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La philosophie confucéenne

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L e sens moral et le principe tels qu'ils résident dans l'esprit humain sont conférés par le Ciel et ne peuvent donc être éliminés. Si certains se laissent obnubiler par les choses extérieures au point de contrevenir au principe et d'enfreindre le sens moral, c'est tout simplement qu'ils ne réfléchissent pas. Pour peu qu'ils soient en mesure de faire un vrai retour sur eux-mêmes et un effort de réflexion, leur capacité de distinguer bon et mauvais et de choisir en conséquence aura la mobilité de l'invisible, la clarté de la lumière et la netteté de la certitude.




Confucianisme / Néo-confucianisme 1432 | 
Lu Jiuyuan ji 32 et 35, p. 376 et 444, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 ; la citation de Mencius est tirée VII A 1, voir plus haut chap. 6, " Nature et destin " 







C 'est en s'accoutumant à se défaire de son moi que la lumière se fera d'elle-même.




Confucianisme / Néo-confucianisme 904 | 
Jingxue liku, in Zhang Zai ji, p.285, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 







L e Saint est capable avec son seul esprit de contempler dix mille esprits, par sa seule personne d'en contempler dix mille, de sa seule génération d'en contempler dix mille. Et aussi parce qu'il est capable, par son esprit, de manifester les intentions du Ciel, par sa bouche les paroles, par sa main les oeuvres, par sa personne les activités. Il est encore capable, en haut, de connaître les saisons du Ciel, en bas, d'explorer à, fond les principes de la Terre, au milieu, de prendre pleinement conscience des caractères particuliers des choses, et d'éclairer dans leur ensemble les activités des hommes. Enfin, il est capable d'ordonnancer le Ciel-Terre, d'imiter le processus créatif, d'évaluer présent et passé, et de situer les hommes et les êtres.




Confucianisme / Néo-confucianisme 778 | 
HJJSS 5, p.5a-6a., cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 







E n élargissant son esprit, il est possible de faire corps avec les choses de l'univers. Tant que l'on n'a pas fait corps avec toute chose, il restera quelque chose d'extérieur à l'esprit. L'esprit des hommes ordinaires se limite aux bornes étroites de ce qu'ils voient et entendent. Le Saint réalise pleinement sa nature et ne laisse pas entraver son esprit par ce qu'il voit et entend. Dans le regard qu'il porte sur l'univers, il n'est pas une chose qui ne soit sienne. C'est ce que voulait dire Mencius : " Épuiser le potentiel de son esprit, c'est connaître sa nature comme c'est connaître le Ciel. "




Confucianisme / Néo-confucianisme 769 | 
Zhengmeng 7, in Zhang Zai ji, P.24, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 ; pour la citation de Mencius, cf. Mengzi VII, A1. 







L e Ciel n'est que le qi unique en mouvement; il " met en branle les dix mille êtres " et par là leur donne naissance, mais il n'a pas de cœur pour compatir avec eux. Écrasé de soucis, le Saint ne saurait être à l'image du Ciel. " Le Ciel-Terre établit les positions, le Saint réalise les potentialités. " C'est le Saint qui ordonne les choses du Ciel-Terre et " son discernement s'étend aux dix mille êtres, sa voie apporte la paix à l'univers. "




Confucianisme / Néo-confucianisme 737 | 
Explication du Grand Commentaire dans le Yishuo, in Zhang Zai ji, p. 185, cité et cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 ; les citations sont du Xici A 5, B 9 et A 4 







C e que le Ciel destine à l'homme, c'est sa nature, suivre sa nature, c'est le Dao; cultiver le Dao, c'est l'enseignement.
Le Dao ne saurait être quitté un seul instant; s'il pouvait l'être, ce ne serait plus le Dao. Aussi l'homme de bien est-il aux aguets même pour ce qu'il ne voit pas, sur le qui-vive même pour ce qu'il n'entend pas : il n'est rien de plus visible que ce qui est caché, rien de plus manifeste que ce qui est latent. Voilà pourquoi l'homme de bien reste si vigilant lorsqu'il est seul avec lui-même.





Confucianisme 716 | 
§1, traduction Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap.6, p171 







S eul l'homme, recevant le meilleur, possède la plus haute intelligence. Une fois qu'il a pris corps, son esprit développe une conscience. Les cinq éléments de sa nature réagissent et agissent : ainsi apparaît la distinction entre bon et mauvais, ainsi se manifestent les dix mille activités humaines.

Le Saint les règle par le Milieu, la rectitude, l'humanité et l'équité (le Dao du Saint n'est rien d'autre que Milieu, rectitude, humanité et équité), en prenant fondement dans la quiétude (dès lors qu'il y a absence de désirs, il y a quiétude) (1). Il porte ainsi la dimension de l'homme à son Faîte. Le Saint " participe avec le Ciel-Terre de la même puissance spirituelle, avec le soleil et la lune de la même lumière, avec les quatre saisons du même ordre de succession, avec les esprits et les divinités des mêmes fortunes ou infortunes" (2). L'homme de bien les cultive et connaît bonne fortune, l'homme de peu les enfreint et ne connaît qu'infortune.

