Patrimoine  Mondial  des religions, traditions et courants de pensée



La mystique Chan

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M archer jusqu'au lieu où tarit la source
et attendre, assis, que se lèvent les nuages.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 2559 | 
entre source et nuage, p 60 François Cheng - spritualités vivantes - albin michel  







L e seigneur Uji, maire du palais, se rendit un jour à la chaufferie du palais et regarda comment on faisait le feu sous la marmite. Le chauffeur qui l'avait vu l'en chassa en l'apostrophant de la sorte : «Hé, qui c'est celui-là qui entre dans la chaufferie du palais sans en avoir reçu l'ordre !» Il ôta les vêtements humbles qu'il portait alors et il revêtit solennellement le costume de son rang. Quand il apparut ainsi majestueusement vêtu, le chauffeur le vit de loin et s'enfuit apeuré. Le maire du palais suspendit alors son costume à une perche et on le vit se prosterner devant. À celui qui l'interrogea sur ce comportement il répondit : «Ce qui me fait respecter des hommes, ce ne sont pas mes vertus mais seulement ce costume.»
C'est en effet ainsi que les sots respectent les gens ! Et le fait d'apprécier la forme littéraire des soutras et des autres textes sacrés, est tout autant stupide ! (...)





Bouddhisme / Mahayana / Zen 1681 | 
Enseignements du maître zen Dôgen (Shôbôgenzô Zuimonki), Traduction de Kengan D. Robert, éditions Sully, 2001. 







T ous les hommes sont aptes à appréhender la Réalité de bouddha. La vitesse de progression dans l'appréhension de l'Éveil n'est qu'une question de diligence ou d'indolence. Ce qui fait la différence entre diligence et indolence, c'est d'avoir ou non de la détermination. L'absence de détermination vient de ce qu'on ne pense pas à l'impermanence. On meurt pensée après pensée et cela ne s'arrête pas un moment. D'un bout à l'autre de votre existence ne laissez donc pas passer le temps en vain, même pour un moment.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 1680 | 
Enseignements du maître zen Dôgen (Shôbôgenzô Zuimonki), Traduction de Kengan D. Robert, éditions Sully, 2001. 







Q uelqu'un a dit : «Je suis malade, je ne suis bon à rien, je ne suis pas à la hauteur pour faire l'apprentissage de l'Éveil. Je veux donc, après avoir écouté l'essentiel de la doctrine, finir ma vie seul, retiré du monde, à cultiver mes qualités naturelles et à soigner ma maladie.»
Maître Dôgen expliqua : Si vous ne faites pas l'apprentissage de l'Éveil et ne le pratiquez au cours de cette vie-ci, dans quelle vie ultérieure pensez-vous que vous serez capable ou en bonne santé pour le faire ? Exercez-vous seulement à éveiller votre esprit sans vous préoccuper de votre corps et de votre vie. Voilà ce qu'est le plus important dans l'apprentissage de l'Éveil.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 1679 | 
Enseignements du maître zen Dôgen (Shôbôgenzô Zuimonki), Traduction de Kengan D. Robert, éditions Sully, 2001. 







L es six facultés étant sans souillure, on possède les vertus inhérentes à la concentration et à la sapience... L'Éveil détruit et l'esprit n'étant plus que vacuité, dans une union née d'une pensée instantanée, on transgresse subitement le profane et le sacré. On ne peut plus considérer le non être non-être ni l'être comme être. Que l'on soit en marche, debout, assis, couché, l'esprit reste inébranlable, et il est, à tout instant, vacuité et insaisissable.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 1611 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 106-109, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 462-463 







L a vacuité absolue, c'est le nirvana de pureté...




Bouddhisme / Mahayana / Zen 1610 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 106-109, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 462-463 







D ans l'absence de production, la production, c'est celle de l'aspect véritable.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 1609 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 106-109, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 462-463 







L orsqu'on est plongé dans la quiétude constante [de l'esprit propre], [on possède] une activité de réponse [aux sollicitations des êtres] qui est illimitée. L'activité avec vacuité constante, la vacuité avec activité constante, l'activité avec absence d'être, voilà la vacuité absolue. Dans la vacuité sans non-être, [il y a] l'être transcendant que constitue le savoir mystique..., c'est la mahaprajna. (1).




Bouddhisme / Mahayana / Zen 1608 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 106-109, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 462-463 
(1) Grande Sapience.







