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Citations spirituelles et philosophiques de l' ecole des stoïciens

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82  citations  | Page 1 / 2





T u veux savoir quel est ton principal défaut? Tu ne sais pas compter: tu mets trop haut ce que tu donnes et trop bas ce que tu reçois.




Philosophie / Stoïcisme 3085 | 
Lettres à Lucilius  







S i grande est la faiblesse d'une âme, dont la raison est partie!




Philosophie / Stoïcisme 2759 | 
De la constance du sage p.43  







J ette tout, ne garde que ce peu de chose. Et encore souviens-toi que chacun ne vit que dans l'instant présent, dans le moment. Le reste, c'est le passé ou un obscur avenir.
Petite est donc l'étendue de la vie; petit, le coin de terre où l'on vit; petite, la plus longue renommée dans la postérité; elle dépend de la succession de petits hommes qui vont mourir très vite et qui ne connaissent ni eux-mêmes ni ceux qui sont morts il y a longtemps.





Philosophie / Stoïcisme 2056 | 
Pensées pour moi-même  







S onge que notre pensée ne prend aucune part aux émotions douces ou rudes qui tourmentent nos esprits animaux, sitôt qu'il s'est recueilli en lui même et qu'il a bien reconnu son pouvoir propre, et toutes les autres leçons que tu as entendues sur la douleur et la volupté, et auxquelles tu as acquiescé sans résistance.
Serait-ce donc la vanité de la gloire qui viendrait agiter dans tous les sens ? Regarde alors avec quelle rapidité l'oubli enveloppe toutes choses, quel abîme infini de durée tu as devant toi comme derrière toi, combien est vain chose un bruit qui retentit, combien changeants, dénués de jugement, sont ceux qui semblent applaudir, enfin la petitesse du cercle qui délimite ta renommée. Car la terre tout entière n'est qu'un point; et ce que nous en habitons, quelle étroite partie n'en est-ce pas encore ? Et dans ce coin, combien y a-t-il d'hommes, et quels hommes ! Qui célébreront tes louanges ?
Il reste donc que tu te souviennes de te retirer dans ce petit domaine qui est toi-même. Et, avant tout, ne te laisse point emporter çà et là. Point d'opiniâtreté; mais sois libre, et regarde toutes choses d'un œil intrépide, en homme, en citoyen, en être destiné à la mort.
Puis, entre les vérités les plus usuelles, objets de ton attention, place les deux suivantes : l'une, que les choses extérieures ne sont point en contact avec notre âme, mais immobiles en dehors d'elle, et que le trouble naît en nous de la seule opinion que nous nous en sommes formés intérieurement ; l'autre, que tout ce que tu vois va changer dans un moment et ne sera plus. Remets-toi sans cesse en mémoire combien de changements se sont déjà accomplis sous tes yeux. Le monde, c'est transformation ; la vie, c'est opinion.





Philosophie / Stoïcisme 2055 | 
Pensées pour moi-même.  







L es hommes se cherchent des retraites, chaumières rustiques, rivages des mers, montagnes : toi aussi, tu te livres d'habitude à un vif désir de pareils biens. Or, c'est là le fait d'un homme ignorant et peu habile, puisqu'il t'est permis, à l'heure que tu veux, de te retirer dans toi-même. Nulle part l'homme n'a de retraite plus tranquille, moins troublée par les affaires, que celle qu'il trouve dans son âme, particulièrement si l'on a en soi-même de ces choses dont la contemplation suffit pour nous faire jouir à l'instant du calme parfait, lequel n'est pas autre, à mon sens, qu'une parfaite ordonnance de notre âme. Donne-toi donc sans cesse cette retraite, et, là, redeviens toi-même. Trouve-toi de ces maximes courtes, fondamentales, qui, au premier abord, suffiront à rendre la sérénité à ton âme et à te renvoyer en état de supporter avec résignation tout ce monde où tu feras retour.




