Patrimoine  Mondial  des religions, traditions et courants de pensée



La philosophie mahayaniste

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S ache, ô bodhisattva Libéré du karman, que tous les êtres ayant de l'attachement et de l'amour pour le Moi de toute éternité errent faussement dans la transmigration. Comme ils n'ont pas éliminé les quatre marques, ils ne peuvent accomplir la bodhi. Attraction et répulsion naissent en leur cœur, erreur et confusion imprègnent leurs pensées. C'est pourquoi il y a tant d'égarés qui ne peuvent entrer dans la ville de l'Eveil.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 220 | 
(Yuan Kiue King), traduit par Catherine Despreux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.434 







P our pouvoir retourner au champ de l'Éveil, il faut d'abord éliminer désir, sottise, colère,
ne garder dans son esprit aucun amour de la Doctrine.
Ainsi, on pourra progressivement réussir.
Mon corps étant fondamentalement inexistant, d'où l'attraction et la répulsion pourraient-elles naître ?
Celui qui recherche des amis de bien ne tombera jamais dans les vues erronées.
Mais si la recherche engendre une conscience,
Il n'y a finalement pas d'accomplissement.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 219 | 
(Yuan Kiue King), traduit par Catherine Despreux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.434 







I l n'y a ni Bouddha ni Dieu.
Tous les sages et vénérables sont comme des éclairs dans le ciel.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 185 | 
Zen et vie quotidienne, trad. M. Fabbro, V. Bardet, K. Robel, E. et M. de Smedt, 1985 / 1996, Éditions Albin Michel, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 64-66 







T out ce que vous rencontrez, au-dehors et même au-dedans de vous-même, tuez-le. Si vous rencontrez un Bouddha, tuez le Bouddha ! Si vous rencontrez un patriarche, tuez le patriarche ! Si vous rencontrez un Arhat, tuez l'Arhat ! Si vous rencontrez vos père et mère, tuez vos père et mère ! Si vous rencontrez vos proches, tuez vos proches ! C'est là le moyen de vous délivrer, et d'échapper à l'esclavage des choses ; c'est là l'évasion, c'est là l'indépendance !




Bouddhisme / Mahayana / Zen 184 | 
Entretiens de Lin-tsi, traduction Paul DEMIÉVILLE, Paris, Fayard, 1972, p. 117 







E st-ce un rêve, une magie? se demande-t-il. Il reconnaît alors que les choses, comme cette vision, relèvent uniquement de la conscience, ce qu'ignore le sot abusé par toutes sortes d'imaginations : Il n'y a ni voyant ni vu, ni parole ni sujet qui parle. Il n'y a là que construction différenciatrice... Tant que celle-ci opère, on ne perçoit pas le Bouddha. Le Bouddha pleinement éveillé n'est perçu que si le devenir ne se déploie plus.




Bouddhisme / Mahayana 182 | 
chap.I, sq. 42-44, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.282 







R avana se trouve complètement éveillé, toute sa personne subit une révolution et il s'installe dans un comportement indifférencié. Il a l'intelligence des textes sacrés, l'intuition des choses telles qu'elles sont. Il ne dépend plus de personne et devient un grand yogin. Il acquiert l'habileté en moyens salvifiques, jouit de la compréhension du tathagatagarbha, de la bouddhéité, et plonge dans l'intériorité mystique propre à la terre des Bouddhas.

Une voix se fait entendre alors : " Bien, bien, ceci est à reconnaître par soi-même." C'est là, en effet, l'essence de ce traité. La voix recommande à Ravana de fuir la lettre des textes, de se méfier des spéculations et de ne se livrer qu'aux véritables samadhi et ravissements du Mahayana.





Bouddhisme / Mahayana 181 | 
chap.I, p. 9-12, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.282 







I l connaît la misère des êtres, il sait que la corbeille de la loi, qui est issue des causes et conditions, peut aussi être atteinte par tous les êtres, mais que ceux-ci, plongés dans les ténèbres de l'erreur, ne la demandent pas et ne la recherchent pas. C'est pourquoi il rit de tout son corps.

