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Bouddha



Citations spirituelles et philosophiques du Bouddha

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L 'être puéril saisit l'extrémité du doigt et non la lune [que le doigt signale]. Ainsi ceux qui s'attachent à la lettre ne connaissent pas ma Réalité. La conscience danse comme une ballerine, la pensée fait office de jongleur. La conscience mentale avec les cinq consciences [sensorielles] forge un monde visible et constitue la scène du théâtre.




Bouddhisme 870 | 
Stances attribuées au Bouddha Sakyamuni, dans le Lankavatarasutra (texte du milieu du Ve siècle) p. 222-224, St. 1, 3, 4, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.225 







L a naissance est apparente, sa disparition est apparente,
l'hétérogénéité de sa durée est apparente.





Bouddhisme 869 | 
Anguttaranikaya (Le Livre des Discours Graduels), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules), I, p.151, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.40 







O moine, vide cette barque. Vidée, elle voguera légère. Passion et haine en toi anéanties, tu parviendras à l'extinction.




Bouddhisme 829 | 
Dhammapada (les Stances de la Loi), VII, Arahantavagga, p. 90-99, sq. 369, traduction Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.73 







Q uand il pénètre dans l'arrêt de la perception et du sentiment grâce à sa sapience, ses flux impurs sont complètement taris. Ce sont là des états plus élevés et plus parfaits que connaissance et vision. Il a découvert la sève de l'arbre puissant et stable [ ... ], il sait que c'est là la sève, il connaît l'inébranlable liberté du cœur; tel est le but, la sève, le point culminant.

Ainsi, à partir du premier dhyana, le moine va d'étape en étape jusqu'à ce qu'il atteigne la cime de la conscience et, parvenu à la cime, il lui vient à l'esprit : orienter sa pensée est un état inférieur, mieux serait ne pas le faire; si je continue à le faire, ces idées, ces états de conscience atteints par moi s'évanouiront et d'autres plus grossiers pourront surgir. Ainsi je n'orienterai plus ma pensée ni n'imaginerai [...]. C'est ainsi, Potthapada, qu'on atteint la cessation degré par degré des perceptions. As-tu jamais entendu parler auparavant de ce ravissement bien éveillé dans la cessation de toute perception que l'on obtient par degrés (1) ?

Maintenant (2), Ananda, quand un moine s'immerge dans ces états libérateurs selon cet ordre puis dans l'ordre opposé, et des deux manières successivement, il y plonge et en émerge à sa guise, au moment et à l'endroit qu'il désire, aussi longtemps qu'il le veut, alors, sitôt que cesse tout flux impur, il accède à la liberté du cœur et à celle de sapience après les avoir reconnues et réalisées par lui-même ici-bas. Alors, Ananda, ce moine est libéré d'une double manière [par le cœur et par la sapience], et il n'y a pas de plus haute ni de plus noble libération.





Bouddhisme 811 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), I, 204-205, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.55 
(1) Cf. Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules), IX, p. 184. (2) Cf. Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules), XV, § 36.







P REMIER RAVISSEMENT.
- "A nouveau le moine, dépassant entièrement la perception des formes, mettant fin à la perception des réactions [sensorielles], sans activité mentale (1) s'écrie : " Infini est l'espace !" Il pénètre et demeure dans la sphère de l'infinité spatiale. A ce moment, la conscience des formes qu'il avait précédemment s'évanouit, et surgit en lui la bienheureuse conscience subtile de son être que concerne seulement l'infinité spatiale.

DEUXIÈME RAVISSEMENT.
- " A nouveau, Potthapada, le moine, dépassant entièrement la conscience de l'infinité spatiale, s'écrie : "Infinie est la conscience !" Il pénètre et demeure dans la sphère où l'esprit ne s'intéresse qu'à l'infinité de la conscience. […] Alors l'infinité spatiale disparaît, et surgit la conscience subtile que tout repose dans le domaine de l'infinité de la conscience.


TROISIÈME RAVISSEMENT.
- "Dépassant entièrement l'infinité de la conscience le moine s'écrie : "Vraiment, il n'y a rien ! " et il atteint la sphère de la non-existence de quoi que soit, où la pensée n'a d'égard qu'à l'irréalité des choses. Le sentiment de chose qui se trouve dans la sphère de la conscience infinie qu'il vient d'avoir s'évanouit, et il a la conscience subtile de la non-réalité de l'objet de sa pensée. "

QUATRIÈME RAVISSEMENT.
- " Et à nouveau, dépassant entièrement la sphère du rien, il pénètre et demeure dans la sphère qui n'est ni perception ni non-perception, il entre et demeure dans le nirodha, ravissement d'arrêt où cessent perception et sentiment.(2)"





