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La mystique catholique

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N ous pouvons très bien atteindre à la véritable union, avec la faveur de Notre Seigneur, si nous nous efforçons de l'obtenir en n'ayant d'autre volonté que celle de nous attacher en tout à la volonté de Dieu. […]. Oh quelle union à désirer ! Heureuse l'âme qui l'a obtenue, elle vivra en paix en cette vie, et également dans l'autre, car aucun des événements de la terre ne l'affligera, sauf de se trouver en quelque danger de perdre Dieu, ou de voir qu'on l'offense, mais ni la maladie, ni la pauvreté, ni mille morts, .…




Christianisme / Catholicisme 1230 | 
Le château intérieur, cinquièmes Demeures, chapitre III,3 







E lle ne voit rien, n'entend ni ne comprend rien le temps que dure cet état, temps bref, mais il lui semble à elle, plus bref encore qu'il ne l'est. Dieu se fixe dans cette âme de telle façon que lorsqu'elle revient à elle, elle ne peut absolument pas douter qu'elle fut en Dieu, et Dieu en elle. Cette vérité s'affirme si fortement que même si des années se passent sans que Dieu lui fasse à nouveau cette faveur, elle ne peut l'oublier, ni douter de l'avoir reçue. C'est ce qu'il y a de plus important. … Vous me direz donc : " Comment l'a-t-elle vu ou compris puisqu'elle ne voit ni ne comprend ? " Je ne dis pas quelle l'ait vu dans l'instant, mais qu’elle le voit clairement après coup. Ce n'est pourtant pas une vision, mais une certitude que Dieu seul peut donner à l'âme.




Christianisme / Catholicisme 1229 | 
Le château intérieur, cinquièmes Demeures, chapitre I,9-10 







I ci, bien que toutes nos puissances soient endormies, et bien endormies aux choses du monde et à nous-mêmes, (car, en fait, on se trouve comme privée de sens pendant le peu de temps que dure cette union, dans l'incapacité de penser, quand même on le voudrait), ici, donc, il n'est pas nécessaire d'user d'artifices pour suspendre la pensée. […]. Et c'est une mort savoureuse, l'âme s'arrache à toutes les opérations qu’elle peut avoir, tout en restant dans le corps : délectable, car l'âme semble vraiment se séparer du corps pour mieux se trouver en Dieu, de telle sorte que je ne sais même pas s'il lui reste assez de vie pour respirer. J'y pensais à l'instant, et il m'a semblé que non. Du moins, si on respire, on ne s'en rend pas compte.




Christianisme / Catholicisme 1228 | 
Le château intérieur, cinquièmes Demeures, chapitre I,3-4 







C ette quiétude et ce recueillement sont une chose dont l'âme ressent profondément la paix intime et la satisfaction, jointes à l'immense bonheur et au repos des puissances dans une très suave délectation. Comme elle n'a jamais rien obtenu de plus, il lui semble n'avoir plus rien à désirer, et elle dirait de bon cœur comme saint Pierre qu’elle voudrait fixer là sa demeure. Elle n'ose se déplacer ni bouger. Il lui semble que ces biens vont lui glisser des mains. Elle voudrait même parfois se retenir de respirer. Elle ne comprend pas, la pauvrette, qu'impuissante à s'attirer ces biens, il lui est encore plus impossible de les garder plus longtemps que le Seigneur ne le veut. Dans ce premier recueillement de quiétude, les puissances de l’âme ne sont pas inactives, mais tant que cela dure, même si les deux puissances s'agitent, elle ne perd ni sa quiétude ni sa paix tant que la volonté reste unie à Dieu. Au contraire, peu à peu, elle recueille à nouveau l'entendement et la mémoire. Sans être totalement abîmée en Dieu, l'âme est si bien occupée de lui, sans savoir comment, que pour beaucoup d'efforts que fassent les deux autres puissances, elles ne peuvent l'arracher à son bonheur et à sa joie. Bien plus, sans aucun effort, elle fait le nécessaire pour que cette petite étincelle d'amour de Dieu ne s'éteigne point.




