Le carnet de citations de  Sylvain (Fr)  2043 citations | Page 69 / 82


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L es Maîtres Si, Yu, Li et Lai parlaient:
" Qui peut faire de l'Absence la tête,
De la vie l'épine dorsale et de la mort le cul?
Qui sait que vie et mort, conservation et destruction
Ne sont qu'un seul et même corps?
Celui qui sait cela sera notre ami. "
Les quatre hommes se regardèrent et sourirent,
Sans objection ils devinrent amis. "


Taoisme Citation
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 

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P ourquoi ressentirais-je de la haine?
Subitement, Maître Lai tomba malade.
Haletant, il était à l'article de la mort.
Sa femme et ses enfants l'entouraient en pleurant.
Maître Li vint aux nouvelles et dit:
" Dehors! Ne gêne pas la transformation! "
S'appuyant à la porte, il s'adressa à Lai:
" Ce qui crée et transforme est grandiose!
Que vas-tu devenir?
Où seras-tu envoyé?
Deviendras-tu un foie de rat ou une patte d'insecte? "
Maître Lai répondit:
" Qu'il aille à l'Est, à l'Ouest, au Sud ou au Nord,
L'enfant n'obéit qu'à ses parents.
Le Yin et le Yang sont comme père et mère
Ils m'ont emmené jusqu'au seuil de la mort;
Leur désobéir ne serait que rébellion.
De quoi seraient-ils coupables?
La Motte Immense m'impose une forme,
Le labeur de la vie,
L'oisiveté de la vieillesse
Et le repos de la mort.
Ainsi, ce qui me fait chérir la vie
Est cela même qui me fait chérir la mort.
Si un Maître forgeron occupé à fondre du métal
Voyait soudain ce dernier bondir et lui dire:
Que de moi on fasse Moye ! "
Il y verrait sans doute un métal néfaste.
Si soudain une forme humaine apparaissait et disait:
" Je ne veux qu'être un homme, qu'être un homme!
Ce qui crée et transforme y verrait un homme néfaste.
Si soudain je faisais du Ciel et de la Terre un grand four
Et de ce qui crée et transforme un Maître forgeron,
Y aurait-il un lieu où je ne puisse aller?
Après le sommeil profond, soudain ce sera l'éveil. "


Taoisme Citation
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 

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S ocrate dit : " La mort, à ce qu'il me semble, n'est que la séparation de deux choses distinctes, l'âme et le corps ; et après qu'elles sont séparées, chacune d'elles reste assez sensiblement dans l'état où elle était pendant la vie. Le corps... garde sa nature propre... Je crois... qu'il en est de même de l'âme, et qu'on y aperçoit, lorsqu'elle est dépouillée de son corps, tous ses traits naturels et toutes les modifications qu'elle a subies par suite de manière de vivre auxquelles l'homme l'a pliée en chaque circonstance "


Philosophie / Platonisme Citation
Gorgias 524 b-d 

Tout ceci, nous l'avons déjà dit, montre que le mal ne consiste pas dans le corps lui-même, mais dans l'optique corporelle ; il s'agit donc de discréditer les jugements formés lorsqu'on sympathise avec le corps. La catharsis Platonicienne étant avant tout un entraînement spirituel, l'impératif cathartique étant adéquat à la vraie nature de l'âme, le dualisme Platonicien est fonctionnel plutôt qu'ontologique.

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D e même il faut aimer beaucoup la vie pour aimer encore davantage la mort.


Divers Courants / New Age Citation
La pesanteur et la grâce, p.100, Pocket-Agora no99 