Tous les êtres de cet univers cherchent toujours le bonheur, mais trouvent toujours le malheur; leur pensée s'attache à l'atman, mais en réalité il n'y a pas d'atman. Les êtres craignent toujours le malheur, mais sont toujours malheureux ; ils sont comme l'aveugle qui, en cherchant le bon chemin, s'en écarte et tombe dans le fossé. Après toutes ces considérations, le Bouddha rit de tout son corps.

C'est pour une raison grave qu'il rit de tout son corps. Quelle est donc cette grave raison ? Le Bouddha va prêcher la prajnaparamita [perfection de sapience] et d'innombrables êtres continueront la lignée du Bouddha : voilà la grave raison.

… Enfin le rire a toutes espèces de causes : on rit de joie ou de colère ou par timidité; on rit au spectacle de choses étranges ou ridicules; on rit devant des usages étrangers ou des difficultés extraordinaires. Ici, il s'agit d'une difficulté absolument extraordinaire. Les dharma sont non-nés, non-détruits, absolument vides, imprononçables, innommables, indicibles, inexprimables; cependant il faut leur donner un nom et leur appliquer des phonèmes quand on en parle aux êtres pour les amener à la délivrance : c'est là une difficulté énorme. Supposons un foyer long de cent yojana : qu'un homme portant des herbes sèches entre dans ce foyer et le traverse sans en laisser brûler un seul brin, ce serait là un exploit. De plus, il est très difficile pour le Bouddha de prendre ces herbes que sont les quatre-vingt mille rubriques de la loi et d'enter avec elles dans le véritable caractère des dharma sans en laisser brûler par le feu de l'attachement et de traverser ce feu tout droit sans arrêt. Voilà pourquoi le Bouddha rit, et c'est à cause de ces difficultés de tout genre que le Bouddha rit de tout son corps.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 180 | 
Mahaprajnaparamitasastra, p. 439-442, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.281 







T ous les dharma sont eux aussi absolus en leur nature essentielle et cette absoluité est identique à la perfection de sapience. Les dharma n'ont qu'une seule caractéristique, celle de n'en avoir point, et c'est pourquoi tous les dharma ont pour caractère de ne pas être reconnus par le Tathagata. Il n'y a pas en effet deux natures des choses mais une seule... Et la nature des choses est absence de nature, et leur absence de nature est leur nature même ... Ainsi abandonne-t-on tout point d'attachement.




Bouddhisme / Mahayana 179 | 
p. 190-192, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.211 







M anjusri, qui voit tous les dharma comme ne naissant pas connaît parfaitement la douleur. Qui voit tous les dharma comme ne surgissant pas élimine l'origine de la douleur. Qui voit tous les dharma comme parfaitement éteints réalise l'arrêt tranquille. Qui voit les dharma comme vides pratique mystiquement le chemin ; qui voit ainsi les quatre vérités mystiques ne forge rien: ni douleur à reconnaître, ni origine à éliminer, ni arrêt à réaliser, ni chemin à pratiquer..., car il n'accepte ni ne repousse aucun dharma et en conséquence sa conscience ne s'attache à rien... Sa conscience est comparable à l'espace; il ne voit plus ni le Bouddha, ni la Doctrine, ni la communauté; voyant que tous les dharma sont vides, il n'a plus de doutes, il ne s'approprie plus rien, il en donc complément éteint.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 178 | 
Mulamadhyamikakarikavrtti (ou Prasanapada), p. 517, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.182-183 







L e bodhisattva " se fonde sur la non-existence du péché et de son contraire", et cela constitue la vertu de moralité.
Question. - Si la moralité consiste à éviter le mal et à pratiquer le bien, pourquoi parler de la non-existence du péché a de son contraire ?
Réponse. - Parler de leur non-existence n'est pas vue fausse ni conception grossière ; si on pénètre à fond le caractère du dharma et qu'on pratique le samadhi du vide, on voit par l'œil de la sagesse [prajna] que le péché n'existe pas. Si le péché n'existe pas, son contraire, l'absence de péché, n'existe pas non plus.
[ ... ]
Enfin, l'homme qui déteste le péché et s'attache à son contraire éprouve du mépris et de l'orgueil quand il voit quelqu'un transgresser les défenses ; il éprouve de l'affection et du respect quand il voit un honnête homme observer les défenses
Une telle moralité est une cause génératrice de péché. Par conséquent nous disons qu'il faut remplir la vertu de moralité en se fondant sur la non-existence du péché et de son contraire.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 176 | 
Mahaprajnaparamitasastra (traité de la Grande Vertu de Sagesse (recueil de textes traitant de la prajnaparamita : perfection de la sapience)), II, p. 861, 864, traduction É. Lamotte, dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.153 







