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Citations spirituelles et philosophiques
de la religion bouddhiste

364  citations  | Page 5 / 15




E n outre, le bodhisattva doit exercer la patience envers ses propres passions, mais il ne doit point en trancher les liens. Pourquoi ? Parce que, s'il tranchait ces liens, la perte serait trop grave : il tomberait au rang des arhats et ne différerait en rien d'un homme qui a perdu les sens. C'est pourquoi il arrête ses passions, ne les tranche point; en cultivant la patience, il ne suit pas ses passions.

Question. - Comment peut-il ne pas suivre ses passions, sans les avoir préalablement tranchées ?

Réponse. - Par une réflexion correcte, il parvient, tout en ayant des passions, à ne pas les suivre. Par la réflexion, il contemple le caractère vide, impermanent de toutes choses et, bien que les cinq désirs existent encore en lui subtilement, ils ne produisent plus aucun lien.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°746 | 
Mahaprajnaparamitasastra, II, p. 908-910, traduction É. Lamotte, dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.154 





Q u'après avoir pénétré l'immuable essence des choses, le Fils du Victorieux paraisse dans le devenir (1) parmi ceux que l'ignorance aveugle : quelle merveille ! C'est sa compassion et son habileté salvifique qui le lient au monde; ainsi il semble alors se trouver dans l'état des ignorants, lui qui a atteint celui des-saints. Il a dépassé tout ce qui appartient au monde et cela sans en sortir. Pour le bien du monde il y accomplit sa carrière sans être souillé par ses impuretés. La fleur de lotus a beau pousser dans l'eau, l'eau ne la souille pas; lui, il échappe de même à la souillure du monde bien qu'il y soit né. Tel un feu, son esprit flambe sans cesse en oeuvres parfaites, mais sans cesse il demeure immergé en ravissement et en absorption apaisés. Il a déjà tout pénétré, la construction dualisante a disparu pour lui, aussi n'exerce-t-il aucun effort lorsqu'il mène à maturité les êtres doués d'un corps. Il sait exactement qui doit être conduit, comment et par quels moyens : par son enseignement, sa présence physique, ses oeuvres, son exemple. Sans tendre à quoi que ce soit, sans jamais rencontrer d'obstacle à sa sagesse, libre comme l'espace, il déploie son activité en ce monde pour le bien des êtres. Lorsqu'un bodhisattva a atteint ce degré, il est semblable aux Tathagata pour autant qu'il demeure dans le monde afin de sauver les êtres.




Bouddhisme / Mahayana / Yogacara Citation n°745 | 
Ratnagotravibhaga, I, 69-78, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.129 
1. Textuellement " les naissances ".





E n outre, par la force du savoir, il saurait trancher ses entraves; mais dans l'intérêt des êtres, il préfère demeurer longtemps dans le monde [et conserver ses passions] ; cependant, il sait que ces entraves sont des ennemis, et c'est pourquoi, tout en les supportant, il ne les suit pas. Le bodhisattva enchaîne ces passions ennemies et, sans leur permettre de se débrider, il pratique la vertu. Quand on tient un ennemi que, pour une raison ou une autre, on ne veut pas tuer, on l'enferme solidement quelque part et on vaque à ses propres affaires.
En outre, le bodhisattva qui connaît bien le caractère des dharma ne tient pas les entraves pour mauvaises et ne tient pas les qualités pour bonnes; c'est pourquoi il ne hait pas les entraves et n'affectionne pas les qualités. Par la force de ce savoir il exerce la patience.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°744 | 
Mahaprajnaparamitasastra, II, p. 908-910, traduction É. Lamotte, dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.155 





T elle étant la libération, Le Bouddha a veillé avec un soin jaloux à empêcher ses disciples de s'enliser dans le marécage des discussions stériles, de s'enfermer dans des conceptions hypothétiques et vaines et il a opposé un refus célèbre de répondre à certaines questions très débattues à l'époque. L'une d'elles concerne l'après-mort du délivré. Ce refus est un " discours délectable " selon Upavama qui, se tenant derrière le Bouddha, l'éventait, et s'en émerveillait :

"Il se peut, dit le Bouddha, que des moines errants ayant d'autres doctrines que les nôtres se disent : Un Tathagata existe t-il après la mort ou n'existe-t-il pas ?... Il faut leur répondre : Frères, ceci n'a pas été révélé par le Bouddha..., parce que cela ne mène pas au bien, à la véritable Doctrine ni à l'absence de passion ni au calme, à la paix, à la sapience, à l'Éveil, au nirvana... Ce qui est révélé ce sont les quatre vérités sur la douleur, sa cessation, la voie qui y mène."





