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La mystique musulmane

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L a Réalité essentielle est "Seigneur", la forme extérieure est "Serviteur". Le serviteur est un "Seigneur" manifesté sous la forme d'un "Serviteur" et, sous l'apparence de l'adorateur, c'est Lui-même qui S'adore Lui-même. L'entrée dans Son paradis (fi jannatihi) consiste pour le serviteur [conformément au sens de la racine JNN] à s'occulter (ijtinan) dans Son Essence.




Islam / Soufisme 1559 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 180, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988). 







L a Réalité divine, lorsqu'elle "s'assemble" avec les créatures en mode strictement conceptuel, se cache au regard de ceux qui sont spirituellement voilés: ceux-là ne voient que les créatures. Inversement, ce sont les créatures qui disparaissent sous le regard des maîtres de l'Unicité de la contemplation, car ils ne voient que Dieu seul. Ainsi, Dieu et les créatures se cachent l'un et l'autre mais de deux points de vue différents.




Islam / Soufisme 1558 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 215, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988). 







L a connaissance de la création précède parfois celle de Dieu - c'est la voie que mentionne la formule: "Qui connaît son âme connaît son Seigneur", c'est-à-dire celle des "itinérants" (al-salikun); parfois, au contraire, la connaissance d'Allah précède la connaissance de la création: c'est la voie de l'élection et de l'attraction divine (jadhb), c'est-à-dire celle des "désirés" (almuradun).




Islam / Soufisme 1557 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 215, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988). 







D ieu et la créature sont deux noms qui désignent en fait un seul et même Nommé: à savoir l'Essence divine qui Se manifeste par l'un et par l'autre.




Islam / Soufisme 1556 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 215, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988). 







I l est impossible que la Réalité divine ou la création se manifestent l'une sans l'autre: Dieu sans la création est non manifesté et la création sans Dieu est dépourvue d'être.




Islam / Soufisme 1555 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 215, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988). 







D ieu et les créatures sont indiscernables sous le rapport de la réalité essentielle et se distinguent sous le rapport du degré ontologique: car le degré ontologique du dieu créateur n'est pas celui du serviteur crée.




Islam / Soufisme 1554 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 215, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988). 







S i tu dis que seule la Réalité divine se manifeste et que les créatures sont non manifestées, tu dis vrai. Si tu dis le contraire, tu dis vrai aussi. Et si tu confesses ta perplexité à ce sujet, tu dis vrai encore.




Islam / Soufisme 1553 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 215, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988). 







L orsque survient l'extinction (fana')- que l'on nomme aussi l'Union" (ittihad) chez les hommes de la Voie, l'adorateur et l'Adoré, le Seigneur et le serviteur disparaissent ensemble: s'il n'y a pas d'adorateur, il n'y a pas d'Adoré; et s'il n'y a pas de serviteur, il n'y a pas de Seigneur. Car, lorsque deux termes sont corrélatifs, la disparition de l'un entraîne nécessairement celle de l'autre et ils disparaissent donc ensemble.




Islam / Soufisme 1552 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 215, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988). 







C elui qui sait qu'il ne possède ni l'être ni l'agir, celui-là se retrouve dans cet état originel d'agrément et d'amour divin.




Islam / Soufisme 1551 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 180, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988. 







L 'ame doit avoir la certitude, fondée sur l'expérience spirituelle et le dévoilement intuitif, que Dieu est le seul Agent de tout ce qui procède de Ses créatures sans aucune exception. Que la créature joue, par rapport à un acte donné, le rôle de cause, de condition ou d'empêchement, c'est en réalité Dieu qui "descend" du degré de Son absoluité - sans cesser pour autant d'être absolu -dans cette forme qu'on appelle condition, cause ou empêchement.




Islam / Soufisme 1550 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 180, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988. 







N ous avons effectivement créé l'homme et Nous savons ce que son âme lui suggère et
Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire.





Islam 1453 | 
Coran 50, 16 







S i les injustes possédaient tout ce qui se trouve sur la terre, - et autant encore, - ils l'offriraient comme rançon pour échapper au pire châtiment le Jour de la Résurrection; et leur apparaîtra, de la part d'Allah, ce qu'ils n'avaient jamais imaginé; et leur apparaîtront les méfaits qu'ils ont commis, et ce dont ils se raillaient les enveloppera.