Bouddhisme 809 | 
Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), I, IX, p. 183-184, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, pp.54-55; voir aussi Potthapadasutta, I, 71, et XV,36 
(1) Il n'accomplit aucun acte portant sur la perception de la diversité Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules), XV, 36 (2) Cf. aussi Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules), XV, 36 et II, 72







P REMIER DHYANA.
- "Alors détaché des désirs, détaché des mauvaises dispositions, il pénètre et demeure dans la joie, absorption, munie d'attention et d'analyse, née du détachement, faite de joie et de bonheur. Et de ce bonheur accompagné de joie, né du détachement, il inonde complètement, il remplit, il imprègne son être, et il n'est aucun point de son être qui n'en soit touché, […] "

DEUXIÈME DHYANA.
- " Ensuite, ô Roi, éliminant attention et analyse, le moine pénètre et demeure dans la seconde absorption, parfaite quiétude intérieure, plein bond du cœur, car non associée à l'attention et à l'analyse, faite de joie et de bonheur puisque née du samadhi. Et de ce bonheur accompagné de joie, né du samadhi, le moine inonde alors tout son être [ ... ] "

TROISIÈME DHYANA.
- " Ensuite, ô grand Roi, se détournant de la joie, le moine devient impassible ; alors, vigilant, attentif, il éprouve en tout son être ce bonheur auquel font allusion les mystiques quand ils s'écrient : " Impassible, vigilant, il séjourne dans le bonheur ". Ainsi pénètre-t-il et demeure-t-il dans la troisième absorption. Il inonde, remplit tout son être de ce bonheur dépouillé de la joie […] "

QUATRIÈME DHYANA
- " Ensuite, ô grand Roi, après avoir éliminé bonheur et douleur, aboli aise et malaise qu'il éprouvait précédemment, le moine pénètre et demeure dans la quatrième absorption, pureté totale, vigilance et impassibilité où il n'éprouve ni douleur ni bonheur. Il s'installe en cet état, et d'un cœur très pur, immaculé, il imprègne son être, et il n'en est aucun point qui ne soit touché par ce cœur bien purifié, immaculé."





Bouddhisme 808 | 
Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), III, p71-76, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.51 
Remarque : A la cime de tous les ravissements, la nirodhasamapatti (1) est la cessation totale des perceptions et des sensations; en ce ravissement lucide, on " touche " le nirvana de tout son être (kaya), seule demeure la conscience ineffable (2) en sa suprême nudité. [...] Les dhyana, pour les bouddhistes, couvrent toute la carrière du bodhisattva et ne constituent pas uniquement le palier du samadhi comme ils le feront dans les Yogasutra de Patanjali. Ils ont lieu à même l'univers sensible et l'on peut demeurer en état d'absorption tout en vaquant à des occupations ordinaires. Le dhyana est l'état de conscience de fond sur lequel peuvent se détacher ravissements et samadhi. C'est cet état dont se souvient Gotama quand, insatisfait de la pratique de ses premiers maîtres, il retrouve l'expérience qu'il avait faite spontanément sous l'arbre du jardin de son père. Parmi les degrés de dhyana, le dernier, le quatrième, a toujours été considéré comme le meilleur des états mystiques. En lui, Gotama réside quand il devient un Éveillé - car point d'Éveil sans équanimité; à partir de lui aussi, au moment de mourir, il entre en parinirvana. Les ravissements (samapatti) sont nettement distincts des absorptions et des samadhi. Sortes d'échappées hors du temps, ils correspondent aux extases des mystiques occidentaux. De durée nettement déterminée mais variable (on peut y demeurer un jour entier), ils plongent dans un bonheur où selon Buddhaghosa ne subsiste que la fine pointe de la conscience (ekaggacitta). L'arhat pour qui ont cessé impressions et notions peut être ravi une semaine entière dans le ravissement d'arrêt où il demeure inconscient du monde externe, sans intention (acitta), tout à sa félicité intérieure. (1) Mais comme des tendances inconscientes (samskara) peuvent encore demeurer assoupies dans ce samadhi d'arrêt, il ne faut pas le confondre avec le nirvana qui n'en comporte pas. (2) Cf. la conscience indifférenciée des Vijnanavadin.







A lors, moines, me sachant sujet à la naissance, connaissant le danger dans ce qui est sujet à la naissance, cherchant le non-né, l'incomparable havre, le nirvana..., je conquis la parfaite sécurité (1) , non née, non destructible, immortelle, sans douleur, immaculée, le nirvâna. Connaissance et vision surgirent en moi : inébranlable est ma liberté, c'est ma dernière naissance, je ne renaîtrai plus.




Bouddhisme 801 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), I, 161, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.27 
(1) Yogaksema, conserver à jamais ce que l'on a acquis, et c'est, nous dit-on, la quête mystique (ariya).







L e moine ayant atteint le ravissement d'arrêt où cessent perception et impression, et l'ayant vu par la sapience, ses flux sont taris et il ne s'imagine plus être quelqu'un, quelque part ou en quelque chose que ce soit.