Philosophie / Stoïcisme 2054 | 
Pensées pour moi-même  







L e même rapport d'union qu'ont entre eux les membres du corps, les êtres raisonnables, bien que séparés les uns des autres, l'ont aussi entre eux parce qu'ils sont faits pour coopérer ensemble à une même œuvre. Et cette pensée touchera ton âme bien plus vivement encore, si tu te dis souvent à toi-même : "je suis un membre du corps que composent les êtres raisonnables".
Si tu te dis seulement que tu en es une partie, c'est que tu n'aimes pas encore les hommes de tout ton cœur ; c'est que tu ne saisis pas encore la joie de l'acte de générosité, c'est que tu y appréhendes simplement une chose qui convient et que tu ne fais pas du bien aux hommes comme si tu faisais ton bien propre.





Philosophie / Stoïcisme 2053 | 
Pensées pour moi-même.  







P armi les choses, les unes dépendent de nous, les autres n'en dépendent pas. Celles qui dépendent de nous, ce sont l'opinion, la tendance, le désir, l'aversion: en un mot tout ce qui est notre œuvre. Celles qui ne dépendent pas de nous, ce sont le corps, les biens, la réputation, les dignités: en un mot tout ce qui n'est pas notre œuvre.
Les choses qui dépendent de nous sont par nature libres; nul ne peut les empêcher, rien ne peut les entraver; mais celles qui ne dépendent pas de nous sont impuissantes, esclaves, sujettes à empêchement, étrangères à nous.
Souviens-toi donc que, si tu crois libres ces choses qui, de par leur nature, sont serviles, et propres à toi celles qui sont étrangères, tu seras entravé, affligé, troublé, tu accuseras dieux et hommes. Mais si tu crois tien cela seul qui est tien, et étranger ce qui en effet t'est étranger, nul ne le forcera jamais à faire une chose, nul ne t'en empêchera; tu ne te plaindras de personne, tu n'accuseras personne; tu ne feras pas involontairement une seule action; personne ne te nuira, et d'ennemi, tu n'en auras point, car tu ne souffriras rien de nuisible.





Philosophie / Stoïcisme 2052 | 
Manuel.  







E tat et caractère de l'ignorant : il n'attend jamais de lui-même son bien ou son mal, mais toujours des autres. Etat et caractère du philosophe : il n'attend que de lui-même tout son bien et tout son mal.
Signes certains qu'un homme fait du progrès dans l'étude de la sagesse : il ne blâme personne, il ne loue personne, il ne se plaint de personne, il n'accuse personne, il ne parle point de lui comme s'il était quelque chose ou qu'il sût quelque chose. Quand il trouve quelque obstacle ou quelque empêchement à ce qu'il veut, il ne s'en prend que lui-même. Si quelqu'un le loue, il se moque en secret de ce louangeur, et, si on le reprend, il ne cherche pas à se justifier ; mais, comme les convalescents, il se tâte et s'observe, de peur de troubler et de déranger quelque chose dans ce commencement de guérison, avant que sa santé soit entièrement fortifiée. Il a supprimé en lui tout désir, et il a transporté toutes ses aversions sur les seules choses qui sont contre la nature de ce qui dépend de nous. Il n'a pour toutes choses que des mouvements peu empressés et soumis. Si on le traite de simple et d'ignorant, il ne s'en met pas en peine. En un mot, il est toujours en garde contre lui-même comme contre un homme qui lui tend continuellement des pièges et qui est son plus dangereux ennemi.





Philosophie / Stoïcisme 2051 | 
Manuel, XLVIII  







C e qui nous perd, c'est que nous n'avons pas plus tôt goûté la philosophie du bout des lèvres, que nous voulons faire les sages et être tout de suite utiles aux autres ; nous voulons réformer le monde. Eh ! Mon ami, réforme-toi auparavant toi-même, et ensuite fais voir aux hommes un homme que la philosophie a formé. En mangeant avec eux, ente promenant avec eux, instruis-les par ton exemple ; cède-leur à tous, préfère-les tous à toi, supporte-les tous. Ainsi, tu leur seras utile.




Philosophie / Stoïcisme 2050 | 
Entretiens.  







