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La mystique Orthodoxe
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L ’esprit est toujours vérité, vérité orientée vers l’éternel. L’esprit échappe au temps et à l’espace. Par son caractère intégral, il s’oppose au morcellement temporel et spatial. L’esprit n’est pas être, mais il est le sens de l’être, la vérité de l’être. L’esprit est également intelligence, mais une intelligence intégrale. L’esprit est aussi bien transcendant qu’immanent. En lui le transcendant devient immanent et l’immanent transcendant. L’esprit n’est pas identique à la conscience, mais la conscience se construit par l’esprit, et c’est aussi l’esprit qui transcende les limites de la conscience, qui atteint au supraconscient. L’esprit présente un aspect prométhéen, il se révolte contre les dieux de la nature, contre le déterminisme du destin humain ; l’esprit est une évasion, une évasion vers un monde supérieur et libre.




3778 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Esprit et Réalité, 1937  







S ois ton propre persécuteur, et ton ennemi sera chassé par ton approche.
Réconcilie-toi avec toi-même, et le Ciel et la Terre se réconcilieront avec toi.
Pénètre profondément en toi-même, fuyant le péché, tu y trouveras la voie de l'élévation.





2027 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Sentences  







E ntre en toi-même et vois quelles passions se sont affaiblies en toi ; lesquelles se taisent, par suite de la guérison de ton âme ; lesquelles ont été anéanties et t'ont complètement quitté. Vois si une chair ferme et vivante commence à pousser sur l'ulcère de ton âme - cette chair vivante étant la paix intérieure. Vois aussi quelles passions restent encore - corporelles ou spirituelles ? Et comment réagit ton intelligence ? Entre-t-elle en guerre contre ces passions, ou fait-elle semblant de ne pas les voir ? Et de nouvelles passions ne se sont-elles pas formées ? En étant ainsi attentif, tu peux connaître la mesure de la santé de ton âme.




1800 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.  







L 'esprit d'un homme attentif est comparable à une sentinelle veillant sur la Jérusalem intérieure. A son attention n'échappe ni " le diable (qui) comme un lion rugissant, rôde cherchant qui dévorer " (1 P 5, 8), ni ceux qui " ajustent leur flèche à la corde pour viser dans l'ombre les coeurs droits " (Ps 10, 2). Il suit l'enseignement de l'Apôtre Paul qui a dit : " C'est pour cela qu'il vous faut endosser l'armure de Dieu, afin qu'au jour mauvais vous puissiez résister " (Ep 6, 13).Celui qui suit cette voie ne doit pas faire attention aux bruits qui courent ni s'occuper des affaires d'autrui... mais prier le Seigneur : " De mon mal secret, purifie-moi " (Ps 18, 13).




1799 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.  







C elui qui suit la voie de l'attention ne doit pas se fier uniquement à son propre entendement, mais doit se référer aux Écritures et comparer les mouvements de son coeur, et sa vie, à la vie et à l'activité des ascètes qui l'ont précédé. Il est plus aisé ainsi de se préserver du Malin et de voir clairement la vérité.




1798 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.  







A fin de recevoir dans son coeur la lumière du Christ il faut, autant que possible, se détacher de tous les objets visibles. Ayant au préalable purifié l'âme par la contrition et les bonnes oeuvres, ayant, pleins de foi au Christ crucifié, fermé nos yeux de chair, plongeons notre esprit dans le coeur pour clamer le Nom de Notre Seigneur Jésus Christ ; alors, dans la mesure de son assiduité et de sa ferveur envers le Bien-Aimé, l'homme trouve dans le Nom invoqué consolation et douceur, ce qui l'incite à chercher une connaissance plus haute. Quand par de tels exercices l'esprit s'est enraciné dans le coeur, alors la lumière de Christ vient briller à l'intérieur, illuminant l'âme de sa divine clarté, comme le dit le prophète Malachie : " Mais pour vous qui craignez son Nom, le soleil de justice brillera, avec le salut dans ses rayons " (Ml 3, 20). Cette lumière est aussi la vie, d'après la parole de l'Evangile : " De tout être il était la vie, et la vie était la lumière de hommes " (Jn 1, 4). Quand l'homme contemple au-dedans de lui cette lumière éternelle, il oublie tout ce qui est charnel, s'oublie lui-même et voudrait se cacher au plus profond de la terre afin de ne pas être privé de ce bien unique - Dieu.