Voilà pourquoi il est dit: " Établir, comme Dao du Ciel, Yin et Yang ; comme Dao de la Terre, Souple et Ferme ; comme Dao de l'Homme, humanité et juste. "
Il est dit aussi : " Suivre l'évolution de l'origine à l'aboutissement, c'est connaître ce qui peut se dire sur la mort et la vie. "





Confucianisme / Néo-confucianisme 715 | 
Taijitu shuo (Explication du Diagramme du Faîte suprême) par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 ; les citations du dernier paragraphe sont tirées du Shuogua (Explication des figures) 2 et du Grand Commentaire aux Mutations (Xici A 4) 
(1) Les annotations entre parenthèses sont de Zhou Dunyi (2) Citation du commentaire sur le premier hexagramme qian







L 'authenticité parfaite jamais ne s'arrête. Ne s'arrêtant jamais, elle dure éternellement. Étant éternelle, elle fait apparaître ses effets. Manifestant ses effets, elle se propage à l'infini. Se propageant à l'infini, elle est large et profonde. Dans sa largeur et sa profondeur, elle est élevée et lumineuse.
Large et profonde, elle soutient les êtres. Élevée et lumineuse, elle les recouvre. Infinie et éternelle, elle les accomplit. Large et profonde à l'image de la Terre, élevée et lumineuse à l'image du Ciel, d'une étendue et d'une durée sans limite, elle se manifeste sans se faire voir, elle se transforme sans se mouvoir, elle accomplit dans le non-agir.





Confucianisme 714 | 
§26, traduction Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap.6, p174 - 175 







L a sainteté n'est rien d'autre qu'authenticité.




Confucianisme / Néo-confucianisme 713 | 
Tongshu, § 2, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 







L 'authenticité, c'est ce qui s'accomplit de soi-même. La Voie, c'est ce qui est en marche de soi-même. L'authenticité est la fin et le commencement de toute chose; sans elle, il ne peut rien y avoir. Voilà pourquoi l'homme de bien a tant à cœur de se rendre authentique. L'authenticité ne consiste pas seulement à s'accomplir soi-même, c'est par elle que s'accomplit toute chose. S'accomplir soi-même, c'est humanité; permettre aux choses de s'accomplir, c'est sagesse. Telles sont les vertus propres à la nature qui constituent la Voie unissant l'extérieur et l'intérieur. C'est ainsi que, mises en oeuvre en temps opportun, elles tombent toujours juste.




Confucianisme 712 | 
§25, traduction Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap.6, p174 
Remarque : Le grand mot est lâché : l'authenticité n'est autre que le Dao lui-même, dans sa capacité infinie de donner vie aux êtres, de les transformer, de les harmoniser. Le Saint, en étant pleinement authentique - en réalisant sa propre humanité autant qu'il permet aux autres de la réaliser -, ne fait que participer du processus créatif du Ciel. Aucun autre texte n'a célébré avec autant de force la participation pleine et entière de l'homme au processus cosmique, évoqué avec autant de lyrisme l'émerveillement originel devant le foisonnement infini et la parfaite harmonie des choses de la nature : tout est déjà là, et il n'y a pas lieu de chercher ailleurs une quelconque vérité.







S eule sous le Ciel l'authenticité parfaite est capable d'aller au bout de la nature. Être capable d'aller au bout de la nature, c'est être capable d'aller au bout de celle de l'homme, ce qui signifie aller au bout de celle de tout être. Celui qui en est capable est à même de participer du processus génératif du Ciel-Terre; participer de ce processus, c'est former une triade avec le Ciel et la Terre.




Confucianisme 711 | 
§22, traduction Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, sur Zhou Dunyi 
autre traduction possible : Seul sous le Ciel le sage qui a atteint la suprême authenticité est capable de réaliser pleinement sa nature. Étant capable de cela, il peut amener autrui à réaliser pleinement sa propre nature. Étant capable de cela, il peut amener toute chose à réaliser pleinement sa nature. Étant capable de cela, il est à même de participer du processus transformateur et nourricier du Ciel-Terre. Étant à même de faire cela il l'est alors de former une triade avec le Ciel-Terre.
Remarque : L'appréhension du Ciel par l'homme ne se fait pas ailleurs qu'en l'homme lui-même. Le Ciel n'est donc pas un au-delà de l'homme, un ailleurs accessible uniquement par un grand saut (la mort ou la grâce) : le Ciel est la part la plus authentique de l'homme en tant qu'être capable de se transcender lui-même toujours davantage dans sa propre humanité. Cela [cette citation] fait écho à Mencius pour qui est " authentique " celui qui réalise pleinement son humanité, ayant pris conscience que son existence est en étroite interdépendance et interaction avec l'ensemble de toutes les autres : " Mencius dit: " Les dix mille êtres sont présents dans leur totalité en moi. Y a-t-il joie plus grande que de voir, en m'examinant moi-même, que je suis authentique ? Peut-on être plus proche du but dans sa quête d'humanité que lorsqu'on s'efforce à la mansuétude ? " (Mencius, VII A 4)







L 'authenticité, c'est le Dao du Ciel. Se rendre authentique, c'est le Dao de l'Homme. L'authenticité reste au Milieu sans se forcer, elle parvient au but sans même y penser. Cheminer tout à son aise en restant dans le Dao du Milieu, voilà le propre du Saint. Se rendre authentique, c'est choisir le bien pour ne plus le lâcher.




