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La mystique musulmane

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C ertes Moi, avec vous deux, J'écoute et Je vois (Cor. 20: 46),
ce qui signifie "par vous deux J'entends et par vous deux Je vois, car Ma compagnie a subjugué vos deux êtres. Il n'y a ici que Moi, il n'y a plus de "vous" si ce n'est sous le rapport de la forme apparente". Cette station spirituelle est connue chez les initiés- qu'Allah soit satisfait d'eux !- sous le nom de "Proximité par les oeuvres obligatoires" et elle consiste dans la manifestation du Seigneur et l'occultation du serviteur.





Islam / Soufisme 776 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 132, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988. 







C e qui compte pour l'extatique,
c'est que l'unique le réduise à l'unité.





Islam / Soufisme 768 | 
cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Les états d'esseulement, p 98 et suivantes 
Autre traduction possible: "Le tout, pour l'extatique, c'est l'esseulement de l'Unique, en Soi.", Louis Massignon, "Les Sâlimiya et le récit de Razzâz", in "Le martyre de Hallâj à Bagdad", La Nouvelle NRF, 1er février 1954, n° 14, p. 232.
Remarque : La prise de conscience de cet esseulement par la tradition soufie est liée, croyons-nous, au fait que l'état terminal est souvent désigné comme une expérience d'unicité (tawhid), plutôt que comme une union (ittisal), sorte de transposition sur le plan expérimental de la notion musulmane de transcendance et d'unicité divine. Les grands soufis, et Hallaj le premier, ont compris ce tawhid vécu selon le triple procès : unification de soi en soi, unification de soi en Dieu, unicité de Dieu proclamée et vécue par Dieu même en l'âme. Or il est certain que la première étape au moins évoque la remontée de l'âme vers sa source d'être, vers son acte premier d'existence, qui caractérise la mystique naturelle.







S on Verbe a préexisté éternellement à toutes choses existantes,
Mais elles le voilent avec sagesse à qui ne comprend pas.
En lui, mon esprit s'est éperdu de sorte qu'ils se sont mêlés tous deux intimement, mais ce n'est pas un corps qui est entré dans un corps…





Islam / Soufisme 763 | 
" l'Eloge du Vin ", " Kamriyga " sur le Verbe préexistant,cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", p 61 







R enoncer au monde pour mener une vie ascétique, en s'affranchissant de ces liens, en vidant [le] cœur des préoccupations terrestres, et en s'approchant de Dieu Très Haut par la parfaite application spirituelle (1).




Islam / Soufisme 706 | 
Ihya' 'ulim al-din, début du " troisième quart ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", l'expérience du Dhikr) 
(1) Himma : intention précise, avec l'idée de solitude et d'effort







P rie pour le bien de celui qui a été injuste envers toi, car celui-ci t'a préparé du bien pour ta vie future: si tu pouvais voir ce qu'il en est réellement, tu te rendrais compte que l'injuste t'a fait vraiment du bien pour la vie future. Alors, la récompense du bienfait ne doit être que le bienfait (cf. Coran 55, 60) (prie donc pour le bien de celui qui t'a réservé un bien); du reste, le bienfait dans la vie future est permanent. Ne perds pas de vue cet aspect des choses, et ne sois pas trompé par le fait des dommages qui te résultent ici-bas par l'injustice dont tu es l'objet: il faut considérer cet inconvénient comme le médicament désagréable que doit absorber le malade parce que celui-ci sait quelle utilité il en tirera finalement. L'injuste joue un rôle équivalent: prie donc pour qu'il ait tout bien !




Islam / Soufisme 699 | 
Conseil à un ami (Wasiyat), Traduit de l'arabe et annoté par Michel Valsan in : Études traditionnelles. Paris, Éditions Traditionnelles, 1968 







Q uand tu te couches n'aie dans ton cœur rien de mauvais à l'égard de qui que ce soit, ni rancune, ni haine.




Islam / Soufisme 695 | 
Conseil à un ami (Wasiyat), Traduit de l'arabe et annoté par Michel Valsan in : Études traditionnelles. Paris, Éditions Traditionnelles, 1968 







L 'amour est de deux sortes : l'amour de confession qui est aussi bien celui des privilégiés que celui du vulgaire, et l'amour d' " extase " au sens d'obtention, et il n'est plus en cet amour aucune vue de soi ni du créé, aucune vue des causes secondes et des " conditions " (1), mais totale absorption dans la seule vue de ce qui est pour Dieu et vient de Dieu.




Islam / Soufisme 682 | 
Kitab al - ta' arruf, chap 51 p 79/81 
(1) Ahwal, états spirituels des mystiques, aussi bien que conditions variables de cette vie.







I l est prairie pour les gazelles, couvent pour les moines,
Temple pour les idoles, Mecque pour les pèlerins,
Tablettes de la Torah et livre du Coran.
Je suis la religion de l'amour, partout où se dirigent ses montures,
L'amour est ma religion et ma foi.





Islam / Soufisme 681 | 
Le chant de l'ardent désir, choix de poèmes traduits de l'arabe et présentés par Sami-Ali (Paris Sindbad, 1989). 







L orsque Dieu Très Haut s'est réservé le pouvoir de gouverner par le cœur, la Miséricorde se répand sur ce dernier, la lumière y brille, la poitrine se dilate, le secret du Royaume (Malakut) lui est découvert, le voile qui l'aveuglait se dissipe de devant sa face par la grâce de la Miséricorde, et les réalités divines étincelles en lui. Il est seulement au pouvoir du croyant de s'y préparer par la purification qui dépouille, et de provoquer en soi la solitude de ces choses, ainsi que la volonté sincère, la soif totale et l'observation attentive, dans l'attente constante de ce que Dieu Très Haut lui révèlera de la Miséricorde.




