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La mystique catholique

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O Seigneur, Fais de moi un instrument de ta Paix,
Là où il y a la haine, que je mette l’Amour,
Là où il y a l’offense, que je mette le Pardon,
Là où il y a la discorde, que je mette l’Union,
Là où il y a l’erreur, que je mette la Vérité,
Là où il y a le doute, que je mette la Foi,
Là où il y a le désespoir, que je mette la Confiance,
Là où il y a la tristesse, que je mette la Joie,
Là où il y a l’obscurité, que je mette la Lumière,

O Seigneur, que je ne cherche pas tant
A être consolé, qu’à consoler,
A être compris, qu’à comprendre,
A être aimé, qu’à aimer.
Car c’est en donnant qu’on reçoit,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en s’oubliant, qu’on se trouve,
Et c’est en mourant, qu’on naît à la vie éternelle.





Christianisme / Catholicisme 4281 | 
Prière de Saint François d’Assise 







D onnez-moi la pénétration pour comprendre, la capacité de retenir, la manière et la facilité d'étudier, la subtilité pour interpréter et une grâce abondante pour parler.




Christianisme / Catholicisme 3781 | 
Prier avec Thomas d'Aquin par Suzanne Vrai et André Pinet p. 47 







L 'homme est libre ; sans quoi conseils, exhortations, préceptes, interdictions, récompenses et châtiments seraient vains. Pour mettre en évidence cette liberté, il faut remarquer que certains êtres agissent sans jugement, comme par exemple, la pierre qui tombe ; il en est ainsi de tous les êtres privés du pouvoir de connaître. D'autres agissent d'après une appréciation mais qui n'est pas libre ; par exemple, les animaux ; en voyant le loup, la brebis saisit par un discernement naturel mais non libre, qu'il faut fuir ; en effet, ce discernement est l'expression d'un instinct naturel et non d'une opération synthétique. Il en est de même pour tout discernement chez les animaux. Mais l'homme agit par jugement, car c'est par le pouvoir de connaître qu'il estime devoir fuir ou poursuivre une chose. Et puisqu'un tel jugement n'est pas l'effet d'un instinct naturel, mais un acte de synthèse qui procède de la raison, l'homme agit par un jugement libre qui le rend capable de diversifier son action. En effet, à l'égard de ce qui est contingent, la raison peut faire des choix opposés.
Or, les actions particulières sont en un sens contingentes, aussi le jugement rationnel peut les apprécier diversement et n'est pas déterminé par un point de vue unique. Par conséquent, il est nécessaire que l'homme soit doué du libre-arbitre du fait même qu'il est doué de raison.





Christianisme / Catholicisme 2057 | 
Somme théologique 







L 'amour extrême ne se mesure pas
il se contente de donner.





Christianisme / Catholicisme 1993 | 
Mère Teresa «IL n'y a pas plus grand amour» , Libre Expression ,1997, isbn2-89111-765-4.  







S 'il y a beaucoup de demeures au ciel, il y a beaucoup de chemins pour y arriver.




Christianisme / Catholicisme 1635 | 
Le château intérieur 







A ussitôt, l'entendement accourt lui faire entendre […] que le monde entier est plein de fausseté et ses plaisirs pleins de peines, de soucis, et de contrariétés. Elle comprend qu'elle est certaine de ne trouver ni sécurité, ni paix hors de ce château. Elle doit donc cesser d'aller dans des maisons étrangères puisque la sienne regorge de biens, si elle veut bien en jouir. Qui donc pourrait trouver comme elle tout ce dont elle a besoin dans sa maison, en particulier un pareil hôte [Dieu].




Christianisme / Catholicisme 1634 | 
Le château intérieur, deuxièmes Demeures, paragraphes 3-5 







L es démons proposent ces couleuvres que sont les choses du monde. Ils présentent ses joies comme étant éternelles, en quelque sorte.




Christianisme / Catholicisme 1633 | 
Le château intérieur, deuxièmes Demeures, paragraphes 3-5 







C eux qui ont déjà commencé à faire oraison ont compris l'importances pour eux, de ne pas en rester aux premières Demeures. Mais, souvent, ils ne sont pas encore assez déterminés à ne pas y rester, ils ne s'éloignent pas encore des occasions, ce qui est fort dangereux.




Christianisme / Catholicisme 1632 | 
Le château intérieur, deuxièmes Demeures, paragraphes 2-3 







I l est très utile […] que chacun, selon son état, tâche de se dégager des choses et des affaires qui ne sont pas nécessaires. C'est d'une importance telle que j'estime impossible qu'on accède jamais à la Demeure principale sans commencer par là.




Christianisme / Catholicisme 1631 | 
Le château intérieur, premières Demeures, chapitre II,14 







T u sais maintenant, chère âme, ce que tu as à faire pour trouver l'Epoux dans la retraite de ton coeur.




Christianisme / Catholicisme 1630 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







C ette nuit n'est autre que la contemplation. Elle produit chez les spirituels deux sortes de ténèbres ou de purifications, qui ont rapport aux deux parties dont l'homme est composé : la partie sensitive et la partie spirituelle. La première nuit ou la première purification sera donc sensitive. Elle aura pour effet de purifier et de dénuder l'âme selon le sens et d'adapter la partie sensitive à l'esprit. La seconde nuit sera une purification spirituelle. Elle aura pour effet de purifier et de dénuder l'âme selon l'esprit, et de la disposer à l'union d'amour avec Dieu.




