Patrimoine  Spirituel  de l'Humanité
Zhuangzi



L'enseignement de Zhuangzi

55  citations  | Page 2 / 3




E n outre, obtenir la vie est affaire de circonstance,
La perdre est affaire de conjoncture.
Quand on s'en remet aux circonstances
Et qu'on s'établit dans la conjoncture,
Douleur et joie ne pénètrent plus.





Taoisme Citation n°721 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 
Le " non-agir " ne consiste pas à " ne rien faire " au sens de se croiser les bras passivement, mais à s'abstenir de toute action agressive, dirigée, intentionnelle, interventionniste, afin de laisser agir l'efficacité absolue, la puissance invisible (de) du Dao. Le non-agir, c'est ce que le Laozi (Lao Tzeu) appelle l'" agir sans trace ", car " celui qui sait marcher ne laisse pas de trace " (§ 27). Le Saint est celui qui " aide les dix mille êtres à vivre selon leur nature, en se gardant d'intervenir " (§ 64), qui " donne la vie sans se l'approprier, agit sans s'en prévaloir, achève son oeuvre sans s'y attacher " (§ 2).





H uizi (Hui Si) dit un jour à Zhuangzi : " Se peut-il qu'un homme n'est pas les caractéristiques de l'humain ? "
Zhuangzi lui répondit : " Parfaitement "
Huizi : " Si un homme n'a pas ces caractéristiques, qu'est ce qui permet de l'appeler " homme " ?
Zhuangzi : " Le Dao lui a donné son aspect, le ciel sa forme, comment pourrait-on ne pas l'appeler " homme " ?
Huizi : " Mais étant donné qu'on l'appelle " homme ", comment pourrait-on lui dénier ce qui le caractérise ? "
Zhuangzi : " Le fait d'affirmer " C'est cela ", " Ce n'est pas cela ", voilà ce que je considère comme caractéristique de l'humain. Pour moi, en être dépourvu, c'est ne pas se laisser affecter intérieurement par ses goûts et ses dégoûts, avoir pour règle de suivre le cours naturel sans prétendre apporter quelque chose à la vie. "
Huizi : " Si l'homme n'apporte rien à la vie, comment peut-il ne serait ce qu'exister ? "
Zhuangzi : " Le Dao lui a donné son aspect, le ciel sa forme, qu'il lui suffise de ne pas se laisser affecter intérieurement par ses goûts et ses dégoûts. Regardez-vous plutôt :
Toujours à disperser votre force spirituelle,
Toujours à gaspiller votre énergie essentielle,
Toujours à radoter contre un arbre appuyé,
Jusqu'à vous assoupir sur votre sterculier.
Le corps que le ciel vous a donné,
A discuter du " dur " et du " blanc " vous l'usez (1)





Taoisme Citation n°718 | 
Zhuangzi, chap.V, traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 4 
(1) dur et blanc est le titre d'un chapitre du Gongsun Longzi





J 'ai gardé en moi la Voie tout en l'instruisant:
Après trois jours, il s'est détaché du monde;
S'étant détaché, je l'ai encore gardée.
Après sept jours, il s'est détaché des êtres;
S'étant détaché, je l'ai encore gardée.
Après neuf jours, il s'est détaché de la vie;
Détaché de la vie, l'aurore l'a inondé.
Inondé de lumière, il s'est éveillé à l'unicité.
Dans l'unicité, le passé et le présent se sont abolis.
Passé et futur abolis,
Il a pénétré là où rien ne vit ni ne meurt.
Ce qui tue la vie ne meurt pas,
Ce qui donne la vie ne vit pas.
En tant que chose, elle est ainsi:
Il n'est rien qu'elle n'accompagne,
Il n'est rien qu'elle n'accueille,
Il n'est rien qu'elle ne détruise,
Il n'est rien qu'elle n'accomplisse.
Son nom est "combat serein".
Après le combat, il y a accomplissement.
- Où as-tu entendu cela? demanda Zikui de Nanbo.
- Je l'ai appris de fils d'Écriture,
- Ce dernier du petit-fils de Récitation
- Qui l'apprit de Regard-Lumineux
- Qui lui, l'avait appris de Murmure-Accordé,
- Ce dernier l'ayant appris de Pratique-Obligée
- Qui l'avait appris de Ballade-joyeuse,
- Cette dernière l'ayant appris de Subtile-Obscurité
- Qui l'avait appris de Saisie-du-Vide,
- Ele-même l'ayant appris d'Origine-Évanescente.