Islam / Soufisme 667 | 
Ihya' ulim al din, 3ième ¼, Livre I, " les prodiges du cœur ", cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Extrait de l'Ihya' ulim al din " 







H asan al-Basrî - qu'Allâh lui fasse miséricorde! - (qui donnait régulièrement un enseignement public), lorsqu'il voulait parler de ces mystères qui ne doivent pas se trouver sur le chemin de ceux qui n'en sont pas dignes, appelait à part Farqad as-Sabakhî et Mâlik Ibn Dinâr, ainsi que les autres présents d'entre les gens du "goût" initiatique , et fermant la porte aux autres, traitait de ces matières en séance intime. S'il n'y avait pas eu une nécessité d'observer le secret, il n'aurait pas procédé de cette façon. De même Abû Hurayra - qu'Allâh soit satisfait de lui! - a dit, selon ce que rapporte al-Bukhârî dans son Recueil de hadîths: "J'ai porté de la part du Prophète - qu'Allâh prie sur lui et le salue! - deux "sacs": l'un, je l'ai dispensé entre vous tous; l'autre, si j'agissais de même, on me couperait cette gorge". De son côté, Ibn 'Abbâs, - qu'Allâh soit satisfait de lui! - en parlant du verset: "Allâh qui a créé sept Voûtes Célestes et autant de Terres; le Commandement descend entre elles" (Cor. 65, 12), déclarait: "Si je vous disais quelle en est l'interprétation (ésotérique), vous me lapideriez en disant que je suis un infidèle". D'autre part, 'Alî ben Abî Tâlib - sur lui la paix! - frappait sa poitrine et disait: "Ah! En vérité, ici il y a force sciences! Si seulement je trouvais des êtres qui puissent les porter!" Enfin, l'Envoyé d'Allâh - qu'Allâh prie sur lui et le salue! - disait: "Abû Bakr vous est supérieur, non pas par le nombre des prières ou des jeûnes, mais par quelque chose qui est survenu dans sa poitrine", et il n'expliqua pas ce qu'était cette chose, mais se tut là-dessus. Toute science ne doit pas être expliquée par celui qui la possède, et le Prophète - qu'Allâh prie sur lui et le salue! -disait: "Parlez aux hommes selon la capacité de leurs intelligences".




Islam / Soufisme 666 | 
Le livre de l'extinction dans la contemplation (Kitab al fana' fi al muchahada), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1984. 







I l n'y a plus entre moi et Dieu d'explication,
ni preuve, ni signes pour me convaincre.
Voici que s'irradie l'apparition de Dieu, flamboyante,
Qui resplendit en son scintillement souverain. […]
Telle est mon existence (2), et mon évidence, et ma conviction,
telle est l'unification (divine) de ma proclamation de son Unité et de ma foi !





Islam / Soufisme 665 | 
Kitab al - ta' arruf, cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", la connaissance de Dieu, p 129 et suivantes 
(1) cf. Saint Augustin " Personne ne connaît, s'il ne se fait connaître. " (2) " wadj " qui a aussi un sens d' " extase " (3) ma' rifa : les connaissances intuitives et savoureuses concernant Dieu







L 'intensité de la Manifestation divine varie d'une personne à une autre, sans qu'on puisse à cet égard établir aucune règle, ses modes n'étant pas constants... Dieu se révèle à chacun selon sa capacité de recevoir les manifestations de Sa Très Sainte Beauté.




Islam / Soufisme 664 | 
Al-Minah al-Quddûsiyah, dans Un Saint soufi du XXe siècle: le Cheikh Ahmad Al-Alawi, traduit par M. Lings, Le Seuil, 1990, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 25-27 







U n grand soufi a dit [Hallaj] :
Ne le connaît que celui auquel il s'est fait connaître, et ne proclame son unité que celui auquel il l'a découverte ; et ne croit en lui que celui auquel il a donné de croire, et ne le décrit que celui en l'intime duquel il s'est révélé ; et n'est sincère avec lui que celui qu'il attire, et n'est en droit rapport avec lui, que celui qu'il s'est pour lui même choisi.





Islam / Soufisme 663 | 
Kitab al - ta' arruf, cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", la connaissance de Dieu, p 129 et suivantes ; cf. aussi (Coran 20, 41) : " Et je t'ai assigné à Moi-Même ". 
Remarque : L'expression " celui auquel il s'est fait connaître " veut dire que c'est Dieu qui s'est fait connaître ainsi. Et " celui auquel il l'a découverte " veut dire que Dieu a montré son unité. En l'âme donnée à lui, c'est Dieu qui est auteur du vrai culte qu'elle lui rend. Ces quelques phrases de Hallaj nous font saisir sur le vif une authentique expérience intérieure, mais qu'il ne faudrait pas durcir par une interprétation conceptuelle trop poussée. Ainsi " la proclamation de l'unité de Dieu, le tawhid, est, par excellence, la profession de foi de l'islam. Or les soufis enseignent volontiers que Dieu seul peut proclamer " validement " son Unité, parce que lui seul est vraiment Un. La créature humaine n'a d'unité que celle que Dieu lui donne. Dès lors, sa profession de foi ne pourra pas ne pas être imparfaite, souillée, involontairement du péché de shikr, l'" association " de la créature au Créateur. Dans le cœur du soufi uni à Dieu, c'est Dieu qui proclame sa propre Unité. A ce prix seul, la profession de foi est réellement valide.







T u n'auras pas plus besoin de négation que d'affirmation, car Celui dont l'etre est nécessaire est déjà affirmé avant que tu l'affirmes, et ce dont l'être est impossible est déjà néant avant que tu ne le nies.




