אִתְּמָר בְּהוֹן (שמות א׳:י״ד) וַיְמָרַרוּ אֶת חַיֵּיהֶם וְגו' וַיְמָרַרוּ בִּמְרִירוּ דְּמָרָה. וּלְגַבֵּי אֵבָרִין קַדִּישִׁין דְּגוּפָא דְּאִנּוּן מִסִּטְרָא דְטוֹב עֲלַיְיהוּ אִתְּמָר (שמות ט״ו:כ״ג) וַיָּבוֹאוּ מָרָתָה וְלֹא יָכְלוּ לִשְׁתּוֹת מַיִם מִמָּרָה וְגו'. כְּגַוְונָא דָא אָמְרוּ מָארֵי מַתְנִיתִין וַיְמָרַרוּ אֶת חַיֵּיהֶם בַּעֲבוֹדָה קָשָׁה בְּקוּשְׁיָא. בְּחוֹמֶר בְּקַל וָחוֹמֶר. וּבִלְבֵנִים בְּלִבּוּן הִלְכְתָא. וּבְכָל עֲבוֹדָה בַּשָּׂדֶה דָּא בָּרַיְיתָא. אֶת כָּל עֲבוֹדָתָם וְגו' דָּא מִשְׁנָה.

אִם תַּיְיבִין בִּתְיוּבְתָּא אִתְּמָר בְּהוֹן (שמות ט״ו:כ״ה) וַיּוֹרֵהוּ ה' עֵץ. וְדָא עֵץ חַיִּים וּבֵיהּ וַיִּמְתְּקוּ הַמָּיִם. וְדָא משֶׁה מָשִׁיחַ דְּאִתְּמָר בֵּיהּ (שמות י״ז:ט׳) וּמַטֵּה הָאֱלֹהִים בְּיָדוֹ. מַטֶּ''ה דָּא מטטרון מִסִּטְרֵיהּ חַיִּים וּמִסִּטְרֵיהּ מִיתָה. כַּד אִתְהַפַּךְ לְמַטֶּה אִיהוּ עֵזֶר מִסִּטְרָא דְטוֹב. כַּד אִתְהַפַּךְ לְחִוְיָא אִיהוּ כְּנֶגְדוֹ. מִיָּד (שמות ד׳:ג׳) וַיָּנָס משֶׁה מִפָּנָיו.

וְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא מְסָר לֵיהּ בִּידָא דְמשֶׁה וְאִיהוּ אוֹרַיְיתָא דִּבְעַל פֶּה דְּבֵיהּ אִסּוּר וְהֶתֵּר. מִיָּד (לעיל ו ע''ב) דְּמָחָא בֵּיהּ בְּטִינָרָא נְטַל לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בִּידֵיהּ. וְאִתְּמַר בֵּיהּ (שמואל ב כ״ג:כ״א) וַיֵּרֶד אֵלָיו בַּשָּׁבֶט לִמְחָאָה לֵיהּ בֵּיהּ. וְשֵׁבֶ''ט אִיהוּ יֵצֶר הָרָע חִוְיָא. וְכֹלָּא אִיהוּ בְּגָלוּתָא מֵחֲמַת דִּילֵיהּ. וְעוֹד וּמִשָּׁם יִפָּרֵד. זַכָּאָה אִיהוּ בַּר נָשׁ דְּאִשְׁתַּדַּל בְּאוֹרַיְיתָא. דְּבְּזִמְנָא דְּנָטִיל לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא מֵהַאי גוּפָא מֵד' יְסוֹדִין, אִתְפְּרַשׁ מִתַּמָּן וְאָזִיל לְמֶהֱוֵי רֵישָׁא בְּד'
(Ⅰ)

*****

[27b]  
[...] Hayoth, ainsi qu’il est écrit (Ps. , XCIX, 12) : « ils vous porteront sur leurs mains. » Il est écrit : « Et Jéhovah Élohim commande à l’homme et lui dit : Mangez de tous les arbres du jardin ; mais ne mangez point de l’arbre du Bien et du Mal. » Nous savons par une tradition que toutes les fois que l’Écriture emploie le terme de « commandement » (çav), celui-ci a rapport à la défense de l’idolâtrie (105). Le penchant à l’idolâtrie émane du foie ; le mot « cabad » (foie) signifie également « dur » ; c’est pourquoi l’idolâtrie est désignée par le terme de « travail dur ».
Le foie est le siège de la colère (106), c’est pourquoi la tradition dit : Quiconque se met en colère est aussi coupable que s’il se livrait au culte de l’idolâtrie. Telle est la signification des paroles : « Et Élohim commanda », c’est-à-dire : Dieu défendit à l’homme l’idolâtrie en le mettant en garde contre la colère qui en est la source. Les paroles « à l’homme » désignent le meurtre, ainsi qu’il est écrit (Gen. , IX, 6) : « Quiconque aura répandu le sang de l’homme, par l’homme aura son propre sang répandu. » Le penchant au meurtre vient de la bile, qui forme également l’épée de l’ange de la mort, comme il est écrit (Prov. , V, 4) : « Et la fin est amère comme l’absinthe et perçante comme une lame à deux tranchants. » (107). Les paroles : « Et lui dit » désignent l’inceste qui vient de la rate, comme il est écrit (Prov. , XXX, 20) : « Telle est la voie de la femme adultère qui, après avoir mangé, s’essuie la bouche et dit : Je n’ai point fait de mal. » Par le mot «la bouche» l’Écriture entend la rate, siège du penchant à l’inceste. La rate n’a aucune ouverture, et pourtant elle absorbe le sang noir du foie, de sorte que, à première vue, personne ne s’en douterait.
C’est pourquoi l’Écriture compare la femme adultère à la rate, le crime de cette femme ne laissant pas le meurtre qui vient de la non plus de traces visibles, alors que le meurtre qui vient de la bile est un crime qui laisse des traces ; le meurtrier répand le sang du cœur de sa victime, de même que la bile porte la trace du sang noir du foie. Aussi les hommes fuient-ils le meurtre plus que l’adultère, uniquement en raison des traces que laisse le premier, alors qu’au point de vue moral, un de ces crimes égale l’autre. Quiconque se rend coupable de meurtre, d’idolâtrie ou d’inceste, tue son âme à l’aide du foie, de la bile on de la rate, et il sera puni de l’enfer (108). Les chefs de l’enfer, préposés aux souffrances localisée aux trois viscères susnommés, sont : « Masch hith », « Aph » et « Hemah ».
Les quinze cas d’incestes correspondent à la valeur numérique des deux premières lettres du nom de Jéhovah, du Yod et du Hé. Les six autres cas d’inceste correspondent à la lettre Vav du nom de Jéhovah. Avant la captivité d’Israël, alors que la Schekhina était parmi Israël, le Saint, béni soit-il, commanda (Lévit. , XVIII, 7) : « Tu ne découvriras point dans ta mère ce qui doit être caché. » En agissant de façon à mériter la captivité, Israël a découvert dans la Schekhina ce qui doit être caché, ainsi qu’il est écrit (Is. , L, 1) : « C’est à cause de vos péchés que votre mère a été renvoyée. » C’est à cause du crime de l’inceste qu’Israël a été envoyé en captivité avec la Schekhina, dans laquelle il a découvert ce qui doit être caché. Traditum est ex « Lilith » ac Externis (Ereb et Rab) genitales partes Schekhinae existere. Mos tantam habet veteri disciplina verecundiam ut nemo sine castula prodeat. Verentur enim ne, si quo casu evenerit ut genitales partes aperiantur, aspiciantur non decore.
Ce sont ces démons qui divisent les deux Hé et empêchent le Vav de pénétrer au milieu ; c’est pourquoi l’Écriture dit (Lévit. , XVIII, 17) : « Tu ne découvriras point dans la femme et dans sa fille ce qui doit être caché » ; c’est une allusion aux Intrus composés des « Nephilim, Ghiborim, Amaleqim, Rephaïm et Anaqim», qui se sont introduits entre les deux Hé ; et, tant qu’ils y sont, le Saint, béni soit-il, s’interdit d’en approcher. Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Is. , XIX, 5) : « Le fleuve deviendra sec et aride » ; c’est-à-dire le Hé d’en haut, symbole de la Schekhina d’en haut, deviendra sec, et le Hé d’en bas, symbole de la Schekhina d’en bas, deviendra aride, pour empêcher les Intrus de se nourrir du Vav qui est l’arbre de la Vie. C’est pourquoi le Vav ne s’approche pas des deux Hé tant que les Intrus y sont ; et le Saint, béni soit-il, symbolisé par le Yod, s’interdit l’union avec le Hé final de Jéhovah, ainsi qu’il est écrit : « Tu ne découvriras point dans ta belle-fille ce qui doit être caché, parce quelle est la femme de ton fils» ; or, les Intrus constituent une division entre le Vav et le Hé (109). Telle est également la signification des paroles de l’Écriture (Lévit. , XVIII, 8) : « Tu ne découvriras point dans la femme de ton père ce qui doit être caché. » Car le Yod désigne le Père, le Hé désigne la Mère, le Vav désigne le Fils, et le Hé final désigne la Fille. » C’est ce qu’entend l’Écriture par les défenses de ne point découvrir ce qui doit être caché dans la femme du père, dans la sœur du père, dans la fille du fils ou dans la fille de la fille, - c’est-à-dire dans le Hé final qui est l’enfant du premier Hé ; enfin l’Écriture défend de découvrir ce qui doit être caché dans le frère du Père ; c’est le Yod écrit en pleines lettres qui est le fils de la lettre Yod et le frère de la lettre Vav. Le résumé de ce que nous venons de dire est que, tant que les Intrus seront mêlés à Israël, il n’y aura point de rapprochement entre les lettres du nom de Jéhovah ; mais aussitôt qu’ils seront effacés du monde, l’Écriture dit (Zac. , XIV, 9), au sujet des lettres du nom du Saint, béni soit-il : « En ce jour-là, Jéhovah sera un, et son nom sera un » c’est-à-dire uni.
C’est pourquoi l’homme, qui est Israël, trouve son unité dans la doctrine ésotérique, dont l’Écriture dit (Prov. , III, 18) : « Elle est un arbre de Vie pour ceux qui l’embrassent ; et heureux celui qui se tient fortement uni à elle. » Cet arbre de la Vie est la « Matrona », symbolisée par la Séphirà « Malcouth » (Règne) ; c’est pour cette raison qu’Israël est appelé « Fils de rois ». C’est pourquoi le Saint, béni soit-il, a dit (Gen. , II, 18) : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; faisons-lui une aide contre lui. » Par cette « aide contre l’homme » l’aventure entend la « Mischnah », servante de la Schekhina ; cette servante a été donnée pour épouse à Israël pendant son adolescence. Elle était tantôt son aide, tantôt contre lui. Ainsi, la Mischnah sert à Israël, durant la captivité, d’épouse ; elle est tantôt son aide, par les sentences : « Pur, permis à manger, l’acte est légal » ; elle est tantôt contre lui, par les sentences : « Impur, défendu à manger, l’acte est illégal. » La loi relative aux menstrues pures et impures est l’image de l’inconstance de la servante de la Schekhina. Cette épouse, qui est la Mischnah, est indiquée dans les paroles de Dieu : « Une aide contre l’homme» ; car l’union d’Israël avec cette épouse n’est pas parfaite. Israël ne trouvera l’union avec l’épouse véritable qu’à l’époque où les Intrus seront effacés du monde. C’est pourquoi Moïse a été enterré hors de la terre sainte. « Et personne ne connut son sépulcre jusqu’à ce jour. »(Deut. , XXXIV, 6). Le sépulcre désigne la Mischnah qui, durant l’adolescence d’Israël, avait la prééminence sur la « Matrona » que Moïse avait entrevue. Aussi, durant ce temps, le Roi et la « Matrona » [...]

חֵיוָון וְאִתְּמָר בְּהוֹן עַל כַּפַּיִם יִשָּׂאוּנְךָ וְגו':

וַיְצַו יְיָ אֱלֹהִים וְגו' הָא אוּקְמוּהָ לֵית צַו אֶלָּא עֲבוֹדָה זָרָה דְּמִתַּמָּן אֱלֹהִים אֲחֵרִים וְאִיהִי בַּכָּבֵד. דְּמִינָּהּ תִּכְבַּד הָעֲבוֹדָה דְּאִיהִי עֲבוֹדָה זָרָה לֵיהּ וְהַכָּבֵד כּוֹעֵס. וְהָא אוּקְמוּהָ כָּל הַכּוֹעֵס כְּאִלּוּ עוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה דָא אִיהוּ וַיְצַו. עַל הָאָדָם דָּא שְׁפִיכוּת דָּמִים כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (בראשיתט) בָּאָדָם דָּמוֹ יִשָּׁפֵךְ. וְדָא מָרָה חַרְבָּא דְּמַלְאַךְ הַמָּוֶת כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (משלי ה׳:ד׳) וְאַחֲרִיתָהּ מָרָה כְּלַעֲנָה חַדָּה כְּחֶרֶב פִּיּוֹת. לֵאמֹר דָּא גִּלּוּי עֲרָיוֹת וְדָא טְחוֹל עֲלֵיהּ אִתְּמָר (משלי ל׳:כ׳) אָכְלָה וּמָחֲתָה פִּיהָ וְגו' דִּטְחוֹל לֵית לֵיהּ פּוּמָא וְעַרְקִין וְאִתְשַׁקְיָא מֵעֲכִירוּ דְּדָמָא אוּכְמָא דְּכָבֵד וְלָא אַשְׁכַּחְנָא לֵיהּ פּוּמָא. וְדָא אִיהוּ אָכְלָה וּמָחֲתָה פִּיהָ וְגו'. כָּל שׁוֹפְכֵי דָּמִים מִמָּרָה אִנּוּן. דְּעַרְקִין דִּדְמָא דְלִבָּא מִיָּד דְּחָזָאן מָרָה כֻּלְהוֹן בָּרְחִין קֳדָמָהּ.

וְעֶרְיָין כֻּלְהוּ אִתְכַּסְיָין בַּחֲשׁוֹכָא בְּדַם אוּכְמָא דִטְחוֹל. מָאן דְּעֲבַר עַל שְׁפִיכַת דְּמָא וְעֲבוֹדָה זָרָה וְגִּלּוּי עֲרָיוֹת גַּלְיָא נִשְׁמְתֵיהּ בְּכָבֵד מָרָה טְחוֹל וְדַיְינִין לֵיהּ בַּגֵּיהִנָּם וּתְלַת מְמַנָּן עֲלַיְיהוּ מַשְׁחִית אַף וְחֵימָה. ט''ו עֶרְיָין אִנּוּן כְּחֻשְׁבַּן י''ה. וְשִׁית אָחֳרָנִין כְּחֻשְׁבַּן ו'. קֳדָם דְּגָלוּ יִשְׂרָאֵל בְּגָלוּתָא וּשְׁכִינְתָּא עִמְּהוֹן. מָנֵי קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְיִשְׂרָאֵל (ויקרא י״ח:ז׳) עֶרְוַת אִמְךָ לֹא תְגַלֵּה. וְדָא גָּלוּתָא אִיהוּ גִּלּוּי עֶרְוָתָה דִשְׁכִינְתָּא הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (ישעיהו נ׳:א׳) וּבְפִשְׁעֵיכֶם שֻׁלְחָה אִמְכֶם. וְעַל גִּלּוּי עֲרָיוֹת גָּלוּ יִשְׂרָאֵל וּשְׁכִינְתָּא בְּגָלוּתָא. וְדָא אִיהִי עֶרְוָה דִּשְׁכִינְתָּא. וְהַאי עֶרְוָה אִיהִי לִילִית אִמָּא דְּעֵרֶב רַב. וְעֵרֶב רַב אִנּוּן עֲרָיוֹת דִּילָהּ וַעֲרָיוֹת דְּיִשְׂרָאֵל דִּלְעֵילָא דְּעֲלֵיהּ אִתְּמָר (ויקרא י״ח:ח׳) עֶרְוַת אָבִיךָ לא תְגַלֵּה.

וְאִנּוּן אַפְרִישִׁין בֵּין ה' ה' דְּלָא אִתְקְרִיב ו' בֵּינַיְיהוּ הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (אחרי מות ע''ד) עֶרְוַת אִשָּׁה וּבִתָּהּ לא תְגַלֵּה. וְאִנּוּן שְׁכִינְתָּא עִלָּאָה וְתַתָּאָה. דְּבְּזִמְנָא דְּעֵרֶב רַב דְּאִנּוּן (סי' נג''ע ר''ע) נְ'פִילִים גִּ'בּוֹרִים עֲ'מָלֵקִים רְ'פָאִים עֲ'נָקִים בֵּין ה' ה', לֵית רְשׁוּ לְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְקָרְבָא בֵּינַיְיהוּ. וְרָזָא דְּמִלָּה (ישעיהו י״ט:ה׳) וְנָהָר יֶחרַב וְיָבֵשׁ יֶחרָב בְּה' עִלָּאָה וְיָבֵשׁ בְּה' תַּתָּאָה. בְּגִין דְּלָא יִתְפַּרְנְסוּן עֵרֶב רַב מִן ו' דְּאִיהוּ עֵץ הַחַיִּים. וּבְגִין דָּא לֵית קְרִיבוּ לְו' בֵּין ה' ה' בְּזִמְנָא דְּעֵרֶב רַב בֵּינַיְיהוּ.

וְלֵית רְשׁוּ לְאָת י' לְקָרָבָא בְּה' תִּנְיָינָא הֲדָא הוּא דִכְתִיב עֶרְוַת כַּלָּתְךָ לא תְגַלֵּה. וְאִנּוּן אַפְרִישׁוּ בֵּין ו' לְה' עִלָּאָה הֲדָא הוּא דִכְתִיב עֶרְוַת אֵשֶׁת אָבִיךָ לֹא תְגַלֵּה. דְּי' אִיהוּ אָב. ה' אֵם. ו' בֵּן. ה' בַּת. וּבְגִין דָּא מָנֵי לְגַבֵּיהּ ה' עִלָּאָה. עֶרְוַת אֵשֶׁת אָבִיךָ לֹא תְגַלֵּה. עֶרְוַת אֲחוֹתְךָ בַּת אָבִיךָ דָּא ה' תַּתָּאָה. אֶת בַּת בְּנָהּ וְאֶת בַּת בִּתָּהּ אִנּוּן ה''א ה''א דְּאִנּוּן תּוֹלָדִין דְּה'. עֶרְוַת אֲחִי אָבִיךָ דָּא יוּ''ד דְּאִיהוּ תּוֹלָדָה דְּאָת י' וְאִיהוּ אָח לְוא''ו.

סוֹף סוֹף בְּזִמְנָא דְּעֵרֶב רַב מְעוֹרָבִין בְּיִשְׂרָאֵל לֵית קְרִיבוּ וְיִחוּדָא בְּאַתְוָון שֵׁם ידו''ד, וּמִיָּד דְּיִתְמָחוּן מֵעָלְמָא אִתְּמָר בְּאַתְוָון דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא (זכריה י״ד:ט׳) בַּיּוֹם הַהוּא יִהְיֶה ידו''ד אֶחָד וּשְׁמוֹ אֶחָד. וּבְגִין דָא אָדָם דְּאִנּוּן יִשְׂרָאֵל אִית לוֹן יִחוּדָא בְּאוֹרַיְיתָא דְּאִתְמָּר בָּהּ (משלי ג׳:י״ח) עֵץ חַיִּים הִיא לַמַּחֲזִיקִים בָּהּ. וְאִיהִי מַטְרוֹנִיתָא מַלְכוּ''ת. דְּמִסִּטְרָהָא אִתְקְרִיאוּ יִשְׂרָאֵל בְּנֵי מְלָכִים. וּבְגִין דָא אָמַר קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לֹא טוֹב היוֹת הָאָדָם לְבַדּוֹ אֶעֱשֶׂה לוֹ עֵזֶר כְּנֶגְדוֹ דָּא מִשְׁנָה אִתְּתָא דְּהַהוּא נַעַר וְאִיהוּ (נ''א ואיהי) שִׁפְחָה דִשְׁכִינְתָּא. וְאִי זָכוּ יִשְׂרָאֵל אִיהִי עֵזְרִ לוֹן בְּגָלוּתָא מִסִּטְרָא דְּהֶתֵּר טָהוֹר כָּשֵׁר. וְאִי לָאו אִיהִי כְּנֶגְדוֹ מִסִּטְרָא דְטָמֵא פָּסוּל אָסוּר. טָהוֹר הֶתֵּר כָּשֵׁר אִיהוּ יֵצֶר הַטּוֹב. פָּסוּל טָמֵא אָסוּר אִיהוּ יֵצֶר הָרָע.

וְאִתְּתָא דְּאִית לָהּ דַּם טוֹהַר וְדַם נִדָּה מִסִּטְרָא דְּמִשְׁנָה אִיהִי שַׁוְיָא לֵיהּ וְלָאו אִיהִי בַּת זוּגֵיהּ יִחוּדָא דִּילֵיהּ. דְּלֵית יִחוּדָא עַד דְּעֵרֶב רַב יִתְמָחוּן מֵעָלְמָא. וּבְגִין דָא (לעיל כו ע''ב) אִתְקְבַר משֶׁה לְבַר מֵאַרְעָא קַדִּישָׁא. וּקְבוּרְתָּא דִּילֵיהּ מִשְׁנָה אִיהִי וְלָא יָדַע גְּבַר יַת קְבוּרְתֵּיהּ עַד יוֹמָא הָדֵין. קְבוּרְתָּא דִילֵיהּ מִשְׁנָה דְּשָׁלְטָא עַל מַטְרוֹנִיתָא דְּאִיהִי קַבָּלָה לְמשֶׁה. וּמַלְכָּא וּמַטְרוֹנִיתָא
(Ⅰ)

*****

[28a]  
[...] étaient séparés de l’Époux céleste.
C’est pourquoi l’Écriture dit (Prov. , XXX, 21-23) : « La terre est troublée par trois choses, et elle ne peut supporter la quatrième : Par un esclave, lorsqu’il règne ; par un insensé, lorsqu’il est rassasié de pain ; par une femme digne de haine, lorsqu’un homme l’a épousée ; et par une servante, lorsqu’elle prend la place de sa maîtresse. » L’esclave qui règne désigne l’esclave que l’on sait, c’est-à-dire Samaël ; la servante qui prend la place de la maîtresse désigne la Mischnah, qui prend la place de la « Matrona» ; et l’insensé qui est rassasié de pain désigne les Intrus qui sont appelés « le peuple d’insensés et nullement sages ». Rabbi Siméon continua sa conférence, et il dit : Il est écrit (Gen. , V, 19) : « Et Jéhovah Élohim forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel. » Malheur aux gens ignares (110) et aveugles qui n’examinent point les mystères de la doctrine et ne savent pas que, par les mots « les animaux des champs et les oiseaux du ciel », l’Écriture désigne les illettrés ; même les individus pourvus de vie (néphesch) et d’esprit (haïâ), sont sans utilité, ni pour la Schekhina en captivité (111), ni pour Moïse qui est avec elle ; car tant que la Schekhina est en captivité, Moïse ne la quitte pas un instant. Rabbi Éléazar demanda : Qui donc était l’objet des œuvres de l’homme parmi les Israélites, durant l’époque de Moïse ?
Rabbi Siméon lui répondit : Quoi ! mon fils, est-ce toi qui parles de la sorte ? N’as-tu pas lu les paroles de l’Écriture (Is. , XLVI, 10) : « C’est moi qui annonce dès le commencement ce qui ne doit arriver qu’à la fin des siècles, qui prédis les choses longtemps avant qu’elles soient faites. »
Rabbi Éléazar lui répondit : Tes paroles sont en effet exactes. C’est pourquoi la tradition nous apprend que Moïse n’est pas mort et qu’il est appelé « homme ». C’est à lui que font allusion les paroles de l’Écriture (Gen. , II, 20) : « Mais il ne se trouvait point d’aide pour l’homme, et tous étaient contre lui. » Et de même il est dit, au sujet de la Colonne du milieu, que l’homme (Moïse) ne trouva point d’aide contre les démons pour faire sortir la Schekhina de l’exil, ainsi qu’il est écrit (Ex. , II, 12) : « Il regarda d’un côté et de l’autre côté, et il vit qu’il n’y a point d’homme», c’est-à-dire : Moïse, qui était l’image de la Colonne du milieu, vit qu’il n’y avait personne pour lui prêter aide. En ce moment, l’Écriture (Gen. , II, 21), dit : « Et Jéhovah Élohim envoya un profond sommeil à l’homme ; et lorsqu’il était endormi, il tira une de ses côtes et mit de la chair à sa place. » «Jéhovah Élohim » désigne le Père et la Mère ; les mots «un profond sommeil» désignent la captivité, ainsi qu’il est écrit (Gen. , XV, 12) : « Abram fut surpris d’un profond sommeil. » De même : «lorsqu’il était endormi» désignent la captivité. L’Écriture dit : « Il tira une de ses côtes. » Des côtes de qui ? En vérité, le Père et la Mère ont tiré une de leurs côtes, qui sont les vierges de la « Matrona » (112) ; ils ont pris une vierge du côté blanc que l’Écriture (Cant. , VI, 10) désigne par les mots : « Qui est belle comme la lune. » L’Écriture ajoute : «... Et mit de la chair à sa place» ; par le mot « chair », l’Écriture désigne l’union des êtres célestes avec les filles des hommes, ainsi qu’il est écrit (Gen. , VI, 3) : « Parce qu’il n’est que chair. » La chair désigne Moïse (113), dont la chair était plus rayonnante, ainsi qu’il est dit : « La figure de Moïse ressemblait au soleil », alors que celle de la vierge du côté droit ressemble à la lune.
C’est pourquoi l’Écriture dit (Cant. , VI, 10) : « Tu es belle comme la lune et éclatante comme le soleil. » Selon une autre version, les paroles de l’Écriture « et mit (vaïsgor) de la chair à sa place » signifient que le Père et la Mère ont voulu la protéger, ainsi qu’il est écrit (Gen. , VII, 16). « Et Dieu la protégea » (vaïsgor). Selon une autre version, les paroles « et mit (vaïsgor) de la chair à sa place » signifient que Dieu fit, de la vierge du côté blanc, la couronne de la « Matrona», ainsi qu’il est écrit (Ex. ,XXV, 27) : « Les anneaux d’or seront au-dessous de la couronne (misghereth) », et ailleurs (Éz. , XLVI, 1) : « La porte du parvis intérieur, qui regarde vers l’Orient, sera fermée (sagour) les six jours ouvrables. » (114) Il est écrit : « Et Jéhovah Élohim forma la côte qu’il avait tirée de l’homme pour lui en faire une épouse. » Ici on trouve une allusion au mystère du lévirat. La tradition dit : Quand le lévirat a été une fois négligé, on n’y procède plus à la suite, ainsi qu’il est écrit (Deut. , XXV, 9) : « C’est ainsi que sera traité celui qui ne veut pas établir la maison de son frère. » Mais le Saint, béni soit-il, a bien procédé à cet acte de lévirat (115), ainsi qu’il est écrit : « Et Jéhovah Élohim, c’est-à-dire le Père et la Mère, ont formé le fils», ainsi qu’il est écrit (Ps. , CXLVII, 2) : «Jéhovah a bâti Jérusalem. » Le Vav est le fils du Yod et du Hé, qui sont le Père et la Mère. C’est du Père et de la Mère que l’Écriture dit : « Et Jéhovah Élohim forma la côte qu’il avait tirée de l’homme. » La côte tirée de l’homme désigne la Colonne du milieu ; cette côte a été tirée du Hé, qui est sa vierge ; c’est de cette vierge que l’Écriture dit (Zach. , II, 9) « Je lui ferai moi-même, dit Jéhovah, un mur de feu tout autour, et j’établirai ma gloire en elle. » C’est parce que le temple futur sera formé par la main propre du Saint, béni soit-il, qu’il durera de génération en génération ; c’est de ce temple que dit l’Écriture (Aggée, II, 9) : « La gloire de cette dernière maison sera encore plus grande que celle de la première. » Les premiers temples ont été bâtis par la main de l’homme, alors que celui-ci le sera par la main du Saint, béni soit-il.
C’est pourquoi l’Écriture (Ps. , CXXVII, 1), dit : « Si le Seigneur ne bâtit une maison, c’est en vain, que travaillent ceux qui la bâtissent. » Les mots « et Jéhovah Elohim forma la côte » s’appliquent également à Moïse qui, au moment de bâtir le tabernacle, avait déjà prévu le dernier tabernacle que Dieu formera de la « côte », ainsi qu’il est écrit (Cant. , II, 6) : « Il y aura aussi au second côté (tzelà) du tabernacle qui regarde le nord, vingt ais. » Le « tzelà» dont parle l’Écriture désigne la côte de l’arbre séphirotique appelée« Hésed», qui forme le côté blanc, d’où lui vient le nom de« lune».
L’Écriture ajoute : «...Et mit de la chair à sa place. » Le blanc du côté droit de l’arbre séphrothique appelé « Hésed » fut uni au rouge du côté gauche de l’arbre séphirothique appelé « Gueboura » ; en ce moment furent accomplies les paroles de l’Écriture (Cant. , II, 6) : « Il met sa main gauche sous ma tête, et il m’embrasse de sa main droite. » l’Écriture (Gen. , II, 23) dit en outre : « Voici maintenant l’os de mes os et la chair de ma chair. » Cela désigne la Schekhina, vierge fiancée à la Colonne du milieu, ainsi que l’Écriture dit : « Voilà maintenant l’os de mes os et la chair de ma chair. » Dieu dit à cette vierge : « Je sais que tu es os de mes os et chair de ma chair », et.
L’Écriture ajoute : « Celle-ci s’appellera « femme » (ischah), parce qu’elle a été prise de l’homme (isch) » , c’est-à-dire cette vierge sera appelée mère, parce qu’elle a été prise de l’homme appelé père, symbolisé par le Yod, ou Moïse, qui personnifie ici-bas la Figure d’en haut. A cette époque, les Israélites mériteront de trouver toujours l’épouse prédestinée à chacun d’eux dès la création.
C’est pourquoi l’Écriture (Éz. , XXXVI, 26) dit : « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai un esprit nouveau au milieu de vous », et ailleurs (116) : «Après cela je répandrai mon esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards seront instruits par des songes, et vos jeunes gens auront des visions. » C’est une allusion [...]

מִתְפָּרְשָׁא מִבַּעֲלָהּ. בְּגִין דָּא (משלי ל׳:כ״ב) תַּחַת שָׁלשׁ רָגְזָה אֶרֶץ וְכוּ' תַּחַת עֶבֶד כִּי יִמְלוֹךְ דָּא אִיהוּ עַבְדָא יְדִיעָא. וְשִׁפְחָה דָּא מִשְׁנָה. וְנָבָל כִּי יִשְׂבַּע לָחֶם דָּא עֵרֶב רַב, עַם נָבָל וְלא חָכָם.

עוֹד פָּתַח וְאָמַר. וַיִּצֶר ה' אֱלהִים מִן הָאֲדָמָה כָּל חַיַּת הַשָּׂדֶה וְכָל עוֹף הַשָּׁמַיִם. וַוי לְעָלְמָא דְּאִנּוּן אַטִּימִין לִבָּא וּסְתִימִין עַיְינִין דְּלָא מִסְתַּכְּלִין בְּרָזֵי דְאוֹרַיְיתָא וְלָא יָדְעִין. דְּוַדַּאי חַיַּת הַשָּׂדֶה וְעוֹף הַשָּׁמַיִם אִנּוּן עַמֵּי הָאָרֶץ. וְאֲפִילּוּ בְּאִלֵּין דְּאִנּוּן נֶפֶשׁ חַיָּה לָא אִשְׁתְּכַח עֵזֶר בְּהוֹן (בגלותא) לִשְׁכִינְתָּא בְּגָלוּתָא וְלָא לְמשֶׁה דְּאִיהוּ עִמַּהּ. דְּבְּכָל זִמְנָא דְּגָלַת שְׁכִינְתָּא לָא זָז מִנָּהּ.

אָמַר רִבִּי אֶלְעָזָר וְהָא מַאן יָהִיב עוֹבָדָא דְּאָדָם בְּיִשְׂרָאֵל וּבְמשֶׁה. אָמַר לֵיהּ בְּרִי וְאַנְתְּ אֲמַרְתְּ הָכִי וְכִי לָא אוֹלִיפַת (ישעיהו מ״ו:י׳) מַגִּיד מֵרֵאשִׁית אַחֲרִית. אָמַר לֵיהּ הָכִי הוּא וַדַּאי. וּבְגִין דָּא משֶׁה לָא מִית וְאָדָם אִתְקְרֵי אִיהוּ. וּבְגִינֵיהּ אִתְּמָר בְּגָלוּתָא בַּתְרָאָה וּלְאָדָם לא מָצָא עֵזְרִ אֶלָּא כֻּלְהוּ כְּנֶגְדוֹ. וְכֵן עַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא אִתְּמָר בֵּיהּ וּלְאָדָם לא מָצָא עֵזְרִ דְּאַפִּיק שְׁכִינְתֵּיהּ מִן גָּלוּתָא הֲדָא הוּא דִכְתִיב (שמות ב׳:י״ב) וַיִּפֶן כֹּה וָכֹה וַיַּרְא כִּי אֵין אִישׁ. וּמשֶׁה אִיהוּ בְּדִיּוֹקְנֵיהּ מַמָּשׁ דְּאִתְּמָר בֵּיהּ לא מָצָא עֵזֶר כְּנֶגְדוֹ.

בְּהַהוּא זִמְנָא וַיַּפֵּל יְיָ אֱלהִים תַּרְדֵּמָה עַל הָאָדָם. יְיָ אֱלֹהִים אַבָּא וְאִמָּא. תַּרְדֵּמָה דָּא גָלוּתָא דְּאִתְּמָר בֵּיהּ (בראשית ט״ו:י״ב) וְתַרְדֵּמָה נָפְלָה עַל אַבְרָם. אֲרָמֵי לֵיהּ עַל משֶׁה וַיִּישָׁן. לֵית שֵׁינָה אֶלָּא גָלוּתָא. וַיִּקַּח אַחַת מִצַּלְעוֹתָיו. מִצַּלְעוֹתָיו דְּמָאן. אֶלָּא מֵאִלִּין עוּלֵמִין דְּמַטְרוֹנִיתָא נְטָלוּ אַבָּא וְאִמָּא חַד מִנַּיְיהוּ וְאִיהוּ סִטְרָא חִוָורָא. יָפֶה כַלְּבָנָה. וַיִּסְגּוֹר בָּשָׂר תַּחְתֶּנָּה, דָּא בָּשָׂר דְּאִתְּמָר בֵּיהּ בְּשַׁגָּם הוּא בָּשָׂר בָּשָׂר דְּמשֶׁה סוּמָק. וְעֲלֵיהּ אִתְּמָר פְּנֵי משֶׁה כִּפְנֵי חַמָּה. וּבְגִין דָּא (שיר השירים ו׳:י׳) יָפָה כַלְּבָנָה בָּרָה כַּחַמָּה.

דָּבָר אַחֵר וַיִּסְגֹּר בָּשָׂר בָּעָאן לַאֲגָנָא בָּהּ עֲלֵיהּ הֲדָא הוּא דִכְתִיב וַיִּסְגֹּר ה' בַּעֲדוֹ. דָּבָר אַחֵר וַיִּסְגֹּר כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (לא ע''א) (שמות כ״ה:כ״ז) לְעוּמַת הַמִּסְגֶּרֶת, מִסְגֶּרֶת מִתְקַיֶּמֶת, דְּבָהּ מַטְרוֹנִיתָא (יחזקאל מ״ו:א׳) יִהְיֶה סָגוּר שֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה:

וַיִּבֶן יְיָ אֱלהִים אֶת הַצֵּלָע, הָכָא (תצא רפ ע''ב) אִתְרְמִיז רָזָא דְיִבוּם דְּאָמְרוּ בֵּיהּ כֵּיוָן שֶׁלֹּא בָּנָה שׁוּב לֹא יִבְנֶה, הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (דברים כ״ה:ט׳) אֲשֶׁר לֹא יִבְנֶה אֶת בֵּית אָחִיו. אֲבָל לְגַבֵּי קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, אִתְּמָר בֵּיהּ וַיִּבֶן יְיָ אֱלֹהִים אַבָּא וְאִמָּא בָּנֵי לָהּ לְגַבֵּיהּ הֲדָא הוּא דִכְתִיב בּוֹנֵה יְרוּשָׁלַיִם ה'. ו' דְּאִיהוּ בֶּן י''ה אַבָּא וְאִמָּא. עֲלַיְיהוּ אִתְּמָר וַיִּבֶן יְיָ אֱלהִים אֶת הַצֵּלָע. אֲשֶׁר לָקַח מִן הָאָדָם דָּא עַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא. וַיְבִיאֶהָ אֶל הָאָדָם אַיְיתֵי לֵיהּ לְגַבֵּי צֵלָע דְּנָטִיל מִן ה' עוּלֵימָא דִילָהּ.

וְעֲלָהּ אִתְּמָר (זכריה ב׳:ט׳) וַאֲנִי אֶהְיֶה לָהּ נְאֻם יְיָ חוֹמַת אֵשׁ סָבִיב. וּבְגִין דָּא בְּטוּרָא דָא אִתְבְּנֵי בֵּי מִקְדְּשָׁא. עַל יְדָא דְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא יְהֵא קַיָּימָא (מ''י דף קי''ט) לְדָרֵי דָרִין. וְעֲלֵיהּ אִתְּמָר (חגי ב׳:ט׳) גָּדוֹל יִהְיֶה כְּבוֹד הַבַּיִת הַזֶּה הָאַחֲרוֹן מִן הָרִאשׁוֹן. דְּקַדְמָאָה אִתְבְּנֵי עַל יְדָא דְּבַר נָשׁ וְהַאי עַל יְדָא דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. וּבְגִין דָּא (תהילים קכ״ז:א׳) אִם ה' לֹא יִבְנְה בַיִת שָׁוְא עָמְלוּ בוֹנָיו בּוֹ.

וְכֵן אִתְּמָר בְּמשֶׁה וַיִּבֶן ה' אֱלהִים אֶת הַצֵּלָע. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (שמות כ״ו:כ׳) וּלְצֶלַע הַמִּשְׁכָּן הַשֵּׁנִית. צֶלַע וַדַּאי מִסִּטְרָא דְחֶסֶד חִוָּור מִתַּמָּן אִתְקְרִיאַת סִיהֲרָא. וַיִּסְגֹּר בָּשָׂר תַּחְתֶּנָּה (תיקון כ''א וכ' ע''ב) בָּשָׂר דְּאִיהוּ סוּמָק מִסִּטְרָא דִגְבוּרָה וְאִתְכְּלִיל בְּתַרְוַויְיהוּ. בְּהַהוּא זִמְנָא (שיר השירים ב׳:ו׳) שְׂמֹאלוֹ תַּחַת לְרֹאשִׁי וִימִינוֹ תְּחַבְּקֵנִי.

זֹאת הַפַּעַם עֶצֶם מֵעֲצָמַי וּבָשָׂר מִבְּשָׂרִי דָּא שְׁכִינְתָּא נַעֲרָה הַמְאוֹרָסָה לְגַבֵּי עַמּוּדָא דְאֶמְצָעִיתָא אִתְּמָר בַּהּ זֹאת הַפַּעַם וְגו' אֲנָא יָדַעְנָא דְאִיהִי עֶצֶם מֵעֲצָמַי וּבָשָׂר מִבְּשָׂרִי. לְזֹאת וַדַּאי יִקָּרֵא אִשָּׁה מִסִּטְרָא עִלָּאָה דְּאִיהִי אִמָּ''א. כִּי מֵאִישׁ לֻקָּחָה זֹאת, מִסִּטְרָא דְּאַבָּ''א דְּאִיהוּ י'. וְכֵן משֶׁה בְּדִיוּקְנָא דִּילֵיהּ לְתַתָּא.

בְּהַהוּא זִמְנָא יִזְכּוּ יִשְׂרָאֵל כָּל חַד וְחַד לְבַת זוּגֵיהּ. וְדָא אִיהוּ דִּכְתִיב, (יחזקאל לו) וְנָתַתִּי לָכֶם לֵב חָדָשׁ וְרוּחַ חֲדָשָׁה אֶתֵּן בְּקִרְבְּכֶם וּכְתִיב, (יואל ג) וְנִבְּאוּ בְּנֵיכֶם וּבְנוֹתֵיכֶם וְגו' וְאִלֵּין
(Ⅰ)

*****

[28b]  
[...] aux âmes nouvelles qui se répandront en Israël, ainsi que la tradition, dit : « Le fils de David ne viendra pas avant que toutes les âmes, renfermées dans la région appelée « Gouph » (corps) n’aient été épuisées. » C’est alors seulement que les âmes nouvelles arriveront ici-bas (117). A cette époque, les Intrus seront exterminés de ce monde et la tradition s’accomplira, d’après laquelle Moïse et Israël trouveront désormais l’épouse qui a été destinée à chacun d’eux dès la création.
Il est écrit (Gen. , II, 25) L’homme et la femme étaient tous deux nus et ils n’en rougissaient point. »
L’Écriture veut dire : lorsque disparaîtront les Intrus, qui sont la cause de la luxure, tout penchant à l’incontinence disparaîtra du monde.
Il est écrit (Gen. , III, 1) : « Et le serpent était le plus fin de tous les animaux que Jéhovah Élohim avait formés sur la terre. » Par les mots « le plus fin », l’Écriture entend le plus rusé à faire le mal ; « de tous les animaux » signifient : de tous les serpents des autres peuples païens, qui sont les enfants du premier serpent qui a séduit Eve. Les Intrus constituent cette impureté que le serpent a inoculée à Ève ; de cette impureté sortit Caïn, qui tua Abel le pasteur des brebis ; c’est de lui que l’Écriture dit (Gen. , VI, 3) : « Parce qu’il est chair. » Le mot « parce que » (beschagam) désigne Abel. Le mot « beschagam » désigne également Moïse (118), qui tua l’Égyptien ; Moïse aussi peut être considéré comme le fils aîné d’Adam. Moïse enim verenda patris sui operuerat ;
C’est pourquoi l’Écriture (Juges, I, 16) dit : « Les enfants de Qeni, c’est-à-dire Jethro, le beau-père de Moïse. » Pourquoi est-il appelé Qeni ? Parce qu’il s’est séparé de Caïn, ainsi qu’il est écrit (Juges, IV, 11) : « Qeni s’était retiré de Caïn. » En d’autres termes, il voulait convertir les Intrus ; c’est ce qui est exprimé par le terme de « verenda patris sui operuerat ». Et comme le Saint, béni soit-il, compte la bonne intention pour une bonne action, il lui dit : La conversion des Intrus est impossible ; tes descendants en souffriront ; ce sont eux qui ont porté le mal au monde en faisant manger à l’homme de l’arbre du Bien et du Mal, et c’est à cause d’eux qu’Israël sera mené en captivité et que Moïse n’entrera pas dans la terre promise ; car, bien que la punition de Moïse ait eu pour cause le fait d’avoir frappé la pierre au lieu de lui parler ainsi que Dieu l’a commandé (Nomb. , XX, 8), : «... Et tu parleras à la pierre », ce sont pourtant toujours les Intrus qui ont déterminé Moïse à agir contre la volonté de Dieu. Mais comme le Saint, béni soit-il, récompense la bonne intention au même titre que la bonne action, il dit à Moïse (Nomb. , XIV, 12) : « Je t’établirai prince sur un autre peuple plus grand et plus fort que n’est celui-ci » ;
c’est pourquoi Dieu a dit également (Ex. , XXXII, 33) : « J’effacerai de mon livre celui qui aura péché contre moi » ; ces paroles désignent les descendants d’Amalec, dont il est dit (Deut. , XXV, 19) : « Vous exterminerez Amalec », car ce sont eux qui ont été cause que les premières tables de la loi ont été brisées. Aussitôt après, L’Écriture ajoute (Gen. , III, 7) : « ... Et leurs yeux furent ouverts à tous les deux ; et ils virent qu’ils étaient nus. » Israël s’aperçut qu’il était encore plongé dans l’argile d’Égypte et qu’il était privé de la doctrine ésotérique ; car c’est d’Israël que l’Écriture (Éz. , XVI, 7) dit « Tu es toute nue et pleine de confusion. » C’est pourquoi Job a répété deux fois le mot « nu », ainsi qu’il est écrit (Job, I, 21) : « Je suis sorti nu du sein de ma mère et je retournerai nu dans le sein de la terre. » Job s’est servi du mot « schamah » (119) (hms ) mot formé des mêmes lettres que le nom de Moïse (Moscheh, hsm), d’abord pour indiquer que Moïse s’était efforcé de convertir les Intrus ; et ensuite pour nous indiquer que Moïse reviendra ici-bas pour proclamer parmi Israël le nom de la Schekhina. C’est pourquoi Job a ajouté : «Jéhovah a donné, Jéhovah a repris : le nom de Jéhovah soit béni ! » C’est au moment où les deux tables de la loi seront brisées, c’est-à-dire la loi biblique et la loi traditionnelle, que l’homme s’apercevra qu’il est nu.
L’Écriture ajoute (Gen. , III, 7) : «... Et ils entrelacèrent des feuilles de figuiers et s’en firent de quoi se couvrir. » L’homme se couvrira de ces pelures qui émanent des Intrus, parce qu’il s’apercevra qu’il est nu et qu’il n’a rien qui puisse couvrir ce qui doit être caché. L’habit dont se couvre Israël consiste dans l’habit légal pourvu de franges et dans les phylactères et dans leurs lanières ; c’est pourquoi l’Écriture dit : « Et Jéhovah Élohim fit à l’homme et à sa femme des habits de peaux dont il les revêtit. » Pour indiquer l’habit légal, l’Écriture emploie le mot « hagoroth » (ceinture), et ailleurs (Ps. , XLV, 4) : « Ceins ton épée sur ta cuisse, fais éclater ta gloire et ta majesté. » Ces paroles désignent la récitation de la liturgie Schema, pour laquelle on met l’habit légal, ainsi qu’il est écrit (Ps. , CXLIX) : « Les louanges de Dieu seront dans leur bouche, et ils auront dans leurs mains des épées à deux tranchants. » C’est pourquoi lorsqu’Adam et Ève s’aperçurent de leur nudité, ils firent pour eux des ceintures (hagoroth).
Il est écrit (Gen. , III, 8) : « Et ils entendirent la voix de Jéhovah Élohim. » Ces paroles font allusion à la voix de Dieu sur le mont Sinaï, ainsi qu’il est écrit (Deut. , IV, 33) : « ... Qu’un peuple ait entendu la voix d’Elohim qui lui parlait du milieu des flammes. » A cette voix d’Élohim, les Intrus ont péri, parce que ce sont eux qui avaient dit à Moïse (Ex. XX, 19) : « Que le Seigneur ne nous parle point, de peur que nous ne mourions. » C’est après que les Intrus ont péri que la Loi a été donnée. Les ignorants de nos jours ont les âmes des Intrus ; et c’est d’eux que l’Écriture (Deut. , XXVII, 21) dit : « Maudit soit celui qui dort avec toutes sortes de bêtes. » le mot « bêtes » désigne les ignorants qui sont du côté du serpent à qui Dieu avait dit (Gen. , III, 14) : « Tu es maudit entre tous les animaux et toutes les bêtes de la terre. » Il y a beaucoup d’impuretés mêlées à Israël, et ces impuretés sont aussi dangereuses que les fauves et les serpents. Il y a d’abord les impuretés qui viennent du côté du premier serpent ; il y a ensuite les impuretés du côté des peuples païens qui ressemblent aux animaux sauvages et aux bêtes fauves ; il y a en outre les impuretés du côté des esprits malfaisants (120); ce sont les âmes [...]

אִנּוּן נִשְׁמָתִין חַדְתִּין דְּעֲתִידִין לְמֶהֱוֵי עַל יִשְׂרָאֵל. כְּמָה דְאוּקְמוּהָ אֵין בֶּן דָּוִד בָּא עַד שֶׁיִּכְלוּ כָּל נְשָׁמוֹת שֶׁבַּגּוּף וְאָז הַחֲדָשׁוֹת יָבוֹאוּ.

בְּהַהוּא זִמְנָא מִתְעַבְּרִין עֵרֶב רַב מֵעָלְמָא, וְאִתְּמָר בְּיִשְׂרָאֵל וּבְמשֶׁה כָּל חַד בְּבַת זוּגַיְיהוּ וַיִּהְיוּ שְׁנֵיהֶם עֲרוּמִים הָאָדָם וְאִשְׁתּוֹ וְלֹא יִתְבּוֹשָׁשׁוּ. דְּאִתְעֲבַר עֶרְוָה מֵעָלְמָא דְּאִלֵּין אִנּוּן דְּגָרְמוּ גָּלוּתָא, עֵרֶב רַב וַדַּאי.

וְעֲלַיְיהוּ אִתְּמָר. וְהַנָּחָשׁ הָיוּ עָרוּם מִכָּל חַיַּת הַשָּׂדֶה וְגו' עָרוּם לְרַע מִכָּל חֵיוָן דְּאוּמִין דְּעָלְמָא עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת. וְאִנּוּן בְּנוֹי דְּנָחָשׁ הַקַּדְמוֹנִי דְּפַתֵּי לְחַוָּה. וְעֵרֶב רַב וַדַּאי אִנּוּן הֲווּ זוּהֲמָא דְּאַטִּיל נָחָשׁ בְּחַוָּה. וּמֵהַהִיא זוּהֲמָא נָפַק קַיִן וְקָטַל לְהֶבֶל רוֹעֵה צֹאן דְּאִתְּמָר בֵּיהּ בְּשַׁגָּם הוּא בָּשָׂר בְּשַׁגָּם זֶה הֶבֶל. בְּשַׁגָּ''ם וַדַּאי אִיהוּ משֶׁ''ה וְקָטִיל לֵיהּ וְאִיהוּ הֲוָה בְּרָא בּוּכְרָא דְאָדָם.

וְעִם כָּל דָּא משֶׁה בְּגִין לְכַסָּאָה עַל עֶרְיָיתָא דְּאֲבוּהִי נְטַל בַּת יִתְרוֹ דְּאִתְּמָר בֵּיהּ (שופטים א׳:ט״ז) וּבְנֵי קֵינִי חוֹתֵן משֶׁה, וְהָא אוּקְמוּהָ אַמַּאי אִתְקְרֵי קֵינִי שֶׁנִּפְרַד מִקַּיִן. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (שופטים ד׳:י״א) וְחֶבֶר הַקֵּינִי נִפְרַד מִקַּיִן. וּלְבָתַר בָּעָא לְאַהֲדָרָא עֵרֶב רַב בִּתְיוּבְתָּא לְכַסָּאָה עֶרְיְיתָא דְּאֲבוּהִי. דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא מַחֲשָׁבָה טוֹבָה מְצָרְפָהּ לְמַעֲשֶׂה, וְאָמַר לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא מִגִּזְעָא בִּישָׁא אִנּוּן, תִּסְתַּמַּר מִנַּיְיהוּ. אִלֵּין אִנּוּן חוֹבָה דְּאָדָם דְּאָמַר לֵיהּ וּמֵעֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע לֹא תֹאכַל מִמֶּנּוּ. אִלֵּין אִנּוּן חוֹבָה דְּמשֶׁה וְיִשְׂרָאֵל.

וּבְגִינַיְיהוּ גָּלוּ יִשְׂרָאֵל בְּגָלוּתָא וְאִתְתָּרְכוּ מִתַּמָּן הֲדָא הוּא דִכְתִיב וַיְגָרֶשׁ אֶת הָאָדָם. וְאָדָם יִשְׂרָאֵל וַדַּאי. וּמשֶׁה בְּגִינַיְיהוּ אִתְתָּרֵךְ מֵאַתְרֵיהּ וְלָא זָכָה לְמֵיעַל בְּאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל. דִּבְגִינַיְיהוּ עֲבַר מַאֲמַר דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וְחָב בַּסֶּלַע דְּמְחָא בֵּיהּ דְּלָא אָמַר לֵיהּ אֶלָּא (במדבר כ׳:ח׳) וְדִבַּרְתֶּם אֶל הַסֶּלַע וְאִנּוּן גָּרְמוּ. וְעִם כָּל דָּא מַחֲשָׁבָה טוֹבָה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מְצָרְפָהּ לְמַעֲשֶׂה דְּאִיהוּ לָא קָבִּיל לוֹן וְיָהִיב בְּהוֹן אוֹת בְּרִית אֶלָּא לְכַסָּאָה עֶרְיָיתָא דְּאֲבוּהָ. וְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אָמַר לֵיהּ (במדבר י״ד:י״ב) וְאֶעֱשֶׂה אוֹתְךָ לְגוֹי גָדוֹל וְעָצוּם מִמֶּנּוּ. וּבְגִינַיְיהוּ אָמַר (שמות ל״ב:ל״ג) מִי אֲשֶׁר חָטָא לִי אֶמְחֶנּוּ מִסִּפְרִי, דְּאִנּוּן מִזַּרְעָא דְּעֲמָלֵק דְּאִתְּמָר בֵּיהּ (דברים כ״ה:י״ט) תִּמְחֶה אֶת זֵכֶר עֲמָלֵק וְאִנּוּן גְּרַמָא לְתַבְּרָא תְּרֵין לוּחִין דְּאוֹרַיְיתָא. וּמִיָּד.

וַתִּפָּקַחְנָה עֵינִי שְׁנֵיהֶם וַיֵּדְעוּ יִשְׂרָאֵל כִּי עֵרוּמִים הֵם בְּטוּנָא דְמִצְרַיִם דְּהֲווּ בְּלָא אוֹרַיְיתָא וְאִתְּמָר בְּהוּ (יחזקאל ט״ז:ז׳) וְאַתְּ עֵרוֹם וְעֶרְיָה. וְאִיּוֹב בְּגִין דָּא אָמַר ב' זִמְנֵי (איוב א׳:כ״א) עָרוֹם יָצָאתִי מִבֶּטֶן אִמִּי וְעָרוֹם אָשׁוּב שָׁמָּה. מַה דְּהֲוָה משֶׁ''ה אִתְהַפַּךְ לְעֵרֶב רַב לְשַׁמָּ''ה וְלִשְׁנִינָה. אָשׁוּב שָׁמָּה הָכָא רְמִיז דְּעֲתִיד לְאִתְחַזְּרָא בֵּינַיְיהוּ בְּגָלוּתָא בַּתְרָאָה וְאָזִיל בֵּינַיְיהוּ לְשַׁמָּ''ה וְאִיהוּ אָמַר (איוב א׳:כ״א) ה' נָתַן וַה' לָקָח יְהִי שֵׁם ה' מְבוֹרָךְ.