L es gens prennent pour refuge la connaissance relative et sont victimes de leurs différenciations. Quand cette connaissance se purifie en se retirant de la différenciation, Un renversement de la personnalité a lieu et [un retour] au séjour de l'Ainsité. Ce renversement exempt de représentation est en vérité le domaine des mystiques.




Bouddhisme / Mahayana 174 | 
Sagathakam, st. 150-151 et 148., cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.248 







C e ne sont pas la vérité absolue ou vulgaire, la profanité ou la sainteté, qui puissent s'appliquer en tant que noms à l'homme que vous êtes. Tenez-vous-y, adeptes, pour agir; mais ne leur appliquez plus de noms! C'est là ce que j'appelle " l'idée mystérieuse".




Bouddhisme / Mahayana / Zen 173 | 
Entretiens de Lin-tsi, p. 69, traduits du chinois et commentés par P. Démiéville, Paris, Fayard, coll. " L'Espace intérieur ", 1972 







A l'aide de diverses illustrations et caractéristiques je parle à mes fils. Mais c'est en soi-même [pratyatma] qu'il faut percevoir la Réalité ultime.




Bouddhisme / Mahayana 170 | 
st.148, p. 44, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.94 







M a suprême Réalité inconcevable est éternelle parce qu'elle est caractérisée par l'accès mystiques à l'intériorité sans rien de commun avec un devenir et un non-devenir factices... son éternité ne dépend pas du raisonnement à l'égard d'éternité, de non-éternité, de devenir et de non-devenir " extérieurs " [par rapport à la pure intériorité].




Bouddhisme / Mahayana 169 | 
cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.112 







L 'Éveil est illustré par le sensible [rûpa] et le sensible par l'Éveil.
Par une parole inadéquate on enseigne le suprême Éveil.
Par la parole sont enseignés le suprême sensible et le profond par essence.
Eveil et sensible sont identiques, on n'y appréhende aucune différence.
Si le nirvana profond est révélé par la parole,
En réalité ni le nirvana ni la parole,
Ni les deux à la fois ne sont saisis.
Ainsi le nirvana se révèle en de vides dharma.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 168 | 
Madhyamakakarika ou (Madhyamakasastra), p. 472, § 1 à 4, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.105 







G rossière si elle n'est faite que de l'audition des leçons, ou " subtile " si l'on réside dans le cœur. Subtiles encore sont la réflexions et la pratique mystique, et c'est là précisément le yoga du cœur : le yoga est inférieur ou supérieur selon qu'il s'accompagne d'une pensée associée ou non à l'amour propre.




Bouddhisme / Mahayana / Yogacara 165 | 
Mahayanasutralamkara d' Asanga, XVIII, commentaire du 14-15, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.141 







A voir un but est une maladie de l'esprit. Vous n'avez pas besoin d'avoir un but si, ici et maintenant, vous vous concentrez sur ce que vous faites. Ouvrez les mains, et vous recevrez tout, même les biens matériels.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 162 | 
Questions à un maître zen, trad. E. de Smedt, 1984 / 1990, Éditions Albin Michel, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 64-66 







