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Plotin



Le salut, la hiérarchie ascendante
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Le salut, la hiérarchie ascendante
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Plotin : Le salut, la hiérarchie ascendante

Plotin Contrairement à Platon, qui invoque cette notion de l'Un dans le Parménide en vue de rendre compte, par une ontologie, du monde sensible, Plotin, fidèle au mouvement de pensée de son temps, entend se détourner du sensible et faire de la philosophie le moyen d'accéder à une région de l'être dans laquelle seuls la connaissance et le bonheur sont possibles, et qui sont en soi, sans rapport avec le monde matériel. Il ne suffit donc pas d'essayer de maîtriser le sensible en l'épurant ou en le délimitant dans la science, comme l'a fait Platon ; il faut s'en échapper et le fuir. Le but de l'ascèse philosophique est, dès lors, de rendre l'âme à son état originaire de contemplation, théorie qui reprend, par certains côtés, mais en la radicalisant à l'extrême, l'intention ascétique du Phédon et de la République de Platon.

La pensée de Plotin se caractérise par une hiérarchisation des réalités et, en conséquence, des modes d'existence possibles pour l'âme, depuis le plus bas degré de la matière jusqu'à la vision de l'Un, qu'elle n'atteint que dans l'extase.

Cette doctrine, qui tient une place importante dans l'histoire des idées, et qui a exercé une influence profonde sur toutes les philosophies mystiques, de l'Antiquité à nos jours, n'est pas une religion : c'est une pure spéculation séparée de la religion proprement dite, où Plotin défend le polythéisme hellénique traditionnel. On peut cependant parler d'une philosophie mystique et contemplative, moins intellectuelle que celle de Platon, qui ne voyait dans l'unité de l'être que les définitions et les limites de la raison. C'est pourquoi la pensée de Plotin, si séparée qu'elle soit de la religion, a pu avoir une influence aussi considérable sur la constitution théologique du Christianisme et sur l'évolution des dogmes chrétiens. Le néoplatonisme infléchira en effet très fortement l'intention première du Christianisme, notamment dans le sens d'un détachement à l'égard du sensible, d'un mépris du corps et de la matière, faisant ainsi du Christianisme ce que Nietzsche a appelé un « platonisme pour le peuple ». Cette influence se retrouve dans la pensée chrétienne moderne, ainsi que dans le bergsonisme.


  
  


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