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Citations spirituelles et philosophiques
de la religion taoiste

125  citations  | Page 4 / 6




L 'homme est quiet (jing) de naissance : c'est la nature qu'il tient du Ciel. Sous l'influence des choses, le mouvement (dong) se produit en lui ; c'est là une détérioration de sa nature. Son esprit répond aux choses qui se présentent, et ainsi sa connaissance entre en mouvement. Celle-ci le met au contact avec les choses, et ainsi naissent en lui l'amour et la haine, qui font prendre corps aux choses; et la connaissance, attirée vers l'extérieur, ne peut plus revenir à elle-même. C'est ainsi qu'est détruit en lui l'ordre céleste (tianli) Ceux qui sont initiés au Dao n'échangent pas le Ciel contre l'Homme.




Taoisme Citation n°557 | 
Traduit et cité par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap11, p270/271 





A Hui qui sollicite l'enseignement du maître sur le jeûne du cœur, Confucius répond : " unifie ton intention. Plutôt que d'écouter avec l'oreille, écoute avec le cœur. Plutôt que d'écouter avec le cœur, écoute avec le Qi. L'ouie s'arrête à l'oreille, le cœur s'arrête à ce qui s'accorde avec lui. Le Qi c'est le Vide qui accueil toute chose. Or seul le Dao accumule le Vide. Ce vide, c'est le jeûne du cœur. "




Taoisme Citation n°480 | 
Zhuangzi, chap.IV, traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 4 
Alors que l'homme confucéen est invité à exalter son humanité, Zhuangzi l'exhorte au contraire à la faire enter en fusion avec le Dao. Cet affinement nécessaire, non seulement du corps physique dans sa lourdeur et son manque de mobilité, mais aussi d'un ego trop encombrant pour entrer dans la fluidité du Dao, peut s'atteindre par des pratiques très concrètes, regroupées sous l'appellation générique de " travail sur le Qi " (Qigong), qui n'est qu'un aspect du gongfu : maîtrise de la respiration, gymnastique, méditation (" assis dans l'oubli ", discipline sexuelle, … Zhuangzi préfère l'appellation plus poétique de " jeune du cœur " (xinzai).





L orsque le Saint atteint la quiétude, il ne l'atteint pas parce qu'il se dit que la quiétude est bonne, sa quiétude vient de ce que pas un des dix milles êtres ne parvient à troubler son cœur. Lorsque l'eau est calme, on y voit en toute clarté le moindre poil de barbe ou de sourcil, elle est parfaitement étale, à l'aplomb du niveau du charpentier, et le meilleur artisan la prendra pour norme. Si l'eau est claire lorsqu'elle est calme, combien plus encore la quiétude de l'esprit essentiel (jingshen). Le cœur du Saint, reflet du Ciel-terre, miroir des dix milles êtres !




Taoisme Citation n°479 | 
Zhuangzi, chap.XIII, traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 4 





F u, le retour, signifie revenir à la racine. Le Ciel-Terre fait de la racine son cœur. Tout mouvement qui cesse devient quiétude, sans que la quiétude soit l'opposé du mouvement; toute parole qui se tait devient silence, sans que le silence soit l'opposé de la parole. Ainsi le Ciel-Terre a beau être vaste et riche des dix mille êtres, être ébranlé par le tonnerre et le souffle du vent, connaître maintes transformations et dix mille mutations, il trouve sa vraie racine dans la quiétude de l'indifférencié suprême. Aussi lorsque cesse tout mouvement sur terre apparaît le cœur du Ciel-Terre.




Taoisme Citation n°440 | 
Commentaire sur le jugement (tuan) de l'hexagramme 24 (Fu) éd. Lou Yulie (références en note 8), p. 336-337, traduit et cité par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 





I l est un être formé dans le chaos
Né avant Ciel et Terre
Silence! Vacuité!
Il se tient seul, inaltérable
Circulant partout sans s'épuiser
On peut y voir la Mère du monde
Ne connaissant pas son nom, je l'appelle Dao
À défaut d'autre nom, je le dirais grand
Grand pour dire qu'il s'écoule
S'écoulant, il s'étend au loin
À l'extrême lointain, il fait retour.