Islam 1452 | 
Sourate 39 / Versets 47 et 48 







C eux qui ont été injustes auront une part [de tourments]: pareille à celle de leurs compagnons.




Islam 1451 | 
Sourate 51 / Verset 59 







H eureux le moment ou nous serons assis dans le palais
Toi et moi,
Avec deux formes et deux visages, mais une seule ame
Toi et moi.
Les couleurs du bosquet et les voix des oiseaux
confereront l'immortalite
Au moment ou nous entrerons dans le jardin
Toi et moi.
Les etoiles du ciel viendront nous regarder;
Nous leur montrerons la lune elle-meme
Toi et moi.

Toi et moi,
Liberes de nous-memes, serons unis dans l'extase,
Joyeux et sans vaines paroles
Toi et moi.
Les oiseaux du ciel au brillant plumage
Auront le coeur devore d'envie.
Dans ce lieu ou nous firons si gaiement
Toi et moi.
Mais la grande merveille
C'est que toi et moi, blottis dans le meme nid,
Nous nous trouvions en cet instant
L'un en Iraq, et l'autre en Khorastant
Toi et moi





Islam / Soufisme 1312 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.185 







J e suis l'atome, je suis le globe du Soleil,
A I'atome, je dis: demeure. Et au soleil : arrete-toi.
Je suis la lueur de l'aube, je suis l'haleine du soir,
Je suis le murmure du bocage, la masse ondoyante de la mer.
Je suis l'etincelle de la pierre, l'oeil d'or du metal...
Je suis a la fois le nuage et la pluie, j'ai arrose la prairie.





Islam / Soufisme 1306 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.168 







P ar quel moyen a tu obtenu la conaissance ?
Par un moi nu et un ventre vide





Islam / Soufisme 1280 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.99 







P urifie-toi des attributs; du moi, afin de pouvoir contempler ta propre essence pure et contemple dans ton propre coeur toutes les sciences des prophetes, sans livres, sans professeurs, sans maitres




Islam / Soufisme 1253 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.20 







N i leurs chairs ni leurs sangs n'atteindront Allâh, mais ce qui L' atteint de votre part c'est la piété




Islam 1123 | 
[22 :37] 







D is : en vérité, ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu.




Islam 1122 | 
Sourate les bestiaux, versets 162-163. 







C ar l'âme est très incitatrice au mal




Islam 1121 | 
Sourate 12 intitulée Joseph, Yûsuf, verset 53. 







T u n'espérais nullement que le Livre te serait révélé. Ceci n'a été que par une miséricorde de ton Seigneur




Islam 1120 | 
[28 : 86] 







E t il ne prononce rien sous l'effet de la passion ; ce n'est rien d'autre qu'une révélation inspirée




Islam 1119 | 
[53 : 3 - 4] 







E t Il n'a pas été donné à un mortel qu'Allah lui parle autrement que par révélation, ou de derrière un voile, ou qu'Il [lui] envoie un messager (Ange) qui révèle, par Sa permission, ce qu'Il [Allah] veut. Il est Sublime et Sage.




Islam 1117 | 
[42 : 51] 







N ous t'avons fait une révélation comme Nous fîmes à Noé et aux prophètes après lui. Et Nous avons fait révélation à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob, aux Tribus, à Jésus, à Job, à Jonas, à Aaron et à Salomon, et Nous avons donné le Zabour à David.
Et il y a des messagers dont Nous t'avons raconté l'histoire précédemment, et des messagers dont Nous ne t'avons point raconté l'histoire - et Allah a parlé à Moïse de vive voix -





Islam 1116 | 
[4 : 163-164] 