וּבְזִמְנָא דְּאִתַּבְּרוּ תְּרֵין לוּחִין דְּאוֹרַיְיתָא. וְאוֹרַיְיתָא דְּעַל פֶּה אִתְּמָר בְּהוֹן וַיִּתְפְּרוּ עֲלֵה תְאֵנָה. אִתְכַּסּוּ בְּכַמָּה קְלִיפִּין מֵעֵרֶב רַב בְּגִין כִּי עֵרוּמִים הֵם דְּלָא יִתְגַּלֵּי עֶרְיָתַיְיהוּ. וְכִסּוּיָיא דִילְהוֹן כַּנְפֵי צִיצִית וּרְצוּעִין דִּתְפִילִין. עֲלַיְיהוּ אִתְּמָר. וַיַּעַשׂ ה' אֱלֹהִים לָאָדָם וּלְאִשְׁתּוֹ כָּתְנוֹת עוֹר וַיַּלְבִּישֵׁם. אֲבָל לְגַבֵּי צִיצִיוֹת וַיִּתְפְּרוּ עֲלֵה תְאֵנָה. וַיַּעֲשׂוּ לָהֶם חֲגוֹרוֹת דָּא אִיהוּ (תהילים מ״ה:ד׳) חֲגוֹר חַרְבְּךָ עַל יָרֵךְ גִּבּוֹר. וְדָא קְרִיאַת שְׁמַע דְּאִתְּמָר בֵּיהּ (תהילים קמ״ט:ו׳) רוֹמְמוֹת אֵל בִּגְרוֹנָם וְגו'. דָּא הוא וַיַּעֲשׂוּ לָהֶם חֲגוֹרוֹת:

וַיִּשְׁמְעוּ אֶת קוֹל ה' אֱלהִים וְגו' כַּד קְרִיבוּ לְטוּרָא דְסִינַי. הֲדָא הוּא דִכְתִיב (דברים ד׳:ל״ג) הֲשָׁמַע עָם קוֹל אֱלהִים מְדַבֵּר מִתּוֹךְ הָאֵשׁ וְגו' וְעֵרֶב רַב מִיתוּ. וְאִנּוּן הֲווּ דְּאָמְרוּ לְמשֶׁה (שמות כ׳:ט״ז) וְאַל יְדַבֵּר עִמָּנוּ אֱלהִים פֶּן נָמוּת וְאַשְׁכָּחוּ אוֹרַיְיתָא. וְאִלֵּין אִנּוּן עַמֵּי הָאָרֶץ דְּאִתְּמָר בְּהוֹן (דברים כ״ז:כ״א) אָרוּר שׁוֹכֵב עִם כָּל בְּהֵמָה בְּגִין דְּאִנּוּן מִסִּטְרָא דְהַהוּא חִוְיָא דְּאִתְּמָר בֵּיהּ אָרוּר אַתָּה מִכָּל הַבְּהֵמָה.

וְהָא כַּמָּה עִרְבּוּבִין אִנּוּן בִּישִׁין בְּעִירָן וְחֵיוָון. אֲבָל אִית עִרְבּוּבְיָא מִסִּטְרָא דְנָחָשׁ. וְאִית עִרְבּוּבְיָא מִסִּטְרָא דְּאוּמֵי עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת דְּדָמוּ לְחֵיוָון וּבְעִירָן דְּחַקְלָא. וְאִית עִרְבּוּבְיָא מִסִּטְרָא דְמַזִּיקִין דְּנִשְׁמָתָן
(Ⅰ)

*****

[29a]  
[...] des coupables qui se transforment en esprits malfaisants ; il y a enfin les impuretés du côté des démons, des esprits diaboliques mâles et femelles, qui, tous, sont mêlés à Israël. Parmi toutes ces impuretés, il n’y en a aucune qui soit si pernicieuse que celle d’Amalec, qui est le mauvais serpent appelé, « l’autre Dieu » ; c’est ce serpent qui est cause de toutes les impudicités dans le monde. Lui est un assassin, et son épouse un poison (sam) mortel, parce quelle incite à l’idolâtrie. Or comme lui est appelé « l’autre dieu» (el), et que son épouse est appelée « poison mortel » (sam), il s’ensuit que les deux ensemble ont pour nom commun « Samaël » (dieu empoisonneur). Il y a deux démons du nom de « Samaël » qui ne se ressemblent guère ; mais la malédiction dont Dieu chargea le premier serpent, les a atteints tous les deux.
Il est écrit (Gen. , III, 9) : « Et Jéhovah Élohim appela l’homme et lui dit : Où es-tu (aïecah) ? » Ici Dieu indiqua à l’homme la destruction du temple, destruction pleurée dans le verset qui commence par le mot « aïecah », ainsi qu’il est écrit (Lam. , I, 1) : « Comment cette ville pleine de peuple est-elle devenue solitaire ? » Le mot « aïecah » (hkya où es-tu) est composé des mêmes lettres que le mot « aï coh » (hkya, comment). Et dans les temps futurs, le Saint, béni soit-il, fera disparaître du monde tous les mauvais esprits, ainsi qu’il est écrit (Is. , XXV, 8) : « Il précipitera la mort pour jamais, et le Seigneur-Dieu séchera les larmes de tous les yeux, et il effacera de dessus la terre l’opprobre de son peuple. » A cette époque, tout rentrera à sa place normale, ainsi qu’il est écrit (Zac. , XIV, 9) : « En ce jour-là, Jéhovah sera un et son nom sera un. »
Nous savons par une tradition (1) que tous les mots « Schelomoh» (Salomon) mentionnés dans le Cantique des Cantiques, désignent le Roi de la Paix (2), le Roi dont la résidence est ici-bas, mais dont le règne est d’en haut, et qui est, par conséquent, le Roi d’en haut et d’en bas à la fois. Telle est la signification de la lettre Beth (3), dont la valeur numérique est de deux, que l’Écriture a placée à la tête du mot « Hocmâ », ainsi qu’il est écrit (Prov. , XXIV, 3) : « Par la Sagesse (be-Hocmâ) la maison se bâtira », et ailleurs (Cant. , III, 9) : « Le roi Schelomoh s’est fait une litière de bois du Liban. » Par « litière » l’Écriture entend la rédemption de ce bas monde par le monde d’en haut. Car, tant que le Saint, béni soit-il, n’avait point créé le monde, le nom divin se trouvait caché en Dieu, mais Dieu n’était pas caché dans son nom ; en d’autres termes, la sainteté divine était inaccessible aux lettres (4). Lorsque le monde eut été créé, Dieu marqua son peuple d’un signe distinctif et il bâtit des temples. Mais tout cela n’a pas pu subsister. C’est alors que Dieu, s’entourant d’un surplus de Lumière, prit l’essence de son côté droit dans le « monde de la Pensée », c’est-à-dire la Sephirâ « Hocmâ », qui se trouve, dans l’arbre séphirotique, à droite de « Kether », au monde d’émanation, et recréa le monde. C’est alors que de cette lumière sortirent les grands arbres du Liban ; et c’est alors que les vingt-deux lettres devinrent le char de Dieu. Les dix Verbes par lesquels le monde a été créé devinrent alors stables.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Le roi Schelomoh s’est fait une litière de bois du Liban », et ailleurs, (Ps. , CIV, 16) : « Les arbres de la campagne seront nourris avec abondance, aussi bien que les cèdres du Liban que Dieu a plantés. » Ces arbres du Liban ont été plantés par le roi Schelomoh pour sa gloire et pour que l’on sache que lui est un et que son nom est un, ainsi qu’il est écrit (Zac. , XIV, 9) : « En ce jour-là, Jéhovah sera un et son nom sera un», et ailleurs(Ps. , LXXXIII, 19) : « ... Et qu’ils connaissent que votre nom est Jéhovah et que vous êtes seul le Très-Haut sur toute la terre. » Par cette manifestation de Dieu, toutes les portes des palais célestes s’ouvrirent devant l’homme (5). Qu’il regarde en haut, qu’il vole du côté droit, qu’il coure du côté gauche, qu’il tourne son regard vers les quatre points cardinaux, il ne verra qu’une seule lumière : Celle d’en haut et celle d’en bas, qui ne sont qu’une, pareille au grand Océan, dont l’Écriture dit (Ecclés. , I, 7) : « Tous les fleuves entrent dans la mer et la mer n’en regorge point. » Car la lumière céleste attire également toutes les lumières et les fait entrer en elle-même, ainsi qu’il est écrit (Cant. , II, 1) : « Je suis la fleur des champs et je suis le lis de la vallée » ; or, le mot « scharon » (champs) désigne le grand Océan qui absorbe toutes les eaux du monde.
C’est pourquoi l’Écriture (Cant. , XXIV, 3) dit : « Par la Sagesse (Hocmâ), la maison se bâtira » ; la lettre « Beth» placée à la tête du mot « Hocmâ », désigne les deux règnes d’en haut et d’en bas ; car c’est en établissant en bas le régne d’en haut que la maison du Roi deviendra unie et que le Roi s’en réjouira, ainsi qu’il est écrit (Ps. , LXIII, 12) : « Et le Roi se réjouira en Élohim. » Comme Élohim établira en bas le règne d’en haut, le Roi se réjouira en Élohim, car les deux règnes ne formeront qu’un. Pour jouir du règne d’en haut, il suffit de jouir du règne d’en bas ; alors la vie sera accordée à, tous ceux qui en sont susceptibles ; car le Roi est le Maître [...]

דְּחַיָּיבַיָא אִנּוּן מַזִּיקִין דְּעָלְמָא מַמָּשׁ. וְאִית עִרְבּוּבְיָא דְשֵׁדִים וְרוּחִין וְלִילִין וְכֹלָּא מְעוֹרְבָבִין בְּיִשְׂרָאֵל. וְלָא אִית בְּכֻלְהוּ לַטְיָיא כַּעֲמָלֵק דְּאִיהוּ חִיוְיָא בִּישָׁא אֵל אַחֵר. אִיהוּ גָּלוּי לְכָל עֶרְיָין דְּעָלְמָא רוֹצֵחַ אִיהוּ וּבַת זוּגֵיהּ סַם מָוֶת עֲבוֹדָה זָרָה. וְכֹלָּא סמא''ל. וְאִית סמא''ל וְאִית סמא''ל, וְלָאו כֻּלְהוּ שָׁוְיָין. אֲבָל הַהוּא סִטְרָא דְחִיוְיָא אִיהוּ לַטְיָיא עַל כֹּלָּא.

וַיִּקְרָא יְיָ אֱלֹהִים אֶל הָאָדָם וַיֹּאמֶר לוֹ אַיֶּכָּה. הָכָא רְמִיז לֵיהּ דְּעֲתִיד לְחָרְבָא בֵּי מַקְדְּשָׁא וּלְמִבְכֵּי בָּהּ אֵיכָה. הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (איכה א׳:א׳) אֵיכָה יָשְׁבָה בָדָד א''י כ''ה. וּלְזִמְנָא דְּאֲתֵי עֲתִיד קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְבַעֲרָא כָּל זִינִין בִּישִׁין מֵעָלְמָא כְּדִכְתִיב, (ישעיהו כ״ה:ח׳) בִּלַּע הַמָּוֶת לָנֶצַח. כְּדֵין תָּב כֹּלָּא לְאַתְרֵיהּ כְּדִכְתִיב, (זכריה י״ד:ט׳) בַּיּוֹם הַהוּא יִהְיֶה יְיָ אֶחָד וּשְׁמוֹ אֶחָד: בְּרֵאשִׁית

תָּנִינָן כָּל שְׁלמֹה דְּאִתְּמָר בְּשִׁיר הַשִּׁירִים בְּמַלְכָּא דִשְׁלָמָא דִילֵיהּ. בְּמֶלֶךְ (ס''א בנוקבי מלכא) סְתָם בְּנוּקְבָא. מִלָּה (נ''א מלך) תַּתָּאָה בְּעִלָּאָה. וְרָזָא דְמִלָּה דִּירָתָא תַּתָּאָה לְעִלָּאָה תַּרְוַויְיהוּ כְּחַד. וְהַיְנוּ בַּיִ''ת דִּכְתִיב, (האזינו רצא א) (משלי כ״ד:ג׳) בְּחָכְמָה יִבְנְה בַּיִת. וּכְתִיב (שיר השירים ג׳:ט׳) אַפִּרְיוֹן עָשָׂה לוֹ הַמֶּלֶךְ שְׁלמֹה מֵעֲצֵי הַלְּבָנוֹן. אַפִּרְיוֹן דָּא תִּקּוּנָא דְעָלְמָא תַּתָּאָה מֵעָלְמָא עִלָּאָה.

דְּעַד לָא בָּרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָלְמָא הֲוָה סָתִים שְׁמֵיהּ בֵּיהּ וְלָא (נ''א הוה) הוּא שְׁמֵיהּ סָתִים בְּגַוֵּיהּ חָד וְלָא קַיְימָא מִלָּה (והוא הוה בלחודוי) עַד דְּסָלִיק בִּרְעוּתָא (דמחשבה לקיימא כלא במטון דסמיטרא) לְמִבְרֵי עָלְמָא וְהֲוָה רָשִׁים וּבָנֵי וְלָא קַיְימָא, עַד דְּאִתְעַטַּף בְּעִטּוּפָא חַד דְּזִיהֲרָא (עלאה דמחשבה) וּבָרָא עָלְמָא (נ''א ימינא דעלמא קדמאה) (נ''א שמים). וְאַפִּיק (אילנין) אֲרָזִין עִלָּאִין רַבְרְבִין מֵהַהוּא נְהוֹרָא (נ''א וזיוא רבא) זִיהֲרָא עִלָּאָה (נ''א חד דזהר ימינא עלאה), וְשַׁוֵּי רְתִיכוּ עַל תְּרֵין וְעֶשְׂרִין אַתְוָון רְשִׁימִין אִתְגְלִיפוּ בְּעֶשֶׂר אֲמִירָן וְאִתְיַישְׁבוּ. הֲדָא הוּא דִכְתִיב מֵעֲצֵי הַלְּבָנוֹן. וּכְתִיב, (ויצא קסב ב) (תהילים ק״ד:ט״ז) אַרְזֵי לְבָנוֹן אֲשֶׁר נָטָע (דהא מאלין עביד ההוא אפריון).

עָשָׂה לוֹ הַמֶּלֶךְ שְׁלמֹה, לוֹ לְגַרְמֵיהּ, לוֹ לְתִקּוּנֵיהּ, לוֹ לְאַחְזָאָה יְקָרָא עִלָּאָה. לוֹ לְאוֹדָעָא דְאִיהוּ חַד וּשְׁמֵיהּ חַד כְּמָה דְאַתְּ אָמֵר, (זכריה י״ד:ט׳) (יהיה יהו''ה אחד ושמו אחד וכתיב) (תהלים פג) וְיֵדְעוּ כִּי אַתָּה שִׁמְךָ יְיָ לְבַדֶּךָ.

בְּמָטוּן דְּקָלְפוֹי. קַסְטוֹרִין יְדִיעָא. נָטִיף לְסִטְרָא דָא לְעֵילָא. נָטִיף לְיָמִינָא. סְטָא לִשְׂמָאלָא. נָחִית לְתַתָּא. וְכֵן לְאַרְבַּע זָוְיָין. מַלְכוּ אִתְפְּרַשׁ לְעֵילָא וְתַתָּא וּלְאַרְבַּע זָוְיָין לְמֶהוֵי חַד. נַהֲרָא עִלָּאָה נָחִית לְתַתָּא. וְעָבִיד לֵיהּ יַמָּא רַבָּא. כְּמָה דְאַתְּ אָמֵר, (קהלת א׳:ז׳) כָּל הַנְּחָלִים הוֹלְכִים אֶל הַיָּם וְהַיָּם אֵינְנּוּ מָלֵא. דְּהָא הוּא כָּנִישׁ כֹּלָּא וְשָׁאִיב לֵיהּ בְּגַוִּיהּ. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר (שיר השירים ב׳:א׳) אֲנִי חֲבַצֶּלֶת הַשָּׁרוֹן שׁוֹשַׁנַּת הָעֲמָקִים. וְאֵין שָׁרוֹן אֶלָא אֲתַר יַמָּא רַבָּא דְּשָׁאִיב כָּל מֵימִין דְּעָלְמָא דְּאַפִּיק וְשָׁאִיב וְנָהִיר (ועאלין ביה. בגיני כך דא אפיק ודא שאיב, נהיר) דָּא בְּדָא בְּאוֹרְחִין יְדִיעָן (נחלייא כפן עלויה). וּכְדֵין עֲלַיְיהוּ כְּתִיב, (משלי כ״ד:ג׳) בְּחָכְמָה יִבְנֶה בַּיִת. וְעַל דָּא בֵּית בְּרֵאשִׁית. (נ''א ועל דא בית דעלמא מלך סתם) (בית עלאה אתבני בחכמה. וכן תתאה אוף הכי). אֲבָל בֵּיתָא עִלָּאָה רַבְרְבָא יִשּׁוּבָא דְעָלְמָא. מֶלֶךְ סְתָם בֵּיתָא תַּתָּאָה. (תהילים ס״ג:י״ב) וְהַמֶּלֶךְ יִשְׂמַח בֵּאלהִים, (כד אתער גבורה) עִלָּאָה לְאַחְדָא בֵּיהּ תְּחוֹת רֵישֵׁיהּ וּלְקָרְבָא לֵיהּ בְּחֶדְוָה לְמֶהוֵי כֹּלָּא חַד. וְהַמֶּלֶךְ יִשְׂמַח בֵּאלהִים חֲדוּ נְהוֹרָא דְּאַפִּיק (נ''א בנהורא) (דנהרא) דְּנָפִיק בְּחַד שְׁבִילָא טָמִיר וְגָנִיז וְעֲיִּיל בֵּיהּ (ב', תרין) דְּאִנּוּן חַד וְעַל דָּא עָלְמָא אִשְׁתַּכְלַל בְּקִיּוּמָא שְׁלִים.

וְהַמֶּלֶךָ יִשְׂמַח בֵּאלהִים עָלְמָא (נ''א נהרא עלאה) תַּתָּאָה חָדֵי בְּעָלְמָא עִלָּאָה (נ''א סתימא ההוא דשדר) עֲמִיקָא (חדו דנגיד ונפיק באן אתר חדי. באלהים. ביה חדי. ביה שדר) חַיִּים לְכֹלָּא. חַיֵּי מַלְכָּא אִקְרוּן. דָּא עִקָּרָא
(Ⅰ)

*****

[29b]  
[...] de la maison, et tous les hommes de ce monde en sont les membres.
C’est pourquoi l’Écriture dit (Gen. , I, 1) : « Be-reschith bara Élohim », ce qui veut dire : Les deux règnes (6) ont été créés par Élohim. Car le règne est appelé « reschith » (commencement), en raison des paroles de l’Écriture (Ps. , CXI, 10) : « Reschith Hocmâ» (le commencement de la Sagesse). C’est en absorbant toutes les lumières, pareil au grand Océan vers lequel vont tous les fleuves, qu’Élohim établit ici-bas le règne d’en haut. Avant la manifestation d’Élohim, la lumière céleste ressemblait à un océan dont les eaux sont gelées ; toutes les eaux des fleuves qui se jettent dans un pareil océan gèlent également et ne peuvent plus retourner dans leur lit. C’est à un pareil océan que font allusion les paroles de l’Écriture (Job, XXXVIII, 29) : « Du sein de qui la glace est-elle sortie ? »
Tant que l’Océan reste gelé, nul ne peut se servir de ses eaux (7) ; et, quand la mer du Nord est gelée, ses glaces ne fondent qu’à l’aide d’un vent du Sud qui y apporte la chaleur. C’est alors que les eaux sorties des glaces se dirigent du Nord vers le Sud pour rendre grâce en quelque sorte au Sud qui les a délivrées des liens du Nord. Les glaces fondues, toutes les eaux des fleuves entrent alors dans leur lit et procurent ainsi à tous les animaux l’élément nécessaire pour étancher leur soif, ainsi qu’il est écrit (Ps. , CIV, 11) : « Elles servent à abreuver toutes les bêtes des champs. » De même, en établissant ici-bas le règne d’en haut, toutes les glaces ont fondu, et toutes les voix d’ici-bas s’élèvent alors vers le ciel, pour lui rendre grâce de ce qu’il a délivré ce bas monde par son règne. La lettre Beth du commencement de la Genèse désigne les deux règnes, celui d’en haut et celui d’en bas, qui sont en communication, à l’exemple du Sud et du Nord ; le règne d’en haut fond la glace en bas (8) et le règne d’en bas rend grâce à celui d’en haut. Ce mystère est symbolisé par le son du cor (schophar), qui est le prélude de la délivrance. Le règne d’en haut envoie en bas sa voix vivifiante et celui d’en bas adresse en haut sa voix de reconnaissance.
C’est pourquoi L’Écriture ajoute : « Dieu créa par Élohim les cieux et la terre » ; car les deux règnes se complètent ; le règne du Roi d’en haut est glorifié par le règne d’ici-bas. On trouve une allusion à ce mystère dans les paroles de l’Écriture (I Rois, XX, 31) : « Le fils d’Ischaï vit sur la terre » ; car toute vie éternelle ici-bas n’est possible que par le Messie, fils d’Ischaï ; c’est lui qui est le maître de tout ; et la terre est nourrie par lui.
C’est pourquoi l’Écriture dit (Gen. , I, 1) : «... Et la terre. » Le Vav du mot « ve eth » désigne la nourriture de ce monde qui vient d’Élohim. Le mot « eth » se compose de la première et de la dernière des vingt-deux lettres de l’alphabet ; ce mot désigne Élohim, qui est également composé de ciel et de terre, ainsi qu’il est écrit (Cant. , III, 11) : « Sortez, filles de Sion, et voyez le roi Schelomoh avec le diadème dont sa mère l’a couronné le jour de ses noces. » De même qu’Élohim est venu en bas par l’opération des deux Séphiroth suprêmes, en quelque sorte mâle et femelle, de même il est le maître du ciel et de la terre. Lui (9) attire le ciel sur la terre et le Roi d’en haut attire la terre vers le ciel, de sorte que chacun règne sur les deux mondes et à force de régner simultanément sur les deux mondes, on connaît le règne d’en haut parle règne d’en bas, à cela près que le règne d’en bas est pourvu d’une large voie, ainsi qu’il est écrit (Prov. , IV, 18) : « La voie des justes est comme une lumière brillante », alors que le règne d’en haut n’est pourvu que d’un étroit sentier, ainsi qu’il est écrit (Job, XXVIII, 7) : « Le sentier que l’oiseau ignore... » Ce mystère de la différence des voies du règne d’en haut et de celui d’en-bas est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Is. , XLIII, 16) : « Qui a ouvert un chemin au milieu de la mer et un sentier au travers des eaux profondes. » Les deux règnes ressemblent au mâle et a lafemelle, dont l’un complète l’autre. Le ciel représente le mâle, et la terre, qui demande les eaux du mâle, représente la femelle. Ce n’est que lorsque le ciel accorde à la terre ses eaux que celle-ci devient féconde.
C’est pourquoi L’Écriture ajoute le Vav aux mots « ve-eth ha-aretz » (et la terre), ainsi que nous venons de l’expliquer.
Il est écrit (Is. , XL, 26) : « Levez vos yeux en haut et vovez qui (Mi) a créé Cela (Éléh). » Ces mots expriment [...]

דְּבֵיתָא. בֵּיתָא דָּא בָּנֵי בֵּיתָא דְעָלְמָא. וּבָנֵי עָלְמָא. וְדָא הוּא בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלהִים ב' רֵאשִׁית. רֵאשִׁית חָכְמָה כַּד כָּנִישׁ כֹּלָּא לְגַוֵּיהּ וְאִתְעֲבִיד יַמָּא רַבָּא לְשָׁאֲבָא כֹּלָּא.

יַמָּא דְּקָאפוּ מֵימוֹי. שָׁאִיב כָּל מֵימִין דְּעָלְמָא. וְכָנִישׁ לוֹן לְגַוֵיהּ. וּמַיִין אָזְלִין וְשָׁאטִין וְאִשְׁתָּאֲבָן בֵּיהּ. וְדָא נָפִיק מִגּוֹ עִלָּאָה. וְסִימָנֵיהּ דְּרָזָא דָא (איוב ל״ח:כ״ט) מִבֶּטֶן מִי יָצָא הַקָּרַח דְּמֵימוֹי גְלִידִין בֵּיהּ לְשָׁאֲבָא אָחֳרָנִין.

הַאי קָרַח (לקמן נב א) יַמָּא דְקָפָא לָא נַגְדִין מֵימוֹי. אֶלָּא בְּשַׁעֲתָא דְתוּקְפָּא דְדָרוֹם מָטֵי לְגַבֵּיהּ וּמַקְרִיב לֵיהּ בַּהֲדֵיהּ. כְּדֵין מַיָא דְּהֲווּ גְלִידִין בְּסִטְרָא דְּצָפוֹן מִשְׁתָּרָן וְנָגְדִין. דְּהָא מִסִּטְרָא דְצָפוֹן גְּלִידֵי מַיָּא וּמִסִּטְרָא דְדָרוֹם מִשְׁתְּרָן. וְנָגְדִין לְאַשְׁקָאָה כָּל אִנּוּן חֵיוַת בְּרָא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר (תהילים ק״ד:י״א) יַשְׁקוּ כָּל חַיְתוֹ שָׂדָי וְגו' וְאִלֵּין אִקְרוּן הָרֵי בָתֶר טוּרִין דְּפִירוּדָא. דְּכֻלְהוּ מִשְׁתַּקְיָין כַּד סִטְרָא דְדָרוֹם שָׁארֵי לְקָרְבָא בַּהֲדֵיהּ. וּכְדֵין מַיָּא נָגְדִין. וּבְחֵילָא דָא עִלָּאָה דְּנָגִיד כֹּלָּא הֲווּ בִּרְבוּ בְּחֵדוּ.

כַּד מַחֲשָׁבָה סָלִיק בִּרְעוּ (דחדוה) מִטְמִירָא דְכָל טְמִירִין. מָטֵי (ואתנגיד) מִגַּוִּיהּ חַד נָהָר. (כתרא טמירא) וְכַד מִתְקָרְבִין דָּא בְּדָא בְּחַד שְׁבִיל דְּלָא יְדִיעַ לְעֵילָא וְתַתָּא וְהָכָא הוּא רֵאשִׁיתָא דְּכֹלָּא. וּב' מֶלֶךְ סְתָם מֵהַאי רִאשִׁיתָא אִשְׁתַּכְלַל וְדָמֵי דָא לְדָא. (ובחילא דא) בָּרָא אֱלהִים אֶת הַשָּׁמַיִם, (סתמא נקודה סתימא דנגדין מימוי ונפקין ברא) (נ''א בתר דנפקין בדא) (ונ''א נהרא דנפיק בה''א עלאה) (ונ''א נהורא דנגיד ואפיק בדא) וְאַפִּיק קוֹל מִגַּוִּיהּ. וְדָא אִקְרֵי קוֹל הַשּׁוֹפָר. וְהַיְינוּ בָּרָא אֱלהִים אֶת הַשָּׁמַיִם (ואיהו) דְּאִיהוּ קוֹל הַשּׁוֹפָר (נ''א ואיהו השופר). וְשָׁמַיִם שַׁלִּיטִין בְּחַיֵּי הַמֶּלֶךְ עִלָּאָה עַל אַרְעָא. וְסִימָנִיךְ בֶּן יִשַּׁי חַ''י עַל הָאֲדָמָה. דְּחַיִּים תַּלְיָין בְּבֶן יִשַּׁי. (ובוא''ו נגדין ליה). וּבְהוּ שַׁלִּיט בְּכֹלָּא. וְאַרְעָא מִינֵּיהּ אִתְזְנַת. הֲדָא הוּא דִכְתִיב וְאֶת הָאָרֶץ. וָא''ו דְּאִתּוֹסַף לְשַׁלְטָאָה בִּמְזוֹנֵי עַל אַרְעָא.

אֶ''ת לְעֵילָא וְהוּא חֵילָא דִּכְלָלָא דְּעֶשְׂרִין וּתְרֵין אַתְוָון דְאַפִּיק אֶ''ת א' ת' אֱלהִים דָּא וְיָהִיב לַשָּׁמַיִם כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (שיר השירים ג׳:י״א) בָּעֲטָרָה שֶׁעִטְרָה לוֹ אִמּוֹ בְּיוֹם חֲתוּנָתוֹ. וְהַיְינוּ אֶת הַשָּׁמַיִם לְאַכְלָלָא דָא בְּדָא וּלְחַבְּרָא לוֹן דָּא בְּדָא לְאִתְקַיְּימָא כְּחֲדָא בְּאִנּוּן חַיֵּי מַלְכָּא מֶלֶךְ סְתָם לְאִתְזְנָא מִינֵיהּ שָׁמַיִם. וְאֶת הָאָרֶץ חִבּוּרָא דִּדְּכַר וְנוּקְבָא דְּאִתְגְּלִיפוּ בְּאַתְוָן רְשִׁימִין. וְחַיֵּי מַלְכָּא דְּאִתְנְגִידוּ מִן שְׁמַיָא דְּשָׁמַיִם נַגְדִין לוֹן לְקַיְּימָא אַרְעָא וְכָל אֻכְלוֹסִין דִּילָהּ.

וְרָזָא דְּאֱלֹהִים עִלָּאָה עֲבַד שָׁמַיִם וָאָרֶץ לְקִיּוּמָא. וְאַפִּיק לוֹן כְּחֲדָא בְּחֵילָא דִלְעֵילָא רֵאשִׁיתָא דְּכֹלָא. כְּגַוְונָא דָא רָזָא עִלָּאָה נָחִית לְתַתָּא. וְהַאי בַּתְרָאָה עָבִיד שָׁמַיִם וְאָרֶץ לְתַתָּא.

וְרָזָא דְכֹלָּא ב' תְּרֵין עָלְמִין נִינְהוּ וּבְרָאוּ עָלְמִין. דָּא עָלְמָא עִלָּאָה וְדָא עָלְמָא תַּתָּאָה. דָּא כְּגַוְונָא דְדָא. דָּא בְּרָא שָׁמַיִם וָאָרֶץ. וְדָא בְּרָא שָׁמַיִם וָאָרֶץ. וְעַל דָּא ב' תְּרֵין עָלְמִין נִינְהוּ. דָּא אַפִּיק תְּרֵין עָלְמִין. וְדָא אַפִּיק תְּרֵין עָלְמִין, וְכֹלָּא בְּחֵילָא דְרֵאשִׁית עִלָּאָה.

נָחִית עִלָּאָה בְּתַתָּאָה וְאִתְמַלְיָיא בְּאֹרַח דְּחַד דַּרְגָּא דְּשָׁרֵי עֲלָהּ. כְּגַוְונָא דְּהַהוּא שְׁבִיל סָתִים וְטָמִיר וְגָנִיז לְעֵילָא. בַּר דְּחַד שְׁבִיל דַּקִּיק. וְחַד אֹרַח. הַהוּא דִלְתַתָּא אֹרַח כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (משלי ד׳:י״ח) וְאֹרַח צַדִּיקִים כְּאוֹר נוֹגַהּ. וְהַהוּא דִלְעֵילָא שְׁבִיל דַּקִיק כְּדִכְתִיב, (איוב כ״ח:ז׳) נָתִיב לא יְדָעוֹ עָיִט. וְרָזָא דְּכֹלָּא (ישעיהו מ״ג:ט״ז) הַנּוֹתֵן בַּיָּם דָּרֶךְ וּבְמַיִם עַזִּים נְתִיבָה. וּכְתִיב, (תהילים ע״ז:כ׳) בַּיָּם דַּרְכֶּךָ וּשְׁבִילְךָ בְּמַיִם רַבִּים. עָלְמָא עִלָּאָה כַּד אִתְמַלְיָיא וְאִתְעַבְּרָא כְּנוּקְבָא דְּמִתְעַבְּרָא מִן דְּכוּרָא אַפִּיקַת תְּרֵין בְּנִין כְּחַד, דְּכַר וְנוּקְבָא, וְאִנּוּן שָׁמַיִם וָאָרֶץ כְּגַוְונָא עִלָּאָה.

מִמֵּימוֹי דִשְׁמַיָא אִתְּזַן אַרְעָא וּמֵימוֹי אִשְׁתַּדָּן בְּגַוָּוהּ, אֶלָּא דְעִלָּאֵי דְּכַר וְתַתָּאֵי נוּקְבָא. וְתַתָּאֵי מִן דְּכוּרָא אִתְּזְנָן. וּמַיִין תַּתָּאִין קָרָאן לְעִלָּאִין כְּנוּקְבָא דִּפְתִיחָא לִדְכוּרָא וְשָׁדַת מַיָא לָקֳבֵל מַיָא דִדְכוּרָא לְמֶעְבַּד זַרְעָא. וְנוּקְבָא מִן דְּכוּרָא אִתְּזְנַת. הֲדָא הוּא דִכְתִיב וְאֶת הָאָרֶץ בְּתוֹסֶפֶת וי''ו כְּמָה דְאִתְּמָר.

כְּתִיב, (ישעיהו מ׳:כ״ו) שְׂאוּ מָרוֹם עֵינֵיכֶם וּרְאוּ מִי בָּרָא אֵלֶּה וְגו'. אַתְוָון אִתְחָקְקוּ
(Ⅰ)

*****

[30a]  
[...] toute l’œuvre de la création ; car c’est par « Mi » d’en haut et par « Éléh » d’en bas que tout a été fait. C’est pourquoi, au commencement de la Genèse, la lettre» Beth » est répétée deux fois consécutives, ainsi que la lettre Aleph : « Bereschith bara Élohim eth. » La lettre Beth désigne le principe femelle et la lettre Aleph désigne le principe mâle. C’est de ces deux lettres que sont sorties toutes les lettres de l’alphabet. Le mot « ha-schamaïm » désigne la totalité des vingt-deux lettres (10). Le Hé avant le mot « schamaïm » et le préfixe Vav du mot « eth » nous indiquent également que le Hé donna naissance au ciel et le pourvut de vie, alors que le Vav donna naissance à la terre et la pourvut de nourriture et de tout ce dont elle a besoin. Le mot « ve-eth » indique que le Vav prit l’Aleph et le Thav, qui sont le symbole du commencement et de la fin, et que c’est à l’aide de cette combinaison que la terre trouve sa nourriture. Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Ecc. , I, 7) : « Tous les fleuves vont à la mer. » C’est pourquoi l’Écriture dit : « Ve-eth ha-aretz » ; car la terre ne trouve sa nourriture que dans son union avec le ciel.
Il n’y a point d’effet sans cause ; le bruit qu’on entend lorsque le marteau frappe l’enclume semble sortir de cette dernière, mais en réalité il est dû au choc que celle-ci reçoit du marteau. De même, la fumée des volcans n’est pas due à la terre dont elle sort, mais au feu intérieur de la terre ; c’est pourquoi l’Écriture (Ex. , XIX, 18) dit : « Tout le mont Sinaï était couvert de fumée, parce que le Seigneur y était descendu au milieu des feux » ; l’Écriture nous donne ici le feu et la fumée pour image de la terre et du ciel. Tout ce qui se produit sur la terre n’est que l’effet la cause est au ciel. C’est pourquoi le ciel est comparé à la main droite et la terre à la main gauche, ainsi qu’il est écrit (Is. , XLVIII, 13) : « C’est ma main gauche qui a fondé l terre et c’est ma droite qui a mesuré les cieux : Je les appellerai et ils se présenteront ensemble devant moi. » Le ciel représentant le principe mâle et la terre le principe femelle, il convient qu’ils se présentent ensemble devant Dieu (11), l’un à droite et l’autre, à gauche. Telle est la signification des paroles de l’Écriture (Is. , XL, 26) : « Levez vos yeux en haut et voyez Qui (Mi) a créé Cela (Éléh) » ; l’Écriture veut dire que « Mi » et « Éléh » se complètent l’un l’autre».
Car, avant la création, tout était au-dessus de l’entendement et de la conception, et « Hocmâ » était aussi cachée que le Point suprême. Ce n’est que quand une lumière se fut répandue sur le monde que l’on put s’apercevoir de l’existence de cette lumière ; avant la création, la subtilité de cette lumière était telle que nul ne pouvait en percevoir l’existence. Mais lorsque la lumière devint accessible au monde, on commençait à se demander « Qui » (Mi) ? C’est alors seulement que l’existence de « Cela » (Éléh) devint possible. Ce mystère est également exprimé dans les paroles de l’Écriture (Job, XXXVIII, 29) : « Du sein de « Qui » (Mi) la glace est sortie » ; car, en effet, le monde serait comme une glace, s’il n’y avait que « Mi » ; car toute demande et toute recherche seraient infructueuses. L’Écriture dit : « Bereschith. » Que signifie ce mot ? Signifie-t-il : Par les deux Verbes, Élohim créa, etc., en séparant le mot en deux : « Be », c’est-à-dire par deux, et « reschith », c’est-à-dire Verbes ? ou bien Par le Verbe, Élohim créa, etc., en lisant Bereschith comme un seul mot ? La vérité est qu’avant la création du monde il n’y avait aucune distinction entre le Principe suprême et le Verbe ; ce n’est qu’après la création qu’on commença à distinguer entre « Mi » (Qui) et « Éléh » (Cela). Malgré cette distinction, l’un et l’autre ne font qu’un. Ainsi, le « Mi » d’en haut est devenu ici-bas « Iam » (12) ; on voit donc que si la forme est changée, le fond est le même, « Mi » et « Iam » étant tous les deux formés des mêmes lettres : I et M. De même, le Principe suprême et le Verbe sont deux tout en n’étant qu’un au fond.
Il est écrit (Cant. , I, 12) : « Pendant que le Roi se reposait, le nard dont j’étais parfumée a répandu sa bonne odeur» ; « le Roi » désigne le Principe suprême, et « le nard qui répandait sa bonne odeur» désigne le Verbe qui est le Roi d’en bas et qui a formé le monde d’en bas d’après le modèle du monde d’en haut ; « la bonne odeur qu’il répand » désigne la lumière céleste. Le monde a été créé de deux façons (13) ; il y avait la création opérée par le côté droit et celle opérée par le côté gauche. La durée de la création de la terre correspond à la durée de la création des cieux, car ceux-ci ont été créés également dans le délai de six jours célestes, ainsi qu’il est écrit (Ex. , XXXI, 17) : « Car en six jours Dieu a fait les cieux et la terre. » Ces six jours correspondent aux six routes, aux six ouvertures de l’abîme, et enfin aux six canaux qui conduisent les eaux vers l’abîme. Tel est le sens des paroles de la tradition : « Les ouvertures pratiquées sous l’autel à l’usage des libations (schithim) ont été créées pendant les six jours de la création » ; car ces ouvertures amènent la paix au monde.
Il est écrit : «... Et la terre était thohou et bohou. » Au moment de la création, les éléments constitutifs n’étaient pas épurés ; la fleur de chaque élément était mêlée à la lie. Aussi tout manquait de linéament, tel le signe tracé par une plume à la pointe chargée du dépôt de l’encre. C’est alors que, grâce au nom gravé de quarante-deux lettres, le monde prit des formes plus nettes. Toutes les formes qui existent dans le monde émanent de ces quarante-deux lettres, qui sont en quelque sorte la couronne du nom sacré. C’est en se combinant ensemble, en se superposant [...]

בְּעוֹבָדָא דְּכֹלָּא. בְּעוֹבָדָא דְעִלָּאָה וּבְעוֹבָדָא דְתַתָּאָה. לְבָתַר אִתְרְשִׁימוּ אַתְוָון וְאִתְחָקְקוּ בַּקְּרָא. ב' בְּרֵאשִׁית בָּרָא. א' אֱלהִים אֶת. ב' רֵאשִׁית בָּרָא וַדַּאי. כְּמָה דְּאִתְּמָר בי''ת בָּרָא וַדַּאי בְּחֵילָא עִלָּאָה (בתקיפו דרזא דאנון אתוון). ב' נוּקְבָא. א' דְּכַר. כְּמָה דְּב' בָּרָא וַדַּאי בְּחֵילָא דִלְעֵילָא. הָכִי א' אַפִּיק אַתְוָון הַשָּׁמַיִם כְּלָלָא דְּעֶשְׂרִין וּתַרְתִין אַתְוָון. ה' אַפִּיק שָׁמַיִם לְמֵיהַב לֵיהּ חַיִּין (נ''א ולאשקאה) וּלְאַשְׁרָשָׁא לֵיהּ.

וְאֶת הָאָרֶץ. ו' אַפִּיק הָאָרֶץ לְמֵיהַב לָהּ מְזוֹנָא וּלְאַתְקָנָא לָהּ וּלְמֵיהַב לָהּ סִפּוּקָא דְּאִתְחַזֵּי לָהּ. וְאֶת הָאָרֶץ, דְּנָטִיל וָא''ו אֶ''ת כְּלָלָא דְּעֶשְׂרִין וּתְרֵין אַתְוָון וּמִתְּזָן אַרְעָא. וְאַרְעָא כָּלִיל לוֹן לְגַוָּוהּ כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (קהלת א׳:ז׳) כָּל הַנְּחָלִים הוֹלְכִים אֶל הַיָּם. וְהַיְינוּ רָזָא וְאֶת הָאָרֶץ. דְּכָנִישׁ כֹּלָּא לְגַוָּוהּ וְקַבְּלִית לוֹן הָאָרֶץ נָטְלָא הָאָרֶץ. וְאֶ''ת דָּא שָׁמַיִם וָאָרֶץ כְּחֲדָא. אֶ''ת הַשָּׁמַיִם רָזָא דְשָׁמַיִם וָאָרֶץ כְּחֲדָא (הארץ נטלית ו).

וְקַבִּילַת לוֹן לְאִתְּזָנָא. מָטוּן מִלָּה בְּקוּלְפוֹי שְׁכִיחֵי. קוּסְטְרָא דְּקוּטְרָא בְּאַרְעָא שְׁכִיחַ. כַּד אֶשָׁא דִמְלַהֲטָא נָגִיד וְאִתְעַר מִשְּׂמָאלָא אָחִיד בָּהּ וְסַלְקָא תְּנָנָא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר (שמות י״ט:י״ז-י״ח) וְהַר סִינַי עָשַׁן כֻּלּוֹ מִפְּנִי אֲשֶׁר יָרַד עָלָיו ה' בָּאֵשׁ. דָּא אֶשָׁא וְדָא תְּנָנָא. וּכְתִיב, (שמות י״ט:י״ז-י״ח) וְאֶת הָהָר עָשֵׁן. מִגּוֹ דְאֶשָׁא כַּד נָחִית אֲחִידָן דָּא בְּדָא תְּנָנָא בְּאֶשָׁא. וּכְדֵין בִּסְטַר שְׂמָאלָא קַיְימָא כֹּלָּא. וְהַיְינוּ רָזָא (ישעיהו מ״ח:י״ג) אַף יָדִי יָסְדָה אָרֶץ. וִימִינִי טִפְּחָה שָׁמָיִם. בְּחֵילָא דְּיָמִינָא לְעֵילָא. כִּי הַאי גַוְונָא אִתְעֲבִידוּ שְׁמַיָא דְּאִיהוּ דְכַר. וּדְכַר מִסִּטְרָא דְּיָמִינָא קָא אָתֵי וְנוּקְבָא מִסִּטְרָא דִשְׂמָאלָא. (לעיל א ע''ב). (ישעיהו מ׳:כ״ו) שְׂאוּ מָרוֹם עֵינֵיכֶם וּרְאוּ מִי בָּרָא אֵלֶּה. עַד הָכָא אִסְתַּלְּקוּ מִלִּין דְּלָא לְשָׁאֲלָא כְּדִלְעֵילָא. דְּחָכְמָה אִשְׁתַּכְלֵיל מֵאַיִן וְלָא קַיְימָא לְשָׁאֲלָא דְּסָתִים וְעָמִיק לֵית דְּיֵקוּם בֵּיהּ. כֵּיוָן דְּאִתְפַּשַּׁט נְהוֹרָא עֲמִיקָא נְהוֹרֵיהּ קַיְימָא בִּשְׁאֵלְתָּא אַף עַל גַּב דְּאִיהוּ סָתִים מִכֹּלָּא דִלְתַתָּא. וְקָרָאן לֵיהּ עַל פּוּם שְׁאֵילְתָּא מִ''י. מִי בָּרָא אֵלֶּה.

וְהַיְנוּ רָזָא דְּקָאַמְרָן (לקמן פה ע''ב) (איוב ל״ח:כ״ט) מִבֶּטֶן מִי יָצָא הַקָּרַח. מִבֶּטֶן מִי וַדַּאי (יצא הקרח) הַהוּא דְקַיְימָא לִשְׁאֵלְתָּא. וְלֵית לְשָׁאֲלָא מַה לְּעֵילָא מַה לְּתַתָּא. אֶלָּא לְשָׁאֲלָא אֲתַר דְּנַפְקָן לְמִנְדַע. וְלָא לְמִנְדַע לֵיהּ. דְּהָא לָא יָכְלִין. אֶלָא קַיְימָא לִשְׁאֶלְתָּא וְלָא לְמִנְדַע בֵּיהּ.

בְּרֵאשִׁית ב' רֵאשִׁית. רֵאשִׁית מַאֲמָר הוּא. אוֹ נִימָא דִּבְרֵאשִׁית אִיהוּ מַאֲמָר. אֶלָּא עַד לָא נָפִיק וְאִתְפַּשַּׁט חֵילֵיהּ (לעיל טו ע''ב) וְכֹלָּא סָתִים בֵּיהּ. בְּרֵאשִׁית אִיהוּ וּמַאֲמָר אִיהוּ. כֵּיוָן דְּנָפִיק וְאִתְפְּשַׁט מִנֵּיהּ חֵילִין, רֵאשִׁית אִקְרֵי וְהוּא מַאֲמָר בִּלְחוֹדוֹי. מִ''י שְׁאֵילְתָּא הַהוּא דְּבָרָא אֵלֶּה. לְבָתַר כַּד אִתְפְּשַׁט וְאִשְׁתַּכְלַל אִתְעֲבִיד י''ם וּבָרָא לְתַתָּא. וְכֹלָּא עָבִיד כְּהַהוּא גַוְונָא מַמָּשׁ דִּלְעֵילָא. דָּא לָקֳבֵל דָּא וְדָא כְּגַוְונָא דְּדָא. וְתַרְוַויְיהוּ ב'.

כְּתִיב, (שיר השירים א׳:י״ב) עַד שֶׁהַמֶּלֶךְ בִּמְסִבּוֹ. בִּמְסִבּוֹ לְאִתְיַישְׁבָא בְּמַלְכוּ תַּתָּאָה. בְּרָזָא דְּהַהוּא חַבְרוּתָא וְתַפְנוּקָא דְּהַהוּא חֲבִיבוּתָא דִּבְעֵדֶן עִלָּאָה בְּהַהוּא שְׁבִיל דְּסָתִים וְגָנִיז וְלָא אִתְיְדַע וְאִתְמַלְיָיא מִנֵּיהּ וְנַפְקָא בְּנַחֲלִין יְדִיעָן. נִרְדִי נָתַן רֵיחוֹ דָּא מַלְכָּא תַּתָּאָה. דְּבָרָא עָלְמָא לְתַתָּא כְּגַוְונָא דִלְעֵילָא וְסָלִיק רֵיחָא טָבָא עִלָּאָה לְשַׁלְטָאָה וּלְמֶעְבַּד וְיָכִיל וְשַׁלִּיט וְנָהִיר בִּנְהוֹרָא עִלָּאָה.

בִּתְרֵין גַּוְונִין אִתְבְּרֵי עָלְמָא, בְּיָמִינָא וּבִשְׂמָאלָא בְּשִׁיתָּא יוֹמִין עִלָּאִין. שִׁיתָּא יוֹמִין אִתְעֲבִידוּ לְאַנְהָרָא כְּמָה דְאַתְּ אָמֵר (שמות ל״א:י״ז) כִּי שֵׁשֶׁת יָמִים עָשָׂה יְיָ אֶת הַשָּׁמַיִם וְאֶת הָאָרֶץ. וְאִלֵּין כָּרוּן אָרְחִין וְעֲבָדוּ שִׁיתִין נוּקְבִין לִתְהוֹמָא רַבָּא. וְאִנּוּן שִׁיתִין נוּקְבִין לְאַעֲלָאָה מַיָא דְנַחֲלֵי גוֹ תְּהוֹמָא. וְעַל דָּא (הא תנינן) הַשִּׁיתִין מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי בְרֵאשִׁית נִבְרְאוּ וְאִנּוּן הֲווּ שְׁלָמָא דְעָלְמָא:

וְהָאָרֶץ הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ סוֹסְפִיתָא דְּקָמְרֵי גּוֹ קוֹלְטוֹי דְּהֲוָה בְּקַדְמִיתָא וְלָא אִתְקַיְימַת. הָיְתָה כְּבָר וּלְבָתַר אִתְקַיְּימַת. בְּאַרְבְּעִין וּתְרֵין אַתְוָון אִתְגְּלִיף עַלְמָא וְאִתְקַיְימַת. וְכֻלְהוּ עִטּוּרָא דִשְׁמָא קַדִּישָׁא. כַּד מִצְטַרְפִין סָלְקִין
(Ⅰ)

*****

[30b]  
[...] et en formant ainsi certaines figures en haut et certaines autres en bas, qu’elles ont donné naissance aux quatre points cardinaux et à toutes les formes et les images qui existent dans le monde (14). La formation du monde ayant eu pour moule les lettres du nom sacré, il s’ensuit que ces lettres ont dû être disposées dans un sens inverse à l’ordre que nous voyons dans le monde ; tel un mot gravé sur un sceau ; pour que le mot paraisse disposé dans l’ordre qui lui convient, il faut que les lettres qui le composent soient gravées en sens inverse. Ainsi, ce qui, dans, l’ordre de ce monde, nous paraît être le premier, figure sur le moule céleste comme le dernier (15). Il en est de même de toute lettre qui a contribué à la création du monde. Aussitôt que les lettres furent gravées sur le sceau de Dieu, le grand serpent et ses légions disparurent de la surface du monde et furent relégués sous les ouvertures de la terre conduisant à l’abîme, à une profondeur de mille cinq cents aunes.
Mais le profond abîme rendit, plus tard, les démons à la surface de la terre qui fut, à la suite, entièrement voilée de ténèbres, jusqu’au jour où la lumière céleste, dissipant les ténèbres, vint éclairer le monde, ainsi qu’il est écrit (Job, XII, 22) : « Il découvre ce qui était caché dans de profondes ténèbres, et il produit au jour l’ombre de la mort. » Les eaux ont été pesées sur une balance. Trois gouttes représentant chacune la mille cinq centième partie d’un doigt, venant à tomber sur un des plateaux en plus que sur l’autre, il en résulta que l’un des plateaux monta en haut et l’autre descendit en bas. Mais aussitôt que, à l’aide d’une main, l’excédent d’un plateau a été enlevé, la balance reprit son équilibre. Telle est la signification des paroles de l’Écriture (Is. , XL, 12) : « Qui (Mi) a mesuré les eaux à l’aide de sa main. » Avant que la lumière n’eût encore éclairé le monde, tout restait plongé dans les ténèbres, et les eaux congelées ne faisaient couler aucun fleuve ni aucune rivière.
Mais lorsque la lumière apparut, elle échauffa de ses rayons les eaux congelées qui, fondues, reprirent le mouvement inhérent à leur nature, ainsi qu’il est écrit : « Et Élohim dit : Que la lumière soit faite, et la lumière fut faite. » La lumière dont parle l’Écriture est celle qui existe de toute éternité, de laquelle émanent toutes les légions et toutes les puissances célestes et qui remplit le monde de son éclat. Lorsque cette lumière se manifesta pour la première fois dans le monde, son éclat remplissait le monde d’une extrémité à l’autre, mais, quand Dieu prévit le nombre des coupables de ce monde, il cacha cette lumière et la rendit inaccessible par toute autre voie, si ce n’est par des sentiers étroits et obscurs.
Il est écrit : « Et Élohim vit que la lumière était bonne. » La tradition nous apprend que tous les songes, dont la matière consiste en un objet que l’Écriture qualifie du nom de « bon », présagent la paix en haut et en bas. Les lettres dont est composé le mot « Tob » (bon) sont, en effet, disposées dans l’ordre indiquant la paix d’en haut et d’en bas (16). Quiconque (17) voit dans un songe la lettre « T» peut la prendre pour un présage favorable pour lui et pour tout son songe, attendu que l’Écriture commence par les mots « et Dieu vit que cela était bon ». Ce mot «bon » indique la lumière qui, au moment de la création, éclairait le monde d’une extrémité à l’autre. La lettre «T», vue dans en songe, désigne le mot «Tab », qui est synonyme du mot « Tob », et signifie la paix. La valeur numérique de la lettre «T » est de neuf, symbole de la neuvième Séphirâ, après Kether, qui reçoit sa lumière de la Séphirâ suprême. Ainsi, la lettre Yod est le symbole du Point suprême ; la lettre Vav est le symbole de la lumière qui procède des deux premières Séphiroth ; le «T, » est le symbole de la neuvième Séphirâ (après Kether), Séphirâ qui, étant appelée « Malcouth », est identique à la deuxième Séphirâ. La lettre « B » est le symbole de la première Séphirâ (18), attendu que c’est par elle que commence l’Écriture.
Ainsi, les trois lettres du mot « Tob ». dont chacune symbolise une des trois Séphiroth suprêmes, désignent le Juste du monde qui unit en sa personne le ciel et la terre, ainsi qu’il est écrit (Is. , III, 10) : « Dites au Juste qu’il est bon » ; il est bon parce qu’il unit en lui, et la bonté d’en haut et la commisération d’en bas, ainsi qu’il est écrit (Ps. , CXLV, 9) : « Le Seigneur est bon envers tous » et sa miséricorde s’étend sur toutes ses œuvres. » L’Écriture dit : « Le Seigneur est bon envers tous » ; ici se trouve exprimée la prophétie d’après laquelle il arrivera un jour où tout le monde ouvrira les yeux à la lumière céleste. Tout ce qui précède est le sens anagogique des mots de l’Écriture (19).
Il est écrit : « Bereschith bara Élohim » Ces paroles de l’Écriture font allusion au mystère renfermé dans le verset (Nomb. , XV, 18-20) : « Lorsque vous serez arrivés dans la terre que je vous donnerai et que vous aurez mangé des pains, de ce pays là, vous offrirez au Seigneur les prémices de la farine que vous pétrirez. » Les « prémices » désignent la « Sagesse suprême »(20) (Hocmâ) qui constitue les prémices. « Bereschith » signifie donc : « Par les prémices », Dieu créa, etc. La lettre B du mot Bereschith désigne le monde, qui est arrosé par ce fleuve mystérieux dont l’Écriture (Gen. , II, 10) dit : « Et un fleuve sort de l’Eden pour arroser le Jardin. » Ce fleuve, qui prend sa source dans le lieu secret d’en haut, doit couler sans discontinuer, afin d’apporter la vie aux choses d’ici-bas. Ce lieu secret d’en haut est symbolisé par le premier B de la Genèse. La lettre B renferme toutes les autres lettres, de même que le fleuve qu’il symbolise vivifie toutes les autres choses. Le lieu secret ressemble à un sentier étroit où l’on ne marche que très difficilement, mais où tous les trésors du monde sont cachés. De ce lieu secret sortent deux forces.
C’est pourquoi l’Écriture dit « les cieux » (haschamaïm), et non pas « des cieux » (schamaïm), parce que l’Écriture voulait indiquer les forces qui sortent du lieu secret d’où coule le fleuve mystérieux.
L’Écriture ajoute : «... Et la terre. » En plaçant « la terre » près « des cieux », l’Écriture nous indique que le fleuve mystérieux amènera sur la terre la sainteté d’en haut ; et lorsque le règne du ciel sera venu sous la forme de prémices sur la terre, celle-ci sera élevée et rendue en quelque sorte égale au ciel. Au moment de la création, il n’y avait aucune distinction entre le ciel et la terre ; ce n’est que quand la terre se sépara [...]