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M engsun est parvenu au sommet, répondit Confucius.
Il est au-delà du savoir.
En ne faisant que simplifier, il n'aurait rien obtenu:
Il s'en tient à ce qu'il a déjà réduit.
Mengsun ne sait ce qui lui donne la vie et la mort
Et ignore laquelle des deux vient avant ou après.
Transformé en quelque chose,
Il se conforme à ce procès inconnu, c'est tout!
Transformé, comment saurait-il qu'il ne l'a pas été?
Non transformé, comment saurait-il qu'il l'a été?
Toi et moi ne sommes pas sortis d'un rêve!
Quant à lui, son corps est affecté mais non son esprit.
Comme les matins, les demeures se succèdent
Mais la vraie mort n'advient pas.
Seul Mengsun est éveillé.
Quand les hommes pleurent, il pleure
C'est la seule explication.
En outre, ce moi que je fréquente,
Comment savoir ce qu'il est vraiment?
Par ailleurs, en rêve tu es un oiseau fendant l'azur,
Un poisson disparaissant dans l'abysse.
Sait-on si ceux qui à l'instant parlent
Sont éveillés ou dans un rêve?
Parvenir à ce qui est adéquat ne vaut pas le rire,
Afficher le rire ne vaut pas être avec ce qui ordonne,
S'attacher à ce qui ordonne et oublier la transformation,
est entrer dans le Ciel immense de l'Unité.


Taoisme Citation
Zhuangzi, chap.V, traduction par Isabelle Robinet 

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T ant que l'on ne sait pas ce qu'est la vie,
comment peut-on savoir ce qu'est la mort ?


Confucianisme Citation
Entretiens de Confucius, Livre XI,11, collections Points. Traduit du Chinois par Anne Cheng 

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J 'ai l'idée de deux espèces d'êtres ; je conçois l'être pensant et l'être étendu. Que l'être étendu existe actuellement ou non, il est certain que j'en ai l'idée. Mais comme cette idée ne renferme point cette existence actuelle, il pourrait n'exister pas, quoique je le conçoive.


Christianisme / Catholicisme Citation
Traité de l'existence et des attributs de Dieu, éd. cit., II, 5, p. 140 

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J e suis presque ce qui n'est pas. Je me vois comme un milieu incompréhensible entre le néant et l'être : je suis celui qui a été ; je suis celui qui sera ; je suis celui qui n'est plus ce qu'il a été ; je suis celui qui n'est pas encore celui qu'il sera ; et dans cet entre-deux que suis-je?


Christianisme / Catholicisme Citation
Traité de l'existence et des attributs de Dieu, éd. cit., II, V, art. 1, p.161 

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L 'unité de mon être substantiel] C'est un je ne sais quoi qui n'a aucune consistance, qui échappe de plus en plus à mesure que l'on s'y enfonce.


Christianisme / Catholicisme Citation
Traité de l'existence et des attributs de Dieu, éd. cit., II, ch. 5, art. 11, P. 155. 

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E tre, c'est être libre d'avoir, libre du désir d'avoir, de quelque avoir qu'il s'agisse, matériel, mental, émotionnel, intellectuel, et même spirituel.


Divers Courants / New Age Citation
À la recherche du Soi, 1977, Éditions de La Table Ronde, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 71-73 

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I l m'a tiré du néant pour me faire tout ce que je suis...
et il me continue l'être, qui ne m'est point naturel


Christianisme / Catholicisme Citation
Lettres...., I, 4, 1, in Œuvres philosophiques, Paris, Charpentier, 1863, P.194 

Je n'ai donc pas l'être véritable ; mon être est emprunté, c'est l'ombre de l'être véritable, un demi-être, sans cesse entre l'être et le néant. Dieu m'a donné l'être ; je lui dois ce que je suis. Dieu m'a donné moi-même à moi-même. Il m'a donné mon corps et mon âme, c'est-à-dire mon étendue et ma pensée.

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D ieu m'a donné l'être pour que je lui rende.


Divers Courants / New Age Citation
Attente de Dieu, La Colombe, 1950 / Fayard, 1985, cité par Jean Biès dans Les Grands Initiés du XXe siècle, p. 238-241 

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E t donc, Sariputra, le domaine des êtres n'est pas une chose, et le corps essentiel une autre. Le domaine des êtres est le corps d'Essence et ce corps est le fondement des êtres. En réalité, ils ne sont pas deux ; leur distinction n'est que verbale.

Étant lié par nature aux qualités, et sa connexion avec les fautes n'étant qu'adventice,
L'essence des choses demeure immuable, la même avant, la même après.


Bouddhisme / Mahayana / Yogacara Citation
Ratnagotravibhaga, 1, 51, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.116 

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L orsqu'on adopte l'impression du vide et qu'on s'en imprègne, [celle de l'existence disparaît]. Ensuite, s'exerçant à l'idée de l'universelle inexistence, l'impression du vide elle aussi se trouve éliminée.