L es moines apparitionnels s'enquirent: Que faut-il épuiser pour parvenir à l'extinction complète ?
- C'est l'attraction, l'aversion, l'erreur qu'il faut épuiser. - Mais les Révérends les possèdent-ils vraiment ?
- Nous ne les percevons pas en nous, ni à l'intérieur ni à l'extérieur ni entre les deux [et pourtant] ils ne peuvent surgir sans que nous les imaginions.
- Dès lors, que les Révérends ne les imaginent ni ne les forgent. S'ils ne les imaginent ni ne les forgent, ils n'auront ni attraction ni aversion et celui qui n'est ni attiré ni repoussé est dit "apaisé". Bonne conduite, samadhi, sapience, délivrance ne relèvent ni de la transmigration ni du nirvana. Ce ne sont là que dharma servant à suggérer l'extinction. Mais ces dharma sont vides, privés de nature réelle.
Ô Révérends, renoncez donc à tout, y compris à la notion d'un complet nirvana... Ne produisez pas de notions à l'occasion de notions car celui qui s'appesantit sur une notion en tant que notion contracte la servitude de la notion.
Ô Révérends, plongez en ce ravissement où prennent fin notions et impressions. Nous déclarons qu'un moine plongé en un tel ravissement a atteint ce qu'il y a de plus haut...





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 161 | 
Ratnavali, p 47-49, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.184 







L es mots dépourvus de substance ne font qu'égarer les ignorants. Ce qu'ils expriment n'est pas la Réalité suprême car la Réalité est béatitude mystique [aryasukha] où le langage n'a nul accès. Pour l'atteindre il faut parvenir à l'intériorité grâce à la connaissance mystique, et ce n'est pas du domaine de l'intelligence différenciatrice propre à la parole.




Bouddhisme / Mahayana 160 | 
st.148, P. 87-88, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.94 







B ienheureux, maintenant que je vois le Tathagata, je le vois comme s'il n'y avait rien à voir. C'est qu'il est compréhension sans être compréhension […] qu'il ne peut être saisi par aucune notion ni exprimé par aucun langage




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 159 | 
Vimalakirtinirdesa, Bouddhisme Mahayana (Grand Véhicules), p. 355-359, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.118 







P assé, avenir, extinction, personnalité, parole,
Je les enseigne d'un point de vue superficiel. Mais l'ultime Réalisé est muette.





Bouddhisme / Mahayana 158 | 
Sagathakam, 220, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.270 







T chao-tcheou demande à Nan-ts'iuan : " Qu'est-ce que la Voie ? "
Ts'iuan dit : "Le cœur quotidien, c'est la Voie. "
Tcheou dit : "Alors peut-on la suivre ?"
Ts'iuan dit : " Si l'on s'y attache, aussitôt on va de travers."
Tcheou dit: "Si je ne m'y attache pas, comment pourrai-je savoir si c'est la Voie?"
Ts'iuan dit : " La Voie n'appartient ni à la connaissance ni à la non-connaissance. La connaissance est un éveil irréel et la non-connaissance est indifférence. Si tu arrives vraiment à la Voie sans attache, c'est comme le vide suprême, très vaste et très profond. Comment pourrais-tu la juger de force par discrimination ?" Sur ce mot, Tcheou a instantanément l'Éveil.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 157 | 
Anale de la Falaise Verte (recueil de koans recueillis par Wou-men), cité par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p. 477 







E xclure toute parole et ne rien dire, ne rien exprimer, ne rien prononcer, ne rien enseigner, ne rien désigner, c'est entrer dans la non-dualité [advaya].




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 156 | 
Vimalakirtinirdesa, p. 317, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p. 482 
Remarque : Le Bouddha se tait parce que la Réalité du non-né se dérobe aux mots, parce qu'elle échappe sans trêve au terme qui la nomme, irréductible qu'elle est au domaine de l'intelligence différenciatrice.







D e son Éveil à sa totale extinction le Tathagata n'a pas prononcé une seule parole ni n'en prononcera, car ne pas parler c'est la parole même du Bouddha. En quel sens allusif et profond la non-parole est-elle parole de Bouddha ?
A cette question le Bienheureux répond : " Ô Mahamati, c'est pour deux raisons :

La première, l'essence de l'intériorité que réalisèrent les Tathagata et moi-même ne s'accroît ni ne diminue, ce royaume de la réalisation intérieure étant libre de parole et de différenciation, affranchi de toute dualité issue des mots.