D ans l'immobilité de ce qui est ainsi par soi-même, il y a activité de mouvement inépuisable…




Bouddhisme / Mahayana / Zen 1607 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 106-109, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 462-463 







L a pratique qui est absence de pratique, c'est le passage sur l'autre rive.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 1606 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 106-109, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 462-463 







D ans l'absence de pensée, la pensée, c'est celle de l'absolu.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 1605 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 106-109, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 462-463 







L e zen nous ramene, par notre travail sur nous-memes, au monde ordinaire pour devenir tout simplement des gens ordinaires.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 1571 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.30 







Q uand on s'eveille enfin a la claire comprehension
Et que l'on sent qu'il n'y a aucune frontiere
Qu'il n'y en a jamais eu
On se rend compte quon est tout.
Les montagnes, les rivieres,
L'herbe, les, arbres, le soleil, la lune, les etoiles
Et l'univers enfin
Ne sont autres que nous-memes.
Rien ne nous distingue
Rien ne nous separe les uns des autres
L'alienation, la peur, la jalousie, la haine
Sont evanouies.
On sait en pleine lumiere
Que rien n'existe en dehors de soi
Que par consequent rien n'est a craindre.
Etre conscient de cet etat
Engendre la compassion,
Les gens et les choses
Ne sont plus separes de nous
Mais sont au contraire
Comme notre propre corps.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 1272 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.74 







E tre bouddha, c'est etre, tout simplement.
Et lorsqu'on ne fait rien, on fait neanmoins quelque chose puisque l'on est.
Notre etre exprime, notre souffle exprime, notre corps, notre regard, notre voix expriment quelque chose.
Notre nature doit s'exprimer de la facon la plus authentique, la plus adequate, la plus simple, jusque dans les choses les plus infimes.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 1263 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.30 







L a vocation du zen est de nous rendre purs et de nous amener a un etat d'harmonie, a un retour a l'equilibre qui est souvent l'etat naturel de l'enfant.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 1262 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.30 







A ller a la quete du Bouddha, c'est aller a la quete de soi.
C'est chercher a se connaitre et parvenir a s'oublier soi-meme.
S'oublier soi-meme, c'est etre inonde par la lumiere qui se trouve dans l'univers.
Et etre inonde par la lumiere de l'univers, c'est abandonner son corps et son esprit.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 1261 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.29 







S i tu ne trouves pas la verite a l'endroit ou tu es, ou esperes-tu la trouver?




Bouddhisme / Mahayana / Zen 1259 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.26 







J e n'ai jamais entendu dire que quelqu'un ait eu des resultats sans etudier ou atteint la realisation sans pratiquer.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 1258 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.26 







P our trouver le joyau, il faut apaiser les ondes car il est difficile de le trouver en agitant I'eau. Quand les eaux de la meditation sont calmes et limpides, le joyau de l'esprit est visible naturellement.
Si un joyau tombait dans une fontaine, la plupart des gens se jetteraient a I'eau et la tourmenteraient jusqu'a ce qu'elle devienne trop trouble pour y trouver autre chose que des cailloux.
Mais le sage, lui, attendrait que l'eau se calme pour permettre au joyau de briller par lui-meme.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 1255 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.25 







N otre vie n'est qu'un rêve. [ ... ] Les gens souffrent à cause de leur esprit empli d'illusions, de folies et de peurs; mais tout cela n'est qu'images dans un miroir, sans réelle existence.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 877 | 
Le Bol et le Bâton, trad. A. Lieemann, L. Najas, A. M. Fabbro, E. et M. de Smedt, 1986, Éditions Albin Michel, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 64-66 







L 'Illumination originelle est la pratique merveilleuse.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 789 | 
Gakudoyojin-shu (recueil de l'application de l'esprit à l'étude de la Voie), p. 78, traduit par Hoang-Thi-Bich, Genève-Paris, Droz, 1973 







C omprendre sans avoir recours au graduel, spontanément, voilà le sens de la nature subite. La vacuité et quiétude originelles de l'esprit propre, voilà l'illumination subite. L'absence de demeure de l'esprit propre, voilà l'illumination subite... Entendre parler de la vacuité sans s'attacher à la vacuité et sans saisir non plus la non-vacuité, voilà l'illumination subite. Entendre parler du moi sans s'attacher au moi et sans saisir non plus le non-moi, voilà l'illumination subite. Accéder au nirvana sans rejeter la renaissance et la mort, voilà l'illumination subite... Ceux qui partent du principe absolu parviennent rapidement au Chemin. Ceux qui cultivent les pratiques externes y parviennent lentement.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 788 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 53-54, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 459 







