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Citations spirituelles et philosophiques
Madhyamaka

83  citations  | Page 1 / 4




B ien que mes ennemis, la haine, l'attachement et ainsi de suite, n'ont ni armes ni bras ni jambes, ils me font quand même du mal, me torturent et me traitent comme un esclave.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°1992 | 
Trésor de contemplation, Guéshé Kelsang Gyatso ,éditons tharpa 1994. 





E veil et sensible sont identiques, on n'y appréhende aucune différence.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°1598 | 
Madhyamakakarika ou (Madhyamakasastra), p. 472, § 1 à 4, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.105 





E gaux sont les profanes, égaux les Entrés-dans-le-courant, égaux les Bouddhas; tous sont un dans l'Egalité, et il n'y a entre eux ni dualité ni différence... Si le Bouddha différait de l'Egalité, il pourrait pratiquer l'Égalité; mais comme le Bouddha n'est autre que l'Égalité même, il ne peut ni la pratiquer ni l'obtenir... Les différences n'existent qu'en Vérité vulgaire, et dans la Loi qui est à l'usage des profanes.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°1566 | 
Cité dans Hobogirin, p. 273, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p.434 





L e bodhisattva se dit encore : Les profanes, sous l'action virulente de l'ignorance, attribuent à tous les dharma en particulier un caractère contraire : ils prennent ce qui est impermanent pour permanent, ce qui est douloureux pour heureux ce qui n'est pas un soi pour un soi, ce qui est vide pour réel, ce qui est inexistant pour existant, ce qui est existant pour inexistant. Ainsi ils attribuent à toutes sortes de dharma des caractères contraires.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°878 | 
Mahaprajnaparamitasastra, II, p. 915-916 et 924-926, traduction É. Lamotte, dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.156 





Q u'est-ce que l'ignorance? Fils de famille, depuis un temps sans commencement, tous les êtres ont toutes sortes de conceptions inversées. A la manière d'un homme égaré qui confond quatre les directions, ils considèrent à tort les quatre éléments comme leur corps et les six domaines des sens comme leur pensée. Ils sont comme une personne aux yeux malades qui voit des fleurs dans le ciel ou une deuxième lune.

Fils de famille, en vérité il n'y a pas de fleur dans le ciel, et le malade s'y attache faussement. Par suite de cet attachement, il se trompe non seulement sur la nature propre de l'espace, mais aussi sur le lieu réel de provenance de la fleur. A cause de cette erreur il y a transmigration à l'intérieur du devenir. C'est ce que l'on appelle l'ignorance.

Fils de famille, cette ignorance n'a pas de substance réelle : elle est comme les êtres vus en rêve, qui existent dans le rêve, mais non à l'état de veille. Ainsi on ne peut pas dire des fleurs dans le ciel, lorsqu'elles disparaissent dans l'espace, qu'il y a un lieu déterminé de disparition. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de lieu d'apparition. Au sein du non-produit, tous les êtres voient à tort apparition et disparition. C'est ce qu'on appelle transmigration à l'intérieur du devenir.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°872 | 
traduit par Catherine Despreux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.418 





L es métamorphoses illusoires de tous les êtres s'élèvent de la merveilleuse conscience d'Eveil parfait du Tathagata. Il en est comme des fleurs dans le ciel, qui proviennent de la vacuité : à la disparition de ces fleurs illusoires, la nature de la vacuité reste inaltérée. De même, la conscience illusoire des êtres disparaît en prenant appui sur l'illusion. A la disparition des illusions, la conscience d'Eveil demeure, immuable. Parler d'Eveil en prenant appui sur l'illusion est encore une illusion. Dire qu'il y a Eveil, c'est n'être pas encore dégagé de l'illusion, de même si l'on dit qu'il n'y a pas d'Éveil. C'est pourquoi on parle d'immutabilité quand l'illusion s'est évanouie.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°871 | 
traduit par Catherine Despreux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.420 