Taoisme Citation n°438 | 
Tao-tê-king, § 25, traduction Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap.7 





L e retour,
c'est le mouvement même du Dao.





Taoisme Citation n°437 | 
Tao-tê-king, § 40, traduction Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap.7 





A tteins Suprême Vacuité
Et maintiens-toi en Quiétude
Face à l'agitation fourmillante des choses
Je contemplerai leur Retour
Car toute chose après avoir fleuri
Retourne à sa racine
Retour à la racine a nom Quiétude
A nom Retour à Destinée
Retour à Destinée a nom Constant
Connaître le Constant, c'est Illumination
Ne pas connaître le Constant
C'est courir aveugle au malheur
Qui connaît le Constant
Embrasse et saisit tout
Quiconque embrasse et saisit tout, il sera juste
Étant juste, sera royal
Étant royal, il sera céleste
Étant céleste, il fera un avec la Voie
Et faisant un avec la Voie il persistera
Toute sa vie durant, il échappe au péril.





Taoisme Citation n°435 | 
Tao-tê-king, chapitre 16, texte chinois présenté et traduit par François Houang et Pierre Leyris, coll. Sagesses 16, Seuil, Paris. 
Retour au naturel : Ne pas agir, c'est donc s'abstenir de toute action qui soit intentionnelle, dirigée, en vertu du principe qu'une action ne peut être vraiment efficace que si elle va dans le sens du naturel. Le thème central du non-agir conduit ainsi à celui du retour à la nature originelle.





L e Dao est une appellation du wu.
Puisqu'il n'est rien que l'indifférencié ne pénètre, rien dont il ne soit l'origine, on a de bonnes raisons de l'appeler Dao, qui est silence, sans existence manifestée et qui ne peut se figurer.





Taoisme Citation n°429 | 
Commentaire aux Entretiens, VII, 6, traduit et cité par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 
Cette fusion est encore plus apparente lorsqu'on fait la comparaison avec la perspective, fortement teintée de cosmologisme Han, du commentaire de Heshang gong (le " Vieillard du bord du fleuve ") sur le Laozi (Lao Tzeu), où c'est la notion de l'Un, et non pas celle de non-manifesté réduite à l'idée de vide, qui occupe la place centrale. Cf. Alan K.L. CHAN, Two Visions of the Way. A Study of the Wang Pi and the Ho-shang Kung Commentaries on the Lao-Tzu, Albany, State University of New York Press, 1991 ; et Isabelle ROBINET, Les Commentaires du Tao Tô King jusqu'au VII siècle, Paris, Collège de France, Institut des hautes études chinoises, 1977.





O n voudrait dire que cela est présence, or on n'en voit pas la forme.
On voudrait dire que cela est absence, or les dix mille êtres en sont issus. On voudrait dire qu'il n'est pas là (wu), et pourtant il accomplit toute chose. On voudrait dire qu'il est là (you), et pourtant on n'en voit pas la forme.





Taoisme Citation n°428 | 
Commentaire au Laozi (Lao Tzeu) 6 et 14, traduit et cité par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 





L e Dao engendre l'Un
Un engendre Deux
Deux engendre Trois
Trois les dix mille êtres
Les dix mille êtres portent le Yin sur le dos et le Yang dans les bras
Mêlant leurs souffles (chongqi) ils réalisent l'harmonie.