Islam / Soufisme 652 | 
Al-Minah al-Quddûsiyah, dans Un Saint soufi du XXe siècle: le Cheikh Ahmad Al-Alawi, traduit par M. Lings, Le Seuil, 1990, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 25-27 







T andis que l'ascète se plaît à renoncer au monde, et que celui qui se confie à Dieu repose entièrement sur son Seigneur, et tandis que le désirant recherche les chants spirituels et l'enthousiasme annihilant, et que l'adorateur est tout à sa dévotion et à son effort, enfin tandis que le sage connaisseur exerce sa force d'esprit et se concentre sur le but,- ceux qui sont investis de l'Autorité et possèdent la Science restent cachés dans l'invisible et ne les connaît ni "connaisseur", ni "désirant", ni "adorateur", comme ne les perçoit ni "confié à Dieu", ni "ascète"! L'ascète renonce au monde pour en obtenir le prix, le confiant se remet à son Seigneur pour atteindre son dessein, le désirant recherche l'enthousiasme pour abolir le chagrin, l'adorateur fait du zèle dans l'espoir d'accéder à la "proximité", le connaisseur sage vise par sa force d'esprit l'"arrivée", mais la Vérité ne se dévoile qu'à celui qui efface sa propre trace et perd jusqu'à son nom!




Islam / Soufisme 640 | 
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 







C ela étant, ce qui s'impose à nous, c'est de nous attacher fermement à la voie de la foi, d'accomplir les oeuvres prescrites et de suivre l'exemple de celui qui nous a apporté la Loi. Ce qu il a dit, nous le disons aussi, pour nous conformer à son exemple et comme simple interprète de sa parole- car c'est lui qui le dit, et non nous. Et ce qu'il a tu, nous le taisons- tout en appliquant la législation sacrée et les peines légales, et en attendant la mort.




Islam / Soufisme 623 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 359, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988. 







U n jour, cette pensée me vint à l'esprit: "Si seulement Allah m'avait dévoilé le monde de l'imagination absolue!" Cette pensée persista pendant deux jours et provoqua en moi un état de resserrement. Tandis que j'invoquais Allah, Il me ravit à moi-même et projeta sur moi Sa parole: "Un Envoyé est venu à vous de vous-même" (ou: "de vos propres âmes", Cor. 9: 139) et je compris que Dieu avait pitié de ce qui m'arrivait. Dans cet état de resserrement, je lui adressai, au cours d'une des prières rituelles, la demande suivante: "Ô mon Dieu, fais-moi réaliser ce qu'ont réalisé les Gens de la Proximité, et conduis-moi par la voie des Gens du ravissement extatique." J'entendis alors en moi-même: "J'ai déjà fait cela!" Je m'éveillai alors de mon inconscience et je sus que ce que je demandais, ou bien le moment de l'obtenir n'était pas encore arrivé, ou bien la Sagesse divine avait décrété que je ne l'obtiendrais pas, et que j'étais donc dans l'erreur en le demandant. J'étais semblable à celui que le roi convoque à sa cour et invite à s'asseoir auprès de lui pour lui tenir compagnie et converser avec lui et qui, malgré cela, souhaite voir les portiers du roi, ses garçons d'écurie et ses serviteurs, ou s'amuser sur les marchés. Je me retournai donc vers Allah et lui demandai de me faire réaliser, en fait de connaissance de Lui et de servitude, cela même en vue de quoi Il m'avait créé.




Islam / Soufisme 622 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 18, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988. 







L a lumière est la cause (sabab) de la manifestation des créatures- parmi lesquelles la terre et les cieux- ainsi qu'il en va dans le monde physique, où l'obscurité de la nuit rend les choses comme inexistantes par rapport aux observateurs jusqu'au moment où l'apparition de la lumière entraîne celle des choses et les distingue les unes des autres; et cela au point qu'un des philosophes a dit que les couleurs étaient inexistantes dans l'obscurité et que la clarté était une condition sine qua non de leur existence. […]

La Lumière absolue ne peut pas davantage être perçue que l'Obscurité absolue. La lumière a donc brillé sur l'obscurité, de telle sorte que cette dernière soit perçue par la lumière, et celle-ci par elle. Tel est le sens de cette parole des maîtres: Dieu Se manifeste par les créatures, et les créatures se manifestent par Lui. Le Shaykh al-akbar a dit à ce propos: "N'eût été Lui, n'eût été nous Ce qui est ne serait pas."





Islam / Soufisme 602 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 103, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988 







L a douleur psychique (nafsani) et naturelle que les âmes ressentent lorsqu'elles sont ainsi contraintes ne peut être repoussée que si un état spirituel puissant et dominateur s'empare d'elle et leur fait oublier ce qui cause leurs souffrances et ce qui leur aurait donné du plaisir. C'est parce que l'homme ne peut, de lui-même, échapper à cette douleur que les plus grands saints ont pleuré, gémi, soupiré, demandé secours et prié que ces souffrances leur soient épargnées.

Il n'en va pas de même pour la souffrance spirituelle, que l'homme est capable de repousser. Aussi voit-on les saints se réjouir intérieurement, heureux, satisfaits, sûrs que ce qu'Allah a choisi pour eux est ce qu'il y a de meilleur, tranquilles devant la souffrance [spirituelle] qui les atteint. Aucune chose n'est déplaisante et mauvaise par essence, mais seulement par rapport aux "réceptacles" et aux prédispositions des corps physiques.

Si l'on considère à présent les êtres sous le rapport de leurs réalités métaphysiques, tout ce qui leur advient leur convient. Plus encore: rien ne leur advient qui ne soit exigé par leur nature essentielle."





Islam / Soufisme 531 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 220, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988. 







L es choses se trouvent cachées dans leurs opposés,
et, sans l'existence des opposés,
Celui qui oppose ne serait pas manifesté.





Islam / Soufisme 522 | 
Al-Minah al-Quddûsiyah, dans Un Saint soufi du XXe siècle: le Cheikh Ahmad Al-Alawi, traduit par M. Lings, Le Seuil, 1990, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 25-27 







L 'homme supérieur est celui qui se fuit soi-même pour obtenir la compagnie de son Seigneur.




Islam / Soufisme 511 | 
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 







L a solitude procure la "connaissance du Monde".




Islam / Soufisme 510 | 
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 







C elui qui s'attache à la solitude découvre le "secret" de l'Unicité divine.