Bouddhisme 800 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), III, 45, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.65 







A vec son cœur ainsi recueilli..., il incline sa conscience vers des pouvoirs surnaturels, il éprouve en lui-même tel ou tel pouvoir, étant un il devient multiple et de multiple redevient un, il devient invisible, visible, franchit les murs, s'immerge dans la terre et en émerge comme dans l'eau, marche sur les eaux sans qu'elles s'ouvrent, vole dans les airs [ ... ].

Ou encore avec ce même cœur ainsi recueilli il pénètre le cœur d'autrui [ ... ], et quand il a pénétré avec son cœur dans le cœur des autres êtres, il reconnaît comme une conscience pleine d'attraction, et ainsi de suite... [ ... ].

Alors avec son cœur ainsi recueilli [ ... ] il incline sa conscience vers la connaissance des souvenirs de ses vies antérieures... et se dit : " En ce temps-là, tels étaient mon nom, ma lignée, ma caste, mon bonheur et ma douleur ", tout comme on va de village en village, et on revient à son propre village, et on se souvient de ce que l'on a fait et dit. "

[ ... ] Il voit de l'œil divin, pur, les êtres mourir et renaître, heureux ou malheureux, en vertu de leurs actes passés, comme un homme installé sur une terrasse au milieu d'une place voit les gens entrer dans une maison et en sortir, parcourir la rue ou s'asseoir... [...]





Bouddhisme 786 | 
Samannaphalasutta, I, II, p. 77-85, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, pp.56-57 







T elle étant la libération, Le Bouddha a veillé avec un soin jaloux à empêcher ses disciples de s'enliser dans le marécage des discussions stériles, de s'enfermer dans des conceptions hypothétiques et vaines et il a opposé un refus célèbre de répondre à certaines questions très débattues à l'époque. L'une d'elles concerne l'après-mort du délivré. Ce refus est un " discours délectable " selon Upavama qui, se tenant derrière le Bouddha, l'éventait, et s'en émerveillait :

"Il se peut, dit le Bouddha, que des moines errants ayant d'autres doctrines que les nôtres se disent : Un Tathagata existe t-il après la mort ou n'existe-t-il pas ?... Il faut leur répondre : Frères, ceci n'a pas été révélé par le Bouddha..., parce que cela ne mène pas au bien, à la véritable Doctrine ni à l'absence de passion ni au calme, à la paix, à la sapience, à l'Éveil, au nirvana... Ce qui est révélé ce sont les quatre vérités sur la douleur, sa cessation, la voie qui y mène."





Bouddhisme 743 | 
Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), III, 135, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.70 ; 
une même réponse est proposée quant à l'âme, au monde, à leur éternité, à leur commencement







P uisqu'un Tathagata, même présent, est incompréhensible, il est absurde de dire de lui qui a atteint le supramondain ... qu'après sa mort il est ou il n'est pas...




Bouddhisme 742 | 
Samyuttanikaya (the Books of the Kindred Saying), III, 118, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.71 







L ibéré de l'appellation de conscience..., le Tathagata est profond, incommensurable, insondable comme le grand océan : surgir, ne pas surgir, ni les deux à la fois ni leur négation ne s'appliquent au Tathagata.




Bouddhisme 740 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), I, 487-488, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.71 







A quoi bon! Ce n'est pas par ces terribles mortifications que j'atteindrai les expériences d'hommes éminents ni la Connaissance ni la vision des mystiques. N'y a-t-il pas un autre chemin vers l'Éveil ? Il me vint à l'esprit: un jour que mon père le Sakya labourait (1) , j'étais assis à l'ombre fraîche d'un jambu, détaché des désirs et des mauvaises dispositions, et j'entrai dans la première absorption avec toute la joie et le bonheur qu'elle comporte, mais non exempte d'attention et d'analyse. Fallait-il y voir le chemin de l'Éveil ? Je me demandai si je craignais ce bonheur si différent du bonheur des désirs..., et je vis que je n'avais nulle crainte de ce bonheur. Mais comme il n'en pas facile d'atteindre ce bonheur en soumettant le corps à d'extrêmes mortifications..., je pris de la nourriture.




Bouddhisme 707 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, pp.26-27 
(1) Le roi, au moment des labours, trace le premier sillon.