D hyana et samapatti sont les dharma qui aident à ouvrir les trois portes de la ville du nirvana, ces portes étant les trois samadhi de la vacuité, du sans-signe et de la non-prise-en-considération. Par le premier qui sert d'antidote aux vues erronées on pénètre dans le nirvana. Mais si, franchissant la porte de la vacuité, on hypostasie la vacuité, celle-ci ne donne plus accès au nirvana et il faut alors emprunter la porte du samadhi exempt de signe distinctif qui sert d'antidote aux doutes et mène à l'apaisement. Si, à nouveau, on s'attache aux caractères du sans-signe en se livrant au bavardage, il faut franchir la porte du samadhi " apranihita " où l'on abandonne tout désir et tout vouloir propre, où l'on oublie jusqu'à ses vœux.. Alors, sans le moindre attachement ni à l'apaisement ni au nirvana, on accède à l'extinction. Grâce à ces trois portes de la délivrance, le mystique voit l'identité du devenir et du nirvana, parce que le nirvana est vide, sans caractères, indigne d'être pris en considération, et le samsara également.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°830 | 
Mahaprajnaparamitasastra, p. 1232, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.100 





N agarjuna : " Si tout est vide, pas de production, pas de destruction. Par quelle élimination ou par quel arrêt se mettrait-on en quête du nirvana ? "

Glose de Candrakirti :

" Il existe une double extinction [nirvana] selon le petit véhicule: l'extinction comportant des résidus, propre au saint qui vit encore ici-bas, et l'extinction définitive sans résidus, atteinte à la mort. On parvient à la première en se libérant complètement des souillures et des désirs. Les résidus y sont de purs éléments affranchis de la croyance erronée en une personnalité. On compare cet extinction à une ville où les criminels ont été exécutés. Par contre, l'extinction sans résidus dans laquelle les purs éléments ont eux aussi, disparu correspond à la destruction de la ville elle-même après l'exécution des criminels. D'où cette stance sur le saint après la mort :

Le corps est anéanti, les notions sont évanouies, tous les sentiments abolis,
les tendances apaisées et la conscience effacée.
Et aussi :
Son corps en vie, le saint conserve des impressions affectives,
quand sa conscience disparaît, c'est comme une lumière qui s'éteint. "





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°828 | 
Madhyamakakarika ou (Madhyamakasastra), chap XXV, sqq 1 et glose de Candrakirti, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.186 





N agarjuna : " Rien d'éliminé ni d'acquis, rien de destructible ni de permanent, Rien ne disparaît ni n'apparaît, c'est ce qu'on appelle extinction. "

Glose de Candrakirti :

" Ce qui ne peut être éliminé comme l'attraction ni acquis comme le fruit du renoncement, ni détruit à la façon des agrégats, ce qui n'est pas éternel comme la plénitude et ne peut disparaître ni être créé, c'est le nirvana, la mise au repos de tout le déploiement différencié sous forme d'élaborations imaginaires. On se demande alors comment notre imagination édifie les passions qui, tant qu'elles existent, empêchent d'atteindre le nirvana.

A cela le réaliste répond : S'il est vrai que passions et agrégats n'existent plus aussitôt le nirvana atteint, ils existent pourtant avant de l'atteindre. Vous êtes sous l'emprise du démon [de l'illusion, rétorque le partisan de la vacuité], car l'être en soi ne deviendra jamais un non-être.

Dans le nirvana-sans-résidus tous les éléments de l'existence ont disparu. Si dans la cessation absolue ils n'existent pas, c'est qu'ils n'ont pas la moindre réalité, tout comme la peur, surgissant à la vue d'une corde prise dans les ténèbres pour un serpent, se dissipe à la lumière d'une lampe.

Si ces éléments n'existent pas dans l'extinction, ils n'existent pas non plus dans le samsara. On nomme ce dernier "réalité contingente" parce que, sous l'emprise démoniaque du moi et du mien, les naïfs et les simples croient percevoir des choses qui n'existent pas réellement. Le samsara et sa douloureuse agitation ne cesseront donc jamais ni pour le réaliste qui affirme ni pour le nihiliste. "





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°827 | 
Madhyamakakarika ou (Madhyamakasastra), chap XXV, sqq 3 et glose de Candrakirti, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.187-188 





L e Tathagata n'est ni vérité ni mensonge ni sortie ni entrée, ni allée ni venue : il est la coupure de tout discours et de toute pratique. […] Le Tathagata n'est ni vu ni entendu ni pensé ni connu. [ …] Il a réalisé l'égalité avec le savoir omniscient. Il a obtenu la non-dualité de tous les êtres et atteint l'indifférenciation de toutes les choses.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°818 | 
Vimalakirtinirdesa, p. 358-359, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.118 