Taoisme Citation n°617 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 





C omme les matins, les demeures se succèdent
Mais la vraie mort n'advient pas.





Taoisme Citation n°563 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 





A u pays de Lu, Shushan Sans-orteil, amputé d'un pied,
Clopinant sur ses talons, s'en fut voir Confucius.
Tu manques de prudence, lui dit le Maître.
Tes erreurs du passé t'ont mis dans ce triste état.
En venant à moi qu'atteindras-tu?
- Manque de savoir-faire
Et usage de mon corps à la légère
Ont fait de moi un amputé! répondit Sans-orteil.
Aujourd'hui je viens à toi car plus que mes pieds
Je respecte une chose que je me dois de préserver.





Taoisme Citation n°559 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 





A Hui qui sollicite l'enseignement du maître sur le jeûne du cœur, Confucius répond : " unifie ton intention. Plutôt que d'écouter avec l'oreille, écoute avec le cœur. Plutôt que d'écouter avec le cœur, écoute avec le Qi. L'ouie s'arrête à l'oreille, le cœur s'arrête à ce qui s'accorde avec lui. Le Qi c'est le Vide qui accueil toute chose. Or seul le Dao accumule le Vide. Ce vide, c'est le jeûne du cœur. "




Taoisme Citation n°480 | 
Zhuangzi, chap.IV, traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 4 
Alors que l'homme confucéen est invité à exalter son humanité, Zhuangzi l'exhorte au contraire à la faire enter en fusion avec le Dao. Cet affinement nécessaire, non seulement du corps physique dans sa lourdeur et son manque de mobilité, mais aussi d'un ego trop encombrant pour entrer dans la fluidité du Dao, peut s'atteindre par des pratiques très concrètes, regroupées sous l'appellation générique de " travail sur le Qi " (Qigong), qui n'est qu'un aspect du gongfu : maîtrise de la respiration, gymnastique, méditation (" assis dans l'oubli ", discipline sexuelle, … Zhuangzi préfère l'appellation plus poétique de " jeune du cœur " (xinzai).





L orsque le Saint atteint la quiétude, il ne l'atteint pas parce qu'il se dit que la quiétude est bonne, sa quiétude vient de ce que pas un des dix milles êtres ne parvient à troubler son cœur. Lorsque l'eau est calme, on y voit en toute clarté le moindre poil de barbe ou de sourcil, elle est parfaitement étale, à l'aplomb du niveau du charpentier, et le meilleur artisan la prendra pour norme. Si l'eau est claire lorsqu'elle est calme, combien plus encore la quiétude de l'esprit essentiel (jingshen). Le cœur du Saint, reflet du Ciel-terre, miroir des dix milles êtres !




Taoisme Citation n°479 | 
Zhuangzi, chap.XIII, traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 4 





L orsque la femme de Zhuangzi mourut, Huizi (Huisi) vint présenter ses condoléances. Il trouva Zhuangzi accroupi, genoux écartés, occupé à tapé sur un pot et à chanter.
Huizi lui dit : " quand on a vécu avec une personne, élevé des enfants et vieilli avec elle, c'est déjà un comble de ne pas pleurer sa mort, mais que dire de cette façon de taper sur un pot en chantant ! "
Zhuangzi répondit : " Vous vous trompez. Au moment de sa mort, comment n'aurais-je pas senti l'immensité de sa perte ? Je me suis mis alors à remonter à son origine : il fut un temps où il n'y avait pas encore la vie. Non seulement il n'y avait pas la vie, mais il fut un temps où il n'y avait pas de forme. Non seulement il n'y avait pas de forme, mais il fut un temps où il n'y avait pas de Qi. Mêlé ensemble dans l'amorphe, quelque chose se transforma et il y eu le Qi, quelque chose dans le Qi se transforma les formes, quelque chose dans les formes se transforma et il y eu la vie.
Or maintenant, après une autre transformation, elle est allée à la mort, accompagnant ainsi le cycle des quatre saisons, printemps, été, automne, hiver. Au moment où elle se coucha pour dormir dans la plus grande des demeures, je ne pus que la pleurer, mais la pensée me vint que je ne compris rien au destin, aussi ai-je cessé de pleurer.