A lors le Bienheureux dit à ces moines : " Ô moines, il y a deux extrêmes que doivent éviter les religieux . l'attachement aux plaisirs, avilissant, sensuel, vulgaire, sans noblesse ni profit, et l'attachement aux mortifications, douloureux, sans noblesse, associé à la douleur. "
" Ô moines, le Tathagata s'est détourné de ces deux extrêmes, il a découvert le chemin du milieu qui dessille les yeux de l'esprit, qui mène à la sapience, à l'apaisement, à la connaissance surnaturelle, à l'Éveil parfait, à l'extinction. "





Bouddhisme 704 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours) , III, p.230-231, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.49 







I l me vint à l'esprit : ce dhamma (1) que j'ai acquis est profond, difficile à comprendre, caché, paisible, excellent, au-delà du raisonnement, subtil, accessible aux [seuls] sages ; mais l'humanité prend son plaisir dans l'alaya, se réjouit dans l'alaya, se complaît dans l'alaya... [c'est-à-dire les objets du désir, " refuge " des gens ordinaires]. Il lui est donc difficile de percevoir la loi de production en dépendance ainsi que l'apaisement de toutes les énergies causales, le renoncement à l'attachement, la suppression de la convoitise, l'absence d'attraction, l'arrêt, le nibbana. Si j'enseigne ce dhamma et qu'on ne le comprenne pas, il n'y aura là pour moi qu'inutile effort et fatigue. Ce que j'ai acquis à grand-peine, à quoi bon le révéler? Ceux qu'aveuglent attraction et répulsion... ne peuvent comprendre une telle Doctrine qui s'avance à contre-courant, subtile, profonde, difficile à saisir, délicate.




Bouddhisme 661 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), I, 167-169, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.28 
(1) dharma en sanscrit







C omme un homme sur un rocher au faîte d'une montagne surveillerait les gens alentour, ainsi, Toi, ô Très-Intelligent, Toi qui vois tout, ayant gravi le sommet du dhamma, Toi qui t'es libéré toi-même du chagrin et qui contemples les humains tombés dans le chagrin, opprimés par naissance et vieillesse, lève-toi, héros Victorieux, conducteur de caravane, sans dette, parcours le monde ; daigne le Bienheureux enseigner la Doctrine : la réaliseront ceux qui sont aptes à comprendre.




Bouddhisme 660 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours) , cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.28 







L 'idée me vint : et si moi, sujet à la naissance à cause du soi, ayant reconnu le danger dans ce qui est également sujet à la naissance, je recherchais le non-né, le havre, le nirvana..., je recherchais ce qui échappe à la vieillesse, à la douleur, c'est-à-dire le havre, l'immaculé, le nirvâna !




Bouddhisme 636 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules) , cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.25 







S ont des Victorieux ceux qui pareil à moi ont détruit leur flux impurs.




Bouddhisme 629 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), I, 167-171, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.29 







L ibéré par le cœur, on est affranchi de l'attraction, de l'aversion et de la confusion.
Libéré par la sapience on comprend qu'on est parfaitement libéré.





Bouddhisme 598 | 
Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), III, 270, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.65 







O moines, qu'est-ce que l'homme libéré de deux manières?
Ici-bas, un certain homme ayant touché de son corps les délivrances apaisées et celles transcendant les formes, il y séjourne et, ayant vu par sa sapience l'épuisement de ses flux impurs-, il n'a plus besoin de vigilance, car il ne peut plus y avoir pour lui de négligence.

Ô moines, qu'est-ce que l'homme libéré par sapience?
Un certain homme ici-bas n'a pas touché de son corps les délivrances apaisées; il voit par sa sapience l'épuisement du flux impur ; j'appelle cet homme délivré par sapience. Lui non plus n'a pas besoin de vigilance.





Bouddhisme 596 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), I, 421, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, pp.66-67 







L a forme corporelle, ô moines, est impermanente. Ce qui cause et conditionne sa venue à l'existence est aussi impermanent.
Comment, ô moines, la forme corporelle qui a l'impermanence pour origine serait-elle permanente ?





Bouddhisme 589 | 
Samyuttanikaya, III, 23, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.40 







I mpermanentes sont les tendances fabricatrices, elles ont pour nature de naître et de périr.
Une fois venues à l'existence, elles disparaissent.
Leur apaisement est bonheur.





Bouddhisme 585 | 
Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), II, 157, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.44 







O moines, ce qu'on appelle conscience, pensée, esprit, de jour et de nuit apparaît et disparaît en un perpétuel changement.
Tout comme un singe s'ébattant dans une forêt ou un bois saisit une branche puis la laisse échapper et en saisit une autre, ainsi ce qui est appelé conscience, pensée, esprit apparaît et disparaît de jour et de nuit en un perpétuel changement.





