Asclepius
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11.1
Puisque tel est l’état de l'univers, il n'y a rien de fixe, rien de stable, rien d'immobile dans la nature, ni dans le ciel, ni sur la terre. Car Dieu seul, et justement seul, est totalement plein et parfait en soi, de soi et autour de soi. Lui-même est sa ferme stabilité; il ne peut être mû par une impulsion quelconque, puisque tout est en lui et que lui seul est tout: A moins qu'on n'ose dire que son mouvement est dans l'éternité; mais c'est, au contraire, cette éternité elle-même qui est immobile, puisque tout le mouvement des temps revient à elle et prend en elle sa forme. Dieu a donc été et est à jamais stable ; avec lui est l'éternité immobile, ayant en soi le monde incréé, qu'on peut appeler sensible (?). Le monde, image de Dieu, est l'imitation de l'éternité. Le temps, malgré son perpétuel mouvement, possède, par ses retours nécessaires sur lui-même, la force et la nature de la stabilité. Ainsi, quoique l'éternité soit fixe et immobile, cependant, comme le mouvement du temps se replie dans l'éternité, et que cette mobilité est la condition du temps, il semble que l’éternité, immobile par elle-même, se meuve par le moyen du temps qui est en elle et qui contient tout mouvement. Il en résulte que la stabilité de l’éternité se meut, et que la mobilité du temps devient stable par la loi fixe de sa course. Ainsi on peut croire que Dieu se meut en lui-même dans son immobilité. L'agitation immobile de sa stabilité est dans sa grandeur; la loi de la grandeur est une agitation immobile.

11.2
Ce qui ne tombe pas sous les sens, l'infini, l'incompréhensible, l'inappréciable, ne peut être ni soutenu, ni porté, ni recherché. On ne peut dire d'où il vient, où il va, où il est, comment il est, ni qui il est. Il est porté en sa stabilité suprême, et sa stabilité est en lui, soit Dieu, soit l'éternité, soit l'un et l'autre, soit l'un dans l'autre, soit l'un et l'autre dans tous les deux. L'éternité est dans le temps indéfini, et le temps, qui peut se définir par le nombre, l'alternative, le retour périodique, est éternel. Ainsi l'un et l'autre paraissent infinis et éternels. La stabilité, étant un point fixe qui sert de base au mouvement, doit, en raison de cette fixité, occuper le premier rang. Dieu, avec l'éternité, est le principe de toutes choses; le monde, qui est mobile, ne peut être mis en première ligne. En lui la mobilité vient avant la stabilité, par cette loi d'agitation éternelle dans une fermeté immobile. Tout le sentiment de la divinité est donc immobile et se meut dans sa stabilité; il est saint, incorruptible, éternel, et pour le définir mieux encore, il est l'éternité, consistant dans la vérité du Dieu suprême, la plénitude de toute sensation et de toute science, consistant pour ainsi dire en Dieu. Le sentiment du monde est le réceptacle de toutes les choses sensibles, des espèces et des sciences. Le sentiment humain consiste dans la mémoire, par laquelle l'homme se souvient de tous ses actes.

11.3
Le sentiment de la divinité descend jusqu'à ranimai humain. Dieu n'a pas voulu répandre sur tous les êtres ce sens suprême et divin, de peur d'en abaisser la grandeur en le mêlant à d'autres animaux. L'intelligence du sens humain, quelles qu'en soient l'intensité et la force, est tout entière dans la mémoire du passé; c'est par cette ténacité de la mémoire que l'homme est devenu le roi de la terre. L'intelligence de la nature et de la qualité, le sens du monde, peut se découvrir par les choses sensibles qui sont dans le monde. L'éternité, qui tient le second rang, son sens est donné et sa qualité se connaît d'après le monde sensible. Mais l'intelligence de la nature divine, la connaissance du souverain Dieu, est la seule vérité, et on ne peut découvrir cette vérité, ni même son ombre, dans ce monde plein de mensonges, d'apparences changeantes et d'erreurs.

11.4
Tu vois, ô Asclèpios, à quelles hauteurs nous osons atteindre. Je te rends grâces, Dieu suprême! qui m'as illuminé des rayons de ta divinité. Pour vous, ô Tat, Asclèpios et Ammon, gardez ces divins mystères dans le secret de vos cœurs et couvrez-les de silence. L'intelligence diffère du sentiment en ce que notre intelligence parvient par l’application à comprendre et à connaître la nature du monde. L'intelligence du monde arrive jusqu'à la connaissance de l'éternité et des Dieux hypercosmiques. Nous autres hommes, c'est comme à travers un brouillard que nous voyons ce qui est dans le ciel, autant que le permet la condition du sens humain. Nos efforts sont bien faibles pour découvrir de si grands biens; mais, quand nous y parvenons, nous en sommes récompensés par la félicité de la conscience.  


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