Taoisme Citation n°380 | 
Zhuangzi, chap.XVIII, traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 4 





L es Maîtres Si, Yu, Li et Lai parlaient:
" Qui peut faire de l'Absence la tête,
De la vie l'épine dorsale et de la mort le cul?
Qui sait que vie et mort, conservation et destruction
Ne sont qu'un seul et même corps?
Celui qui sait cela sera notre ami. "
Les quatre hommes se regardèrent et sourirent,
Sans objection ils devinrent amis. "





Taoisme Citation n°366 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 





P ourquoi ressentirais-je de la haine?
Subitement, Maître Lai tomba malade.
Haletant, il était à l'article de la mort.
Sa femme et ses enfants l'entouraient en pleurant.
Maître Li vint aux nouvelles et dit:
" Dehors! Ne gêne pas la transformation! "
S'appuyant à la porte, il s'adressa à Lai:
" Ce qui crée et transforme est grandiose!
Que vas-tu devenir?
Où seras-tu envoyé?
Deviendras-tu un foie de rat ou une patte d'insecte? "
Maître Lai répondit:
" Qu'il aille à l'Est, à l'Ouest, au Sud ou au Nord,
L'enfant n'obéit qu'à ses parents.
Le Yin et le Yang sont comme père et mère
Ils m'ont emmené jusqu'au seuil de la mort;
Leur désobéir ne serait que rébellion.
De quoi seraient-ils coupables?
La Motte Immense m'impose une forme,
Le labeur de la vie,
L'oisiveté de la vieillesse
Et le repos de la mort.
Ainsi, ce qui me fait chérir la vie
Est cela même qui me fait chérir la mort.
Si un Maître forgeron occupé à fondre du métal
Voyait soudain ce dernier bondir et lui dire:
Que de moi on fasse Moye ! "
Il y verrait sans doute un métal néfaste.
Si soudain une forme humaine apparaissait et disait:
" Je ne veux qu'être un homme, qu'être un homme!
Ce qui crée et transforme y verrait un homme néfaste.
Si soudain je faisais du Ciel et de la Terre un grand four
Et de ce qui crée et transforme un Maître forgeron,
Y aurait-il un lieu où je ne puisse aller?
Après le sommeil profond, soudain ce sera l'éveil. "





Taoisme Citation n°365 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 





M engsun est parvenu au sommet, répondit Confucius.
Il est au-delà du savoir.
En ne faisant que simplifier, il n'aurait rien obtenu:
Il s'en tient à ce qu'il a déjà réduit.
Mengsun ne sait ce qui lui donne la vie et la mort
Et ignore laquelle des deux vient avant ou après.
Transformé en quelque chose,
Il se conforme à ce procès inconnu, c'est tout!
Transformé, comment saurait-il qu'il ne l'a pas été?
Non transformé, comment saurait-il qu'il l'a été?
Toi et moi ne sommes pas sortis d'un rêve!
Quant à lui, son corps est affecté mais non son esprit.
Comme les matins, les demeures se succèdent
Mais la vraie mort n'advient pas.
Seul Mengsun est éveillé.
Quand les hommes pleurent, il pleure
C'est la seule explication.
En outre, ce moi que je fréquente,
Comment savoir ce qu'il est vraiment?
Par ailleurs, en rêve tu es un oiseau fendant l'azur,
Un poisson disparaissant dans l'abysse.
Sait-on si ceux qui à l'instant parlent
Sont éveillés ou dans un rêve?
Parvenir à ce qui est adéquat ne vaut pas le rire,
Afficher le rire ne vaut pas être avec ce qui ordonne,
S'attacher à ce qui ordonne et oublier la transformation,
est entrer dans le Ciel immense de l'Unité.