Islam / Soufisme 509 | 
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 







C elui dont la langue se tait, même si son cœur ne se tait pas, allège son fardeau; celui dont la langue et le cœur se taisent tous les deux, purifie son "centre secret" (sirr) et son Seigneur s'y révèle; celui dont le cœur se tait, mais dont la bouche parle, prononce les paroles de la Sagesse; mais celui dont ni la langue ni le cœur ne se taisent est objet de Satan et soumis à sa domination. [...]




Islam / Soufisme 507 | 
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 







L e silence de la langue est un des traits ordinaires de tous les hommes spirituels et de tous les maîtres de la voie.




Islam / Soufisme 506 | 
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 







L e silence produit la "connaissance d'Allah".




Islam / Soufisme 505 | 
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 







L a veille confère la connaissance de l'âme.




Islam / Soufisme 501 | 
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 







L orsque l'homme s'éloigne des créatures ainsi que de sa propre âme, et fait taire en lui la conscience du moi pour laisser place seulement à la connaissance du Seigneur, aussi lorsqu'il se détache de la nourriture corporelle et se maintient en état de veille pendant que les autres sont plongés dans le sommeil, lorsqu'il réunit donc en lui ces quatre résultats, sa nature humaine est transmuée en nature angélique, sa servitude est changée en seigneurie, son intelligence est convertie en faculté intuitive , sa réalité invisible devient manifeste !




Islam / Soufisme 499 | 
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 







N ous avions autrefois à Marchena, en pays andalous, un compagnon d'entre les saints hommes dont l'occupation était d'enseigner le Coran. C'était un excellent juriste, sachant par cœur le Coran et les hadîth, homme de piété et de mérite, toujours au service des fuqarâ': son nom est Abdu-l-Majîd ben Selmah. Il m'a raconté - puisse Allah lui être propice - une chose qui lui est arrivée: "Une nuit, disait-il, pendant que j'étais dans la chambre où je fais d'habitude mes prières, je venais de terminer mon oraison (hizb) et j'avais placé ma tête entre mes genoux pour vaquer à l'invocation (dhikr) d'Allah; alors je constate qu'une personne survient, qui retire l'étoffe sur laquelle je priais et la remplace par une natte grossière. Ensuite cet être me dit: "Fais tes prières sur cette natte"! Or j'avais verrouillé la porte de ma chambre alors que j'étais tout seul. La frayeur s'empara de moi. L'homme me dit: "Celui qui vit dans l'intimité d'Allah ne s'effraye pas"! Et il ajoute: "Mais crains Allah en tout état"! Alors j'eus une inspiration et je lui demandai: "O, Sîdî, par quels moyens les Abdal arrivent-ils à être Abdal"? Il me répondit: "Par les quatre qu'a mentionnés Abû Tâlib (al-Makkî) dans la "Nourriture (des Cœurs)": le silence, la solitude, la faim et la veille". Alors il disparut sans que je sache comment il avait pu entrer ni sortir, car la porte était restée toujours fermée. Cependant la natte qu'il m'avait donnée était sous moi". Cet homme était d'entre les Abdal; son nom est Mu'âdh Ibn Ashras - qu'Allah soit satisfait de lui! Les quatre choses qu'il a mentionnées sont les piliers et les supports de cette noble voie.




Islam / Soufisme 485 | 
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 







L es feux du Dhikr ne s'éteignent pas, et ses lumières ne s'enfuient pas […] Tu vois toujours des lumières montantes et d'autres descendantes ; les feux autour de toi sont clairs, très chauds, et ils flambent.




Islam / Soufisme 476 | 
Miftah al falah, p 6, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Dhikr de l'intime, p226 et suivantes 
Remarque : Pour les soufis, la lumière effusante qui accompagne le " Dhikr de l'intime ", et qui ne s'éteint plus, est bien une lumière divine. Le mécanisme du Dhikr, orienté par l'intention du cœur, a libéré la part divine de l'esprit humain, continuellement émanée de Dieu, par Son Commandement, dans le cœur de l'homme. Nous serions assez proche ici de la " trace de l'UN " plotinienne, si bien que l'apparition de la lumière, obligée par le soufi qui a atteint le Dhikr de l'intime, devient comme le signe d'une mise en communication directe avec les mondes supra-terrestres. En elle est ciselée la figure de la Malakut (" Royaume ") et s'irradie en elle la sainteté de la Lahut (monde des essences divines).







I l est en son pouvoir de parvenir à cette limite, et de faire durer cet état en repoussant les tentations, par contre, il n'est pas en son pouvoir d'attirer à lui la Miséricorde de Dieu Très Haut.




Islam / Soufisme 473 | 
Ihya' 'ulim al-din, III, p16-17, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", l'expérience du Dhikr 
Remarque : Les ultimes effets de la technique du fait de la passivité du sujet peuvent se présenter psychologiquement comme un don reçu. Les auteurs musulmans conceptualiseront aussitôt cet état comme la venue de la lumière divine. Mais nous savons bien que les maîtres du Yoga présentent, eux aussi, le stade ultime du samadhi comme une irruption soudaine, que l'âme reçoit (de même la grâce du Bouddha dans le Nembutsu). Faut il y voir un témoignage expérimental d'une grâce gratuitement donnée ? Ce serait je crois, extrapoler. Ce qui caractérise la grâce divine c'est qu'elle n'est aucunement à la portée de l'homme. L'homme peut s'y préparer, mais inefficacement. La tentation de la technique, est de faire croire au contraire qu'elle prépare efficacement à un don, qui ne peut ne pas être donné, quant l'expérience se poursuit assez loin, quand elle " réussit". Le sentiment psychologique d'un don est normal, dès lors que l'homme s'avance de ses propres forces, bien qu'à contre pente de sa nature, dans une voie de la spiritualité naturelle, et donc, en fait, vers les profondeurs de son propre " Soi " (mais non vers les profondeurs d'un Autre, transcendant). Pour un croyant monothéiste, on comprend, qu'une telle expérience en vienne à être conceptualisé en fonction même des propositions de sa foi. Cette irruption soudaine de l'expérience ineffable du " Soi " pourra être dite Allah en climat musulman, et " déification participée " en climat chrétien. " Ce qui constitue le cœur même de la prière, c'est ce que l'on nomme la prière de Jésus […] le nom de Jésus, présent dans le cœur humain, lui communique la force de déification que le Rédempteur nous a accordée … " (S. Boulgakov, Orthodoxie, cité par " un moine de l'Eglise d'Orient ", la prière de Jésus, p86-87) […] Dans le " Dhikr de l'intime ", la dualité d'être semble s'abolir. Non par fusion, il est vrai, comme en climat indien, car la conceptualisation de la transcendance divine demeure, mais dans une ligne ressentie comme une " disparition " du sujet en son être même. […] L'état alors atteint est désigné par le terme fana', " annihilation, " abolition ", c'est à dire : " L'homme disparaît de lui-même, il ne sait rien des apparences extérieures de ses membres, ni du monde extérieur, ni de ce qui se passe en lui, il disparaît de tout cela, et tout cela disparaît de lui, fuyant vers Dieu d'abord, en Dieu ensuite " (Ibn Ata Allah)