אַתְוָון לְעֵילָא וְנָחְתִין לְתַתָּא מִתְעַטְּרָן בְּעִטְרִין בְּאַרְבַּע סִטְרֵי עָלְמָא וְיָכִיל עַלְמָא לְאִתְקַיְימָא. וְאִלֵּין אִתְקַיְימִין בְּעוֹבָדוֹי דְעָלְמָא (נ''א דמלכא). טוּפְסְרָא דְּקִילְטָא בְּהָנֵי שְׁכִיחֵי (כחותמא) דְגוּשְׁפַּנְקָא. עָאלוּ וּנְפָקוּ אֶת וְאֶת וְאִתְבְּרֵי עָלְמָא. עָאלוּ גוֹ חוֹתָמָא וְאִצְטָרְפוּ וְאִתְקְיַּים עָלְמָא.

בְּקוֹלְפֵי דְּחִוְיָא רַבְרְבָא מָחוּ וְעָאלוּ תְּחוֹת נוּקְבֵי דְעַפְרָא אֶלֶף וַחֲמֵשׁ מְאָה אַמִּין. לְבָתַר תְּהוֹמָא רַבָּא הֲוָה סָלִיק בַּחֲשׁוֹכָא וַחֲשׁוֹכָא חָפֵי כֹּלָּא. עַד דְּנָפַק נְהוֹרָא (לעיל טו א) וּבָקַע בַּחֲשׁוֹכָא וְנָפַק וְאִתְנְהִיר דִּכְתִיב, (איוב י״ב:כ״ב) מְגַלֶּה עֲמוּקוֹת מִנִּי חשֶׁךְ וַיּוֹצֵא לָאוֹר צַלְמָוֶת.

מַיָא אִתְקַלוּ בְּתִיקְלָא אֶלֶף וַחֲמֵשׁ מְאָה בְּאֶצְבְּעָאן. תְּלַת נְטִיפוּ גוֹ תִּיקְלָא. פַּלְגוּ מִנַּיְיהוּ לְקִיּוּמָא וּפַלְגוּ דְּעָאלוּ לְתַתָּא. אִלֵּין סָלְקִין וְאִלֵּין נָחֲתִין. כֵּיוָן דִּסְלִיקוּ בִּסְלִיקוּ דְיָדָא. קָאִים תִּיקְלָא בְּאוֹרַח מֵישַׁר וְלָא סָטָא לְיָמִינָא וְלִשְׂמָאלָא. הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (ישעיהו מ׳:י״ב) מִי מָדַד בְּשָׁעֳלוֹ מַיִם וְגו'.

כֹּלָּא הֲוָה בֵּיהּ בְּאַרְעָא סָתִים וְלָא אִתְגַּלְיָיא. וְחֵילָא וְתָקְפָא וּמַיָא גְלִידִין בְּגַוָּוהּ וְלָא נְגִידוּ וְלָא אִתְפַּשְׁטוּ. עַד דְּאַנְהִיר עֲלָהּ נְהוֹרָא דִלְעֵילָא וּנְהוֹרָא מָחַאת בְּקוּלְטוֹי וְאִשְׁתְּרִיאוּ חֵילָהּ. הֲדָא הוּא דִכְתִיב וַיֹּאמֶר אֱלהִים יְהִי אוֹר. וַיְהִי אוֹר. דָּא הוּא אוֹר קַדְמָאָה עִלָּאָה דְּהֲוָה מִקַּדְמַת דְּנָא.

וּמֵהָכָא נָפְקוּ כָּל חֵילִין וְתוּקְפִּין. וְאַרְעָא אִתְבַּסְמַת וְאַפִּיקַת חֵילָהָא לְבָתַר. כֵּיוָן דְּנָהִיר (ונחית) הֲוָה אִסְתַּלַּק נְהוֹרֵיהּ מִסְיָיפֵי עָלְמָא עַד סְיָיפֵי עָלְמָא. כַּד אִסְתַּכַּל בְּחַיָּיבֵי עָלְמָא אִתְגְּנִיז וְאִתְטְמִיר וְלָא נָפִיק אֶלָּא בִּשְׁבִילוֹי סְתִימִין דְּלָא אִתְגַּלְיָין:

וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת הָאוֹר כִּי טוֹב. תְּנַן כָּל חֶלְמָא דְקַיְימָא בְּקִיּוּמָא דְּכִי טוֹב שְׁלָמָא הוּא לְעֵילָא וְתַתָּא. חָמֵי אַתְוָון כְּפוּם אָרְחוֹי כָּל חַד וְחַד. חָמָא ט' טַב לֵיהּ טַב לְחֶלְמֵיהּ דְּהָא אוֹרַיְיתָא פָּתַח בֵּיהּ כִּי טוֹב. נָהִיר מִסְּיָיפֵי עָלְמָא לִסְיָיפֵי עָלְמָא. ט' טַב. טוֹב הוּא, טַב נְהִירוּ בְּאַשְׁלָמוּתָא.

ט' תְּשִׁיעָאָה דְּכֹלָּא. אָת דְּאִתְנְהִיר מֵעִלָּאָה רִאשִׁיתָא וְאִתְכְּלִיל בֵּיהּ וְאִתְעֲבִיד בִּסְתִימוּ דִּנְקוּדָה רָזָא דְּי' דְּהִיא נְקוּדָה חָדָא. ו' מֵחֵילֵיהּ נָפִיק. בֵּיהּ אִתְעֲבִיד שָׁמַיִם. כַּד אִסְתַּיָּים בִּנְקוּדָה חַד וְאִתְגְּנִיז גּוֹ, אִתְנַהֲרָא ב'. מִנֵּיהּ נָפְקוּ עִלָּאָה וְתַתָּאָה. עִלָאָה טְמִירָא. תַּתָּאָה אִתְגַּלְיָיא בְּרָזָא דִתְרֵין. וְקַיְימָא בְּחֵילָא דִלְעֵילָא.

וְדָא הוּא טוֹ''ב. אִלֵּין תְּלַת אַתְוָון טוֹ''ב אִתְכְּלִילוּ לְבָתַר לְצַדִּיקָא דְעָלְמָא דְּכָלִיל כֹּלָּא לְעֵילָא וְתַתָּא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (ישעיהו ג׳:י׳) אִמְרוּ צַדִּיק כִּי טוֹב. בְּגִין דִּנְהִירוּ עִלָּאָה כְּלִילָא בֵּיהּ דִּכְתִיב, (תהילים קמ״ה:ט׳) טוֹב יְיָ לַכֹּל וְרַחֲמָיו עַל כָּל מַעֲשָׂיו. לַכֹּל כְּתִיב דָּא סְתָמָא דְמִלָּה בְּגִין לְאַנְהָרָא יוֹמָא חַד דְּנָהִיר לְכֹלָּא. עִלָּאָה עַל כֹּלָּא. עַד כָּאן סְתָמָא דְמִלִּין.

השלמה מההשמטות (סימן ז''ך)

לָּמָה בֵּי''ת דּוֹמֶה לְאָדָם שֶׁנוֹצָר בְּחָכְמָה שֶׁסָתוּם מִכָּל צָד וּפַּתוּחַ מִלְפָנָיו וְהָאָלֶף פְתוּחָה מֵאַחֲרָיו רוֹצֶה לוֹמַר כִּי הִיא פְתוּחָה לְקַבֵּל מִן הַכֶּתֶר וְיֵשׁ לָהּ פְּתַח לְהַשְׁפִּיעַ לְאֲחֵרִים. (עד כאן מההשמטות)

בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלֹהִים. רָזָא דְּרֵאשִׁית עֲרִיסוֹתֵיכֶם חַלָּה תָּרִימוּ תְּרוּמָה. דָּא חָכְמָה עִלָּאָה דְּאִיהִי רֵאשִׁית. ב' בֵּיתָא דְעָלְמָא לְאִתְשַׁקָּאָה מֵהַהוּא נָהָר דְּעֲיִּיל בֵּיהּ. רָזָא דִכְתִיב וְנָהָר יוֹצֵא מֵעֵדֶן לְהַשְׁקוֹת אֶת הַגָּן. וְנָהָר דְּאַכְנִישׁ כֹּלָּא מֵעוּמְקָא עִלָּאָה וְלָא פְּסִיקוּ מֵימוֹי לְעָלְמִין לְאַשְׁקָאָה לְגִנְתָּא.

וְהַהוּא עִמְקָא עִלָּאָה בַּיִת רִאשׁוֹן בְּרֵאשִׁית אִסְתַּיְימוּ בֵּיהּ אַתְוָון בְּחַד שְׁבִיל דַּקִּיק דְּגָנִיז בְּגַוֵּיהּ. וּמִגּוֹ הַהוּא עוּמְקָא נָפְקוּ תְּרֵין חֵילִין דִּכְתִיב אֶת הַשָּׁמַיִם. שָׁמַיִם לָא כְּתִיב אֶלָּא הַשָּׁמַיִם. מִגּוֹ הַהוּא עוּמְקָא דְסָתִים מִכֹּלָּא. וְאֶת הָאָרֶץ סְתִימָא דָּא אַפִּיק לְהַאי אָרֶץ.

אֲבָל בִּכְלָלָא דְשָׁמַיִם הֲוָה. וּנְפָקוּ כְּחֲדָא מִתְדַּבְּקָא בְּסִטְרוֹי דָּא בְּדָא. כַּד אִתְנְהִיר רֵאשִׁיתָא דְּכֹלָּא, שָׁמַיִם נַטְלוּ לָהּ וְאוֹתִיבוּ לָהּ בְּאַתְרָהּ, דִּכְתִיב וְאֶת הָאָרֶץ. וְאֶת מִכְּלָלָא דְּאַתְוָון דְּאִנּוּן אֶ''ת. כַּד אִתְהַדְּרַת אַרְעָא לְמֵיתַב בְּאַתְרָהּ וְאִתְפְּרַשׁ
(Ⅰ)

*****

[31a]  
[...] du côté du ciel, qu’elle est retombée à l’état de thohou et bohou, afin que l’on sache que ce n’est que par le mérite de la lumière suprême que la terre peut s’élever jusqu’au ciel, mais que, réduite à son propre mérite, la terre reste terre. Au moment d’éclairer la terre, la lumière céleste se dirigea du côté droit, et l’obscurité du côté gauche (21) ; Dieu les sépara pour les unir ensuite, ainsi qu’il est écrit : « Et Elohim sépara la lumière d’avec les ténèbres. » Mais que l’on ne pense pas que, par le mot « sépara », l’Écriture entende une séparation éternelle, attendu que L’Écriture ajoute : « Et du soir et du matin se fit le premier jour. » Ainsi, on voit que si Dieu a séparé la lumière des ténèbres, c’était afin de les unir plus tard. La lumière et les ténèbres se complètent ici-bas ; il n’y a pas de jour sans nuit, ni de nuit sans jour ; et cet état de choses durera jusqu’à l’accomplissement des paroles du Psalmiste (Ps. CXXXIX, 12) : « La nuit aura une lumière égale à celle du jour. » Rabbi Éléazar se levant le premier (22), prit la parole.
Il est écrit (Ps. , XXIX, 3) : « La voix du Seigneur est sur les eaux ; le Dieu majestueux a tonné ; le Seigneur est sur une grande abondance d’eau. » L’Écriture désigne le fleuve céleste qui vivifie tout sur la terre et qui, pareil à un canal d’arrosage, se sépare en plusieurs artères formées par la voix du Seigneur. Par les mots « le Dieu majestueux a tonné », l’Écriture fait allusion au mystère exprimé dans les mots (Job, XXVI, 14) : « Qui peut comprendre le tonnerre de sa grandeur ? » mots qui désignent la Séphirâ appelée « Gueboura». Selon une autre version, les mots « le Dieu majestueux a tonné » désignent le bras droit de l’arbre séphirothique, dont procède le bras gauche. Les mots « Le Seigneur est sur une grande abondance d’eau » désignent la « Sagesse suprême » (Hocmâ), appelée « Yod », qui est au-dessus du fleuve céleste qui sort du lieu secret, ainsi qu’il est écrit (Ps. , LXXVII, 20) : « Votre chemin est dans les eaux abondantes. » Interrompant le discours de Rabbi Éléazar,
Rabbi Siméon commença à interpréter le verset suivant (Ex. , XXV, 27) : « Les anneaux d’or seront Au-dessous de la couronne pour y passer les bâtons, afin qu’on s’en serve à porter la table. » Que signifie le mot « misghereth » ? C’est ce lieu secret où personne ne peut pénétrer et qui n’est ouvert que pour un seul. Celui-ci y a pénétré, y a établi des portes pour permettre l’accès et y a allumé des lampes. C’est parce que ce lieu est tellement secret qu’il est appelé « misghereth », pour désigner le monde futur. Par «les anneaux», l’Écriture entend la chaîne sacrée formée de trois anneaux ; bien que séparés en apparence, ces anneaux ne forment qu’un : L’eau provient de l’air, l’air du feu et le feu de l’eau (23). Ainsi, les trois éléments, différents en apparence, ne sont au fond qu’un. Ces anneaux renferment des maisons et des endroits différents qui proviennent des trois éléments, et il n’est permis à l’homme profane que l’examen extérieur, non l’examen intérieur. On dit à un abstème : « Tourne autour de la vigne, mais n’y pénètre pas. » C’est pourquoi le profane ne peut s’approcher que de la partie extérieure du Tabernacle, alors que le service intérieur est réservé à ceux qui sont destinés à servir Dieu.
C’est pourquoi l’Écriture (Nomb. , I, 51) dit : « Si quelque profane s’approche, il sera puni de mort. » La lettre «B» du mot « Bereschith » est plus grande que les autres lettres du Pentateuque. Rabbi Yossé en demanda la raison ; il s’exprima en ces termes : Que signifient les six jours exprimés par le mot « Bereschith », ainsi que la tradition nous l’apprend ?
Rabbi Siméon lui répondit : De même que l’Écriture (Ps. , CIV, 16) dit : « Les cèdres du Liban » pour indiquer que ces cèdres proviennent du Liban, de même, la tradition veut dire que les six jours de la création sont sortis de « Bereschith ». Quant à l’explication des six jours célestes, l’Écriture s’en est chargée en disant (I Paralip. , XIX, 19) : « C’est à vous, Seigneur, qu’appartient la grandeur, la puissance, la gloire et la victoire ; et c’est à vous que sont dues les louanges ; car « Tout » est dans le ciel et sur la terre. C’est à vous qu’il appartient de régner ; et vous êtes élevé au-dessus de tous les princes. » Par le mot «Tout », l’Écriture désigne le Juste ; l’Écriture dit : « Tout est dans le ciel et sur la terre » ; il est dans le ciel par le cœur de l’arbre séphirothique appelé « Thiphereth » et il est également sur la terre par la communauté d’Israël. Le Targoum traduit ces mots de cette façon : « Qui unit le ciel et la terre. » Car la base du monde appelée «Tout » s’unit au ciel et à la terre : à l’aide de la Séphirâ « Thiphereth » appelée « ciel », et par la [...]

מִסִּטְרוֹי דְשָׁמַיִם, הֲוַת תּוֹהָה וּבוֹהָה לְאִתְדַּבְּקָא בַּשָּׁמַיִם כְּחֲדָא (נ''א כקדמיתא) בְּקַדְמִיתָא. בְּגִין דְּחָמַת לַשָּׁמַיִם נְהִירִין וְהִיא אִתְחַשְׁכַת. עַד דִּנְהוֹרָא עִלָּאָה נָפַק עֲלָהּ וְאַנְהִיר לָהּ וְתָבַת בְּאַתְרָהּ לְאִסְתַּכְּלָא בִּשְׁמַיָא אַפִּין בְּאַפִּין. וּכְדֵין אִתְתַּקָּנַת אַרְעָא וְאִתְבַּסְמַת.

נָפַק נְהוֹרָא בִּסְטַר יָמִינָא (לעיל יז) וַחֲשׁוֹכָא בִּסְטַר שְׂמָאלָא. וְאַפְרִישׁ לוֹן לְבָתַר בְּגִין לְאִתְכַּלְּלָא דָא בְּדָא. הֲדָא הוּא דִכְתִיב וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחשֶׁךְ. וְאִי תֵימָא הֲוָה הַבְדָּלָה מַמָּשׁ. לָא. אֶלָּא יוֹם אָתֵי מִסִּטְרָא דִנְהוֹרָא דְּאִיהוּ יָמִינָא. וְלַיְלָה מִסִּטְרָא דְּחֲשׁוֹכָא דְּאִיהוּ שְׂמָאלָא. וְכַד נָפְקוּ כְּחֲדָא אַפְרִישׁ לוֹן. וְהַבְדָּלָה הֲוָה מִסִּטְרוֹי לְאִסְתַּכְּלָא אַפִּין בְּאַפִּין וּלְאִתְדַּבְּקָא דָא בְּדָא לְמֶהֱווֹ כֹּלָּא חָד.

וְאִיהוּ אִקְרֵי יוֹם וְקָרֵי לֵיהּ יוֹם. וְאִיהִי קָרֵי לָיְלָה כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר וַיִּקְרָא אֱלהִים לָאוֹר יוֹם וְגו'. מַהוּ וְלַחשֶׁךְ. דָּא חשֶׁךְ דְּאָחִיד לְלַיְלָה דְּלֵית לָהּ נְהוֹרָא מִגַּרְמָהּ (ס''א והיא אתקרי לילה דכתיב ולחשך קרא לילה בגין דאחיד בה חשך ולית לה נהורא מגרמה) וְאַף עַל גַּב דְּאָתָא מִסִּטְרָא דְאֶשָׁא דְּאִיהִי חשֶׁךְ. אֲבָל חשֶׁךְ עַד דְּאִתְנְהִיר מִסִּטְרָא דְיוֹם, יוֹם נָהִיר לְלַיְלָה, וְלַיְלָה לָא נָהִיר עַד זִמְנָא דִּכְתִיב, (תהלים קלט) וְלַיְלָה כַּיּוֹם יָאִיר כַּחֲשֵׁכָה כָּאוֹרָה.

רִבִּי אֶלְעָזָר קָפַץ בְּקַדְמִיתָא וְדָרַשׁ (שם כט) קוֹל יְיָ עַל הַמָּיִם אֵל הַכָּבוֹד הִרְעִים יְיָ עַל מַיִם רַבִּים. קוֹל יְיָ דָּא קוֹל עִלָּאָה דִּמְמַנָּא עַל הַמָּיִם דְּנַגְדִין מִדַּרְגָא לְדַרְגָא עַד דְּמִתְכַּנְשֵׁי לְאֲתַר חָד בִּכְנוּפְיָא חָדָא. הַהוּא קוֹל עִלָּאָה מְשַׁדֵּר לְאִנּוּן מַיִין בְּאָרְחַיְיהוּ כָּל חַד וְחַד כְּפוּם אָרְחֵיהּ. כְּהַאי גְּנָנָא דִּמְמַנָּא עַל מַיָא לְשַׁדַּר לוֹן לְכָל אֲתַר וַאֲתַר כִּדְחָזֵי לֵיהּ. כָּךְ קוֹל יְיָ מְמַנָּא עַל מַיָא.

אֵל הַכָּבוֹד הִרְעִים כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (איוב כו) וְרַעַם גְּבוּרוֹתָיו מִי יִתְבּוֹנֵן. דָּא סִטְרָא דְאַתְיָא מִן גְּבוּרָה וְנָפְקָא מִינֵּיהּ. דָּבָר אַחֵר אֵ''ל הַכָּבוֹד הִרְעִים דָּא יָמִינָא דְּנַפְקָא מִנֵּיהּ שְׂמָאלָא. ה' עַל מַיִם רַבִּים. ה' דָּא חָכְמָ''ה עִלָּאָה דְּאִקְרֵי יוּ''ד (עדן דקיימא) עַל מַיִם רַבִּים עַל הַהוּא עוּמְקָא סְתִימָאָה דְּנָפִיק מִנֵּיהּ כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר (תהלים עז) וּשְׁבִילְךָ בְּמַיִם רַבִּים.

רִבִּי שִׁמְעוֹן פָּרִישׁ פְּלוּגְתָּא וְאָמַר. פָּתַח קְרָא וְאָמַר כְּתִיב, (שמות כה) לְעֻמַּת הַמִּסְגֶּרֶת תִּהְיֶינָה הַטַּבָּעוֹת בָּתִּים לְבַדִּים. מָאן הַהוּא מִסְגֶּרֶת, דָּא הוּא אֲתַר סָגִיר דְּלָא פְּתִיחָא בַּר בִּשְׁבִיל חַד דַּקִּיק דְּאִתְיְידַע בִּגְנִיזוּ לְגַבֵּיהּ. וּבְגִינֵיהּ אִתְמְלֵי וְרָשִׁים תַּרְעִין לְאַדְלָקָא בּוֹצִינִין. וּבְגִין דְּאִיהוּ אֲתַר גָּנִיז וְסָתִים אִקְרֵי מִסְגֶּרֶת וְדָא הוּא עָלְמָא דְּאֲתֵי. וְהַהוּא עָלְמָא דְּאֲתֵי אִתְקְרֵי מִסְגֶּרֶת.

תִּהְיֶינָה הַטַּבָּעוֹת אִלֵּין עִזְקָאן עִלָּאִין דְּאִתְאַחֲדָן דָּא בְדָא מַיָא מֵרוּחָא וְרוּחָא מֵאֶשָׁא וְאֶשָׁא מִמַּיָּא. כֻּלְהוֹן אִתְאַחֲדָן דָּא בְּדָא וְנַפְקָן דָּא מִן דָּא בְּהָנֵי (ס''א כהני) עִזְקָאן, וְכֻלְהוֹן מִסְתַּכְּלָן לְגַבֵּי הַהוּא מִסְגֶּרֶת. דְּבֵיהּ מִתְאַחֵד לְהַהוּא נַהֲרָא עִלָּאָה לְאַשְׁקָאָה לוֹן וְאִתְאַחֲדָן בֵּיהּ.

בָּתִּים לְבַדִּים. הָנֵי עִזְקָאן מְלֵאִין (עילאין) אִנּוּן בָּתִּים וְאַתְרִין לְבַדִּים דְּאִנּוּן רְתִיכִין דִּלְתַתָּא. בְּגִין דָּדָא אָתֵי מִסִּטְרָא דְּאֶשָׁא. וְדָא מִסִּטְרָא דְמַיָא. וְדָא מִסִּטְרָא דְרוּחָא וְכֵן כֻּלְהוּ בְּגִין לְמֶהֱוֵי רְתִיכָא לַאֲרוֹנָא. וְעַל דָּא מָאן דְּמִקְרַב יִקְרַב בְּאִלֵּין בַּדִּים וְלָא בַּמֶּה דִּלְגַו. לֵךְ לֵךְ אָמְרִין נְזִירָא, סְחוֹר סְחוֹר לְכַרְמָא לָא תִקְרָב. בַּר אִנּוּן דְּאִתְחַזּוּן לְשַׁמָּשָׁא לְגַו. לוֹן אִתְיְהִיב רְשׁוּתָא לְאַעֲלָאָה לְשַׁמָּשָׁא וּלְקָרָבָא. וְעַל דָּא כְּתִיב, (במדבר א) וְהַזָּר הַקָּרֵב יוּמָת. בֵּית דִּבְרֵאשִׁית רַבְרְבָא. רִבִּי יוֹסֵי שָׁאִיל לֵיהּ. וְאָמַר הַאי שִׁיתָּא יוֹמֵי בְּרֵאשִׁית דְּקָא תָּנִינָן מָאן אִנּוּן. אָמַר לֵיהּ הַיְינוּ דִּכְתִיב (תהלים קד) אַרְזֵי לְבָנוֹן אֲשֶׁר נָטָע. כְּמָה דְּאִלֵּין אֲרָזִין נָפְקִין מִן לְבָנוֹן. הָכִי נָמֵי אִנּוּן שִׁיתָּא יוֹמִין נָפְקִין מִן בְּרֵאשִׁית.

וְאִלֵּין שִׁיתָּא יוֹמִין עִלָּאִין קְרָא פָּרִישׁ לוֹן דִּכְתִיב, (דברי הימים א כט) לְךָ יְיָ הַגְּדוּלָה וְהַגְּבוּרָה וְהַתִּפְאֶרֶת וְגו'. כִּי כֹל דָּא צַדִּיק. בַּשָּׁמַיִם דָּא תִּפְאֶרֶת. וּבָאָרֶץ דָּא כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל. כְּתַרְגּוּמוֹ דִּי אָחִיד בִּשְׁמַיָא וּבְאַרְעָא. כְּלוֹמַר דִּיסוֹדָא דְעָלְמָא דְּאִקְרֵי כֹּל, אִיהוּ אָחִיד בְּתִפְאֶרֶת דְּאִקְרֵי שָׁמָיִם, וּבָאָרְץ
(Ⅰ)

*****

[31b]  
[...] communauté d’Israël appelée «terre».
C’est pourquoi l’Écriture commence par le mot « Bereschith », qui signifie « Be-reschith », c’est-à-dire « par le deuxième Commencement », ce qui indique la deuxième des trois Séphiroth suprêmes appelée « Sagesse éternelle » (Hocmâ). C’est ainsi que le Targoum de Jonathan traduit le mot « Bereschith » par «la Sagesse». Cette essence divine est appelée «la deuxième», parce que, dans l’énumération (24) des trois Séphiroth suprêmes, elle est placée après la Couronne suprême, laquelle, pour cette raison, est appelée « la première ». Mais de ce que l’essence appelée « Sagesse éternelle » (Hocmâ) est placée « la deuxième », il ne s’ensuit pas qu’elle soit ultérieure à « la première » ; l’une et l’autre existent de toute éternité.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Bereschith bara Élohim », ce qui veut dire : « Par le deuxième Commencement, Élohim créa le ciel et la terre. » Car si la Couronne suprême est appelée « Commencement », la Sagesse éternelle, qui est le Verbe, est également appelée « Commencement ». Ainsi, le mot « Bereschith » désigne le Verbe, par lequel furent créés les six jours, dont parle la tradition. Ces six jours désignent les lumières qui émanent du Verbe et éclairent le monde.
C’est pourquoi l’Écriture dit : «... Et un fleuve sort de l’Éden, pour arroser le Jardin », c’est-à-dire pour l’arroser, l’entretenir et lui fournir tout ce dont il a besoin. L’Écriture dit : « Élohim », qui désigne l’Élohim vivant en toute éternité. Or « bara Élohim » semble indiquer que « Bereschith », qui désigne l’Élohim d’en haut, a créé l’Élohim d’en bas. En vérité, grâce au fleuve céleste d’où émane tout, la première et la troisième des trois Séphiroth suprêmes, unies en quelque sorte comme mâle et femelle, ont donné naissance à Élohim d’en bas, qui est également composé du ciel, représentant le principe mâle, et de la terre, représentant le principe femelle. Et comme le monde n’a été créé que par Élohim d’en bas, Dieu lui a confié tout pouvoir au ciel aussi bien que sur la terre.
L’Écriture ajoute : « Eth ha schamaïm », «les cieux », ce qui nous indique que ce n’est que quand Élohim, qui vit en toute éternité, se fut manifesté comme « le deuxième » des trois « Commencements », que le troisième « Commencement » descendit du ciel sur la terre. C’est alors que les trois Principes suprêmes se trouvèrent complètement unis. Le troisième « Commencement» qui descendit du ciel sur la terre, après la manifestation d’Élohim, forme le dernier anneau de la chaîne sacrée, dont émane toute lumière, en haut aussi bien qu’en bas.
Les paroles de l’Écriture : « Bereschith bara Élohim eth ha-schamaïm ve-eth ha-aretz » ont donc la signification suivante : Par le deuxième « Commencement» Dieu opéra l’œuvre de la création (Bereschith bara). Et quand l’Élohim, qui vit en toute éternité, s’est manifesté sur la terre, il fit descendre le troisième « Commencement » du ciel sur la terre (Élohim eth ha-schamaïm ve-eth ha-aretz).
Rabbi Yehouda dit : Maintenant je saisis le sens du verset (Is. , X, 15) : « La cognée se glorifie-t-elle contre celui qui s’en sert ? » A qui appartient la gloire ? N’est-ce pas à l’artisan, et non pas à la cognée dont il s’est servi. De même, bien que l’Élohim suprême ait créé le monde par l’Élohim d’en bas, c’est à celui d’en haut qu’appartient la gloire.
Rabbi Yossé dit : C’est également ainsi qu’il faut expliquer les paroles de l’Écriture (Deut. , IV, 7) : « Il n’y a point d’autre nation qui ait des « Élohim » aussi proches d’elle, comme notre Jéhovah Élohim, etc. » Pourquoi l’Écriture dit-elle : « Des Élohim aussi proches» ? Elle aurait dû dire : « Un Élohim aussi proche» ! L’Écriture fait une allusion à l’Élohim supérieur et à l’Élohim d’ici-bas, qui est désigné par le terme de : « La crainte d’Isaac. » (25) C’est pourquoi l’Écriture dit que les Élohim sont proches, attendu que l’Élohim d’en haut et celui d’en bas ne sont qu’un, sous deux aspects différents (26).
Il est écrit : « Et Élohim dit : Que la lumière soit faite ; et la lumière fut faite. » A qui Élohim dit-il : « Que la lumière soit faite » ? Il le dit aux hommes d’ici-bas : « Que la lumière soit faite en ce bas monde ! » Et L’Écriture ajoute : «... Et la lumière fut faite » ; elle fut faite pour le monde futur. Cette lumière appelée « lumière de l’œil » a d’abord été créée par le Saint, béni soit-il. C’est cette lumière que le Saint, béni soit-il, montra à Adam, le premier homme, à l’aide de laquelle il pouvait voir d’une extrémité du monde à l’autre. C’est la même lumière que le Saint, béni soit-il, a montrée à David ; ce qui lui inspira le verset (Ps. , XXXI, 20) : « Combien est grande l’abondance de votre bonté que vous avez cachée pour ceux qui vous craignent ! » Enfin, c’est la même lumière que le Saint, béni soit-il, montra à Moïse, et à l’aide de laquelle ce dernier put voir de Galaad jusqu’à Dan.
Mais au moment où le Saint, béni soit-il, prévit les trois générations coupables qui se révolteront contre l’autorité du ciel (la génération d’Énoch, la génération de l’époque du déluge et la génération de la division des langues), il cacha cette lumière, afin que les coupables ne s’en servissent, et la confia à Moïse qui s’en servit durant les trois mois qui suivirent sa naissance prématurée, ainsi qu’il est écrit (Ex. , II, 2) : « Elle le cacha pendant trois mois. » Mais comme il fallut qu’au bout de ces trois mois il parût devant Pharaon, le Saint, béni soit-il, l’a reprise et l’a gardée cachée jusqu’au jour où il monta sur le mont Sinaï pour recevoir la Loi. En ce jour, le Saint, béni soit-il, rendit cette lumière à Moïse, qui s’en servit durant le reste de sa vie ; c’est pourquoi les enfants d’Israël ne purent l’approcher jusqu’au jour où il se couvrit d’un voile, ainsi qu’il est écrit (Ex. , XXXIV, 30) : « Et ils craignirent d’approcher de lui. » Moïse s’entourait de lumière comme un homme s’entoure d’un manteau, ainsi qu’il est écrit (Ps. , CIV, 2) : « Vous vous êtes revêtu de lumière comme d’un vêtement. » L’Écriture dit : « Que la lumière soit faite ; et la lumière fut faite. » Partout où l’Écriture emploie le terme « iechi » (soit faite ou soit fait), on entend une action qui subsiste en ce monde et dans le monde futur.
Rabbi Isaac dit : La lumière que le Saint, béni soit-il, répandit dans le monde au moment de la création répandait sa clarté d’une extrémité de la terre à l’autre ; mais elle fut cachée ensuite. Pourquoi fut-elle cachée ? - Afin que les coupables de ce monde n’en jouissent. Dieu l’a cachée pour le Juste ; nous entendons : pour le juste par excellence [...]

דְּאִקְרֵי כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל.

וְעַל דָּא בְּרִאשִׁית, ב' רֵאשִׁית הִיא (חכמה, כמה דתרגם יונתן בראשית בחכמתא) בְּגִין דְּאִיהִי תִּנְיָינָא לְחוּשְׁבְּנָא וְאִקְרֵי רֵאשִׁית. בְּגִין דְהַאי כִּתְרָא עִלָּאָה טְמִירָא הִיא קַדְמָאָה. וְעַל דְּלָא עָיִיל בְּחוּשְׁבְּנָא, תִּנְיָינָא הֲוֵי רִאשִׁית. בְּגִין דָּא ב' רֵאשִׁית. וְעוֹד כְּמָה דְחָכְמָה עִלָּאָה אִיהִי רֵאשִׁית. חָכְמָה תַּתָּאָה רֵאשִׁית נָמֵי הַוְיָא. וְעַל דָּא לֵית לְאַפְרָשָׁא ב' מִן רֵאשִׁית.

בְּרֵאשִׁית מַאֲמָר קָרִינָן לֵיהּ וְהָכִי הוּא. וְשִׁיתָּא יוֹמִין נָפְקִין מִינָהּ וְאִתְכְּלִילָן בֵּיהּ. וְאִלֵּין אִקְרוּן כְּגַוְונָא דְאִלֵּין אָחֳרָנִין. בָּרָא אֱלהִים. הֲדָא הוּא דִכְתִיב וְנָהָר יוֹצֵא מֵעֵדֶן לְהַשְׁקוֹת אֶת הַגָּן. מַאי לְהַשְׁקוֹת אֶת הַגָּן לְאַשְׁקָאָה וּלְקַיְימָא לֵיהּ וּלְאִסְתַּכְּלָא בֵּיהּ בְּכָל מַה דְּאִצְטְרִיךְ. אֱלֹהִים אֱלהִים חַיִּים, דְּמַשְׁמַע בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלהִים וַדַּאי עַל יְדָא דְהַהוּא נַהֲרָא בְּגִין לְאַפָּקָא כֹּלָּא וּלְאַשְׁקָאָה כֹּלָּא.

אֶת הַשָּׁמַיִם חִבּוּרָא דְּכַר וְנוּקְבָא כְּדְקָא חָזֵי. לְבָתַר הַאי. בֵּיהּ אִתְבְּרֵי עָלְמָא לְתַתָּא. בֵּיהּ יָהִיב חֵילָא לְכֹלָּא.

השלמה מההשמטות (סימן כ''ח)

וּמְנָא לָן דְּשָׁמַיִם הֲוֵי קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, דִכְתִיב (מלכים א ח׳:ל״ב) וְאַתָּה תִּשְׁמַע הַשָּׁמַיִם. אֲטוּ שְׁלמֹה מִתְפָּלֵל אֶל הַשָּׁמַיִם שְׁיִשְׁמְעוּ תְּפִלָּתוֹ, אֶלָּא שְׁנִקְרָא שְׁמָן עַל שְׁמוֹ. וְלָמָּה נִקְרָא שָׁמַיִם אֶלָּא שֶׁהוּא עֲגוֹל כְּמוֹ רֹאשׁ וּמְלַמֵּד שֶׁמָּיִם מִימִינוֹ וְאֵשׁ מִשְׂמֹאלוֹ וְהוּא בְּאֶמְצַע שָׂא מָיִם, מֵאֶשׁ וּמִמָיִם וּמָכְנִיס בֵּינֵיהֶם שָׁלוֹם, בָּא הָאֵשׁ וּמָצָא מִצִדוֹ מִדַּת הָאֵשׁ. בָּא מָיִם וּמָצָא מִצִדוֹ מִדַּת הַמָּיִם וְהַיְינוּ (איוב כ״ה:ב׳) עוֹשֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו, מַאי שָׁמַיִם מְלַמֵּד שֶׁגָבַל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֵשׁ וּמַיִם וּטְפָחַן זֶה בָּזֶה וְעָשָׂה מֶהֵן רֹאשׁ לִדְבַרָיו שֶׁנֶּאֱמַר (תהילים קי״ט:ק״ס) רֹאשׁ דְּבָרְךָ אֱמֶת. ע''כ. (עד כאן מההשמטות)

אֶ''ת הַשָּׁמַיִם דְּמַשְׁמַע דְּשָׁמַיִם אַפִּיקוּ אֶת בְּחֵילָא דְרָזָא דְּאֱלֹהִים חַיִּים בָּתַר דְּרֵאשִׁית אַפִּיק לֵיהּ.

כֵּיוָן דְּהַאי אַפִּיק כֹּלָּא וְכֹלָּא אִתְיְישַׁב בְּדוּכְתֵיהּ כְּחַד. עִזְקָא דָא בַּתְרַיְיתָא אִתְעֲבִידַת רֵאשִׁית. וּבְהַאי רֵאשִׁית אַפִּיק נְהוֹרִין עִלָאִין וְשָׁרֵי נַהֲרָא וְשָׁרֵי מַיָא לְנַגְדָא לְקַבְּלָא לְתַתָּא. וְעַל דָּא בְּרֵאשִׁית וַדַּאי בָּרָא אֱלהִים. בֵּיהּ בָּרָא עַלְמָא תַּתָּאָה. בֵּיהּ אַפִּיק נְהוֹרִין. בֵּיהּ יָהִיב חֵילָא לְכֹלָּא.

רִבִּי יְהוּדָה אָמַר עַל דָּא כְּתִיב, (ישעיהו י׳:ט״ו) הֲיִתְפָּאֵר הַגַּרְזֶן עַל הַחוֹצֵב בּוֹ. שְׁבָחָא דְּמַאן, לָאו דְּאוּמָנָא הוּא. כָּךְ בְּהַאי רֵאשִׁית בָּרָא אֱלהִים עִלָּאָה אֶת הַשָּׁמַיִם. שְׁבָחָא דְּמַאן דְּאֱלהִים הוּא. אָמַר רִבִּי יוֹסֵי הַאי דִכְתִיב, (דברים ד׳:ז׳) אֲשֶׁר לוֹ אֱלֹהִים קְרוֹבִים אֵלָיו. קְרוֹבִים. קָרוֹב מִבָּעֵי לֵיהּ. אֶלָּא אֱלֹהִים עִלָּאָה. אֱלֹהִים דְּפַחַד יִצְחָק. אֱלהִים בַּתְרָאָה. וּבְגִינֵי כָּךְ קְרוֹבִים (לקמן קלה א) וּגְבוּרוֹת סַגִּיאִין אִנּוּן דְּנָפְקִין מֵחַד וְכֻלְהוּ חַד.

השלמה מההשמטות (סימן כ''ט)

וְהָאָרֶץ הָיְתָה תֹהוּ. בְּזִמְנָא דְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא הֲוָה בְּאִלֵּין קְלִיפִּין הֲוָה בּוֹנֶה עָלְמִין וּמַחֲרִיבָן וְהָא אוּקְמוּהָ דְּלֵית הַשְפָּעַה בְּכָל עָלְמִין, וְנָהָר דְּאִיהוּ צַדִּיק יֶחרַב וְיָבֵשׁ בִּתְרֵין עָלְמִין, בְּעָלְמָא דֵין וּבְעָלְמָא דְאָתֵי. וְאִית מָאן דְּאָמַר דְסָלִיק בְּמַחְשַׁבְתֵּיהּ לְמִבְנִי עָלְמִין וּלְהַחָרִיבָן. וְאָמַר דֵין מְהַנְיָין לִי וְדֵין לָא מְהַנְיָין לִי. אִלֵּין דְּאִתְּמָר בְּהוֹן אֶת הַשָׁמַיִם וְאֶת הָאָרֶץ מְהַנְיָין לִי. וְאַחֲרָנִין דְּאִתְּמָר בְּהוֹן וְהָאָרֶץ הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ דְּאַחְזֵי עַל עָלְמִין דְסָלִיק בִּרְעוּתֵיהּ לְמִבְנִי לוֹן וְלָא עֲבִיד לוֹן עֲלַיְהוּ אִתְּמָר תֹהוּ וָבֹהוּ. וּבְזִמְנָא דְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּאִלֵּין קְלִיפִּין אִתְּמָר בֵּיהּ (איכה ג') סַכּוֹתָה בֶּעָנָן לָךְ מֵעֲבוֹר תְפִלָּה.

תֹהוּ וְחֹשֶׁךְ עֲלַיְהוּ אִתְּמָר (שמות י''ד) וַיְהִי הֶעָנָן וְהַחֹשֶׁךְ וְאִלֵּין קְלִיפִּין דֶּאֱגוֹזָא, מוֹחָא מִלְגַאו דְּתַלְיָא (דתלת) לד' סִטְרִין דָא יהו''ה דְּאִיהוּ לָא קַבִּיל מֵסָאֲבוּ, כְּמָה דְאַתְּ אָמֵר (ירמיה כ''ג) הֲלֹא כֹּה דְּבָרַי כָּאֵשׁ נְאֻם יְיָ. מָה אֶשָׁא לָא מְקַבֵּל טוּמְאָה הֲכִי שְׁמֵיהּ לָא מְקַבֵּל טוּמְאָה. וּבִזְמְנָא דְּמִתְגַּבְּרִין אִלֵּין קְלִיפִּין וְאִתְבָּרוּן מֵאֱגוֹזָא, צְלוֹתָא דְּאִיהִי שְׁכִינְתָּא אדנ''י, סַלְקָא לְגַבֵּי בַּעְלָהּ דְּאִיהוּ יהו''ה וּסְלִיקַת כוּלַּהּ, דִּבְּזִמְנָא דְּאִיהוּ מִתְכָּסֵי מִינָהּ בְּאִלֵּין קְלִיפִּין, אִיהִי אִתְקְרִיאַת עֲנִיָּה יְבֵשָׁה וְלֵית לָהּ אֶלָּא מָה דְיַהֲבִין עֲבָדִין בַּחֲשָׁאי.

וּבְהַהוּא זִמְנָא דְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אִתְפְּשָׁט מֵאִלֵּין קְלִיפִּין אִתְּמָר (ישעיה ל') וְלֹא יִכָּנֵף עוֹד מוֹרֶיךָ וְהָיוּ עֵינְיךָ רוֹאוֹת אֶת מוֹרֶיךָ. וּמָה דַהֲוָה יְבֵשָׁה אִתְּמָר בָּהּ, מְלא כָּל הָאָרֶץ כְּבוֹדוֹ. וְאִתְקְרִיאַת בְּרָכָה דִילֵיהּ, קָרְבָּנָא דִילֵיהּ, עוֹלָה דִילֵיהּ, דְּאוֹקִיד כָּל אִלֵּין קְלִיפִּין. וּסְלִיקַת לְגַבֵּיהּ קְטֹרֶת. קִשׁוּרָא דִילֵיהּ, עוֹלָה דִילֵיהּ, דִכְתִיב (ויקרא ו') זֹאת תּוֹרַת הָעוֹלָה, הִיא הָעוֹלָה בִּצְלוֹתָא דְשַׁחֲרִית, הִיא הָעוֹלָה לְגַבֵּיהּ בִּצְלוֹתָא דְמִנְחָה בְּכַמָּה רֵיחִין וּבוּסְמִין דְּגָן עֶדֶן דְאִיהִי גָן דְּאוֹרַיְיתָא. הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (שיר השירים ד) גָן נָעוּל אֲחוֹתִי כַלָּה, סְתִימָא דְלָא אִתְפַּתְּחַת אֶלָּא לְגַבֵּי בַּעְלָהּ.

וְכַד יֵיתֵי בַּעְלָהּ (תהילים נ״א:י״ז) אֲדֹנָי שְׂפָתַי תִּפְתָּח דְאִיהִי בָּבַא עִלָּאָה אִתְפַּתְּחַת לְגַבֵּיהּ כִּתְרִין (בתרין) סַמְכֵין קְשׁוֹט וְקַבִּילַת לֵיהּ בִּתְרֵין דְּרוֹעִין, הֲדָא הוּא דִכְתִיב (שיר השירים ב׳:ו׳) שְׂמֹאלוֹ תַּחַת לְרֹאשִׁי וִימִינוֹ תְּחַבְּקֵנִי. יהו''ה נָחִית לְגַבָּהּ וְדָא הוּא רָזָא אָמֵ''ן (דאמ''ן) גִימַטְרִיָּא יאהדונה''י דְּאִיהוּ חִבּוּרָא דִּתְּרֵין שְׁמָהָן בְּאַתְוָון. וּבְגִין דָּא גָּדוֹל הָעוֹנֶה אָמֵן יוֹתֵר מִן הַמְבָרֵךְ בְּזִמְנָא דְּאִינוּן תְרֵין בְּרֵישָׁא דְּצַדִּיקַיָּא.

אֲבָל כַּד אִינוּן בְּרֵישָׁא דְּחֲיָּיבַיָּיא כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל אֲמָרַת לְגַבַּיְיהוּ (שיר השירים א') אַל תִּרְאוּנִי שֶׁאֲנִי שְׁחַרְחֹרֶת מֵאִלֵּין דְּשַׁרְיָין לְפַתָּאָה לִבְנִי נָשָׁא כְּמָה דַהֲווּ מְפָתִין לְיִשְׂרָאֵל בַעֲגָלָא בְּשִׁית שַׁעְתִּין, הֲדָא הוּא דִכְתִיב (שמות ל''ב) וַיַּרְא הָעָם כִּי בֹּשֵׁשׁ מֹשֶׁה לָרֶדֶת מִן הָהָר. וְאוּקְמוּהָ מַאי כִּי בֹּשֵׁשׁ, אֶלָּא בְּשִׁית שַׁעְתִּין עֲבָדוּ יָת עֶגְלָא בְּגִין לְאַפְרָשָׁא לוֹן מִשֶׁבַע. הֲדָא הוּא דִּכְתִיב (שמות י''ב) אַךְ בַּיוֹם הָרִאשׁוֹן תַּשְׁבִּיתוּ שְׁאֹר, אַךְ חִלֵק בֵּין שֵׁשׁ לְשֶׁבַע.

וּבְגִין דָּא אָמְרָה כְּנֶסֶת לְיִשְׂרָאֵל שֶׁשְׁזָפַתְנִי הַשָׁמֶשׁ גָּרְמוּ דְאִסְתַּלַּק מִנִּי ו' דְּאִיהוּ הַשֵׁשׁ וְאוֹר הַשֵׁשׁ דַהֲוָה נָהִיר בְּסִתְרָא דְשִׁית תֵיבִין דְּאִינוּן (דברים ו׳:ד׳) שֵׁמַע יִשְׂרָאֵל יְיָ אֱלהֵינוּ יְיָ אֶחָד, בְּנֵי אִמִּי נִחֲרוּ בִּי, נִיחַר גְּרוֹנָם דְּבַטִּילוּ קְרִיַת שְׁמַע דְּאִתְּמָר בֵּיהּ (תהילים קמ״ט:ו׳) רוֹמְמוֹת אֵל בִּגְרוֹנָם, וּבְגִין דָּא שָׂמוּנִי נוֹטֵרָה אֶת הַכְּרָמִים, דְּאִינוּן שְׁאָר אוּמִין עֶרֶב רָב. וּבְגִין דָּא כַּרְמִי שֶׁלִי לֹא נָטָרְתִי וּבְגִין דָּא אִינוּן עֶרֶב רָב מַצְלִיחִין בְּכֹלָּא.

כָּתְנוֹת עוֹר חֲשׁוֹכִין דְּעַיְינִין דְּאִתְּמָר בְּהוֹן (בראשית כ״ז:א׳) וַתִּכְהֶיןָ עֵינָיו מֵרְאוֹת, לְאִסְתַּכְּלָא לְאִלֵּין דְּאִתְּמָר בְּהוֹן (יחזקאל א׳:א׳-ב׳) נִפְתְּחוּ הַשָׁמַיִם וָאֶרְאֶה מַרְאוֹת אֱלֹהִים דְּאִינוּן חֲמֵשׁ אוֹר דְעוֹבָדָא דִבְּרֵאשִׁית כָּתְנוֹת אוֹר אִינוּן. וְהָאָרֶץ הָיְתָה תֹהוּ. וְהָאָרֶץ הוּא חַד. תֹהוּ תְּרֵין. בְּהוּ תְלָת. חֹשֶׁךְ אַרְבַּע. תְּהוֹם חֲמֵשׁ. וְאַרְבַּע אִינוּן דִכְלִילָן בְּגוּפָא וְאִינוּן אַרְבַּע יְסוֹדִין דְּאִינוּן קְלִיפִּין דֶּאֱגוֹזָא, וּבְגִין דָּא וְהָאָרֶץ הָיְתָה תֹהוּ. וְאוּקְמוּהָ הָיְתָה מִקַּדְמָת דְּנָא, דְהַכִי אָרְחָא דִקְלִיפִּין דְּמְקַדְמִין לְמוֹחָא.

וְרוּחַ אֱלהִים דָא רוּחָא דִמְשִׁיחָא, דְּמִיָּד דִּיְהֵא מְרַחֶפֶת עַל אַנְפֵּי מַיָא דְּאוֹרַיְיתָא מִיָד יְהֵא פּוּרְקָנָא, הֲדָא הוּא דִכְתִיב (בראשית א׳:ג׳) וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים יְהִי אוֹר. וַיְשַׁלְּחֵהוּ יְיָ אֱלהִים, מִיָד (למשיחא) מְשִׁיחָא דְּהוּא בְּגִנְתָּא דְעֵדֶן בְּמָה דְּאִתְּמָר בֵּיהּ וַיְשַׁלְּחֵהוּ מִגַּן עֶדֶן מֵעִדּוּן דִילֵיהּ. וְאַמָּאי לַעֲבוֹד אֶת הָאֲדָמָה דְאִיהִי שְׁכִינְתָּא בְּגִין דָּא וַיְשַׁלְּחֵהוּ מִיָד, דְּיִפּוּק מִתַּמָּן.

וַיַּשְׁכֵּן מִקֶּדֶם לְגַן עֶדֶן אֶת הַכְּרוּבִים דְּאִינוּן מָשִׁיחַ בֵּן דָוִד וּמָשִׁיחַ בֵּן יוֹסֵף דְּמָשְׁכָא רוּחָא דִמְשִׁיחָא דְּאִתְּמָר בֵּיהּ, וְרוּחַ אֱלֹהִים דָא שִׁילֹ''ה הַהוּא דְּאִתְּמָר בֵּיהּ וְאַצָלְתִּי מִן הָרוּחַ, דְהַכִי סָלִיק שִׁילֹה מֹשֶׁה בְּחוּשְׁבָּנָא. וַיַּשְׁכֵּן מִקֶּדֶם, דְאַקְדִּים שִׁילה לִתְרָוָויְהוּ בְּגִין דִּיְהֵא מְרַחֶפֶת עַל אַנְפּוֹי דְּאוֹרַיְיתָא וּפוּרְקָנָא בֵּיהּ תַלְיָּיא וְהָא אוּקְמוּהָ.