C elui qui contemple la vacuité
Est nommé extatique.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°814 | 
Mahaprajnaparamitasastra, p.1220, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.98 
C'est dans l'expérience des absorptions et des ravissements (samapatti) que se découvre le secret de la véritable vacuité. Loin d'être forgée par la pensée ou l'effort, loin de correspondre à une perte ou à une privation elle se révèle, delle-même, conscience vivante et apaisée. Vidée de tout le relatif grâce à l'absorption, la conscience a un contact réel avec l'apaisement Profond du domaine indifférencié. A la place du vide qu'elle imaginait elle trouve une vaste ouverture à une vie tout à fait nouvelle qui va sans cesse s'élargissant vers l'infini, car dans l'expérience mystique vide et plénitude alternent et se confondent.





C ette connaissance de l'Éveil est comme la vacuité, et la connaissance de la vacuité est la marque de la fleur dans le ciel. On peut pas dire non plus que connaissance et Éveil n'existent pas. Abandonner les notions d'existence et de non-existence, c'est être accord avec l'Éveil pur. Pourquoi? Parce que l'Eveil est de la nature de la vacuité, éternellement immuable, et dans le réceptacle de Tathagata [tathagatagarbha] il est au-delà de l'apparition et de la disparition ainsi que de la connaissance. Il est identique à la nature du domaine absolu, ultime, parfaite, omniprésente.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°797 | 
traduit par Catherine Despreux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.419 





C e bodhisattva et les êtres qui vivront au temps du déclin de la Doctrine, ayant compris ce que sont les illusions et par là éliminé les apparences, obtiennent au même instant la pureté infinie, la vacuité illimitée révélée par l'Éveil. L'Éveil étant parfait et irradiant, la conscience apparaît dans sa pureté. La conscience étant purifiée, la vue est purifiée. Celle-ci une fois purifiée, l'organe de la vue est purifié. Celui-ci étant purifié, la perception visuelle est purifiée [ ...(1) ].




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°796 | 
traduit par Catherine Despreux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.422 
(1) Et ainsi de suite pour les autres organes des sens et toutes les choses perçues





S achez qu'un bodhisattva ayant accompli l'Eveil ne s'attache pas à la Doctrine, ne cherche pas à s'en délivrer, ne déteste pas le devenir, n'a pas d'attirance envers le nirvana. Il ne vénère pas ceux qui respectent les préceptes, ne hait pas ceux qui les enfreignent, ne respecte pas les adeptes expérimentés, ne méprise pas les débutants. Pourquoi cela ? Parce que tout est Eveil. Ainsi, la lumière des yeux qui illumine le paysage extérieur étant parfaite, elle est dénuée d'amour et de haine. Pourquoi? Parce que cette lumière est non-dualité et il n'y a par conséquent ni haine ni amour.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°795 | 
traduit par Catherine Despreux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.423 





P uisqu'ils sont comme un rêve de la veille, sachez que devenir et extinction n'apparaissent ni ne disparaissent, ne vont ni ne viennent. Ce qui est réalisé n'est ni obtenu ni perdu, ni saisi ni lâché. Celui qui a réalisé [I'Éveil] ne fait rien, n'arrête rien, ne suit rien, n'anéantit rien. Car au sein de cette réalisation, il n'y a ni sujet, ni objet et finalement ni réalisation, ni personne ayant réalisé ; l'essence de toutes choses est alors égalité et inaltérabilité.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°794 | 
traduit par Catherine Despreux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.424 





L es bodhisattva qui ont compris l'Éveil parfait et pur pratiquent la quiétude à l'aide de cette conscience d'Eveil pur. Ayant ainsi purifié leurs pensées, la connaissance d'Eveil s'élève. Dès lors la sapience engendrée par la quiétude apparaît et les poussières adventices telles que le corps et la pensée disparaissent pour toujours. Quiétude absolue et détente peuvent alors croître en soi.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°792 | 
traduit par Catherine Despreux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.430 