P uis il en vient au point d'effacer la trace du mot sur la langue, et il trouve son cœur continuellement appliqué au Dhikr (la pratique soufi).
Il persévère assidûment jusqu'à ce qu'il en arrive à effacer de son cœur l'image de la locution, des lettres et de la forme du mot, et que les sens du mot demeure seul en son cœur, présent en lui, comme joint à lui, et ne le quittant pas.





Islam / Soufisme 472 | 
Ihya' 'ulim al-din, III, p16-17, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", l'expérience du Dhikr 
Remarque : En outre, c'est au stade du Dhikr du cœur qu'il conviendrait de référer principalement mais non exclusivement, à l'apparition de phénomènes visuels : phénomènes lumineux, colorés et à ce stade là, intermittents. En climat chrétien à partir du XIVème siècle, et dans les églises séparées, ces expériences de luminosité se trouveront comme prise en charge par la théorie des " énergies divines incréées " (considérées comme réellement distinctes de l'essence divine), et de la lumière incréée du " Thabor ". Nous avons affaire ici à un effort spéculatif à base de réflexion théologique qui entend elle-même fonder sa garantie sur des textes venus des Pères. Depuis la systématisation de Grégoire le Thessalonique, ces phénomènes lumineux, quant ils deviennent objectifs et visibles par un observateur préparé, sont pris volontiers comme la manifestation de l'état de grâce, entendons ici, essentiellement, l'état adamique recouvré. Le corps du Saint participe alors de la lumière incréée que revêtait le corps du Christ et se manifesta au Thabor. (corps astral) (Cf. Vladimir Lossky, Essai sur la théologie mystique de l'église d'orient). Dans la pensée des auteurs musulmans, ces apparitions lumineuses ne seront plus considérées comme la manifestation d'un état de grâce, don gratuit de Dieu, mais très souvent comme l'irradiation de la nature la plus intime de l'esprit, du ruh, qui vient en l'homme, du Commandement incréé du Seigneur. (cf. p30) Par exemple : l'âme ou l'esprit sera considéré comme entouré par sept enveloppes lumineuses, successivement visibles à l'œil intérieur du disciple qui pratique le Dhikr (cf. Ala - al Dawla Simnani, mort en 1336). Les enveloppes sont : qualibiyya (corporelle : couleur fumée grise), nafriyya (âme charnelle : bleue), qualbiyya (cœur : carminée), sirriyya (conscience [intime] : blanche), ruhiyya (esprit : jaune), khafiyya (mystère : noire), haqqiyya (réel : verte). […] (l'homme) L'apparition des phénomènes lumineux est mise ainsi en relation avec une saisie progressive du Soi, comme directement émané de la source créatrice. Nous avons donc cette dualité : une transcendance divine totale, maintenue au moins dans la formulation générale de la foi ; [et] une communication avec cette transcendance garantie par une technique. […] Et ainsi, la diversité même de ces conceptualisations nous incite, à distinguer nettement : 1) les visions lumineuses elles-mêmes, qui semblent liée à l'expérience. 2) l'explication qui en est proposée, variables selon les climats religieux, et selon les diverses écoles en chaque climat. [De même, on peut se demander] si l'apparition des lumières est : 1) due à la pratique exclusivement (auteurs musulmans en général) 2) ou biens aidée par la pratique mais non produit par elle, tel un don de Dieu (auteurs chrétiens en général et Ghazzali)







A près s'être assis dans la solitude, il [le soufi] ne cesse de dire de bouche Dieu [Allah], continuellement, et avec la présence du cœur.
Cela, jusqu'à ce qu'il parvienne à un état où il abandonne le mouvement de la langue, et voie le mot comme coulant sur celle ci.