C orps, âme, intelligence. Au corps, les sensations ; à l'âme, les impulsions ; à l'intelligence, les principes




Philosophie / Stoïcisme 1670 | 
Pensées pour moi-même, Livre III, XVI, Traduit par Mario Meunier, éditions Garnier-Flammarion, 2001.  







L e temps de la vie de l'homme, un instant ; sa substance, fluente ; ses sensations, indistinctes ; l'assemblage de tout son corps, une facile décomposition ; son âme, un tourbillon ; son destin, difficilement conjecturable ; sa renommée, une vague opinion. Pour le dire en un mot, tout ce qui est de son corps est eau courante ; tout ce qui est de son âme, songe et fumée. Sa vie est une guerre, un séjour sur une terre étrangère ; sa renommée posthume, un oubli. Qu'est-ce donc qui peut nous guider ? Une seule et unique chose : la philosophie. Et la philosophie consiste en ceci: à veiller à ce que le génie qui est en nous reste sans outrage et sans peines ; à ce qu'il ne fasse rien au hasard, ni par mensonge ni par faux-semblant ; à ce qu'il ne s'attache point à ce que le autres font ou ne font pas. Et, en outre, à accepter ce qui arrive et ce qui lui est dévolu, comme venant de là même d'où lui-même est venu. Et surtout, à attendre la mort avec une âme sereine sans y voir autre chose que la dissolution des éléments dont est composé chaque être vivant. Si donc pour ces éléments eux-mêmes, il n'y a rien de redoutable à ce que chacun se transforme continuellement en un autre, pourquoi craindrait-on la transformation de leur ensemble et sa dissolution ? C'est selon la nature ; et rien n'est mal de ce qui se fait selon la nature.




Philosophie / Stoïcisme 1669 | 
Pensées pour moi-même, Livre II, XVII, Traduit par Mario Meunier, éditions Garnier-Flammarion, 2001.  







O r, la mort et la vie, la gloire et l'obscurité, la douleur et le plaisir, la richesse et la pauvreté, toutes ces choses échoient également aux bons et aux méchants, sans être par elles-mêmes ni belles ni laides. Elles ne sont donc ni des biens ni des maux.




Philosophie / Stoïcisme 1668 | 
Pensées pour moi-même, Livre II, XI, Traduit par Mario Meunier, éditions Garnier-Flammarion, 2001.  







R appelle-toi depuis combien de temps tu remets à plus tard et combien de fois, ayant reçu des Dieux des occasions de t'acquitter, tu ne les as pas mises à profit. Mais il faut enfin, dès maintenant, que tu sentes de quel monde tu fais partie, et de quel être régisseur du monde, tu es une émanation, et qu'un temps limité te circonscrit. Si tu n'en profites pas pour accéder à la sérénité, ce moment passera ; tu passeras aussi, et jamais plus il ne reviendra.




Philosophie / Stoïcisme 1667 | 
Pensées pour moi-même, Livre II, IV, Traduit par Mario Meunier, éditions Garnier-Flammarion, 2001.  







T out ce que je suis, c'est une chair, avec un souffle et un principe directeur. […]. Examine aussi ce qu'est le souffle : du vent qui n'est pas toujours le même, car à tout moment tu le rends pour en avaler d'autre




Philosophie / Stoïcisme 1666 | 
Pensées pour moi-même, Livre II, II, Traduit par Mario Meunier, éditions Garnier-Flammarion, 2001.  







D ès l'aurore, dis-toi par avance : «Je rencontrerai un indiscret, un ingrat, un insolent, un fourbe, un envieux, un insociable. Tous ces défauts sont arrivés à ces hommes par leur ignorance du bien et des maux. Pour moi, ayant jugé que la nature du bien est le beau, que celle du mal est le laid, et que la nature du coupable lui-même est d'être mon parent, non par la communauté du sang ou d'une même semence, mais par celle de l'intelligence et d'une même parcelle de la divinité, je ne puis éprouver du dommage de la part d'aucun d'eux, car aucun d'eux ne peut me couvrir de laideur.»




Philosophie / Stoïcisme 1665 | 
Pensées pour moi-même, Livre II ,I, Traduit par Mario Meunier, éditions Garnier-Flammarion, 2001.  