Taoisme Citation n°362 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 





D ès qu'une forme nous est donnée,
Elle persiste jusqu'à ce que vie s'épuise.
Qu'aux choses elle se tranche ou s'aiguise,
Qu'elle galope tel un coursier qui ne peut s'arrêter,
N'est-ce pas une misère?
L'homme finit ses jours épuisé:
Il ne voit pas le succès.
A bout de force, il ignore le lieu du retour.
N'y a-t-il pas lieu de s'affliger?
D'aucuns se disent immortels. A quoi bon?
Son corps se dégrade et avec lui l'esprit.
Peut-on nier l'immense regret?
La vie humaine est-elle si vaine?
Suis-je seul à le penser parmi d'autres moins niais?
A l'esprit défini l'homme se conforme
Et en fait son maître.
Qui donc est unique et s'en passe?
N'y aurait-il que l'homme pénétrant le principe des choses.
Capable d'attirer et de prendre ce maître?
Le sot a aussi bien le sien.





Taoisme Citation n°293 | 
Zhuangzi, chap.II, traduction par Isabelle Robinet 





G rand savoir embrasse; petit savoir divise.
Grands mots s'enflamment; petits mots babillent.
Endormie, l'âme de l'homme voyage.
Eveillé, son corps s'agite.

S'il touche quelque chose, il s'y empêtre.
Jour après jour, il lutte avec aisance, ruse ou prudence.
Ses petites frayeurs s'agitent,
Ses grandes peurs flamboient.
Rapide comme une flèche, il file
Pour arbitrer le vrai et le faux..
Immobile comme celui qui jure,
Il garde jalousement sa victoire.
Comme ceux d'automne et d'hiver,
On peut dire que ses jours perdent leur éclat.
Englouti par ses actes, rien ne le fait revenir.
Comme s'il était scellé, il se ferme :
On peut dire qu'il dépérit.
L'esprit voisin de la mort,
Rien ne le fait revivre,
Joie et courroux,
Peine et plaisir,
Souci et regret,
Inconstance et raideur,
Insouciance et licence,
Insolence et contenance,
Musique venant du vide,
Champignons nés de vapeurs,
Jours et nuits alternant on ne sait comment!
Assez! Assez!
Ce qui du matin au soir nous est donné,
En connaîtrons-nous l'origine ?





Taoisme Citation n°291 | 
Zhuangzi, chap.II, traduction par Isabelle Robinet 





Z iqi de Nanguo, accoudé sur un guéridon,
En extase, comme privé de son compagnon,
Soupirait doucement vers le ciel.
Yancheng Ziyou, debout à ses côtés :
"Que se passe t-il ?
Peux tu faire de ton corps un bois sec
Et de ton esprit (xin) une cendre morte ?
Cet homme accoudé n'est point celui d'hier ! "
Ziqi répondit :
" A l'instant, le sais-tu, j'ai perdu mon moi.
De l'homme tu entends le chant,
Mais de la terre rien encore.
Et, si de la terre tu entends la rumeur,
Au Ciel, ô combien sourd tu demeures ! "





Taoisme Citation n°245 | 
Zhuangzi, chap.II, traduction par Isabelle Robinet 





J e suis parti du donné originel (gu), j'ai développé ma nature (xing), et j'ai rejoint le destin (ming). Je plonge avec l'eau qui tombe et émerge avec l'eau qui reflue, je suis le Dao de l'eau sans chercher à imposer mon moi, et c'est ainsi que je surnage. "
Confucius demanda alors : " Que voulez vous dire par " partir de donné originel, développer sa nature et rejoindre la destinée ? "
L'homme répondit : " Je suis né dans ces collines et j'y suis chez moi : voilà le donné.
J'ai grandi dans l'eau et je m'y trouve dans mon élément : c'est ma nature.
Il en est ainsi sans que je sache pourquoi : tel est le destin.





Taoisme Citation n°243 | 
Zhuangzi, chap.XIX, traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 4 
Chaque fois que mon action est volontaire, chaque fois qu'elle cherche à " imposer mon moi " en allant à contre courant du cours naturel des choses, elle révèle de l'homme ou de ce que les taoïstes appelle le Wei, l'agir qui force la nature. Quant au contraire l'action va dans le sens des choses, quand elle se laisse porter par le courant, tel le nageur qui " suit le dao de l'eau, sans chercher à imposer son moi ", elle relève du naturel (c'est à dire du Ciel ou du Dao), ou encore du Wu Wei, le non agir ou plutôt l'agir qui épouse la nature, qui n'impose aucune contrainte. Tout ce qui en l'homme veut, analyse, construit, fait des distinctions (en somme tout ce qui entrerait dans la définition de l'ego) ne représente que la part périphérique de son être. Ce n'est que lorsqu'il la laisse tomber que l'homme retrouve son centre- qui n'est autre que le ciel.