Islam / Soufisme 471 | 
Ihya' 'ulim al-din, III, p16-17, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", l'expérience du Dhikr 
Remarque : En lui réponds, comme un écho, l'enseignement d'autres mystiques. En Extrême Orient, nous avons le japa yoga, brahamiste ou bouddhiste dont l'épanouissement semble avoir été la pratique shomyo du bouddhisme japonais, et l'inlassable répétition du Nembutsu (" pensée au Bouddha "), tout spécialement pratiquée et prêchée par le saint à l'attachante figure que fut Honen Shonin (1133 - 1212). Si nous passons en climat monothéiste, nous trouvons dans la première période de la mystique Juive (antérieur à l'Islam), la trace d'une expérience décrivant la " descente dans la Merkabah* ", et " aidée sinon provoquée, par une méthode corporelle de concentration et de répétition de formules, dont la vertu ne réside pas tant dans le sens que dans la monotonie et le pouvoir de fixation ". (G. Vajda, T.P. Revue des Etudes Juives, TCVH (bibliographie), p12) (* la Merkabah est le char de la vision du prophète Ezéchiel, cf. aussi Gershan G. Scholem, Major Trends in Jewish Mysticism, chap. II, pages 40 et suivantes) En Proche Orient Chrétien, déjà vers les Ve - VIIe siècles, dans la continuité des Pères du Désert, puis surtout dans les églises séparées grecques et russes, nous avons la " prière de Jésus " et la pratique dite de l'hésychasme.[…] Ces quelques rappels nous soulignent l'étonnante corrélation des méthodes du Nembutsu, de la " descente dans la Merkabah ", du Dhikr, de la " prière de Jésus ", et leurs phénomènes concomitants. Commentaires de GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", l'expérience du Dhikr, p190 à 193) Ici cependant, il nous faut bien faire intervenir une distinction que n'apportent pas les auteurs musulmans. Ce qui est le " fruit " direct de technique du Dhikr, c'est la main mise monoïdéique de Mentionné sur le mentionnant. Et si cette mainmise prend figure de transcendance quasi expérimentée, c'est que, par ailleurs, la foi musulmane informe et conceptualise l'expérience. Sur ce point, l'expérience par elle-même serait muette : ainsi en témoigne le Japa Yoga et le Nembutsu, qui, eux, n'aboutissent point, au contraire, à une saisie de la pure transcendance divine. C'est qu'ils sont informés par le " Toi, tu est Cela " indien, ou par l'entrée dans la " Terre pure " bouddhiste, de même que le Dhikr est informé par le Dieu unique de l'Islam.







C 'est Dieu qui interrompt par son irradiation, les élus du paradis dans leur jouissance du paradis. Il les ravit hors d'elle par son irradiation, pour que ce plaisir créé ne dure pas, et que l'ennui ne les prenne pas ; c'est leur retour à eux mêmes, succédant à l'irradiation de Dieu pour eux, qui répand sur eux la jouissance, car en Dieu on ne peut prendre jouissance.




Islam / Soufisme 441 | 
cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", chap. " l'amour de Dieu " 
Remarque : Pour la foi musulmane courante, le ciel, le paradis, ce ne sont pas (d'abord) Dieu se communiquant lui-même à l'âme bienheureuse. Le paradis, ce sont des biens créés, récompenses et jouissances (sensibles, imaginatives et intellectuelles précisera Ghazzali) promises aux élus.







N 'est-ce pas à Allah que toute chose retournera ? (Cor. 42: 53)
C'est à Lui que tout reviendra (Cor. 11: 123)
Et vous serez ramenés à Lui (Cor. 10: 56)
C'est à Lui que vous reviendrez (Cor. 6: 60)

Sache que le devenir de toute chose la reconduit à Dieu et que c'est à Lui qu'elle retourne. Ce retour à Lui des créatures se produit après la Résurrection, et cette dernière fait suite à l'anéantissement des créatures. Mais, comme l'a dit le Prophète - sur lui la Grâce et la Paix !- "Celui qui meurt, pour lui le jour de la Résurrection s'est déjà levé."

[...] . Le "retour" des choses-considérées sous le rapport de [la diversité de] leurs formes - à Allah, au terme de leur devenir, n'exprime qu'un changement de statut cognitif et non point une modification de la réalité. Celui qui meurt et pour qui s'accomplit la résurrection, pour celui-la, le multiple est Un, en raison de son unité essentielle; et l'Un est multiple en raison de la multiplicité en Lui des relations et des aspects.

Les essences - que certains appellent aussi les substances - ne disparaissent jamais. La "création nouvelle", qui est permanente en ce monde et dans l'autre, concerne seulement les formes, qui ne sont que des accidents. Et tout ce qui n'est pas l'Être absolu - qui appartient à Dieu- est accident."





Islam / Soufisme 439 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 221, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988 







T u es déjà éteint, mon frère, avant de subir l'extinction,
et tu n'es rien avant même d'être annihilé.
Tu es une illusion dans une illusion et un néant dans un néant.





Islam / Soufisme 434 | 
Al-Minah al-Quddûsiyah, dans Un Saint soufi du XXe siècle: le Cheikh Ahmad Al-Alawi, traduit par M. Lings, Le Seuil, 1990, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 25-27 







S i tu mentionnes Dieu Très Haut par ta langue, mentionne avec le Dhikr de ta langue tous les corps solides.
Si tu mentionnes avec ton cœur, mentionnes avec ton cœur l'univers corruptible et en lui, tous les mondes créés par Dieu.
Si tu mentionnes avec ton âme, mentionne avec elle les cieux, et ce qu'ils contiennent.
Si tu mentionnes avec ton esprit, mentionne avec toi le Siège divin et ses mondes.
Si tu mentionnes avec ton intellect, mentionne avec toi les porteurs du Trône et les anges chérubins, et les esprits rapprochés qui tournent autour du Trône.
Si tu mentionnes avec ton intime, mentionne avec toi le Trône avec tous ses mondes, jusqu'à ce que la mention (Dhikr) se joigne à l'Essence divine.