L 'attention est nécessaire à tout, jusque dans les plaisirs même.




Philosophie / Stoïcisme 1658 | 
Entretiens, livre IV, XLIV, Traduction André Dacier  







N ous écrivons de belles maximes ; mais en sommes-nous bien pénétrés, et les mettons-nous en pratique ?




Philosophie / Stoïcisme 1657 | 
Entretiens, livre IV, XXII, Traduction André Dacier  







L e sage sauve sa vie en la perdant.




Philosophie / Stoïcisme 1656 | 
Entretiens, livre IV, III, Traduction André Dacier  







C hasse tes désirs, tes craintes, et il n'y aura plus de tyran pour toi.




Philosophie / Stoïcisme 1655 | 
Entretiens, livre III, XVI, Traduction André Dacier  







L 'homme de bien, le véritable sage, se souvenant toujours qui il est, d'où il vient, et qui l'a créé, garde toujours son poste, et ne cherche qu'à montrer son obéissance aux dieux, en leur disant : « Vous voulez que je sois encore ici, j'y demeure. Vous voulez que j'en sorte, j'en sors. Car, comme je n'y suis que pour vous, je n'en sors non plus que pour vous, et j'ai toujours devant les yeux et vos commandements et vos défenses. […]
Les dieux me laissent dans la pauvreté, dans la bassesse, dans la captivité. Ce n'est point par haine pour moi, car où est le maître qui haïsse un serviteur fidèle ? Ce n'est pas non plus par négligence, car ils ne négligent pas les plus petites choses. Mais ils veulent m'éprouver, ils veulent voir s'il y a en moi un bon soldat, un bon citoyen ; enfin ils veulent que je leur serve de témoin auprès des autres hommes.





Philosophie / Stoïcisme 1654 | 
Entretiens, livre III, LX & LXI, Traduction André Dacier  







S ouviens-toi toujours de ce qu'Eumée dit dans Homère à Ulysse qu'il ne reconnaissait point et qui le remerciait de ses bons traitements. « Étranger, il ne m'est pas permis de mépriser, de maltraiter un étranger qui vient chez moi, quand même il serait dans un état plus vil et plus méprisable que celui où tu es, car les étrangers et les pauvres viennent des dieux. » Dis la même chose à ton frère, à ton père, à ton prochain : « II ne m'est pas permis d'en user mal avec vous, quand vous seriez encore pis que vous n'êtes, car vous venez des dieux. »




Philosophie / Stoïcisme 1653 | 
Entretiens, livre III, XIX, Traduction André Dacier  







S i je résiste à une belle femme qui est prête à m'accorder ses faveurs, je me dis à moi- même : Voilà qui va bien, Épictète, cela vaut mieux que d'avoir réfuté le sophisme le plus subtil. Si je résiste à ses avances et que je repousse ses caresses, je puis me glorifier de cette victoire bien plus que d'avoir triomphé de tous les syllogismes les plus embarrassants... Mais comment résister à une tentation si pressante ? Il ne faut pour cela que vouloir te plaire à toi-même, et être beau aux yeux des dieux. Il ne faut que vouloir conserver la pureté du corps et de l'âme.




Philosophie / Stoïcisme 1652 | 
Entretiens, livre II, XLVI, Traduction André Dacier  







S i nous voulons être philosophes véritablement, réglons notre volonté sur les événements de telle sorte que nous soyons toujours contents et de ce qui arrive, et de ce qui n'arrive point.




Philosophie / Stoïcisme 1651 | 
Entretiens, livre II, XXXII, Traduction André Dacier  







N e faut-il pas que je me venge et que je rende le mal qu'on m'a fait ? -- Eh ! mon ami, on ne t'a point fait de mal, puisque le bien et le mal ne sont que dans ta volonté. D'ailleurs, si un tel s'est blessé lui-même en te faisant injustice, pourquoi veux-tu te blesser aussi toi-même en la lui rendant ?