C 'est que le cœur (1) se trouve apte à recevoir l'irradiation de la Réalité suprême (2) qui est en toutes choses.
Rien en effet ne peut s'interposer entre le cœur et les choses si ce n'est l'un des cinq motifs que nous avons indiqués (la défiance du cœur lui même ; la ternissure des péchés et la rouille des passions ; tout ce qui peut distraire de la vérité ; les préjugés ; l'ignorance de l'endroit où se trouve l'objet cherché). Et c'est comme un voile (3) qui s'interpose entre le miroir du cœur et la tablette gardée sur laquelle est gravé tout ce que Dieu a dévoilé jusqu'au jour de la Résurrection. […]
Les réalités des connaissances s'irradient du miroir de la tablette sur le miroir du cœur, comme l'image produite sur un miroir s'imprimerait sur un autre placé devant lui.
Le voile qui est entre les deux miroirs et tantôt écarté par la main, tantôt par les souffles des vents qui l'agitent. Ainsi soufflent parfois les vents des grâces : les voiles alors sont levés de devant les yeux du cœur, et quelques-unes unes des choses tracées sur la tablette s'irradient en lui. Cela se produit de temps à autre dans le sommeil, et l'on sait par ce moyen ce qu'il arrivera dans l'avenir.
Quant au complet enlèvement du voile, ce sera le fait de la mort [en cet instant] où est ôté ce qui cache [la Réalité des choses]. Mais il arrive aussi que le voile soit écarté pendant l'état de veille, au point d'être soulevé par une grâce cachée de Dieu Très Haut, et quelque chose alors des merveilles de la science luit dans les cœurs de derrière le voile du Mystère (mystère de Dieu non révélé, l'incognoscibilité absolue de son essence, secondairement, les choses cachées et invisibles mais non connaissables de soi) : C'est parfois comme l'éclair rapide, d'autre fois une succession, mais limitée, et il est excessivement rare que cet état se prolonge.





Islam / Soufisme 892 | 
Ihya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din " 
(1) Le cœur (qualb) signifie selon Ghazzali : 1° organe charnel ; 2e un principe subtil, divin et spirituel, qui est la " réalité de l'homme " […] Le cœur, lui, est la personnalité de l'homme ; c'est le cœur qui sera récompensé, réprimandé ou puni, c'est à lui qu'il sera demandé compte. Et ce qui nous concerne ici, c'est lui qui est " le lieu de la science " du 'ilm, science des choses divines. (2) " Réalité suprême " : (haqiqa al haqq), dans son mot à mot, elle devrait se traduire : " la réalité du réel " ou " Vérité du Vrai (ontologique), c'est à dire ici le Réel unique, Dieu, que l'esprit doit saisir par delà l'être même des choses, mais aussi les réalités de ces choses rapportées à Dieu. (3) Ces images du voile et du miroir sont fréquentes (mystiques sunnites ou imamites, …). L'origine en est coranique. Il est remarquable que pour connaître la Réalité divine, il suffit à l'âme de voir tomber le voile qui l'en sépare.[…]. Selon la tradition soufie la plus habituelle, ce n'est pas Dieu qui est enveloppé du voile, mais plutôt la créature (voile de ces passions et de son orgueil). Quoi qu'il en soit, l'obstacle, reste extrinsèque en quelque sorte et à Dieu et à la créature.







A llah a donc annoncé à ceux qui supportent avec patience la perte de ce qui leur est agréable - santé, richesse, grandeur, sécurité, possessions et enfants - que "Lui" [...] est meilleur pour eux que ce qu'ils ont perdu: car ceux-là savent que "Lui" [qui est le Nom de l'Essence suprême absolument inconditionnée] est leur Réalité inséparable et leur refuge nécessaire, et que les choses agréables qu'ils ont perdues étaient de pures illusions.




Islam / Soufisme 891 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 220, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988. 







O te tes sandales ! en vérité, tu es dans la vallée sainte du Tuwa " (Coran 20,12)
[Commentaires de Hallaj] : " Or la Réalité est Réalité, et la nature est créée. Rejette donc loin de toi la nature créée, pour que toi tu deviennes lui, et lui toi, dans la Réalité ".





Islam / Soufisme 890 | 
Kitab al tawasin, III, 8 







S i tu pouvais voir où je suis
Dans la Toute Sainte Présence,
Tu me verrais seul, et nul autre.
Mais la Vérité d'un voile m'a vêtu,
Et tes regards ne peuvent pas m'atteindre.
Tu me vois, sans me voir, d'un regard négligent.
Aiguise l'œil de ta foi et regarde
Par un acte de pure vision.
Si ta foi devient certitude,
Il se peut que tu me découvres.





Islam / Soufisme 889 | 
Dîwân, traduit par M. Lings, Les Amis de l'Islam, Tourrette-sur-Loup, 1984, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 25-27 







E n Sa manifestation, cachée,
Elle [l'Essence] apparaît comme voile sur voile
Pour recouvrir Sa propre Gloire.





Islam / Soufisme 885 | 
Dîwân, traduit par M. Lings, Les Amis de l'Islam, Tourrette-sur-Loup, 1984, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 25-27 







C omment l'Essence de Dieu serait-elle enfermée sous son voile ?
Le seul voile est Sa Lumière.