Confucianisme 710 | 
§20, traduction Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap.6, p173 
Remarque : Dans ce passage inaugural est célébrée l'unité du Ciel et de l'homme, la nature du second étant issue du premier. En réalisant en lui-même le Milieu et l'harmonie, l'homme retrouve sa part céleste que le Zhongyong, à la suite de Mencius (IV A 12), nomme " cheng ". Il semble préférable de comprendre ce terme, généralement traduit par " sincérité ", en terme d'" authenticité ", dans le sens de l'idéal taoïste de l'" homme vrai " (zhenren). Composé du radical de la parole et de l'élément signifiant " réaliser ", " accomplir "), " cheng " désigne - bien plus qu'une " sincérité " au sens trop étroitement psychologique - la réalisation,l'accomplissement de la part céleste en chaque être humain.







T ant que plaisir, colère, tristesse et joie ne se sont pas manifestés, c'est le Milieu. Lorsqu'ils se manifestent sans dépasser la juste mesure, c'est l'harmonie. Le Milieu est le grand fondement de l'univers, l'harmonie en est le Dao universel. Que le Milieu et l'harmonie soient portés à leur comble, et le Ciel-Terre trouvera sa place et les dix mille êtres leurs ressources.




Confucianisme 709 | 
§1, traduction Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap.6, p172 







L e ren, s'est aimer les autres.




Confucianisme 698 | 
Livre XII, 22, traduit du Chinois par Anne Cheng, collections Points 







L a voie du Maître se ramène à ceci:
exigence envers soi-même, mansuétude pour les autres.





Confucianisme 692 | 
Entretiens de Confucius, Livre IV,15, collections Points. Traduit du Chinois par Anne Cheng 







S i mon enseignement diffère des autres, c'est que chez moi tout est spontané. J'ai beau avoir tenu des milliers de propos, ils n'expriment que ce qui est en moi sans y ajouter aucune fioriture. Quelqu'un disait de moi récemment : " A part cette seul phrase (de Mencius que Lu se plaît à citer à tout bout de champ), " commence par consolider ce qu'il y a de grand en toi ", il n'a pas d'autre tour dans son sac. " Quand on me l'a raconté, j'ai dit : " Il n'y a rien de plus vrai ! ".




Confucianisme / Néo-confucianisme 668 | 
Lu Jiuyuan ji 34, p. 400, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 







S aisir les principes dans leur essence, c'est en épuiser le sens. Entrer dans la dimension spirituelle (shen), c'est réaliser pleinement la nature pour arriver au destin. " Pénétrer à fond le principe, réaliser pleinement sa nature pour accomplir son destin " - ne s'agit-il que de cela ? Le but n'est rien moins que de " mettre en oeuvre la pratique ". Prenons l'exemple de l'eau : savoir comment on flotte et comment on coule, épuiser toutes les transformations possibles de l'eau et avoir les moyens d'y répondre, c'est saisir les principes dans leur essence. Savoir comment flotter ou couler dans l'eau au point de ne faire plus qu'un avec elle, sans avoir même conscience que c'est de l'eau, c'est entrer dans la dimension spirituelle. Celui qui flotte et coule dans l'eau et ne fait plus qu'un avec elle sans même être conscient qu'il est dans l'eau excellera forcément à la nage, et plus encore au maniement d'un bateau ! C'est là " mettre en oeuvre la pratique ". Lorsqu'un bon nageur manie un bateau, il a l'esprit libre et le corps détendu. Pourquoi ? C'est que sa pratique est efficace et sa personne en sécurité. Lorsque j'en arrive au point de me sentir en sécurité, rien ne peut venir me contrôler et j'y gagne en vertu.




Confucianisme / Néo-confucianisme 631 | 
Commentaire de la phrase du Shuogua (Explication des figures) : " Pénétrer à fond le principe, réaliser pleinement sa nature pour accomplir son destin ", in Su Shi Yizhuan, 8, p.177, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 







L e Dao de l'étude ne consiste en rien d'autre qu'à rectifier son esprit et nourrir sa nature. Être authentique en restant droit dans le Milieu, tel est le Saint. L'homme de bien qui veut apprendre doit d'abord être clair dans son esprit et savoir ce qui est à nourrir, puis mettre toutes ses forces pour parvenir au but, c'est ce qui s'appelle " partir de la clarté pour parvenir à l'authenticité".




Confucianisme / Néo-confucianisme 621 | 
Yanzi suohao hexue lun (Ce que Maître Yan aimait apprendre), in Yichuan wenji (OEuvres de Cheng Yi) 4, in Er Cheng ji, P. 577-578, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 ; 
Cheng Yi aurait composé cet essai en 1056, alors qu'il étudiait à la capitale sous la direction de Hu Yuan, qui avait donné ce sujet à traiter à ses étudiants et qui fut impressionné par la copie de Cheng Yi. La citation à la fin de ce passage provient de L'Invariable Milieu 21.