Christianisme / Catholicisme 1227 | 
Autobiographie, chapitre XV,1 







P our en revenir au verset (" Tu as dilaté mon cœur "), s'il peut éclairer, ce me semble, ce que j'écris ici, c'est à propos de cette dilatation, car il apparaît que lorsque cette eau céleste commence à couler de la source dont je parle au plus profond de nous, on dirait que tout notre intérieur se dilate et s'élargit, et on ne saurait exprimer tout le bien qui en résulte. L'âme elle-même ne peut comprendre ce qui lui est donné. Elle respire un parfum, disons-le maintenant, comme s'il y avait dans cette profondeur intérieure un brasero sur lequel on jetterait des parfums embaumés : on ne voit pas la braise, on ne sait où elle est, mais sa chaleur et la fumée odorante pénètrent l'âme tout entière, et même, comme je l'ai dit, le corps en a fort souvent sa part. Attention, comprenez-moi, on ne sent pas de chaleur, on ne respire pas une odeur, c'est chose plus délicate que ces choses-là, mais cela peut vous aider à comprendre, et les personnes qui n'en ont pas l'expérience sauront que cela se produit vraiment ainsi, qu'on le comprend plus clairement que je ne l'exprime. Ce n'est pas un de ces cas où l'on puisse se faire illusion, puisque nos plus grands efforts ne pourraient rien obtenir. Cela même nous prouve que ça n'est pas d'un métal courant, mais l'or infiniment pur de la sagesse divine.




Christianisme / Catholicisme 1226 | 
Le château intérieur, quatrièmes Demeures, chapitre II,6 







L 'eau (de la contemplation) naît de la source même, qui est Dieu. Donc, comme Sa Majesté le veut quand sa volonté est d'accorder une faveur surnaturelle, elle émane avec une quiétude immense et paisible du plus intime de nous-même. Je ne sais où, ni comment il se fait que ce contentement et cette délectation ne se ressentent pas dans le cœur comme les joies d'ici-bas, du moins au début, car ils finissent par tout inonder. Cette eau se répand dans toutes les Demeures et toutes les puissances et atteint enfin le corps. C'est pourquoi j'ai dit qu'elle commence en Dieu et finit en nous, car vraiment, comme le verra quiconque l'éprouvera, l'homme extérieur tout entier jouit de ce plaisir et de cette douceur. Tout en écrivant, je considérais tout à l'heure le verset que j'ai cité : " Tu as dilaté mon cœur " (Ps.118,32). Il ne me semble pourtant pas que cela prenne naissance dans le cœur, mais en un point encore plus intérieur, comme en quelque chose de très profond. Je pense que ce doit être le centre de l'âme, comme je l'ai compris depuis et le dirai pour finir, car vrai, je vois en nous des mystères qui m'émerveillent souvent. Combien doit-il y en avoir d'autres ! Ô mon Seigneur et mon Dieu, que vos grandeurs sont grandes ! Nous nous conduisons ici-bas comme de naïfs petits bergers, nous croyons saisir quelque chose de vous, et ce doit être moins que rien, puisqu'il y a déjà en nous-même de grands mystères que nous ne comprenons pas.




Christianisme / Catholicisme 1225 | 
Le château intérieur, quatrièmes Demeures, chapitre II,4-5 







F aisons taire le raisonnement et demeurons près du Sauveur. Si nous le pouvons, occupons-nous à considérer qu'il nous regarde, que nous lui tenons compagnie. Parlons-lui ; exposons-lui nos suppliques ; humilions-nous ; réjouissons-nous avec lui, et souvenons-nous bien que nous ne méritons pas d'être en sa présence. Quand une âme pourra produire ces actes, bien que ce soit au commencement de l'oraison, elle en retirera un très grand profit. Ce genre d'oraison est en effet très avantageux.




Christianisme / Catholicisme 1224 | 
Autobiographie, chapitre XIII,22 







N ous méditons, je suppose, un mystère de la Passion, par exemple celui qui nous représente Notre Seigneur à la colonne. L'entendement recherche les motifs qui lui feront comprendre quelles grandes douleurs et quelle angoisses Sa Majesté endure dans un tel abandon. S'il est actif et enrichi de connaissances, il déduira encore beaucoup d'autres considérations. Tel est le mode d'oraison par lequel tous doivent commencer continuer et finir. Cette voie est excellente et très sûre jusqu'à ce que le Seigneur nous élève à d'autres chose surnaturelles. […] Il faut revenir souvent à la Passion et à la vie de Notre Seigneur, car c'est de là que nous sont venus et nous viennent tous les biens.




Christianisme / Catholicisme 1223 | 
Autobiographie, chapitre XIII,12-13 







R evenant donc à ceux qui se servent du discours (la méditation), je leur recommande de ne pas l'employer tout le temps de l'oraison. Comme cet exercice est très méritoire plein de délices, il leur semble qu'il ne doit y avoir pour eux ni dimanche, ni un seul instant exempt de travail, sans quoi, ils s'imaginent aussitôt qu'ils perdent leur temps. Pour moi, je regarde cette perte de temps comme un gain très précieux. Qu'ils se tiennent donc, ainsi que je l'ai dit, en présence de Notre Seigneur, sans fatiguer leur entendement. Qu'ils lui parlent et mettent leur joie à se trouver avec lui. Qu'ils ne se préoccupent point de composer des discours, mais lui exposent simplement les nécessités de leur âme et les motifs qu'il aurait de ne pas les souffrir devant lui. On doit s'appliquer tantôt à l'une tantôt à l'autre de ces considérations, pour ne point fatiguer l'âme en lui donnant toujours la même nourriture. Ces aliments sont pleins de saveur et très utiles. Quand on s'y habitue, on y prend goût et on y puise cette forte substance qui donne la vie à l'âme et lui procure les plus précieux avantages.