Bouddhisme 582 | 
Samyuttanikaya (the Books of the Kindred Saying), II, p.95, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.40 







A seniya, ascète nu qui s'adonnait depuis longtemps à l'ascèse si difficile dite canine, mangeait à même le sol, grattait la terre, saluait en aboyant, le Buddha interrogé sur son avenir après la mort refuse d'abord à deux reprises de répondre, puis finit par lui révéler :

" Si un homme cultive pleinement et constamment une conduite de chien, une mentalité de chien, un comportement de chien, et qu'il les développe pleinement et constamment..., à la dissolution du corps, après la mort, il ira rejoindre les chiens. Ainsi je le dis : les hommes sont héritiers de leurs actes [kamma]. "

L'ascète se mit à pleurer sur ses années perdues, il renonça à ses pratiques et, ordonné moine, devint bientôt un être parfait (arhat). Et le texte conclut:

" Qui accomplit de sombres actes récoltera de sombres résultats; et qui accomplit des actes lumineux récoltera de brillants résultats : les uns et les autres renaîtront dans des mondes qui correspondent à leurs actes. "





Bouddhisme 571 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), I, p. 387-390, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.46 







E nflammé par l'attraction [raga], affolé par la confusion [moha]
[l'homme] fait des plans qui le troublent, lui et les autres,
et il éprouve douleur et dépression.





Bouddhisme 554 | 
Anguttaranikaya (Le Livre des Discours Graduels), I, 216, 156, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.44 
Remarque : Les tendances conditionnées par l'ignorance et devenues inconscientes déterminent à leur tour la conscience et celle-ci, émoussée et confuse, ne perçoit plus les dhamma dans leur libre discontinuité. Lorsqu'elle entre en contact avec le monde externe, elle en fait un non-moi, éprouve une impression agréable ou désagréable, devient la proie de la soif. L'illusion vitale à base de désir et d'ignorance oppose ainsi le moi à un non-moi dans lequel la conscience se projette, auquel elle s'identifie : la fatale appropriation naît. A cette conscience d'appropriation se rattache la croyance erronée en une personnalité qui dure et transmigre, c'est-à-dire en un moi permanent. Car s'il est facile de se détacher de son corps, il est très difficile de se détacher de sa conscience : "Elle est à moi, pense-t-on, c'est moi, c'est ma conscience." En réalité, la conscience est discontinue, faîte de libres instants, mais ces moments de conscience, soudés par le conditionnement que leur imposent soif et ignorance, donnent l'impression d'une durée. Si la conscience n'était pas conditionnée par les tendances fabricatrices, elle aurait l'aspect dune Connaissance qui illuminerait les choses sans les saisir ni les construire, sans que le sujet tombe sous la dépendance de l'objet. Ce serait […] conscience discriminatrice.







Q uand il inspire et expire, un homme doit s'exercer à rester pleinement conscient de tout son corps..., des composants de sa pensée, etc. Ainsi son souffle discipliné, prolongé, lui est utile ; et quand l'homme expire son dernier souffle, il le fait en pleine conscience et non dans l'inconscience.




Bouddhisme 518 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), I, 421, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, pp.66-67 







C e sur quoi un moine porte son attention, ce qu'il analyse longuement, c'est vers cela qu'il ploie son cœur. S'il dirige son attention sur le désir, il repousse le renoncement et ploie sa conscience vers le désir... Cela fait obstacle à la sapience et, uni à l'angoisse ne mène pas au nirvana..




Bouddhisme 517 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), I, 115, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.48 







L a pratique du samadhi produit le bonheur durant la vie et, en outre, vision et connaissance, vigilance et lucidité d'esprit [vigilance à la porte des impressions quand elles surgissent, se maintiennent et disparaissent] et enfin destruction des flux impurs.




Bouddhisme 464 | 
Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules), III, p. 222, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.61 
Remarque : Favorisant la vigilance, permettant à l'intuition mystique (prajna) de s'exercer, le samadhi se trouve à la source de la véritable efficience, celle de l'acte souple, détendu, spontané ; à la source aussi de stabilité, de calme, de bonheur et de l'actualisation des pures énergies; tels sont les caractères de cet éminent état où l'être conquiert un total équilibre en ce monde même.







Q uand un maître enseigne la Doctrine à un frère, celui-ci prend connaissance à la fois du contenu et du texte de la Doctrine… L'allégresse jaillit en lui, et de l'allégresse jaillit la joie; sa pensée ainsi joyeuse, tout s'apaise, et son être ainsi apaisé, il éprouve le bonheur, et chez qui est ainsi heureux le cœur entre en samadhi... Une autre occasion de se libérer se présente à un frère quand il a bien compris le signe distinctif du samadhi, y applique son esprit et le pénètre à fond par la sapience.




Bouddhisme 462 | 
Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules), III, 241-243, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.63 
Remarque : Ce signe, selon la glose, est fruit de la vacuité. Il consiste à voir le du samadhi dans le calme, la douceur, la paix qui l'accompagnent, et à abandonner sur-le-champ toutes les idées préconçues qu'on s'en faisait, le confondant avec diverses manifestations extraordinaires (lumière, sons). Reconnaître le signe du samadhi ne signifie nullement que le samadhi possède un signe (nimitta). Au contraire, les trois samadhi les plus recommandés sont le samadhi de la vacuité, celui du sans-signe et celui qui ne fait fond sur rien. Par le premier on voit toutes choses comme vides ; par le second on les voit sans signe et donc insaisissables ; par le troisième on les perçoit sans chercher à les atteindre (Ekottara Agama).