Islam / Soufisme 883 | 
Dîwân, traduit par M. Lings, Les Amis de l'Islam, Tourrette-sur-Loup, 1984, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 25-27 







L a parole la plus véridique qu'ait jamais dite un poète est celle-ci:
"Toute chose, en dehors d'Allah, n'est-elle pas qu'illusion?"

Ce qui est illusion est pur néant, et si l'on attribue l'être à autre chose qu'à la Réalité divine, c'est de manière métaphorique car il ne s'agit que d'une existence imaginaire. L'être n'appartient proprement qu'à Lui -qu'Il soit exalté ! - et il est légitime de le dénier à tout ce qui n'est pas Lui comme il est de règle lorsqu'on a affaire à des relations purement métaphoriques.





Islam / Soufisme 881 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 132, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988. 







E t maintenant je suis Toi-même, Ton existence c'est la mienne, et c'est aussi mon vouloir.




Islam / Soufisme 866 | 
in Louis Massignon, Le Diwan d'al-Hallâj 







O ù donc est Ton essence, hors de moi, pour que j' y voie clair?
Mais déjà mon essence s'élucide, au point qu'elle n'a plus de lieu.





Islam / Soufisme 865 | 
in Louis Massignon, Le Diwan d'al-Hallâj 







A h !", est-ce moi, est-ce Toi ? Cela ferait deux dieux. Loin de moi, loin de moi la pensée d'affirmer "deux"!




Islam / Soufisme 864 | 
in Louis Massignon, Le Diwan d'al-Hallâj 







J e suis devenu Celui que j'aime, et Celui que j'aime est devenu moi ! Nous sommes deux esprits, infondus en un (seul) corps !




Islam / Soufisme 863 | 
in Louis Massignon, Le Diwan d'al-Hallâj 







A ussi, me voir, c'est Le voir, et Le voir, c'est nous voir.




Islam / Soufisme 862 | 
in Louis Massignon, Le Diwan d'al-Hallâj 







Q ue l'on Te touche, on me touche; ainsi, Toi, c'est moi, plus de séparation.




Islam / Soufisme 861 | 
in Louis Massignon, Le Diwan d'al-Hallâj 







T on Esprit s'est emmêlé à mon esprit, comme l'ambre s'allie au musc odorant.




Islam / Soufisme 860 | 
in Louis Massignon, Le Diwan d'al-Hallâj 







L a science qui présente tout à coup dans le cœur sans industrie, ni étude, ni effort de la part de l'homme est de deux sortes : celle dont l'homme ignore comment elle lui arrive et d'où - et celle qui comporte la connaissance du moyen dont elle provient, c'est à dire la vision de l'ange qui la jette dans le cœur ; [la première s'appelle inspiration et souffle au fond du cœur] la deuxième s'appelle révélation, elle appartient en propre aux prophètes. Quant à la première, elle est le propre des saints et des purs.




Islam / Soufisme 835 | 
L'Ihya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din " 
Remarque : Le terme d'inspiration ne doit pas se prendre ici au sens précis de la théologie catholique. Par rapport à son objet, l'inspiration (ilham) pourrait se traduire plus exactement par " révélation privée ", par rapport à son mode, doit être prise au sens très large d'inspiration intérieure.







L 'inspiration ne se différencie de la science acquise ni par la nature de la science, ni par son lieu, ni par sa cause, mais seulement sous le rapport de l'écartement du voile : car cela n'est pas au pouvoir de l'homme.
Et la révélation ne se différencie de l'inspiration par rien de ce que l'on vient de dire, mais seulement par la vision de l'ange qui procure la science ; car celle ne parvient dans nos cœurs que par l'intermédiaire des anges. Dieu Très Haut y fait allusion dans cette parole : " Il n'est pas donné à l'homme que Dieu lui parle, si ce n'est par une révélation ou de derrière un voile, ou bien en déléguant un envoyé afin que celui-ci, par la permission de Dieu révèle à l'homme ce que Dieu veut. "





Islam / Soufisme 834 | 
L'Ihya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din " 