La seconde, c'est que l'essence des choses demeure éternellement. L'antique route de la Réalité est depuis toujours présente comme de l'or ou des perles dans une mine; le domaine absolu demeure à jamais, peu importe si un Tathagata apparaît ou non ici-bas. De même que le Tathagata éternellement demeure, ainsi l'essence de toute chose. Il en est comme d'un homme cheminant dans une forêt qui découvre une ancienne ville avec ses rues bien alignées, y entre et s'y repose... Cet homme a-t-il fait cette route par laquelle il pénètre dans la ville ainsi que tout ce qui s'y trouve ? Ô Mahamati, tout ce que les autres Tathagata et moi-même avons réalisé, c'est cette demeurée présente, l'Ainsité, la réalité, la vérité. Pour cette raison, jamais le Bouddha n'a proféré la moindre parole.





Bouddhisme / Mahayana 155 | 
p. 143-144, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p. 482 







L e Bouddha, plongé en profond samadhi, n'est pas agité par les choses du monde, [ ... ] il reste toujours en samadhi. [ ... ] le Bouddha [ ... ] prêche la loi selon les désirs [de ses auditeurs] sans qu'il y ait de sa part acte d'attention ni concept.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 154 | 
Mahaprajnaparamitasastra (traité de la Grande Vertu de Sagesse (recueil de textes traitant de la prajnaparamita : perfection de la sapience)), p. 559-560, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p. 483 







O Mahamati [dit le Bienheureux], ceux qui aspirent au nirvana dans la crainte des douleurs dues à la différenciation de la ronde des naissances et des morts ne savent pas que nirvana et samsara ne sont pas différents.




Bouddhisme / Mahayana 153 | 
p.169, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.232-233 







I l n'y a ni nature propre ni conscience informatrice ni réalité ni [conscience] de tréfonds. Ce sont là distinctions à l'usage d'esprits puérils, cadavres de mauvais logiciens. […]

Le triple devenir n'est que conception, il n'a aucune réalité. Et c'est à l'aide d'une telle conception que les logiciens échafaudent leurs constructions imaginaires. Signe distinctif, réalité, conscience informatrice, il n'y a là que flux mental. Passant par-delà, mes fils procèdent dans l'indifférencié.





Bouddhisme / Mahayana 152 | 
p.169, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.232-233 







Q uant à ma manière d'agir à moi, celle que j'emploie aujourd'hui, elle est, en vérité, à la fois créative et destructive. Je me joue dans les transformations spirituelles; j'accède à tous les objets, mais en restant sans affaires où que ce soit. Les objets ne sauraient me faire dévier. Pour peu que quelqu'un vienne à la recherche, je sors le regarder. Il ne me reconnaît pas. Je mets alors toutes sortes de vêtements, qui font naître chez l'apprenti des interprétations; et à tout coup il se laisse prendre à mes paroles et à mes phrases.

Ô amertume ! ces tondus aveugles, ces hommes qui n'ont pas l'œil s'emparent des vêtements que j'ai mis pour me voir bleu, jaune, rouge, blanc. Et si je les enlève pour aborder des domaines purs, voilà les apprentis qui aspirent aussitôt à la pureté; et si j'enlève encore ce vêtement de pureté, les voilà tout perdus, et frappés de stupeur. Ils se mettent à courir comme fous, disant que je suis nu! je leur dis alors : "Le reconnaissez-vous enfin, l'homme en moi qui met les vêtements?" Et soudain ils tournent la tête, et voilà qu'ils me connaissent.





Bouddhisme / Mahayana / Zen 151 | 
Entretiens de Lin-tsi, p. 140-141, traduits du chinois et commentés par P. Démiéville, Paris, Fayard, coll. " L'Espace intérieur ", 1972 







L a vérité empirique, pratique ou de surface qui porte sur la connaissance et son objet cache la réalité des choses.
En effet le Sens absolu [paramartha] doit être intérieurement éprouvé par les mystiques en une expérience personnelle au-delà de tout discours, elle ne peut être ni enseignée ni même connue :
Non appréhendée par l'aide d'autrui, paisible, qui ne se déploie pas en discours,
Indifférenciée, dénuée de sens multiples, telle est la définition de la Réalité absolue.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 140 | 
glose des sqq. 1 à 15 du Madhyamakarika de Nagarjuna, p.493, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.180 







C elui qui cherche la loi ne cherche pas le refuge. Pourquoi?
La loi n'est pas un refuge. Donc ceux qui aiment le refuge ne cherchent pas la loi, mais cherchent le refuge !