1797 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.  







A l'église, il est bon de se tenir les yeux fermés, pour éviter les distractions ; on peut les ouvrir si l'on éprouve de la somnolence ; il faut alors porter son regard sur une icône ou sur un cierge allumé devant elle. Si pendant la prière notre esprit se dissipe, il faut s'humilier devant Dieu et demander pardon... car, comme dit saint Macaire " l'ennemi n'aspire qu'à détourner notre pensée de Dieu, de sa crainte et de son amour " (Homélie 2). Lorsque l'intelligence et le coeur sont unis dans la prière et que l'âme n'est troublée par rien, alors le coeur s'emplit de chaleur spirituelle, et la lumière du Christ inonde de paix et de joie tout l'homme intérieur.




1796 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.  







C eux qui ont décidé de vraiment servir Dieu doivent s'exercer a garder constamment son souvenir dans leur coeur et à prier incessamment Jésus Christ, répétant intérieurement : Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur... En agissant ainsi, et en se préservant des distractions, tout en gardant sa conscience en paix, on peut s'approcher de Dieu et s'unir à lui. Car, dit saint Isaac le Syrien, à part la prière ininterrompue, il n'y a pas d'autre moyen de s'approcher de Dieu (Homélie 69)




1795 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.  







N ous devons veiller à préserver notre coeur de pensées et d'impressions indécentes. " Plus que sur toute chose, veille sur ton coeur, c'est de lui que jaillissent les sources de la vie " (Pr 4, 23). Ainsi naît, dans le coeur, la pureté. " Bienheureux les coeurs purs, car ils verront Dieu " (Mt 5, 8).Ce qui est entré de bon dans le coeur, nous ne devons pas inutilement le répandre à l’extérieur : car ce qui a été amassé ne peut être à l’abri des ennemis visibles et invisibles que si nous le gardons, comme un trésor, au fond du coeur. Le coeur, réchauffé par le feu divin, bouillonne quand il est plein d’eau vive. Si cette eau a été versée à l’extérieur, le coeur se refroidit et l’homme est comme gelé.




1794 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.  







C ette paix, Notre Seigneur Jésus Christ l'a laissée à ses disciples avant sa mort comme un trésor inestimable en disant : " Je vous laisse ma paix, je vous donne la paix " (Jn 14, 27). L'Apôtre en parle aussi en ces termes : " Et la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence gardera vos coeurs et vos pensées en Jésus-Christ " (Ph 4, 7).Si l'homme ne méprise pas les biens de ce monde, il ne peut avoir la paix. La paix s'acquiert par des tribulations. Celui qui veut plaire à Dieu doit traverser beaucoup d'épreuves. Rien ne contribue plus à la paix intérieure que le silence et, si possible, la conversation incessante avec soi-même et rare avec les autres. Nous devons donc concentrer nos pensées, nos désirs et nos actions sur l'acquisition de la Paix de Dieu et crier incessamment avec l'Église : " Seigneur ! Donne-nous la paix !




1793 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.  