L a connaissance intime, par expérience personnelle, surgit : ce samadhi est bonheur actuel et engendre bonheur à venir ; il est mystique et n'est pas de ce monde. La connaissance intime surgit : ce samadhi relève uniquement de la recherche d'hommes éminents... Ce samadhi est bon et excellent ; il est détente apaisée, on l'atteint par un plein bond du cœur. Nullement conditionné, il n'a ni opposé ni contrecarrant. Ce samadhi, je l'ai atteint par moi-même en toute lucidité, et en toute lucidité j'en émerge.




Bouddhisme 461 | 
Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules), III, p.278-279, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.62 







P ar la parfaite sapience le mystique voit tout dharma tel qu'il est - que ce soit choses, sentiments, perceptions, tendances, états de conscience, il a la certitude : ce n'est pas moi, je ne suis pas cela, ce n'est pas un Soi.




Bouddhisme 385 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules) , III, 19, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.65 







S i je dis qu'il y a un Soi, on l'imaginera comme éternel;
et si je dis qu'il n'y a pas de soi,
on s'imaginera qu'à la mort on périt complètement.





Bouddhisme 381 | 
Samyuttanikaya (the Books of the Kindred Saying), IV, 398, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.50 







A l'approche de la mort : Le Bouddha a dit :
Assez de pleurs et de lamentations, Ananda, n'ai-je pas prêché pour prémunir contre la séparation, la privation, l'éloignement de tout ce qui nous est cher et qui nous enchante ? Comment serait-il donc possible que ce qui est né, devenu, composé, qui a pour nature de disparaître ne se dissolve pas ? Cela ne se peut voir. Longtemps, Ananda, tu étais très proche du Tathagata par tes paroles, actes et pensées d'amour, de bonté et de joie qui ne se démentaient pas et dépassaient toute mesure. Tu as fait ce qu'il fallait, Ananda, tu seras bientôt libre des flots impurs [c'est-à-dire un arhant].





Bouddhisme 371 | 
Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules), II, p. 143-144, traduction G. Martini dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.32 







C eci, dit le Bouddha, n'est ni votre corps ni le corps d'autrui ; il faut le considérer comme produit par l'acte passé [karman], acte achevé, intentionnel, source d'impressions affectives. Ce qu'on a l'intention de faire et ce qu'on projette et ce dont on se préoccupe, c'est sur cela que la conscience prend appui pour s'établir.
Parce qu'elle a pris un point d'appui, la conscience subsiste et, subsistant et se développant, il y a tension [nati], et parce qu'il y a tension, il y a "propension vers", allée et venue, et en raison de celle-ci, naissance, vieillesse, mort quant à l'avenir, et lamentation, angoisse, douleur et désespoir. Voici comment surgit cette masse entière de douleur.





Bouddhisme 348 | 
Samyuttanikaya (the Books of the Kindred Saying), II, p. 64, 67, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.47 







C e moine, cet arhat qui a mis fin au flux impur, a vécu noblement, fait ce qu'il devait faire, déposé son fardeau, atteint le but et brisé les entraves du devenir et s'est libéré par la Connaissance exacte, ô moines, le voici celui qui reconnaît à fond le nirvana comme étant le nirvana. Il ne forge pas la notion : je suis le nirvana, je suis du nirvana, mien est le nirvana; et il ne se complaît pas dans le nirvana. Pourquoi cela? C'est que sa Connaissance est parfaite.




Bouddhisme 282 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), I, 4, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.68 







A lors, Aggivessana, poursuit Gotama, il me vint à l'esprit : si les dents serrées, la langue appuyée contre le palais je dominais, domptais, restreignais ma pensée par le cœur ?




Bouddhisme 255 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), Bouddhisme Theravada (Petit Véhicules) , cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.26 







L a naissance est duhkha, la vieillesse est duhkha, la maladie est duhkha, la mort est duhkha ; être uni à ce que l'on n'aime pas est duhkha, être séparé de ce que l'on aime est duhkha, ne pas avoir ce que l'on désire est duhkha; en résumé, les cinq agrégats d'attachement (skandha) sont duhkha.
Voici la Noble Vérité sur la cause de duhkha. C'est cette soif (désir, tanha) qui produit la re-existence et le re-devenir, qui est liée à une avidité passionnée et qui trouve une nouvelle jouissance tantôt ici, tantôt là, c'est-à-dire la soif des plaisirs des sens, la soif de l'existence et du devenir, et la soif de la non-existence (auto-annihilation).
Voici la Noble Vérité sur la cessation de duhkha. C'est la cessation complète de cette soif : la délaisser, y renoncer, s'en libérer, s'en détacher.
Voici la Noble Vérité sur le Sentier qui conduit à la cessation de dukkha. C'est le Noble Sentier Octuple, à savoir : la vue juste, la pensée juste, la parole juste, l'action juste, le moyen d'existence juste, l'effort juste, l'attention juste, la concentration juste.





