Patrimoine  Spirituel  de l'Humanité
Maître Eckhart



Citations spirituelles et philosophiques de Maître Eckhart

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M ais voici que Platon, le grand clerc, parle, il commence, il veut parler de grandes choses. Il parle d'une pureté qui n'est pas de ce monde, ni dans le monde, ni hors du monde, qui n'est ni dans le temps ni dans l'éternité, qui n'a ni dehors ni dedans. C'est dans cette Pureté que Dieu, le Père éternel, puise la plénitude et l'abîme de toute sa déité. Cet abîme, Il l'engendre ici dans son Fils unique, pour que nous soyons aussi le même Fils. Mais, pour Lui, engendrer c'est demeurer en Lui-même et demeurer en Lui-même c'est engendrer hors de Lui-même. Tout cela reste l'Un jaillissant en Lui-même.




Christianisme 1678 | 
Oeuvres, Sermon n° 29, Traduit par Alain de Libera  







P ourquoi Dieu s'est-il fait homme ? Pour que je naisse Dieu, le même Dieu ! Dieu est mort pour que je meure du monde entier et de toutes les choses créées. C'est dans ce sens qu'il faut entendre la parole de Notre-Seigneur : «Tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai révélé.» Qu'est-ce donc que le Fils entend de son Père ? Le Père ne peut qu'engendrer, le Fils ne peut qu'être engendré. Tout ce que le Père a, tout ce qu'Il est, l'abîme de l'être divin et de la nature divine, Il l'engendre pleinement dans son Fils unique. Voilà ce que le Fils entend du Père, voilà ce qu'Il nous a révélé, afin que nous soyons le même Fils. Tout ce qu'a le Fils, il l'a de son Père, être et nature, pour que nous soyons le même Fils. Le Saint-Esprit, personne ne l'a non plus, à moins d'être le Fils unique. […] Il en va de même de l'homme, qui est le Fils unique : l'Esprit-Saint demeure en lui essentiellement c'est pourquoi il est dit dans le livre de la Sagesse : «Je t'ai engendré aujourd'hui dans le reflet de ma lumière éternelle, dans la plénitude et la splendeur des saints.» Il l'engendre maintenante et aujourd'hui. Et c'est la naissance dans la déité, là ils sont «baptisés dans l'Esprit-Saint», selon la promesse que le Père leur a faite. C'est, «après ces jours qui ne durent guère ou peu», la «plénitude de la déité». Là il n'y a ni jour ni nuit ; là ce qui est à plus de mille lieues de distance est aussi près de moi que l'endroit où je me tiens en ce moment ; là est la plénitude et l'abondance de toute la déité ; là n'est qu'unité.




Christianisme 1677 | 
Oeuvres, Sermon n° 29, Traduit par Alain de Libera  







I l faut que l'esprit s'élève au-dessus de tout nombre, qu'il perce toute multiplicité, et alors Dieu perce également en lui. Et autant Dieu perce en moi, autant moi je perce en Lui. Dieu conduit cet esprit dans le Désert, dans l'unité de Lui-même, là où il est un Un pur jaillissant en Lui-même. Un tel esprit est sans pourquoi ; s'il devait encore avoir un pourquoi, l'unité aussi devrait avoir un pourquoi. Un tel esprit est dans l'unité et la liberté.




Christianisme 1676 | 
Oeuvres, Sermon n° 29, Traduit par Alain de Libera  







L orsque l'homme se détourne des choses temporelles et se tourne en lui-même, il perçoit une lumière céleste qui vient du ciel.




Christianisme 1675 | 
Oeuvres, Sermon n° 29, Traduit par Alain de Libera  







D ieu lui est un et tout ; et qui, en toutes choses, n'a purement que Dieu en vue, il porte Dieu dans toutes ses oeuvres et dans tous les lieux. Toute son action, c'est bien plutôt Dieu qui la fait. Car qui est cause d'une action, elle lui appartient en vérité plus qu'à celui qui ne fait que l'exécuter. Si, sans aucun regard de côté, Dieu est notre but, en vérité ! il faut qu'il soit l'auteur de nos actions. Et lui faire obstacle dans son action, personne absolument n'en a la puissance, même pas l'espace et la pesanteur. Ainsi personne n'a non plus la puissance de faire obstacle à cet homme. Car il ne désire et ne cherche rien et ne goûte rien, que Dieu : dans toutes ses intentions il devient un avec Dieu. Et de même qu'aucune multiplicité ne peut disperser Dieu, de même rien ne peut non plus disperser cet homme, ni le diversifier : il est un dans l'un, où toute diversité est unité, inviolable unité…