Taoisme Citation n°405 | 
Tao-tê-king, § 42, traduction Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap.7 
Constant et Un ne sont pas transcendants par rapport au changeant et au multiple. Bien au contraire: la réalité dans toute sa multiplicité en découle directement, organiquement, dans un rapport d'engendrement, et non dans un acte de création ex nihilo. (sur ce sujet, cf. R.P. PEERENBOOM, " Cosmogony, the Taoist Way ", Journal of Chinese Philosophy, 17 (1990), p. 157-174).[...] À partir de la relation ternaire (1), en effet, tout devient possible : le trois ouvre sur le multiple à l'infini. Dans le passage du Dao aux dix mille êtres, on assiste au déploiement de l'Un dans le multiple, processus dans lequel on peut voir le souffle originel, de qualité infiniment subtile, se subdiviser, se diversifier en qi de qualité de plus en plus grossière, dense et compacte. Cette aspiration d'un retour à l'unité perdue se retrouve dans d'autres cultures, mais ce qui reste spécifique à la pensée chinoise est la continuité assurée par le va-et-vient constant entre l'il-n'y-a-pas et l'il-y-a, l'invisible et le visible. La difficulté à désigner l'indésignable, ce qui est à la fois Un et multiple, à la fois indicible et dicible, est un thème récurrent dans le Laozi (Lao Tzeu) (1) Sur cette triade, cf. Anne CHENG, De la place de l'homme dans l'univers: la conception de la triade Ciel-Terre-Homme à la fin de l'antiquité chinoise ", Extrême-Orient, Extrême-Occident, 3 (1983), p. 11-22. Selon le Taipingiing (Livre de la Grande Paix), texte taoïste du IIe - IIIe siècle (sur lequel voir plus bas chap. 12, note 67): " Tout être est issu du souffle originel. ( ... ) Le souffle originel d'abord confus se concentra spontanément pour former l'Un, qui eut nom Ciel; puis il se divisa pour donner naissance au Yin qui donna la Terre, ce qui eut nom Deux; puis montant vers le Ciel et descendant vers la Terre, le Yin et le Yang se mêlèrent et donnèrent naissance à l'Homme, ce qui eut nom Trois. "





L es dix mille êtres sous le Ciel naissent de l'il-y-a
Et l'il-y-a naît de l'il-n'y-a-pas.





Taoisme Citation n°404 | 
Tao-tê-king, § 40, traduction Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap.7 





C omme le Ciel et la Terre n'étaient pas encore formés, que tout était vaste, immense, obscur et sans aspect, cela fut appelé le Grand Commencement. Le Dao commença dans les immensités vides. Celles-ci engendrèrent l'univers duquel naquit le qi. Celui-ci prit alors des contours. Ce qui était pur et léger s'éleva et s'épandit pour donner le Ciel. Ce qui était lourd et grossier s'aggloméra et se coagula pour donner la Terre. La concentration aérée du pur et du subtil fut aisée; mais la coagulation compacte du lourd et du grossier fut difficile. Aussi le Ciel fut-il achevé en premier, et la Terre formée seulement après.

Les essences assemblées du Ciel et de la Terre donnèrent le Yin et le Yang. Les essences concentrées du Yin et du Yang donnèrent les quatre saisons. Les essences dispersées des quatre saisons donnèrent les dix mille êtres. Le souffle chaud du Yang en accumulation engendra le feu, et l'essence du souffle du feu donna le soleil. Le souffle froid du Yin en accumulation donna l'eau, et l'essence du souffle de l'eau donna la lune (1). [ ... ]

Des souffles rejetés par le Ciel, ceux qui sont déchaînés donnent le vent, des souffles contenus par la Terre, ceux qui sont harmonieux donnent la pluie. Les bêtes à poil et à plume sont les espèces qui marchent et qui volent: aussi relèvent-elles du Yang. Les bêtes à carapace et écailles sont les espèces qui se tapissent et se cachent : aussi relèvent-elles du Yin. [ ...] Les êtres d'une même espèce s'ébranlent mutuellement, la racine et les branches se répondent ".





Taoisme Citation n°403 | 
Huainanzi 3, éd. Z7,JC, p. 35-36, traduit et cité par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 (voir aussi "La Philosophie morale dans le néoconfucianisme (Tcheou Touen-yi)", Paris, PUF, 1954.) 
(1) Les " essences " (jing) constituent la forme la plus subtile de l'énergie primordiale, du qi. (note du traducteur)
Cette cosmogonie où l'on voit les souffles légers Yang s'élever pour former le Ciel, et les souffles denses Yin sombrer pour former la Terre appelle une division analogue dans l'être humain entre deux sortes d'âmes qui cherchent à quitter le corps pour retourner à leur origine: les âmes hun aspirent à s'élever vers le Ciel du fait qu'elles sont Yang, et les âmes po à revenir à la Terre de par leur nature Yin.





