Patrimoine  Mondial  des religions, traditions et courants de pensée



Citations spirituelles et philosophiques
de la religion chrétienne

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I l est donc vain, comme nous venons de le démontrer, d'être hostile à la nature de la chair; car ce n'est pas d'elle qu'a dépendu la cause des maux [1] (sinon, elle dominerait de façon égale tous ceux qui ont eu pour sort la vie corporelle). Au contraire, chacun de ceux dont on garde en mémoire la vertu vivait dans la chair, sans vivre pour autant dans le vice : c'est là une preuve évidente que ce n'est pas le corps qui est la cause des passions, mais le choix qui produit les passions [2]. Car le corps se meut conformément à sa nature propre, et se dirige par sa propre impulsion vers ce qui lui permet de conserver sa cohésion et sa permanence.




Christianisme Citation n°1539 | 
Discours sur les morts, TROISIEME PARTIE : DÉFENSE DU CORPS, 58, traduction Guillaume Bady 
[1] En insistant sur l'idée que le corps n'est pas la cause du mal, Grégoire s'oppose à Plotin et, plus encore, à l’ascétisme outrancier et à l’encratisme. Cf. In Eccl. PG 44, 733C=GNO V, 426-428 et 741, Or. dom. PG 44, 1169=GNO VII-2, 51-52 et De an. et res. PG 46, 61A; voir aussi H. von Balthasar, Présence et pensée., p. 49 et 51 et J. Daniélou, “L'origine du mal chez Grégoire de Nysse”, p. 40-44. [2] De même que c'est le choix de l'homme qui a provoqué le mal, c'est de même le mauvais usage des passions qui est la véritable cause du mal. Le mot “ passions ” est cependant ambigu : d'une part, Grégoire les définit comme la perversion des besoins biologiques et vitaux, et c'est ce sens négatif qui domine très largement dans le texte (ici elles sont clairement assimilées au mal); d'autre part, elles désignent ou ces besoins eux-mêmes ou les élans de l'homme, vers le bien comme vers le mal; le seul emploi positif du mot désigne le désir de l'insatiabilité spirituelle (p. 61). Ce sens permet néanmoins de comprendre ce que Grégoire entend par “ impassibilité ”, et qu'il est nécessaire de préciser ici : ce n'est pas la suppression des passions (entendues comme les "tendances naturelles" de l'homme), mais leur bon usage, conformément à la ressemblance à Dieu par laquelle l'impassibilité divine est donnée ou restituée à l'homme.





C ar le désir de ce qui est étranger ne reste pas éternellement présent dans la nature : chacun est rassasié jusqu'au dégoût de ce qui ne lui est pas propre, dont à l'origine la nature n'en avait en elle-même aucune part, tandis que seul ce qui est de même origine et de même provenance demeure continuellement désirable et aimable, tant que la nature reste inchangée en elle-même; toutefois, si elle est détournée par un mauvais choix, alors en elle vient le désir de ce qui lui est étranger, dont la jouissance charme non pas elle, mais sa passion. Une fois celle-ci disparue, le désir des biens contraires à la nature disparaît aussi et ce qui lui est familier lui redevient désirable et convenable, à savoir la pureté, l'immatérialité et l'incorporéité, et l'on ne se trompera pas en disant qu'elles sont le propre de la Divinité qui est au-dessus de tout.




Christianisme Citation n°1538 | 
Discours sur les morts, TROISIEME PARTIE : DÉFENSE DU CORPS, 57, traduction Guillaume Bady 





A fin que la nature garde sa liberté et que le mal disparaisse, la Sagesse de Dieu conçut le dessein de laisser l'homme dans l'état que celui-ci a voulu, de telle sorte qu'après avoir goûté aux maux qu'il désirait et appris par l'expérience quels biens il a échangé contre eux, il retourne librement, par son propre désir, à sa béatitude première, après avoir déchargé sa nature du passionnel et de l'irrationnel comme d'un fardeau, et s'être purifié, soit dans la vie présente par l'attention et la philosophie, soit après son départ d'ici-bas par la fonte qu'opère en lui le feu purificateur.