Christianisme / Catholicisme 1570 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







L oué sois-tu, mon Seigneur,
pour notre soeur la Mort corporelle
à qui nul homme vivant ne peut échapper.
Malheur à ceux qui meurent en péché mortel,
heureux ceux qu'elle surprendra faisant ta volonté,
car la seconde mort ne pourra leur nuire.












T rès-Haut, Tout-Puissant, Bon Seigneur,
À vous les louanges, la gloire, l'honneur et toute bénédiction.
À vous seul, ô Très-Haut, elles sont dues,
Et aucun homme n'est digne de prononcer votre nom.

Soyez loué, Seigneur, pour toutes vos créatures,
Spécialement pour Messire le Soleil notre Frère,
Qui dispense la lumière du jour;
Il est beau, il rayonne de splendeur;
Il est vraiment, ô Très-Haut, celui qui vous révèle.

Soyez loué, Seigneur, pour notre soeur la Lune, les Étoiles;
Vous les avez formées dans le ciel, claires, précieuses et belles.
Soyez loué, Seigneur, pour notre frère le Vent,
Pour l'air et ses nuages, pour le ciel pur et pour toutes les saisons
Qui donnent à vos créatures la vie et le soutien.

Soyez loué, Seigneur, pour notre soeur l'Eau,
Si utile, si humble, si précieuse et si chaste.
Soyez loué, Seigneur, pour notre frère le Feu;
C'est par lui que vous illuminez la nuit;
Il est beau, il est gai, il est puissant et fort.

Soyez loué, Seigneur, pour notre soeur la Terre
Qui nous soutient et nous nourrit;
Elle produit des fruits, des fleurs aux mille nuances,
Ainsi que la verdure.

O vous, tous les êtres créés, louez et bénissez mon Seigneur;
Servez-le dans l'humilité!












S i nous sommes pleins du péché, Dieu ne peut nous remplir, car Dieu lui-même ne peut remplir ce qui est plein. Voilà pourquoi nous avons besoin du pardon : nous nous vidons, et Dieu nous remplit de lui-même.




Christianisme / Catholicisme 1327 | 
Extrait de La joie du don 







B ien des gens acceptent de faire des grandes choses. Peu se contentent de faire de petites choses au quotidien.




Christianisme / Catholicisme 1270 | 
Le grand livre de la sagesse, ediction le cherche midi editeur, p.67 







O mon âme, considère la grande joie et le grand amour qu'éprouve le Père à connaître son Fils, et le Fils à connaître son Père, et l'ardeur avec laquelle le Saint-Esprit s'unit à eux, et comment aucune de ces trois Personnes ne peut se départir de cet amour ni de cette connaissance, parce qu'elles sont toutes les trois une même chose. Ces souveraines personnes se connaissent, elles s'aiment et elles sont les délices les unes des autres. De quelle utilité peut donc être mon amour ? Pourquoi le voulez-vous, ô mon Dieu, quel gain y trouvez-vous ? 0, Vous, soyez béni, soyez béni, vous, ô mon Dieu, pour toujours. Que toutes les choses chantent vos louanges, Seigneur, éternellement, car vous êtes éternel.











M ais, ô mon Dieu, serait-il possible de trouver une âme qui, après avoir reçu de vous des faveurs si élevées, des joies si, intimes, et compris que vous mettiez en elle vos délices, vous ait offensé de nouveau, et ait oublié tant de faveurs et tant de marques de votre amour dont elle ne pouvait douter puisqu'elle en voyait les effets merveilleux ? Oui, cela est possible, je l'affirme. Il y a une âme qui vous a offensé, non pas une fois seulement, mais souvent, et cette coupable, c'est moi, ô mon Dieu. Plaise à votre Bonté, Seigneur que je sois la seule âme de cette sorte, la seule qui soit tombée dans une malice si profonde et qui ait manifesté un tel excès d'ingratitude ! Sans doute, vous avez daigné dans votre infinie Bonté en tirer quelque bien et plus ma misère a été profonde, plus aussi elle fait resplendir le trésor incomparable de vos miséricordes. Et avec combien de raison ne puis-je pas les chanter éternellement ! Je vous en supplie, ô mon Dieu, qu'il en soit ainsi, que je puisse les chanter et les chanter sans fin ! Vous avez daigné me les prodiguer avec tant de magnificence ! Ceux qui le voient en sont étonnés. Moi-même j'en suis souvent ravie, et je puis mieux alors vous adresser mes louanges ! Si une fois revenue à moi je me trouvais sans vous, ô Seigneur, je ne pourrais rien. … Ne le permettez pas, Seigneur. Ne laissez pas se perdre une âme que vous avez achetée au prix de tant de souffrances.




Christianisme / Catholicisme 1238 | 
Autobiographie, chapitre XIV,10 







S ouveraine Majesté, Éternelle Sagesse,
Bonté douce à mon âme,
Dieu, mon Seigneur,
Qu'ordonnez-vous qu'il soit fait de moi ?