Quand on n'appréhende plus une existence que l'on puisse nier, comment alors se présenterait à la pensée la non-existence, démunie qu'elle est désormais de tout support?

Et quand ni existence ni non-existence ne surgissent plus dans la pensée, alors celle-ci, privée d'alternative et dépourvue de point d'appui, s'apaise.


Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation
Bodhicaryavatara, IX, 33-35, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.177 

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U n je ne sais quoi que je ne puis saisir, qui s'enfuit de ses propres mains, qui n'est plus dès que je veux le saisir ou l'apercevoir ; un je ne sais quoi qui finit dans l'instant même où il commence ; en sorte que je ne puis jamais un seul instant me trouver moi-même fixe et présent à moi-même pour dire simplement : Je suis. Ainsi ma durée n'est qu'une défaillance perpétuelle.


Christianisme / Catholicisme Citation
Traité de l'existence et des attributs de Dieu, éd. cit.,II, V, art. 1, p.161 ;voir aussi Henri Gouhier, ibidem, pp. 160-163. 

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C 'est qu'il nous faudra nécessairement pour nous défendre, mettre en question la thèse de notre père Parménide et, de force, établir que le non-être est sous un certain rapport, et que l'être, à son tour, en quelque façon n'est pas.


Philosophie / Platonisme Citation
Sophiste, 241d (traduction Auguste Diès 1985) 

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C eci, dit le Bouddha, n'est ni votre corps ni le corps d'autrui ; il faut le considérer comme produit par l'acte passé [karman], acte achevé, intentionnel, source d'impressions affectives. Ce qu'on a l'intention de faire et ce qu'on projette et ce dont on se préoccupe, c'est sur cela que la conscience prend appui pour s'établir.
Parce qu'elle a pris un point d'appui, la conscience subsiste et, subsistant et se développant, il y a tension [nati], et parce qu'il y a tension, il y a "propension vers", allée et venue, et en raison de celle-ci, naissance, vieillesse, mort quant à l'avenir, et lamentation, angoisse, douleur et désespoir. Voici comment surgit cette masse entière de douleur.


Bouddhisme Citation
Samyuttanikaya (the Books of the Kindred Saying), II, p. 64, 67, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.47 

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A la question : Où trouver la délivrance des Tathagata ?
Vimalakirti répond : Elle se trouve dans le premier fonctionnement de la conscience [cittapurvacarita] de tous les êtres.


Bouddhisme / Mahayana / Madhyamaka Citation
Vimalakirtinirdesa, Bouddhisme Mahayana (Grand Véhicules), chap. I, V, § 8, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.213 

En effet, ce premier moment est indifférencié (nirvikalpa), c'est la conscience vierge, lumineuse et libre; si à l'ordinaire on ne le perçoit pas, c'est qu'à l'instant suivant il se trouve aussitôt obscurci par la surimposition de concepts ou d'images ; pourtant sans ce premier instant lumineux on ne percevrait rien et aucun phénomène conscient n'existerait. Surgissant d'instant en instant la conscience de tout être reporte donc à cette liberté initiale et les choses jaillissent telles qu'elles sont (yathabhuta), déliées, ni cause ni effet, sans passé ni avenir, sans attachement ni discrimination, ces deux s'impliquant mutuellement car s'attacher aux choses c'est discriminer et discriminer c'est prendre ou repousser, or l'omniscience, nous dit-on, n'a pas d'attache. Les samadhi de la vacuité, du sans-signe et de la non-prise en considération permettent d'accéder à la pure conscience, ce premier instant, celui de l'isolement, de l'absolu (vivikta).

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L a conscience appropriatrice profonde et subtile, comme un courant impétueux, procède avec tous ses germes.
Craignant qu'ils n'imaginent qu'elle est un Soi [atman], je ne l'ai pas révélée aux niais.


Bouddhisme / Mahayana Citation
Samdhinirmocana Sutra, v. 7, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.222 

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L a conscience n'est pas séparée des imprégnations, elle ne leur est pas non plus associée.
Bien que recouverte par les imprégnations, elle est indifférenciée par nature.

Les imprégnations issues de la conscience mentale sont comme des taches,
Et l'unique conscience pareille à un blanc et pur vêtement ne resplendit pas en raison de [ces] imprégnations.