Bouddhisme 214 | 
Traduction Walpola RAHULA, L'Enseignement du Bouddha d'après les textes les plus anciens, Paris, Éd. du Seuil, 1961, p. 123 
Remarque : La vocation prioritairement pratique de l'enseignement du Bouddha est développée dans le " sentier octuple " de la quatrième vérité. Les huit embranchements désignent toutes les voies dont nous disposons dans notre cheminement vers le salut et qui sont de trois ordres : ce que le sermon de Bénarès appelle " action, moyen d'existence et effort justes " relève de la pratique morale, " l'attention et la concentration justes " correspondent à la discipline mentale de la méditation ou contemplation, enfin les " vue, pensée et parole justes " sont du domaine de la sagesse. Les différentes écoles du bouddhisme se distingueront moins sur l'intuition de base que sur les méthodes pour parvenir à l'illumination.







E t le Tathâgata, ô moines, l'arhat parfaitement Éveillé connaît intuitivement, d'emblée, la terre comme telle, mais n'en forge pas le concept, et connaissant la terre comme telle, il ne forge pas le concept : je suis la terre, je suis de la terre, mienne est la terre, et ne s'y complaît pas. Pourquoi cela? C'est que, ô moines, il a parfaitement reconnu que la complaisance est la racine de la douleur et que du devenir surgissent naissance, vieillesse et mort. Je déclare donc, moines, que par l'apaisement de toutes les soifs, par l'absence d'attraction, par l'abandon, par le renoncement, par le détachement, le Tathagata s'éveille au parfait et incomparable Eveil.




Bouddhisme 209 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.35 







A l'occasion de la sensation, l'arhat perçoit la sensation, sait qu'il n'y a ni moi ni vision ni objet vu, mais la coopération de trois phénomènes coordonnés, bien que naturellement isolés, à savoir la connaissance, l'œil et la forme sensible. Au moment de la sensation, l'ignorant conçoit un moi face à un objet qu'il désire ou repousse et cette méprise le livre au désir, lequel l'embourbe davantage dans l'erreur. Chez l'arhat, par contre, la sensation ne produit ni désir ni attachement.




Bouddhisme 201 | 
Samyuttanikaya (the Books of the Kindred Saying), III, 96, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.36 







O noble fils, il en est comme d'un homme qui lors d'un spectacle de magie, à la vue d'une femme fantasmagorique suscitée par le magicien, ressent l'attraction amoureuse et, le cœur plein de désir, quitte son siège et s'en va par crainte de l'assemblée. Il pense ensuite à cette femme [en s'efforçant] de la concevoir comme laide, impermanente, [source] de douleur, vide, dénuée de soi. De même que pour cet homme, vains sont les efforts de certains moines... qui réfléchissent aux dharma non produits, non nés, [en s'efforçant] de les concevoir comme impermanents, douloureux, dénués de soi. A ces hommes dans l'illusion, je n'enseigne pas la pratique mystique de la voie. Qu'on sache que vain est leur effort.




Bouddhisme 177 | 
Questionnaire de Dradhadhyasaya, cité par Candrakirti, Mulamadhyamikakarikavrtti, p. 463, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.183  







A utrefois, Ananda, je demeurai dans la vacuité et je demeure à présent continuellement au séjour de la vacuité. " Puis le Bouddha enseigne à son disciple comment le moine commence par faire abstraction de la notion de village, de ses habitants, etc., et envisage la solitude "sous l'aspect de forêt... Sa conscience y trouve satisfaction, s'apaise, se stabilise, se libère... L'agitation qui accompagne la notion de village disparaît. Il atteint le vide par rapport à la notion de village et ne possède plus le non-vide que par rapport à la solitude relative à la notion de forêt.

" Prenant conscience du dynamisme qui le fait progresser de notion en notion toujours plus générales, il a le sentiment d'une vacuité pure et immuable... Il continue à s'exercer de même aux notions de forêt, de terre exempte de notions de vallée, de montagnes et il s'élève à la notion d'infini spatial, puis à celle d'infini de la conscience…, écartant une à une les notions, "le moine considère la solitude du point de vue du samadhi du cœur, sans signe distinctif, et sa conscience y trouve satisfaction, se stabilise, s'apaise, se libère. Mais il s'aperçoit que ce samadhi lui aussi résulte d'une intention et qu'il est " fait " et donc évanescent, susceptible de prendre fin. Grâce à cette connaissance, sa conscience se libère des flux du désir, du devenir et de l'ignorance, et il a la certitude d'être libéré. Telle est la vacuité incomparable, pure, immuable, suprême qu'il faut développer et dans laquelle il faut demeurer.