S i l'on possède] cette connaissance, c'est la concentration [samadhi] sans concentration, la sapience sans sapience, la pratique sans pratique. […]
Nirvana et sapience diffèrent par le sens, mais sont identiques dans leur substance… La sapience illumine complètement le nirvana, c'est pourquoi on l'appelle connaissance et vue du Tathagata. Cette connaissance est celle de la vacuité et de la quiétude constantes [de l'esprit propre], et cette vue, c'est la vue directe du non-produit. Lorsque cette connaissance et cette vue sont parfaitement claires, il n'y a plus ni identité ni différence; mouvement et immobilité sont tous deux transcendants, principe absolu et choses mondaines sont semblables. Dans la pureté du principe absolu et au milieu des choses mondaines, on est capable de pénétrer [tous les dharma]…





Bouddhisme / Mahayana / Zen 780 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 106-109, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 462-463 







Z azen lui-même est Satori. Pas de dualité ou de relativité entre l'homme et le Bouddha, mais unité complète.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 677 | 
Questions à un maître zen, trad. E. de Smedt, 1984 / 1990, Éditions Albin Michel, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 64-66 







N ul besoin de collines et de ruisseaux pour une méditation paisible
Quand la conscience s'éteint le feu se rafraîchit de lui-même.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 659 | 
cité par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p. 468 







L a bouche veut en parler mais les mots se meurent.
Le cœur veut s'y accorder mais la pensée s'évanouit.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 658 | 
cité par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p. 468 







M ille herbes pleurent des larmes de rosée.
Un pin tout seul murmure dans la brise.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 657 | 
cité par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p. 468 







J e le rencontre mais ne sait qui il est,
Je m'entretiens avec lui mais j'ignore son nom.
Là où ni lune ni soleil n'atteignent,
Là, en vérité, quel merveilleux paysages !





Bouddhisme / Mahayana / Zen 656 | 
cité par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p. 467 







B ien que nés de la même lignée,
Nous ne mourrons pas de la même lignée.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 655 | 
cité par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p. 467 







A voir un ennui, c'est recevoir une grâce ;
Etre heureux, c'est être mis à l'épreuve.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 654 | 
cité par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p. 466 







V ouloir connaître l'Esprit originel, la nature essentielle :
Voilà la grande maladie de notre religion.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 653 | 
cité par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p. 466 







N ous sommes originellement des Bouddhas. Donc, il faut que notre conduite se trouve d'accord avec la conduite du Bouddha, et notre Cœur (1) d'accord avec le Cœur du Bouddha. Retournant à la racine, revenant à la source, nous coupons court aux pratiques inférieures. Retranchant ainsi et encore retranchant, nous arrivons au non-composé. […]
Qu'elle est grandiose, la porte merveilleuse, la recherche sur l'origine de l'homme, quand elle aboutit là !





Bouddhisme / Mahayana / Zen 607 | 
Le Yuan Jen Loue (Enquête sur l'origine de l'homme), traduit par P. Masson-Oursel, Journal Asiatique, mars-avril 1915, p. 299-354 
(1) Trad. modifiée. Ici et ci-dessous, nous rendons sin par " Cœur "







Q uand une fleur s'épanouit, le monde entier se révèle.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 604 | 
cité par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p. 466 







D ix ans je n'ai pas pu retourner, à présent j'ai oublié par quel chemin je suis venu.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 603 | 
cité par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p. 468 







L a vraie liberté est celle qui est à l'intérieur de l'esprit...
La liberté n'est pas de faire ce que l'on veut, car les désirs de l'homme sont illimités.
Il vaut mieux faire décroître ses désirs...
Autant que possible, il faut les sublimer; ainsi vient la liberté, grâce à un idéal spirituel.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 599 | 
Questions à un maître zen, trad. E. de Smedt, 1984 / 1990, Éditions Albin Michel, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 64-66 







T elle est la " transmission directe ":
Le Bouddha transmet au Bouddha, et cela jusqu'à maintenant, sans qu'il y ait eu d'interruption. Celui qui a pu s'éveiller, comment ne serait-il pas le Bouddha ?