Christianisme Citation n°1537 | 
Discours sur les morts, TROISIEME PARTIE : DÉFENSE DU CORPS, 53, traduction Guillaume Bady 





P ourquoi donc être dépaysés par la mort, alors qu'il a été démontré que la vie charnelle est préparation continuelle et exercice de la mort ? Et si l'on parle du sommeil et de la veille, c'est une autre forme d'union de la mort et de la vie dont on parle : les sens s'éteignent quand on dort et, à l'inverse, le réveil accomplit pour nous en lui-même la résurrection espérée [1].




Christianisme Citation n°1536 | 
Discours sur les morts, TROISIEME PARTIE : DÉFENSE DU CORPS, 52, traduction Guillaume Bady 
[1] Sur la métaphore de la mort comme sommeil, cf. Homère, Iliade XIV 231 et XVI 672; Héraclite, fragment 22B 88 D.-K.6 et les parallèles dans l’In Cant. PG 44, 992=GNO VI, 311 et l’In sanct. Pascha PG 46, 672D=GNO IX, 262-263. Voir aussi J. Daniélou, Platonisme et théologie mystique, p. 300-301. Sur la métaphore de la résurrection comme réveil, cf. Athénagore, De res. 17; Méthode, De res. I 37 et 53; cf. aussi In sanct. Pascha PG 46, 661=GNO IX, 252-253





I ci-bas l’âme est l’esclave d’un jugement extérieur sur l’idée supposée du bien : en effet, puisque le corps d’un enfant ne peut pas encore contenir la perfection des facultés de l’âme [1], et que le plein développement des organes sensibles, lorsqu’ils naissent avec le nouveau-né, est donné immédiatement, pour ces raisons l’intelligence est d’abord devancée dans son jugement du bien par la sensibilité, et l’âme reçoit sans aucun examen critique ce que les sens, d’après ce qu’il leur a semblé, ont d’ores et déja considéré comme bon et que, par habitude, ils ont jugé d’avance comme tel; convaincue que le bien est ce que la sensation a au préalable jugé et attesté comme tel, elle voit le bien dans des couleurs, des saveurs et d’autres sottises de ce genre; comme ces dernières disparaissent après la sortie du corps, c'est en toute nécessité qu'apparaît à l’âme le vrai bien, auquel elle a été naturellement apparentée. Car la vue ne sera plus séduite par l’appât des couleurs, puisque cet œil qui est le nôtre aujourd’hui n’existera plus, et notre choix n’inclinera plus vers aucun autre objet qui caresse nos sens, étant donné que toute sensation corporelle se sera éteinte. Seule la faculté intellectuelle touchera, de façon immatérielle et incorporelle, le bien intelligible, si bien que la nature ne sera plus empêchée de recouvrer son bien propre, qui n’est ni la couleur, ni la forme extérieure, ni la dimension, ni la grandeur, mais ce qui dépasse toute représentation conjecturale.




Christianisme Citation n°1535 | 
Discours sur les morts, DEUXIEME PARTIE : EXHORTATION À LA CONNAISSANCE DE LA VIE INCORPORELLE, L'incorporéité est la vraie nature de l'homme, 48, traduction Guillaume Bady 
[1] La préexistence de l’âme est ici clairement niée; cf. De an. et res. PG 46, 125A-128B. Voir aussi L’enfant à naître, PDF 78, Paris 2000, avec la traduction de La création de l’homme, ch. 28 et 29 par J.-Y. Guillaumin, revue par M.-H. Congourdeau, p. 87-98.