Bouddhisme 175 | 
Condensé du Majjhimanikaya (les Moyens Discours), III, 104-109, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.51 







L e Tathagata voit ce qui doit être vu, mais ne forge pas de conceptions au sujet de ce qui est vu, n'est pas vu, doit être vu; ni au sujet de celui qui voit ni au sujet des choses entendues, connues.




Bouddhisme 172 | 
Anguttaranikaya (Le Livre des Discours Graduels), II, 25, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.36 







D ès qu'on a délaissé désir et confusion, on ne forge plus de plans, on ne fait plus de projets [nimitta], on n'a plus de soucis, on voit la Doctrine en cette vie. C'est là chose intemporelle... que les sages réalisent dans l'intériorité [paccatam].

Si un ignorant a l'intention de faire un acte méritoire ou déméritoire, sa conscience tend vers le mérite... Au contraire le sage n'achève pas l'acte, il ne l'approprie pas. Ne s'appropriant pas, il ne se tourmente pas ; ne se tourmentant pas, il est de par lui-même et intérieurement tout à fait apaisé... S'il éprouve une sensation agréable, il l'éprouve avec détachement.





Bouddhisme 171 | 
Samyuttanikaya (the Books of the Kindred Saying), 11, 82, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.48 
Remarque : "L'apaisement et le discernement (samatha et vipsyana), ces deux aspects complémentaires du chemin bouddhique exercent l'un sur l'autre une influence réciproque : si les passions s'apaisent, les choses sont plus clairement discernées et le calme est d'autant profond que le cœur est éclairé. L'apaisement atteint son point culminant en samadhi et le discernement en prajna, sapience ou clairvoyance. Sur les solides assises de l'absorption qui relève de la pratique mystique (bhavana) l'intelligence vide de désir, d'attachement, de notions se fait intuition pénétrante et lucide, fine pointe de vigilance, c'est-à-dire prajna, compréhension globale, efficiente, que Je Bouddha qualifie souvent de vive (tikkha) et de perçante (nibbedhika) : elle coupe en effet les racines des doutes, et elle perçoit les choses "" telles qu'elles sont "", isolées les unes des autres parce que baignant dans la vacuité.







J e le déclare, le Tathagata est libéré par suite de la destruction, du détachement, de l'arrêt, du rejet de toutes les conceptions forgées, de tout ce qui baratte [l'esprit], de tous les résidus des sentiments de moi, de mien et d'amour-propre.




Bouddhisme 164 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), I, 486, & Dhammapada (les Stances de la Loi) , 259, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.70 







L e mondain s'attache ordinairement à l'existence et à l'inexistence: tout existe, voilà un extrême, rien n'existe, voilà l'autre extrême.
Par contre celui qui voit les choses telles qu'elles sont n'affirme pas que les choses existent puisqu'elles disparaissent, ni qu'elles n'existent pas puisqu'elles naissent. Ainsi évitant les deux extrêmes, le Tathagata enseigne le chemin par le milieu : conditionnées par l'ignorance, les énergies fabricatrices surgissent [à savoir, selon la production en dépendance]... "
Celui qui n'est pas prisonnier des dogmes à la manière des mondains a la juste intuition et ne s'attache pas à des systèmes, ne recherche pas les spéculations, ne pense pas : " Ceci est mon moi ", mais constate : Ce qui apparaît n'est que douleur, et ce qui disparaît n'est que douleur. Cet homme n'est pas victime du doute ni du souci ".





Bouddhisme 139 | 
Samyuttanikaya (the Books of the Kindred Saying), II, 17, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.50 







I l [le dhamma] l'a touché de tout son être [kaya] par le cœur, réalisé dans l'intériorité [paccattam], à part de toute croyance, inclinaison, connaissance par oui-dire, opinion, réflexion.




Bouddhisme 135 | 
Samyuttanikaya (the Books of the Kindred Saying), II, P115, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.34 







V oici, ô moines, les dhamma profonds, difficiles à percevoir, difficiles à comprendre, apaisés, élevés, inaccessibles au raisonnement, subtils, que seuls les sages connaissent.




Bouddhisme 112 | 
Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), I, 22, § 15 et ss., cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.36 







A vec son cœur ainsi recueilli..., il incline sa conscience vers des pouvoirs surnaturels [iddhi], il éprouve en lui-même tel ou tel pouvoir, étant un il devient multiple et de multiple redevient un, il devient invisible, visible, franchit les murs, s'immerge dans la terre et en émerge comme dans l'eau, marche sur les eaux sans qu'elles s'ouvrent, vole dans les airs [ ... ].




Bouddhisme 72 | 
Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), I, II, p. 77-85, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, pp.56-57 





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