וְאֶת לַהַט הַחֶרֶב הַמִּתְהַפֶּכֶת מִיָד יְהֵא בִּידֵיהּ. וּמָאי נִיהוּ, מַטֵה מטט''רון דְאִתְהַפַּךְ מִמַּטֶּה לְנָחָשׁ וּמִנָּחָשׁ לְמַטֶּה. וְעוֹד מַטֶּה דָא שְׁכִינְתָּא תַּתָּאָה וְאִם זָכוּ יִשְׂרָאֵל כְּלַפֵּי חֶסֶד לִימִינָא וְיִפְקוּן בְּרַחֲמֵי. וְאִם לָאו מַטֵה כְּלַפֵּי חוֹבָה לְסִטְרָא דִּגְבוּרָ''ה דְּתַמָּן נָחָשׁ, אֵל אַחֵר. דְּתַבָע לִשְׁפּוֹךְ דָּמָא וְאִתְקְטִיל מָשִׁיחַ וְסַגִּיאִין מִיִּשְׂרָאֵל. וּבְגִין דָּא אִתְּמָר (רות ג׳:י״ג) שִׁכְבִי עַד הַבֹּקֶר דְּאִיהוּ בֹקֶר דְּאַבְרָהָם דִּיְהֵא מַטֵה כְּלַפֵּי חֶסֶד וּבְגִין דָּא וְאֶת לַהַט הַחֶרֶב הַמִּתְהַפֶּכֶת וְכֹלָא לִשְׁמוֹר אֶת דֶּרֶךְ עֵץ הַחַיִּים דְאִיהִי אוֹרַיְיתָא דְּאִתְּמָר בָּהּ עֵץ חַיִּים הִיא וְאִיהִי אוֹרַיְיתָא דְּבְעַל פֶּה. אִם זָכָה בַּר נָשׁ, אִיהִי סַם חַיִּים דִילֵיהּ. וְאִם לָאו, הִיא מִתְהַפֶּכֶת לֵיהּ לְסַם הַמָּוֶת. וְהָא אוּקְמוּהָ מָארֵי מַתְנִיתִין הֲכִי, כְּגווָֹנָא דְמַטֶּה דְאִתְהַפַּךְ לְנָחָשׁ וּמִנָּחָשׁ לְמַטֶּה. וּבְזִמְנָא הַהוּא יִתְמַחוּן מִן עַלְמָא כָּל אִינוּן דְּאִתְּמָר בְּהוֹן (שמות ז׳:כ״ב) וַיַּעֲשׂוֹּ כֵּן חַרְטוּמֵי מִצְרָיִם בְּלַטֵיהֶם: (עד כאן מההשמטות)

תּוֹסֶפְתָּא

בְּרֵאשִׁי''תּ בָּרָ''א רֶמֶז לְכֶתֶּ''ר חָכְמָ''ה. אֱלֹהִים רוֹמֵז לְבִינָ''ה. אֶ''תּ רוֹמֵז לִגְדוּלָ''ה וּגְבוּרָ''ה. הַשָׁמַיִ''ם דָּא הוּא תִּפְּאֶרֶ''תּ. ואֶ''תּ רוֹמֵז לְנֶצַּ''ח הוֹ''ד יְסוֹ''ד. הָאָרֶ''ץ רוֹמֵז לְמַלְכוּ''תּ: (עד כאן תוספתא)

השלמה מההשמטות (סימן ל)

אָמַר רִבִּי בְּרָכְיָה מַאי דִּכְתִיב וְהָאָרֶץ הָיְתָה תֹהוּ, מַאי מַשְׁמַע הָיְתָה, שֶׁכְּבָר הָיְתָה. וּמָאי תֹהוּ, דָבָר הַמָתְּהֵא אֶת בְּנֵי אָדָם. וּמָאי בֹּהוֹ, דָבָר שֶׁיֶּשׁ בּוֹ מַמָּשׁ, דִכְתִיב בֹּהוֹ, בּוֹ הוּא. עַל שֵׁם מָאי דִּכְתִיב (קהלת ז׳:י״ד) גַּם אֶת זֶה לְעֻמַּת זֶה עָשָׂה הָאֱלהִים. בָּרָא בֹּהוֹ וְשָׂם מְקוֹמוֹ בְּשָׁלוֹם. בָּרָא תֹהוּ וְשָׂם מְקוֹמוֹ בְּרָע. בֹּהוֹ בְּשָׁלוֹם דִכְתִיב (איוב כ״ה:ב׳) עוֹשֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו. מְלַמֵּד שְׁמִכָאֵל שַׂר יְמִינוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, מָיִם וּבָרָד. וְגָבְרִיאֵל שַׂר שְׂמֹאלוֹ, אֵשׁ. וְשָׂר שָׁלוֹם בֵּינֵיהֶם מַכְרִיעֲ וְהַיְינוּ דִכְתִיב עוֹשֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו. וּמְנַלָן דְּבֹּהוֹ שָׁלוֹם, דִכְתִיב (ישעיהו מ״ה:ז׳) עוֹשֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא רָע, הָא כֵּיצָד רָע מִתֹּהוּ וְשָׁלוֹם מִבֹּהוֹ, בָּרָא תֹּהוּ וְשָׂם מְקוֹמוֹ בַּרָע, שֶׁנְּאֱמַר עוֹשֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא רָע. בָּרָא בֹּהוֹ וְשָׂם מְקוֹמוֹ בְּשָׁלוֹם שֶׁנֶּאֱמַר עוֹשֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו ע''כ: (עד כאן מההשמטות)

וַיֹּאמֶר אֱלהִים יְהִי אוֹר וַיְהִי אוֹר. (ויאמר אלהים למי הוא אומר אינו אומר אלא לאחרים. יהי (לעיל כב) אור לעולם הזה. ויהי אור לעולם הבא). וְדָא (דא) אִיהוּ נְהוֹרָא דְּבָרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּקַדְמִיתָא. וְהוּא נְהוֹרָא דְּעֵינָא. וְהוּא נְהוֹרָא דְּאַחֲזֵי קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְאָדָם קַדְמָאָה וְהֲוֵי חָזֵי בֵּיהּ מִסְיָיפֵי עָלְמָא וְעַד סְיָיפֵי עָלְמָא. וְהוּא נְהוֹרָא דְּאַחֲזֵי קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְדָוִד וְהֲוָה מְשַׁבֵּחַ וְאָמַר (תהילים ל״א:כ׳) מָה רַב טוּבְךָ אֲשֶׁר צָפַנְתָּ לִירֵאֶיךָ. וְהוּא נְהוֹרָא דְּאַחֲזֵי קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְמשֶׁה וְחָמָא בֵּיהּ מִגִּלְעָד וְעַד דָּן.

וּבְשַׁעֲתָא דְּחָמָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא דִּיקוּמוּן תְּלָתָא דָרִין חַיָּיבִין. וְאִנּוּן דָּרָא דֶּאֱנוֹשׁ וְדָרָא דְּטוֹפָנָא וְדָרָא דְּפַלָּגָה (נ''א גניז ליה) בְּגִין דְּלָא יִשְׁתַּמְּשׁוּן בֵּיהּ, וְיָהַב יָתֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְמשֶׁה וְאִשְׁתַּמַּשׁ בֵּיהּ תְּלַת יְרָחִין דְּאִשְׁתָּאֲרוּן לֵיהּ מִיּוֹמֵי עִבּוּרָא דִילֵיהּ. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (שמות ב׳:ב׳) וַתִּצְפְּנֵהוּ שְׁלשָׁה יְרָחִים.

וּבָתַר תְּלַת יְרָחִין עָאל קַמֵּי פַּרְעֹה נָטִיל לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא מִנֵּיהּ. עַד דְּקָאִים עַל טוּרָא דְסִינַי לְקַבָּלָא אוֹרַיְיתָא וְהָדַר לֵיהּ הַהוּא נְהוֹרָא וְאִשְׁתַּמַּשׁ בֵּיהּ כָּל יוֹמוֹי. וְלֹא יָכְלוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לְמִקְרַב בַּהֲדֵיהּ עַד דְּיָהַב מַסְוְה עַל אַנְפּוֹי כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (שמות לה) וַיִּירְאוּ מִגֶּשֶׁת אֵלָיו. וְאִתְעַטַּף בֵּיהּ כְּטַלִּית. הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (תהילים ק״ד:ב׳) עוֹטֶה אוֹר כַּשַּׂלְמָה.

יְהִי אוֹר וַיְהִי אוֹר. כָּל מַה דְּאִתְּמָר בֵּיהּ וַיְהִי הוּא בְּעָלְמָא דֵין וּבְעָלְמָא דְּאֲתֵי. אָמַר רִבִּי יִצְחָק אוֹר דְּבָרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּעוֹבָדָא דִבְרֵאשִׁית הֲוָה סָלִיק נְהוֹרֵיהּ מִסְּיָיפֵי עָלְמָא עַד סְיָיפֵי עָלְמָא וְאִתְגְּנִיז.

מַאי טַעְמָא אִתְגְּנִיז. בְּגִין דְּלָא יִתְהַנּוּן מִנֵּיהּ חַיָּיבֵי עָלְמָא. וְעָלְמִין לָא יִתְהַנּוּן בְּגִינֵיהוֹן. וְהוּא טָמִיר לְצַדִּיקַיָּא, לַצַּדִּיק דַּיְקָא
(Ⅰ)

*****

[32a]  
[...] , dont l’Écriture (Ps. , XCVII, 11) dit : « La lumière se levait sur le juste et la joie dans ceux qui ont le cœur droit. » C’est alors que les mondes seront rachetés et ne formeront qu’un avec le ciel ; mais, jusqu’à ce jour, la lumière restera secrète et cachée. Cette lumière sortira des ténèbres qui, durant longtemps, ont passé pour lumières. Ce n’est que par la comparaison des ténèbres avec cette lumière qui se répandra dans le monde à la fin des temps, que les ténèbres seront reconnues ce qu’elles sont en réalité.
C’est pourquoi, après avoir dit : « Et Élohim appela la lumière jour », L’Écriture ajoute : «... Et il appela les ténèbres nuit », attendu que ce n’est que par la comparaison avec la lumière que les ténèbres paraissent ce qu’elles sont en réalité. C’est pourquoi nous savons par une tradition que le verset (Job, XII, 22) : « Il découvre dans les ténèbres ce qui est caché dans les profondeurs » doit être interprété de façon analogue. Que signitient les mots « découvre dans les ténèbres » ? Est-ce à dire qu’il découvre les choses cachées dans les profondeurs ? Pourtant nous savons que l’Écriture fait allusion aux couronnes célestes qui sont les plus cachées. Pourquoi donc l’Écriture parle-t-elle de « profondeurs », alors que les couronnes célestes sont dans les régions supérieures?
Rabbi Yossé dit : Le sens de l’Écriture est celui-ci : Il fait découvrir les Mystères suprêmes dans les ténèbres symbolisées par la nuit, c’est-à-dire qu’on ne saurait apprécier la lumière qu’en la comparant avec les ténèbres. Lorsque l’homme est arrivé à ce degré (27) d’entendement, il voit la lumière dans les ténèbres mêmes ; tel est le sens des paroles de l’Écriture (Is. , XXX, 26) : « Et la lumière, de là lune sera aussi éclatante que celle du soleil. » Remarquez (28) que tous les Mystères suprêmes, qui émanent de la Pensée céleste, ne peuvent être saisis que par le Verbe. Quel Verbe ? C’est le Verbe désigné par le nom de « Sabbat». Et c’est parce que le jour du Sabbat est le symbole du Verbe que toute parole profane est interdite en ce jour. Rabbi Siméon’avait coutume de dire à sa mère, chaque fois qu’il l’entendait parler de choses profanes, au jour du Sabbat : « Mère, gardez le silence ; car aujourd’hui c’est Sabbat, où toute parole profane est interdite. » La parole profane est défendue au jour du Sabbat, parce que c’est le Verbe seul qui doit dominer en ce jour. Ce Verbe, qui prit naissance par l’union de la lumière active et de la lumière passive appelée ténèbres, est désigné dans les paroles de l’Écriture : « Il découvre dans les ténèbres ce qui est dans les profondeurs », c’est-à-dire : c’est par l’union de la lumière avec les ténèbres qu’est né le Verbe qui nous fait découvrir les Mystères suprêmes.
Rabbi Isaac dit : S’il en est ainsi, pourquoi donc l’Écriture dit elle : «... Et Élohim sépara la lumière d’avec les ténèbres» ? (29)
Rabbi Yossé lui répondit : La lumière donna naissance au jour et les ténèbres à la nuit, c’est-à-dire : Dieu fit d’abord la distinction entre la lumière et les ténèbres ; mais, après, il les réunit ensemble, au point de n’en former qu’un, ainsi qu’il est écrit : « Et il était soir, et il était matin, jour un », c’est-à-dire : en unissant la lumière et les ténèbres, il en résulta que le soir, le matin et le jour ne formèrent qu’une unité. Tel est le sens des paroles de l’Écriture : «... Et Élohim sépara la lumière d’avec les ténèbres. » Car c’est Élohim qui sépara la lumière d’avec les ténèbres, pour mettre un terme à l’antagonisme qui existait durant la captivité d’Israël.
Rabbi Isaac dit : Jusqu’à la manifestation d’Élohim, le principe mâle était dans la lumière et le principe femelle dans les ténèbres. Mais aussitôt qu’Élohim s’est manifesté, la lumière et les ténèbres furent unies au point de ne former qu’une unité. Pourquoi étaient-elles séparées avant ? Pour qu’il y ait une distinction entre la lumière et les ténèbres. Pourquoi furent-elles unies après ? Parce qu’on ne trouve la vraie lumière que dans les ténèbres et les vraies ténèbres que dans la lumière. Bien quelles soient unies maintenant, elles se distinguent par une différence de nuances ; mais malgré cette légère différence, elles ne forment qu’une unité, ainsi qu’il est écrit : « Jour un. »
Rabbi Siméon dit : Le monde a été créé uniquement par l’Alliance et n’est soutenu que par celle-ci, ainsi qu’il est écrit (Jer. , XXXIII, 25) : « S’il n’y avait mon Alliance du jour et de la nuit, je n’aurais point établi les lois du ciel et de la terre. » Quelle Alliance ? Celle du Juste qui est la base du monde. C’est le mystère de ce Juste qui est désigné par le mot « zacor » (souvenir). Le jour et la nuit étant le symbole de l’unité céleste, et cette unité étant opérée par le Juste, il s’ensuit que celui-ci est la base du monde ; c’est pourquoi l’Écriture dit : « S’il n’y avait mon Alliance du jour et de la nuit, c’est-à-dire l’Alliance opérée par le Juste et symbolisée par le jour et la nuit, je n’aurais point établi les lois du ciel et de la terre. » « Les lois du ciel » désignent celles qui émanent de l’Éden supérieur. Rabbi Siméon a ouvert une de ses conférences par l’exorde suivant : Il est écrit (Juges, V, 11) : « A la voix du Médiateur (30), entre ceux qui puisent, sera publiée la justice de Dieu. » « La voix du Médiateur » désigne la voix de Jacob car le mot « mehatztzin » signifie « médiateur », de même que le mot (I Rois, XVII, 4) « isch ha-benaïm ». L’Écriture dit « entre ceux qui puisent », car il est assis entre ceux qui puisent de l’eau d’en haut ; et, lui, prennes deux côtés et les réunit en sa personne.
L’Écriture ajoute : « ... Sera publiée la justice de Dieu » ; c’est-à-dire : c’est là que la foi a commencé, c’est là que fleurissent les justes de Dieu. L’Écriture ajoute enfin : «... Et la clémence de Dieu sera répandue à profusion sur Israël, et le peuple de Dieu paraîtra devant les portes. » Ces paroles désignent le Juste de ce monde, qui est éternel et sacré ; c’est lui qui puisera les eaux célestes et les répandra à profusion dans le grand Océan qui sont les eaux célestes. L’Écriture dit : « Sur Israël », car c’est à lui que le Saint, béni soit-il, a légué cet héritage pour toujours. Mais quand Israël pratiquera la circoncision, sans mettre à nu le gland (31), alors arrivera ce que dit l’Écriture. « Et le peuple de Dieu paraîtra devant les portes ». Ils arriveront devant les portes du Juste ; mais ils ne pourront guère y pénétrer. C’est de cette époque que [...]

דִּכְתִיב, (תהלים צז) אוֹר זָרוּעַ לַצַּדִּיק וּלְיִשְׁרֵי לֵב שִׂמְחָה וּכְדֵין יִתְבַּסְּמוּן עָלְמִין וִיהוֹן כֹּלָּא חַד. וְעַד יוֹמָא דְיְהֵא עָלְמָא דְאֲתֵי הוּא טָמִיר וְגָנִיז.

הַהוּא נְהוֹרָא נָפַק מִגּוֹ חֲשׁוֹכָא דְּאִתְגַּלְּפָא בְּקִלְפוֹי דִטְמִירָא דְּכֹלָּא. עַד דְּמֵהַהוּא נְהוֹרָא דְּאִתְגְּנִיז אִתְגְּלִיף בִּשְׁבִיל חַד טְמִירָא לַחֲשׁוֹכָא דִלְתַתָּא וּנְהוֹרָא שָׁארֵי בֵּיהּ. מָאן חֲשׁוֹכָא דִלְתַתָּא. הַהוּא דְאִקְרֵי לַיְלָה דִּכְתִיב בֵּיהּ וְלַחשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה.

וְעַל דָּא תָּנִינָן מַאי דִכְתִיב, (איוב יב) מְגַלֶּה עֲמוּקוֹת מִנִּי חשֶׁךְ. רִבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר אִי תֵימָא מֵחשֶׁךְ סָתִים אִתְגַּלְּיָין. הָא חֲזִינָן דִּטְמִירִין אִנּוּן כָּל אִנּוּן כִּתְרִין עִלָּאִין וְקָרִינָן עֲמוּקוֹת. מַהוּ מְגַלֶּה. אֶלָּא כָּל אִנּוּן טְמִירִין עִלָּאִין לָא אִתְגַּלְּיָין אֶלָּא מִגּוֹ הַהוּא חֲשׁוֹכָא דְּאִיהוּ בְּרָזָא דְלֵילְיָא. (ויהא כלא חד ברזא דוהיה אור הלבנה כאור החמה בדרגא חדא ועד יומא דייתי הוא גנוז וטמיר (שייך לעיל בשטה ב)) תָּא חֲזֵי, כָּל אִנּוּן עֲמִיקִין סְתִימִין דְּנָפְקֵי מִגּוֹ מַחֲשָׁבָה וְקָלָא נָטִיל לוֹן לָא אִתְגַּלְּיָין עַד דְּמִלָּה מְגַלָּה לוֹן. מָאן מִלָּה הַיְינוּ דִבּוּר.

וְהַאי דִּבּוּר אִקְרֵי שַׁבָּת. וּבְגִין דְּשַׁבָּת אִקְרֵי דִבּוּר, דִּבּוּר דְּחוֹל אָסוּר בְּשַׁבָּת. (גליון מהרש''ב וכך הוה עביד רבי שמעון כד חמי לאמיה דהות משתעיא הוה אמר לה, אמא, שתוקי, שבת הוא ואסיר). בְּגִין דְּדִבּוּר דָּא בַּעֲיָא לְשַׁלְטָאָה וְלָא אָחֳרָא. וְהַאי דִבּוּר דְּאִיהוּ אָתֵי מִסִּטְרָא דְּחשֶׁךְ מְגַלֶּה עֲמוּקוֹת מִגַּוֵּיהּ. וּמַשְׁמַע מִנִּי חשֶׁךְ. הַהוּא דְּאֲתֵי מִסִּטְרָא דְחשֶׁךְ דִּכְתִיב מִנִּי דַּיְיקָא.

השלמה מההשמטות (סימן ל''א)

יָשָׁב רִבִּי בּוֹן וְדַּרָשׁ מָהוּ דִּכְתִיב (ישעיה מה) יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ. אֶלָּא אוֹר שֶׁיֶּשׁ בּוֹ מַמָּשׁ כְּתִיב בּוֹ יְצִירָה. חֹשֶׁךְ שֶׁאֵין בּוֹ מַמָּשׁ כְּתִיב בּוֹ בְּרִיאָה כְּמָה דְּאַתְּ אָמֵר (עמוס ד') יוֹצֵר הָרִים וּבוֹרֵא רוּחַ. אִי בָּעִית אִימָא אוֹר שֶׁיֶּשׁ בּוֹ מַמָּשׁ, כְּתִיב בּוֹ עֲשִׂיָּה. דִכְתִיב וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים יְהִי אוֹר וַיְהִי אוֹר. וְאֵין הֲוָיָה אֶלָּא עֲשִׂיָּה וְקָרֵי בֵּיהּ יְצִירָה. חֹשֶׁךְ דְלָא הֲוָה בֵּיהּ עֲשִׂיָּה אֶלָּא הַבְדָּלָה וְהַפְרָשָׁה קָרֵי בֵּיהּ בְּרִיאָה כְּמָה דְּאַתְּ אָמֵר הִבְרִיא פְּלוֹנִי וְכוּ'. אָמַר רִבִּי בְּרָכְיָה מָהוּ דִּכְתִיב וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים יְהִי אוֹר וַיְהִי אוֹר וְלֹא אָמַר וְהָיָה. מָשָׁל לְמֶלֶךְ שֶׁהָיָה לוֹ חֵפֶץ נָאָה וְהִקְצָהוּ עַד שֶׁזִימֵן לוֹ מָקוֹם וְשָׂמַהוּ שָׁם הֲדָא הוּא דִכְתִיב יְהִי אוֹר וַיְהִי אוֹר שֶׁכְּבָר הָיָה. ע''כ: (עד כאן מההשמטות)

אָמַר רִבִּי יִצְחָק אִי הָכִי מַאי דִכְתִיב וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחשֶׁךְ. אָמַר לֵיהּ, אוֹר אַפִּיק יוֹם וְחשֶׁךְ אַפִּיק לַיְלָה. לְבָתַר חָבַר לוֹן כְּחֲדָא וְהֲווּ חַד דִּכְתִיב וַיְהִי עֶרֶב וַיְהִי בֹקֶר יוֹם אֶחָד. דְּלַיְלָה וְיוֹם אִקְרוּן חַד. וְהַאי דִכְתִיב וַיַּבְדֵּל אֱלהִים בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחשֶׁךְ (דאפריש מחלוקת) דָּא בְּזִמְנָא דְגָלוּתָא דְּאִשְׁתְּכַח פָּרוֹדָא.

אָמַר רִבִּי יִצְחָק עַד הָכָא דְּכוּרָא בְּאוֹר וְנוּקְבָא בַּחֲשׁוֹכָא. לְבָתַר מִתְחַבְּרָן כְּחֲדָא לְמֶהוֵי חַד. בְּמַאי אִתְפַּרְשָׁאן לְאִשְׁתְּמוֹדְעָא בֵּין נְהוֹרָא וּבֵין חֲשׁוֹכָא. מִתְפַּרְשָׁן דַּרְגִּין וְתַרְוַויְיהוּ כְּחַד הֲווּ. דְּהָא לֵית נְהוֹרָא אֶלָּא בַּחֲשׁוֹכָא וְלֵית חֲשׁוֹכָא אֶלָּא בִּנְהוֹרָא. וְאַף עַל גַּב דְּאִנּוּן חַד אִתְפַּרְשָׁן בִּגְוָונִין וְעִם כָּל דָּא אִנּוּן חַד דִּכְתִיב יוֹם אֶחָד.

רִבִּי שִׁמְעוֹן אָמַר עַל בְּרִית עָלְמָא אִתְבְּרֵי וְאִתְקַיָּים דִּכְתִיב, (ירמיה לג) אִם לא בְרִיתִי יוֹמָם וָלָיְלָה חֻקּוֹת שָׁמַיִם וְאָרֶץ לֹא שָׂמְתִּי. מָאן בְּרִית דָּא צַדִּיק יְסוֹדָא דְעָלְמָא דְּאִיהוּ רָזָא דְּזָכוּר. וְעַל דָּא עָלְמָא קַיְימָא בִּבְרִית יוֹמָם וָלַיְלָה כְּחֲדָא דִּכְתִיב אִם לא בְרִיתִי יוֹמָם וְלַיְלָה חֻקּוֹת שָׁמַיִם וָאָרֶץ לא שָׂמְתִּי. חֻקּוֹת שָׁמַיִם דְּנַגְדִין וְנָפְקִין מֵעֵדֶן עִלָּאָה.

פָּתַח וְאָמַר, (שופטים ה׳:י״א) מִקּוֹל מְחַצְצִים בֵּין מַשְׁאַבִּים שָׁם יְתַנּוּ צִדְקוֹת ה' וְגו'. מִקּוֹל מְחַצְצִים דָּא קוֹל יַעֲקֹב. מְחַצְצִים כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (שמואל א י״ז:ד׳) אִישׁ הַבֵּינַיִם. בֵּין מַשְׁאַבִּים דְּאִיהוּ יָתִיב בֵּין אִנּוּן דְּשָׁאֲבִין מַיָּא מִלְּעֵילָא וְהוּא נָטִיל בִּתְרֵין סִטְרִין וְכָלִיל לְהוֹן בְּגַוֵּיהּ.

שָׁם יְתַנּוּ צִדְקוֹת יְיָ. תַּמָּן הוּא אֲתַר מְהֵימְנוּתָא לְאִתְדַּבָּקָא. שָׁם יְתַנּוּ צִדְקוֹת יְיָ. תַּמָּן יָנְקִין צִדְקוֹת יְיָ וְשָׁאֲבִין. צִדְקוֹת פִּרְזוֹנוֹ (בישראל) דָּא צַדִּיק דְּעָלְמָא דְּאִיהוּ קַיָּים וְקָדִישׁ, וְאִיהוּ שָׁאִיב וְנָטִיל כֹּלָּא וּמְפַזֵּר לְגַבֵּי יַמָּא רַבָּא אִנּוּן מַיִין עִלָּאִין. בְּיִשְׂרָאֵל, דְּיִשְׂרָאֵל יָרְתוּ קַיָּים דָּא. וְיַהֲבֵיהּ לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא יְרוּתַת עָלְמִין.

כֵּיוָן דְּיִשְׂרָאֵל שָׁבְקוּ לֵיהּ דְּהֲווּ גָּזְרִין וְלָא פָּרְעִין. מַה כְּתִיב, (שופטים ה׳:י״א) אָז יָרְדוּ לַשְּׁעָרִים עַם יְיָ. יָרְדוּ לַשְּׁעָרִים, אִנּוּן שַׁעֲרֵי צֶדֶק הֲווּ יָתְבִין לְתַרְעֵי וְלָא עָאלִין לְגוֹ. וּבְהַהוּא זִמְנָא
(Ⅰ)

*****

[32b]  
[...] l’Écriture dit (Juges, II, 12-16) : « Ils abandonnèrent le Seigneur, le Dieu de leurs pères... Dieu leur suscita des juges, pour les délivrer des mains de ceux qui les opprimaient ; mais ils ne voulurent pas seulement les écouter » jusqu’à ce que Débora arrivait et les ramenât à Dieu, ainsi qu’il est écrit (Juges, V, 2) : « Vous qui vous êtes signalé parmi les enfants d’Israël, en exposant volontairement votre vie au péril, bénissez le Seigneur ! » Et plus loin, L’Écriture ajoute : « On a cessé de voir dans Israël celui qui répand à profusion, jusqu’à ce que Debora se soit élevée, jusqu’à ce qu’il se soit élevée une mère dans Israël » « Celui qui répand à profusion » désigne le Juste, ainsi que nous l’avons dit précédemment. Israël a cessé de mettre à nu le gland dans l’acte de la circoncision.
L’Écriture ajoute : «... Jusqu’à ce qu’il se soit élevée une mère dans Israël. » Que signifie « une mère dans Israël » ? C’est celle qui attira ici-bas les eaux célestes, pour que le monde puisse subsister par Israël et montrer que le monde ne peut subsister que grâce à lui. Tout ce mystère est résumé dans les paroles de l’Écriture (Prov. , X, 24) : « Le Juste est le fondement éternel. » Trois sortent d’un ; un est dans trois ; un est au milieu de deux, qui tirent leur source de celui du milieu ; et celui du milieu tire sa source de tous les côtés. De cette façon tout est un, ainsi qu’il est écrit : « Et il était soir, et il était matin, jour un » ; car le soir et le jour ne forment qu’un. Ce mystère est également exprimé dans le verset : « L’Alliance du jour et de la nuit... » et « tout est un ».
Il est écrit (Gen. , I,6) : « Et Elohim dit : Que le firmament soit fait au milieu des eaux, et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux. »
Rabbi Yehouda dit : Il y a sept firmaments en haut, qui, tous, sont enclavés dans la région de la sainteté céleste et qui embrassent tous les degrés du nom sacré. Le firmament dont parle l’Écriture est établi au milieu des eaux ; c’est le firmament établi au-dessus des « Hayoth » et qui sépare les eaux d’en haut de celles d’en bas. Les eaux den bas soupirent auprès de celles d’en haut. Aussi, ce firmament établi au milieu sert-il d’intermédiaire entre les eaux d’en haut et celles d’en bas.
Il est écrit (Cant. , IV, 12) : « Ma sœur, l’épouse, est un jardin fermé ; elle est un jardin fermé et une fontaine scellée. » Par « jardin fermé », l’Écriture désigne cette région de sainteté où tout est renfermé ; mais elle est appelée « jardin fermé » parce que rien de cette lumière ne peut parvenir jusqu’à la terre ; elle ressemble à une mer gelée dont les sont inutilisables. Pourquoi les eaux sont elles gelées? Parce qu’un vent du nord y souffle, qui fait transformer les eaux en glace. Les eaux ne deviennent utilisables qu’au moment où un vent en sens contraire, arrivant du sud, y amène la chaleur (32). De même, la sainteté des régions supérieures ne peut arriver ici-bas, sans qu’un vent en sens contraire y arrive pour en rendre les eaux utilisables. Tel est le mystère du firmament que Dieu établit au milieu des eaux, c’est-à-dire entre les régions supérieures et les régions inférieures. L’Écriture ne dit pas : « Qu’un firmament soit fait et qu’il soit placé au milieu des eaux », mais bien. « Que le firmament soit au milieu des eaux », parce que le firmament dont parle l’Écriture existe de toute éternité ; au moment de la création il n’a pas été créé, mais seulement placé au milieu des Eaux supérieures et inférieures, c’est-à-dire, au-dessus des Hayoth.
Rabbi Isaac dit : Dans l’intérieur du corps humain, il existe un diaphragme qui sépare la poitrine de l’abdomen. Ce diaphragme, tout en séparant la partie supérieure de la partie inférieure,. transmet à cette dernière les éléments qu’il reçoit de la première. Il en est de même du firmament établi au milieu, entre les régions supérieures et les régions inférieures ; il communique aux « Hayoth » inférieures la lumière qu’il reçoit d’en haut.
Remarquez que l’union de ces deux eaux a produit la lumière passive appelée ténèbres (33).C’est à ce mystère que font allusion les paroles de l’Écriture (Ex. , XXVI, 33) : « Et le voile séparera le Saint d’avec le Saint des saints. » Rabbi Abba a ouvert une de ses conférences par l’exorde suivant : Il est écrit (Ps. , CIV, 3) : « Celui qui couvre d’eau sa partie la plus élevée, et qui monte sur les nuées, et qui s’avance sur les ailes des vents... » Par le mot « les eaux », le Psalmiste désigne les Eaux supérieures par lesquelles fut établie la maison, ainsi qu’il est écrit (Prov. , XXIV, 3) : « Par la Sagesse (Hocmâ), la maison sera bâtie, et par l’Intelligence (Thebounà), elle sera affermie. » L’Écriture ajoute : « Qui monte sur les nuées. » Rabbi Yessa l’Ancien sépara le mot « abim » (nuées) en deux parties : « ab » (be nuée) et « ïm» (My océan) ; d’après cette interprétation, l’Écriture désigne les ténèbres émanant du côté gauche, dont le séjour est dans le grand Océan.
Enfin L’Écriture ajoute : « ... Et qui s’avance sur les ailes des vents » ; ces paroles désignent l’esprit de la Sainteté supérieure. Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Ex. , XXV, 18) : « Tu mettras aux deux extrémités de l’oracle deux chérubins d’or battu. » Il est écrit (Ps. , XVIII, 11) : « Il est monté sur les chérubins et il s’est envolé ; il a volé sur les ailes des vents. » L’Écriture commence d’abord par « C’roub », c’est-à-dire, au singulier, et elle finit par «canphè» (les ailes), au pluriel, parce que ce n’est qu’après que l’Esprit s’était révélé que Dieu a volé sur les ailes des vents ; mais avant il ne s’était révélé qu’au « C’roub ».
Rabbi Yossé dit : Il est écrit (Job, XXVIII, 25) : « Il a mesuré les eaux. » Le mot « mesuré » doit être pris au pied de la lettre, attendu que ce sont elles qui sont distribuées ici-bas pour perfectionner le monde ; car elles proviennent du côté de la Séphirâ « Gueboura » (Justice).
Rabbi Abba dit : Les Anciens rapportent que, lorsque les grands hommes de l’antiquité sont arrivés, dans leurs méditations, à considérer ces mystères, ils remuaient les lèvres, mais ne prononçaient pas un mot, de crainte d’être punis s’ils en divulguaient une partie.
Rabbi Éléazar dit : La première lettre de l’alphabet planait, au commencement des choses, au-dessus du nœud pur auquel elle servit de couronne ; elle monta en haut [...]

כְּתִיב, (שופטים ב) וַיַּעְזְבוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת יְיָ וְגו'. עַד דְּאֲתַת דְּבוֹרָה וּנְדִיבַת לוֹן בְּהַאי כְּמָה דִכְתִיב, (שופטים ה׳:ב׳) בִּפְרוֹעַ פְּרָעוֹת בְּיִשְׂרָאֵל וְגו'.

וְעַל דָּא כְּתִיב חָדְלוּ פְּרָזוֹן בְּיִשְׂרָאֵל. חָדְלוּ פְּרָזוֹן, דָּא הוּא פִּרְזוֹנוֹ דְּקָא אֲמָרָן. חָדְלוּ פְּרָזוֹן, קַיָּים קַדִּישָׁא דְּלָא אִתְפָּרְעוּן. (שופטים ה׳:ז׳) עַד שַׁקַּמְתִּי דְבוֹרָה שַׁקַּמְתִּי אֵם בְּיִשְׂרָאֵל. מַאי אֵם. אֶלָּא אֲנָא נְחָתִית מַיִין עִלָּאִין מֵעֵילָא לְקַיְּימָא עָלְמִין, בְּיִשְׂרָאֵל סְתָם לְעֵילָא וְתַתָּא, לְאַחֲזָאָה דְּעָלְמָא לָא אִתְקַיָּים אֶלָּא עַל קְיָימָא דָא. וְרָזָא דְּכֹלָא (משלי י׳:כ״ה) וְצַדִּיק יְסוֹד עוֹלָם כְּתִיב, (לך לך עז ע''א).

תּוֹסֶפְתָּא

תָּנִינָן מָל ולֹא פָּרַע אֶתּ הַמִּילָה כְּאִילוּ לֹא מָל. בְּגִין דִּתְּרֵין דַּרְגִּין אִנּוּן מִילָה וּפְּרִיעָה. זָכוֹר ושָׁמוֹר. צַּדִּיק וצֶּדֶק. דְּכַר ונוּקְבָא. אוֹתּ בְּרִיתּ דָּא יוֹסֵף וּבְרִיתּ דָּא רָחֵל. ואִצְּטְרִיךָ לְחַבְּרָא לוֹן. וּבְמָּה מְחַבֵּר לוֹן. כַּד אִיהוּ גָּזִיר וּפָּרִיעַ. וּמָאן דְּגָזִיר וְלֹא פָּרִיעַ כְּאִלּוּ עָבְדוּ בֵּינַיְיהוּ פִּרוּדָא, (עד כאן תוספתא)

תְּלַת נַפְקֵי מֵחַד. חַד בִּתְלַת קַיְימָא עָאל בֵּין תְּרֵין. תְּרֵין יַנְקִין לְחַד, חַד יָנִיק לְכַמָּה סִטְרִין. כְּדֵין כֹּלָּא חַד. הֲדָא הוּא דִכְתִיב וַיְהִי עֶרֶב וַיְהִי בֹקֶר יוֹם אֶחָד יוֹם דְּעֶרֶב וָבֹקֶר כָּלִיל כְּחֲדָא. הַיְנוּ רָזָא דִבְרִית יוֹמָם וָלָיְלָה וּבֵיהּ כֹּלָּא חָד:

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים יְהִי רָקִיעַ בְּתוֹךְ הַמָּיִם וִיהִי מַבְדִּיל בֵּין מַיִם לָמָיִם. רִבִּי יְהוּדָה אָמַר שִׁבְעָה רְקִיעִים אִנּוּן לְעֵילָא. וְכֻלְהוּ קַיְימָא בִּקְדוּשָׁתָּא עִלָּאָה. וּשְׁמָא קַדִּישָׁא בְּהוּ אִשְׁתַּכְלַל. וְדָא רָקִיעָא הוּא בְּאֶמְצָעוּת מַיָא.

דָּא רָקִיעַ קַיְימָא עַל גַּבֵּי חֵיוָותָא אָחֳרָנִין. וְאִיהוּ אַפְרִישׁ בֵּין מַיִין עִלָּאִין לְמַיִּין תַּתָּאִין. וּמַיִין תַּתָּאִין קָרְאִין לְעִלָּאִין. וּמֵהַאי רָקִיעַ שָׁתָאן לוֹן. דָּא הוּא דְּמַפְרִישׁ בֵּינַיְיהוּ. בְּגִין דְּכֻלְהוּ מַיָא בֵּיהּ כְּלִילָן. וּלְבָתַר נָחִית לוֹן לְהָנִי חֵיוָותָא וְשָׁאֲבִין מִתַּמָּן.

כְּתִיב, (שיר השירים ד׳:י״ב) גַּן נָעוּל אֲחוֹתִי כַלָּה גַּל נָעוּל מַעְיָן חָתוּם. גַּן נָעוּל, דְּכֹלָּא אַסְתִּים בֵּיהּ. דְּכֹלָּא אִתְכְּלִיל בֵּיהּ. גַּל נָעוּל, דְּהַהוּא נָהָר נָגִיד וְנָפִיק וְעֲיִּיל בֵּיהּ וְכָלִיל וְלָא אַפִּיק וְקָרְשֵׁי מַיָא בֵּיהּ וְקָיְימֵי. מַאי טַעְמָא בְּגִין דְּרוּחַ צָפוֹן נָשִׁיב בְּאִנּוּן מַיָא וְאִתְקְרִישׁוּ וְלָא נָפְקֵי לְבַר עַד דְּאִתְעֲבִיד קֶרַח (לעיל כט ב) וְאִלְמָלֵא סִטְרָא דְדָרוֹם דְּאַקִישׁ תֻּקְפֵּיהּ דְּהַאי קֶרַח לָא נַפְקֵי מִנֵּיהּ מַיָּא לְעָלְמִין.

וְחֵיזוּ דְּהַהוּא רְקִיעָא עִלָּאָה כְּחֵיזוּ דְּהַאי קֶרַח דְּמִתְקַרְשָׁא וּמַכְנִיס בְּגַוֵיהּ כָּל אִנּוּן מַיִין. כָּךְ הַהוּא עִלָּאָה דְּעֲלֵיהּ כָּנִישׁ כָּל אִנּוּן מַיִין וְאַפְרִישׁ בֵּין מַיִין עִלָאִין לְמַיִין תַּתָּאִין. וְהַאי דְּאֲמָרָן יְהִי רָקִיעַ בְּתוֹךְ הַמָּיִם. בִּמְצִיעוּת. לָאו הָכִי. אֶלָּא יְהִי כְּתִיב. הַהוּא דְּהֲוֵי מִנֵּיהּ בִּמְצִיעוּת מַיָא הֲוֵי. וְאִיהוּ לְעֵיל דְּקַיְימָא עַל רֵישָׁא דְּחֵיוָותָא.

אָמַר רִבִּי יִצְחָק אִית קְרוּמָא בִּמְצִיעוּת מֵעוֹי דְּבַר נָשׁ דְּאִיהוּ פָּסִיק מִתַּתָּא לְעֵילָא וְשָׁאִיב מֵעֵילָא וְיָהִיב לְתַתָּא. כָּךְ גַּוְונָא דָא רָקִיעַ אִיהוּ בְּאֶמְצָעִיתָא וְקַיְמָא עַל אִנּוּן חֵיוָתָא דִלְתַתָּא. וְאִיהוּ פָּרִישׁ בֵּין מַיִין עִלָאִין לְתַתָּאִין. תָּא חֲזֵי, אִנּוּן מַיִן אַעֲדוּ וְאוֹלִידוּ חֲשׁוֹכָא. וְעַל רָזָא דָא כְּתִיב, (שמות כ״ו:ל״ג) וְהִבְדִּילָה הַפָּרוֹכֶת לָכֶם בֵּין הַקֹדֶשׁ וּבֵין קֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים.

רִבִּי אַבָּא פָּתַח (תהילים ק״ד:ג׳) הַמְקָרֶה בַמַּיִם עֲלִיּוֹתָיו וְגו' בַּמַיִם אִלֵּין מַיִין עִלָּאִין דְּכֹלָּא דְּבְּהוּ תַּקִּין בֵּיתָא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (משלי כ״ד:ג׳) בְּחָכְמָה יִבָּנֶה בָּיִת וּבִתְבוּנָה יִתְכּוֹנָן.

הַשָּׂם עָבִים רְכוּבוֹ. רִבִּי יֵיסָא סָבָא פָּלִיג עָבִים עָ''ב יָ''ם. עָב דְּאִיהוּ חשֶׁךְ שְׂמָאלָא דְּקַיְימָא עַל יָם דָּא. הַמְהַלֵּךְ עַל כַּנְפֵי רוּחַ דָּא רוּחָא דְּמַקְדְּשָׁא עִלָּאָה. וְרָזָא דָא (שמות כ״ה:י״ח) שְׁנַיִם כְּרוּבִים זָהָב. כְּתִיב (תהילים י״ח:י״א) וַיִּרְכַּב עַל כְּרוּב וַיָּעוֹף וַיֵּדֶא עַל כַּנְפֵי רוּחַ. וַיִּרְכַּב עַל כְּרוּב חַד לְבָתַר אִיגְלֵי עַל כַּנְפֵי רוּחַ וְעַד דְּהַאי אִתְעַר לָא אִתְגְּלִי בְּהַאי.

רִבִּי יוֹסֵי אָמַר כְּתִיב, (איוב כ״ח:כ״ה) וּמַיִם תִּכֵּן בַּמִּדָּה. בַּמִּדָּה מַמָּשׁ אַתְקִין לְהוּ כַּד מָטוּן לְגַוָּוהּ. וְאִנּוּן תִּקּוּנָא דְעָלְמָא כַּד מָטוּ מִסִּטְרָא דִגְבוּרָה. אָמַר רִבִּי אַבָּא כָּךְ הֲווּ קַדְמָאֵי אָמְרֵי כַּד הֲווּ מָטָאן לְהַאי אֲתַר מְרַחֲשָׁן שִׁפְוָון דְּחַכִּימִין וְלָא אָמָרִין מִדִּי בְּגִין דְּלָא יִתְעַנְשׁוּן.

רִבִּי אֶלְעָזָר אָמַר אָת קַדְמָאָה דְּאַתְוָון הֲוָה שַׁטְיָא עַל אַנְפּוֹי דְּקִיטְרָא דַכְיָא וְאִתְעַטַּר מִלְּרַע מִלְּעֵילָא וְסָלִיק

(Ⅰ)

*****

[33a]  
[...] et descendit en bas. C’est ainsi qu’elle grava sur la surface des eaux inférieures les formes de toutes les autres lettres. Ainsi toutes les lettres sont formées sur un même modèle et se complètent les unes les autres. C’est lorsque toutes les lettres ont été formées ici-bas qu’a été élevée sur elles la base de ce monde. C’est également alors que les eaux d’en haut se mêlèrent à celles d’en bas et donnèrent naissance au monde appelé « maison » (baïth).
C’est pourquoi l’Écriture commence par la lettre Beth, pour indiquer que la naissance du monde est due aux deux eaux, celles d’en haut et celles d’en bas, qui étaient mêlées ensemble jusqu’au jour où le firmament, établi au milieu d’elles, les sépara. Cette séparation a eu lieu au deuxième jour de la création. C’est pourquoi, en ce jour, a été également créé l’enfer, qui consiste en un feu dévorant. Le châtiment de l’enfer est destiné aux coupables.
Rabbi Yehouda dit : C’est en raison de ce mystère que la tradition nous apprend que toute discorde, ayant pour effet la gloire du ciel, subsistera longtemps (34), attendu que la séparation des eaux d’en haut d’avec celles d’en bas avait pour but la gloire du ciel ; et c’est pourquoi le firmament existe encore, ainsi qu’il est écrit : « Et Élohim donna au firmament le nom de Ciel. » Tout ce qui est accordé de sainteté céleste, aux hommes d’ici-bas, est mesuré par le firmament établi au milieu, entre le Saint et le Saint des saints, ainsi qu’il est écrit : « Et le voile séparera le Saint d’avec le Saint des saints. » Remarquez qu’après la séparation des eaux, L’Écriture ajoute « Que les eaux de dessous le ciel se rassemblent en un seul lieu » l’Écriture parle seulement des eaux de dessous le ciel. Ces eaux sont toutes concentrées dans un endroit appelé « un » ; et c’est le « ïam » (mer) qui complète l’essence divine « Un ». Sans lui, Dieu ne serait pas appelé « Un ». C’est en lui que sont concentrées toutes les eaux d’ici-bas, ainsi qu’il est écrit (Ecc. , I, 7) : « Tous les fleuves entrent dans la mer (ïam) ».
Rabbi Yessa dit : Les paroles de l’Écriture : « Que les eaux de dessous le ciel se rassemblent en un lieu », désignent le lieu dont l’Écriture dit (Is. , LIV, 10) : « Et l’Alliance par laquelle je fais la paix avec vous ne sera jamais ébranlée. » Car c’est lui qui a pris tous les péchés des hommes et les a jetés dans le grand Océan, et c’est grâce à lui que la terre peut subsister.
C’est pourquoi L’Écriture ajoute : «... Et que le sol aride paraisse » ; par « sol aride » l’Écriture désigne la terre, ainsi que L’Écriture ajoute : « ... Et Élohim donna au sol aride le nom de terre. » Pourquoi la terre est-elle appelée « sol aride» ?
Rabbi Isaac dit : C’est en raison des paroles de l’Écriture (Deut. , XVI, 3) : « Pendant sept jours vous mangerez du pain d’affliction. » Bien que le mot « oni » se prononce de façon à lui donner la signification d’ « affliction », il s’écrit de manière à être interprété par « pauvre » (35). C’est parce que celui (le Juste) qui est le pain du monde est pauvre. C’est pourquoi la terre est appelée « aride ». Elle absorbe toutes les eaux de ce monde et elle demeurera aride jusqu’à ce que les eaux célestes la rempliront.
L’Écriture ajoute : «... Et il appela mers toutes les eaux rassemblées. » C’est l’endroit où se réunissent les eaux célestes ; et de là elles se répandent partout.
Rabbi Hiyâ dit : « Les eaux rassemblées » désignent le Juste, attendu que L’Écriture ajoute immédiatement après : «... Et Élohim vit que cela était bon », et ailleurs il est dit (Is. , III, 10) : « Dites au Juste qu’il est bon. »
Rabbi Yossé dit : « Les eaux rassemblées désignent Israël, ainsi qu’il est écrit : « Dieu est l’attente (miqveh) d’Israël. »
Rabbi Hiyâ dit : « Les eaux rassemblées » désignent le Juste ; c’est pourquoi Dieu l’appela « mers, », parce qu’il est la, source de tous les courants et de tous les fleuves. C’est pourquoi également l’Écriture ajoute. «... Et Elohim vit que cela était bon. » C’est lui qui est cause de ce que l’Écriture emploie le mot « bon » au troisième jour de la création, ce qu’elle ne fait pas au deuxième jour de la création. L’Écriture emploie le mot « bon » parce que la terre produisit au troisième jour des fruits par la force de ce Juste, ainsi qu’il est écrit : « Que la terre produise de l’herbe et du gazon qui portent de la graine, et un arbre fruitier qui porte du fruit selon son espèce. » Que signifie « un arbre fruitier » ? C’est l’arbre du Bien et du Mal qui, lui aussi, porte des fruits.
L’Écriture ajoute « Qui porte du fruit », c’est-à-dire le fruit du Juste qui est la base du monde. L’Écriture dit en outre : « Selon son espèce » ; car tous les hommes qui sont pénétrés de l’Esprit saint, qui est le fruit de cet arbre, sont marqués du signe de cet arbre, et sont de son espèce. Que signifient : « Alliance sacrée, Alliance de paix » ? C’est l’Alliance que Dieu a faite avec les hommes de foi, qui sont de l’espèce du Juste et dont ils ne se séparent jamais. C’est le Juste qui est l’arbre qui engendre et produit le fruit, selon son espèce, c’est-à-dire semblable à lui. Heureux le sort de celui qui ressemble à sa mère et à son père. C’est pourquoi la marque sacrée de la circoncision s’imprime le huitième jour après la naissance ; c’est pour que le nouveau-né ressemble à sa mère. Et, lorsque la circoncision a été faite, on met à nu le gland et on reproduit ainsi la marque sacrée, afin que le nouveau-né ressemble à son père.
C’est pourquoi l’Écriture dit : «... Un arbre fruitier qui porte du fruit selon son espèce » ; « arbre fruitier » désigne la mère ; « qui produit des fruits » : c’est l’Alliance sacrée, c’est le père. L’Écriture dit : « Qui renferme sa semence en lui-même sur la terre (zaroobo al ha-aretz). » Pourquoi l’Écriture dit-elle « zaroo » (sa semence), au lieu de « zera » (semence) ? L’Écriture veut dire « zera vav », c’est-à-dire que le Vav, qui est le symbole du Juste, a servi de semence sacrée pour l’Arbre.
C’est pourquoi l’Écriture dit « sur la terre» ; car cette semence sacrée fut jetée sur la terre, ce qui donna naissance à l’Arbre. Heureux le sort de ceux d’Israël Car ils sont saints et ils ressemblent aux saints Anges.
C’est pourquoi l’Écriture dit (Is. , LX, 21) : « Tout ton peuple sera un peuple de justes. » Certes ils seront justes ; car ils descendent des justes et ils leur ressembleront. Heureux leur part dans ce monde et dans le monde futur [...]

וְנָחִית וּמַיָא מִתְגַּלְּפֵי בְּגִלּוּפַיְיהוּ וּמִתְיַישְׁבָן בְּדוּכְתַּיְיהוּ וְאִתְכְּלִילוּ חַד בְּחַד. וְכֵן אַתְוָון כֻּלְהוּ כְּלִילָן דָּא בְּדָא וּמִתְעַטְּרָן דָּא בְּדָא עַד דְּאִתְבְּנֵי עֲלַיְיהוּ בִּנְיָינָא וִיסוֹדָא.

וְכַד אִתְבְּנִיאוּ כֻּלְהוּ וְאִתְעַטְּרוּ. הֲווּ מַיִין עִלָּאִין מִתְעָרְבִין בְּמַיִין תַּתָּאִין וַאֲפִיקוּ בֵּיתָא דְעָלְמָא (ועל דא אפיקו תרין נהורין חד דאקרי ארץ ונהורא דאקרי שמים) וְעַל דָּא ב' אִתְחַזֵּי בְּרִישָׁא וּמַיִין סָלְקִין וְנָחֲתִין עַד דְּהַאי רָקִיעַ הֲוָה וְאַפְרִישׁ לוֹן. וּמַחְלוֹקֶת הֲוָה בַּשֵּׁנִי דְּבֵיהּ אִתְבְּרֵי גֵּיהִנֹּם דְּאִיהוּ נוּרָא דְדָלִיק כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (דברים ד׳:כ״ד) אֵשׁ אוֹכְלָה הוּא. וְזַמִּין לְאַשְׁרָאָה עַל רֵישַׁיְיהוּ דְּחַיָּיבַיָא.

אָמַר רִבִּי יְהוּדָה מֵהָכָא כָּל מַחְלוֹקֶת דְּאִיהוּ לְשֵׁם שָׁמַיִם סוֹפָהּ לְהִתְקַיֵּים. דְּהָא הָכָא מַחְלוֹקֶת דְּאִיהוּ לְשֵׁם שָׁמַיִם הֲוָה וְשָׁמַיִם בְּהַאי אִתְקַיָּים. לְבָתַר דָּא דִּכְתִיב וַיִּקְרָא אֱלהִים לָרָקִיעַ שָׁמָיִם וְגו'. בְּקַטְפִירָא דְּעִילִיתָא בְּקִסְטַיְיהוּ שְׁכִיחֵי וְאִתְקַיְימוּ. דְּהָא תָּנִינָן כְּתִיב, (שמות כ״ו:ל״ג) וְהִבְדִּילָה הַפָּרוֹכֶת לָכֶם בֵּין הַקֹּדֶשׁ וּבֵין קֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים דַּיְיקָא, דְּהָא אִיהוּ רָקִיעַ דִּמְפָרֵשׁ בְּגוֹ בְּאֶמְצָעִיתָא.

תָּא חֲזֵי, כְּתִיב לְבָתַר יִקָּווּ הַמַּיִם מִתַּחַת הַשָּׁמַיִם אֶל מָקוֹם אֶחָד. מִתַּחַת הַשָּׁמַיִם מַמָּשׁ. אֶל מָקוֹם אֶחָד. לְאֲתַר דְּאִקְרֵי אֶחָד. וְאִיהוּ יַם תַּתָּאָה דְּהָא אִיהוּ אַשְׁלִים לְאֶחָד. וּבְלָּא אִיהוּ לָא אִקְרֵי אֶחָד. וּמַשְׁמַע דִּכְתִיב יִקָּווּ דְּבֵיהּ מִתְכַּנְשִׁין כֻּלְהוּ מַיָא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (קהלת א׳:ז׳) כָּל הַנְּחָלִים הוֹלְכִים אֶל הַיָּם וְגו'.

רִבִּי יֵיסָא אָמַר אֶל מָקוֹם אֶחָד, דָּא אִיהוּ אֲתַר דִּכְתִיב בֵּיהּ (ישעיהו נ״ד:י׳) וּבְרִית שְׁלוֹמִי לא תָמוּט. דְּהָא אִיהוּ נָטִיל כֹּלָּא וְשָׁדֵי בְּיַמָּא וּבֵיהּ אִתְתַּקָּנַת אַרְעָא דִּכְתִיב וְתֵרָאֶה הַיַּבָּשָׁה דָּא הוּא אֶרֶץ. כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לַיַּבָּשָׁה אָרֶץ.

אַמַּאי אִקְרֵי יַבָּשָׁה. אָמַר רִבִּי יִצְחָק הַיְינוּ דִכְתִיב (דברים ט״ז:ג׳) לֶחֶם עוֹנִי לֶחֶם עָנִי כְּתִיב. וּבְגִין דְּאִיהוּ לֶחֶם עָנִי אִקְרֵי יַבָּשָׁה. וְשָׁאִיב בְּגַוָּוהּ כָּל מֵימִין דְּעָלְמָא וְאִיהִי יְבֵשָׁא הֲוֵי. עַד דְּאֲתַר דָּא אִמְלֵי לָהּ וּכְדֵין נַגְדִין מַיָא אוֹרַח דְּאִנּוּן מְקוֹרוֹת.