C ar lorsque le douloureux "enfantement de la mort" (Act. 2,24; cf. Rom. 8,22) fait naître les hommes à une autre vie, ils expérimentent alors, en s’avançant vers cette lumière et en aspirant le souffle pur, quelle différence il y a entre cette vie-là et la nôtre; en revanche, ceux qu’ils ont laissés à cette vie humide et molle, en vérité, sont des embryons et non des hommes, lorsqu’ils se lamentent sur celui qui, avant eux, est sorti des attaches qui nous enserrent, comme s’il avait perdu un bien; mais ils ne savent pas que son œil s’ouvre comme celui d’un nouveau-né en quittant les attaches de la vie présente (il faut, certes, entendre par là l’œil de l’âme (cf. Éph. 1,18), grâce auquel elle discerne la vérité des êtres), ni que s’éveille son sens acoustique, par lequel il entend les paroles ineffables “qu’il n’est pas permis à un homme de dire”, comme dit l’Apôtre (2 Cor. 12,4), ni que sa bouche s’ouvre et aspire le souffle pur et immatériel, qui le tend vers la voix intelligible et la Parole de vérité, lorsqu’il a été uni à l’écho du chœur des saints en fête; de même lui est accordé un goût divin, par lequel il sait, comme il est écrit dans le Psaume, que “le Seigneur est bon” (Ps. 33,9); grâce à son odorat il perçoit “la bonne odeur du Christ” (2 Cor. 2,15; cf. Éph. 5,2), et en recevant en outre le toucher, son âme tâte la vérité et “touche le Verbe”, comme en témoigne Jean (1 Jn 1,1) (1) .




Christianisme Citation n°1534 | 
Discours sur les morts, DEUXIEME PARTIE : EXHORTATION À LA CONNAISSANCE DE LA VIE INCORPORELLE, L'incorporéité est la vraie nature de l'homme, 47, traduction Guillaume Bady 
(1) Sur l’éveil des sens spirituels, ce passage illustre bien la différence entre Origène, pour qui cet éveil est dû à l'enthousiasme intellectuel, et Grégoire, pour qui il correspond à la présence du Christ dans l'âme et à la vie surnaturelle (voir J. Daniélou, Platonisme et théologie mystique, p. 235sq et 264).





L a vie nous enseigne clairement à ne jamais prendre l’habitude [1] en considération, mais à convertir sans cesse nos désirs vers le bien.




Christianisme Citation n°1533 | 
Discours sur les morts, DEUXIEME PARTIE : EXHORTATION À LA CONNAISSANCE DE LA VIE INCORPORELLE, L'incorporéité est la vraie nature de l'homme, 46, traduction Guillaume Bady 
[1] L’habitude est selon Aristote une seconde nature (Eth. Nic. VII 11, 1152a30); chez Grégoire, elle est parfois prise en bonne part : De virg. PG 46, 360=GNO VIII-1, 287-288 (cf. Basile, De leg. libris VIII, PG 31, 588D), mais dépréciée la plupart du temps : In Eccl. GNO V, 418, Or. dom. PG 44, 1136=GNO VII-2, 19, De an. et res. PG 46, 16A et De virg. PG 46, 349=GNO VIII-1, 278. [2] Cette idée, en elle-même très moderne, se trouve déjà chez Pline l'Ancien, Nat. hist. VII, 1.





S i le véritable bien était le corps, il nous faudrait être fâchés de l’aliénation de la chair sous le prétexte que lorsque la mort nous détache de celle-ci, nous perdons en même temps que le corps toute parenté au bien. Mais étant donné que le bien qui est au-delà de toute intelligence, et à l’image duquel nous sommes faits, est spirituel et incorporel, il serait logique de croire que, quand nous traversons la mort (cf. Jn 5,24; cf. I Jn 3,14) et devenons incorporels, nous nous approchons de cette nature qui est exempte de toute épaisseur corporelle, et qu’en ôtant comme un masque hideux notre enveloppe charnelle, nous remontons vers la beauté familière à la ressemblance de laquelle nous avons été formés au commencement, nous qui sommes faits à l’image du modèle. Or une telle pensée devrait être un sujet d’allégresse et non d'abattement, si l’on croit qu’après avoir rempli cette charge nécessaire, l’homme ne vit plus dans une chair étrangère : après avoir rendu à chacun des éléments la propriété qu’il avait quêtée auprès d’eux, il est retourné dans son foyer familier et naturel, qui est pur et incorporel.