Philosophie / Stoïcisme 1650 | 
Entretiens, livre II, XXVIII, Traduction André Dacier  







J e compose de beaux dialogues, je fais de bons livres. -- Eh ! mon ami, montre-moi plutôt que tu domptes tes passions, que tu règles tes désirs, et que tu suis la vérité dans tes opinions. Assure-moi que tu ne crains ni la prison, ni l'exil, ni la douleur, ni la pauvreté, ni la mort. Sans cela, quelques beaux livres que tu fasses, sois bien persuadé que tu n'es encore qu'un ignorant.




Philosophie / Stoïcisme 1649 | 
Entretiens, livre II, IV, Traduction André Dacier  







S i nous avions du sens, nous ne ferions autre chose toute notre vie, et en public, et en particulier, que de rendre grâces à la Providence pour tous les biens que nous en avons reçus, et dont nous jouissons à tous les moments de notre vie. Oui, en bêchant, en labourant, en mangeant, en nous promenant, en nous levant, en nous couchant, à chaque action nous nous écrierions : « Que la Providence est grande ! » Tout retentirait du son de ces paroles divines : « Que la Providence est grande ! » Mais vous êtes ingrats et aveugles. Il faut donc que je le dise pour vous tous, et que vieux, boiteux, pauvre et infirme, je dise sans cesse : « Que la Providence est grande ! »




Philosophie / Stoïcisme 1648 | 
Entretiens, livre I, XLVI, Traduction André Dacier  







N 'es-tu pas persuadé que toutes les choses du monde ont entre elles une liaison ? -- Oui. -- N'es-tu pas persuadé que les choses terrestres sont régies par les célestes ? -- Oui. -- En effet, tu vois que toutes les choses de la nature arrivent dans les temps marqués, toutes les saisons arrivent dans leur temps. A l'approche et à la retraite du soleil, quand la lune croît ou décroît, toute la face de la nature change. Puis donc que toutes les choses de ce bas monde, et nos corps mêmes sont si liés et si unis avec le tout, comment peux-tu t'imaginer que notre âme, bien plus divine que tout cet univers, en soit seule détachée, et qu'elle ne soit pas unie et liée avec la divinité qui l'a créée ?




Philosophie / Stoïcisme 1647 | 
Entretiens, livre I, XLI, Traduction André Dacier  







P uisque l'homme libre est celui à qui tout arrive comme il le désire, me dit un fou, je veux aussi que tout m'arrive comme il me plaît. -- Eh ! mon ami, la folie et la liberté ne se trouvent jamais ensemble. La liberté est une chose non seulement très belle, mais très raisonnable, et il n'y a rien de plus absurde ni de plus déraisonnable que de former des désirs téméraires et de vouloir que les choses arrivent comme nous les avons pensées. […]. Non, mon ami : la liberté consiste à vouloir que les choses arrivent, non comme il te plaît, mais comme elles arrivent.




Philosophie / Stoïcisme 1646 | 
Entretiens, livre I, XXXV, Traduction André Dacier  







L 'homme dans cette vie doit être le spectateur de son essence et des ouvrages de la divinité, son interprète et son panégyriste. Et toi, malheureux, tu commences et tu finis par où les bêtes commencent et finissent, tu vois sans sentir. Finis donc par où la divinité a fini en toi. Elle a fini en te donnant une âme intelligente et capable de la connaître. Sache donc t'en servir ; ne sors point de ce spectacle si admirable, sans avoir fait que l'entrevoir. Vois, connais, loue, bénis.




Philosophie / Stoïcisme 1645 | 
Entretiens, livre I, XXIII, Traduction André Dacier  







N ous craignons tous la mort du corps ; mais la mort de l'âme, qui est-ce qui la craint ?