P eut-on ne pas se réjouir en voyant, avec nos yeux de chair, le soleil ? D'autant plus grande est notre joie quand notre esprit, avec l'oeil intérieur, voit le Christ, Soleil de Justice. Nous partageons alors la joie des anges. L'Apôtre a dit à ce sujet " Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux " (Ph 3, 20). Celui qui marche dans la paix, ramasse, comme avec une cuiller, les dons de la grâce. Les Pères, étant dans la paix et dans la grâce de Dieu, vivaient vieux. Quand un homme acquiert la paix, il peut déverser sur d'autres la lumière qui éclaire l'esprit... Mais il doit se souvenir des paroles du Seigneur : " Hypocrite, enlève d'abord la poutre de ton oeil, et alors tu verras clair pour enlever la paille de l'oeil de ton frère " (Mt 7, 5).




1792 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.  







I l n'y a rien au-dessus de la paix en Christ, par laquelle sont détruits les assauts des esprits aériens et terrestres. " Car ce n'est pas contre les adversaires de chair et de sang que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes " (Ep 6, 12). Un homme raisonnable dirige son esprit à l'intérieur et le fait descendre dans son coeur. Alors la grâce de Dieu l'illumine et il se trouve dans un état paisible et suprapaisible : paisible, car sa conscience est en paix ; suprapaisible, car au-dedans de lui il contemple la grâce du Saint-Esprit..




1791 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.  







C elui qui est arrivé à l'amour parfait de Dieu vit en ce monde comme s'il n'y vivait pas. Car il se considère comme étranger à ce qu'il voit, attendant avec patience l'invisible... Attiré vers Dieu, il n'aspire qu'à le contempler..




1790 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.  







T ous ceux qui espèrent fermement en Dieu sont élevés vers lui et illuminés par la clarté de la lumière éternelle. Si l'homme délaisse ses propres affaires pour l'amour de Dieu et pour faire le bien, sachant que Dieu ne l'abandonnera pas, son espérance est sage et vraie. Mais si l'homme s’occupe lui-même de ses affaires et se tourne vers Dieu seulement quand il lui arrive malheur et qu'il voit qu'il ne peut s'en sortir par ses propres moyens - un tel espoir est factice et vain.




1789 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.  







A vant tout, il faut croire en Dieu, " car il existe et se fait le rémunérateur de ceux qui le cherchent " (He 11, 6). La foi, selon saint Antioche, est le début de notre union à Dieu... La foi sans les oeuvres est morte (Jc 2, 26). Les oeuvres de la foi sont : l'amour, la paix, la longanimité, la miséricorde, l'humilité, le portement de croix et la vie selon l'Esprit. Seule une telle foi compte. Il ne peut pas y avoir de vraie foi sans oeuvres.




1788 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.  







D ieu est un feu qui réchauffe et enflamme les coeurs et les entrailles. Si nous sentons dans nos coeurs le froid qui vient du démon - car le démon est froid - ayons recours au Seigneur et il viendra réchauffer notre coeur d'un amour parfait,non seulement envers lui, mais aussi envers le prochain. Et la froidure du démon fuira devant sa Face. Là où est Dieu, il n'y a aucun mal... Dieu nous montre son amour du genre humain non seulement quand nous faisons le bien, mais aussi quand nous l'offensons méritant sa colère...Ne dis pas que Dieu est juste, enseigne saint Isaac le Syrien... David l'appelait " juste ", mais son Fils nous a montré qu'il est plutôt bon et miséricordieux. Où est sa Justice? Nous étions des pécheurs, et le Christ est mort pour nous (Homélie 90).




1787 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Instructions spirituelles, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.  







L e champ de bataille contre le mal, le mal cosmique, se trouve dans notre propre coeur et que l’ultime racine du péché réside dans l’orgueil... cette véritable semence de mort qui fait peser sur toute l’humanité les ténèbres du désespoir.




1786 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Archimandrite Sophrony, p. 45.  