P ratiquer le ren, c'est commencer par soi-même : vouloir établir les autres autant que l'on veut s'établir soi-même, et souhaiter leur accomplissement autant qu'on souhaite le sien propre. Puise en toi l'idée de ce que tu peux faire pour les autres, voilà qui te mettra dans le sens du ren.




Confucianisme 605 | 
Livre VI, 28, traduit du Chinois par Anne Cheng, collections Points 







E n mouvement quand elles ne sont pas quiètes, en quiétude quand elles ne se meuvent pas, telles sont les choses. En mouvement tout en ne l'étant pas, en quiétude tout en ne l'étant pas, telle est la puissance spirituelle (shen) Ce qui ne signifie nullement qu'elle n'est ni mouvement ni quiétude : alors qu'il est impossible aux choses de s'inter pénétrer, le spirituel opère des merveilles dans les dix mille choses. " Quiet et sans mouvement ", tel est l'authentique (cheng) " Incité et par là en communication universelle ", tel est le spirituel. Mis en mouvement sans avoir encore de formes physiques, à la limite entre l'étant et le non-étant, tel est l'infime. L'authentique, étant quintessentiel, irradie sa lumière. Le spirituel, se laissant émouvoir, fait des merveilles. L'infime étant infiniment subtil, reste mystérieux. Celui qui allie l'authentique, le spirituel et l'infime, c'est le Saint".




Confucianisme / Néo-confucianisme 594 | 
Tongshu (Livre qui permet de comprendre les Mutations), § 16 et 4, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 







U ne seule chose avec une double constitution, tel est le qi.
En ce qu'il est un, il est spirituel (shen) en ce qu'il est deux, il est transformation (hua).





Confucianisme / Néo-confucianisme 593 | 
Zhengmeng 2, in Zhang Zai ji, p.10, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 







U ne seule chose avec une double constitution, tel est le qi. [...]
Cette constitution double est vide et plein, mouvement et repos, condensation et dispersion, clair et trouble, mais foncièrement elle est une.





Confucianisme / Néo-confucianisme 592 | 
Propos sur le Shuogua (Explication sur les figures) dans le Yishuo, in Zhang Zai ji, p.233, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 







L a mutation est une chose unique mais elle réunit les trois puissances cosmiques : Ciel, Terre et Homme ne font qu'un. Yin/Yang est leur qi, dur-souple leur forme, humanité-moralité leur nature.




Confucianisme / Néo-confucianisme 591 | 
Propos sur le Shuogua (Explication des figures) dans le Yishuo, in Zhang Zai ji, p. 235, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 







L a fusion [du Yin et du Yang] est l'état originel de l'Harmonie suprême qui n'est pas encore divisée. L'interaction [du Yin et du Yang] est l'effet nécessaire du principe et de la tendance dominante [de l'Harmonie suprême].




Confucianisme / Néo-confucianisme 590 | 
Zhangzi Zhengmeng zhu, chap. 1, p9277, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 







C 'est à travers leurs transformations que le principe des êtres devient visible.




Confucianisme / Néo-confucianisme 587 | 
Du Sishu daquan shuo (Lecture de la " Grande Somme sur les Quatre Livres "), daté de 1665, juan 10, in Chuanshan yishu quanji, t. 13, p.6983, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 







S eul l'homme, recevant le meilleur, possède la plus haute intelligence. Une fois qu'il a pris corps, son esprit développe une conscience. Les cinq éléments de sa nature réagissent et agissent : ainsi apparaît la distinction entre bon et mauvais, ainsi se manifestent les dix mille activités humaines.[...]
L'homme de bien les cultive [les cinq éléments de sa nature]et connaît bonne fortune, l'homme de peu les enfreint et ne connaît qu'infortune.





Confucianisme / Néo-confucianisme 570 | 
Taijitu shuo (Explication du Diagramme du Faîte suprême) par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 ; les citations du dernier paragraphe sont tirées du Shuogua (Explication des figures) 2 et du Grand Commentaire aux Mutations (Xici A 4) 







S on étude portait sur le Dao qui mène à la sainteté. Est-il possible de devenir un saint par l'étude? Oui. En quoi consiste ce Dao? De tous les concentrés d'énergie du Ciel-Terre, celui qui reçoit le meilleur des Cinq Agents, c'est l'homme. La racine de son être n'est qu'authenticité et quiétude. Tant qu'elle ne s'est pas développée, sa nature morale est complète dans ses cinq aspects : sens de l'humain, du juste, des rites, discernement et bonne foi. Quand sa forme corporelle apparaît et entre en contact avec les choses extérieures, il est ébranlé en lui-même. De cet ébranlement naissent les sept émotions : joie, colère, tristesse, plaisir, amour, haine, désir. Quand les émotions gagnent en force et en violence, la nature morale est altérée. L'être éveillé canalise ses émotions de manière à les accorder avec le Milieu, rectifie son esprit et nourrit sa nature. Aussi dit-on qu'il rend naturelles ses émotions. Quant à l'être obtus, ne sachant comment les contrôler, il leur laisse libre cours jusqu'à la dépravation, au point qu'elles entravent sa nature et finissent par la détruire. Aussi dit-on qu'il rend émotionnelle sa nature.