וּלְמִקְוֵה הַמַּיִם קָרָא יַמִּים דָּא הוּא בֵּית כְּנִישׁוּת מַיִין דִּלְעֵילָא דְּתַמָּן מִתְכַּנְשִׁין כָּל מַיָא וּמִתַּמָּן נָגְדִין וְנָפְקִין.

השלמה מההשמטות (סימן ל''ב)

שְׁבִיעִי הֲוֵי בְּמִזְרָחוֹ שֶׁל עוֹלָם וּמִשָׁם בָּא זָרְעַם שֶׁל יִשְׂרָאֵל כִּי חוּט הַשִׁדְרָה מָשׁוּךְ מִן הַמוֹחַ שֶׁל אָדָם וּבָא לַאָמָּה וּמִשָׁם הוּא הַזֶרַע דִכְתִיב (ישעיהו מ״ג:ה׳) מִמִּזְרָח אַבִיא זַרְעֲךָ, כְּשֶׁיִשְׂרָאֵל טוֹבִים מִזֶּה הַמָּקוֹם אַבִיא זַרְעֲךָ יִתְחַדֵּשׁ לְךָ זְרַע חָדָשׁ, וּכְּשֶׁיִשְׂרָאֵל רָעִים מִן הַזֶּרַע שֶׁכְּבָר בָּא לְעוֹלָם דִכְתִיב (קהלת א׳:ד׳) הוֹלֵךְ וְדוֹר בָּא. דוֹר שֶׁכְּבָר בָּא. וּמָאי מִמָעֲרָב אֲקַבְּצֵךְ, מֵאוֹתָה מִדָּה שׁנוֹטֶה תָּמִיד לְמַעֲרָב. וְלָמָּה אִיקְרֵי מַעֲרָב, מִפְּנֵי שֶׁשָּׁם מִתְעָרֵב כָּל הַזֶּרַע. מָשָׁל לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה, לְבֵן מֶלֶךְ שֶׁהָיָה לוֹ כַלָּה נָאָה וּצְנוּעָה בְּחַדְרוֹ, וְהָיָה לוֹקֵחַ מִבֵּית אָבִיו עוֹשֶׁר וּמֵבִיא לָהּ תָּמִיד וְלוֹקַחַת הַכֹּל וּמָצְנָעַת אוֹתוֹ תָּמִיד וּמְעַרֶבֶת הַכֹּל. לְסוֹף יַמִּים בִּיקֵשׁ לִרְאוֹת מָה אֲסָף וּמָה קִיבֵּץ הַיְינוּ דִכְתִיב וּמִמָעֲרָב אֲקַבְּצֵךְ. וּמַאי נִיהוּ בֵּית אָבִיו דִכְתִיב מִמִּזְרָח אַבִיא זַרְעֲךָ מְלַמֵּד שְׁמִמִזְרָח מֵבִיא וְזוֹרֵעַ בַּמָעֲרָב וְאַחַר כָּךְ הוּא מְקַבֵּץ מָה שְׁזָרָע. ע''כ: (עד כאן מההשמטות)

אָמַר רִבִּי חִיָּיא מִקְּוֵה הַמַיִם דָּא צַדִּיק. דְּכַד מָטָא לְמִקְוֵה הַמַּיִם כְּתִיב וַיַּרְא אֱלֹהִים כִּי טוֹב וּכְתִיב, (ישעיהו ג׳:י׳) אִמְרוּ צַדִּיק כִּי טוֹב. (וכן אור קדמאה טוב אקרי. וכן כלהו כתיב בהו כי טוב. בר יומא תניינא דלא כתיב ביה כי טוב). רִבִּי יוֹסֵי אָמַר יִשְׂרָאֵל מִקְוֵה אִיהוּ. דִּכְתִיב, (ירמיה יז) מִקְוֵה יִשְׂרָאֵל יְיָ.

רִבִּי חִיָּיא אָמַר דָּא צַדִּיק. הַיְנוּ דִּכְתִיב קָרָא יַמִּים. בְּגִין דִּנְחָלִין ומַבּוּעִין וּנְהָרִין כֻּלְהוּ נָטִיל לוֹן וְאִיהוּ מְקוֹרָא דְּכֹלָּא וְאִיהוּ נָטִיל כֹּלָּא בְּגִינֵי כָּךְ יַמִּים. וְעַל דָּא וַיַּרְא אֱלהִים כִּי טוֹב וּכְתִיב, (ישעיהו ג׳:י׳) אִמְרוּ צַדִּיק כִּי טוֹב.

וּבְגִין דְּאִתְרְשִׁים אִיהוּ אַפְרִישׁ בֵּין יוֹמָא קַדְמָאָה לִתְלִיתָאָה וְלָא אִתְּמָר כִּי טוֹב בְּגַוַיְיהוּ. דְּהָא בְּיוֹמָא תְּלִיתָאָה עָבְדַּת אַרְעָא אִיבִין מֵחֵילָא דְּהַאי צַדִּיק. דִּכְתִיב וַיֹּאמֶר אֱלהִים תַּדְשֵׁא הָאָרֶץ דֶּשֶׁא עֵשֶׂב מַזְרִיעַ זֶרַע עֵץ פְּרִי. מַאי עֵץ פְּרִי. דָּא עֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע דְּאִיהוּ עָבִיד אִיבִּין וּפֵרִין. עוֹשֶׂה פְּרִי דָּא צַדִּיק יְסוֹד דְּעָלְמָא.

לְמִינוֹ דְּכָל בְּנֵי נְשָׁא דְּאִית לוֹן רוּחָא קַדִּישָׁא. דְּאִיהוּ אִיבָּא דְּהַהוּא אִילָנָא רָשִׁים בְּהוּ רְשִׁימָא לְמִינוֹ. וּמַאי אִיהוּ, בְּרִית קֹדֶשׁ בְּרִית שָׁלוֹם. וּבְנֵי מְהֵימְנוּתָא לְמִינוֹ, לְמִינוֹ עָאלִין וְלָא מִתְפָּרְשָׁן מִנִּיהּ. וְצַדִּיק עוֹשֶׂה פְּרִי הוּא. וְהַהוּא אִילָנָא אִתְעַבְרַת וְאַפִּיקַת הַהוּא פְּרִי לְמִינוֹ. לְמִינוֹ דְּהַהוּא עוֹשֶׂה פְּרִי דְיֶהוֵי כַּוָּותֵיהּ.

זַכָּאָה חוּלָקֵיהּ מַאן דְּדָמֵי לְאִמֵּיהּ וְלְאֲבוֹי. וְעַל כֵּן רְשִׁימָא קַדִּישָׁא בְּיוֹמָא תְּמִינָאָה בְּגִין דְּיִדְמֵי לְאִמֵּיהּ. (בגין דהיא דרגא תמינאה וההיא נפשא דפרח מנה אצטריכת לאתחזאה קמה לתמניא יומין) וְכַד אִתְפְּרָעַת וְאִתְגַּלְיָיא רְשִׁימָא קַדִּישָׁא בְּגִין דְּיִדְמֵי לְאֲבוֹי. וְעַל דָּא עֵץ פְּרִי דָּא אִמָּא. עוֹשֶׂה פְּרִי דָּא בְּרִית קֹדֶשׁ אֲבוֹי. לְמִינוֹ דְּיִדְמֵי לֵיהּ וְאִתְרְשִׁים בֵּיהּ.

אֲשֶׁר זַרְעוֹ בוֹ עַל הָאָרֶץ. זַרְעוֹ בוֹ. זֶרַע בּוֹ מִבָּעֵי לֵיהּ. מַאי זַרְעוֹ בוֹ. אֶלָּא זֶרַע וָא''ו בּוֹ. עַל הָאָרֶץ הָכִי הוּא וַדַּאי. דְּהָא הַהוּא זַרְעָא אַשְׁדֵי עַל אַרְעָא. זַכָּאָה חוּלָקֵיהוֹן דְּיִשְׂרָאֵל דְּאִנּוּן קַדִּישִׁין וְדַמְיָין לְקַדִּישִׁין. וְעַל דָּא וַדַּאי כְּתִיב, (ישעיהו ס׳:כ״א) וְעַמֵּךְ כֻּלָּם צַדִּיקִים. כֻּלָּם צַדִּיקִים וַדַּאי. דְּהָא מֵהָנֵי נָפְקוּ וּלְהָנֵי דַּמְיָין. זַכָּאִין אִנּוּן בְּעָלְמָא דֵּין וּבְעָלְמָא דְּאֲתֵי.
(Ⅰ)

*****

[33b]  
[...] Rabbi Hiyâ dit : Il est écrit (Jer. , X, 12, et LI, 15) : « Dieu crée la terre par sa puissance. » Pourquoi l’Écriture dit-elle « crée la terre », au lieu de « créa la terre »? C’est que le Saint, béni soit-il, crée constamment la terre (Eretz) supérieure aux six autres terres. Et par qui la crée-t-il constamment ? « Par sa puissance », dit l’Écriture, mot qui désigne le Juste.
L’Écriture ajoute : « Il affermit le monde (Thebel) par sa Sagesse. » Le mot « Thebel » désigne la terre inférieure aux six autres terres. « Par sa Sagesse » désigne le Juste, ainsi qu’il est écrit (Ps. , IX, 9) : « Il jugera le monde (Thebel) par le Juste. » Ainsi, le Saint, béni soit-il, crée constamment la terre, en y apportant sans cesse des améliorations. Et cela par qui le fait-il? Par sa puissance, ainsi que nous venons de l’expliquer.
Rabbi Yehouda dit : Les combinaisons de lettres démontrées par Rabbi Éléazar sont au nombre de vingt-deux. Ces combinaisons consistent en ceci que chaque lettre du commencement de l’alphabet est remplacée par une autre de la fin éloignée à une égale distance de la dernière lettre que celle-ci de la première. On trouve un terme mnémonique pour ces combinaisons dans les paroles de l’Écriture (Is. , XLV, 14) ; « Akh bekha El »(36), (Il n’y a que Dieu en toi).
Rabbi Yossé dit : Le fléau d’une balance est placé au milieu des deux plateaux. On trouve un terme mnémonique pour ce principe dans les paroles de l’Écriture (Lévit. , XIX, 35) : « Ne faites rien contre l’équité, ni dans les jugements, ni dans ce qui sert de règle, ni dans les mesures, ni dans les poids (mischqal) » ; or le mot « mischqal » désigne ce qui est au milieu. C’est ainsi que s’explique le mystère renfermé dans les paroles de l’Écriture (Ex. , XXX, 13) : « Le sicle sacré », terme qui désigne le Juste, ainsi qu’il est écrit (Lévit. , XIX, 36) : « La balance juste. » Tout ce qui est au monde n’existe que grâce à la balance juste du sicle sacré.
Rabbi Yehouda dit : Le « sicle sacré» désigne l’Esprit saint.
Rabbi Isaac dit : Il est écrit (Ps. , XXXIII, 6) : « C’est par le Verbe du Seigneur que les cieux ont été affermis, et c’est par le souffle de sa bouche que toute l’armée des cieux a été produite. » Les mots « par le Verbe du Seigneur les cieux ont été affermis» désignent les cieux inférieurs qui ont été affermis par le Verbe qui réside dans les cieux supérieurs ; car c’est grâce au Verbe que les eaux du fleuve céleste coulent constamment et ne cessent d’arroser les mondes inférieurs. « C’est par le souffle de sa bouche que toute l’armée des cieux a été produite», désignent l’esprit qui est symbolisé par le principe mâle, et c’est par lui que tous les êtres d’ici-bas subsistent.
Il est écrit (Ps. , CIV, 13) : « Tu arroses les montagnes des eaux qui tombent d’en haut, et la terre est rassasiée des fruits qui sont tes ouvrages. » Que signifient les mots « des eaux qui tombent d’en haut » ? Ce sont les eaux qui émanent du fleuve céleste et qui ne cessent d’arroser les mondes inférieurs, ainsi que nous venons de le dire.
C’est pourquoi l’Écriture dit un peu plus haut (Ps. , CIV, 3) : « Tu couvres d’eau sa partie la plus élevée. » Car les mots « et la terre est rassasiée des fruits qui sont tes ouvrages » désignent le fleuve qui descend ici-bas, comme le verset dit : «... Et qui renferme sa semence en lui-même sur la terre», ainsi que nous l’avons expliqué précédemment.
Il est écrit : « Que les lumières soient faites dans le firmament du ciel. » Le mot « Meoroth » (lumières) est écrit de façon incomplète. Rabbi H izqiya en donne la raison suivante : La lumière peut nous rendre heureux, mais elle peut aussi nous rendre malheureux. Rabbi Yossé en donne la raison suivante : Les mots : « Que les lumières soient faites » désignent celles d’ici-bas. Or, la lumière de la lune est cause de l’épilepsie des enfants. C’est donc à cause de la lumière de la lune que le mot « Meoroth » est écrit de façon incomplète ; car, outre que sa lumière est cause d’une maladie des enfants, sa lumière est inférieure à toutes les autres, et parfois même elle est obscurcie et ne reçoit plus sa nourriture du soleil.
L’Écriture ajoute : «... Dans le firmament du ciel. » C’est le firmament qui renferme toutes les lumières. Rabbi Isaac, au contraire, dit : C’est le firmament inférieur qui n’a aucune lumière de lui-même (37) ; nous l’appelons « règne » (Malcouth), « ciel », « terre d’Israël » et « terre de vie ». Ainsi, en disant « dans le firmament du ciel », l’Écriture entend le firmament qu’on désigne sous le nom de « ciel ». C’est pour ces raisons que le mot « Meoroth » est écrit sans la lettre Vav. Pourquoi plutôt cette lettre qu’une autre ? Parce que, sans le Vav, qui est le symbole de l’Esprit saint, c’est la mort qui règne dans le monde. Par les mots « iehi meoroth» (que les lumières soientfaites) mots écrits de façon incomplète, l’Écriture fait allusion à la femelle des démons, appelée « Lilith », qui a reçu l’autorisation de résider dans le monde. C’est également à elle que font allusion les paroles de l’Ecriture (Job, III, 19) : « Là, le grand et le petit se trouvent égaux ; là l’esclave est affranchi de la domination de son maître », et ailleurs (Is. , XXXIII, 21) : « Le Seigneur fera voir sa magnificence en ce lieu-là... ; les vaisseaux à rames ne prendront point leur route par-là et la grande galère n’y passera point. » C’est pourquoi également L’Écriture ajoute (Is. , XXXIV, 14) : « C’est là où « Lilith » se retire ; c’est là où elle trouve son repos. »
Rabbi Éléazar dit : Le mot « Meoroth » (lumières) est écrit de façon incomplète parce que les lumières dont nous jouissons ici-bas ne sont que le reflet des lumières supérieures, tel un fer-blanc réfléchissant la clarté d’une chandelle.
Il est écrit (Jos. , III, 11) : « L’arche de l’Alliance du Maître de toute la terre... » L‘« arche » désigne la lumière qui n’éclaire que par réflexion ; l’ « Alliance » désigne la lumière éclairant directement et sans réflexion. Donc, l’arche désigne la lumière incomplète exprimée par le mot « Meoroth », alors que l’Alliance désigne la lumière parfaite pareille et celle du soleil. Le premier terme désigne la loi écrite, le second l’Alliance faite par la médiation du « Maître de toute la terre ». Si l’arche a porté le nom de « Maître », c’est parce qu elle portait la loi écrite qui n’était que le reflet de ce soleil qui l’éclairait et qui éclaire encore tout le monde. Aussi [...]

אָמַר רִבִּי חִיָּיא כְּתִיב, (ירמיהו י׳:י״ב ונא) עוֹשֶׂה אֶרֶץ בְּכֹחוֹ. מַאי עוֹשֶׂה אֶרֶץ (בכחו. עשה ארץ מבעי ליה. אלא עושה ודאי תדיר ומתקן קודשא בריך הוא להאי ארץ) דָּא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְעֵילָא. בְּכֹחוֹ דָּא צַדִּי''ק. מֵכִין תֵּבֵל בְּחָכְמָתוֹ. תֵּבֵל דָּא אֶרֶץ דִּלְתַתָּא. בְּחָכְמָתוֹ דָּא צֶדֶק דִּכְתִיב וְהוּא (תהילים ט׳:ט׳) יִשְׁפּוֹט תֵּבֵל בְּצֶדֶק. עוֹשֶׂה אֶרֶץ דָּא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, דְּהוּא מַתְקִין אַרְעָא וּמַתְקִין אָרְחוֹי. וּבְמָּה. בְּכֹחוֹ כִּדְקָאֲמָרָן.

רִבִּי יְהוּדָה אָמַר בְּאַתְוָון גְּלִיפָן דְּרִבִּי אֶלְעָזָר אִית קוּטְרֵי דְּאַתְוָון כ''ב קְטִירִין כְּחֲדָא. תְּרֵין אַתְוָון דָּא סָלִיק וְדָא נָחִית וּדְסָלִיק נָחִית וּדְנָחִית סָלִיק. וְסִימָן דָּא (ישעיהו מ״ה:י״ד) אַ''ךְ בָּ''ךְ אֵ''ל.

רִבִּי יוֹסֵי אָמַר טִיפְסָא דְּשִׁיקְלָא בְּאֶמְצָעִיתָא קַיְימָא. וְסִימָן (ויקרא י״ט:ל״ה) בְּמִדָּה בְּמִשְׁקָל וְגו'. מִשְׁקָל לִישָׁן דְּקַיְימָא בְּאֶמְצָעִיתָא. וְרָזָא דָא (שמות ל׳:י״ג) שֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ כְּתִיב. וּמֹאזְנַיִם בֵּיהּ קַיְימָן וְאִתְקָלוּ. מָאן מֹאזְנַיִם כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (ויקרא י״ט:ל״ו) מֹאזְנֵי צֶדֶק. וְכֻלְהוּ קָיְימִין בְּמִשְׁקָל בְּשֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ. רִבִּי יְהוּדָה אָמַר בְּשֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ דָּא רוּחַ הַקֹּדֶשׁ.

אָמַר רִבִּי יִצְחָק כְּתִיב, (תהילים ל״ג:ו׳) בִּדְבַר יְיָ שָׁמַיִם נַעֲשׂוּ וּבְרוּחַ פִּיו כָּל צְבָאָם. בִּדְבַר יְיָ שָׁמַיִם נַעֲשׂוּ. אִלֵּין שְׁמַיָא דִלְתַתָּא דְּאִתְעֲבִידוּ בִּדְבַר שָׁמַיִם דִּלְעֵילָא. בְּרוּחַ. דְּאַפִּיק קָלָא עַד דְּמָטֵי לְהַהוּא נָהָר דְּנָגִיד וְנָפִיק וְלָא פָּסְקִין מֵימוֹי לְעָלְמִין. וּבְרוּחַ פִּיו כָּל צְבָאָם. כֻּלְהוּ תַּתָּאֵי קָיְימִין בְּרוּחַ דְּאִיהוּ דְּכַר. (תהילים ק״ד:י״ג) מַשְׁקֶה הָרִים מֵעֲלִיּוֹתָיו מִפְּרִי מַעֲשֶׂיךָ תִּשְׂבַּע הָאָרֶץ. מַשְׁקֶה הָרִים מֵעֲלִיּוֹתָיו. מָאן עֲלִיּוֹתָיו כִּדְקָאֲמָרָן. דִּכְתִיב, (תהילים ק״ד:י״ג) הַמְקָרֶה בַמַּיִם עֲלִיּוֹתָיו. מִפְּרִי מַעֲשֶׂיךָ תִּשְׂבַּע הָאָרֶץ. רָזָא דְהַהוּא נָהָר דְּנָגִיד וְנָפִיק לְתַתָּא הֲדָא הוּא דִכְתִיב עוֹשֶׂה פְּרִי אֲשֶׁר זַרְעוֹ בוֹ וְגו' וְהָא אִתְּמָר:

יְהִי מְאֹרֹת בִּרְקִיעַ הַשָּׁמָיִם לְהָאִיר עַל הָאָרֶץ. יְהִי מְאֹרֹת חָסֵר. רִבִּי חִזְקִיָּה אוֹמֵר מְאוֹרֹת דְּשַׁרְיָא בֵּיהּ תּוּקְפָא דְדִינָא. קִילְטָא דְדִינָא. רִבִּי יוֹסֵי אָמַר יְהִי מְאֹרֹת לְתַתָּא אִיהִי סִיהֲרָא דְּבָהּ תַּלְיָא אַסְכָּרָה לְרַבְיֵי עָלְמָא. וּבָהּ תַּלְיָא מְאֹרֹת. בְּגִין דְּאִיהִי נְהוֹרָא זוּטְרָא מִכָּל נְהוֹרִין. וְזִמְנִין דְּאִתְחַשְּׁכָא וְלָא מְקַבְּלָא נְהוֹרָא.

בִּרְקִיעַ הַשָּׁמָיִם. דָּא הוּא רְקִיעָא דְּאִיהוּ כְּלָלָא דְכֻלְהוּ. בְּגִין דְּנָטִיל כָּל נְהוֹרִין וְהוּא נָהִיר לְהַאי נְהוֹרָא דְּלָא נָהֲרָא (והיא תליא ביה בגין דאתדבק בה ההוא מארה וביה תליין לתתא כל אנון זיינין אחרנין בגין זעירו דנהורא).

רִבִּי יִצְחָק אָמַר וְאַפִּיק (נ''א ואפילו) הַאי רְקִיעָא דְּלָא נָהִיר. וְקָרִינָן לֵיהּ מַלְכוּת שָׁמַיִם וְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְאֶרֶץ הַחַיִּים. הַשָּׁמַיִם אִיהוּ (דנהיר) הַאי רָקִיעַ. בְּגִינֵי כָּךְ יְהִי מְאֹרֹת חָסֵר ו'. מַאי טַעְמָא דְּהָא בְּלָא וָא''ו מוֹתָא הוּא בְּעָלְמָא.

יְהִי מְאֹרֹת כֹּלָּא בֵּיהּ תַּלְיָא לְאַכְלָלָא לִילִית בְּעָלְמָא. כְּתִיב, (איוב ג׳:י״ט) קָטָן וְגָדוֹל שָׁם הוּא. וּכְתִיב, (ישעיהו ל״ג:כ״א) כִּי אִם שָׁם אַדִּיר יְיָ לָנוּ. וְעַל דָּא כְּתִיב, (ישעיה לה) אַךְ שָׁם הִרְגִיעָה לִילִית וּמָצְאָה לָהּ מָנוֹחַ.

רִבִּי אֶלְעָזָר אָמַר יְהִי מְאֹרֹת. אַסְפַּקְלַרְיָאָה דְּלָא נַהֲרָא מִגַרְמָהּ. אֶלָּא עַל יְדָא דִּנְהוֹרִין עִלָּאִין דְּנָהֲרִין לָהּ כַּעֲשָׁשִׁיתָא דְּלָקְטָא נְהוֹרָא דְּנָהִיר. כְּתִיב, (יהושע ג׳:י״א) הִנֵּה אֲרוֹן הַבְּרִית אֲדוֹן כָּל הָאָרֶץ. הִנֵּה אֲרוֹן דָּא אַסְפַּקְלַרְיָאָה דְּלָא נָהֲרָא. הַבְּרִית אַסְפַּקְלַרְיָאָה דְּנָהֲרָא. הִנֵּה אֲרוֹן דָּא הִיא מְאֹרֹת. אֲרוֹן תֵּיבוּתָא לְאַעֲלָאָה בְּגַוַיהּ תּוֹרָה שֶׁבִּכְתַב. הַבְּרִית דָּא שִׁמְשָׁא דְּנָהִיר לָהּ. וְאִיהִי בְּרִית בַּהֲדֵיהּ אֲרוֹן הַבְּרִית דַּיְיקָא. אֲדוֹן כָּל הָאָרֶץ. הַבְּרִית דְּאִיהוּ אֲדוֹן כָּל הָאָרֶץ.

וּבְגִין דְּהַאי אֲרוֹן אִיהוּ אֲדוֹן. בְּגִין שִׁמְשָׁא דְּנָהִיר לָהּ וְנָהִיר לְכָל עָלְמָא. הָכִי אִתְקְרֵי
(Ⅰ)

*****

[34a]  
[...] en a-t-elle pris le nom composé des lettres « Aleph », « Daleth », «Noun » et « Yod » (Adonaï). Car, de même que « Çadiq » et « Çadeq » (38) ont la même signification, de même « Adon » et « Adonaï » dépendent l’un de l’autre.
Remarquez que les étoiles et les planètes n’existent que par l’Alliance qui est comparée au soleil, ainsi que nous l’avons dit.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Dans le firmament du ciel », mots qui indiquent l’Alliance, parce que toutes les étoiles et toutes les planètes, n’existent que par l’Alliance. Rabbi Yessa, le Vieillard, avait coutume de dire : Les mots : «Que les lumières soient faites dans le firmament du ciel » signifient : que la lumière de la lune soit suspendue à celle du soleil. Puisqu’il est écrit : «... Et qu’elles éclairent », il est évident que la lumière du soleil y est comprise. L’Écriture dit : « Et qu’elles servent de signes pour marquer les temps » (oul-moadim), parce que c’est de ces astres que dépend la fixation des saisons, des fêtes, des néoménies et des Sabbats. Le cours des astres a été réglé de façon à être en harmonie avec l’unité du nom sacré ; la création des astres a été, par conséquent, opérée dès le commencement. Il y a sept astres qui correspondent aux sept firmaments ; tous font partie du système de notre monde ; et. au-dessus d’eux, est le monde supérieur. Il y a également deux mondes : Le monde supérieur et le monde inférieur. Le monde inférieur est formé sur le modèle du monde supérieur, ainsi qu’il est écrit : « Que le Seigneur, le Dieu d’Israël, soit béni d’un monde à l’autre monde. »
Il y a également un Roi en haut et un Roi en bas. Nous savons, par une tradition, ce qui suit : Il est écrit : « Dieu règne, Dieu a régné, Dieu règnera en toute éternité. » « Dieu règne » désigne le Roi d’en haut, c’est-à-dire la première des trois Séphiroth suprêmes ; « Dieu a régné » désigne le Roi du milieu, c’est-à-dire la deuxième des trois Sephiroth suprêmes ; « Dieu règnera » désigne le Roi d’en bas, c’est-à-dire la troisième des trois Séphiroth suprêmes. Rabbi Aha dit : « Dieu règne » désigne la « Sagesse suprême (Hocmâ ylaah), qui règne dans le monde supérieur, synonyme du monde futur. « Dieu a régné » désigne la « beauté d’Israël », beauté qui correspond à la Séphirâ « Thiphereth ». « Dieu règnera en toute éternité » désigne l’Arche de l’Alliance. Mais, après David, il viendra un temps où l’ordre sera renversé, ainsi qu’il est écrit (Ps. , X, 16) : « Dieu règnera en toute éternité. » «Jéhovah Melekh » désigne le Roi d’en bas ; « olam » désigne le Roi du milieu ; « vaed » désigne le Roi d’en haut. C’est là qu’est la réunion et la perfection de tout. « Il a régné », en haut ; « il règnera », en bas.
Rabbi Abba dit : L’Écriture dit que « les lumières ont été suspendues au firmament du ciel pour éclairer la terre». Les astres ont-ils donc suspendus au firmament du ciel ? L’Écriture veut nous indiquer que les véritables lumières propres à éclairer la terre, ne sont pas ici-bas, mais « suspendues au firmament du ciel. ». Par ces derniers mots, l’Écriture désigne le fleuve céleste, source de toutes les lumières, qui sort de l’Éden, ainsi qu’il est écrit : «... Et un fleuve sort de l’Éden pour arroser le Jardin. » Remarquez que lorsque la lumière de la lune, qui est le reflet du soleil, éclaire la terre, toutes les étoiles montrent également leurs lumières ; toutes les plantes et tous les arbres croissent à la faveur de cette lumière ; et même les eaux de l’Océan se meuvent et produisent le flux et le reflux (39) ; et enfin les poissons de la mer éprouvent de la joie à cette lumière. Tous sont dans la joie, même les démons (40) qui sortent de leur engourdissement et parcourent le monde.
C’est pourquoi il convient de veiller sur les enfants à cette heure-ci, pour que les démons n’aient pas de prise sur eux. Rabbi Aba dit : Il est écrit : « Et Élohim les mit dans le firmament du ciel pour luire sur la terre. » L’Écriture nous indique que la conduite du soleil et de la lune doit servir d’exemple aux habitants de la terre. Car bien que, primitivement, la lumière de la lune ait été égale à celle du soleil, la lune ne continue pas moins à éclairer avec joie la terre, après que Dieu en a diminué la lumière.
Rabbi Isaac dit : Il est écrit (Is. , XXX, 26) : « Et la lumière de la lune égalera celle du soleil ; et la lumière du soleil sera sept fois plus grande, comme la lumière des sept jours. » Quels sept jours ?. Les sept jours de la création.
Rabbi Yehouda dit : Les sept jours sont ceux de la consécration du Tabernacle ; c’est pourquoi ces jours sont appelés « pleins » (melouïm), parce que, en ce temps, le monde deviendra parfait et la lune ne présentera plus sa figure échancrée, symbole du mauvais serpent, dont l’Écriture dit (Prov. , XVI, 28) : « Et le grand parleur divise les Princes. » Et quand cet événement aura-t-il lieu ? A l’époque où seront accomplies les paroles de l’Écriture (Is. , XXV, 8) : « Il précipitera la mort pour jamais. » C’est à cette même époque que seront accomplies les paroles de l’Écriture (Zac. , XIV, 9) : « En ce jour-là, le Seigneur sera un ; et son nom sera un. » Il est écrit (Gen. , I, 20) : « Que les eaux produisent des êtres vivants », et un peu plus loin : « Que la terre produise des êtres vivants de son espèce. »
Rabbi Éléazar dit : Les eaux inférieures produisent des êtres de leur espèce, de même que les eaux supérieures en produisent de leur espèce.
Rabbi Hiyâ dit : L’Écriture parle des eaux supérieures qui ont produit l’être vivant. Quel être vivant ? C’est l’être du premier homme, ainsi qu’il est écrit (Gen. , II, 7) : « Et l’homme devint un être vivant.
L’Écriture ajoute : «... Et des oiseaux qui volent sur la terre. » Ce sont les messagers célestes qui apparaissent aux hommes dans le songe. De ce que l’Écriture dit : « Qui volent sur la terre », il résulte qu’outre les anges qui apparaissent aux hommes dans un songe, il y en a d’autres qui n’apparaissent aux hommes qu’en réalité, suivant le degré intellectuel de l’homme. [...]

וּמִנֵּיהּ נָקְטָא שְׁמָא. וְאִתְקְרֵי הַאי אֲרוֹן אֲדוֹן בְּרָזָא דְּאָלֶ''ף דָלֶ''ת נוּ''ן יוּ''ד. כְּמָה דְּאַמְרִינָן צַדִּיק וְצֶדֶק כָּךְ אֲדוֹ''ן אדנ''י דָּא בְדָא תַּלְיָין.

תָּא חֲזֵי, כֹּכָבִים וּמַזָּלוֹת בִּבְרִית קַיָּימִין דְּאִיהוּ (שמשא דקאמרן ודא) רְקִיעַ הַשָּׁמָיִם דִּרְשִׁימִין בֵּיהּ וּגְלִיפִין בֵּיהּ כֹּכָבִים וּמַזָּלוֹת וּבֵיהּ תַּלְיָין לְאַנְהָרָא. רִבִּי יֵיסָא סָבָא הֲוָה אָמַר הָכִי יְהִי מְאֹרֹת דְּתַלְיָיא בִּרְקִיעַ הַשָּׁמָיִם וְדָא סִיהֲרָא דְתַלְיָיא בֵּיהּ. כֵּיוָן דִּכְתִיב וְהָיוּ לִמְאוֹרוֹת הָא שִׁמְשָׁא (כאן חסר) וּלְמוֹעֲדִים דְּהָא זִמְנַיָיא וְחַגִּין יְרָחִין וְשַׁבַּתֵּי בְּהוּ תַּלְיָאן וְהֲווּ.

וְכֹלָּא בַּעֲבִידְתָּא קַדְמָאָה עִלָּאָה. דִּשְׁמֵיהּ קַדִּישָׁא אִתְאַחִיד בֵּיהּ. וְאִיהוּ הוּא כֹּלָּא. שִׁבְעָה כֹּכְבֵי אִנּוּן לָקֳבֵל שִׁבְעָה רְקִיעִין וְכֻלְהוּ מַדְּבְרֵי עָלְמָא. וְעָלְמָא עִלָּאָה עֲלַיְיהוּ. וּתְרֵין עָלְמִין נִינְהוּ עָלְמָא עִלָּאָה וְעָלְמָא תַּתָּאָה. תַּתָּאָה כְּגַוְונָא דִּלְעֵילָא דִּכְתִיב, (דבה הימים א טז) מִן הָעוֹלָם וְעַד הָעוֹלָם. מֶלֶךְ עִלָּאָה. וּמֶלֶךְ תַּתָּאָה. (תנינן) כְּתִיב יְיָ מֶלֶךְ יְיָ מָלָךְ יְיָ יִמְלוֹךְ לְעוֹלָם וָעֶד. יְיָ מֶלֶךְ לְעֵילָא. יְיָ מָלָךְ בְּאֶמְצָעִיתָא. ה' יִמְלוֹךְ לְתַתָּא. רִבִּי אַחָא אָמַר יְיָ (נ''א דא חכמה עילאה) מֶלֶךְ דָּא עָלְמָא עִלָּאָה דְּאִיהוּ עָלְמָא דְּאֲתֵי. יְיָ מָלָךְ דָּא תִּפְאֶרֶת יִשְׂרָאֵל. יְיָ יִמְלוֹךְ דָּא אֲרוֹן הַבְּרִית (נ''א רבי אחא אמרז יי מלך דא חכמה עלאה. יי מלך דא עלמא עלאה דאתי. יי ימלוך דא תפארת ישראל).

אֲתָא זִמְנָא אָחֳרָא דָּוִד וְאַהֲדַר לוֹן מִתַּתָּא לְעֵילָא. וְאָמַר (תהילים י׳:ט״ז) יְיָ מֶלֶךְ עוֹלָם וָעֶד. יְיָ מֶלֶךְ לְתַתָּא. עוֹלָם בְּאֶמְצָעִיתָא. וָעֶד לְעֵילָא. דְּתַמָּן וִיעוּדָא וְקִיּוּמָא וְאַשְׁלֵימוּתָא דְּכֹלָּא. מֶלֶךְ לְעֵילָא יִמְלוֹךְ לְתַתָּא.

רִבִּי אַבָּא אָמַר כָּל הָנֵי מְאוֹרוֹת כֻּלְהוּ מִתְחַבְּרָן בִּרְקִיעַ הַשָּׁמָיִם. לְהָאִיר עַל הָאָרֶץ לְאַנְהָרָא עַל אַרְעָא. מָאן הוּא רְקִיעָא דְּנָהִיר עַל אַרְעָא. הוֵי אֵימָא דָּא נָהָר דְּנָגִיד וְנָפִיק מֵעֵדֶן דִּכְתִיב וְנָהָר יוֹצֵא מֵעֵדֶן לְהַשְׁקוֹת אֶת הַגָּן.

תָּא חֲזֵי, כֵּיוָן דְּסִיהֲרָא שָׁלְטָא וְאִתְנְהִיר מֵהַהוּא נַהֲרָא דְּנָגִיד וְנָפִיק. כָּל אִנּוּן שְׁמַיָא דִּלְתַתָּא וְחֵילֵיהוֹן כֻּלְהוֹן אִתּוֹסְפָן נְהוֹרָא. וְכֹכְבַיָא דִּמְמַנָּן עַל אַרְעָא כֻּלְהוּ שָׁלְטִין וּמְגַדְּלִין צְמָחִים וְאִילָנִין. וְעָלְמָא אִתְרַבֵּי בְּכֻלְהוּ. וְאֲפִילּוּ מַיָא וְנוּנֵי יַמָּא כֻּלְהוּ בִּרְבוּ יַתִּיר. וְכַמָּה גַּרְדִּינִי נִימוּסִין שָׁאטָן בְּעָלְמָא. בְּגִין דְּכֻלְהוּ בְּחֶדְוָה בִּרְבוּ חֵילָא. כַּד חֶדְוָה הוּא בְּבֵי מַלְכָּא אֲפִילוּ אִנּוּן מִבֵּי תַּרְעֵי. וְאֲפִילוּ אִנּוּן מִדְּבֵי טַרְנָשֵׁי (נ''א טרטשי). כֻּלְהוּ חָדָן וְשָׁטָאן בְּעָלְמָא. וְרַבְיֵי דְּעָלְמָא בַּעֲיָין לְאִסְתַּמְּרָא.

רִבִּי אַחָא אָמַר. וַיִּתֵן אוֹתָם אֱלהִים בִּרְקִיעַ הַשָּׁמָיִם. וְכַד כֻּלְהוֹן קַיָּימִין בֵּיהּ כְּדֵין חֶדְוָותָא דָּא עִם דָּא, כְּדֵין סִיהֲרָא אַזְעִירַת נְהוֹרָא מִקַּמֵּי שִׁמְשָׁא. כָּל מַה דְּנָטִיל בְּגִין לְאַנְהָרָא לָהּ הֲדָא הוּא דִכְתִיב לְהָאִיר עַל הָאָרֶץ.

רַב יִצְחָק אָמַר כְּתִיב, (ישעיהו ל׳:כ״ו) וְהָיָה אוֹר הַלְּבָנָה כְּאוֹר הַחַמָּה וְאוֹר הַחַמָּה יִהְיֶה שִׁבְעָתַיִם כְּאוֹר שִׁבְעַת הַיָּמִים. מָאן שִׁבְעַת הַיָּמִים. אִלֵּין אִנּוּן שִׁבְעַת יוֹמִין דִּבְרֵאשִׁית. רִבִּי יְהוּדָה אָמַר אִלֵּין אִנּוּן שִׁבְעַת יְמֵי הַמִּלּוּאִים. מִלּוּאִים וַדַּאי. בְּגִין דְּהַהוּא זִמְנָא אִתְבַּסַּם עָלְמָא וְאִתְהַדַּר בְּאַשְׁלָמוּתֵיהּ וְלָא אִתְפְּגִים סִיהֲרָא בְּגִין חִוְיָא בִּישָׁא דִּכְתִיב בֵּיהּ (משלי ט״ז:כ״ח) וְנַרְגָּן מַפְרִיד אַלּוּף. וְאֵימָתַי יְהֵא דָּא בְּזִמְנָא דִּכְתִיב, (ישעיהו כ״ה:ח׳) בִּלַּע הַמָּוֶת לָנֶצַח. וּכְדֵין כְּתִיב, (זכריה י״ד:ט׳) בַּיּוֹם הַהוּא יִהְיֶה יְיָ אֶחָד וּשְׁמוֹ אֶחָד:

יִשְׁרְצוּ הַמַּיִם שֶׁרֶץ נְפֶשׁ חַיָּה לְמִינָהּ. אָמַר רִבִּי אֶלְעָזָר אִלֵּין מַיִין תַּתָּאִין דְּרַחֲשִׁין זַיְינִין כְּגַוְונָא דִלְעֵילָא. אִנּוּן עִלָּאֵי וְאִנּוּן תַּתָּאֵי. רִבִּי חִיָּיא אָמַר עִלָּאֵי אַפִּיקוּ נֶפֶשׁ חַיָּה. וּמַאי נִיהוּ. דָּא נֶפֶשׁ דְּאָדָם קַדְמָאָה כְּמָה דְאַתְּ אָמֵר וַיְהִי הָאָדָם לְנֶפֶשׁ חַיָּה. וְעוֹף יְעוֹפֵף עַל הָאָרֶץ אִלֵּין שְׁלִיחֵי עִלָּאִין דְּאִתְחַזּוּן לִבְנֵי נָשָׁא בְּחֵיזוּ דְּבַר נָשׁ. מַשְׁמַע דִּכְתִיב יְעוֹפֵף עַל הָאָרֶץ. בְּגִין דְּאִית אָחֳרָנִין דְּלָא אִתְחַזּוּן אֶלָא בְּרוּחָא מַמָּשׁ לְפוּם סֻכְלְתָנוּ דִּבְנִי נְשָׁא.
(Ⅰ)

*****

[34b]  
[...] C’est pourquoi l’Écriture n’emploie pas les mots « selon leur espèce », pour les « oiseaux qui volent sur la terre », ainsi qu’elle le fait, plus loin, lorsqu’elle parle des « oiseaux que Dieu créa selon leur espèce », attendu que les anges messagers, qui n’apparaissent que dans un songe, ne sont tous que d’une seule espèce, alors que les anges qui nous apparaissent en réalité sont de diverses espèces, différentes les unes des autres ; et c’est à cause d’eux que l’Écriture dit : «... Et de là ce fleuve se divise en quatre canaux. ».
Il est écrit : « Et Élohim créa les grands poissons » ; ce sont le Léviathan et sa femelle. Les mots « e t tous les êtres vivants qui se meuvent » désignent cet être vivant (nephesch haÿah) qui se meut dans tous les quatre points cardinaux du monde. Et quel est cet être vivant ? C’est « Lilith ». L’Écriture ajoute. « Que les eaux produisent » ; car ce sont les eaux qui nourrissent ces êtres vivants. Car, lorsque le vent du sud souffle, les eaux se meuvent dans toutes les directions et s’enflent ; et c’est alors qu’a lieu le passage de ces êtres, ainsi qu’il est écrit (Ps. , CIV, 26) : « C’est là que les navires passeront ; c’est là que se promène le Léviathan que tu as formé, pour s’y jouer. » Les mots « et tous les oiseaux pourvus d’ailes selon leur espèce » désignent ces êtres dont l’Écriture dit (Ecc. , X, 20) : «... Parce que les oiseaux mêmes du ciel rapporteront la parole ; et ceux qui ont des ailes publieront ce que tu auras dit. »
Rabbi Yossé dit : Tous ces êtres sont pourvus de six ailes et ne présentent aucune variation ; c’est pourquoi l’Écriture dit « selon son espèce », ce qui veut dire selon l’espèce des anges ailés. Ils parcourent le monde en six vols ; ils vont épier les œuvres des hommes ; et, si celles-ci sont bonnes, ils les font monter au ciel.
C’est pourquoi l’Écriture dit (Ecc. , X, 20) : « Même dans votre pensée ne maudissez point le roi, et ne médisez point du riche dans le secret de votre chambre. »
Rabbi Hizqiya dit : Pourquoi l’Écriture emploie t-elle le mot « haromeseth» (qui se meuvent), au lieu de « haschoretzeth » (qui rampent) ? C’est parce que l’Écriture désigne « Lilith », ainsi qu’il a été dit précédemment.
C’est pourquoi l’Écriture dit (Ps. , CIV, 20) : « C’est durant la nuit que toutes les bêtes de la forêt se meuvent (thirmos) » ; ces paroles désignent en plus les anges, appelés Hayoth, qui dominent également à l’heure où domine « Lilith ». Ils commencent à chanter leurs hymnes à chacune des trois veilles de la nuit et ne cessent leurs louanges qu’à la, fin de la nuit. C’est d’eux que l’Écriture dit (Is. , LXII, 6) : « Ceux qui se souviennent du Seigneur ne se taisent point. »
Rabbi Siméon se leva et parla ainsi : Après une profonde méditation j’ai acquis la certitude qu’au moment où le Saint, béni soit-il, voulut créer l’homme, tous les mondes supérieurs et inférieurs furent ébranlés. Le sixième jour de la création, la volonté du Saint, béni soit-il, se réalisa. La lumière de toutes les lumières apparut dans tout son éclat ; elle ouvrit la porte de l’Orient d’où arrive la lumière ; le sud fit montrer toute la munificence de sa lumière primitive, de sorte que la lumière du sud alla se confondre avec celle de l’est ; celle de l’est gagna tout de suite le nord qu’elle inonde, et le nord propagea sa lumière reçue dans l’ouest. Ainsi tous les quatre points cardinaux du monde ont été inondés de lumière. C’est alors que l’Ouest dit aux autres points cardinaux : « Faisons l’homme à notre image », ce qui veut dire : qu’il nous ressemble en ce sens que lui aussi embrasse la lumière d’en haut et d’en bas, et de tous les quatre points cardinaux.
L’Orient s’unit alors à l’Occident ; et l’homme fut engendré. C’est pourquoi la tradition nous apprend que l’homme a été créé de la terre sur laquelle fut édifié le Temple (41). Selon une autre version., les paroles de l’Écriture : « Faisons l’homme à notre image » ont la signification suivante. Le Saint, béni soit-il, dit à ceux d’en bas, c’est-à-dire aux anges, le mystère de la formation du mot « Adam » (homme). Le mot Mda provient du Mystérieux d’en haut ; car, par le mystère des lettres qui le composent, il participe et d’en haut et d’en bas. Il participe d’en haut par le « Mem fermé » (M), qui est celui de « lemarbeh » (hbrMl) du verset (Is. , IX, 6) : « Son empire s’étendra » ; il participe d’en bas par le Daleth (d), qui n’est fermé que du côté ouest. Et voici comment le mot « homme » participe à la fois d’en haut et d’en bas. Son parachèvement en haut correspond à son parachèvement en bas. Lorsque ces lettres descendirent, elles formèrent un tout harmonieux ; et l’homme se trouva à la fois mâle et femelle. Car la femme était attachée à l’homme jusqu’à ce qu’il se fût endormi ; et c’était à l’endroit où devait être élevé le Temple. Dieu sépara alors la femme de lui. Il la forma, la para et la conduisit auprès de l’homme, telle une fiancée qu’on pare et qu’on amène au fiancé.
C’est pourquoi l’Écriture dit : Il tira une de ses côtes et mit de la chair à sa place. » L’Écriture dit « il tira une de ses côtes », au lieu de dire : Une côte de ses côtes, ce qui serait plus conforme au génie de la langue hébraïque ; en disant seulement : « Il tira une... », l’Écriture désigne certainement autre chose qu’une côte. J’ai trouvé dans un livre ancien que ce que Dieu détacha d’Adam n’était pas une côte, mais « Lilith » la primitive, qui cohabitait avec Adam et dont elle devint enceinte. C’est d’elle que l’Écriture dit : « Mais il ne trouvait point d’aide pour Adam, qui fût contre lui », c’est-à-dire : Dieu ne trouva pas en Litith une aide pour l’homme, attendu qu’elle était contre lui. Et c’est alors, après avoir détaché « Lilith » de l’homme, que Dieu remplaça le plaisir que l’homme éprouvait par son commerce avec celle-ci, par le plaisir de la chair.
C’est pourquoi L’Écriture ajoute : « Et il mit de la chair à sa place. » Remarquez que Dieu a créé l’homme ici-bas pourvu de tout ce qu’il faut pour suppléer à tous les besoins que les démons font miroiter à ses yeux ; ainsi, en détachant « Lilith » de l’homme, une de ses côtes a pu lui tenir lieu du plaisir coupable qu’il éprouvait précédemment dans sa cohabitation avec « Lilith ».
Rabbi Siméon dit en outre : Il est écrit (Gen. , II, 5) : «... Avant que toutes les plantes des champs fussent sorties de la terre et que toutes les herbes de la campagne eussent poussé. Car le Seigneur Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre ; et il n’y avait point d’homme pour la labourer. » Par les mots « plantes des champs », l’Écriture désigne [...]

בְּגִינֵי כָךְ לָא כְּתִיב בְּאִלֵּין לְמִינֵהוּ כְּאִנּוּן אָחֳרָנִין דִּכְתִיב בְּהוּ וְאֶת כָּל עוֹף כָּנָף לְמִינֵהוּ, בְּגִין דְּאִלֵּין לָא מְשַׁנְיָין מִמִּינַיְיהוּ לְעָלְמִין כְּהָנֵי אָחֳרָנִין דְּלָא כְּתִיב בְּהוּ לְמִינֵהוּ. וְאִי תֵימָא אִית בְּהוּ דִּמְשַׁנְיָין דָּא מִן דָּא. הָכִי הוּא וַדַּאי דְּהָא אִית בְּהוּ דִּמְשַׁנְיָין אֵלִּין מֵאִלֵּין בְּגִינֵי כָךְ כְּתִיב וּמִשָּׁם יִפָּרֵד:

וַיִּבְרָא אֱלֹהִים אֶת הַתַּנִּינִים הַגְּדוֹלִים. אִלֵּין לִוְיָתָן וּבַת זוּגוֹ. אֶת כָּל נֶפֶשׁ הַחַיָּה הָרוֹמֶשֶׂת. דָּא נֶפֶשׁ דְּהַהִיא חַיָּה דְּאִיהִי רוֹמֶשֶׂת לְד' סִטְרֵי עָלְמָא. וּמָאן אִיהִי חַיָּה דְּאִיהִי רוֹמֶשֶׂת. הוֵי אֵימָא דָּא לִילִית. אֲשֶׁר שָׁרְצוּ הַמַּיִם לְמִינֵיהֶם. דְּמַיִין מְגַדְּלִין לוֹן. דְּכַד אָתֵי סִטְרָא דְּדָרוֹם שָׁרָאן מַיִין וְנַגְדִין לְכָל סִטְרִין וְאַרְבֵּי יַמָּא אָזְלִין וְעָבְרִין כְּמָה דְאַתְּ אָמֵר, (תהילים ק״ד:כ״ו) שָׁם אֳנִיּוֹת יְהַלֵּכוּן לִוְיָתָן זֶה יָצַרְתָּ לְשַׂחֶק בּוֹ.

וְאֶת כָּל עוֹף כָּנָף לְמִינֵהוּ. כְּמָה דְאַתְּ אָמֵר (קהלת י׳:כ׳) כִּי עוֹף הַשָּׁמַיִם יוֹלִיךְ אֶת הַקּוֹל וּבַעַל כְּנָפַיִם יַגִּיד דָּבָר. רִבִּי יוֹסֵי אָמַר כֻּלְהוֹן מִשִּׁית גַּדְפִין וְלָא מְשַׁנְיָין לְעָלְמִין. וּבְגִינֵי כָךְ כְּתִיב לְמִינֵהוּ. מַאי לְמִינֵהוּ. לְזַיְינָא דִלְעֵילָא. וְאִלֵּין טָאסָן וְשָׁאטָן עָלְמָא בְּשִׁית וְחָמָאן עוֹבָדִין דִּבְנִי נְשָׁא וְסָלְקִין לוֹן לְעֵילָא. וְעַל דָּא כְּתִיב, (קהלת י׳:כ׳) גַּם בְּמַדָּעֲךָ מֶלֶךְ אַל תְּקַלֵּל וְגו'.

רִבִּי חִזְקִיָּה אָמַר הָרוֹמֶשֶׂת, הַשּׁוֹרֶצֶת מִבָּעֵי לֵיהּ. אֶלָּא כִּדְאַמְרִינָן רָמַשׁ לֵילְיָא. וְעַל דָּא (תהילים ק״ד:כ׳) בּוֹ תִרְמוֹשׂ כָּל חַיְתוֹ יָעַר. דְּכֻלְהוּ שָׁלְטָאן בְּשַׁעֲתָא דְּאִיהִי שָׁלְטָא. וּפָתְחִין שִׁירָתָא בִּתְלַת סִטְרִין דְּפַלְגוּ לֵילְיָא. וְזָמְרֵי שִׁירָתָא וְלָא מִשְׁתַּכְּכֵי. וְעַל אִלֵּין כְּתִיב, (ישעיהו ס״ב:ו׳) הַמַּזְכִּירִים אֶת ה' אַל דֳּמִי לָכֶם.

רַבִּי שִׁמְעוֹן קָם וְאָמַר מִסְתַּכֵּל הֲוֵינָא, דְּכַד בָּעָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְמִבְרֵי אָדָם, אִזְדַּעְזְעוּ כָּל עִלָּאִין וְתַתָּאִין. וְיוֹמָא שְׁתִיתָאָה הֲוָה סָלִיק בְּדַרְגוֹי עַד דְּסָלְקָא רְעוּתָא עִלָּאָה וְנָהִיר שֵׁירוּתָא דְּכָל נְהוֹרִין. וּפְתַח תַּרְעָא דְּמִזְרָח דְּהָא מִתַּמָּן נְהוֹרָא נָפִיק. וְדָרוֹם אַחֲמֵי תּוֹקְפֵי דִּנְהוֹרָא דְּיָרִית מֵרִישָׁא וְאִתְתַּקַּף בְּמִזְרָח. מִזְרָח אַתְקִיף לְצָפוֹן וְצָפוֹן אִתְעַר וְאִתְפַּשַׁט וְקָרֵי בְחָיִל סַגֵּי לְמַעֲרָב לְמִקְרַב וּלְאִשְׁתַּתָּפָא בַּהֲדֵיהּ. כְּדֵין מַעֲרָב סַלְקָא בְּצָפוֹן וְאִתְקַּשַּׁר בֵּיהּ. לְבָתַר דָּרוֹם אַתְיָא וְאָחִיד בְּמַעֲרָב. וְסָחֲרִין לֵיהּ דָּרוֹם וְצָפוֹן דְּאָזְלִין גִּדְרֵי גִנְתָּא. כְּדֵין מִזְרָח קָרִיב בְּמַעֲרָב וּמַעֲרָב שַׁרְיָא בְּחֶדְוָה וּבָעָאת מִכֻּלְהוּ וְאָמַר נַעֲשֶׂה אָדָם בְּצַלְמֵנוּ כִּדְמוּתֵנוּ. דִּלְהוֵי כְּגַוְונָא דָא בְּאַרְבַּע סִטְרִין וְעֵילָא וְתַתָּא. וּמִזְרָח אִתְדָּבַּק בְּמַעֲרָב וְאַפִּיק לֵיהּ. וְעַל דָּא תָּנִינָן אָדָם מֵאֲתַר דְּבֵית הַמִּקְדָּשׁ נָפַק.