L 'homme prend modèle sur la terre
La Terre sur le Ciel
Le Ciel sur le Dao
Et le Dao sur lui-même.





Taoisme Citation n°402 | 
Tao-tê-king, chap. 25, traduit et cité par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 





L e Dao engendre l'Un
Un engendre Deux
Deux engendre Trois
Trois les dix mille êtres
Les dix mille êtres portent le Yin sur le dos et le Yang dans les bras
Mêlant leurs souffles, ils réalisent l'harmonie.





Taoisme Citation n°397 | 
Tao-tê-king, § 42, traduction Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap.7 





L orsque la femme de Zhuangzi mourut, Huizi (Huisi) vint présenter ses condoléances. Il trouva Zhuangzi accroupi, genoux écartés, occupé à tapé sur un pot et à chanter.
Huizi lui dit : " quand on a vécu avec une personne, élevé des enfants et vieilli avec elle, c'est déjà un comble de ne pas pleurer sa mort, mais que dire de cette façon de taper sur un pot en chantant ! "
Zhuangzi répondit : " Vous vous trompez. Au moment de sa mort, comment n'aurais-je pas senti l'immensité de sa perte ? Je me suis mis alors à remonter à son origine : il fut un temps où il n'y avait pas encore la vie. Non seulement il n'y avait pas la vie, mais il fut un temps où il n'y avait pas de forme. Non seulement il n'y avait pas de forme, mais il fut un temps où il n'y avait pas de Qi. Mêlé ensemble dans l'amorphe, quelque chose se transforma et il y eu le Qi, quelque chose dans le Qi se transforma les formes, quelque chose dans les formes se transforma et il y eu la vie.
Or maintenant, après une autre transformation, elle est allée à la mort, accompagnant ainsi le cycle des quatre saisons, printemps, été, automne, hiver. Au moment où elle se coucha pour dormir dans la plus grande des demeures, je ne pus que la pleurer, mais la pensée me vint que je ne compris rien au destin, aussi ai-je cessé de pleurer.





Taoisme Citation n°380 | 
Zhuangzi, chap.XVIII, traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 4 





L es Maîtres Si, Yu, Li et Lai parlaient:
" Qui peut faire de l'Absence la tête,
De la vie l'épine dorsale et de la mort le cul?
Qui sait que vie et mort, conservation et destruction
Ne sont qu'un seul et même corps?
Celui qui sait cela sera notre ami. "
Les quatre hommes se regardèrent et sourirent,
Sans objection ils devinrent amis. "





Taoisme Citation n°366 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 





P ourquoi ressentirais-je de la haine?
Subitement, Maître Lai tomba malade.
Haletant, il était à l'article de la mort.
Sa femme et ses enfants l'entouraient en pleurant.
Maître Li vint aux nouvelles et dit:
" Dehors! Ne gêne pas la transformation! "
S'appuyant à la porte, il s'adressa à Lai:
" Ce qui crée et transforme est grandiose!
Que vas-tu devenir?
Où seras-tu envoyé?
Deviendras-tu un foie de rat ou une patte d'insecte? "
Maître Lai répondit:
" Qu'il aille à l'Est, à l'Ouest, au Sud ou au Nord,
L'enfant n'obéit qu'à ses parents.
Le Yin et le Yang sont comme père et mère
Ils m'ont emmené jusqu'au seuil de la mort;
Leur désobéir ne serait que rébellion.
De quoi seraient-ils coupables?
La Motte Immense m'impose une forme,
Le labeur de la vie,
L'oisiveté de la vieillesse
Et le repos de la mort.
Ainsi, ce qui me fait chérir la vie
Est cela même qui me fait chérir la mort.
Si un Maître forgeron occupé à fondre du métal
Voyait soudain ce dernier bondir et lui dire:
Que de moi on fasse Moye ! "
Il y verrait sans doute un métal néfaste.
Si soudain une forme humaine apparaissait et disait:
" Je ne veux qu'être un homme, qu'être un homme!
Ce qui crée et transforme y verrait un homme néfaste.
Si soudain je faisais du Ciel et de la Terre un grand four
Et de ce qui crée et transforme un Maître forgeron,
Y aurait-il un lieu où je ne puisse aller?
Après le sommeil profond, soudain ce sera l'éveil. "