L orsque nous commençons à comprendre le sage dessein conçu pour nous par notre Dieu et Créateur, notre amour pour lui est stimulé, et quand nous prions, nous ressentons une nouvelle inspiration. La contemplation de la Sagesse divine se reflétant dans la beauté du monde donne à notre esprit un nouvel essor qui nous arrache déjà à tout ce qui est créé. Ce rapt n’est pas une envolée philosophique dans le domaine des idées pures, aussi captivantes qu’elles puissent nous paraître, ni une création artistique dans le domaine de la poésie, mais il est l’envahissement de tout notre être par l’énergie d’une vie jusqu’alors inconnue. La lecture de l’Évangile, dans lequel nous commençons à discerner l’Acte de l’autorévélation de Dieu, élève notre esprit au-dessus de tout ce qui est créé. Cela constitue l’entrée dans la grâce de la théologie, conçue non comme une science humaine mais comme un état de communion à Dieu. Nous ne soumettons pas la parole du Seigneur au jugement de notre entendement limité, mais nous nous jugeons nous-mêmes à la lumière de la connaissance qu’elle nous donne. Il est naturel après cela que nous aspirions à faire de la parole évangélique le contenu de toute notre existence ; cela nous aide à nous libérer de l’emprise des passions, et, avec la force de Dieu-Jésus, nous remportons la victoire sur le mal cosmique tapi dans les profondeurs de notre être. Nous reconnaissons réellement que lui, Jésus, est, au sens propre, l’unique Dieu-Sauveur, et que la prière chrétienne s’accomplit par l’incessante invocation de son Nom : Seigneur, Jésus-Christ, Fils de Dieu et Dieu, aie pitié de nous et de ton monde.




1785 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Sa vie est la mienne, Éditions du Cerf, 1981.  







L ’invocation du Nom du Seigneur nous unit progressivement à lui. Cela se réalise déjà partiellement même lorsque celui qui prie ne comprend pas encore qui est celui-ci (Mt 21, 10), et ne perçoit pas encore clairement la puissance de sanctification qui émane du Nom. Tout progrès ultérieur, toutefois, est étroitement lié à la reconnaissance toujours plus lucide de notre état de péché, allant jusqu’au désespoir. Alors, avec une énergie redoublée nous invoquerons le Nom merveilleux, Jésus, mon Sauveur, aie pitié de moi.




1784 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Sa vie est la mienne, Éditions du Cerf, 1981.  







P our que la pratique de la prière aboutisse aux résultats dont parlent avec tant d’enthousiasme nos pères et nos maîtres, il est indispensable de suivre leur enseignement. La première condition, c’est de croire en Christ comme Dieu-Sauveur ; la seconde, de se reconnaître comme un pécheur en train de se perdre. Cette conscience peut atteindre une telle profondeur que l’homme se sent pire que tous les autres ; et cela lui apparaît comme une évidence, non en raison de ses actes extérieurs, mais en constatant son éloignement de Dieu et en se voyant comme potentiellement porteur du mal sous toutes ses formes. Plus nous nous humilions dans un douloureux repentir, plus rapidement notre prière atteindra Dieu. Mais lorsque nous perdons l’humilité, aucune ascèse ne peut nous aider. La présence en nous de l’orgueil et du jugement de nos frères, le mépris et la haine de notre prochain nous rejettent loin du Seigneur.




1783 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Sa vie est la mienne, Éditions du Cerf, 1981.  







D ieu n’exerce jamais de contrainte sur la volonté de l’homme, mais lui non plus, on ne peut pas l’obliger par force à faire quoi que ce soit. Dans notre prière, nous aspirons à nous tenir devant Dieu dans l’unité et l’intégralité de notre être, en particulier avec l’intellect uni au coeur. Pour réaliser cette bienheureuse union des deux principales puissances de notre personnalité, nous ne recourons à aucun procédé artificiel (psychotechnique). Au début nous habituons notre intellect à persévérer attentivement dans la prière, comme nous l’enseignent les Pères, c’est-à-dire à prononcer le Nom de Jésus-Christ et les autres paroles de la prière avec une grande attention. Invoquer avec concentration le Nom divin, et s’efforcer chaque jour de vivre en accord avec les commandements de l’Évangile a pour effet la fusion de l’intellect et du coeur en une unique activité.