Christianisme Citation n°1532 | 
Discours sur les morts, DEUXIEME PARTIE : EXHORTATION À LA CONNAISSANCE DE LA VIE INCORPORELLE, L'incorporéité est la vraie nature de l'homme, 42, traduction Guillaume Bady 





S oyons ainsi, selon le Proverbe, “appliqués à nous connaître nous-mêmes” (Prov. 13,10): car la connaissance de soi purifie des fautes dues à l’ignorance. Néanmoins, même en le voulant vraiment, il n’est pas facile de se voir soi-même, étant donné qu’aucun effort de pensée ne peut nous rendre possible l’impossible : c’est ce que fit la nature pour les yeux du corps, qui voient tout, mais demeurent incapables de se regarder eux-mêmes; de même, l’âme explore, recherche de mille manières et suit à la trace tout ce qui est en-dehors d’elle, mais il lui est impossible de se voir elle-même. Que l’âme imite donc les yeux : à eux aussi la nature refuse la faculté de tourner sur eux-mêmes leur propre vue et de se mirer eux-mêmes; en regardant toutefois dans un miroir la forme et la configuration qu’a leur propre rondeur, ils se voient par l’intermédiaire de l’image; de même il faut que l’âme regarde sa propre image et considère comme sien ce qu'elle voit dans le caractère dont elle a reçu la ressemblance (cf. 2 Cor. 3,18; cf. Gen. 1,26; cf. Sag. 7,26). Il convient cependant de modifier un peu l'exemple pour que l’idée soit appropriée à la raison; car l’image de la forme apparaissant dans le miroir (1) est une imitation du modèle, tandis que pour le caractère de l’âme, notre idée est inverse : comme la forme de l’âme est faite à l'image de la beauté divine, lorsque l’âme regarde son modèle, alors c’est elle-même qu’elle voit avec clarté.




Christianisme Citation n°1531 | 
Discours sur les morts, DEUXIEME PARTIE : EXHORTATION À LA CONNAISSANCE DE LA VIE INCORPORELLE, 40, traduction Guillaume Bady 
(1) Présente chez Platon (cf. Alcibiade I, 132d-133c, Timée 71b, Phèdre 255d), l’image du miroir est centrale chez Grégoire : cf. In Cant. PG 44, 824D, 832, 868, 1093D-1096A =GNO VI, 91, 102, 148, 439-440; De Beat. VI, GNO VV-2, 143-144 ; De hom. op. PG 44, 136C et 161D, De vita Moys. PG 44, 340A=GNO VII-1, 46, De inf. PG 46, 164C=GNO III-2, 69, De virg. PG 46, 368 et 392=GNO VIII-1, 295 et 341; voir aussi H. von Balthasar, op. cit., p. 86 et 95, ainsi que .J. Daniélou, Platonisme et théologie mystique, p. 45 et 223. Ce passage montre bien que Grégoire ne fait pas de distinction entre l’image (aspect statique de la ressemblance) et la ressemblance (aspect dynamique); cf. R. Leys, L'image de Dieu chez saint Grégoire de Nysse, Bruxelles 1951, p. 116 et M. Alexandre, “Protologie et eschatologie” dans Arché e Telos. L'antropologia di Origene e di Gregorio di Nissa, ed. U. Bianchi, SPM 12, Milan 1981, p. 158. W. Völker (Gregor von Nyssa als Mystiker, Wiesbaden 1955, p. 182) et P. Courcelle (Connais-toi toi-même p. 719) ont souligné cette originalité de Grégoire : ce n'est plus Dieu qui est le miroir, mais l'âme qui contemple en Dieu, à l'image duquel elle est faite, son être même, et non un simple reflet.





H omme, qui que tu sois, toi qui as part à la nature humaine, “Prête attention à toi”, selon le commandement de Moïse (Deut. 15,9), et connais-toi toi-même (1) […].
“Nous ne regardons pas les réalités visibles, mais les réalités invisibles. Les choses visibles, en effet, n’ont qu’un temps, mais les choses invisibles sont éternelles” (2 Cor. 4,18). Dirigeons donc notre regard vers ce qui est invisible (cf. Héb. 11,27) en nous, et croyons que notre être véritable est ce qui échappe à la perception sensible.