Taoisme Citation n°365 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 





M engsun est parvenu au sommet, répondit Confucius.
Il est au-delà du savoir.
En ne faisant que simplifier, il n'aurait rien obtenu:
Il s'en tient à ce qu'il a déjà réduit.
Mengsun ne sait ce qui lui donne la vie et la mort
Et ignore laquelle des deux vient avant ou après.
Transformé en quelque chose,
Il se conforme à ce procès inconnu, c'est tout!
Transformé, comment saurait-il qu'il ne l'a pas été?
Non transformé, comment saurait-il qu'il l'a été?
Toi et moi ne sommes pas sortis d'un rêve!
Quant à lui, son corps est affecté mais non son esprit.
Comme les matins, les demeures se succèdent
Mais la vraie mort n'advient pas.
Seul Mengsun est éveillé.
Quand les hommes pleurent, il pleure
C'est la seule explication.
En outre, ce moi que je fréquente,
Comment savoir ce qu'il est vraiment?
Par ailleurs, en rêve tu es un oiseau fendant l'azur,
Un poisson disparaissant dans l'abysse.
Sait-on si ceux qui à l'instant parlent
Sont éveillés ou dans un rêve?
Parvenir à ce qui est adéquat ne vaut pas le rire,
Afficher le rire ne vaut pas être avec ce qui ordonne,
S'attacher à ce qui ordonne et oublier la transformation,
est entrer dans le Ciel immense de l'Unité.





Taoisme Citation n°362 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 





D ès qu'une forme nous est donnée,
Elle persiste jusqu'à ce que vie s'épuise.
Qu'aux choses elle se tranche ou s'aiguise,
Qu'elle galope tel un coursier qui ne peut s'arrêter,
N'est-ce pas une misère?
L'homme finit ses jours épuisé:
Il ne voit pas le succès.
A bout de force, il ignore le lieu du retour.
N'y a-t-il pas lieu de s'affliger?
D'aucuns se disent immortels. A quoi bon?
Son corps se dégrade et avec lui l'esprit.
Peut-on nier l'immense regret?
La vie humaine est-elle si vaine?
Suis-je seul à le penser parmi d'autres moins niais?
A l'esprit défini l'homme se conforme
Et en fait son maître.
Qui donc est unique et s'en passe?
N'y aurait-il que l'homme pénétrant le principe des choses.
Capable d'attirer et de prendre ce maître?
Le sot a aussi bien le sien.





Taoisme Citation n°293 | 
Zhuangzi, chap.II, traduction par Isabelle Robinet 





L a Voie est grande
Le Ciel est grand
La Terre est grande
Et l'Homme est grand
C'est pourquoi l'Homme est l'un des quatre
Grands du monde
L'Homme suit les voies de la Terre
La Terre suit les voies du Ciel
Le Ciel suit les voies de la Voie
Et la Voie suit ses propres voies.





Taoisme Citation n°292 | 
Tao-tê-king, chapitre 25, texte chinois présenté et traduit par François Houang et Pierre Leyris, coll. Sagesses 16, Seuil, Paris. 





G rand savoir embrasse; petit savoir divise.
Grands mots s'enflamment; petits mots babillent.
Endormie, l'âme de l'homme voyage.
Eveillé, son corps s'agite.