Philosophie / Stoïcisme 1644 | 
Entretiens, livre I, XX, Traduction André Dacier  







N ous sommes composés de deux natures bien différentes : d'un corps qui nous est commun avec les bêtes, et d'un esprit qui nous est commun avec les dieux. Les uns penchent vers cette première parenté, s'il est permis de parler ainsi, parenté malheureuse et mortelle. Et les autres penchent vers la dernière, vers cette parenté heureuse et divine. De là vient que ceux-ci pensent noblement, et que les autres, en beaucoup plus grand nombre, n'ont que des pensées basses et indignes. -- Que suis-je, moi ? Un petit homme très malheureux ; et ces chairs, dont mon corps est bâti, sont effectivement très chétives et très misérables. -- Mais tu as en toi quelque chose de bien plus noble que ces chairs. Pourquoi, t'éloignant donc de ce principe si élevé, t'attaches-tu à ces chairs ? Voilà la pente de presque tous les hommes, et voilà pourquoi il y a parmi eux tant de monstres, tant de loups, tant de lions, tant de tigres, tant de pourceaux. Prends donc garde à toi, et tâche de ne pas augmenter le nombre de ces monstres.




Philosophie / Stoïcisme 1643 | 
Entretiens, livre I, XVII, Traduction André Dacier  







C ommence donc dès aujourd'hui à te juger digne de vivre comme un homme, et comme un homme qui a déjà fait quelque progrès dans la sagesse, et que tout ce qui te paraîtra très beau et très bon soit pour toi une loi inviolable. S'il se présente quelque chose de pénible ou d'agréable, de glorieux ou de honteux, souviens-toi que le jour de la lutte est venu, que les jeux olympiques sont ouverts, qu'il n'est plus temps de différer, et que, d'un moment et d'une seule action de courage ou de lâcheté, dépendent ton avancement ou ta perte. C'est ainsi que Socrate est parvenu à la perfection, en faisant servir toutes choses à son avancement, et en ne suivant jamais que la raison. Pour toi, bien que tu ne sois pas encore Socrate, tu dois pourtant vivre comme quelqu'un qui veut le devenir.




Philosophie / Stoïcisme 1642 | 
Pensées, Chap.I, 79, Traduction André Dacier  







N e te dis jamais philosophe, et ne débite point de belles maximes devant les ignorants ; fais plutôt ce que ces maximes prescrivent. […]
Demeure ferme dans la pratique de toutes ces maximes, et obéis-leur comme à des lois que tu ne peux violer sans impiété.





Philosophie / Stoïcisme 1641 | 
Pensées, Chap.I, 72 & 78, Traduction André Dacier  







S i ton imagination te présente l'image de quelque volupté, alors, comme toujours, veille sur toi, de peur qu'elle ne t'entraîne. Que cette volupté t'attende un peu, et obtiens de toi-même quelque délai. Ensuite compare les deux moments, celui de la jouissance et celui du repentir qui la suivra, et des reproches que tu te feras à toi-même, et oppose-leur la satisfaction que tu goûteras et les louanges que tu te donneras si tu résistes. Si tu trouves qu'il soit temps pour toi de jouir de ce plaisir, prends bien garde que ses amorces et ses attraits ne te désarment et ne te séduisent, et oppose-leur ce plaisir plus grand encore de pouvoir te rendre le témoignage que tu les as vaincus.




Philosophie / Stoïcisme 1640 | 
Pensées, Chap.I, 28, Traduction André Dacier  







P rends bien garde qu'en voyant quelqu'un comblé d'honneurs, ou élevé à une grande puissance, ou florissant de quelque autre manière, prends bien garde, dis-je, qu'emporté et séduit par ton imagination, tu ne le trouves heureux. Car, si l'essence du véritable bien consiste dans les choses qui dépendent de nous, ni l'envie, ni l'émulation, ni la jalousie n'auront plus de lieu, et toi-même, tu ne voudras être ni général, ni sénateur, ni consul, mais libre ; or, une seule voie y mène : le mépris des choses qui ne dépendent point de nous.




Philosophie / Stoïcisme 1639 | 
Pensées, Chap.I, 28, Traduction André Dacier  







S ouviens-toi que tu dois te conduire dans la vie comme dans un festin. Un plat est-il venu jusqu'à toi ? étendant ta main avec décence, prends-en modestement. Le retire-t-on ? ne le retiens point. N'est-il point encore venu ? n'étends pas au loin ton désir, mais attends que le plat arrive enfin de ton côté. Uses-en ainsi avec des enfants, avec une femme, avec les charges et les dignités, avec les richesses, et tu seras digne d'être admis à la table même des dieux. Et si tu ne prends pas ce qu'on t'offre, mais le rejettes et le méprises, alors tu ne seras pas seulement le convive des dieux, mais leur égal, et tu régneras avec eux. C'est en agissant ainsi que Diogène, Héraclite et quelques autres ont mérité d'être appelés des hommes divins, comme ils l'étaient en effet.