Je suis vôtre puisque vous m'avez créée,
Vôtre, puisque vous m'avez rachetée,
Vôtre, puisque vous m'avez supportée,
Vôtre, puisque vous m'avez appelée,
Vôtre, puisque vous m'avez attendue,
Vôtre, puisque je ne me suis pas perdue..

Voici mon cœur, Je le remets entre vos mains
Voici mon corps, ma vie, mon âme,
Ma tendresse et mon amour…
Si vous me voulez dans la joie,
Par amour pour vous je veux me réjouir
Si vous me commandez des travaux,
Je veux mourir à l'ouvrage.
Dites-moi seulement où, comment et quand.
Parlez, ô doux Amour, parlez.

Je suis vôtre, pour vous je suis née,
Que voulez-vous faire de moi ?





Christianisme / Catholicisme 1237 | 
poésie n°2 : dans les mains de Dieu 







I l arrive que Notre Seigneur accorde à l'âme une jubilation, une oraison étrange, que l'âme ne comprend pas […] C'est, ce me semble, une union profonde des puissances, mais Notre Seigneur les laisse, avec les sens, libres de jouir de cette joie. Ils ne comprennent toutefois ni ce dont ils jouissent ni comment ils en jouissent. […]. Le bonheur de l'âme est si excessif qu'elle ne voudrait pas être seule à en jouir, mais le dire à tout le monde pour qu'elle l'aide à louer Notre Seigneur ; elle ne tend qu'à cela. Oh ! que de fêtes elle célébrerait, que de démonstrations, si elle le pouvait, pour que le monde entier conçoive sa joie ! Il lui semble s'être enfin trouvée, et comme le père de l'enfant prodigue (cf. Lc.15,22ss), elle voudrait convier tout le monde à de grandes fêtes, … car tant de joie intérieure, au plus profond de l'âme, tant de paix, et de contentement ne tendent qu'à provoquer la louange de Dieu.




Christianisme / Catholicisme 1234 | 
Le château intérieur, sixièmes Demeures, chapitre VI,10 







J e me demande si on ne pourrait pas dire que de ce brasier ardent, qui est mon Dieu, une étincelle jaillit, touche l'âme, et lui transmet sa flamme ardente. C'est insuffisant pour la brûler, mais si délectable qu'elle reste tout en peine, et il a suffi d'un contact pour susciter cet effet. Telle est, me semble-t-il, la meilleure comparaison que j'aie trouvée, car cette douleur savoureuse, qui n'est pas une douleur, ne dure pas. S'il lui arrive de persister un long moment, elle peut aussi disparaître au plus vite, selon ce que le Seigneur veut lui communiquer, car nul moyen humain ne peut l'obtenir. Aussi, bien qu'elle dure parfois un moment, elle disparaît et revient. Enfin, elle n'est jamais permanente, c'est pourquoi elle n'embrase pas l'âme tout entière. A peine l'étincelle va-t-elle l'enflammer qu'elle s'éteint, mais l'âme garde le désir de souffrir à nouveau l'amoureuse douleur qu'elle lui a causée.




Christianisme / Catholicisme 1233 | 
Le château intérieur, sixièmes Demeures, chapitre II,4 







F réquemment, lorsque la personne est distraite, sans même qu'elle songe à Dieu, il arrive que Sa Majesté l'éveille, brusquement, comme passe une étoile filante, ou comme éclate un coup de tonnerre, mais elle n'entend aucun bruit : l'âme comprend toutefois fort bien que Dieu l'a appelée. Elle le comprend même si bien que parfois, surtout au début, elle frémit et gémit, quoique rien ne lui fasse mal. Elle ressent les effets d'une blessure infiniment savoureuse, sans déceler toutefois comment elle fut blessée, ni par qui. Elle reconnaît bien que c'est une chose précieuse et voudrait ne jamais guérir de cette blessure. Elle se plaint à son Époux, parfois même à voix haute, avec des mots d'amour qu'elle ne peut retenir. Elle comprend qu'il est présent, mais qu'il ne veut pas se manifester ni lui permettre de jouir de sa compagnie. C'est une peine bien grande, mais savoureuse et douce. L'âme ne peut se refuser à la ressentir, jamais même elle n'y consentirait. Elle y puise de bien plus grandes satisfactions que dans le savoureux anéantissement, libre de toute peine, qu'est l'oraison de quiétude.




Christianisme / Catholicisme 1232 | 
Le château intérieur, sixièmes Demeures, chapitre II,2 







S i vous avez l’amour du prochain, je vous affirme que vous ne manquerez pas d'obtenir de Sa Majesté l'union dont j'ai parlé. […]. Demandez à Notre Seigneur de vous donner à la perfection cet amour du prochain, et laissez faire Sa Majesté. Elle vous donnera plus que vous ne sauriez désirer, à condition que vous fassiez des efforts et que vous recherchiez, tant que vous le pourrez, cet amour-là.