S'il touche quelque chose, il s'y empêtre.
Jour après jour, il lutte avec aisance, ruse ou prudence.
Ses petites frayeurs s'agitent,
Ses grandes peurs flamboient.
Rapide comme une flèche, il file
Pour arbitrer le vrai et le faux..
Immobile comme celui qui jure,
Il garde jalousement sa victoire.
Comme ceux d'automne et d'hiver,
On peut dire que ses jours perdent leur éclat.
Englouti par ses actes, rien ne le fait revenir.
Comme s'il était scellé, il se ferme :
On peut dire qu'il dépérit.
L'esprit voisin de la mort,
Rien ne le fait revivre,
Joie et courroux,
Peine et plaisir,
Souci et regret,
Inconstance et raideur,
Insouciance et licence,
Insolence et contenance,
Musique venant du vide,
Champignons nés de vapeurs,
Jours et nuits alternant on ne sait comment!
Assez! Assez!
Ce qui du matin au soir nous est donné,
En connaîtrons-nous l'origine ?





Taoisme Citation n°291 | 
Zhuangzi, chap.II, traduction par Isabelle Robinet 





Z iqi de Nanguo, accoudé sur un guéridon,
En extase, comme privé de son compagnon,
Soupirait doucement vers le ciel.
Yancheng Ziyou, debout à ses côtés :
"Que se passe t-il ?
Peux tu faire de ton corps un bois sec
Et de ton esprit (xin) une cendre morte ?
Cet homme accoudé n'est point celui d'hier ! "
Ziqi répondit :
" A l'instant, le sais-tu, j'ai perdu mon moi.
De l'homme tu entends le chant,
Mais de la terre rien encore.
Et, si de la terre tu entends la rumeur,
Au Ciel, ô combien sourd tu demeures ! "





Taoisme Citation n°245 | 
Zhuangzi, chap.II, traduction par Isabelle Robinet 





J e suis parti du donné originel (gu), j'ai développé ma nature (xing), et j'ai rejoint le destin (ming). Je plonge avec l'eau qui tombe et émerge avec l'eau qui reflue, je suis le Dao de l'eau sans chercher à imposer mon moi, et c'est ainsi que je surnage. "
Confucius demanda alors : " Que voulez vous dire par " partir de donné originel, développer sa nature et rejoindre la destinée ? "
L'homme répondit : " Je suis né dans ces collines et j'y suis chez moi : voilà le donné.
J'ai grandi dans l'eau et je m'y trouve dans mon élément : c'est ma nature.
Il en est ainsi sans que je sache pourquoi : tel est le destin.





Taoisme Citation n°243 | 
Zhuangzi, chap.XIX, traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 4 
Chaque fois que mon action est volontaire, chaque fois qu'elle cherche à " imposer mon moi " en allant à contre courant du cours naturel des choses, elle révèle de l'homme ou de ce que les taoïstes appelle le Wei, l'agir qui force la nature. Quant au contraire l'action va dans le sens des choses, quand elle se laisse porter par le courant, tel le nageur qui " suit le dao de l'eau, sans chercher à imposer son moi ", elle relève du naturel (c'est à dire du Ciel ou du Dao), ou encore du Wu Wei, le non agir ou plutôt l'agir qui épouse la nature, qui n'impose aucune contrainte. Tout ce qui en l'homme veut, analyse, construit, fait des distinctions (en somme tout ce qui entrerait dans la définition de l'ego) ne représente que la part périphérique de son être. Ce n'est que lorsqu'il la laisse tomber que l'homme retrouve son centre- qui n'est autre que le ciel.





L e Ciel dure, la Terre persiste
Qu'est-ce donc qui les fait persister et durer?
C'est qu'ils ne vivent pas pour eux-mêmes
Voilà ce qui les fait vivre pour l'éternité
De même le Saint met sa personne en retrait
Elle se retrouve au premier rang
Il la met au-dehors
C'est ainsi qu'elle est préservée
N'est-ce pas qu'il est sans moi propre ?
Par là même son moi s'accomplit.





Taoisme Citation n°238 | 
Tao-tê-king, § 7, traduction Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap.7 





P oint de crime plus grand que d'exciter l'envie Point de plus grand malheur que d'être insatiable Point de pire fléau que l'esprit d'appétit Qui s'estime content sera content sans cesse.




Taoisme Citation n°216 | 
Tao-tê-king, chapitre 46, texte chinois présenté et traduit par François Houang et Pierre Leyris, coll. Sagesses 16, Seuil, Paris. 



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