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Histoire et dogmes du Kantisme


Kantisme : Histoire et dogmes

La philosophie kantienne





La philosophie kantienne est une philosophie de la liberté, qui arrache l’Homme au déterminisme de la nature et de son passé pour le faire accéder à l’autonomie intellectuelle et morale. Elle récuse la théologie traditionnelle et le principe divin comme raison suffisante, cause explicative de l’Univers. Véritable critique du pouvoir de la raison et de sa capacité à produire des illusions, elle récuse les prétentions de la métaphysique à connaître ce qui n’est pas objet des sens mais besoin de la pensée, désir, aspirations légitimes de l’Homme.

Prenant sa source et trouvant son terme dans l’expérience humaine, dans le prolongement de Jean Jacques Rousseau, la pensée kantienne s’oriente vers la philosophie pratique et porte sur le rapport de l’expérience humaine (dans son unité et sa diversité) aux idées et aux concepts, repoussant ceux-ci lorsqu’ils tendent à enfermer, altérer ou réduire celle-ci. La philosophie n’est plus pour Kant un savoir qui pourrait sauver l’Homme ou qui le délivrerait de toutes choses, comme chez Platon ou Spinoza, mais une critique du savoir comme substitut de l’expérience.

Kant propose donc une nouvelle architecture métaphysique, théologique, épistémologique et morale fondée sur la liberté humaine. Véritable « révolution copernicienne » de la pensée, son œuvre immense parcourt aussi bien l’astronomie et la physique que le droit. Certains diront qu’elle est souvent réduite à une sèche mise en question de la métaphysique ou à une bien rigide morale, mais on ne peut ôter à Kant le mérite d’avoir cherché, en ce siècle des Lumières qui est celui de la critique, à faire de cette critique même une science. […]

Véritable rupture avec la tradition philosophique, la philosophie kantienne est elle-même fondatrice de toute une tradition de la pensée. Point de départ de l’idéalisme transcendantal de Fichte, de Schelling, de l’idéalisme absolu de Hegel, objet des critiques de Schopenhauer puis des sarcasmes de Nietzsche, la philosophie de Kant a tantôt été lue surtout comme une théorie de la connaissance (néopositivisme, école de Marburg, avec Paul Natorp et Hermann Cohen), tantôt principalement comme une philosophie morale. Par-delà la critique très forte de Hegel, la pensée contemporaine a connu un retour à Kant, soit par la voie de Heidegger (Kant et le Problème de la métaphysique, 1929), soit par la voie de la tradition française de philosophie réflexive, directement inspirée de Fichte, de Léon Brunschwicg, de Jules Lagneau et de Jean Nabert.




Source : Extrait de "Kant, Emmanuel" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2003, http://fr.encarta.msn.com © 1997-2003 Microsoft Corporation. Tous droits réservés

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