Bouddhisme Citation n°743 | 
Dighanikaya (les Dialogues du Bouddha), III, 135, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.70 ; 
une même réponse est proposée quant à l'âme, au monde, à leur éternité, à leur commencement





P uisqu'un Tathagata, même présent, est incompréhensible, il est absurde de dire de lui qui a atteint le supramondain ... qu'après sa mort il est ou il n'est pas...




Bouddhisme Citation n°742 | 
Samyuttanikaya (the Books of the Kindred Saying), III, 118, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.71 





L ibéré de l'appellation de conscience..., le Tathagata est profond, incommensurable, insondable comme le grand océan : surgir, ne pas surgir, ni les deux à la fois ni leur négation ne s'appliquent au Tathagata.




Bouddhisme Citation n°740 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), I, 487-488, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.71 





L e sage doit vivre dans le village comme l'abeille qui, sans altérer la couleur et le parfum des fleurs, s'envole en emportant leur suc.




Bouddhisme / Theravada Citation n°736 | 
Dhammapada (les Stances de la Loi), VII, Arahantavagga, p. 90-99, sq. 49, traduction G. Martini dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.73 





E n considérant que le monde est douleur, il souffre, et il sait bien ce qu'il en est, et aussi comment on y échappe, et il ne se lasse pas, le compatissant.




Bouddhisme / Mahayana / Yogacara Citation n°734 | 
Mahayanasutralamkara d' Asanga, XVII, 33, traduction S. Lévi. 





S acrifice de son propre corps ainsi que de son abondante perfection dans la restriction morale ; patience à l'égard des êtres faibles, absence de considération pour son corps, sa vie ; mise en œuvre de l'énergie, refus de jouir de la béatitude des absorptions mystiques ; indifférenciation dans la sapience, voici le prodige des contemplatifs.




Bouddhisme / Mahayana / Yogacara Citation n°733 | 
Mahayanasutralamkara d' Asanga, XIX, 1-2, Murielle Moullec, dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.135 





J e travaille dans le but d'édifier pour tous les êtres le royaume de l'incomparable Connaissance. Ce n'est pas à ma propre délivrance que tendent mes initiatives, car ce sont tous les êtres en vérité que je dois sauver du flot du devenir quasi infranchissable, à l'aide de la nef qu'est un cœur omniscient. je dois les tirer du profond ravin des calamités, leur faire traverser le flot du devenir. je dois moi-même mettre fin aux innombrables douleurs des êtres.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°732 | 
(Citation du noble Vajradhvajasutra) dans le Siksasamuccaya, XVI, p. 280-281, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.145 





I ls ne font pas de réserves, ceux qui savent exactement ce qu'est la nourriture ; comme celle des oiseaux dans l'espace, le voie est difficile à suivre, eux qui ont pour pacage: Vacuité, Incondition, Libération. Il n'a pas d'attachement pour ce qui entretient l'existence, celui dont les flux sont taris; comme celle des oiseaux dans l'espace, sa trace est difficile à suivre, lui qui a pour pacage : Vacuité, Incondition, Libération.




Bouddhisme / Theravada Citation n°731 | 
Dhammapada (les Stances de la Loi) , VII, Arahantavagga, p. 90-99, sq. 92 et 93, traduction G. Martini dans Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.71 





N 'allant nulle part, il va aux dix orients; il ne voit rien du tout et pourtant il voit tout.
Allant lentement, il court et va; les trois étages du monde, d'un seul pas il franchit...
Par force activité, il trouve le non-agir; la [notion] même de non-agir, il l'a tout oubliée.
Le chant de joie n'est point fini ; la force innée de la pensée reste insouciante, à l'aise, à l'aise.
Dans l'espace du Sens, il n'y a plus rien à dire; et tout ce qu'on dit, pourtant, du Sens est bien issu.