Christianisme / Catholicisme 1231 | 
Le château intérieur, cinquièmes Demeures, chapitre III,12 







N ous pouvons très bien atteindre à la véritable union, avec la faveur de Notre Seigneur, si nous nous efforçons de l'obtenir en n'ayant d'autre volonté que celle de nous attacher en tout à la volonté de Dieu. […]. Oh quelle union à désirer ! Heureuse l'âme qui l'a obtenue, elle vivra en paix en cette vie, et également dans l'autre, car aucun des événements de la terre ne l'affligera, sauf de se trouver en quelque danger de perdre Dieu, ou de voir qu'on l'offense, mais ni la maladie, ni la pauvreté, ni mille morts, .…




Christianisme / Catholicisme 1230 | 
Le château intérieur, cinquièmes Demeures, chapitre III,3 







E lle ne voit rien, n'entend ni ne comprend rien le temps que dure cet état, temps bref, mais il lui semble à elle, plus bref encore qu'il ne l'est. Dieu se fixe dans cette âme de telle façon que lorsqu'elle revient à elle, elle ne peut absolument pas douter qu'elle fut en Dieu, et Dieu en elle. Cette vérité s'affirme si fortement que même si des années se passent sans que Dieu lui fasse à nouveau cette faveur, elle ne peut l'oublier, ni douter de l'avoir reçue. C'est ce qu'il y a de plus important. … Vous me direz donc : " Comment l'a-t-elle vu ou compris puisqu'elle ne voit ni ne comprend ? " Je ne dis pas quelle l'ait vu dans l'instant, mais qu’elle le voit clairement après coup. Ce n'est pourtant pas une vision, mais une certitude que Dieu seul peut donner à l'âme.




Christianisme / Catholicisme 1229 | 
Le château intérieur, cinquièmes Demeures, chapitre I,9-10 







I ci, bien que toutes nos puissances soient endormies, et bien endormies aux choses du monde et à nous-mêmes, (car, en fait, on se trouve comme privée de sens pendant le peu de temps que dure cette union, dans l'incapacité de penser, quand même on le voudrait), ici, donc, il n'est pas nécessaire d'user d'artifices pour suspendre la pensée. […]. Et c'est une mort savoureuse, l'âme s'arrache à toutes les opérations qu’elle peut avoir, tout en restant dans le corps : délectable, car l'âme semble vraiment se séparer du corps pour mieux se trouver en Dieu, de telle sorte que je ne sais même pas s'il lui reste assez de vie pour respirer. J'y pensais à l'instant, et il m'a semblé que non. Du moins, si on respire, on ne s'en rend pas compte.




Christianisme / Catholicisme 1228 | 
Le château intérieur, cinquièmes Demeures, chapitre I,3-4 







C ette quiétude et ce recueillement sont une chose dont l'âme ressent profondément la paix intime et la satisfaction, jointes à l'immense bonheur et au repos des puissances dans une très suave délectation. Comme elle n'a jamais rien obtenu de plus, il lui semble n'avoir plus rien à désirer, et elle dirait de bon cœur comme saint Pierre qu’elle voudrait fixer là sa demeure. Elle n'ose se déplacer ni bouger. Il lui semble que ces biens vont lui glisser des mains. Elle voudrait même parfois se retenir de respirer. Elle ne comprend pas, la pauvrette, qu'impuissante à s'attirer ces biens, il lui est encore plus impossible de les garder plus longtemps que le Seigneur ne le veut. Dans ce premier recueillement de quiétude, les puissances de l’âme ne sont pas inactives, mais tant que cela dure, même si les deux puissances s'agitent, elle ne perd ni sa quiétude ni sa paix tant que la volonté reste unie à Dieu. Au contraire, peu à peu, elle recueille à nouveau l'entendement et la mémoire. Sans être totalement abîmée en Dieu, l'âme est si bien occupée de lui, sans savoir comment, que pour beaucoup d'efforts que fassent les deux autres puissances, elles ne peuvent l'arracher à son bonheur et à sa joie. Bien plus, sans aucun effort, elle fait le nécessaire pour que cette petite étincelle d'amour de Dieu ne s'éteigne point.




Christianisme / Catholicisme 1227 | 
Autobiographie, chapitre XV,1 







P our en revenir au verset (" Tu as dilaté mon cœur "), s'il peut éclairer, ce me semble, ce que j'écris ici, c'est à propos de cette dilatation, car il apparaît que lorsque cette eau céleste commence à couler de la source dont je parle au plus profond de nous, on dirait que tout notre intérieur se dilate et s'élargit, et on ne saurait exprimer tout le bien qui en résulte. L'âme elle-même ne peut comprendre ce qui lui est donné. Elle respire un parfum, disons-le maintenant, comme s'il y avait dans cette profondeur intérieure un brasero sur lequel on jetterait des parfums embaumés : on ne voit pas la braise, on ne sait où elle est, mais sa chaleur et la fumée odorante pénètrent l'âme tout entière, et même, comme je l'ai dit, le corps en a fort souvent sa part. Attention, comprenez-moi, on ne sent pas de chaleur, on ne respire pas une odeur, c'est chose plus délicate que ces choses-là, mais cela peut vous aider à comprendre, et les personnes qui n'en ont pas l'expérience sauront que cela se produit vraiment ainsi, qu'on le comprend plus clairement que je ne l'exprime. Ce n'est pas un de ces cas où l'on puisse se faire illusion, puisque nos plus grands efforts ne pourraient rien obtenir. Cela même nous prouve que ça n'est pas d'un métal courant, mais l'or infiniment pur de la sagesse divine.