E t ceux qui professent l'efficacité des "aspirations (ou énergies) spirituelles", ne cessent de se tenir sur leurs voies claires et précises jusqu'à ce que des panneaux annonciateurs brillent pour eux, portés par les mains des Esprits Supérieurs qui résident au Degré de la Proximité à la Station de la Parole Bouche-à-Bouche, panneaux sur lesquels des "Ecritures" bien tracées et saintes se lèvent pour eux, comme "témoins" de la réalisation qu'ils ont obtenue, et leur confèrent le transfert de ce mode à un autre mode, par voie de sublimation. Alors le voile est enlevé, et ce qui avait été caché est mis à découvert! Alors est défait le bandeau, retiré le verrou, ouverte la serrure! Alors les "aspirations-énergies" propres à cet autre mode s'unifient pour scruter la Réalité Une, et l'être ne concoit plus qu'une seule aspiration" et rien d'autre. De cette "aspiration" unique procèdent des influences qui portent effet sur la Réalité Pure.




Islam / Soufisme 833 | 
Le livre de l'extinction dans la contemplation (Kitab al fana' fi al muchahada), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1984. 







C eci étant exposé, sache que les soufis ont une préférence pour les sciences reçues par voie d'inspiration, à l'exclusion de celles acquises par l'étude. Ainsi ne désirent-ils ni étudier la science, ni apprendre tout ce que les auteurs ont composé, ni scruter les doctrines et les preuves apportées. Ils disent au contraire : " la voie " consiste à préférer le combat spirituel, à faire disparaître les défauts, à couper tous les liens, et à s'approcher de Dieu Très Haut par une parfaite application spirituelle.
Et chaque fois qu'il en est ainsi, c'est lui, Dieu, qui se tourne vers le cœur de son serviteur, et lui garantit l'illumination par les lumières de la science.





Islam / Soufisme 832 | 
Ihya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din " 







J 'atteignis l'esplanade du non-être, et je ne cessai d'y voler dix ans, [ …]
J'atteignis alors le tawhid, dans le distancement de la création d'avec l'initié [Bistami lui-même], et dans le distancement de l'initié d'avec la création.





Islam / Soufisme 824 | 
cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Bistami et l'ascèse du vide, p110 et suivantes 
Remarque : Tout est exprimé cette fois en termes négatifs, par une voie négative vécue, ou le non être, et le manque et la privation (séquence coupée), apparaissent comme le moyen formel de l'expérience. Il y a ici, à travers la différence des vocabulaires et des symboles, une hallucinante convergence avec les ultimes nesciences intellectuelles du yoga. Et le dernier mouvement alternatif de " distancement " (les auteurs indiens ne diraient ils pas " discrimination " ?) de la création d'avec l'initié et de l'initié d'avec la création, ne peut qu'évoquer les derniers aphorismes de Patanjali ; où même la " qualité spirituelle " (satva) du sujet s'abolit dans le monde de la nature auquel elle appartient, après que le pur acte d'être, le pure " je " incolore, non qualifié et non qualifiable, en ait été discriminé. Et c'est alors l'ultime et fruitif esseulement final.







D ieu m'a ravi à mon "moi" [illusoire] et m'a rapproché de mon "moi" [réel] et la disparition de la terre a entraîné celle du ciel. Le tout et la partie se sont confondus. La verticale et l'horizontale se sont anéanties. [...]. Le voyage a atteint son terme et ce qui est autre que Lui a cessé d'exister. Toute attribution, tout aspect, toute relation étant abolis, l'état originel est rétabli.




Islam / Soufisme 822 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 7, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988 







C elui qui s'est montré généreux dans l'octroi de l'extase, d'autant plus libéral sera t'il pour accorder les dons et vertus qui anéantissent l'extase. Lorsqu'il commença à m'envoyer l'extase, je connus avec certitude que celui qui était libéral à mon égard tiendrait jusqu'au bout ses merveilleux engagements.











U n soufi a dit :
l'extase (wadj) est comme le message de la Vérité suprême, annonçant cette bonne nouvelle : la montée vers la station de la vision de Dieu.