Christianisme Citation n°1530 | 
Discours sur les morts, DEUXIEME PARTIE : EXHORTATION À LA CONNAISSANCE DE LA VIE INCORPORELLE, 39, traduction Guillaume Bady 
(1) Le thème de la création de l'homme à la ressemblance de Dieu christianise de façon étonnante chez Grégoire (et plus radicalement que ne l'avaient fait les autres Pères de l'Église) la maxime socratique. Celle-ci, comme l'a fait remarquer J. Daniélou, est transposée par Grégoire du domaine moral au domaine mystique : "La conversion de l'âme est la condition de la connaissance de Dieu, mais c'est une conversion de l'âme vers Dieu, et non vers soi ” (Platonisme et théologie mystique p. 229). Voir aussi P. Courcelle, Connais-toi toi-même, de Socrate à saint Bernard, Paris 1974-1975 et E. von Ivanka, à l'appui de ce passage du De mortuis, peut écrire : "l'âme ne peut se connaître elle-même que si elle regarde Plato Christianus. Über Nahme und Umgestaltung des Platonismus durch die Väter, Einiedeln 1964, trad. de l'allemand par E. KESSLER, Paris 1990, p. 179. (2) Cette idée paulinienne se trouve aussi chez Platon, République IX 589a et Phèdre 279b. Elle est récurrente chez Grégoire : cf. De hom. op. PG 44, 236A, In Cant PG 44, 769C, 804A-805A et 1061C=GNO VI, 21, 63, 399, De perf. PG 46, 260C et 284D=GNO VIII-1, 183 et 212, De inst. christ. GNO VIII-1, 54-55 (où l’homme intérieur est clairement assimilé à l’âme, tout comme l’homme extérieur au corps) et 59, De virg. PG 46, 397A et 413=GNO VIII-1, 325 et 342, Epist. PG 46, 1013C=GNO VIII-2, 18.





P leurer, cependant, est une passion qui, comme toute autre passion, est impossible aux défunts; étant devenus esprit et souffle, ils n'ont plus ni chair ni sang : leur nature, de ce fait, les empêche d’être vus par ceux qui sont enterrés sous l’épaisseur du corps (1), ni avertir d’eux-mêmes les hommes de leur erreur de jugement sur la réalité.




Christianisme Citation n°1529 | 
Discours sur les morts, DEUXIEME PARTIE : EXHORTATION À LA CONNAISSANCE DE LA VIE INCORPORELLE, 39, traduction Guillaume Bady 
(1) Sur ce thème platonicien (cf. Gorgias 493a et Phèdre 250c), voir P. Courcelle, “Le corps-tombeau”, dans REA 68, 1966, p. 101-122.





L ’âme humaine passe donc de la vie charnelle à ce bien, échangeant ainsi l’existence présente contre une autre condition de vie. […] [Dans cet autre condition de vie], rien en l’âme n’est amoindri par un vide ni accablé d’une charge; loin de subir les désagréments de l’air (je veux dire le froid et la chaleur), et débarrassée de toutes les contrariétés pensables, elle demeure en un lieu où la vie est libérée et déchargée de toute peine contraignante : plus de terre à travailler, de mers à traverser, […]. Menant, comme le dit Paul, “une vie calme et paisible” (1 Tim. 2,2) […] : exemptée et libérée de tout souci […], elle n’a ni ne crée aucune difficulté; servitude ou souveraineté, misère ou richesse, noble ou basse naissance, humble condition du simple particulier ou puissance des dignitaires, aucune inégalité de ce type n’a de place dans cette vie : son absence de besoin et son immatérialité enlèvent à tous les désagréments de ce genre leur nécessité; […]. La jouissance de ces biens ne change pas comme celle des biens de cette vie, selon que nous les possédons ou non, ou selon que nous les acceptons ou les rejetons, mais est toujours pleine, et même la satiété ne vient jamais circonscrire sa plénitude [1]. Car le bien-être spirituel [2] ne connaît ni poids ni satiété, il déborde à chaque fois les désirs de ceux qui en jouissent, sans jamais les combler. C’est pourquoi cette vie est bienheureuse et pure : les plaisirs des sens ne l’induisent plus en erreur dans le jugement du bien.