Christianisme / Catholicisme 1226 | 
Le château intérieur, quatrièmes Demeures, chapitre II,6 







L 'eau (de la contemplation) naît de la source même, qui est Dieu. Donc, comme Sa Majesté le veut quand sa volonté est d'accorder une faveur surnaturelle, elle émane avec une quiétude immense et paisible du plus intime de nous-même. Je ne sais où, ni comment il se fait que ce contentement et cette délectation ne se ressentent pas dans le cœur comme les joies d'ici-bas, du moins au début, car ils finissent par tout inonder. Cette eau se répand dans toutes les Demeures et toutes les puissances et atteint enfin le corps. C'est pourquoi j'ai dit qu'elle commence en Dieu et finit en nous, car vraiment, comme le verra quiconque l'éprouvera, l'homme extérieur tout entier jouit de ce plaisir et de cette douceur. Tout en écrivant, je considérais tout à l'heure le verset que j'ai cité : " Tu as dilaté mon cœur " (Ps.118,32). Il ne me semble pourtant pas que cela prenne naissance dans le cœur, mais en un point encore plus intérieur, comme en quelque chose de très profond. Je pense que ce doit être le centre de l'âme, comme je l'ai compris depuis et le dirai pour finir, car vrai, je vois en nous des mystères qui m'émerveillent souvent. Combien doit-il y en avoir d'autres ! Ô mon Seigneur et mon Dieu, que vos grandeurs sont grandes ! Nous nous conduisons ici-bas comme de naïfs petits bergers, nous croyons saisir quelque chose de vous, et ce doit être moins que rien, puisqu'il y a déjà en nous-même de grands mystères que nous ne comprenons pas.




Christianisme / Catholicisme 1225 | 
Le château intérieur, quatrièmes Demeures, chapitre II,4-5 







F aisons taire le raisonnement et demeurons près du Sauveur. Si nous le pouvons, occupons-nous à considérer qu'il nous regarde, que nous lui tenons compagnie. Parlons-lui ; exposons-lui nos suppliques ; humilions-nous ; réjouissons-nous avec lui, et souvenons-nous bien que nous ne méritons pas d'être en sa présence. Quand une âme pourra produire ces actes, bien que ce soit au commencement de l'oraison, elle en retirera un très grand profit. Ce genre d'oraison est en effet très avantageux.




Christianisme / Catholicisme 1224 | 
Autobiographie, chapitre XIII,22 







N ous méditons, je suppose, un mystère de la Passion, par exemple celui qui nous représente Notre Seigneur à la colonne. L'entendement recherche les motifs qui lui feront comprendre quelles grandes douleurs et quelle angoisses Sa Majesté endure dans un tel abandon. S'il est actif et enrichi de connaissances, il déduira encore beaucoup d'autres considérations. Tel est le mode d'oraison par lequel tous doivent commencer continuer et finir. Cette voie est excellente et très sûre jusqu'à ce que le Seigneur nous élève à d'autres chose surnaturelles. […] Il faut revenir souvent à la Passion et à la vie de Notre Seigneur, car c'est de là que nous sont venus et nous viennent tous les biens.




Christianisme / Catholicisme 1223 | 
Autobiographie, chapitre XIII,12-13 







R evenant donc à ceux qui se servent du discours (la méditation), je leur recommande de ne pas l'employer tout le temps de l'oraison. Comme cet exercice est très méritoire plein de délices, il leur semble qu'il ne doit y avoir pour eux ni dimanche, ni un seul instant exempt de travail, sans quoi, ils s'imaginent aussitôt qu'ils perdent leur temps. Pour moi, je regarde cette perte de temps comme un gain très précieux. Qu'ils se tiennent donc, ainsi que je l'ai dit, en présence de Notre Seigneur, sans fatiguer leur entendement. Qu'ils lui parlent et mettent leur joie à se trouver avec lui. Qu'ils ne se préoccupent point de composer des discours, mais lui exposent simplement les nécessités de leur âme et les motifs qu'il aurait de ne pas les souffrir devant lui. On doit s'appliquer tantôt à l'une tantôt à l'autre de ces considérations, pour ne point fatiguer l'âme en lui donnant toujours la même nourriture. Ces aliments sont pleins de saveur et très utiles. Quand on s'y habitue, on y prend goût et on y puise cette forte substance qui donne la vie à l'âme et lui procure les plus précieux avantages.




Christianisme / Catholicisme 1222 | 
Autobiographie, chapitre XIII,11 







N ous pouvons par la pensée nous mettre en présence du Christ, nous embraser peu à peu du plus grand amour pour sa Sainte Humanité, lui tenir toujours compagnie, lui parler, lui recommander nos besoins, nous plaindre à lui dans nos peines, nous réjouir avec lui dans les consolations, nous garder de l'oublier dans la prospérité. Ne cherchons point à lui faire de beaux discours. Parlons-lui simplement pour lui exprimer nos désirs et nos besoins. C'est là une méthode excellente et elle nous fait avancer en très peu de temps. Celui qui s'étudie à vivre dans cette précieuse compagnie, qui cherche à en retirer les plus grands avantages, et y puise un amour sincère pour ce Maître, auquel nous sommes redevables de tant de bienfaits, celui-là, je l'affirme, est avancé dans la voie de l'oraison. Nous ne devons donc pas, comme je l'ai dit déjà, nous affliger, si la dévotion sensible vient à nous manquer. Remercions plutôt le Seigneur, qui, malgré les imperfections de nos œuvres, entretient en nous le désir de lui plaire. Cette méthode d'oraison, qui consiste à se tenir dans la compagnie du Sauveur, est un moyen très sûr pour faire des progrès.