Christianisme 1627 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







C herche Dieu et tu trouveras Dieu et tout le bien par-dessus le marché. […] Celui qui s'attache à Dieu, Dieu, et toute qualité solide, s'attache à lui. Et ce que tu cherchais auparavant, voici que cela te cherche à son tour, ce que tu poursuivais auparavant, voici que cela te poursuit, et ce que tu devais fuir auparavant voici que cela te fuit. C'est pourquoi : vers celui qui s'attache à Dieu, vers lui se porte ce qui est divin, et de lui se retire ce qui est hétérogène et étranger à Dieu.




Christianisme 1626 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







E t de cela personne ne doit douter : s'il y avait un meilleur chemin, Notre-Seigneur nous l'aurait indiqué. Comme il dit aussi : "Qui veut me suivre, qu'il renonce d'abord à lui-même !" C'est là toute la question. Va à ta recherche et là où tu te trouves quitte-toi ! C'est ce qui est le plus salutaire. Et sois persuadé qu'il n'y a encore jamais eu personne en cette vie qui ne se soit tellement renoncé qu'il ne trouve toujours le moyen de se renoncer davantage. Il y a peu de gens qui comprennent bien cela et restent fermes là-dessus. Il est juste de rendre la pareille et c'est un marché équitable : dans la mesure où tu sors des choses, dans la même mesure exactement, ni plus ni moins, Dieu entre en toi avec tout ce qui est à lui. Ici attaque-toi à l'ouvrage et mets-toi en frais, fais ce que tu peux, ainsi tu trouveras la vraie paix ! Et autrement pas.




Christianisme 1625 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







J amais ne surgit en toi un trouble qu'il n'ait sa source dans la volonté propre, qu'on en soit conscient ou non. […]
Mais ce qui est l'obstacle c'est toi-même dans les choses : ta position vis-à-vis des choses est à l'envers.





Christianisme 1624 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







D ans ce détachement impassible Dieu s'est tenu, et se tient encore, éternellement. Même quand il créa le ciel et la terre et toutes les créatures cela ne touchait pas plus son détachement que s'il eût jamais rien créé. Oui, je l'affirme : toutes les prières et toutes les bonnes oeuvres que l'homme peut accomplir ici dans le temps, le détachement de Dieu en est aussi peu touché que s'il n'y avait absolument rien de tout cela, et Dieu n'en est en rien plus clément ou mieux disposé envers l'homme que s'il n'avait jamais fait ces prières ou accompli ces bonnes oeuvres. Oui, même quand au sein de la divinité le Fils voulut devenir homme et le devint et souffrit le martyre, cela ne toucha pas l'impassible détachement de Dieu, pas plus que s'il n'était jamais devenu homme.




Christianisme 1623 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







T iens-toi à l'écart de tous les hommes, ne te laisse troubler par aucune impression reçue, rends-toi libre de tout ce qui pourrait donner à ton être une participation étrangère, te lier au terrestre et t'apporter des soucis, et dirige toujours ton esprit vers une contemplation salutaire : dans laquelle tu portes Dieu dans ton coeur, comme l'objet devant lequel ton regard ne vacillera jamais !




Christianisme 1622 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







L e vrai détachement signifie que l'esprit se tient impassible dans tout ce qui lui arrive, que ce soit agréable ou douloureux, un honneur ou une honte, comme une large montagne se tient impassible sous un vent léger. Rien ne rend l'homme plus semblable à Dieu que ce détachement impassible. Car que Dieu est Dieu, cela repose sur son détachement impassible : de là découle sa pureté, sa simplicité et son immutabilité.




Christianisme 1621 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







Q u'est-ce que c'est que la nature de l'âme. Ici faites bien attention : la dernière certitude dans l'âme c'est la nature toute simple de l'âme. Cette nature de l'âme est si délicate que l'espace la préoccupe si peu, comme si elle n'était pas du tout en lui.