Islam / Soufisme 433 | 
Miftah al falah, p7, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Dhikr de l'intime, p226 et suivantes 
Remarque : Nous avons là une hiérarchie des mondes bien connue en soufisme. Tout d'abord, la Jabarut, le monde ou plutôt les mondes créés de la Toute Puissance divine, sujets au changement : c'est le " Dhikr de la langue " et le " Dhikr du cœur " qui mettent le serviteur en communication avec elle, selon le rapport macrocosme - microcosme que nous avons signalé. Vient ensuite la Malakut, monde des substances angéliques, des esprits prophétiques et des saints. D'autres textes, plus influencés de philosophie helléniste, l'appelleront simplement le monde des substances séparées. D'autre encore, comme Ibn' Atta' Allah, y verront, de préférence, les anges qui approchent le Trône divin. C'est encore un monde des formes, mais des formes supérieures. Au-dessus de lui, bien que pénétrant toute chose, c'est la Lahut, monde de l'Essence divine, sans forme parce qu'au delà des formes, imparticipable, sans " figure " qui se puisse " ciseler ", mais cependant irradiant et irradié, lumière subsistante et source de toute lumière. (Cf. les conceptions émanatistes et monistes d'Ibn Sina, spécialement dans les gloses sur la pseudo Théologie d'Aristote et les développements de l'école de l'ishraq). Comment ne pas évoquer ici le monde des " énergies divines ", " réellement distinct " de l'essence divine, elle-même imparticipable, et dont certains Orientaux voient précisément dans la transfiguration lumineuse qu'ils recherchent, ou du moins attendent, le signe de la présence ? On aimerait évoquer par ailleurs la " Terre pure " du Jodo, cette sorte de Nirvana positif, dont Honen promet l'entrée aux fidèles disciples du Nembutsu. Nous retrouvons une fois de plus la dualité constamment signalée : des effets liés à une expérience, et présentés comme tels, mais diversement conceptualisés au gré des affirmations de foi religieuse. Ce n'est pas le lieu de rechercher des sources historiques et les influences philosophiques (en Chrétienté comme en Islam : néoPlatonisme et gnose), qui ont pu commander de telles représentations. Du point de vue qui nous occupe, leurs concordances parlent d'elles-mêmes. L'existence possible (probable) de source commune n'ôte rien au témoignage que leurs affirmations à la foi semblables et diversifiées, nous livrent sur l'orientation des expériences poursuivies.







L e Shaykh al-akbar a dit à ce propos: "N'eût été Lui, n'eût été nous Ce qui est ne serait pas."
Autrement dit: sans Dieu, la créature ne serait pas existenciée et sans la créature, Dieu ne serait pas manifesté. Sache cependant que Dieu, pour Se manifester par Son essence à Son essence, n'a nul besoin des créatures puisque sous le rapport de l`Essence, il est absolument indépendant à l'égard des mondes et même de Ses propres noms: car, de ce point de vue, à qui se nommerait-il? à qui pourrait-il être décrit? A ce degré, il n'y a que l`Essence une et absolue! En revanche, lorsqu'il se manifeste avec Ses noms et Ses attributs- ce qui implique la manifestation de leurs effets- Il a besoin des créatures. Le Shaykh al-akbar a fait allusion à cela dans ces vers: "Chacun d'eux est dans le besoin Aucun d'eux ne se passe de l'autre".





Islam / Soufisme 430 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 103, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988 







S on Verbe a préexisté éternellement à toutes choses existantes,
Mais elles le voilent avec sagesse à qui ne comprend pas.
En lui, mon esprit s'est éperdu de sorte qu'ils se sont mêlés tous deux intimement, mais ce n'est pas un corps qui est entré dans un corps…





Islam / Soufisme 409 | 
" l'Eloge du Vin ", " Kamriyga " sur le Verbe préexistant,cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", p 61 







A ton cœur se révèle Celui qui n'a jamais cessé
de résider dans l'inscrutable mystère du Sans-commencement!
Mais c'est toi-même qui étais le voile sur ton oeil
bien que cela fût par la vertu même de ta similitude divine.
Alors au cœur apparaît que Celui qu'il voit
n'a jamais cessé de l'appeler vers Lui!





Islam / Soufisme 394 | 
La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal), traduit de l'arabe, présenté et annoté par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1992. 







L 'esprit (ruh), est une brise légère et parfumée par laquelle la vie est communiquée, tandis que l'âme (nafs) est un vent chaud, source de mouvements, et de désirs charnels.




Islam / Soufisme 389 | 
Kitab al ta' arruf, p41, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", le souffle dans l'Islam, p206 
Remarque : Aussi bien dans l'usage de certaines formulations ésotériques, la conscience fut prise de la nécessaire discipline du souffle, sinon antérieure, du moins concomitante à la récitation du Dhikr - l'explication alors donnée s'appliquera à rejoindre une ancienne tradition musulmane, celle des " lecteurs du Coran ". Ceux-ci, dès le temps des Compagnons du Prophète, s'exerçaient à " combiner leurs deux souffles ". Entendons : la nafs, " souffle de la glotte, [qui] vient des entrailles, [qui] fait goûter la saveur " - et le " ruh, souffle des narines, [qui] vient du cerveau, […] fait nasiller et éternuer […], sentir les odeurs et discerner les qualités spirituelles " (cf. Louis Massignon, l'idée de l'esprit dans l'Islam, art cit. p277). C'est par le ruh que sont vocalisés et nasillés les trois lettres de chaque racine, dont l'appui consonantique est donné par la nafs. Dans les conceptions d'anthropologie générale, le vocabulaire reste quelque peu flottant, variant selon les écoles et les influences reçues.La nafs (le nefesh hébreu) n'en désigne pas moins et premièrement " l'âme charnelle " ; tandis que le ruh (hébreu ruah), qui " vient du Commandement (incréé) du Seigneur " (cf. Coran 17, 87 : " Dis : l'esprit vient du Commandement de mon Seigneur ") […] Plus tard, et sous l'influence des philosophes hellénistes, les soufis mettront l'accent sur la distinction à base coranique, entre l'âme " commandante " (aux passions), l'âme " blâmante " (conscience " morale ") et l'âme " pacifiée, agréante et agréée " et feront de celle ci, ou " âme raisonnable " (natiqa), l'équivalent de l'esprit (ruh) ou du cœur (qalb). (Cf. Coran 12, 53 : " Je ne m'innocente cependant pas, car l'âme [" âme commandante ", ammara] est très incitatrice au mal, à moins que mon Seigneur, par miséricorde, [ne la préserve du péché]. Mon Seigneur est certes Pardonneur et très Miséricordieux " ; Coran 75,2 : " Mais non, Je jure par l'âme qui ne cesse de se blâmer. ", et Coran 89,27-28 " Ô âme pacifiée, retourne à ton Seigneur, agréante et agrée " (quand ils distinguent, les soufis établissent volontiers la hiérarchie ascendante : âme (nafs), cœur (qalb), esprit (ruh) ). Ils restent que l'un des objectifs de la " voie mystique " sera l'absorption, si l'on peut dire, du souffle chaud et charnel de la nafs par le souffle subtil et spirituel de la ruh.