Bouddhisme / Mahayana Citation
st. 236-237, p. 296, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.222 

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A mesure que croissent les imprégnations variées, la conscience évolue en vagues :
Qu'elles soient supprimées, et le flot des vagues s'arrête.


Bouddhisme / Mahayana Citation
Sagathakam, sl.97, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.222 

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C omme dans un grand torrent tari il n'y a plus de vagues, ainsi cette [conscience] étant annihilée, la multiplicité des consciences cesse de se déployer.


Bouddhisme / Mahayana Citation
p. 109, st. 181, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.224 

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L a conscience originellement lumineuse est matrice du Tathagata.
Elle est bonne, mais les êtres s'y attachent.
Elle est affranchie du fini et de l'infini.


Bouddhisme / Mahayana Citation
Sagathakam, sq. 750, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.224 

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S ans arrêt dansent les vagues dressées de l'océan agité par le vent,
De même sur l'océan de la conscience de tréfonds constamment agitée par les vents de la sphère objective,
Dansent les consciences sensorielles que sont les remous de la Multiplicité.

Les couleurs bleu foncé, rouge, etc., avec sel, coquillages, lait, miel, fleurs et fruits odorants, rayons de soleil,
Ont entre elles la même relation que l'océan et ses vagues,
Elles ne sont ni identiques ni différentes,
Ainsi des sept sortes de conscience fondues dans la conscience de tréfonds.

Comme les vagues se déploient de façons variées à la surface de l'océan,
Ainsi les diverses consciences sensorielles se meuvent dans la conscience de tréfonds.

Il n'y a aucune différence entre l'océan et ses vagues;
De même, il n'y a pas d'évolution des consciences à l'intérieur de la Conscience.
La conscience [citta] accumule [cit-] l'acte, la pensée réfléchit à son sujet,
La conscience mentale la reconnaît et les cinq consciences sensorielles perçoivent le monde visible.

Leur gamme de couleurs est exposée à la conscience des humains.
En quoi est-elle comparable aux vagues, dis-moi, grand Silencieux ?
Les vagues n'offrent pas une telle gamme de couleurs,
C'est aux êtres puérils qu'on dépeint un tel tourbillon à l'intérieur de la conscience.

Point de tourbillon dans la conscience exempte d'objet appréhendé.
Qu'il y ait un objet, il y aura un sujet comme pour les vagues et l'océan (2).
Corps, biens, résidences sont exposés comme tels aux consciences humaines,
Et, de ce fait, paraissent tourbillonner comme des vagues.

On voit clairement l'océan danser en vagues,
Comment se fait-il que l'intelligence n'appréhende pas de même le tourbillonnement de la conscience de tréfonds ?
Si l'on compare la conscience de tréfonds à l'océan, c'est pour se conformer à l'intelligence des êtres puérils.
Le tourbillonnement des vagues n'est qu'une image ".


Bouddhisme / Mahayana Citation
44-46, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.227-228 

(1) Secoué par le vent des objets, l'océan de l'alayavijnana s'agite en vagues que sont les consciences temporaires (Hiuan-tsang (VIIe siècle), Bouddhisme Mahayana (Grand Véhicules),Vijnaptimatratasiddhi, p. 175). (2) Où il y a contenu et contenant.

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I l y a quatre causes à l'opération des consciences sensorielles :
1. Méconnaître le monde visible en ne le voyant pas comme notre propre conscience.
2. S'attacher à la tension agitée du déploiement mental et aux imprégnations de la forme - imprégnations accumulées depuis un temps infini.
3. Percevoir la nature propre comme appartenant originellement à la conscience.
4. Témoigner une curiosité ardente à l'égard de formes infiniment variées.

Ces quatre causes, Mahamati, font apparaître à la surface de la conscience de tréfonds - comparable au courant d'un torrent - les remous que sont les consciences sensorielles. Tel l'océan agité par le vent, cette conscience surgit instantanément ou progressivement dans chaque organe sensoriel, chaque atome et jusque dans les pores de la peau; la sphère des sens apparaissant comme un miroir qui reflète les choses. De même, Mahamati, les incessants remous de l'océan de la conscience sont dus au vent de la sphère sensorielle; cause, action et caractères ne peuvent être dissociés les uns des autres... Et parce que l'on ne comprend pas la nature propre de la forme et des autres contingences, l'ensemble des cinq consciences fonctionne; et avec elles la conscience mentale [manovijnana] qui délimite clairement cette sphère. Le corps qui en procède effectue (à son tour) ses opérations.