1782 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Sa vie est la mienne, Éditions du Cerf, 1981.  







Q uand nous prions dans un endroit silencieux et solitaire, il arrive bien souvent que toute sorte de pensées importunes viennent solliciter notre intellect et détourner son attention du coeur. La prière semble stérile parce que l’intellect ne prend pas part à l’invocation du Nom de Jésus, et seules les lèvres continuent de répéter mécaniquement les paroles. Mais quand nous mettons fin à notre prière, habituellement les pensées s’éloignent et nous retrouvons le calme. Ce lassant phénomène peut s’expliquer de la façon suivante : par l’invocation du Nom de Jésus nous mettons en mouvement tout un monde secret qui se cache en nous ; on peut comparer la prière à un faisceau lumineux dirigé dans les régions obscures de notre vie intérieure et nous révélant les passions ou les inclinations qui se tapissent dans nos profondeurs secrètes. Dans de tels cas, il faut prononcer le saint Nom avec plus d’intensité, pour que le sentiment de repentir croisse dans l’âme.




1781 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Sa vie est la mienne, Éditions du Cerf, 1981.  







C ’est un grand don que de contempler l’éternité dans l’inapprochable Lumière de la Divinité. Ceux qui ont eu l’expérience de cette félicité ne cherchent pas à acquérir de richesses passagères. Cependant cette grâce ne demeure pas invariablement dans l’homme, et la Lumière faiblit dans l’âme. La perte d’un tel Dieu plonge notre être tout entier dans la souffrance. De pareils abandons sont pourtant indispensables à tout un chacun afin que nul ne soit tenté de se reposer sur ses lauriers mais que, au contraire, nous continuions à suivre le Seigneur dans son ascension du Golgotha, de toutes les montagnes la plus élevée du point de vue spirituel. Quelque insuffisante que soit pareille démarche, elle régénère cependant l’homme et lui donne de nouvelles forces pour réaliser sa ressemblance au Christ.




1780 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Sa vie est la mienne, Éditions du Cerf, 1981.  







A cquérir la Prière de Jésus signifie acquérir l’éternité. Aux instants solennels et pénibles entre tous où notre organisme physique se désintègre, la prière " Jésus-Christ " devient le vêtement de l’âme ; lorsque l’activité cérébrale s’interrompt et qu’il est déjà difficile de se rappeler et de prononcer toute autre prière, la lumineuse connaissance de Dieu procédant du Nom et intimement assimilée par nous ne pourra être effacée de notre esprit. Après avoir vu la fin de nos pères, morts en prière, nous avons la ferme espérance que la paix céleste qui dépasse toute intelligence nous enveloppera, nous aussi, pour les siècles.




1779 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Sa vie est la mienne, Éditions du Cerf, 1981.  







L a voie menant à la vraie contemplation passe par le repentir. Tant que nous serons dominés par les ténèbres de l’orgueil - orgueil qui s’oppose à Dieu, à la Lumière dans laquelle il n’y a pas de ténèbres -, nous ne serons pas admis dans son éternité. Or cette passion est extraordinairement subtile et, par nous-mêmes, nous ne sommes pas en mesure d’en déceler la présence en nous jusqu’au bout. De là vient notre ardente prière : Ses péchés, qui les connaît ? De ceux qui sont cachés en moi, purifie-moi, et de ceux qui me sont étrangers, préserve ton serviteur : s’ils ne l’emportent pas sur moi, alors je serai sans reproche, et pur du grand péché. Alors les paroles de ma bouche te seront agréables, et la méditation de mon coeur sera sans cesse devant toi, Seigneur, mon aide et mon Rédempteur ! (Ps 18, 13-15)




1778 |  Christianisme, Orthodoxie
Source : Sa vie est la mienne, Éditions du Cerf, 1981.  





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