Christianisme / Catholicisme 1222 | 
Autobiographie, chapitre XIII,11 







N ous pouvons par la pensée nous mettre en présence du Christ, nous embraser peu à peu du plus grand amour pour sa Sainte Humanité, lui tenir toujours compagnie, lui parler, lui recommander nos besoins, nous plaindre à lui dans nos peines, nous réjouir avec lui dans les consolations, nous garder de l'oublier dans la prospérité. Ne cherchons point à lui faire de beaux discours. Parlons-lui simplement pour lui exprimer nos désirs et nos besoins. C'est là une méthode excellente et elle nous fait avancer en très peu de temps. Celui qui s'étudie à vivre dans cette précieuse compagnie, qui cherche à en retirer les plus grands avantages, et y puise un amour sincère pour ce Maître, auquel nous sommes redevables de tant de bienfaits, celui-là, je l'affirme, est avancé dans la voie de l'oraison. Nous ne devons donc pas, comme je l'ai dit déjà, nous affliger, si la dévotion sensible vient à nous manquer. Remercions plutôt le Seigneur, qui, malgré les imperfections de nos œuvres, entretient en nous le désir de lui plaire. Cette méthode d'oraison, qui consiste à se tenir dans la compagnie du Sauveur, est un moyen très sûr pour faire des progrès.




Christianisme / Catholicisme 1221 | 
Autobiographie, chapitre XII,2 







L orsqu'elle se trouve dans ce degré d'oraison (la méditation), elle peut produire des actes nombreux ayant pour but de la stimuler à de grandes œuvres pour Dieu et de réveiller son amour pour lui. Elle en accomplit d'autres pour favoriser l'accroissement des vertus.




Christianisme / Catholicisme 1220 | 
Autobiographie, chapitre XII,1-2 







L es habitudes de la vanité, où tout le monde est engagé, corrompent toutes choses ! La foi est si morte que nous préférons ce que nous voyons à ce qu'elle nous dit. A la vérité, nous ne voyons pourtant qu'infortunes chez ceux qui poursuivent ces choses visibles. C'est le fait de ces choses venimeuses dont nous avons parlé ; comme celui que mord une vipère est tout entier empoisonné, enflé, il en est de même ici-bas, et nous ne nous en préservons pas. Évidemment, de nombreux traitements seront nécessaires pour guérir, et c'est déjà une fort grande faveur de Dieu que de n'en pas mourir.




Christianisme / Catholicisme 1219 | 
Le château intérieur, deuxièmes Demeures, paragraphes 3-5 







D ieu leur fait une bien grande miséricorde lorsqu'ils cherchent par instants à fuir les couleuvres et choses venimeuses, et comprennent qu'il est bon de les fuir. […] Ils entendent les appels du Seigneur. Ils se rapprochent du séjour de Sa Majesté : c’est un très bon voisin, et sa miséricorde et sa bonté sont si grandes que même au milieu de nos passe-temps, de nos affaires, de nos plaisirs et des voleries du monde, même lorsque nous tombons dans le péché, et nous en relevons, ce Seigneur, malgré tout, apprécie tellement que nous l'aimions et recherchions sa compagnie qu'il ne manque pas, un jour ou l'autre, de nous appeler, pour nous inviter à nous approcher de Lui. Cette voix est si douce que la pauvre âme se consume de ne pouvoir faire immédiatement ce qu'il lui ordonne. ... Il s'agit de paroles de gens de bien, de sermons, de ce qu'on lit dans de bons livres, de beaucoup de choses que vous avez entendues, et qui sont un appel de Dieu, également des maladies, des épreuves, des vérités aussi qu'il nous enseigne dans ces moments que nous consacrons à l'oraison. Si paresseusement que vous vous y adonniez, Dieu prise cela très haut.




Christianisme / Catholicisme 1218 | 
Le château intérieur, deuxièmes Demeures, paragraphes 2-3 







C omme celui qui, pénétrant en un lieu où le ciel entre abondamment, aurait, sur les yeux, de la boue qui l'empêcherait de les ouvrir. La pièce est claire, mais il n'en jouit pas, il est gêné, et des choses comme ces fauves et ces bêtes l'obligent à fermer les yeux et à ne voir qu'elles. Telle me semble la situation d'une âme, qui, bien qu'elle ne soit pas en mauvais état, est si mêlée aux choses mondaines, si imbue de richesses, ou d'honneurs, ou d'affaires, que, bien qu'elle souhaiterait voir sa beauté et en jouir, elle n'y a pas accès.