Christianisme 1617 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







P arlons maintenant des sens intérieurs ou des puissances supérieures de l'âme ! Nous distinguons les plus basses et les plus élevées. Les plus basses sont un moyen terme entre les puissances plus hautes et les sens extérieurs. Elles s'étendent jusque tout près de ceux-ci : ce que l'oeil voit, ce que l'oreille entend, le sens le présente tout d'abord au désir. Si ici on prend position correctement le désir le présente à son tour à la deuxième des puissances : la considération. celle-ci le mène à l'appréciation et le présente ensuite de nouveau à la faculté de discernement ou à l'intellect. Ainsi elle est décantée toujours davantage pour être reçue par les puissances supérieures. Car l'âme possède la noble faculté de dépouiller ce qu'elle reçoit de la ressemblance avec elle-même et de tout caractère sensible et de l'apporter ainsi aux puissance supérieures, où c'est conservé par la mémoire, pénétré par la raison et accompli par la volonté. Ce sont là les puissances les plus hautes de l'âme. Elles sont contenues dans une nature : tout ce que l'âme opère, c'est sa nature simple qui l'opère, et cela par le moyen des puissances.




Christianisme 1616 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







D 'abord veille à ce que tes sens extérieurs remplissent leurs fonctions de façon correcte. Considère que le mal ne se présente pas moins à la vue que le bien; l'un se presse à l'oreille tout autant que l'autre; et ainsi pour tous les sens. C'est pourquoi il faut vous diriger avec tout votre sérieux vers le Bien ! Voilà pour les sens extérieurs.




Christianisme 1615 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







E t qui donc est plus noble que celui qui est né par moitié de ce que le monde offre de plus haut et de meilleur, et pour l'autre moitié, du fond le plus intime de la nature divine et de la divine solitude."




Christianisme 1485 | 
"Sermons et Traités". Paris 1942-197, Sermon sur Luc XIX, 12  







J e conduirai les âmes nobles dans une solitude et là je parlerai dans leur coeur.
Un avec l'Un, Un de l'Un, et en l'Un, l'Un lui même éternellement".





Christianisme 1484 | 
"Sermons et Traités". Paris 1942-197  
Référence à Osée XIII, 5, Traité "De l'homme noble."







I l est dans l'Âme un Château fort où même le Regard de Dieu en trois Personnes ne peut pénétrer; il est le Lieu de l'Unité pure.




Christianisme 1483 | 
"Sermons et Traités". Paris 1942-197.  







C e n'est pas au dehors, mais à l'intérieur : tout à l'intérieur




Christianisme 1482 | 
"Sermons et Traités". Paris 1942-197.  







S ors en totalité de toi pour l'Amour de Dieu et Dieu sortira entièrement de Lui-même pour l'Amour de toi…ce qui reste alors c'est l'Unité simple




Christianisme 1481 | 
"Sermons et Traités". Paris 1942-197.  







L à où finit la créature, là commence l'Etre de Dieu. Tout ce que Dieu te demande de la façon la plus pressante, c'est de sortir de toi-même dans la mesure où tu es créature, et de laisser Dieu être Dieu en toi




Christianisme 1480 | 
"Sermons et Traités". Paris 1942-197.  







L e Fond de Dieu et le fond de l'Ame ne sont qu'un seul et meme fond.




Christianisme 1305 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.167  







I l faut casser la coque pour en faire sortir l'interieur car si tu veux le noyau, tu dois briser la coquille. Si donc tu veux. Decouvrir la nuditte de la nature, il te faut detruire ses symboles, et plus tu vas loin, plus tu en approches l'essence. Quand tu en arriveras a l'Un, qui recueille toutes les choses en Soi, c'est la que ton ame devra rester.




Christianisme 1292 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.136  







J amais une personne n'a desire quelque chose autant que Dieu desire amener une personne a Le connaiitre
Dieu est pres de nous, mais c'est nous qui sommes tres loin de Lui.
Laissez Dieu etre Dieu en vous.





Christianisme 1290 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.130  







L a connaissance pure est inconnue de tous ceux qui ne sont depouilles de leur moi et de toutes les choses materielles.




Christianisme 1288 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.118  







D ieu n'est ni être, ni raison, ni ne connaît ni ceci, ni celà. C'est pourquoi Dieu est vide de toutes choses et c'est pourquoi il est toutes choses.




Christianisme 1207 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







Q ui veut arriver à la plus haute perfection de son être et à la contemplation de Dieu, du Bien suprême, il faut qu'il ait une connaissance de lui-même, comme de ce qui est au-dessus de lui, jusqu'au fond. Ce n'est qu'ainsi qu'il arrive à la plus haute pureté. C'est pourquoi, cher être humain, apprends à te connaitre toi-même, cela t'est meilleur que si tu connaissais les forces de toutes les créatures !




