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Les courants taoïstes



Taoisme : Les courants taoïstes

À partir des idées de Laozi, un nouveau courant taoïste apparut avec le Zhuangzi (ouvrage d'un apologiste de Laozi) et le Liezi. Le premier exprime l'unicité du dao, ce Un qui forme le Tout. Comme Laozi, Zhuangzi refuse les interventions humaines dans les domaines de la science, de la culture et des lois. Il refuse à la fois la philanthropie et la misanthropie, et ne participe donc à l'existence que par le non-agir. Le Liezi, quant à lui, insiste sur l'aspect onirique de la pensée taoïste et s'oppose radicalement à Confucius. Enfin, un autre disciple, Yangzhu, se fait l'avocat d'une forme de pessimisme foncièrement individualiste.

La nature du taoïsme

À travers les écrits présumés de LaoziLaozi et de ses disciples, on peut essayer de cerner la réalité de ce modèle naturel élu par la pensée taoïste. Pour cette dernière, choisir la nature c'est suivre l'évolution, c'est respecter l'ordre des saisons, l'alternance du chaud et du froid. Cette loi naturelle est attestée par la conscience en chacun de la majestueuse beauté d'un paysage de montagne, de l'harmonie évidente qui conduit un ruisseau à naître entre des pierres moussues avant d'aller, transformé en fleuve puissant, se jeter dans l'immensité océane.Devançant Spinoza, Laozi voit se fondre dans le dao toutes les lois de la nature qui vont ainsi s'unir pour former la substance de toute réalité. Toutes les formes, toutes les variétés de la nature ont leur place déterminée, et l'unité dans la diversité préside à l'absolu cosmique. Marquée par un monisme naturaliste, cette philosophie reflète la pensée d'un homme marqué par la cruauté, l'injustice, les abus de pouvoir. Ainsi «le Vieux» préconise-t-il une forme de «paradis perdu» à retrouver en soi: «Tout, dans la nature, travaille en silence. Les choses naissent et ne possèdent rien. Elles accomplissent leur fonction sans rien réclamer. Toutes les choses font leur besogne dans l'apaisement. Après qu'elles ont atteint leur plein épanouissement, chacune retourne à son origine. Retourner à son origine, cela signifie se reposer, remplir sa destinée. Ce retour est une loi éternelle. Connaître cette loi, c'est la sagesse.»Le taoïste n'est ni pieux ni dévot. Son silence est le début de la sagesse, et il s'abstient même de parler du dao. L'abandon des passions, des gesticulations éphémères et inutiles constitue donc l'idéal que recherchait Laozi: «cultiver son jardin» reste encore une vertu apaisante et curative, une philosophie à part entière, notamment dans les sociétés industrielles modernes.Aujourd'hui, le taoïsme religieux semble avoir perdu pied en Chine. Des temples ont été abandonnés, détruits durant la Révolution culturelle, au mieux livrés aux touristes. Mais à l'aube du XXIe siècle, des paysans de Taiwan, de Hongkong ou de diverses régions rurales chinoises conservent les croyances anciennes, les rites funéraires, et fréquentent les lieux de pèlerinage taoïstes. Qui sait si une large part de la pensée de Laozi n'est pas toujours présente dans la «Chine profonde»?


  
  
  
  
  


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