Christianisme / Catholicisme 1217 | 
Le château intérieur, premières Demeures, chapitre II,14 







P our prier comme il faut, vous devez […] trouver une compagnie. Mais quelle meilleure compagnie que celle du Maître lui-même qui vous a enseigné la prière que vous allez réciter ? Imaginez que le Seigneur est tout prés de vous, et regardez avec quel amour et avec quelle humilité il vous instruit. Croyez-moi, faites tout votre possible pour ne jamais vous séparer d'un si bon ami. Si vous vous habituez à le garder près de vous, et s'il voit que vous le faites avec amour et que vous vous efforcez de le contenter, vous ne pourrez plus, comme on dit, vous en débarrasser. Il ne vous manquera jamais, il vous aidera dans toutes vos difficultés, il sera partout avec vous. Je ne vous demande pas de penser à lui, ni de forger quantité de concepts ou de tirer de votre esprit.




Christianisme / Catholicisme 1216 | 
Le chemin de perfection XXVI,1-3 texte Escorial, numérotation Valladolid 







V ous aurez entendu dire que Dieu est partout, et rien n'est plus vrai. Or il est évident que là où se trouve le Roi, on dit aussi que là est la cour. Par conséquent, là où est Dieu, là aussi est le ciel. Vous pouvez donc croire que là où est Sa Majesté, là aussi est toute la gloire. … Pensez-vous qu'il importe peu à une âme qui a tendance à se distraire, de comprendre cette vérité et de savoir qu'elle n'a pas besoin d'aller au ciel pour parler à son Père Éternel, et se délecter avec lui ? Elle n'a pas besoin non plus de prier en criant très fort. Si bas qu'elle parle, il l'entendra. Elle n'a pas besoin d'ailes pour aller le chercher. Elle n'a qu'à se mettre dans la solitude, regarder au-dedans d'elle-même, et ne pas s'étonner d'y trouver un si bon hôte. Qu’elle lui parle en toute humilité comme à un père, qu'elle lui adresse ses demandes comme à un père, qu'elle se réconforte auprès de lui comme auprès d'un père, mais qu'elle comprenne qu'elle n'est pas digne qu'il soit son père.




Christianisme / Catholicisme 1215 | 
Le chemin de perfection XXVIII,1-2 texte Escorial, numérotation Valladolid 







V ous avez sans doute déjà vu certains livres d'oraison conseiller à l'âme d'entrer en elle-même. Or, c'est précisément ce dont il s'agit. … Car autant que je puis le comprendre, la porte d'entrée de ce château est l'oraison…




Christianisme / Catholicisme 1213 | 
Le château intérieur, premières Demeures, extraits du chapitre I 







E ssayez de réaliser qu'il y a au-dedans de vous un palais d'un prix infini, tout bâti d'or et de pierres précieuses, digne, enfin, d'un si grand Seigneur, et croyez, car c'est la vérité, que vous pouvez beaucoup pour que l'édifice soit d'un prix très élevé : y a-t-il plus bel édifice qu'une âme pure et pleine de vertus ? Plus celles-ci sont grandes, plus les pierres resplendissent. Enfin, songez que dans ce palais habite ce grand Roi qui a daigné être votre Père, et qu'il se tient sur un trône du plus haut prix : votre cœur. Mais quoi de plus merveilleux que de voir celui qui remplirait mille mondes de sa grandeur s'enfermer dans une si petite chose ! C'est ainsi qu'il a voulu demeurer dans le ventre de sa Très Sainte Mère, Comme il est le Seigneur, il porte en lui la liberté, et comme il nous aime, il se fait à notre mesure. Quand une âme commence dans cette voie, il ne se fait pas connaître, de peur qu'elle ne se trouble en se voyant si petite pour contenir quelque chose de si grand, mais, petit à petit, tout doucement, il élargit cette âme à la mesure de ce qu'il met en elle. C'est pourquoi je dis qu'il porte en lui la liberté, car il a le pouvoir d'agrandir ce palais.




Christianisme / Catholicisme 1211 | 
Le chemin de perfection XXVIII,9-11 texte Escorial, numérotation Valladolid 







L a FOI obscurcit l'entendement, le dépouille de toute son intelligence naturelle...
L'ESPERANCE dépouille et sépare la mémoire de toute possession créée...
La CHARITE dépouille les affections et les appétits de la volonté de tout ce qui n'est pas Dieu...
Ces vertus ont la propriété d'unir l'âme à Dieu.





Christianisme / Catholicisme 1208 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







D ieu n'est ni être, ni raison, ni ne connaît ni ceci, ni celà. C'est pourquoi Dieu est vide de toutes choses et c'est pourquoi il est toutes choses.