Christianisme 1190 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







P assons à la question de ce qu'est l'objet du pur détachement. Ce n'est pas ceci ou cela. Le détachement tend vers un pur néant, car il tend vers l'état le plus haut, dans lequel Dieu peut agir en nous entièrement à sa guise.




Christianisme 1189 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







J 'ai lu beaucoup d'écrits, tant de maîtres païens que de prophètes, de l'Ancien et du Nouveau Testament, et j'ai recherché avec tout mon sérieux et toute mon application quelle est la plus belle et la plus haute des vertus : par laquelle l'homme peut se conformer le plus étroitement à Dieu et redevenir autant que possible pareil à son modèle original, tel qu'il était en Dieu, dans lequel il n'y avait aucune différence entre lui et Dieu, jusqu'à ce que Dieu eût créé les créatures. Et quand je vais au fond de tout ce qui a été écrit là-dessus, aussi loin que peut atteindre ma raison avec son témoingage et son jugement, je n'en trouve pas d'autre que le pur détachement de toute chose créée. C'est dans ce sens que Notre-Seigneur dit à Marthe : "Une chose est nécessaire !" Ce qui veut dire : Qui veut être inaltérable et pur doit avoir une chose, le détachement.




Christianisme 1188 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







I l est un dans l'un, où toute diversité est unité, inviolable unité…




Christianisme 1187 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







E t de même qu'aucune multiplicité ne peut disperser Dieu…




Christianisme 1186 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







D ieu lui est un et tout …




Christianisme 1185 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







O n m'a demandé : "Certaines gens se retirent rigoureusement de toute société et aiment être seuls : ils en ont besoin pour leur recueillement ; ou ne doivent-ils pas en outre se trouver à l'église : n'est-ce pas cela le mieux ?" Non ! ai-je répondu. Et laisse-toi dire pourquoi ! Qui est dans la disposition d'esprit requise, tous les lieux lui conviennent, et toutes les société ; mais qui ne l'est pas, aucun lieu et aucune société ne lui convient. Le premier, en effet, il a Dieu en soi. Mais Dieu, si on l'a du tout, on l'a en tous lieux : dans la rue et parmi les gens aussi bien qu'à l'église ou dans un ermitage ou une cellule. Si quelqu'un l'a, et n'a que lui, personne parmi les hommes ne peut le troubler.




Christianisme 1184 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







L es gens ne devraient pas toujours tant réfléchir à ce qu'ils doivent faire, ils devraient plutôt penser à ce qu'ils doivent être. S'ils étaient seulement bons et conformes à leur nature, leurs oeuvres pourraient briller d'une vive clarté. Si tu es juste, tes oeuvres le sont aussi. Ne pense pas mettre ton salut sur un " agir " : c'est sur un être qu'il faut le placer. Car les oeuvres ne nous sanctifient pas, mais nous devons sanctifier les oeuvres. Et même s'il s'agit des oeuvres les plus pieuses, elles ne nous sanctifient pas le moins du monde parce que nous les accomplissons : mais dans la mesure où nous avons l'être et l'essence, nous sanctifions notre agir, que ce soit manger, dormir, veiller ou n'importe quoi d'autre. L'important n'est pas tant ce qu'on fait ni de quel genre sont les oeuvres que comment est le fond des oeuvres. Le fond dont dépend si l'essence de l'homme est bonne, le fond aussi d'où les oeuvres de l'homme reçoivent leur valeur, est que notre coeur soit entièrement tourné vers Dieu.




Christianisme 1183 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







M ets donc le levier en toi et quitte-toi ! Car, en vérité ! si tu ne te fuis pas d'abord, alors, où que tu fuies, tu trouveras toujours empêchement et trouble. Les gens qui cherchent la paix dans les choses extérieures : dans les lieux et dans les modalités, par les hommes ou par les choses, par l'absence de logis, la pauvreté et la bassesse de condition - quelque bonne apparence que cela puisse avoir, tout cela n'est pourtant rien et ne donne pas la paix ! Ceux qui cherchent ainsi, cherchent tout à fait à contresens : plus ils vont loin moins ils trouvent ce qu'ils cherchent. Ils vont comme quelqu'un qui s'est trompé de chemin : plus il va loin plus il s'égare. Qui quitte sa volonté, qui se quitte lui-même, il a quitté le monde entier, aussi bien que si celui-ci était son bien propre et s'il l'avait possédé avec pleine puissance.