Christianisme Citation n°1528 | 
Discours sur les morts , PREMIERE PARTIE : RECHERCHE DU VRAI BIEN, 34, traduction Guillaume Bady 
[1] Grégoire prend clairement ici, par une idée qui lui est chère, le contrepied de l’origénisme (cf. Traité des principes II 8,3) : voir M. Harl, “Recherches sur l'origénisme d'Origène : la satiété (koros) de la contemplation comme motif de la chute des âmes”, dans SP VIII=TU 93, Berlin 1966, p. 373-405. C’est le cas aussi dans ses autres œuvres : De vita Moys. PG 44, 404-405=GNO VII-1, 114 et 117, In inscr. Psalm. PG 44, 452BC=GNO V, 40, In Eccl. PG 44, 648D-649A=GNO V, 313, In Cant. PG 44, 777BD et 876C=GNO VI, 31-32 et 159, De an. et res. PG 46, 96C-97A et 113B. Voir également J. Daniélou, Platonisme et théologie mystique, p. 291-292. [2] Spiritualisé, le plaisir est très important pour Grégoire : cf. De hom. op. PG 44, 196D ; voir aussi H. von Balthasar, op. cit., p. 71





Q uel est donc le caractère de la véritable bonté ? Ce n’est pas d’avoir un avantage purement relatif, ni de paraître utile ou inutile selon les circonstances, ni d’être bon pour l'un et mauvais pour l'autre. Mais c'est à la fois d'être bon en soi-même et de par sa propre nature, et de l’être de façon identique pour tout homme et en tout temps : voilà ce qu'est, à ce que j'en juge, le caractère infaillible et indubitable de la nature du bien [1]. Car ce qui n'est bon ni pour tous, ni toujours, ni en soi-même, indépendamment des circonstances extérieures, ne saurait au sens propre être jugé comme étant de la nature du bien.




Christianisme Citation n°1527 | 
Discours sur les morts , PREMIERE PARTIE : RECHERCHE DU VRAI BIEN, 29, traduction Guillaume Bady 
(1) Cette définition du bien est platonicienne : cf. Phédon 78d et Banquet 210e-211b, ainsi que les parallèles chez Grégoire : De hom. op. PG 44, 184C, In Eccl. PG 44, 737=GNO V, 421, De virg. PG 46, 368=GNO VIII-1, 296.





T out le désir du Beau qui entraîne à cette ascension ne cesse jamais de s'étendre à mesure qu'on avance dans la course vers le Beau. Et c'est là réellement voir Dieu que de ne jamais trouver de satiété à ce désir. Mais il faut, regardant toujours à travers ce qu'il est possible de voir, être enflammé du désir de voir davantage par ce qu'il est déjà possible de voir. Et ainsi nulle limite ne saurait interrompre le progrès de la montée vers Dieu. […] Si quelqu'un a retiré ses pieds "de la vase de la fosse" et les a affermis sur le roc - "le roc" ici, c'est le Christ, la plénitude de la vertu -, sa course est d'autant plus rapide qu'il est plus ferme dans le bien ; sa stabilité est pour lui comme une aile et dans son voyage vers les hauteurs, son cœur est comme ailé par sa fixité dans le bien. Ainsi en montrant le lieu à Moïse, Dieu l'encourage à courir ; et en lui promettant de l'établir sur le roc, il lui indique la façon de courir cette course divine."




Christianisme Citation n°1526 | 
Vie de Moïse, 27 et 243-244 (extraits) 





D e deux aveugles, l'un est né avec cette infirmité, l'autre a connu la lumière mais a perdu la vue dans un accident malencontreux. Le sort ne les fait pas souffrir de la même manière. Celui qui sait ce qui lui fait défaut souffre de se voir dépossédé de la vue ; l'autre qui n'a jamais connu jusqu'à présent pareil bienfait, passera sa vie sans s'affliger ; comme il a toujours vécu dans l'obscurité, il ne s'imaginera pas être privé d'un bien.
Le premier aspirera passionnément par tous les moyens à retrouver le bienfait de la lumière pour obtenir ce dont il se sait privé cruellement. Le second vivra dans la nuit, jusqu'à sa vieillesse, et, faute d'avoir connu la lumière, considère son état comme un bien. Il en est de même de celui qui a compris quels sont les véritables biens, en même temps que sa misère - il se considèrera malheureux et sera dans la tristesse, parce qu'actuellement il a perdu ce bien. Ce ne sont pas les larmes que le Verbe appelle bienheureuses mais la connaissance du bien et la douceur de se savoir privé de ce qu'on cherche.