Confucianisme / Néo-confucianisme 548 | 
Yanzi suohao hexue lun (Ce que Maître Yan aimait apprendre), in Yichuan wenji (OEuvres de Cheng Yi) 4, in Er Cheng ji, P. 577-578, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 ; Cheng Yi aurait composé cet essai en 1056, alors qu'il étudiait à la capitale sous la direction de Hu Yuan, qui avait donné ce sujet à traiter à ses étudiants et qui fut impressionné par la copie de Cheng Yi. La citation à la fin de ce passage provient de L'Invariable Milieu 21 







L a constitution originelle de l'esprit, c'est la nature. La nature ne comportant rien de mauvais, l'esprit dans sa constitution originelle n'est rien que rectitude. D'où vient alors qu'il faille faire effort pour restaurer l'esprit dans sa rectitude ? L'esprit dans sa constitution originelle est bel et bien rectitude ; dès que se mettent en oeuvre l'intention et la pensée apparaît la déviance. Celui qui veut restaurer son esprit dans sa rectitude ne peut le faire qu'en rapport avec les opérations de l'intention et de la pensée. Chaque fois qu'apparaît une bonne pensée, qu'il s'y attache comme il s'attacherait à une belle couleur ; chaque fois qu'il en apparaît une mauvaise, qu'il la repousse comme il repousserait une mauvaise odeur : alors seulement son intention sera pure authenticité, et son esprit pourra retrouver sa rectitude.




Confucianisme / Néo-confucianisme 514 | 
Daxue wen (Questionnement sur la Grande Étude), in Wang Yangming quanji 26, p.971, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997. 







L e Maître dit :
Ne crains point de rester méconnu des hommes,
mais bien plutôt de les méconnaître toi-même.





Confucianisme 497 | 
Entretiens de Confucius, Livre I, 16, traduit du Chinois par Anne Cheng, collections Points 







L ' homme de bien est impartial et vise à l'universel,...




Confucianisme 494 | 
Entretiens de Confucius, Livre II, 14, traduit du Chinois par Anne Cheng, collections Points 







A pprendre quelque chose pour pouvoir le vivre à tout moment,
n'est ce pas là source de grand plaisir ?





Confucianisme 492 | 
Livre I,1, traduit du Chinois par Anne Cheng, collections Points 







Z izhang demande à Confucius qu'est ce que le ren :
Confucius dit : " se rendre capable de pratiquer cinq choses sous le ciel, voilà le ren. Qu'elles sont-elles ? Déférence, grandeur d'âme, honnêteté, diligence et générosité… "





Confucianisme 491 | 
Livre XVII, 6, traduit du Chinois par Anne Cheng, collections Points 







C e que tu ne voudrais pas que l'on te fasse,
ne l'inflige pas aux autres.…





Confucianisme 490 | 
Entretiens de Confucius, Livre XII,2, collections Points. Traduit du Chinois par Anne Cheng 







A pprendre, s'enquérir, réfléchir, débattre, agir constituent autant d'aspects de l'étude. Étudier sans qu'il y ait action, cela ne se peut. Prenons l'étude de la piété filiale : il faut prendre sur soi le labeur de ses parents et se mettre à leur entière disposition, bref pratiquer le dao filial en payant de sa personne avant de considérer qu'on l'a " étudié " ; comment l'étude de la piété filiale pourrait-elle se borner à en parler en l'air? Il en va de même pour l'étude du tir à l'arc : il faut empoigner l'arc, fixer la flèche dessus, le bander et viser la cible. Pour apprendre à calligraphier, il faut étaler le papier, saisir le pinceau et en tremper la pointe dans l'encrier. De tout temps et en tout lieu, rien n'a jamais pu s'appeler " étude " qui n'ait impliqué de l'action. Se mettre à étudier, c'est déjà agir.




Confucianisme / Néo-confucianisme 486 | 
Chuanxi lu II, in Wang Yangming quanji, p. 92, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 ; "Apprendre, S'enquérir, réfléchir, débattre, agir " fait référence à L'Invariable Milieu, chap.20 







L e Vide suprême, c'est ce qui emplit le Ciel [...] et l'esprit. [ ...]
Le Vide est la source du sens de l'humain. [...]
A la racine du bon est la quiétude,
à la racine de la quiétude est le Vide. [...]
Le Ciel-Terre trouve sa vertu dans le Vide,
le comble du bien étant le Vide.





Confucianisme / Néo-confucianisme 482 | 
Zhangzi yulu (Propos rapportés de Maître Zhang), 21 partie, in Zhang Zai ji p.324-326., cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 







C 'est un qi immense et vigoureux. S'il est nourri de droiture sans subir de dommage, il emplit tout l'espace entre Ciel et Terre. C'est le qi par lequel sont mis en adéquation le sens moral et le Dao, faute de quoi il dépérit. Il naît de la pratique cumulative du sens moral et non d'actes ponctuels. Pour peu que le comportement ne soit pas en accord avec le cœur, il dépérit.