Christianisme 1182 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







O n peut concevoir la chaleur sans le feu et la lumière sans le soleil, mais on ne peut concevoir Dieu sans l'âme ni l'âme sans Dieu, tant ils sont un.




Christianisme 1181 | 
Extrait de Dieu au-delà de Dieu  







L 'instant où Dieu créa le premier homme, et l'instant où le dernier doit disparaître, et l'instant où je parle, sont égaux en Dieu et ne sont qu'un instant.




Christianisme 1180 | 
Extrait de Sermon  







I l n'est si bon conseil pour trouver Dieu que de laisser Dieu. Que l'homme aille loin ou près, Dieu ne va jamais loin, il demeure toujours proche.




Christianisme 1179 | 
Extrait de Discours du discernement  







D ans le Un on trouve Dieu, et il faut que devienne Un celui qui doit trouver Dieu.




Christianisme 1178 | 
Extrait de De l'homme noble  







U ne sincère et complète abnégation est une vertu préférable à toutes les vertus. Aucune oeuvre d'importance ne peut être faite sans elle.




Christianisme 1177 | 
Extrait de l' Instruction spirituelle  







D ieu a établi l'âme dans la libre détermination d'elle-même, en sorte qu'il ne veut rien lui imposer au-dessus de sa libre volonté, ni exiger d'elle quelque chose qu'elle ne veut pas.




Christianisme 1176 | 
Extrait de De la colère de l'âme et de son vrai bien  







E n vérité, si un homme abandonnait un royaume et le monde entier et qu'il se garde lui-même, il n'aurait rien abandonné.




Christianisme 1175 | 
Extrait de Les traités  







B eaucoup de maîtres prônent l'amour comme ce qui est le plus haut, tel saint Paul quand il dit : "Quelque tâche que j'entreprenne, si je n'ai pas l'amour je ne suis rien." Mais je mets le détachement encore au-dessus de l'amour. D'abord pour cette raison : le meilleur dans l'amour est qu'il m'oblige à aimer Dieu. Or c'est quelque chose de beaucoup plus important d'obliger Dieu à venir à moi que de m'obliger à aller à Dieu, et cela parce que ma béatitude éternelle repose sur ce que Dieu et moi devenions un. Car Dieu peut entrer en moi d'une façon plus intime et s'unir à moi mieux que je ne peux m'unir à lui. Or, que le détachement oblige Dieu à venir à moi, je le prouve ainsi : tout être se tient volontiers dans le lieu naturel qui lui est propre. Le lieu naturel de Dieu qui lui est propre par excellence est l'unité et la pureté, or celles-ci reposent sur le détachement. C'est pourquoi Dieu ne peut pas s'empêcher de se donner lui-même à un coeur détaché. La seconde raison pour laquelle je mets le détachement au-dessus de l'amour est celle-ci : si l'amour m'amène au point de tout endurer pour Dieu, le détachement m'amène au point de n'être plus réceptif que pour Dieu. Or c'est ce qui est le plus haut. Car dans la souffrance l'homme a toujours encore un regard sur la créature par laquelle il souffre; par le détachement au contraire il se tient libre et vide de toutes les créatures.




Christianisme 1174 | 
Oeuvres, Gallimard 1987  







O mon âme,
sors ! Dieu, entre !
Sombre tout mon être,
en Dieu qui est non-être,
sombre en ce fleuve sans fond !
Si je te fuis,
Tu viens à moi.
Si je me perds
Toi, je Te trouve,
Ô Bien suressentiel !





Christianisme 1173 | 
Oeuvres, GRANUM SINAPIS, VIII  







D evient tel un enfant,
rends-toi sourd et aveugle !
Tout ton être devenir néant,
dépasse tout être et tout néant !
Laisse le lieu, laisse le temps,
et les images également !
Si tu vas par aucune voie
sur le sentier étroit,
tu parviendras jusqu'à
l'empreinte du désert.





Christianisme 1172 | 
Oeuvres, GRANUM SINAPIS, VII  







D es deux un fleuve,
d'Amour le feu,
des deux le lien
aux deux commun,
coule le très suave Esprit
à mesure très égale,
inséparable.
Les Trois sont Un.
Quoi ? Le sais-tu ? Non.
Lui seul sait ce qu'Il est.

