Appartenant à la secte des Bonnets jaunes, le dalaï-lama, ou grand prêtre, est le chef suprême du lamaïsme. Son nom, qui vient du mongol, signifie «lama pareil à l'océan», ou «océan de sagesse»; jusqu'en 1959, le dalaï-lama résidait au palais du Potala, à Lhassa. Celui que les Tibétains appellent parfois talaï représente la réincarnation du bodhisattva de la Compassion (Avalokiteçvara, le «Seigneur qui abaisse ses regards sur le monde d'en bas»; en tibétain Tcherenzi), et exerce son pouvoir spirituel sur le Tibet depuis 1642 jusqu'en Mongolie, au Sikkim et au Bhoutan. Sa fonction est dite «innée». À sa mort, il lui est choisi comme successeur un enfant, même très jeune, laissant apparaître des qualités exceptionnelles, et dans lequel on considère qu'il serait réincarné. C'est ainsi que l'actuel dalaï-lama, Tenzin Gyatso, fut reconnu, alors qu'il n'avait pas encore atteint trois ans, par un groupe de sages comme étant la manifestation de Tcherenzi, et la réincarnation du précédent dalaï-lama, mort en 1933. En exil depuis l'occupation du Tibet par la Chine en 1959, le dalaï-lama a refusé en 1977 l'offre que lui avait faite le panchen-lama (deuxième autorité religieuse, destitué par les Chinois en 1964), rallié à la Chine, de revenir. Réfugié à Dharamsala, en Inde, il y a créé un gouvernement tibétain en exil. Il multiplie depuis les actions diplomatiques, rencontrant notamment le pape, en Inde, en 1986. Symbole du soutien dont a bénéficié la cause qu'il défend de la part de la communauté internationale, au premier chef des Américains, il a reçu le prix Nobel de la paix en 1989.
Source : Données encyclopédiques, copyright © 2001 Hachette Multimédia / Hachette Livre, tous droits réservés.
|