Christianisme / Catholicisme 1207 | 
Oeuvres, Gallimard 1987 







V oyons à présent comment il peut se faire que cette lumière de contemplation, si suave et si charmante que l'âme ne peut rien désirer au-delà - car, nous l'avons dit, c'est à elle que l'âme doit s'unir, c'est en elle qu'elle trouvera tous les biens dans l'état de perfection auquel elle aspire -, voyons, dis-je, pourquoi son arrivée dans l'âme produit des effets si douloureux et si cruels. Il est facile de répondre à cette question, et nous y avons déjà en partie répondu. Il n'y a de la part de la contemplation et de l'infusion divine rien qui puisse faire souffrir, elle n'apporte là où elle entre que suavités et délices, et par le fait elle les apportera un jour. La souffrance vient de la faiblesse et de l'imperfection dont l'âme est maintenant entachée et des dispositions où elle se trouve, dispositions qui sont opposées à la suavité et aux délices qui dérivent de la lumière divine. Celle-ci, en l'investissant, rencontre ces oppositions. Il est donc inévitable que l'âme endure tout ce que nous venons de dire.




Christianisme / Catholicisme 1206 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







C ette nuit obscure dispose et achemine à l'union dont nous parlons. L'âme alors doit être pleine et ornée d'une certaine magnificence glorieuse pour entrer en relation avec Dieu, car il renferme en lui des biens innombrables et des délices en si grande abondance qu'elle ne peut les posséder naturellement. Elle est en effet faible et impure. Comme Isaïe l'a bien dit : L'oeil de l'homme n'a pas vu, son oreile n'a pas entendu, et son coeur n'a pas goûté ce que Dieu réserve à ceux qui l'aiment (Is 64,3). Il convient donc d'abord que l'âme soit mise dans le vide et la pauvreté d'esprit, purifiée de tout appui, de toute consolation et appréhension naturelle à l'égard des choses d'en haut et d'ici-bas. Vide, elle est pauvre d'esprit et dépouillée du viel homme. Elle peut alors vivre de cette nouvelle et bienheureuse vie qui s'obtient par le moyen de cette nuit. C'est l'état d'union avec Dieu.




Christianisme / Catholicisme 1205 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







C omme l'amour qui lui sera départi dans l'union divine sera un amour divin, par conséquent très subtil, très exquis et très intime, un amour qui surpasse toutes les affections et tous les sentiments forcément imparfaits de la volonté, comme aussi tous les appétits de cette puissance, il faut pour qu'elle soit rendue capable de goûter par union d'amour une si divine affection, une délectation si sublime, il faut, dis-je, qu'elle soit d'abord purifiée, anéantie en toutes ses affections et en tous ses sentiments, et à cet effet laissée en proie à l'angoisse et à la sérecheresse. Cet état se prolongera autant qu'il sera nécessaire, vu l'habitus des affections naturelles qui est en elle, tant à l'égard des choses divines qu'à l'égard des choses humaines. L'âme ainsi exténuée, desséchée, dégagée, dans le feu de cette obscure contemplation, de tous les genres de démons, comme le coeur du poisson que Tobie plaça sur les charbons (Tb 6,17-18; 8,2), elle se trouvera dans une disposition toute nouvelle de pureté et de simplicité. Alors, toutes les contrariétés actuelles et habituelles dont elle était encore entachée, comme nous l'avons dit, ayant disparu, elle sera capable des touches sublimes et extraordinaires du divin amour, dans lequel elle se verra transformée.




Christianisme / Catholicisme 1204 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







E lle demeurera en cet état jusqu'à ce que sont esprit soit assoupli, humilié, purifié, jusqu'à ce qu'il soit devenu assez subtil, assez simple, assez dégagé, pour ne faire qu'un avec l'esprit de Dieu, selon le degré d'union d'amour dont sa miséricorde a résolu de la gratifier. A proportion de ce degré d'union, la purification sera plus ou moins forte et durera plus ou moins longtemps.




Christianisme / Catholicisme 1203 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







T andis que cette âme se purifie dans cette fournaise comme l'or jeté dans le creuset, selon cette parole du Sage : Dieu les éprouvera comme l'or dans le creuset (Sg, 3, 6), l'indigence et l'anéantissement qu'elle endure au fond même de son être sont quelque chose de si terrible qu'elle semble en devoir mourir. Nous pouvons lui appliquer cette clameur que David adressait à Dieu : Sauve-moi, Seigneur, parce que les eaux sont pénétré jusqu'à mon âme. J'ai enfoncé dans la vase profond, où il n'y a point de substance. Je suis tombé au fond de la mer et la tempête m'a englouti. Dans l'excès de mon tourmant, j'ai poussé des cris de douleur ; ma gorge s'est desséchée, et mes yeux sont tombés dans la langueur, tandis que j'espérais en mon Dieu (Ps 68, 2-4).