Bouddhisme / Mahayana / Zen 456 | 
Gakudoyojin-shu (recueil de l'application de l'esprit à l'étude de la Voie), p. 167, traduit par Hoang-Thi-Bich, Genève-Paris, Droz, 1973 







I l nous faut suivre l'Illumination d'autrui : cela s'appelle Transmission directe ; cela s'appelle aussi la Réceptivité. Parce qu'on se consacre à suivre l'Illumination d'autrui, on n'a pas affaire à ses vieilles vues à soi. Parce qu'on se contente de mettre en oeuvre sa propre Réceptivité, on n'est pas en présence d'une demeure nouvelle.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 453 | 
Gakudoyojin-shu (recueil de l'application de l'esprit à l'étude de la Voie), p. 173-174, traduit par Hoang-Thi-Bich, Genève-Paris, Droz, 1973 







L a compréhension de la Loi et l'obtention de la Voie dépendent de la force du maître [ ... ]. Lorsque nous consultons un maître [ ... ], il nous faut purifier corps et esprit, calmer vue et ouïe, pour ne faire qu'écouter et recevoir les instructions du maître, sans y mêler aucune autre pensée. Le corps et l'esprit doivent être un-et-même avec ceux du maître, ainsi que l'eau qu'on verse d'un vase dans un autre. Seul celui qui est capable de se rendre tel pourra recueillir l'enseignement du maître.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 452 | 
Gakudoyojin-shu (recueil de l'application de l'esprit à l'étude de la Voie), p. 151, traduit par Hoang-Thi-Bich, Genève-Paris, Droz, 1973 







L es paroles de mon grand maître, le sixième patriarche (1), pénétraient les auditeurs une à une, directement, comme des couteaux; elles leur faisaient comprendre et voir leur nature propre directement, sans qu'il eût à parler du graduel. Vous qui étudiez le Chemin, vous devez être éveillés subitement, [puis] vous cultiver graduellement et, sans quitter [le monde], obtenir la délivrance. Il en est comme d'une mère qui met subitement son enfant au monde, lui donne le sein et le nourrit peu à peu : la sagesse de cet enfant s'accroît spontanément. De même, l'illumination subite, la vue subite de la nature de Bouddha [se produisent brusquement] et la sapience s'accroît ensuite spontanément peu à peu.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 450 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 92, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 459 
(1) Houei-neng







S i vous étudiez dès aujourd'hui avec moi la perfection de sapience, vous obtiendrez un esprit identique celui des Bouddha et des bodhisattva, dès aujourd'hui, dans l'océan des renaissances et morts, en une pensée instantanée, vous obtiendrez l'union avec les Bouddhas et les bodhisattvas. Si, demeurant dans cette union née d'une pensée instantanée, vous cultivez les pratiques, vous connaîtrez le Chemin, vous obtiendrez le Chemin.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 449 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 13-14, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 460 







U n visiteur demanda s'il était possible d'accomplir le chemin de Bouddha en une vie. On le peut, répondit Chen-houei... Selon la doctrine du Mahayana, les obstacles du karman, nombreux comme les grains de sable du Gange, en une pensée instantanée, sont réduits à néant, et la substance de la nature propre, qui est non produite, en un instant accomplit le Chemin. Comment, à plus forte raison, ne pourrait-on l'obtenir en une vie ?




Bouddhisme / Mahayana / Zen 448 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 457 







L a Réalisation vient de la pratique, ainsi la Réalisation est sans limite; la Pratique se trouve dans la Réalisation, ainsi la Pratique n'a pas de commencement.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 446 | 
Gakudoyojin-shu (recueil de l'application de l'esprit à l'étude de la Voie), p. 62, traduit par Hoang-Thi-Bich, Genève-Paris, Droz, 1973 







L 'atteinte de l'Illumination en un bond dépend nécessairement d'une pratique persévérante.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 445 | 
Gakudoyojin-shu (recueil de l'application de l'esprit à l'étude de la Voie), p. 126, traduit par Hoang-Thi-Bich, Genève-Paris, Droz, 1973 







L es exercices... ne se séparent pas de la connaissance et de l'Éveil... De telles causes et de tels fruits ne sont rien d'autre que production et destruction : ils n'existent pas foncièrement. Pourquoi donc avoir recours aux exercices ?

- ... Si l'on s'écarte de la connaissance et de l'Eveil, comment serait-ce le Chemin?