Christianisme / Catholicisme 1221 | 
Autobiographie, chapitre XII,2 







L orsqu'elle se trouve dans ce degré d'oraison (la méditation), elle peut produire des actes nombreux ayant pour but de la stimuler à de grandes œuvres pour Dieu et de réveiller son amour pour lui. Elle en accomplit d'autres pour favoriser l'accroissement des vertus.




Christianisme / Catholicisme 1220 | 
Autobiographie, chapitre XII,1-2 







L es habitudes de la vanité, où tout le monde est engagé, corrompent toutes choses ! La foi est si morte que nous préférons ce que nous voyons à ce qu'elle nous dit. A la vérité, nous ne voyons pourtant qu'infortunes chez ceux qui poursuivent ces choses visibles. C'est le fait de ces choses venimeuses dont nous avons parlé ; comme celui que mord une vipère est tout entier empoisonné, enflé, il en est de même ici-bas, et nous ne nous en préservons pas. Évidemment, de nombreux traitements seront nécessaires pour guérir, et c'est déjà une fort grande faveur de Dieu que de n'en pas mourir.




Christianisme / Catholicisme 1219 | 
Le château intérieur, deuxièmes Demeures, paragraphes 3-5 







D ieu leur fait une bien grande miséricorde lorsqu'ils cherchent par instants à fuir les couleuvres et choses venimeuses, et comprennent qu'il est bon de les fuir. […] Ils entendent les appels du Seigneur. Ils se rapprochent du séjour de Sa Majesté : c’est un très bon voisin, et sa miséricorde et sa bonté sont si grandes que même au milieu de nos passe-temps, de nos affaires, de nos plaisirs et des voleries du monde, même lorsque nous tombons dans le péché, et nous en relevons, ce Seigneur, malgré tout, apprécie tellement que nous l'aimions et recherchions sa compagnie qu'il ne manque pas, un jour ou l'autre, de nous appeler, pour nous inviter à nous approcher de Lui. Cette voix est si douce que la pauvre âme se consume de ne pouvoir faire immédiatement ce qu'il lui ordonne. ... Il s'agit de paroles de gens de bien, de sermons, de ce qu'on lit dans de bons livres, de beaucoup de choses que vous avez entendues, et qui sont un appel de Dieu, également des maladies, des épreuves, des vérités aussi qu'il nous enseigne dans ces moments que nous consacrons à l'oraison. Si paresseusement que vous vous y adonniez, Dieu prise cela très haut.




Christianisme / Catholicisme 1218 | 
Le château intérieur, deuxièmes Demeures, paragraphes 2-3 







C omme celui qui, pénétrant en un lieu où le ciel entre abondamment, aurait, sur les yeux, de la boue qui l'empêcherait de les ouvrir. La pièce est claire, mais il n'en jouit pas, il est gêné, et des choses comme ces fauves et ces bêtes l'obligent à fermer les yeux et à ne voir qu'elles. Telle me semble la situation d'une âme, qui, bien qu'elle ne soit pas en mauvais état, est si mêlée aux choses mondaines, si imbue de richesses, ou d'honneurs, ou d'affaires, que, bien qu'elle souhaiterait voir sa beauté et en jouir, elle n'y a pas accès.




Christianisme / Catholicisme 1217 | 
Le château intérieur, premières Demeures, chapitre II,14 







P our prier comme il faut, vous devez […] trouver une compagnie. Mais quelle meilleure compagnie que celle du Maître lui-même qui vous a enseigné la prière que vous allez réciter ? Imaginez que le Seigneur est tout prés de vous, et regardez avec quel amour et avec quelle humilité il vous instruit. Croyez-moi, faites tout votre possible pour ne jamais vous séparer d'un si bon ami. Si vous vous habituez à le garder près de vous, et s'il voit que vous le faites avec amour et que vous vous efforcez de le contenter, vous ne pourrez plus, comme on dit, vous en débarrasser. Il ne vous manquera jamais, il vous aidera dans toutes vos difficultés, il sera partout avec vous. Je ne vous demande pas de penser à lui, ni de forger quantité de concepts ou de tirer de votre esprit.




Christianisme / Catholicisme 1216 | 
Le chemin de perfection XXVI,1-3 texte Escorial, numérotation Valladolid 







V ous aurez entendu dire que Dieu est partout, et rien n'est plus vrai. Or il est évident que là où se trouve le Roi, on dit aussi que là est la cour. Par conséquent, là où est Dieu, là aussi est le ciel. Vous pouvez donc croire que là où est Sa Majesté, là aussi est toute la gloire. … Pensez-vous qu'il importe peu à une âme qui a tendance à se distraire, de comprendre cette vérité et de savoir qu'elle n'a pas besoin d'aller au ciel pour parler à son Père Éternel, et se délecter avec lui ? Elle n'a pas besoin non plus de prier en criant très fort. Si bas qu'elle parle, il l'entendra. Elle n'a pas besoin d'ailes pour aller le chercher. Elle n'a qu'à se mettre dans la solitude, regarder au-dedans d'elle-même, et ne pas s'étonner d'y trouver un si bon hôte. Qu’elle lui parle en toute humilité comme à un père, qu'elle lui adresse ses demandes comme à un père, qu'elle se réconforte auprès de lui comme auprès d'un père, mais qu'elle comprenne qu'elle n'est pas digne qu'il soit son père.