Des Trois la boucle,
est profonde et terrible
ce contour-là
jamais sens ne saisira :
là règne un fond sans fond.
Échec et mat
temps, formes et lieu !
L'anneau merveilleux
est jaillissement,
son point reste immobile.





Christianisme 1171 | 
Oeuvres, GRANUM SINAPIS, II & III  







A u commencement
au-delà du sens
là est le Verbe.
Ô le trésor si riche
où commencement fait naître
commencement !
Ô le coeur du Père
d'où à grand-joie
sans trêve flue le Verbe !
Et pourtant ce sein-là
en lui garde le Verbe. C'est vrai.





Christianisme 1170 | 
Oeuvres, GRANUM SINAPIS, I  







A u commencement
au-delà du sens
là est le Verbe.
Ô le trésor si riche
où commencement fait naître
commencement !
Ô le coeur du Père
d'où à grand-joie
sans trêve flue le Verbe !
Et pourtant ce sein-là
en lui garde le Verbe. C'est vrai.

Des deux un fleuve,
d'Amour le feu,
des deux le lien
aux deux commun,
coule le très suave Esprit
à mesure très égale,
inséparable.
Les Trois sont Un.
Quoi ? Le sais-tu ? Non.
Lui seul sait ce qu'Il est.

Des Trois la boucle,
est profonde et terrible
ce contour-là
jamais sens ne saisira :
là règne un fond sans fond.
Échec et mat
temps, formes et lieu !
L'anneau merveilleux
est jaillissement,
son point reste immobile.


Ce point est la montagne
à gravir sans agir
Intelligence !
Le chemin t'emmène
au merveilleux désert,
au large, au loin,
sans limite il s'étend.
Le désert n'a
ni lieu ni temps,
il a sa propre guise.

Ce désert est le Bien
par aucun pied foulé,
le sens créé
jamais n'y est allé :
Cela est ; mais personne
ne sait quoi.
C'est ici et c'est là,
c'est loin et c'est près,
c'est profond et c'est haut,
c'est donc ainsi
que ce n'est ça ni ci.


C'est lumière, c'est clarté
c'est la ténèbre,
c'est l'innommé,
c'est l'ignoré,
libéré du début ainsi
que de la fin,
Cela gît paisiblement
tout nu, sans vêtement.
Qui connaît sa maison,
ah ! qu'il en sorte !
et nous dise sa forme.

Devient tel un enfant,
rends-toi sourd et aveugle !
Tout ton être devenir néant,
dépasse tout être et tout néant !
Laisse le lieu, laisse le temps,
et les images également !
Si tu vas par aucune voie
sur le sentier étroit,
tu parviendras jusqu'à
l'empreinte du désert.

Ô mon âme,
sors ! Dieu, entre !
Sombre tout mon être,
en Dieu qui est non-être,
sombre en ce fleuve sans fond !
Si je te fuis,
Tu viens à moi.
Si je me perds
Toi, je Te trouve,
Ô Bien suressentiel !





Christianisme 1169 | 
Oeuvres, GRANUM SINAPIS  







T u dois l'aimer en tant qu'il est un non-Dieu, un non-intellect, une non-personne, une non-image. Plus encore : en tant qu'il est un Un pur, clair, limpide, séparé de toute dualité. Et dans cet Un nous devons éternellement nous abîmer du quelque chose au néant.




Christianisme 1168 | 
Oeuvres  







C e que l'homme aime, il l'est. S'il aime une pierre, il est pierre, s'il aime un être humain, il est un être humain ; s'il aime Dieu... -- or je n'ose continuer, car si je disais qu'il est Dieu, vous pourriez me lapider, mais je vous renvoie à l'Écriture.




Christianisme 1167 | 
Oeuvres  







V ous avez tiré jusqu'à présent trop de joie de ma présence visible, c'est pourquoi vous ne pourriez recevoir la joie parfaite du Saint-Esprit. Dépouillez-vous donc de tout ce qui est image et unissez-vous à l'essence sans image et sans forme. Car la consolation spirituelle de Dieu est douce, c'est pourquoi elle ne veut s'offrir qu'à celui qui méprise la consolation perceptible par les sens.




Christianisme 1166 | 
Oeuvres  





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