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 137 | 
Vimalakirtinirdesa, p. 243, 245, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.85  







C elui qui cherche la loi ne cherche pas l'adhésion au Bouddha, l'adhésion à la loi ou l'adhésion à la communauté [ ... ]. Dire ou répéter : " La douleur doit être connue, son origine doit être détruite, sa destruction doit être réalisée, le Chemin doit être pratiqué ", ce n'est pas chercher la loi, mais chercher le bavardage.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 136 | 
Vimalakirtinirdesa, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.85 







E coute attentivement, dit-il à Mahamati, fais acte d'attention; il y a deux manières de caractériser ce que réalisent tous les Auditeurs, bouddha-pour-soi et bodhisattva : la réalisation proprement dite et son enseignement.
La première est accès à l'intériorité ; exempte de phonèmes, de pensée dualisante [vikalpa], de parole, elle conduit au domaine étranger à tout flux, [cet] accès à la terre de l'intériorité qui, ne présentant rien de commun avec les spéculations philosophiques, irradie sa propre intériorité. "
" Quant à l'enseignement il varie... Il éloigne des notions à double pôle d'être et de non-être, d'unicité et d'altérité en utilisant d'habiles moyens salvifiques au bénéfice d'autrui... "
" A l'aide de diverses illustrations et caractéristiques je parle à mes fils. Mais c'est en soi-même [pratyatma] qu'il faut percevoir la Réalité ultime."





Bouddhisme / Mahayana 134 | 
st.148, p. 44, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.94 







Q uand on accède à la seule conscience, on accède à l'absence de représentation,
Et le yogin qui demeure sans représentation ne perçoit plus le Grand Véhicule.





Bouddhisme / Mahayana 131 | 
Sagathakam, 257, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.270 







L a conscience qui se déploie dans les naissances est nouée et entravée par la vue du soi; de là sa tension agitée et impuissante. On y remédie en stabilisant [la conscience] dans l'intériorité [adhyatmasthiti], ce qui revient à installer la conscience dans la conscience même.




Bouddhisme / Mahayana / Yogacara 130 | 
Mahayanasutralamkara d' Asanga, XI, 49, avec la glose, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.235 







L a pratique mystique (aryacarya)] consiste à exercer l'absence de toute pratique... [Quant aux autres pratiques], bien qu'elles ne présentent pas de défauts au moment où on les exerce, elles en auront plus tard, et les réalités qu'elles poursuivent actuellement apparaîtront toutes fausses... Pour celui qui exerce ainsi l'absence de pratique, plus rien n'existe - les méprises, les tromperies et les passions ne naissent absolument plus, car elles sont purifiées comme l'espace. Il acquiert le vrai caractère des dharma en tenant sa non-acquisition pour une acquisition... Les Bouddhas, par bienveillance et compassion envers les êtres, enseignent des pratiques pour se conformer à l'usage courant, mais il n'y a là rien d'absolu [paramartha].




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 128 | 
(Yuan Kiue King), t. II, p. 1112, traduit par E. Lamotte, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p.413 







Q uant à l'essence de cette Loi, si on s'en enquiert on ne l'obtient pas, si on la recherche on ne la trouve pas. Quand on a vu [la vérité], on oublie la connaissance [qui fait distinguer le sujet de l'objet] ; lorsqu'on a obtenu [la compréhension de la Loi], on dépasse l'esprit [de discrimination].




Bouddhisme / Mahayana / Zen 127 | 
Gakudoyojin-shu (recueil de l'application de l'esprit à l'étude de la Voie), p. 163, traduit par Hoang-Thi-Bich, Genève-Paris, Droz, 1973 







T ant que l'on ne possède pas l'union avec la bodhi, d'où pourrait-on obtenir la délivrance ?
Ce n'est certes pas en restant accroupi [assis en posture de méditation].





Bouddhisme / Mahayana / Zen 126 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 57, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 460 







Q uoi que je fasse, tout est facile, si c'est d'accord avec le But : relâche-toi donc spontanément sans rien viser!