Confucianisme 481 | 
Mengzi, traduction Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap.6, p162 







P our peu que l'on soit " résolu à apprendre ",
on pourra vaincre [les défauts de] son qi et ses mauvaises habitudes.





Confucianisme / Néo-confucianisme 478 | 
Zhangzi yulu (Propos rapportés de Maître Zhang), 31 partie, in Zhang Zai ji, p. 330, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 ; l'expression " résolu à apprendre " fait référence aux Entretiens de Confucius II, 4. 







S i [le qi] est nourri par la droiture sans être affecté d'aucune une manière, il remplira tout l'espace entre Ciel et Terre.




Confucianisme 477 | 
Mengzi Il A 2, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, chap. 6, " Physiologie morale " 







A quinze ans, je résolus d'apprendre. A trente ans, j'étais debout dans la voie.
A quarante ans, je n'éprouvais plus aucun doute.
A cinquante ans, je connaissais le décret du ciel.
A soixante ans, j'avais une oreille parfaitement accordée.
A soixante-dix ans, j'agissais selon mon cœur, sans pour autant transgresser aucune règle.





Confucianisme 447 | 
Livre II, 4, traduit du Chinois par Anne Cheng, collections Points 







L orsque [le qi] se disperse, il retourne au Vide suprême, retrouvant sa constitution originelle de fusion, sans qu'il y ait disparition ni destruction.
Lorsqu'il se condense, il donne vie à toutes sortes d'êtres, procédant de sa nature constante de fusion, sans qu'il s'agisse d'une création illusoire.





Confucianisme / Néo-confucianisme 422 | 
Zhangzi Zhengmeng zhu (Commentaire sur l'" Initiation correcte " de Maître Zhang), chap.1, p. 9282, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 







A u plus fort de l'hiver, c'est le qi glacé qui l'emporte, et l'eau se fige en glace. Au printemps, le qi tiédit, et la glace fond en eau. La vie de l'homme entre Ciel et Terre est à l'image de la glace : les qi Yin et se coagulent en un être humain qui, arrivé à la fin de ses jours, meurt pour redevenir qi indifférencié.




Confucianisme 421 | 
traduit et cité par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, La pensée Cosmologique 
Remarque : Le rythme binaire Ying/Yang est le rythme fondamental qui anime le principe vital : le qi qui se meut, s'ouvre, s'étend est Yang ; quand il revient à la quiétude et se replie sur lui-même, il est Yin. Lorsqu'un être advient à l'existence, son qi se meut vers le dehors dans sa phase Yang, puis se stabilise dans la phase de recueillement Yin pour se fixer dans une forme durable. En d'autres termes Yin et Yang ne désignent pas deux forces opposées qui s'appliqueraient au qi conçu comme matière inerte, l'une la mettant en mouvement et l'autre au repos, ils sont deux phases du qi constamment en circulation, en expansion/contraction.







L e qi, à son origine dans le Vide, est pur, un et sans formes ; sous l'effet de la stimulation, il donne naissance [au Yin/Yang], et ce faisant se condense en figures visibles.
Le qi fluctuant s'agite et se déplace en tous sens, en se concentrant il se constitue en matière et engendre ainsi la multiplicité différenciée des hommes et des choses. Dans leur cycle sans fin, les deux fondements du Yin et du Yang établissent la grande norme du Ciel-Terre.





Confucianisme / Néo-confucianisme 420 | 
Zhengmeng 1, in Zhang Zaiji, p. 10 et 9., cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 
Remarque : C'est en terme d'énergie vitale (qi) que Zhang Zai rend compte de la réalité tout entière, c'est-à-dire du Dao. Pour lui, le principe unifiant qui permet de rendre compte de l'infinie multiplicité, c'est le qi. Comme chez Wang Bi, il est le fond indifférencié (wu), vide (xu) qui rend possible l'émergence de toute chose mais en même temps, il est, comme chez Guo Xiang, tout " ce qu'il y a " (you). En somme, le qi est la totalité du Dao. […] Sur ce thème, cf. HUANG Siu-chi, " Chang Tsai's Concept of Ch'i ", East and West 18 (1968), p. 247-260; et " The Moral Point of View of Chan g Tsai T, Philosophy East and West 21 (1971), p. 141-156. Cf. également T'ANG chun-yi Chang Tsai's Theory of Mind and its Metaphysical Basis ", Philosophy East and West 6 (1956), p. 113-136; Anne D. BIRDWHISTELL, "The Concept of Knowledge in the Thought of Chang Tsai ", Philosophy East and West 35 (l985), P37-60. Toute réalité, matérielle ou spirituelle, relève du qi et de ses infinies transformations. Pour Zhang Zai, la réalité est animée dans son entier par un double processus fondamental, une sorte de respiration vitale en deux temps : inspiration/expiration, expansion/contraction, dispersion/condensation. Selon ce rythme binaire propre à la bipolarité complémentaire du Yin (condensation) et du Yang (dispersion), le qi indifférencié se cristallise dans les formes visibles, puis se dissout de nouveau, comme l'eau qui se solidifie en gelant puis se répand en fondant. (cf. Zhengmeng 2, in Zhang Zaiji, p. 12 ; les références sont au Zhuangzi 22 et au Lunheng 61)