- La substance du Chemin est absence d'objets particuliers, elle n'est comparable à rien, elle est dépourvue de connaissance, d'Éveil et d'activité de rayonnement, dépourvue de dharma de mouvement et d'immobilité. En elle, ni terre spirituelle [de cittal, ni terre mentale [de manas] ne peuvent être établies. Elle est sans allée ni venue, sans intérieur ni extérieur ni milieu, sans localisation. Elle n'est pas quiétude. Elle est sans concentration [samadhi] ni distraction. Elle est sans vacuité et sans nom. Elle est absence de phénoménal, absence de pensée, absence de réflexion. Ni la connaissance ni la vue ne peuvent l'atteindre. Elle ne peut être éprouvée. La nature du Chemin est absolument insaisissable.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 444 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de 







Q uestion: Notre part d'énergie vitale (qi) s'épuise dans cette vie: lorsque celle-ci arrive à son terme, l'énergie se dissout pour se fondre dans le non-existant (wu). L'esprit (shen) a beau être une chose subtile, c'est le résultat des transformations du Yin et du Yang. Ceux-ci en se transformant donnent la vie, en se transformant encore ils donnent la mort. Leur condensation est commencement, leur dispersion est fin. Il est donc certain que l'esprit et le corps évoluent ensemble, suivant un seul et même fil dès l'origine. Le subtil et le grossier ne sont qu'un seul qi et demeurent à jamais ensemble. Tant que la demeure est intacte, le qi reste condensé et il y a de l'esprit; mais dès que la demeure est détruite, le qi se disperse et la lumière s'éteint. À la dispersion, ce qui a été reçu retourne à la racine céleste; l'extinction, c'est le retour au non-existant. Ce retour à l'extinction finale est déterminé par le processus naturel. Y aurait-il quelqu'un pour faire qu'il en soit ainsi ?

Mais même à supposer que corps et esprit soient à l'origine distincts, que ce soient des qi différents qui, à force de s'unir, finiraient par se transformer ensemble, il resterait que l'esprit réside dans le corps. De la même façon, le feu réside dans le bois : tant que le corps est en vie, l'esprit se maintient, mais dès que le corps est détruit, l'esprit s'éteint. Lorsque le corps se désintègre, l'esprit se disperse, faute de demeure; lorsque le bois se putréfie, le feu s'éteint, faute de support. Tel est le principe interne des choses (LI). [ ... ]

Réponse [de Huiyuan] : Qu'est-ce donc que l'esprit? C'est la quintessence [du qi] affinée au point de devenir spirituelle. [ ... ] Zhuangzi a émis des paroles profondes sur la grande Origine: " La grande motte (c'est-à-dire l'univers) me met en peine durant la vie, me met au repos à la mort. " Il dit aussi que la vie est une entrave pour l'homme, alors que la mort est retour à l'authentique. Nous savons ainsi que la vie est la plus grande des calamités, alors que la non-vie est retour à la racine.
Wenzi rapporte ainsi les propos de l'Empereur jaune - " Le corps connaît la destruction, mais l'esprit ne change pas. Dans son immutabilité, il chevauche les mutations et ses transformations n'ont pas de fin. " Zhuangzi dit aussi : " Avoir atteint la forme humaine est une joie. Mais quand bien même elle se transformerait de dix mille façons, elle serait encore loin de la complétude. " Nous savons ainsi que la vie ne s'épuise pas dans une seule transformation et que c'est à force de poursuivre les choses qu'il n'y a pas de retour. Bien que ces deux maîtres [Zhuangzi et Wenzi] n'aient pas découvert toute la réalité des choses dans leurs discours, ils en ont approché le fondement par ouï-dire.
Votre propre discours, faute d'examiner la théorie de l'alternance de vie et mort, vous fait penser à tort que le qi se condense et se dissout en une seule transformation. Faute d'avoir idée que le Dao de l'esprit a la spiritualité d'une chose merveilleuse, vous considérez que le subtil et le grossier trouvent une fin commune. N'est-ce pas affligeant ?
Quant à votre métaphore du feu et du bois, elle est tirée des écrits des saints, mais vous en avez perdu le sens correct et l'avez exposée de façon obscure, sans l'avoir examinée. [ ... ] Le feu qui se propage dans le bois est comme l'esprit qui se propage dans le corps. Le feu qui se propage un autre fagot est comme un esprit qui se transmet à un autre corps. [ ... ] Quelqu'un dans l'illusion, voyant le corps se désagréger au bout d'une seule vie, croit que le désir de vivre de l'esprit périt avec lui ; de la même façon, constatant que le feu s'éteint sur un seul morceau de bois, il pense qu'il est éteint à tout jamais."