תּוּ נַעֲשֶׂה אָדָם. קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אָמַר לְאִלֵּין תַּתָּאֵי דְּאֲתוּ מִסִּטְרָא דִּלְעֵילָא. רָזָא דִּשְׁמָא דָא דְּסָלִיק אָדָם. אָדָם מֵרָזָא סְתִימָא עִלָּאָה. אָדָם רָזָא דְּאַתְוָון. דְּהָא אָדָם כָּלִיל לְעֵילָא וְכָלִיל לְתַתָּא. אָדָם אֶחָד לְעֵילָא לְעֵילָא. ם סְתִימָא דְּאִיהִי ם מִלְּםרְבֶּה הַמִּשְׂרָה. ד' תַּתָּאָה דִּסְתִימָא בְּמַעֲרָב. וְדָא כְּלָלָא דִּלְעֵילָא וְתַתָּא. אִתְתַּקַּן לְעֵילָא אִתְתַּקַּן לְתַתָּא.

אִלֵין אַתְוָון כַּד נָחֲתָא לְתַתָּא כֻּלְהוּ כְּחֲדָא בְּאַשְׁלָמוּתֵיהּ אִשְׁתְּכַח דְּכַר וְנוּקְבָא. וְנוּקְבָא בְּסִטְרוֹי אִתְדַּבְּקַת. עַד דְּאַפִּיל עִלוּיֵהּ שִׁנְתָא וּדְמוּךְ. וְהֲוָה רָמֵי בְּאֲתַר דְּבֵי מַקְדְּשָׁא לְתַתָּא.

וּנְסַר לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וְתַקִּין לַהּ כְּמָה דִּמְתַקְנִין לְכַלָּה וְאַעֲלָא לֵיהּ. הֲדָא הוּא דִכְתִיב וַיִּקַּח אַחַת מִצַּלְעוֹתָיו וַיִּסְגּוֹר בָּשָׂר תַּחְתֶּנָּה. וַיִּקַּח אַחַת דַּיְיקָא. בְּסִפְרֵי קַדְמָאִי אַשְׁכַּחְנָא (ויקרא יט ע''א) דָּא לִילִית קַדְמִיתָא דְּהֲוַת עִמֵּיהּ וְאִתְעַבְּרַת מִנֵּיהּ וְלָא הֲוַת לְקִיבְלֵיהּ עֵזֶר כְּמָה דִכְתִיב וּלְאָדָם לֹא מָצָא עֵזְרִ כְּנֶגְדוֹ. מַאי עֵזְרִ סֶמֶךְ. עַד הַהִיא שַׁעֲתָא דִּכְתִיב לֹא טוֹב היוֹת הָאָדָם לְבַדּוֹ אֶעֱשֶׂה לוֹ עֵזֶר כְּנֶגְדוֹ. תָּא חֲזֵי אָדָם בַּתְרָאָה דְּכֹלָּא הֲוָה. הָכִי אִתְחַזֵּי לְמֵיתֵי עַל עָלְמָא שְׁלִים.

תּוּ אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן כְּתִיב וְכֹּל שִׂיחַ הַשָּׂדֶה טֶרֶם יִהְיֶה בָאָרֶץ וְכָל עֵשֶׂב הַשָּׂדֶה טֶרֶם יִצְמָח כִּי לֹא הִמְטִיר יְיָ אֱלהִים עַל הָאָרֶץ וְגו'. וְכֹל שִׂיחַ הַשָּׂדֶה אִלֵּין
(Ⅰ)

*****

[35a]  
[...] les grands arbres qui ont été plantés plus tard, mais dont la forme a été dessinée déjà. C’est ainsi que s’expliquent les paroles de l’Écriture : « Il créa toutes les plantes des champs avant qu’elles fussent sorties de la terre », c’est-à-dire que la forme en a été dessinée.
Remarquez qu’Adam et Ève ont été, primitivement, créés attachés l’un à côté de l’autre. Pourquoi n’ont-ils pas été créés attachés face à face ? En raison des paroles de l’Écriture : « ... Car le Seigneur Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre. » L’union de l’homme, être supérieur à toutes les œuvres de la création, l’union de l’homme, disons- nous, avec sa femme, devait être modelée d’après la nature. Aussi, n’est-ce que quand l’union du ciel et de la terre a eu lieu pour la première fois, union qui se manifeste par la pluie, que l’union de l’homme avec sa femme eut lieu face à face. D’où savons-nous que les actes des supérieurs sont formés sur le modèle de ceux des inférieurs ? Nous le savons du Tabernacle, ainsi qu’il est écrit (Ex. , XL, 17) : «... Et le Tabernacle fut dressé » ; or, nous savons par une tradition que ces mots de l’Écriture désignent le Tabernacle céleste. Ainsi le Tabernacle céleste ne fut dressé qu’après celui de la terre. Il en était de même pour le mode d’union face contre face entre l’homme et sa femme, avant que Dieu ne fît pleuvoir sur la terre.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « ... Et il. n’y avait point d’homme » ; l’Écriture entend par-là, que tant qu’Éve n’était pas encore créée, l’homme était un être inachevé ; l’homme n’est devenu complet qu’après la création d’Ève. Ce mystère nous est déjà indiqué par ce fait que, dans tout le passage relatif à la création de la femme, la lettre « Samekh », qui signifie : « soutien », «aide», « secours », ne figure pas. Bien que les collègues aient dit que le mot « Ezer » (aide) signifie que la femme était créée pour servir d’aide à l’homme, elle n’est devenue « aide » qu’à partir du moment où l’union se fit face contre face. Tel est le sens des paroles de l’Écriture (Ps. , CXI, 8) : « Ils sont rapprochés l’un de l’autre pour toute l’éternité ; ils sont faits selon la vérité et selon l’équité. » Par le mot « rapprochés » l’Écriture désigne le mâle et la femelle dont le rapprochement en ce bas monde subsistera dans le monde supérieur en toute éternité. L’Écriture dit : «.. Car le Seigneur Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre » ; l’Écriture entend que l’union parfaite entre l’homme et la femme n’existait pas encore, parce que cette union ne s’était pas encore manifestée dans la nature. Et cette union parfaite consiste dans un saint rapprochement de face contre face. Aussi l’Écriture ajoute-t-elle immédiatement après (Gen. , II, 6) : « Et une nuée s’élevait de la terre qui en arrosait toute la surface. » C’est le désir qu’éprouve la femelle pour le mâle ; les nuées d’abord de la terre vers le ciel ; et, après avoir formé les nuages, c’est le ciel qui arrose la terre.
Remarquez qu’il en est de même des œuvres des hommes. D’abord, ce sont les hommes qui offrent des holocaustes ; et, après que la fumée est montée au ciel, celui-ci répand sur le monde d’en bas toutes les bénédictions. Si le « Synode d’Israël » ne commençait le premier à offrir des holocaustes, les bénédictions du ciel n’arriveraient jamais en ce bas monde.

Rabbi Abba dit : Il est écrit : «... Et l’arbre de Vie au milieu du Paradis, et l’arbre du Bien et du Mal... » Une tradition nous apprend que l’arbre de Vie a une hauteur de cinq cents ans de marche et que toutes les eaux de la création courent à son pied et se dirigent dans les différentes directions. L’arbre de Vie est planté exactement au milieu du Jardin, et c’est à son pied que les eaux prennent leurs différentes directions. Le fleuve céleste où s’abreuvent les Hayoth, ainsi qu’il est écrit (Ps. , CIV, 11) : «... S’abreuvent toutes les Hayoth », sort du monde supérieur, après avoir abreuvé les êtres supérieurs de ses eaux parfumées et cristallines, et se dirige vers l’arbre de Vie. Arrivées là, les eaux de ce fleuve se divisent en divers canaux, par lesquels elles descendent ici-bas.
L’Écriture ajoute : «... Et l’arbre du Bien et du Mal » Pourquoi l’Écriture parle-t-elle de cet arbre qui n’est pas planté au milieu du Jardin ? En outre, que signifie l’arbre du Bien et du Mal ? Cet arbre tire son essence des deux côtés ; et, tout en connaissant le mal, il n’hésite pas à se l’approprier. Et c’est précisément parce qu’il se nourrit du doux et de l’amer, tout en sachant les distinguer, c’est parce qu’il cherche de passer pour Bien pur, alors qu’il renferme un alliage du Mal, c’est enfin parce qu’il séduit de nombreuses plantes qui, le croyant Bien pur, le suivent, qu’il est appelé l’arbre du Bien et du Mal. Mais il y a d’autres plantes supérieures qui ne se laissent pas séduire par l’arbre du Bien et du Mal ; et celles-ci sont appelées les « cèdres du Liban ». Que signifient les paroles de l’Écriture (Ps. , CIV, 16) : « Les arbres de la campagne seront nourris avec abondance, aussi bien que les cèdres du Liban que Dieu a plantés » ? Ce sont les six jours célestes de la création, ainsi que nous l’avons expliqué précédemment. L’Écriture dit : «... Les cèdres du Liban que Dieu a plantés. » Le mot «plantés» indique que ces arbres sont de longue durée ; car, en effet, ils subsistent encore. A partir du moment où l’union d’Adam et d’Éve a cessé d’être côté contre côté, l’Écriture se sert de la lettre Samekh, ainsi qu’il est écrit : «... Et il mit de la chair à sa place. » Le Saint, béni soit-il, arracha l’homme de sa place et le transplanta [...]

אִילָנִין רַבְרְבִין לִנְטִיעוּ לְבָתַר וְהֲווּ זְהִירִין.

תָּא חֲזֵי, אָדָם וְחַוָּה דָּא בְּסִטְרָא דְדָא אִתְבְּרִיאוּ. מַאי טַעְמָא לָא אִתְבְּרִיאוּ אַנְפִּין בְּאַנְפִּין. בְּגִין דִּכְתִיב כִּי לא הִמְטִיר יְיָ אֱלהִים עַל הָאָרֶץ וְזִווּגָא לָא אִשְׁתְּכַח בְּתִקּוּנִיהּ כְּדְקָא יְאוּת. וְכַד אִתְתָּקָנוּ הַאי דִלְתַתָּא וְאִתְהַדָּרוּ אַנְפִּין בְּאַנְפִּין כְּדֵין אִשְׁתְּכַח לְעֵילָא.

מְנָלָן מִן הַמִּשְׁכָּן דִּכְתִיב, (שמות מ׳:י״ז) הוּקַם הַמִּשְׁכָּן בְּגִין דְּמִשְׁכָּן אָחֳרָא אִתָּקַם עִמֵּיהּ. וְעַד לָא אִתָּקַם לְתַתָּא לָא אִתָּקַם לְעֵילָא. אוּף הָכָא כַּד אִתְתָּקַם לְתַתָּא אִתְתָּקַם לְעֵילָא. וּבְגִין דְּעַד כְּעָן לָא אִתְתָּקַן לְעֵילָא לָא אִתְבְּרִיאוּ אַנְפִּין בְּאַנְפִּין. וּקְרָא אוֹכַח דִּכְתִיב כִּי לא הִמְטִיר יְיָ אֱלהִים עַל הָאָרֶץ. וּבְגִינֵי כָךְ וְאָדָם אַיִן דְּלָא הֲוָה בְּתִקּוּנֵיהּ.

וְכַד אִשְׁתַּלִּימַת חַוָּה אִשְׁתְּלִים אָדָם. וְקֹדֶם לָכֵן לָא אִשְׁתְּלִים. וְרָזָא דָּא דְּעַד כְּעָן לָא אִית אָתְ סָמֶךְ בְּפַרְשָׁתָא. וְאַף עַל גַּב דְּחַבְרַיָיא אָמְרוּ. אֲבָל סָמֶךְ דָּא עֵזֶר. וְדָא עֵזְרִ דִּלְעֵילָא דְּאִתְהַדַּר לְעֵילָא אַנְפִּין בְּאַנְפִּין דְּכַר וְנוּקְבָא. אִסְתַּמַּךְ דָּא לָקֳבֵל דָּא וַדַּאי. (תהילים קי״א:ח׳) סְמוּכִים לָעַד לְעוֹלָם עֲשׂוּיִים בֶּאֱמֶת וְיָשָׁר. סְמוּכִים, דָּא דְכַר וְנוּקְבָא דְּאִנּוּן סְמוּכִים כְּחֲדָא (נ''א דאנון סמוכים עולם תתאה בעולם עלאה דעד לא אתתקן עולם תתאה לא אתתקן ההוא עולם דקאמרן) (האי עולם דקא אמרן תליא בעולם דלתתא וכד לא אתתקן עולם דלתתא לא אתתקן ההוא עולם דקא אמרן).

כִּי לא הִמְטִיר יְיָ אֱלהִים עַל הָאָרֶץ. דְּהָא דָּא בְּדָא סָמִיךְ. עוֹלָם דָּא תַּתָּאָה כַּד אִתְתַּקַּן וְאִתְהַדְּרוּ אַנְפִּין בְּאַנְפִּין וְאִתְתָּקָנוּ אִשְׁתְּכַח סָמֶךְ לְעֵילָא. דְּהָא מִקַּדְמַת דְּנָא לָא הֲוָה עוֹבָדָא בְּתִקּוּנָא (נ''א עולם בתיקוניה) בְּגִין דְּלָא הִמְטִיר יְיָ אֱלהִים עַל הָאָרֶץ וְדָא בְּדָא תַּלְיָיא.

מַה כְּתִיב בַּתְרֵיהּ וְאֵד יַעֲלֶה מִן הָאָרֶץ דָּא תִּקּוּנָא דִּלְתַתָּא לְבָתַר וְהִשְׁקָה אֶת כָּל פְּנֵי הָאֲדָמָה. וְאֵד יַעֲלֶה מִן הָאָרֶץ דָּא תִּיאוּבְתָּא דְנוּקְבָא לְגַבֵּי דְכוּרָא. דָּבָר אַחֵר מַאי טַעְמָא לֹא הִמְטִיר בְּגִין דְּלָא אִשְׁתְּכַח תִּקּוּנָא דְּיַעֲלֶה מִן הָאָרֶץ. וְעַל דָּא מִן אַרְעָא תַּתָּאָה אִתְעַר עוֹבָדָא לְעֵילָא.

תָּא חֲזֵי, תְּנָנָא סָלִיק מִן אַרְעָא בְּקַדְמִיתָא. וְעֲנָנָא אִתְעַר. וְכֹלָּא אִתְחַבַּר לְבָתַר דָּא בְּדָא. כְּגַוְונָא דָא תְּנָנָא דְקָרְבָּנָא אִתְעַר מִתַּתָּא וְעֲבִיד שְׁלִימוּ לְעֵילָא וְאִתְחַבַּר כֹּלָּא דָא בְּדָא וְאִשְׁתַּלִּימוּ כְּגַוְונָא דָא לְעֵילָא. אִתְעֲרוּתָא שָׁרֵי מִתַּתָּא וּלְבָתַר אִשְׁתְּלִים כֹּלָּא. וְאִלְמָלֵא דִכְנֶסֶת יִשְׂרָאֵל שַׁרְיָא בְּאִתְעֲרוּתָא בְּקַדְמִיתָא, לָא אִתְעַר לְקִבְלָהּ הַהוּא דִלְעֵילָא. וּבְתִיאוּבְתָּא דִלְתַתָּא אִשְׁתְּלִים לְעֵילָא.

רַבִּי אַבָּא אָמַר אַמַּאי כְּתִיב וְעֵץ הַחַיִּים בְּתוֹךְ הַגָּן וְעֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע. עֵץ הַחַיִּים הָא תָּנִינָן דְּמַהֲלַךְ חֲמֵשׁ מֵאָה שְׁנִין הֲוָה. וְכָל מֵימוֹי דִּבְרֵאשִׁית מִתְפַּלְגִין תְּחוֹתוֹי. עֵץ הַחַיִּים בִּמְצִיעוּת דְּגִנְתָּא מַמָּשׁ וְהוּא נָטִיל כָּל מֵימוֹי דְּבְרֵאשִׁית וּמִתְפַּלְּגִין תְּחוֹתוֹי.

דְּהָא הַהוּא נָהָר דְּנָגִיד וְנָפִיק הוּא שַׁרְיָא עַל הַהוּא גִנְתָּא וְעֲיִּיל בֵּיהּ וּמִתַּמָן מִתְפַּלְּגִין מַיָא לְכַמָּה סִטְרִין. וְנָטִיל כֹּלָא הַהִיא גִּנְתָּא. וּלְבָתַר נָפְקֵי מִינָּהּ וּמִתְפַּלְּגִין לְכַמָּה נַחֲלִין לְתַתָּא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (תהילים ק״ד:י״א) יַשְׁקוּ כָּל חַיְתוֹ שָׂדָי. כְּמָה דְּנָפְקִין מֵהַהוּא עָלְמָא עִלָּאָה וְאַשְׁקֵי לְאִנּוּן טוּרִין עִלָּאִין דְּאֲפַרְסְמוֹנָא דַּכְיָא. לְבָתַר כַּד מָטָאן לְעֵץ הַחַיִּים מִתְפַּלְּגִין תְּחוֹתוֹי בְּכָל סְטַר כְּפוּם אָרְחוֹי.

וְעֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרַע אַמַּאי אִקְרֵי הָכִי. דְּהָא עֵץ דָּא לָאו אִיהוּ בְּאֶמְצָעִיתָא. אֲבָל עֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע מַאי הוּא. אֶלָּא בְּגִין דְּיָנְקָא מִתְּרֵין סִטְרִין וְיָדַע לוֹן כְּמָאן דְּיָנִיק מִתְקָא וּמְרִירָא. וּבְגִין דְּיָנְקָא מִתְּרֵין סִטְרִין וְיָדַע לוֹן וְשַׁרְיָא בְּגַוַויְיהוּ אִקְרֵי הָכִי טוֹב וָרָע. וְכָל אִנּוּן נְטִיעִין שָׁרְיָין עֲלַיְיהוּ.

וּבֵיהּ אֲחִידָן נְטִיעִין אָחֳרָנִין עִלָּאִין וְאִנּוּן אִקְרוּן אַרְזֵי לְבָנוֹן. מָאן אִנּוּן (לעיל לא א) אַרְזֵי לְבָנוֹן. אִנּוּן שִׁית יוֹמִין עִלָּאִין שֵׁשֶׁת יְמֵי בְרֵאשִׁית דְּקָאֲמָרָן. אַרְזֵי לְבָנוֹן אֲשֶׁר נָטָע. נְטִיעוֹת וַדַּאי דְּאִתְקַיְימוּ לְבָתָר. מִכָּאן וּלְהָלְאָה סָמֶךְ מַאי הִיא וַיִּסְגּוֹר בָּשָׂר תַּחְתֶּנָּה. בְּסִטְרוֹי הֲוָה. וְהֲוָה דָא בְּסִטְרוֹי דְדָא. וַדַּאי עֲקָרָן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וְשָׁתִיל
(Ⅰ)

*****

[35b]  
[...] ailleurs, où, au lieu d’être à son côté, Ève se trouvait en face de lui. Ainsi, les deux êtres qui constituent la base du monde ont été arrachés de leur place primitive et transplantés (42), pour atteindre à la perfection.
Rabbi Abba dit en outre : D’où savons-nous qu’Adam et Ève avaient été plantés ? Nous le savons parce qu’il est écrit (Is. , LX, 21) : « Les rejetons que j’ai plantés, les ouvrages que ma main a faits pour me rendre gloire... » L’Écriture dit : « Les ouvrages que ma main a faits... », parce que l’homme a été créé de façon à ne pas être confondu avec les autres créatures. Et ailleurs il est écrit (Is. , XVII, 11) : « Le jour que vous aurez planté, votre semence ne produira que des fruits sauvages » ; ces paroles désignent l’homme qui a commis des péchés le jour même où il fut créé. Nous savons par une tradition que les plantes ressemblaient primitivement aux antennes des sauterelles, tant la couleur en était indéterminée. Ce n’est qu’après avoir été plantées, qu’elles furent perfectionnées en prenant des nuances déterminées ; c’est alors qu’elles furent appelées « cèdres du Liban ». Il en était de même d’Adam et d’Ève. Tant qu’ils n’étaient pas plantés, ils n’avaient ni couleur ni odeur ; et ce n’est qu’après avoir été plantés qu’ils arrivèrent à la perfection.
Il est écrit (Gen. , II, 16) : « Et Jéhovah Élohim fit ce commandement à l’homme et lui dit : Mangez de tous les arbres du Jardin ; mais ne mangez point de l’arbre du Bien et du Mal. Car en même temps que vous en mangerez-vous mourrez. » La tradition nous apprend que le mot «commandement» (tzav) désigne l’idolâtrie, «Jéhovah » désigne le blasphème, « Élohim » désigne le déni de justice, « à l’homme » désigne le meurtre, « et lui dit» désigne l’inceste, « de tous les arbres du Jardin » désigne le vol, « mangez » désigne la chair coupée de l’animal pendant qu’il est encore en vie. Or, en disant à l’homme : « Mangez de tous les arbres du Jardin », Dieu indiqua à l’homme qu’alors même aurait commis tous les péchés mentionnés, il ne devrait pas désespérer de retrouver le salut, attendu que nous voyons qu’Abraham en a mangé, qu’Isaac, Jacob et tous les prophètes en ont mangé, et pourtant n’en sont point morts. Mais il lui a dit en même temps de se garder de l’arbre de la Mort, ainsi qu’il est écrit : «... Mais ne mangez point de l’arbre du Bien et du Mal», attendu que quiconque en goûte seulement, se sépare de la vie, parce qu’il vient de goûter du poison. C’est pourquoi Dieu a ajouté : « ... Car en même temps que vous en mangerez-vous mourrez » ; car, quiconque mange de cet arbre, cause des ravages parmi les plantes. Rabbi Yehouda demanda à Rabbi Siméon : Que signifient les paroles de la tradition (43), d’après lesquelles Adam protrahebat virgam virilem suam, sive cutem quae supra glandem est ?
Rabbi Siméon lui répondit : C’est parce, qu’Adam s’était séparé de l’Alliance sacrée, que la tradition dit de lui : « Protrahebat virgam virilem suam » ; comme il avait abandonné le salut de l’Alliance et s’était attaché aux pratiques charnelles, il fut séduit par la parole du serpent.
Il est écrit (Gen. , III, 3) : « ... Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du Jardin, Dieu nous a commandé de n’en point manger. » Le «fruit de l’arbre» désigne la femme. Dieu a ordonné de n’en point manger, en raison des paroles de l’Écriture : « Ses pieds descendent dans la mort ; ses pas s’enfoncent jusqu’aux enfers. » C’est un fruit salutaire lorsqu’il est cueilli à un arbre, et mortel lorsqu’il est cueilli à un autre arbre ; or, le fruit dont parlait Ève était précisément le fruit de l’arbre de la Mort, ainsi que nous l’avons dit précédemment ; et c’est d’un tel genre de fruit que l’Écriture dit (Prov. , V, 5) : « Ses pieds descendent dans la mort. » Il est écrit (Gen. , III, 1) : « Et le serpent était le plus fin de tous les animaux que Jéhovah Élohim avait formés sur la terre. »
Rabbi Yossé dit : L’arbre dont il est question a été nourri des lumières célestes (44) ; c’est de là qu’il a acquis une telle puissance et un tel charme, ainsi qu’il est écrit : « Et un fleuve sort de l’Éden pour arroser le Jardin. » « Le Jardin » désigne la femme. Avant le péché, ce fleuve pénétrait dans la femme et l’arrosait de ses eaux (45). Quand les hommes sont à ce degré de sainteté, l’unité est parfaite ; c’est d’une pareille unité que l’Écriture (Zac. , XIV, 9) dit : « Jéhovah est un et son nom est un. » Mais, au-dessous de ce degré, la division commence ;
C’est pourquoi L’Écriture ajoute : « ... Et de là ce fleuve se divise. »
Rabbi Isaac dit : Le « serpent » dont parle l’Écriture désigne l’Esprit tentateur.
Rabbi Yehouda dit : Il désigne le « serpent » lui-même. Ils se rendirent auprès de Rabbi Siméon, pour lui demander laquelle des deux interprétations était la plus exacte. Celui-ci leur répondit : Les deux interprétations reviennent au même ; Samaël était apparu sur un « serpent » ; et, quand il apparaît sous cette forme, il est appelé « Satan » ; mais toutes ces dénominations désignent le même Esprit du Mal. Nous savons par une tradition qu’au moment où il avait séduit Ève, Samaël descendit du ciel monté sur le dos du serpent ; toutes les créatures s’enfuirent à la vue de cette figure. Alors il vint auprès de la femme, et amena la mort dans le monde par sa parole. En vérité, c’est en se servant de la « Sagesse » (46) (Hocmâ) que Samaël a porté la malédiction dans le monde et détruit l’arbre primitif que le Saint, béni soit-il, créa dans le monde. Aussi, le Verbe était-il sur Samaël jusqu’à l’arrivée de l’autre arbre sacré, qui était Jacob ; celui-ci s’empare également par la « Sagesse » des bénédictions paternelles, pour que Samaël ne fût béni en haut, ni Esaü en bas. Car Jacob était préfiguré par le premier homme. Ainsi, de même que Samaël s’efforçait de priver le monde des bénédictions du premier arbre, de même Jacob s’était efforcé de priver Samaël des bénédictions célestes et des bénédictions d’ici-bas, qui émanent de l’arbre ayant la forme d’un homme.
C’est pourquoi l’Écriture dit (Gen. , XXXII, 24) : « Et il parut en même temps un homme qui lutta contre lui. » Il est écrit : « Et le serpent était le plus fin de tous les animaux » ; ces paroles désignent l’Esprit tentateur, l’Ange de la mort ; et c’est parce que celui-ci est appelé l’Ange de la mort qu’il a porté la mort dans le monde. Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Gen. , VI, 13) : «. La fin de toute chair est résolue », c’est-à-dire : l’Ange de la mort ayant tué toutes les âmes, il n’est resté au monde que de la chair ; c’est pourquoi Dieu a dit : « La fin de toute chair est résolue. » (47) Il est écrit (Gen. , III, 1) : «... Et il dit à la femme : Est-ce qu’aussi (aph), des autres arbres du Jardin, Élohim vous a défendu de manger » ?
Rabbi Yossé dit : Le serpent a commencé son discours par « aph » (est-ce qu’aussi), et il jeta « aph », la colère divine dans le monde (48). Il dit [...]

לוֹן בְּאֲתַר אָחֳרָא וְאִתְהַדְּרוּ אַנְפִּין בְּאַנְפִּין לְקִיּוּמָא. כְּגַוְונָא דָא סְמִיכָן עָלְמִין. עֲקָרָן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וְשָׁתִיל לוֹן בְּאֲתַר אָחֳרָא וְאִתְקַיְּימוּ בְּקִיּוּמָא שְׁלִים.

וְאָמַר רַבִּי אַבָּא מְנָלָן דְּאָדָם וְחַוָּה נְטִיעִין הֲווּ. דִּכְתִיב, (ישעיהו ס׳:כ״א) נֵצֶר מַטָעַי מַעֲשֵׂה יָדַי לְהִתְפָּאֵר. מַעֲשֵׂה יָדַי דַּיְיקָא. דְּלָא אִשְׁתַּדְּלוּ בְּהוֹן בִּרְיָין אָחֳרָנִין. וּכְתִיב, (ישעיהו י״ז:י״א) בְּיוֹם נִטְעֵךְ תְּשַׂגְשֵׂגִי דִּבְהַהוּא יוֹמָא דְּאִתְנְטָעוּ בְּעָלְמָא סָרְחוּ. תְּנַן הַנְּטִיעוֹת כְּקַרְנֵי חֲגָבִים הֲווּ וּנְהוֹרָא דִּלְהוֹן דַּקִּיק וְלָא הֲווּ נָהֲרִין. כֵּיוָן דְּאִתְנְטָעוּ וְאִתְתַּקְּנוּ. אִתְרַבִּיאוּ בִּנְהוֹרָא וְאִקְרוּן אַרְזֵי לְבָנוֹן. וְאָדָם וְחַוָּה עַד דְּאִתְנְטָעוּ לָא אִתְרַבִּיאוּ בִּנְהוֹרָא וְלָא סְלִיקוּ רֵיחָא וַדַּאי. אִתְעַקָּרוּ וְאִשְׁתִּילוּ וְאִתְתָּקָנוּ כְּדְקָא יָאוֹת:

וַיְצַו יְיָ אֱלֹהִים. הָא תָּנִינָן לֵית צַו אֶלָּא עֲבוֹדָה זָרָה. יְיָ זוֹ בִּרְכַּת הַשֵּׁם. אֱלֹהִים אֵלּוּ הַדַּיָּינִין. עַל הָאָדָם זוֹ שְׁפִיכֻת דָּמִים. לֵאמֹר זוֹ גִּלּוּי עֲרָיוֹת. מִכָּל עֵץ הַגָּן וְלֹא גֶּזֶל. אָכֹל תֹּאכֵל וְלא אֵבָר מִן הַחַי וְשַׁפִּיר.

מִכָּל עֵץ הַגָּן אָכֹל תֹּאכֵל. דְּשַׁרְיָא לֵיהּ כֹּלָּא דְּלֵיכְלִינְהוּ בְּיִחוּדָא. דְהָא חֲזִינָן אַבְרָהָם אָכַל, יִצְחָק וְיַעֲקֹב וְכָל נְּבִיאִים אֲכָלוּ וְחָיוּ. אֲבָל אִילָנָא דָּא אִילָנָא דְמוֹתָא אִיהוּ (כמה דכתיב ומעץ הדעת טוב ורע לא תאכל ממנו) מָאן דְּנָטִיל לֵיהּ בִּלְחוֹדוֹי מַיֵית. דְּהָא סַמָּא דְמוֹתָא נָטִיל (בגין דאיהו מפריש ליה מן חיין). וְעַל דָּא כִּי בְיוֹם אֲכָלְךָ מִמֶנּוּ מוֹת תָּמוּת בְּגִין דְּקָא פָּרִישׁ נְטִיעִין.

רַבִּי יְהוּדָה שַׁאִיל לְרַבִּי שִׁמְעוֹן, הָא דִּתְנִינָן אָדָם הָרִאשׁוֹן מוֹשֵׁךְ בְּעָרְלָתוֹ הֲוָה, מַאי הוּא. אָמַר לֵיהּ דְּפָּרִישׁ בְּרִית קֹדֶשׁ מֵאַתְרֵיהּ וּמֵחוּלָקֵיהּ. וַדַּאי מוֹשֵׁךְ בָּעָרְלָה הֲוָה. וְשָׁבַק בְּרִית קֹדֶשׁ וְדָבַק בָּעָרְלָה וְאִתְפַּתֶּה בְּמִלָּה דְנָחָשׁ. וּמִפְּרִי הָעֵץ דָּא אִתְּתָא. לֹא תֹאכַל מִמֶּנּוּ בְּגִין דִּכְתִיב, (משלי ה׳:ה׳) רַגְלֶיהָ יוֹרְדוֹת מָוְת שְׁאוֹל צְעָדֶיהָ יִתְמוֹכוּ. וּבְהַאי הֲוֵי פְּרִי, דְּהָא בְּאָחֳרָא לָא הֲוֵי פְּרִי. כִּי בְּיוֹם אֲכָלְךָ מִמֶּנּוּ מוֹת תָּמוּת. בְּגִין דָּא אִילָנָא דְמוֹתָא הֲוֵי כִּדְקָאֲמָרָן. דִּכְתִיב רַגְלֶיהָ יוֹרְדוֹת מָוֶת: (והנחש היה ערום מכל חית השדה) רַבִּי יוֹסֵי אָמַר הַאי אִילָנָא דְקָא אֲמָרָן הֲוָה מִתְשָׁקֵי מִלְּעֵילָא וְאִתְרַבֵּי וְהֲוָה חָדֵי כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר וְנָהָר יוֹצֵא מֵעֵדֶן לְהַשְׁקוֹת אֶת הַגָּן. הַגָּן דָּא אִתְּתָא. וְנָהָר דָּא הֲוָה עָיִיל בֵּיהּ וְאַשְׁקֵי לֵיהּ וְהֲוָה כֹּלָּא חָד (וכדין יי אחד ושמו אחד). דְּהָא מִתַּמָּן וּלְתַתָּא אִיהוּ פִּירוּדָא דִּכְתִיב וּמִשָּׁם יִפָּרֵד.

וְהַנָּחָשׁ. רַבִּי יִצְחָק אָמַר דָּא יֵצֶר הָרָע. רַבִּי יְהוּדָה אָמַר נָחָשׁ מַמָּשׁ. אָתוּ לְקַמֵּיהּ דְרַבִּי שִׁמְעוֹן. אָמַר לוֹן וַדַּאי כֹּלָּא חַד. וְסמא''ל הֲוָה וְאִתְחַזֵּי עַל נָחָשׁ וְצוּלְמֵיהּ. דְּנָחָשׁ דָּא אִיהוּ שָׂטָן וְכֹלָּא חַד.

תָּנִינָא בְּהַהִיא שַׁעֲתָא נָחַת סמא''ל מִן שְׁמַיָא רָכִיב עַל נָחָשׁ דָּא וְצוּלְמֵיהּ הֲווּ חָמָאן כָּל בִּרְיָין וְעָרְקָן מִנֵּיהּ. וּמְטוֹ לְגַבֵּי אִתְּתָא בְּמִלִּין וּגְרִימוּ מוֹתָא לְעָלְמָא. וַדַּאי בְּחָכְמָה אַיְיתֵי סמא''ל לְוָוטִין עַל עָלְמָא וְחִבֵּל אִילָנָא קַדְמָאָה דְּבָרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּעָלְמָא. וּמִלָּה דָא הֲוֵי תָּלֵי עַל סמא''ל עַד דְּאֲתָא אִילָנָא אָחֳרָא קַדִּישָׁא דְּאִיהוּ יַעֲקֹב וּנְטַל מִנֵּיהּ בִּרְכָאן דְּלָא יִתְבָּרֵךְ סמא''ל לְעֵילָא וְעֵשָׂו לְתַתָּא. דְּהָא יַעֲקֹב דּוּגְמָא דְּאָדָם הָרִאשׁוֹן הֲוָה (ושופריה) דְּיַעֲקֹב שׁוּפְרֵיהּ דְּאָדָם הָרִאשׁוֹן הֲוָה. וְעַל דָּא כְּמָה דְּמָנַע סמא''ל בִּרְכָאן מֵאִילָנָא קַדְמָאָה. הָכִי נָמֵי מָנַע יַעֲקֹב דְּאִיהוּ אִילָנָא דּוּגְמָא דְאָדָם מִסמא''ל בִּרְכָאן מִלְּעֵילָא וּמִתַּתָּא. וְיַעֲקֹב דִּידֵיהּ נָטִיל בְּכֹלָּא. וְעַל דָּא (בראשית ל״ב:כ״ה) וַיֵּאָבֶק אִישׁ עִמּוֹ.

כְּתִיב וְהַנָּחָשׁ הָיָה עָרוּם דָּא יֵצֶר הָרָע דָּא מַלְאַךְ הַמָּוֶת. וּבְגִין דְּנָחָשׁ אִיהוּ מַלְאַךְ הַמָּוֶת גְּרַם מוֹתָא לְכָל עָלְמָא. וְדָא הוּא רָזָא דִּכְתִיב, (בראשית ו׳:י״ג) קֵץ כָּל בָּשָׂר בָּא לְפָנַי. דָּא הוּא קִצָּא דְּכָל בִּשְׂרָא דְּנָטִיל נִשְׁמְתָא לְכָל בִּשְׂרָא וְאִקְרֵי הָכִי.

השלמה מההשמטות (סימן ל''ד)

נִשְׁמַת הַזָכָר, מִן הַזָכָר. וְנִשְׁמַת הַנְקֵבָה, מִן הַנְקֵבָה. וְהַיְינוּ דְּקָא אֲזִיל נָחָשׁ בַּתְרָה דְחַוָּה. אָמַר, הוֹאִיל וְנִשְׁמָתָה מִן הַצָּפוֹן אֲסִיתֵנָה מְהֵרָה. וּמָאי הַסָתָה הֲוָה, מִשׁוּם דְּבָּא עָלֵיהּ. שָׁאֲלוּ תַּלְמִידוֹי, עוֹבָדָא הֵיכִי הֲוָה. אָמַר לָהֶם, סמ''אל הָרָשָׁע קַשָׁר עִם כָּל צְבָאוֹת מַעְלָה עַל רַבּוֹ. מִשׁוּם דְּאָמַר קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, וּרְדוּ בִּדְגַת הַיָּם וּבְעוֹף הַשָּׁמַיִם. אָמַר, הֵיאָךְ אוּכַל לְהַחְטִיאוֹ וּלְגָרְשׁוֹ מִלְפָנָיו. יָרַד עִם כָּל חַיָּילוֹתָיו וּבִיקֵשׁ לוֹ בָּאָרֶץ חָבֵר כְּמוֹתוֹ וּמַנוּ נָחָשׁ, וְהָיָה לוֹ דְּמוּת גָמָל. רָכָב עָלָיו וּבָא לוֹ אֵצֶל הַאִשָׁה. אָמַר לָהּ, אַף כִּי אָמַר אֱלֹהִים לא תֹאכְלוּ מִכָּל עֵץ הַגָּן. אָמַר אֲבָקֵשׁ יוֹתֵר וְאוֹסִיף, כְּדֵי שֶׁתִגְרָע הִיא. אָמְרָה, לֹא מֵנַעֲנוּ אֶלָּא מֵעֵץ הַדַּעַת אֲשֶׁר בְּתוֹךְ הַגָּן אָמַר אֱלֹהִים לֹא תֹאכְלוּ מִמֶּנּוּ וְלֹא תִּגְעוּ בּוֹ פֶּן תְּמוּתוּן. וְהוֹסִיפָה ב' דְּבָרִים, אָמְרָה מִפְּרִי הָעֵץ אֲשֶׁר בְּתוֹךְ הַגָּן אָמַר אֱלהִים לא תֹאכְלוּ, וְלֹא נֶאֱמַר לָהּ אֶלָּא מֵעֵץ הַדַּעַת. וְאָמְרָה, לא תִּגְעוּ פֶּן תְּמוּתוּן.

מָה עָשָׂה סמ''אל הָרָשָׁע הָלַךְ וְנָגַע בְּאִילָן וַהֲוָה הַאִילָן צוִֹוִחַ וְאֹמֵר (תהילים ל״ו:י״ב) אַל תְּבוֹאֵנִי רֶגֶל גָאַוָה וְיָד רְשָׁעִים אַל תְּנִידֵנִי, אַל תִּגַּע בִּי. שֶׁנֶּאֱמַר וְיָד רְשָׁעִים אַל תְּנִידֵנִי. הָלַךְ וְאָמַר לְאִשָׁה, הֲרֵי נָגַעְתִּי בְּאִילָן וְלָא מָתִּי, אַף אַתְּ תִּגְעִי בְּאִילָן וְלֹא תָּמוּתִי. הֲלְכָה הַאִשָׁה וְנָגְעָה בְּאִילָן וְרָאֲתָה מַלְאַךְ הַמָּוֶת בָּא כְּנֶגְדָה, אָמְרָה אוּלַי עַכְשָׁיו אֲנִי מֵתָה, וְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עוֹשֶׂה לוֹ אִשָּׁה אַחֶרֶת וְנוֹתְנָה לְאָדָם הַרֵינִי גוֹרֶמֶת לוֹ שֶׁיֹאכַל עִמִי אִם נָמוּת, נָמוּת שְׁנֵינוּ. וְאִם נִחְיֶּה, נִחְיֶּה שְׁנִינוּ. וְלַקְחָה מִפִּרְיוֹ וְנָתְּנָה גַּם לְבַעְלָה, נִתְפָּקְחוּ עֵינֵי שְׁנֵיהֶם וְקָהוּ שִׁנָּיו. אָמַר לָהּ מַהוּ זֶה שְׁהֶאֵכַלְתָּנִי שֶׁקָהוּ שִׁינָי, כָּךְ קָהוּ שִׁינֵי כָּל הַבְּרִיוֹת. יָשָׁב לוֹ בְּדִין אֱמֶת שֶׁנֶּאֱמַר (תהילים ט׳:ה׳) יָשַׁבְתָּ לְכִּסֵא שׁוֹפֵט צֶדֶק. קָרָא לְאָדָם וְאָמַר לוֹ, לָמָה בָּרַחְתָּ מִפָּנָי. אָמַר לוֹ, אֶת קוֹלֶךָ שָׁמָעְתִּי בַּגָּן וְרָעַדוּ עַצְמוֹתָי וָאִירָא כִּי עֵירוֹם אָנֹכִי וָאֵחָבֵא. כִּי עֵירוֹם אָנֹכִי, מִפֹּעֲלִי. כִּי עֵירוֹם אָנֹכִי, מִצִווּיִּי. כִּי עֵירוֹם אָנֹכִי, מִמַעֲשָׂי וָאֵחָבֵא.

מָה הָיָה לְבוּשׁוֹ שֶׁל אָדָם עוֹר שֶׁל צִפּוֹרֶן, וְהִפְשִׁיטוֹ מֵעָלָיו. רָאָה עַצְמוֹ עֵרוֹם, שֶׁנְּאֱמַר מִי הִגִּיד לְךָ כִּי עֵירוֹם אַתָּה. אָמַר אָדָם לִפְנִי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, כְּשֶׁהָיִיתִי לְבַדִּי שֶׁמָּא חֲטָאתִי לְךָ, אֶלָּא הַאִשָׁה שֶׁהֵבֶאתָּ לִּי הִיא הֵדִיחָה אוֹתִי מִדְּבָרֶיךָ. שֶׁנֶּאֱמַר הַאִשָׁה אֲשֶׁר נָתַתָּ עִמָּדִי הִיא נָתְּנָה לִּי מִן הָעֵץ. אָמַר לָהּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, לא דָּיֵּיךְ שֶׁחַטָּאת אֶלָּא שֶׁהֶחֶטֵאת לְאָדָם. אָמְרָה לְפָנָיו רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, הַנָּחָשׁ הִשִׁיאַנִי לַחֲטוֹא לְפָנֶיךָ. הֵבִיא שְׁלָשְׁתָּן וְגָזַר עֲלֵיהֶן גְּזֵרוֹת דִּין ט' קְלַלוֹת וּמָוֶת וְהִפִּיל סמ''אל וְאֶת הַכַּת שֶׁלּוֹ מִמָקוֹם קְדוּשָׁתָן מִן הַשָׁמַיִם, וְקִצֵץ רַגְלָיו שֶׁל נָּחָשׁ וְאִירְרוֹ מִכֹּל חַיָּה וּמִכָּל בְּהֵמָה וּפָקַּד עָלָיו שֶׁיִּהְיֶה מָפְשִׁיט אֶת עוֹרוֹ אַחַר שְׁבַע שָׁנִים. ע''כ: (עד כאן מההשמטות)

וַיֹּאמֶר אֶל הָאִשָּׁה אַף. רַבִּי יוֹסֵי אָמַר. בְּאַף פָּתַח וְאַף אַטִּיל בְּעָלְמָא. אָמַר לָהּ
(Ⅰ)

*****

[36a]  
[...] à la femme : C’est à l’aide de cet arbre que le Saint, béni soit-il, créa le monde ; mangez en également, et vous serez semblables à Élohim, connaissant le Bien et le Mal. Le nom Élohim n’est-il pas donné à Dieu en raison de l’arbre du Bien et du Mal ? Aussi en mangeant de cet arbre et en connaissant le Bien et le Mal, vous serez semblables à Élohim.
Rabbi Yehouda dit : Ce n’est pas ainsi que le serpent parlait ; car s’il avait dit que c’était par cet arbre que le Saint, béni soit-il, avait créé le monde, il aurait parlé correctement ; car, alors, l’arbre n’aurait servi à Dieu que comme instrument, telle une cognée entre les mains d’uin artisan. Mais en réalité, le serpent avait dit à Éve : Le Saint, béni soit-il, a mangé de cet arbre, et c’est ainsi seulement qu’il a pu créer le monde. Or, un artisan en valant un autre, mangez également de cet arbre, et vous saurez créer des mondes. Et comme Élohim sait qu au jour on vous en mangerez-vous lui serez égaux, c’est pourquoi il vous l’a défendu.
Rabbi Isaac dit : Toutes les paroles du serpent étaient mensongères. D’abord, il avait dit : « Est-ce qu’aussi, des autres arbres du Jardin, Élohim vous a défendu de manger ? » Or, il savait bien que Dieu avait dit à l’homme : « Mangez de tous les arbres du Jardin. »
Rabbi Yossé dit : La tradition nous apprend que le Saint, béni soit-il, avait prescrit à Adam les lois relatives à l’idolâtrie, désignée par le mot « commandement », au blasphème désigné par le mot « Jéhovah », au déni de justice désigné par le mot « Élohim », au meurtre désigné par le mot « à l’homme », à l’inceste désigné par le mot « et lui dit ». Or, y avait-il donc tant d’hommes au monde pour que Dieu ait eu besoin de faire ces ordonnances à Adam ? Mais, en vérité, toutes ces défenses sont impliquées dans l’arbre du Bien et du Mal ; car cet arbre concentre en lui tous ces commandements ; quiconque en mange se rend coupable de tous les préceptes négatifs et s’unit ainsi aux légions que cet arbre nourrit ici-bas. Quiconque en mange se rend coupable d’idolâtrie, de meurtre et d’inceste : Il se rend coupable d’idolâtrie, parce qu’il nie la supériorité du Maître qui est au-dessus de cet arbre ; il se rend coupable de meurtre., parce qu’il abrège la vie de tous ces êtres qui sont suspendus à cet arbre, placé du côté de la (Séphirâ) Gueboura, sous la domination de Samaël ; il commet enfin l’inceste, parce que cet arbre est le principe femelle, et c’est pour cette raison qu’il est appelé « femme ». On sait que, d’après la loi, il est défendu de rester avec une femme seule, sans la présence de son mari, pour ne pas être soupçonné d’adultère ; or, quiconque mange de cet arbre, se rend coupable d’un péché semblable. C’est pourquoi la tradition dit que Dieu a fait à Adam tous ces commandements, attendu qu’en lui défendant l’arbre du Bien et du Mal, il l’a préservé de tous les crimes et de tous les péchés que cet arbre renferme.
Rabbi Yehouda dit : En effet, quiconque mange de cet arbre transgresse la défense de rester avec une femme seule, sans la présence de son mari. Comment s’y prit cet impie, c’est-à-dire le serpent ? Il dit à Éve : « J’ai touché moi-même à cet arbre et n’en suis point mort ; approche-t-en également et touche-le de ta main ; tu ne mourras point. » Cette invitation de toucher à l’arbre a été ajoutée par lui-même (49), puisque Dieu n’avait jamais défendu de toucher l’arbre, mais seulement d’en manger. Aussitôt après, L’Écriture ajoute : «... Et la femme vit que cet arbre était bon à manger. » Comment le vit elle, ?
Rabbi Isaac dit : Cet arbre répandait des odeurs agréables, ainsi qu’il est écrit (Gen. , XXVII, 27) : « L’odeur qui sort de mon fils est semblable à celle d’un champ que le Seigneur a comblé de ses bénédictions» ; et c’est en raison de cette odeur agréable qu’Ève fut tentée d’en manger.
Rabbi Yossé dit : Ève vit que l’arbre était bon, parce que cet arbre possède le don de dessiller les yeux de quiconque en approche. Rabbi Yehouda lui objecta : Il est écrit pourtant : « Et leurs yeux furent ouverts à tous les deux. » Donc ce n’est qu’après avoir mangé de l’arbre que leurs yeux furent ouverts !
Rabbi Yossé lui répondit : L’approche de cet arbre ne dessille les yeux que pour les choses concernant cet arbre même.
C’est pourquoi l’Écriture dit : «... Et la femme vit que cet arbre était bon à manger » ; c’est donc la femme seule qui vit, mais non pas son mari, qui ne s’était pas approché de l’arbre. Ce n’est qu’après avoir mangé de l’arbre que les yeux de tous deux furent ouverts, même pour des choses concernant leur personne.
Il est écrit : « ... Et la femme vit que cet arbre était bon à manger. » Ève vit ce que cet arbre avait de bon ; mais il ne lui suffit point de s’approprier le bien ; elle s’appropria le mal. Aussi, l’Écriture ajoute-t-elle : «... Et elle prit de ses fruits et en mangea. » L’Écriture ne dit pas « et elle en prit », mais « elle prit de ses fruits ». C’est ainsi qu’elle s’attache à l’endroit dont émane la mort ; et elle porta la mort dans le monde. Elle fit ainsi une division entre la vie et la mort. C’est à la suite de ce péché que la femme fut châtiée par les menstrues qui l’obligent à vivre séparée du mari. En séparant la vie de la mort, Ève a séparé la « Voix » du « Verbe », qui ne doivent jamais être séparés. Quiconque sépare la « Voix » du « Verbe » deviendra muet et ne saura plus parler ; et quand il ne saura plus parler, il retournera à la terre.
Rabbi Siméon dit : Il est écrit (Ps. , XXXIX, 3) : « Je suis devenu muet et silencieux, pour ne pas dire même de bonnes choses ; et ma douleur a été renouvelée. » « Je suis devenu muet et silencieux » est l’exclamation du « Synode d’Israël » dans la captivité. Pourquoi Israël est-il devenu silencieux? Parce que c’est la « Voix » qui parle du « Verbe ». Or, depuis qu’Israël est en captivité, la « Voix » s’est séparée de lui ; aussi n’entend-il pas le « Verbe ». C’est pourquoi il s’écrie : « Je suis devenu muet et silencieux » ; pourquoi est-il silencieux ? L’Écriture répond : « Parce que je suis privé de bonnes choses », c’est-à-dire, de la « Voix » qui n’est plus dans Israël ; et Israël dit (Ps. , LXV, 2) : « C’est à vous qu’il convient de rester silencieux et de ne pas chanter des louanges, car Élohim est à Sion. » L’Écriture veut dire qu’il ne sied plus à Israël de chanter les hymnes de David, puisqu’il est en captivité et privé de la « Voix ».
Rabbi Isaac dit : Les paroles de l’Écriture sont une exclamation qu’Israël adresse à la « Voix » ; car « lakh » (c’est à vous), signifie « c’est par vous ». Israël dit à la «Voix » : C’est à cause de vous parce que vous vous êtes séparée de moi, que je suis silencieux (50).
Il est écrit : « Et elle prit ses fruits et en mangea, et en donna son mari, qui en mangea également »» Nous savons par une tradition qu’Ève a pressé des raisins et en donna a son mari, ce qui porta la mort à tous les habitants du monde (51). Car à cet arbre est attaché la mort ; et sa puissance se manifeste pendant la nuit (52) ; [...]

לְאִתְּתָא בְּאִילָנָא דָא בְּרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָלְמָא וַדַּאי. אִכְלוּ מִנֵּיהּ וִהְיִיתֶם כֵּאלהִים יוֹדְעֵי טוֹב וָרָע. דְּהָא אִיהוּ הָכִי הֲוֵי אֱלֹהִים שְׁמֵיהּ עֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע. וְעַל דָּא וִהְיִיתֶם כֵּאלֹהִים יוֹדְעֵי וְגו'.

אָמַר רַבִּי יְהוּדָה לָא אָמַר הָכִי. דְּאִלּוּ אָמַר בְּאִילָנָא דָא בְּרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָלְמָא, יָאוֹת הֲוָה. כִּי הוּא כַּגַּרְזֶן בְּיַד הַחוֹצֵב בּוֹ. אֲבָל לא אָמַר אֶלָּא מֵאִילָנָא דָא אָכַל קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וּכְדֵין בְּרָא עָלְמָא, וְכָל אוּמָן סָנִי לְחַבְרֵיהּ, אִכְלוּ מִנֵּיהּ וְאַתּוּן תֵּהוֹן בְּרָאן עָלְמִין. וְעַל דָּא כִּי יוֹדֵעַ אֱלֹהִים כִּי בְּיוֹם אֲכָלְכֶם מִמֶּנּוּ וְגו' וּבְגִין דְּאִיהוּ יָדַע דָּא אַפְקִיד לְכוּ עֲלֵיהּ דְּלָא תֵיכְלוּ מִנֵּיהּ.

אָמַר רַבִּי יִצְחָק בְּכֹלָּא מַלִּילוּ שִׁקְרָא. בְּשֵׁירוּתָא דְּאָמְרוּ שִׁקְרָא הֲוָה. דִּכְתִיב אַף כִּי אָמַר אֱלהִים לֹא תֹאכַל מִכֹּל עֵץ הַגָּן. וְלָאו הָכִי. דְּהָא כְּתִיב מִכֹּל עֵץ הַגָּן אָכֹל תֹּאכֵל וְכֻלְהוּ שָׁרָא לֵיהּ.

אָמַר רַבִּי יוֹסֵי הָא תָּנִינָן דְּפָּקִּיד לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עַל עֲבוֹדָה זָרָה דִּכְתִיב וַיְצַו. יְיָ עַל בִּרְכַּת הַשֵּׁם. אֱלהִים עַל הַדִּינִין. עַל הָאָדָם עַל שְׁפִיכַת דָּמִים. לֵאמֹר עַל גִּלּוּי עֲרָיוֹת. וְכִי כַּמָּה אִינְשֵׁי הֲווּ בְּעָלְמָא דְּאִיהוּ אִצְטְרִיךְ דָּא. אֶלָּא וַדַּאי כֹּלָּא עַל הַאי אִילָנָא הֲוָה.

בְּגִין דְּבֵיהּ אֲחִידָן כָּל אִלֵּין פִּקּוּדִין. דְּכָל מָאן דְּנָטִיל לֵיהּ בִּלְחוֹדוֹי עֲבִיד פְּרִישׁוּ. וְנָטִיל לֵיהּ בְּאוּכְלוּסִין דִּלְתַתָּא דְּאֲחִידָן בֵּיהּ. וְנָטִיל עֲבוֹדָה זָרָה וּשְׁפִיכוּת דָּמִים וְגִלּוּי עֲרָיוֹת. עֲבוֹדָה זָרָה בְּאִנּוּן רַבְרְבֵי מְמַנָּן. שְׁפִיכוּת דָּמִים בְּהַאי אִילָנָא תַּלְיָין דְּאִיהוּ בִּסְטַר גְּבוּרָה. וּסמא''ל אִתְפַּקַּד עַל דָּא. גִּלּוּי עֲרָיוֹת אִשָּׁה הִיא וְאִנְתְּתָא אִקְרֵי. וְאֲסִיר לְזַמְנָא לְאִנְתְּתָא בִּלְחוּדָהָא אֶלָא עִם בַּעֲלָהּ דְּלָא יְהֵא חָשִׁיד בְּגִלּוּי עֲרָיוֹת. וְעַל דָּא בְּכֻלְהוּ אִתְפְּקַד בְּהַאי אִילָנָא. כֵּיוָן דְּאֲכַל מִנֵּיהּ בְּכֻלְהוּ עָבַר, דְּהָא כֹּלָּא אָחִיד בֵּיהּ.