A présent je ne le perçois plus avec les yeux mais l'apprenhende par l'esprit (shen). Là où s'arrête la connaissance sensorielle, c'est le désir de l'esprit qui a libre cours.




Taoisme Citation n°202 | 
Zhuangzi, chap.III, traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 4 





Q uel usage particulier fait-il de son esprit?
-Vie et mort sont pour lui d'égale importance :
Elles ne l'affectent en rien.
L'effondrement du monde ne l'entraîneraient pas.
Il discerne le vrai, ne dérive pas avec les choses,
Epouse leur transformation
Et s'attache au Principe Ancestral.





Taoisme Citation n°192 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 





A insi, quand la Vertu est grande, on oublie le corps.
Quand l'homme n'oublie pas ce qui est oublié
Et oublie ce qui ne l'est pas,
C'est l'oubli véritable.





Taoisme Citation n°191 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 





Q ui s'attache, n'est pas bienveillant.
Qui choisît le moment, n'est pas sage.
Qui ne sait que pertes et profits sont corrélatifs,
N'est pas un homme de bien.
Qui agît par renom et se perd,
N'est pas un gentilhomme.





Taoisme Citation n°190 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 





L e Saint s'ébat là où les êtres et les choses
Jamais ne disparaissent, et avec eux il demeure.
Mort précoce, vieillesse, origine et fin de la vie
Lui procurent la même joie.





Taoisme Citation n°189 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 





L a grenouille au fonds du puits ne saurait parler de l'océan enserrée qu'elle est dans son trou. L'insecte qui ne vit qu'un été ne saurait parler du gel, limité qu'il est à une seule saison. Le lettré borné ne saurait parler du Dao, prisonnier qu'il est de ce qu'il a appris.




Taoisme Citation n°146 | 
Zhuangzi, chap.XVII, traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 4 





C onnaître ce qui relève de l'action du ciel et de ce qui relève de l'action de l'homme, telle est la connaissance suprême. Celui qui connaît l'action du ciel vit de la vie du ciel. Celui qui connaît l'action de l'homme, se sert de ce qu'il connaît par son intellect pour alimenter ce que son intellect ne connaît pas. Parvenir au bout des années allouées par le ciel sans être fauché à mi-chemin, c'est atteindre la plénitude de la connaissance.




Taoisme Citation n°125 | 
Zhuangzi, chap.VI, traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 4 





L a connaissance doit avoir sur quoi s'appuyer pour pouvoir tomber juste. Or sur quoi elle s'appuie (le langage) n'est justement pas fixe.




Taoisme Citation n°113 | 
Zhuangzi, chap.VI, traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 4 





J 'ai progressé! dit Yan Hui.
- Que veux-tu dire? répondit Confucius.
- J'ai oublié la bienveillance et le devoir.
- Fort bien, mais tu n'y es pas encore! "
- Un autre jour, Yan Hui revit Confucius " J'ai progressé! lui dit-il.
- Que veux-tu dire?, répondit Confucius. - Je m'assieds dans l'oubli.
Qu'entends-tu par t'asseoir dans l'oubli? " Demanda Confucius, très surpris.
" J'abandonne mon corps, rejette ma perception, m'éloigne de ma forme, me sépare de mon intelligence. Et m'unis à la Grande Interaction. Voilà ce que j'entends par m'asseoir dans l'oubli.
- Unifié, tu n'es pas partial. En transformation, tu ignores la fixation. De fait, tu es un Sage! Je demande à être ton disciple ", dit Confucius.





Taoisme Citation n°109 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 





J adis on disait: " Le Très-Haut dénoue les entraves.
Quand on ne peut se libérer,
C'est que les choses nous lient.
Or, depuis toujours,
Les choses n'ont jamais triomphé du Ciel. "





Taoisme Citation n°103 | 
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 



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