Christianisme / Catholicisme 1202 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







L 'âme donc, en proie à l'indigence, au délaissement, à la privation de toute connaissance, se plaint de l'obscurité de son entendement, de l'angoisse de sa volonté, de l'affliction de sa mémoire ; elle se déclare plongée dans les ténèbres de la pure foi, qui est une nuit pour ces puissances naturelles. Ma volonté, dit-elle, saisie de douleur et altérée de l'amour de son Dieu, est sortie d'elle-même, de sa basse manière d'entendre, de sa faible manière d'aimer, de son étroite et misérable manière de goûter Dieu, et sa sortie n'a été entravée ni par la sensualité ni par le démon. Pour mon bonheur et par un heureux sort, tandis que mes puissances, mes passions, mes appétits, mes affections, qui me faisaient connaître et goûter Dieu si bassement, se trouvaient anéantis et dans le repos, je suis sortie de l'étroite relation et opération humaine pour passer à une relation et opération divine. En d'autres termes, mon entendement est sorti de lui-même. D'humain et de naturel il est devenu divin, parce que, s'étant uni à Dieu par le moyen de cette purification, il ne connaît plus désormais par sa capacité naturelle, mais par la divine Sagesse à laquelle il est uni. Ma volonté est sortie d'elle-même et est devenue divine, parce qu'unie au divin amour, elle n'aime plus bassement et selon sa capacité naturelle, mais par la vigueur et la pauvreté de l'Esprit Saint, en sorte qu'elle ne se porte plus vers Dieu d'une façon humaine. Ma mémoire de même s'est transformée, elle s'est remplie de notions éternelles et glorieuses. Ainsi, grâce à cette nuit et à cette purification du vieil homme, toutes les énergies et toutes les affections de l'âme se sont renouvelées et imprégnées de délices divines.




Christianisme / Catholicisme 1201 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







U ne fois la demeure de la sensualité apaisée, en d'autres termes, une fois les passions mortifiées, les convoitises éteintes, les appétits calmés et assoupis par le moyen de cette bienheureuse nuit de la purification sensitive, l'âme sort et s'engage dans la voie de l'esprit, c'est-à-dire de ceux qui progressent. On appelle encore cette nouvelle voie : illuminative, ou voie de la contemplation infuse, parce que Dieu lui-même y sustente l'âme, sans discours et sans effort de contribution personnelle.




Christianisme / Catholicisme 1200 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







L a contemplation, en effet, n'est autre chose qu'une infusion secrète, pacifique et amoureuse de Dieu en l'âme ; et cette infusion, lorsqu'elle ne rencontre pas d'obstacle, embrase l'âme de l'esprit d'amour.




Christianisme / Catholicisme 1199 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







L es âmes pénètrent dans cette nuit obscure quand Dieu les tire de l'état des commençants, c'est-à-dire de ceux qui pratiquent la méditation, pour les placer dans l'état de ceux qui progressent, c'est-à-dire des contemplatifs, et par cette voie leur faire atteindre l'état des parfaits ou l'union de l'âme avec Dieu.




Christianisme / Catholicisme 1198 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







C herche ton Epoux dans la foi et l'amour, sans prendre en rien ta jouissance, sans rien goûter, sans rien entendre au-delà de ce que tu dois savoir. La foi et l'amour sont les deux conducteurs d'aveugle qui te mèneront, par des chemins inconnus de toi, jusqu'aux secrets abîme de Dieu.




Christianisme / Catholicisme 1197 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







L e détachement des objets terrestres donne de ces objets mêmes une connaissance plus claire, qui permet d'en bien juger tant naturellement que surnaturellement. Enfin, il met à même d'en jouir d'une manière tout autre que ne le fait celui qui y est attaché. L'homme détaché a sur celui qui ne l'est pas de manifestes supériorités. Il goûte les objets terrestres selon ce qu'ils ont de véritable ; l'autre, selon ce qu'ils ont de mensonger ; le premier, selon ce qu'il ont de meilleur ; l'autre, selon ce qu'ils ont de pire ; le premier les juge selon la substance, le second, en y attachant ses sens, les juge selon l'accident. Les sens, en effet, ne peuvent atteindre et pénétrer que l'accident ; l'esprit, au contraire, dépassant les nuages de l'accident, pénètre la vérité et la valeur des choses, ce qui est son objet propre.