L es bodhisattva qui ont compris l'Éveil parfait et pur savent, grâce à cette conscience d'Éveil pur, que la nature de la conscience d'Éveil, les organes des sens et les domaines des sens sont des métamorphoses illusoires. Ils produisent des illusions pour éliminer les illusions (1). Ils transforment ces illusions et convertissent les êtres illusoires. Mais dans cette production d'illusions, ils sont capables de faire croître une grande compassion et une grande détente. Tous les bodhisattva commencent leur pratique et progressent graduellement à partir de là. Comme celui qui contemple l'illusion n'est pas identifié à l'illusion ni à la contemplation illusoire dans laquelle tout est illusion, il est dégagé pour toujours de la marque de l'illusion. Cette pratique merveilleuse que parachèvent les bodhisattva est semblable aux pousses qui naissent de terre. On appelle ce genre d'expédient salvifique : samapatti.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°791 | 
traduit par Catherine Despreux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.430-431 
(1) on fait naître Eveil et Sapience (eux-mêmes illusoires) afin de se débarrasser des illusions antérieures





L es bodhisattva qui ont compris l'Eveil parfait et pur, grâce à cette conscience d'Éveil pur, ne s'attachent ni aux métamorphoses illusoires ni à la marque de la quiétude. Ils savent que le corps comme la pensée sont des obstacles, que la lumière de l'Éveil sans conscience ne repose pas sur les obstacles, et ils obtiennent pour toujours l'état transcendant obstruction non-obstruction. Ils vivent dans le monde avec les marques du corps et de la pensée et sont dans ce monde phénoménal pareils au son d'une cloche qui se propage au loin. Passions et extinction ne s'obstruent plus réciproquement. Détente et extinction se développent. L'Eveil merveilleux en accord avec le domaine de l'extinction ne peut être atteint ni par soi, ni par autrui, ni par le corps, ni par la pensée. Les notions d'existence et de longévité ne sont que des pensées fluctuantes. On appelle ce genre d'expédient : dhyana.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°790 | 
(Yuan Kiue King), traduit par Catherine Despreux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.430-431 





L a nature propre de l'Éveil parfait est différente des autres natures, mais elle s'élève avec ces différentes natures. Elle n'est ni à acquérir, ni à réaliser. Dans la réalité, il n'y a en vérité ni êtres, ni bodhisattva. Pourquoi? Parce que les êtres comme les bodhisattva sont des métamorphoses illusoires. Ces métamorphoses illusoires une fois anéanties. il n'y a plus de sujet pour acquérir ni réaliser [ ... ]. Comme les êtres égarés n'ont pas encore pu éliminer toutes les métamorphoses illusoires, des distinctions apparaissent au sein du travail erroné d'anéantissement et de non-anéantissement. Mais s'ils sont en accord avec la grande extinction du Tathagata, il n'y a en vérité ni extinction, ni sujet réalisant l'extinction.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°787 | 
(Yuan Kiue King), traduit par Catherine Despreux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.427 





Q ui voit une seule chose a la vision de toutes les choses.
La vacuité d'une seule chose est la vacuité de toutes.
Par une seule chose connue, il connaît tout.
Par une seule chose vue, il voit tout.
En lui l'ivresse du moi ne surgit pas,
Quelque abondantes que soient ses imaginations.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°781 | 
Catuhsataka et Samadhirajasutra, cités dans le Mulamadhyamikakarikavrtti (ou Prasanapada), p. 128, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.173 





C omment Te louerais-je, Seigneur, Toi qui sans naissance, sans demeure, surpasses toute connaissance mondaine et dont le domaine échappe aux cheminements de la parole. Pourtant, tel que Tu es, accessible au [seul] sens d'Ainsité, avec amour je [Te] louerai, ô Maître, en recourant aux conventions mondaines. Puisque, par essence, Tu ne nais pas, en Toi, point de naissance, point d'allée ni de venue. Hommage à Toi, Seigneur, le Sans-nature-propre ! Tu n'es ni être ni non-être, ni permanent ni impermanent, ni éternel ni non éternel. Hommage à Toi, le Sans-dualité ! En Toi aucune couleur n'est perçue, ni rouge, ni vert, ni garance, ni jaune, ni noir, ni blanc. Hommage à Toi, le Sans-couleur ! Tu n'es ni grand ni petit, ni long, ni rond. Tu as atteint le but sans mesure. Hommage à Toi, le Sans-limite ! Tu n'es ni loin ni près, ni dans le ciel ni sur terre, ni dans le samsara ni dans le nirvana. Hommage à Toi, le Sans-demeure ! En aucune des choses Tu ne résides, [ainsi donc] Tu as atteint le but : le domaine absolu, et Tu as acquis la suprême profondeur. Hommage à Toi, le Profond! Par une telle louange puisses-Tu être loué! Mais as-Tu été loué ? Si toutes les choses sont vides, qui est loué et par qui ? Qui est capable de Te louer, Toi qui n'apparais ni ne disparais, Toi pour qui n'existent ni milieu ni extrémités, ni perception ni perceptible ! Il n'est pas allé, Il n'est pas venu, exempt d'aller : c'est Lui le Bien-Allé qui vient d'être loué. Grâce aux mérites acquis [par cette louange], puisse l'humanité avoir accès au séjour du Bien-Allé.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°760 | 
Hymne à la Réalité absolue, Catuhstava, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.196 