Bouddhisme / Mahayana Citation n°730 | 
Vie et Chants de 'Brug-pa Kun_legs, le yogin, traduit du tibétain par R.A. Stein, Paris, G.-P. Maisonneuve et Larose, 1972, p. 61-62.) 





P our robe unique je revêts la robe de coton :
à moi, chaleur de Félicité de Candali (1).
Amasser ce feu de Gnose, c'est ça que j'aime,
demeurer en la claire Lumière, c'est ça qui me rend heureux.

Pour nourriture je prends celle qu'on offre aux dieux :
à moi, nourriture de la concentration dhyana !
Etre libre de toute nourriture de péché, c'est ça que j'aime,
faire effort, réussir : désormais inutile, c'est ça qui me rend heureux.

Pour activité je choisis de faire ce qui me passe par la tête :
à moi, actions, quelles que vous soyez!
Quand on n'a plus besoin de se croire beaucoup, c'est ça que j'aime,
quand tout ce qui arrive vous convient, c'est ça qui me rend heureux

Au dessus des phénomènes, j'évolue en une danse :
à moi, Connaissance-en-Soi spontanée en elle-même!
Ne croire l'existence éternelle ou finie, c'est ça que j'aime,
Lâcher, sans rien prendre pour réalité (1) , c'est ça qui me rend heureux.





Bouddhisme / Mahayana Citation n°728 | 
Vie et Chants de 'Brug-pa Kun-legs, le yogin, traduit du tibétain par R.A. Stein, Paris, G.-P. Maisonneuve et Larose, 1972, p. 200-201 
(1) Ou sans s'attacher à rien" (R.A. Stein)





J 'ai composé des chants qui peuvent donner l'illusion que j'ai eu la compréhension illuminée... Il est sûr que je n'ai pas beaucoup étudié, ni appris ou pensé en cette vie... J'ai établi Amour et Compassion au centre même de ma dévotion. J'ai compris l'essentiel, que tous les dharma ne sont ni produits ni arrêtés. Quant à ma conduite, c'était un mélange de bonnes manières et de mauvaises, mais je crois bien qu'il y en avait davantage de mauvaises...

D'abord affligé par la haine de mon clan paternel, je suis devenu pour tous les fidèles l'enfant chéri qui erre n'importe où de pays en pays. Flottant j'étais, sans limitation et sans but comme le vent, cet hémione à robe jaune, dans l'espace médian. Où qu'il se fût levé, c'était un soleil de bonheur qui brillait devant ma porte et j'étais sans avoir à agir, conservant toujours un esprit joyeux et en paix. Dans cet état j'ai fait ceci ou cela, j'ai dit mille choses et rien. [Un tantra] l'a dit : " Quand on a renoncé à tromper les êtres vivants, il n'y a plus d'action, et [pourtant] tout se fait." Ma conduite a été conforme à ces paroles, sans but aucun ni attachement, un éclat de rire : vive la joie, vive la joie!





Bouddhisme / Mahayana Citation n°727 | 
Vie et Chants de 'Brug-pa Kun-legs, le yogin, traduit du tibétain par R.A. Stein, Paris, G.-P. Maisonneuve et Larose, 1972, p. 411 





Q uand entre soi et autrui il n'y a plus aucune distinction, comment y aurait-il alors Connaissance-en-soi et autre connaissance ?
Quand tous les signes distinctifs et les définitions sont l'erreur, comment y aurait-il des preuves et des connaissances ?
Quand on comprend toutes choses en relâchant [sa pensée], pourquoi serait-il besoin de tout condenser en une chose ?
Quand, quoi qu'on fasse, on n'a même plus l'odeur d'un désir pour soi, proclamer qu'on nourrit la Pensée d'Eveil vous rebat les oreilles.
Quand on a arraché à la base l'espoir d'achever quelque chose, le grand fruit [d'être bouddha] : a-la-ho !