Mais conscience mentale et consciences sensorielles ignorent qu'elles se conditionnent mutuellement et qu'elles opèrent en raison de leur attachement à la différenciation du visible lequel n'est en réalité que Conscience; ainsi les consciences se déploient, intimement unies, en limitant leur sphère sensorielle de conscience informatrice. Quand les consciences opèrent de cette manière [inconsciente] les yogin eux-mêmes qui s'adonnent au ravissement ne sont pas au courant du fonctionnement des imprégnations subtiles et pensent qu'en mettant fin aux consciences sensorielles ils s'absorberont dans le ravissement. Mais ils s'y plongent sans avoir mis fin à ces consciences, les germes d'imprégnation n'étant pas détruits (1). Si ces yogin sont détachés, ce n'est que de la sphère objective.

Ainsi en est-il, Mahamati, du mode d'activité subtile de la conscience de tréfonds […]

Ô Mahamati, entourés de Victorieux et d'amis bénéfiques, ils peuvent savoir comment conscience et consciences mentales différencient le domaine de la nature propre d'un monde visible - conscience par nature - et traverser ainsi l'océan des renaissances qu'engendrent l'acte, la soif et l'ignorance."


Bouddhisme / Mahayana Citation
44-46, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.226-227 

(1) Ce n'est donc pas la véritable extinction.

Sur ce fond de lumineuse conscience, se détachant comme des ombres obscurcissantes, déferlent sans un instant de répit cinq consciences sensorielles et une double conscience mentale qui constituent la conscience empirique individuelle. La conscience mentale procède par séparation, extraction et différenciation. Elle comporte la septième conscience ou manas - pensée claire et lucide que caractérise une perpétuelle cogitation suscitée par l'amour propre - et la sixième conscience mentale proprement dite (manovijnana) qui perçoit les objets. Généralement en activité elle se trouve interrompue dans les ravissements inconscients, les états de torpeur, de syncope, à la mort et à la renaissance. Douée d'opérations intellectuelles elle agit non seulement à l'extérieur comme les consciences sensorielles, mais encore à l'intérieur. Les consciences sensorielles ayant les organes pour supports découpent le champ de la conscience et perçoivent les objets grossiers. La pensée (manas) est à la fois discernement, jugement et volonté; elle coordonne et dirige les autres consciences et, percevant leur multiplicité, elle s'y attache. On la dit souillée (klista) parce qu'elle engendre les impuretés ; c'est elle qui interprète la Réalité sous forme de dualité en la scindant en partie prenante - ou vision qui relève du vikalpa et en partie prise, image, signe ou projection extériorisée (nimitta) quand elle perçoit les choses comme attrayantes ou repoussantes. La conscience de tréfonds (alayavijûàna) Innovation importante des Vijnanavadin, cette conscience de tréfonds répondait à des difficultés que, selon le Mahayana, les Theravadin n'avaient pu résoudre. Procédant par dissociation, ceux-ci avaient réduit l'âme et univers à leurs principes élémentaires, les dharma, excluant toute chose de durée. Pour résoudre les problèmes qui se posaient quant à la réincarnation, à la souillure et à la purification ou au support des erreurs, les Vijnanavadin, tout en demeurant adeptes du discontinu, eurent recours à une conscience dynamique, latente, " ne se manifestant que par son activité, par ses effets" (Hiuan-tsang (VIIe siècle), Bouddhisme Mahayana (Grand Véhicules),Vijnaptimatratasiddhi, p. 169). Impersonnelle, neutre, difficile à sonder par l'intelligence tant elle est subtile, on l'appelle alaya (de tréfonds) parce qu'elle embrasse (ali) tous la dharma impurs et que les vues erronées du moi s'attachent (ali) à de comme à un soi (atman). Elle est aussi fruit de rétribution (vipaka) d'actes bons et mauvais qui projettent la ronde des naissances.

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