Christianisme / Catholicisme 1215 | 
Le chemin de perfection XXVIII,1-2 texte Escorial, numérotation Valladolid 







V ous avez sans doute déjà vu certains livres d'oraison conseiller à l'âme d'entrer en elle-même. Or, c'est précisément ce dont il s'agit. … Car autant que je puis le comprendre, la porte d'entrée de ce château est l'oraison…




Christianisme / Catholicisme 1213 | 
Le château intérieur, premières Demeures, extraits du chapitre I 







E ssayez de réaliser qu'il y a au-dedans de vous un palais d'un prix infini, tout bâti d'or et de pierres précieuses, digne, enfin, d'un si grand Seigneur, et croyez, car c'est la vérité, que vous pouvez beaucoup pour que l'édifice soit d'un prix très élevé : y a-t-il plus bel édifice qu'une âme pure et pleine de vertus ? Plus celles-ci sont grandes, plus les pierres resplendissent. Enfin, songez que dans ce palais habite ce grand Roi qui a daigné être votre Père, et qu'il se tient sur un trône du plus haut prix : votre cœur. Mais quoi de plus merveilleux que de voir celui qui remplirait mille mondes de sa grandeur s'enfermer dans une si petite chose ! C'est ainsi qu'il a voulu demeurer dans le ventre de sa Très Sainte Mère, Comme il est le Seigneur, il porte en lui la liberté, et comme il nous aime, il se fait à notre mesure. Quand une âme commence dans cette voie, il ne se fait pas connaître, de peur qu'elle ne se trouble en se voyant si petite pour contenir quelque chose de si grand, mais, petit à petit, tout doucement, il élargit cette âme à la mesure de ce qu'il met en elle. C'est pourquoi je dis qu'il porte en lui la liberté, car il a le pouvoir d'agrandir ce palais.




Christianisme / Catholicisme 1211 | 
Le chemin de perfection XXVIII,9-11 texte Escorial, numérotation Valladolid 







L a FOI obscurcit l'entendement, le dépouille de toute son intelligence naturelle...
L'ESPERANCE dépouille et sépare la mémoire de toute possession créée...
La CHARITE dépouille les affections et les appétits de la volonté de tout ce qui n'est pas Dieu...
Ces vertus ont la propriété d'unir l'âme à Dieu.





Christianisme / Catholicisme 1208 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







V oyons à présent comment il peut se faire que cette lumière de contemplation, si suave et si charmante que l'âme ne peut rien désirer au-delà - car, nous l'avons dit, c'est à elle que l'âme doit s'unir, c'est en elle qu'elle trouvera tous les biens dans l'état de perfection auquel elle aspire -, voyons, dis-je, pourquoi son arrivée dans l'âme produit des effets si douloureux et si cruels. Il est facile de répondre à cette question, et nous y avons déjà en partie répondu. Il n'y a de la part de la contemplation et de l'infusion divine rien qui puisse faire souffrir, elle n'apporte là où elle entre que suavités et délices, et par le fait elle les apportera un jour. La souffrance vient de la faiblesse et de l'imperfection dont l'âme est maintenant entachée et des dispositions où elle se trouve, dispositions qui sont opposées à la suavité et aux délices qui dérivent de la lumière divine. Celle-ci, en l'investissant, rencontre ces oppositions. Il est donc inévitable que l'âme endure tout ce que nous venons de dire.




Christianisme / Catholicisme 1206 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







C ette nuit obscure dispose et achemine à l'union dont nous parlons. L'âme alors doit être pleine et ornée d'une certaine magnificence glorieuse pour entrer en relation avec Dieu, car il renferme en lui des biens innombrables et des délices en si grande abondance qu'elle ne peut les posséder naturellement. Elle est en effet faible et impure. Comme Isaïe l'a bien dit : L'oeil de l'homme n'a pas vu, son oreile n'a pas entendu, et son coeur n'a pas goûté ce que Dieu réserve à ceux qui l'aiment (Is 64,3). Il convient donc d'abord que l'âme soit mise dans le vide et la pauvreté d'esprit, purifiée de tout appui, de toute consolation et appréhension naturelle à l'égard des choses d'en haut et d'ici-bas. Vide, elle est pauvre d'esprit et dépouillée du viel homme. Elle peut alors vivre de cette nouvelle et bienheureuse vie qui s'obtient par le moyen de cette nuit. C'est l'état d'union avec Dieu.