Bouddhisme / Mahayana 108 | 
Vie et Chants de 'Brug-pa Kun-legs, le yogin, traduit du tibétain par R.A. Stein, Paris, G.-P. Maisonneuve et Larose, 1972, p. 255-256 







C omment, par la méthode de non-résidence, assure-t-il cette plénitude ? En évitant cinq espèces de résidences. En effet :
1. il évite de résider dans la croyance au moi des hérétiques.
2. Il évite de résider dans les concepts des bodhisattva qui n'ont pas vu la réalité.
3. Il évite de résider dans les deux extrêmes que sont le samsara et le nirvana.
4. Il évite la résidence qui consiste à se contenter uniquement de couper l'obstacle en passions.
5. Il évite de résider dans l'élément-nirvana-sans-reste au mépris de l'intérêt des êtres.





Bouddhisme / Mahayana / Yogacara 105 | 
Mahayanasamgraha (Somme du grand Véhicules), p. 253-254, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.267 







A la question de Sakra, roi des dieux : Comment l'aspiration du cœur à l'Éveil [bodhicitta] peut-elle devenir source d'attachement ?
Subhuti répond: On s'y attache quand on se dit que c'est la première aspiration à l'Éveil et qu'on la transforme en complet Éveil tout en demeurant conscient de le faire, étant donné qu'on ne peut transformer la nature originelle de la conscience. Selon le Bienheureux, il existe encore de plus subtils attachements : autant de signes distinctifs, autant d'attachements, … car c'est des signes que procèdent les attachements...L'essence des choses ne peut être passée, présente ou future, elle transcende les trois époques et ne peut être transformée, ne peut être traitée comme un signe ni comme un point d'appui; elle ne peut être vue ni entendue ni pensée ni reconnue... Profonde est la nature originelle des choses parce qu'elle est absolue [vivikta]. Profonde est la nature de la perfection de sapience... car sa nature originelle est absolue…





Bouddhisme / Mahayana 104 | 
p. 384, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.210-211 
Remarque : Au sommet de sa carrière aussi bien qu'à tous les précédé, le secret de la réussite du bodhisattva consiste à ne rien s'approprier ; à ne pas saisir par la pensée, à ne pas concevoir, à ne pas s'attacher ni au moi ni aux choses ni aux vérités mystiques, ni aux mystiques ni même aux attributs du Bouddha. Comment saisirait-t-il l'insaisissable ? Il n'y a rien à saisir pour qui acquiesce à la non-production, la pureté des choses tenant précisément à leur caractère insaisissable. C'est pourquoi perfection de sapience, Éveil s'évanouissent dès qu'on cherche à s'en emparer. Rien ne peut devenir " objet " de pensée, de perception d'Éveil, car s'attacher, c'est croire que les choses sont produites, s'attacher, c'est objectiver, et tout doit rester intériorisé.







J e vous en prie, essayez de lâcher prise! Lâchez donc prise pour voir!




Bouddhisme / Mahayana / Zen 102 | 
Gakudoyojin-shu (recueil de l'application de l'esprit à l'étude de la Voie), p. 165 , traduit par Hoang-Thi-Bich, Genève-Paris, Droz, 1973 







O n se dépouille du corps et de l'esprit et on abandonne complètement [les deux notions] d'erreur et d'Eveil.




Bouddhisme / Mahayana / Zen 101 | 
Gakudoyojin-shu (recueil de l'application de l'esprit à l'étude de la Voie), p. 170-171 , traduit par Hoang-Thi-Bich, Genève-Paris, Droz, 1973 







S i votre esprit est dépourvu du bleu, du jaune, du rouge et du blanc [c'est-à-dire de tout caractère sensible], s'il est sans sortie ni entrée, sans allée ni venue, sans éloignement ni proximité, sans antériorité ni postériorité, sans activité de l'esprit [manaskara] et sans non activité de l'esprit, s'il est ainsi, c'est l'union. Mais, s'il y a sortie de concentration, entrée en concentration, si votre esprit est pourvu de tous les objets de la connaissance, tout cela, bien ou mal, ne se sépare pas de l'esprit d'erreur. S'il y a quelque chose que l'on peut atteindre, c'est encore du fabriqué et ce n'est absolument pas l'union [avec le principe absolu].