Bouddhisme / Mahayana / Zen 368 | 
Xing jin shen bu mie (La forme corporelle s'épuise, niais l'esprit est indestructible), reproduit dans Zhongguo fojiao sixiang ziliao xuanbian, t. 1, P. 85, cité et traduit par Anne Cheng, Histoire de la pensée Chinoise, Edition du Seuil, 1997, " les débuts de l'aventure bouddhique " en Chine. 
À noter que la métaphore du feu pour la vie est classique, cf. Wang Chong, Lunheng 61 (" De la mort "), éd. ZZJC, p. 204.







L a nature du Bouddha est en vous, partout,
dans votre corps, vos cellules.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 305 | 
Questions à un maître zen, trad. E. de Smedt, 1984 / 1990, Éditions Albin Michel, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 64-66 
(1)"La nature de Bouddha est l'essence [dharmata] très profonde et vraie, elle est apaisée, quiescente, sans caractère comme l'espace." Avatamsakasutra, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.118
Remarque : La matrice de Bouddha, véritable nature originelle qui ne croît ni ne décroît, qu'elle soit éveillée ou latente, est immanente à tous les êtres mais seuls ceux qui en prennent conscience parviennent à l'Éveil. Le Ratnakuta la définit comme originellement immaculée, bien que souillée de façon accidentelle par les inclinations. C'est à cause d'elle qu'on ne peut assigner d'origine au devenir. Sans elle point de dégoût de la douleur, point d'aspiration au nirvana. En réalité ce tathaga-tagarbha ne naît ni ne meurt, il est identique au domaine absolu, au corps d'essence, à la lumière consciente originelle, à la lignée mystique, à l'Ainsité. Inconcevable, il relève du domaine des Tathagata. (cf. Siddhi, p.'756, condensé de la Srimalika)







Q u'est-ce que la concentration de dhyana dans le Grand Véhicule ?
La concentration de dhyana dans le Grand Véhicule consiste à ne pas se livrer aux exercices spirituels [à ne pas regarder son esprit], à ne pas regarder la pureté, à ne pas contempler la vacuité, à ne pas fixer son esprit, à ne pas le purifier, à ne pas regarder au loin, à ne pas regarder auprès. Elle consiste en absence de toute direction, en non-humiliation, en absence de peur, en absence de distinctions. Elle consiste à ne pas se plonger dans la vacuité et à ne pas demeurer dans la quiétude. Elle consiste en non-production de toutes les particularités, qui sont erreur.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 265 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 78-80, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 457 







A u point où on en arrive à être obstrué par la Voie, il y a clarté parfaite. Chez celui qui en vient à être obstrué par l'Éveil, il y a réalisation complète.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 264 | 
Gakudoyojin-shu (recueil de l'application de l'esprit à l'étude de la Voie), p. 168 , traduit par Hoang-Thi-Bich, Genève-Paris, Droz, 1973 







U nion (yoga) veut dire vue de l'absence de pensée, pénétration
de la nature propre, insaisissable, et l'insaisissable, c'est le dhyana
du Tathagata.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 250 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 55, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 460 
Remarque : " Voir l'absence de pensée ", c'est échapper à la vision dualisante du monde et s'absorber dans la Conscience-sans-conscience ou Conscience pure, non souillée par les notions et impressions fabriquées par le moi. L'adepte possède alors sapience et efficience (" maîtrise des dharma "). Ses pensées ne demeurent plus nulle part car elles ne s'attachent plus à rien ; elles surgissent dans l'instant, merveilleusement justes et appropriées aux circonstances, mais ardentes, sans retombée, comme des flammes. Le moi n'y participe pas - c'est l'esprit de pureté -, et la nature propre est laissée à sa vacuité et à sa quiétude foncières. Les particularités ou marques distinctives abandonnées, on accède à la terre de Bouddha, où règne l'Egalité. Devenir et extinction ne font plus qu'un.







S i l'on voit l'absence de pensée, même au milieu des impressions réunies de la vue, de l'ouïe, de la perception et de la connaissance, on reste dans une vacuité et une quiétude constantes.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 249 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 52, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 461 





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En savoir + : Histoire et dogmes de l' ecole chan




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