C eux qui parlent d'extinction (les bouddhistes) conçoivent un départ sans retour, ceux qui s'en tiennent à la vie et s'accrochent à l'existant (les taoïstes) croient les choses immuables. Malgré leurs différences, tous se rejoignent dans leur incompréhension du Dao, Que [le qi] soit condensé ou dissous, c'est toujours ce qui me constitue. On ne peut parler de la nature humaine qu'avec celui qui a compris que la mort n'est pas annihilation.

Quand on a compris que l'espace vide n'est que qi, alors l'il-y-a et l'il-n'y-a-pas, le latent et le manifeste, l'esprit et les transformations, nature humaine et le destin ne forment plus qu'un et non pas deux. Celui qui, contemplant condensation et dissolution, avènement et résorption, forme et non-forme, est capable de remonter à leur source première celui-là a saisi le sens profond des Mutations. [...] La condensation et la dissolution du qi sont au Vide suprême ce que le gel sont à l'eau. Comprendre que le Vide suprême, c'est le qi, c'est comprendre qu'il n'y a pas d'il-n'y-a-pas.





Confucianisme / Néo-confucianisme 419 | 
Zhengmeng 1, in Zhang Zai ji, p.7-8, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 
Remarque : Selon les bouddhistes, le fait que les choses apparaissent et disparaissent au monde de l'existant est une preuve de leur caractère illusoire. Pour Zhang Zai ce phénomène alternatif s'explique par le va-et-vient entre qi potentiel indifférencié et qi matériel différencié, différents états d'un seul et même qi qui, lui, reste toujours réel. La mort, dans cette perspective, n'est ni extinction ni même disparition, elle est seulement transformation du qi : le qi d'un être se dissout à sa mort pour retourner à l'état indifférencié de Vide suprême, et le qi indifférencié en se condensant donne forme à un autre être. En soulignant la réalité éternelle et indestructible du qi, Zhang Zai s'oppose à l'idée bouddhique du " tout est illusion ", quitte à s'attirer les soupçons de Zhu Xi qui y voit la porte ouverte à l'idée tout aussi bouddhique de transmigration !







A partir du qi unique de l'Harmonie suprême commencent à se scinder Yin et Yang dans leur transformation; dans le Yin il y a du Yang, dans le Yang il y a du Yin, leur origine étant l'unité du Faîte suprême. Aussi longtemps que le Yin et le Yang ne se sont pas séparés, il y a reproduction à l'identique. Le Yin seul n'accomplit rien, le Yang seul n'engendre rien. Dans l'engendrement et l'accomplissement, Yin et Yang se différencient dans leur constitution. Dans le domaine humain, le ferme et le souple s'entraident, sens du juste et sens du profit s'équilibrent, Dao et objets concrets se complètent : ils réalisent ainsi le principe des dix mille changements dans l'interaction tout en fusionnant dans l'unité.




Confucianisme / Néo-confucianisme 407 | 
Zhangzi Zhengmeng zhu, chap. 2, p9311, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 







S ans Faîte et pourtant Faîte suprême! Le Faîte suprême dans le mouvement donne naissance au Yang, le mouvement parvenu à son comble devient quiétude, dans la quiétude prend naissance le Yin, la quiétude parvenue à son comble fait retour au mouvement. Mouvement et quiétude alternent, prenant racine l'un dans l'autre. Un Yin, un Yang, de leur partage surgissent les deux modèles. De la transformation du Yang et de son union avec le Yin naissent eau, feu, bois, métal, terre. Lorsque ces cinq énergies agissent dans une succession harmonieuse, les quatre saisons suivent leur cours.

Un cycle des Cinq Agents correspond à une alternance du Yin et du Yang. Le Yin et le Yang se fondent dans le Faite suprême. Le Faîte suprême trouve sa racine dans le Sans Faite. Les Cinq Agents naissent chacun avec sa nature propre. Le Sans Faite dans sa vérité, le Yin/Yang et les Cinq Agents dans leur quintessence, mystérieusement s'unissent et se condensent. Le Dao du qian se fait masculin, le Dao du kun se fait féminin (1). Ces deux énergies en interaction engendrent et transforment les dix mille êtres. Les dix mille êtres se reproduisent et prolifèrent, et leurs transformations n'ont pas de fin. […]

Grand est le Livre des Mutations! Voilà ce qu'il contient de meilleure !





Confucianisme / Néo-confucianisme 399 | 
Taijitu shuo (Explication du Diagramme du Faîte suprême) par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 ; les citations du dernier paragraphe sont tirées du Shuogua (Explication des figures) 2 et du Grand Commentaire aux Mutations (Xici A 4) 
(1) Qian et kun sont les noms des deux premiers hexagrammes des Mutations, entièrement constitués de traits Yang et de traits Yin et associés respectivement au Ciel et à la Terre.