L es sages dans l'autre vie seront, quant à leur visite de Dieu,
Rangés en deux catégories, l'une qui le visitera quand et autant de fois qu'elle le voudra ;
L'autre qui ne le visitera qu'une fois. Comment ?
- Lorsque Dieu, pour la première fois se fera voir des sages,
il leur montrera un marché ou il y a à vendre et à acheter des effigies d'hommes et de femmes, et celui (parmi les élus) qui pénétrera dans ce marché ne reviendra jamais plus visiter Dieu.
Ah ! Dieu te trompe en cette vie sur le marché, et dans l'autre, sur le marché ; tu te trouves, et pour toujours, l'esclave du marché !





Islam / Soufisme 379 | 
cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Bistami et l'ascèse du vide, p110 et suivantes 







L e chercheur de Vérité
Meurt avant sa mort pour vivre en son Seigneur,
Puisque après cette mort se fait la migration suprême.
À rendre compte il s'appelle lui-même avant d'y être appelé. [ ... ]





Islam / Soufisme 288 | 
Dîwân, traduit par M. Lings, Les Amis de l'Islam, Tourrette-sur-Loup, 1984, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 25-27 







A s-tu perçu l'appel de Celui qui appelle,
À son ordre t'es-tu levé?
As-tu retiré tes sandales comme ceux qui sont imprégnés
De la courtoisie de la voie? L'infini s'est-il refermé
Autour de toi de toutes parts? Et venu l'instant
De l'union, d'un seul élan t'es-tu précipité?





Islam / Soufisme 287 | 
Dîwân, traduit par M. Lings, Les Amis de l'Islam, Tourrette-sur-Loup, 1984, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 25-27 







O te tes sandales ! en vérité, tu es dans la vallée sainte du Tuwa "
(Coran 20,12)

" Je pense que Moise entendit le commandement ôte tes sandales, comme la renonciation aux deux mondes ; il obéit littéralement et se déchaussa, il obéit spirituellement, et rejeta les deux mondes "





Islam / Soufisme 286 | 
Mishkat al anwar, cité et traduit par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", chap. " le thème du buisson Ardent " 
Remarque : La vallée sainte dit le texte ghazzalien est la première étape de l'entrée des prophètes dans le monde de la Sainte transcendance, loin des troubles des sens et de l'imagination. Il leur est demandé de tourner la " face de leur âme " vers l'Unique Réalité, et donc de renoncer " aux deux mondes ", monde d'ici-bas, monde (créé) de l'Au-delà, qui sont corrélatifs, qui sont tous deux des accidents de la substance - lumière des hommes. C'est pour cela qu'il est dit à Moise : " ôte tes deux sandales ", commandement que Moise exécuta à double titre. Ansari avait déjà interprété ce même commandement comme un appel au dépouillement ascétique (tajrid). Au delà de toute attache créée, même en vie future (référence à l'enseignement habituel de l'Islam sur la jouissance de biens créés, sensibles et (ou) intelligibles, promis aux élus dans la vie future) - vers le seul Réel.







L 'extase emplit de joie celui qui cherche en elle son repos, mais quand Dieu est présent disparaît l'extase. Mon extase m'avait emplie de joie, mais ce que je trouvais au cœur de l'extase m'a captivé au point de me détourner de la vue même de l'extase.




Islam / Soufisme 280 | 
"Kitab al - ta' arruf", chap. 53 p 82/83 







L e premier pas vers l'unification est la totale suppression du tafrid (premier etat spirituel dans la typologie spirituelle).




Islam / Soufisme 278 | 
"Kashf al mahjub ", trad. Nicholson, p 281 
Remarque : Déjà, les feux du tajrid enivrent (cf. Massignon, Passions p 868), mais s'y laisser prendre enferme en soi même. Pour qui atteint le tafrid et y demeure, l'unicité divine, le tawhid, reste une unicité isolante, la fulguration d'une transcendance imparticipée et imparticipable, et non point une unification en Dieu et pour Dieu. On voit combien Hallaj avait raison, qui demandait malgré l'aide que pouvait apporter tajrid et tafrid au dépouillement de l'âme, la renonciation humble de l'esseulement, pour un au-delà, pour que l'âme, esseulée cette fois par Dieu, entre en la solitude divine. Renoncer à la plénitude isolante, pour un dialogue d'amour, une union d'amour avec Dieu, une inhabitation divine qui est un pur don de grâce.







C haque fois que tu vois les degrés spirituels
déployer leur éclat
Écarte-toi, comme nous nous en sommes écartés !





Islam / Soufisme 277 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 18, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988. 







C elui qu'Allah a gratifié de Sa miséricorde en Se faisant connaître à lui et en lui faisant connaître la réalité essentielle du monde supérieur et du monde inférieur, si, en dépit de cela, il se met à désirer la vision du monde de l'occultation, de l'Imagination absolue, et de tout ce qui échappe à la perception sensible en fait de formes illusoires, de pures relations dépourvues d'existence objective et qui n'ont d'autre réalité que celle de l'Être véritable -car elles ne sont rien d'autre que Ses manifestations, Ses attributions, Ses relations objectivement non existantes - celui-là est dans l'erreur et contrevient aux convenances spirituelles.




Islam / Soufisme 274 | 
Extraits de Écrits spirituels (Kitab al Mawaqif), Mawqif 18, présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz, Paris, Seuil, 1988. 







D ouze ans, j'ai été le forgeron de mon moi […],
enfin, j'ai eu une illumination, j'ai considéré la création,
j'ai vu qu'elle était devenue un cadavre.





Islam / Soufisme 241 | 
cité par GG Anawati et Louis Gardet, " La Mystique Musulmane ", Bistami et l'ascèse du vide, p110 et suivantes 





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En savoir + : Histoire et dogmes de la religion musulmane




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