Philosophie / Stoïcisme 1638 | 
Pensées, Chap.I, 23, Traduction André Dacier  







C e qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les opinions qu'ils en ont. Par exemple, la mort n'est point un mal, car, si elle en était un, elle aurait paru telle à Socrate, mais l'opinion qu'on a que la mort est un mal, voilà le mal. Lors donc que nous sommes contrariés, troublés ou tristes, n'en accusons point d'autres que nous-mêmes, c'est-à-dire nos opinions.




Philosophie / Stoïcisme 1637 | 
Pensées, Chap.I, 10, Traduction André Dacier  







S ouviens-toi que la fin de tes désirs, c'est d'obtenir ce que tu désires, et que la fin de tes craintes, c'est d'éviter ce que tu crains. Celui qui n'obtient pas ce qu'il désire est malheureux, et celui qui tombe dans ce qu'il craint est misérable. Si tu n'as donc de l'aversion que pour ce qui est contraire à ton véritable bien, et qui dépend de toi, tu ne tomberas jamais dans ce que tu crains. Mais si tu crains la mort, la maladie ou la pauvreté, tu seras misérable. Transporte donc tes craintes, et fais-les tomber des choses qui ne dépendent point de nous, sur celles qui en dépendent ; et, pour tes désirs, supprime-les entièrement pour le moment. Car, si tu désires quelqu'une des choses qui ne sont pas en notre pouvoir, tu seras nécessairement malheureux ; et, pour les choses qui sont en notre pouvoir, tu n'es pas encore en état de connaître celles qu'il est bon de désirer. En attendant donc que tu le sois, contente-toi de rechercher ou de fuir les choses, mais doucement, toujours avec des réserves, et sans te hâter.




Philosophie / Stoïcisme 1636 | 
Pensées, Chap.I, 7, Traduction André Dacier  







O n se cherche des retraites a la campagne, sur les plages, dans, les montagnes. Et toi-meme, tu as coutume de desirer ardemment ces lieux d'isolement.
Mais tout cela est de la plus vulgaire opinion, puisque tu peux, a l'heure que tu veux, te retirer en toi-meme.
Nulle part, en effet, l'homme ne trouve de plus tranquille et de plus calme retraite que dans son ame, surtout s'il possede, en son for interieur, ces notions sur lesquelles il suffit de se pencher pour acquerir aussitot une quietude absolue, et par quietude je n'entends rien d'autre qu'un ordre parfait.





Philosophie / Stoïcisme 1302 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.166  







U ne est la lumiere du soleil, bien qu'elle se laisse separer par des murs, des montagnes et mille autres obstacles.
Une est la substance universelle, bien qu'elle se separe en combien de milliers de corps particuliers.
Un est le souffle vital, bien qu'il se separe en des milliers de natures et de particulieres delimitations. Une est l'ame intelligente, bien qu'elle paraisse se partager.





Philosophie / Stoïcisme 1296 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.143  







C raint-on la transformation ? Mais sans transformation que peut il se produire? Qu'y a-t-il de plus cher et de plus familier a la nature universelle?
Toi-meme, peux-tu prendre un bain chaud, si le bois ne subi aucune transformation? Peux-tu te nourrir, si les aliments ne subissent aucune transformation? Et quelle est celle des autre choses utiles qui peut s'accomplir sans transformation ? Ne vois-tu donc pas que ta propre transformation est un fait pareillement necessaire a la nature universelle ?





Philosophie / Stoïcisme 1291 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.131  







O l'art admirable! Tu sais mesurer ce qui est rond, tu sais reduire a un carre toute figure proposee, tu connais la distance des astres entre eux. Il n'est rien que tu ne puisses mesurer. Si tu es fort, mesure un peu l'ame de l'homme, dis-moi sa grandeur, dis-moi sa petitesse. Tu sais ce qu'est une ligne droite. A quoi bon, si tu ignores ce qu'est, dans la vie, la droiture ?