Islam / Soufisme 813 | 
Kitab al - ta' arruf, chap. 53 p 82/83 ; rem : le wadj ici n'est pas un effet de la présence de Dieu il en est l'effet annonciateur. 
Remarque : La notion du " wadj " soufi sera susceptible de s'engager selon l'une ou l'autre des deux lignes suivantes (ou nous retrouvons le dilemme du tafrid ou de l'infirad hallagien): Ou bien l'accent sera mis sur l'introversion sentie, et la rétorsion de l'âme qui laisse s'actualiser en elle la " rencontre ", le sentiment joyeux - douloureux dont elle est visitée. Dès lors, le wadj accueille une " équivoque ", et, face à ce retour sur soi, Dieu, annoncé mais non possédé reste l'inaccessible. Ou bien l'accent sera mis sur ce choc mental qui tire l'âme hors d'elle-même, et hors de la durée psychologique, pour se " retrouver " (perdue) en une présence suprême, qui est présence d'un Autre. Il est facile de prévoir les concordances possibles entre cette deuxième acceptation du wadj, et la notion technique d' " extase " devenue classique en mystique chrétienne. Il est facile de prévoir aussi que la première acceptation en divergera. Il serait intéressant de nous reporter ici à la notion "d'extase" chez Plotin, et d'étudier la notion d'extase dans l'histoire de la théologie spirituelle chrétienne. Je rappellerai seulement qu'en son sens technique actuel, l'extase est pour le mystique chrétien, un effet de la présence de Dieu, si des visions ou révélations sont alors communiquées à l'âme, il reste que l'essentiel est bien l'unité divine seule. Et c'est à mesure que croîtra sa capacité d'amour, et que se fera plus totale et plus stable l'emprise de Dieu, que l'âme pourra surmonter ce que Hildegarde appelait la " faiblesse de l'extase ".







L es états d'extase divine, c'est Dieu qui les provoque tout entiers, quoique la sagacité des maîtres défaille à le comprendre. L'extase c'est une incitation, puis un regard [de Dieu] qui croit et flambe dans les consciences. Lorsque Dieu vient l'habiter aussi, la conscience double d'acuité, et trois phases s'offrent alors aux voyants :

Celle où la conscience est encore extérieure à l'essence de l'extase,
Celle où elle devient spectatrice étonnée,
Celle où la ligature du sommet de la conscience s'opère,
elle se tourne alors vers une face dont le regard la ravit à tout autre spectacle.





Islam / Soufisme 807 | 
Diwan, p54, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane " 
Remarque : Je pense, avec MM Massignon et Moreno, et au contraire de Nicholson, que le fana' soufi n'est aucunement l'équivalent du nirvana bouddhiste, soit même du Kaivalya indien (cf. L. Massignon, Essai p93 et MM. Moreno, Mystique Musulmane & Mystique Indienne p156-161). […] Le fana', état de ce qui est périssable, s'actualise, si l'on peut dire, dans la réduction au non être, un peu le " néontement " au sens existentialiste moderne. Il est dit dans le Coran que Dieu manifestera sa suprême Toute Puissance en faisant précéder le " jour du Jugement " par le fana' de la créature. Il l'anéantira pour ensuite la rappeler à l'être et la juger. […] Toutefois, tout dépend de la teneur même de l'expérience d'unicité, du tawhid, et ni fana', ni baqa' ne se peuvent traduire par des termes arrêtés une fois pour toutes. Ainsi, dans la ligne de l ' "Unicité du témoignage", le fana' pourra se présenter comme une extase du sujet dans l'objet, le tawhid devenant l'acte du sujet mû par Dieu, et le baqa' la substance du sujet en Dieu, par l'acte même de Dieu. Dans la ligne de " l'Unicité l'Etre) ", il s'agira d'une extase du sujet dans un acte d'abolition de l'objet, le tawhid étant l'acte (second) de suspens de tout acte (second) d'intelligence ou de volonté, dans une subsistance (baqa') ultime et indifférencié, ou une identification se consomme entre un " je " conçu comme divin et le " je " humain aboli en ses sources d'être, en son acte premier d'existence. De ce point de vue, l' " échec " de Bistami n'est échec que parce que sa foi monothéiste exigeante se refusait à transcrire en monisme de l'être, son expérience de suspens ultime. Le soufisme postérieur, influencé par Ibd Sina, et à travers lui, par Plotin, revêtira indûment ce monisme d'une transcription monothéiste.







L e tajrid (1), c'est ne posséder rien
Le tafrid (2), c'est n'être possédé par rien.