רַבִּי יְהוּדָה אָמַר וַדַּאי מִלָה דָא הָכִי הוּא. דְּאֲסִיר לְאִתְיַחֲדָא עִם אִנְתְּתָא בִּלְחוּדָהָא אֶלָּא אִם כֵּן בַּעֲלָהּ עִמָּהּ. מַה עֲבַד הַהוּא רָשָׁע. אָמַר הָא מָטִיתִי לְהַאי אִילָנָא וְלָא מַתִּי אוּף אַתְּ קְרִיב וּמְטֵי בִּידָךְ בֵּיהּ וְלָא תְמוּת. וּמִלָּה דָא הוּא אוֹסֵיף לָהּ מִגַּרְמֵיהּ.

מִיָּד וַתֵּרֶא הָאִשָּׁה כִּי טוֹב וְגו'. בַּמֶּה חָמַאת. אָמַר רַבִּי יִצְחָק הַהוּא אִילָנָא (שדה) סָלִיק רֵיחִין כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (בראשיתכז) כְּרֵיחַ שָׂדֶה אֲשֶׁר בֵּרַכוֹ יְיָ. וּבְגִין הַהוּא רֵיחַ דְּהֲוָה סָלִיק חָמָדַת לֵיהּ לְמֵיכַל מִנֵּיהּ. רַבִּי יוֹסֵי אָמַר רְאִיָּיה הֲוָה. אָמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוּדָה וְהָא כְּתִיב וַתִּפָּקַחְנָה עֵינִי שְׁנִיהֶם. אָמַר לֵיהּ הַאי רְאִיָּה בְּשִׁיעוּרָא דְאִילָנָא נָקְטַת לֵיהּ (נ''א שיעורא דלבא הות) דִּכְתִיב וַתֵּרֶא הָאִשָּׁה דַּיְיקָא:

וַתֵּרֶא הָאִשָּׁה כִּי טוֹב. חָמַאת וְלָא חָמַאת. כִּי טוֹב. חָמַאת כִּי טוֹב וְלָא אִתְיַישְׁבַת בֵּיהּ. מַה כְּתִיב לְבָתַר וַתִּקַּח מִפִּרְיוֹ וְלָא כְּתִיב וַתִּקַּח מִמֶּנּוּ. וְהִיא אִתְדְּבָקַת בְּאֲתַר דְּמוֹתָא. וּגְרִימַת לְכָל עַלְמָא מוֹתָא. וְאַפְרִישַׁת חַיֵּי מִן מוֹתָא. וּבְחוֹבָא דָא גָּרִים פְּרִישׁוּתָא לְאַפְרָשָׁא אִתְּתָא מִבַּעֲלָהּ. דְּהָא קוֹ''ל מִדִּבּוּר לָא מִתְפָּרְשָׁן לְעָלְמִין. וּמָאן דְּמַפְרִישׁ קוֹל מִדִּבּוּר אִתְאַלַּם וְלָא יָכִיל לְמַלָּלָא. וְכֵיוָן דְּאִשְׁתְּקַל מִנֵּיהּ מִלּוּלָא אִתְיְיהִיב לְעַפְרָא.

אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן כְּתִיב, (תהילים ל״ט:ג׳) נֶאֱלַמְתִּי דוּמִיָּה הֶחשֵׁיתִי מִטּוֹב וּכְאֵבִי נֶעְכָּר. נֶאֱלַמְתִּי דוּמִיָּה. הַאי קְרָא כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל אָמְרוּ בְּגָלוּתָא. מַאי טַעְמָא בְּגִין דְּקוֹל מְדַבָּר לֵיהּ לְדִבּוּר. כֵּיוָן דְּאִיהִי בְּגָלוּתָא קוֹל אִתְפְּרַשׁ מִינָהּ וּמִלָּה לָא אִשְׁתְּמַע וְעַל דָּא נֶאֱלַמְתִּי דוּמִיָּה וְגו'. מַאי טַעְמָא בְּגִין דְּהֶחשֵׁיתִי מִטּוֹב דְּלָא אָזִיל קוֹל בַּהֲדָהּ. וְיִשְׂרָאֵל אָמְרִי (תהילים ס״ה:ב׳) לְךָ דוּמִיָּה תְהִלָּה. מַאי דּוּמִיָּה, דָּא תְּהִלָּה לְדָוִד. דְּאִיהִי דּוּמִיָּה בְּגָלוּתָא וּשְׁתִיקָא בְּלָא קוֹל. אָמַר רַבִּי יִצְחָק מַאי לְךָ. בְּגִינְךָ אִיהִי דוּמִיָּה וּשְׁתִיקָא דְּאִסְתַּלְּקָא מִנָּהּ קוֹל.

השלמה מההשמטות (סימן ל''ה)

(ישעיהו נ״ה:א׳) וּבְלָא מְחִיר יַיִן וְחָלָב, מָה עִנְיָן זֶה אֵצֶל זֶה. אֶלָּא מְלַמֵּד שֶׁהַיָּיִן הוּא פַּחַד וְחָלָב הוּא חֶסֶד. וּמִפְּנִי מָה הִזְכִּיר יַיִן תְּחִילָה, מִפְּנֵי שֶׁהוּא קָרוֹב אֵלֵינוּ יוֹתֵר, יַיִן וְחָלָב סַלְקָא דַּעְתָּךְ, אֶלָּא אֵימָא דְמוּת יַיִן וְחָלָב. ע''כ. (עד כאן מההשמטות)

וַתִּקַּח מִפִּרְיוֹ הָא תָּנִינָן סָחֲטָה עֲנָבִים וְיַהֲבַת לֵיהּ וּגְרִימוּ מוֹתָא לְכָל עָלְמָא. דְּהָא אִילָנָא דָא בֵּיהּ שַׁרְיָא מוֹתָא. וְהוּא אִילָנָא דְּשָׁלְטָא בְּלֵילְיָא.
(Ⅰ)

*****

[36b]  
[...] et quand sa puissance se manifeste, tous les enfants du monde goûtent la mort. Mais les enfants pénétrés de foi préviennent le danger et confient leurs âmes à Dieu. Et c’est parce qu’ils confient leurs âmes à Dieu que celles-ci retournent à leur place ; c’est pourquoi l’Écriture dit : « ... Et votre fidélité durant la nuit. » Il est écrit (Ps. , XCII, 3) : «... Et leurs yeux furent ouverts à tous les deux. »
Rabbi Hiyâ dit : Leurs yeux furent ouverts à tous les maux du monde qu’ils n’ont pas connus auparavant ; mais aussitôt qu’ils ont pu voir le mal, ils s’aperçurent qu’ils étaient nus, car ils perdirent ce lustre céleste qui les couvrait avant.
L’Écriture ajoute : « Et ils entrelacèrent des feuilles de figuier et s’en firent de quoi se couvrir. » Ils s’évertuèrent à se couvrir avec les feuilles du même arbre dont ils ont mangé ; et par « feuilles de figuier » l’Écriture entend ces démons qu’on appelle « feuilles d’arbre ». L’Écriture se sert du mot « hagoroth », ceinture, terme qui exprime la force.
Rabbi Yossé dit : Aussitôt qu’ils eurent mangé de l’arbre, ils connurent tous les secrets de ce bas monde, auquel ils s’attachèrent ; et comme ils ont vu que dans ce bas monde ce sont les « feuilles d’arbre » qui plaisent le plus, ils s’évertuèrent à acquérir de la force dans ce bas monde à l’aide de ces « feuilles ». C’est pourquoi ils s’entourèrent des « feuilles de l’arbre », pour que celles-ci leur servent de bouclier contre les armes qu’ils prévoyaient dirigées contre eux.
Rabbi Yehouda dit : Ainsi, cet arbre fut la cause de damnation de trois êtres, ainsi que de la malédiction qui est venue en ce bas monde, et dont celui-ci ne put être déchargé jusqu’au jour où Israël fut placé au mont Sinaï ; c’est alors qu’Israël fut épuré de l’infection du serpent. Ensuite le Saint, béni soit-il, revêtit Adam et Ève de vêtements dont jouit la chair seule, mais non pas l’âme, ainsi qu’il est écrit (Gen. , III, 21) : « Et Jéhovah Élohim fit à Adam et à sa femme des habits de peaux (« or» avec Ain : re) dont il les revêtit. » Précédemment, ils possédaient des vêtements de lumière («or » avec Aleph : ra), grâce auxquels ils étaient élevés au-dessus des Anges supérieurs, et ceux-ci venaient auprès d’eux pour jouir de la lumière ; c’est pourquoi l’Écriture dit (Ps. , VIII, 6) : « Vous ne l’avez que très peu abaissé au-dessous d’Élohim, et vous l’avez entouré de gloire et de splendeur. »
Mais, après qu’ils ont péché, Dieu les revêtit de vêtements de peaux (or), ce qui veut dire : dont jouit la peau seulement, mais non pas l’âme. Après le péché, Adam et Ève mirent au monde leur premier fils, qui était infecté par le serpent. Ève avait cohabité avec deux êtres et avait engendré deux fils, dont chacun a pris une direction différente ; l’un prit sa direction d’un côté, et l’autre prit la sienne de l’autre côté ; et les descendants de chacun d’eux ressemblent à leur ascendant respectif. Caïn a eu pour descendants tous les mauvais esprits, tous les démons, tous les diables et tous les êtres malfaisants. Abel a eu pour descendants des êtres de bien et aussi des êtres méchants ; car, pour être supérieur à Caïn, il n’a pourtant pas atteint à la perfection. Ce n’est qu’à l’arrivée de Seth, que la perfection fut atteinte et que commença la génération des justes qui se perpétuèrent dans le monde. C’est de Caïn que descendent tous les impudents, les impies et les coupables de ce monde.
Rabbi Éléazar dit : Lorsque Caïn eut péché, il fut saisi de frayeur, parce qu’il vit des légions d’anges armés qui venaient le tuer. Mais quand il a fait pénitence, il. dit (Gen. , IV, 14) : « Vous me chassez aujourd’hui ; et j’irai me cacher de devant votre face. » Que signifient les mots : « J’irai me cacher de devant votre face » ? Mes propres œuvres (53) me couvrent et me cachent la vue de votre face.

Rabbi Abba dit : Ces paroles ont la même signification que celles de l’Écriture (Ps. , XXII, 25) : « ... Et il n’a point détourné de moi, son visage » ; et ailleurs (Ex. , III, 6) : « Et Moïse se cacha le visage. » Caïn voulait donc dire : Je serai caché de devant ta figure, c’est-à-dire : tu ne me regarderas plus ; et il en résultera que, quiconque me trouvera, me tuera.
Il est écrit : « Et le Seigneur mit un signe sur Caïn, afin que ceux qui le trouveraient ne le tuassent point. » Quel signe ? Dieu grava sur Caïn une des vingt-deux lettres de l’Écriture, afin qu’elle le protégeât.
Rabbi Yehouda dit : Que signifient les paroles (Gen. , IV, 8) : « Et lorsqu’ils furent dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua » ? Le mot « champs » désigne la femme, « il tua Abel », parce qu’il était du côté de Samaël qui avait porté la mort dans le monde, et comme Samaël est le principe femelle, il s’ensuit que Caïn tua Abel à cause d’une femme. Rabbi Hiyà lui objecta : Il est pourtant écrit que Caïn entra dans une grande colère et fut abattu en raison de ce que le Seigneur ne reçut pas ses offrandes.
Rabbi Yehouda lui répondit : En effet, toutes ces choses s’enchaînaient, et l’une était la conséquence de l’autre.
Rabbi Yehouda dit en outre : Que signifient les paroles (Gen. , IV, 7) : « Si vous faites bien, n’en serez-vous pas récompensé (seeth) ? Et si vous faites mal, ne porterez-vous pas aussitôt la peine de votre péché ? » Dieu dit à Caïn : « Si vos œuvres sont bonnes, vous serez favorisé. » Que signifie le mot « favorisé » ? Ce mot désigne la double part qui revient au fils aîné dans la succession de ses ancêtres, ainsi qu’il est écrit (Gen. , XLIX, 3) : « Vous deviez être le plus favorisé dans les dons. » C’est pourquoi Dieu dit à Caïn : « Si vos œuvres sont bonnes, vous serez récompensé d’une part double ; et si elles ne le sont pas, vous porterez la peine qui est à la porte. » Que signifie le mot « porte» ? C’est cette porte [...]

וְכַד אִיהִי שָׁלְטָא כָּל בְּנִי עָלְמָא טָעֲמוּ טַעֲמָא דְמוֹתָא. אֶלָא אִנּוּן בְּנֵי מְהֵימְנוּתָא מְקַדְמֵי וְיָהֲבוּ לֵיהּ נַפְשַׁיְיהוּ בְּפִקְדוֹנָא. וּבְגִין דְּאִיהוּ בְּפִקְדוֹנָא. אִתְהַדְּרוּ נַפְשָׁאן לְאַתְרַיְיהוּ. וְעַל דָּא (תהלים צב) וֶאֱמוּנָתְךָ בַּלֵּילוֹת, כְּתִיב. וַתִפָּקַחְנָה עֵינֵי שְׁנֵיהֶם. רַבִּי חִיָּיא אָמַר דְּהָא אִתְפַּקָּחוּ לְמִנְדַע בִּישִׁין דְּעָלְמָא מַה דְּלָא יָדְעוּ עַד הַשְׁתָּא. כֵּיוָן דְּיָדְעוּ וְאִתְפַּקָּחוּ לְמִנְדַע בִּישׁ. כְּדֵין יָדְעוּ כִּי עֵרוּמִים הֵם. דְּאֲבְדוּ זָהֲרָא עִלָּאָה דְּהֲוָה חָפֵי עֲלַיְיהוּ וְאִסְתְּלַק מִנַּיְיהוּ. וְאִשְׁתָּאֲרוּ עֲרוּמִים מִנֵּיהּ. וַיִּתְפְּרוּ עֲלֵה תְּאֵנָה. אִתְדַּבָּקוּ לְאִתְחֲפָאָה בְּאִנּוּן צוּלְמִין דְּהַהוּא אִילָנָא דְּאֲכָלוּ מִנֵּיהּ דְּאִקְרוּן טַרְפֵּי דְאִילָנָא. וַיַּעֲשׂוּ לָהֶם חֲגוֹרוֹת. רַבִּי יוֹסֵי אָמַר כֵּיוָן דְּיָדְעוּ מֵהַאי עָלְמָא וְאִתְדַבָּקוּ בֵּיהּ. חָמוּ דְּהַאי עָלְמָא מִתְדַּבַּר עַל יְדָא דְאִנּוּן טַרְפִּין דְּאִילָנָא. וְעֲבָדוּ לְהוֹן תּוּקְפָא לְאִתְתַּקְפָא בְּהוּ בְּהַאי עָלְמָא. וּכְדֵין יָדְעוּ כָּל זְיָינֵי חָרְשִׁין דְּעָלְמָא. וּבָעוּ לְמִחְגַּר זַיְינִין בְּאִנּוּן טַרְפֵּי אִילָנָא בְּגִין לְאַגָּנָא עֲלַיְיהוּ.

רַבִּי יְהוּדָה אָמַר כְּדֵין תְּלַת עָאלוּ בְּדִינָא וְאִתְדָּנוּ. וְעָלְמָא תַּתָּאָה אִתְלַטְיָיא. וְלָא קַיְימָא בְּקִיּוּמֵיהּ בְּגִין זוּהֲמָא דְנָחָשׁ עַד דְּקַיְימוּ יִשְׂרָאֵל בְּטוּרָא דְסִינַי. לְבָתַר אַלְבִּישׁ לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בִּלְבוּשִׁין דְּמִשְׁכָא אִתְהַנִּי מִנַּיְיהוּ הֲדָא הוּא דִכְתִיב כָּתְנוֹת עוֹר. בְּקַדְמִיתָא הֲווּ כָּתְנוֹת אוֹר דְּהֲווּ מִשְׁתַּמְּשִׁין בְּהוּ בְּעִלָּאִין דִּלְעֵילָא. בְּגִין דְּמַלְאֲכֵי עִלָּאִין הֲווּ אַתְיָין לְאִתְהֲנָא מֵהַהוּא נְהוֹרָא. הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (תהלים ח) וַתְּחַסְּרֵהוּ מְעַט מֵאֱלהִים וְכָבוֹד וְהָדָר תְּעַטְּרֵהוּ. וְהַשְׁתָּא דְּחָבוּ כָּתְנוֹת עוֹר. דְּעוֹר אִתְהַנֵּי מִנַּיְיהוּ וְלָא נַפְשָׁא.

לְבָתַר אוֹלִידוּ בְּרָא קַדְמָאָה בְּרָא דְּזוּהֲמָא הֲוָה. תְּרֵין אָתוּ עֲלָהּ דְּחַוָּה וְאִתְעַבְּרַת מִנַּיְיהוּ וְאוֹלִידַת תְּרֵין. דָּא נָפַק לְזִינֵיהּ וְדָא נָפַק לְזִינֵיהּ. וְרוּחַ דִּילְהוֹן אִתְפָּרְשׁוּ, דָּא לְסִטְרָא דָא וְדָא לְסִטְרָא דָא. דָּא דָּמֵי לְסִטְרוֹי וְדָא דָּמֵי לְסִטְרוֹי. מִסִּטְרָא דְקַיִן כָּל מְדוֹרִין דְּסִטְרָא דְּזַיְינִין בִּישִׁין וְרוּחִין וְשֵׁדִין וְחֲרָשִׁין אַתְיָין. מִסִּטְרָא דְהֶבֶל סִטְרָא דְרַחֲמֵי יַתִּיר וְלָא בִּשְׁלִימוּ. חֲמַר טַב בְּחֲמַר בִּישׁ. וְלָא אִתְתַּקַּן בַּהֲדֵיהּ עַד דְּאֲתָא שֵׁת וְאִתְיַיחֲסוּ מִנֵּיהּ כָּל אִנּוּן דָּרִין דְּזַכָּאֵי עָלְמָא וּבֵיהּ אִשְׁתִּיל עָלְמָא. וּמִקַּיִן אַתְיָין כָּל אִנּוּן חֲצִיפִין וּרְשָׁעִים וְחַיָּיבֵי עָלְמָא.

אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בְּשַׁעֲתָא דְּחָב קַיִן הֲוָה מִסְתְּפֵי. בְּגִין דְּחֲמָא קַמֵּיהּ זִינֵי מַשִּׁרְיָין מְזַיְינִין וְאַתְיָין לְקָטְלָא לֵיהּ. וְכַד אַהֲדַר בִּתְשׁוּבָה מַאי קָאָמַר הֵן גֵּרַשְׁתָּ אוֹתִי הַיּוֹם מֵעַל פְּנֵי הָאֲדָמָה וּמִפָּנֶיךָ אֶסָּתֵר. מַאי מִפָּנְיךָ אֶסָּתֵר. אֶלָּא אֱהֵא סָתִיר מִבִּנְיָינָא דִילִי. רַבִּי אַבָּא אָמַר כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (תהילים כ״ב:כ״ה) וְלא הִסְתִּיר פָּנָיו מִמֶּנּוּ (שמות ג׳:ו׳) וַיַּסְתֵּר משֶׁה פָּנָיו. וְעַל דָּא וּמִפָּנֶיךָ אֶסָּתֵר מֵאִנּוּן פָּנִים דִּילָךְ אֱהֵא נִסְתָּר דְּלָא יִשְׁגְּחוּן בִּי. וְעַל דָּא וְהָיָה כָּל מוֹצְאִי יַהַרְגֵנִי:

וַיָּשֶׂם ה' לְקַיִן אוֹת לְבִלְתִּי וְגו'. מַאי אוֹת. אוֹת אֶחָד מֵעֶשְׂרִין וּתְרֵין אַתְוָון דְּאוֹרַיְיתָא יָהַב עֲלֵיהּ לַאֲגָנָא עֲלֵיהּ. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה מַאי דִכְתִיב וַיְהִי בִּהְיוֹתָם בַּשָּׂדֶה. מַאי בַּשָּׂדֶה. דָּא אִתְּתָא. וְעַל דָּא קָם וּקְטִיל לֵיהּ. דְּהָא מִסִּטְרָא דָא יָרִית לְקַטְלָא מִסִּטְרָא דִסמא''ל דְּגָרִים מוֹתָא לְכָל עַלְמָא. וְקַנֵּי קַיִן לְהֶבֶל עַל נוּקְבֵיהּ. רַבִּי חִיָּיא אָמַר הָא חֲזִינָן דִּכְתִיב וַיִּחַר לְקַיִן מְאֹד וַיִּפְּלוּ פָנָיו עַל דְּלָא אִתְקַבִּיל קָרְבָּנֵיהּ. אָמַר לֵיהּ הָכִי הוּא וְכֹלָּא הֲוָה לָקָבְלֵיהּ.

וְאָמַר רַבִּי יְהוּדָה מַאי דִכְתִיב הֲלא אִם תֵּיטִיב שְׂאֵת וְאִם לֹא תֵיטִיב לַפֶּתַח חַטָּאת רוֹבֵץ. אֶלָּא הָכִי קָאֲמַר הֲלא אִם תֵּיטִיב עוֹבָדָךְ שְׂאֵת. מַאי שְׂאֵת. כְּדִכְתִיב (בראשית מט) יֶתֶר שְׂאֵת דְּהָא בּוּכְרָא שְׁבָחָא אִית לֵיהּ בְּכֹלָּא תָּדִּיר. וְתַלְיָיא בְּעוֹבָדוֹהִי. וְעַל דָּא אִם תֵּיטִיב שְׂאֵת. וְאִם לא תֵיטִיב לַפֶּתַח חַטָּאת רוֹבֵץ.

מַאי לַפֶּתַח. דָּא פִּתְחָא
(Ⅰ)

*****

[37a]  
[...] d’en haut d’où sortent les rigueurs et les châtiments pour ceux qui commettent des mauvaises actions. C’est également de cette « porte » que dit le Psalmiste (Ps. , CXVIII, 19) : « Ouvrez-moi les portes de la justice. » Or, c’est devant cette « porte » que se tient accroupi le péché, c’est-à-dire, l’Ange de la mort. Dieu dit donc à Caïn : « C’est celui-ci qui te châtiera. » Remarquez que la tradition nous apprend qu’Adam a été créé au premier jour de l’an. Or, il y a un jour de l’an céleste et un jour l’an d’ici-bas. Le jour de l’an est celui où Dieu accorde la fécondité aux femmes stériles. Comment savons-nous que, c’est au jour de l’an que Dieu accorde cette faveur ? Parce qu’il est écrit (Gen. , XXI, 1) : « Et le Seigneur (va-Jéhovah) visita Sarâ » ; or, partout où l’Écriture emploie le mot « va-Jéhovah », il est question de jour de l’an. Et c’est parce qu’Adam était mis au monde le jour de l’an, que la rigueur, domine au monde.
C’est pourquoi l’Écriture dit « le péché de la porte », c’est-à-dire : où règne la rigueur.
Il est écrit (Gen. , IV, 7) : « Il soupirera auprès de ta personne ; et tu le domineras. » « Il soupirera auprès de ta personne» veut dire : jusqu’à ta disparition ; « et tu le domineras » veut dire : c’est de toi que dépendra sa domination. Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture (Neh. , IX, 6) : «... Et tu donnes la vie à tous. » C’est d’ici qu’on infère que le Saint, béni soit-il, ne règnera sur la terre que lorsque tous les coupables auront disparu.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Ve-atha thimschal bo » ; car aussitôt que l’Ange de la mort aura fait disparaitre les coupables, le Saint, béni soit-il, exercera sa domination sur cet Ange et l’empêchera de s’attaquer également aux âmes de ces coupables. Aussi l’Écriture dit-elle : «... Et tu (ve-atha) le domineras. »
Rabbi Isaac dit : Partout où il y a des juges chargés de trancher les différends, il y a également un fonctionnaire chargé de veiller à ce que la sentence soit exécutée.
Rabbi Yehouda dit : « ... Et tu le domineras» signifie : Tu domineras l’Ange de la mort, si tu fais pénitence.
Rabbi Yossé dit : Tant que la génération de Caïn vivait sur la terre, elle n’a cessé de la corrompre ; elle avait certains traits de communs avec les êtres d’en haut et les êtres d’en bas.
Rabbi Isaac dit : Lorsque les anges Aza et Azaël sont tombés hors du lieu de sainteté céleste, ils virent les filles des hommes avec lesquelles ils péchèrent et engendrèrent des fils qui ont donné naissance à la race des « Nephilim » (les Tombés), ainsi qu’il est écrit (Gen. , VI, 4) : « Et il y avait des géants (Nephilim) sur la terre, en ce temps-là. »
Rabbi Hiyâ dit : Par « fils d’Élohim », l’Écriture désigne les fils de Caïn ; car, lorsque Samaël cohabita avec Ève, il lui communiqua sa corruption, dont elle devint enceinte ; c’est alors qu’elle enfanta Caïn, dont le visage n’était point semblable à celui des autres hommes ; et tous ceux qui descendirent de sa souche ne furent appelés autrement que « fils d’Elohim ». Rabbi Yehouda, dit : Ils sont également désignés par le nom de « fils des Tombés » (Nephilim).
L’Écriture ajoute : « Il en sortit des enfants qui furent des hommes puissants et célèbres dans le siècle. » Le nombre de ces hommes puissants était de soixante, en sorte que le nombre des puissants sur la terre égalait celui des puissants d’en haut ; car, ici, l’Écriture emploie le terme de « puissants », et ailleurs il est écrit (Cant. , III, 7) : « Le lit de Schelomoh est environné de soixante puissants d’entre les forts d’Israël. »
Rabbi Yossé dit : Que signifient « les hommes d’un nom » ? Ils étaient originaires de l’endroit où règne le nom divin, c’est-à-dire : ils étaient originaires du ciel ; car, ici, l’Écriture se sert du mot « nom » ; et ailleurs il est écrit » (Lévit. , XXIV, 16) : « Celui qui blasphème le nom du Seigneur... » ; et ailleurs (Lévit. , XXIV, 11) : « ... Et le fils d’une femme israélite a blasphémé le nom. » (54)
Rabbi Hiyâ dit : Ils n’étaient pas originaires du ciel, mais de ce bas monde : ainsi, le mot « meolam », du monde, désigne le monde d’ici-bas, ainsi qu’il est écrit (Ps. , XXV, 6) : « Souvenez-vous, Seigneur, de vos bontés et de vos miséricordes qui sont dans le monde (meolam) » ; ici également, le Psalmiste parle du monde d’ici-bas ; car ce sont les patriarches qui attirent ici-bas les miséricordes divines.
Rabbi Isaac dit : « Meolam » désigne le lit de Schelomoh, ainsi qu’il est écrit : « Le lit de Schelomoh est environné de soixante puissants. » Rabbi Aha dit : Avant la corruption du monde, tous les hommes étaient appelés « fils d’Élohim »(55).
Remarquez qu’au moment de la création, toutes les œuvres n’existaient qu’à l’état de dessin ; ce n’est qu’après que le Saint, béni soit-il, les eût déracinées et transplantées ailleurs, qu’elles apparurent sous leur forme actuelle.
Rabbi Yessa demanda : Quelle est la signification de ce verset (Gen. , V, 1) : « Ceci est le livre de la Genèse de l’homme. Au jour qu’Élohim créa l’homme, il le fit à la ressemblance d’Élohim. Il les créa mâle et femelle ; il les bénit et il leur donna le nom d’Homme (Adam) » ?
Rabbi Abba lui répondit : Ce verset renferme un Mystère suprême. La tradition nous. apprend, en effet, que, le jour de l’an, on ouvre au ciel trois livres ; l’un est destiné aux noms des justes parfaits, etc. [...]

דִּלְעֵילָא דְּמִנֵּיהּ נָפְקִין דִּינִין עַל עוֹבָדִין בִּישִׁין דְּעָלְמָא. פֶּתַח כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר (תהילים קי״ח:י״ט) פִּתְחוּ לִי שַׁעֲרֵי צֶדֶק. וּלְהַהוּא פֶּתַח, חַטָּאת רוֹבֵץ דָּא מַלְאַךְ הַמָּוֶת. וְהוּא זַמִּין לְאִתְפְּרָעָא מִינָךְ.

תָּא חֲזֵי, בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה אִתְיְלִיד אָדָם. בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וַדַּאי רָזָא לְעֵילָא וְתַתָּא. רֹאשׁ הַשָּׁנָה לְעֵילָא. רֹאשׁ הַשָּׁנָה לְתַתָּא. (סוף כי תצא) בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה עֲקָרוֹת נִפְקָדוֹת. מְנָלָן דִּבְרֹאשׁ הַשָּׁנָה הֲוָה. דִּכְתִיב, (בראשית כ״א:א׳) וַיְיָ פָּקַד אֶת שָׂרָה וַיְיָ דַּיְיקָא דָּא רֹאשׁ הַשָּׁנָה. וּבְגִין דְּנָפִיק אָדָם מְרֹאשׁ הַשָּׁנָה (ד''א ונפיק) נָפִיק בְּדִינָא וְעָלְמָא קָיְימָא בְּדִינָא. וּבְגִינֵי כָּךְ לַפֶּתַח וַדַּאי. חַטָּאת רוֹבֵץ בְּגִין לְאִתְפְּרָעָא מִינָךְ. וְאֵלֶיךָ תְּשׁוּקָתוֹ עַד דְּתִשְׁתְּצֵי.

וְאַתָּה תִּמְשׁוֹל בּוֹ. רָזָא הוּא דִּכְתִיב, (נחמיה ט׳:ו׳) וְאַתָּה מְחַיֶּה אֶת כֻּלָּם. מִכָּאן אָמְרוּ לָא שַׁלִּיט קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אֶלָּא בְּזִמְנָא דְּיִשְׁתֵּצוּן חַיָּיבֵי עָלְמָא. וְעַל דָּא כֵּיוָן דְּמַלְאַךְ הַמָּוֶת יְשֵׁצֵי לוֹן. כְּדֵין קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא שַׁלִּיט עֲלוֹי דְּלָא יִפּוּק לְאַבְאָשָׁא עָלְמָא דִּכְתִיב וְאַתָּה תִּמְשָׁל בּוֹ (בתיובתא) וְאַתָּה דַיְיקָא.

אָמַר רַבִּי יִצְחָק בְּקוּטְרָא דְּפַלְגָא קַפְסִירָא (קסטירא) שְׁכִיחַ. רַבִּי יְהוּדָה אָמַר וְאַתָּה תִּמְשָׁל בּוֹ בִּתְיוּבְתָּא. רַבִּי יוֹסֵי אָמַר כַּד הֲווּ אִנּוּן דָּרִין דְּקַיִן אָזְלִין בְּעָלְמָא הֲווּ מְטַרְטְשֵׁי אַרְעָא וְהֲווּ דַּמְיָין לְעִלָּאֵי וְתַתָּאֵי. אָמַר רַבִּי יִצְחָק עֲזָ''א וַעֲזָאֵ''ל כַּד נָפְלוּ מֵאֲתַר קְדוּשָׁתַיְיהוּ מִלְּעֵילָא, חָמוּ בְּנַת בְּנֵי נְשָׁא וְחָטְאוּ וְאוֹלִידוּ בְּנִין, וְאִלֵּין הֲווּ נְפִילִים דִּכְתִיב הַנְּפִילִים הָיוּ בָּאָרֶץ.

רַבִּי חִיָּיא אָמַר בְּנוֹי דְקַיִן הֲווּ בְּנֵי אֱלֹהִים. דְּהָא כַּד אֲתָא סמא''ל עַל חַוָּה אַטִיל בָּהּ זוּהֲמָא וְאִתְעַבְּרַת וְאוֹלִידַת לְקַיִן. וְחֵיזוּ דִילֵיהּ לָא הֲוַת דָּמֵי לִשְׁאָר בְּנִי נְשָׁא. וְכָל אִנּוּן דְּאַתְיָין מִסִּטְרָא דִילֵיהּ לָא הֲווּ אִקְרוּן אֶלָּא בְּנִי הָאֱלֹהִים.

רַבִּי יְהוּדָה אָמַר וְאֲפִילּוּ אִנּוּן (בני) נְפִילִים הָכִי אִקְרוּן. הֵמָּה הַגִּבּוֹרִים. שִׁתִּין הֲוָה בְּאַרְעָא כְּחוּשְׁבַּן דִּלְעֵילָא. כְּתִיב הָכָא הֵמָה הַגִּבּוֹרִים אֲשֶׁר מֵעוֹלָם וּכְתִיב הָתָם (שיר השירים ג׳:ז׳) שִׁשִּׁים גִּבּוֹרִים סָבִיב לָהּ. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר הֵמָה הַגִּבּוֹרִים אֲשֶׁר מֵעוֹלָם מַמָּשׁ. מֵעוֹלָם דַּיְיקָא. אַנְשֵׁי הַשֵּׁם, מַאי שֵׁם דָּא הוּא עוֹלָם דְּקָאֲמָרָן. אַנְשֵׁי הַשֵּׁם דַּיְיקָא. כְּתִיב הָכָא אַנְשֵׁי הַשֵּׁם וּכְתִיב הָתָם (ויקרא כ״ד:י״א) בְּנָקְבוֹ שֵׁם, וּכְתִיב, (ויקרא כד) וַיִּקּוֹב בֶּן הָאִשָּׁה הַיִּשְׂרְאֵלִית אֶת הַשֵּׁם.

השלמה מההשמטות (סימן ל''ו)

רַבִּי חִיָּיא אָמַר מֵעוֹלָם דָא הֲווּ, וְגוּבְרִין גִבָּרִין דְּסִטְרָא בִישָׁא הֲווּ, דִּכְתִיב אַנְשֵׁי הַשֵׁם. אַנְשֵׁי שֵׁם לָא כְּתִיב, אֶלָּא אַנְשֵׁי הַשֵׁם כְּגווָֹנָא דָא כְּתִיב, זְכוֹר רָחֲמֶיךָ יְיָ וַחֲסָדֶּיךָ כִּי מֵעוֹלָם הֵמָּה, מֵעוֹלָם וַדָּאי נָטַל לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא, וְאִינוּן אֲבָהָן קַדְמָאֵי לְמֶהֱוֵי רְתִיכָא קַדִּישָׁא לְעֵילָא. אָמַר רַבִּי יִצְחָק מֵעוֹלָם דָא אִיהוּ מִטָּתוֹ שְׁלִשְׁלֹמָה דִּכְתִיב וְכוּ': (עד כאן מההשמטות)

רַבִּי חִיָּיא אָמַר מֵעוֹלָם מַמָּשׁ הֲווּ. וּמֵעוֹלָם דִּלְתַתָּא נָטַל לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר (דא הוו וגוברין גברן דסטרא בישא הוו דכתיב אנשי שם אנשי השם לא כתיב אלא אנשי שם כגוונא דא כתיב) (תהילים כ״ה:ו׳) זְכֹר רַחֲמֶיךָ יְיָ וַחֲסָדֶיךָ כִּי מֵעוֹלָם הֵמָּה. מֵעוֹלָם וַדַּאי. וּמֵעוֹלָם דִּלְתַתָּא נָטִיל לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. וְאִנּוּן אֲבָהָן קַדְמָאֵי לְמֶהֱוֵי רְתִיכָא קַדִּישָׁא לְעֵילָא. אוּף הָכָא הֵמָּה הַגִּבּוֹרִים אֲשֶׁר מֵעוֹלָם. מֵעוֹלָם וַדַּאי נָטִיל לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. רַבִּי יִצְחָק אָמַר מֵעוֹלָם (ומאי הוא) דָּא מִטָּתוֹ שֶׁלִּשְׁלמֹה דִּכְתִיב, (שיר השירים ג׳:ז׳) שִׁשִּׁים גִּבּוֹרִים סָבִיב לָהּ. רַבִּי אַחָא אָמַר כֻּלְהוּ בְּנֵי הָאֱלהִים אִקְרוּן (ד''א ל''ג דהא עד לא אתבסמת). (חסר כאן עיין סוף הספר):

תּוֹסֶפְתָּא

אֲמְרוּ רַבּוֹתֵּינו ז''ל בְּשַׁעתָּא דְּבָרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךָ הוּא לְאָדָם בְּרָא לֵיהּ בְּגִינְתָּא דְעֵדֶן וצִּוּהוּ על שֶׁבַע מִצְּווֹתּ. חָב ואִתְּגְּרַשׁ מִגִּינְתָּא דְעֵדֶן. וּתְּרֵי מַלְאֲכֵי שְׁמַיָא עַזָּא וַעֲזָאֵל אָמְרוּ קַמֵּי קוּדְשָׁא בְּרִיךָ הוּא, אִלּוּ הֲוִינָא אֲנַן בְּאַרְעָא הֲוִינָא זַכָּאִין. אָמַר לְהוּ קוּדְשָׁא בְּרִיךָ הוּא, וכִי אַתּוּן יָכְלִין על יִצְּרָא בִּישָׁא, אָמְרוּ קַמֵּיהּ יָכְלִין. מִיָּד אַפִּיל לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךָ הוּא כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר הַנְּפִּילִים הָיוּ בָּאָרֶץ וּכְתִּיב הַגִּבּוֹרִים וגו'. וּבְשַׁעֲתָּא דְּנָחֲתּוּ לְאַרְעָא עָאל בְּהוּ יִצְּרָא בִישָׁא שֶׁנְּאֱמַר ויִּקְחוּ לָהֶם נָשִׁים מִכֹּל אֲשֶׁר בָּחָרוּ, חָבוּ ואִתְּעֲקָרוּ מִקְדוּשָׁתַּיְיהוּ, (עד כאן התוספתא)

תָּא חֲזֵי, כֻּלְהוֹן נְטִיעָן הֲווּ סְתִימִין רְשִׁימִין דַּקִּיקִין בְּאַתְרָא חָד. לְבָתַר עֲקָרָן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא וְאַשְׁתִּיל לוֹן בְּאֲתַר אָחֳרָא וְאִתְקַיָּימוּ. רַבִּי יֵיסָא שָׁאַל מַאי דִכְתִיב זֶה סֵפֶר תּוֹלְדוֹת אָדָם בְּיוֹם בְּרוֹא אֱלֹהִים אָדָם בִּדְמוּת אֱלֹהִים עָשָׂה אוֹתָם זָכָר וּנְקֵבָה בְּרָאָם וַיְבָרֶךְ אוֹתָם. אָמַר לֵיהּ רַבִּי אַבָּא רָזָא עִלָּאָה הוּא. תָּנִינָן תְּלַת סִפְרִין פְּתִיחָן בְּרֹאשׁ הַשָׁנָה חַד דְּצַדִּיקִים גְּמוּרִים
(Ⅰ)

*****

[37b]  
[...] Le premier livre, est le livre suprême qui est la source de tout, même des lettres de l’Écriture. Le livre du milieu participe et du ciel et de la terre. Enfin, le troisième livre, c’est le livre de la Loi écrite, qui était destiné au premier homme. Le « livre de la Genèse de l’homme » est le livre des justes parfaits, comme il est dit : « Ceci est le livre de la Genèse de l’homme. » L’«homme» c’est le juste qui est fécond.
L’Écriture ajoute : « Lorsque Dieu a créé l’homme », c’est-à-dire que l’homme a été créé à l’image de Dieu. L’Écriture ajoute : « Il les créa mâle et femelle » ; le mot « les créa » (baram) finit par un Mem fermé, allusion au fait qu’ils étaient inclus l’un dans l’autre. Selon une autre version, le livre dont il est question dans l’Écriture désigne le mystère renfermé dans le verset suivant (Prov. , XVIII, 10) : « Le nom (56) du Seigneur est une forte tour : Le Juste y a recours, et il y trouve une haute forteresse. » C’est ce mystère que Dieu avait révélé à Adam ; et c’est ce que l’Écriture désigne par le nom de « livre de la Genèse de l’homme». C’est cette tour, dont parle, l’Écriture, et qu’Adam avait parcourue. Quelle est cette tour ? C’est la tour de David ; et c’est elle que l’Écriture désigne par le terme : « Le nom du Seigneur est une forte tour » ; car tout signifie la même chose, ainsi que cela est connu aux fidèles.
Rabbi Abba dit en outre : Ce livre avait été révélé au premier homme ; et, aussitôt qu’il y regarda, il y reconnut la « Sagesse suprême ». Ce livre est également parvenu aux enfants de Dieu, c’est-à-dire aux hommes qui étaient les coryphées de la science durant leur vie et qui avaient le bonheur de reconnaître la « Sagesse suprême ». Puisse tout le monde méditer ce livre et reconnaître par lui la « Sagesse suprême ». Ce livre a été descendu du ciel et remis à Adam par l’Ange maître des mystères, qui était précédé de trois messagers. Lorsqu’Adam fut chassé de l’Éden, il pressait ce livre, de crainte qu’il ne s’échappât d’entre ses mains. Mais le livre s’envola. Adam se mit à pleurer et à prier son Maître pour que le livre lui fût rendu. Le livre lui fut alors rendu avec la promesse qu’il sera un jour révélé aux hommes, afin que ceux-ci connaissent la « Sagesse suprême » et s’efforcent à connaître leur Maître. Une autre tradition nous apprend également qu’Enoch possédait aussi un livre ; c’était le même qui avait été révélé à Adam. C’est ainsi qu’il connut le mystère de la « Sagesse éternelle » ; et c’est pourquoi il fut enlevé de la terre, ainsi qu’il est écrit (Gen. , V, 24) : « Et il ne parut plus, parce qu’Élohim l’enleva. »
C’est aussi Enoch que l’Écriture désigne par le mot (Osée, XI, 1 (57) ) « adolescent » (naar), ainsi qu’il est écrit (Prov. , XXII, 6) : « Habitue l’adolescent (hanokh Knx) dans son jeune âge. » Tous les trésors du Monde céleste avaient été confiés aux mains d’Enoch ; et Enoch, ayant reconnu la « Sagesse éternelle », la révéla aux autres et envoya des messagers pour répandre ce mystère dans le monde. La « Sagesse éternelle » avait confié aux mains d’Enoch mille clefs (58). Il prononça tous les jours cent bénédicités (59) et en tressa des couronnes à son Maître. Dieu l’enleva de ce monde pour son service, ainsi qu’il est écrit : «... Parce qu’Élohim l’enleva. » C’est dès cette époque que ce livre est connu parmi les hommes sous le nom de « livre d’Enoch ». Au moment où le Saint, béni soit-il, lui révéla ce mystère, il lui montra tous les trésors célestes ; il lui montra l’Arbre de vie du milieu du Jardin, ses feuilles et ses branches ; car tout se trouve dans le livre d’Enoch. Heureux le sort des gens de haute vertu, à qui le mystère de la « Sagesse éternelle » a été révélé, car ils ne l’oublieront jamais, ainsi qu’il est écrit (Ps. , XXV, 14) : « Le mystère du Seigneur est révélé à ceux qui le craignent ; et il fait connaître son Alliance à ceux qui veulent la connaître. » Il est écrit (Gen. , VI, 3) : « Mon esprit ne demeurera pas pour toujours avec l’homme, parce qu’il n’est que chair (60)..... » Rabbi Aha dit : En ce moment, la lumière qui forme l’Esprit de l’Arbre de vie sort de celui-ci et rentre dans l’Arbre qui renferme la mort. C’est ainsi que l’esprit dont les hommes sont privés durant leur vie s’empare des âmes au moment où elles quittent les corps.
C’est pourquoi l’Écriture dit : « Mon esprit ne demeurera pas pour toujours avec l’homme, parce qu’il n’est que chair » ; d’où il résulte que l’esprit ne demeure avec l’homme que tant qu’il est chair, mais qu’il revient à l’âme dès que celle-ci a quitté le corps.
Rabbi Éléazar dit : «... Car il n’est que (beschagam) chair» désigne Moïse ; car c’est lui qui éclaire la lune et c’est par lui que les hommes de ce monde ont trouvé le salut pendant un long espace de temps.
Il est écrit : « Et le temps de l’homme sera de cent vingts ans. » Ces paroles désignent Moïse, par l’intermédiaire duquel la loi a été donnée à Israël ; et c’est de cette façon que Moïse a communiqué aux hommes l’esprit vital de l’Arbre de vie ; et si Israël n’avait péché, il aurait conservé à jamais cet esprit vital, ainsi qu’il est écrit (Ex. , XXXII, 16) :« Et les tables de la loi étaient l’œuvre d’Élohim ; et l’écriture était l’écriture d’Élohim gravée sur les tables de la loi » ; or, le mot « harouth », gravée, signifie également « affranchie » ; car si Israël n’avait pas péché, les tables de la loi l’auraient affranchi de l’Ange de la mort. Car Moïse a attiré l’Arbre de vie ici-bas ; et c’est ce qu’indique l’Écriture par les mots « beschagam hou basar », (il n’est que chair) ; « beschagam » veut dire : c’est grâce à Moïse que la parole subsiste et c’est grâce à lui que l’Esprit de vie est descendu ; c’est « beschagam » (Moïse) qui fait l’unité en haut et l’unité en bas. C’est pourquoi la tradition nous apprend que Moïse n’est pas mort ; et il a été seulement enlevé [...]

וְכוּ' סֵפֶר עִלָּאָה דְּהָא מִנֵּיהּ נָפַק כֹּלָּא. נָפִיק מִנֵּיהּ כְּתִיבָה. סֵפֶר אֶמְצָעִיתָא כְּלָלָא דְעֵילָא וְתַתָּא (ס''א ספר דאיהו כללא דלעילא ותתא ואחיד לכל סטרין רזא וכו) (כפי זה התקון נמצא בשני ספרי היד) (ואחיד לכל סטרין רזא דאדם קדמאה, ספר תליתאה דאקרי (נ''א ואקרי) תורה) דְּתוֹרָה שֶׁבִּכְתָב אָדָם קַדְמָאָה. סֵפֶר (ס''א תליתאה) דְּאִקְרֵי תּוֹלְדוֹת אָדָם וְדָא אִיהוּ דְּצַדִּיקִים גְּמוּרִים. הֲדָא הוּא דִכְתִיב זֶה סֵפֶר תּוֹלְדוֹת אָדָם דָּא צַדִּיק וַדַּאי דְּעֲבִיד תּוֹלְדוֹת.

בְּיוֹם בְּרֹא אֱלֹהִים אָדָם בִּדְמוּת אֱלֹהִים. דְּהָא וַדַּאי כְּדֵין אִתְתַּקַּן כֹּלָא לְעֵילָא וְתַתָּא וְאִתְקַיָּימוּ בְּדוּגְמָא חָדָא. זָכָר וּנְקֵבָה בְּרָאָם סְתָם חָד אִתְכְּלִיל בְּחָד. מַתְנִיתִין (ד''א וכו) כְּתִיב, (משלי י״ח:י׳) מִגְדַּל עוֹז שֵׁם יְיָ בּוֹ יָרוּץ צַדִּיק וְנִשְׂגָּב. דָּא הוּא סֵפֶר תּוֹלְדוֹת אָדָם דְּרָהִיט בְּהַהוּא מִגְּדַל (צו ב). הַאי מִגְדַּל מַאי עֲבִידְתֵּיהּ. אֶלָּא דָא הוּא מִגְדַּל דָּוִד. וְדָא הוּא מִגְדַּל עֹז שֵׁם יְיָ. וְכֹלָּא חָד. הָכָא יְדִיעָא לִבְנֵי מְהֵימְנוּתָא דָּא הוּא ודַּאי סֵפֶר תּוֹלְדוֹת. (אית דלא גרסי) (אדם לבני מהימנותא סודו מגדל עוז שם יי בו ירוץ צדיק ונשגב יהו''ה צדיק) (אדם לבני מהימנותא). וְאָמַר רַבִּי אַבָּא (לקמן נה ב) סֵפֶר ודַּאי (נחתו) (נחית) לֵיהּ לְאָדָם הָרִאשׁוֹן. וּבֵיהּ הֲוָה יָדַע חָכְמְתָא עִלָּאָה. וְסִפְרָא דָא מָטָא לִבְנִי אֱלָהִין חַכִּימֵי דָרָא. וּמָאן דְּזָכֵי לְאַשְׁגָּחָא בֵּיהּ יָדַע בֵּיהּ חָכְמָה עִלָּאָה. וּמַשְׁגִּיחִין בֵּיהּ וְיָדְעִין בֵּיהּ. וְסִפְרָא דָא נָחִית לֵיהּ מָארֵי דְרָזִין. וּתְלַת שְׁלִיחָן מְמַנָּן קַמֵּיהּ. וּבְשַׁעֲתָא דְּנָפַק אָדָם מִגִּנְתָּא דְעֵדֶן אָחִיד בְּהַהוּא סִפְרָא. כַּד נָפִיק (מיניה) טָאס מִנֵּיהּ (לתרעא) צַלֵּי וּבָכֵי קַמֵּי מָארֵיהּ וְאֲתִיבוּ לֵיהּ כְּמִלְּקַדְּמִין. בְּגִין דְּלָא תִתְנְשֵׁי חָכְמְתָא מִבְּנִי נְשָׁא וְיִשְׁתַּדְּלוּן לְמִנְדַע לְמָארֵיהוֹן.

וְכֵן תָּנִינָן סֵפֶר הֲוָה לֵיהּ לְחָנוֹךְ. וְדָא סֵפֶר מֵאֲתַר דְּסִפְרָא דְתוֹלְדוֹת אָדָם הֲוָה. וְדָא הוּא רָזָא דְחָכְמְתָא. דְּהָא מֵאַרְעָא אִתְנְטִיל הֲדָא הוּא דִכְתִיב וְאֵינֶנּוּ כִּי לָקַח אוֹתוֹ אֱלהִים. וְהוּא הַנַּעַר. כְּדִכְתִיב, (משלי כ״ב:ו׳) חֲנוֹךְ לַנַּעַר עַל פִּי דַרְכּוֹ.

וְכָל גִּנְזֵי עִלָּאֵי אִתְמַסְרָן בִּידֵיהּ. וְדָא מְסִיר וְיָהִיב וְעֲבִיד שְׁלִיחוּתָא. וְאֶלֶף (לקמן נו) מַפְתְּחָן אִתְמַסְרָן בִּידֵיהּ. וּמְאָה בִּרְכָאן נָטִיל בְּכָל יוֹמָא וְקָשִׁיר קְשִׁירִין לְמָארֵיהּ. מֵעָלְמָא נָטִיל לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְשִׁמּוּשֵׁיהּ הֲדָא הוּא דִכְתִיב כִּי לָקַח אוֹתוֹ אֱלהִים.

וּמִן דָּא אִתְמָסַר סִפְרָא דְּאִקְרֵי סִפְרָא דְּחֲנוֹךְ. בְּשַׁעֲתָא דַּאֲחִיד לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אַחֲמֵי לֵיהּ כָּל גִּנְזֵי עִלָּאֵי. אַחֲמֵי לֵיהּ אִילָנָא דְחַיֵּי בְּגוֹ מְצִיעוּת גִּנְתָּא וְטַרְפּוֹי וְעַנְפּוֹי. וְכֹלָא חָמֵינָן בְּסִפְרֵיהּ. זַכָּאִין אִנּוּן חֲסִידֵי עִלָּאִין דְּחָכְמְתָא עִלָּאָה אִתְגְּלִי לְהוּ וְלָא אִתְנְשֵׁי מִנַּיְיהוּ לְעָלְמִין כְּמָא דְאַתְּ אָמֵר, (תהילים כ״ה:י״ד) סוֹד ה' לִירֵאָיו וּבְרִיתוֹ לְהוֹדִיעָם:

וַיֹּאמֶר יְיָ לֹא יָדוֹן רוּחִי בָּאָדָם לְעוֹלָם בְּשַׁגָּם הוּא בָּשָׂר וְגו'. (חסר) רַבִּי אַחָא אָמַר בְּהַהוּא זִמְנָא הֲוָה הַהוּא נַהֲרָא דְּנָגִיד וְנָפִיק, אַפִּיק רוּחָא עִלָאָה מֵאִילָנָא דְחַיֵּי וַאֲרִיק בְּאִילָנָא (דשרייא ביה מותא) (מאילנא דמותא) וְאִתְמַשְּׁכָן רוּחִין בְּגַוַויְיהוּ דִּבְנֵי נְשָׁא יוֹמִין (זמנין) סַגִּיאִין. עַד דְּסָלְקוּ בִּישִׁין וְאִתְעַתְּדוּ לַפֶּתַח. כְּדֵין אִסְתַּלַּק רוּחָא עִלָּאָה מֵהַהוּא אִילָנָא בְּשַׁעֲתָא דִּפְרַח נִשְׁמְתִין בִּבְנֵי (מבני) נְשָׁא הֲדָא הוּא דִכְתִיב לא יָדוֹן רוּחִי בָּאָדָם לְעוֹלָם. לְמֵיהַב לְעוֹלָם בְּשַׁעֲתָא דְּפָרְחוּ נִשְׁמְתִין בִּבְנֵי נְשָׁא.

בְּשַׁגָּם הוּא בָּשָׂר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר (דבי רבי אלעזר אמה) (לקמן צ''ח ע''א) בְּשַׁגָּם דָּא משֶׁה. דְּאִיהוּ נָהִיר לְסִיהֲרָא. וּמֵחֵילָא דָא קַיָּימִין בְּנֵי נְשָׁא בְּעָלְמָא יוֹמִין (זמנין) סַגִּיאִין. וְהָיוּ יָמָיו מֵאָה וְעֶשְׂרִים שָׁנָה, רָמַז לְמשֶׁה דְּעַל יְדֵיהּ תּוֹרָה אִתְיְהִיבַת. וּכְדֵין יָרִיק (ס''א זריק) חַיִּין לִבְנֵי נָשָׁא מֵהַהוּא אִילָנָא דְחַיִּין. וְכָךְ הֲוָה. אִלְמָלֵא דְּחָבוּ יִשְׂרָאֵל הֲדָא הוּא דִכְתִיב (שמות ל״ב:ט״ז) חָרוּת עַל הַלֻּחוֹת, חֵרוּת מִמַּלְאַךְ הַמָּוֶת. דְּהָא אִילָנָא דְחַיֵּי הֲוָה מָשִׁיךְ לְתַתָּא.