Christianisme Citation n°1525 | 
Les Béatitudes, 3e Béatitude, 3 





T ente donc, mon auditeur, toi aussi, d'avoir ton propre puits et ta propre fontaine, pour que toi aussi, lorsque tu prendras le livre des Ecritures, tu te mettes à tirer de ton propre fonds quelque intelligence ; et, selon la doctrine que tu as reçue dans l'Eglise, tente de boire, toi aussi, à la fontaine de ton esprit. Il y a en toi une nature d'eau vive, il y a des veines intarissables et des courants d'irrigation ; emploie-toi à creuser la terre et à la nettoyer des ordures, c'est-à-dire à repousser la paresse et à secouer la torpeur du coeur. Purifie ton esprit, pour qu'un jour vienne où tu boiras de tes propres fontaines et où tu puiseras de l'eau vive dans tes puits. Car si tu as reçu le Logos de Dieu en toi, si tu as reçu de Jésus l'eau vive avec fidélité, en toi s'ouvrira une fontaine d'eau jaillissant pour la vie éternelle.




Christianisme Citation n°1523 | 
Homélie sur la Genèse, XII, 5 





T ourne-moi vers ton enseignement
Car j'ai cherché à me détourner
Et j'ai vu que je m'appauvrissais,
Car l'âme n'est riche que dans le commerce avec toi.
Gloire à ta méditation !
Toujours, quand j'ai médité sur toi
J'ai reçu de toi un trésor
Et là où je t'ai contemplé
Une source a coulé de toi
Et j'ai puisé tant que j'ai pu.
Gloire à ta source !
Elle est cachée, ô mon Seigneur, ta source,
A qui n'a pas soif de toi,
Et vide, la salle de ton trésor,
Pour qui te hait :
La charité est le trésorier.
De ton trésor céleste.
Quand je m'éloigne de ta compagnie,
Ta beauté excite mon désir,
Et quand j'accompagne ta Majesté,
Ta gloire me remplit de crainte :
Que je m'éloigne ou que j'approche,
Je suis le vaincu, de toutes façons.
[...]
J'ai médité, et j'ai parlé de toi,
Non que je t'aie compris ;
Puis j'ai succombé, et je me suis tu à nouveau, Non que je t'aie perdu.
Je me suis perdu en toi, et je suis resté sans voix :
Gloire à toi, Etre caché."





Christianisme Citation n°1522 | 
Hymne de la foi 32, 1-6 





D ans notre coeur, là où le Christ fait sa demeure, conduisons-nous avec jugement et intelligence, de manière à ne pas mettre notre confiance dans notre propre vie et à ne pas prendre appui sur un fragile rempart."




Christianisme / Catholicisme Citation n°1520 | 
Homélie sur Habaquq, 2, 1 





L e Seigneur n'avait pas dit : Vous serez libres, mais : La Vérité vous délivrera [Jn 8, 32]




Christianisme Citation n°1519 | 
Homélies sur l'Evangile de Jean, Tr. 41, 2 





Q uand le Christ viendra "et, comme dit encore l'Apôtre Paul, mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et fera paraître les intentions des coeurs pour que chacun reçoive de Dieu la louange qui lui revient, alors, avec la présence d'une telle lumière du jour, les lampes ne seront plus nécessaires. On ne nous lira plus la prophétie, on n'ouvrira plus le livre de l'Apôtre, nous ne réclamerons plus le témoignage de Jean, nous n'aurons plus besoin de l'Evangile lui-même. Toutes les Ecritures nous seront retirées, alors qu'elles brillaient pour nous comme des lampes dans la nuit de ce monde, pour que nous ne demeurions pas dans l'obscurité.