Philosophie / Stoïcisme 1281 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.112  







C rois-tu qu'en te rendant philosophe tu pourras semblablement manger, pareillement boire, avoir les memes desirs, les memes aversions? Il faut veiller, peiner, se separer des siens, souffrir le mepris d'un jeune esclave, etre raille par les premiers venus, avoir en tout le dessous, dans les honneurs, dans les charges publiques, devant les juges; et dans la moindre affaire.
Pose tout cela, si tu veux recevoir en echange l'impassibilite, la liberte, le calme. Sinon, n'approche pas, de peur que, comme les enfants, tu ne sois maintenant philosophe, plus tard percepteur, ensuite rheteur, puis procurateur de Cesar. Tout cela ne s'accorde pas. Il faut que tu sois un seul homme, ou bon ou mauvais. Il faut cultiver, ou le gouvemement de toi-meme ou les choses du dehors, t'appliquer aux choses interieures ou aux choses exterieures, c'est-a-dire tenir le role de philosophe ou de particulier.





Philosophie / Stoïcisme 1278 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.95  







C onduite et caractere de l'homme vulgaire : ll n'attend jamais de lui-meme profit ou dommage, mais des choses exterieures. Conduite et caractere du philosophe: il n'attend tout profit et tout dommage que de lui-meme.




Philosophie / Stoïcisme 1277 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.93  







L a philosophie consiste en ceci : a veiller a ce que le genie qui est en nous reste sans outrage et sans dommage, et soit au-dessus des plaisirs et des peines; a ce qu'il ne fasse rien au hasard, ni par mensonge ni par faux-semblant; a ce qu'il ne s'attache point a ce que les autres font ou ne font pas. Et, en outre, a accepter ce qui arrive et ce qui lui est devolu, comme venant de la meme d'ou lui-meme est venu.




Philosophie / Stoïcisme 1276 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.92  







D e meme qu'avec une petite taille on peut etre un homme accompli, une vie peut etre breve mais accomplie. L'age fait partie des choses exterieures. La duree de ma vie ne depend pas de moi. Vivre pleinement ne depend que de moi. Demande-moi de ne pas traverser les jours de ma vie dans une bassesse comparable aux tenebres. Que je mene ma vie et que ce ne soit pas elle qui me mene!




Philosophie / Stoïcisme 1274 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.75  







S i l'un des Dieux te disait:« Tu mourras demain ou, en tout cas, après-demain », tu n'attacherais plus une grande importance à ce que ce soit dans deux jours plutôt que demain, à moins d'être le dernier des rustres, car qu'est-ce que ce délai. De même, ne crois pas que mourir dans beaucoup d'années plutôt que demain, soit de grande importance.




Philosophie / Stoïcisme 1089 | 
Livre IV,47, Edition Garnier-Flammarion.1964 Traduction de Mario Meunier.  







N 'agis point comme si tu devais vivre des milliers d'années. L'inévitable est sur toi suspendu. Tant que tu vis, tant que cela t'est possible, deviens homme de bien.




Philosophie / Stoïcisme 1088 | 
Livre IV,17, Edition Garnier-Flammarion.1964 Traduction de Mario Meunier.  







C reuse au-dedans de toi. Au-dedans de toi est la source du bien, et une source qui peut toujours jaillir, si tu creuses toujours.




Philosophie / Stoïcisme 1087 | 
Livre VII,49, Edition Garnier-Flammarion.1964 Traduction de Mario Meunier.  







Q uand tu devrais vivre trois fois mille ans, et même autant de fois dix mille ans, souviens-toi pourtant que nul ne perd une vie autre que celle qu'il vit, et qu'il ne vit pas une vie autre que celle qu'il perd. Par là, la vie la plus longue revient à la vie la plus courte...




Philosophie / Stoïcisme 1086 | 
Livre II,14, Edition Garnier-Flammarion.1964 Traduction de Mario Meunier.  





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En savoir + : Histoire et dogmes de l' ecole des stoïciens




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