Christianisme / Catholicisme 1205 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







C omme l'amour qui lui sera départi dans l'union divine sera un amour divin, par conséquent très subtil, très exquis et très intime, un amour qui surpasse toutes les affections et tous les sentiments forcément imparfaits de la volonté, comme aussi tous les appétits de cette puissance, il faut pour qu'elle soit rendue capable de goûter par union d'amour une si divine affection, une délectation si sublime, il faut, dis-je, qu'elle soit d'abord purifiée, anéantie en toutes ses affections et en tous ses sentiments, et à cet effet laissée en proie à l'angoisse et à la sérecheresse. Cet état se prolongera autant qu'il sera nécessaire, vu l'habitus des affections naturelles qui est en elle, tant à l'égard des choses divines qu'à l'égard des choses humaines. L'âme ainsi exténuée, desséchée, dégagée, dans le feu de cette obscure contemplation, de tous les genres de démons, comme le coeur du poisson que Tobie plaça sur les charbons (Tb 6,17-18; 8,2), elle se trouvera dans une disposition toute nouvelle de pureté et de simplicité. Alors, toutes les contrariétés actuelles et habituelles dont elle était encore entachée, comme nous l'avons dit, ayant disparu, elle sera capable des touches sublimes et extraordinaires du divin amour, dans lequel elle se verra transformée.




Christianisme / Catholicisme 1204 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







E lle demeurera en cet état jusqu'à ce que sont esprit soit assoupli, humilié, purifié, jusqu'à ce qu'il soit devenu assez subtil, assez simple, assez dégagé, pour ne faire qu'un avec l'esprit de Dieu, selon le degré d'union d'amour dont sa miséricorde a résolu de la gratifier. A proportion de ce degré d'union, la purification sera plus ou moins forte et durera plus ou moins longtemps.




Christianisme / Catholicisme 1203 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







T andis que cette âme se purifie dans cette fournaise comme l'or jeté dans le creuset, selon cette parole du Sage : Dieu les éprouvera comme l'or dans le creuset (Sg, 3, 6), l'indigence et l'anéantissement qu'elle endure au fond même de son être sont quelque chose de si terrible qu'elle semble en devoir mourir. Nous pouvons lui appliquer cette clameur que David adressait à Dieu : Sauve-moi, Seigneur, parce que les eaux sont pénétré jusqu'à mon âme. J'ai enfoncé dans la vase profond, où il n'y a point de substance. Je suis tombé au fond de la mer et la tempête m'a englouti. Dans l'excès de mon tourmant, j'ai poussé des cris de douleur ; ma gorge s'est desséchée, et mes yeux sont tombés dans la langueur, tandis que j'espérais en mon Dieu (Ps 68, 2-4).




Christianisme / Catholicisme 1202 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







L 'âme donc, en proie à l'indigence, au délaissement, à la privation de toute connaissance, se plaint de l'obscurité de son entendement, de l'angoisse de sa volonté, de l'affliction de sa mémoire ; elle se déclare plongée dans les ténèbres de la pure foi, qui est une nuit pour ces puissances naturelles. Ma volonté, dit-elle, saisie de douleur et altérée de l'amour de son Dieu, est sortie d'elle-même, de sa basse manière d'entendre, de sa faible manière d'aimer, de son étroite et misérable manière de goûter Dieu, et sa sortie n'a été entravée ni par la sensualité ni par le démon. Pour mon bonheur et par un heureux sort, tandis que mes puissances, mes passions, mes appétits, mes affections, qui me faisaient connaître et goûter Dieu si bassement, se trouvaient anéantis et dans le repos, je suis sortie de l'étroite relation et opération humaine pour passer à une relation et opération divine. En d'autres termes, mon entendement est sorti de lui-même. D'humain et de naturel il est devenu divin, parce que, s'étant uni à Dieu par le moyen de cette purification, il ne connaît plus désormais par sa capacité naturelle, mais par la divine Sagesse à laquelle il est uni. Ma volonté est sortie d'elle-même et est devenue divine, parce qu'unie au divin amour, elle n'aime plus bassement et selon sa capacité naturelle, mais par la vigueur et la pauvreté de l'Esprit Saint, en sorte qu'elle ne se porte plus vers Dieu d'une façon humaine. Ma mémoire de même s'est transformée, elle s'est remplie de notions éternelles et glorieuses. Ainsi, grâce à cette nuit et à cette purification du vieil homme, toutes les énergies et toutes les affections de l'âme se sont renouvelées et imprégnées de délices divines.




Christianisme / Catholicisme 1201 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







U ne fois la demeure de la sensualité apaisée, en d'autres termes, une fois les passions mortifiées, les convoitises éteintes, les appétits calmés et assoupis par le moyen de cette bienheureuse nuit de la purification sensitive, l'âme sort et s'engage dans la voie de l'esprit, c'est-à-dire de ceux qui progressent. On appelle encore cette nouvelle voie : illuminative, ou voie de la contemplation infuse, parce que Dieu lui-même y sustente l'âme, sans discours et sans effort de contribution personnelle.




Christianisme / Catholicisme 1200 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







L a contemplation, en effet, n'est autre chose qu'une infusion secrète, pacifique et amoureuse de Dieu en l'âme ; et cette infusion, lorsqu'elle ne rencontre pas d'obstacle, embrase l'âme de l'esprit d'amour.




Christianisme / Catholicisme 1199 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







L es âmes pénètrent dans cette nuit obscure quand Dieu les tire de l'état des commençants, c'est-à-dire de ceux qui pratiquent la méditation, pour les placer dans l'état de ceux qui progressent, c'est-à-dire des contemplatifs, et par cette voie leur faire atteindre l'état des parfaits ou l'union de l'âme avec Dieu.




Christianisme / Catholicisme 1198 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 





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