Christianisme Citation n°1518 | 
Homélies sur l'Evangile de Jean, XXXV, 8 





C royez pour mériter de comprendre. La foi doit précéder l'intelligence pour que l'intelligence soit la récompense de la foi.




Christianisme Citation n°1517 | 
Sermon 139, 1, 1 





T oute la vie du vrai chrétien est un saint désir. Sans doute, ce que tu désires, tu ne le vois pas encore : mais le désir te rend capable, quand viendra ce que tu dois voir, d'être comblé . Supposons que tu veuilles remplir quelque objet en forme de poche et que tu saches la surabondance de ce que tu as à recevoir ; tu étends cette poche, sac, outre, ou tout autre objet de ce genre ; tu sais combien grand est ce que tu as à y mettre, et tu vois que la poche est étroite : en l'étendant, tu en augmentes la capacité. De même, Dieu, en faisant attendre, étend le désir ; en faisant désirer, il étend l'âme ; en étendant l'âme, il la rend capable de recevoir. Désirons donc, mes frères, parce que nous devons être comblés.




Christianisme Citation n°1516 | 
Sermon sur la 1ère Lettre de Jean, 4, 6 





L a compréhension est la récompense de la foi. Ne cherche donc pas à comprendre pour croire, mais crois afin de comprendre, parce que si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas [Is 7, 9].




Christianisme Citation n°1515 | 
Augustin : Homélies sur l'Evangile de Jean, Tract. XXIX, 6, p. 707 





D ieu vous disant : Demandez ce que vous désirez, qu'allez-vous lui demander ? Faites effort de tout votre esprit, lâchez la bride à votre avarice, étendez, élargissez votre convoitise, autant que vous le pourrez ; car ce n'est pas le premier venu, c'est le Dieu Tout-Puissant qui vous dit : demandez ce que vous désirez. Si vous aimez des propriétés, vous désirerez toute la terre, de sorte que tous ceux qui naîtront soient vos fermiers ou vos serviteurs. Et que ferez-vous, lorsque vous posséderez toute la terre ? Vous demanderez la mer, bien que vous ne puissiez y vivre. Dans ce genre d'avarice, les poissons seront mieux partagés que vous ; à moins que vous ne possédiez aussi les îles de la mer. Mais passez outre, demandez encore le domaine des airs, quoique vous ne puissiez pas voler. Etendez vos désirs jusqu'au ciel ; dites que le soleil, la lune et les étoiles vous appartiennent, parce que celui qui a fait toutes ces choses vous a dit : demandez ce que vous désirez. Cependant, vous ne trouverez rien qui ait plus de prix, vous ne trouverez rien qui soit meilleur que celui qui a fait toutes ces choses. Demandez donc celui qui les a faites, et en lui et par lui vous posséderez tout ce qu'il a fait. Toutes ces choses sont d'un haut prix, parce que toutes sont belles, mais qu'y a-t-il de plus beau que lui ? Elles sont fortes, mais qu'y a-t-il de plus fort que lui ? Et il n'est rien qu'il donne plus volontiers que lui-même. Si vous trouvez quelque chose de meilleur, demandez-le. Si vous demandez autre chose, vous lui ferez injure, et vous vous ferez tort à vous même, en lui préférant sa créature, alors que le créateur aspire à se donner lui-même à vous.




Christianisme Citation n°1514 | 
Enar. in Ps., 34, 12 - 1er discours 





Q u'elles empoignent votre coeur les Paroles de Dieu. Et que celui qui vous possède garde jalousement sa possession, c'est-à-dire vos esprits, pour qu'ils ne s'évadent pas ailleurs. Que chacun de vous soit ici tout entier, non pas ailleurs, c'est-à-dire tout entier dans la Parole de Dieu qui retentit sur la terre, afin que cette parole l'emporte, et le fasse quitter terre. Car si Dieu est avec nous, c'est afin que nous soyons avec lui.




Christianisme Citation n°1512 | 
Enarationes in Psalmos, 145, 1 



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