Bouddhisme / Mahayana Citation n°726 | 
Vie et Chants de 'Brug-pa Kun-legs, le yogin, traduit du tibétain par R.A. Stein, Paris, G.-P. Maisonneuve et Larose, 1972, p. 192 





C ette vacuité de tous les actes est appelée action correcte. Les bodhisattvas qui pénètrent l'égalité de tous les actes ne considèrent pas l'acte mauvais comme mauvais et ne considèrent pas l'action correcte comme bonne... Établi dans un savoir exempt de vains bavardages, le bodhisattva ne choisit pas la manière de vivre correcte et ne rejette pas la mauvaise manière de vivre. Il ne s'appuie ni sur la Loi correcte ni sur la mauvaise loi, mais il demeure toujours dans le savoir pur. Pénétrant dans cette manière de vivre correcte qu'est l'égalité il ne voit pas la vie et il ne voit pas la non-vie. Pratiquer cette véritable sagesse, c'est ce qu'on appelle [chez le bodhisattva] la manière de vivre correcte.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°725 | 
(Yuan Kiue King), t. III, p. 1207, traduit par E. Lamotte, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, note p.445 





H ommage à Toi, Incomparable, à Toi qui sais qu'il n'y a pas de nature propre, Toi dont l'ardeur se dépense pour le bien de ce monde égaré par les visions qui l'abusent. En vérité, Tu ne vois rien de ton oeil d'Éveillé ; et sans pareille, ô Seigneur, est ta vision qui perçoit ce qui est.
Au regard de l'ultime vérité, ici-bas point de sujet qui connaisse, point d'objet à connaître.

Ah! Tu es, Toi, l'Eveillé qui connaît l'essence suprêmement difficile à connaître! Tu ne produis aucune des choses, Tu n'en détruis aucune. A Toi, pour la seule vue de [leur] égalité, la dignité incomparable !
Tu n'as pas eu à repousser le devenir pour atteindre l'extinction. Puisque, Seigneur, Tu ne considères pas le samsara, tienne est la paix!
Tu sais et de l'impureté et de la purification la saveur unique. Puisqu'il n'y a pas de différenciation dans le domaine absolu, Tu demeures de toutes parts immaculé! Aucune syllabe Tu n'as proféré, Omniprésent, et pourtant la pluie de la Doctrine les a pleinement rassasiés, tous ceux qui attendaient Ta parole. Tu ne t'attaches ni aux agrégats ni aux éléments ni aux sphères sensorielles, Toi, Conscience comparable à l'infinité spatiale, qui ne repose sur rien.

Pour Toi, Seigneur, [jamais] d'aucune façon la notion d'être ne se déploie, et pourtant Tu n'es que surabondante compassion pour les êtres dans l'infortune et la douloureuse agitation. Ô Tout-Puissant! Ton intelligence ne s'attache pas aux innombrables pensées dualisantes : plaisir et douleur, soi et non-soi, permanent et impermanent. Ta certitude : les choses ne vont ni ne viennent et nulle part ne s'assemblent en agrégats. Ainsi donc Tu es celui qui connaît la Réalité ultime. Partout Tu es présent et nulle part Tu n'apparais, Toi qui restes inconcevable quant au corps et aux attributs de la naissance, ô grand Silencieux! Semblable à l'écho, sans unité ni multiplicité, sans changement ni destruction, tel Tu perçois le monde, ô Toi, l'Irréprochable ! Ni permanent ni impermanent, sans signe distinctif ni objet signifié, c'est ainsi que tu perçois le devenir tels un rêve, une magie, ô Puissant ! Toutes les inclinaisons impures qui ont pour racine les imprégnations du passé ont étés subjuguées par Toi, Immaculé, Et de la nature même des inclinaisons, tu as extrait l'ambroisie immortelle.





Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°724 | 
Hymne à l'Incomparable, sqq. 1 à 51, Catuhstava, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.198 à 200 
Cet hymne est entièrement articulé sur des contradictions apparentes que résout la distinction entre vérité empirique et vérité ultime, d'où son allure paradoxale. Le Bouddha a pleine conscience que les êtres n'ont aucune nature propre, et pourtant il se consacre à les libérer de tous leurs points de vue (1). Puis, autre paradoxe portant sur la connaissance : de cet oeil de Bouddha qui s'ouvrant à la Réalité fit de lui l'Eveillé, il ne voit rien du monde tel que nous le percevons. Néanmoins sa vision n'a pas d'égale, car de cet oeil il voit l'essence même des choses (2-3). Cette essence échappant à la dualité sujet-objet demeure donc inaccessible à la connaissance ordinaire, car l'intelligence de la Réalité est la Réalité même (4). Sans rien susciter ni faire disparaître, il suffit au Bouddha de saisir l'égalité pour que se présente à lui l'état suprême. Cette égalité est la saveur unique de l'impureté et de la Purification, du devenir et de l'extinction : êtres et choses baignant dans une éternelle quiescence (6). Face au devenir où le vulgaire ne voit qu'agitation, le Bouddha n'éprouve qu'infinie quiétude. C'est pourquoi la paix lui échoit en partage [abhigata], l'envahit comme par hasard, avant même qu'il la cherche. Pour se trouver soudain en plein absolu il n'a pas eu à mettre fin au flux du devenir (5). L'auteur insiste alors sur le paradoxe du silence et de la doctrine : le Bouddha ne pouvait parler de l'ineffable Réalité et pourtant l'averse de son enseignement assouvit les êtres susceptibles de l'accueillir (7). Si le Bouddha prêche spontanément en demeurant silencieux, c'est que par la puissance du samadhi il peut agir d'une ineffable manière sur la conscience des fidèles et leur faire comprendre de profondes doctrines qu'ils seraient incapables de concevoir par eux-mêmes. La suite de l'hymne développe la nature de cette activité en faveur des êtres, remplie, elle aussi, de paradoxes : elle est sans attachement, sans appui (8), sans notion d'être, mais toute de compassion (9). Cette omnipuissante activité dans le devenir multiple est affranchie des contraires comme le plaisir et la douleur qui caractérisent le multiple, en effet le Bouddha réside dans la claire vision de la très simple et lumineuse Réalité libérée de ses voiles, là où les choses n'ont ni allée ni venue en raison de leur parfait isolement.(10-11) Les stances suivantes traitent de la personne du Bouddha : inconcevable, inexprimable, elle connaît le monde pour ce qu'il est : un écho, une magie et qui, lui aussi, échappe à toute expression (13-14) ; c'est que les inclinations enracinées dans les imprégnations du passé ont été dominées et que, nouveau paradoxe, le Bouddha a extrait de ces imprégnations l'élixir qui rend immortel (15).





M on cœur m'emporte là-bas, m'emporte aux glaciers du Tise,
mon cœur m'emporte par ici, m'emporte, oh! oui, aux cinq cents arhats,
mais de quoi je ne puis m'éloigner, c'est l'infini du dhyana, aho!
alors que je garde le calme de pensée, que j'en aie à mon aise, que j'en aie !

Mon cœur m'emporte là-bas, m'emporte vers les phénomènes variés, mon cœur m'emporte par ici, m'emporte, oh ! oui, à l'état spontané de ma propre Pensée,
mais de quoi je ne puis m'éloigner, c'est du spontané sans aucun artifice, aho !





Bouddhisme / Mahayana Citation n°723 | 
Un saint poète tibétain, traduit du tibétain par R.A. Stein, Mercure de France, juillet-août 1964, p. 491-492. 





A quoi bon! Ce n'est pas par ces terribles mortifications que j'atteindrai les expériences d'hommes éminents ni la Connaissance ni la vision des mystiques. N'y a-t-il pas un autre chemin vers l'Éveil ? Il me vint à l'esprit: un jour que mon père le Sakya labourait (1) , j'étais assis à l'ombre fraîche d'un jambu, détaché des désirs et des mauvaises dispositions, et j'entrai dans la première absorption avec toute la joie et le bonheur qu'elle comporte, mais non exempte d'attention et d'analyse. Fallait-il y voir le chemin de l'Éveil ? Je me demandai si je craignais ce bonheur si différent du bonheur des désirs..., et je vis que je n'avais nulle crainte de ce bonheur. Mais comme il n'en pas facile d'atteindre ce bonheur en soumettant le corps à d'extrêmes mortifications..., je pris de la nourriture.




Bouddhisme Citation n°707 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours), cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, pp.26-27 
(1) Le roi, au moment des labours, trace le premier sillon.