L 'Harmonie suprême est ce qui s'appelle Dao. En elle est contenue la nature [de tous les processus] : flotter/sombrer, monter/descendre, mouvement/repos, stimulation mutuelle. C'est en elle que [les processus] trouvent leur origine : génération, interaction, vaincre/être vaincu, contraction/expansion. À son avènement, elle est infime et subtile, " aisée et simple ", mais à son achèvement, elle est vaste et grande, ferme et solide. [ ... ]

Ce qui se disperse, se différencie et peut prendre figure visible est énergie vitale (qi) ; ce qui est pur, pénètre partout et ne peut prendre de forme visible est puissance spirituelle (shen) (1). À moins d'être comme du qi en mouvement, les forces génératrices [du Ciel-Terre] ne sauraient être considérées comme en Harmonie suprême.

Le Vide suprême n'a a pas de formes : c' est la constitution originelle du qi. La condensation et la dissolution [du qi] sont des formes temporaires dues aux changements et aux transformations. Bien que le qi du Ciel-Terre se condense et se disperse, repousse et recueille de cent façons, en tant que principe (LI) il opère selon un ordre infaillible. Le qi est une chose qui se dissout pour revenir au sans-forme en se maintenant dans sa constitution, et qui se condense pour donner des figures sans s'écarter de sa constante.

Le Vide suprême ne peut être que qi, le qi ne peut que se condenser pour donner les dix mille êtres, les dix mille êtres ne peuvent que se dissoudre pour revenir au Vide suprême. Avènement et résorption alternent en un cycle universellement nécessaire. […] Le Vide suprême est pur, étant pur il est sans obstruction, étant sans obstruction il est spirituel (shen). Le contraire du pur est le trouble ; le trouble est obstruction, et l'obstruction donne les formes.





Confucianisme / Néo-confucianisme 398 | 
Zhengmeng 1, in Zhang Zai ji, p. 7-9, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 
(1) " Spirituel " (shen) qualifierait donc le qi un et indifférencié du Vide suprême, alors qu'il ne s'est pas encore condensé et diversifié dans les formes sensibles. Le qi est donc la totalité du Dao, dans son aspect invisible aussi bien que visible.







Q ue la vie ne soit pas plus création que la mort n'est destruction,
c'est le principe naturel du Yin et du Yang.





Confucianisme / Néo-confucianisme 367 | 
Zhouyi neizhuan (Commentaire interne sur les Mutations) de 1685, juan 5, in Chuanshan yishu quanji, t. 1, p. 511, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 







T ant que l'on ne sait pas ce qu'est la vie,
comment peut-on savoir ce qu'est la mort ?





Confucianisme 361 | 
Entretiens de Confucius, Livre XI,11, collections Points. Traduit du Chinois par Anne Cheng 







L 'esprit (1),
c'est ce qui régit la nature et les émotions.





Confucianisme / Néo-confucianisme 329 | 
Xingli shiyi (Fragments sur la nature et le principe), in Zhang Zai ji, p. 374, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 
(1) (xin) esprit ou coeur, à la fois en tant qu'organe et siège de la pensée. Il peut être pris dans le sens de conscience psychologique, entendement, intelligence, etc. (cf. Isabelle Robinet, Zhuangzi)







L e Ciel, c'est mon père; la Terre, c'est ma mère. Et moi, être insignifiant, je trouve ma place au milieu d'eux. Ce qui remplit le Ciel-Terre fait corps avec moi, ce qui régit le Ciel-Terre participe de la même nature que Moi (1). Tout homme est mon frère, tout être mon compagnon (2).




Confucianisme / Néo-confucianisme 320 | 
Ximing (" Inscription de l'ouest (3) " : il s'agit du tout début du chap. 17 du Zhengmeng), in Zhang Zaiji, p. 62-63, cité et cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997 
(1) Ce qui " remplit le Ciel-Terre " et qui constitue également mon corps, c'est le qi ; ce qui " régit le Ciel-Terre " et qui est également ma nature, c'est la bipolarité Yin/Yang Cf. Mengzi Il A 2 : " Si [le qi] est nourri par la droiture sans être affecté d'aucune une manière, il remplira tout l'espace entre Ciel et Terre " (cité au chap. 6, " Physiologie morale "). (2) Allusion aux Entretiens de Confucius, XII, 5: " Entre les Quatre Mers, tous les sont frères " (cité au chap. 2) (3) Deux passages du dernier chapitre du Zhengmeng, que Zhang Zai avait inscrits sur les murs est et ouest de son étude, furent rebaptisés " Inscription de l'est " et " Inscription de l'ouest " par son neveu Cheng Yi qui considérait cette dernière comme une " vision encore jamais atteinte depuis Mencius ". Il semble toutefois que l'" inscription de l'ouest " ait été à peu près le seul écrit de Zhang Zai à trouver grâce aux yeux des frères Cheng.





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En savoir + : Histoire et dogmes de la religion confucéenne




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