Christianisme / Catholicisme 1196 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







P lus l'âme est purifiée dans sa substance et ses facultés, plus aussi la substance divine l'absorbe d'une manière profonde, subtile et élevée dans sa divine flamme. Durant l'absorption de l'âme dans la Sagesse, l'Esprit-Saint met en mouvement les vibrations glorieuses de sa flamme. L'âme resplendit au dedans des splendeurs de Dieu. Les mouvements de cette flamme divine sont des vibrations, des jets de flamme que l'âme transformée en flammes n'est pas seule à produire. Elle le fait conjointement à l'Esprit-Saint. La délicatesse des délices que l'âme éprouve est impossible à décrire…




Christianisme / Catholicisme 1193 | 
Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" 







Q ui veut arriver à la plus haute perfection de son être et à la contemplation de Dieu, du Bien suprême, il faut qu'il ait une connaissance de lui-même, comme de ce qui est au-dessus de lui, jusqu'au fond. Ce n'est qu'ainsi qu'il arrive à la plus haute pureté. C'est pourquoi, cher être humain, apprends à te connaitre toi-même, cela t'est meilleur que si tu connaissais les forces de toutes les créatures !




Christianisme / Catholicisme 1190 | 
Oeuvres, Gallimard 1987 







P assons à la question de ce qu'est l'objet du pur détachement. Ce n'est pas ceci ou cela. Le détachement tend vers un pur néant, car il tend vers l'état le plus haut, dans lequel Dieu peut agir en nous entièrement à sa guise.




Christianisme / Catholicisme 1189 | 
Oeuvres, Gallimard 1987 







J 'ai lu beaucoup d'écrits, tant de maîtres païens que de prophètes, de l'Ancien et du Nouveau Testament, et j'ai recherché avec tout mon sérieux et toute mon application quelle est la plus belle et la plus haute des vertus : par laquelle l'homme peut se conformer le plus étroitement à Dieu et redevenir autant que possible pareil à son modèle original, tel qu'il était en Dieu, dans lequel il n'y avait aucune différence entre lui et Dieu, jusqu'à ce que Dieu eût créé les créatures. Et quand je vais au fond de tout ce qui a été écrit là-dessus, aussi loin que peut atteindre ma raison avec son témoingage et son jugement, je n'en trouve pas d'autre que le pur détachement de toute chose créée. C'est dans ce sens que Notre-Seigneur dit à Marthe : "Une chose est nécessaire !" Ce qui veut dire : Qui veut être inaltérable et pur doit avoir une chose, le détachement.




Christianisme / Catholicisme 1188 | 
Oeuvres, Gallimard 1987 







I l est un dans l'un, où toute diversité est unité, inviolable unité…




Christianisme / Catholicisme 1187 | 
Oeuvres, Gallimard 1987 







E t de même qu'aucune multiplicité ne peut disperser Dieu…




Christianisme / Catholicisme 1186 | 
Oeuvres, Gallimard 1987 







D ieu lui est un et tout …




Christianisme / Catholicisme 1185 | 
Oeuvres, Gallimard 1987 







O n m'a demandé : "Certaines gens se retirent rigoureusement de toute société et aiment être seuls : ils en ont besoin pour leur recueillement ; ou ne doivent-ils pas en outre se trouver à l'église : n'est-ce pas cela le mieux ?" Non ! ai-je répondu. Et laisse-toi dire pourquoi ! Qui est dans la disposition d'esprit requise, tous les lieux lui conviennent, et toutes les société ; mais qui ne l'est pas, aucun lieu et aucune société ne lui convient. Le premier, en effet, il a Dieu en soi. Mais Dieu, si on l'a du tout, on l'a en tous lieux : dans la rue et parmi les gens aussi bien qu'à l'église ou dans un ermitage ou une cellule. Si quelqu'un l'a, et n'a que lui, personne parmi les hommes ne peut le troubler.




Christianisme / Catholicisme 1184 | 
Oeuvres, Gallimard 1987 







L es gens ne devraient pas toujours tant réfléchir à ce qu'ils doivent faire, ils devraient plutôt penser à ce qu'ils doivent être. S'ils étaient seulement bons et conformes à leur nature, leurs oeuvres pourraient briller d'une vive clarté. Si tu es juste, tes oeuvres le sont aussi. Ne pense pas mettre ton salut sur un " agir " : c'est sur un être qu'il faut le placer. Car les oeuvres ne nous sanctifient pas, mais nous devons sanctifier les oeuvres. Et même s'il s'agit des oeuvres les plus pieuses, elles ne nous sanctifient pas le moins du monde parce que nous les accomplissons : mais dans la mesure où nous avons l'être et l'essence, nous sanctifions notre agir, que ce soit manger, dormir, veiller ou n'importe quoi d'autre. L'important n'est pas tant ce qu'on fait ni de quel genre sont les oeuvres que comment est le fond des oeuvres. Le fond dont dépend si l'essence de l'homme est bonne, le fond aussi d'où les oeuvres de l'homme reçoivent leur valeur, est que notre coeur soit entièrement tourné vers Dieu.