Bouddhisme / Mahayana / Zen 100 | 
Entretiens du Maître de dhyana Chen-houei du Ho-tsô, Traduction annotée par Jacques Gernet, Publication de l'École française d'Extrême-Orient, Hanoi, 1949, p. 56-57, cité dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p. 460 







L e sot qui voit du non-vide,
Voit encore ensuite du vide.
Ne pas avoir de vues positives ou négatives,
C'est là vraiment le nirvâna.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 96 | 
Mahaprajnaparamitasastra (traité de la Grande Vertu de Sagesse (recueil de textes traitant de la prajnaparamita : perfection de la sapience)), I, p. 69, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.176 







P renez conscience que toutes les choses sont toujours isolées, naturellement vides et exemptes de soi.




Bouddhisme / Mahayana 94 | 
Samadhiraja Sutra, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.172 







L es dharma, par nature, sont éternellement vide.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 93 | 
Mahaprajnaparamitasastra (traité de la Grande Vertu de Sagesse (recueil de textes traitant de la prajnaparamita : perfection de la sapience)), II, p. 915-916 et 924-926, traduction É. Lamotte, dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.157  







C omme nous ne pouvons faire comprendre ce qu'est la nature propre sans recourir à des paroles, nous en parlons à l'aide de métaphores du point de vue de la vérité mondaine, afin de nous conformer à la connaissance des gens à convertir et en nous exprimant à la façon de ce sutra. Nous ne déclarons donc pas que tout est vide ni que tout est non vide puisqu'il y a existence, non-existence et la voie du milieu."




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 92 | 
Mulamadhyamikakarikavrtti (ou Prasanapada), p. 443-444, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.178 







N ous ne nions nullement l'existence des Tathagata qui échappent à tout déploiement différencié; mais le yogin qui soutient l'absence de nature propre du Tathagata en vue d'enseigner le Sens ultime exempt de méprise ne peut dire ni qu'il est vide ni qu'il est non vide, ni les deux à la fois, ni non plus qu'il n'est ni vide ni non vide à la fois. Mais c'est ce que l'on dit pour en parler.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 91 | 
Madhyamakakarika ou (Madhyamakasastra), sl, XXII, p. 11, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.178 







S 'il y avait quelque chose de non vide,
Il devrait y avoir quelque chose de vide;
Mais si le non-vide n'existe pas,
Comment le vide existerait-il ?





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 90 | 
Madhyamakakarika ou (Madhyamakasastra), XIII, 7, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.176 







L e noble bodhisattva Avalokitésvara, qui pratique profondément la perfection de Sapience, abaissa son regard . Il vit que les cinq agrégats sont vides par essence.

Ici, Sariputra, la forme est le Vide, le Vide est la forme ; Vide n'est pas séparé de la forme, la forme n'est pas séparée du Vide; ce qui est forme est vide, ce qui est vide est forme. Il en est ainsi pour la sensation, la notion, le résidu et la conscience individuelle. Ici, Sariputra, toutes choses ont le vide pour caractéristique : elles ne sont ni nées ni supprimées, ni pures ni impures, ni déficientes ni complètes.

C'est pourquoi, Sariputra, dans le Vide il n'y a ni forme, ni sensation, ni notion, ni résidu, ni conscience individuelle; ni oeil, ni oreille, ni nez, ni langue, ni corps, ni pensée; ni forme, ni son, ni odeur, ni goût, ni [objet] tangible, ni chose; il n'y a pas de domaine de la vue, pas plus que de domaine de la conscience mentale; il n'y a ni ignorance ni cessation de l'ignorance, pas plus que de maladie et de mort, ni de cessation de la maladie et de la mort; il n'y a ni souffrance, ni naissance, ni cessation, ni voie; il n'y a ni connaissance, ni obtention, ni non-obtention.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka 89 | 
Mahaprajnaparamitasastra (traité de la Grande Vertu de Sagesse (recueil de textes traitant de la prajnaparamita : perfection de la sapience)), II, p. 1061 sqq, traduction É. Lamotte, dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.161 





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En savoir + : Histoire et dogmes de l' ecole mahayaniste




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