L e vénérable Sona, après avoir reçu l'ordination, vivait dans le bois de Sitavana. Un jour qu'il s'était blessé les pieds, il lui vint à l'esprit que, n'étant pas parvenu à se libérer des désirs, mieux valait pour lui profiter des richesses dont sa maison regorgeait et accomplir des oeuvres méritoires.
Le Bouddha lui donna ce conseil: " N'étais-tu pas habile joueur de vina quand tu appartenais au monde?"
- Oui, Seigneur.
- Que penses-tu, Sona, si les cordes de ta vina étaient trop tendues, ta vina donnait-elle le juste ton ?
- Non, Seigneur.
- Et si les cordes de ta vina n'étaient ni trop tendues ni trop lâches mais gardaient la juste mesure, ta vina donnait-elle le ton juste et était-elle prête à être jouée ?
- Oui, Seigneur.
- De même, Sona, les forces trop tendues tombent dans l'agitation stérile, et trop lâches, elles tombent dans l'indolence. Ainsi donc, Sona, réaliser l'équilibre de tes forces et chercher sans répit l'équilibre de tes facultés spirituelles, tel doit être l'objet de tes pensées.
- Il en sera ainsi, Seigneur, dit Sona qui suivit le conseil du Bienheureux.





Bouddhisme / Theravada Citation n°705 | 
Mahavagga, V, I, 15-16, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.49 





A lors le Bienheureux dit à ces moines : " Ô moines, il y a deux extrêmes que doivent éviter les religieux . l'attachement aux plaisirs, avilissant, sensuel, vulgaire, sans noblesse ni profit, et l'attachement aux mortifications, douloureux, sans noblesse, associé à la douleur. "
" Ô moines, le Tathagata s'est détourné de ces deux extrêmes, il a découvert le chemin du milieu qui dessille les yeux de l'esprit, qui mène à la sapience, à l'apaisement, à la connaissance surnaturelle, à l'Éveil parfait, à l'extinction. "





Bouddhisme Citation n°704 | 
Majjhimanikaya (les Moyens Discours) , III, p.230-231, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.49 





A insi tous les profanes à l'esprit puéril ne discernent pas que [les deux extrêmes se rejoignent], l'extrême du désir et l'extrême du non-désir : effrayés par l'extrême du désir, ils cherchent l'évasion dans l'extrême du non-désir; et de même pour l'aversion et l'erreur.




Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation n°703 | 
Mulamadhyamikakarikavrtti (ou Prasanapada), I, p. 464, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.183 





L e bodhisattva a au fond des moelles l'amour des créatures comme on l'a d'un fils unique ; aussi son amour travaille constamment au salut [ ... ]. Comme une colombe chérit ses petits et reste à les couver, dans cet état la répulsion est détruite ; il en est de même chez le Compatissant à propos des créatures, qui sont ses enfants.




Bouddhisme / Mahayana / Yogacara Citation n°684 | 
Mahayanasutralamkara d' Asanga, XIII, 20,22, traduction S. Lévi. 
Cet héroïsme est loin d'être une valorisation de la douleur, pour elle-même, car, comme tout autre dharma, la souffrance est reconnue dans sa vacuité et se dissout dans la paix insondable du bodhisattva : l'acceptation de la douleur est créatrice et ne vise qu'à abolir celle d'autrui. La perspective bouddhique laisse à ce sujet le moins de chance possible aux déviations et aux abus. De même, si le bodhisattva " désire " conduire les êtres à l'Éveil et les " aime ", sa compassion ne doit pas être confondue avec une affectivité débordante qui se déverserait sur l'humanité : la grande compassion ne peut surgir que chez un être débarrassé de toute passion, de toute croyance au moi grâce au Vide. Une compassion qui naîtrait de l'attraction envers des êtres aimés au sens habituel de ce mot ne serait en effet qu'illusoire et impure : si l'on désire sauver les êtres en les voyant comme extérieurs à soi, on n'est pas libre de tout lien car on croit encore à l'existence réelle de soi et d'autrui et l'on a le désir de se projeter sur eux en leur faisant partager son illumination.





S ans la compassion pour racine, point d'endurance dans les épreuves, et le contemplatif, incapable de supporter la douleur, ne se soucie pas du bien des êtres.




Bouddhisme / Mahayana / Yogacara Citation n°683 | 
Mahayanasutralamkara d' Asanga, XVIII, 37, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.146 





Z azen lui-même est Satori. Pas de dualité ou de relativité entre l'homme et le Bouddha, mais unité complète.




Bouddhisme / Mahayana / Zen Citation n°677 | 
Questions à un maître zen, trad. E. de Smedt, 1984 / 1990, Éditions Albin Michel, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 64-66 



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