Christianisme / Catholicisme 1183 | 
Oeuvres, Gallimard 1987 







M ets donc le levier en toi et quitte-toi ! Car, en vérité ! si tu ne te fuis pas d'abord, alors, où que tu fuies, tu trouveras toujours empêchement et trouble. Les gens qui cherchent la paix dans les choses extérieures : dans les lieux et dans les modalités, par les hommes ou par les choses, par l'absence de logis, la pauvreté et la bassesse de condition - quelque bonne apparence que cela puisse avoir, tout cela n'est pourtant rien et ne donne pas la paix ! Ceux qui cherchent ainsi, cherchent tout à fait à contresens : plus ils vont loin moins ils trouvent ce qu'ils cherchent. Ils vont comme quelqu'un qui s'est trompé de chemin : plus il va loin plus il s'égare. Qui quitte sa volonté, qui se quitte lui-même, il a quitté le monde entier, aussi bien que si celui-ci était son bien propre et s'il l'avait possédé avec pleine puissance.




Christianisme / Catholicisme 1182 | 
Oeuvres, Gallimard 1987 







O n peut concevoir la chaleur sans le feu et la lumière sans le soleil, mais on ne peut concevoir Dieu sans l'âme ni l'âme sans Dieu, tant ils sont un.




Christianisme / Catholicisme 1181 | 
Extrait de Dieu au-delà de Dieu 







L 'instant où Dieu créa le premier homme, et l'instant où le dernier doit disparaître, et l'instant où je parle, sont égaux en Dieu et ne sont qu'un instant.




Christianisme / Catholicisme 1180 | 
Extrait de Sermon 







I l n'est si bon conseil pour trouver Dieu que de laisser Dieu. Que l'homme aille loin ou près, Dieu ne va jamais loin, il demeure toujours proche.




Christianisme / Catholicisme 1179 | 
Extrait de Discours du discernement 







D ans le Un on trouve Dieu, et il faut que devienne Un celui qui doit trouver Dieu.




Christianisme / Catholicisme 1178 | 
Extrait de De l'homme noble 







U ne sincère et complète abnégation est une vertu préférable à toutes les vertus. Aucune oeuvre d'importance ne peut être faite sans elle.




Christianisme / Catholicisme 1177 | 
Extrait de l' Instruction spirituelle 







D ieu a établi l'âme dans la libre détermination d'elle-même, en sorte qu'il ne veut rien lui imposer au-dessus de sa libre volonté, ni exiger d'elle quelque chose qu'elle ne veut pas.




Christianisme / Catholicisme 1176 | 
Extrait de De la colère de l'âme et de son vrai bien 







E n vérité, si un homme abandonnait un royaume et le monde entier et qu'il se garde lui-même, il n'aurait rien abandonné.




Christianisme / Catholicisme 1175 | 
Extrait de Les traités 







B eaucoup de maîtres prônent l'amour comme ce qui est le plus haut, tel saint Paul quand il dit : "Quelque tâche que j'entreprenne, si je n'ai pas l'amour je ne suis rien." Mais je mets le détachement encore au-dessus de l'amour. D'abord pour cette raison : le meilleur dans l'amour est qu'il m'oblige à aimer Dieu. Or c'est quelque chose de beaucoup plus important d'obliger Dieu à venir à moi que de m'obliger à aller à Dieu, et cela parce que ma béatitude éternelle repose sur ce que Dieu et moi devenions un. Car Dieu peut entrer en moi d'une façon plus intime et s'unir à moi mieux que je ne peux m'unir à lui. Or, que le détachement oblige Dieu à venir à moi, je le prouve ainsi : tout être se tient volontiers dans le lieu naturel qui lui est propre. Le lieu naturel de Dieu qui lui est propre par excellence est l'unité et la pureté, or celles-ci reposent sur le détachement. C'est pourquoi Dieu ne peut pas s'empêcher de se donner lui-même à un coeur détaché. La seconde raison pour laquelle je mets le détachement au-dessus de l'amour est celle-ci : si l'amour m'amène au point de tout endurer pour Dieu, le détachement m'amène au point de n'être plus réceptif que pour Dieu. Or c'est ce qui est le plus haut. Car dans la souffrance l'homme a toujours encore un regard sur la créature par laquelle il souffre; par le détachement au contraire il se tient libre et vide de toutes les créatures.




Christianisme / Catholicisme 1174 | 
Oeuvres, Gallimard 1987 







O mon âme,
sors ! Dieu, entre !
Sombre tout mon être,
en Dieu qui est non-être,
sombre en ce fleuve sans fond !
Si je te fuis,
Tu viens à moi.
Si je me perds
Toi, je Te trouve,
Ô Bien suressentiel !





Christianisme / Catholicisme 1173 | 
Oeuvres, GRANUM SINAPIS, VIII 





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En savoir + : Histoire et dogmes de la religion catholique




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