Islam / Soufisme 806 | 
Manuel de Khalabadhi, cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Les états d'esseulement, p 98 et suivantes. 
(1) & (2) il s'agit de deux etats spirituels.
Remarque : On explique souvent le tajrid comme un dépouillement, un détachement des apparences, des accidents, le tafrid devenant l'esseulement proprement dit, par abolition de toute " forme " y compris la sienne propre, une sorte d'au-delà des " états spirituels ". (en prenant ici " forme " (sura), non pas au sens technique aristotélicien que donnèrent à sura les philosophes hellénistes de l'Islam (falasifa), mais au sens primitif de " figure " : Dieu façonna l'homme " selon telle forme qu'il voulut " dit le Coran (82,8). Un peu la " forme propre " indienne (svarupa) ou l'essence sensible manifeste l'essence cachée de la chose (Cf. O. Lacombe " L'absolu selon le Védânta ". Le tajrid apparaît bien, chez un Hallaj ou chez un Bistami, ainsi qu'une voie de négation conceptuelle expérimentée, qui laisse l'homme seul avec lui-même face à une essence divine inaccessible. Il s'agit dans l'ensemble et plus profondément, d'une expérience de dégagement de toute saisie conceptuelle, dégagement de toute intelligibilité dans l'ordre de l'essence, l'homme, selon l'expression de Bistami " se démasquant de son moi comme le serpent de sa peau ". (Bistami) [...] Au-delà du tajrid, le tafrid (du moins dans le langage Hallagien), se présente comme " l'esseulement plénier " qui enferme en quelque sorte en soi même le fonds de l'âme. Mais il est à remarqué qu'ils soient présentés à lui comme des états non seulement qu'il fallait dépasser, mais auxquels il fallait renoncer : " le premier pas vers l'unification (tawhid) est la totale suppression du tafrid " (cité par Hujwiri, " Kashf al mahjub ", trad. Nicholson, p 281) [...] Il s'agit bien d'un esseulement expérimenté, esseulement du moi dans l'acte même de connaissance à l'égard de toute donnée objective (tajrid), ou esseulement du moi à l'égard de tout acte du moi (tafrid). Nous n'avons pas là un témoignage fort clair du mouvement de rétorsion propre à la mystique naturelle ? C'est avec raison me semble t'il, que M. Louis Massignon a pu mettre le tajrid en concordance avec l'entrée en samadhi ou " extase " encore différenciée, et le tafrid en concordance avec un approfondissement du samadhi. Par rapport à l'état terminal, tafrid se présente comme statique, et infirad comme dynamique. Ce tafrid, ce sera l'état d'esseulement obtenu, et l'infirad, l'état de l'âme mise en esseulement (par Dieu). […] Pour Hallaj donc, le tafrid (et à un degré moindre le tajrid) sera avant tout l'esseulement ascétique de la créature spirituelle repliée en son soi ineffable ; l'infirad désignera aussi bien l'esseulement de l'âme par Dieu et en Dieu, que l'esseulement de Dieu même dans le mystère de ses attributs ; l'ifrad enfin sera réservé à Dieu seul, pour signifier son inaccessible isolement, dans le mystère de son essence : et qui reste tel, alors même que l'âme énamourée de lui, en lui s'isole (ifarada). (ifrad exprimera en ce cas l'isolement parfait opéré par Dieu dans l'âme de l'extatique







A lors, si la volonté [du soufi] est sincère, son effort spirituel pur, et sa persévérance parfaite, s'il n'a pas été entraîné en sens contraire par ses passions, ni préoccupé par l'inquiétude de ces attaches au monde, les lueurs de la vérité brilleront en son cœur. Ce sera au début comme l'éclair rapide qui ne demeure pas, puis qui revient mais tarde parfois. S'il revient, tantôt il demeure, et tantôt il ne fait que passer. S'il demeure tantôt sa présence se prolonge et tantôt elle ne se prolonge pas. Et tantôt des illuminations semblables à la première apparaissent, se succédant les unes les autres ; tantôt tout se réduit à un seul mode. Les demeures (modes divers sous lesquels se présentent les illuminations) des saints sont innombrables, de même que sont innombrables les différences entre leurs naturels et leurs caractères.




Islam / Soufisme 805 | 
Ihya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din " 







L 'homme disparaît de lui-même, il ne sait rien des apparences extérieures de ses membres, ni du monde extérieur, ni de ce qui se passe en lui, il disparaît de tout cela, et tout cela disparaît de lui, fuyant vers Dieu d'abord, en Dieu ensuite.




Islam / Soufisme 777 | 
cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Dhikr de l'intime, p226 et suivantes 





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En savoir + : Histoire et dogmes de la religion musulmane




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