וְעַל דָּא בְּשַׁגָּ''ם דְּאִיהוּ בָּשָׂר קַיָּימָא מִלָּה לַאֲרָקָא (לאתרחקא) רוּחָא דְחַיֵּי. בְּשַׁגָּם אָחִיד לְתַתָּא אָחִיד לְעֵילָא. וְעַל דָּא תָּנִינָן משֶׁה לָא מִית אֶלָּא אִתְכְּנִישׁ
(Ⅰ)

*****

[38a]  
[...] du monde ; mais il continue à éclairer la lune. De même que le soleil, lorsqu’il disparaît à nos yeux ne meurt pas, mais continue à éclairer la lune de sa lumière, de même c’est le cas de Moïse. Selon une autre version, les mots « beschagam hou basar » signifient que l’esprit de l’homme, c’est-à-dire son âme sera revêtue plusieurs fois de chair, jusqu’à ce qu’elle soit devenue susceptible de l’Esprit de Dieu.
Rabbi Isaac dit : Les générations sorties de Seth étaient toutes justes et pieuses (61) ; elles se répandirent dans le monde, le peuplèrent et introduisirent l’art de la guerre (62). Ces générations se perpétuèrent jusqu’à l’arrivée de Noé qui donna aux habitants du monde une autre direction en les initiant dans la connaissance de l’agriculture ; car, avant Noé, les hommes n’avaient point besoin de semer, ni de moissonner, et ce n’est que plus tard que le besoin s’en fit sentir, ainsi qu’il est écrit (Gen. , VIII, 22) : « Tant que la terre durera maintenant, ta semence et la moisson, le froid et le chaud, l’été et l’hiver, la nuit et le jour ne cesseront point de se succéder alternativement. »
Rabbi Éléazar dit : Le Saint, béni soit-il, rachètera un jour le monde et accordera aux hommes son Esprit, afin que ceux-ci vivent éternellement, ainsi qu’il est écrit (Is. , LXV, 22) : « ... Car mon peuple vivra aussi longtemps que l’Arbre » ; et ailleurs il est écrit (Is. , XXV, 8) : « Il précipitera la mort pour jamais ; et le Seigneur Dieu séchera les larmes de tous les yeux, et il effacera de dessus la terre l’opprobre de son peuple ; car c’est le Seigneur qui a parlé. » (63).
Rabbi Siméon dit : Nous savons par une tradition que lorsque le Saint, béni soit-il, créa le monde, il grava le mystère de la Foi avec des lettres d’une lumière étincelante ; il grava ce mystère en haut et le grava aussi en bas ; là, aussi bien qu’ici, c’est le même mystère ; le monde d’ici-bas est fait d’après celui d’en haut ; le monde d’ici-bas n’est que le miroir de celui d’en haut ; il a été fait ainsi pour que tout soit uni dans une union parfaite. C’est pourquoi le Saint, béni soit-il, grava les lettres du mystère de la Foi en haut aussi bien qu’en bas ; c’est par ce mystère qu’il créa les mondes.
Remarquez que le Saint, béni soit-il, a créé le premier homme de la même façon, qu’il a créé le monde.
Rabbi Siméon commença sa conférence de la manière suivante :.
Il est écrit (Osée, VI, 7) : « Mais pour eux, ils ont rompu, comme Adam, l’Alliance ; et dans ce lieu ils ont violé mes ordres. » Lorsque le Saint, béni soit-il, créa l’homme, il le couronna de couronnes célestes et le forma de façon à dominer dans les six directions ; il le forma de façon parfaite en tout. Tous les êtres craignaient l’homme ; car, au moment de sa création, il portait sur son visage l’empreinte d’en haut. Tous les êtres tremblaient à la vue de ce visage. Ensuite le Saint, béni soit-il, l’introduisit dans le Jardin de l’Éden, afin qu’il pût y jouir des jouissances célestes. Les anges l’entouraient, lui rendaient les honneurs et lui révélaient les mystères relativement à la connaissance de leur Maître.
Remarquez qu’au moment où le Saint, béni soit-il, introduisit l’homme dans le Jardin de l’Éden, il lui fit entrevoir tous les Mystères suprêmes et toute la « Sagesse », afin que l’homme connût la gloire de son Maître. Il y a en haut sept palais (64) renfermant le mystère de la Foi, et il y a également en bas sept palais qui correspondent à ceux d’en haut. De ces sept palais d’en haut, six seulement sont accessibles à l’entendement de l’homme, alors que le septième est secret et mystérieux et fait partie des Mystères suprêmes. Comme les sept palais en bas sont formés sur le modèle de ceux d’en haut, il s’ensuit que, parmi les sept palais d’en bas, il y en a un qui est supérieur à tous les autres, parce qu’il tient du ciel et de la terre. C’est ce palais que Dieu désigna à l’homme pour résidence. Mais après que le premier homme a été chassé du Jardin de l’Éden, le Saint, béni soit-il, réserva aux âmes des justes le bonheur de jouir de la présence de Dieu et de reprendre en haut ce visage du premier homme qui tenait du ciel et de la terre, ainsi que nous venons de le dire. Le premier palais est celui qui prépare le monde d’ici-bas à atteindre à une perfection pareille à celle des êtres d’en haut. Les légions du Jardin de l’Éden sont formées de nos collègues. Car aucun œil ne peut le voir, si ce n’est les âmes des justes. qui y sont admises, pour qu’elles [...]

מֵעָלְמָא וְהֲוָה נָהִיר לְסִיהֲרָא. דְּהָא שִׁמְשָׁא אַף עַל גַּב דְּאִתְכְּנַשׁ מֵעָלְמָא לָא מִית אֶלָּא עָאל וְאַנְהִיר לְסִיהֲרָא. כָּךְ משֶׁה. דָּבָר אַחֵר בְּשַׁגָּם הוּא בָּשָׂר בִּמְשִׁיכוּ דְרוּחָא בִּבְנֵי נְשָׁא זִמְנָא רַבָּה אִתְהַדַּר לְמֶהֱוֵי בָּשָׂר לְאִתְמַשְׁכָא בָּתַר גּוּפָא וּלְאִשְׁתַּדָלָא בְּעוֹבָדִין דְּהַאי עָלְמָא.

אָמַר רַבִּי יִצְחָק כָּל (לקמן נה ב דרין דאשתכללו משת כלהו צדיקי וחסידי. לבתר אתפשטו ואולידו ואוליפו אומנותא (וחכמתא)) דְעָלְמָא לְשַׁצָאָה בְּרוּמְחִין וּסָיְיפִין. עַד דְּאֲתָא נֹחַ וְאַתְקִין לוֹן תִּקּוּנָא דְעָלְמָא וּלְמִפְלַח וּלְאַתְקָנָא אַרְעָא. דְּהָא בְּקַדְמִיתָא לָא הֲווּ זָרְעִין וְחָצְדִין. לְבָתַר אִצְטְרִיכוּ לְהַאי דִּכְתִיב עוֹד כָּל יְמֵי הָאָרֶץ וְגו'.

רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר זַמִין קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְתַקָּנָא עָלְמָא וּלְאַתְקָנָא רוּחָא בִּבְנֵי נְשָׁא בְּגִין דְּיוֹרְכוּן יוֹמִין לְעָלְמִין הֲדָא הוּא דִכְתִיב, (ישעיהו ס״ה:כ״ב) כִּי כִּימֵי הָעֵץ יְמֵי עַמִּי וְגו' וּכְתִיב, (שם כה) בִלַּע הַמָּוֶת לָנֶצַח וּמָחָה יְיָ אֱלֹהִים דִּמְעָה מֵעַל כָּל פָּנִים וְחֶרְפַּת עַמּוֹ יָסִיר מֵעַל כָּל הָאָרֶץ כִּי יְיָ דִּבֵּר: עַד כָּאן אִשְׁתַּכְלָלוּ מִילִין מִכָּאן וּלְהָלְאָה תִּקוּנָא דְּפָרְשָׁתָא: בְּרֵאשִׁית

אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן, הָא תָּנִינָן דְּכַד בְּרָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָלְמָא גָּלִיף בְּגִילוּפֵי דְּרָזָא דִּמְהֵימְנוּתָא גּוֹ טְהִירִין בְּרָזִין עִלָּאִין. וְגָלִיף לְעֵילָא וְגָלִיף לְתַתָּא וְכֹלָּא בְּרָזָא חָדָא. וְעֲבִיד עָלְמָא תַּתָּאָה כְּגַוְונָא דְעָלְמָא עִלָּאָה. וְדָא קָאִים לָקֳבֵיל דָּא. לְמֶהוֵי כֹּלָּא חָד בְּיִחוּדָא חָדָא. וּבְגִין כָּךְ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא גָּלִיף גְּלִיפֵי דְאַתְוָון עֵילָא וְתַתָּא. וּבְהוּ בְּרָא עָלְמִין.

וְתָּא חֲזֵי, כְּגַוְונָא דְּעֲבַד קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָלְמָא הָכִי נָמֵי בְּרָא לֵיהּ לְאָדָם קַדְמָאָה. פָּתַח וְאָמַר, (הושע ו׳:ז׳) וְהֵמָּה כְּאָדָם עָבְרוּ בְּרִית וְגו'. דְּהָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא אַעֲטַר לֵיהּ בְּעִטְּרִין עִלָּאִין. וּבְרָא לֵיהּ בְּשִׁית סִטְרִין דְּעָלְמָא. לְמֶהוֵי שְׁלִים בְּכֹלָּא. וְכֹלָּא זָעָאן וְדָחֲלָן מִקַּמֵיהּ. דְּהָא כַּד אִתְבְּרֵי אָדָם אִתְבְּרֵי בְּדִיוּקְנָא עִלָּאָה. וְהֲווּ מִסְתַּכְּלָן בְּהַהוּא דִּיוּקְנָא וְזָעָאן וְדָחֲלָן מִקַּמֵּיהּ. וּלְבָתַר אָעִיל לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּגִנְתָּא דְעֵדֶן לְאִתְעַדְּנָא תַּמָּן בְּעִדּוּנִין עִלָאִין. וְהֲווּ מַלְאָכִין עִלָּאִין סָחֲרִין לֵיהּ וּמְשַׁמְּשִׁין קַמֵּיהּ. וְרָזִין דְּמָרֵיהוֹן הֲווּ אוֹדְעִין לֵיהּ.

תָּא חֲזֵי, בְּשַׁעֲתָא דְּאָעִיל לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְגִנְתָּא דְעֵדֶן, הֲוָה חָמֵי וְאִסְתַּכַּל מִתַּמָּן כָּל רָזִין עִלָּאִין וְכָל חָכְמְתָא. בְּגִין לְמִנְדַע וּלְאִסְתַּכָּלָא בִּיקָרָא דְּמָרֵיהּ.

שִׁבְעָה הֵיכָלִין מְדוֹרִין אִנּוּן לְעֵילָא דְּאִנּוּן רָזָא דִּמְהֵימְנוּתָא עִלָּאָה. וְשִׁבְעָה הֵיכָלִין אִנּוּן לְתַתָּא (כגוונא דלהון חד לקביל חד. שבעה מדורין דהיכלין אנון לתתא) כְּגַוְונָא דִלְעֵילָא. וְאִנּוּן שִׁית כְּגַוְונָא עִלָּאָה וְחַד טָמִיר וְגָנִיז אִיהוּ לְעֵילָא. וְכָל אִלֵּין אִנּוּן בְּרָזָא עִלָּאָה. בְּגִין דְּכָל הָנִי הֵיכָלִין אִית בְּהוּ כְּגַוְונָא דִלְעֵילָא. וְאִית בְּהוּ כְּגַוְונָא דִלְתַתָּא. לְמֶהֱוֵי כָּלִיל בְּדִיוּקְנָא דְרָזָא דִלְעֵילָא וּבִדִיוּקְנָא דְרָזָא דִלְתַתָּא, וּבְהוּ הֲוָה דִּיּוּרֵיהּ דְּאָדָם.

וּלְבָתַר דְּאִתְתָּרַךְ מִגִּנְתָּא דְעֵדֶן אַתְקִין לוֹן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְנִשְׁמַתְהוֹן דְּצַדִּיקַיָא לְאִשְׁתַּעְשְׁעָא בְּהוּ כְּדְקָא חָזֵי מִזִּיוָא דִּיקָרָא עִלָּאָה. וְכָל חַד וְחַד אִתְתַּקַּן כְּגַוְונָא דִלְעֵילָא וּכְגַוְונָא דִלְתַתָּא כְּמָה דְאוֹקִימְנָא. הֵיכָּלָא קַדְמָאָה. אֲתַר דְּאִיהוּ מִתְתַּקַּן לְתַתָּא לְמֶהוֵי כְּגַוְונָא דִלְעֵילָא. וְהָא אִתְעָרוּ חַבְרַיָיא נִמּוּסֵי דְּגִנְתָּא דְעֵדֶן כְּמָה דְּאִיהוּ בְּרָזָא עִלָּאָה (דאיהו מתקן לגו, גו טמירא דרזא דלתתא גניז וסתים מכל) (נ''א ואיהו מתתקן לגו וסתים מכולא) וְלָא שָׁלְטָא בֵּיהּ עֵינָא. בַּר נִשְׁמַתְהוֹן דְּצַדִּיקַיָיא. לְמֶהֱוִי
(Ⅰ)

*****

[38b]  
[...] participent du ciel et de la terre et pour qu’elles puissent y méditer sur les mystères de leur Maître, en y jouissant des charmes célestes. Les justes dont les âmes y trouvent accès sont ceux qui ne renient leur Maître sous la pression d’aucune menace.
Il est écrit (Prov. , XII, 4) : « Une femme vaillante est la couronne de son mari. » Dans ce verset est exprimé le mystère de la Foi. L’homme doit toujours rester attaché à son Maître, le craindre constamment et ne jamais dévier ni à droite ni à gauche ; ainsi que nous venons de le dire, l’homme ne doit jamais céder à la pression des menaces et ne jamais renier son Maître par une crainte qui est appelée « femme adultère » ; c’est pourquoi l’Écriture dit (Prov. , VII, 4 et 5) : « Dites à la « Sagesse » : vous êtes ma sœur ; et appelez l’ « Intelligence » (Bina) votre amie, afin qu’elle vous défende de la femme étrangère, de l’étrangère qui se sert d’un langage doux. » Dans ce palais se trouvent des âmes destinées à monter plus haut. Car, lorsque les âmes des justes quittent ce monde, elles entrent dans ce palais situé dans l’Éden inférieur ; elles y restent tout le temps nécessaire pour leur préparation à monter dans l’Éden supérieur. Dans chacun des palais de l’Éden inférieur se trouvent donc des âmes ayant déjà la forme de celles de l’Éden supérieur, et d’autres ayant la forme de celles de l’Éden inférieur.
Car, dans l’Éden inférieur, les âmes sont enveloppées de vêtements dont l’essence correspond au lieu ; les âmes jouissent de ces enveloppes dont elles sont entourées aussi longtemps que dure leur séjour dans ces palais. Mais dès qu’arrive le moment de monter à une Région supérieure, elles sont dépouillées de leur enveloppe. Malgré cette enveloppe, les âmes peuvent voir les formes célestes et contempler la gloire de leur Maître. Dans ce palais, les âmes peuvent également contempler la lumière qui se dégage des âmes des convertis, qui montent et descendent ; chaque fois, avant de monter, ces âmes s’entourent d’une enveloppe d’une lumière éclatante, mais à peine accessible à l’œil des autres âmes. Ce palais est plus splendide que les pierres précieuses et que l’or. Il est pourvu d’une porte qui conduit à la porte de l’enfer. C’est à travers cette porte que les justes aperçoivent les coupables qui ont refusé d’entrer dans l’Alliance sacrée et dont les âmes ont été violemment jetées, par les Anges destructeurs, dans l’enfer où elles sont brûlées. A la vue de ces tourments, les âmes des convertis se réjouissent d’y avoir échappé elles-mêmes.
C’est également par cette porte que là lumière du palais pénètre trois fois par jour dans l’enfer pour apporter aux coupables quelque soulagement dans leurs tourments. A la tête des âmes résidant dans ce palais se trouvent celles d’Abdias, d’Onkelos le Converti et d’autres convertis. Le rang dans lequel sont placées les âmes, dans ce palais de l’Eden inférieur, est également conservé dans le palais de l’Éden supérieur, lorsque les âmes sont jugées dignes d’y être couronnées. Le second palais est plus reculé que le premier dans l’intérieur de la région du Jardin de l’Éden. Il est situé à côté du tombeau des patriarches. Ce palais répand une lumière plus éclatante que le premier et qui dépasse en splendeur l’éclat de toutes les pierres précieuses. Ce palais est éclairé par une lumière colorée de toutes les couleurs, qui projette des rayons de haut en bas. Ce palais est le séjour de ceux qui, pour le salut de leurs âmes, ont souffert moralement et physiquement en ce bas monde et qui pourtant ont rendu chaque jour grâce à leur Maître, sans jamais négliger la prière. Ce palais est la résidence de ceux qui ont sanctifié de toutes leurs forces le nom de leur Maître et qui ont répondu (65) de toutes leurs forces la formule liturgique : « Amen ! que son grand nom soit béni. » Ce sont les âmes des hommes mentionnés qui séjournent dans ce palais et qui sont éclairées par cette lumière composée de toutes les couleurs. A travers cette lumière, elles reçoivent d’autres lumières, soit unies, soit désunies entre elles.
Au-dessus de ces âmes, se tient le Messie qui arrive dans ce palais pour en faire monter les âmes au troisième palais. Dans ce palais séjournent les âmes de ceux qui, durant leur vie, ont souffert extrêmement à la suite de très, graves maladies (66), ainsi que les âmes des jeunes enfants, morts avant de devenir adultes. Séjournent également dans ce palais les âmes de ceux qui, durant leur vie, se sont affligés et ont répandu des larmes à cause de la destruction du Temple. Toutes les âmes des hommes mentionnés séjournent dans ce troisième palais. Le Messie les console, les élève de ce palais et les introduit au quatrième palais. Dans ce palais séjournent les âmes de tous ceux qui portaient le deuil de Sion et de Jérusalem, ainsi que les âmes de ceux qui ont été tués par les peuples païens. A la vue de ces âmes, le Messie s’afflige et pleure [...]

גְּלִיפָן לְעֵילָא וְתַתָּא. וּלְאִסְתַּכָּלָא מִתַּמָּן בְּרָזָא דְמָרֵיהוֹן וּבְעִנּוּגָא דִלְעֵילָא.

וְאִלֵּין אִנּוּן צַדִּיקַיָא דְּלָא אַחְלְפוּ יְקָרָא דְמָרֵיהוֹן בְּגִין דַּחֲלָא אָחֳרָא. כְּתִיב, (משלי י״ב:ד׳) אֵשֶׁת חַיִל עֲטֶרֶת בַּעֲלָהּ, רָזָא דִּמְהֵימְנוּתָא לְאִתְדַּבְּקָא בַּר נָשׁ בְּמָרֵיהּ וּלְדָחֲלָא מִנֵּיהּ תָּדִיר וְלָא יִסְטֵי לְיָמִינָא וּשְׂמָאלָא. וְהָא אוֹקִימְנָא דְּלָא יְהַךְ בַּר נָשׁ בָּתַר דַּחֲלָא אָחֳרָא דְּאִקְרֵי אֵשֶׁ''ת זְנוּנִי''ם. וּבְגִין כָּךְ כְּתִיב, (משלי ז׳:ה׳) לִשְׁמָרְךָ מֵאִשָּׁה זָרָה מִנָּכְרִיָּה אֲמָרֶיהָ הֶחלִיקָה.

הֵיכָלָא דָא קָאִים בְּדִיוּקְנָא דְרָזָא עִלָּאָה. בְּגִין דְּכַד נִשְׁמָתִין דְּצַדִּיקַיָא נָפְקֵי מֵהַאי עָלְמָא, עָאלִין גּוֹ אִלֵּין הֵיכָלִין דִּי בְּגִנְתָּא דְעֵדֶן דִּלְתַתָּא. וְתַמָּן (עאלין) יָתְבִין כָּל חַד וְחַד כָּל הַהוּא זִמְנָא דְאִצְטְרִיכָא נִשְׁמָתָא לְמֵיתַב תַּמָּן.

וּבְכָל הֵיכָלָא וְהֵיכָלָא אִית דִּיוּקְנִין כְּגַוְונָא (עלאה) דִלְעֵילָא וּדְיוֹקְנִין כְּגַוְונָא (תתאה) דִלְתַתָּא. וְתַמָּן אִתְלַבְּשַׁת נִשְׁמָתָא בִּלְבוּשִׁין כְּגַוְונָא דְהַאי עָלְמָא. וְאִתְעַדְנַת תַּמָּן כָּל הַהוּא זִמְנָא דְאִצְטְרִיכַת עַד דְּמָטֵי זִמְנָא לְסַלְקָא לְאֲתַר עִלָּאָה כְּמָה דְאִצְטְרִיךְ. וּמִגּוֹ הַהוּא מָאנָא דְּאִתְלַבְּשַׁת בֵּיהּ חָמַאת דִּיוּקְנִין עִלָּאִין לְאִסְתַּכָּלָא בִּיקָרָא דְּמָרֵיהוֹן.

בְּהַאי הֵיכָלָא אִית נְהוֹרִין עִלָּאִין לְאִסְתַּכָּלָא. בְּנִשְׁמַתְהוֹן דְּאִנּוּן גִּיּוֹרִין דְּאִתְגַּיְירוּ קָיְימִין תַּמָּן וְעָאלִין תַּמָּן לְאִסְתַּכָּלָא בִּיקָרָא עִלָּאָה וּמִתְלַבְּשָׁן תַּמָּן בִּלְבוּשָׁא חָדָא דִּנְהוֹרָא דְּנָהִיר וְלָא נָהִיר. וְהַהוּא הֵיכָלָא מַקְפָא מֵאֶבֶן טָבָא וְדַהֲבָא.

וְתַמָּן אִיהוּ פִּתְחָא חָדָא דְּנָחִית לָקֳבֵל פִּתְחָא דְּגֵיהִנֹּם. מִתַּמָּן מִסְתַּכְּלָן בְּכָל אִנּוּן חַיָּיבֵי (דישראל) (נ''א דעובדי עבודה זרה) דְּלָא עָאלוּ בִּבְרִית קַיָּימָא קַדִּישָׁא וְאִתְתְּרָכוּ בְּאִנּוּן מַלְאֲכֵי חַבָּלָה דְּטָרְדֵי לוֹן בְּנוּרָא דְּדָלִיק. וְאִנּוּן חָמָאן וְחָדָאן עַל דְּאִתְגַּיְירוּ.

וּתְלַת זִמְנִין בְּיוֹמָא נָהֲרִין מִגּוֹ נְהִירוּ עִלָּאָה וּמִשְׁתַּעְשְׁעָן תַּמָּן. וְעֵילָא מִנְּהוֹן עוֹבַדְיָה וְאֻנְקְלוֹס גִּיּוֹרָא וּשְׁאָר גִּיוֹרִין דְּאִתְגַּיְירוּ. כְּגַוְונָא דָא לְעֵילָא כַּד זָכָאן לְסַלְּקָא נִשְׁמַתְהוֹן לְאִתְעַטְּרָא תַּמָּן:

הֵיכָלָא תִנְיָינָא. הֵיכָלָא דָא קַיְימָא לְגוֹ מֵהַאי הֵיכָלָא קַדְמָאָה, וְהַאי (פתחא איהו סמיך לגו מערתא) (נ''א היכלא סמיך למערתא) דְּאֲבָהָן. וְהַאי הֵיכָלָא נָהִיר מִקַּדְמָאָה. הָכָא אִית כָּל אֲבָנִין יַקִּירִין דְּמַקְפָן לֵיהּ.

בְּגוֹ דְּהַאי הֵיכָלָא, אִית נְהִירוּ חַד כָּלִיל מִכָּל גְּוָונִין וְאִיהוּ נָהִיר מֵעֵילָא לְתַתָּא. בְּהַאי הֵיכָלָא קַיָּימִין (כל) אִנּוּן דְּסָבְלוּ יִסּוּרִין וּמַרְעִין בְּהַאי עָלְמָא בְּגִין לְאִתְתַּקְּנָא. וְהֲווּ מוֹדָן וּמְשַׁבְּחָן לְמָרֵיהוֹן כָּל יוֹמָא. וְלָא הֲווּ מְבַטְּלִין צְלוֹתַיְיהוּ לְעָלְמִין.

לְגוֹ מֵהַאי הֵיכָלָא קַיָּימִין כָּל אִנּוּן דִּמְקַדְּשִׁין (בכל יומא) בְּכָל חֵילָא שְׁמָא דְמָרֵיהוֹן וְאֲתִיבוּ אָמֵן יְהֵא שְׁמֵיהּ רַבָּא מְבָרַךְ בְּכָל חֵילָא. וְאִלֵּין אִנּוּן קַיָּימִין לְגוֹ בְּגוֹ הַאי הֵיכָלָא. וְהַהוּא נְהוֹרָא דְּכָלִיל כָּל גְּוָונִין נָהִיר לוֹן. מֵהַהוּא נְהִירוּ קַיָּימִין וְחָמָאן נְהוֹרִין אָחֳרָנִין דְּאִתְאַחֲדָן וְלָא אִתְאַחֲדָן בְּגַוַּויְיהוּ. וְעֵילָא מִנְּהוֹן מָשִׁיחַ דְּאִיהוּ עָאל וְקָאִים בֵּינַיְיהוּ וְנָחִית לוֹן.

אִיהוּ נָטִיל מֵהַאי הֵיכָלָא וְעָאל בְּהֵיכָלָא תְּלִיתָאָה וְתַמָּן כָל אִנּוּן בְּנֵי מַרְעִין וּכְאֵבִין יַתִּיר וְכָל אִנּוּן דַּרְדְּקֵי דְבֵי רַבָּן דְּלָא אַשְׁלִימוּ יוֹמִין. וְכָל אִנּוּן דְּעֲצֵבִין עַל חָרוּב בֵּי מַקְדְּשָׁא (ואושידו) וְהֲווּ אוֹשְׁדִין דִּמְעִין. כֻּלְהוֹן קַיָּימִין בְּהַהוּא הֵיכָלָא, וְאִיהוּ מְנַחֵם לוֹן.

וְנָטִיל מֵהַאי הֵיכָלָא וְעָאל בְּהֵיכָלָא רְבִיעָאָה, וְתַמָּן כָּל אִנּוּן אֲבֵלֵי צִיּוֹן וִיְרוּשָׁלַ ם וְכָל אִנּוּן קָטוֹלֵי דִּשְׁאָר עַמִין עוֹבְדֵי עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת. וְאִיהוּ שָׁרֵי וּבָכֵי.
(Ⅰ)

*****

[39a]  
[...] , et tous les chefs de la souche de David s’assemblent autour de lui et le consolent. Le Messie continue à pleurer jusqu’à ce que sa voix, montant en haut, s’unit à la « Voix » par excellence. Il reste dans ce quatrième palais jusqu’à la néoménie. Lorsque le Messie descend pour entrer dans ce quatrième palais, il est accompagné de plusieurs rayons de lumière qui guérissent et éclairent les âmes de tous ceux qui ont été tués, qui ont souffert ou qui ont été à la peine pour le Messie. Le Messie s’entoure alors d’un manteau de pourpre sur lequel sont dessinés les noms de tous ceux qui ont été tués par les peuples païens à cause de lui. Ce manteau de pourpre s’élève alors en haut et communique l’empreinte de ces noms à la pourpre du Roi céleste. Il arrivera un jour où le Saint, béni soit-il, s’enveloppera de ce manteau de pourpre pour juger les peuples, ainsi qu’il est écrit (Ps. , CX,6) : « Il exercera son jugement au milieu des nations. » En attendant ce jour, le Messie visite les martyrs pour les consoler. Il est accompagné de nombreux rayons de lumière et de nombreuses légions d’anges, pour entourer et pour charmer les âmes des martyrs. C’est également dans ce palais que résident les dix grands maîtres d’Israël, tels que (67) Rabbi Aqiba et ses collègues et autres, qui tous y acquièrent le don de voir la réverbération de cette Lumière glorieuse et, suprême dont l’Écriture dit « Aucun œil ne l’a jamais vue, hors vous seul, ô Dieu. »
Le cinquième palais est le séjour des pénitents véritables qui, étant venu à résipiscence, se sont convertis et ont rendu leur âme à l’état de pureté. Ce palais est également le séjour de ceux qui ont sanctifié le nom de leur Maître en courant au-devant de la mort pour la gloire de Dieu. A la porte de ce palais se tient Manassès, roi de Juda, dont le Saint, béni soit-il, a agréé la pénitence, en lui tendant la main. Sont également reçues dans ce palais les âmes de ceux qui, à l’heure de leur mort, ont éprouvé un regret des mauvaises actions commises ; les âmes de ceux-ci partagent tous les jours les jouissances célestes avec les autres âmes de ce palais. Trois fois par jour, une lumière céleste pénètre dans ce palais qui charme chacune des âmes selon son degré de sainteté. Chacune des âmes de ce palais se brûle à la lumière qui se dégage du dais de sa voisine, aussi bien de sa voisine supérieure que de sa voisine inférieure. Ce palais est supérieur aux quatre palais susnommés ; même les justes parfaits ne peuvent y pénétrer et encore moins y séjourner. Ainsi que l’on voit, les pénitents occupent au ciel un rang supérieur à celui des justes parfaits, excepté toutefois les zélateurs dont les âmes sont assises au rang le plus élevé.
Le sixième palais est le séjour des âmes des zélateurs. Ce palais est supérieur à tous les autres palais auxquels les âmes ont accès. Ne peuvent pénétrer dans ce palais que les zélateurs saints, ainsi que tous ceux qui aiment leur Maître d’un amour véritable. A la porte de ce palais se tiennent tous ceux qui, durant leur vie, ont, chaque jour, proclamé l’unité de leur Maître. Ceux-là se tiennent à la porte pour que, lorsque le moment arrivera de sortir de ce palais pour monter dans les palais de l’Éden ils en sortent les premiers. A l’une des portes de ce palais se tient Abraham, qui est la main droite du Saint, béni soit-il. A l’autre porte se tient Isaac qui a été lié sur l’autel et offert en holocauste parfait an Saint, béni soit-il. A la troisième porte se tient Jacob entouré des douze chefs des tribus, au-dessus desquels plane la Schekhina. Chaque fois qu’Israël est en détresse, les trois patriarches s’ébranlent et implorent la Schekhina pour qu’elle le protège ; alors la Schekhina descend, pose une couronne sur sa tête et protège Israël. De même qu’il y a des palais en bas, dans le Jardin de l’Éden, de même il y en a en haut qui complètent ceux d’en bas où est renfermé le mystère de la Foi. Tous les six palais précités sont ramifiés entre eux et ont pour centre le septième palais. Le septième palais est plus secret et plus mystérieux que tous les autres. Au milieu de ce palais s’élève une colonne [...]

וּכְדֵין כָּל אִנּוּן נְשִׂיאִין דְּזַרְעָא דְּדָוִד כֻּלְהוּ אֲחִידָן בֵּיהּ וּמְנַחֲמִין לֵיהּ.

שָׁארֵי תִּנְיָינוּת וּבָכֵי עַד דְּקָלָא נָפִיק וּמִתְאַחֵד בְּהַהוּא קָלָא וְסָלִיק לְעֵילָא וְאִשְׁתָּהֵי תַּמָּן עַד רֵישׁ יַרְחָא. וְכַד נָחִית נָחֲתֲין עִמֵּיהּ כַּמָּה נְהוֹרִין וְזִיוִין מְנַהֲרִין לְכָל אִנּוּן הֵיכָלִין וְאַסְוָותָא וּנְהוֹרָא לְכָל אִנּוּן קָטוֹלִין וּבְנִי מַרְעִין וּמַכְאוֹבִין דִּסְבִילוּ עִמֵּיהּ דְּמָשִׁיחַ.

וּכְדֵין פּוּרְפִּירָא לָבִישׁ. וְתַמָּן חֲקִיקִין וּרְשִׁימִין כָּל אִנּוּן קָטוֹלֵי דִּשְׁאָר עַמִין עוֹבְדֵי עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת בְּהַהוּא פּוּרְפִּירָא. וְסָלִיק הַהוּא פּוּרְפִּירָא לְעֵילָא וְאִתְחַקַּק תַּמָּן גּוֹ פּוּרְפִּירָא עִלָּאָה דְמַלְכָּא. וְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא זַמִּין לְאַלְבָּשָׁא הַהוּא פּוּרְפִּירָא וּלְמֵידַן עַמִּין דִּכְתִיב, (תהלים קי) יָדִין בַּגּוֹיִם מָלֵא גְוִיּוֹת. עַד דִּי אֲתָא וְנָחִים לוֹן וְנָחֲתִין עִמֵּיהּ (כמה) נְהוֹרִין וְעִדּוּנִין לְאִתְעַדְּנָא וְכַמָּה מַלְאָכִין וּרְתִיכִין עִמֵּיהּ. כָּל חַד וְחַד בְּמַלְבּוּשָׁא (נ''א ובידא דכל חד וחד מלבושא) לְאִתְלַבְּשָׁא בְּהוּ כָּל אִנּוּן נִשְׁמָתִין דְּקָטוֹלִין וְתַמָּן מִתְעַדְּנִין כָּל הַהוּא זִמְנָא דְאִיהוּ סָלִיק וְנָחִית.

לְגוֹ מֵהַאי הֵיכָלָא קַיְימֵי גּוֹ דַּרְגָא עִלָּאָה אִנּוּן עֲשָׂרָה רַבְרְבִין מְמַנָּן (כגון) רַבִּי עֲקִיבָא וְחַבְרוֹי. וְכֻלְהוּ סַלְקֵי בִּסְלִיקוּ. גוֹ אַסְפַּקְלַרְיָאָה דִּלְעֵילָא, וְנָהֲרִין בְּזִיו יְקָרָא עִלָּאָה. עֲלַיְיהוּ כְּתִיב (ישעיה סד) עַיִן לֹא רָאָתָה אֱלֹהִים זוּלָתְךָ יַעֲשֶׂה לִמְחַכֵּה לוֹ:

בְּהֵיכָלָא חֲמִישָׁאָה קַיָּימִין כָּל אִנּוּן מָארֵיהוֹן דִּתְיוּבְתָּא שְׁלֵימְתָּא דְּתָבוּ מֵחֲטָאֵיהוֹן וְאִתְנַחֲמוּ בְּהוּ וְנָפְקַת נִשְׁמָתַיְיהוּ בְּדַכְיוּ (וכל אנון מאריהון דתיובתא) וְכָל אִנּוּן דְּקַדִּישׁוּ שְׁמָא דְּמָרֵיהוֹן וְקַבִּילוּ עֲלַיְיהוּ מוֹתָא. וּבְתַרְעָא דְהַאי הֵיכָלָא (פתחא) קָאִים מְנַשֶּׁה מֶלֶךְ יְהוּדָה דְּקָבִּיל לֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בִּתְיוּבְתָּא שְׁלֵימְתָּא וְחֲתַר לֵיהּ חֲתִירָא לְקַבְּלָא לֵיהּ.

וּלְגוֹ מֵהַאי הֵיכָלָא קַיָּימִין כָּל אִנּוּן מָארֵיהוֹן דִּתְיוּבְתָּא תַּקִּיפָא. דְּנִשְׁמַתְהוֹן נָפְקַת בְּשַׁעֲתָא דְּאִתְמַרְמְרוּ עַל עוֹבָדֵיהוֹן. וְאִלֵּין מִתְעַדְּנִין בְּעִדּוּנָא עִלָּאָה בְּכָל יוֹמָא וְיוֹמָא. וּתְלַת זִמְנִין בְּיוֹמָא נְהִירוּ עָאל בְּהַהוּא הֵיכָלָא דְּמִתְעַדְּנִין בֵּיהּ כָּל חַד וְחַד כְּדְקָא חָזֵי לֵיהּ. וְכָל חַד נִכְוָה מִנְהִירוּ דְּחוּפָּה דְּחַבְרֵיהּ בֵּין לְתַתָּא בֵּין לְעֵילָא. הַאי הֵיכָלָא קַיְימָא עַל אִנּוּן הֵיכְלֵי תַּתָּאֵי. וְאֲפִילּוּ צַדִּיקִים גְּמוּרִין לָא יָכְלִין לְאַעֲלָאָה בְּגוֹ (ההוא) הַאי הֵיכָלָא וּלְמֵיקַם בֵּיהּ. וְהַאי אִיהוּ דַרְגָּא עִלָּאָה עַל כֹּלָּא (ביה) בַּר דַּרְגָא דְּחֲסִידֵי דְּאִיהוּ דַרְגָא עִלָּאָה עַל כֹּלָּא:

הֵיכָלָא שְׁתִיתָאָה הֵיכָלָא דָא הֵיכָלָא דְּחֲסִידֵי. הֵיכָלָא דָא הֵיכָלָא עִלָּאָה עַל כֹּלָּא. וְהַאי הוּא הֵיכָלָא דְקַיְימָא עַל כֹּלָּא. הֵיכָלָא דְיָמִינָא לֵית מָאן דְּיָקִים בֵּיהּ. אֶלָּא אִנּוּן חֲסִידִים קַדִּישִׁין וְכָל אִנּוּן דִּמְרַחֲמֵי לְמָרֵיהוֹן בִּרְחִימוּ סַגֵּי. וּלְפִתְחָא דְהַאי הֵיכָלָא קַיְימָא כָּל אִנּוּן דִּמְיַחֲדֵי יִחוּדָא דְמָרֵיהוֹן בְּכָל יוֹמָא. וְאִלֵּין עָאלִין בְּהַאי הֵיכָלָא וּזְמִינִין לְסַלְּקָא בְּקַדְמִיתָא.

וְעֵילָא מֵהַאי פִּתְחָא אַבְרָהָם יָמִינָא דְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. וּלְפִתְחָא אָחֳרָא קַיְימָא יִצְחָק דְּאִתְעַקַּד עַל גַּבֵּי מַדְבְּחָא וְהֲוָה קָרְבָּנָא שְׁלִים קַמֵּיהּ דְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. וּלְפִתְחָא אָחֳרָא לְגוֹ קַיְימָא יַעֲקֹב שְׁלֵימָא וּתְרֵיסַר שְׁבָטִין סַחֲרָנֵיהּ וּשְׁכִינְתָּא עַל רֵישַׁיְיהוּ.

וְכַד יִשְׂרָאֵל בְּעָקוּ אִתְעָרוּ תְּלַת אַבָּהָן וּמִתְעָרֵי לָהּ לִשְׁכִינְתָּא לְאַגָּנָא עֲלַיְיהוּ. וּכְדֵין אִיהִי סַלְקָא וְאִתְעַטְּרָא לְעֵילָא וְאַגָּנָא עֲלַיְיהוּ דְיִשְׂרָאֵל. וּכְמָה דְּאִית הֵיכָלִין לְתַתָּא בְּגִנְתָּא דְעֵדֶן, הָכִי נָמֵי לְעֵילָא אִית הֵיכָלִין מְתַקְּנָן דְּאִנּוּן רָזָא דִמְהֵימָנוּתָא. וְכָל (אנון) הָנִי הֵיכָלִין כֻּלְהוּ מִתְקַשְּׁרָן וּמִתְעַטְּרָן בְּחַד הֵיכָלָא דְּאִיהוּ

הֵיכָלָא שְׁבִיעָאָה וְהַאי הֵיכָלָא אִיהוּ גָּנִיז וְסָתִים מִכָּל שְׁאָר הֵיכָלִין. בְּאֶמְצָעִיתָא דְּהַאי הֵיכָלָא קָאִים חַד עַמּוּדָא
(Ⅰ)

*****

[39b]  
[...] multicolore : vert, blanc, rouge et noir. Lorsque les âmes quittent le monde, elles sont introduites pour un instant dans ce palais. Telle âme qui voit telle couleur de la colonne, est placée dans le palais qui correspond à cette couleur ; une autre âme aperçoit telle autre couleur de la colonne, et elle est placée dans le palais qui correspond à cette autre couleur, et ainsi de suite. Les six palais précités sont destinés au séjour des âmes, mais le septième ne l’est pas, les âmes n’y étant introduites que pour un instant. Le nom de Seth exprime le mystère de ces six palais.
C’est pourquoi l’Écriture dit « Bereschith », qui signifie « Bara schith » (créa six) ; c’est une allusion aux six palais formant les six degrés d’en bas ; tous sont compris dans le même mystère.
Remarquez que la Genèse commence par le mot « Bereschith ». Rabbi Yehouda dit. Il y avait deux Temples, l’un était d’en haut, l’autre d’en bas. Il y a également, dans le nom de Jéhovah, deux Hé, dont l’un est d’en haut et l’autre d’en bas, et tous les deux sont un. La lettre Beth (b) a ceci de particulier qu’elle représente la forme d’une maison à porte ouverte ; et si l’on tourne la lettre dans tous les sens sa porte est également ouverte dans tous les sens.
C’est pourquoi l’Écriture commence par le mot « Bereschith », ce qui veut dire « Beth reschith », c’est-à-dire : Celui qui est la Porte symbolisée par la lettre Beth constitue le commencement et la base (reschith) de tout l’édifice (baith). Rabbi Isaac dit au nom de Rabbi Éléazar : Par le mot « Bereschith », l’Écriture désigne cette figure qui est la synthèse de toutes les autres et à laquelle font allusion les paroles de l’Écriture (Ez. , I, 28) : «Telle fut cette image de la gloire du Seigneur » ; c’est l’image dans laquelle sont concentrées les six autres. Le mot « Bereschith » peut donc s’interpréter de cette façon : « Be-reschith bara schith », c’est-à-dire : c’est par la Figure par excellence, « Bereschith », que Dieu créa les six autres figures, « Bara schith ».
Rabbi Yossé a ouvert une de ses conférences par l’exorde suivant : Il est écrit (Cant. , II, 12) : « Les fleurs paraissent sur la terre ; le temps de chanter est venu, et la voix de la tourterelle s’est fait entendre dans notre pays. » « Les fleurs » désignent les six degrés ; « paraissent sur la terre » désignent les six degrés de l’Éden d’en bas qui correspondent à ceux de l’Éden d’en haut ; « le temps de chanter est venu », signifient que c’est seulement par la connaissance des six degrés que l’homme devient apte à chanter les louanges de Dieu, ainsi qu’il est écrit (Ps. , XXX, 13) : «... Afin qu’au milieu de ma gloire je chante vos louanges. » C’est pourquoi ce chapitre des Psaumes commence par le mot « cantique » ; et nous savons par la tradition que tous les Psaumes qui commencent par les mots « cantique de David » n’ont été chantés par David qu’après qu’ils lui ont été inspirés par la Schekhina (68).

Rabbi Abba dit : Tout dans le monde est divisé en deux parties dont l’une est visible et l’autre invisible. Ce qui est visible n’est que le reflet de ce qui est invisible. Ainsi les six jours célestes ont produit des choses invisibles ; les six jours de la création d’ici-bas ont produit des choses visibles. Tel est le sens des paroles de l’Écriture : « Be-reschith bara Élohim », ce qui veut dire : « Bereschith » a donné naissance à Élohim, car Élohim c’est le nom sacré visible. « Be-reschith » est en haut ; Élohim est son image en bas. Ainsi toutes les œuvres du Saint, béni soit-il, ont leur reflet ici-bas. De même que « Bereschith » est reflété en Élohim ici-bas, de même le ciel est reflété dans la terre ; le ciel invisible devait nécessairement avoir un reflet visible, et c’est la terre ; c’est pourquoi l’Écriture dit : « Eth haschamaïm ve eth ha-aretz » : Le ciel a produit la terre, qui en est la partie visible.
Il est écrit : « Et la terre était thohou et bohou. » Ce verset a été déjà expliqué par nous. La « terre » désigne la terre supérieure qui n’a point de lumière qui lui soit propre. L’Écriture ajoute « était », ce qui veut dire qu’elle existait déjà autrefois, mais qu’au moment de la création elle se trouvait à l’état de thohou et bohou. Enfin l’Écriture dit : « Et les ténèbres... », pour nous indiquer que la terre ayant demandé, au moment de la création, d’être diminuée par rapport à la terre préexistante, Dieu en a également diminué la lumière. L’Écriture énumère : Thohou, Bohou, Ténèbres, Esprit ; ce sont les quatre éléments formant la base du monde. Une autre version dit « ve eth ha-aretz » : c’est la terre d’en bas qui est divisée en plusieurs compartiments, différents de ceux d’en haut. C’est à quoi fait allusion le verset : Et la terre était thohou, bohou, ténèbres et esprit ; et voici les sept compartiments dont les noms sont : « Eretz », « Adama », « Ghée », « Nesia », « Çia », « Arqa. », « Thebel ». La plus grande de toutes c’est « Thebel », ainsi qu’il est écrit (Ps., IX, 9) : « Et il [...]

דְּאִיהוּ בִּגְוָונִין סַגִּיאִין יָרוֹק חִוָּור סוּמָק אוּכָם. וְכַד נִשְׁמָתִין סָלְקִין אִנּוּן עָאלִין גּוֹ הַאי הֵיכָלָא. מָאן דְּאִתְחַזֵּי לְהַאי גַּוָּון סָלִיק בֵּיהּ. וּמָאן דְּאִתְחַזֵּי לְהַאי גַּוָון סָלִיק בֵּיהּ. כָּל חַד וְחַד כְּדְקָא חָזֵי לֵיהּ.

וְאִלֵּין שִׁית הֵיכָלִין אִנּוּן לְמָדוֹרָא כִּדְאֲמָרָן. וּשְׁבִיעָאָה לָאו אִיהוּ לְמָדוֹרָא. וְשִׁית כֹּלָּא בְּרָזָא דְשֵׁת. וְעַל דָּא כְּתִיב בָּרָא שִׁית. שִׁית דַּרְגִּין לְעֵילָא שִׁית דַּרְגִּין לְתַתָּא וְכֹלָּא רָזָא חָדָא.

תָּא חֲזֵי, בְּרֵאשִׁית. רַבִּי יְהוּדָה אָמַר תְּרֵין בָּתִּין הֲווּ, בַּיִת רִאשׁוֹן וּבַיִת שֵׁנִי. דָּא עִלָּאָה וְדָא תַּתָּאָה. תְּרֵין הֵהִי''ן אִנּוּן, דָּא עִלָּאָה וְדָא תַּתָּאָה וְכֻלְהוּ חַד. ב' עִלָּאָה פָּתְחָא תַּרְעִין לְכָל סִטְרָא. דְּהָכִי הוּא דְּכָלִיל דָּא בְּדָא. רִאשִׁית. כְּדֵין הוּא רֵאשִׁית לְאָעֳלָא בְּחוּשְׁבְּנָא דְבִנְיָנָא.

רַבִּי יִצְחָק אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרֵאשִׁית דָּא כְּלָלָא דִּיוּקְנָא (ד''א דדיוקנא) דְּכָל דִּיוּקְנִין כְּלִילָן בֵּיהּ. דָּא רָזָא דִכְתִיב, (יחזקאל א׳:כ״ח) הוּא מַרְאֶה דְּמוּת כְּבוֹד יְיָ, חֵיזוּ דְּאִתְחַזּוּן בֵּיהּ שִׁית אָחֳרָנִין. וְדָא הוּא בְּרֵאשִׁית בָּרָא שִׁית.

תָּא חֲזֵי, כַּד עָאלִין בְהַאי חֵיזוּ שִׁית גְּוָונִין, הִיא אַתְקִינַת גַּרְמָא לְאַחֲזָאָה לוֹן וּלְמִפְעַל בְּהוּ אוּמָנוּתָא דְעָלְמָא. וְאִי תֵימָא דְּהַאי אוּמָנוּתָא דְעָלְמָא מִדַּרְגָא דָא הוּא. כְּתִיב בָּרָא שִׁית. שְׁבָחָא דְשִׁית אִיהוּ דְּעָבְדֵי אוּמָנוּתָא בְּהַאי.

רַבִּי יוֹסֵי פָּתַח (שיר השירים ב׳:י״ב) הַנִּצָּנִים נִרְאוּ בָאָרֶץ עֵת הַזָּמִיר הִגִּיעַ וְקוֹל הַתּוֹר נִשְׁמַע בְּאַרְצֵנוּ. הַנִּצָּנִים (נראו בארץ) דָּא הוּא רָזָא דְשִׁית דַּרְגִּין (גליון הרש''ב) עֲלָהּ וְאִיהִי שְׁבִיעָאָה. וְאִלֵין אִנּוּן שִׁיתּ דַרְגִין דַרְגָא דְאַבְרָהָם וְדַרְגָא דְיִצְחָק וְדַרְגָא דְיַעֲקֹב וְיָכִי''ן וּבוֹעַ''ז וְיוֹסֵ''ף כֻּלְהוּ אִתְחֲזוּ בְאַרְעָא דִכְתִיב נִרְאוּ בָאָרֶץ. בָּאָרֶץ דָא הִיא קַרְתָּא קַדִּישָׁא דְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל). נִרְאוּ בָאָרֶץ, בְּגִין דְּאִנּוּן דִּיוּקְנִין לְאִתְחַזָּאָה בְּהַאי דַרְגָּא. עֵת הַזָּמִיר הִגִּיעַ, דְּהָא כְּדֵין מְשַׁבַּח וּמְהַדַּר כְּמָה דְאַתְּ אָמֵר (תהילים ל׳:י״ג) לְמַעַן יְזַמֶּרְךָ כָבוֹד וְלֹא יִדּוֹם. וּבְגִין כָּךְ אִקְרֵי מִזְמוֹר כְּמָה דִּתְנִינָן דִּכְתִיב מִזְמוֹר לְדָוִד דְּשָׁארֵית עֲלֵיהּ שְׁכִינְתָּא בְּרֵישָׁא. וְדָא הוּא עֵת הַזָּמִיר הִגִּיעַ. רַבִּי חִיָּיא אָמַר דְּהָא כְּדֵין מָטָא זִמְנָא לְשַׁבְּחָא.

רַבִּי אַבָּא אָמַר עָלְמָא עִלָּאָה סָתִים וְכָל מִלּוֹי סְתִימִין. בְּגִין דְּקַיְימָא בְּרָזָא עִלָּאָה יוֹמָא דְּכָל יוֹמִין (רומא דכל רומין). וְכַד בָּרָא וְאַפִּיק, אַפִּיק אִלֵין שִׁית. וּבְגִין דְּאִיהוּ סָתִים דְּכָל מִלּוֹי סְתִימִין, אָמַר בְּרֵאשִׁית בָּרָא שִׁית יוֹמִין עִלָּאִין. וְלָא אָמַר מָאן בָּרָא לְהוֹן. בְּגִין דְּאִיהוּ עָלְמָא עִלָאָה סְתִימָא.

וּלְבָתַר גָּלֵי וְאָמַר לָן עֲבִידְתָּא תַּתָּאָה. וְאָמַר מָאן בְּרָא לֵיהּ, בְּגִין דְּאִיהוּ עָלְמָא דְּקָיְימָא בְּאִתְגַּלְּיָיא. וְאָמַר בָּרָא אֱלהִים אֶת הַשָּׁמַיִם וְאֶת הָאָרֶץ. וְלָא כְּתִיב בָּרָא סָתִים (ד''א בארח סתים) בָּרָא אֶת הַשָּׁמַיִם. בְּגִין דְּאִיהוּ עָלְמָא בְּאִתְגַּלְּיָא וְאָמַר בָּרָא אֱלֹהִים, אֱלהִים וַדַּאי שְׁמָא בְּאִתְגַּלְּיָא. קַדְמָאָה בִּסְתִימָא דְּאִיהוּ עִלָּאָה. תַּתָּאָה בְּאִתְגַּלְּיָא. לְמֶהֱוֵי תָּדִיר עוֹבָדָא דְקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא סָתִים וְגַלְּיָא. וְרָזָא דִשְׁמָא קַדִּישָׁא הָכִי הוּא סָתִים וְגַלְּיָא. אֶת הַשָּׁמַיִם לְאַסְגָּאָה שָׁמַיִם תַּתָּאֵי לְתַתָּא. וְאֶת הָאָרֶץ לְאַכְלָלָא אֶרְץ דִּלְתַתָּא. וּלְאַסְגָּאָה (לה) כָּל עוֹבָדָהָא כְּגַוְונָא דִלְעֵילָא:

וְהָאָרֶץ הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ כִּדְקָאֲמָרָן. וְהָאָרֶץ דָּא אֶרֶץ עִלָּאָה דְּלֵית לָהּ נְהוֹרָא מִגַּרְמָהּ. הָיְתָה. בְּקַדְמִיתָא כְּבָר הֲוַת כְּדְקָא יְאוּת. וְהַשְׁתָּא תֹּהוּ וָבֹהוּ וְחשֶׁךְ. הָיְתָה דַּיְיקָא. לְבָתַר אַזְעִירַת גַּרְמָהּ וְאַזְעִירַת נְהוֹרָא. תֹּהוּ וָבֹהוּ וְחשֶׁךְ וְרוּחַ אַרְבַּע יְסוֹדֵי עָלְמָא דְּאִשְׁתַּכְלְלוּ בָּהּ.

דָּבָר אַחֵר וְאֶת הָאָרֶץ כִּדְקָאֲמָרָן לְאַסְגָּאָה אַרְעָא דִלְתַתָּא דְּאִיהִי אִתְעֲבִידַת בְּכַמָּה מְדוֹרִין (נהורין) כֹּלָּא כְּגַוְונָא עִלָּאָה. וְדָא הוּא וְהָאָרֶץ הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ וְחשֶׁךְ וְרוּחַ. אִלֵין אִנּוּן מְדוֹרֵי אַרְעָא. אֶרֶץ. אֲדָמָה. גִּיא. נְשִׁיָּה. צִיָה. אַרְקָא. תֵבֵל. וְגָדוֹל שֶׁבְּכוּלָם תֵּבֵל דִּכְתִיב, (תהלים ט) וְהוּא
(Ⅰ)

*****



Page: 1

BERESCHITH>>