Q u'il marche, qu'il soit debout, assis, ou repose-, qu'il parle ou fasse silence, il demeure constamment recueilli. Son état de recueillement ne le quitte plus... De corps apaisé, de parole apaisée, de cœur apaisé, par son comportement il donne un témoignage de sa satisfaction en public comme en privé...

Même dans la foule, il reste à part; qu'il gagne ou qu'il perde, il demeure le même, inchangé; il ne cède ni à l'exaltation ni à la dépression. Heureux et malheureux, loué et blâmé, [au cœur] de la gloire et de son contraire, vivant et mort, il demeure le même, il ne varie pas, il ignore exaltation et dépression. Avec ses amis ou ses ennemis, avec ce qui est agréable et ce qui ne l'est pas, avec les êtres nobles comme avec ceux qui ne le sont pas, avec les sons, les formes plaisantes ou non, il reste le même, il ne se montre ni condescendant ni frustré. Et pourquoi? Parce que, pour lui, les choses sont comme vides de caractère propre, dépourvues de réalité, incréées, non produites...





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°757 | 
Siksasamuccaya, XII, p. 202-203, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.158 





P ar ma connaissance je connais la vacuité des agrégats; là connaissant, je ne fraie pas avec les inclinations. Quand je discours, il n'y a là que discours sans plus.
Je chemine en ce monde complètement nirvané.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°749 | 
Madhyamakakarika ou (Madhyamakasastra), p. 474, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.105 





E n outre, le bodhisattva doit exercer la patience envers ses propres passions, mais il ne doit point en trancher les liens. Pourquoi ? Parce que, s'il tranchait ces liens, la perte serait trop grave : il tomberait au rang des arhats et ne différerait en rien d'un homme qui a perdu les sens. C'est pourquoi il arrête ses passions, ne les tranche point; en cultivant la patience, il ne suit pas ses passions.

Question. - Comment peut-il ne pas suivre ses passions, sans les avoir préalablement tranchées ?

Réponse. - Par une réflexion correcte, il parvient, tout en ayant des passions, à ne pas les suivre. Par la réflexion, il contemple le caractère vide, impermanent de toutes choses et, bien que les cinq désirs existent encore en lui subtilement, ils ne produisent plus aucun lien.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°746 | 
Mahaprajnaparamitasastra, II, p. 908-910, traduction É. Lamotte, dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.154 





E n outre, par la force du savoir, il saurait trancher ses entraves; mais dans l'intérêt des êtres, il préfère demeurer longtemps dans le monde [et conserver ses passions] ; cependant, il sait que ces entraves sont des ennemis, et c'est pourquoi, tout en les supportant, il ne les suit pas. Le bodhisattva enchaîne ces passions ennemies et, sans leur permettre de se débrider, il pratique la vertu. Quand on tient un ennemi que, pour une raison ou une autre, on ne veut pas tuer, on l'enferme solidement quelque part et on vaque à ses propres affaires.
En outre, le bodhisattva qui connaît bien le caractère des dharma ne tient pas les entraves pour mauvaises et ne tient pas les qualités pour bonnes; c'est pourquoi il ne hait pas les entraves et n'affectionne pas les qualités. Par la force de ce savoir il exerce la patience.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°744 | 
Mahaprajnaparamitasastra, II, p. 908-910, traduction É. Lamotte, dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.155 



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